c Christophe Bertault - MPSI Ensembles finis et dénombrement

Exercice 1
On tire simultanément 6 cartes d’un jeu de tarot — 21 atouts, la carte qu’on appelle
l’« excuse », et 14 cartes par couleur, sachant qu’il y a 4 couleurs, comme toujours. On
ne cherchera pas à évaluer numériquement les résultats obtenus dans cet exercice, sauf si
on aime se compliquer la vie. Combien de tirages différents peut-on obtenir contenant :
1) deux atouts et quatre trèfles ?
2) six carreaux, ou bien trois carreaux, deux piques et l’excuse ?
3) exactement un atout et au moins trois as ?
4) au plus un cœur et au moins quatre atouts ?
Exercice 2
On appellera « mot » toute suite de lettres, qu’elle ait un sens ou non. On rappelle que
la lettre « y » est une voyelle.
1) Combien de mots de 5 lettres peut-on former avec les 26 lettres de l’alphabet, dans
lesquels toute consonne est suivie d’une voyelle et toute voyelle d’une consonne ?
2) Déterminer le cardinal de l’ensemble E des mots de 5 lettres formés à partir des
26 lettres de l’alphabet et tels que :
(i) la lettre « q » est forcément suivie de la lettre « u »,
(ii) toute consonne est suivie d’une voyelle,
(iii) toute voyelle est suivie d’une consonne, à une exception près : les « u »
qui sont consécutifs d’un « q » sont suivis d’une voyelle autre que « u »,
(iv) les deux dernières lettres ne peuvent pas être « qu ».
Exercice 3
Soient A1, A2, . . . , An des ensembles. Prouver la formule du crible (ou formule de Poin-
caré) :
¸
¸
¸
¸
¸
n
_
i=1
Ai
¸
¸
¸
¸
¸
=
n

k=1
(−1)
k+1

1i
1
<i
2
<...<i
k
n
¸
¸
Ai
1
∩ Ai
2
∩ . . . ∩ Ai
k
¸
¸
.
Quel formule retrouve-t-on dans le cas où les Ai, i ∈ 1, n, sont deux à deux disjoints ?
Exercice 4
Soient n, p ∈ N

tels que p n. Montrer, par un raisonnement combinatoire, que :
_
n
p
_
=
_
n
n −p
_
et
_
n
p −1
_
+
_
n
p
_
=
_
n + 1
p
_
.
Exercice 5
Soient n, p ∈ N

. Combien existe-t-il d’applications strictement croissantes de 1, n dans
1, p ?
Exercice 6
1) Soient E un ensemble fini de cardinal n et p, k ∈ N tels que 0 k p n.
Calculer de deux façons le nombre de couples (A, B) ∈ P(E)
2
tels que A ⊂ B,
|A| = k et |B| = p.
En déduire que
_
n
k
__
n −k
p −k
_
=
_
n
p
__
p
k
_
, puis que
_
n
k
__
n −k
n −p
_
=
_
n
p
__
p
k
_
.
2) On note S l’application de R
N
dans lui-même qui, à toute suite réelle (xn)
n∈N
,
associe la suite (yn)
n∈N
définie par : ∀n ∈ N, yn =
n

k=0
_
n
k
_
x
k
et T l’ap-
plication de R
N
dans lui-même qui, à toute suite réelle (x

n
)
n∈N
, associe la suite
(y

n
)
n∈N
définie par : ∀n ∈ N, y

n
=
n

k=0
(−1)
n−k
_
n
k
_
x

k
.
Montrer que S et T sont deux bijections de R
N
dans R
N
inverses l’une de l’autre.
Exercice 7
1) On considère un ensemble fini E dont les éléments sont de deux types notés 1 et
2. Précisément, E contient n1 éléments de type 1 et n2 éléments de type 2. Soit
k ∈ 0, n1 +n2. Exprimer de deux façons le nombre de parties à k éléments de E
que l’on peut former. En déduire une jolie une formule.
2) Simplifier
n

k=0
_
n
k
_
2
pour tout n ∈ N.
Exercice 8
Soient n, p ∈ N. Pour tout k ∈ 1, n+1, déterminer le nombre de parties de 1, n+p+1
de cardinal p + 1 et de maximum p +k. Simplifier ainsi
n

k=0
_
p +k
p
_
et
n

k=0
_
p +k
k
_
.
Exercice 9
1) Soient G un groupe fini et x ∈ G.
a) Montrer que x
n
= 1G pour un certain n ∈ N

