L’histoire

Introduction...............................................................................................................................1
I. Comment ? Epistémologie.....................................................................................................1
A. Quelques principes épistémologiques.........................................................................................1
B. Structure ou événement ?............................................................................................................2
II. Pourquoi ?.............................................................................................................................2
A. Tirer les leçons du passé..............................................................................................................2
B. Connaître l!omme "!istoire et poésie#......................................................................................$
C. %in&luence de l!istoire sur la vie..............................................................................................'
III. Quelques interprétations de l’histoire................................................................................5
A. %es téléologies..............................................................................................................................(
B. Quelques interprétations de la modernité..................................................................................)
Conclusion...............................................................................................................................10
nne!e......................................................................................................................................10
*ntroduction
« Rien de nouveau sous le soleil », écrivait l’Ecclésiaste. « Le soleil est chaque jour
nouveau » rétorque Héraclite. Permanence et changement sont tous deux nécessaires pour
qu’il ait histoire ! changement, pour qu’il ait quelque chose " raconter ! « les peuples
heureux n’ont pas d’histoire » # et permanence, pour que l’histoire ait malgré tout un sens qui
la rende intelligi$le.
%ais comment étudier l’histoire, concr&tement ' (t pourquoi '
*. Comment ? +pistémologie
A. Quelques principes épistémologiques
L’histoire a d’a$ord été con)ue comme une enqu"te. *’est la vision de l’historien grec
+hucdide ,-./0123 av. 4.0*.5, un des premiers historiens avec Hérodote. L’histoire est une
enqu6te, car nous n’avons jamais les 7aits en premi&re main ! il 7aut interroger les gens, et se
contenter de témoignages et d’indices.
Pour qu’il ait histoire, remarque *ournot
8
, il 7aut 6tre " mi0chemin entre la nécessité et le
hasard. 9i la nécessité régnait, comme dans les phénom&nes naturels, il ne s’agirait pas
d’histoire mais de science. %ais si l’histoire n’était 7aite que de hasards, comme " la loterie, il
ne pourrait pas avoir de discipline historique du tout
:
.
%ax ;e$er apporte un élément important " l’épistémologie de l’histoire avec sa cél&$re
distinction entre e!plication et compréhension qui permet de distinguer les sciences
8
<ntoine0<ugustin *ournot ,8=/808=>>5, philosophe et mathématicien 7ran)ais du ?@?
e
si&cle.
:
*ournot, « (ssai sur les 7ondements de la connaissance et sur les caract&res de la critique philosophique » in
Critique philosophique.
8
naturelles des sciences humaines. Aans les sciences naturelles comme la phsique et la
chimie, on proc&de par explication ! on décrit, de l’extérieur, les rapports entre les
phénom&nes. Aans les sciences humaines en revanche, comme l’histoire, la sociologie et
l’économie, on proc&de par compréhension, c’est0"0dire qu’on tente de se mettre " la place
des hommes que l’on étudie et de comprendre les choses de leur point de vue, su$jectivement,
par empathie.
B. Structure ou événement ?
*lassiquement, l’histoire était con)ue comme histoire événementielle. @l s’agissait de
raconter les grands événements les plus marquants ! guerres, accords, 7amines, relations entre
dirigeants politiques et religieux, etc. Bne révolution se produisit en Crance dans les années
821/ avec l’(cole des <nnales, groupe de jeunes historiens ,Lucien Ce$vre, %arc Dloch,
Cernand Draudel5 qui remirent en cause cette approche au nom d’une approche structurale.
<u lieu de se 7ocaliser sur les grands événements qui ne sont jamais que « l’écume de
l’histoire », il 7aut 7aire une micro0histoire qui analse les petits 7aits structurels ! sociaux,
économiques, démographiques, etc. Cernand Draudel con)oit ainsi le temps historique comme
un temps hétérog&ne, composé de plusieurs strates superposées ! le temps géographique
,temps long5, le temps social ,temps moen5 et le temps individuel ,temps court, " l’échelle
d’une vie humaine5
1
.
Eous pouvons illustrer cette théorie de mani&re asseF simple avec la notion de ccle
économique ! l" aussi on o$serve une périodicité structurale ,qui ne dépend pas des individus
mais de r&gles propres " un sst&me économique5 et une superposition de di77érentes
temporalités ! ccles longs ou Gondratiev ,-/ " ./ ans5, ccles des a77aires ou 4uglar ,> " 88
ans5 et ccles mineurs ou Gitchin ,1 " - ans5. *haque ccle est composé d’une phase < de
croissance et d’une phase D de récession. Hoici, " titre d’illustration, les ccles Gondratiev
depuis la révolution 7ran)aise !
dates
8>2/ 8=8- 8=-= 8=>1 8=2. 82:2 82-3 82>3 ://3
< D < D < D < D
durée :- 11 :- :1 11 8. 1/ 1/
durée 3> 3. -. ./
*oncluons par l’hpoth&se, dé7endue dans les années 82>/ par l’historien Pierre Eora,
d’un retour de l’événement, notamment en raison de l’in7luence des médias qui, com$inés " la
démocratie, peuvent donner un retentissement important " un événement singulier, et donc
produire des conséquences historiques au m6me titre que les données structurelles des pas
considérés.
-
ED ! l’approche structurale de l’histoire est proche de la conception marxiste.
**. ,ourquoi ?
A. Tirer les leçons du passé
1
Cernand Draudel, Ecrits sur l’histoire # La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II,
Pré7ace " la premi&re édition. *7. aussi votre manuel, p. :.:.
