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Association Générale des Étudiants de Paris-Sorbonne

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Le bulletin sans concession de l’AGEPS, le syndicat indépendant de l’université Paris-Sorbonne, Oct/Nov 2012, numéro 35
AUTOMNE 2012

La rentree du changement ?

UNiversite : nouvelles tetes, memes casse-tetes
Éditorial
COGITO ERGO SUM Il est toujours intéressant de s'en remettre à soi. Il est toujours important de savoir s'écouter, de se construire, sans s'en référer à la norme établie, sans se laisser guider par autre chose que les conseils ou suggestions qui nous enrichissent. Sans prendre pour acquis un principe que l'on n’a pas remis en cause, a minima pour le conforter. L'indépendance, c'est la possibilité d'avancer sans retenue autre que le bon sens. C'est acquérir un savoir-faire et un savoir être indissociables d'une certaine notion du bonheur. Ne se laisser influencer que par son intuition propre. L'indépendance, c'est se donner les moyens de faire non pas ce que l'on veut, mais ce que l'on peut avec les opportunités que l'on se crée. Ça demande à la fois beaucoup d'organisation et pas mal de temps, un zeste de motivation et beaucoup de décisions. Ça demande du courage et de la concertation. C’est là la démarche qu’entreprend tout jeune adulte, propulsé dans la vie étudiante et universitaire. C’est là la démarche entreprise par l’AGEPS depuis des années. Construire l'indépendance ne se fait pas sans heurt. Mais ça en vaut la peine. Parce qu'une fois que la route qui nous paraissait si longue a été parcourue, et que l'on arrive à un résultat bien différent de ce que l'on avait imaginé, on a la satisfaction du travail accompli. On a construit, seul ou à plusieurs, un projet. On a réussi, avec ou sans douleur, à surmonter ses craintes, ses envies, à s'enrichir de son parcours. Être indépendant, et le rester, c'est choisir de vivre selon des aspirations fortes, des espoirs incertains. C'est mettre son grain de sel, sa vision personnelle, au service de chacun et de tous. Et c'est ce qui donne à cette aventure un petit goût de victoire. Marie-Marine AKERMANN, présidente de l’AGEPS

Etudiants sans domicile Fixe
Le logement est toujours un casse-tête pour les étudiants. Ils sont rares, chers ou les projets de réhabilitation mal prévus ou mal conçus. Les étudiants continuent d’être pris en otage. Un accord a été passé le 9 octobre 2011 entre les communautés d’agglomérations des Hauts-de-Bièvre (CAHB) concernant la réhabilitation et le redéploiement des résidences universitaires Jean Zay et Vincent Fayo à Chatenay–Malabry. Cette dernière fait partie des plans Anciaux pour en finir avec les logements vétustes et trop petits. En juillet 2011, le bâtiment H a été démoli. Il comptait 91 logements de 28 m!. Le loyer y était de 235 ". Un étudiant expulsé doit donc débourser 700 " pour un équivalent sur Antony. La fermeture se passe en été pendant les vacances scolaires. Les serrures sont changées pour empêcher les étudiants de revenir chez eux. La préoccupation majeure est celle du relogement des étudiants. La cité U d’Anthony comptait 2 100 logements : c’est l’une des plus grandes d’Europe. Le nouveau projet du quartier Jean Zay ne semble pas adapté pour l’accueil des étudiants. Dans le projet de réhabilitation, une crèche va disparaître. La question se pose encore, comment vont-ils faire pour pallier cette disparition ? Les contestations sont nombreuses. Le 10 mai 2012, le tribunal administratif de Versailles annule l’arrêté du 9 janvier 2009 du préfet des Hauts-de-Seine. Ce dernier est à l’initiative du projet de Jean Zay à Antony. Suite à la décision du tribunal les travaux sont stoppés. Enfin, le problème du logement étudiant est une des premières préoccupations du gouvernement. Néanmoins, les plans de construction ne sont pas réalistes. En effet, les plans Anciaux 2004 et 2009 prévoyaient la construction de 40 000 logements. On en compte seulement 22 600, ce qui représente 60% des objectifs de 2012. Quant aux réhabilitations, 56 000 étaient prévues, 25 000 sont encore à réaliser. Le logement est un problème majeur pour les étudiants. Les places en résidence universitaire sont trop peu nombreuses et attribuées en général aux étudiants de Master. Il est donc indispensable que l'État, en partenariat avec les CROUS, entreprenne une réelle politique de construction de logements étudiants. Le problème à Paris et en région parisienne est particulièrement fort. Le loyer moyen pari-

sien est de 657" contre 427" à Strasbourg. On compte 60 000 étudiants boursiers mais seulement 4 000 places en cité U. Les solutions suggérées par le nouveau gouvernement se basent premièrement sur le blocage de la hausse des loyers. Ensuite, l’objectif est la construction de 8 000 logements universitaires par an ; cela représente 40 000 logements sur le quinquennat. Mais à Paris, le gros problème est le manque de place. Le gouvernement doit donc trouver des terrains pour pouvoir tenir ces objectifs. Une des dernières mesures que nous pouvons citer est le plan campus. Ce plan prévoyait 13 000 logements en quatre ans. Malheureusement, aucune livraison n’a eu lieu, le nouveau plan prévoit donc une accélération de sa réalisation afin que les logements voient le jour. Aurélie RIVIÈRE Logement : système S(ardines)

