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CODE
Journal
d’expo-
sition
COULEUR
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CODE COULEUR
SOCIAL COLORS
Kevin Gauvin
MARCHANDS DE COULEURS
Sandra Willauer
Daisy Gand
HAUT EN COULEUR !
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Pauline Faure
Agathe Kervadec
ENIGME VISUELLE
Emeline Lombrez
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BLEU DE PRUSSE
Cécile Jaillard 18
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CHROMHAPTIQUE
Colin Cuerq
NOIR ET BLANC
Mathilde Dubois
Aliciane Guitard
NUANCIER GENRE
INTERACTIONS SEMANTIQUES
Agathe Kervadec
Pauline Faure
Emeline Lombrez
C
O
D
E


C
O
U
L
E
U
R
Couleur interprète, lorsqu’elle poursuit la réalité pour
imiter au plus près un rendu dessiné de plumage
ou de floraison. Elle doit alors rendre compte de son objet
de la façon la plus neutre possible, la plus appliquée,
la plus subtile aussi. Comment déceler puis fixer la teinte
précise d’un pistil ou d’une plume ? Et ensuite… Au sein
des larges gammes colorées qui cohabitent dans notre
environnement, comment isoler et nommer une valeur
de teinte que l’on sait être subjective ? L’être humain
a inventé le nuancier, un outil égal au dictionnaire dans
sa volonté de définir un vocabulaire commun.
Un répertoire, une sorte de monde clos qui contient
une vision colorée ; or comme ces mondes sont multiples,
il y a autant de nuanciers que de sujets d’études
ou de professions.
Couleur traductrice, lorsqu’on lui assigne une mission
de code (rouge = interdit/vert = autorisation) qui l’extrait
de sa fonction réaliste. Elle devient alors construction
intellectuelle, pure abstraction ou symbole… Et devra être
apprise, comme n’importe quel code, puis reconnue
et comprise. Elle nomme… Et résonne tel un accord tacite
entre le producteur de forme et son lecteur. Attention
cependant à ne pas multiplier les couleurs au risque
de perdre toute efficacité.
Le thème de la couleur est vaste,
nous avons souhaité le circonscrire
à des domaines qui nous sont proches.
Interprète, traductrice ou guide, la cou-
leur fonctionnelle qui nous anime joue
un rôle actif dans la représentation
didactique. Elle se doit d’être immédiate-
ment reconnaissable et compréhensible.
Sandra Chamaret
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5
Héritière de l’art abstrait, lorsque la couleur devient sujet
en elle-même, valorisée pour son efficacité plastique.
Elle peut aussi être utilisée pour sa vibration, sa puissance
jusqu’à s’épanouir dans des domaines jusque là réservés
au noir et blanc.
Enfin, couleur guide. Pour l’usager, elle incarne une trace,
une ligne à suivre soigneusement pour différencier son
bus sur un plan ou une porte de laquelle se rapprocher
pour trouver l’entrée d’un bâtiment. Au cœur de systèmes
de représentation spatiale (signalétique, cartographie),
quantitative (diagrammes), indicative (annuaire), la couleur
revêt une stature organisationnelle. Pourquoi cette
différenciation formelle, parmi tant d’autres, domine-t-elle
la structuration de l’information complexe ?
Cette exposition présente les travaux plastiques
et expérimentaux des treize étudiants d’année 4 (M1)
de l’atelier de Didactique visuelle. Elles et ils ont élaboré
des dispositifs, des expériences visuelles, tactiles
et plastiques qui ont toutes pour point commun la relation
entre la signification et la couleur : terminologie,
rationalité et limites du nuancier, perception et leurre.
Au sein de ce journal, nous avons sollicité Valérie Chansigaud,
historienne des sciences et Annie Mollard-Desfour,
linguiste ; afin qu’elles éclairent ces recherches plasti-
ciennes par des rapprochements sur l’usage de la couleur
dans leurs domaines de prédilection : la botanique,
la faune, la linguistique, la sociologie… Ces digressions
et ces anecdotes ouvrent notre horizon référentiel et créent
de surprenantes transpositions.
