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Mars 2014

Transports

Le design en mouvement

Sébastien Mabille 01 47 53 28 42 Guillaume Autier 01 82 53 81 05

Contacts Presse

| Une rame de métro MF 2000 en construction, mise en service sur la ligne 9 en 2013.

AVANT-PROPOS

Design et transports. Deux univers qui pourraient à première vue sembler éloignés l’un de l’autre et des préoccupations premières des voyageurs, telles que la régularité et la qualité de service pour n’en citer que deux. Pourtant le design dans le monde des transports va audelà des questions esthétiques et contribue avant tout à concevoir et créer des moyens et services de transports à la fois plus performants et plus confortables, qui répondent à l’évolution des besoins des voyageurs. Le design, c’est avant tout la conception intégrée des transports en commun, englobant à la fois les aspects techniques, pratiques et qualitatifs de chaque projet. En tant qu’Autorité organisatrice des transports en Île-de-France, le STIF se situe au carrefour de tous les réseaux de transports en commun et de tous les points de vue (voyageurs, décideurs politiques, transporteurs…) avec une mission claire : organiser un service de qualité pour les Franciliens. À travers une démarche de design, le STIF souhaite apporter aux projets qu’il pilote une véritable cohérence à l’échelle régionale, répondant aux besoins des voyageurs franciliens. Ce document est une invitation à la rencontre de deux univers en constante correspondance, celui du transport public et celui du design. Y sont présentées les actions du STIF en matière de design, qu’il s’agisse d’imaginer de nouvelles façons de voyager (T Zen), d’améliorer le quotidien (nouvelles rames sur la ligne 9, rénovation de Châtelet – Les Halles) ou d’harmoniser les transports en commun à l’échelle régionale.

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SOMMAIRE

PARTIE 1 ..................................................................... 6 LE DESIGN AU SERVICE D’UNE CONCEPTION INTÉGRÉE DES TRANSPORTS EN COMMUN
8 10 14 Le design au cœur de la conception de projets La démarche du STIF autour du design et de la conception Replacer le voyageur au cœur du service de transport

PARTIE 2 ................................................................... 18 LE VOYAGEUR AU CŒUR D’UN NOUVEL UNIVERS DE SERVICES
20 22 26 30 L’univers Navigo : tous les services de transports franciliens dans une carte Le design de service : intégrer les services sur l’ensemble du parcours du voyageur Le design appliqué aux services des voyageurs : création d’une nouvelle cartographie Les gares et stations au cœur des transports

PARTIE 3 ................................................................... 34 QUAND LES TRANSPORTS REDESSINENT LA VILLE
36 40 Les transports comme vecteur de cohérence régionale Le Nouveau Grand Paris : la Région de demain

RESSOURCES, RÉFÉRENCES, CONTACTS PRESSE ET INTERVENANTS ....................... 42

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PARTIE 1

LE DESIGN AU SERVICE D’UNE CONCEPTION INTÉGRÉE DES TRANSPORTS EN COMMUN

Services du quotidien par excellence, les moyens de transports, de par leur conception, sont étroitement liés à la notion de design, rencontre entre la fonctionnalité et l’esthétique. Le concept de design s’est développé à la fin du XIXe siècle à travers la naissance d’une esthétique industrielle appliquée aussi bien aux objets usuels qu’aux territoires. Dans la mesure où ils s’inscrivent dans l’environnement quotidien, les transports façonnent à la fois les usages personnels et le paysage urbain, et trouvent leur place au cœur de la démarche de design.

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Futur viaduc du prolongement de la ligne 11 du métro. |

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PARTIE 1

LE DESIGN AU SERVICE D’UNE CONCEPTION INTÉGRÉE DES TRANSPORTS EN COMMUN

LE REGARD DE JEAN LATERRASSE
Jean Laterrasse, directeur du laboratoire Ville Mobilité Transport à l’Université de Marne-la-Vallée, donne sa vision du design appliqué aux transports en commun. Le design, c’est la rencontre de l’art et des sciences. C’est une dimension tout à fait essentielle qui permet d’appréhender un objet de manière globale, du point de vue de sa fonction, de sa finalité et aussi de l’ensemble des usages. La dimension esthétique est évidemment une dimension importante, mais le design ne se réduit pas à cette seule dimension. Il intègre l’ensemble des éléments fonctionnels, des pratiques des voyageurs. Il ne s’agit pas seulement du design du matériel, du système de transport, mais de l’ensemble des équipements, y compris ceux qui permettent d’aller du domicile, ou du lieu d’activité, jusqu’à la station et qui vont rendre possible, facile et agréable l’utilisation de ce système de transport. Tout cela doit même conduire à une approche plus large qui permet de resituer les transports dans une vision reliant le présent et le devenir d’un territoire et de ses habitants. Du point de vue des usagers, le design permet de créer une harmonie entre d’une part le côté fonctionnel, le confort et la sécurité des transports qui sont au cœur des besoins des voyageurs, et d’autre part le côté esthétique, avec une bonne intégration dans l’espace urbain.

LE DESIGN

AU CŒUR DE LA CONCEPTION DE PROJETS

La signification du mot design n’est pas uniforme et ces interprétations de sens peuvent générer une certaine confusion. Étymologiquement, le terme design tire ses origines du latin designare qui avait également formé le verbe français desseigner, à l’origine de désigner et dessiner, dans le sens être dans le signe, faire reconnaître. Le terme design signifie ainsi à la fois « dessein » et « dessin », fonction et esthétique, ce qui prend tout son sens dans la conception de projets. Mais la langue anglaise le traduit plus fidèlement : l’action de concevoir et réaliser le plan ou le dessin d’un objet au sens large, avant sa production. Il est tout simplement synonyme de conception. Pour l’industrie, a fortiori quand cela concerne la conception d’un service public, le design devient ainsi le 8

noyau autour duquel les solutions techniques et financières doivent être trouvées. Derrière le mot design viennent s’agréger des angles techniques, politiques, financiers, administratifs, mais également des angles plus symboliques, émotionnels, qui ont trait à la perception par les citoyens. La démarche de design des transports en commun vise avant tout à créer un service public qui intègre et concilie, dès la conception, la question des besoins et perceptions des voyageurs, la question de l’optimisation technique et de la pérennité et la question des enjeux politiques et financiers. Pour le STIF et ses partenaires, la démarche de design peut ainsi se définir comme la conception intégrée du service public des transports en commun.

