cheikhou

dossier pédagogique

visite de présentation de l’exposition et des ateliers

les mercredis 21 et 28 septembre à partir de 13h30

horaires : lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9h à 17h tarifs : visite commentée et atelier pédagogique : 85 € visite commentée ou atelier pédagogique seul : 50 € visite sans commentaires : gratuit réservations et renseignements : hélène grisoni-weibel, médiatrice culturelle 05 49 43 62 59 - helene.grisoni@rurart.org www.rurart.org rurart D150 lycée agricole - venours - 86480 rouillé

cadre
Cadres dans le cadre
Au delà des mots 1 illustre l’utilisation que Cheikhou Bâ fait du cadre. Elle montre une progression allant de la déclinaison de vignettes à foison à la mise en exergue d’une partie de l’œuvre, par un jeu de cadres dans le cadre. Le cadrage des vignettes qui entourent la scène centrale est partout le même : plan rapprochébuste, en format portrait.
Etienne Souriau, Vocabulaire d’esthétique, PUF. Cadre : Le cadre est une sorte de bordure dans laquelle on place un tableau, une photographie, etc. Le cadre – au sens traditionnel du terme – a pour fonction principale de protéger une œuvre d’art en deux dimensions. La fonction esthétique du cadre est, selon lui, importante car il “circonscrit l’œuvre et appuie son caractère de monde autonome, la délimite par un contour net qui en précise la forme d’ensemble, la met en valeur par le contact avec une bordure dont le style et l’aspect sont fonction d’elle et choisis pour en flatter l’apparence sensible. Pistes pédagogiques Enfermement : Au delà de la structure géométrique induite par les cadres, la notion d’enfermement est évidente dans le travail de Cheikhou Bâ. L’artiste dit à propos de ses œuvres : “toutes ces cases dans lesquelles mes têtes sont encloses sont aussi des prisons. Leur enchevêtrement est l’indice que nul ne s’échappera”. L’utilisation de la répétition génère également le sentiment d’un univers carcéral.

Cheikhou Bâ, Au delà des mots 1

Recadrage
Le cadrage est le moyen utilisé par l’artiste pour proposer au spectateur ce qui doit être vu (le champ / et non le hors champ) et comment cela doit être vu (de près / de loin, d’en haut / d’en bas / à hauteur d’yeux). Cette manière de cadrer donne à voir de plus près l’élément central de l’œuvre. Elle renvoie au zoom couramment utilisé en photographie.

Cheikhou Bâ, Au delà des mots 2

Encadrement
On ne peut pas parler, dans ce travail, du cadre comme objet, cependant, l’idée d’encadrement est bien présente. Par sa manière de concevoir une oeuvre - dessin central travaillé en priorité, éléments qui l’entourent posés dans un second temps - Cheikhou Bâ travaille sur la question de centre et de périphérie et accentue ainsi l’effet d’encadrement et/ou de décor de ses dessins. Le cadre permet de hiérarchiser les informations, il guide le regard du spectateur vers le contenu de la scène et c’est en cela que l’on peut se rapprocher d’une définition plus traditionnelle du cadre.

Cheikhou Bâ, Un autre mystère

Mantegna, La mort de la vierge, 1461,

Le parallèle entre la peinture de Mantegna et les dessins de Cheikhou Bâ permet de souligner le classicisme des compositions de Cheikhou Bâ dû à l’utilisation de méthode telle que le cadre dans le cadre...
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Les enjeux de la répétition
Dans les sociétés occidentales, la question de la répétition est fréquemment associée aux notions d’industrialisation, de société de consommation et d’information, de reproductibilité. Rurart a abordé la question lors de l’exposition Bis Repetita Placent, à travers les oeuvres de Claude Closky, Andy Warhol, Carl Andre, Niele Toroni, Jean-Louis Garnell notamment .
(Un dossier pédagogique complet est disponible sur : www.rurart.org/espaceart/accueil/Dossier_pedagogique.pdf)

répétition
Etienne Souriau, Vocabulaire d’esthétique, PUF. Répétition : Action de refaire plusieurs fois la même chose, ou la chose elle-même, lorsqu’elle revient, lorsqu’elle est encore une fois reprise. - reprise d’un même acte, ou d’une même série d’actes, comme exercice pour apprendre à dominer une technique; - reprise d’un même acte, pour obtenir ce qu’une action isolée ne saurait réussir; - reprise d’un même acte pour l’améliorer progressivement.