-
Pierre Eora, Faire de l’histoire, « Le retour de l’événement ».
:
L’histoire nous permet de tirer les le)ons du passé ! « celui qui ignore son histoire est
condamné " la revivre ». *ette idée est critiqua$le ! peut0on vraiment tirer des le)ons du
passé ' (n e77et, l’histoire ne se rép&te jamais deux 7ois " l’identique. *haque situation est
toujours nouvelle. *’est donc uniquement dans la mesure oI elle consiste en une analse
su77isamment pro7onde pour nous 7aire accéder " une vérité universelle et intemporelle sur
l’homme que l’histoire peut nous servir pour a$order le présent et l’avenir.
<u0del", on peut penser qu’il existe un de#oir de mémoire a7in de ne pas commettre les
m6mes erreurs, que ce soit envers nous0m6mes ou envers les autres. L’idée d’une
responsa$ilité collective peut 7avoriser cette idée. Par exemple avec l’idée que les hommes
sont responsa$les des actes de leurs anc6tres.
*ette idée est discuta$le ! il 7aut aussi savoir tirer un trait sur le passé, sans quoi aucune
paix ne serait possi$le et on tom$erait dans un 7onctionnement de tpe « vendetta ». Ju’il
s’agisse du con7lit israélo0palestinien, de l’esclavage ou de la 9econde Kuerre mondiale, il
7aut sans doute, " un moment donné, admettre que l’histoire appartient au passé pour aller de
l’avant et construire l’avenir sur de nouvelles $ases.
<utrement dit, ici comme ailleurs lou-li et le pardon sont des 7acteurs essentiels de paix,
d’harmonie et de justice.
B. Connaître l!omme "!istoire et poésie#
L’histoire entretient un lien avec l’existence en ce qu’elle permet de la connaLtre. (tudier
l’histoire, c’est0"0dire ce qu’ont 7ait les hommes, permet de mieux connaLtre la nature
humaine. (n ce sens l’histoire peut 6tre rapprochée de la poésie. Ae mani&re asseF étonnante,
les philosophes classiques ont généralement considéré que la poésie était un meilleur moen
de connaLtre l’homme que l’histoire.
*’est d’a$ord <ristote qui exprime ce point de vue. La supériorité de la poésie sur
l’histoire comme voie d’acc&s " la nature humaine se justi7ie, selon lui, par le 7ait que la
poésie présente le général alors que l’histoire ne donne que le particulier. Mr il n’ a pas de
science du particulier, il n’ a de science que du général ,la science étudie les choses en
général, et non les individus particuliers5.
NLOa di77érence entre l’historien et le po&te ne vient pas du 7ait que l’un s’exprime en vers ou
l’autre en prose ,P5 # mais elle vient de ce que l’un dit ce qui a eu lieu, l’autre ce " quoi l’on
peut s’attendre. Hoil" pourquoi la poésie est une chose plus philosophique et plus no$le que
l’histoire ! la poésie dit plutQt le général, l’histoire le particulier. Le général, c’est telle ou
telle chose qu’il arrive " tel ou tel de dire ou de 7aire, con7ormément " la vraisem$lance ou "
la nécessité # c’est le $ut visé par la poésie, m6me si par la suite elle attri$ue des noms aux
personnages. Le particulier, c’est ce qu’a 7ait <lci$iade, ou ce qui lui est arrivé.
<ristote, Poétique, @?
Juelques si&cles plus tard, 9chopenhauer a$outit " la m6me conclusion qu’<ristote, qu’il
illustre par une métaphore éclatante !
NLOa peinture de l’homme dans la série continue de ses aspirations et de ses actions, tel est
donc le $ut élevé de la poésie. 9ans doute, l’expérience et l’histoire nous apprennent aussi "
connaLtre l’homme # mais elles nous montrent les hommes plutQt que l’homme # c’est0"0dire
qu’elles nous 7ournissent des notions empiriques sur la 7a)on dont les hommes se conduisent
les uns envers les autres, notions d’oI nous pouvons tirer des r&gles pour notre propre
conduite, plutQt qu’elles ne nous ouvrent des vues pro7ondes sur la nature intime de
l’humanité. ,P5 L’histoire est " la poésie ce que le portrait est au ta$leau d’histoire # la
premi&re nous donne la vérité particuli&re, la seconde la vérité générale. ,P5 Le po&te place,
1
avec choix et intention, des caract&res importants dans des situations importantes # l’historien
prend, comme ils viennent, situations et caract&res. ,P5
N*O’est pourquoi, quelque paradoxal que cela paraisse, il 7aut attri$uer $eaucoup plus de
vérité intrins&que, réelle, intime " la premi&re qu’" la seconde. ,P5
L’historien pur et simple, qui travaille seulement sur des données certaines, ressem$le " un
homme qui, sans aucune connaissance des mathématiques, sur des 7igures trouvées par
hasard, calcule leurs rapports par des dessins # le résultat, auquel il arrive empiriquement, est
entaché de toutes les 7autes de la 7igure dessinée # le po&te au contraire est comme le
mathématicien qui construit ces rapports a priori, dans l’intuition pure, et qui les exprime,
non tels qu’ils sont dans la 7igure dessinée, mais comme ils sont dans l’idée que ce dessin
doit représenter.