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PARTIE 1

LE DESIGN AU SERVICE D’UNE CONCEPTION INTÉGRÉE DES TRANSPORTS EN COMMUN

LA DÉMARCHE DU STIF

AUTOUR DU DESIGN ET DE LA CONCEPTION

Christophe Menant, Directeur de la Communication du STIF, nous explique la démarche du STIF autour du design et de la conception. L’intégration d’une démarche de design au sein des projets du STIF est, reconnaissons-le, assez récente, puisqu’on peut la faire remonter au moment de la décentralisation. Moment où le STIF s’est vu conforté dans son rôle de véritable Autorité Organisatrice, indépendante des principaux opérateurs et en situation de forte responsabilité vis-à-vis des Franciliens, via les élus membres de son Conseil. Depuis, cette démarche volontairement empreinte de beaucoup de réalisme se concentre sur les aspects les plus essentiels pour le voyageur. Trois positionnements clés a minima permettent d’éclairer cette approche.

Cohérence Les transports en Île-de-France se sont construits avec une multiplicité d’acteurs qui ont chacun juxtaposé leurs marques, leurs codes visuels, leurs signes, compliquant ainsi inutilement les déplacements en transports en commun. Ce travail de mise en cohérence et de simplification a été lancé sur plusieurs axes en simultané. L’habillage de tous les véhicules qui composent ce gigantesque réseau était un de ces chantiers majeurs pour renseigner ou conforter le voyageur sur l’unicité de ce réseau composé de trains, RER, métros, tramways et bus exploités par une multiplicité d’acteurs. La cartographie, en développant un système de représentation homogène des cartes et des «  légendes  », est également l’un de ces chantiers destinés à faciliter les déplacements des voyageurs. Pérennité Parce que les projets et services de transports sont à la fois progressifs

et évolutifs et étudiés pour durer plusieurs décennies, leur conception originelle doit prendre en compte cette temporalité. Ainsi, les choix en matière de perception visuelle sont conçus pour ne pas lasser le voyageur et aussi ne pas faire vieillir prématurément un service ou un matériel par une réalisation visuelle trop vite obsolète. Alors les orientations, comme celle de la nouvelle carte Navigo, se portent vers des codes graphiques sobres et élégants qui échappent aux modes, des codes faits pour durer, valoriser et s’installer progressivement mais durablement dans l’imagier de notre région. Marque d’attention Derrière chaque projet, que ce soit en matière de construction de voies, de matériels, de systèmes d’information pour les voyageurs… se cachent des heures de recherche, ainsi que des avancées technologiques et des solutions innovantes pour améliorer le quotidien des Franciliens.

LE REGARD DE CHRISTOPHE MENANT
Par défaut, ces innovations peuvent échapper aux voyageurs qui peuvent ne voir dans le déplacement qu’une simple transition sans âme d’un point A à un point B. A contrario, on peut les rendre compréhensibles et les partager avec les voyageurs. Dans ce cas, le design, en servant de décodeur accessible par tous, va venir en souligner les aspects les plus remarquables. Le T  Zen, en concentrant le meilleur de ce qu’il était raisonnable de faire, a été conçu avec cette approche. Du choix du véhicule et de ses équipements, de son aspect extérieur, de l’environnement dans lequel il évolue, du mobilier associé jusqu’à bien sûr la haute qualité de service qui le caractérise, ce sont tous ces éléments de design qui témoignent de l’attention portée par le STIF au voyageur, celui en mouvement, à l’origine du logo du STIF.

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Projet pour les futurs valideurs. |

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| Prototype d’interieur pour T Zen.

Afin de répondre à l’évolution des modes de vie des voyageurs et des territoires en Île-de-France, le STIF a imaginé en 2010 un nouveau concept de transport. Intégrant le meilleur de l’innovation, le T Zen allie la fiabilité du tramway aux avantages des bus à haut niveau de service. Entièrement mis au point à partir d’un cahier des charges qualitatif et précis, le T Zen repose sur l’optimisation de tous les éléments qui composent le déplacement : véhicules spacieux et accessibles, voies dédiées, fréquence et régularité optimisées, insertion urbaine des stations, information voyageurs complète et présence d’écrans à bords des véhicules et en stations. L’extérieur du véhicule bénéficie d’une face avant arrondie et d’un habillage aux couleurs du STIF, la livrée vif argent,

pour une insertion urbaine optimisée. L’intérieur des véhicules est spacieux et lumineux : larges portes coulissantes et entrée de plain-pied, larges baies vitrées, éclairage harmonieux, sièges confortables, ventilation réfrigérée, équipement de vidéosurveillance et écrans plats pour une information en temps réel. Son aspect qualitatif qui s’inspire directement des codes et des lignes du tramway permet de renseigner le voyageur dès le premier contact et sur une simple observation du véhicule et de la station, sur la qualité de service que ce mode de transport lui assure : régularité des passages, temps de parcours assuré, etc. Le design appliqué aux transports en commun trouve ici tout son sens et devient un outil efficace de valorisation du service proposé aux voyageurs.

| Le T Zen 1 entre Corbeil-Essonnes et Lieusaint-Moissy.

T ZEN

UN NOUVEAU MODE DE TRANSPORT EN ÎLE-DE-FRANCE IMAGINÉ PAR LE STIF

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PARTIE 1

LE DESIGN AU SERVICE D’UNE CONCEPTION INTÉGRÉE DES TRANSPORTS EN COMMUN

LE NOUVEAU RER C

LES FRANCILIENS DONNENT LA TOUCHE FINALE AU PROJET ET S’APPROPRIENT L’OBJET

REPLACER LE VOYAGEUR AU CŒUR DU SERVICE DE TRANSPORT
| Habillage des cloisons et des murs rappelant les lieux traversés par le RER C.

Pour le STIF, en matière de design et de conception de projet, il s’agit d’être présent le plus tôt possible dans la chaîne de création et de décision. Le design se définit ainsi comme la conception fonctionnelle et intégrée des moyens de transports en commun mais également des services associés. Pour le STIF et ses partenaires, toute démarche de design se base sur l’expérience et le vécu des voyageurs avec pour objectif de les améliorer et les valoriser.

Le STIF exerce ainsi un vrai rôle dans le choix du design des projets et du matériel roulant à travers un rôle de « direction artistique » en collaboration avec les constructeurs, designers ou architectes, tout en restant garant d’une cohérence à l’échelle régionale.

Fin 2012, le STIF et la SNCF ont dévoilé les nouvelles rames mises en service sur le RER C, avec sa nouvelle livrée extérieure aux couleurs du STIF (vif argent) et de la SNCF (rouge carmillon). L’habillage intérieur a été choisi par les Franciliens parmi trois propositions. Plus de 25 000 Franciliens avaient donné leur avis. Ce design intérieur associant des sièges aux couleurs élégantes et colorées avec l’apposition sur les murs de représentations discrètes des monuments qui

jalonnent la ligne, habille désormais les rames de la ligne qui sont intégralement rénovées. En associant les utilisateurs du RER  C et plus largement l’ensemble des Franciliens au choix du design intérieur, le STIF et la SNCF ont souhaité associer les voyageurs à la démarche de conception et de rénovation, une manière de les sensibiliser également au bien commun que représente ce train dans leur quotidien.

