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Mon patrimoine professionnel sur le Web

Mario Asselin, ex-directeur d'école pendant vingt-deux ans, maintenant consultant en intégration des technologies aux apprentissages chez Opossum.

N’importe quel internaute sait en écrivant son nom dans un moteur de recherche, qu’il part à l’aventure. Raison de plus pour angoisser quand on voit ou entend ce terme, «Googliser»… «Miroir, miroir, qui est celui dont je cherche à connaître l’identité?» Sachant que les institutions et les entreprises recrutent beaucoup sur Internet et étant préoccupés par un certain contrôle de son identité virtuelle, plusieurs étudiants ou simples citoyens ont débuté la démarche qui consiste à ne pas laisser La Toile et son «chaordre»1 décider à sa place de ce qu’on veut mettre en valeur. Le portfolio numérique constitue une avancée intéressante dans ce contexte où il ne s’agit pas que de reproduire un curriculum vitae en ligne. La forme et le contenu varient énormément d’une expérience à l’autre et surtout, la pratique est jeune. De l’adolescent qui cumule quelque données sur lui dans son Skyblog (ou son MySpace) au chercheur qui a confectionné avec le temps un site Web personnel où tout son patrimoine professionnel est bien en vue, il y a autant de modèles que de tentatives d’exister sur Internet. Dans l’État du Minnesota aux U.S.A., l’initiative «eFolio Minnesota2» a débuté en mai 2003 et regroupe en date de l’automne 2006 plus de 50 000 personnes qui ont utilisé l’une des formules proposées. En Europe, EifEL propose depuis quelques années la vision du e-Portfolio en tant que «CV du futur»3. Même l’Éducation Nationale Française possède un dossier complet sur le sujet dans le contexte du déploiement du B2i et du C2i4. Force est d’admettre que le sujet est d’intérêt… Dans la réalité, il y a bien peu de portfolios numériques professionnels constitués par les internautes. La démarche qui voudrait permettre à un individu de regrouper à la fois le recensement de ses compétences professionnelles acquises et le processus par lequel celles-ci se sont construites demande une certaine modélisation qui tarde à venir. Les IUFM ont leurs façons de faire, les chambres de commerce ont aussi une vision des outils devant s’avérer utiles et plusieurs autres institutions ont ajouté leurs propositions, ce qui contribue à fournir une diversité étonnante d’avenues possibles et autant de «bruits» dans l’urgence de représenter formellement de quoi il s’agit.
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http://www.wikiberal.org/wiki/Ordre#Ordre_et_Chaos http://www.efoliominnesota.com http://emploi.france5.fr/emploi/trouver-emploi/cv/10040043-fr.php http://www.educnet.education.fr/dossier/portfolio/

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Pour qui voudrait faire le grand tour du propriétaire, le site de Robert Bibeau (un spécialiste Québécois de la question) s’impose5. Du portfolio centré sur l’évaluation à celui qui prend davantage le parti des apprentissages, il y a beaucoup de variances dans la direction que peut prendre ce formidable outil de réflexion et de partage de la connaissance. Personnellement, j’ai entrepris la démarche de construction de mon portfolio électronique par l’ouverture de mon blogue en octobre 20026. Je peux dire qu’aujourd’hui en janvier 2008, j’ai en ligne un site Web7 qui commence à bien remplir la fonction de portfolio rassemblant autant le patrimoine de mes apprentissages que nommant les défis professionnels qui se dressent sur mon parcours. Les deux sites sont en haut de page sur Google par la requête du nom de votre humble serviteur… De fait, l’exercice de construction d’un portfolio électronique pousse une personne à identifier certaines compétences qu’il estime avoir développées tout en l’obligeant à faire la démonstration du niveau de leurs maîtrises dans des contextes signifiants. Au fil du temps, les trouvailles et les réflexions du quotidien peuvent apparaître sur un blogue, un wiki ou un autre système de gestion de contenu pouvant devenir autant de conversations avec les internautes de passage qui enrichissent le sens et la portée des artéfacts. Mais il faut souvent aller plus loin en regroupant sur un site de type ePortfolio un classement propice à l’identification d’un jugement porté sur des éléments de sa vie professionnelle illustrant qui on est et où on s’en va. L’information utile concernant le parcours professionnel d’un individu a longtemps été stocké dans des contenants de type curriculum vitae en format papier. Quelques artistes ont été précurseurs et disposaient d’un portfolio qu’ils pouvaient présenter à partir de leur grand cartable. Rapidement, les bases de données des institutions concernant les individus se sont constituées sans vraiment remettre en question l’utilité des fameux CV. Avec l’arrivée du Web et surtout, l’apparition d’un réseau Internet de deuxième génération plus centré sur les usagers et facilitant la production de contenu par les utilisateurs, la donne est maintenant en train de changer. Les moteurs de recherche indexent mieux les sites dynamiques où les hyperliens et les tags abondent. L’internaute peut maintenant saisir l’opportunité de prendre sa place dans cet univers de pixels et surtout, se définir lui-même en ne laissant pas les autres décider à sa place de l’identité virtuelle à afficher auprès de ceux qui fréquentent la grande bibliothèque du monde… Mario Asselin, janvier 2008
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http://ntic.org/guider/textes/portfolio.html http://carnets.opossum.ca/mario/ http://www.marioasselin.com/

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