<rthur 9chopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation, @@@, R 38
L’histoire ne nous livre donc pas tant la connaissance de l’homme a$strait, comme la
poésie, que celle de l’homme concret, du peuple pris dans tel ou tel contexte particulier. < ce
titre, elle permet aux hommes d’acquérir une conscience collective d’eux0m6mes, de
comprendre d’oI ils viennent et oI ils vont.
L’histoire est pour l’esp&ce humaine ce que la raison est pour l’individu. KrSce " sa raison,
l’homme n’est pas ren7ermé comme l’animal dans les limites étroites du présent visi$le # il
connaLt encore le passé in7iniment plus étendu, source du présent qui s’ rattache ! c’est cette
connaissance seule qui lui procure une intelligence plus nette du présent et lui permet m6me
de 7ormuler des inductions pour l’avenir. ,P5 Ae m6me un peuple qui ne connaLt pas sa
propre histoire est $orné au présent de la génération actuelle ! il ne comprend ni sa nature, ni
sa propre existence, dans l’impossi$ilité oI il est de les rapporter " un passé qui les explique #
il peut moins encore anticiper sur l’avenir. 9eule l’histoire donne " un peuple une enti&re
conscience de lui0m6me. L’histoire peut donc 6tre regardée comme la conscience raisonnée
de l’esp&ce humaine # elle est " l’humanité ce qu’est " l’individu la conscience soutenue par
la raison, ré7léchie et cohérente.
9chopenhauer, Id., 9upplément au livre @@@, R 1=
Le philosophe contemporain Paul RicTur rejoint ce point de vue. 9elon lui, l’histoire vise "
éla$orer une su$%ecti#ité d’ordre supérieur. L’histoire est une riposte " notre décourageante
historicité ,Histoire et vérité5. *’est une recherche d’authenticité et de vérité. *’est le
mouvement par lequel l’homme prend conscience de lui0m6me. @l s’agit d’édi7ier une
su$jectivité de haut rang ! la su$jectivité de l’homme.
C. %in&luence de l!istoire sur la vie
Mn peut envisager, plus précisément, le rapport de l’histoire " la vie. *’est le grand souci
de EietFsche, dont la ré7lexion est 7ocalisée sur la vie et sur les conditions qui la 7avorisent ou
la répriment. L’histoire, comme toute connaissance, peut 6tre envisagée dans son rapport " la
vie. EietFsche distingue ainsi trois tpes d’histoire ! l’histoire monumentale, l’histoire
antiquaire et l’histoire critique.
L’histoire appartient avant tout " l’acti7 et au puissant, ,P5 qui, aant $esoin de maLtres,
d’exemples, de consolateurs, ne saurait les trouver parmi ses compagnons ,P5 qui ne 7ont
que s’agiter et se dé$attre # pour qu’il ne se prenne pas " désespérer et " ressentir du dégoUt, il
a $esoin de regarder derri&re lui. ,P5
L’histoire appartient en second lieu " celui qui conserve et qui vén&re, " celui qui, avec
7idélité et amour, tourne les regards vers l’endroit d’oI il vient, oI il s’est 7ormé. ,P5 @l veut
conserver les conditions sous lesquelles il est né, pour ceux qui viendront apr&s lui, et c’est
ainsi qu’il sert la vie. ,P5 Juand l’histoire sert la vie passée au point qu’elle mine la vie
présente et surtout la vie supérieure, quand le sens historique ne conserve plus la vie mais
qu’il la momi7ie, c’est alors que l’ar$re se meurt. ,P5
-
Pour pouvoir vivre, l’homme doit posséder la 7orce de $riser un passé et de l’anéantir et il
7aut qu’il emploie cette 7orce de temps en temps. ,P5 @l arrive pourtant par7ois que cette
m6me vie qui a $esoin de l’ou$li exige la destruction momentanée de cet ou$li. @l s’agit alors
de se rendre compte com$ien injuste est l’existence d’une chose, par exemple d’un privil&ge,
d’une caste, d’une dnastie, de se rendre compte " quel point cette chose mérite de
disparaLtre.
Seconde considération inactuelle, 8=>-
(ssaons de donner un sens concret " ce texte étonnant. La ré7lexion de EietFsche nous
permet de comprendre l’essence du conservatisme politique ! il ne s’agit en e77et de rien
d’autre que de conserver des conditions qui ont 7ait leurs preuves dans le passé de leur
capacité " organiser la société et donc " conserver la vie. Mn trouve ce genre d’arguments
cheF les philosophes conservateurs, par exemple cheF les contre0révolutionnaires (dmund
DurVe, Louis de Donald ou 4oseph de %aistre.
Heidegger remarque que ces trois genres d’histoire sont liés aux trois eVstases temporelles
du Aasein, c’est0"0dire aux trois projections temporelles ! projection dans l’avenir ," laquelle
correspond l’histoire monumentale, qui donne des exemples pour l’action5, projection dans le
passé ,histoire antiquaire5, et projection dans le présent ,histoire critique5
3
.
EietFsche poursuit sa ré7lexion en remarquant que l’exc&s des études historiques est
nuisi$le " la vie et " l’action, notamment " cause de l’historicisme, qui introduit scepticisme et
cnisme. Pour agir il 7aut ignorer, il 7aut ne voir qu’une partie des choses, car celui qui voit
les choses enti&rement voit aussi leur mauvais cQté. Par exemple, l’histoire monumentale ne
doit pas révéler la totalité de l’action des grands hommes si elle veut servir de mod&le
d’action. (lle doit laisser de cQté ce qu’il a de mesquin, de petit, de mauvais dans les
grandes actions. <insi seulement l’histoire pourra entretenir un enthousiasme pour la vie et
l’action. *ette vision des choses découle de l’idée nietFschéenne selon laquelle la vie a $esoin
du mensonge pour se conserver. *’est une idée discuta$le.