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PARTIE 1

LE DESIGN AU SERVICE D’UNE CONCEPTION INTÉGRÉE DES TRANSPORTS EN COMMUN

L’artiste plasticien Yann Kersalé est intervenu sur la scénographie lumineuse du Francilien, créant une ambiance et une expérience inédite pour les voyageurs : Mon travail sur le Francilien relève à la fois d’un signal géo-poétique représentant les déplacements et d’une signalétique d’un phénomène normal  : ouvrir les portes pour faire entrer les voyageurs. Ainsi, lorsque les voyageurs entrent dans le train, l’éclairage est blanc et clair. À la fermeture des portes et au démarrage du train, le bleu apporte une respiration. Lorsque le train approche de la gare, le bleu passe à l’orangé d’un ciel couchant puis au rouge jusqu’au moment où le train est vraiment arrêté. Les portes s’ouvrent à nouveau et on repasse au blanc, et ainsi de suite. J’ai souhaité créer une sorte d’interactivité entre le voyageur et l’ambiance lumineuse qui génère un climat particulier avec un côté ludique. Mon travail a également porté sur quelques accompagnements de lumière qui se substituent aux fluorescents habituels en les remplaçant par des LEDs, avec

LE REGARD DE YANN KERSALÉ
un principe d’aléatoire, toujours en vue de créer une ambiance, un climat agréable. De même, j’ai imaginé un tapis de lumière bleue sous les sièges conçu de façon à ce qu’il s’accorde avec la livrée, le choix des tissus, etc. Mon travail se situe à la frontière d’un monde qui est celui du normatif et d’une certaine poésie que je développe autour des fonctionnalités des sources lumineuses. Le parcours géo-poétique se développe avec le paysage, avec la lumière bien entendu, et tout ce qui constitue l’environnement : les abris, les stations, etc. Tout cela doit avoir une forme cohérente, qui crée une identité, pour que le transport francilien soit reconnaissable parmi tous les autres transports du monde.

Coloré, lumineux, sans séparation entre les voitures, le Francilien ne passe pas inaperçu sur le réseau. 90  rames de ce train construit par Bombardier à Crespin dans le Nord sont déjà en circulation (janvier 2014). Destiné à être déployé sur de nombreuses lignes de la région, le Francilien offre des performances techniques élevées qui permettent d’améliorer la ponctualité des trains sur les lignes sur lesquelles il circule. Il offre davantage d’espace et de luminosité à bord, notamment grâce à ses rames « boa ». Il est plus confortable, plus silencieux, plus économe en énergie et plus accessible.

LE FRANCILIEN

L’INNOVATION ET LA CRÉATIVITÉ AU SERVICE DE LA PERFORMANCE

Le Francilien en gare. |

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| L’intérieur du Francilien et la scénographie lumineuse conçue par Yann Kersalé.

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PARTIE 2

LE VOYAGEUR AU CŒUR D’UN NOUVEL UNIVERS DE SERVICES

Le but de la démarche de design intégré permet d’allier praticité, confort et esthétique afin d’offrir une expérience positive aux voyageurs. Si le matériel roulant constitue le premier terrain visible des améliorations que le design peut apporter aux voyageurs, il est loin de se limiter à ces seuls aspects. Le design s’est étendu à l’univers des services et se recentre sur le voyageur, son expérience, son vécu.

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Parc Relais, Gare de Massy-Palaiseau. |

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PARTIE 2

LE VOYAGEUR AU CŒUR D’UN NOUVEL UNIVERS DE SERVICES

LA CARTE NAVIGO AUJOURD’HUI
UN DESIGN ÉVOLUTIF
À partir de 2014, la technologie de la carte Navigo évolue. Navigo prépare les évolutions technologiques grâce à sa nouvelle génération de puce. Pour distinguer et mettre en valeur cette évolution, le STIF a souhaité un design différent de la carte Navigo. Designée gracieusement par Philippe Starck, la nouvelle carte met à l’honneur le voyageur avec sa silhouette placée au centre de la carte. Elle reprend naturellement les couleurs du STIF et de la carte Navigo : vif-argent et parme. Le parme s’inscrit dans la continuité de l’univers Navigo existant (valideurs et cartes) tandis que le vif-argent fait référence à l’habillage régional des transports en commun progressivement mis en place sur tous les véhicules (trains, RER, bus, tramways, métros et T Zen). Le design de cette nouvelle carte est conçu pour s’inscrire durablement dans le quotidien et l’univers visuel des Franciliens avec une composition épurée, simple et élégante.

| Lenouveau design de la carte Navigo.

L’UNIVERS NAVIGO

TOUS LES SERVICES DE TRANSPORTS FRANCILIENS DANS UNE SEULE CARTE

La sobriété de la carte est renforcée par l’utilisation de la transparence et l’apposition de deux blocs de couleurs, signant un visuel moderne et intemporel. La nouvelle présentation verticale apporte du dynamisme à la carte et fait écho au geste de validation du forfait par les voyageurs. Ce design, en s’inspirant des gestes du quotidien des voyageurs et en jouant sur les codes visuels des transports franciliens, permet une compréhension et une appropriation rapide de l’objet par les millions de voyageurs qui l’utiliseront dans les prochaines années.

Utilisée quotidiennement par des millions de voyageurs depuis 2001, la carte Navigo s’est imposée comme la solution mobilité des voyageurs en Île-de-France. Avec 8,3 millions de déplacements effectués chaque jour en transports en commun en Îlede-France, la carte Navigo permet à chacun de se déplacer à son rythme et selon ses besoins. Objet du quotidien pour 4 millions de Franciliens, la carte Navigo donne aujourd’hui accès à 14 lignes de métro sur plus de 200 km, près de 1 500 lignes

de bus sur 25 000 km, 13  lignes de train et RER sur 1 520 km, 6 lignes de tramway et 1 ligne de T Zen. Navigo, c’est également la carte qui favorise l’intermodalité. En plus des différents modes de transports en commun, elle permet de passer du vélo au métro ou au RER, de la voiture au train… Un univers de services lié aux déplacements est accessible grâce à cette carte  : abonnements vélos en libre-service (Vélib’, Cristolib à Créteil), Parcs Relais et consignes à vélos Véligo.

LE REGARD DE PHILIPPE STARCK
Lorsque le STIF m’a sollicité pour travailler sur le design de cette carte, je n’ai pas hésité. Pour moi, la citoyenneté c’est aussi ça, que les talents individuels puissent à un moment être mobilisés pour faire œuvre d’utilité à la collectivité. J’ai voulu une carte fonctionnelle et élégante qui puisse s’inscrire dans la durée. Mon travail a d’abord porté sur une recherche du minimum et de la sobriété des signes. Puis un choix de couleurs repères fortes, un geste nouveau avec la verticalité, un travail plus en finesse sur le rendu de la matière et la transparence. J’ai voulu anoblir cet objet si quotidien mais pas si banal, pour que les Franciliens soient fiers de leur carte et fiers de la valeur de bien commun porté par les transports.