back to school
La fin des vacances d’été a sonné, retour sur les bancs de l’école ou plus exactement sur ceux de l’Université. Pour beaucoup, fraîchement diplômés, il s’agit d’un environnement encore inconnu synonyme d’autonomie et de liberté. La découverte d’un nouvel environnement ne se fait pas sans heurts. Première originalité : l'université Paris-Sorbonne fixe une date officielle de rentrée, mais certaines filières décident dans leur coin de la repousser d'une, voire de deux semaines. De quoi s’y perdre ! Pour savoir quand commencent vos cours, consultez l'ENT (Environnement Numérique de Travail), outil qui vous sera très utile tout au long de l'année : vous y recevrez entre autres vos convocations aux examens. Ce premier semestre de l’année universitaire sera long, très long. Bien que la rentrée soit fin septembre-début octobre, nous n'aurons aucune interruption jusqu’aux vacances de Noël : éreintant pour les étudiants, les enseignants et les BIATSS. Les vacances de février et de printemps se déroulant à très peu de semaines d’intervalle, les élus de l'AGEPS pensent qu'il serait plus judicieux d’en déplacer une en novembre afin que tous puissent profiter d’une pause plus que bénéfique. Si dépaysante que puisse être l'arrivée à l'université, il existe de nombreux moyens de réussir son année et de l’apprécier pleinement. Les bibliothèques, nombreuses à Paris, sont un outil indispensable. Elles sont cependant touchées par des coupes budgétaires drastiques dont les conséquences détériorent nos conditions d’étude. Certaines sont contraintes de réduire leurs horaires d'ouverture ou leur fonds. Nos élus comptent ouvrir l'œil quant à la prochaine fermeture de la BIU (Bibliothèque Inter-Universitaire) et aux conditions de son déménagement. Tout n’est pas qu’affaire de connaissance, mais également de

méthodologie. Pour s’y exercer, le tutorat constitue l’environnement idéal. Il est souvent plus aisé d’évoquer ses difficultés en petit comité à un étudiant qui, plus avancé dans la formation, a probablement connu les mêmes. Le tutorat est également le moment où de nombreux conseils sont dispensés et, cerise sur le gâteau, dans certaines filières, votre présence peut valoriser une moyenne semestrielle un peu juste. Utile à notre formation, le tutorat n’est cependant pas encore assez développé : nous, élus en UFR, aimerions voir des horaires plus adaptés. En première année, il est courant d'hésiter sur la voie à emprunter. Parfois, certains étudiants s’aperçoivent après coup

que le cursus choisi ne leur convient pas. Pas de panique : vous n’êtes pas obligés de « perdre » une année. La réorientation (c’est-à-dire le changement de filière) est possible au cours de l’année universitaire entre les deux semestres. Rien n’est gravé dans le marbre. L'Université n'est pas uniquement un environnement scolaire, loin de là. Paris-Sorbonne compte de nombreuses associations dans des domaines divers et variés. Celles-ci se présenteront à vous lors des forums de rentrée qui auront lieu en octobre dans les centres Malesherbes et Clignancourt. Salomé PAUL

La phrase du mois
"A la rentrée 2012, les bourses ont été revalorisées de 2,1%, soit environ 100 euros par an au dernier échelon", explique Geneviève Fioraso dans une interview d’Educpro. 100 euros par ans, soit 10 euros par mois, et pour les bourses les plus élevées seulement. Sans compter qu’à ces 2,1% d’augmentation répondent... 2,1% d’inflation. On va aller loin !

couloir
Missions et omissions…. Missions sur les rythmes scolaires à l’Éducation Nationale ; réflexion sur la place des Sciences Humaines et Sociales dans la société et leur répartition sur le territoire ; assises de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ; conférences environnementales, etc. Il n’y a pas à dire, les nouvelles équipes planchent à nous construire un avenir brillant, étincelant… C’est pour cela que nous nous permettons de leur rappeler cette petite phrase innocente d’un certain Georges Clémenceau, au hasard : « Si vous voulez enterrer un problème, nommez une commission ! » ! Mutuelles au « banc » de l’université ? Le 11 septembre dernier, l’UFC Que Choisir commettait un crime odieux : la mise en demeure des 11 mutuelles qui couvrent le territoire national contre leurs clauses abusives, l’opacité de l’information aux étudiants, des frais de gestion exorbitants (l’équivalent de 13,7% des prestations versées, trois fois plus que l’assurance maladie !). Ah, quelle hérésie ! Soyons sérieux, n’est-ce pas pour notre bien que ces dévouées mutuelles nous harcèlent de prendre les complémentaires dont on n’a pas forcément besoin, et que c’est grâce à nos adhésions que ces chevaliers de la sécurité sociale étudiante touchent la bénédiction pécuniaire de Saint-État ? ! La Sorbonne, elle est à nous ! La Sorbonne est en travaux depuis deux ans. La rénovation de la bibliothèque a bloqué les amphis et les couloirs attenants, entraînant un déménagement de plusieurs UFR. De nombreuses salles de cours ont été condamnées et relocalisées dans le Quartier latin et dans Paris. Eh bien, grande nouvelle, cette première salve de travaux touche à sa fin ! Les amphis Richelieu, Turgot et Descartes seront restitués dès mars 2013, les autres salles en mai. Le tout sera entièrement opérationnel en septembre prochain. Après tant d'attente, la Sorbonne est rendue à ses premiers destinataires, les étudiants ! ! L’été porte conseil Le 2nd semestre de l’année dernière a marqué les élus d’UFR qui devaient réfléchir aux nouvelles maquettes pour 2014. Ceux de Littérature, de Latin, de Grec et de Langue Française ont assisté à un spectacle particulier puisque ces UFR ont été incapables de se mettre d’accord sur la maquette de Lettres Modernes. Non contentes de se renvoyer la balle, elles ont opposé deux options, l’une soutenue par la Littérature Française et Comparée, l’autre soutenue par le Latin et la Langue Française, le Grec ayant décidé de rester neutre. On dit que la nuit porte conseil… Mais l’été aussi puisque début septembre tout ce petit monde a réussi à se mettre d’accord.