Hoici un exemple concret de relation entre histoire et existence. 9elon +olstoW, pour
l’homme civilisé la mort n’a plus de sens. (lle ne peut en avoir car la vie du civilisé est
plongée dans le « progr&s » et l’in7ini. 9elon son sens immanent, une telle vie ne devrait pas
avoir de 7in. <u contraire, <$raham et les pasans d’autre7ois pouvaient se dire « satis7aits »
de la vie.
***. Quelques interprétations de l!istoire
Pendant tr&s longtemps, de tr&s nom$reux peuples ont eu une vision cclique de l’histoire.
Ae nom$reuses religions prévoient une sorte de ccle, au terme duquel les péchés de
l’humanité seront rachetés et tout repartira de FéroP (t il 7aut reconnaLtre que tout invite "
penser l’histoire ainsi ! le ccle des jours, le ccle de la lune, le ccle des saisons, voire le
ccle de la vie elle0m6meP @l est important de comprendre que l’idée d’une histoire linéaire
et orientée vers un $ut ,ou du moins progressant vers une nouveauté constante5 est une idée
récente qui n’a pas toujours été de mise.
A. %es téléologies
1. .rigine / la religion c!rétienne "Saint Augustin#
Les téléologies ,du grec telos, le $ut ou la 7in5 sont des conceptions de l’histoire qui
reposent sur l’idée de 7inalité, autrement dit sur l’idée que l’histoire se dirige vers un certain
$ut prédéterminé. *ette idée est d’a$ord une idée religieuse, qui s’exprime pour la premi&re
7ois, dans la culture européenne, cheF 9aint <ugustin ,13-0-1/5. Le :- aoUt -8/, le monde
3
Heidegger, tre et temps, R >..
3
antique s’écroule car Rome est pillée par les troupes du roi Xisigoth <laric. Mr Rome était
chrétienne depuis un si&cle. <ugustin répond " l’opinion pu$lique paWenne qui voit la
responsa$ilité du christianisme. @l explique que le monde est constitué de deux cités ! la cité
de la terre et la cité terrestre. L’histoire du monde est un com$at entre ces deux cités. Le
com$at entre l’amour du $ien et l’amour de soi est un principe directeur de l’histoire du
monde. <u terme de ce com$at aura lieu le jugement dernier qui apportera la condamnation
éternelle des méchants et le $onheur éternel des justes. Le *hrist descendra du ciel pour juger
les vivants et les morts. *ette conception de l’histoire eut une grande in7luence sur le %oen
Yge et sur les utopies sociales et historiques.
2. %e progr0s !istorique "1ant2 3egel#
Gant, le premier, constituera une téléologie moderne qu’on peut voir comme une lointaine
hériti&re de celle d’<ugustin. Aans l’Idée d’une histoire universelle au point de vue
cosmopolitique ,un ouvrage tr&s court dont je vous recommande la lecture5, Gant explique
que tout, dans la nature, sem$le 7ait pour une certaine 7in. (n particulier, les dispositions de
tous les 6tres vivants sont destinées " s’épanouir. Pour les animaux, cet épanouissement se 7ait
au cours de la vie, et l’oiseau ou le poisson atteint son développement total d&s qu’il arrive "
maturité. L’homme, en revanche, a une disposition $ien particuli&re ! l’intelligence et la
moralité. Par conséquent, une seule vie ne su77it pas pour porter ces 7acultés " leur degré de
développement supr6me. @l 7aut plusieurs générations pour cela, et l’homme actuel ,Gant écrit
" la 7in du ?H@@@
e
si&cle5 n’a toujours pas a$outi " cet état 7inal, " cette &in de l’histoire.
%ais cette idée de 7inalité n’est gu&re scienti7ique. Gant le reconnaLt, et a77irme qu’il 7aut
voir l" une hpoth&se étonnante ! tout se passe comme si la nature avait une 7in, et suivait un
plan prédéterminé, une 7orme de providence. %ais il 7aut encore dire quel est le moen dont
se sert la nature pour parvenir " un tel développement de l’homme. 9elon Gant, ce moen est
l’insocia$le socia$ilité. *e n’est plus tout " 7ait le con7lit augustinien entre l’amour du $ien et
l’amour de soi, mais ce n’en est pas tr&s loin ! il s’agit de la tension cheF les hommes entre le
penchant " s’associer et le penchant " s’isoler !