Partenaires
Conseil Régional d’Alsace,
MISHA, ICAVS,
Graphisme en France 2014,
Ministère de la Culture
et de la Communication
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ENIGME
VISUELLE
Messages cachés chez les fleurs colorées
La fleur de marronnier comporte une information cachée
dans ses couleurs. La fécondation de la fleur entraîne
plusieurs modifications : le cœur jaune pâle de la fleur
devient rouge et la production de la substance nutritive
recherchée par les insectes pollinisateurs (le nectar)
s’interrompt. Le changement de couleur avertit l’insecte
qu’il est inutile de visiter les fleurs fécondées puisqu’il
n’y trouvera plus de nourriture. Cette stratégie est
très efficace car une abeille visitant la première fois
un marronnier comprend cette signalétique en moins
d’une heure. Tout le monde y gagne : l’insecte ne perd pas
de temps à visiter les fleurs sans nectar et l’arbre est
pollinisé plus efficacement. Valérie Chansigaud
ENIGME VISUELLE
Pauline Faure
Agathe Kervadec
Emeline Lombrez
En coulisses
Les affiches évoquent des variations
de la couleur rouge mais ne présentent
au premier abord qu’une seule teinte.
En effet, après plusieurs tests, seul ce rouge
vif permet une révélation à travers
les lunettes qui sont réalisées avec un filtre
photo professionnel rouge primaire 106 LEE
Filters. En complément, une deuxième
révélation par le QR code donnera
l’équivalence de chaque nuance précise.
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Entre illusion d’optique et sens caché,
un moyen ludique d’apprendre
une terminologie historique et truculente
de la couleur rouge. Six affiches à trois
niveaux de lecture, dont le second
sens se révèle grâce à des lunetes
comportant un filtre rouge et le troisième
grâce à un code numérique.
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COLORS
SOCIAL
Quelle place occupent les couleurs
dans notre discours quotidien le plus
immédiat et le plus banal ? Cete
interface numérique relève en temps
réel les tweets de langue française
mentionnant certaines couleurs :
orange, jaune, violet, vert, rouge, bleu.
À partir de captures d’écran récurrentes
(toutes les sept secondes), une archive
linguistique se constitue qui pourra
être interrogée et analysée.
La couleur est à tous !
Substantifs, flashs d’adjectifs, locutions et expressions
de couleur, les plus courantes et très contemporaines,
s’infiltrent dans le langage, dans notre relation au monde,
dans notre expérience et notre imaginaire et se font l’écho
de notre société contemporaine : carte orange, carte grise,
chéquier vert, argent noir, carton rouge, alerte rouge, liste rouge,
rouge ferrari, rouge Dior, rouge Coca-Cola, bleu Pepsi, vert Hulk,
vert Shrek, label rouge, rose Barbie, mariage gris, la petite robe
noire, marée noire, numéro azur, numéro vert, vert Cetelem,
bleu UMP, vague bleu marine, bleu Sarkozy, voter vert, greenpeace,
greenwashing, écoblanchiment, Sylver économie... « J’ai perdu
ma carte bleue au Quick ! ». Annie Mollard - Desfour
En coulisses
Twitter (plateforme sociale permettant
d’échanger des messages courts de 140
signes au maximum) et les réseaux sociaux
en général regorgent de courts propos,
de bouts de vies, parfois poétiques, parfois
vulgaires, mais jamais inintéressants.
Cette captation du fil continu de Twitter vise à
transformer ces conversations faussement
privées en témoignages, afin de mettre
en avant la façon dont les utilisateurs
se réfèrent à la couleur, comme pour laisser
une empreinte colorée d’un tweet
voué à l’oubli.
SOCIAL COLORS
Kevin Gauvin
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COULEURS
DE
MARCHANDS
D’après plusieurs études de cabinets
de marketing sur la psychologie
des couleurs, comment la coloration
d’un produit influence-t-elle l’acte
d’achat du consommateur ?
Un jeu de questions/réponses où
chacun se retrouve piégé (ou pas…).