Au fond du

ACTUALITE PARIS-Sorbonne - Doctorat
Ils sont 2 300 à Paris-Sorbonne. Et chaque année, 300 d’entre eux soutiennent leur thèse, sur 11 000 en France. Plus haut grade universitaire, le Doctorat est le passage obligé pour tout aspirant chercheur. Il a donc une vocation de professionnalisation et de spécialisation. Mais les conditions de travail varient d’un cas à l’autre. Depuis 2009, l’AGEPS organise chaque année une « consultation doctorale », afin d’établir un état des lieux sur les conditions de travail de tous les doctorants et de mieux identifier leurs besoins. Ces enjeux tournent autour de trois temps forts : la formation, la vie doctorale, et l’insertion professionnelle. Contrairement au Master ou à la Licence, il n’existe pas de maquette d’enseignement pour le Doctorat. Le thésard se forme seul, avec comme unique repère son directeur de recherche. Cela entrave le développement d’une « atmosphère stimulante » et favorable à ses recherches dans la plupart des Écoles Doctorales. Certes, il dispose déjà de bases méthodologiques, acquises durant son Master. Mais la création de modules de formation facultatifs (rédaction, bibliogra-

QUOI D’NEUF DOCTEUR ?

phie, outils, statistiques, vocabulaire scientifique en langues étrangères), apporterait une plus-value inestimable. Si l’École Doctorale 7 (Géographie) propose divers ateliers de cartographie, d’enquête sur le terrain, d’anglais scientifique, de réalisation de poster, etc., ce fonctionnement reste une exception à Paris-Sorbonne, alors qu'il est généralisé dans d’autres universités françaises et européennes. De son côté, la vie doctorale peine à exister. La communication des Écoles Doctorales et de leurs différents laboratoires reste sporadique, notamment pour les divers événements scientifiques. Des progrès ont été faits, grâce à une implication des doctorants dans la vie institutionnelle, à laquelle l'AGEPS a pris part, mais ils ne disposent pas à proprement parler d’espace dédié, pas même à la bien nommée Maison de la Recherche. La construction d’un tel espace se fait actuellement au gré des volontés, sans réelle pérennité. Cependant, les journées d’accueil se développent, favorisant les interactions entre chercheurs, doctorants, administratifs et services scienti-

fiques existants. Sur ce point, l’accueil des doctorants étrangers pèche encore. Enfin, l’insertion professionnelle se révèle être un vrai casse-tête. Certes, la question ne se pose presque pas pour les bénéficiaires d’un concours de la fonction publique (généralement de l’Éducation Nationale). Pour les autres, disposant d’une des nombreuses bourses de thèse existantes ou enchaînant les petits boulots alimentaires, il est plus ardu de faire valoir son grade dans le secteur privé. La difficulté s’accroît lorsque ce sont des sciences humaines. Les Écoles Doctorales pourraient jouer un rôle de patronage dans l’organisation de rencontres entre doctorants et milieux professionnels, notamment dans l’art et la culture. Il reste donc beaucoup à faire. Cependant, quelques initiatives sont prises, comme celle de l’Équipe de Rédaction de l’Aide-Mémoire à l’Intention des Doctorants de Paris-Sorbonne (ERAMID), groupe de doctorants indépendants qui a, dès 2010, entrepris la rédaction d’un guide pratique pour tous les doctorants, de l’inscription à la soutenance, en passant par les possibilités de financement. Aujourd’hui, il est devenu le principal document d’information pour tous et dispose d’une mise en ligne sur le site de l’université. Simon VACHERON

ACTUALITE nationale - Rentree aux ministeres

LES ETUDIANTs ont toujours faim
Première rentrée pour les ministres socialistes à l'Éducation Nationale et à l'Enseignement Supérieur et la Recherche, Vincent Peillon et Geneviève Fioraso. En ce premier temps clé de leur nouvelle fonction, quelques actes sont à saluer, mais on en attend d'autres. Du côté de l'Education Nationale, l'exprof. de philo. qui a hérité du vaisseau en perdition a ouvert le 5 juillet à la Sorbonne la « concertation sur la refondation de l'école », dont les conclusions doivent guider la rédaction d'une loi cet automne. Au programme, la réussite pour tous, la formation des enseignants, les rythmes scolaires... On peut saluer la volonté de concertation et d'écoute, grande nouveauté depuis ces cinq dernières années, mais que sortira-t-il de tout cela ? En cette rentrée, quelques mesures concrètes ont déjà été prises : François Hollande avait promis la création de 60 000 postes d'enseignants au cours de son quinquennat ; cela commence, quoique doucement. Bien qu'il ait gelé les salaires – il aimerait les augmenter, mais il ne le peut pas, ditil –, M. Peillon a créé 6 000 postes « d'urgence » pour cette rentrée 2012, puisant dans les listes complémentaires des concours. Ces nouveaux stagiaires bénéficieront cette année d'un aménagement de service : ils travailleront... 3 heures de moins qu'un temps complet. C'est mieux que rien, mais 15 heures de cours par semaine pour un débutant, c'est encore beaucoup trop. On attend de voir comment sera réorganisée la formation des enseignants et quelle forme prendront les « écoles supérieures du professorat et de l'éducation » annoncées pour 2013. Du côté du supérieur, la discrète Mme Fioraso doit être saluée pour l'un des premiers actes de son mandat : l'abrogation de la honteuse circulaire Guéant qui entravait les diplômés étrangers désireux de rester travailler en France (voir LSD n°33). Par ailleurs, l'ambiance est là aussi à la discussion : les assises de l'Enseignement Supérieur ont été lancées le 11 juillet. Il ne s'agit pas de faire jaillir des idées, puisqu'elles sont déjà là depuis les États Généraux de la Recherche de 2004, mais de réfléchir à des mises en œuvre concrètes. La nouvelle ministre compte bien réaliser l'autonomie des universités, mais sous une autre forme que celle de la LRU, qu'elle qualifie de « leurre ». Un mot encore trop doux ? On attend le résultat : le rapport qui doit sortir en décembre et la nouvelle loi prévue pour 2013. En attendant, un Le mouvement est lancé : les étudiants qui protestent le font pacifiquement, avec des moyens bien différents de nos « manifs » françaises. Carré rouge cousu sur les vêtements, débats à l'université avec les enseignants, défilés pacifiques... Les réseaux sociaux jouent un rôle clef dans ce mouvement. Les pages se multiplient sur Internet et de nouvelles formes de médias voient le jour qui ne se revendiquent d'aucun parti, d'aucun syndicat. Ce sont des étudiants motivés, impliqués, indépendants, qui ont pris le parti de l'organisation pour rassembler au maximum. Le plus intéressant est l'étroite collaboration qu'entretiennent tous ces nouveaux réseaux. Très liés, ils ne se marchent pas dessus. Leur intérêt ne réside pas dans la promotion de leur groupe ou de leur association, mais bien dans la prise de conscience collective. Il faudra cependant attendre encore quelques semaines avant que toute la population s'empare de ce mouvement : la « Loi 78 répressive », dite « Loi matraque », du 18 mai 2012. Promulguée par un gouvernement dépassé par la longévité et l'intensité non relâchée du mouvement étudiant, elle visait à les faire taire en restreignant les libertés de parole, de rassemblement... De « simple » mouvement étudiant, le mouvement se transforme en une remise en cause du système politique, du néo-libéralisme, de la marchandisation des services

