Le Président

Rennes, le 18 novembre 2013

Monsieur le Maire de Carhaix-Plouguer Hôtel de Ville BP 258 29837 CARHAIX-PLOUGUER CEDEX

Par lettre du 7 octobre 2013, j'ai porté à votre connaissance le rapport d'observations définitives de la chambre régionale des comptes sur la gestion des exercices 2008 et suivants de la commune de CarhaixPlouguer. Votre réponse parvenue à la chambre dans le délai d'un mois prévu par les articles L. 243-5 et R. 241-17 du code des juridictions financières, est jointe au rapport d’observations définitives pour constituer avec lui un document unique qui vous est notifié ci-après. En application des dispositions de l’article R. 241-17 du code des juridictions financières, il vous appartient de communiquer ce rapport et la réponse jointe à l’assemblée délibérante. Conformément à la loi, l’ensemble doit : 1. faire l’objet d’une inscription à l’ordre du jour de la plus proche réunion de l’assemblée ; 2. être joint à la convocation adressée à chacun de ses membres ; 3. donner lieu à débat. Vous voudrez bien retourner au greffe de la chambre l’imprimé joint afin d’informer la juridiction de la tenue de la prochaine réunion de l’assemblée délibérante. Après cette date, en application des dispositions de l’article R. 241-18 du code des juridictions financières, le document final sera considéré comme un document administratif communicable à toute personne en faisant la demande, dans les conditions fixées par la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 modifiée. Enfin, je vous précise qu'en application des dispositions de l'article R. 241-23 du même code, le rapport d'observations définitives et la réponse jointe sont transmis au préfet et à la directrice départementale des finances publiques du Finistère.

Le président par intérim,

Jean-François FORESTIER

3, rue Robert d’Arbrissel – CS 64231 – 35042 RENNES CEDEX - Tél : 02 99 59 72 72 – Télécopie : 02 99 59 85 59

Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Bretagne Commune de Carhaix-Plouguer- Exercices 2008 et suivants

SOMMAIRE
1. 2. 2.1. 2.2. 2.3. 2.4. 2.5. 2.6. 2.7. 2.8. 3. 3.1. 3.2. 3.3. 3.4. 3.5. 4. 4.1. 4.2. 4.3. 4.4. 5. 5.1. 5.2. 5.3. 5.4. 6. 6.1. 6.2. 6.3. 6.4. 6.5. 7. 7.1. 7.2. 7.3. 7.4. Présentation de la commune ................................................................................................................... 5 Fiabilité des comptes ................................................................................................................................ 5 Les frais de publication et d’insertion ................................................................................................ 5 L’inventaire et l’état de l’actif ............................................................................................................. 6 Amortissements .................................................................................................................................... 7 Trésorerie ............................................................................................................................................. 8 Provisions pour risques et charges...................................................................................................... 8 Rattachement des charges et des produits ........................................................................................ 10 Charges et produits constatés d’avance ............................................................................................ 10 Travaux en régie (compte 72) ........................................................................................................... 10 Gestion budgétaire ................................................................................................................................. 12 Préparation et information budgétaires............................................................................................ 12 Restes à réaliser (RAR)...................................................................................................................... 18 Sincérité de l’exécution budgétaire : les décisions budgétaires modificatives (DBM) ................... 20 L’affectation du résultat du budget principal ................................................................................... 21 Relations entre budgets principal et annexes ................................................................................... 24 Analyse financière ................................................................................................................................. 25 Evolution des dépenses et des recettes .............................................................................................. 25 Résultats ............................................................................................................................................. 28 Ratios financiers du budget principal ............................................................................................... 29 La dette ............................................................................................................................................... 30 La gestion administrative ....................................................................................................................... 33 La gestion des ressources humaines ................................................................................................. 33 Gestion des élus ................................................................................................................................. 38 Les régies municipales....................................................................................................................... 39 Le parc de véhicules .......................................................................................................................... 42 Gestion du domaine communal ............................................................................................................. 42 Connaissance du patrimoine ............................................................................................................. 42 Occupation du domaine public ......................................................................................................... 43 Occupation du domaine privé ........................................................................................................... 54 Taxes .................................................................................................................................................. 59 Valorisation du domaine communal ................................................................................................. 59 Les relations avec les satellites et les tiers ............................................................................................. 60 Les relations avec les régies personnalisées ..................................................................................... 60 Les relations avec les associations .................................................................................................... 63 La participation au Tour de France cycliste en 2011 ...................................................................... 68 Le marché de la maison des jeux d’adresse ...................................................................................... 68
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Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Bretagne Commune de Carhaix-Plouguer- Exercices 2008 et suivants

Commune de Carhaix-Plouguer OBSERVATIONS DEFINITIVES DE LA CHAMBRE REGIONALE DES COMPTES DE BRETAGNE Exercices 2008 et suivants

La chambre régionale des comptes de Bretagne a procédé, dans le cadre de son programme de travail, au contrôle des comptes et à l’examen de la gestion de la commune de Carhaix-Plouguer à compter de l’exercice 2008. Ce contrôle a été ouvert par lettre du 28 septembre 2012. L’entretien préalable prévu par l’article L. 243-1 du code des juridictions financières a eu lieu le 5 avril 2013 avec M. Christian TROADEC, maire de la commune. La chambre, lors de sa séance du 14 mai 2013, a arrêté des observations provisoires qui ont été adressées le 31 mai 2013 au maire de la commune. Après avoir examiné sa réponse écrite, la chambre, lors de sa séance du 11 septembre 2013, a arrêté ses observations définitives.

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RESUME
La chambre régionale des comptes de Bretagne a procédé à l’examen de la gestion de la commune de Carhaix-Plouguer sur les exercices 2008 et suivants. Comptant un peu moins de 8 000 habitants, CarhaixPlouguer est chef-lieu de canton et la commune principale de la communauté de communes du Poher, qui regroupe 8 communes avec une population totale d’environ 15 000 habitants. Employant un peu plus d’une centaine d’agents, la commune dépense chaque année près de 7 millions d’euros en fonctionnement. La fiabilité des comptes doit être améliorée en reprenant l’inventaire et en le rendant exhaustif et cohérent avec l’état de l’actif, en passant les provisions pour risques et charges qui s’ imposent, en procédant correctement aux procédures de rattachement des charges et des produits et des charges et produits constatés d’avance et en traitant de manière sincère et régulière les travaux en régie. La qualité des informations soumises au débat d’orientation budgétaire doit être améliorée. La chambre note également les difficultés entraînées par le calendrier budgétaire actuel en termes de transparence et de lisibilité et les faiblesses affectant la présentation des différents documents budgétaires. Les restes à réaliser apparaissent mal suivis, incomplets et insincères. La pratique des décisions budgétaires modificatives ne facilite pas la bonne appréhension des équilibres budgétaires. L’analyse financière montre un endettement contenu et une maîtrise des dépenses, mais qui appelle une vigilance de moyen terme, face à des marges de manœuvre en réduction en matière de mobilisation de ressources. Des incohérences apparaissent dans les données relatives aux effectifs (effectifs budgétaires, comptes, bilans sociaux, outils internes de gestion). La chambre relève le caractère confus de certaines stipulations de l’accord sur le temps de travail. Un absentéisme élevé peut être noté parmi les personnels de la commune. Enfin, de nombreux défauts affectent la constitution et le fonctionnement des régies. En matière de gestion du domaine communal, la chambre invite la commune à établir un inventaire et un suivi complets et opérationnels de son domaine, public et privé, en vue de sa bonne gestion juridique, matérielle et financière. Une mise à jour des autorisations d’occupation du domaine communal s’avère nécessaire, tant sur le plan de la nature juridique, de l’encadrement, du renouvellement que des conditions financières et comptables. Il convient de mettre en conformité le droit et la pratique concernant les résidences d’artistes de Kerampuilh. En matière de relations avec les satellites et les tiers, la chambre constate les faiblesses des conventions avec les régies personnalisées du centre culturel et du centre de congrès. Les relations avec les associations doivent être clarifiées par la signature de conventions d’objectifs et de moyens avec les principales d’entre elles, notamment en matière sportive, et par un meilleur recensement et une meilleure valorisation des aides en nature. En ce qui concerne « Les Vieilles Charrues », la commune gagnerait à dresser un bilan exhaustif et détaillé des différentes aides, directes et indirectes, des différents coûts et pertes de recettes, ainsi qu’à respecter les règles de la commande publique. En matière de subventionnement des associations, la commune doit également veiller au respect des règles relatives à la condition de l’intérêt public local.

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RECOMMANDATIONS

Sur le fondement des observations du rapport, la chambre formule les recommandations suivantes : 1. Présenter en débat d’orientation budgétaire des informations complètes, détaillées, notamment sur les engagements pluriannuels, le financement des investissements, l’endettement et les budgets annexes. 2. Présenter des annexes au budget primitif et au compte administratif qui soient complètes. 3. Mettre en place une comptabilité d’engagement exhaustive et systématique et établir des états de restes à réaliser fiables, complets et conformes à leur définition. 4. Actualiser et mettre en cohérence les données relatives aux effectifs (emplois autorisés, annexe au compte administratif, bilans sociaux, outils internes de gestion). 5. Assurer un fonctionnement conforme des régies d’avances et de recettes, en reprenant les actes constitutifs et les actes de nomination des régisseurs, en fixant des montants autorisés réalistes et en produisant toutes les pièces justificatives attendues. 6. Redonner aux véhicules leur usage de service et mettre en place des carnets de bord et un suivi de l’utilisation et de la consommation. 7. Compléter la délibération tarifaire annuelle, en y incluant les redevances et tarifs dus (ou la gratuité) dans le cadre des autorisations unilatérales d’occupation du domaine public. 8. Dresser un bilan annuel exhaustif des différentes aides attribuées et commandes adressées aux Vieilles Charrues, ainsi que des différentes dépenses effectuées par la commune et coûts et pertes de recettes induits.

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1.

Présentation de la commune

Les communes de Carhaix et Plouguer ont fusionné en 1956. Carhaix-Plouguer est chef-lieu de canton et la commune principale de la communauté de communes du Poher, qui regroupe 8 communes avec une population totale d’environ 15 000 habitants. Sa superficie est de 25,8 km². Selon le recensement de l’INSEE, la population municipale sans double compte de la commune de Carhaix-Plouguer a évolué de la manière suivante :
Recensement Habitants 1968 7 049 1975 8 210 1982 8 591 1990 8 198 1999 7 655 2009 7 717

Après un accroissement jusqu’à la première moitié des années 1980, la population a ensuite décru de presque 1 000 habitants, pour se stabiliser depuis le milieu des années 2000. La commune est connue en France et en Europe grâce au festival des Vieilles Charrues. En 2012, l’événement a rassemblé 244 000 festivaliers, ce qui en fait le premier festival musical en France. La commune de Carhaix est dotée de nombreux équipements et infrastructures : piscine construite en 2001, maison de l’enfance en 2005, foyer des jeunes travailleurs en 2011. Les projets d’équipements qui servent à un bassin de population plus large que la ville de Carhaix sont désormais portés par la communauté de communes.

2.

Fiabilité des comptes
2.1. Les frais de publication et d’insertion

Les frais de publication et d’insertion des appels d’offres dans la presse, engagés dans le cadre de l a passation des marchés publics, sont imputés sur le compte 2033. Lors du lancement des travaux, ces frais sont virés par opération budgétaire, à la subdivision intéressée du compte d’immobilisation en cours (compte 23) ou directement au compte définitif d’imputation (compte 21) si les travaux sont effectués et terminés au cours du même exercice. Dès qu’il est constaté que les frais d’insertion ne seront pas suivis de réalisation, les frais correspondants sont amortis sur une période qui ne peut pas dépasser 5 ans : le compte 6811 « dotations aux amortissements des immobilisations incorporelles et corporelles » est débité par le crédit du compte 28033 « frais d’insertion ».
Opérations sur l’année du compte 2033 Opérations budgétaires Opérations non budgétaires D C D C 9 616 3 758 1 270 3 007

BE 2007 2008 2009 2010 2011 9 616 13 374 13 374 14 644

10 084

BS 9 616 13 374 13 374 14 644 7 567

Source : balance des comptes de gestion

Article 28033-Amortissement d’insertion
Source : balance des comptes de gestion (solde)

2007 0

2008 0

2009 751

2010 1 503

2011 0

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Sur la période 2007 à 2010, aucun virement des frais de publication au compte d’immobilisations en cours (23) ou directement au compte définitif d’imputation (21) n’a été effectué. Un virement a été effectué en 2011. La chambre rappelle que les frais de publication doivent être virés à la subdivision intéressée du compte d’immobilisations en cours (compte 23) ou directement au compte définitif d’imputation (compte 21) si les travaux sont effectués et terminés au cours du même exercice, et que les frais de publication qui ne sont pas suivis de la réalisation de l’équipement concerné doivent être amortis au compte 28033. Le non-respect de cette règle engendre un stock croissant qui s’accumule, qu’il faudra à terme amortir, et minore artificiellement les charges de la commune, tout en diminuant les remboursements de FCTVA (fonds de compensation de la TVA).

2.2.

L’inventaire et l’état de l’actif

L’inventaire et l’état de l’actif ont des finalités différentes mais doivent, en toute logique, correspondre. Un rapprochement a été fait entre la valeur brute d’acquisition au 31 décembre 2010 des immobilisations constatée sur l’inventaire de l’ordonnateur et celle constatée sur l’état de l’actif du comptable. Un écart très significatif est constaté comme le démontre le tableau ci-dessous :
au 31/12/2010 Valeur acquisition Amortissement annuel Amortissement cumulé Valeur nette comptable au 31/12 Inventaire 2 511 710,67 280 693,54 1 161 942,99 1 761 723,02 Etat de l’actif 64 219 192,70 286 730,79 2 819 034,92 61 400 157,78 Différence -61 707 482,03 -6 037,25 -1 657 091,93 -59 638 434,76

Il s’avère que l’inventaire de l’ordonnateur ne retrace pas les immobilisations inscrites aux subdivisions du compte 23, des comptes 202 et 203, du compte 24, du compte 26, du compte 27, ainsi qu’aux comptes 2111, 2113, 2115, 213, 2151, 21534 et 21538. De plus, au compte 2182, manque sur l’inventaire le matériel de transport mis en service en 2001 pour un montant de 369 692 €. Au compte 2183, manquent sur l’inventaire les immobilisations acquises entre 2001 et 2006. La plupart de ces immobilisations ont été amorties antérieurement à 2010. Au compte 2184, n’est pas inscrit sur l’inventaire une partie du mobilier acquis antérieurement à 2002 pour un montant de 146 154,61 €. Seul est inscrit sur l’inventaire le mobilier acquis antérieurement à 2002 dont l’amortissement n’est pas terminé en 2010. Au compte 2188, manque sur l’inventaire une partie des immobilisations acquises avant 2002 pour un montant de 75 489,70 € : - matériel de scène pour un montant de 30 242,73 €, amorti depuis 2007, - piano pour un montant de 2 392 €, amorti en 2010, - déchiqueteuse de bois pour un montant de 13 775,56 €, amortie depuis 2007, - instruments de musique pour un montant de 2 216,18 €, amortis depuis 2007, - caravane pour un montant de 10 000 €, amortie en 2010. Un rapprochement a également été fait entre le montant des amortissements constaté sur l’inventaire de l’ordonnateur au 31 décembre 2010 et celui constaté sur l’état de l’actif du comptable à la même date. Un écart consolidé de 6 037,24 € est constaté, en conséquence d’écarts dans les deux sens sur les comptes 202, 203, 205, 2157 et 218. De plus, au compte 2188, les immobilisations corporelles antérieures à 2002 ont été inscrites sur l’état de l’actif du comptable avec un amortissement négatif de – 57 519,29 €. Elles n’apparaissent pas sur l’inventaire de l’ordonnateur.
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L’inventaire dressé par l’ordonnateur ne recense que les immobilisations qui ne sont pas encore amorties au 31 décembre 2010. En revanche, il ne retrace pas les immobilisations inscrites au compte 202 « frais de réalisation de documents d’urbanisme » et au compte 203 « frais d’étude », qui sont pourtant amortissables. Les immobilisations non amortissables (subdivisions du compte 23, du compte 24, du compte 26, du compte 27, comptes 2111, 2113, 2115, 213, 2151, 21534, 21538) ne sont pas inscrites sur l’inventaire. Cette pratique est contraire aux dispositions de la M14 qui prévoient que l’inventaire et l’état de l’actif ont des finalités différentes mais doivent, en toute logique, correspondre. Les immobilisations concernées par le recensement sont celles enregistrées en classe 2, qu’il s’agisse d’immobilisations incorporelles (subdivisions du compte 20), d’immobilisations corporelles (subdivisions des comptes 21, 22, 23 et 24) ou d’immobilisations financières (subdivisions des comptes 26 et 27). Dans le cas de la commune de Carhaix, aucune concordance n’existe entre l’état d’actif et l’inventaire au 31 décembre 2010. La chambre relève cette anomalie et invite l’ordonnateur à entreprendre la mise à jour de son inventaire. Dans sa réponse, la commune indique avoir entamé cette mise à jour, avec pour objectif une régularisation « dans le courant du 3ème trimestre 2013 ».

2.3.

Amortissements

L’amortissement est la constatation comptable d’un amoindrissement de la valeur d’un élément d’actif résultant de l’usage, du temps, du changement des techniques ou de toute autre cause dont les effets sont jugés irréversibles. Il a pour but d’assurer le renouvellement des immobilisations. Les durées d’amortissement des immobilisations corporelles et incorporelles sont fixées pour chaque bien ou chaque catégorie de biens par l’assemblée délibérante à l’exception toutefois : - des frais relatifs aux documents d’urbanisme visés à l’article L. 121-7 du code de l’urbanisme qui sont amortis sur une durée maximale de 10 ans ; - des frais d’études et des frais d’insertion non suivis de réalisation qui sont amortis sur une durée maximale de 5 ans ; - des frais de recherche et de développement qui sont amortis sur une durée maximale de 5 ans ; - des brevets qui sont amortis sur la durée du privilège dont ils bénéficient ou sur la durée effective de leur utilisation si elle est plus brève ; - des subventions d’équipement versées qui sont amorties sur une durée maximale de 5 ans lorsque le bénéficiaire est une personne de droit privé, ou de 15 ans lorsque le bénéficiaire est un organisme public. Dans ses délibérations des 26 septembre 1996, 18 décembre 2006 et 18 mars 2007, la commune de Carhaix n’a pas repris les durées d’amortissement prévues par les textes législatifs et réglementaires pour quatre catégories d’immobilisations : camions et véhicules industriels ; agencements et aménagements de bâtiments, installations électriques et téléphoniques, canalisations ; plan local d’urbanisme ; subventions d’équipements versées aux collectivités publiques. La commune a choisi une durée d’amortissement supérieure au maximum prévu par la loi pour l’amortissement des camions. Outre le non-respect des règlements pour cette dernière catégorie, il en résulte plus généralement une surcharge du compte de résultat. Dans sa réponse à la chambre, la commune indique que, dans la continuité de la mise en place de l’inventaire, les amortissements seront « désormais suivis dans le logiciel comptabilité ». La régularisation de l’inventaire doit permettre d’y intégrer les biens à amortir (y compris les subventions) et de modifier les durées d’amortissement pour les investissements à venir. Des délibérations doivent être soumises au conseil municipal de septembre 2013 pour « préciser les modalités d’amortissements pour les immobilisations corporelles et incorporelles ».

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2.4.

Trésorerie

La commune n’a pas eu recours à une ligne de trésorerie pendant la période sous revue, mais à un emprunt renouvelable type « revolving », souscrit auprès de Dexia-Crédit local de France le 1er juillet 1998, pour un montant initial de 3 506 327,40 € et une durée de 17 ans. Pendant la période examinée, les tirages et remboursements ont été les suivants :
Budget Assainissement Principal Date 25 septembre 2008 7 mai 2009 Tirage 150 000 € Remboursement 250 000 €

Or, les comptes 16441 et 16449 n’ont pas été mouvementés pour les exercices concernés. Normalement, les emprunts avec option de tirage sur une ligne de trésorerie sont enregistrés aux comptes 16441 « opérations afférentes à l’emprunt » et 16449 « opérations afférentes à l’option de tirage sur ligne de trésorerie ». Le compte 16441 est crédité lors de la mobilisation de l’emprunt par le débit du compte au Trésor et est débité lors du remboursement contractuel à l’échéance par le crédit du compte au Trésor. Outre les remboursements contractuels à l’échéance, ce type de contrat permet d’effectuer des remboursements permettant en contrepartie de réaliser des tirages sur une ligne de trésorerie. Lors de ce type d’opérations, les écritures suivantes sont constatées : - remboursement anticipé préalable du capital : le compte 16449 est débité par le crédit du compte au Trésor, - tirage sur une ligne de trésorerie : le compte 51932 est crédité par le débit du compte au Trésor. - si le compte 16449 peut ainsi présenter un solde débiteur en cours d’exercice, il doit être impérativement soldé en fin d’exercice. Il est alors crédité par : - le débit du compte 51932 pour la part de la ligne de trésorerie non remboursée et consolidée (opération d’ordre semi-budgétaire), - le débit du compte 16441 pour le solde (opération d’ordre budgétaire). La chambre invite la commune à réaliser le bon traitement comptable des emprunts avec lignes de trésorerie renouvelable et à s’assurer que chaque budget enregistre bien ses propres charges et que les intérêts liés auxdits emprunts sont comptabilisés, au compte 6615, du budget bénéficiaire de la ligne de trésorerie.

2.5.

Provisions pour risques et charges

Le provisionnement constitue l’une des applications du principe de prudence contenu dans le plan comptable général. Il s’agit d’une technique comptable qui permet de constater une dépréciation ou un risque ou bien encore d’étaler une charge. Pour l’application du 29° de l’article L. 2321-2 du CGCT, une provision doit être constituée par délibération de l’assemblée délibérante dans les cas suivants (article R. 2321-2 du CGCT) : - dès l’ouverture d’un contentieux en première instance contre la commune, une provision est constituée à hauteur du montant estimé par la commune de la charge qui pourrait en résulter en fonction du risque financier encouru ; - dès l’ouverture d’une procédure collective prévue au livre VI du code de commerce, une provision est constituée pour les garanties d’emprunts, les prêts et créances, les avances de trésorerie et les participations en capital accordés par la commune à l’organisme faisant l’objet de la procédure collective. Cette provision est constituée à hauteur du risque d’irrécouvrabilité ou de dépréciation de la créance ou de la participation, estimé par la commune. La provision pour participation prend également en compte le risque de comblement de passif de l’organisme. Pour les garanties d’emprunts, la provision est constituée à hauteur du montant que représenterait la mise en jeu de la garantie sur le budget de la commune en fonction du risque financier encouru ;
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- lorsque le recouvrement des restes à recouvrer sur compte de tiers est compromis, malgré les diligences faites par le comptable public, une provision est constituée à hauteur du risque d’irrécouvrabilité estimé par la commune à partir des éléments d’information communiqués par le comptable public. En dehors des trois cas visés ci-dessus, une provision peut être constituée dès l’apparition d’un risque avéré. Evaluées en fin d’exercice, les provisions pour risques et charges sont destinées à couvrir des risques et des charges nettement précisés quant à leur objet, dont la réalisation est incertaine, mais que des événements survenus ou en cours rendent probables. Elles doivent être réajustées au fur et à mesure de la variation des risques et éventuellement des charges. Elles n’ont qu’un caractère provisoire et ne peuvent être valablement constituées que dans deux cas : - soit lorsque la charge ou le risque envisagé n’est pas certain, mais est probable ; - soit lorsque la charge ou le risque envisagé est certain mais n’est pas connu dans son montant exact et doit par conséquent faire l’objet d’une évaluation. 2.5.1. Budget principal Aucune provision n’a été constituée depuis 2006. Les principaux contentieux sont intervenus en 2011 et 2012. Au vu des montants demandés par les justiciables à la commune, il aurait été souhaitable que cette dernière constituât des provisions pour risques à partir de 2011, concernant les contentieux ci-dessous :  Madame L : demande d’indemnisation par la commune de Carhaix de 60 000 € en réparation des préjudices qui auraient été causés par la délivrance d’un permis de construire en 1996 ; sa demande d’indemnisation a été rejetée par une ordonnance du tribunal administratif (TA) du 27 décembre 2011. Une requête a été déposée devant la Cour administrative d’appel le 5 octobre 2012, pour annuler l’ordonnance du TA ; SCI du Lierre : demande préalable d’indemnisation en date du 23 mai 2011 pour préjudice subi à hauteur d’un montant total de 225 067,90 € à la suite de l’arrêté de préemption du 16 décembre 2010 et du courrier retirant cette préemption du 30 mars 2011 ; Monsieur C : requête devant le TA déposée le 20 janvier 2012 pour une indemnisation d’un montant de 53 000 € à la suite de problèmes liés à des nuisances sonores ;

La provision de droit commun, destinée à couvrir la charge probable résultant des litiges, doit être constituée dès l’ouverture d’un contentieux en première instance contre la commune et être maintenue, en l’ajustant si nécessaire, jusqu’à ce que le jugement soit devenu définitif. 2.5.2. Budget assainissement Aucune provision n’a été constituée depuis 2006. La chambre relève l’absence de plan de travaux, qui fonderait l’éventuelle nécessité de prévoir des provisions pour grosses réparations, à hauteur des besoins réels qui doivent exister, étant donné l’importance du réseau d’assainissement. Elle invite la commune à réexaminer la question. La commune répond à la chambre que « le budget assainissement voté en 2013 permet de faire face aux grosses réparations, car les crédits ne sont pas intégralement affectés ». Toutefois, à l’avenir, elle inscrira une somme en provisions.

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2.6.

Rattachement des charges et des produits

Les communes de plus de 3 500 habitants rattachent à l’exercice concerné toutes les recettes et toutes les dépenses de fonctionnement qui ont donné lieu à service fait entre le 1er janvier et le 31 décembre de l’exercice, et pour lesquelles les pièces justificatives correspondantes n’ont pas encore été reçues ou émises à l’issue de la journée complémentaire. A la clôture de l’exercice, les dépenses ou recettes de fonctionnement régulièrement engagées mais non mandatées et correspondant à un service fait avant le 31 décembre (et dont l’ordonnateur a connaissance avant la fin de la journée complémentaire) donnent lieu, pour chacun des articles budgétaires concernés, à émission d’un mandat récapitulatif sur les comptes de classe 6 ou 7 intéressés. A réception des titres et mandats qui lui sont adressés par l’ordonnateur, le comptable, après s’être assuré de la disponibilité des crédits nécessaires et de l’exacte imputation, les enregistre dans sa comptabilité budgétaire et débite le compte par nature de la classe 6 par le crédit de l’un des comptes 408, 428, 438, 448 ou 468. La commune de Carhaix ne procède au rattachement des charges et produits que depuis 2011, à la demande du comptable. En 2011, le compte 408 a été soldé par un crédit à hauteur de 10 275 € et le compte 428 par un crédit à hauteur de 8 194 €. La chambre relève cette pratique tardive et invite la commune à mettre en place de manière pérenne une procédure conforme à la réglementation comptable. La commune indique dans sa réponse à la chambre qu’en 2012, 9 361,17 € en dépenses et 100 887,15 € en recettes ont été rattachés en ce qui concerne le budget principal et 80 000 € en recettes sur le budget annexe eau.

2.7.

Charges et produits constatés d’avance

Sur les exercices 2007 à 2010, le compte 486 (charges constatées d’avance) n’a pas été mouvementé. Le compte 487 « produits constatés d’avance » n’a été mouvementé qu’en 2008. La chambre invite la commune à mettre en œuvre la procédure comptable correspondante, afin de respecter les principes d’annualité et d’affectation au bon exercice.

2.8.

