BRETAGNE

PLONGÉE. DEUX ACCIDENTS QUASI SIMULTANÉS
LA VIE QUOTIDIENNE DES STATIONS TOURISTIQUES BRETONNES

LOCQUIREC. LA BELLE DU PETIT TRÉGOR

l A Plouarzel, un plongeur a été réanimé par les pompiers. Il a été transporté à Brest par l’hélicoptère du Samu 29. (Photo Thierry Charpentier)

Hier matin, au large de Plouarzel et de l’île d’Ouessant, dans le nord-Finistère, deux accidents de plongée ont mobilisé les équipes de secours. A Ouessant, un plongeur en bouteille a été tiré d’affaire. A Plouarzel, la victime se trouvait toujours, hier soir, dans un état préoccupant.
C’est la série noire. Mardi dernier déjà, au large de l’île Molène, trois personnes - deux femmes et un homme - originaires du Poitou, avaient été secourues après une remontée de 60 m de fond sans paliers de décompression. Placées en caisson hyperbare, elles s’en étaient sorties saines et sauves. Hier, deux autres accidents se sont produits, quasi simultanément. A 11 h, les veilleurs du Cross Corsen ont été avertis que trois plongeurs se trouvaient en difficulté à deux pas de leur centre de surveillance et de sauvetage, situé à la pointe du Corsen, à Plouarzel. Les trois personnes avaient entrepris de pêcher en apnée, au large de la plage du Corsen. Elles regagnaient la côte quand l’une d’elles, Pascal Le Nen, 37 ans, résidant à SaintRenan (29), s’est senti mal, selon un témoin qui pêchait au bord. Il a coulé avant que ses camarades ne puissent le saisir. Un bateau de plaisance, qui se trouvait à proximi-

té, l’a récupéré dès qu’il l’a aperçu de nouveau. Il a été ramené à la berge où les pompiers de Saint-Renan lui ont pratiqué des massages cardiaques et sont parvenus à le réanimer. Il a ensuite été transporté, par l’hélicoptère du Samu 29, jusqu’au centre hospitalier régional de la Cavale Blanche, où il se trouvait toujours dans un état stationnaire, hier soir.

Par 59 m de fond
Quarante minutes plus tard, nouvelle alerte au Cross Corsen : un groupe de huit plongeurs avait entrepris, à titre privé, de descendre sur une épave, au large de la plage du Yusin, à un mille au nord du phare du Créac’h, à Ouessant. Six d’entre eux se trouvaient sur un bateau tandis que deux autres, équipés de bouteilles, étaient parvenus à 59 m de profondeur. Après huit minutes, l’un d’eux, André Cevaer, 33 ans, résidant à Rennes, a été saisi d’essoufflements. Son ami l’a secouru et a commencé à le remonter en respectant les paliers de décompression. Par 30 mètres de fond, André Cevaer a perdu connaissance. Il a été transporté jusqu’à la grève où l’hélicoptère de la Protection civile, Dragon 29, l’a pris en charge. Il a repris connaissance dans l’hélicoptère et a été hospitalisé à la Cavale Blanche. Hier soir, son état ne semblait plus inspirer d’inquiétude.

l En 1977, Locquirec a servi de cadre pour le tournage de « L’Hôtel de la plage », film de Michel Lang. (Photo Jean-François Colleter)

Erigée sur une presqu’île, aux confins des rivages escarpés du Trégor finistérien et de la Côte de Granit Rose, Locquirec est une station balnéaire de poche qui séduit les estivants depuis la fin du XIXe siècle. Fier de son développement raisonnable, ce petit port, à la fréquentation familiale et aisée, fait aujourd’hui le pari de l’authenticité et de la qualité de vie.
Déjà, les Gallo-Romains s’étaient laissés séduire par les parages de Locquirec. Nos ancêtres, qui ne devaient pas manquer de goût, appréciaient sans doute le panorama qu’offrait la presqu’île sur la baie de Lannion (22). Depuis la Préhistoire, on trouve des traces d’implantation humaine à Locquirec, mais c’est à la fin du XIXe siècle que le tourisme balnéaire a pris ici son essor, notamment grâce au dénommé Pierre Zaccone, célèbre auteur de romansfeuilletons. L’écrivain a entraîné à sa suite plusieurs artistes et hommes de lettres de l’époque, dont