.
b) On appelle ordre de x et on note o(x) le plus petit élément de l’ensemble
_
n ∈ N

/ x
n
= 1G
_
. Justifier l’existence de o(x).
c) Montrer que l’ensemble
_
1G, x, x
2
, . . . , x
o(x)−1
_
est un sous-groupe de G. On
note
_
x
_
ce sous-groupe et on l’appelle le sous-groupe de G engendré par x.
2) Soit E un magma associatif fini. Montrer que E possède un idempotent, i.e. un
élément x ∈ E pour lequel x
2
= x.
Exercice 10
Soit E un ensemble. On associe, à toute partie A de E, l’application l’indicatrice de A
χA : E −→
_
0, 1
_
définie par : ∀x ∈ E, χA(x) =
_
1 si x ∈ A
0 si x / ∈ A.
Montrer que l’application A −→ χA est bijective de P(E) sur
_
0, 1
_
E
. Retrouver ainsi,
dans le cas où E est fini, un résultat du cours.
1
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Exercice 11
1) Soit n ∈ N

. On range n +1 chaussettes dans n tiroirs. Montrer qu’au moins un
tiroir contient deux chaussettes. Ce résultat simple et essentiel est connu sous le
nom de principe des tiroirs.
2) a) Calculer
π
3

π
4
puis tan
π
12
.
b) Montrer qu’étant donnés 13 réels, on peut toujours en trouver deux x et y
pour lesquels 0 <
x −y
1 +xy
< 2 −

3.
3) a) Soient x ∈ R et n ∈ N

. Pour tout k ∈ 0, n, on pose δ
k
= kx−⌊kx⌋, élément
de [0, 1[. Appliquer le principe des tiroirs aux réels δ
k
, k décrivant 0, n, pour
montrer le théorème d’approximation de Dirichlet suivant :
∃ (p, q) ∈ Z ×N

/ q n et
¸
¸
¸
¸
x −
p
q
¸
¸
¸
¸
<
1
nq
.
b) En déduire que pour tout x ∈ R, l’ensemble des couples (p, q) ∈ Z × N

pour
lesquels
¸
¸
¸
¸
x −
p
q
¸
¸
¸
¸
<
1
q
2
est infini.
c) Démontrer le théorème de Bézout à partir de la question a) : pour tous a, b ∈ Z
premiers entre eux, il existe u, v ∈ Z tels que au +bv = 1.
d) On admet l’irrationnalité de π, de sorte que sin n = 0 pour tout n ∈ N

. La
suite
_
1
nsin n
_
n∈N

possède-t-elle une limite, et si oui laquelle ?
Exercice 12
Soient p et q deux irrationnels strictement positifs tels que
1
p
+
1
q
= 1. On souhaite
prouver le théorème de Beatty selon lequel les ensembles
_
⌊np⌋
_
n∈N

et
_
⌊nq⌋
_
n∈N

forment une partition de N

, i.e. sont disjoints de réunion N

tout entier.
On pose P =
_
np
_
n∈N

et Q =
_
nq
_
n∈N

.
1) Montrer que les ensembles P et Q sont disjoints.
2) En déduire que (P ∪ Q) ∩ [1, N] est de cardinal N −1 pour tout N ∈ N

.
3) Conclure.
Exercice 13
Soit n ∈ N

. On pose G =
_
σ ∈ Sn/ ∀k ∈ 1, n + 1, σ(n −k + 1) = n −σ(k) + 1
_
.
1) Montrer que G est un sous-groupe de Sn.
2) Calculer le cardinal de G.
Exercice 14
On se donne n entiers relatifs quelconques. Montrer que l’on peut toujours former par
somme, en choisissant certains d’entre eux, un multiple de n.
2

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