Travaux en régie (compte 72)

Les travaux en régie comptabilisés au compte 72 ont représenté les montants suivants à Carhaix :
Travaux en régie
compte 721 – Immobilisations incorporelles 722 - Immobilisations corporelles Total En % des dépenses nettes de personnel En % des recettes réelles de fonctionnement En % du résultat de fonctionnement 2007 0 109 746 109 746 3% 1% 6% 2008 0 69 500 69 500 2% 1% 7% 2009 0 172 134 172 134 5% 2% 15 % 2010 0 78 615 78 615 2% 1% 8%

Les instructions budgétaires et comptables indiquent que l’intégration des travaux faits en régie doit être justifiée par un état signé par l’ordonnateur. Cet état des travaux d’investissement effectués en régie est établi en fin d’exercice avant la clôture des opérations. Un état distinct en 3 exemplaires est dressé par nature de travaux ou par programme. Cet état doit développer le montant des dépenses par compte d’imputation budgétaire de la classe 6 avec mention des
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numéros de mandats afférents à ces dépenses. Pour les dépenses de main d’œuvre, la réglementation prévoit qu’un décompte des heures de travail doit être effectué, précisant les tarifs horaires retenus selon la catégorie du personnel. La commune de Carhaix a transmis le décompte des heures de travail, ainsi que les délibérations fixant le coût horaire de la main d’œuvre. Le mode de liquidation du coût horaire n’est pas précisé. Toutes les fournitures utilisées lors des travaux en régie sont imputées à un compte spécifique (606282). Un état des heures réalisées par les agents de la ville sur les chantiers concernés est transmis au service comptabilité par les responsables des services techniques. Le tarif horaire du personnel (fixé dans la délibération tarifaire générale) est appliqué au nombre d’heures réalisées. 2.8.1. Nature des travaux effectués dans le cadre de la procédure des travaux en régie En 2007, la majeure partie des travaux en régie réalisés (36 975,79 €) concernait la pose de vantaux et de fenêtres sur un bâtiment communal dénommé « le Château rouge ». En 2009, les travaux en régie portaient principalement sur les espaces verts et jardins (104 069,82 €), des travaux étant réalisés sur le bâtiment des espaces verts. En 2010, des travaux effectués sur des bâtiments communaux (24 956,27€) consistaient en des travaux d’électricité, de plomberie, de peinture, de pose de vitrages isolants. Ceux réalisés sur l’hôtel de ville (19 686,13 €) concernaient des travaux d’électricité, la réalisation de cloisons, la réfection des sols. Le détail des travaux effectués fourni par la commune ne permet pas toujours de déterminer si les opérations réalisées ont eu pour conséquence de faire entrer dans le patrimoine de nouveaux éléments ou d’augmenter la vie et la valeur des biens déjà existants, ou s’il s’agit uniquement d’opérations d’entretien. La chambre rappelle que l’imputation des dépenses en section d’investissement dépend de la nature de l’opération et non de son montant. Elle demande à la collectivité d’effectuer un suivi précis de la nature des travaux réalisés par ses agents afin de ne pas intégrer au bilan des travaux qui constituent en réalité des charges de fonctionnement. En effet, des recettes indues de FCTVA sont alors générées, ce qui améliore de manière irrégulière le résultat et la capacité d’autofinancement. 2.8.2. Coût horaire de la main d’œuvre appliqué
2007 19 € 2008 15,50 € 2009 15,50 € 2010 20,20 €

Une délibération a été prise en 2008 et 2010, afin de fixer le nouveau coût horaire pour les prestations réalisées par la ville pour l’entretien des locaux. La commune de Carhaix n’a pas apporté d’éléments sur le mode de fixation du coût horaire de la main d’œuvre. La moyenne des traitements nets perçus en décembre 2010 par le personnel technique de la commune de Carhaix (61 adjoints techniques et 3 techniciens) s’élevait à 1 309 €, soit nettement en dessous du traitement net calculé avec un coût horaire de 20,20 €. Même avec le taux horaire de 15,50 €, le traitement mensuel net correspondant serait d’environ 1 700 €. La chambre invite la commune à préciser son mode de valorisation des dépenses de main d’œuvre, à le rendre plus réaliste et à mettre fin à l’insincérité actuelle, afin d’éviter de percevoir des recettes indues de FCTVA. En réponse, la commune indique qu’elle suivra désormais plus précisément le coût des agents affectés aux différents chantiers et que le coût horaire sera évalué en fonction de la rémunération et des charges sociales y afférentes et rapporté au nombre d’heures passées pour la réalisation de ces travaux.
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3.

Gestion budgétaire
3.1. Préparation et information budgétaires

3.1.1. Les débats d’orientation budgétaire (DOB) L’élaboration du budget primitif est précédée, pour les communes de 3 500 habitants et plus, d’une phase préalable constituée par le débat d’orientation budgétaire (article L. 2312-1 du CGCT). Sur le fond, le débat doit porter sur les orientations générales à retenir pour l’exercice, ainsi que, depuis 2006, sur « les engagements pluriannuels envisagés ». Il s’insère dans les mesures d’information du public sur les affaires locales et permet aux élus d’exprimer leurs vues sur une politique budgétaire d’ensemble. Il permet également au maire de faire connaître les choix budgétaires prioritaires et les modifications à envisager par rapport au budget antérieur. Le CGCT comme la jurisprudence du Conseil d’Etat font obligation au maire de transmettre à l’appui de la convocation, en vue de la séance portant sur le débat d’orientation budgétaire, une note de synthèse (article L. 2121-12 du CGCT). La collectivité n’a pas fourni de note de synthèse qui serait distincte de la présentation faite en conseil municipal. Or, l’absence de communication aux membres de l’assemblée délibérante d’une note explicative de synthèse ou d’un rapport relatif au débat d’orientation budgétaire constitue un vice revêtant un caractère substantiel et justifie l’annulation de la délibération d’adoption du budget primitif, dans la mesure où elle est intervenue à l’issue d’une procédure irrégulière (jugement du TA de Lyon, 9 décembre 2004, Nardone). De même, lorsque la note explicative de synthèse communiquée n’est pas suffisamment dé taillée, notamment si elle ne comporte pas d’éléments d’analyse prospective, ni d’informations sur les principaux investissements projetés, sur le niveau d’endettement, sur son évolution et sur l’évolution des taux de la fiscalité locale, le débat d’orientation budgétaire doit être regardé comme s’étant tenu sans que les membres de l’assemblée délibérante aient bénéficié de l’information prévue par les dispositions législatives applicables : cette circonstance constitue une irrégularité substantielle de nature à entacher d’irrégularité la procédure d’adoption du budget primitif (arrêt de la CAA de Douai, 14 juin 2005, commune de Breteuil-surNoye ou jugements du TA de Nice, 10 novembre 2006, M. Antoine Di Lorio c/ commune de La Valette-duVar, et 19 janvier 2007, M. Bruno Lang c/ commune de Mouans-Sartoux). Les délibérations fournies, pour les exercices 2008 à 2012, comportent une présentation générale du contexte économique et financier national ainsi qu’une anticipation sur les produits fiscaux et dotation s à recevoir, suivies d’une note relative au contexte local reprenant les objectifs fixés par la collectivité : objectifs généraux (gagner de nouveaux habitants, développer/dynamiser le centre-ville, développer l’attractivité économique, développement durable, accompagnement social renforcé,…) et objectifs financiers (baisse des impôts et de l’endettement, maîtrise des dépenses de fonctionnement). Sont ensuite abordées les opérations d’investissement envisagées sur l’exercice N. Sont enfin indiqués le montant du remboursement en capital de la dette pour l’exercice ainsi que le montant d’emprunt à souscrire envisagé. Les informations fournies en 2008 sont un peu plus complètes. Elles comprennent un tableau présentant, par opération envisagée, le montant prévisionnel global, les subventions attendues puis l’autofinancement en résultant. Depuis 2009, les différentes opérations sont valorisées, sans détail sur la nature des différentes dépenses, ni sur la durée de réalisation envisagée. D’autre part, le détail des opérations en cours et inscrites en restes à réaliser n’apparaît pas. Aucun indicateur, de gestion ou a minima financier, n’a été élaboré ; le
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résultat prévisionnel (virement de la section de fonctionnement à la section d’investissement) ou la capaci té d’autofinancement (brute et nette) ne sont pas évoqués. Si des explications sur l’évolution du contexte sont fournies en ouverture du document, elles restent très générales. Quant à l’explication des projets de la municipalité, elle se cantonne à des pétitions de principe et à des objectifs très généraux, sans détail particulier ni analyse financière. Les éléments chiffrés présentés sont bruts, sans commentaire, généralement sans mise en perspective de moyen terme ni comparatifs avec des collectivités voisines et/ou similaires. L’article L. 2312-1 alinéa 2 du CGCT impose également une présentation des « engagements pluriannuels envisagés ». Les DOB n’apportent aucun chiffrage prévisionnel pluriannuel des projets d’investissement évoqués. Le DOB serait pourtant l’occasion de porter à la connaissance des élus un plan pluriannuel d’investissement (PPI) actualisé, dans le cadre duquel les opérations en cours et à venir pourraient être insérées. Aucune prospective de financement n’apparaît permettant d’appréhender les marges de manœuvre de financement des investissements. La présentation du profil de la dette à moyen terme et des perspectives de ressources fiscales pourrait utilement renseigner l’assemblée délibérante. En ce qui concerne le PPI, la commune explique que le responsable des finances met régulièrement à jour le logiciel Regards, proposé par le cabinet Ressources Consultants Finances. Ce logiciel permet de réaliser un travail de prospection en testant la capacité d’investissement de la commune. Le s projets d’équipement de l’exécutif y sont pris en compte. Certaines études commandées par la commune permettent de chiffrer le coût des équipements envisagés. Toutefois, « compte tenu des incertitudes actuelles concernant les financements octroyés aux collectivités territoriales, l’exécutif de la Ville a choisi de ne pas soumettre de plan pluriannuel d’investissement au conseil municipal ». Comme le recommande la circulaire du 25 juin 2010 faisant suite à la « charte de bonne conduite entre les établissements bancaires et les collectivités locales », l’information des élus devrait être plus complète. Il serait souhaitable que les élus disposent lors du débat d’orientation budgétaire d’un document rappelant l’encours des emprunts souscrits, la nature des indices sous-jacents, la structure des produits et une analyse des risques liés à ces produits. La qualité globale des informations portées à la connaissance du conseil municipal devrait être améliorée par des analyses détaillées de la politique budgétaire et de financement adoptée, ainsi que par des données pluriannuelles, rétrospectives et prospectives, abordant les opérations en cours et à venir ainsi que leur financement, au travers d’un PPI détaillé et mis à jour. La chambre invite la commune à apporter des éléments d’information concernant les budgets annexes, et plus particulièrement les budgets assainissement et eau, qui comportent des dépenses d’investissement, qui engagent sur le long terme. 3.1.2. Calendrier budgétaire Les calendriers budgétaires sont retracés dans le tableau suivant :
Etat des RAR (restes à réaliser) Vote CA Vote BP N+1 Affectation résultats 2008 2009 2010 2011 Edition du 29/10/2012 27-juin-08 23-mars-09 28-juin-10 21-juin-11 25-juin-12 26-mars-07 25-févr.-08 23-mars-09 11-janv.-10 13-déc.-10 12-déc.-11 11-juin-07 27-juin-08 23-mars-09 28-juin-10 21-juin-11 25-juin-12 2006 2007

Il apparait que l’affectation des résultats et les comptes administratifs sont votés tardivement et longtemps après l’adoption des BP N+1. La volonté municipale de voter un budget primitif avant le 31 décembre précédent est régulière. Elle présente toutefois des faiblesses en matière de lisibilité et de vérification des équilibres budgétaires : la méconnaissance des restes à réaliser au 31 décembre, du résultat comptable et du solde d’exécution de la
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section d’investissement rend en effet le budget primitif peu significatif et ne permet pas de s’assurer de l’équilibre réel du BP et de la sincérité de ses prévisions. Si la commune maintient sa volonté d’adopter un BP avant le 31 décembre précédant l’année concernée, il conviendrait alors qu’elle se mette en situation de disposer d’informations fiables et réalistes sur l’exécution du budget précédent, sur l’état des RAR et sur les niveaux des reports d’excédent ou de déficit. En outre, un budget supplémentaire, intégrant ces éléments devenus définitifs mais aussi l’affectation du résultat N-1, devrait être voté en complément, reprenant la totalité des équilibres budgétaires de manière claire et exhaustive pour les élus et les citoyens. Or, la commune de Carhaix n’a procédé jusqu’en 2013 qu’au vote, en cours d’exercice, de décisions modificatives simples, qui ne reprennent pas l’ensemble des données relatives à l’équilibre général du budget et dont la présentation affaiblit la signification financière réelle pour l’assemblée délibérante et pour les citoyens. Dans sa réponse, la commune précise que le BP 2013, voté le 17 décembre 2012, était accompagné d’un document synthétique présentant les résultats prévisionnels et que les écarts entre ces prévisions et les réalisations au compte administratif 2012 sont limités (0,28 % en dépenses de fonctionnement, 2,15 % en recettes de fonctionnement, 6,45 % en dépenses d’investissement, 0,32 % en recettes d’investissement) et suivent un principe de prudence (surévaluation des dépenses, sous-évaluation des recettes). En outre, un budget supplémentaire a été voté le 15 avril 2013, comme préconisé par la chambre et à la suite de l’affectation des résultats de 2012 et de la fixation des restes à réaliser 2012. De fait, le budget supplémentaire comporte, outre la reprise des documents du BP et des grands équilibres, un tableau clair, par budget, des résultats, soldes d’exécution cumulés, inscriptions par anticipation au BP, restes à réaliser, besoins de financement et affectations des résultats. La chambre prend acte de ces améliorations et invite la commune à poursuivre dans cette voie. Enfin, la commune a fourni les tableaux de bord de suivi budgétaire dont dispose désormais le service financier et qui se révèlent satisfaisants. 3.1.3. Présentation budgétaire 3.1.3.1. Budgets primitifs

Un certain nombre de remarques peuvent d’abord être formulées sur la présentation des budgets primitifs (BP) du budget principal. Elles sont d’abord liées à la forme et affectent la bonne information de l’assemblée délibérante et du public : - les informations générales sur les modalités de vote du budget ne sont pas indiquées (I B) ; - le détail des chapitres d’opérations d’équipement n’apparaît pas (B 3). L’absence des informations en dépenses (réalisé au 1er janvier, restes à réaliser N-1, propositions nouvelles et vote) et en recettes (répartition en restes à réaliser et des propositions nouvelles selon le type de recettes : subvention, emprunt et autres), ainsi que le besoin ou l’excédent de financement par opération, est fortement préjudiciable à la transparence du budget. Le conseil municipal, privé de vision opération par opération, vote le montant total des chapitres concernés sans connaître les différentes opérations inscrites, ni analyser leur état d’avancement, leur mode de financement, ni connaître leur besoin de financement ; in fine, il n’est pas en mesure d’arbitrer entre les différentes opérations. Sur la période examinée, seul le BP 2012 indique ce détail par opération. En termes de lisibilité, les budgets primitifs tels qu’ils sont établis et votés, ne sont pas satisfaisants. A titre d’exemple, le BP 2008 ne comprend, dans la vue d’ensemble de la présentation générale du budget, ni RAR N-1 à financer sur 2008, ni résultat de fonctionnement reporté, ni solde d’exécution de la s ection d’investissement reporté.

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Concernant le budget primitif 2008, la colonne « TOTAL (=RAR + vote) » de la vue d’ensemble (II-A2 et II-A3) n’est pas renseignée. L’absence de données essentielles à l’élaboration et aux équilibres budgétaires se retrouve dans les budgets suivants :

Budget primitif du budget principal Présence des RAR N-1 Présence du solde d’exécution de la section d’investissement reporté Présence du solde de la section de fonctionnement reporté

2007

2008

2009 X X X

2010

2011

2012

X

X

Ces absences rendent les budgets votés incomplets, mais aussi déséquilibrés une fois ces données prises en compte. Les budgets votés sont en effet substantiellement modifiés une fois tous les éléments budgétaires pris en compte au cours de l’exercice. Le BP 2011 indique un résultat de fonctionnement reporté de 514 608,00 € alors que celui-ci est de 1 506 739,75 €. Le BP 2012 présente un résultat de 1 205 000 € alors que celui-ci est nul, tel qu’exposé plus loin dans l’affectation du résultat 2011. Les comptes de gestion indiquent au compte 110 la réalité comptable de cet excédent reporté :

c/110

2007 BE BS 330 160 0

2008 BE 0

2009 2010 2011 2012 BS BE BS BE BS BE BS BE BS 322 256 322 256 671 271 671 271 800 667 800 667 1 506 740 1 506 740 nd

Les données budgétaires de la section de fonctionnement peuvent être reconstituées de la manière suivante :

Propositions Excédent/déficit nouvelles antérieur (*) Dépenses 8 136 225 2008 Recettes 8 136 225 322 256 Dépenses 8 872 730 2009 Recettes 8 201 459 671 271 Dépenses 8 037 695 2010 Recettes 8 037 695 800 667 Dépenses 8 713 701 2011 Recettes 8 199 093 1 506 740 Dépenses 9 650 359 2012 Recettes 8 445 359 0 (*) source : compte administratif N-1 Section de fonctionnement

Total 8 136 225 8 458 481 8 872 730 8 872 730 8 037 695 8 838 362 8 713 701 9 705 833 9 650 359 8 445 359

BP voté 8 136 225 8 136 225 8 872 730 8 872 730 8 037 695 8 037 695 8 713 701 8 713 701 9 650 359 9 650 359

Ecart 0 -322 256 0 0 0 -800 667 0 -992 132 0 1 205 000

% 0% 4% 0% 0% 0% 9% 0% 10 % 0% -14 %

En 2008, 2010 et 2011, il y a en réalité un suréquilibre de la section, les recettes ayant été minorées. En revanche, en 2012, la section était en réalité en déséquilibre :
2008 322 256 € 2009 0€ 2010 800 667 € 2011 992 132 € 2012 - 1 205 000 €

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Les données budgétaires de la section d’investissement peuvent être reconstituées d e la manière suivante :
Section d’investissement 2008 2009 2010 2011 Dépenses Recettes Dépenses Recettes Dépenses Recettes Propositions nouvelles 2 997 900 2 997 900 2 492 135 3 201 022 3 568 200 3 568 200 Excédent/déficit antérieur (*) 1 462 638 626 268 1 043 917 RAR N-1 (**) 706 704 706 704 387 808 305 188 0 0 Total 5 167 241 3 704 604 3 506 210 3 506 210 4 612 117 3 568 200 BP voté 2 997 900 2 997 900 3 506 210 3 506 210 3 568 200 3 568 200 Ecart -2 169 341 -706 704 0 0 -1 043 917 0 42 % 19 % 0% 0% 23 % 0%

Dépenses 4 174 090 86 283 254 709 4 515 082 4 174 090 -340 992 8% Recettes 4 174 090 206 000 4 380 090 4 174 090 -206 000 5% Dépenses 5 231 836 2 260 220 224 168 7 716 224 5 231 836 -2 484 388 32 % 2012 Recettes 5 231 836 251 970 5 483 806 5 231 836 -251 970 5% (*) source : documents budgétaires apportés lors de l’instruction ; une dépense correspond à un déficit antérieur (à financer), une recette à un excédent (**) source : Etats des restes à réaliser au 31/12/N apportés lors de l’instruction

Hormis en 2009, la section d’investissement a été minorée et toujours davantage en dépenses qu’en recettes, ce qui fait qu’elle était en déséquilibre réel sur l’essentiel de la période examinée :
2008 - 1 462 638 € 2009 0€ 2010 - 1 043 917 € 2011 - 134 992 € 2012 - 2 232 418 €

La section d’investissement des BP 2008 à 2012 n’est plus en équilibre formel une fois les RAR N -1 et l’excédent ou déficit d’investissement reporté pris en compte. Sans budget supplémentaire rétablissant l’équilibre budgétaire de la section d’investissement à la suite de l’intégration des RAR N -1, la prise en compte des RAR N-1 et de l’excédent/déficit reporté déséquilibre la section, au moins sur le plan formel. L’équilibre des BP votés était donc seulement apparent, sur la base de données budgétaires incomplètes. Cette manière de procéder n’est pas irrégulière mais reste peu lisible et peu significative. La chambre souligne qu’elle nécessite que la commune se donne les moyens de disposer d’une vision fiable et exhaustive des RAR au moment de l’adoption du BP, de disposer d’une appréciation réaliste et aussi proche que possible de la situation définitive en matière de soldes d’exécution en fonctionnement et en investissement et de valider le respect des équilibres. Dans sa réponse, la commune a fourni le BP 2013 dans lequel figure désormais l’état IB. Le total « RAR + Vote » apparaît au budget supplémentaire 2013, dans lequel ont été repris les RAR. La commune reconnaît les autres manques et s’engage à poursuivre son effort pour appliquer complètement la réglementation. La chambre prend acte des quelques progrès accomplis en 2013 et des engagements de la commune pour l’avenir. 3.1.3.2. Comptes administratifs

Des remarques similaires peuvent être formulées à l’encontre des comptes administratifs, notamment pour l’exercice 2009.
Compte administratif du budget principal Présence des RAR Présence du report en section de fonctionnement Présence du report en section d’investissement 2007 X X 2008 X X X 2009 2010 X X X 2011 X X X

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Des différences ont également pu être notées avec les documents remis lors de l’instruction, au titre des états de restes à réaliser au 31 décembre de chaque année, qui correspondent normalement à la vue d’ensemble de la présentation générale du budget (document II-A1 du compte administratif).
Comptes administratifs votés Section de fonctionnement Dépenses 2007 Recettes Dépenses 2008 Recettes Dépenses 2009 Recettes Dépenses 2010 Recettes Dépenses 2011 Recettes Documents budgétaires apportés lors de l’instruction Excédent/déficit antérieur 0 322 256 0 800 667 1 506 740 Comptes administratifs votés Excédent/déficit RAR N+1 antérieur 1 598 469 706 704 706 704 1 462 638 387 808 305 188 0 0 0 1 043 917 254 709 206 000 86 283 256 168 286 045 0 322 256 671 271 800 667 1 506 740 Documents budgétaires apportés lors de l’instruction Excédent/déficit antérieur 1 598 469 1 462 638 626 268 1 043 917 86 283 RAR N+1 706 704 706 704 387 808 305 188 0 0 254 709 206 000 224 168 251 970

Section d’investissement 2007 2008 2009 2010 2011 Dépenses Recettes Dépenses Recettes Dépenses Recettes Dépenses Recettes Dépenses Recettes

Si des considérations de calendrier peuvent expliquer, sans les justifier, les absences de certaines informations dans les budgets primitifs, les carences des comptes administratifs ne peuvent être admises, car elles engagent la suite et l’enchaînement des exercices successifs. Si la commune ne souhaite pas modifier son calendrier d’adoption des budgets, elle doit se mettre en situation de présenter des documents plus fiables, complets et sincères. A cet égard, la commune pourrait élaborer un guide budgétaire définissant les dates clefs de préparation et d’élaboration des budgets et assurant une permanence des méthodes. Dans sa réponse à la chambre, la commune prend note de ces observations, tout en indiquant que, pour le CA 2012, le document II-A1 est correctement renseigné sur les RAR. Elle se déclare soucieuse d’améliorer la présentation des documents budgétaires. 3.1.4. Annexes au compte administratif Pour l’application du dernier alinéa de l’article L. 2313-1 du CGCT, l’article R. 2313-3 liste les états à annexer au budget et au compte administratif. Concernant les annexes au compte administratif 2011 du budget principal, certains manques peuvent être observés relatifs : - à la présentation agrégée des résultats afférents au dernier exercice connu du budget principal et des budgets annexes de la commune, - à la liste des organismes pour lesquels la commune a garanti un emprunt, - à la liste des organismes pour lesquels la commune a versé une subvention supérieure à 75 000 euros ou représentant plus de 50 % du produit figurant au compte de résultat de l’organisme,
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- au tableau retraçant l’encours des emprunts garantis par la commune ainsi que l’échéancier de leur amortissement, - à la liste des délégataires de service public, - à la présentation de l’état des provisions, - à la présentation de l’état des charges transférées en investissement, - à l’état de variation des immobilisations. La commune ne remplit pas systématiquement les modèles d’annexes proposés. La chambre relève que beaucoup d’informations relatives au budget principal, pour certaines essentielles, s’avèrent manquantes et obèrent la bonne information budgétaire de l’assemblée délibérante et du public. Il en est de même pour les budgets annexes. La commune joint à sa réponse à la chambre le CA 2012, dans lequel il apparaît que davantage d’annexes sont présentes et renseignées, même s’il manque encore la liste des délégataires de service public, l’état des provisions et l’état des charges transférées en investissement. La chambre invite la commune à poursuivre dans la voie de l’amélioration de la présentation budgétaire.

3.2.

Restes à réaliser (RAR)

Les restes à réaliser correspondent aux dépenses engagées non mandatées, telles qu’elles ressortent de la comptabilité des engagements, et aux recettes certaines n’ayant pas donné lieu à l’émission d’un titre. Les restes à réaliser doivent être repris dans le budget de l’exercice suivant. Une prise en compte défaillante ou partielle des RAR a des conséquences sur les résultats et sur l’enchaînement des exercices budgétaires. Les résultats de l’exercice budgétaire figurant au compte administratif sont constitués du déficit ou de l’excédent réalisé de chacune des deux sections, mais aussi des restes à réaliser en dépenses et en recettes. Ces derniers font partie intégrante des résultats du compte administratif. En outre, les restes à réaliser de la section d’investissement sont pris en compte dans l’affectation des résultats. Ainsi, le besoin de financement de la section d’investissement est corrigé des restes à réaliser en dépenses et en recettes. Selon la M14 (cadre budgétaire), « à la clôture de l’exercice, le vote du compte administratif et du compte de gestion constitue l’arrêté des comptes de la collectivité. Cet arrêté permet de dégager : - le résultat proprement dit (section de fonctionnement) ; - le solde d’exécution de la section d’investissement ; - les restes à réaliser des deux sections. Le solde d’exécution de la section d’investissement, corrigé des restes à réaliser, fait ressortir : - un besoin de financement (dépenses supérieures aux recettes) ; - ou un excédent de financement (recettes supérieures aux dépenses) ». Or, pour ce qui est de la commune de Carhaix-Plouguer, les restes à réaliser N, dont l’état doit être produit lors de la journée complémentaire, à reprendre au BP N+1 (présentation par section), ainsi que les restes à réaliser N-1, pris en compte dans la détermination du résultat (vue d’ensemble de la présentation générale du budget), ne figurent pas dans les comptes administratifs. La chambre note cette insincérité budgétaire dans la présentation actuelle des résultats. Sur la forme, selon la M14, « un état des restes à réaliser est établi au 31 décembre de l’exercice. L’état des restes à réaliser, détaillé par chapitre ou article en fonction du vote du conseil municipal, est arrêté en toutes lettres et visé par le maire. Un exemplaire est joint au compte administratif à titre de justification des restes à réaliser qui y sont inscrits; deux exemplaires sont adressés au comptable qui
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retourne un exemplaire revêtu de son accusé de réception au maire, qui le joint au budget de reprise du résultat de l’exercice à titre de justification ». Ces états des RAR N-1, qui doivent être produits dans les pièces du compte de gestion, n’y figurent pas. Seul un tableau illisible, crayonné, modifié et sans cohérence avec les montants figurant au compte administratif a été trouvé dans les liasses 2010. Au cours de l’instruction, ces états ont été demandés. La collectivité a apporté la vue d’ensemble de la présentation générale du budget (II-A1) où figure un détail des restes à réaliser par chapitre. Ce document ne correspond pas à la réglementation. Outre le fait qu’il soit intégré au compte administratif, il n’est pas visé par le maire et ne peut servir de pièce justificative au comptable pour payer les dépenses concernées en début d’exercice suivant et en l’absence de budget primitif adopté, d’autant que, pour la commune de Carhaix, les comptes administratifs sont votés postérieurement au budget primitif n+1. Ce document s’avère très succinct et mériterait d’être détaillé grâce à un suivi fin des engagements. Les informations suivantes sont issues des budgets primitifs et portent sur les dépenses et recettes réelles.
Section d’investissement 2008 Propositions nouvelles Excédent/déficit antérieur RAR N-1 (*) Total 5 037 241 2 594 129 3 356 210 1 540 224 4 482 117 2 355 040 4 365 082 2 690 390 7 622 384 3 124 473 % RAR / propositions nouvelles 24,6 % 37,4 % 16,6 % 24,7 % 0,0 % 0,0 % 6,3 % 8,3 % 4,4 % 8,8 % % RAR / BP corrigés 14,0 % 27,2 % 11,6 % 19,8 % 0,0 % 0,0 % 5,8 % 7,7 % 2,9 % 8,1 %

Dépenses 2 867 900 1 462 638 706 704 Recettes 1 887 425 706 704 Dépenses 2 342 135 626 268 387 808 2009 Recettes 1 235 036 305 188 Dépenses 3 438 200 1 043 917 0 2010 Recettes 2 355 040 0 Dépenses 4 024 090 86 283 254 709 2011 Recettes 2 484 390 206 000 Dépenses 5 137 996 2 260 220 224 168 2012 Recettes 2 872 503 251 970 (*) source : états des restes à réaliser au 31/12/N apportés lors de l’instruction

Outre les écarts déjà relevés avec les données du compte administratif pour ce qui est des RAR 2011, deux remarques peuvent être formulées concernant les montants des RAR. - Les montants inscrits en RAR 2007 sont équivalents en dépenses et en recettes, à hauteur de 706 703,76 €. Cette équivalence à l’euro près interroge sur la sincérité de l’inscription. - Aucun RAR n’apparaît en 2010. Leur absence est incohérente avec l’emploi d’une comptabilité d’engagement. La commune n’a pas apporté les pièces justifiant les inscriptions en restes à réaliser sur la période. Aucun bon ou lettre de commande, aucun acte d’engagement ni notification de subvention n’a été fourni. Une liste des engagements concernés a été fournie concernant les seuls exercices 2007 et 2008. L’édition des restes à réaliser au 31/12/2011 telle qu’elle a été produite à la chambre ne présente pas les montants engagés, mais les crédits inscrits au budget primitif, le montant mandaté et les crédits disponibles par ligne d’imputation. Ce tableau, de construction artificielle, ne présente pas les engagements concernés, ni les mandatements pour lesquels aucune dépense n’a été a priori prévue (compte 21571). La commune n’a pas apporté de tableaux cohérents de suivi des engagements présentant : numéro d’engagement, imputation, montant engagé, montant mandaté, restes à réaliser et nature de la pièce justificative. La chambre observe que la commune n’est pas en mesure de démontrer sa correcte maîtrise de la procédure budgétaire des RAR, ne dispose pas d’un suivi détaillé et sécurisé des engagements ce qui n’a pas permis une vérification de la réalité juridique et de l’exactitude des montants inscrits en RAR au 31/12.
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3.3.