Le moen dont se sert la nature pour mener " son terme le développement de toutes ses
dispositions est leur antagonisme dans la société, dans la mesure oI cet antagonisme 7inira
pourtant par 6tre la cause d’un ordre réglé par des lois. 4’entends ici par antagonisme
l’insocia$le socia$ilité des hommes, c’est0"0dire leur penchant " entrer en société, lié
toute7ois " une opposition générale qui menace sans cesse de dissoudre cette société. Bne
telle disposition est tr&s mani7este dans la nature humaine. L’homme a une inclination "
s’associer, parce que dans un tel état il se sent plus qu’homme, c’est0"0dire qu’il sent le
développement de ses dispositions naturelles. %ais il a aussi un grand penchant " se séparer
,s’isoler5 ! en e77et, il trouve en m6me temps en lui l’insocia$ilité qui 7ait qu’il ne veut tout
régler qu’" sa guise et il s’attend " provoquer partout une opposition des autres, sachant $ien
qu’il incline lui0m6me " s’opposer " eux. Mr, c’est cette opposition qui éveille toutes les
7orces de l’homme, qui le porte " vaincre son penchant " la paresse, et 7ait que, poussé par
l’appétit des honneurs, de la domination et de la possession, il se taille une place parmi ses
compagnons qu’il ne peut sou77rir mais dont il ne peut se passer. <insi vont les premiers
vérita$les progr&s de la rudesse " la culture, laquelle repose " proprement parler sur la valeur
sociale de l’homme # ainsi tous les talents sont peu " peu développés, le goUt 7ormé, et m6me,
par le progr&s des Lumi&res, commence " s’éta$lir un mode de pensée qui peut, avec le
temps, trans7ormer notre grossi&re disposition naturelle au discernement moral en principes
pratiques déterminés, et ainsi en7in trans7ormer cet accord pathologiquement
.
extorqué pour
l’éta$lissement d’une société en un tout moral. 9ans ces propriétés, certes en elles0m6mes
7ort peu engageantes, de l’insocia$ilité, d’oI naLt l’opposition que chacun doit
nécessairement rencontrer " ses prétentions égoWstes, tous les talents resteraient cachés en
.
« Pathologique » signi7ie ! qui a pour principe quelque chose de passi7. Bn accord « pathologiquement
extorqué » n’est pas li$rement consenti. @l est l’Tuvre de la nature ,des circonstances qui nous 7orcent5 et non
l’e77et d’une décision raisonna$le.
.
germes pour l’éternité, dans une vie de $ergers d’<rcadie
>
, dans une concorde, un
contentement et un amour mutuel par7aits # les hommes, doux comme les agneaux qu’ils
paissent, ne donneraient " leur existence une valeur gu&re plus grande que celle de leur $étail,
ils ne rempliraient pas le vide de la création quant " sa 7inalité, comme nature raisonna$le. @l
7aut donc remercier la nature pour leur incompati$ilité d’humeur, pour leur vanité qui en 7ait
des rivaux jaloux, pour leur désir insatia$le de possession et m6me de domination Z 9ans cela,
toutes les excellentes dispositions naturelles qui sont en l’humanité sommeilleraient
éternellement sans se développer. L’homme veut la concorde # mais la nature sait mieux ce
qui est $on pour son esp&ce ! elle veut la discorde.
Gant, Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, -
e
proposition
@l ne 7aut donc pas voir dans les guerres un signe de l’inexistence de Aieu, au contraire ! la
con7lictualité humaine est le signe d’un sage ordonnancement du monde, car ce sont les
con7lits qui m&nent " un épanouissement des dispositions morales de l’homme ! les guerres
civiles a$outissent " la création d’(tats dont les lois réaliseront progressivement la paix et la
justice # et les guerres entre (tats m&neront progressivement " la constitution d’organismes
internationaux régulant et paci7iant les relations entre (tats, menant " une paix universelle.
Gant prévoait d&s la 7in du ?H@@@
e
si&cle la création d’une 9ociété des Eations, laquelle vit
e77ectivement le jour en 82:/, et continue d’exister aujourd’hui ! il s’agit de l’MEB.
Hegel, dans la lignée de Gant, pense toute l’histoire du point de vue du développement de
l’homme, ou plus exactement de l’Esprit du monde, entité quelque peu mstérieuse qu’il
appelle aussi Idée ou Concept. *heF Hegel aussi c’est la con7lictualité qui est la source du
progr&s ! on parle d’une vision dialectique de l’histoire. < cela, Hegel ajoute l’idée de la ruse
de la raison. Ae la m6me mani&re que Gant a77irmait que « le moen dont se sert la nature »
est l’insocia$le socia$ilité entre les hommes, Hegel a77irme que la Raison, pour se développer
dans l’histoire, use d’une ruse, " savoir les passions. Les passions individuelles m&nent les
grands hommes " réaliser, " leur insu, les desseins de la providence, " savoir la réalisation de
l’Idée. <insi, <lexandre le Krand, *ésar ou Eapoléon sont mus par leurs passions
personnelles, quelles qu’elles soient. (t les peuples les suivent instinctivement, eux aussi par
passion, sans $ien savoir pourquoi. La réalité historique est que ces 6tres incarnent, par leur
action, le mouvement du progr&s. @ls croient suivre leurs passions, mais ils réalisent en réalité,
par leurs conqu6tes, leurs guerres et leur soi7 de gloire, le progr&s de la Raison universelle.
=
L’histoire consiste en une succession d’étapes de la 7orme th&se, antith&se, snth&se. Par la
th&se, quelque chose est posé # par l’antith&se, cette chose est niée par une autre entité qui
entre en con7lit avec elle # ce con7lit se résout dans la snth&se, état 7inal qui dépasse les deux
étapes précédentes en conservant ce que chacune avait de « vala$le ». Hoici quelques
exemples de dialectique !