Fatalement, travailler un processus de répétition n’est pas porteur des mêmes enjeux pour des artistes issus de sociétés industrialisées ou de pays en voie de développement. Cheikhou Bâ, artiste sénégalais vivant à Dakar, produit une oeuvre mettant fréquemment en jeu des dispositifs répétitifs. Ce serait un contresens de l’interpréter avec des clés de lecture occidentale. Ici, la répétition a valeur de déclinaison. L’artiste construit l’espace de ses dessins en additionnant un nombre considérable de petits portraits. Les figures présentes dans le travail de Cheikhou Bâ - mi-humaines, mi-animales - peuvent être comprises comme autant d’états de l’artiste, déclinés au fil ses jours. L’ensemble à valeur de population autant que d’autobiographie. Les 60 dessins qui constituent la pièce «Living or dying» présente des individus en train de surnager, portés par les vagues, susceptibles d’être engloutis à tout moment. La répétition d’une figure dans le travail de Cheikhou Bâ est davantage liée à des questions ontologiques qu’à des réflexions sociétales. L’humanité est au coeur de son oeuvre. C’est son propre grégarisme que l’artiste interroge ainsi.
Cheikhou Bâ, Au delà des mots 1

Andy Warhol, Marylin Monroe

Répétition au sein d’une oeuvre La répétition comme structure d’une oeuvre, disposition dans laquelle se retrouve plusieurs fois un même élément ou un même motif. Sous forme de rime, de refrain, de leitmotiv, d’homonymie, de constructions syntaxiques reprises, organisée en variation multiples sur un thème unique, etc. partout la répétition affecte l’art.

Cheikhou Bâ, Living or dying

Niele Toroni Empreintes de pinceau n°50 à intervalles réguliers de 30 cm,

Répétition comme moteur de création
La répétition est pour l’artiste le moyen d’aller le plus loin possible dans une forme déterminée, de la décliner, de l’améliorer, d’aller jusqu’à l’épuisement de la forme. Ce travail d’exercice et de recherche formelle est poussé à l’extrême si bien que ses dessins peuvent être mis en relation avec son travail d’écriture automatique. Cheikhou Bâ, par la répétition, cherche à tout connaître de la forme qu’il invente. La répétition ici ne signifie ni ennui ni redite, elle est le moteur de la création. Cheikhou Bâ répète et décline également des motifs ornementaux. Cet aspect de son travail est évoqué dans la fiche «décoratif» de ce dossier.
Carl André Phalanx

Claude Closky AA, BB,

cheikhou

portraits
Portraits
L’oeuvre de Cheikhou Bâ est peuplée d’une foule de personnages hybrides. De leurs portraits, nous ne voyons que le visage, le buste. Seul l’essentiel est représenté : le nez la bouche (grande ouverte), les yeux (écarquillés). Sans doute parce que c’est le lieu du corps où s’exprime la sensibilité, Cheikhou Bâ axe son travail sur le visage. «La bouche est aussi le moment de l’effroi, de l’expression du cri. Le visage c’est également l’endroit où se manifeste la parole, le dire, c’est aussi ce qui distingue l’homme de l’animal». FV La déclinaison infinie de ces visages à la bouche béante participe d’une impression globale de souffrance.
Etienne Souriau, Vocabulaire d’esthétique, PUF. Portrait : Au sens général représentation d’une personne. Dans les arts plastiques, on n’emploie pas le terme de portrait dans la sculpture, et pourtant la chose y existe, mais on dit tête, buste ou statue ; portrait se dit pour une oeuvre en deux dimensions, peinture ou dessin. Le portrait est donc déjà une interprétation et transcription, donc choix, pour rendre l’apparence extérieure d’une personne, quel que soit le degrés de réalisme. Bien qu’uniquement visuel, le portrait peut rendre très sensible la personnalité intérieure du modèle, par de nombreux indices tels que la pose, l’expression de physionomie, etc.

Cheikhou Bâ, Un autre mystère (détail)

Cheikhou Bâ, Au delà des mots 1

Figure humaine
La répétition de portraits juxtaposés évoquait les nombreuses facettes de l’être humain. L’être multiple décliné à l’infini sort de l’anonymat pour prendre corps, son visage, ses mains, ses bras, ses jambes, bien que morcelés sont donnés à voir. Désormais la foule d’individus isolés cède le pas à des personnages en interaction, par couple, par trio, etc. Les visages s’humanisent, leur expression change, certains semblent plus sereins. Parallèlement, l’apparition de la couleur est un signe de l’évolution du travail de Cheikhou Bâ, et accompagne la métamorphose des personnages (contraste, couleur de la chair qui accentue l’humanité).