Sincérité de l’exécution budgétaire : les décisions budgétaires modificatives (DBM)

Les DBM qui peuvent être votées en cours d’année ont pour objet des virements de crédits (entre chapitres) nécessaires, l’emploi de recettes non prévues au budget primitif ou de s dépenses ou recettes nouvelles à inscrire. 3.3.1. Nombre et volume global des DBM du budget principal
2008 Montant en fonctionnement 778 472 714 952 63 520 954 699 2010 Montant en fonctionnement 804 926 2009 Montant en fonctionnement 171 204 171 204 0 190 840 2011 Montant en fonctionnement 1 192 072 26 940 1 506 740 25 000 2 000 -368 608 1 186 856

Nombre et date 2 Délibérations présentes dans les liasses au titre des DBM 27/06/08 17/11/08 Comptes de gestion (*)

Montant en investissement 1 924 338 1 900 452 23 886 1 982 004

Nombre et date 2 16/11/09 14/12/09

Montant en investissement 460 742 451 492 9 250 468 991

Nombre et date 5 28/06/10 Délibérations présentes dans les liasses au titre des DBM 04/10/10 22/11/10 13/12/10

Montant en investissement 3 675 260 1 500 000

Nombre et date 5 04/04/11 21/06/11 03/10/11 21/11/11 12/12/11

Montant en investissement 2 708 353 730 099 1 447 732 270 415 260 107 0 2 708 353

802 601 2 325

2 124 463 50 796 1

Comptes de gestion (*)

3 585 307

4 799 445

(*) Etat de consommation des crédits du compte de gestion

Une incohérence entre données du compte de gestion et DBM fournies à son appui peut être relevée. En résumé, l’impact des DBM a été le suivant, par rapport au BP :
Investissement 66 % 13 % 135 % 65 % Fonctionnement 12 % 2% 45 % 14 %

2008 2009 2010 2011

La chambre constate que le choix de voter le BP avant le 31 décembre précédent et de ne pas tirer les conséquences budgétaires de la clôture de l’exercice précédent avant l’été ou même l’automne de l’année suivante entraîne l’adoption de DBM qui modifient amplement les équilibres principaux du budget, sans qu’un budget supplémentaire vienne récapituler ces derniers. La chambre rappelle, que selon l’article L. 2312-2 CGCT, les crédits sont votés par chapitre et, si le conseil municipal en décide ainsi, par article ; toutefois, hors les cas où le conseil municipal a spécifié que les crédits sont spécialisés par article, le maire peut effectuer des virements d’article à article à l’intérieur du même chapitre. D’autre part, l’article L. 2322-2 dispose que « le crédit pour dépenses imprévues est employé par le maire ». De plus, les recettes sont votées sous forme de crédits évaluatifs et il n’est pas obligatoire de les ajuster par une DBM. L’intervention de modifications qui ne sont pas réglementairement nécessaires freine l’action des services (qui doivent attendre le vote du conseil municipal pour engager les crédits) et rend délicat le suivi budgétaire au cours de l’exercice. Un suivi de l’exécution budgétaire permettrait de connaître, au sein d’un
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même chapitre, les imputations sur lesquelles des crédits sont disponibles et peuvent être virés (ou réimputés). A la suite de la réponse de la commune, la chambre prend acte qu’en 2013, un budget supplémentaire a été voté, intégrant les résultats 2012, à la suite des affectations réalisées, et reprenant les montants votés sur l’ensemble de l’exercice (BP + budget supplémentaire). Le détail des dépenses de la section d’investissement comporte une colonne « pour mémoire BP », une colonne reports, une colonne « propositions nouvelles » et une colonne « vote », ce qui fournit des données suffisantes pour le vote du conseil municipal.

3.4.

L’affectation du résultat du budget principal

Le résultat excédentaire de la section de fonctionnement dégagé au titre de l’exercice clos, cumulé avec le résultat antérieur reporté, est affecté en totalité dès la plus proche décision budgétaire suivant le vote du compte administratif et, en tout état de cause, avant la clôture de l’exercice suivant ( article L. 2311-5 alinéa 1er du CGCT). Pour la détermination du résultat à affecter, il n’est pas tenu compte des restes à réaliser de la section de fonctionnement. Seul le besoin de financement de la section d’investissement est corrigé des restes à réaliser de cette section, en dépenses et en recettes. Après constatation du résultat de fonctionnement, l’assemblée délibérante peut affecter ce résultat en tout ou partie, soit au financement de la section d’investissement, soit au financement de la section de fonctionnement. Le résultat doit être affecté en priorité à l’apurement d’un éventuel déficit de fonctionnement antérieur, puis à la couverture du besoin de financement dégagé par la section d’investissement. Pour le solde et selon la décision de l’assemblée délibérante, il est affecté en excédents de fonctionnement reportés (report à nouveau créditeur) ou en une dotation complémentaire en réserves. Le résultat apparaissant au compte administratif, sur lequel porte la décision d’affectation, est le résultat cumulé de la section de fonctionnement constaté à la clôture de l’exercice. La commune n’intégrant pas les restes à réaliser au compte administratif, le résultat à affecter est celui de la délibération constatant les RAR N-1 et réalisant, de fait, cette affectation :

Exercice Date délibération

2007 27 juin 2008

2008 23 mars 2009

2009 21 juin 2010

2010 21 juin 2011

2011 25 juin 2012

Le calcul de l’excédent ou du besoin de financement ainsi que l’affectation du résultat ont été reconstitués par la chambre, à partir des délibérations et des éléments recueillis lors du contrôle.
2007 2008 2009 2010 Année Cumulé Année Cumulé Année Cumulé Année Cumulé 1 784 894 1 784 894 1 057 902 1 380 158 1 173 313 2 553 472 1 047 065 1 847 732 2011 Année Cumulé 979 308 2 486 048

Résultat Solde d’exécution de la section d’investissement Solde des RAR N-1 Excédent (+) ou besoin de financement (-)

135 832 -1 462 638 0 0

836 370 -82 620

-626 268 -82 620

-417 650 -1 043 917 0 0

957 635 -48 709

-86 283 -2 173 937 -2 260 220 -48 709 27 802 27 802

-1 462 638

-708 887

-1 043 917

-134 992

-2 232 418

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Résultat cumulé Couverture du besoin de financement Solde affecté en excédents de fonctionnement reportés Solde affecté en réserves Total affecté

2007 1 784 894 1 462 638 322 256 0 1 784 894

2008 1 380 158 708 887 671 271 0 1 380 158

2009 2 553 472 1 043 917 1 509 554 0 2 553 472

2010 1 847 732 134 992 1 712 740 0 1 847 732

2011 2 486 048 2 232 418 0 253 630 2 486 048

3.4.1. L’affectation du résultat 2009 (en 2010) Selon la délibération du 28 juin 2010, « les résultats de clôture 2009 se traduisent par un excédent de fonctionnement de 1 173 313,27 € et un déficit d’investissement de 417 649,81 €. Le conseil municipal a décidé d’affecter les 1 173 313,27 € : - à la couverture du déficit d’investissement pour 417 649,81 €, - en report à la section de fonctionnement pour 755 663,46 € ». Selon les calculs effectués par l’équipe de contrôle :

Résultat 2009 du budget principal Section de fonctionnement Réalisations de l’exercice Section d’investissement Reports N-1 Reports en section de fonctionnement (002) Reports en section d’investissement (001) Total Restes à réaliser à reporter en N+1 Section d’investissement Section de fonctionnement Section d’investissement Total cumulé

Dépenses 7 232 390 2 613 917 0 626 268
(si déficit)

Recettes 8 405 703 2 196 267 671 271 0
(si excédent)

10 472 575 0 7 232 390 3 240 185 10 472 575

11 273 242 0 9 076 974 2 196 267 11 273 242

Résultat cumulé

Le résultat de fonctionnement cumulé à affecter correspond à 1 844 584,30 € et non à 1 173 313,27 €. La commune a en fait omis les 671 271 € du report à nouveau créditeur.

Année Résultat Solde d’exécution de la section d’investissement Solde des RAR Excédent (+) ou besoin de financement (-) 1 173 313 -417 650 0 -417 650

Cumulé 1 844 584 -1 043 917 0 -1 043 917

Le résultat de fonctionnement cumulé à affecter correspond bien à 1 844 584,30 € et non à 1 173 313,27 € et le besoin de financement à 1 043 917,31 € et non à 417 649,81 € de « déficit d’investissement », la commune ayant omis les 626 268 € de solde d’exécution de la section d’investissement à la fin de 2008.

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Il en ressort une affectation qui correspondrait, hors décision d’affection en réserves, à :
Affectation du résultat en N+1 Report à nouveau excédentaire Report à nouveau déficitaire Résultat de l’exercice Résultat cumulé Couverture du besoin de financement Solde affecté en excédents de fonctionnement reportés Solde affecté en réserves

Solde créditeur c/110 Solde débiteur c/119 Solde créditeur c/12 Crédit c/1068 Crédit c/110 Crédit c/1068

671 271 0 1 173 313 1 844 584 1 043 917 800 667 0

Ce qui correspond bien aux écritures opérées par le comptable :
Compte 1068 (excédents de fonctionnement capitalisés) 110 (report à nouveau) 12 (résultat de l’exercice) Source : compte de gestion 2010 Balance d’entrée 25 560 643 671 271 1 173 313 Débits 1 043 917 1 173 313 Crédits 1 043 917 1 173 313 Solde 26 604 560 800 667 0

La chambre relève donc ces erreurs dans la délibération d’affectation du résultat 2009, qui ont été corrigées par le comptable et n’ont pas affecté la fiabilité de l’enchaînement des exercices suivants. 3.4.2. L’affectation du résultat 2010 (en 2011) Selon la délibération du 21 juin 2011, « les résultats de clôture 2010 se traduisent par un excédent de fonctionnement de 1 847 731,79 € et un déficit d’investissement de 86 282,61 €. Le conseil municipal a décidé d’affecter les 1 847 731,79 € : à la couverture du besoin d’investissement pour 340 992,04 €, en report à la section de fonctionnement pour 1 506 739,75 € ».

Selon les calculs effectués par l’équipe de contrôle :
Résultat 2010 du budget principal Section de fonctionnement Réalisations de l’exercice Section d’investissement Reports N-1 Reports en section de fonctionnement (002) Reports en section d’investissement (001) Total Restes à réaliser à reporter en N+1 Section d’investissement Section de fonctionnement Section d’investissement Total cumulé Année Résultat Solde d’exécution de la section d’investissement Solde des RAR Excédent (+) ou besoin de financement (-) 1 047 065 957 635 -48 709 908 925 Dépenses 9 783 873 4 513 832 0 1 043 917
(si déficit)

Recettes 10 830 938 5 471 467 800 667 0
(si excédent)

15 341 623 254 709 9 783 873 5 812 459 15 596 332 Cumulé

17 103 072 206 000 11 631 605 5 677 467 17 309 072

Résultat cumulé

1 847 732 -86 283 -48 709 -134 992

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Le besoin de financement de la section d’investissement correspond donc à 134 992,04 € et non à 340 992,04 €, la commune y ayant amalgamé les RAR en recettes, soit un écart de 206 000 €. L’affectation devrait normalement correspondre, hors décision d’affection en réserves, à :
Affectation du résultat en N+1 Report à nouveau excédentaire Report à nouveau déficitaire Résultat de l’exercice Résultat cumulé Couverture du besoin de financement Solde affecté en excédents de fonctionnement reportés Solde affecté en réserves

Solde créditeur c/110 Solde débiteur c/119 Solde créditeur c/12 Crédit c/1068 Crédit c/110 Crédit c/1068

800 667 0 1 047 065 1 847 732 134 992 1 712 740 0

Les écritures du comptable incluent les 206 000 € mais les neutralisent :
Compte 1068 (excédents de fonctionnement capitalisés) 110 (report à nouveau) 12 (résultat de l’exercice) Source : compte de gestion 2011 Balance d’entrée 26 604 560 800 667 1 047 065 Débits 340 992 1 047 065 Crédits 340 992 1 047 065 Solde 26 945 552 1 506 740 0

L’affectation du résultat 2010 n’a donc pas eu de conséquence sur la fiabilité de l’enchaînement des exercices suivants.

3.5.

Relations entre budgets principal et annexes

L’instruction M4 applicable aux services publics locaux industriels et commerciaux prévoit que, chaque fois que cela est possible, les charges et les produits du service sont imputés directement dans le budget annexe du service. Lorsque la collectivité effectue cependant une partie des prestations pour le compte du service, elle en établit une facturation, au plus tard en fin d’exercice. Cette facturation s’effectue sur la base du coût de revient de la prestation, lorsqu’il peut être facilement déterminé, ou selon une répartition forfaitaire dans le cas contraire. Ces prestations peuvent notamment concerner : - l’entretien des véhicules par l’atelier municipal et celui des véhicules partiellement affectés au service (ceux qui lui sont attribués en propre figurent directement sur le budget annexe) ; le prorata peut s’apprécier, par exemple, sur la base du kilométrage parcouru ; - l’entretien des bâtiments lorsque la dépense ne peut pas être imputée directement sur le budget annexe du service. La répartition peut prendre en compte la surface des bâtiments affectés au service ; - les tâches d’administration générale peuvent être réparties au nombre d’agents administratifs et techniques ; - la mise à disposition temporaire de personnel par la commune : la répartition se fait alors au temps de présence estimé ou reconnu du personnel communal pour le compte du service, sa rémunération et les charges afférentes s’imputent directement dans le budget annexe du service. Interrogée sur les critères de ventilation et de répartition des différentes catégories de dépenses et de recettes entre budget principal et budgets annexes, la commune de Carhaix n’a pas apporté d’explications sur la méthode de répartition ou la procédure comptable employée. Elle a fourni les éléments suivants :

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« Lotissement du Poher : création le 3 octobre 2011 afin de regrouper l’ensemble des opérations d’aménagement et de gestion du nouveau lotissement du Poher. Ce budget regroupe l’ensemble des opérations comptables réalisées sur le périmètre du lotissement. »

Il existe toutefois des dépenses de structure et des dépenses administratives, qu’il convient de répartir entre budget principal et budget annexe.

« Eau potable : comptabilité M49, service de réseaux, les dépenses et recettes de ce budget sont uniquement liées à la gestion de l’eau potable notamment en dépenses de fonctionnement l’achat d’eau auprès de Véolia, la gestion des emprunts, les amortissements et en recettes le produit de la vente de l’eau auprès des usagers (surtaxe). En dépenses d’investissement, les travaux, le paiement du capital des emprunts et en recettes les amortissements, la TVA. Assainissement : comptabilité M49, service de réseaux, les dépenses et recettes de ce service sont liées à la gestion de l’assainissement. Les charges à caractère général sont peu élevées en fonctionnement. Le budget est consacré aux travaux d’assainissement, au remboursement de la dette en investissement. Crématorium : le 1er janvier 2007, ce service a fait l’objet d’une délégation de service public auprès de la société d’économie mixte dénommée « SEM Pôle funéraire public du Centre Bretagne ». La convention conclue avec la SEM prévoit que les dépenses de fonctionnement et d’investissement réalisées sur l’équipement sont supportées financièrement par la SEM. »

Pour l’eau et l’assainissement, comme pour le crématorium, des dépenses de personnel (pour le contrôle de l’exécution financière et technique de la DSP, pour la gestion du budget et des marchés, pour les paiements,…) existent dont la ventilation pourrait être réalisée.

« Pompes funèbres : en 2008, ce budget a remboursé le budget principal à hauteur de 25 % le poste de l’agent chargé du cimetière. Les recettes sont liées à l’activité de ce service concernant les frais d’obsèques. »

Dans ce cas, la commune a bien estimé les charges de personnel, ce qu’elle pourrait faire pour les autres budgets annexes. La chambre invite la commune à revoir chaque catégorie de dépenses et de recettes pour identifier celles qui doivent faire l’objet d’une ventilation entre budgets puis d’une facturation d’un budget à l’autre, à élaborer des critères de répartition afin d’affecter les charges réelles à chaque budget pour pouvoir déterminer des coûts d’exploitation fiables et appliquer in fine des tarifs appropriés aux usagers.

4.

Analyse financière
4.1. Evolution des dépenses et des recettes

4.1.1. Exécution budgétaire (2007-2011) 4.1.1.1. Section de fonctionnement
SECTION DE FONCTIONNEMENT - DEPENSES REALISEES Chapitre Charges générales Personnel Atténuation de produits Autres charges de gestion courante Charges financières Charges exceptionnelles Total dépenses réelles Source : comptes administratifs. 11 12 14 65 66 67 2007 1 718 838 3 954 437 861 911 312 451 800 38 107 7 075 355 2008 1 857 195 3 845 777 269 910 986 470 872 39 075 7 124 174 2009 1 794 229 3 740 724 0 794 780 460 958 6 273 6 796 964 2010 2 008 040 3 522 430 1 191 716 229 348 900 6 275 6 603 065 2011 2 057 545 3 658 798 6 434 787 241 311 064 11 282 6 832 364 Evolution 2007-2011 20 % -7 % 647 % -14 % -31 % -70 % -3 %

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Les dépenses réelles de fonctionnement ont légèrement diminué sur la période. Les postes de dépenses les plus concernés par cette diminution sont les charges de gestion courante, les charges financières et, dans une moindre mesure, les charges de personnel, avec le transfert du personnel de l’école de musique vers l’intercommunalité. La baisse des charges de gestion courante s’explique en 2009 par une diminution des subventions de fonctionnement versées aux associations et par une baisse des contributions aux charges intercommunales.
SECTION DE FONCTIONNEMENT - RECETTES REALISEES Chapitre Atténuations de charges Produits et ventes Impôts et taxes Dotations, participations, subventions Autres produits d’activité Produits financiers Produits exceptionnels Total recettes réelles Source : comptes administratifs 13 70 73 74 75 76 77 2007 261 157 320 654 5 537 411 1 970 056 945 072 4 350 218 519 9 257 219 2008 206 724 315 970 5 533 374 1 889 607 515 268 766 122 883 8 584 592 2009 314 400 270 555 5 547 266 1 875 135 77 727 20 334 24 842 8 130 259 2010 219 648 229 493 5 522 173 1 899 404 73 075 595 1 683 749 9 628 137 2011 186 858 391 319 5 538 818 1 859 499 54 848 459 189 259 8 221 060 Evolution 2007-2011 -28 % 22 % 0% -6 % -94 % -89 % -13 % -11 %

Les recettes réelles de fonctionnement ont baissé plus fortement que les dépenses réelles de fonctionnement, notamment à cause de l’érosion des autres produits d’activité. En effet, jusqu’en 2008, le crématorium reversait au budget principal de la commune des excédents (872 649 € en 2007 et 428 406 € en 2008). Les contributions directes ont stagné sur la période et les dotations et subventions ont légèrement reculé, avec notamment la diminution de l’attribution de compensation, liée au transfert de l’école de musique à l’intercommunalité. Enfin, en 2010, au compte 775, a été imputée la cession du château de Kerampuilh. 4.1.1.2. Section d’investissement
SECTION D’INVESTISSEMENT - DEPENSES REALISEES Chapitre Dotations Subventions d’investissement Emprunts Immobilisations incorporelles Immobilisations corporelles Immobilisations en cours Participation et créances rattachées Autres immobilisations financières Total dépenses réelles Source : comptes administratifs. 10 13 16 20 21 23 26 27 2007 2008 2009 2010 2011 Evolution 2007-2011

1 449 894 121 833 261 441 2 568 990 50 575 800 4 453 533

989 752 104 865 216 698 1 218 948 1 200 2 531 463

1 164 213 57 492 138 492 814 359

1 020 568 58 731 446 008 1 785 725

1 099 017 94 584 710 323 3 207 095 1 000 5 112 019

2 174 556

3 311 032

-24 % -22 % 172 % 25 % -100 % 25 % 15 %

Après une diminution en 2009, les dépenses d’investissement croissent jusqu’à l’exercice 2011, qui présente des dépenses élevées dues à des travaux en cours (programmes de voirie et équipements pour les gens du voyage). Le remboursement en capital de la dette est stabilisé à un peu plus d’un million d’euros par an depuis 2008.
SECTION D’INVESTISSEMENT - RECETTES REALISEES Chapitre Dotations Subventions d’investissement Emprunts et dettes Immobilisations incorporelles Autres immobilisations financières Amortissement immobilisations Total recettes réelles Source : comptes administratifs 10 13 16 20+21+23 27 28 2007 1 729 673 1 061 203 1 474 745 3 762 56 099 4 325 482 2008 2 151 063 159 389 654 015 850 2 965 317 2 965 317 2009 958 723 138 007 17 520 404 822 77 852 1 596 924 2010 543 141 702 800 2011 333 521 820 255 1 001 350 50 072 Evolution 2007-2011 -81 % -23 % -32 % 0% -100 % -100 % -49 %

800 1 246 741 2 205 198

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Les recettes d’investissement baissent très sensiblement sur la période, notamment à cause d’une diminution des dotations et des subventions d’équipement reçues et un financement par l’emprunt moins important qu’en 2007. Même si l’exécution budgétaire ne laisse pas apparaître, globalement, de dégradation majeure pendant la période sous revue, la chambre appelle la commune à la vigilance, tant en fonctionnement qu’en investissement, face à une difficulté manifeste à obtenir des recettes, en particulier en matière de dotations et de subventions.

4.1.2. Fiscalité et produits fiscaux

4.1.2.1.

Taux de fiscalité directe locale
Taux moyens de la strate démographique 2011 14,33 % 20,88 % 58,01 %

(en %) TH TFB TFNB

Taux 2007 14,57 % 16,08 % 53,73 %

Taux 2008 13,98 % 16,08 % 51,55 %

Taux 2009 13,56 % 16,08 % 50,00 %

Taux 2010 13,15 % 16,08 % 48,50 %

Taux 2011 13,15 % 16,08 % 48,50 %

Taux 2012 13,15 % 16,08 % 48,50 %

Evolution 2007-2012 - 10 % 0% - 10 %

Fiches DGFiP de la commune et comptes administratifs, délibération du 25/2/2008 TH : taxe d’habitation. TFB : taxe foncière sur les propriétés bâties. TFNB : taxe foncière sur les propriétés non bâties. Strate : 5 000 à 10 000 habitants.

Les taux de la taxe d’habitation et de la taxe foncière sur le non bâti de la commune de Carhaix ont baissé sur la période sous revue et tous les taux se situent en dessous des taux moyens de la strate démographique. 4.1.2.2. Potentiel et bases fiscales

Potentiel fiscal
(en € / habitant) Carhaix-Plouguer strate démographique
Fiches DGFiP de la commune

2007 887 711

2008 898 736

2009 948 781

2010 968 798

Bases fiscales
(en k€) TH TFB TFNB 2009 8 064 9 681 165 2010 8 348 9 862 172 2011 8 449 10 213 176 2012 9 110 10 187 169 Evolution 2009-2012 + 13 % +5% +2%

Fiches DGFiP de la commune, comptes administratifs et budgets prévisionnels.

La commune de Carhaix-Plouguer n’apparaît pas dans une situation spécialement défavorisée du point de vue fiscal, ce qui permet la modération des taux appliqués à la fiscalité des ménages.

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4.1.2.3.
(en k€) TH TFB TFNB

Produits fiscaux
2007 1 089 1 457 96 2008 1 080 1 479 99 2009 1 093 1 557 83 2010 1 098 1 586 83 2011 1 111 1 642 85
Evolution 20072011

2% 13 % - 11 %

Prévisionnel 2012 1 198 1 638 82

Fiches DGFiP de la commune et comptes administratifs Taux moyens de la strate démographique 2011

(en €/habitant) TH TFB TFNB

2007 136 182 12

2008 135 184 12

2009 134 191 10

2010 134 194 10

2011 136 201 10

Evolution 20072011

174 236 8

0% + 10 % - 17 %

Fiches DGFiP de la commune

Le produit fiscal par habitant est inférieur au produit moyen de la strate démographique pour la taxe d’habitation et pour la taxe foncière sur les propriétés bâties. La commune dispose d’un produit en matière d’impôts locaux inférieur aux strates de comparaison car les taux so nt inférieurs aux moyennes alors que les bases d’imposition sont comparables et même un peu plus importantes. La chambre relève la diminution de taux sur la période 2007-2012, permise par un niveau et une évolution corrects des bases fiscales, mais qui ne pourra pas être poursuivie, sauf en réalisant des économies en fonctionnement et en limitant les investissements sur le court et moyen terme.

4.2.

Résultats

4.2.1. Le résultat des différents budgets
Résultats de clôture des comptes de gestion Fonctionnement Investissement Total Fonctionnement Investissement Total Fonctionnement Investissement Total Fonctionnement Investissement Total Fonctionnement Investissement Total Résultat consolidé 2007 2008 Budget principal 1 784 894 1 380 158 -1 462 638 -626 267 322 256 753 891 Budget annexe crématorium 818 913 53 059 -8 542 0 810 371 53 059 Budget annexe pompes funèbres -4 323 -8 379 196 524 196 524 192 201 188 145 Budget annexe eau 117 780 458 23 752 7 958 141 532 8 416 Budget annexe assainissement 660 892 778 024 82 559 -632 236 743 451 145 788 2 209 811 1 149 299 2009 1 844 584 -1 043 917 800 667 66 895 0 66 895 1 218 -3 475 -2 257 -62 360 -6 432 -68 792 284 677 -87 346 197 331 993 844 2010 1 847 732 -86 283 1 761 449 90 037 0 90 037 14 270 -2 257 12 013 45 171 -34 642 10 529 99 321 226 420 325 741 2 199 769 2011 2 486 048 -2 260 220 225 828 90 037 0 90 037 19 680 0 19 680 -84 390 10 186 -74 204 132 884 255 217 388 101 649 442

Le résultat de clôture du budget principal diminue en 2011, tout en restant positif. Cette diminution est liée au résultat de la section d’investissement qui devient encore plus déficitaire en 2011, alors que le résultat de fonctionnement de clôture reste excédentaire. Le résultat consolidé reste positif sur la période, malgré un fléchissement en 2011, dû à la diminution du résultat du budget principal et au résultat cumulé négatif du budget annexe eau.
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Le budget annexe « crématorium » disposait fin 2006 d’un résultat de clôture excédentaire d’un montant de 1 254 615 €. En 2007, le budget annexe a reversé un excédent de 872 649 € au budget principal et, en 2008, un excédent de 428 406 €. Le budget annexe assainissement reste excédentaire sur l’ensemble de la période. 4.2.2. La capacité d’autofinancement du budget principal
(en k€) Recettes réelles de fonctionnement Dépenses réelles de fonctionnement Autofinancement brut Remboursement du capital Débit 16 (sauf 16649, 1688 et 165) Autofinancement net Taux de CAF 2007 8 941 6 813 2 128 1 450 678 23,80 % 2008 8 334 6 917 1 417 990 427 17,00 % 2009 7 965 6 482 1 483 1 145 338 18,62 % 2010 7 830 6 383 1 447 1 021 426 18,48 % 2011 8 022 6 657 1 365 1 144 221 17,02 %

L’autofinancement brut de la commune de Carhaix tout en restant positif, diminue sur la période. Les recettes réelles de fonctionnement connaissent une diminution plus importante que les dépenses réelles de fonctionnement. Le niveau élevé des recettes réelles de fonctionnement en 2007 et en 2008 s’explique par le reversement d’un excédent du budget annexe « crématorium » au budget principal. (872 649 € en 2007 et 428 406 € en 2008). La diminution des recettes réelles de fonctionnement en 2010 s’explique par la baisse de l’attribution de compensation du fait du transfert de l’école de musique vers Poher Communauté. De même, l’autofinancement net, bien qu’il reste positif sur la période, a diminué, l’autofinancement brut diminuant alors que le remboursement en capital de la dette restait relativement élevé.
CAF nette (en € / habitant) Carhaix-Plouguer strate démographique 2007 84 84 2008 53 75 2009 44 82 2010 52 103 2011 33 118

Ainsi, la diminution progressive de la CAF nette de la commune l’éloigne de la moyenne de la strate.
Remboursement d’emprunt (en € / habitant) Carhaix-Plouguer strate démographique 2007 181 84 2008 123 80 2009 140 81 2010 125 81 2011 123 83

Le remboursement de la dette, ramené à la population, est supérieur au remboursement de la dette par habitant moyen de la strate pendant la période sous revue. La chambre souligne que la diminution de la CAF communale limite sa capacité future à financer les investissements. La commune répond à la chambre qu’elle est consciente de la réduction de sa capacité future à investir et que c’est donc la communauté de communes qui doit à l’avenir porter les inves tissements d’envergure.