+h&se <ntith&se 9nth&se
Histoire
de la
philosophie
école ionienne
,Héraclite5 !
tout est changement
école éléate
,Parménide5 !
le changement n’existe pas
Platon ! les @dées sont
éternelles, mais leurs
images sont changeantes
+héologie
P&re Cils 9aint0(sprit
Histoire de la religion
*atholicisme Ré7orme *ontre0Ré7orme
Histoire des idées
Philosophie des Lumi&res Romantisme 9ciences humaines
Rapports humains
*on7lit (sclavage Révolution
Aissertation
+h&se <ntith&se 9nth&se
Aialogue
@dée *ritique <ccord
*onscience humaine
*onscience immédiate <liénation dans les choses Prise de conscience de soi,
>
*ette expression désigne la vie innocente mais vaine des pasteurs d’<rcadie ,région de la Kr&ce ancienne dont
les po&tes 7irent le séjour de l’innocence5.
=
Hegel, La !aison dans l’histoire, @@, :.
>
,création artistique5 retour en soi
*7. la dialectique du maLtre et de l’esclave.
*ette philosophie a pour e77et, comme celle de Gant, de justi7ier les con7lits. *’est une des
limites possi$les de cette vision des choses. Peut0on vérita$lement justi7ier les con7lits au nom
de l’ordre supérieur auquel ils permettent d’a$outir ' Peut0on, par exemple, « dialectiser la
9hoah », c’est0"0dire voir dans ce génocide une étape nécessaire du progr&s historique '
$. %a &in de l!istoire
9elon Hegel, ce développement dialectique doit mener " un (tat 7inal, dans lequel l’(sprit
du monde, ou la conscience universelle, aura par7aitement pris conscience de lui0m6me. Hegel
a77irme m6me que cette 7in de l’histoire a été atteinte d&s 8=/., quand Eapoléon est entré "
@éna. *ela ne signi7ie pas qu’il n’ aura plus de guerres ni de con7lits " l’avenir, mais qu’avec
les conqu6tes napoléoniennes les idées de la révolution de li$erté, d’égalité et de justice se
sont répandues en (urope, ce qui constitue le sommet du développement de l’(sprit du
monde. < l’avenir il n’ aura plus aucun progr&s signi7icati7 de ce point de vue.
*ette idée d’une 7in de l’histoire, vulgarisée en Crance par <lexandre Goj&ve dans l’entre0
deux guerres, 7ut remise " la mode par le géopoliticien Crancis CuVuama en 82=2, " la chute
du mur de Derlin. *elui0ci voait dans la chute de l’BR99 le signe que le monde entrait dans
une période 7inale, oI la démocratie ne cesserait de s’imposer et de progresser, ce qui, en
vertu du théor&me géopolitique selon lequel une guerre est impossi$le entre démocraties,
devrait mener rapidement " la "in de l’histoire au sens, cette 7ois, de la cessation des con7lits
violents entre les hommes. Eous serions donc en passe d’entrer dans la paix perpétuelle r6vée
par GantP
<u re$ours de toutes ces conceptions qui cherchent le sens de l’histoire, on peut penser
avec 9haVespeare que l’histoire n’est qu’un chaos qui n’a a$solument aucun sens ! [Li"e is a
tale told #$ an idiot% "ull o" "ur$ and signi"$ing nothing.\ ,« La vie est une histoire racontée
par un idiot, pleine de 7ureur et qui ne signi7ie rien. »5
B. Quelques interprétations de la modernité
1. %e mar4isme "5ar42 5oore#
Eous avons vu l’interprétation marxiste de l’histoire ! société primitive, société antique
,esclavage5, société 7éodale ,servage5, société $ourgeoise ,prolétariat5, société communiste.
Eous avons vu l’approche marxiste emploée par les historiens structuralistes de l’école des
<nnales. L’historien et sociologue Darrington %oore ,82810://35 présente également une
interprétation marxiste de l’histoire, et en particulier du passage " la modernité. *e passage,
selon lui, peut se 7aire par trois tpes de révolutions di77érentes !
,85 Premier cas ! la $ourgeoisie peut gagner la révolution par ses propres moens ! il se
produit alors une ré#olution $ourgeoise, qui m&ne " la démocratie. (x ! <ngleterre ,8.==5,
Crance ,8>=25, (tats0Bnis ,Kuerre de 9écession, 8=.808=.35.
,:5 Aeuxi&me cas ! la $ourgeoisie ne peut gagner qu’avec l’aristocratie terrienne ! on assiste
alors " une modernisation &asciste. (x ! <llemagne, @talie, 4apon.
,15 Aernier cas ! la $ourgeoisie est quasi a$sente, les pasans nom$reux, l’aristocratie
terrienne est $ureaucratisée ! cela m&ne " une ré#olution communiste. (x ! Russie, *hine.
2. %e proc0s de civilisation "6reud2 +lias#
Aans le sillage de Creud, le sociologue Eor$ert (lias éla$ore une théorie de la modernité
7ondée sur l’idée de culture au sens de médiation. (n ce sens la culture consiste " di77érer les
pulsions, " les médiatiser par des moens sm$oliques comme le langage ,ex ! s’insulter au
=
lieu de se 7rapper phsiquement est une premi&re 7orme de médiatisation de nos pulsions5. *e
proc's, ou processus, s’est réalisé concr&tement en (urope par le phénom&ne de curialisation
,de cour5 ! ce terme désigne l’extension des mani&res de 7aire " la cour du roi " l’ensem$le de
la société. (n imitant la cour du roi, l’ensem$le de la société s’est peu " peu engagé sur le
chemin de la culture et de la civilisation. *ela se traduit par une société contemporaine oI les
pulsions antisociales sont soigneusement contrQlées et médiatisées ] c’est0"0dire re7oulées ou
su$limées, pour reprendre le voca$ulaire 7reudien. Par exemple, la guerre a aujourd’hui
disparu d’(urope. Les a77ects qu’elle exprimait se déploient désormais, respectivement, dans
le sport ,il est intéressant de voir " quel point le sport reproduit exactement, dans sa structure
et son esprit, le jeu de la guerre aristocratique ! entraLnement, code de l’honneur rigoureux et
r&gles du jeu, identi7ications « patriotiques » locales, compétitions organisées, supporters5
pour le peuple et dans les joutes oratoires de l’assem$lée nationale pour les élites.