moratoire a déjà été prononcé contre le décret sur le statut des enseignants-chercheurs, qui fut l'un des enjeux principaux des longues grèves de 2009. Mais il reste, pour nous étudiants, un problème particulièrement immédiat et crucial : nos conditions de vie. Comme à chaque rentrée, il faut tirer la sonnette d'alarme. Certes, cette année encore, les frais d'inscription n'augmentent qu'en fonction de l'inflation. Il n'empêche qu'ils augmentent. Certes, les bourses suivent cette augmentation. Il n'empêche que cela ne pallie pas leur insuffisance de base : les bourses les plus élevées, 460" par mois, ne permettent aucunement de vivre, et les critères d'attribution privent trop d'étudiants en situation critique d'en bénéficier. Certes, l'augmentation des loyers est désormais encadrée. Il n'empêche que la crise du logement étudiant est toujours aussi alarmante : les résidences du CROUS ne sont en mesure d'accueillir que 7% de la population étudiante française. Depuis le dernier rapport de l'OVE (Observatoire de la Vie Étudiante) en 2010, rien n'a changé : 50% des étudiants sont toujours obligés de se salarier, dont 30% à temps plein, pour financer leurs études qu'ils mettent ainsi en péril. Sur son blog, Mme Fioraso annonce que la vie étudiante, et en particulier le logement, est sa priorité. Nous l'appelons à tenir parole. Juliette HALLÉ publics en général. Des assemblées de quartier voient le jour, la population s'empare des questions qui la concernent. Ce « Printemps Érable » politise toute une génération, tout un peuple qui jusque là vivait sur des acquis qu'il peinait à remettre en question. Du point de vue étudiant, le combat politique et social, cristallisé contre la hausse des frais d'inscriptions à l'université, se renforce. Un syndicat indépendant, nationalisé par l'ampleur prise par le mouvement, s'est créé : la Coalition Large de l'Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (CLASSE). Ils demandent entre autres la tenue d'états généraux de l'éducation dès cet automne. Le mouvement se poursuit, et avec lui, les peuples échangent sur leur idéal de société, sur un vivre ensemble au delà du Québec même. Comme le dit un des porte paroles de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois : « Notre grève, c’est pas un événement isolé, notre grève c’est juste un pont, c’est juste une halte le long d’une route beaucoup plus longue. » Après des mois de protestation acharnée, le nouveau ministre mandaté par le gouvernement élu il y a plusieurs semaines a décidé d'abroger ces lois. Une excellente nouvelle pour les mobilisés québécois, et un vent d'espoir pour les étudiants de tous pays ! Marie-Marine AKERMANN

ACTUALITE internationale - QUEBEC

Le printemps erafle
En temps normal, les Québecois n'ont pas une grande culture de la protestation. Certes d'origine française, ils ont toujours eu une affection particulière pour notre façon de nous manifester de toutes les manières possibles. Mais aujourd'hui, les Québecois ont dépassé leurs maîtres en la matière. Leur vision de la protestation est empreinte de bonne humeur et de conviction. Ce mouvement, initié par la manifestation du 13 février 2012 à Montréal, où plus de 300 000 personnes avaient investi les rues, s'est construit graduellement. Où l'on voit qu'un mouvement étudiant large dépasse ses frontières universitaires pour phagocyter toute une société en mal de reconnaissance. Tout a commencé avec l'annonce du gouvernement québecois en février : une hausse des frais d'inscription à l'université de 75% sur cinq ans. Une somme qui priverait près de 30 000 étudiants d’y accéder. Quelques jours plus tard, la hausse est finalement fixée à 82% sur sept ans. Un désastre pour les étudiants québecquois qui défendent, contre une vision matérialiste et rentable de l'université, une vision humaniste de l'enseignement comme formation intellectuelle du citoyen.

POUR ALLER PLUS LOIN - l’ecologie a l’universite

Alors que les enjeux environnementaux sont de plus en plus présents dans les débats de société, ce sont des questions peu discutées dans la plupart des universités françaises. La communauté universitaire semble en effet se concentrer plus sur la numérisation croissante des savoirs et ses conséquences, notamment en termes juridiques, que sur l'impact écologique qu'elle peut avoir. Restauration, logement, transport… autant de domaines où il est urgent de prendre en compte les questions écologiques afin d'améliorer les conditions d'étude et de travail de tous.