4.3.

Ratios financiers du budget principal

Les articles L. 2313-1 et R. 2313-1 du CGCT fixent la liste des ratios à renseigner au budget primitif et au compte administratif par les communes et leurs groupements.

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4.3.1. Ratios 2007-2011
Ratios financiers (article R. 2313-1 du CGCT) 1. Dépenses réelles de fonctionnement/population (€/habitant) 2. Produits des impositions directes/population (€/habitant) 3 .Recettes réelles de fonctionnement/population (€/habitant) 4. Dépenses d’équipement brut/population (€/habitant) 5. Encours de dette/population (€/habitant) 6. DGF/population (€/habitant) 7. Dépenses de personnel/dépenses réelles de fonctionnement ( %) 8. CMPF (impositions directes/potentiel fiscal) 9. Dépenses de fonctionnement+remboursement de la dette en capital/recettes réelles de fonctionnement 10. Dépenses d’équipement brut/recettes réelles de fonctionnement ( %) 11. Encours de la dette/recettes réelles de fonctionnement ( %) 32,16 121,13 21,62 125,57 2007 882 336 1 144 368 1 386 140 55,89 2008 888 332 1 070 192 1 343 142 53,98 2009 832 338 996 124 1 180 166 2010 832 338 996 124 1 180 166 2011 837 348 1 007 491 1 043 163

source : comptes administratifs DGF : dotation globale de fonctionnement. CMPF : coefficient de mobilisation du potentiel fiscal.

L’article R. 2313-1 du CGCT stipule que les ratios 7 à 11 sont obligatoires pour les communes de 10 000 habitants et plus, ce qui n’est pas le cas de Carhaix dont la population est inférieure à 10 000 habitants. Il est cependant regrettable que la commune ne les renseigne plus, alors qu’elle le faisait avant 2009. Les ratios indiqués pour 2010 ne correspondent pas à la réalité puisqu’ils sont identiques à ceux de 2009. Sur le fond, ces ratios permettent de confirmer : - une diminution relative des dépenses de fonctionnement comme des recettes, - un plafonnement de la DGF et du produit des impositions directes, - un endettement diminuant légèrement sur la période. 4.3.2. Ratios 2011 comparés
Ratios financiers 1. Dépenses réelles de fonctionnement/population (€/habitant) 2. Produits des impositions directes/population (€/habitant) 3 .Recettes réelles de fonctionnement/population (€/habitant) 4. Dépenses d’équipement brut/population (€/habitant) 5. Encours de dette/population (€/habitant) 6. DGF/population (€/habitant)
source : comptes administratifs

2011 837 348 1 007 491 1 043 163

Moyenne nationale de la strate 1 136 484 921 326 716 205

Ces ratios confirment : - un endettement par habitant élevé dans la commune, - des produits fiscaux inférieurs à ceux de la moyenne de la strate, en raison de taux limités.

4.4.

La dette

4.4.1. La fiabilité de l’information budgétaire de la dette La circulaire NOR-IOCB1015077C ayant pour objet les produits financiers offerts aux collectivités territoriales et à leurs établissements publics a été signée le 25 juin 2010, à la suite de la charte de bonne conduite conclue le 7 décembre 2009 entre les établissements bancaires et les collectivités et annexée à ladite circulaire. La circulaire recommande notamment que l’exécutif rende compte chaque année des opérations effectuées, « en présentant un bilan détaillé de son action passée et l’évolution qu’il envisage dans le cadre d’une nouvelle délégation annuelle ».
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Le rapport présentant la politique d’endettement doit a minima fournir les éléments suivants à l’assemblée délibérante : - bilan de l’année écoulée : détail de toute nouvelle opération, caractéristiques de la dette (durée moyenne, indices, classification selon la typologie dite Gissler,…), - perspectives pour l’année à venir (besoin de financement, modalités de financement envisagées, taux moyen,…), - proposition de profil souhaité de l’encours de dette. La circulaire considère que la séance de vote du budget primitif est « un moment particulièrement opportun pour présenter ce rapport à l’assemblée délibérante ». Le rapport complète utilement les annexes du BP (répartition des emprunts par taux, par nature de dettes, remboursements anticipés avec refinancement,…). L’exécutif de la commune de Carhaix informe l’assemblée délibérante sur l’état de la det te, mais de manière minimaliste. Seule est annexée au compte administratif sur toute la période la répartition des emprunts par prêteurs. Les annexes relatives à la répartition des emprunts par type de taux et par nature de dettes ne figurent pas au compte administratif, contrairement aux dispositions de la circulaire du 25 juin 2010. De plus, en 2012, l’annexe relative à la répartition de l’encours n’a pas été actualisée et reprend simplement la donnée de 2011.
Annexes CA répartition des emprunts par prêteurs, tableaux A2.1 à A2.3 répartition des emprunts par type de taux, tableaux A2.4 répartition des emprunts par nature de dettes, tableau A2.5 répartition de l’encours, tableau A2.9 dette en capital à l’origine capital restant dû au 31/12 dette en capital à l’origine encours au 1/1 encours au 31/12 dette en capital à l’origine encours au 31/12 capital restant dû au 31/12 2007 16 422 292 11 109 788 16 422 292 11 109 788 2008 16 086 330 10 780 147 non annexé non annexé non annexé non annexé 2009 15 755 415 9 634 735 non annexé non annexé non annexé 2010 15 145 618 8 614 039 non annexé non annexé non annexé 2011 15 578 003 8 516 071 non annexé non annexé 8 516 071 2012 16 195 849 8 397 513 non annexé non annexé 8 516 071

La chambre rappelle à la commune les dispositions résultant de la circulaire du 25 juin 2010 et de l’arrêté du 16 décembre 2010 modifiant l’instruction budgétaire et comptable M14 : un état est annexé au budget, qui comporte notamment une répartition de l’encours de dette selon la typologie élaborée par la charte de bonne conduite entre les établissements bancaires et les collectivités locales signée le 7 décembre 2009 et annexée à la circulaire ; un rapport est présenté à l’assemblée délibérante afin de mieux l’informer. 4.4.2. Niveau de l’endettement Le compte 164 enregistre les emprunts auprès des établissements de crédit. Le solde créditeur du compte 16 représente le « stock » de dette au 31 décembre.
Solde créditeur du compte 164 Emprunts auprès des établissements de crédit Budget principal Budget annexe Assainissement Budget annexe eau Budget annexe pompes funèbres Budget annexe crématorium
Source : comptes de gestion

2007 11 119 894 2 443 795 323 736 0 0

2008 10 780 142 1 561 632 349 307 0 0

2009 9 634 689 1 260 295 375 752 0 0

2010 8 614 121 1 162 872 355 898 0 0

2011 8 516 154 1 075 123 335 197 0 0

Evolution 2007-2011 - 23 % - 56 % 4%

L’encours de dette du budget principal a diminué de 23 % entre 2007 et 2011 et celui du budget assainissement de 56 %. La collectivité a eu peu recours à de nouveaux emprunts sur la période 2007 à 2011, mais le stock reste non négligeable.

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De nouveaux emprunts ont d’ailleurs été souscrits en 2012 : par délibération du 6 février 2012, un emprunt de 315 000 € a été contracté auprès du Crédit mutuel sur une durée de 15 ans et un emprunt de 635 000 € auprès de la Caisse d’épargne sur une durée de 20 ans. 4.4.3. Capacité de désendettement La capacité de désendettement, qui rapporte l’épargne brute (CAF brute) au stock de dette (solde créditeur du compte 164 au 31 décembre), permet d’identifier, en nombre d’années d’épargne brute et en l’absence d’investissements, le niveau d’endettement de la collectivité.
budget principal solde créditeur du compte 164 (en k€) CAF brute (en k€) capacité de désendettement (en années) 2007 11 120 2 128 5,2 2008 10 780 1 417 7,6 2009 9 634 1 483 6,5 2010 8 614 1 447 6,0 2011 8 516 1 365 6,2 Evolution 2011/2007 - 23 % - 36 % + 19 %

La capacité de désendettement reste en dessous des 10 années.
budget annexe assainissement solde créditeur du compte 164 (en k€) CAF brute (en k€) capacité de désendettement (en années) 2007 2 444 358 6,8 2008 1 562 368 4,2 2009 1 260 392 3,2 2010 1 163 257 4,5 2011 1 075 294 3,7 Evolution 2011/2007 + 44 % + 82 % - 46 %

La capacité de désendettement du budget assainissement s’améliore.
budget annexe eau solde créditeur du compte 164 (en k€) CAF brute (en k€) capacité de désendettement (en années) 2007 324 38 8,5 2008 349 38 9,2 2009 376 - 23 - 16,3 2010 356 150 2,4 2011 335 - 51 - 6,6 Evolution 2011/2007 + 103 % - 134 % ns

L’état de la dette du service eau est moins favorable, mais cela est lié à la situation dégradée de la CAF, l’endettement restant maîtrisé en valeur absolue.
consolidé solde créditeur du compte 164 (en k€) CAF brute (en k€) capacité de désendettement (en années) 2007 13 888 2 524 5,5 2008 12 691 1823 7,0 2009 11 270 1 852 6,1 2010 10 133 1 854 5,5 2011 9 926 1 608 6,2 Evolution 2011/2007 - 29 % - 36 % + 13 %

La capacité de désendettement en consolidé suit celle du budget principal, la bonne capacité de désendettement du budget annexe assainissement compensant celle plus mauvaise du budget annexe eau. 4.4.4. Les charges d’intérêts Les charges d’intérêts de la dette sont imputées au compte 6611, qui enregistre à son débit les charges d’intérêts des emprunts et dettes payés par la collectivité.
Charges d’intérêts (en k€) Opérations au débit du compte 6611 Budget principal Budget annexe Assainissement Budget annexe eau
source : comptes de gestion

2007 567 530 34 3

2008 643 541 89 13

2009 529 458 57 14

2010 408 345 48 15

2011 392 331 46 15

Evolution - 31 % - 38 % + 35 % + 400 %

Le taux d’intérêt moyen est inférieur à 4 %, ce qui est correct pour une commune de la taille de Carhaix et pour un encours constitué aux 3/4 de prêts à taux fixe. La chambre note un niveau d’endettement maîtrisé et en décrue entre 2008 et 2011, mais qui reste non négligeable, ainsi qu’une capacité de désendettement maintenue à un niveau acceptable.
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Il convient pour la commune de rester vigilante - la diminution de la CAF entraînant une dégradation automatique de la capacité de désendettement - si la souscription d’emprunts reprenait à un rythme trop soutenu. Avec la maîtrise de l’endettement, le remboursement des intérêts d’emprunts a diminué progressivement, de manière parallèle à l’encours de la dette.

5.

La gestion administrative
5.1. La gestion des ressources humaines

5.1.1. Effectifs 5.1.1.1. Effectifs budgétaires (tableau des emplois au 31 décembre de l’année)
Effectifs budgétaires 2009 2010 22 22 67 71 6 6 4 4 8 3 2 2 1 1 110 109

Personnels titulaires Secteur administratif Secteur technique Secteur animation Secteur social Secteur culturel Police municipale Educateur des activités sportives TOTAL
source : comptes administratifs

2007 22 72 10 6 8 2 120

2008 22 68 10 4 8 2 114

2011 23 70 6 4 2 2 1 108

Evolution 2007-2011 +1 5% -2 -3 % -4 -40 % -2 -33 % -6 -75 % 0 0% +1 +100 % -12 -10 %

Personnels non titulaires
source : comptes administratifs

2007 12

2008 9

2009 11

Effectifs budgétaires 2010 2011 3 3

Evolution 2007/2011 -75 %

Les effectifs budgétaires des titulaires ont diminué de 10 % sur la période 2007 à 2011. Cela concerne surtout les services animation, secteur social et culturel. Le personnel technique de la commune représente les 2/3 de l’effectif total : centre culturel, restauration scolaire, entretien des écoles et bâtiments, ateliers bâtiments (électricité, peinture, maçonnerie, menuiserie, plomberie), manutention du matériel des fêtes et cérémonies, espaces verts et jardins, cimetière, voirie, transports urbains et scolaires, propreté urbaine, parc des sports. Il convient de noter que la commune a fait le choix d’une gestion en régie pour un certain nombre de tâches (transport scolaire et extra-scolaire, centre culturel, pompes funèbres, floriculture,…). La proportion de titulaires est de 1 pour 70 habitants environ en 2009 (contre 1 pour 65 au niveau national). La baisse des non titulaires s’explique également par le transfert du personnel de l’école de musique à l’intercommunalité. 5.1.1.2. Comparaison entre les différentes sources de données

Entre le bilan social 2011 et l’annexe au compte administratif 2011, des différences apparaissent dans les deux sens, en plus ou en moins, avec un total inférieur de 6 au bilan social. La commune reconnaît
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que 12 agents non titulaires remplaçant des agents titulaires placés en congé de longue maladie, accident de travail ou congé parental sont répertoriés dans le bilan social 2011 mais pas dans le compte administratif et qu’inversement, 4 agents stagiaires et 2 agents en congé parental sont inclus dans le CA 2011, mais ne le sont pas, à tort, dans le bilan social. La chambre recommande à la collectivité de mettre à jour et de mettre en cohérence les effectifs budgétaires et pourvus dans l’annexe au compte administratif et le bilan social, afin d’assurer une information exacte du conseil municipal. 5.1.1.3. Age et ancienneté

Près de la moitié des agents ont 50 ans au moins. L’ancienneté moyenne des agents est de 18,73 années. La commune gagnerait à anticiper les départs à la retraite, autant que possible, en mettant en place des actions de gestion prévisionnelle des effectifs et des compétences. 5.1.1.4. Personnels titulaires

Au 31 décembre 2011, 93 agents titulaires et stagiaires étaient employés par la commune de Carhaix. 2 étaient à temps partiel à moins de 80 %, 2 à temps partiel de 80 % à moins de 90 % et 5 à 90 %, soit moins d’un agent titulaire ou stagiaire sur dix. L’impact financier du temps partiel est donc limité. 5.1.1.5.
Catégorie A B C TOTAL
source : comptes administratifs

Personnels non titulaires (au 31 décembre)
2007 1 7 3 11 2008 1 7 8 2009 1 7 8 2010 2 1 3 2011 2 1 3

* Les bilans sociaux ne proposent pas toujours des données cohérentes avec les chiffres des comptes administratifs. Le bilan social 2009 indique 13 agents non titulaires occupant un emploi permanent au 31 décembre 2009. (1 attaché en vertu de l’ancien alinéa 5 de l’article 3 de la loi du 26 janvier 1984, 4 adjoints techniques remplaçants, 2 adjoints techniques affectés sur un poste vacant, 1 assistant d’enseignement artistique remplaçant, 5 assistants d’enseignement artistique affectés sur un poste vacant). Le bilan social 2011 indique 18 agents non titulaires occupant un emploi permanent au 31 décembre 2011. (1 adjoint administratif remplaçant, un adjoint administratif affecté sur un poste vacant, 3 attachés en vertu de l’ancien alinéa 5 de l’article 3 de la loi du 26 janvier 1984, 8 adjoints techniques remplaçants, 1 technicien affecté sur un poste vacant, 4 adjoints techniques affectés sur un poste vacant). La commune doit veiller à la cohérence des chiffres des bilans sociaux, des comptes et des outils internes de suivi et de gestion. * Les emplois de contractuels sur emplois permanents concernent un technicien supérieur au centre culturel, une attachée, chargée de communication, et un attaché sur un emploi de directeur du service des finances.

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L’article 3 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, modifié en dernier lieu par la loi n° 2009-972 et tel qu’il s’appliquait pendant la période sous revue, prévoit les cas de recrutement d’agents non titulaires et contractuels par les collectivités territoriales : alinéa 1 : remplacement momentané de fonctionnaires autorisés à exercer leurs fonctions à temps partiel ou indisponibles en raison d’un congé de maladie, de maternité, parental ou de présence parentale, ou pour faire face temporairement et pour une durée maximale d’un an à la vacance d’un emploi qui ne peut être immédiatement pourvu dans les conditions prévues par la loi ; alinéa 2 : besoin saisonnier pour une durée maximale de 6 mois pendant une même période de 12 mois et besoin occasionnel pour une durée maximale de 3 mois, renouvelable une seule fois à titre exceptionnel ; 1° de l’alinéa 3 : emplois permanents occupés par des contractuels lorsqu’il n’existe pas de cadre d’emplois de fonctionnaires susceptibles d’assurer les fonctions correspondantes (CDD de 3 ans maximum, renouvelable par reconduction expresse) ; 2° de l’alinéa 3 : emplois permanents occupés par des contractuels pour des emplois de catégorie A, lorsque la nature des fonctions ou les besoins des services le justifient. Depuis la loi n° 2005-843 du 26 juillet 2005, les agents recrutés en application de ces deux dernières dispositions sont engagés par des CDD d’une durée maximale de 3 ans, renouvelables par reconduction expresse, les contrats successifs ne pouvant excéder 6 ans au total. En cas de reconduction au-delà des 6 ans, cela doit se faire de manière expresse et pour une durée indéterminée. Deux cas apparaissent contestables sur le plan juridique à Carhaix. - En premier lieu, une délibération en date du 19 novembre 2001 a autorisé la création d’un poste d’attaché contractuel affecté au service financier de la ville. Ladite délibération précise que le contra t sera réalisé conformément à l’article 3, alinéa 1er de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, afin de faire face à une vacance d’emploi qui ne peut être immédiatement pourvue suivant les conditions statutaires. La déclaration de vacance d’emploi a été enregistrée le 1er décembre 2009 au centre de gestion. Le contrat de travail a été signé le 1er février 2010, pour une durée de 3 ans à compter du 1er février 2010. Il est susceptible de renouvellement par reconduction expresse dans la limite de 6 ans. L’inté ressé a été engagé pour assurer les fonctions de directeur du service des finances et des services techniques. La réalité des fonctions de l’intéressé ne correspond donc pas à la définition donnée par la délibération visée. En outre, la délibération a d’emblée créé le poste sous forme contractuelle, sans considération précise liée à la nature des tâches confiées ou au contexte statutaire. De plus, l’existence d’une impossibilité temporaire à pourvoir un tel poste en 2001 ne saurait justifier la poursuite d u recrutement d’un contractuel 8 ans plus tard. Enfin, étant donné la nature éminemment classique des tâches attribuées à l’intéressé, le recours à un contractuel pour assurer ces fonctions de directeur du service des finances est contestable, quelle que soit la base légale retenue : il existe un cadre d’emplois correspondant et ni les besoins des services, ni la nature des fonctions ne peuvent justifier le recours à un contractuel. Le contrat de travail n’ayant été signé que 2 mois après la déclaration de vacance d’emploi (mais plus de 8 ans après la création du poste), l’argument d’une impossibilité de recrutement ne tient pas d’autant que le contrat a été conclu pour trois ans et non pour un an. Il peut être relevé qu’un agent titulaire occupe, depuis la fin août 2012, le poste de directeur des finances. - En second lieu, le poste d’attaché territorial, responsable du service communication, a été créé par délibération en date du 28 mai 2001, complétée par une délibération du 19 juillet 2005 qui ouvre la possibilité d’un recrutement contractuel en application de l’article 3, alinéa 1er de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, relatif à une vacance d’emploi.

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Toutefois, malgré ce cas de figure prévu par délibération, l’intéressée a d’abord été recrutée, du 27 mai au 26 août 2008 au motif d’un besoin occasionnel, le contrat visant alors l’article 3 alinéa 2 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984. Puis, sur le même poste, avec les mêmes fonctions, l’intéressée a bénéficié d’un contrat d’un an (du 27 août 2008 au 26 août 2009) sur la base de l’article 3 alinéa 1er, en raison d’une vacance d’emploi. Un nouveau contrat pour besoin occasionnel a été signé pour la période du 27 août au 30 septembre 2009. Enfin, un CDD « justifié par la nature des fonctions » a été signé le 22 septembre 2009 pour une durée de 3 ans à compter du 1er octobre 2009. Le contrat a été renouvelé à compter du 1er octobre 2012 pour une durée de 3 ans. Les contrats visent les articles de la loi de 1984 prévoyant un recrutement contractuel en considération de la nature des fonctions et de l’absence de recrutement d’un titulaire (les vacances d’emploi ayant été publiées les 6 juillet 2009 et 27 juillet 2012 respectivement). Il apparaît donc que le cadre juridique appliqué a été adapté et modifié afin de recruter et de conserver une personne particulière. Les missions d’un responsable de la communication n’impliquent pas obligatoirement le recours à un agent contractuel. Un agent titulaire sur ce type de poste peut être affecté à ce type de poste. Dans le cadre du dispositif d’accès à l’emploi titulaire, permis par la loi du 12 mars 2012, l’intéressée a été nommée fonctionnaire stagiaire le 2 juillet 2013. La chambre invite la commune à respecter à l’avenir les règles de recrutement des contractuels sur emplois permanents. 5.1.2. Absentéisme
2008 Journées théoriques travaillées individuelles Effectif moyen annuel Journées théoriques travaillées totales Journées d’absence (y compris week-ends et jours fériés) Nombre de jours d’absence par agent Taux d’absentéisme Nombre de contractuels de remplacement (ETP) Journées travaillées par ces contractuels
Source : réponses de la commune.

2009 226 129 29 154 4 105 31,82 10,1 % 6 1 439

2010 226 118 26 668 4 658 39,47 12,5 % 8 1 867

2011 226 116 26 216 4 778 41,19 13,0 % 9 2 279

2012 226 111 25 086 2 900 26,13 8,3 % 9 2 279

226 132 29 832 3 553 26,92 8,5 % 6 1 424

Le taux d’absentéisme augmente jusqu’en 2011 et se situe à un niveau élevé. Les moyennes nationales pour les communes de 30 à 150 agents ou de 150 à 350 agents atteignaient 8,7 % en 2011, selon la société SOFAXIS. Journées d’absence, par motif, des titulaires, stagiaires et non titulaires sur emploi permanent
Répartition par type d’absence (en jours) Maladie ordinaire Longue maladie Accidents de travail, maladies professionnelles Maternité, paternité, adoption Autres raisons (hors absences syndicales)
source : bilans sociaux

2009 1 201 2 197 522

2011 1 059 2 148 876 182 20

Part dans le total 24,7 % 50,1 % 20,4 % 4,2 % 0,5 %

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Structure des absences (en nombre de jours moyen par agent) Fonctionnaires (titulaires et stagiaires) Toutes absences (hors "autres raisons") Maladie ordinaire Accident du travail, maladies professionnelles Agents non titulaires occupant un emploi permanent Toutes absences (hors "autres raisons") Maladie ordinaire Accident du travail, maladies professionnelles
source : bilans sociaux

2011 45,35 10,88 9,42 2,61 2,61 0

En nombre de jours par agent, l’absentéisme au sein de la commune de Carhaix est également plus élevé que les chiffres nationaux. Ainsi, selon la synthèse nationale des bilans sociaux 2011 effectuée par la DGCL et par le CNFPT, le nombre de jours d’absence était de 23,6 par agent titulaire ou stagiaire (dont 12,6 pour maladie ordinaire et 3,2 pour accident du travail ou maladie professionnelle) et de 9,6 par agent non titulaire (dont 7,2 pour maladie ordinaire). Dans les communes de 5 à 10 000 habitants, parmi les titulaires, la maladie ordinaire représentait en 2009 44,9 %, la longue maladie 30,3 %, les accidents du travail et maladies professionnelles 10,9 %, la maternité, la paternité et l’adoption 8,6 % et les autres raisons 5,2 %. La chambre relève le niveau élevé de l’absentéisme au sein de la commune, même s’il est revenu en 2012 à son niveau de 2008, grâce à la réduction du nombre d’agents en congé de longue maladie : en 2011, le volume total d’absences représentait encore 15 équivalents temps plein. Si les longues maladies dégradent fortement la situation (notamment en 2009-2011), les congés pour maladie ordinaire sont également nombreux et les accidents du travail et maladies professionnelles sont en augmentation : il s’agit là de motifs d’absence sur lesquels la commune peut agir, notamment en mettant en place un document unique et une politique de prévention et de sécurité. Dans sa réponse, la commune a indiqué à la chambre qu’elle entamerait le processus de constitution d’un document unique en septembre 2013. 5.1.3. Accord sur l’ARTT Par délibération du 20 décembre 2001, le conseil municipal a approuvé les conditions et les modalités de l’aménagement et de la réduction du temps de travail, selon les termes du protocole d’accord dit « d’aménagement de la réduction du temps de travail », approuvé par le CTP du 14 décembre 2001. Ce protocole d’accord a été établi après une série de réunions dans les services et au sein d’un comité de pilotage, le tout accompagné par le cabinet PriceWaterhouseCoopers, pour un montant de 21 879,48 €. L’article 2 du chapitre 2 du protocole fixe la durée annuelle du travail à 1 582 heures pour un agent à temps complet, à compter du 1er janvier 2002. Or, la loi n° 2001-2 du 3 janvier 2001 et les décrets n° 2000815 du 25 août 2000 et n° 2001-623 du 12 juillet 2001 ont bien fixé la durée annuelle du temps de travail à 1 600 heures (devenues 1 607 heures en 2004 avec la journée de solidarité en faveur des personnes âgées et handicapées). Une durée annuelle de travail inférieure à 1 600 heures ne pouvait être maintenue que si le régime en place antérieurement à la loi de 2001 le prévoyait et si une décision expresse de l’assemblée délibérante, après avis du CTP, en décidait ainsi. Ces conditions n’ont pas été respectées au sein de la commune de Carhaix. Le total de 1 582 est obtenu par la multiplication de 7 heures par 226 jours, ce qu’indique explicitement l’article 2 du chapitre 2 de l’accord. Les 226 jours résultent de la soustraction à 365 jours de 104 jours de repos hebdomadaires, 8 jours fériés, 25 jours de congés annuels et 2 jours de fractionnement. Ce mode de calcul devrait donc établir la durée hebdomadaire à 35 heures (5 x 7 heures). En réalité, l’article 3 du chapitre 2 du protocole précise que « la durée annuelle de référence du travail est fixée à 1 582 heures. Ces aménagements et réductions du temps de travail se traduisent par un
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temps de travail hebdomadaire de référence de 37 heures 30 minutes ». En conséquence, la quasi-totalité des services bénéficient, selon le tableau de jours de RTT, de 15 jours par an. Cette rédaction est ambiguë et source de confusion et il conviendrait d’indiquer explicitement dans l’article 2 du chapitre 2 que le calcul avec une journée de 7 heures est théorique et que l’horaire hebdomadaire de référence retenu au sein de la commune est bien de 37 heures 30. La chambre relève que le protocole fixe un régime de congés très favorable (6 jours pour le mariage de l’agent, 3 jours pour le mariage d’un enfant), (3 jours pour le mariage du père ou de la mère de l’agent, 2 jours pour le mariage d’un beau-frère ou d’une belle-sœur, 1 jour pour le mariage ou le décès d’un oncle, d’une tante, d’un neveu ou d’une nièce). L’accord inclut enfin une stipulation sur le fait que « le temps passé dans les vestiaires est (…) considéré comme du temps de travail », sans autre précision, même pas celle qu’il s’agit bien du temps d’habillage et de déshabillage du personnel ayant obligation de porter une tenue particulière. L’accord ne prévoit rien sur le contrôle du temps de travail effectif. Il ne prévoit pas non plus d’annualisation du temps de travail pour les services techniques, même pour une partie d’entre eux (comme les espaces verts), dont l’activité est saisonnière et nécessite une plus grande présence pendant les périodes d’été, sauf à alourdir la charge financière représentée par les personnels de remplacement. En 2011, ce coût a représenté 77 739 €.

