c Christophe Bertault - MPSI

Raisonner, rédiger
Ce chapitre d’ouverture a quatre objectifs :
– vous apprendre ou vous rappeler les règles de base de la « grammaire » mathématique,
– vous apprendre ou vous rappeler quelques rudiments de théorie des ensembles,
– vous apprendre ou vous rappeler les raisonnements de base utilisés en mathématiques,
– vous convaincre qu’il est essentiel de savoir rédiger : un peu pour « faire joli », mais surtout pour bien penser.

Connecteurs logiques

1

• Nous appellerons proposition toute phrase p au sujet de laquelle on peut poser la question : « p est-elle vraie ? » La
plupart des phrases grammaticalement correctes sont des propositions, mais par exemple, « Dis-le-moi ! », « Bonjour » ou
« Comment vas-tu ? » n’en sont pas : la question « Est-il vrai que bonjour ? » n’a aucun sens.
• La valeur de vérité d’une proposition est soit le vrai (V), soit le faux (F). Deux propositions qui ont la même valeur
de vérité sont dites équivalentes : elles sont soit toutes les deux vraies, soit toutes les deux fausses. Quand vous devez
démontrer une proposition p, vous n’êtes pas obligés de démontrer p elle-même : il suffit que vous démontriez n’importe
quelle proposition équivalente.
Exemple
« Socrate n’est pas immortel » et « Socrate est mortel » sont deux propositions équivalentes. Démontrer l’une,
c’est démontrer l’autre.
• A partir des propositions « J’ai faim » et « J’ai soif », on peut construire une nouvelle proposition « J’ai faim et (j’ai)
soif ». Plus généralement, nous appellerons connecteur logique tout procédé de construction d’une proposition à partir
d’une ou plusieurs autres propositions. Exemples courants : « et », « ou », « si, alors », « parce que ». . .
• Un connecteur logique est dit vérifonctionnel si la valeur de vérité d’une proposition construite à l’aide
de ce connecteur dépend seulement de la valeur de vérité des propositions utilisées dans la construction.
Pour savoir, par exemple, si la proposition « p et q » est vraie, on n’a pas besoin de savoir exactement ce
que cachent p et q, leur signification. Seules leurs valeurs de vérité respectives importent : si les deux sont
vraies, « p et q » est vraie ; si l’une est fausse, « p et q » est fausse.

V V

V

V F

F

En mathématiques, les connecteurs logiques sont tous vérifonctionnels. L’intérêt de tels connecteurs réside
dans la facilité avec laquelle on peut les définir : au moyen d’un simple tableau appelé table de vérité.

F V

F

F F

F

q p et q

p

• Pour votre culture, remarquez bien que certains connecteurs logiques ne sont pas vérifonctionnels. C’est le cas du connecteur
« parce que ». Imaginez un contexte dans lequel il est vrai que « Je me suis dépêché parce que j’étais en retard ». Les deux
propositions « Je suis en retard » et « Je me suis dépêché » sont vraies. Pourtant, si on remplace « J’étais en retard »
par « La glace est un solide » — proposition également vraie — la nouvelle proposition « Je me suis dépêché parce que
la glace est un solide » est fausse. Si « parce que » était vérifonctionnel, cette proposition serait aussi vraie que celle dont
nous sommes partis.

1.1

Négation non, conjonction et, disjonction ou

Définition

(Négation, conjonction, disjonction)

• La proposition « non p » est vraie si p est fausse, et fausse si p
est vraie.
• La proposition « p et q » est vraie si p et q sont vraies toutes les
deux, et fausse sinon.
• La proposition « p ou q » est vraie si l’une au moins des propositions p et q est vraie (éventuellement les deux, donc), et fausse dans
le seul cas où p et q sont fausses toutes les deux.

p

q p et q p ou q

p non p

V V

V

V

V

F

V F

F

V

F

V

F V

F

V

F F

F

F

Attention ! Dans le langage usuel, « ou » oppose parfois les termes qu’il connecte. Dans l’expression « fromage ou
dessert », « ou » est exclusif car il exclut la possibilité qu’on choisisse les deux (fromage et dessert). En mathématiques, « ou »
est toujours inclusif : « p ou q » est vraie même quand p et q sont vraies.

1

alors il est chef des armées ». Explication q p • La proposition « p =⇒ q ». équivalence) p ⇐⇒ q p =⇒ q V V V V V F F F F V V F F F • La proposition « p ⇐⇒ q ». Par exemple il est vrai que « Si 0 = 0. car après tout seules leurs valeurs de vérité comptent — vérifonctionnalité oblige. • Une implication « p =⇒ q » peut être vraie alors que p et q n’ont rien de commun. • L’implication « p =⇒ q » est toujours vraie quand p est fausse. Dans « p =⇒ q ». Il en résulte.2 « Dis-moi. mais en réalité Pinocchio n’est pas plus Président de la République qu’il n’est chef des armées. n’est-ce pas ? » « Ah non. au contraire de ce que vous croyez sans doute. • Les propositions « non (p ou q) » et « (non p) et (non q) » sont équivalentes. On appelle p son antécédent et q son conséquent. Avions-nous le choix en réalité ? Seules les deux dernières lignes « p est fausse » de la table de vérité de l’implication nous dérangent. Le tableau ci-dessous montre que tout autre choix pour ces lignes nous aurait ramené à un autre connecteur de sens différent. et fausse sinon. par exemple. forcément. La proposition « S’il y a de la fumée. et pourtant c’est le feu la cause et la fumée l’effet. et pourtant non.MPSI Théorème (Double négation. alors 0 = 0 ». obligatoirement. tu aimes la vanille ou le chocolat. p =⇒ q q V V V V V F F F F V V F F V p Explication Les exemples précédents peuvent donner l’impression légitime que l’implication a été mal définie ci-dessus. Par exemple il est vrai que « Si 0 = 0. • On dit que q est une condition nécessaire pour que p soit vraie si lorsque p est vraie. • On dit que q est une condition suffisante pour que p soit vraie s’il suffit que q soit vraie pour que p le soit aussi. négation d’une conjonction/disjonction) • Les propositions p et « non (non p) » sont équivalentes. Démonstration p p non p non (non p) q non p non q p et q non (p et q) (non p) ou (non q) p ou q non (p ou q) (non p) et (non q) V V F F V F F V F F V F V V F F V F V V V F F F V F F V V F F V V V F F F F V V F V V F V V Colonnes identiques Colonnes identiques Colonnes identiques 1. • Les propositions « non (p et q) » et « (non p) ou (non q) » sont équivalentes. ni que q est vraie. est fausse dans le seul cas où p est vraie et q fausse. alors les oiseaux ont des plumes ». alors q ». ni l’un ni l’autre. autrement dit si l’implication « p =⇒ q » est vraie.c Christophe Bertault . (non p) et (non q) Implication =⇒. équivalence ⇐⇒ Définition (Implication. Il est vrai que « Si Pinocchio est Président de la République. pas du tout. » Est-il vrai que p ou q ? Exemple Non. autrement dit si l’implication « q =⇒ p » est vraie — et non pas « p =⇒ q » ! Attention ! • Affirmer que « p =⇒ q » est vraie n’implique ni que p est vraie. qu’on lit « p si et seulement si q » ou « p et q sont équivalentes ». que l’implication n’a rien à voir avec la causalité du connecteur « parce que ». est vraie si p et q ont la même valeur de vérité. V V Un petit point de vocabulaire. 2 q p ⇐⇒ q p et q V V F F V F F F V F . q l’est aussi nécessairement. alors il y a du feu » est vraie. p n’est pas la cause de q. qu’on lit « p implique q » ou « si p.