SOYONS UNIVERSI-TERRE !
LOGEMENT ET TRANSPORTS Éternel problème pour les étudiants, surtout en région parisienne, le logement gagnerait à être intégré dans un débat environnemental. Si l'État et les CROUS entreprennent une réelle politique de construction de logements étudiants, les constructions HQE (Haute Qualité Environnementale) et écologiques doivent être prioritaires, afin d'obtenir des bâtiments peu consommateurs d'énergie. Les résidences existantes ne doivent pas être en reste : il est urgent d'of-

ports en commun. Les places en résidence universitaire doivent être attribuées en fonction du lieu d'étude : il est stupide de devoir subir quarante minutes de transport quand existe une résidence à dix minutes de son université… ET LES UNIVERSITES ? La Conférence des Nations Unies sur le développement durable, qui s'est tenue à Rio en juin 2012, était ambitieuse. Elle proposait ainsi aux universités un engagement sur plusieurs points : enseignement des concepts, encouragement de la

GENEPI : groupement etudiant national d’enseignement aux personnes incarcerees
Chaque année, plus d’un millier d’étudiants bénévoles au GENEPI entrent en détention pour animer des ateliers avec des personnes incarcérées. Chaque année, nous rencontrons des hommes, des femmes et des adolescents que la société a oubliés derrière les murs. Chaque année, ce que nous y voyons, ce que nous y entendons nous pousse à continuer à exister. Nous ne voyons de la prison qu’une parcelle. Nous ne rencontrons parmi les personnes incarcérées que celles que l’administration pénitentiaire a choisi d’inscrire sur les listes selon des critères qui nous sont souvent obscurs. Nous ne nous rendons que dans les prisons situées à l’orée des villes. Aussi restreinte soit cette fenêtre que nous construisons entre l’intérieur et l’extérieur, nous continuerons notre action jusqu’à parvenir un jour à toucher les personnes les plus isolées et à entendre les voix les plus étouffées. En aucun cas nous ne souhaitons parler en lieu et place des personnes qui vivent la prison dans leur chair. Si la prison empêche les voix captives de sortir de son enceinte (en contrôlant le courrier, en interdisant l’accès à Internet, en prohibant les pétitions…), ce n’est pas une raison pour porter un message qui ne nous revient pas. Nous ne vivons pas l’humiliation d’une fouille à nu, la douleur d’un parloir, les bruits permanents, l’exiguïté d’une cellule de 9m! partagée à plusieurs et la lenteur du temps qui passe quand on y est enfermé vingt-deux heures par jour. Cependant, les dysfonctionnements du système carcéral, nous sommes bien forcés de les constater. Sur cent personnes incarcérées, onze sont en situation d’illettrisme, trente sont issus de cursus courts ou d’échecs scolaires, quarante-six sont sans diplôme. Au total, 80% des prisonniers et prisonnières n’ont pas dépassé le niveau CAP. Si le lien entre exclusion sociale et parcours délinquant est évident, il est rarement mis en avant. Christiane Taubira, la Garde des Sceaux, a affirmé cet été sa détermination de sortir du « tout-carcéral » et de développer les peines alternatives à l’incarcération. Le lynchage dont elle a été la cible pour des propos, somme toute, assez peu révolutionnaires montre bien la difficulté de sortir d’un cadre de pensée vieux comme le monde. Les défenseurs de l’institution pénitentiaire ont crié à l’outrage aux victimes. Seulement, parallèlement à une hausse massive du taux d’incarcération (+11% depuis janvier 2011), les associations d’aide aux victimes ont vu baisser de manière importante les subventions qui leur étaient accordées. Comment comprendre ce paradoxe ? C’est pourtant en leurs noms qu’on dresse des politiques pénales sécuritaires qui conduisent chaque année un peu plus de personnes dans ces prisons désinsérantes et déshumanisantes. Désinsérantes parce qu’une peine de prison implique de perdre logement et emploi et d’être éloigné de sa famille. Parce qu’être incarcéré, c’est désapprendre toute forme d’autonomie et se heurter à une infantilisation constante, être empêché d’avoir la moindre initiative, ne plus avoir le droit d’ouvrir soi-même une porte ni de faire une démarche administrative. Déshumanisantes, parce qu’une peine de prison malmène la dignité et prive de tous les droits : travail, santé, hygiène, formation, intimité, sexualité. Dès lors, comment s’étonner qu’il y ait sept fois plus de suicides en détention qu’à l’extérieur ? Pallier le problème de la surpopulation carcérale par une augmentation du parc pénitentiaire est un pis-aller. Chaque prison construite est immédiatement remplie au-delà des limites du raisonnable. L’abolition de la peine de mort n’a pas fait augmenter le nombre de meurtres. De la même façon, arrêter d’incarcérer à tour de bras ne fera pas augmenter les chiffres de la délinquance. Tant que la société n’acceptera pas cette idée, nous poursuivrons notre entreprise de décloisonnement par le partage de savoirs, nous continuerons à déconstruire l’évidence de la prison et à construire des ponts entre l’intérieur et l’extérieur. GENEPI Groupement Etudiant National d’Enseignement aux Personnes Incarcérées 12, rue Charles Fourier 750013 PARIS TEL : 01 45 88 37 00 www.genepi.fr