5.2.

Gestion des élus

5.2.1. Les frais de mission et de déplacement des élus L’article L. 2123-18 du CGCT dispose que « les fonctions de maire, d’adjoint, de conseiller municipal, de président et de membre de délégation spéciale, donnent droit au remboursement des frais que nécessite l’exécution des mandats spéciaux. Les frais ainsi exposés peuvent être remboursés forfaitairement dans la limite du montant des indemnités journalières allouées à cet effet aux fonctionnaires de l’ Etat. Les dépenses de transport effectuées dans l’accomplissement de ces missions sont remboursées sur présentation d’un état de frais. Les autres dépenses liées à l’exercice d’un mandat spécial peuvent être remboursées par la commune sur présentation d’un état de frais et après délibération du conseil municipal ». La loi autorise ainsi le remboursement forfaitaire. Elle n’exclut pas le remboursement des frais réellement exposés dès lors que ceux-ci ne sont pas exorbitants de la mission qui les a motivés. La notion de mandat spécial recouvre toutes les missions déterminées de façon précise et accomplies par un élu municipal avec l’autorisation du conseil municipal dans l’intérêt des affaires communales, à l’exclusion de celles qui lui incombent en vertu d’une disposition législative ou réglementaire. Aucune délibération instaurant un mandat spécial n’a été prise sur la période examinée. En 2008, les remboursements de frais de mission des adjoints et des conseillers délégués sont justifiés par des états de remboursement des frais et des ordres de mission, néanmoins pas toujours signés. Les mandats auxquels sont joints des ordres de mission non signés s’élèvent à 183,60 € sur un total de 3 508,15 €. Certains repas effectués par les adjoints lors de missions sont remboursés au réel, d’autres sur la base du barème fonction publique. Les remboursements des frais de mission du maire se font au réel. Des factures de taxi, d’avion, de repas et d’hôtel sont jointes aux mandats pour justifier les remboursements. Un état de frais de déplacement, ainsi qu’un ordre de mission, sont également remplis. En 2009, les remboursements des frais de mission du maire et des adjoints et conseillers délégués sont justifiés par des états de remboursements de frais auxquels sont jointes des factures de restaurants et par des ordres de mission, pour un total de 4 699,84 €. Les remboursements des repas se font au réel.
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En 2010, aucun remboursement de frais de mission n’a été fait directement à un élu. La facturation s’est faite au nom de la SNCF, d’hôtels, de l’association des maires de France, notamment au tit re de la participation au congrès des maires. Le compte 6532 a enregistré un total de dépenses de 6 512,93 €. Le remboursement constaté sur la période de certains repas au réel ne constitue pas un coût sensiblement différent du forfait de remboursement réglementaire (15,25 €) : 157,20 € au lieu de 137,25 € en 2008, 76,34 € au lieu de 76,25 € en 2009. Même si n’apparaît pas, sur ces exercices, de difficulté particulière en matière de frais de mission et de déplacement, la chambre suggère à la commune de Carhaix de réfléchir à une délibération instaurant un mandat spécial, qui offre un cadre rigoureux, transparent et plus aisé à gérer. 5.2.2. Fonctions extérieures des élus Il a été demandé à la commune de dresser la liste des fonctions exercées dans une association, une SEM ou un autre organisme tiers (à l’exception des EPCI et des autres collectivités territoriales), sur tout ou partie de la période 2008-2012, par chacun des membres du conseil municipal élus en 2008, qu’il s’agisse de fonctions électives ou délibératives, de fonctions de direction (même bénévoles) ou de fonctions salariées. La plupart des fonctions exercées le sont ès qualités, en tant que représentants de la commune au conseil d’administration de SEM, d’établissements scolaires, de missions locales, d’office de tourisme, de régies personnalisées,… et ne posent donc pas de difficulté. Toutefois, un élu a été président de l’association « Carhaix relais » jusqu’en mai 2010 puis administrateur, une élue était vice-présidente et l’a remplacé, une autre est trésorière. Or, chaque année, une délibération globale attribue les subventions aux associations. Ainsi, le 8 juin 2009, la délibération a été adoptée à l’unanimité (29 votants sur 29 avec 24 présents), étaient présents le président et la vice-présidente, tandis que la trésorière avait donné procuration. Le 1er mars 2010, la délibération a été adoptée à l’unanimité (27 présents, 29 votants sur 29), étaient présents les trois élus concernés. Le 4 avril 2011, la délibération a été adoptée à l’unanimité avec 28 votants sur 29 conseillers. Etaient présents les trois élus concernés. Le 19 mars 2012, la délibération a été adoptée à l’unanimité (29 votants sur 29 avec 5 procurations). Etaient présents les trois élus concernés. Les conseillers municipaux, administrateurs ou membres du bureau de l’association Carhaix-relais, se sont placés dans la situation où les dispositions de l’article L. 2131-11 du CGCT pourraient trouver à s’appliquer. Cet article prévoit que « sont illégales les délibérations auxquelles ont pris part un ou plusieurs membres du conseil intéressés à l’affaire qui en fait l’objet, soit en leur nom personnel, soit comme mandataires ». La chambre rappelle à la collectivité ce risque d’annulation des délibérations susvisées et l’appelle à la vigilance. La chambre relève la tenue et la mise à jour d’un tableau de suivi des fonctions extérieures des élus.

5.3.

Les régies municipales

Seuls les comptables publics sont habilités à régler les recettes et les dépenses des collectivités locales dont ils ont la charge. Ce principe connait une exception avec les régies de recettes et/ou d’avance qui permettent, pour des raisons de commodité, à des agents placés sous la tutelle de l’ordonnateur et la responsabilité du receveur municipal, d’exécuter de manière limitative et contrôlée, un certain nombre d’opérations. Cette procédure est destinée à faciliter l’encaissement de recettes et le paiement des dépenses.
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5.3.1. Création de la régie L’acte constitutif de la régie est matérialisé par un arrêté signé du maire et doit indiquer précisément la nature des opérations à réaliser, le montant maximum de l’encaisse que le régisseur est autorisé à conserver et de l’avance susceptible de lui être consentie, le montant du cautionnement du régisseur pour garantir les fonds qui lui sont confiés, le visa préalable du comptable public, la périodicité de production des justificatifs des opérations, l’indemnité de responsabilité du régisseur, même si le montant est fixé par l’arrêté de nomination du régisseur, le mode de perception et la forme des justificatifs. - Le régisseur ne peut payer ou encaisser que les dépenses et recettes énumérées dans l’acte constitutif de la régie. La nature des produits à encaisser doit être fixée par l’acte constitutif de la ré gie. De même, l’acte constitutif doit énumérer avec précision et de manière limitative les dépenses qui peuvent être réglées par l’intermédiaire de la régie ou sous-régie. A Carhaix, les actes constitutifs ne précisent pas la nature des recettes ou dépenses concernées et n’énumèrent pas les types de dépenses ou recettes prises en charge par les régies. Certaines recettes sont évidentes et ne nécessitent pas une énumération (cartes touristiques, bibliothèque, cantine, extraits cadastraux, car municipal, transport de corps) ; d’autres recettes, comme les dépenses, ne le sont pas (droits de place, animation de quartier, services généraux,…). L’acte instituant la régie d’avance de l’animation de quartier indique que « l’urgence de certaines dépenses de faible montant, ainsi que l’obligation rencontrée, quelquefois, de payer sur le champ certains achats, nécessitent la création d’une régie d’avance ». La régie de recettes doit « permettre l’encaissement des activités et actions menées dans le cadre de l’animation de quartier », sans autre détail. Lorsqu’une précision existe, elle n’est pas forcément complète : il en est ainsi des « recettes pour les droits de stationnement sur le terrain de camping des nomades », qui ne s’étendent pas aux consommations de fluides. La précision peut également être périmée, puisque la régie « cybercommune » enregistre des recettes liées à la fourniture de disquettes, par exemple. - Si le montant de l’encaisse est bien précisé pour les régies de recettes, les actes constitutifs des régies d’avance de l’animation de quartier et des services généraux ne précisent pas le montant de l’avance. D’autre part, l’acte constitutif de la régie de recettes des vacations pour transport de corps n’indique pas de montant d’encaisse. - L’acte de création de la régie/sous-régie doit normalement préciser explicitement les modes de perception des recettes de la régie/sous-régie, selon les tarifs fixés par l’assemblée délibérante de la collectivité. Or, la plupart des recettes concernées n’apparaissent pas dans la délibération tarifaire, à l’exception des cimetières et des occupations lors du « festival des vieilles charrues ». - Par ailleurs, l’avis conforme du comptable public assignataire est une formalité substantielle de l’acte de création de la régie ou sous-régie. Il doit être donné préalablement à la décision de création de la régie. Au cas d’espèce, l’avis du comptable requis préalablement à la création de la régie n’apparaît pas pour 9 régies et il est postérieur à l’acte pour une autre régie. En outre, l’avis du comptable public n’est pas systématiquement visé dans l’acte constitutif des différentes régies.
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5.3.2. Nomination du régisseur La nomination du régisseur est effectuée par le maire sur avis conforme du comptable public (qui peut être retiré à tout moment s’il s’avère que le régisseur n’exerce pas ses fonctions dans la légalité). Pour être nommé régisseur, l’agent doit être employé de la commune. Le montant du cautionnement exigible est fixé en tenant compte de l’évaluation des recettes à encaisser et du montant maximum de l’avance consentie. Pour les régies de recettes et d’avance de faible importance en termes d’opérations comptables, les régisseurs concernés sont dispensés de constituer un cautionnement. Les montants du cautionnement et de l’indemnité de responsabilité sont fixés par arrêté du maire et conformément à un arrêté ministériel. Les régisseurs sont personnellement et pécuniairement responsables de l’encaissement des recettes et du paiement des dépenses dont ils ont la charge. L’acte de nomination du régisseur (titulaire ou intérimaire) et du mandataire suppléant doit obligatoirement viser la décision ayant institué la régie, la décision de principe de l’assemblée délibérante fixant les taux de l’indemnité de responsabilité des régisseurs (dans la limite des taux fixés par l’arrêté du 3 septembre 2001) et l’avis conforme du comptable, valant agrément. Plusieurs manques sont relevés : - les montants d’encaisse autorisés dans les arrêtés de nomination des régi sseurs sont supérieurs à ceux figurant dans les actes de constitution, parfois de manière importante (car municipal, aire d’accueil des gens du voyage, bibliothèque). Le montant d’encaisse n’a pas été revalorisé, alors que celui du fonds de caisse l’a été, et n’est plus pertinent (camping). - il y a confusion entre acte constitutif de la régie et acte de nomination du régisseur et suppléant(s). Certains éléments devant figurer sur l’acte constitutif se trouvent dans l’acte de nomination. - les visas ne sont pas respectés. Ainsi, l’avis du comptable public n’est pas systématiquement précisé dans l’acte de nomination des régisseurs et suppléants. 5.3.3. Fonctionnement des régies 5.3.3.1. Respect des montants autorisés

Le régisseur doit verser son encaisse dès que le montant de celle-ci atteint le maximum fixé par l’acte de création de la régie et au minimum une fois par mois. - Sur le compte 7336 « droits de place », en 2010, figurent les titres suivants :
Exercice 2010 Nombre de titres 35 Tiers THORAVAL Denis (régisseur) Montant total 63 557,60 € Libellé Droits de place Pièce jointe NON

Parmi ces 35 titres, 4 concernent des redevances pour occupation du domaine public lors de la manifestation du « festival des vieilles charrues » de juillet 2010 :
Exercice 2010 2010 2010 2010 Titre 393 394 395 396 Bordereau Date d’émission 27 17/08/2010 27 17/08/2010 27 17/08/2010 27 28/07/2010 Tiers Montant Libellé THORAVAL Denis (régisseur) 26 250,00 € DR PLACE 20/07/10 THORAVAL Denis (régisseur) 3 600,00 € DR PLACE 20/07/10 THORAVAL Denis (régisseur) 11 400,00 € DR PLACE 28/07/10 THORAVAL Denis (régisseur) 16 584,00 € DR PLACE 28/07/10 57 834,00 € Pièce jointe NON NON NON NON

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L’acte constitutif de la régie fixe le montant de l’encaisse à 20 000 € pour le mois de juillet, montant qui a été largement dépassé. Le régisseur doit produire à l’ordonnateur les pièces justificatives de dépenses ou de recettes selon la périodicité définie dans l’acte de création de la régie, cette périodicité devant au minimum s’élever à une fois par mois (article R. 1617-8 du CGCT pour les recettes, article R. 1617-14 pour les dépenses). Ce n’est pas ici le cas. La chambre rappelle que le maniement de deniers publics, au-delà des plafonds autorisés, constitue une gestion de fait. Elle invite la collectivité à régulariser au plus vite les situations irrégulières relevées. Dans sa réponse à la chambre, la commune s’engage à remédier aux dysfonctionnements constatés.

5.4.

Le parc de véhicules

Le véhicule attribué à l’ACMO relevait précédemment des services sociaux et généraux. Pour ce véhicule ou d’autres utilisés au titre de l’administration générale, notamment par le maire, les kilométrages apparaissent élevés alors qu’ils sont de service et non de fonction. La chambre invite la commune à redonner à tous les véhicules leur seule utilisation de service, à faire preuve de vigilance sur les écarts de consommation entre véhicules de même type (utilitaires de petite et moyenne tailles notamment) et à mettre en place un carnet de bord précis et exhaustif et un suivi vérifiable de l’utilisation et des consommations de carburant. La commune répond à la chambre que les deux véhicules affectés à l’administration générale sont utilisés « par les services de la mairie et les élus pour assister à diverses réunions ». Ils servent également au transport des agents lors de sessions de formation. La commune estime qu’il s’agit de véhicules « âgés » ou achetés d’occasion. Le véhicule Renault Scénic a été mis en circulation en avril 2007 et acquis par la ville en décembre 2010. Le véhicule Renault Mégane a longtemps été le seul véhicule des services généraux, ce qui expliquerait son kilométrage élevé. Enfin, les plannings de réservation montrent, selon la commune, une utilisation quotidienne de tous ces véhicules, qui sont stationnés dans les garages municipaux et ne sont pas de fonction. Toutefois, la commune ne produit aucun élément relatif au suivi des déplacements effectivement réalisés, ni au suivi des consommations de carburant.

6.

Gestion du domaine communal

Depuis le 1er juillet 2006, le code général de la propriété des personnes publiques (CG3P) s’applique « aux biens et aux droits, à caractère mobilier ou immobilier, appartenant à l’Etat, aux collectivités territoriales et à leurs groupements, ainsi qu’aux établissements publics ». Si la commune est en effet propriétaire de biens immobiliers et mobiliers, tous n’obéissent pas aux mêmes règles juridiques, selon qu’ils relèvent du domaine public ou du domaine privé.

6.1.

Connaissance du patrimoine

6.1.1. Inventaire du patrimoine Pour connaître son patrimoine, en dehors de l’inventaire, la commune dispose d’un tableau récapitulant la « liste des bâtiments communaux », qui distingue les biens loués et ceux mis à disposition :
N° 1 .. DENOMINATION Hôtel de Ville Ecole ADRESSE Place de la mairie … TOTAL SURFACE 990 … 34 773

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Les différents éléments listés correspondent : - aux bâtiments affectés aux services publics administratifs (école, stades, services techniques, camping,…) ou industriels et commerciaux (crématorium, station d’épuration, centre équestre,…) - aux bâtiments dédiés aux cultes (chapelles, églises), - aux biens immeubles appartenant au domaine privé, - à d’autres biens communaux (mobil-homes, panneaux lumineux, sculptures,…) Ce tableau fort succinct ne peut être recoupé avec l’inventaire, qui correspond à un tableau des amortissements, et son exhaustivité ne peut donc être garantie. Les biens immobiliers ne sont pas amortissables à l’exception de ceux productifs de revenus et ne figurent donc pas dans le fichier des amortissements. Au total, 81 biens sont recensés dans le tableau. Le tableau de recensement du patrimoine communal immobilier mériterait d’être complété avec, par exemple, l’année d’entrée du bien dans le patrimoine, l’amortissement éventuellement pratiqué, l’affectation précise, l’occupant, la nature juridique du lien entre la commune et l’occupant,… D’autre part, la commune de Carhaix annexe au compte administratif un bilan des acquisitions et ventes immobilières. En complément, un tableau des déclassements du domaine public, serait utile et cohérent pour suivre le patrimoine. La commune pourrait établir un suivi plus systématique et complet de son patrimoine, notamment de ses caractéristiques techniques, de ses fonctionnalités, de ses utilisations, de son statut juridique, des mises à disposition dont il fait l’objet, et élargir et compléter les tableaux qu’elle a déjà mis en place. Elle pourrait également définir les règles d’utilisation, de mise à disposition et de valorisation de son patrimoine. 6.1.2. Connaissance technique et maintien du patrimoine Aucun document n’a été élaboré pour recenser l’évolution du patrimoine communal, ses caractéristique techniques, ses surfaces, sa valeur, ses dépenses (fonctionnement et investissement), ses besoins, ses mises à disposition. La chambre invite la collectivité, sur la base du recensement exhaustif de son patrimoine (bâti et foncier), à constituer un inventaire précis et opérationnel : nom, adresse, références cadastrales, métrés précis, contenance, abonnements et consommations de fluides, petit entretien et petites fournitures, contrats d’entretien, de maintenance, de fluides, d’assurance,… La commune indique, en réponse, que les outils seront « mis en place progressivement en fonction des moyens humains de la commune ».

6.2.

Occupation du domaine public

Selon l’article L. 2111-1 du CG3P, « sous réserve de dispositions législatives spéciales, le domaine public d’une personne publique mentionnée à l’article L. 1 est constitué des biens lui appartenant qui sont soit affectés à l’usage direct du public, soit affectés à un service public pourvu qu’en ce cas ils fassent l’objet d’un aménagement indispensable à l’exécution des missions de ce service public ». Comme l’accessoire suit le principal, le CG3P dispose que « font également partie du domaine public les biens des personnes publiques mentionnées à l’article L. 1 qui, concourant à l’utilisation d’un bien appartenant au domaine public, en constituent un accessoire indissociable » (article L. 2111-2). Les principales caractéristiques de la situation dans laquelle est placé l’occupant du domaine public sont fixées dans la loi, en particulier : la nécessité de disposer d’un titre d’occupation (article L. 2122-1 du
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CG3P) ; les caractères temporaire, précaire et révocable de l’occupation (articles L . 2122-2 et L. 2122-3) ; le versement d’une redevance à raison de l’avantage tiré de l’occupation privative (article L. 2125-1). 6.2.1. Autorisations unilatérales d’occupation du domaine public 6.2.1.1. Permis de stationnement

Le compte 7338 n’est pas mouvementé sur la période. La délibération tarifaire ne prévoit pas de redevance pour stationnement temporaire sans emprise au sol (échafaudages, dépôts de bacs, bennes ; terrasses, étalages, stands,... devant commerce) et la commune ne facture pas de droits de stationnement. Pourtant, 44 arrêtés ont été pris en 2012 pour l’installation d’échafaudages et bennes, la réalisation de travaux ou de déménagements, le stationnement exceptionnel de véhicules. Ces arrêtés, non numérotés, ne fixent pas de redevance et ne mentionnent pas la gratuité.
Date 23-févr.-12 25-juil.-12 Pétitionnaire Bar "O Tchao pantin" Magasin "EMMANUELLE" Motif de l’occupation Utilisation places de stationnement à l’occasion d’un bal Vente au déballage devant magasin Mention d’une redevance/gratuité NON NON

Toutes ces autorisations nominatives précisent les dates, la durée (ou la mention « jusqu’à la fin des travaux »), le lieu et, de manière succincte, les responsabilités et obligations du pétitionnaire (notamment de nettoyage en fin d’occupation), ainsi que le caractère temporaire et révocable de l’autorisation. Une indication plus complète ou plus précise des devoirs et obligations de l’occupant pourrait être utile, comme par exemple les mesures précises de l’occupation au sol et la certification d e la prise de connaissance des règlements de voirie et de circulation et des arrêtés spécifiques à la zone. Si la gratuité est envisageable pour les particuliers qui, en général, occupent le domaine public sur une courte durée, de manière contrainte et sans en tirer un avantage privatif, une redevance, même réduite, serait justifiée pour les entreprises, ou pour une occupation d’une durée supérieure à un seuil fixé. En tout état de cause, la chambre invite la commune à se prononcer, à l’occasion de la délibération tarifaire annuelle, sur les tarifs ou la gratuité à appliquer lors de ces occupations et, d’autre part, à mentionner dans les arrêtés le tarif fixé ou la gratuité. La commune devrait également numéroter et compléter les arrêtés sur les obligations du pétitionnaire en termes de sécurité, de signalisation et de responsabilité. La commune indique, en réponse à la chambre, avoir fait le choix de la gratuité, même pour les commerçants et entreprises, dans un contexte économique difficile et afin de favoriser les animations créant une dynamique commerciale. Le principe de gratuité pour les permis de stationnement sera inclus dans la délibération tarifaire annuelle. Elle s’engage en outre à numéroter les autorisations et à compléter les obligations des occupants. 6.2.1.1.1. Activités commerciales sur la voie publique

Dans le cas particulier de la vente au déballage sur le domaine public pendant le festival des Vieilles Charrues, des espaces sont définis par arrêté municipal. Le conseil municipal délibère chaque année pour fixer les tarifs. Des conventions sont ensuite signées avec les commerçants. Dans les comptes, il n’a pas été trouvé de redevance pour occupation domaniale au titre d’activités commerciales sur la voie publique. En revanche, la régie des droits de place a encaissé, par exemple en 2010, 57 834 € à l’occasion du festival des Vieilles Charrues tenu du jeudi 15 au dimanche 18 juillet 2010. Il s’agit bien ici de droits de place, à imputer au compte 7336, mais la signature de conventions pourrait laisser penser qu’il s’agit de redevances d’occupation domaniale dans le cadre d’autorisations d’occupation temporaires (AOT). Il conviendrait de reprendre un système d’autorisations unilatérales et révocables à volonté par la collectivité, au-delà d’une volonté d’affichage partenarial avec ces commerçants.
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La chambre prend note de la réponse de la commune, qui dit avoir revu le système d’autorisation des ventes au déballage lors du festival des Vieilles Charrues 2013. Il s’agit désormais d’autorisations, a ssorties d’un règlement signé par le preneur. La commune a produit 49 conventions pour 2012 intitulées « convention d’autorisation d’occuper le domaine public à l’occasion du festival des Vieilles Charrues pour la vente alimentaire ou non alimentaire ». Les éléments contenus dans les documents n’appellent pas de remarques particulières. 6.2.1.1.2. Marché hebdomadaire

Le règlement du marché hebdomadaire se tenant place du champ de foire fourni par la commune n’est pas daté, mais a été rédigé en 1982. En outre la commune n’a pas apporté l’arrêté du maire officialisant ce règlement. Ce règlement fixe : le lieu du marché, les horaires d’arrivée, les modalités d’attribution des places, le rôle et la composition de la commission paritaire. Le règlement distingue les commerçants sédentaires des non sédentaires. Concernant les non sédentaires, il précise qu’ils doivent être capables de présenter les inscriptions aux registres, cartes d’identité, avis de taxe professionnelle, couverture responsabilité civile, sur simple réquisition. Cette rédaction laisse entendre que la commune ne délivre pas d’autorisation préalable. Pour les commerçants sédentaires (titulaires ou abonnés), ceux-ci se voient attribuer une place par la commission paritaire. En réalité, la demande est adressée au policier municipal, qui l’instruit. La décision d’autoriser est validée par le bureau municipal et le policier attribue les emplacements en fonction des demandes et des produits proposés à la vente. La délibération du 12 décembre 2011 fixe le tarif du droit de place du marché pour 2012 à 1,20 € par mètre linéaire (contre 1 € en 2011). Le règlement du marché mériterait d’être revu et actualisé, pour ce qui est des obligations administratives des commerçants (modalités d’inscription, circuit de l’aut orisation ; la localisation et la dimension des emplacements ; responsabilité des commerçants ; le tarif et la référence à la délibération tarifaire annuelle ; la police des emplacements et la police générale du marché). Dans sa réponse à la chambre, la commune indique qu’un groupe de travail a été mis en place au printemps 2013 pour améliorer le confort des usagers, l’accueil des marchands ambulants et les mises aux normes ; la réactualisation du règlement est également prévue d’ici la fin de l’année 2013. 6.2.1.1.3. Les terrasses commerciales

Les arrêtés et conventions relatifs à l’autorisation d’occupation du domaine public par des terrasses commerciales ont été apportés par la commune. Les 13 occupations sont consenties à titre gratuit. Certaines autorisations ont été données sous forme d’un acte unilatéral (arrêté), d’autre sous forme contractuelle (convention) sans qu’une distinction de fond puisse être opérée, les autorisations étant de consistance équivalente. Or, s’agissant juridiquement de permis de stationnement, ce sont bien des actes unilatéraux qui devraient intervenir (article L. 2213-6 du CGCT). Sur le fond, seule la convention du 9 octobre 2012 reprend l’ensemble des éléments pertinents pour une telle autorisation. Outre l’intention d’indiquer les textes législatifs et réglementaires en vigueur (visas), cette convention prévoit explicitement :
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le caractère permanent ou temporaire de l’occupation, la gratuité de l’occupation, la durée de la convention et son mode de renouvellement, la délimitation de l’emprise au sol (avec annonce d’un plan en annexe), le caractère démontable des installations lié à la précarité de l’occupation, les matériaux à employer concernant les délimitations (jardinières, palissades), les mesures de sécurité à respecter (respect d’un couloir de circulation sur le trottoir), l’accessibilité des personnes à mobilité réduite.

La chambre note une incohérence juridique sur les types d’autorisations et, sur le fond, conseille d’y inclure les dispositions les plus complètes, notamment sur le tarif ou la gratuité de l’occupation, sur le caractère précaire et révocable, sur la durée et l’échéance de l’autorisation et sur son éventuel mode de renouvellement, la reconduction tacite étant déconseillée et ne pouvant de toute façon s’a ppliquer aux actes unilatéraux. Dans sa réponse, la commune indique que la rédaction des autorisations sera revue afin d’en harmoniser les termes et d’en faire des actes unilatéraux. Le principe de gratuité sera inclus dans la délibération tarifaire. 6.2.1.1.4. Les autres cas de stationnement temporaire sans emprise au sol

La chambre relève l’absence de droits et de redevances pour stationnement temporaire sans emprise au sol. Même si la commune considère que l’activité économique ne doit pas être découragée ou q ue les nuisances induites et/ou les avantages tirés de l’occupation du domaine public ne sont pas majeurs, il est rappelé le principe de non-gratuité de cette occupation, qui n’exclut pas des redevances de faible montant. 6.2.1.2. Permissions de voirie

La permission de voirie concerne les objets ou ouvrages qui ont une emprise sur le domaine public. Elle implique des travaux qui modifient l’assiette du domaine occupé. Elle concerne par exemple les kiosques à journaux, les canalisations, les palissades de chantier enfoncées et scellées dans le sol de la voie publique, l’installation de mobilier urbain (bornes, panneaux,…), la création d’un branchement particulier à l’assainissement communal ou départemental, la création d’un bateau d’accès à une propriété privée,… En 2010, au compte 7336 « droits de place », figure un montant de 768,36 €, pour un consigneur mis en place sur la place du champ de foire, en vertu d’une autorisation du 14 mai 1991. Outre le fait que cette redevance n’est pas actualisée (étant toujours fixée à l’équivalent de 420 FF par mois), l’imputation au compte 7336 est erronée, s’agissant d’une occupation avec emprise au sol, qui appelle une imputation au compte 7032. Pour le mobilier urbain publicitaire, une « convention » a été conclue le 3 mai 1988 entre la commune et la société GIRAUDY, à compter du 1er avril 1987 et pour une durée indéterminée, pour la location d’un emplacement de panneaux publicitaire situé route de Gourin, en contrepartie du versement d’un loyer de 1 021,00 FF (155,65 €) actualisable selon l’indice du coût de la construction. La recette est imputée au compte 752, alors qu’elle devrait l’être au 70323, s’agissant d’une occupation du domaine public. La chambre relève les erreurs d’imputation comptable et souligne la nécessité de compléter cette dernière convention et de l’actualiser en précisant une date d’échéance, l’occupation du domaine public étant essentiellement précaire et révocable et ne pouvant être illimitée.