MARCHANDS DE COULEURS
Sandra Willauer
Sources bibliographiques
Lessives en paillettes
How color affects marketing, Channa Leichtling,
The Tabs Journal, Touro college accunting
and business society, 2002
Tubes de dentifrices
Color associations in relation to context,
Sarah Al-Shaaban, Emmy Wallin,
Sarah Sjöqvist, Bachelor Thesis,
Linnaeus university, Sweden, 2013
Colorants alimentaires
Die Färbung von Lebenss : mitteln, Arzneimitteln,
Kosmetika, Gisbert Otterstätter, 1995
Pétales de pensée
Consumer Preference for Edible flower Color,
Kathleen M. Kelley, Bridget K. Behe
and John A. Biernbaum, Kenneth L. Poff,
Container Size and Price, 2001
Jus d’orange
Changes in orange juice color by addition of
mandari juice, Antonio J. Perez-Lopez,
Felipe Beltran, Marta Serrano-Megıas,
Domingo Saura Lopez,
Angel A. Carbonell-Barrachina, 2005
Vêtements
The importance of color in product choice among
young hispanic, caucasian, and african-american
groups in the USA, Dr. Okan Akcay,
Dr. Paul Sable, Dr. M. Halim Dalgin,
Kutztown University of Pennsylvania
United States of America, International Journal
of Business and Social Science Vol.3 No. 6 ;
[Special Issue -March 2012]
Verres et boisson
The Effect of Glass Colour on the Evaluation
of a Beverage’s Thirst-Quenching Quality,  
Nicolas Guéguen, Current Psychology Letters, 2003
La couleur a du goût !
Des connexions physiques existent entre le goût
(papilles gustatives) et les autres sens : le toucher, l’ouïe
et tout particulièrement l’odorat et la vue. Le sens visuel
est impliqué dans la perception gustative : il permet
l’appréciation, le décodage, et l’anticipation du goût
d’un aliment. Les expériences de repas dans le noir
ont mis en évidence le fait que, sans repères visuels,
les saveurs ne sont plus reconnues…
Au point de ne plus différencier un vin rouge d’un vin
blanc – la vue de la « robe » des vins est essentielle à leur
reconnaissance, tout comme les mots pour en préciser
les nuances, apprendre donc à les reconnaître.
À nos sensations physiques se greffent des représentations
de saveurs, des codes chromatiques et culturels mais
aussi notre vécu, nos connaissances, notre mémoire.
Annie Mollard-Desfour
EN
COULEUR !
HAUT
HAUT EN COULEUR !
Daisy Gand
En coulisses
En 1971, le psychologue américain Paul Ekman
lance un programme de recherche au cours
duquel il demande à des individus de cultures
différentes d’identifier des expressions faciales
sur des photographies. Il obtient des réponses
homogènes et poursuit ainsi l’hypothèse
de Charles Darwin selon laquelle des émotions
«majeures» se développent chez tous
les individus. Ces résultats ont depuis été remis
en question, mais l’on peut néanmoins retenir
une universalité en matière d’émotion,
comprenant au moins ces six états qui sont
les plus utiles à la survie, auxquels viennent
s’ajouter des variations selon la culture.
Comment découvrir, à travers la multi-
plicité des combinaisons colorées
qu’aucune émotion n’est la même pour
chacun. Les (jeunes) visiteurs sont
invités à manipuler des panneaux colorés
et à construire une cabane, en interpré-
tant une émotion choisie au hasard :
joie, colère, tristesse, peur, surprise
ou dégoût.