Il faut faire une place à part pour l’auto-portrait où l’artiste se représente lui-même. [...] Il a la difficulté psychique qu’on y est trop directement intéressé pour se voir facilement de manière impartiale. L’auto-portrait, surtout quand il est fréquent chez un artiste, est un témoignage du genre d’intérêt qu’on se porte à soi-même. Mais qu’on fasse son propre portrait ou celui d’un autre, le portrait marque toujours qu’on attribue une importance à l’haeccéité du moi, à l’identité personnelle. Figure : du latin figura, forme apparente du corps. Dans les arts plastiques : représentation d’un être humain, ou parfois plus largement d’un être vivant.
Pistes pédagogiques Caricature ; identité ; représentation ; regard

Cheikhou Bâ, Living or dying (détail)

Cheikhou Bâ, Love those those

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décoratif
Expressif et décoratif
Dans le champ de l’art la distinction expressif/ décoratif a toujours été de mise. Des courants artistiques et quelques artistes en particulier se ont attachés à rendre lisible le pouvoir expressif du décoratif : les Nabis, l’Art Nouveau, le Pattern Painting, Matisse, Viallat ou Zakanitch pour ne citer que les plus connus. Si la déclinaison de figures occupe une grande partie de l’oeuvre de Cheikhou Bâ, l’utilisation du motif décoratif en est également un élément constitutif important.
Cheikhou Bâ, Sénégal

Zakanitch, Big bungalow suite I

Les portraits dont l’accumulation renforce une impression générale oppressante, sont confrontés aux signes (fleurs, poissons, écritures,...) qui renvoient à un art dit ornemental. L’utilisation de ces motifs tend à élargir l’espace des dessins en suggérant une dimension qui va au-delà des scènes principales données à voir. Outre leur valeur décorative, ces motifs sont également des espaces de liberté pour l’artiste. Les pieds, mains, chiffres, écritures, fleurs, poissons, hélices, rayures ou damiers incluent parfois une dimension humoristique dans une composition d’ensemble souvent assez grave. Dans ce travail le motif n’est ni accessoire ni gratuit même s’il est ornemental. Son utilisation souligne la simplicité de la ligne et la netteté des formes qui se détachent ainsi du fond.

Shapiro, Mother Russia

Robert Atkins Petit lexique de l’art contemporain, Ed. Abbeville Pattern Painting : Courant né au
Etats-Unis, 1970/1980 : Robert Kushner, Kim Mac Connel, Rodney Ripps, Miriam Shapiro, Robert Zakanitch Dans le monde de l’art d’après guerre, l’adjectif décoratif était pratiquement une insulte. Vers le milieu des années 1970, un groupe d’artiste américains ont décidé de combattre ce tabou en s’appuyant sur les exemples raffinés offerts par les civilisations celte, byzantine et islamique. Contrairement à beaucoup d’autres appellations, celle de Pattern Painting s’applique à un authentique mouvement. Les tenants du Pattern Painting (peinture de motifs) exécutent de grands tableaux vivement colorés, ou des oeuvres sans châssis, composées de morceaux de tissu cousus ensemble, qui rappellent les papiers peints à fleurs (Zakanitch), les éventails japonais (Schapiro), etc. Ils réalisent également des objets fonctionnels et des installations.

Matisse, Harmonie jaune

Matisse, Les velours

Planéité
Traditionnellement le plan en peinture est ce qui organise et suggère la profondeur, on parle ainsi de premier plan, second plan, etc. La notion de planéité en revanche va à l’encontre de celle de perspective puisque qu’elle ramène l’ensemble de la composition à un plan unique. L’utilisation de motifs, leur répétition et d’aplats de couleurs participent à une impression globale de planéité dans l’oeuvre de Cheikhou Bâ.
Cheikhou Bâ, Sais pas pourquoi

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atelier 1

collection de motifs
Maternelles / CP

Objectifs :
Explorer la répétition, d’un signe, d’une tache, d’un dessin ou d’un motif par le biais de la multiplication.

Comment ?
Expliquer ce qu’est un motif, à savoir un dessin ou une forme unitaire qui se répète ou se développe de manière décorative. Montrer différents motifs trouvés sur des tissus, du papier à tapisserie dans des livres, sur des céramiques etc. ou bien ceux créés par d’autres artistes comme Klimt ou Matisse. L’enfant va créer un motif sur un carré de papier blanc. Ce motif va être multiplié au moyen de papier carbone, pour constituer une série de quatre dessins identiques. L’intérêt de répéter le dessin à l’aide du papier carbone est double, il permet d’une part de montrer un déclin, une usure du motif qui tant à disparaître et d’autre part d’obtenir une série de dessins monochromes.