$. 7ationalité et désenc!antement du monde "8e-er2 9auc!et#
Bne des lectures de la modernité les plus pertinentes est sans doute celle de %ax ;e$er.
*elui0ci voit dans la rationalité l’essence de la modernité. L’organisation rationnelle des
sociétés, des rapports politiques, économiques et sociaux serait la clé permettant de
comprendre l’évolution de nos sociétés au cours des derniers si&cles. *ette théorie se relie "
l’identi7ication par ;e$er de trois 7ormes de domination ] traditionnelle, charismatique et
légale rationnelle. L’idée est que l’on passe progressivement de la premi&re 7orme " la
troisi&me 7orme de domination ] $ien que le sst&me $ureaucratique, méritocratique et
technocratique n’exclue pas le retour périodique de la domination charismatique, et m6me la
7avorise par la généralisation de l’élection du che7 de l’(tat ou du gouvernement au su77rage
universel direct.
'. %e postmatérialisme "*ngle!art#
Le sociologue Ronald @nglehart insiste sur le passage d’une société matérialiste " ce qu’il
appelle une société postmatérialiste. < partir d’un outil d’analse rigoureux ,le m6me groupe
de questions posées " des échantillons représentati7s des pas occidentaux au cours d’une
période de plus de trente ans5, il dégage l’évolution des mentalités et des valeurs dominantes
dans ces sociétés. La question posée par @nglehart était la suivante ! Juel est selon vous
l’ordre de priorité entre ces quatre principes '
,85 maintien d’un taux de croissance
,:5 maintien de l’ordre dans le pas
,15 augmenter la participation des citoens aux décisions du gouvernement
,-5 garantir la li$erté d’expression
Les deux premiers principes sont considérés comme « matérialistes », les deux seconds
comme « postmatérialistes ». @nglehart montre que les préoccupations des Mccidentaux ont
évolué, depuis 823/, depuis les préoccupations matérialistes vers des préoccupations
postmatérialistes.
(. 3istoire et tec!nique
(n7in, on peut insister sur l’importance de la technique dans le développement historique.
L’étude de la guerre, par exemple, montre com$ien l’histoire de l’humanité est liée aux
moens techniques " sa disposition. Pour schématiser, on pourrait dire que ce sont les progr&s
techniques qui ont 7orcé les hommes " renoncer " leur vieille tradition guerri&re, devenue $ien
trop dévastatrice, et " inventer de nouveaux tpes de rapports et de régulation ,M%*, C%@,
MEB, *P@, etc.5.
La technique et la science constituent un 7il directeur extr6mement solide pour comprendre
l’histoire, car le progr&s ,en un sens moralement neutre, c’est0"0dire au sens d’orientation ou
2
d’accumulation5 qui s’ déploie est a$solument incontesta$le. @l est douteux que l’homme
évolue $eaucoup d’un point de vue moral, intellectuel ou m6me culturel # en revanche,
l’évolution des sciences et des techniques est une évidence.
Les conséquences du progr&s scienti7ique et technique sont multiples. 4e vous renvoie au
cours sur l’(tat, @H
e
partie ! les analses de Coucault sur le passage du gouvernement des
su&ets " la gestion d’une population sont en e77et étroitement liées " l’émergence de savoirs
nouveaux et de techniques correspondantes. L’e77et cliquet qu’on o$serve en droit, et de
mani&re plus générale la judiciarisation de la société, ne sont que des exemples parmi $ien
d’autres de l’in7luence de la technique sur la société. *eci est " relier avec l’idée que l’on a la
morale qu’on peut se permettre ] ainsi le progr&s technique 7ournit une clé qui permet peut0
6tre de comprendre l’évolution des normes juridiques et morales.
Conclusion
@l reste une question majeure que nous n’avons pas a$ordée ! la question de l’historicisme.
*e concept peut se comprendre en plusieurs sens asseF divergents. L’historicisme peut
d’a$ord signi7ier une prise en compte de l’histoire destinée " relativiser toute norme ou valeur,
" montrer son ancrage historique et donc " nier l’universalité des valeurs. (n un autre sens,
l’historicisme peut désigner la th&se selon laquelle l’histoire est régie par un déterminisme
rigoureux et des « lois de l’histoire » qui permettent de prédire l’avenir, m6me si ce n’est que
de 7a)on imprécise. (n ce sens, le marxisme est un historicisme.
%ais nous a$orderons la question de l’historicisme au premier sens lorsque nous nous
interrogerons sur l’universalité des valeurs. Aisons simplement que la diversité géographique
ou historique des normes n’est pas un argument su77isant pour écarter immédiatement l’idée
d’une certaine universalité des valeurs. Juant " l’historicisme au deuxi&me sens, c’est une
question qui reste ouverte, $ien qu’elle ait été décrédi$ilisée par la chute de l’BR99, et "
laquelle, j’esp&re, ce cours et le précédent donnent quelques éléments de réponseP
Anne4e
:ne preuve ontologique en !istoire "Agam-en#
La 9hoah a nécessairement eu lieu car elle est si horri$le qu’on n’aurait pas pu l’inventer.