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PARTIE 2

LE VOYAGEUR AU CŒUR D’UN NOUVEL UNIVERS DE SERVICES

INTÉGRER LES SERVICES SUR L’ENSEMBLE DU PARCOURS DU VOYAGEUR

LE DESIGN DE SERVICE

| Espace Véligo Pont de Bezons.

FAVORISER ET S’ADAPTER AUX NOUVEAUX USAGES DES VOYAGEURS

VÉLIGO :

La politique de service développée par le STIF et mise en œuvre par les opérateurs prend en compte les multiples dimensions du service aux voyageurs  : l’accessibilité des réseaux de transports et des gares pour tous, la création de services dédiés (transports de substitution, assistance aux personnes à mobilité réduite, centrale de mobilité…), l’aménagement des espaces publics, des stations et des gares, la sécurité, l’information voyageurs, mais également les services connexes au voyage visant à faciliter le trajet du point de départ au point d’arrivé  : itinéraires, cartes, correspondances, vente de titres, etc.

Faciliter les déplacements des voyageurs, c’est également favoriser l’intermodalité en proposant d’accéder facilement au réseau de transports en commun en voiture grâce aux Parc Relais ou en vélo grâce aux abris vélos sécurisés Véligo, créés par le STIF.

Plus de 650 000 déplacements sont effectués à vélo chaque jour en Île-de-France. Pour répondre aux nouvelles habitudes des Franciliens et développer l’usage du vélo, le STIF a créé Véligo, des espaces de stationnement sécurisés à proximité des gares et stations, afin d’encourager l’intermodalité. Les voyageurs peuvent désormais rejoindre les transports en commun en vélo, sachant qu’ils pourront se garer en sécurité à proximité. Une charte graphique spécifique jouant avec le contraste de deux couleurs, jaune vif et anthracite, a été réalisée, permettant ainsi aux cyclistes de repérer ces espaces et de les reconnaître quel que soit l’endroit en Île-de-France.

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PARTIE 2

LE VOYAGEUR AU CŒUR D’UN NOUVEL UNIVERS DE SERVICES

LE REGARD DE YO KAMINAGAI

Yo Kaminagai, délégué à la conception auprès du directeur du département maîtrise d’ouvrage des projets de la RATP explique la démarche de management du design. Quand on fait du management du design pour des projets contemporains, on écoute et on regarde ce qui s’est fait dans l’Histoire. On est obligé de s’ouvrir à ce qui se passe dans le monde, à ce qui se passe dans la société. On est au-delà du champ classique, de l’objet ou du signe et de l’effet qu’il fait sur les gens : on observe comment ils vivent aujourd’hui, comment ils vivront demain. Un designer doit concevoir les projets pour un usage. Or dans le cas des transports en commun, l’usage, ce sont des voyageurs, des piétons, des riverains, des professionnels…

Sur notre territoire, l’appel au design est une pratique ancienne, portée selon les époques par les différents acteurs qui ont fait les transports publics parisiens et franciliens. Désormais, avec le design de service, c’est une approche globale qui va permettre au client, le long de son parcours, de percevoir le soin apporté à lui rendre service au travers de multiples canaux. L’exercice du management du design consiste ainsi à nourrir une crédibilité, une affection, un attachement au transport public, en plaçant le client au centre des préoccupations, tout en ayant conscience des enjeux économiques. Il faut de plus tenir compte des contraintes d’exploitation du 20 heures sur 24 que représente ce réseau et intégrer très en amont les questions de maintenance. Ce sont toutes ces raisons qui ont conduit la RATP à exprimer de fortes exigences qualitatives.

| Métro ligne 11 à la station Arts et Métiers.

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PARTIE 2

LE VOYAGEUR AU CŒUR D’UN NOUVEL UNIVERS DE SERVICES

LE DESIGN APPLIQUÉ AUX SERVICES DES VOYAGEURS
CRÉATION D’UNE NOUVELLE CARTOGRAPHIE

| Affichage des stations et du terminus dans une rame Francilien.

Avec la régularité, la qualité de l’information des voyageurs est une priorité pour le STIF et les transporteurs. À titre d’exemple, les programmes de conception, de renouvellement ou de rénovation du matériel roulant, des stations ou des gares incluent systématiquement le déploiement de systèmes d’information en temps réel sur les réseaux (écrans d’information dynamique et sonorisation nouvelle génération). Par ailleurs, le STIF a créé le système de recherche d’itinéraires Vianavigo, offrant aux voyageurs l’information la plus pertinente pour effectuer leurs parcours en transports en commun dans l’ensemble de l’Îlede-France.

Le STIF a également pris en charge la conception et la réalisation de la nouvelle carte régionale des transports en commun en Île-de-France afin que les voyageurs disposent d’une carte globale et multimodale à l’échelle de la région. Cette carte permet aux voyageurs de mieux identifier les correspondances entre les différents réseaux et notamment la complémentarité entre l’offre ferroviaire et les lignes de bus les plus importantes. Face à la somme d’information, un travail important de hiérarchisation des réseaux, de cohérence des signes, de recherche de lisibilité et de praticité a été réalisé pour aboutir à cette carte

finalisée à l’été 2013 après une phase d’expérimentation auprès des opérateurs et des voyageurs. Cette nouvelle carte est déployée sur l’ensemble des réseaux de transports franciliens pendant l’année 2014 et vient progressivement se substituer aux documents existants. En plus de cette nouvelle carte, le STIF développe un ensemble de plans thématiques qui ne cesse de s’enrichir : plan pour les personnes à mobilité réduite, plan pour les voyageurs malvoyants, plan des lieux culturels… Cette gamme de documents s’accompagne d’un cahier de prescriptions, véritable guide de conception à destination des différentes entreprises de

transports. À travers ce cahier, chaque concepteur pourra décliner ses propres outils de manière harmonisée, au niveau local, à l’échelle d’un quartier par exemple. Outre le travail de cartographie, il intègre des recommandations graphiques plus globales sur toutes les composantes utiles aux voyageurs : fréquence, temporalité, modes actifs, services (Parcs Relais, Véligo…), etc. Ces prescriptions s’imposeront progressivement aux 74 entreprises de transports d’Île-de-France.
| Vianavigo, service de recherche d’itinéraires.

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PARTIE 2

La nouvelle carte régionale | développée par le STIF.

