Le niveau des Gens du Hadîth

vendredi 30 mai 2003 Al-Khâtib al-Baghdadî (Ra) rapporte : « Ahmad Ibn 'Alî Al-Abâr a dit : « J'ai vu à al-Ahwâz un homme qui s'était taillé la moustache. Je pense qu'il a acheté des livres, puis s'est apprêté à énoncer des fatâwas, quand on fit mention [auprès de lui] des savants du hadîth. Il dit : « Ils ne sont rien, ils ne représentent rien ». Alors, je lui dis : « Tu n'accomplis pas parfaitement la prière ». Il répondit : « Moi ? » Je lui dis : « Oui ! Qu'est-ce que tu mémorise de la sunnah du Messager d'Allâh, lorsque tu entames la prière et que tu lèves tes mains ? ». Il ne répondit pas. Puis je lui dis : « Qu'est-ce que tu mémorises de la sunnah du Messager d'Allâh lorsque tu t'inclines [lors de tes prières] et mets tes mains sur tes genoux ? ». Il ne répondit pas. Puis je lui dis : « Qu'est-ce que tu mémorise de la Sunnah du Messager d'Allâh lorsque tu te prosternes ? ». Il ne répondit pas. Puis je lui dis : « Pourquoi ne parles-tu pas ? Ne t'ai-je pas dis que tu n'accomplis pas parfaitement la prière ? Toi, on t'a seulement dit d'accomplir la prière de l'aube [al-fajr] en deux raka'at, celle de Dhuhr en quatre raka'at, alors attache-toi à cela, car cela est meilleur pour toi que de parler contre les savants du hadîth. Tu n'es certes rien et tu n'accomplis rien parfaitement. » Al-Khâtib al-Baghdadî ajoute : « L'exemple de cet homme parmi les jurisconsultes [fuqaha] est semblable à ce que nous avons mentionné précédemment à propos de celui prétend appartenir au gens du hadîth [ahl ul-hadîth], alors, qu'il n'a de science que ce qu'il a entendu et lu, sans jeter aucun regard sur les diverses sciences du hadîth. Quant aux chercheurs et aux spécialistes du hadîth ce sont les Imâms et savants, les jurisconsultes et les gens qui sont dignes de respect et d'un rang élevé. Ils ont protégé pour cette communauté les lois du Messager. Ils ont rapporté les nouvelles de la Révélation, ont confirmé l'abrogeant et l'abrogé [an-Nasikh wal-Mansoukh], ont fait la distinction entre les versets sans équivoque et les versets prêtant à l'interprétation, et ont consigné les paroles du Prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam), et ses actes, dans les différentes situations relatives à la vie du Prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam) notamment pendant son éveil et durant son sommeil, sa manière de s'asseoir, de se tenir debout, de s'habiller, de monter sur sa monture, de manger et de boire, jusqu'à mentionner la façon dont il se rongeait les ongles, sa façon de cracher et ce qu'il disait avant tout acte ou toute situation qu'il vivait, et ceci, par respect pour son rang - (sallallahu 'alayhi wa sallam) - par connaissance de l'honneur attribué à celui qui s'intéresse à ce qui à été dit sur le Prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam) ou ce qui lui a été attribué. Ils ont préservé les vertus de ses compagnons, les mérites de sa famille et ils ont rapporté les biographies [sîra] des Prophètes, les rangs des vertueux et les divergences des jurisconsultes [fuqaha]. N'eut été la sollicitude des savants du hadîth dans les recherche et la compilation des sunans, et de leur authentification en examinant les différentes chaînes de transmission [isnâd] et leur agencement, la Chari'a s'en serait

allée en pure perte et les lois s'en seraient trouvées détraquées, car ces sunans sont extraits de sources conservées, tirés de sunans transmis. Par conséquent, celui qui reconnaît le droit de l'Islâm et accorde à la religion le respect qui lui est dû, est au dessus du mépris de celui qui proclame la grandeur d'Allâh. » [1]
[1] Kitâb al-Kafaya fî 'ouloûm ar-Riwayyah. p.5