alors il y a des nuages » et : « S’il n’y a pas de nuages. on dit souvent que q est une condition nécessaire et suffisante pour que p soit vraie. « être un oreiller » est un prédicat : si nous le notons O. réciproque) • On appelle réciproque de l’implication « p =⇒ q » la proposition « q =⇒ p ». Par simple négation. n’est qu’un résumé pour « ∀x. les propositions « non (p =⇒ q) » et « p et (non q) » sont aussi équivalentes. à des propositions de la forme « ∃ x ∈ E/ n’est qu’un résumé pour « ∃ x/ P(x) » où E est un ensemble. • L’équivalence est une double implication : les propositions « p ⇐⇒ q » et « (p =⇒ q) et (q =⇒ p) » sont équivalentes. Ceci illustre l’équivalence de « non (p =⇒ q) » et « p et (non q) ». au lieu de dire que p et q sont équivalentes. « être plus âgé que » est un prédicat à deux arguments : si nous le notons A. en fait. (Règles de calcul sur l’implication et l’équivalence) • Les propositions « p =⇒ q » et « (non p) ou q » sont équivalentes. Définition (Quantificateur universel ∀. en fait. alors il ne pleut pas ». On a plutôt affaire.MPSI Définition (Contraposée. et < sont des prédicats à deux arguments. De même. Une telle proposition x ∈ E =⇒ P(x) » et signifie donc que tout élément de E a la propriété P. à des propositions de la forme « ∀x ∈ E. la notation O(x) signifie que « x est un oreiller ».c Christophe Bertault . q est fausse • Il est équivalent de dire : « S’il pleut. P(x) » où E est un ensemble. • La proposition « ∃ x/ P(x) » est vraie si au moins un objet. Une telle proposition x ∈ E et P(x) » et signifie donc qu’au moins un élément de E a la propriété P. c’est-à-dire si aucun objet n’a la propriété P. et fausse sinon. Les symboles bien connus =. et fausse sinon. mais on permute aussi les deux propositions. car je peux très bien avoir 18 ans mais un casier judiciaire tel que le droit de vote m’a été supprimé. c’est-à-dire si au moins un objet n’a pas la propriété P. Attention ! Théorème Dans une contraposée. quantificateur existentiel ∃) • La proposition « ∀x. On a plutôt affaire. p =⇒ q 2 (non q) =⇒ (non p) Quantificateurs On appelle prédicat toute propriété portant sur un ou plusieurs objets donnés en arguments. 3 . la notation A(x. p q non p non q (non p) ou q p =⇒ q Démonstration (non q) =⇒ (non p) q =⇒ p (p =⇒ q) et (q =⇒ p) p ⇐⇒ q V V F F V V V V V V V F F V F F F V F F F V V F V V V F F F F F V V V V V V V V Colonnes identiques Colonnes identiques Exemple p =⇒ q p est vraie • Est-il vrai que si j’ai 18 ans. on ajoute certes des négations. alors j’ai le droit de vote ? En fait non. a la propriété P. y) pourra signifier « x est plus âgé que y » et nous aurons peut-être d’ailleurs intérêt à préférer la notation x A y. P(x) » est vraie si tout objet quel qu’il soit a la propriété P. • On appelle contraposée de l’implication « p =⇒ q » la proposition « (non q) =⇒ (non p) ». quel qu’il soit. Par exemple. Explication En vertu du dernier point. • Toute proposition est équivalente à sa contraposée : les propositions « p =⇒ q » et « (non q) =⇒ (non p) » sont équivalentes.