LE VOYAGEUR AU CŒUR D’UN NOUVEL UNIVERS DE SERVICES

LE REGARD DE OLIVIER VACHERET
Olivier Vacheret, responsable du Pôle Informations Transport, en charge du projet de cartographie régionale au STIF, revient sur la stratégie et la démarche du STIF derrière ce projet de design de l’information. L’idée de créer une nouvelle carte pour tous les transports d’Île-de-France s’inscrit dans le cadre d’une démarche globale de mise en cohérence de l’information voyageur qui a émergé dès 2007 lors de la définition par le STIF du Schéma directeur de l’Information Voyageur. Le constat de départ était clair pour nous : aujourd’hui, dans l’esprit des voyageurs, des habitants ou des visiteurs, il n’existe pas d’image générale du réseau de transport francilien, au-delà de Paris. Chaque entreprise, chaque réseau de transport, délivre sa propre information aux voyageurs, cohérente au sein du réseau, mais souvent sans lien avec les réseaux en correspondance. Après un premier travail sur une charte des supports et contenus d’information, très vite, nous avons adopté une démarche intégrée de design avec la volonté de créer une nouvelle carte à destination des voyageurs, qui serait utilisée par tous les opérateurs de transport, à la fois pratique et esthétique. L’objectif étant de créer une image forte du réseau francilien, relayant un élément parfois méconnu du voyageur : sa capacité à utiliser tous les modes de transport en tous lieux de l’Île-de-France. Pratique parce qu’elle regroupe l’intégralité de l’offre de transports en Île-de-France (train, RER, métro, tramway, T  Zen et principales lignes de bus Express et Mobilien). Et esthétique parce qu’elle se base sur un parti pris graphique fort, au design volontairement épuré et rigoureux dans le nombre de signes, d’objets ou de couleurs. Comment ce projet de cartographie a-t-il été conçu ? Nous avons élaboré un premier cahier des charges ambitieux. Nous avons notamment souhaité valoriser l’offre bus avec l’idée de montrer l’existence d’alternatives sérieuses, complémentaires aux réseaux ferrés, pour les déplacements de banlieue à banlieue. Par ailleurs, nous avions identifié des objectifs sur l’accessibilité et sur la mise en valeur des services aux voyageurs. Nous avons ensuite confronté notre vision aux pratiques de grandes métropoles mondiales (Londres, Berlin, Séoul, Melbourne…). Ces comparaisons ont permis de montrer les partis pris de conception et les impacts en termes de rendu graphique et « cognitifs ». Trois éléments principaux sont ressortis. Le premier est l’apport de la représentation schématique à la carte de transport. Ce n’est pas une nouveauté (les travaux de Harry Beck sur la carte de Londres datent des années 1930), mais nous avons confirmé que seule la schématique apporte la souplesse pour transcender les contraintes de densités territoriales et permet un rendu graphique lisible et multi-échelle. Le deuxième élément est que nous pouvions choisir une carte « à lire » avec de nombreuses informations sur les services, ou une collection de cartes « à voir » sur lesquelles nous pourrions décliner des informations spécifiques. Le troisième élément fait ressortir l’importance de la dimension esthétique. Apportée à la fois par la rigueur de réalisation et par l’innovation picturale de la représentation, cette esthétique facilite l’entrée dans la carte et rend la lecture plus agréable et efficace. Les nombreuses maquettes ont permis d’affiner progressivement les modalités de traitement graphique des objets, l’équilibre visuel de l’ensemble et la lisibilité. Nous avons finalisé la conception par des enquêtes menées auprès des voyageurs en partenariat avec la

RATP et la SNCF. Cette étape capitale nous a permis de faire les ajustements nécessaires à la sortie du document final. En quoi cette carte se différencie-t-elle de ce qui existait par ailleurs ? Cette nouvelle carte réalisée par le STIF permet de valoriser l’ensemble des moyens de transport en commun en Île-de-France, sans la prédominance d’un réseau particulier. Nous n’avons, par exemple, pas distingué visuellement les trains des RER, qui restent proches en termes de niveaux de service. C’est une des premières fois qu’un document à destination du voyageur cherche à valoriser et promouvoir les réseaux structurants en intégrant le mode bus. L’ambition est de rénover l’image du réseau de transports en montrant son unité, son maillage et ses potentialités. Cette nouvelle image pourrait devenir un repère pour le voyageur, un symbole du réseau, un signe de reconnaissance de notre système de transports.

Cette carte répond à un défi à la fois technique et graphique : matérialiser sur une seule carte, visuellement simple et attirante, la richesse du réseau des transports en commun francilien mis à la disposition des voyageurs. Vous évoquez la notion de « gamme » de plans. Qu’est-ce que cela recouvre ? Le document principal est effectivement décliné en plusieurs formats qui reprendront l’architecture graphique du réseau régional et seront mis en place dans les différents supports d’information voyageur (plans pliés, plans affichés dans les véhicules, plans affichés sur site…). Par ailleurs, ces cartes seront complétées par une série de plans thématiques qui fourniront une information plus spécifique. Sont déjà disponibles un plan sur l’accessibilité des gares et stations aux UFR et un plan dédié aux malvoyants. Nous travaillons pour 2014 sur un plan du réseau Noctilien ainsi que sur d’autres déclinaisons.

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PARTIE 2

LE VOYAGEUR AU CŒUR D’UN NOUVEL UNIVERS DE SERVICES

LES GARES ET STATIONS
AU CŒUR DES TRANSPORTS
gares et pôles d’échange de façon à optimiser les correspondances entre les différents modes de transport. Ainsi les voyageurs peuvent tirer pleinement parti de l’offre et des services développés par le STIF en coopération avec les opérateurs et collectivités. Les gares et les stations jouent un rôle important en termes d’enjeux de développement urbain des territoires. L’insertion de la gare dans la ville doit ainsi être optimisée en prenant en compte non seulement les accès et abords de la gare, mais également l’ensemble des services de transport aux voyageurs : gares routières, Parc Relais, Véligo, accessibilité, qualité des espaces, information, etc. Depuis 2001, le STIF a activé 70 projets de pôles d’échanges (dont 20 sont déjà achevés) et 110 gares ont bénéficié d’une rénovation intérieure. 72 gares et stations seront créées ou aménagées autour des lignes du Nouveau Grand Paris. Afin d’améliorer l’accès aux gares et l’intermodalité, 5  000 places ont été créées dans les Parc Relais, 9 000 ont été rénovées et 18 espaces Véligo ont été mis en service en 2013, à travers toute l’Île-de-France.

Gare de Massy-Palaiseau, | en décembre 2011. | Pôle d’échange RER C et B. |

Lieux d’échanges et de confluences, les gares d’Île-de-France sont un maillon essentiel du réseau de transports en commun et jouent un rôle d’interface entre les différents modes de transports. Chaque jour, plus de 4,2  millions de déplacements transitent par les gares et pôles d’échange en Île-de-France, dont 85 % comptent au moins une correspondance. Pour le STIF, il est donc crucial de penser, concevoir et moderniser les

| Gare d’Ermont-Eaubonne.