L’Arc-en-ciel des émotions
Dans le théâtre chinois (xi jui), la couleur du visage,
des masques, exprime le caractère, l’émotion : le vert
pour la violence, l’impulsivité et la colère ; le rouge
pour le courage, la loyauté, et la droiture ; le bleu pour
la férocité et la traîtrise ; le noir pour la droiture
et la férocité ; le jaune pour l’hypocrisie, la sournoiserie
et l’ambition ; le blanc pour la méfiance, la ruse
et la traîtrise, etc. Ces codes couleurs chinois mettent
en relief des différences significatives, avec la culture
française, dans la représentation du caractère,
des émotions : être rouge ou noir de colère, rose de plaisir,
blême, livide ou vert de peur, vert de rage, bleu de stupéfaction,
faire grise mine (tristesse, mauvaise humeur), en faire
une jaunisse (envie, dépit)… par référence à la couleur
du teint… Ou de manière plus abstraite, figurée : broyer
du noir, voir tout en noir, avoir des idées noires/les papillons
noirs, avoir la grise, voir la vie en rose, voir rouge …
Annie Mollard - Desfour
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BLANC
ET
NOIR
Passer du noir au blanc
Le noir et blanc sont deux pôles essentiels dans toutes
les cultures : jour et nuit, lumière et ombre, deux
« couleurs » nommées dans toutes les langues
et parties du monde : (Thèse de Berlin & Kay, Color.
Their Universality and Evolution, 1969) lumière/blanc
et ombre/noir sont les catégories dans lesquelles
peuvent être classées, dans certaines cultures, toutes
les autres nuances. Pour Goethe et Kandinsky, l’opposition
chromatique fondamentale est, non le blanc et noir,
mais le bleu et le jaune ! Jouer avec les mots noir et blanc,
c’est établir des oppositions fondamentales, mais aussi
parfois des liens étroits, ces deux « couleurs » étant
à la fois antagonistes et complémentaires, inséparables –
comme le yin-yang. Annie Mollard-Desfour
NOIR ET BLANC
Mathilde Dubois
En coulisses
C’est un choix inhabituel, sinon risqué,
que d’introduire un livre dans un lieu
d’exposition. Le spectateur est intimidé
par le temps de lecture et par l’intimité
que suggère le livre. Pourtant, ici, il entre
dans un livre dépliant, sans pages à tourner,
n’ayant ni début ni fin, pouvant se lire
de bout en bout ou partiellement. Ce dépliant
invite à picorer, de-ci de-là, une phrase puis
une autre, créant ainsi une conversation.
On peut aussi le partager, pourquoi pas, avec
son voisin de fortune, son compagnon
de lecture. L’objet a la particularité d’inviter
à une conversation intime qui se prolonge
à l’extérieur de l’espace du livre.
Un livre imprimé en plusieurs exemplaires,
consulté seul ou à plusieurs,
partiellement ou dans son intégralité,
déploie un florilège de citations
évoquant le contraste extrême de ces
deux teintes. Collisions culturelles
et dialogues entre des personnes
de professions et d’époques très variées…
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CHROMHAPTIQUE
À partir des critères (teinte, saturation
et luminosité), qui permetent de
calibrer numériquement des couleurs
au sein d’un nuancier, on propose
une retranscription graphique et tactile
de l’espace colorimétrique. Cete table
tactile, lisible par les mains des aveugles
et des voyants, est complétée par
une vidéoprojection de la référence
lumineuse.
CHROMHAPTIQUE
Colin Cuerq
Voir, goûter... mais aussi toucher, écouter les couleurs !
La couleur est un opérateur de correspondances
ou synesthésies bien connu des physiologistes mais aussi
des artistes et des poètes. Couleurs chaudes ou froides,
couleurs douces ; légèreté du clair, du blanc, du bleu pâle,
poids du noir, du sombre ; bleu rond, rouge carré, et jaune
triangulaire pour Kandinsky ; sonorités ou silence
des couleurs ! « J’entendais le bruit des couleurs ; des sons
verts, rouges, bleus, jaunes », écrit Théophile Gautier
en relatant ses expériences sous haschich. La littérature
l’atteste : le son rouge est fort, intense, vif, « cri rouge
d’un coq égorgé publiquement » (J. Prévert, 1946),
« cris d’écarlate » (R. Crevel, 1929), roulades de rossignols
« d’un vermeil extraordinaire » (J. Giono, 1951),
« braiements cramoisis » d’un âne (Y. Rouquette, 1993) ;
le bleu est froid, glacial, strident, « un cri bleu, un cri de glace,
indifférent… un cri de locomotive… » (E. Triolet, 1945) ou doux,
atténué, gémissement du ramier à la « voix grise et bleue
aussi douce que son plumage » (G. Roude, 1945)…
Annie Mollard-Desfour
En coulisses
Contraction des termes « chromatique »
et « haptique ». L’adjectif chromatique
(du grec khromatikos) qualifie généralement
ce qui est relatif aux couleurs. Ici, il désigne
plus précisément l’espace colorimétrique
en tant que système de coordonnées
où chaque point représente un certain
rapport couleur/luminance, basé sur la vision
humaine. L’haptique (du grec haptomai
qui signifie « je touche ») désigne quant à lui
la science qui englobe l’ensemble des phéno-
mènes tactilo-kinesthésiques, c’est-à-dire
la perception du corps dans l’environnement.