TRIBUNE

Une rentrée vitaminée

RESTAURATION Vous l'avez peut-être constaté, les AMAP (Association de Maintien de l'Agriculture Paysanne) se sont beaucoup développées ces dernières années. Depuis plusieurs mois, on voit même des AMAP étudiantes naître : Pot'IG à l'Institut de Géographie, créée par des étudiants du Master Environnement de Paris I Panthéon-Sorbonne ; la Cagette des Étudiants, hébergée par la Maison des Initiatives Étudiantes (MIE) ; le Kdi des Grands Moulins au Labo 13… pour ne parler que d'initiatives parisiennes. Le principe est simple : un partenariat avec un agriculteur de la région est passé pour fournir aux adhérents fruits et légumes. Le bénéfice est double : le producteur a un revenu correct et stable, les adhérents ont des produits frais, de saison et souvent cultivés en agriculture biologique ou raisonnée, le tout pour une somme modique, généralement une dizaine d'euros par semaine. Il y a en effet fort à faire dans la prise en compte des enjeux environnementaux dans la restauration universitaire, d'un bout de la chaîne (production des denrées) à l'autre (traitement des déchets). Différentes mesures peuvent être prises et avoir des effets rapides sur la qualité des repas préparés par les restaurants universitaires (RU) et les cafétérias. Ainsi, le choix de produits de saison issus de l'agriculture régionale et le développement des alternatives végétariennes permettraient de baisser le coût d'achat des produits, de mieux rémunérer le personnel ou d'en embaucher plus, afin d'améliorer leurs conditions de travail ainsi que le service. Pour les produits qui ne peuvent être issus de l'agriculture locale (café, thé, jus de fruit…), le choix du commerce équitable semble le meilleur : bien que peu contraignant sur le plan écologique, il assure une rémunération digne des producteurs. À l'autre bout de la chaîne, il serait intéressant d'étudier des solutions de valorisation des déchets organiques.

frir aux étudiants des conditions de vie décentes. Une réhabilitation peut ainsi être l'occasion d'améliorer les performances environnementales des bâtiments, d'en améliorer l'isolation énergétique et sonore, d'installer un système de réutilisation de l'eau (qui a besoin d'une eau limpide et potable dans ses toilettes ?). On peut aussi imaginer la création d'espaces de vie collective (laverie, salle de jeux, salle de sport…), car on respecte d'autant mieux un environnement qu'on s'y sent bien. Il en va de même pour la restauration et la construction de lieux de cours, et il est regrettable de constater que dans notre université, qui se veut moderne, les bâtiments historiques sont vétustes et les centres récents, voire encore en construction (Clignancourt pour ne pas le citer) sont loin d'être à la pointe de l'innovation environnementale, alors qu'ils auraient pu l'être. En matière de logement, il existe des initiatives inventives et intéressantes. Lancées à Amsterdam en 2006, exportées dans plusieurs pays, les résidences formées de conteneurs peuvent être efficaces et peu coûteuses : les conteneurs en rez-de-chaussée peuvent accueillir des étudiants handicapés, on peut facilement y intégrer balcons et panneaux solaires… Mais la tentative française, au Havre, fut peu brillante : mauvaise isolation, fuites d'eau… Logements et bâtiments universitaires doivent aussi être intégrés dans la ville, à proximité des trans-

recherche, soutien aux efforts de développement durable, éco-responsabilisation des campus, rationalisation des ressources énergétiques, choix d'achats durables… Mais l'éléphant a accouché d'une souris : la feuille de route issue de la Conférence revoit les ambitions environnementales à la baisse et est fustigée par les associations de protection de l'environnement. Si de nombreuses mesures peuvent être prises et les avancées grandes, les universités doivent elles aussi adopter un comportement écologique. Inutile de nous attarder sur les mesures concrètes de gestion des énergies (isolation, éclairage, eau…) et de tri (tri sélectif, recyclage, réutilisation des toners d'imprimantes et de photocopieuses…), loin d'être systématiques ou d'une efficacité redoutable. C'est surtout en tant qu'institution de Recherche et d'Enseignement qu'elles doivent agir. L'Université doit en effet encourager sa communauté à adopter des comportements respectueux de l'environnement, car la bonne volonté et la participation de chacun est nécessaire au développement durable. Mais surtout, elle doit s'emparer du débat, voire le susciter elle-même. Ce qui, dans un contexte de course au financement permanente, semble malheureusement loin de ses préoccupations. Alice BENSO

Le strip - Marvin & Loomis - Sacrifice

culturel
NUIT BLANCHE Cette année, la 11ème édition de la Nuit Blanche a lieu le 6 octobre. Le thème : “Retrouver une utopie, le Paris du silence.” A noter qu’une quinzaine de belvédères habituellement inaccessibles au public permettront exceptionnellement de contempler la ville ! EXPOSITION Paris vu par Hollywood A l”Hôtel de Ville, du 18 septembre au 15 décembre, découvrez le regard porté sur Paris par le cinéma hollywoodien ! Exposition gratuite de 10h à 19h, tous les jours sauf dimanche et jours fériés. TANDEM PARIS-BERLIN Les capitales française et allemande célèbrent leurs 25 ans d’amitié par une série de projets artistiques et d’événements culturels simultanés. Retrouvez le programme sur www.paris.fr ! CONCOURS DE DESSIN Paris capotes création Tous les ans, la mairie de Paris distribue 350 000 préservatifs gratuits. Cette année, elle propose aux Parisiens de confectionner euxmêmes le dessin qui figurera sur la pochette. Pour participer , au concours, rendezvous sur www.facebook.fr/paris/ CINEMA FILMIQUE : cycle de projections de films Organisée par Paris-Sorbonne et le Centre Georges Pompidou, ce cycle de projections permet à tous les étudiants du PRES Sorbonne Universités de visioner des films gratuitement tout au long de l’année, assortis d’un bref commentaire oral. Calendrier : les vendredi 5 octobre, 9 novembre, 7 décembre, 8 février , 1 mars, 5 avril, 17 mai et 24 mai (12h-15h) de 12h à 14h dans le grand amphithéâtre de l’Institut d’Art et d’Archéologie, 3 rue Michelet, Paris 6°. Venez nombreux ! EXPOSITIONS LOUVRE Raphaël, les dernières années L’exposition réunit les œuvres réalisées à Rome par le grand peintre pendant les sept dernières années de sa vie. Du 11 octobre au 14 janvier Hall Napoléon Tous les jours sauf mardi 9h-18h Nocturnes mercredi et vendredi jusqu’à 21h45 Samedi et dimanche jusqu’à 20h Entrée 12" Chypre entre Byzance et l’Occident, IVe-XVIe siècle Panorama de l’histoire singulière de l’art chypriote depuis la fondation de Constantinople jusqu’à la conquête de l’île par les Turcs. Du 28 octobre au 28 janvier 2013 Entresol Tous les jours sauf mardi 9h-18h Nocturnes mercredi et vendredi jusqu’à 21h45 Entrée 11"