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PARTIE 2

LE VOYAGEUR AU CŒUR D’UN NOUVEL UNIVERS DE SERVICES

LE REGARD DE PATRICK BERGER
Patrick Berger, architecte, est avec Jacques Anziutti en charge du projet de La Canopée, rénovation du forum des Halles et de la rénovation de la gare Châtelet – Les Halles. Il décrypte ce projet hors-normes : Quel est votre objectif principal pour le projet rénovation de la gare Châtelet – Les Halles ? Châtelet – Les Halles représente une nouvelle réalité urbaine, un ensemble unique qui émerge à 14 mètres de hauteur, descend à 24 mètres et s’étend sur 500 mètres en sous-sol, et par lequel transitent 800 000 personnes chaque jour. Mon objectif était qu’avec le projet, on arrive à ce que la plateforme d’échanges et Châtelet  – Les Halles forment un ensemble unitaire. Un des enjeux-clés du projet a été la réadaptation aux flux d’un aménagement obsolète, exigu et encombré. Nous avons travaillé sur trois priorités : Simplifier, se Situer et s’Orienter. Quelles sont les grandes lignes du projet ? Quatre séquences rythmeront la circulation avec des « nœuds » correspondant à des sorties : la Canopée, Place du Châtelet, Rivoli et Marguerite de Navarre. Le traitement et la signalétique des corridors donneront des indications claires de la localisation et des directions. Il est essentiel de se situer et se repérer par rapport aux espaces en surface, et de pouvoir s’orienter rapidement. Quel rôle joue le design dans la conception des espaces de transport ? Dans les déplacements, le travail de design doit permettre de créer des séquences matérialisées par des passages de seuil, comme les lieux de contrôle, les changements de niveaux

CHÂTELET – LES HALLES,
LA PORTE DU GRAND PARIS
| Sortie place Marguerite de Navarre de la gare Châtelet – Les Halles ouverte en février 2014.

ou la billetterie. Sur les sols, le basalte nous a permis de créer une notion de ralentissement au niveau du contrôle tandis que le traitement des plateformes d’échanges assure une meilleure fluidité des circulations. Si la notion d’esthétique est toujours présente, il faut bien entendu toujours partir de l’usage : le trafic est intense, il faut que les objets et matériaux soient industrialisés pour en assurer la maintenance permanente et durable. Afin de personnaliser et toujours dans la notion de fonction utile, les murs seront traités avec des éléments de verre coulé. La matière, une sorte de verre pressé réfléchissant, apporte de la luminosité, un enjeu-clé dans des espaces souterrains. La conception de la Place de Marguerite de Navarre a été dictée avant tout par son environnement existant, nous avons souhaité déboucher le plus di-

rectement sur la sortie et avoir la sortie la plus large, la plus directe. En quoi ce projet est-il hors-normes ? Le chantier de Châtelet – Les Halles est totalement inédit au regard des conditions dans lesquelles nous opérons. Nous travaillons dans un site qui est occupé, qu’on ne peut pas arrêter et avec un accès très restreint. Cela a dicté certains choix de design et de solutions techniques comme par exemple, pour la Canopée, le choix de ne s’appuyer que sur 72 poteaux existants et de créer une structure légère, dont les appuis et la configuration soient adaptés au contexte du sous-sol. La Canopée est avant tout un projet de flux : la forme finale est la traduction géométrique des flux et des circulations dans le lieu, des forces en présence (les forces naturelles, la pluie, le vent, les flux de personnes, la mémoire de l’histoire).

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QUAND LES TRANSPORTS REDESSINENT LA VILLE

À travers l’aspect visuel et fonctionnel du matériel et des infrastructures, le design permet de promouvoir une certaine qualité de service et d’être garant d’une forte ambition pour les transports en Île-de-France. Du matériel aux services, en passant par l’aménagement des voies, des gares ou de quartiers entiers, la conception des transports s’inscrit dans la définition de la ville et du territoire. Tout en s’adaptant aux particularités de chacun de ces territoires, l’homogénéisation des codes visuels permet de créer des repères simples et récurrents pour les voyageurs, sur l’ensemble de leurs trajets à l’échelle régionale.

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Station ligne 4 Mairie de Montrouge, ouverte en mars 2013. |

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PARTIE 3

QUAND LES TRANSPORTS REDESSINENT LA VILLE

LES TRANSPORTS

La ligne de tramway T7, qui relie Villejuif à Athis-Mons depuis fin 2013, bénéficie d’un tout nouveau design aux couleurs du STIF désormais présent sur l’ensemble des matériels neufs d’Île-de-France (train, RER, bus, T Zen et tramway) : le vif argent et la symbolique réseau du STIF. Il bénéficie également d’un nouveau matériel roulant, le Citadis 302 d’Alstom, un tramway silencieux, économe en énergie, confortable, spacieux et entièrement accessible. Il s’agit du premier tramway à disposer d’écrans embarqués qui annonceront les prochains arrêts, les temps de trajet jusqu’aux

arrêts principaux ainsi que les correspondances avec les lignes de bus et de RER. L’espace intérieur a été conçu de manière chaleureuse, avec des sièges ergonomiques, une ventilation réfrigérée et de larges baies vitrées pour offrir un maximum de confort aux voyageurs. Chaque rame a bénéficié d’un processus de design conjointement mené par le STIF, avec la RATP. Le tramway T8 Saint-Denis – Épinaysur-Seine – Villetaneuse, mis en service en 2014, sera équipé avec le même matériel roulant à plancher plat.

COMME VECTEUR DE COHÉRENCE RÉGIONALE
Le STIF porte une démarche globale d’amélioration et de modernisation du service de transports rendu chaque jour aux Franciliens. En dialoguant constamment avec les élus, le STIF travaille sur l’équilibre entre l’identité régionale et l’identité de chaque territoire. L’univers visuel des transports en commun est très présent dans la ville et dans la vie des Franciliens, que ce soit à travers l’habillage des véhicules, des arrêts de bus, des stations de métro, des gares, des plans de réseau ou tout simplement la carte Navigo. Le STIF travaille depuis plusieurs années à apporter une vraie cohérence régionale à l’ensemble de ces signes qui guident le voyageur tout au long de son trajet. En donnant des repères graphiques partagés par tous, que l’on soit un habitant de Paris, des Hauts-de-Seine ou de la Seine-et-Marne, le STIF cherche à faciliter le trajet des voyageurs. Le STIF est également convaincu que la perception visuelle du moyen de transport et de ce qui l’entoure, participe à sa façon à rendre un trajet plus agréable.

| Rame de tramway T7.