Définition (Pseudo-quantificateur ∃ !) exactement un élément de propriété P.c Christophe Bertault . On peut toujours permuter les quantificateurs universels ∀ entre eux. ∀x ∈ E. Conclusion : quand une proposition « ∀ ∃ » est vraie. (Négation des quantificateurs) • Les propositions « non ∀x ∈ E.MPSI Exemple ∀x ∈ R. • « Dans toute cerise il y a un noyau ». La permutation d’un ∀ et d’un ∃ n’est pas automatique en revanche. ∃ x ∈ R/ |x| < α et √ x x2 + 1 ε . Autre opération courante : la permutation des quantificateurs. Formellement : « ∃ s salle de classe/ ∀x MPSI. z 2 = −1 car en particulier i2 = −1. ∀x ∈ R+ . La proposition « ∃ n noyau/ ∀c cerise. |x| < α =⇒ √ x <ε x2 + 1 Négation est : ∃ ε > 0/ ∀α > 0. et 2) en niant le prédicat final. on réécrit cette phrase : 1) en remplaçant tous les ∀ par des ∃ et tous les ∃ par des ∀. mais elle a une signification plus faible que la proposition de départ car elle n’exclut pas que chaque MPSI ait tous ses cours de maths tout seul dans une salle bien à lui. non P(x) » sont équivalentes. ∃ s salle de classe/ x a tous ses cours de maths dans s » est vraie elle aussi : « Chaque MPSI a tous ses cours de maths dans une certaine salle de classe ». x y» « ∃ y ∈ R− / ∃ x ∈ R+ / x et sont équivalentes. Exemple non ∀x ∈ E. • Il est équivalent de dire : « Il est faux que certains hommes ont des cornes » et : « Tout homme est sans cornes ». bien sûr. ∀y ∈ R− . ∃ α > 0/ ∀x ∈ R. • Il est vrai que : • Il est vrai également que : Théorème x2 = −1 ∃ z ∈ C/ car le carré d’un réel est toujours positif. la proposition « ∀ ∃ » l’est aussi. ∃ n noyau/ n est dans c ». proposition vraie. Exemple Il est vrai que : ∃ ! n ∈ N/ 1 2 La proposition « ∃ ! x ∈ E/ n 3 2 P(x) » est vraie si l’ensemble E contient et l’entier n en question est tout simplement 1. la proposition « ∃ ∀ » correspondante peut être fausse. N’apprenez pas ce résultat par cœur : vous le retrouverez rapidement au feeling dans chaque cas particulier. x a tous ses cours de maths dans s ». non P(x) non ∃ x ∈ E/ P(x) En pratique Pour nier une phrase contenant un ou plusieurs quantificateurs. Formellement : « ∀c cerise. x y» « ∃ x ∈ R+ / ∃ y ∈ R− / x y» et « ∀y ∈ R− . • Les propositions « non ∃ x ∈ E/ P(x) » et « ∀x ∈ E. n est dans c » obtenue par permutation des quantificateurs est clairement fausse : « Il existe un noyau qui se trouve dans toutes les cerises ». Exemple • Les propositions • Les propositions Attention ! « ∀x ∈ R+ . y» sont équivalentes. P(x) ∃ x ∈ E/ non P(x) • Il est équivalent de dire : « Il est faux que tout homme a les yeux bleux » et « Certains hommes n’ont pas les yeux bleus ». P(x) » et « ∃ x ∈ E/ non P(x) » sont équivalentes. 4 . Mais la proposition permutée « ∀x MPSI. • La proposition « Il existe une salle de classe dans laquelle les MPSI ont tous leurs cours de maths » est vraie. Voyons cela sur deux exemples. Conclusion : quand une proposition « ∃ ∀ » est vraie. Exemple La négation de la proposition : ∀ε > 0. et les quantificateurs existentiels ∃ entre eux.

MPSI Rudiments de théorie des ensembles 3 3. On note x ∈ E sa négation « x n’appartient pas à E ». Si E est un ensemble.c Christophe Bertault . celui qui n’a pas d’élément. le même que 2. y avec x = y est appelé une paire. i. fini. Un même ensemble. est noté xi i∈I . si : ∀x.1 Appartenance et inclusion • Les notions intuitives d’ensemble et d’appartenance sont supposées connues : les ensembles sont des sacs de billes dont les éléments sont les billes. est noté ∅. n (Egalité et inclusion) Soient E et F deux ensembles. / • Un ensemble peut être défini de deux manières : soit en extension. 0 . Par exemple. i décrivant I. si I est un ensemble. . 2 = 0. . n décrivant N ». ou que E est une partie de F si tout élément de E est élément de F . • Les ensembles E et F sont égaux s’ils ont exactement les mêmes éléments. b = n ∈ Z/ E⊂F R ln 3 Nombres rationnels 7 25 Q Entiers relatifs Z −3 2 Entiers naturels 3 N . 0. – Définir un ensemble en extension. en résumé : ∀x ∈ E. c’est le définir par une propriété P que ses éléments vérifient et sont seuls à vérifier. 21 . ∃ n ∈ N/ x = 2n . 1 = n ∈ N/ Définition n2 = n = z ∈ C/ z2 = z = n ∈ Z/ 0 et n < 2 . On note cette relation E ⊂ F . On note x/ P(x) un tel ensemble : « l’ensemble des x pour lesquels P(x) est vraie ». • On dit que E est inclus dans F . 1. l’ensemble plutôt noté x ∈ E/ P(x) Un ensemble comme 2n est aussi noté x/ n∈N x ∈ E et P(x) x/ des x qui sont à la fois dans E et vérifient P est : « l’ensemble des x de E pour lesquels P(x) est vraie ». on note a. En résumé : Autre notation importante et utile : pour tous a. L’ensemble vide. • Clairement : E=F ⇐⇒ Exemple Rappelons quelques notations courantes sous la forme d’un dessin. et Nombres complexes √ i 2 2 π 1 2 2 3 −1 b . 2 est un ensemble. qui n’est autre que l’ensemble des entiers 20 . Que ce soit bien clair : il n’y a pas deux sortes d’ensembles en mathématiques. 0 0. l’ordre des éléments listés n’ayant aucune importance. 5 Nombres réels e − −2 1 C e 3 + 4i i √ N ⊂ Z ⊂ Q ⊂ R ⊂ C. 22 . – Définir un ensemble en compréhension. l’ensemble des objets xi . Plus généralement.e. la relation « x est un élément de E » ou « x appartient à E » est notée x ∈ E. ou encore. b ∈ R tels que a b. peut être présenté en extension ou en compréhension. x ∈ E ⇐⇒ x ∈ F . 2 .e. ou que F contient E. c’est donner la liste complète explicite de tous ses éléments. x ∈ F . si : ∀x. b l’ensemble des entiers compris entre a et b : Par exemple : a n F ⊂ E. . On note cette liste entre accolades. : « l’ensemble des 2n . incapables que nous sommes d’écrire une liste infinie de symboles. i. x ∈ E =⇒ x ∈ F . Un ensemble de la forme x est appelé un singleton tandis qu’un ensemble de la forme x. a. 1. 1. 23 . Il est bien évident qu’on ne peut définir en extension que des ensembles finis. Par exemple : 0. Pour tout ensemble E. soit en compréhension.