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La chambre rappelle que le mobilier urbain publicitaire implanté sur le domaine communal implique un régime d’autorisation d’occupation et de redevance, en dehors même de l’application éventuelle de la taxe locale sur la publicité extérieure. 6.2.1.3. Accords de voirie

Pour les redevances d’occupation, la commune applique, pour les réseaux de télécommunications, le plafond fixé par le décret n° 2005-1676 du 27 décembre 2005 ; pour le réseau de gaz, le plafond fixé par l’article R. 2333-114 du CGCT, qui dépend de la longueur du réseau ; pour le réseau électrique, le plafond fixé par l’article R. 2333-105 du CGCT, qui dépend de la population de la commune. En 2010, un titre 231 imputé sur le compte 70388 « autres redevances et recettes diverses » concerne le patrimoine des équipements de communications électroniques installés par France Télécom sur le territoire communal (artères aériennes, artères en sous-sol, emprise au sol, pylônes, antennes).
Exercice Titre Bordereau 2010 231 17 Tiers Montant Libellé PJ Décompte patrimoine des équipements électroniques sur la commune

F Télécom UPRO 9 467,03 € ODP 2010

S’agissant de l’occupation du domaine public par le réseau de l’opérateur historique, la bonne imputation à retenir est le compte 70321. En 2011, les recettes de la commune s’élevaient à 9 870 € pour la redevance France Télécom, 2 281 € pour la redevance ERDF et 1 253 € pour la redevance GRDF. Il en est de même pour les réseaux de gaz et d’électricité, l’imputation à retenir étant le compte 70321. La commune doit exiger des opérateurs, en particulier de télécommunications, la production de plans détaillés des emprises occupées par leurs installations de tous types, afin de pouvoir vérifier le calcul de la redevance qui, à ce jour, reste établi par les opérateurs. La vérification des calculs des autres opérateurs de réseaux, sur la base des données du SIG doit également être opérée. La commune indique que ses services techniques « veilleront à obtenir des opérateurs de télécommunications les plans détaillés des emprises » et qu’elle demande déjà des plans de récolement lors des travaux d’enfouissement des réseaux par le syndicat départemental d’électrification. 6.2.2. Autorisations conventionnelles d’occupation du domaine public D’une manière générale, les redevances pour ce type d’occupation devraient être imputées au compte 70323 (l’ordonnateur utilise parfois le compte 70388). 6.2.2.1. Installations de téléphonie mobile

Figurent au compte 70323 les titres suivants :
Exercice 2010 2010 2010 2010 Titre 172 173 253 404 Bordereau 11 11 21 28 Tiers France Télécom Orange France Télécom Orange France Télécom Orange SFR Montant 7 000,00 2 040,00 3 588,07 5 000,00 17 628,07 Libellé Location emplacement relais téléphone 09/10 Droit d’entrée 5 000 € - Loyer 2 000 € Location emplacement relais téléphone 10/11 Occupation domaine public relais tel. 2010 Relais téléphone sur domaine public Pièces jointes Document de liquidation Néant Notification juin 2010 Convention du 09/07/2010

Concernant le titre 173, une convention particulière a été signée avec Orange pour la couverture radiotéléphonique du festival des Vieilles Charrues. L’opérateur installe chaque année un relais temporaire
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sur le bâtiment de l’espace Glenmor. Le loyer annuel a été fixé à 763 € révisable suivant l’évolution de l’indice de la construction. La convention a été conclue le 26 juin 2001 pour une durée de 9 ans et prévoit une reconduction tacite annuelle à l’issue de ces 9 années. La validité de la convention est toutefois subordonnée à l’organisation de la manifestation. Concernant le titre 253, la commune a signé avec Orange une convention concernant l’accueil d’équipements techniques de radiotéléphonie mobile sur un site de 37,5 m² sis route de Poulriou. Cette convention du 23 mai 2002 a été conclue pour une durée de 12 ans et prévoit le versement par l’opérateur d’un loyer de 2 735,25 €, révisable suivant l’évolution de l’indice de la construction. Le titre 172 est justifié par un courrier du 24 mars 2010 de la société Orange qui apporte les éléments pour établir le titre de paiement (éléments de liquidation) pour la location d’emplacements pour équipements techniques consécutifs à un bail conclu le 30 juin 2009. Les éléments joints indiquent deux types de versement, un droit d’entrée de 5 000 € et un loyer annuel de 2 000 €. Même s’il peut être considéré comme une redevance minimale due pour la seule première année, ce droit d’entrée n’apparaît pas conforme à l’article L. 46 du code des postes et communications électroniques, dont la chambre rappelle qu’il prévoit une redevance proportionnée à l’usage du domaine. Les articles R. 20-51 et R. 20-52 posent les plafonds applicables pour les redevances et les éléments pouvant fonder leur montant. La convention du 9 juillet 2010 signée avec SFR prévoit la location d’un emplacement de 28 m² sur le site de Kerampuilh par l’opérateur pour installer un pylône et une armoire technique du 1 er au 31 juillet 2010. Elle prévoit le versement d’un loyer de 5 000 €. La chambre rappelle la nécessité de veiller à un traitement non discriminatoire des opérateurs de télécommunications dans leur accès au domaine communal, conformément à l’article L. 46 du code des postes et communications électroniques, qu’il s’agisse de montant de la redevance ou de durée d’occupation. La commune précise, en réponse à la chambre, que les tarifs pratiqués et les durées seront revus aux échéances des conventions. 6.2.2.2. Le parc aventure

La convention d’occupation du domaine public par laquelle la commune autorise la SARL Dunas-Le Du à disposer des parcelles totalisant 5 hectares, dont 2 500 m² sont clôturés, a été conclue le 19 décembre 2005 pour une durée de 7 années. Une redevance de 750 € par an était prévue. Le point 7.3 de la convention prévoyait qu’« à compter de la deuxième année, il est fait application du coefficient de révision N au montant de la redevance. Le coefficient de révision N correspond à la formule suivante : N=indice de révision du fermage dans le Finistère de l’année n. » L’actualisation n’a toutefois pas été appliquée. Un avenant n° 3 a été signé entre les parties le 15 décembre 2009, qui ajoute une parcelle de 1,5 ha afin d’y créer un labyrinthe végétal. Le point 2 indique que « la présente convention prendra effet au 1er janvier 2010 et est consentie pour une période de 10 ans (jusqu’au 31 décembre 2019) ». C’est donc davantage une nouvelle convention qu’un simple avenant, l’autorisation allant désormais très au-delà du terme initial de la convention. Le conseil municipal réuni le 17 décembre 2012 a approuvé une nouvelle convention avec la société devenue « Karaez Adrénaline », en vigueur du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2019. La convention prévoit une extension des surfaces occupées répondant à une volonté de la société d’étendre ses activités (en créant notamment un parcours « accrobranches »). Au total, 16 ha sont mis à disposition (dont 2 500 m² d’espace clôturé et 36 000 m² pour le labyrinthe végétal et le circuit de kart à pédales.
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Il est indiqué que « cette nouvelle convention annule et remplace les avenants qui ont été pris pour l’ancienne convention ». Le montant de la redevance passe à 1 000 € par an. Son actualisation est fonction de l’évolution de l’indice de révision du fermage dans le Finistère. Toutefois, depuis la loi n° 2010-874 du 27 juillet 2010, l’indice n’existe plus qu’au niveau national. La redevance de la convention de 2005 n’a pas été actualisée et la nouvelle redevance, dans son niveau de base, passe seulement de 750 à 1 000 €, alors que la superficie est plus que doublée et que de nouvelles activités commerciales, génératrices de revenus supplémentaires, peuvent être développées par la société. Le montant fixé correspond à l’avis de France Domaine en date du 21 novembre 2012, mais celui -ci n’est pas obligatoire en l’occurrence et il s’est basé sur les fermages agricoles, en retenant, pour le parcours « accrobranches », la moitié du minimum existant pour ces fermages dans le département. La chambre invite la commune à réfléchir à une redevance composée d’un minimum forfaitaire annuel, complété d’une partie proportionnelle au chiffre d’affaires, au -delà d’un certain niveau de revenus pour la société. 6.2.2.3. Le centre équestre

La délibération du 18 décembre 2007 indique que la commune « souhaite optimiser l’utilisation du centre équestre de Kerniguez, en favoriser l’accès au plus grand nombre d’usagers, particulièrement par le biais des volets éducatif (avec les scolaires), social et en faveur des personnes à mobilité réduite. Elle souhaite également procéder à une valorisation touristique et au développement des synergies et complémentarités avec les autres équipements et aménagements touristiques publics de la vallée de l’Hyères (camping municipal, parcours d’orientation, circuits de randonnées,…). Il est proposé de conduire ces actions dans le cadre d’un partenariat avec l’association « centre équestre de Carhaix » ». La convention elle-même est intitulée « convention pour le développement des activités et sports équestres avec l’association « centre équestre de Carhaix » ». La redevance mensuelle est destinée à « couvrir les charges d’entretien et de maintenance incombant à la ville ». La convention du 2 janvier 2008 par laquelle la commune confie à l’association « centre équestre de Carhaix » « le développement, pour tout public, de l’initiation aux activités et aux sports équestres et leur pratique » est d’une durée de 3 ans non renouvelable et prévoit le versement par l’association d’une redevance, fixée à 70 € par mois (840 € annuels). Il est prévu que, « dans le respect des activités confiées à l’association », la commune « pourra accueillir et organiser d’autres activités et manifestations sportives ou de loisi rs équestres » et « pourra demander à l’association d’en assurer l’accueil en qualité de mandataire ou d’y apporter son concours ». En outre, le centre équestre doit figurer dans le « référentiel hébergement des randonneurs », dans le cadre du « développement du tourisme vert ». En conséquence, l’association « devra accueillir les randonneurs et mettre en place les équipements et services référencés dans le schéma régional » des véloroutes et voies vertes de Bretagne. Même si le programme d’activités est établi par l’association et n’est que « remis à la ville », il doit quand même prévoir des activités d’accueil (décomposées en animations festives, accueil des randonneurs, valorisation et développement des synergies et complémentarités avec les autres équipements et aménagements publics de la vallée de l’Hyères) et des activités à caractère éducatif et social « réalisées à la demande de la ville » (déclinées en volet scolaire et éducatif pour les écoles de Carhaix, volet social, activités pour personnes handicapés et encadrement des bénévoles affectés à l’entretien et au gardiennage).
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Les activités réalisées à la demande de la commune sont prises en charge par celle-ci. La convention précise explicitement qu’elles ne sont « pas concurrentielles » et qu’elles ne sont « proposées par aucune entreprise privée dans un périmètre normalement accessible aux usagers ». Il est conclu que « la contribution de la ville a pour but de favoriser l’accès du plus grand nombre d’usagers, dans des conditions d’égalité, à la pratique des activités et des sports équestres ». Il apparaît que la convention de 2008 s’apparente à un affermage (la commune prenant en charge sécurité, maintenance, gros entretien, assurance, transformations et extensions des bâtiments et dépendances), dans le cadre de la délégation de missions de service public, étant donné les objectifs et contraintes fixés. Le secteur d’activité de l’association est concurrentiel et la commune ne saurait arguer d’une carence de l’initiative privée, dans la mesure où elle ne la suscite pas. Une mise en concurrence et un appel public à candidatures s’imposaient, pour respecter le droit de la commande publique ; pour respecter à tout le moins le principe de la liberté du commerce et de l’industrie : pour viser aussi une meilleure valorisation du domaine public municipal. La commune a signé avec l’association, après délibération du 17 décembre 2012, une convention en date du 21 décembre 2012, pour la période 2013-2015, en tous points semblable à celle conclue pour le parc aventure. Faisant explicitement référence à la mise à disposition du domaine public de la commune, la convention confie 18 ha de terrains sur lesquels sont disposés 2 500 m² de bâtiments et 17,75 ha de prairies. La redevance, après avis de France Domaine, est fixée à 109,16 € par mois (1 310 € par an, dont 710 € pour les prairies et 600 € pour les bâtiments et terrains attenants). Le cadre d’une autorisation classique d’occupation du domaine public est respecté. La chambre relève la nouvelle orientation purement domaniale choisie par la commune et rappelle néanmoins la nécessité d’appliquer le droit de la commande publique lorsqu’une activité de service public est déléguée ou lorsque des prestations de services sont achetées. Elle précise que, même en matière d’occupation domaniale classique, l’appel à la concurrence n’est pas interdit, dans un objectif de valorisation optimale du domaine. 6.2.2.4. Les relations avec la société Carhaix Golf

Une convention d’occupation du domaine public a été conclue le 17 mai 2005, pour une du rée de cinq années, entre la commune de Carhaix et la société Carhaix Golf. Le contrat définit les conditions en vertu desquelles la collectivité met à disposition du cocontractant une dépendance du domaine public communal d’une superficie de 90 025 m² en vue d’y installer un golf (sachant que la société dispose également, en propre, de 14 ha de terrains attenants). La redevance annuelle a été fixée à 1 350 €. Le contrat reprend les stipulations habituelles en termes de propriété des installations et ouvrages implantés sur le domaine public, qui reste celle de l’occupant. L’engagement de l’occupant à « restituer l’emprise occupée à l’identique (à l’exception des arbres arrachés) » et à « réaliser les travaux de remise en état » est cependant peu adaptée à un parcours de golf. D’ailleurs, la commune peut souhaiter maintenir un golf, même si elle change d’occupant. Une clause plus souple permettant à la commune d’autoriser l’occupant à laisser les lieux en l’état, au moins partiellement, après réunion et procès -verbal communs, aurait été plus pragmatique. La convention est en tous les cas arrivée à échéance le 16 mai 2010 et le bail emphytéotique administratif (BEA) n’a été autorisé à la signature que par délibération du 4 février 2013. L’occupant est resté donc sans titre pendant près de 3 ans. Par délibération du 17 décembre 2012, le conseil municipal a voté une régularisation des loyers dus par la société entre le 17 mai 2010 et le 14 février 2013, sur la base d’une estimation de France Domaine d’avril 2012 (soit 200 € par hectare et par an). Le maire a été autorisé à émettre un titre de 4 730,63 €.
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L’absence d’autorisation écrite pendant toute cette période n’est pas justifiée, sauf par l’existence de « négociations en cours ». L’intervention du contrôle de la chambre n’est pas étranger à ces régularisations. La commune indique néanmoins que la signature du BEA est conditionnée par la régularisation des loyers précédemment dus. Dans le BEA non signé, l’essentiel des stipulations est identique à la convention d’o ccupation précédente. Le BEA est prévu pour une durée de 20 ans. La redevance d’occupation est de 1 800,50 € par an. Elle est révisée selon l’indice des fermages du Finistère. Il a déjà pu être relevé que cet indice n’existe plus, puisqu’il est national et qu’existe seulement des niveaux minimal et maximal au niveau départemental, sur la base de l’évolution de l’indice national. De plus, cet indice national est composé pour 60 % de l’évolution du revenu brut des entreprises agricoles à l’hectare, constaté sur le plan national au cours des cinq années précédentes, et pour 40 % de l’évolution du niveau général des prix de l’année précédente. S’agissant d’une activité commerciale sur le domaine public, qui plus est autorisée pour une longue période, il serait préférable de prévoir un loyer minimal, assorti d’une révision annuelle basée sur l’indi ce national des fermages ou sur tout autre, et une redevance assise sur un pourcentage du chiffre d’affaires (éventuellement au-delà d’un certain seuil de chiffre d’affaires). Les stipulations sur le sort des installations en fin d’autorisation sont identiques à celles de la convention de 2005 et appellent les mêmes remarques que précédemment. Les autres clauses, notamment celles relatives à l’intuitu personae, à la sous-occupation et aux différents cas de résiliation sont correctement rédigées et complètes. La chambre constate l’occupation sans titre du golf et la régularisation a posteriori de cette situation irrégulière. Elle estime que des améliorations, dans le sens d’une plus grande adaptation à la situation réelle de cette occupation domaniale, pourraient être apportées au mode de calcul de la redevance et aux modalités de traitement des aménagements et installations réalisés par l’occupant. Elle précise enfin qu’une mise en concurrence n’est pas interdite, afin de mieux valoriser le domaine public. Dans sa réponse, la commune indique qu’elle avait informé l’occupant de la fin de la convention dès le 23 octobre 2009 et qu’un constat d’huissier a été dressé pour occupation illégale. Un contentieux s’est par ailleurs déclaré, l’occupant s’opposant à la création de la ZAD de la vallée de l’Hyères par la commune. 6.2.3. La structure d’hébergement et le château de Kerampuilh 6.2.3.1. La structure d’hébergement

Le précédent rapport de la chambre indiquait que l’activité principale de l’association de gestion de la structure d’hébergement de Kerampuilh la transformait en un simple écran pour l’association Diwan. Ainsi, le soutien financier de la commune était susceptible de tomber sous le coup des dispositions de l’article 69 de la loi Falloux. La chambre estimait que, pour ne pas être illégale, l’intervention de la commune devrait se limiter à une subvention ne pouvant excéder le 1/10ème des dépenses annuelles de l’établissement ou la mise à disposition d’un local préexistant, ce qui n’était pas le cas en l’espèce. La commune avait conclu une convention d’occupation avec l’association gestionnaire de la structure d’hébergement de Kerampuilh le 7 juillet 2000. L’association versait un loyer à la commune (2 811,50 € mensuels en 2010). La commune, qui a versé une subvention pour des emplois jeunes jusqu’en 2005, a ensuite entrepris des démarches pour trouver une solution et s’est rapprochée de la région pour que celle-ci rachète le bâtiment
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d’hébergement et en assure la gestion. Ces démarches ont abouti en 2010 lorsque la région a acheté à la commune le centre d’hébergement. La convention de mise à disposition est alors devenue caduque. 6.2.3.2. Le château de Kerampuilh

Le conseil municipal a décidé, par délibération du 15 juillet 2009 annulant celle du 23 mars, de céder le centre d’hébergement de Kerampuilh et le château de Kerampuilh au conseil régional pour un montant de 1,5 M€. L’acte de vente a été signé le 6 avril 2010. Le conseil régional souhaitait également implanter à Kerampuilh l’office de la langue bretonne, ainsi que des services régionaux territorialisés. La commune conserve la « jouissance permanente et de manière durable de l’esplanade du château de Kerampuilh et des parcelles avoisinantes pour le maintien du bon déroulement des manifestations à caractère sportif, culturel, associatif s’y déroulant ou pouvant s’y dérouler à l’avenir » : de fait, un bail emphytéotique administratif a été signé le 6 avril 2010 entre la commune et la région par lequel celle-ci concède l’utilisation de certaines parcelles du château de Kerampuilh à la commune en vue de l’accueil de manifestations culturelles. Ce bail, d’une durée de 99 ans, est consenti pour un loyer d’un euro symbolique en contrepartie de l’entretien gratuit des parcelles par la commune. La comparaison entre les avis de France Domaine du 6 mars 2009 et du 6 juillet 2009 peut être synthétisée de la manière suivante :
Avis du 6 mars 2009
Valeur utile (m²) 2 173 80 Valeur unitaire par m² 400 Prix (€) 869 200 80 000

Avis du 6 juillet 2009
Superficie Valeur unitaire (m²) par m² 2 173 400 80 40 000 0,50 Prix (€) 869 200 80 000 20 000 20 000 989 200 400 100 186 800 325 500 512 300 1 501 500

Château Maison du gardien Dépendances Terrains (parc) Sous-total Centre d’hébergement bâtiment central Centre d’hébergement structures d’accueil et classes Sous-total TOTAL

2 253 467 3 255 3 722 35 750 400 250

949 200 186 800 813 750 1 000 550 1 949 750

42 253 467 3 255 3 722 79 115

Les travaux de clos et de couvert, préalables à la vente du château de Kerampuilh ont été les suivants, selon la commune :
Année 2004 2005 2006 2007 2008 2009 Total Dépenses 491 809,62 € 32 704,94 € 206 559,12 € 128 188,80 € 35 660,90 € 4 544,80 € 899 468,18 €

Dans l’estimation de France Domaine, il est fait référence à un montant de 930 184 € de travaux et à une acquisition du château, en 2000, pour une somme de 157 027 € et de la structure d’hébergement, en 1999, pour une somme de 586 390 €. L’avis de France Domaine a retenu un prix de 400 €/m² de SHON utilisable, soit 869 200 €. le premier avis ne prend pas en compte les dépendances et le parc du château, contrairement au second. Le premier avis considère une surface nettement moindre et propose un prix 23 % plus élevé ;
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la valeur unitaire en m² des structures d’accueil et classes passe, en 4 mois, de 250 € à 100 € entre les deux avis, soit un différentiel de 488 250 €. Les deux avis indiquent pourtant des bases de comparaison identiques, à savoir deux mutations de foyers-logements dans le Finistère, pour des valeurs au m² utiles de 400 et 500 € respectivement, et la cession d’un centre d’hébergement d’importance comparable (plus de 2 000 m²) pour une valeur au m² utile de 262 €. Le second avis s’éloigne nettement des bases de comparaison et ajoute en nota bene : « une valeur de 100 €/m2 a été retenue compte tenu de l’état du bâtiment central destiné à être rasé et du pensionnat en cours de réhabilitation aux frais du conseil régional » ; les avis précisent que les 950 000 € indiqués concernant le château et ses dépendances se rapprochent du prix de revient récent financé par la commune d’un montant de 1 087 206 € (acquisition + travaux). Ce rapprochement avec le prix de revient n’est pas effectué concernant la structure d’hébergement et ses dépendances.

Un bilan simplifié peut être dressé de la décennie pendant laquelle la commune de Carhaix-Plouguer a été propriétaire de la structure d’hébergement et du château de Kerampuilh :
Structure d’hébergement 586 390 € 1 800 000 € 2 386 390 € 933 191 € 500 000 € 1 433 191 € - 953 199 € Château 157 022 € 930 184 € 1 087 206 € 231 580 € 1 000 000 € 1 231 580 € + 144 374 € Total 743 412 € 2 730 184 € 3 473 596 € 1 164 771 € 1 500 000 € 2 664 771 € - 808 825 €

Achat Travaux Coût total Subventions Revente Recettes totales Ecart

Le déficit relevé ne comprend pas les actualisations des sommes engagées pour l’achat et les différents travaux, échelonnés dans le temps, pour ces deux ensembles de bâtiments. La chambre souligne l’évolution à la baisse du prix de vente et la charge nette pour la commune de plus de 800 000 € à la fin de l’opération, tout en considérant comme préférable pour la pérennité d’immeubles aussi importants que le château et la structure d’hébergement qu’un acteur aux moyens plus importants que la commune ait pu les reprendre. 6.2.4. Délibération annuelle sur les tarifs Par délibération du 12 décembre 2011, le conseil municipal de la commune de Carhaix a fixé les tarifs municipaux pour 2012. Sont inclus dans la délibération des « participations pour séjours pédagogiques des enfants dont la résidence principale est à Carhaix », ainsi que des « allocations au personnel communal » (frais de séjour des enfants de moins de 16 ans du personnel communal accompagnant leurs parents, allocations aux parents d’enfants handicapés ou infirmes, frais de séjour en centre de loisirs et d’ani mation, participation pour séjours pédagogiques des enfants). Il s’agit respectivement de subventions ou d’aides relevant du CCAS, d’une part, d’œuvres sociales, d’autre part : ces montants n’ont donc pas à figurer dans la délibération tarifaire mais dans des délibérations spécifiques. Par ailleurs, la délibération du 19 mars 2012 a fixé les tarifs concernant les emplacements sur la voie publique des marchands ambulants lors de l’édition 2012 du festival des vieilles charrues. Un recoupement de la délibération avec les différentes régies de recettes créées par la commune montre que de nombreux tarifs, opposables aux tiers, ne sont pas mentionnés dans la délibération, ni dans les précédentes depuis 2008 :

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Désignation de la régie Régie de l’animation de quartier Régie de la cantine Régie de l’aire d’accueil des gens du voyage Régie de la bibliothèque Régie du car municipal Régie des cartes touristiques Régie des extraits cadastraux

Date de création 03/07/1997 29/01/1987 02/02/1978 27/06/1985 11/07/1978 12/05/2011 30/01/1992

Nature des recettes Encaissement des activités et actions de l’animation de quartier Encaissement des produits de cantine et de garderie Droits de stationnement Encaissement des abonnements à la bibliothèque municipale Produits du car municipal de transport scolaire Produits de la vente de cartes touristiques Produits de la délivrance des extraits cadastraux

De nombreuses autres recettes sont également omises concernant notamment : les locations de salles relevant du domaine public (salle des fêtes, halles,…), les tarifs d’utilisation des équipements sportifs et culturels, les redevances pour stationnement de commerçants non sédentaires en dehors du marché hebdomadaire, les tarifs des terrasses devant cafés et restaurants, les tarifs des étalages, stands, expositions de produits non permanents devant commerces, les redevances d’occupation liée aux travaux et chantiers (dépôt de bacs, bennes, échafaudages, palissades, baraques de chantier), les tarifs du camping municipal.

La chambre demande à la commune de compléter sa délibération annuelle sur les tarifs en y indiquant l’ensemble des tarifs et redevances communaux, sans omettre de préciser les services et mise s à disposition à titre gratuit et en en détaillant les modalités de demande, restrictions et particularités éventuelles des services proposés ou occupations domaniales (tarifs spécifiques pour les habitants de Carhaix, tarifs spécifiques sous condition de ressources,…).

6.3.

Occupation du domaine privé

Le domaine privé de la collectivité est constitué de tous les biens qui ne relèvent pas du domaine public (en particulier : réserves foncières, biens immobiliers à usage de bureaux sauf s’ils forment un ensemble indivisible avec des biens immobiliers appartenant au domaine public), d’une part, et des biens expressément rangés dans cette catégorie par la loi (chemins ruraux et bois et forêts), d’autre part. Conformément à l’article L. 2221-1 du CG3P, les personnes publiques mentionnées gèrent librement leur domaine privé selon les règles qui leur sont applicables. 6.3.1. Contenance et classification Interrogée, la commune a fourni un tableau suivant : Ces données appellent plusieurs remarques ponctuelles. - Le BEA conclu en 1982 avec le PACT-ARIM rangerait ce contrat dans le domaine public et non dans le domaine privé. - A l’inverse, des occupations que la commune a classées comme se situant sur le domaine public, devraient relever du domaine privé, même s’il n’existe pas de recettes particulières et même si l’usage en est associatif, dès l’instant où les biens mis à disposition sont séparables du bien du domaine public avec lequel ils forment éventuellement un ensemble. Il en est ainsi, sous réserve d’inventaire plus précis, de la salle du Cinédix, de la salle du Petit Clos (rue Raoul Lancien), du local 9 rue de La Tour d’Auvergne, du local rue Renan, de la maison des syndicats (rue du champ de foire), du Château Rouge.