Agenda

RENtree litteraire
Alors que chacun s’engage à terminer ses derniers préparatifs, comme chaque année, septembre retentit de son plein de romans et sonne la rentrée littéraire ! D’ici à octobre ce sont 646 publications qui sont attendues : 8 de moins que l’an dernier nous dira-t-on, mais qu’importe, puisque pour l’industrie de l’édition cette période tend à nous présenter les futurs lauréats des prix littéraires qui seront nommés à l’automne prochain. En effet, depuis la création du Goncourt en 1903 ou encore du prix Fémina en 1904, les éditeurs exposent en cette période, dans toutes les librairies, leur florilège de nouveaux romans. Cette grande opération se révèle comme un important plan marketing mais qu’en est-il des œuvres, de cette substance dont nous serions si avides ? Certaines références reviennent sur

toutes les lèvres. Ainsi, nous pourrons comme d’autres nous attarder sur L’hiver des hommes de Lionel Duroy (édition Julliard), présentant l’histoire des enfants des criminels de guerre ; sur Peste et Choléra de Patrick Deville (édition Seuil) où nous est contée l’épopée d’Alexandre Yersin, élève de Pasteur ; sur le deuil de la mort d’une mère de Laisser les cendres s’envoler de Nathalie Rheims (édition Léo Scheer) ; sur le très attendu Oh… de Philippe Djian (édition Gallimard) ou encore sur le récit de la campagne de François Hollande, Rien ne se passe comme prévu, de Laurent Binet (édition Grasset). Du roman autobiographique au récit d’Histoire, de la religion à la folie, les romans de cette année mettent au devant de la scène, à un rythme effréné, une multitude de styles. Des quelques 220 romans étrangers nous retiendrons La fabrique des illusions de Jonathan Dee (édition Plon), hisVisionnaire ? Stanley Kubrick l’est indéniablement ! Né deux semaines avant Andy Warhol, en 1928, Mr K. s’est imposé dans le monde du cinéma avec 11 films majeurs sur les 13 de sa filmographie. Détailler toute l’oeuvre de Kubrick en 3 colonnes et 500 mots est tout bonnement impossible, aussi, je vous renvoie à ses films afin d’en découvrir toutes les subtilités, comme l’utilisation intensive des travelling dans Shining ou des zoom dans Orange mécanique et les univers qui y sont associés, fondements de la révolution kubrickienne. Stanley Kubrick, c’est une révolution dans le film de guerre avec Dr Folamour, satyre sur la guerre froide, une révolution dans le drame sociologique avec Orange Mécanique, film joyeux et coloré sur fond de Beethoven au synthé où les images violentes sont tout bonnement insupportables (le film fut retiré de l’affiche peu de temps après sa

toire d’amour et de destins croisés dans l’Amérique des années 1980-1990, ou encore Rosa Candida de Audur Ava Olafsdottir, parcours mouvementé d’un jeune homme emprunt d’amour pour la botanique. Et bien que les primo-romans soient de moins en moins nombreux, 69 seulement cette année, Nos cheveux blanchiront avec nos yeux de Thomas Vinau, publié par une nouvelle maison d’édition, Alma Editeur, semble déjà annoncé comme une véritable révélation. Grand plongeon dans des univers imagés, ces livres nous transportent d’un sentiment à l’autre, parfois très proches de nos réalités. Et si le style laisse parfois à désirer, ne pouvons-nous pas nous dire que l’important est ici de sentir, de ressentir et de nous laisser porter par de possibles révélations ? Typhaine BOUCARD sortie en Angleterre suite aux menaces de mort que Kubrick a reçues… et ressorti à sa mort), une révolution dans le film d’horreur avec Shining, où l’intrigue se passe dans des espaces éclairés et vastes, une révolution technique dans le film historique avec Barry Lyndon, entièrement éclairé à la bougie (afin de donner une impression de tableau). 2001 fut sorti en 1968... un an avant le premier pas sur la Lune. Beaucoup de rumeurs circulent. Fondées ou pas, on ne le saura probablement jamais, mais ce qui est sûr, c’est que Stanley Kubrick était un visionnaire et a réalisé des films dont les bases sont encore les nôtres. Sans 2001, George Lucas aurait-il réalisé Star Wars ? La seule imperfection de Kubrick fut le décalage de ce dernier avec le monde qui l’entourait. Paranoïaque, Kubrick aura su nous frustrer. 2010 : annulation du projet de reconquête de la Lune. 2012... et Jupiter ? Grégory JOUBERT œuvre le programme que nous vous avions proposé aux élections en mai dernier : publication des procès verbaux des conseils et des adresses mail des élus, création d'un cours de grec en M2 de LC, ouverture des langues vivantes en L3 de LM et LMA, cours de langue aux deux semestres en Géographie dès l'an prochain, amélioration des emplois du temps… Vos élus sont donc utiles et améliorent vos conditions d'étude. Alors n'hésitez pas à nous contacter ni à aller voter dans les semaines qui viennent pour vos représentants en Langue Française, ItalienRoumain, Études Slaves et Études Arabes et Hébraïques ! Alice BENSO