Ai est un ensemble. Faux. i. En revanche. i décrivant I. . 2 . 1. x ∈ Ai . donc vrai.c Christophe Bertault . notée Ai . x ∈ ∅ =⇒ x ∈ E ∀x. 0. Exemple P 0. i. 0. E ∈ F . 1] [0. 0 ⊂ 0 car cela 0. 2 1 élément . i. Attention ! Dire que A appartient à P(E) équivaut à dire que A est incluse dans E. a priori. l’ensemble des x tels que : i∈I ∃ i ∈ I/ x ∈ Ai . 2 2 éléments 3 éléments Opérations sur les ensembles Définition (Réunion. . notée Association d’idées A ∩/et/∀ i∈I un ensemble d’ensembles — cela veut dire que Ai . 1. car cela revient à dire que 0 ∈ . . et x ∈ B. R La figure ci-contre illustre dans un cas particulier cette dualité : ce qui dans R apparaît comme une partie apparaît dans P(R) comme un élément. 2 = ∅ . .2 0 . : ∀x ∈ E. 1] π Q P(R) π Pour tout ensemble E. Soit Ai I est un ensemble. L’ensemble des parties de E est noté P(E). • On appelle réunion de A et B. notée A ∩ B. 1 .e. / Plus subtil à présent. . • On appelle intersection des Ai . et que pour tout i ∈ I. 0. A∩B B Association d’idées ∪/ou/∃ ou B A Ces définitions se généralisent au cas de plus de deux ensembles. 0 Définition (Ensemble des parties) Soit E un ensemble. ∅ ⊂ E. . et que 0.e. 2 .e. intersection) Soient A et B deux ensembles. Sur la figure ci-contre. 0 revient à dire que 0 ∈ 0. 0 • Il est donc vrai que 0 ∈ 0. • On appelle réunion des Ai . l’ensemble des x tels que : A∪B x∈A x ∈ B. l’ensemble des x tels que : x∈A • On appelle intersection de A et B. L’ensemble x E est l’ensemble dont les éléments sont exactement 0 et 0 . i. il est vrai que x ∈ E. l’ensemble des x tels que : i∈I ∀i ∈ I. prenez soin de ne pas les confondre. . Exemple Q [0. . donc vrai. : Montrons maintenant que ∅ ∈ P(E). . Bien sûr c’est vrai ! Et voilà. que E ⊂ F et que x ∈ F . . notée A ∪ B. 0. i décrivant I.MPSI Attention ! Les notions d’appartenance et d’inclusion se ressemblent. 0 . 1 . 0 F et que 0 ∈ 0. E ∈ P(E) et ∅ ∈ P(E). 0 • Il est également vrai que 0 ⊂ 0. 0 élément 3. Il est ici particulièrement important de comprendre la différence entre appartenance et inclusion. 1. tels que x est dans tous les Ai . c’est montrer que E ⊂ E. En effet Montrer que E ∈ P(E). x ∈ E. 6 . .e.e. x E et x F . tels que x est dans l’un des Ai . . i. un « point ». Pour tout ensemble A : A ∈ P(E) ⇐⇒ A ⊂ E.

. E2 . .. mais (1. y) est le point de coordonnées (x. complémentaire) • Soient A et B deux ensembles. A A∩C A C B∩C C A (A ∩ C) ∪ (B ∩ C) C Définition (Produit cartésien) Soient E1 . On dit que E et F sont disjoints si E ∩ F = ∅. On peut le représenter graphiquement comme un plan muni d’un repère avec l’idée que (x. .. Ainsi 1. 1 . . × En .c Christophe Bertault . y ∈ E » est un simple résumé de « ∀x ∈ E. c c Ai Ac i = i∈I Explication ∪B = et Ai i∈I i∈I Ac . ce produit est plutôt noté E n . Dans le cas où E1 = E2 = .. .e. . . x2 . L’ensemble des familles (x1 . . . .. . xn . x2 . x2 ∈ E2 . ∩B = Ai i∈I • Soient E un ensemble et Ai i∈I i∈I Ai ∩ B et Ai i∈I Ai ∪ B i∈I un ensemble de parties de E. Attention ! Ne confondez pas la famille (x1 . . On appelle différence de B dans A. . . Explication Il revient au même de commencer une proposition par « ∀x ∈ E. / et • Soient E un ensemble et A une partie de E. de l’intersection et du passage au complémentaire) • Soient Ai i∈I un ensemble d’ensembles et B un ensemble. i. autrement dit si E et F n’ont aucun élément commun. 3. . En et noté E1 × E2 × .. . A noter également : « ∀x.. . 3. Il est noté Ac ou A quand il n’y a pas d’ambiguïté concernant l’ensemble E. Exemple L’ensemble R2 est l’ensemble des couples de réels. xn ) avec l’ensemble x1 . 3) = (2. 2. y) dans ce repère. i = i∈I Ces égalités gagnent à être comprises sur des dessins. . . xn ) dans lesquelles x1 ∈ E1 . . ∩ C A C A∪B B C (A ∪ B) ∩ C B A B . Définition (Différence. . En des ensembles non vides. . Dans un ensemble. E2 . 1). . L’ensemble E \ A est appelé le complémentaire de A dans E.MPSI Définition (Ensembles disjoints) Soient E et F deux ensembles. . . ∀y ∈ F » ou par « ∀(x. Par exemple : B B . y) ∈ E × F ». = En = E. 7 . . l’ensemble des x tels que : x∈A x ∈ B. . x2 . les éléments sont donnés sans ordre alors que dans une famille l’ordre compte. l’ensemble des (x. notée A \ B. 2. y) avec x et y réels. 3 = 2. ∀y ∈ E ». Ac = E \ A A\B A E B Théorème A (Propriétés de la réunion. ∪ . xn ∈ En est appelé le produit (cartésien) de E1 . .