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En revanche, les équipements sportifs, la maison des jeux d’adresse et les locaux scolaires ou annexes aux écoles (pourvu qu’ils n’en soient pas détachés, physiquement, fonctionnellement et en termes d’utilisation) relèvent bien du domaine public. - Dans le domaine privé, la commune n’a pas non plus inclus l’occupation de l’ancien couvent des Ursulines, vaste bâtiment propriété de la commune qui est occupé par petites cellules autonomes. D’une manière générale, l’utilisation associative de locaux municipaux, même à titre gratuit, relève bien d’une occupation du domaine privé. Dans sa réponse à la chambre, la commune indique qu’elle établira une nouvelle classification entre domaines privé et public. Plus généralement, l’acquisition d’un logiciel permettra une gestion du patrimoine plus rigoureuse et détaillée. Enfin, les tacites reconductions seront remplacées par des durées limitées. - Pour la convention de mise à disposition d’un logement de gardien à l’école Persivien, conclue le 24 juin 1996, la commune n’a pas été en mesure de fournir de délibération d’approbation et de justification de la nécessité absolue de service. L’article L. 2124-32 du code général de la propriété des personnes publiques renvoie à l’article 21 de la loi n° 90-1067 du 28 novembre 1990, qui dispose que c’est l’organe délibérant qui fixe la liste des emplois pour lesquels un logement de fonction peut être attribué, la possibilité de se voir attribuer un logement de fonction étant ensuite subordonnée à l’existence d’une nécessité absolue de service (NAS) ou d’une utilité de service (US). Formellement, cette délibération est requise. La commune annonce qu’un projet de délibération sera présenté lors d’un prochain conseil municipal. - De manière générale, la commune pourrait réexaminer l’intérêt de maintenir dans son patrimoine certains des bâtiments à usage banalisé (bureaux ou logements), surtout si, comme c’est le cas pour 2 biens, leur état n’en permet plus l’occupation et la valorisation. 6.3.2. Contenu des conventions de mise à disposition 6.3.2.1. Périmètre et obligations

- Une convention de mise à disposition de locaux à titre gracieux, sis 36 rue de l’Eglise (ancienne ANPE), a été conclue le 4 septembre 2007 entre la commune et le GRETA, pour une période d’un an avec reconduction tacite. Le contrat s’avère peu précis quant au périmètre de la location dans un immeuble partagé (« le rez-de-chaussée à usage de bureau », « au premier une pièce à usage de bureau » et « la cour, en mutualisation avec les associations occupant les locaux annexes »). En outre, l’inventaire du matériel, prévu à l’article 9, n’est pas annexé, ce qui peut poser problème au moment de la restitution des locaux. A la suite de l’augmentation de son activité et au souhait du GRETA de disposer d’un deuxième bureau à l’étage, un avenant a été conclu le 23 septembre 2008. L’avenant fixe un loyer mensuel de 2 50 € pour la location de l’ensemble. Il précise, de plus, qu’avec l’ « autre locataire » (AFPI Bretagne), ils devront « faire leur affaire personnelle du partage des charges relatives à l’eau, l’électricité et le fuel et du nettoyage régulier des locaux ». Laisser deux occupants du domaine municipal organiser le partage des charges est potentiellement source de différends qui peuvent porter préjudice audit domaine, en particulier en ce qui concerne son entretien. La commune précise dans sa réponse que le GRETA est aujourd’hui le seul occupant mais que, si une nouvelle demande se présentait, les modalités d’utilisation des locaux seraient revues. Par ailleurs, l’inventaire prévu n’avait pas lieu d’être dans la mesure où aucun matériel n’est en réalité mis à disposition. - Le bail commercial signé avec la SARL Charlie, en vigueur à compter du 1er septembre 2011, même s’il n’a été signé que le 9 décembre suivant, a fait l’objet d’un avenant dès le 27 mars 2012, afin de
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rectifier l’usage des locaux qui, au lieu d’être limité à un bar-débit de boissons et à une sandwicherie, est élargi à l’exploitation d’une licence de petite restauration, à l’« organisation de soirées, concerts, manifestations culturelles : exposition, vernissages, location de salle et de matériels ». La précision aurait dû être apportée que la location de salle est ponctuelle et strictement liée à l’événement organisé et ne s’entend pas d’une sous-location pérenne, qui nécessiterait l’accord préalable de la commune. - Pour ce qui est des conventions d’occupation de l’ancien couvent des Ursulines, certaines présentent quelques limites. Il s’agit des conventions passées depuis 2009, avec les associations ou organismes suivants : Tennis club, gendarmerie, centre équestre, « Dernières cartouches », ALCP athlétisme, club de gymnastique, union cycliste carhaisienne, club de basket, Rugby club, club de canoë-kayak, Roller skating club, club d’escrime, cercle celtique Ahès, « Les voiles dorées », Azahar, Carhaix Yoga, club d’aïkido. Les conventions concernées sont conclues sur un modèle-type sur lequel sont notés de manière manuscrite la salle concernée, le nom de l’association et les signatures. Ces conventions s’apparentent davantage à un règlement intérieur que l’occupant s’engage à respecter. La raison sociale de l’occupant n’est pas précisée, ni son représentant légal habilité à signer. Il n’est pas fait mention d’un planning (principalement en cas de partage de l’occupation du local), ni des heures d’ouvertures ou d’accessibilité des locaux. Il n’est, d’autre part, pas rappelé l’objet de l’association ou le type d’activité autorisé. De même, ne sont évoqués ni le partage de responsabilité entre les parties, ni les conditions de sécurité à respecter (capacité maximale de la salle par exemple) pour la salle concernée. Le mode de renouvellement de la convention, son expiration ou son caractère unilatéralement révocable ne sont pas précisés. Enfin, l’identité des signataires pour le compte de la commune et l’office des sports n’est pas précisée en clair. - Globalement, le suivi conventionnel n’est pas complet sur le plan matériel : la commune ne maîtrise pas la vétusté du bâti et devrait effectuer plus systématiquement des procès-verbaux d’entrée et de sortie. Les travaux, la maintenance et l’entretien mériteraient un suivi de la part de la commune, en prévision d’un changement d’occupant ou d’un retour à un usage communal. Aucune politique de maintenance préventive n’est, à ce stade, possible. La chambre suggère à la commune d’inclure des clauses de suivi et de contrôle annuel, ne serait-ce qu’à titre de surveillance et de rappel des obligations du locataire. - Le BEA signé avec le PACT-ARIM comprend une clause stipulant que la commune « prendra toutes les dispositions légales et réglementaires afin que les loyers demandés aux nouveaux locataires soient effectivement acquittés. Elle en garantira le paiement ». Cette garantie n’a pas été mise en œuvre par le passé, mais cet engagement sans limite de la commune est assez risqué. 6.3.2.2. Echéance et renouvellement des conventions

- Les conventions relatives aux garages, ainsi qu’au logement de gardien de l’école Persivien, sont d’une durée d’un an, tacitement renouvelable. La tacite reconduction n’incite pas à un suivi rigoureux des occupations et de leur arrivée à échéance, ni une valorisation optimale de l’occupation du domaine communal par une révision régulière des redevances et loyers. En outre, dans le cas du logement de gardien, selon l’article 7 du décret n° 60-191, la durée des concessions de logement est limitée à celle pendant laquelle les bénéficiaires occupent un emploi qui y ouvre droit.
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- Les conventions sont également renouvelables par tacite reconduction en ce qui concerne les occupations associatives relevées en sus du tableau fourni par la commune. - Le bail avec le PACT-ARIM est arrivé à échéance le 18 novembre 2012. Toutefois, la commune a accepté, par délibération du 25 septembre 2012, un avenant de prolongation de 6 mois, dans l’attente de l’étude technique et financière de la possibilité de réhabilitation des logements concernés. 6.3.2.3. Montant et perception des loyers

- La convention de mise à disposition des locaux sis 36 rue de l’Eglise au bénéfice de l’AFPIDIAFOR Organisation a été conclue le 24 mars 2009. Elle prévoit la mise à disposition d’une salle de classe d’une superficie de 40 m² au 1er étage du 36 rue de l’Eglise, pour un loyer mensuel de 150 €, et ce, du 1er octobre 2008 au 31 juillet 2009. Une nouvelle convention concernant ces mêmes locaux, dont les termes sont identiques, est signée le 25 novembre 2009 entre la commune et l’AFPI Bretagne pour la période du 1er août 2009 au 31 juillet 2010. Par courrier en date du 21 juillet 2011, l’organisme de formation informe la commune que la formation de négociateurs technico-commerciaux n’est pas reconduite et que la location n’a plus lieu d’être. La commune a perçu des loyers de l’AFPI jusqu’en décembre 2010 alors que la convention expirait au 31 juillet 2010. Le loyer fixé à 150 €/mois n’a engendré qu’une recette mensuelle de 143,85 € sur l’exercice 2010 et l’actualisation prévue au 1er octobre n’a pas été prise en compte. De même pour le GRETA, le loyer fixé à 250 € a engendré une recette mensuelle de seulement 239,75 € sur 2010 et son actualisation n’a pas été effectuée au 1er octobre. - En ce qui concerne les occupations associatives relevées en sus du tableau fourni par la commune, il convient de relever qu’elles sont toutes gratuites, mais surtout qu’elles ne comportent aucune participation, même symbolique, aux frais de fonctionnement, d’entretien et de maintenance des bâtiments. - Au sein de l’ancien couvent des Ursulines, la quasi-totalité des occupations sont gratuites. 3 occupations font cependant l’objet d’un loyer. La commune le justifie par le fait que les bénéficiaires occupent les locaux plusieurs jours par semaine. Pourtant, en dehors de ces 3 occupations, d’autres associations proposent des activités payantes (yoga, danse, sports,…) et tirent donc un avantage de l’occupation du domaine communal, ce qui pourrait justifier qu’un loyer, même minimal soit perçu par la commune. Le traitement effectué n’est pas équitable et mériterait d’être revu. D’une manière générale, aucun des occupants ne verse de participation à l’entretien et au fonctionnement du bâtiment, très vaste et dont l’état de vétusté est assez avancé. 6.3.2.4. Imputation comptable

S’agissant d’immeubles productifs de revenus, il y a lieu d’imputer les recettes sur le compte 752, mais aussi de prévoir l’amortissement de ces biens. Globalement, en ce qui concerne le domaine privé, la chambre invite la commune à : - mieux définir celui-ci et à réfléchir à d’éventuelles cessions, - mieux encadrer son occupation, par des conventions plus complètes, - prévoir des renouvellements exprès de convention, afin d’éviter la tacite reconduction, - réexaminer certains cas de gratuité de l’occupation et envisager des participations aux frais, - veiller à une imputation comptable exacte, - veiller à l’amortissement des immeubles productifs de revenus.

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6.3.3. La résidence d’artistes de Kerampuilh Par délibération du 19 novembre 2007, le conseil municipal s’est prononcé en faveur de l’accueil en « résidences-créations » d’artistes-plasticiens de la Bretagne historique (3 artistes successifs par an). Une longère, divisée en deux gîtes équipés, est mise à disposition gratuite des artistes et de leur famille et une bourse de 1 500 € bruts par mois est attribuée à chaque artiste. Il est proposé aux artistes de créer une œuvre à Carhaix sur le site du festival des Vieilles Charrues que la commune pourrait par la suite acquérir. La commune s’engage à prendre en charge les matériaux et fournitures nécessaires à la réalisation de l’œuvre. Le coût potentiel est donc de 54 000 €, auxquels s’ajoutent la mise à disposition gratuite des logements et les matériaux et fournitures, pour la disposition éventuelle d’œuvres, que la commune devrait encore acquérir par la suite. Il est précisé plus loin dans la délibération que des artistes venant d’autres horizons pourraient être acceptés, de même que des conteurs, poètes, écrivains, musiciens… Il n’est alors plus question d’origine bretonne, ni de lien avec la Bretagne, ni d’œuvre à réaliser. La seule contrepartie demandée vis-à-vis de l’intérêt général consiste dans le fait que « l’artiste devra mener un travail de sensibilisation à son art auprès de la population carhaisienne (scolaires,…) ». La commune a produit les conventions de mise à disposition du gîte à titre gracieux. Aucune des obligations définies par le conseil municipal n’est reprise. Aucune contrepartie à l’hébergement gratuit n’est exigée par la commune à l’occupant. Le nom et la qualité de l’occupant ne sont qu’imparfaitement précisés. De plus, la destination initiale des lieux n’a pas été respectée :
Date de signature 11 février 2008 14 avril 2008 27 mai 2008 31 juillet 2008 25 mars 2009 14 mai 2009 14 mai 2009 24 juin 2010 8 octobre 2010 9 mai 2011 Occupant Yann PELLIET, producteur Trésorier de l’association DIWAN 30 Président de l’association Dazont ar Yezh Centre Loisirs Animation Jeunesse du Poher Centre Loisirs Animation Jeunesse du Poher Président de l’association Art Dramatique Expression Culture Centre Loisirs Animation Jeunesse du Poher Festival des Vieilles Charrues Société Coreff Association CALICO (Rennes) Discipline artistique Intervenant musical (stages de guitare) Période Gîtes mis à disposition 11 février-31 mars 2008 1 30 avril-5 mai 2008 30 mai-1er juin 2008 12-15 août et 19-22 août 2008 30 avril-4 mai 2009 28 mai-2 juin 2009 26 juin-4 juillet 5-24 juillet 2010 8-11 octobre 2010 9-16 mai 2011 2 2 1 2 2 2 2 2 2

Cette situation pose problème en termes de responsabilité et d’usage, un hébergement privatif étant accordé à une structure associative, alors que les occupants sont des individuels et que cela s’effectue sans cohérence avec l’objet de l’association ni avec la destination initiale conférée aux locaux par la commune. Soit ces hébergements sont transformés en simples logements et sont alors, soit cédés, soit occupés au titre du domaine privé de la commune et dans des conditions similaires au marché ou au parc locatif social. Soit ces locaux retrouvent une utilisation publique qui n’affecte pas trop les finances communales, en lien avec les autres équipements publics à proximité ou sur la base d’une utilisation privative mais ouverte au public (hôtellerie-restauration par exemple). La chambre demande à la commune de mettre la pratique et le droit en conformité, quant à la destination et à l’utilisation de ces locaux, au besoin en reprenant la réflexion, dans le sens d’une valorisation de ces derniers.
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6.4.

Taxes

L’article L. 2333-6 du CGCT, modifié par la loi n° 2008-776 du 4 août 2008 (loi de modernisation de l’économie) dispose que « les communes peuvent, par délibération de leur conseil municipal, prise avant le 1er juillet de l’année précédant celle de l’imposition, instaurer une taxe locale sur la publicité extérieure frappant les dispositifs publicitaires dans les limites de leur territoire ». La chambre observe que la commune n’a pas mis en place la TLPE. L’instauration de cette taxe contribuerait à élargir sensiblement les recettes de la collectivité et à maîtriser les atteintes à l’environnement, sachant que la loi laisse une grande souplesse aux communes pour la fixation des niveaux de taxation en fonction de la nature des dispositifs.

6.5.

Valorisation du domaine communal

Les différents montants de recettes imputées sur le chapitre 70 « produits des services du domaine et ventes diverses » sont les suivants :

Compte 703 70311 70312 70323 70388 706 7062 7063 7066 7067 7068 708 7083 7084 7087

2007

2008

2009

2010

évolution 21,9 % 48,7 % -83,7 % 338,0 % 11,3 % -31,5 % -77,2 % -38,2 % -18,4 % -100,0 % -85,3 % -100,0 % -37,5 % -95,0 % -28,4 %

Redevances et recettes d’utilisation du domaine 39 829 36 055 38 021 48 541 Concessions dans les cimetières 8 869 8 335 6 763 13 185 Redevances funéraires 16 600 18 103 14 922 2 710 Redevance occupation domaine public 5 100 2 241 22 339 Autres redevances et recettes domaniales 9 260 9 617 14 096 10 307 Prestations de service 259 487 258 980 225 475 177 808 Redevances et droits des services à caractère culturel 56 476 61 850 47 300 12 864 Redevances et droits des services à caractère de loisirs 0 0 23 772 21 263 Redevances et droits des services à caractère social 6 879 1 807 1 792 4 250 Redevances et droits des services à caractère périscolaires et d’enseignement 170 886 174 625 152 611 139 431 Autres redevances et droits 25 246 20 697 0 0 Autres produits 21 338 20 936 7 059 3 144 Locations diverses (autres qu’immeubles) 4 424 5 247 1 895 0 Mise à disposition de personnel facturée 4 000 4 000 4 000 2 500 Remboursement de frais 12 914 11 688 1 164 644 Total chapitre 70 320 654 315 970 270 555 229 494

D’autres comptes comprennent ou peuvent comprendre des recettes liées à l’occupation domaniale :
Compte 733 Taxes pour utilisation des services publics et du domaine 7336 Droits de place 7337 Droits de stationnement 7338 Autres taxes 2007 75 453 0 0 2008 72 654 0 0 2009 67 890 0 0 2010 64 426 0 0 évolution -14,6 % -

Les recettes liées à l’occupation du domaine privé communal se retrouvent dans le compte 752 « revenus des immeubles » :
Compte 75 Autres produits de gestion courante 752 Revenus des immeubles 757 Redevances versées par les fermiers et concessionnaires 758 Produits divers de gestion courante 2007 51 960 0 20 462 2008 64 968 0 21 894 2009 64 058 0 13 670 2010 36 446 0 36 629 évolution -29,9 % 79,0 %

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La chambre note une volonté d’encadrement juridique réelle et des autorisations-types plutôt claires, mais un suivi, des dispositions conventionnelles et matérielles imparfaites et inégales. La préoccupation de valorisation du domaine communal, tant public que privé, pourrait être davantage systématisée, afin d’accroître des recettes qui, alors qu’elles ne sont pas négligeables, sont en diminution constante.

7.

Les relations avec les satellites et les tiers
7.1. Les relations avec les régies personnalisées

Au sein d’un même complexe immobilier, en totale imbrication et continuité, ont été aménagés un centre culturel (l’espace Glenmor) puis un centre des congrès. 7.1.1. Mode de gestion et fonctionnement institutionnel * Le centre culturel est géré par une régie à caractère administratif, dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Selon les statuts adoptés le 25 janvier 2001 et modifiés le 3 septembre 2001 par le conseil municipal, elle a pour « objet de gérer et d’exploiter l’Espace Glenmor. A ce titre, la régie doit proposer des activités artistiques à dominante musiques traditionnelles. Le volume annuel minimum de spectacles musicaux à organiser est de 15. Son conseil d’administration comprend 9 membres, désignés par le conseil municipal : 7 membres du conseil municipal et 2 personnes qualifiées. Il est présidé par un conseiller municipal. Lors de sa séance du 19 mai 2008, le conseil municipal a désigné les 2 personnalités extérieures. Si l’une est désignée nominativement, l’autre est simplement indiquée comme « 1 membre du conseil d’administration des Vieilles Charrues ». La chambre observe qu’il n’appartient qu’au seul conseil municipal de désigner les membres du conseil d’administration et que le conseil municipal ne peut déléguer ce pouvoir à une personne privée, ce qui est irrégulier. La commune indique qu’« à l’occasion de la prochaine échéance électorale de 2014, les modalités de désignation seront revues par le conseil municipal (désignation nominative) ». * Le centre de congrès a débuté son activité à l’automne 2007. Il est géré par une régie personnalisée à caractère industriel et commercial, rattachée à la commune de Carhaix. Les statuts ont été adoptés en même temps que la création, lors du conseil municipal du 11 juin 2007. 7.1.2. Relations contractuelles et financières entre les régies et la commune de Carhaix * Une « convention générale » triennale entre la commune et le centre culturel a été signée le 20 mars 2012, par laquelle la commune s’engage à verser une participation financière annuelle de 225 000 € et à mettre à disposition du personnel (1 directeur général, 1 directeur technique, 2 adjoints administratifs, 1 agent chargé de l’entretien, 1 agent technique lumière et 1 agent technique son). Les mises à di sposition de personnel sont évaluées dans la convention à 93 000 € environ. En contrepartie, l’espace Glenmor s’engage à : - développer un projet culturel s’inscrivant dans une dynamique partenariale afin de favoriser les synergies et de créer une dynamique culturelle sur le territoire,
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développer une programmation ouverte sur différentes esthétiques et disciplines s’adressant à tous publics, mettre en place des actions culturelles allant à la rencontre des publics et créant des passerelles entre les artistes et la population, apporter un soutien à la création artistique.

Il s’agit en réalité simplement de l’objet de la régie, non d’une réelle « contrepartie ». La convention précise que la commune accordera sa participation sous réserve : - d’horaires d’ouverture effective au public du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 18h et les week-ends lors de manifestations, - de l’établissement chaque année d’une programmation culturelle riche et variée. La convention ne contient aucune disposition décrivant la contenance, la disposition, la gestion et le devenir des locaux. * En ce qui concerne le centre de congrès, la commune et la régie ont signé une convention le 20 novembre 2007, ayant pour objet de permettre la réalisation des missions de la régie : la gestion et l’exploitation du centre de congrès (notamment, proposer la location de salles et la fourniture de toute prestation annexe). Conclue pour un an avec reconduction tacite, elle prévoit la mise à disposition du bâtiment, avec tous ses agencements matériels et mobiliers moyennant un loyer mensuel de 956,80 € TTC (800 € HT). Aucune actualisation n’est prévue, ni aucune part proportionnelle aux recettes. A la charge de la ville, sont inclus les réparations et mises aux normes des biens immobiliers et de leurs équipements, ainsi que le remplacement des équipements et matériels défaillants de plus de 600 €. A la charge de la régie, figurent la maintenance des équipements (chauffage, ascenseur, ventilation, électricité, sécurité, informatique), le remplacement des équipements et matériels défaillants de moins de 600 €, la consommation de fluides et le nettoyage. La mise à disposition occasionnelle de personnel par la commune à titre onéreux est également prévue. La chambre relève les manques des conventions et souligne que la formule de la reconduction tacite n’assure pas d’un suivi rigoureux des renouvellements et n’incite pas à une remise en question périodique. * Par ailleurs, la commune a estimé que le loyer versé par la régie du centre des congrès ne devait pas être assujetti à la TVA. Or, les activités administratives, sociales, éducatives, culturelles et sportives des personnes publiques sont soumises à la TVA si cette absence d’assujettissement entraîne une distorsion de concurrence par rapport à la même activité au titre de laquelle des personnes privées acquittent de la TVA. C’est le cas de l’exploitation d’une salle de spectacles, d’un cinéma, d’un festival ou d’un spectacle grand public, par exemple. L’article 207-1-6° du code général des impôts précise qu’une régie dotée de l’autonomie financière est redevable de l’impôt sur les sociétés dans les conditions de droit commun lorsqu’elle se livre à des opérations ou à une exploitation de caractère lucratif, susceptible d’être exercée dans des conditions semblables par une entreprise privée. Les immobilisations réalisées par les collectivités locales sur leurs salles de spectacles mises à disposition d’associations relevant d’un domaine d’activité concurrentielle so nt assujetties à la TVA (CE, 29 juillet 1998, commune de Flamanville). Par analogie, les loyers dus par la régie personnalisée à la commune de Carhaix pour l’exploitation du centre de congrès devraient être assujettis à la TVA, du fait que l’organisation de congrès relève d’un domaine concurrentiel.
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La chambre invite donc la commune à saisir l’administration fiscale sur le point de l’application de la TVA. Dans sa réponse à la chambre, la commune s’est engagée à le faire. * En ce qui concerne les rémunérations du personnel, les traitements des agents titulaires ou nontitulaires travaillant à l’espace Glenmor sont payés sur le budget général de la commune. Seules les rémunérations des intermittents du spectacle sont payées sur le budget du centre culturel. Le budget du centre culturel rembourse en fin d’année au budget de la commune une partie de ces traitements. Le budget du centre de congrès rembourse au budget du centre culturel une partie des traitements des agents. La subvention au centre culturel prévue par la convention du 20 mars 2012 s’élève à 225 000 €. Toutefois, l’ordonnateur précise qu’elle pourra être ajustée, sous réserve de l’adoption d’un avenant par le conseil municipal et le conseil d’administration du centre culturel, en fonction des dépenses réalisées sur le budget du centre culturel. Le budget principal de la commune rembourse au budget du centre culturel les frais concernant les fluides du cinéma Le Grand Bleu, qui jouxte le centre culturel (9 991,36 € en 2010 et 10 741,99 € en 2011), ainsi que les diverses locations ponctuelles que la commune peut effectuer au sein du centre culturel, pour ses propres besoins. Seul le centre de congrès verse un loyer mensuel au budget général de la commune. Le budget du centre de congrès rembourse également au budget de l’espace Glenmor la location de l’amphi théâtre du centre culturel lorsque celui-ci est utilisé lors de congrès. La chambre relève le silence de la convention sur la mise à disposition gratuite des bâtiments du centre culturel, qui n’est pas irrégulière mais devrait être formalisée. La commune s’est engagée à revoir la convention triennale. En outre, l’accès aux fluides et le partage des charges afférentes entre le cinéma, mis à disposition d’une association, et le centre culturel, confié à une régie, devraient être détaillés et formalisés par le biais d’une convention entre les parties ou, à tout le moins, dans la convention liant la commune à l’association gestionnaire du cinéma. 7.1.3. Activité des régies Les bilans chiffrés d’activité des deux équipements sont complets et détaillés. Clientèle du centre de congrès
2010 Total dont associations dont organismes du secteur privé dont organismes du secteur public dont en provenance de Carhaix-Plouguer dont en provenance du Finistère dont en provenance du reste de la Bretagne dont en provenance du reste du monde 37 15 18 4 21 9 6 1 2011 35 9 20 6 19 8 6 2

Parmi les entreprises, le secteur agricole et celui des banques et assurances se distinguent. Sur 38 semaines d’ouverture annuelle de la structure, l’occupation est donc de 1,07 manifest ation par semaine en 2011 (0,89 en 2010), 67 jours d’exploitation (hors montage-démontage) en 2011 (66 jours en 2010) et 36 182 personnes accueillies en 2011 (36 730 en 2010). Le coût de l’équipement s’est élevé à 102 663 € en 2011, pour des recettes d’activité de 106 502 € (contre 106 482 € en 2010).
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En ce qui concerne le centre culturel, il a accueilli en 2011 8 381 spectateurs, dont 5 573 payants, et touché un public supplémentaire estimé à 2 480, notamment auprès d’établissements d’enseignement ou par des représentations extérieures. Les spectacles respectent la variété inscrite dans les missions du centre : musiques (essentiellement traditionnelles et actuelles), théâtre, cirque, danse, projections. Des partenariats associatifs, scolaires et institutionnels sont assez régulièrement noués. Les dépenses de fonctionnement se sont élevées à 414 935 € au CA 2011, dont 119 640 € d’achat de spectacles. Toutefois, l’enveloppe pour l’achat de spectacles a été fixée à 90 000 € pour 2012. Au CA 2011, les recettes ont atteint 387 797 € au total, dont 58 253 € de billetterie, 32 912 € de location de salle et 225 000 € de subvention municipale. La chambre note le caractère satisfaisant des éléments de suivi de l’activité des deux régies, ainsi que le niveau important du subventionnement du centre culturel.

7.2.