*ette preuve purement logique de l’existence des cham$res " gaF est appelée « argument
ontologique » en ré7érence aux arguments ontologiques ,du tpe ! Aieu est par7ait, or
l’existence est une per7ection, donc Aieu existe5 par lesquels on essaait de prouver
l’existence de Aieu au %oen Yge et " l’Sge classique. @l est dU au philosophe italien
contemporain Kiorgio <gam$en.
Tout événement !istorique se produit deu4 &ois "3egel2 5ar4#
Bne premi&re 7ois en tant que tel, une deuxi&me 7ois comme la caricature du premier,
ajoute %arx. (xemples ! 8>=2 et 8=-=, Eapoléon @
er
et Eapoléon @@@. *ar l’histoire joue alors
le rQle d’un mthe et se trouve alors copiée, pastichée, parodiée. (ssaer de réitérer un
événement historique, c’est ou$lier que les conditions ont changé, que l’histoire ne se
reproduit jamais deux 7ois " l’identique, et c’est donc s’exposer " tom$er dans le décalage et
le ridicule. Les dérives antiautoritaires actuelles ne sont0elles pas une mauvaise parodie de
mai .= ' (t les exc&s autoritaires qui répondent ne sont0ils pas, de m6me, une tentative
grotesque et inadaptée de perpétuer un ordre ancien '
8/
Citations
0 [Li7e is a tale told $ an idiot, 7ull o7 7ur and signi7ing nothing.\ ,9haVespeare5
0 « La 7emme est l’avenir de l’homme. » ,<ragon5 *7. matriarcat et $iopouvoir.
0 « Rien de nouveau sous le soleil. » 'i#le, Livre de l’ecclésiaste. *e livre présente une vision
7igée, 7ixiste, de l’histoire. L’idée contemporaine d’une histoire apportant nouveauté et
progr&s n’a pas toujours eu cours. < ces mots on pourrait d’ailleurs répondre par le mot
d’Héraclite ! « Le soleil est chaque jour nouveau. » ,Héraclite, R .5
0 « La 7ronti&re qui sépare l’histoire de la science n’est pas tant celle du contingent et du
nécessaire que celle du tout et du nécessaire. » ,Paul Hene5
0 « *e sont les hommes qui 7ont l’histoire, mais ils ne savent pas l’histoire qu’ils 7ont. »
,Ramond <ron5
0 « Aé7ormation masochiste de la mémoire » ,Gundera5
0 L’enjeu vérita$le n’est pas l’avenir mais le passé ! nous voulons le modi7ier en 7onction de
nos goUts. Mn ne veut 6tre maLtre de l’avenir que pour pouvoir changer le passé. ,Gundera5
Bi-liograp!ie
<R@9+M+(, Poétique, chap. @?. <77irme la supériorité de la poésie sur l’histoire du point de
vue de la connaissance de l’homme.
9*HMP(EH<B(R, Le Monde comme volonté et comme représentation, livre @@@, R 38 et
suppléments, chap. 1=. *e texte agréa$le " lire présente une comparaison de la poésie et
de l’histoire qui prolonge et développe les ré7lexions d’<ristote.
H(K(L, La !aison dans l’histoire. Muvrage tout " 7ait lisi$le, qui o77re une voie accessi$le
vers la di77icile pensée de Hegel.
Su;ets de dissertation
Pourquoi les hommes écrivent0ils leur histoire '
Pourquoi des historiens '
Pourquoi
l’histoire '
Peut0on dire que l’humanité se cherche " travers son histoire '
Peut0on dire que l’histoire est l’instrument de notre li$erté '
(n quoi la connaissance de l’histoire est0elle indispensa$le au citoen '
L’histoire est0elle notre mémoire collective '
La connaissance de l’histoire permet0elle de mieux comprendre la politique '
L’histoire joue0t0elle pour nous le rQle d’une mthologie '
Pouvons0nous tirer des le)ons du passé '
Le rapport "
l’histoire
L’histoire produit0elle un sens ou $ien ce sens lui est0il communiqué '
< quelle condition peut0on dire que l’histoire a un sens '
Peut0on dire qu’il existe une logique des événements historiques '
< a=t=il une &inalité > l?uvre dans l!istoire des !ommes ?
L’histoire est0elle rationnelle '
Le sens de
l’histoire
Juelles sont les limites de l’o$jectivité en histoire '
%!istoire est=elle le simple récit des &aits tels quils se sont passés ?
Histoire et
vérité
Peut0on dire qu’un événement historique est " la 7ois nécessaire et imprévisi$le '
L’historien peut0il 7aire l’économie d’une philosophie de l’histoire '
L’o$jectivité de l’historien lui interdit0elle de parler de « décadence » d’une civilisation '
La méthode
historique
Eotre existence a0t0elle un sens si l’histoire n’en a pas '
Peut0on " la 7ois vivre un événement historique et l’expliquer '
(st0il vrai que l’ignorance de notre histoire nous condamne " la revivre '
Aans quelle mesure peut0on dire qu’une pensée ou une action vont dans le sens de l’histoire '
Les hommes 7ont0ils leur histoire ou la su$issent0ils '
Les hommes peuvent0ils échapper " l’histoire '
Histoire et
existence
L’histoire est0elle un éternel recommencement '
La nature a0t0elle une histoire '
<utres
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