2012... et jupiter ?
Nous sommes en 2001. Le vaisseau d’exploration Discovery s’approche de Jupiter afin de trouver la source d’un rayonnement électromagnétique, identique à celui perçu sur la Lune autour d’un monolithe noir fort étrange trouvé deux ans auparavant, et enfoui 4 millions d’années plus tôt. Ce vaisseau est contrôlé par un ordinateur de bord possédant une intelligence artificielle : HAL 9000, ordinateur prenant le contrôle total du vaisseau et en otage ses habitants. Ce film pose les questions suivantes : de quelle manière évolue l’humanité ? Avons-nous réellement besoin de tout savoir ? Le progrès technologique est-il une menace ? Cette dernière question est actuellement au coeur des débats dans le secteur de la technologie.

La voix des Elus
Vous qui tenez entre vos mains votre premier Sorbonnard Déchaîné, une question vous brûle certainement les lèvres : c'est quoi, un élu étudiant ? Tout simplement quelqu'un, étudiant comme vous et qui, en plus de suivre les mêmes cours que vous, assiste à divers conseils, parle démocratie, vous harcèle de temps en temps à coup de tracts ou de pétitions, vous soutient en cas de problème ou de litige, répond à toutes les questions que vous vous posez sur votre filière. Mais surtout, un élu étudiant, c'est quelqu'un qui défend vos droits et œuvre à en gagner de nouveaux, à l'échelle de votre filière (élus d'UFR) comme de l'université (élus des Conseils Centraux). Réjouissezvous, cette rubrique est là pour

f

vous rend r e compte de leur travail et de ce qui se dit dans les Conseils de Paris-Sorbonne. Quiconque a déjà passé une année dans cette université connaît les vicissitudes de notre calendrier : un premier semestre bloc, un second semestre gruyère (ou plutôt emmental). Cette année, ce sera pire : tous les cours du premier semestre auront lieu avant les vacances de Noël. Un calendrier éreintant mais pourtant voté sans encombre par les Conseils, où seuls les élus de l'AGEPS l'ont dénoncé. Dans les années qui viennent, ce calendrier risque d'être encore plus perturbé : la question du déplacement de la session de rattrapage de septembre à juin est de plus en plus présente. C'est pourquoi nous avons demandé que la commission des

rythmes universitaires soit recréée et l'ensemble de la communauté universitaire consultée afin que, miracle de la démocratie, le débat puisse être tranché au mieux. La présidence de l'université s'est engagée à entamer les discussions cet hiver. Affaire à suivre. Deux bonnes nouvelles néanmoins : le CEVU a validé deux motions que nous avions proposées, le droit au silence au moment des examens dans tous les centres (toujours utile en cette période de travaux) et le principe de ne pas faire passer des examens dans les salles de cinéma. Enfin, en ce début, c'est le renouvellement du contrat quinquennal qui occupe tous les conseils : ce contrat, qui lie l'université et l'État, permet une reconnaissance des diplômes nationalement et détermine la subvention versée par l'État pour les cinq années à venir. Les élus des Conseils d'UFR s'emploient aussi à mettre en

Zone d’info
Santé
Calendrier : 20 novembre, 11h-15h Contraception et dépistage. à Clignancourt : 28 et 29 novembre à la Sorbonne : Dépistage. 28 avril à Clignancourt : Conduites à risque. 8 et 9 avril, 12h-15h à Malesherbes : Dépistage. N’hésitez pas à les contacter : 01 40 51 10 00 siumpps@upmc.fr Réfectoire des Cordeliers, 15 rue de l’École de Médecine, 75006 Paris, m° Odéon, esc. G, 3è étage.

01 40 46 32 27 www.ageps.org contact@ageps.org
Syndicat indépendant de ParisSorbonne, l’AGEPS dispose de nombreux élus dans les différents conseils d’UFR et de 8 élus dans les conseils centraux de Paris-Sorbonne. Étudiants, nous travaillons chaque jour à ce que notre voix à tous soit prise en compte. Rejoignez-nous ! Nos locaux: SORBONNE: salle F646 galerie Claude Bernard, esc. P 2è étage. MALESHERBES: salle 113, 1er étage CLIGNANCOURT: salle 540, 5è étage Le Sorbonnard Déchaîné : Directeur de publication : MarieMarine AKERMANN, Rédactrice en chef : Juliette HALLÉ, Comité de rédaction de ce numéro : M-M AKERMANN, Alice BENSO, Typhaine BOUCARD, Octave BUFI, Juliette HALLÉ, Grégory JOUBERT, Samuel PADOUX, Salomé PAUL, Aurélie RIVIÈRE, Simon VACHERON. Dessins : Julien FOUQUET. Maquette : Xavier HENRY. Avec la participation du FSDIE de Paris-Sorbonne

Le SIUMPPS (Service Inter-Universitaire de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé) est le service de santé de Paris-Sorbonne. Il offre des consultations gratuites de généralistes, de psychologues et de spécialistes et organise des événements de médecine préventive tout au long de l’année sur tous les sites de cours. Contraception : Vous pouvez vous adresser aux infirmières de la Sorbonne pour renouveler votre ordonnance de pilule. Malheureusement, il n’y a pas encore d’infirmerie à Clignancourt ni à Malesherbes... Des préservatifs fournis par le SIUMPPS seront aussi disponibles gratuitement toute l’année, n’hésitez pas à venir nous en demander !