En effet 4. avec un x parfaitement introduit : « Pour tout x ∈ . » . si vous dites : « Elle me les a donnés hier » sans avoir précisé auparavant qui sont « elle » et « les ». 8 . . Montrons que P(x).» n2 + 1 0 A droite. on écrit sans réfléchir : Introduction de la « Soit x ∈ E. 2 Soit x ∈ R. En français. donc x2 + 1 2x. Vérification que x satisfait la propriété P. la quantité à laquelle on donne un nom ne doit contenir que des objets déjà introduits. : 4. L’essentiel dans cet encadré et dans les suivants. on écrit : n2 + 1 0 en0 + 1 . Preuve de P(x). . Vérifions que P(x).c Christophe Bertault . Montrons que x x2 + 1 1 . ici n0 . c’est que tout objet dont on parle doit être introduit. » . Vous ne pourrez pas vous en sortir en maths tant que cela ne sera pas le cas. » Introduire une variable. Quand on veut montrer que : ∃ x ∈ E/ P(x). Exemple ∀x ∈ R. montrer une proposition universelle On introduit souvent des variables en mathématiques parce qu’on a souvent à prouver des propositions « ∀x ∈ E. 2 Donner un nom à un objet. . et enfin x x2 + 1 1 . Les modèles de rédaction proposés ici doivent devenir des réflexes. Cette rédaction du « Posons/notons » est employée souvent pour montrer une proposition existentielle. Au lieu d’écrire n2 + 1 0 Admettons qu’on soit amené dans une preuve à répéter de nombreuses fois une quantité un peu compliquée. Il est naturel alors de vouloir résumer cette expression par un petit nom plus simple. mais se présenter proprement ainsi.» n2 + 1 0 ou bien : A gauche.1 f ′ (x) = . et qu’on a déjà en tête un exemple d’objet x ∈ E qui a la propriété P. disons Pour donner le nom K à la quantité « Posons K = en0 + 1 . P(x) ». . ». le choix du nom K suppose que la lettre K n’est pas déjà le nom d’un autre objet.2 x x2 + 1 1 . n2 + 1 0 où n0 est un nombre parfaitement introduit. P(x). « Notons K le réel en0 + 1 . . c’est pareil : vous devez présenter tout ce dont vous parlez.. personne ne vous comprendra. . montrer l’existence d’un objet en0 + 1 . . c’est la distinction réfléchir/ne pas réfléchir. c’est plus court. on écrira simplement K. variable x. Quand on veut montrer que : ∀x ∈ E. . disons K.. en0 + 1 partout. .MPSI Raisonnement et rédaction 4 La fin de ce chapitre est en un sens le moment le plus important de l’année en mathématiques. . En maths. Or (x − 1)2 2 0. Quelles conséquences pratiques en termes de rédaction ? Un calcul de dérivée par exemple ne doit jamais ressembler à « f ′ (x) = . L’exemple qu’on a en tête. on écrit sans réfléchir : « Posons x = . La première règle de rédaction.

1.MPSI La difficulté. Comme voulu. 1 2 1 1 . En particulier. . Or x − x2 ∈ N par hypothèse. . Montrons que q est vraie. En effet Soit x ∈ R. on écrit sans réfléchir : « Supposons p vraie. En effet 4. y = x − x2 Exemple ∀x ∈ [0.e. 9 . donc Quand on veut montrer que « p =⇒ q » est vraie. mais à avoir l’idée d’un exemple de tel objet x. 1 . . les propositions « non ∀x ∈ E. dire que de deux propositions l’une est vraie. Preuve de p. Exemple ∀x. Montrons qu’alors x ∈ 0. 1.c Christophe Bertault . alors c’est l’autre qui est vraie. Soient x. posons z = x + y + 1. y ∈ R. ∀ ∃ Quand on veut montrer que « p =⇒ q » est fausse. 1 . comme voulu x = 0 ou x = 1. » . Il n’existe hélas pas de règle générale pour avoir des idées. A fortiori |x − 2| 1. 1]. ne consiste souvent pas à vérifier que x a la propriété P.3 ∃ z ∈ R/ z > x + y. Par hypothèse : −1 < x < 1. |x| 1 ou |x − 2| Preuve de q. z > x + y. On suppose que x − x ∈ N. 2 Soit x ∈ [0. Montrer une disjonction. P peut être vrai sans que Q le soit. » . . bien sûr. P(x) =⇒ Q(x) » et « ∃ x ∈ E/ P(x) et non Q(x) » sont équivalentes. donc forcément 2 x − x2 = 0. 1]. Dire que le prédicat P n’implique pas toujours le prédicat Q. Quand on veut montrer que « p ou q » est vraie. une implication ou une équivalence On rappelle que les propositions « p ou q » et « (non p) =⇒ q » sont équivalentes. Après un court moment de réflexion. . c’est dire que dans certains cas. Preuve que q est fausse. Preuve de q. En d’autres termes. on écrit sans réfléchir : « Montrons que p est vraie. clairement : 0 x − x2 4 4 1 la valeur du maximum atteint au milieu des racines 0 et 1 en . Exemple ∀x ∈ R. où est Nous connaissons bien les fonctions polynomiales du second degré. on procède souvent ainsi : « Supposons p fausse. . i. Montrons que q est fausse. . Montrons que q est vraie. y ∈ R. . Ici. » . Supposons |x| < 1 et montrons qu’alors |x − 2| 1 < 2 − x < 3. Nous y reviendrons tout de même un peu plus loin dans le paragraphe sur l’analyse-synthèse. En effet x − x2 ∈ N =⇒ x ∈ 0. c’est dire que si on suppose fausse l’une fixée des deux. On rappelle que les propositions « non (p =⇒ q) » et « p et (non q) » sont équivalentes. .

