Un nom, une rue, une histoire : le boulevard Hoche

Lazare Hoche (1768-1797). Engagé à 16 ans dans les Gardes-françaises, il gravit
très rapidement tous les degrés de l’armée et sera général en chef des armées de la
Moselle et du Rhin. Son nom est gravé sur l’Arc de Triomphe, Pilier-Nord, colonne 3,
juste au dessus de celui de Jean-Baptiste Bernadotte et à coté d’Augustin d’Aboville
et de Lazare Carnot.
Lazare Hoche naît 18 rue de Satory, à Versailles, le 24 juin 1768, et figure le
lendemain sur les registres de la paroisse Saint-Louis : « l'an mille sept cent soixante
huit, le 25 juin, Louis-Lazar, né hier, fils légitime de Louis Hoche, palefrenier à la
vénerie du roy et d'Anne Merlière, a été baptisé; le parrain a été Lazar Moulin,
marchand-épicier et la marraine Marie-Agathe Coispeau, épouse de Jacques
Duhamel ». Marie-Agathe est sa grand-tante paternelle.
Orphelin de mère à 5 ans
Louis et Anne se sont mariés le 26 novembre 1767, paroisse Saint-Louis de
Versailles; « Louis Hoche âgé de 40 ans, veuf de Marie-Claude Fessard; présents
Gaspard Busnel receveur à la grille de Satory et François Tricado garçon de cette
paroisse. Anne-Armande Merlière, couturière en linge, 26 ans, est veuve de Joseph
François Moutenet; présents Jean-Louis et Christophe Merlière ses frères. » Le 11
avril 1771 naît Louis-Marie. Le parrain est Louis Lacomble, garçon du garde-manger
du roi. La marraine Marie Merlière, tante maternelle. Ce petit-frère ne vécut que
quelques mois. En 1773, Louis est toujours palefrenier de la vénerie. Avec son
épouse, ils vivent place du Château à Saint-Germain en Laye. Sa charge l'oblige
certainement à se déplacer dans la forêt de Marly. Françoise naît le 1er février et
meurt au bout de cinq jours. Sa mère décède le 22 du même mois à 33 ans. Elle est
enterrée le lendemain. Voici donc Lazare orphelin de mère à cinq ans.
Originaire de Rambouillet
Louis Hoche « né du légitime mariage de Pierre Hoche, palefrenier de sa seigneurie
le comte de Toulouse, et de Jeanne Coispeau, sa femme, le 15 novembre 1728 a
été baptisé le dix septième du même mois par moi vicaire soussigné; parrain louis
Saget, fils de Louis Saget marchand-chapelier; marraine marie-Catherine Raneau,
fille de Jacques Raneau ». Le couple Hoche-Coispeau est originaire de Rambouillet.
Les Hoche y sont au service du comte de Toulouse avant de rejoindre les écuries de
Versailles. (Louis-Alexandre de Bourbon -1681/1737- comte de Toulouse, duc de
Penthièvre, est le fils naturel de Louis XIV et de madame de Montespan). Le père de
Jeanne Coispeau est boulanger. Ses fils sont aussi au service du château de
Rambouillet.
Au service du château
Anne-Armande Merlière est fille d’Henri Merlière, maître-paveur à Versailles, et
d’Anne Cabart. Henri déjà veuf depuis huit ans décède en 1763 « paveur âgé de 52
ans, natif de Cieux diocèse de Limoges; présents Jean-Baptiste son fils et Olivier
Chobert palefrenier aux petites écuries ». Jean-Louis et Christophe, témoins au
mariage de leur sœur, sont aussi paveurs. Jean-Louis, devenu veuf en 1778, sera
prêtre dans l’évêché de Versailles. Christophe décède en 1806 au 19 rue de la
Geôle. La déclaration est faite par « Louis-Christophe, 28 ans, fils marchand-épicier
13 même rue ». La lecture des registres paroissiaux de Versailles et des environs
permettent de découvrir tous les métiers de ces familles, pour beaucoup employées
au Château ou au service des nobles rassemblés à la Cour.
Décès en 1798
Le 21 ventôse an 2 (11 mars 1794) à Thionville, Lazare Hoche et son ami le colonel
Jean-François Debelle convolent en juste noces et deviennent beaux-frères. Lazare
épouse Adélaïde Dechaux tandis que Justine devient madame Debelle. Une de leurs
filles, Anna Debelle épousera Victor Masséna, fils du maréchal de France André
Masséna. Lazare meurt en 1798, il connu à peine sa fille unique Jenny, née en 1796.
Celle-ci se marie en 1814 avec le marquis Etienne-Annet Des Roys. Cas assez
typique de l’époque, des enfants de généraux d’empire, issus de milieux très
modestes d’avant la révolution, s’allient à des familles de la noblesse.
Centre généalogique des Côtes-d’Armor

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