Au sujet de l’appréhension haptique
des textures que suggère cette installation,
les études montrent que la perception tactile
est aussi performante que la perception
visuelle et parfois même (pour les textures
extrêmement fines des papiers) elle
la surpasse. Touchez un peu, pour voir !
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15
En coulisses
Pourquoi Google ?
Google est le moteur de recherche Web
le plus utilisé au monde. Si ses résultats sont
classés en fonction de nombreux et variables
paramètres, son influence culturelle en fait
une référence. Une page de résultats Google
est donc un point de vue important sur ce que
pense la société du thème recherché.
Dans quelles conditions le rose sert-il
à maquiller un produit de consomma-
tion ? À partir de trois requêtes Google
(nom d’un objet neutre, puis masculin
et féminin), un nuancier est produit.
Il vérifie l’hypothèse d’objets tradition-
nellement masculins qui sont adaptés
grossièrement au public féminin par
la couleur rose. Cinq objets étudiés
se dévoilent sous la forme de petits
volumes à manipuler.
Aliciane Guitard
Couleurs et genres, les apparences peuvent être
trompeuses
De très nombreuses espèces présentent des différences
de couleurs en fonction du sexe : mâle ou femelle sont
fortement colorés tandis que le sexe opposé présente
des couleurs ternes et souvent peu visibles dans
l’environnement. Il arrive que certains mâles n’aient
pas l’apparence définie par leur sexe mais celle du sexe
opposé : cette stratégie permet par exemple à un mâle
d’accéder sans se faire remarquer à un harem de femelles
farouchement gardé par un mâle dominant. Certaines
orchidées fournissent un autre exemple d’utilisation
frauduleuse d’une couleur « genrée » : les fleurs ont
la couleur de certaines femelles d’insectes ce qui attire
des mâles cherchant à s’accoupler. Leurs tentatives d’ébats
d’une plante à une autre assurent ainsi la pollinisation.
Valérie Chansigaud
GENRE
NUANCIER GENRE
NUANCIER
Pauline Faure
Agathe Kervadec
Emeline Lombrez
À la recherche de la juste nuance…
Promenade tactile au sein de la couleur
changeante, dans le but d’identifier
les teintes précises correspondant
aux termes imagés et insolites de trois
nuanciers historiques (flore, ornitholo-
gie, textile) : le mot s’efface lorsque
la teinte est trouvée. Réussirez-vous
à les faire tous disparaître, alors même
que la fluctuation du fond modifie
en permanence leur perception colorée ?
Quand le contexte influence le choix de la signalétique
Les couleurs vives servent d’avertissement et permettent
aux prédateurs de reconnaître et d’éviter les animaux
vénéneux ou venimeux. Mais quelles sont les couleurs
les plus visibles dans un environnement naturel ? Celles qui
sont à l’opposé des teintes permettant le camouflage,
c’est-à-dire des couleurs vives (rouge et jaune comme
certaines grenouilles arboricoles toxiques). Mais cela
ne suffit pas toujours et de nombreuses espèces présentent
des dispositions de couleurs augmentant le contraste
comme des bandes (blanches et noires comme
les mouffettes, jaunes et noires comme les guêpes).