LE TRAMWAY

LE NOUVEAU VISAGE DU TRAMWAY FRANCILIEN

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QUAND LES TRANSPORTS REDESSINENT LA VILLE

DE NOUVELLES RAMES SUR LA LIGNE 9

LE PREMIER MÉTRO AUX COULEURS FRANCILIENNES

Les premières rames nouvelle génération de la ligne 9 ont été mises en service fin octobre 2013. Arborant une livrée vif-argent et reprenant la symbolique réseau du STIF, il s’agit de la première ligne de métro habillée aux couleurs du STIF, en cohérence avec l’ensemble du matériel neuf mis en service sur le réseau francilien. Cet habillage accompagne et souligne l’évolution de ces métros avec des rames boa. Similaires à celles qui équipent déjà les lignes 2 et  5, elles ont été choisies pour remplacer les anciennes rames de la ligne 9.

Sans séparation entre les voitures, les rames boa permettent aux voyageurs de mieux circuler dans la rame et augmentent les capacités de la ligne. Ce nouveau matériel bénéficie également de nombreux avantages technologiques pour le confort des voyageurs : ouverture automatique des portes, réduction du niveau sonore, information dynamique, ventilation réfrigérée et réduction de la consommation d’énergie. L’ensemble de la ligne sera équipé de ces nouvelles rames d’ici 2016.

UNE SEULE IDENTITÉ
| Bus Résalys à Saint-Germain-en-Laye.

| Une rame de métro MF 2000 sur la ligne 5.

POUR TOUS LES TRANSPORTS FRANCILIENS

Dans cette optique de cohérence, le STIF a créé une identité francilienne unique, facilement identifiable et transposable à l’ensemble des moyens de transports, quel que soit leur opérateur ou constructeur. L’identité des transports franciliens développée par le STIF est basée sur la couleur « vif argent », à la fois simple, esthétique et élégante. Créée spécifiquement pour le STIF, cette couleur permet un accord harmonieux et qualitatif avec l’identité existante de chaque transporteur. Elle est complétée par l’anthracite ou le noir, couleurs d’origine de l’encadrement des vitres. La symbolique réseau mettant en valeur la silhouette d’un voyageur, quant à elle, traduit le service auprès des voyageurs, le développement du réseau, la multimodalité et les valeurs du développement durable

(environnementales et sociales). Elle illustre les liens de tous les jours entre les voyageurs et leurs différents modes de transports en Île-de-France. Cette nouvelle identité est d’ores et déjà visible sur les nouveaux trains, RER, bus, T Zen et Tramways d’Île-de-France et depuis octobre 2013 sur le métro (ligne 9). Elle donne une cohérence et une unité à l’ensemble du système de transports en commun Francilien. Elle permet à la fois de fédérer la multitude des acteurs des transports et de simplifier les déplacements des voyageurs à chacune de leurs étapes. À travers cette démarche qui intègre transports d’hier et de demain, le STIF souhaite contribuer à garantir une même qualité de service et une même ambition pour les transports à l’échelle de la région Île-de-France.

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| Ci-contre : | Visuel photo ligne 14

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QUAND LES TRANSPORTS REDESSINENT LA VILLE

LE REGARD DE SOPHIE MOUGARD
DIRECTRICE GÉNÉRALE DU STIF
Métro ligne 14 à la station Madeleine. |

Quelle est votre vision du réseau francilien dans les prochaines années ? Le Nouveau Grand Paris qui regroupe une grande partie des projets en cours sur les tramways, métros, RER et pôles d’échanges est un magnifique défi autant qu’une nécessité. Le développement important du réseau de transport qui s’opère en ce moment, ainsi que sa modernisation, doivent permettre d’améliorer sensiblement les conditions de déplacements des Franciliens. En tant qu’autorité organisatrice, le STIF contribue à la conception de chaque projet, entre autres en mettant à profit ses connaissances des habitudes des voyageurs et de leurs besoins, en se fondant sur sa capacité prospective et sur un lien permanent avec les voyageurs (concertations, comités de lignes, travail avec les élus locaux et les associations d’usagers, etc.). Ainsi, pour le STIF, la réflexion sur l’intermodalité et l’optimisation des correspondances joue un rôle essentiel dans la définition des projets. De même, la cohérence des signes et de l’information ainsi que les enjeux d’intégration urbaine sont des sujets incontournables. Quel rôle va jouer et devra jouer le design dans la modernisation et le développement du réseau de métro ? Avec le prolongement des lignes 1, 4, 11, 12 et 14 et la réalisation des lignes 15, 16, 17 et 18, c’est un doublement de la taille du réseau de métro que nous connaissons aujourd’hui. Les nouvelles lignes connectées à l’existant doivent assurer un maillage efficace entre les territoires et entre les transports d’aujourd’hui et de demain. Le design doit permettre de matérialiser cette unité en créant une

continuité pour les voyageurs en termes de signes, d’informations et de services. Par ailleurs, il faut trouver le juste équilibre entre l’homogénéisation du réseau global à l’échelle francilienne et le respect des particularités locales des territoires, qui doivent pouvoir s’exprimer notamment dans les 72 gares et stations concernées par le Grand Paris Express. Parmi les nombreux défis à relever, le rôle de la lumière devra être particulièrement bien étudié dans des stations qui seront beaucoup plus profondes que celles que nous connaissons. En cela le travail réalisé par Patrick Berger et Jacques Anziutti sur la station de Châtelet – Les Halles ou encore celui de Yann Kersalé sur le Francilien sont intéressants. Et c’est là encore les voyageurs, leur confort, leur impression de sécurité dans les espaces, qui dans ce domaine comme dans tous doivent être au cœur des réflexions. Quel futur visage ces projets de transport permettront-ils de donner à la région Île-de-France ? Ce sont des projets ambitieux. Ils viennent déjà dynamiser les territoires et les villes en leur donnant parfois un nouveau visage où les transports en commun occupent une place importante. Ils contribuent à la création de villes aux espaces mieux partagés, où la qualité de l’air s’améliore et qui sont toujours mieux interconnectées les unes aux autres. Le design doit permettre de rendre ces projets à la fois esthétiques et fonctionnels, au plus près des voyageurs, pour que tous les Franciliens puissent être fiers de leur réseau de transports. 41

LE NOUVEAU GRAND PARIS
LA RÉGION DE DEMAIN

En 2030, le paysage des transports franciliens connaîtra un nouveau visage avec 200 km de métro supplémentaires et 72 nouvelles gares, ce qui permettra à terme à 90 % des Franciliens d’habiter à moins de 2 km d’une gare ou d’une station.