Anatole Le Braz et François-Marie Luzel. La mode lancée, plusieurs hôtels furent édifiés pour accueillir une clientèle fortunée et friande de bains de mer. Mais l’élection du Front populaire en 1936 marqua un coup d’arrêt à l’expansion de la station. Beaucoup d’aristocrates cessèrent de fréquenter les lieux, et il fallut attendre l’après-guerre pour que l’activité touristique reprenne de la vigueur.

risme. Les résidences secondaires y sont aujourd’hui plus nombreuses que les habitations principales. Bien réparties le long du rivage, les neuf plages du petit port finistérien constituent l’un de ses meilleurs atouts. La grève des Sables blancs figure parmi les plus belles du Petit Trégor et le spot de Pors ar Villiec est apprécié des surfeurs.

L’établissement est également fréquenté par Jean-Jacques Aillagon, le nouveau ministre de la Culture. L’écrivain et académicien Michel Mohrt possède quant à lui une résidence à Locquirec.

« Préserver l’image et la qualité de vie »
« Mais ils ne viennent pas ici pour être vus. Même s’ils sont reconnus, ils savent qu’ils pourront passer un séjour paisible ici », souligne Anne Coat, permanente de l’office de tourisme. Au fil des conversations avec les gens du coin et les vacanciers, on s’aperçoit que la plupart d’entre eux tiennent à ce que Locquirec ne change pas. « C’est vrai. Les gens qui passent leurs vacances ici recherchent un peu l’image d’Epinal de la Bretagne authentique, explique le maire de Locquirec, Joël Le Roch. Et nous tenons à préserver cette particularité et cette qualité de vie. Mais il y a cependant des aspects qui peuvent être améliorés, comme certains équipements touristiques et l’animation culturelle ». Jean-François Colleter

Une clientèle familiale et plutôt aisée
Pour les estivants allergiques au farniente, les sentiers côtiers, le mouillage qui suit l’estuaire du Douron, la dynamique école de voile et les lieux dédiés à l’art complètent l’inventaire d’une localité qui attire une clientèle familiale et plutôt aisée. La station, qui a servi de cadre au tournage du film de Michel Lang « L’Hôtel de la plage », avec Daniel Ceccaldi, est aussi le séjour préféré de quelques célébrités. L’actrice Sabine Azéma et le cinéaste Alain Resnais font partie des fidèles du Grand Hôtel des Bains, réputé pour sa balnéothérapie et ses spécialités de homard.

VOYAGES SANS BILLET. IL DOIT 14.000 ¤ À LA SNCF
BREST (29). L’amnistie ne fonctionne pas pour toutes les infractions… La preuve : hier après-midi, les policiers du commissariat central de Brest ont placé en garde à vue un homme de 33 ans, originaire d’Orléans (Loiret). Il venait d’être surpris par les employés de la SNCF, alors qu’il circulait sans billet dans le TGV Rennes-Brest. En s’intéressant à son dossier, les contrôleurs se sont aperçus qu’en fait, l’usager totalisait 250 infractions du même type et devait quelque 14.000 ¤ à la SNCF ! Prévenu du délit « d’habitude de circulation sans titre de transport », il a expliqué à la police que, sans domicile fixe, il se déplaçait grâce à la SNCF au gré des petits boulots qu’il trouvait. Il répondra de ses actes début novembre devant le tribunal correctionnel de Brest mais ne commettra pas de nouvelle infraction pour comparaître. Il a en effet expliqué qu’il allait rester à Brest jusque-là, parce que « la ville lui plaît ».

Une population décuplée en été
Locquirec est aujourd’hui un concentré de Bretagne dite authentique. Autour du port, très animé en période estivale, les vieilles habitations bretonnes en schiste et les ruelles étroites ont été bien préservées. La commune trégoroise n’a pas non plus connu de démesure immobilière. Au cours de l’été, la population de Locquirec gonfle considérablement. « On dénombre entre 10.000 et 15.000 habitants pendant la période estivale, alors qu’ils ne sont que 1.293 à l’année », estime-t-on à l’office de tou-

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Photos : D. Mingant - J.M. Roignant - 20534

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