Les relations avec les associations

Qu’il s’agisse de l’ancien couvent des Ursulines ou des autres locaux associatifs occupés gratuitement, aucune des conventions d’occupation signées avec les associatio ns ne fait état de missions particulières d’intérêt général que l’occupant devrait remplir en contrepartie de la gratuité de l’occupation. C’est ce que pourrait prévoir une convention (pluriannuelle) d’objectifs et de moyens qui, outre les missions d’intérêt général, aborderait les mises à disposition valorisées, la participation financière de la commune et les frais laissés à charge, même de manière symbolique, des associations (fonctionnement, fluides, entretien). Cela permettrait de revenir sur la reconduction tacite, qui n’est jamais recommandée comme mode de renouvellement des conventions, car n’incitant ni à une remise en question périodique, ni à un suivi rigoureux et régulier de la mise en œuvre. La commune pourrait également signer une convention cadre d’objectifs et de moyens avec l’office des sports qui encadrerait l’utilisation des salles à vocation sportive. 7.2.1. La valorisation des aides en nature attribuées à des associations Les aides en nature attribuées à des associations (mais aussi à des SEM ou autres tiers) en matière de locaux sont indiquées, depuis 2010, dans la délibération annuelle attribuant les subventions. Cependant, il s’agit d’une simple liste, sans valorisation, voire de la simple indication de l’existence ou non d’un local mis à disposition, sans plus de précision. Les mises à disposition de matériels (scènes, plateaux, tréteaux, grilles d’exposition, tentes, chaises, bancs, barrières, panneaux, câbles, etc.) sont recensées dans un tableau interne à la collectivité, élaboré chaque année. Si les aides matérielles aux associations sont effectivement recensées de manière précise et apparemment exhaustive, la commune pourrait les valoriser en appliquant les tarifs de location décidés par le conseil municipal lors de la délibération tarifaire annuelle. Il n’existe pas de recensement des heures passées par les services techniques pour installer ce matériel et soutenir plus généralement les associations, action que reconnaît la commune. La commune pourrait donc améliorer et compléter le recensement des aides en nature bénéficiant aux associations. La confection d’un document unique serait souhaitable, regroupant tous les types d’aides et les valorisant, sur la base des tarifs existants, des loyers comparables existants ou de valeurs moyennes, par nature de surface (bureau, équipement public, stockage ou surface nue,…), fournies par France Domaine,
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avec une plus grande rigueur et une plus grande précision. Ensuite, pourrait être constitué un fichier qui regrouperait toutes les informations (subvention, aide en matériels, mise à disposition de locaux, de personnel). Ces informations pourraient d’ailleurs être transmises à chaque association, afin qu’elle soit sensibilisée à la dépense publique indirecte dont elle bénéficie et afin qu ’elle les intègre dans ses propres comptes (compte de classe 8). 7.2.2. Les relations avec l’association Contrechamp Par délibération en date du 28 septembre 2000, la commune de Carhaix a approuvé la signature d’une convention, quadriennale et avec reconduction tacite, avec l’association Contrechamp, par laquelle elle met à disposition de l’association la salle de cinéma intégrée dans le bâtiment de l’espace Glenmor, en contrepartie du versement d’un loyer annuel de 40 000 FF (6 098 €), non révisable. La commune conserve à sa charge les dépenses d’eau, d’électricité et de chauffage et, jusqu’à un maximum de 30 000 FF (4 573 €) par an, les dépenses de ménage. Les locaux mis à disposition représentent une superficie de plus de 454 m², dont une salle de cinéma de 220 places. L’association « s’engage à promouvoir, soutenir et favoriser le développement d’activités audiovisuelles » et doit assurer une « programmation cinématographiques répondant aux besoins de la population de Carhaix-Plouguer et de sa région », participant ainsi à la « vie culturelle de la cité ». Les contreparties de la mise à disposition des lieux sont : - la programmation d’au moins 400 séances par an, - la demande d’adhésion au label « Art et Essai » et le respect des obligations de programmation qui en découlent, - la participation à l’opération « ciné-collège » et la programmation d’au moins 16 séances respectant les recommandations de la commission enfant de l’Association française des cinémas d’art et d’essai (AFCAE), en appliquant dans ce cadre un tarif réduit, - la mise à disposition gratuite de la salle à la commune, en dehors des heures habituelles de projections et moyennant un préavis de 45 jours. Dans la mesure où la situation n’est pas vraiment concurrentielle en matière de cinéma dans la r égion de Carhaix (les cinémas les plus proches, à Huelgoat, Gourin, Callac et Rostrenen, étant situés à plus de 15 km) et où l’exploitant est une association sans but lucratif, il n’y a pas d’obligation de mettre en œuvre une procédure de délégation de service public, malgré l’existence des différentes contraintes posées par la convention. Le bilan moral, le rapport d’activité, le rapport financier et le compte d’exploitation de l’association pour les exercices 2008 à 2011 ont été produits à la chambre. Ceux-ci s’avèrent satisfaisants et montrent une implication certaine des bénévoles de l’association. L’évolution de la fréquentation a été la suivante :
2006 26 602 2007 25 163 2008 24 010 2009 25 221 2010 27 162 2011 30 130

Environ 160 films sont présentés en 750 séances environ par an. Le prix moyen du billet a été de 4,93 € en 2011. La fréquentation de 2011 a été nettement améliorée par la projection du film Intouchables. Sinon, l’activité est souvent déficitaire et est en partie masquée par des années 2010-2012 artificiellement bonnes sur l’ensemble du territoire national, en raison de quelques films ayant obtenu un gros succès. Toutefois, même si l’activité n’est pas garantie et subit la concurrence du téléchargement, l’association n’a pas de dette financière et dispose d’une trésorerie de près de 70 k€.
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La chambre relève les dispositions relatives à la tacite reconduction, à l’absence de révision du loyer et à la prise en charge des fluides et d’une partie de l’entretien par la commune, qui son t favorables à l’association et qui mériteraient d’être revues afin, notamment, de procéder à une remise en question périodique. Le projet de texte élaboré en 2013 entre la commune et l’association et produit par la commune en annexe à sa réponse répond aux observations de la chambre. 7.2.3. Les relations avec l’association « Les Vieilles Charrues » La commune accorde un certain nombre de subventions ou de prises en charge à l’as sociation des Vieilles Charrues. La commune a ainsi pris en charge, en partenariat avec l’association, 50 % des frais de déplacement du maire de Woodstock en 2009 (soit 1 302 €, facturés par l’association et imputés en 2010 au compte 6232 « fêtes et cérémonies »), dans l’optique de créer un jumelage avec cette ville. Le jumelage « a pris forme » selon l’ordonnateur, « puisqu’une junior association, « Bretons sans frontières » a été créée en 2011 ». Cette association a organisé l’accueil de jeunes de Woodstock en juillet 2011. En juillet 2012, ce sont les jeunes Carhaisiens qui se sont rendus à Woodstock. En 2010, la commune a participé au cocktail d’inauguration du festival, en raison de la venue du maire de Woodstock : 1 603 € en 2010. En 2011, la commune a participé au cocktail d’inauguration en raison du 20ème anniversaire du festival : 2 491 €, imputés au compte 6232. Pour ces différentes dépenses, l’association a facturé à la commune, mais sans joindre toujours la facture initiale qu’elle a elle-même acquittée et sans que la commune puisse ainsi s’assurer que la refacturation est exacte et justifiée. En 2009, la commune a pris en charge une partie des frais de location d’une grande roue (pour 2 500 €, facturés par l’association et imputés en 2010 au compte 6135 « locations mobilières »), au motif que l’équipement était accessible à tous les publics et participait à l’animation de la commune. Jusqu’en 2008, la commune prenait en charge une prestation liée à la sécurité du festival : des vigiles étaient présents notamment en centre-ville ou avenue Kennedy, où sont situés les marchands ambulants. Le montant de la prestation réglée par la commune à la société concernée s’élevait en 2008 à 27 950 €. A partir de 2009, 50 % du coût a été pris en charge par l’association, comme le prévoyait la convention. La facture est réglée directement par l’association, qui refacture 50 % du coût à la commune : 21 136 € en 2009 et 14 561 € en 2010, montants imputés au compte 611 (« contrats de prestations de services avec des entreprises ») en 2010, et 13 957 € en 2011. En la matière, l’association a bien fourni le détail des prestations à l’appui de sa refacturation. La commune a aussi acheté auprès de l’association des invitations, en 2007, 2008 et 2011, pour ses partenaires institutionnels : 6 750 €, 7 340 € et 1 875 € respectivement, imputés au compte 6232. Enfin, en 2008, l’association a perçu une subvention de 22 000 € de la commune. Cet ensemble de flux financiers divers et non consolidés mériterait un encadrement conventionnel, sauf à être requalifiés en achats parcellisés de prestations de services pour un objet commun. En particulier, les prestations externes (sécurité, grande roue, frais de réception) devraient être achetées en respectant le code des marchés publics, puisqu’il s’agit bien de satisfaire aux besoins de la collectivité publique , l’association étant sollicitée pour rembourser la commune de sa propre part. Chaque année, la commune de Carhaix signe une convention avec l’association.
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Les divers éléments à prendre en compte pour l’organisation sont présents, mais la convention de 5 pages reste peu précise, en particulier sur la valorisation de l’ensemble des frais pris en charge par le budget communal : aide des services techniques municipaux, éclairage public et fluides, nettoyage de l’espace public et des bâtiments publics et remise en état des terrains, signalétique et communication. Un bilan exhaustif et détaillé de ces frais et une valorisation des différents flux logistiques, matériels et humains dont bénéficie l’association devraient être réalisés à l’issue de chaque éditio n du festival, pour la bonne information des habitants et du conseil municipal. La chambre demande à la commune de l’établir. Par ailleurs, l’association bénéficie de nombreuses mises à disposition gratuites de biens immobiliers communaux. Ainsi, la commune a mis à disposition, en 2012, à titre gratuit : la zone de loisirs de Kerampuilh pour une période de 4 semaines avant le festival et 2 semaines après, 4 terrains pour aménagement des campings temporaires (1 mois environ), l’ancienne aire d’accueil des gens du voyage de Kerlédan pendant environ 1 semaine (parkings), l’aire d’accueil des gens du voyage de Kernaéret (parking) pour 1 semaine environ, un terrain communal (ancien terrain TPR) pendant 5 jours.

Des conventions spécifiques sont également conclues concernant l’occupation gratuite des immeubles suivants : - les gîtes de Kerampuilh, - l’école de la République (15 jours), - l’école de Kerven (15 jours), - l’école de Persivien (15 jours), - les vestiaires et stade Charles Pinson (10 jours), - la salle de tennis (10 jours), - les halles (5 jours), - le club house du rugby et le terrain de rugby (15 jours), - le terrain de football Pierre Plonévez (hélisurface), - le terrain de football de l’IME et le bloc sanitaire, - la maison des jeux d’adresse (1 mois), - la salle omnisports (10 jours), - l’espace Glenmor et le centre de congrès, - le club house du club canin (15 jours), - la salle omnisports du collège Saint-Trémeur (25 jours). Des états des lieux d’entrée et de sortie sont prévus, ainsi que la souscription d’une assurance, sa ns toutefois que soit traité le sort des dégradations et remises en état. Des conventions tripartites fixant les conditions d’utilisation d’autres locaux ont également été signées en 2012 : - l’école maternelle de Kerven (cuisine et bloc sanitaire attenant , réfectoire, salle des professeurs et grand hall, classe de 1ère section et halls d’entrée des classes (15 jours)) ; - l’école primaire publique de Persivien (salle de garderie, classe de sciences, blocs sanitaires, gymnase, salle de musique et classe des gens du voyage (15 jours)); - l’école du boulevard de la République (rez-de-chaussée et 1er étage (15 jours)). Pour la mise à disposition de l’ensemble de ces biens, aucune valorisation n’est effectuée, même pour ceux pour lesquels existent des tarifs d’occupation (centre culturel, centre de congrès, équipements sportifs, etc.). La chambre demande à la commune de progresser vers une valorisation. En sens inverse, l’association a versé 430 000 € à la commune sur la période, sous forme de dons : 280 000 € encaissés le 2 août 2010 et 150 000 € encaissés le 30 janvier 2012. Seul le deuxième don a fait l’objet d’une acceptation par délibération du conseil municipal du 21 novembre 2011 ; aucune délibération n’a été prise pour le premier don, ce qui n’est pas conforme à
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l’article L. 2242-1 du CGCT, aux termes duquel c’est bien le conseil municipal qui « statue sur l’acceptation des dons et legs faits à la commune ». L’affichage de dons importants de la part de l’association ne doit pas masquer le fait que ces r ecettes sont, pour la commune, aléatoires et dépendantes de la décision souveraine de l’association. De surcroît, aucun bilan exhaustif et détaillé des différentes dépenses engagées et des différentes pertes de recettes enregistrées par la commune en raison du festival des Vieilles Charrues n’est disponible. Un tel bilan permettrait de mettre en regard recettes et dépenses de l’opération, dans une optique de transparence et de bonne information des citoyens et des élus. La commune répond qu’elle prend bonne note des observations de la chambre et qu’« un travail sera mené afin de valoriser les flux logistiques, matériels et humains des services municipaux pour l’organisation du festival ». La commune indique par ailleurs que l’association prend en charge le nettoyage des terrains et locaux après utilisation, mais la chambre souligne que cela n’est pas explicitement prévu dans les différentes autorisations d’occupation ou d’utilisation. 7.2.4. Les subventions aux associations et l’intérêt public local * Les subventions versées aux organisations syndicales concernent les unions locales de la CFDT et de la CGT et s’élèvent à 550 € annuels depuis 2008. L’article L. 2251-3-1 du CGCT dispose que « les communes (…) peuvent attribuer des subventions de fonctionnement aux structures locales des organisations syndicales représentatives (…). Les organisations ainsi subventionnées sont tenues de présenter au conseil municipal un rapport détaillant l’utilisation de la subvention ». Les conditions de versement de ces subventions sont définies par l’article R. 2251-2 du CGCT, qui précise qu’elles peuvent être octroyées aux structures locales des organisations syndicales représentatives qui sont dotées de la personnalité morale et « qui remplissent des missions d’intérêt général sur le plan communal ou intercommunal ». La chambre rappelle à la commune que la légalité des subventions aux organisations syndicales est soumise à deux conditions : le soutien financier doit, d’abord, satisfaire au critère de l’intérêt public local ; ensuite, ces aides ne sauraient avoir pour objet de prendre parti dans un conflit du travail. En outre, un rapport annuel doit être remis à la collectivité et soumis au conseil municipal. * Par ailleurs, l’article L. 2251-3-1 du CGCT n’a pas remis en cause le principe traditionnel selon lequel une collectivité ne peut subventionner une association intervenant dans un conflit collectif du travail, en apportant son soutien financier à l’une des parties en litige de manière directe ou même indirecte, en décidant par exemple la fermeture des services municipaux à l’occasion d’une journée de mobilisation organisée dans le cadre d’un mouvement de grève national (CE, 23 juin 2004, commune de Dunkerque, requête n° 250294) ; elle ne peut pas non plus accorder une subvention à une organisation liée à cette partie (CE, 11 octobre 1989, commune de Gardanne, n° 89325, Lebon p. 188 : cas d’une association de soutien à des cheminots grévistes). Or, les subventions versées au comité de défense de l’hôpital de Carhaix et à l’association des usagers de l’hôpital ont été les suivantes en 2008, sur l’article 65741 :
Date Nom 02/06/2008 COMITE DE DEFENSE HOPITAL CARHAIX 24/07/2008 COMITE DE DEFENSE HOPITAL CARHAIX ASSOCIATION USAGERS HOPITAL ET 26/09/2008 SERVICES DE SANTE 02/10/2008 COMITE DE DEFENSE HOPITAL CARHAIX Objet Subvention - délibération 19 mai 2008 Subvention - délibération 27 juin 2008 Attribution subvention pour création association Subvention exceptionnelle délibération 22 septembre 2008 Montant TTC 300,00 € 2 000,00 € 300,00 € 2 700,00 € 5 300,00 €

Dans la délibération du 22 septembre 2008, concernant le comité de soutien du CH de Carhaix, la motivation de la délibération était limitée au fait que « différentes actions ont été conduites par le comité » au début de l’été et que, « pour faire face à ces actions », une subvention exceptionnelle de 2 700 € était
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décidée à l’unanimité. Concernant l’association des usagers de l’hôpital de Carhaix -Plouguer et des services de santé du pays centre-ouest Bretagne, une subvention de 300 € était accordée à l’unanimité sur le seul motif que l’association a « fait part de sa création » par courrier du 27 août 2008. Le conseil municipal a voté le 6 février 2012 une délibération selon laquelle « la Ville propose d’accorder 5 000 € de subvention exceptionnelle pour le comité de défense et de développement de l’hôpital de Carhaix », ce qui a été accepté par 24 voix pour et 4 abstentions. Au regard de la jurisprudence administrative, un doute pèse sur le fait que la commune était réellement en mesure, juridiquement, d’attribuer les subventions accordées en 2008. Pour l’avenir, la chambre appelle la commune à la vigilance sur ce point, en veillant à l’existence d’un intérêt local, qui ne se confond pas forcément avec des questions régionales ou relevant de services publics nationaux et des règles qui leur sont applicables (en l’occurrence, le seuil minimal d’accouchements pour le maintien d’une maternité publique).

7.3.

La participation au Tour de France cycliste en 2011

Le 6 juillet 2011, Carhaix-Plouguer a accueilli une étape du Tour de France cycliste. Interrogée sur le coût complet et détaillé de cet accueil, la commune a fourni un bilan exhaustif des dépenses (organisation sportive, sécurité, supports de communication, animation, signalétique, matériels, communication,…), laissant apparaître un total de 129 038,90 € de dépenses directes. En matière de personnel, il convient de noter qu’un agent a été recruté du 30 mai au 31 juillet 2011 pour assurer la préparation et le suivi de cet événement. Le coût de ce recrutement s’est élevé sur la période à 2 625,13 € (charges comprises). Par ailleurs, 14.5 heures supplémentaires ont été payées à des agents des services techniques pour un surcroît d’activité (sur les traitements d’août). L’organisation n’a pas donné lieu au versement de prime exceptionnelle. En contrepartie de ces dépenses, la commune a reçu 25 000 € de subventions. Interrogée sur l’évaluation de l’impact de cette participation au Tour de France, la commune a indiqué ne pas avoir commandé d’étude d’impact et ne pas disposer des moyens humains, en interne, pour réaliser une telle étude. Toutefois, un certain nombre de données permettent une première approche : « le Tour de France constitue le 3ème événement sportif après les Jeux Olympiques et la coupe du monde de football », en termes d’image, la Région Bretagne a transmis à la commune l’audience relevée de l’émission diffusée sur France 3, « Village départ », qui a enregistré une audience d’un million de téléspectateurs en moyenne et 7 % de part d’audience, en termes de fréquentation touristique, les chiffres de l’office de tourisme du Poher montrent une nette augmentation des demandes entre 2010 et 2011. En 2010, 16 553 demandes avaient été enregistrées par les agents d’accueil, contre 26 481 en 2011. Sur les mois de juillet et août 2011, l’office de tourisme a recensé 9 986 demandes, contre 7 668 demandes en juillet et août 2010. La chambre prend acte de l’effort d’exhaustivité de la commune dans le suivi des dépenses de la participation au Tour de France.

7.4.

Le marché de la maison des jeux d’adresse

La commune de Carhaix a engagé une consultation d’entreprises sous la forme d’une procédure adaptée en vue de la construction d’une maison des jeux d’adresse. Cette opération vise à regrouper sur un même site, à Kerampuilh, et dans un seul bâtiment, les différentes associations qui pratiquent des sports d’adresse traditionnels (boule bretonne, palet, pétanque,…). Le bâtiment comprend une aire de jeux et un « club house » comportant des sanitaires, un coin buvette, des vestiaires et des locaux techniques.
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Dix lots ont été définis : Lot 1 : Gros œuvre Lot 2 : Charpente - Lamellés collés - Bardage bois Lot 3 : Couverture zinc - Etanchéité - Zinguerie Lot 4 : Menuiseries extérieures Lot 5 : Menuiseries intérieures Lot 6 : Cloisons - Isolation Lot 7 : Carrelage - faïence Lot 8 : Plomberie - sanitaires - VMC Lot 9 : Electricité Lot 10 : Peinture A la suite de l’avis d’appel à la concurrence lancé le 27 janvier 2011, 23 plis ont été reçus dans le délai imparti, soit pour le 25 février 2011, 16h. 7.4.1. Passation La commune a eu recours à une procédure adaptée qui reprend la procédure formalisée de l’appel d’offres ouvert. La procédure et sa mise en œuvre ne présentent pas de problèmes particuliers, à l’exception des quelques points suivants. Le rapport de présentation du marché se contente de décrire sommairement le projet et le bâtiment, en une page et demie. Le document ne comprend pas les informations attendues dans un rapport de présentation. Les marchés passés selon une procédure adaptée sont dispensés de la production d’un rapport de présentation (article 79 du code des marchés publics). Il est néanmoins recommandé à l’acheteur public, de prendre toutes les mesures propres à assurer la sauvegarde des informations lui permettant de justifier de la régularité de la procédure (procédures de publicités éventuelles, retraits des dossiers, dépôt des candidatures et des offres,…). Les procès-verbaux de la commission d’appel d’offres (CAO) apparaissent assez succincts, se contentant de retenir le classement des offres proposées.
Lot Gros œuvre Charpente - bardage Couverture - étanchéité Menuiseries extérieures Menuiseries intérieures Cloisons - isolation Carrelage - faïence Plomberie - sanitaire - VMC Electricité Peinture Montant estimatif 125 000,00 190 000,00 140 000,00 61 000,00 19 000,00 20 000,00 10 000,00 28 000,00 65 000,00 7 000,00 665 000,00 Montant HT 90 365,00 119 927,16 92 192,86 39 753,73 9 082,01 13 545,83 5 509,30 11 019,38 32 983,10 4 683,72 419 062,09

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

Sources : rapport d’analyse des offres et avis d’attribution

Concernant les lots 2 et 3, des variantes ont été retenues (-416 € et -61 023,82 € respectivement). Concernant le lot 10, deux offres ont été examinées, la première pour un montant HT de 4 683,09 € sur laquelle est annoté « marché annulé, entreprise mise en liquidation judiciaire après attribution du marché », la seconde pour un montant de 8 613,20 € (devis du 7 novembre 2011). La collectivité a produit le courrier du 9 juin 2011 par lequel la société ayant produit la première offre informe la commune des
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jugements du tribunal de commerce de Brest décidant de l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire en date du 10 mai 2011 et de la mesure de liquidation judiciaire du 7 juin 2011. Il n’y a pas d’élément sur une nouvelle mise en concurrence et la CAO n’a pas rendu d’avis pour cette offre. Les offres sont globalement inférieures aux estimations. Le montant total des marchés (offres de base) est inférieur de 28 % aux estimations, de 37 % après prise en compte des variantes incluses dans les montants attribués. 7.4.2. Analyse des offres et attribution Le critère du prix est ainsi défini : « la note de 5 sera attribuée à l’offre économiquement la plus avantageuse. La notation des autres offres se fera selon la formule suivante : (offre la moins élevée) x 5 / offre de l’entreprise ». Le suivants : critère de la valeur technique est ainsi défini : « l’analyse est établie en fonction des éléments L’organisation générale appropriée aux chantiers Moyens humains et matériels prévus pour les chantiers Provenance et fabrication des fournitures à prévoir pour les chantiers Qualité environnementale des prestations ».

Si, sur le fond, ces sous-critères ne posent pas de difficultés, leur existence et leur pondération n’ont pas été précisés dans l’avis d’appel public à candidature, ni dans le règlement de consultation, ce qui n’assure pas d’une procédure totalement transparente et d’un respect de l’égalité entre les candidats. D’ailleurs, pour chaque offre, les sous-critères suivants ont concrètement été évalués, ce qui n’est pas en cohérence avec la ventilation initiale : - Moyens humains et matériels prévus sur les chantiers (/1,50) - Durée estimative des travaux (/1,00) - Hygiène et sécurité (/1,00) - Références (/0,50) - Provenance et fabrication des fournitures (/0,25) - Qualité environnementale des prestations (/0,75). Chaque évaluation par sous-critère fait l’objet, en général, d’une explication en une phrase. Mais les offres les plus détaillées sont aussi les mieux prises en compte. Pour la plupart des lots, le calcul des points est bien vérifié. De manière générale, c’est l’offre moins disante qui est aussi celle recueillant au total le plus de points (y compris pour le lot 6, après consultation directe de 3 entreprises à l’issue de l’infructuosité initiale). Pour le lot 5, ce n’est pas le cas ; la différence s’est toutefois faite sur des sous-critères techniques posés dès le départ. Les actes d’engagement sont signés par l’entreprise avant la date de remise des offres (25 février 2011) sauf pour les lots 3 (12 mai 2011) et 8 (8 avril 2011). Les actes d’engagement sont contresignés par le maire en date du 27 avril 2011, sauf pour le lot 3 contresigné le 16 mai. Le lot 3 (couverture) est le seul à plusieurs variantes, ce qui peut expliquer le retard, l’analyse des offres ayant été faite par rapport à l’offre de base. Finalement, la commune, après hésitation, a réduit l’offre de base (- 61 000 €) mais a fini par installer des panneaux photovoltaïques. C’est la délibération du conseil municipal du 4 avril 2011 qui approuve la passation des marchés et autorise le maire à signer les marchés de travaux.

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Hormis la signature des actes d’engagement, l’ensemble de la gestion de la procédure est satisfaisant. 7.4.3. Exécution Le tableau suivant retrace les différentes modifications apportées aux contrats :

Délibération Objet 21 novembre 2011 Marché complémentaire Avenant n° 1 3 octobre 2011 Avenant n° 1 Avenant n° 1 6 février 2012 Marché complémentaire Avenant n° 2 Avenant n° 2 Avenant n° 2 6 février 2012 Avenant n° 2 Avenant n° 2 Avenant n° 2 Avenant n° 3 19 mars 2012 Avenant n° 3

Lot concerné 2 1 2 3 2 1 3 4 5 6 9 3 9

Impact financier (HT) 20 448,64 € - 1 250,89 € 10 663,52 € 1 823,36 € 32 782,70 € 2 384,27 € 4 042,76 € 4 476,48 € - 603,91 € 1 085,60 € 862,82 € - 407,61 319,59

Par rapport au montant initial 17,0 % - 1,4 % 8,9 % 2,0 % 27,3 % 2,6 % 4,4 % 11,3 % - 6,6 % 8,0 % 2,6 % - 0,4 % 1,0 %

Après avis favorable de la CAO le 3 novembre, la délibération du 21 novembre 2011 justifie le marché complémentaire sur le lot 2 par des travaux supplémentaires nécessaires à l’installation d’un pare pluie avec ossature en bois et habillage avec des panneaux OSB côté intérieur. Ces travaux ne pouvaient être « séparés de l’exécution du marché initial sans inconvénient majeur pour l’ordonnateur » et sont « indispensables pour l’achèvement du marché initial ». Après avis favorable de la CAO le 26 janvier, la délibération du 6 février 2012 justifie le deuxième marché complémentaire sur le lot 2 par les mêmes travaux, élargis à un isolant et un bardage extérieur. Selon l’article 35 du code des marchés publics, « les pouvoirs adjudicateurs peuvent passer des marchés négociés dans les cas définis ci-dessous. I.-Peuvent être négociés après publicité préalable et mise en concurrence : (…) 5° Les marchés complémentaires de services ou de travaux qui consistent en des prestations qui ne figurent pas dans le marché initialement conclu mais qui sont devenues nécessaires, à la suite d’une circonstance imprévue, à l’exécution du service ou à la réalisation de l’ouvrage tel qu’il est décrit dans le marché initial, à condition que l’attribution soit faite à l’opérateur économique qui a exécuté ce service ou réalisé cet ouvrage : a) lorsque ces services ou travaux complémentaires ne peuvent être techniquement ou économiquement séparés du marché principal sans inconvénient majeur pour le pouvoir adjudicateur ; b) lorsque ces services ou travaux, quoiqu’ils soient séparables de l’exécution du marché initial, sont strictement nécessaires à son parfait achèvement. Le montant cumulé de ces marchés complémentaires ne doit pas dépasser 50 % du montant du marché principal ». Si le caractère non séparable des travaux complémentaires n’est pas contestable en l’occurrence, la circonstance imprévue est loin d’être évidente. Il s’agit bien davantage d’un problème de définition du marché initial.

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Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Bretagne Commune de Carhaix-Plouguer- Exercices 2008 et suivants

La délibération du 3 octobre 2011 autorise la signature d’avenants, notamment sur le lot 2 pour de « légères modifications sur la partie charpente ainsi que le futur auvent », pour un montant HT de 10 663,52 €. Quant à la délibération du 6 février 2012, elle autorise des avenants sur plusieurs lots, dont le lot 4 : la fabrication de 4 portes coulissantes doubles avec portes piétonnes intégrées est retirée au profit de 4 portes en zinc coulissantes et 4 portes doubles issues de secours. Si cet avenant comprend des travaux qui auraient peut-être pu être prescrits dès l’origine, leur justification par des motifs de sécurité, comme le montant absolu limité de l’avenant (4 476,48 €), amènent à ne pas considérer son montant relatif (11,3 % du montant initial), comme posant problème, même s’il convient d’être prudent à partir de 10 % au regard de la jurisprudence.

Les modifications financières sur la totalité des marchés sont les suivantes :

Lot 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Gros œuvre Charpente - bardage Couverture - étanchéité Menuiseries extérieures Menuiseries intérieures Cloisons - isolation Carrelage - faïence Plomberie - sanitaire - VMC Electricité Peinture

Montant initial 90 365,00 € 119 927,16 € 91 677,91 € 39 753,73 € 9 082,01 € 13 545,83 € 5 509,30 € 11 019,38 € 32 983,10 € 8 613,20 € 422 476,62 €

Montant final 91 498,38 € 183 822,02 € 97 136,42 € 44 230,21 € 8 478,10 € 14 631,43 € 5 509,30 € 11 019,38 € 34 165,51 € 8 613,20 € 499 103,95 €

Ecart 1,3 % 53,3 % 6,0 % 11,3 % - 6,6 % 8,0 % 0,0 % 0,0 % 3,6 % 0,0 % 18,1 %

Sources : actes d’engagement, délibérations

Si les deux marchés complémentaires relatifs au lot 2 ne dépassent pas 50 % du marché initial, l’inclusion de l’avenant, qui n’est que faiblement justifié, fait dépasser ce seuil. La chambre relève cette faiblesse dans un marché par ailleurs correctement passé et appelle la commune à la vigilance sur ce type de situation, pour l’avenir. Les décomptes généraux et définitifs (DGD) indiquent les montants finaux facturés par les entreprises à la collectivité. Ceux-ci correspondent au montant des marchés. Enfin, les décisions de réception des travaux sont datées du 21 février 2012 (avec des réserves pour les lots 1, 3, 4, 5, 8, 9 et 10).

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Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Bretagne Commune de Carhaix-Plouguer- Exercices 2008 et suivants Lot 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Gros œuvre Charpente - bardage Couverture - étanchéité Menuiseries extérieures Menuiseries intérieures Cloisons - isolation Carrelage - faïence Plomberie - sanitaire - VMC Electricité 21 février 2012 Date de réception des travaux Date DGD 29 février 2012 21 juin 2012 13 mars 2012 21 juin 2012 8 mars 2012 12 mars 2012 16 février 2012 29 février 2012 22 mars 2012 21 mars 2012 Observations sous réserve de l’exécution de travaux listés en annexe avant le 02/03/2012 sans réserve sous réserve de l’essai concluant de l’installation de désenfumage sous réserve de l’exécution de travaux listés en annexe sous réserve de l’exécution de travaux listés en annexe avant le 02/03/2012 sans réserve sans réserve sous réserve de l’exécution de travaux listés en annexe avant le 02/03/2012 sous réserve de l’exécution de travaux listés en annexe sous réserve de l’exécution de travaux listés en annexe avant le 02/03/2012

10 Peinture

Il est relevé que le décompte général définitif du lot 7 est antérieur à la réception des travaux intervenue le 21 février 2012.

Délibéré le 11 septembre 2013

Le président par intérim,

Jean-François FORESTIER

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