• Réciproquement.. Exemple ∃ ! x ∈ R+ / x2 = 1. Montrons que q est vraie. y ∈ R. Bref : x = x′ . x ∈ R+ et x2 = 1.. alors x2 = −y 2 . – soit on raisonne directement par équivalence en changeant peu à peu p en q : «p Exemple ∀x. 10 . . supposons q vraie. « Soient x. En effet x2 + y 2 = 0 ⇐⇒ ⇐⇒ ⇐⇒ . • Il n’est pas nécessaire ci-dessus de supposer x et x′ différents. • Unicité : Soient x. . car cette proposition n’affirme pas seulement l’unicité de x mais aussi son existence. Nous approcherons le problème d’une autre manière dans le paragrahe sur l’analyse-synthèse. la fonction sinus n’est pas croissante. Comme voulu. . Preuve que x = x′ . y ∈ R. » . on peut procéder ainsi : C’est cela l’unicité. Si on arrive à montrer qu’alors ils sont forcément égaux. En effet • Existence : Posons x = 1. Attention ! • Montrer l’unicité d’un objet dans un ensemble E vérifiant une propriété P. cela montre bien l’unicité souhaitée. . Réciproquement. Or comme x2 = x′2 .4 0 Montrer l’unicité d’un objet Le raisonnement suivant n’est pas le seul raisonnement possible pour montrer l’unicité d’un objet.MPSI Exemple Il est faux que : ∀x. Soient x. . Montrons que x = x′ . donc x2 = −y 2 = 0 et enfin x = y = 0. alors (x + x′ )(x − x′ ) = 0. Montrons que p est vraie. On prend deux objets x et x′ qui ont la même propriété. x′ ∈ R+ . il est bien évident que x2 + y 2 = 0. Quand on veut montrer qu’un ensemble E contient au plus un élément vérifiant une propriété P. » . Si x = y = 0. 0 4. ⇐⇒ q. . deux possibilités : – soit on raisonne par double implication : « • Supposons p vraie. y ∈ R. On suppose que x2 = x′2 = 1. π y et sin x > sin y. . « Au plus un » ne signifie pas « exactement un ».. .. x′ ∈ E. donc x = x′ ou x = −x′ . Posons x = et y = π. ce qui contredit le fait que x2 = x′2 = 1. sin x x Bref.c Christophe Bertault . Alors en 2 Quand on veut montrer que « p ⇐⇒ q » est vraie. Faisons l’hypothèse que P(x) et P(x′ ). Preuve de p. » x = y = 0. ∃ x. x y =⇒ sin y. si x2 + y 2 = 0. Montrons que x = x′ . y ∈ R/ En effet Nous devons montrer que : effet x y et sin x = 1 > 0 = sin y. Preuve de q. ce n’est pas montrer que : ∃ ! x ∈ E/ P(x). Peut-on avoir x = −x′ ? Dans ce cas x = x′ = 0 car x et x′ sont positifs. On ne peut donc pas avoir x = −x′ .

on écrit sans réfléchir : « Soit x ∈ E. Par produit.. 0 par E ⊂ 2N. . .5 Montrer une inclusion ou une égalité d’ensembles Quand on veut montrer une inclusion E ⊂ F . x ⇐⇒ ⇐⇒ . Montrons que x ∈ E. ⇐⇒ . Alors : En français. c Exemple Soient E un ensemble et Ai i∈I un ensemble de parties de E. . • Réciproquement. i = i∈I c En effet Pour tout x ∈ E : x∈ ⇐⇒ Ai i∈I ⇐⇒ ∀i ∈ I. Soit x ∈ R− . ⊂ R+ . disons n = k(k + 1) pour un certain k ∈ N.. – soit on raisonne directement par équivalence : « Pour tout x : Exemple R− = x ∈ R/ x∈E ∀y ∈ R+ . ∀y ∈ R+ . Montrons que x ∈ R+ . » . Montrons que x ∈ F . Nous devons montrer que : effet x y. Exemple y pour un certain y ∈ R+ . Alors x • Montrons que x ∈ R/ ∀y ∈ R+ . cela revient à dire que tout entier de la forme k(k + 1) avec k ∈ N est pair. x y . x ∈ R− .c Christophe Bertault . Exemple x ∈ R/ ∃ y ∈ R+ / x y Preuve que x ∈ F . donc en i. donc k ou k + 1 est pair. n ∈ 2N. . Quand on veut montrer une égalité d’ensembles E = F . donc en effet x 0. « Il existe. Montrons que n ∈ 2N. x ∈ F. x y. » . Montrons que x ∈ F . x y. 0 et y 0.e. .. On suppose que x hypothèse et x y. et si k est impair alors k + 1 est pair.MPSI 4. Soit x ∈ R tel que : ∀y ∈ R+ . Soit y ∈ R+ . En effet • Montrons que R− ⊂ x ∈ R/ ∀y ∈ R+ . » En effet Soit x ∈ R. 11 non x∈ non (x ∈ Ai ) Ai i∈I ⇐⇒ ⇐⇒ ∀i ∈ I. n = k(k + 1) l’est aussi. .e. Preuve que x ∈ E. i i∈I . Or k est pair ou impair. . Preuve que x ∈ F . Or y On note 2N l’ensemble des entiers naturels pairs et on pose E = k(k + 1) k∈N . Alors en particulier. i. deux possibilités : – soit on raisonne par double inclusion : « • Soit x ∈ E. non ∃ i ∈ I/ x ∈ Ac i ⇐⇒ x ∈ Ai x∈ Ac . Alors : Ai i∈I Ac . » y .. . En effet Soit n ∈ E. . pour y = 0 : x 0. x y ⊂ R− . soit x ∈ F .