Le Nouveau Grand Paris prend en compte la modernisation du réseau existant. D’ici à 2017, 6 milliards d’euros viendront ainsi soutenir le financement du programme d’amélioration et de développement des transports du quotidien engagé par le STIF et ses partenaires avec la création de nouveaux tramways (T6, T7, T8), le prolongement de lignes de métro (ligne 4, ligne 14, ligne 12), la rénovation des RER (modernisation du RER B au sud, modernisation des RER C et D), le prolongement du RER E, sans oublier le développement du T Zen. À l’heure actuelle, 42 chantiers sont prévus d’ici 2017 et 30 sont aujourd’hui déjà lancés.

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CONTACTS PRESSE ET INTERVENANTS
STIF
Sophie Mougard, Directrice Générale du STIF.

RESSOURCES ET RÉFÉRENCES
AIK, ATELIER DE YANN KERSALÉ
Yann Kersalé est un plasticien français. Yann Kersalé, avec les moyens d’AIK, produit des concepts de mise en lumière, qui sont de véritables œuvres plastiques – artistiques et assure la direction artistique de ses réalisations en dialogue avec maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, bureaux d’études techniques et fabricants. Contact presse : Astrid Harel 01.43.98.20.20 aik@ykersale.com

SNCF
SNCF est l’un des premiers groupes mondiaux de mobilité et de logistique, avec une présence dans 120 pays, 33,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires dont plus d’1/5 à l’international et 250 000 collaborateurs en 2012. Groupe public à vocation de service public, fort de son socle ferroviaire français, SNCF élargit l’offre des services de transport afin de proposer une mobilité fluide et de porte à porte à ses clients, voyageurs, chargeurs ou Autorités Organisatrices. Afin de conquérir les marchés transfrontaliers et internationaux, le groupe s’appuie sur 5 branches d’activité : gestion, exploitation, maintenance et ingénierie d’infrastructure à dominante ferroviaire (SNCF Infra), transport public de voyageurs urbain, périurbain et régional (SNCF Proximités), transport de voyageurs longue distance et distribution (SNCF Voyages), transport et logistique marchandises (SNCF Geodis) et gestion et développement des gares (Gares & Connexions). Contact presse : Ghislaine Collinet 01.53.25.33.66 ghislaine.collinet@sncf.fr

STIF www.stif.info RATP www.ratp.fr SNCF www.sncf.com PATRICK BERGER ET JACQUES ANZIUTTI www.berger-anziutti.com ATELIER DE YANN KERSALÉ www.ykersale.com STARCK NETWORK www.starcknetwork.com LABORATOIRE VILLE MOBILITÉ TRANSPORT – CHAMPS-SUR-MARNE www.lvmt.fr PLAN DE DÉPLACEMENT D’ÎLE-DE-FRANCE www.pdu.stif.info OBSERVATOIRE DE LA MOBILITÉ EN ÎLE-DE-FRANCE www.omnil.fr RÉNOVATION DU PÔLE CHÂTELET – LES HALLES www.pôlerer-châteletleshalles.fr et www.parisleshalles.fr LE LIEU DU DESIGN – PARIS, ÎLE-DE-FRANCE www.lelieududesign.com

Christophe Menant, Directeur de la Communication du STIF.

Olivier Vacheret, Responsable du Pôle Informations Transport au STIF.

STARCK NETWORK
Philippe Starck est créateur, designer et architecte. Particulièrement connu pour ses décorations d’intérieurs et ses collections de meubles, il se consacre également à la création en série de produits de consommation courante à travers son concept de design démocratique. Contact presse : Mahaut Champetier de Ribes 01.48.07.54.53 mahaut@starcknetwork.com

Le STIF imagine, organise et finance les transports publics pour tous les Franciliens. Au cœur du réseau de transports d’Île-de-France, le STIF fédère tous les acteurs (voyageurs, élus, constructeurs, transporteurs, gestionnaires d’infrastructures…), investit et innove pour améliorer le service rendu aux voyageurs. Il décide et pilote les projets de développement des réseaux et de modernisation de tous les transports, dont il confie l’exploitation à des transporteurs. Le STIF, composé de la Région Île-de-France, de la Ville de Paris et des sept autres départements franciliens, porte ainsi la vision de l’ensemble des transports d’Île-de-France (train, RER, métro, tramway, T Zen et bus). Contact presse : Sébastien Mabille 01.47.53.28.42 – 06.15.39.21.58 sebastien.mabille@stif.info

PATRICK BERGER ET JACQUES ANZIUTTI, ARCHITECTES
Patrick Berger est un architecte né à Paris en 1947. Il a créé son atelier en 1975. Il a reçu le Grand Prix d’Architecture en 2004. Parmi les principaux projets et réalisations de Patrick Berger, se distinguent la Canopée pour le réaménagement des Halles, le Viaduc des Arts et le Parc André Citroën à Paris, l’école d’architecture de Bretagne à Rennes, le siège de l’Union Européenne de Football à Nyon en Suisse et le Monument de la Communication France-Japon au Japon. Patrick Berger enseigne l’architecture à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Panauti, une ville au Népal, Formes cachées, la ville et Lux Sonus pour les Leçons du Thoronet en 2010. Contact presse : Xavier Bélorgey 01.40.13.08.68 communication@berger-anziutti.com

LABORATOIRE VILLE MOBILITÉ TRANSPORT JEAN LATERRASSE
Jean Laterrasse dirige le laboratoire Ville Mobilité Transport qui développe une activité de recherche et une réflexion sur les problématiques liées aux interactions entre le transport et l’aménagement de l’espace, notamment aux échelles urbaine et métropolitaine. Contact : 01.81.66.88.56 / 88.57

RATP
Yo Kaminagai est délégué à la conception auprès du directeur du département maîtrise d’ouvrage des projets de la RATP. Au 5e rang mondial des opérateurs de transports urbains, le Groupe RATP, qui emploie 56 000 salariés sur 4 continents et dans 12 pays, transporte 12 millions de voyageurs chaque jour, au travers de ses différents modes : métro, métro automatique, RER, bus, autocar, tramway, funiculaire, navettes fluviales. Le Groupe RATP exploite en Île-de-France le plus important réseau multimodal au monde géré par une seule entreprise, au sein duquel transitent chaque jour plus de 10 millions de voyageurs. Contact presse : Pierre Le Yaouanq 01.58.78.37.37 pierre.le-yaouanq@ratp.fr

| Photos : Christophe Recoura / Claire Curt / William Beaucardet / Emmanuel Fradin / STIF – Marie-Eugénie Cisternas (portrait Patrick Berger) – Anne de Vandière (portrait Yann Kersalé) – Jean-Baptiste Mondino (portrait Philippe Starck) – RATP (portrait Yo Kaminagai) – Marc Mimram architecte (viaduc p. 7) – Sennse (croquis p. 11) – Patrick Berger et Jacques Anziutti architectes (Châtelet – Les Halles p. 32-33).

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