Cette signalétique n’est efficace qu’en fonction du contexte
dans lequel elle est vue, d’où le choix de motifs parfois
complexes : ainsi les serpents corail sont annelés de rouge,
de jaune, de noir et de blanc. Valérie Chansigaud
Sources bibliographiques
Flore
René Oberthür et Henri Dauthenay,
« Répertoire de couleurs pour aider
à la détermination des couleurs des Fleurs,
des Feuillages et des Fruits », 1905, publié par
la société française des chrysanthémistes.
Ce répertoire a longtemps servi de référence
officielle pour l’appellation des teintes.
Ornithologie
Robert Ridgway « Color Standards and Color
Nomenclature », 1912. Cet ouvrage contient
53 planches colorées et 1115 noms
de couleurs, encore en usage chez les ornitho-
logues mais aussi dans d’autres professions
comme les fleuristes ou l’industrie chimique.
Textile
Anonyme, « Charte Montessuy », 1900–1920.
Appliquée à des fibres ou tissus imprégnés
dans l’industrie des soieries (Lyon et environs),
elle est depuis devenue obsolète en raison de
l’évolution des techniques et des méthodes
d’analyse colorimétrique.
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SEMANTIQUES
INTERACTIONS
INTERACTIONS SEMANTIQUES
18
DE
BLEU
Malgré les nomenclatures et les nuanciers
de couleurs à visée universelle,
ni les outils numériques et d’impression,
ni les produits colorés industriels
ne parviennent à représenter la couleur
fidèlement. L’objectif ici est de repré-
senter ce paradoxe, en comparant
plusieurs écrans, impressions numé-
riques et aplats de peinture.
Chez les poissons, des problèmes de reproduction...
de couleurs
La reproduction des couleurs n’est pas qu’un problème
technique. De nombreux poissons, notamment
des profondeurs, perdent leurs couleurs dès qu’ils sont
pêchés. Dès le milieu du XIX
e
siècle, les naturalistes
imaginèrent divers dispositifs permettant de capter
ces fugaces couleurs. Si les cloches de plongées,
qui permettaient de réaliser des aquarelles sous-marines,
n’ont guère eu de succès, les innovations du début
du XX
e
siècle ont permis de faire connaître les multiples
couleurs de ces poissons. Ainsi, la première photographie
sous-marine et en couleurs, parue en 1926 dans
le National Geographic, constitue un véritable exploit :
on y voit enfin les « vraies » couleurs d’un poisson.
Hélas, les techniques d’impression de l’époque modifiaient
considérablement les couleurs du cliché d’origine.
Valérie Chansigaud
PRUSSE
BLEU DE PRUSSE
Cécile Jaillard
En coulisses
Appelé aussi Bleu Berlin ou Bleu de Paris,
le bleu de Prusse est un pigment bleu foncé
découvert accidentellement par l’alchimiste
Heinrich Diesbach au début du XVII
e
siècle,
en précipitant une décoction de cochenille,
d’alun et de sulfate de fer avec de la potasse
utilisée pour préparer l’huile animale,
à la place de la potasse pure. Au lieu d’obtenir
un précipité rouge, il en obtint un d’un très
beau bleu sombre. À l’époque, le bleu était
une nuance très compliquée à obtenir et
par ailleurs extrêmement chère. Conscient de
l’importance de sa découverte, Johann Conrad
Dippel élabora un procédé plus simple pour
produire ce bleu : une combinaison d’azote,
de charbon et d’acide prussique. Dans le Colour
Index International, base de données référençant
les couleurs manufacturées, le bleu de Prusse
est identifié sous le code PB27.
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Commissaire d’exposition
Sandra Chamaret
Responsable de l’atelier
de Didactique visuelle
Olivier Poncer
Mobilier
Etienne Guimond
Nasser Khelifi
Graphistes
Evantias Chaudat
Camille Duband
Sidonie Milon
Imprimé par
pixartprinting.com
mai 2014
Pour nous écrire
expo.codecouleur@gmail.com
Facebook
Code Couleur l’expo
Site du programme
de recherche
www.didactiquetangible.hear.fr
SCIENCES
ET CULTURES
DU VISUEL
Le programme de recherche
Didactique tangible porté par
l’atelier de Didactique visuelle
de la Haute école des arts du Rhin
est soutenu par :
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