. Quand on veut montrer par récurrence que : . alors : Pn . – si n est impair. Exemple Par définition. alors que l’hérédité repose sur le principe suivant : ∀n ∈ N. etc. Nous verrons plus loin comment le rendre exclusif. Alors −n est un entier naturel. Pourquoi une erreur ? Parce la proposition « Pn est vraie pour un certain n ∈ N » s’écrit formellement : ∃ n ∈ N/ Pn . (Pn et Pn+1 ) =⇒ Pn+2 . 12 on rédige ainsi : . n est pair ou impair. alors n + 1 = 2k + 1 donc n + 1 est impair . Hérédité : Soit n ∈ N. Pn =⇒ Pn+1 . Le principe du raisonnement par récurrence prend dans ce cas la forme suivante : si P0 et P1 sont vraies et si : ∀n ∈ N. • Hérédité : Soit n ∈ N. alors : Initialisation ∀n ∈ N. Qu’en est-il des entiers négatifs ? Soit n un tel entier. Il arrive parfois qu’on ne sache pas déduire Pn+1 de Pn pour tout n ∈ N. . n + 1 est pair ou impair.c Christophe Bertault . « • Initialisation : Pn .. Pn est vraie » est une erreur gravissime : si on suppose la propriété vraie à tous les rangs. Il s’agit de montrer que n + 1 est lui aussi pair ou impair. • Une autre erreur moins grave. . Pn =⇒ Pn+1 . disons n = 2k avec k ∈ Z. Hérédité Une telle récurrence est dite récurrence double. Pn .. mais seulement Pn+2 à partir de Pn et Pn+1 . le « ou » est ici inclusif. mais c’est une erreur quand même : « Supposons Pn vraie pour un certain n ∈ N ». Montrons que Pn+1 est vraie. A priori.MPSI 4. Deux cas se présentent : – si n est pair.. alors n = −2k − 1 = 2 (−k − 1) +1 est impair. disons −n = 2k avec k ∈ Z. Montrons que Pn+2 est vraie. C’est terminé. un entier n ∈ Z est pair s’il existe k ∈ Z tel que n = 2k et impair s’il existe k ∈ Z tel que n = 2k + 1. Comme tout le monde le sait intuitivement. • Initialisation : L’entier 0 = 2 × 0 est pair. alors n = 2 (−k) est pair . Faisons l’hypothèse que Pn et Pn+1 sont vraies. ∀n ∈ N. – si −n est impair. Faisons l’hypothèse que Pn est vraie. disons n = 2k + 1 avec k ∈ Z. ∈Z Dans les deux cas. donc −n est pair ou impair : ∈Z – si −n est pair. Vérification que P0 et P1 sont vraies. Hérédité ∀n ∈ N. • Commencer une hérédité par : « Supposons que pour tout n ∈ N. Initialisation ∀n ∈ N. Pn . • Hélas nous avons seulement montré que tout entier naturel est pair ou impair.6 Le raisonnement par récurrence Le raisonnement par récurrence repose sur le principe suivant : si P0 est vraie et si : ∀n ∈ N. ∈Z Dans les deux cas. » . que reste-t-il à prouver ? On ne peut jamais montrer ce qu’on prend pour hypothèse. Rien à voir. toute autre rédaction est exclue. » . disons −n = 2k + 1 avec k ∈ Z. alors n + 1 = 2 (k + 1) donc n + 1 est pair. Quand on veut montrer par récurrence double que : « • Initialisation : . Attention ! Preuve que Pn+1 est vraie. Fin de la récurrence. on rédige ainsi : Vérification que P0 est vraie. • Hérédité : Soit n ∈ N. tout entier est pair ou impair. Preuve que Pn+2 est vraie. On suppose n pair ou impair. . Les récurrences « traditionnelles » sont dites simples et il existe bien entendu des récurrences triples.. Encore faut-il le montrer ! En effet Naturellement.

et • Hérédité : Soit n ∈ N. disons n = 2k pour un certain k ∈ Z. disons n = 2k + 1 pour un certain k ∈ Z. » Exemple Tout entier est pair ou impair. on peut raisonner par l’absurde de la manière suivante : « Faisons l’hypothèse que p est fausse. En effet Soit n ∈ Z. l ∈ Z. En effet • D’abord un lemme : pour tout n ∈ Z. q ∈ N∗ . n est pair si et seulement si n2 est pair. √ Nous allons montrer ci-dessous que : 2 est irrationnel. un+2 = 3un+1 − 2un . – Du coup q 2 = 2 = 2p′2 . .e. mais pas les deux. Contradiction ! Par conséquent p est vraie. Ainsi p = 2p′ pour un certain p′ ∈ Z. Obtention d’une contradiction. n . . s’il n’est pas le quotient de deux entiers. alors n2 = (2k)2 = 2 × 2k2 donc n2 est pair. Aussitôt n2 = (2k + 1)2 = 2 (2k2 + 2k) +1 donc n2 est impair. une proposition de la forme « q et (non q) » — alors cette proposition de départ est fausse. Ceci montre que q 2 est pair et donc que q est p irréductible. • Initialisation : u0 = 4 = 20 + 3 u1 = 5 = 21 + 3. Bref : n est pair ou impair. Exemple Rappelons qu’un nombre est dit irrationnel s’il n’est pas rationnel. u1 = 5 et pour tout n ∈ N : Alors pour tout n ∈ N : un = 2n + 3. . Peut-il être les deux à la fois ? Pour montrer que non.7 Le raisonnement par l’absurde Raisonner par l’absurde. alors : ∀n ∈ N. Si donc n n’est pas pair. alors n est impair comme nous l’avons vu. disons 2 = pour certains p. supposons que oui par l’absurde. – Pour la réciproque. Soit n ∈ Z. Nous avons déjà vu que n est pair ou impair. disons q = 2q ′ pour un certain q ′ ∈ Z. . Hérédité Une telle récurrence est dite récurrence forte. Pn . . c’est un peu prêcher le faux pour savoir le vrai. Or nous savons par ailleurs que n’est pas un entier — contradiction ! L’hypothèse et du coup 2 2 selon laquelle n est à la fois pair et impair est donc fausse. Alors n s’écrit n = 2k = 2l + 1 pour certains k. ∀k ∈ 0. • A présent. En effet Intuitivement. montrons plutôt par contraposition que si n n’est pas pair.e. Le principe du raisonnement par récurrence prend dans ce cas la forme suivante : si P0 est vraie et si : ∀n ∈ N. Pn . 4. ′ q 2q q . ∈Z √ √ p 2 est rationnel.c Christophe Bertault . alors n2 n’est pas pair. P1 . i. le calcul d’un terme de cette suite requiert toujours la connaissance des deux précédents — d’où l’idée qu’une récurrence double est nécessaire. mais pas les deux. . Initialisation Pk =⇒ Pn+1 . Nous en verrons divers exemples en cours d’année. donc 2(k − l) = 1 1 1 est un entier. . Plus fort encore que la récurrence double ! Il arrive parfois qu’on ne sache déduire Pn+1 que de toutes les propositions antérieures P0 . On suppose que un = 2n +3 et que un+1 = 2n+1 +3. n2 n’est pas pair. 2 est irrationnel. de façon à ce qu’aucune simplification q ne soit plus possible entre le numérateur et le dénominateur. Le principe est simple : si d’une proposition on arrive à tirer une contradiction — i. ∈Z – Si n est pair. C’est facile : un+2 = 3un+1 − 2un = 3 2n+1 + 3 − 2 2n + 3 = (3 − 1)2n+1 + (9 − 6) = 2n+2 + 3. et donc que p est pair d’après le lemme. Quand on veut montrer qu’une proposition p est vraie. √ 2 – L’égalité p2 = q 2 = 2q 2 montre que p2 est pair. Nous pouq p vons choisir p et q de façon à ce que la fraction soit irréductible. mais finalement nous l’avons réduite : Nous avions supposé la fraction √ q Contradiction ! Comme voulu. Bref. 13 p 2p′ p′ = = ′. supposons par l’absurde que 2 2 √ 2p′ p √ = √ = p′ 2 2 2 pair. Montrons que un+2 = 2n+2 +3.MPSI Exemple On note (un )n∈N la suite réelle définie par u0 = 4.