Avec plusieurs contraintes :
> Réaliser le motif selon le thème imposé par exemple : des fleurs, des feuilles, des animaux, des lettres, des chiffres, des formes géométriques … > Dessiner rapidement, il n’y a que quelques minutes pour réaliser le dessin, pour qu’il soit de style très épuré. > Renouveler l’opération quatre fois, afin d’obtenir une série de motifs. > Présentation de la collection de motifs. A la fin de la séance chaque enfant va réunir tous ses motifs sur une feuille de papier kraft, de manière alignée, thème par thème. Ensuite plier cette feuille dans le sens de la longueur, comme un éventail de façon à pouvoir présenter sa petite collection de motif. Un temps sera consacré pour que les enfants puissent présenter leur collection aux autres et échanger sur l’atelier qui vient de se dérouler.

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atelier 2

répétition d’une trace
CE1, CE2, CM1, CM2

Objectifs :
Atelier en 2 parties : une réalisation individuelle / une réalisation collective. Explorer la répétition systématique d’une forme unitaire et créer un motif. Se situer dans un processus de réalisation simple où il faut marquer une trace et répéter cette seule et unique forme pour trouver un rythme dans la composition. Travailler sur différents supports notamment des papiers, tissus, cartons de récupération.

1ere partie : répéter une forme.
A rapprocher de la démarche d’un autre artiste : Claude Viallat pour sa recherche sur les supports et sur la répétition.

Comment ?
Choisir un élément ramassé dans la nature comme un galet, un coquillage… Cet élément à une forme singulière et permet de prendre aisément le contour avec un feutre. Reporter son galet six fois et prendre six fois le contour de sa forme, sur différents supports de taille identique 6/12 cm et ainsi créer un motif. Coller sur un carré ces six cadres d’une manière systématique de droite à gauche et de haut en bas.

2nde partie : travail à la chaîne, répétition d’une trace.
Pour mettre en évidence que dans le travail à la chaîne il y a la notion de répétition cadencée d’une tâche.
Viallat, Sans titre

Comment ?
> Créer une œuvre collective. > Organisation de travail à la chaîne : chaque élève se voit attribuer, une manipulation, une tache à réaliser. Répéter toujours le même geste. Envisager qu’il y ait quatre chaînes de travail qui fonctionnent de manière autonome dans l’atelier. > Réalisation d’une matrice par groupe Deux matrices découpées autour de la forme dessinée. > Tâches à accomplir au sein de la chaîne : dessiner la forme, la découper, marquer l’emplacement sur le support, tremper dans la peinture, appliquer sur le support, assurer la cadence du groupe Deux matrices pochoirs : la forme dessinée est évidée. > Tâches à accomplir au sein de la chaîne : dessiner la forme, évider, noter l’emplacement sur le support, prendre le contour, peindre sur le support, assure la cadence du groupe En fin de séance un temps est prévu pour comparer le travail effectué par chaque groupe.
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atelier 3

galerie de personnages
collèges & lycées

Objectifs :
Atelier vivant autour de la figure humaine et de la représentation du corps, création d’une galerie de personnages. Travail sur différents supports : papier blanc, kraft, papier journal blanchit, tissu, etc.

Comment ?
Esquisser la position d’un modèle, on travaille sur le corps entier. Multiplier le nombre de croquis rapides et d’après modèle pour créer une série : > soit il y a des volontaires parmi les élèves pour poser et alors il y aura une posture différente, à chaque changement d’élève. > soit on utilise des poupées et alors les postures sont plus rigides et moins diversifiées mais il y a un travail intéressant sur le changement d’échelle. Grâce à divers outils qui permettent de laisser une trace rapide, mais qui ne permettent pas d’avoir un geste affiné : morceau de pomme de terre, éponge découpée trempée dans de l’encre de chine, gant en plastique pour dessiner au doigt, charbon de bois, fusain et craie grasse.

Avec plusieurs contraintes :
> Ne retenir que l’essentiel, esquisser les quelques traits significatifs, noter que ce qui doit permettre de saisir la pose, l’attitude du corps. > Réaliser des croquis en un temps réduit, on chronomètre pour que l’élève agisse dans l’urgence. > Dessiner en grand sur de grands formats : rouleau de papier blanc, grandes feuilles, papier journal blanchi, papier kraft… Dessiner des silhouettes > Dessiner uniquement des parties du corps, les pieds, les mains, le bras, la jambe, le tronc… > Prendre directement le contour du pied ou de la main. Dessiner des visages > Noter l’essentiel, sans détailler les visages, esquisser juste les yeux, le nez, la bouche. > Croquer rapidement le visage sans lever le crayon de la feuille. Création de la galerie de personnage On regroupe, plusieurs croquis (que chaque jeune aura pris soin de choisir dans sa production), on juxtapose les corps entiers, aux différentes parties de corps, et aux visages. On regarde, et on décide ensemble de la composition finale, avant d’assembler.

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