1.8 Le raisonnement par analyse-synthèse Quand on veut déterminer l’ensemble des éléments d’un ensemble E qui satisfont une propriété P. – Dans l’analyse. • Synthèse : Soit λ ∈ R. x2 = 1 ou x2 = 3 (second degré. on restreint le champ des solutions possibles. • Une analyse-synthèse. on part d’un élément quelconque de E et on montre que s’il satisfait la propriété P. En résumé : dans l’analyse-synthèse. −1. En particulier. « • Analyse : Soit x ∈ E. −1. . pour tout x ∈ R : f (x) = f x + f (0) − f (0) = 2 − x + f (0) − 0 = 2 − f (0) − x. Vérification que x appartient à E et satisfait la propriété P. • Le raisonnement par analyse-synthèse est souvent employé pour montrer une proposition de la forme « ∃ ! x ∈ E/ P(x) ». • Synthèse : Posons x = . Faisons l’hypothèse que P(x). ) √ √ − 3. on peut bien dire qu’on a déterminé tous les éléments de E qui satisfont la propriété P. . Vérifions que x ∈ E et que P(x). prouver l’unicité c’est déjà aborder l’existence. En résumé : dans l’analyse. . Bref : on cherche les têtes possibles de x. Il faut alors bien comprendre ceci : Analyse Synthèse Exemple Unicité Existence Il faut bien comprendre aussi que lorsqu’on prouve une existence-unicité par analyse-synthèse. » . . » . 14 . qu’elles sont bel et bien des solutions. On suppose que pour tous x. y ∈ R : f x − f (y) = 2 − x − y. y ∈ R : f x − f (y) = 2 − x − y. on raisonne souvent par analyse-synthèse de la manière suivante. alors il a forcément telle ou telle tête et non telle autre. . l’analyse est une amorce de la synthèse au sens où la synthèse ne fait que vérifier que les objets trouvés dans l’analyse existent bien. On vous l’a dit et répété : la résolution d’une équation est toujours un double mouvement — « N’oubliez pas la réciproque ! » Tâchons de nous en convaincre sur un exemple de résolution par équivalence. pour tous x. . comme voulu. Ce calcul prouve que la seule valeur de λ pour laquelle f satisfait le problème étudié est λ = 1. c’est au fond ce que vous faites chaque fois que vous résolvez une équation. Ici.. Alors pour tous x. vous utilisez depuis toujours sans le savoir le raisonnement par analyse-synthèse. Notons f la fonction x −→ λ − x. −1. vous aurez besoin de comprendre. – Dans la synthèse.MPSI 4. f est de la forme x −→ λ − x pour un certain λ ∈ R.c Christophe Bertault . on vérifie que les possibilités obtenues dans l’analyse sont plus que des possibilités.. x4 − 4x2 + 3 = 0 ⇐⇒ x2 2 − 4 x2 + 3 = 0 ⇐⇒ ⇐⇒ x∈ Synthèse : √ √ − 3. Montrer une telle proposition. Explication • En réalité. En effet • Analyse : Soit f : R −→ R une fonction. c’est en effet chercher l’ensemble des éléments de E qui satisfont la propriété P et obtenir finalement qu’il en existe un et un seul. Bref. Simplement désormais. On part naïvement d’un élément x de propriété P et on essaie de lui faire nous dire qui il est. 1 et 3. 3 . A l’issue de ce double mouvement. La fonction x −→ 1 − x est la seule fonction pour laquelle. y ∈ R : f x − f (y) = f x − (λ − y) = f (x + y − λ) = λ − (x + y − λ) = 2λ − x − y. au moment où vous en faites une. 1 et 3 sont bel et bien solutions. Pour tout x ∈ R : Analyse : Les seules solutions possibles √ √ sont − 3. les têtes possibles de x trouvées dans l’analyse. pour progresser. que vous êtes en train d’effectuer une analyse-synthèse.