COURS D’HISTOIRE DES IDEES

POLITIQUES AVANT 1789
Daphnée Principiano
www.operavenir.com/cours
Ce cours sera consacré à l’étude des Grands Penseurs Politiques, et aux Courants
d’Idées d’Organisation Politiques d’avant la Révolution Française Nous étudierons
également la corrélation entre les Idées et les Institutions car il a souvent un
ra!!ort étroit entre la Pensée Politique et le "roit#
PARTIE PRÉLIMINAIRE : L’ANTIQUITÉ GRÉCO-ROMAINE ET LE
MOYEN-AGE.
CHAPITRE I : L’ANTIQUITÉ GRÉCO-ROMAINE
Section I : Les expériences politiques Grecques
Elles sont au nombre de trois
- Sparte
- Athènes
- L’Empire d’Alexandre le Grand
Les Grecs ne connaissent pas comme plus tard les Romains la notion d’état unitaire , il n’ a donc pas d’institutions des
idées politi!ues étati!ues , ils connaissent uni!uement la cité, ce !u’ils appellent la " polis#
 $he% les Grecs, la cité est & la 'ois une structure politi!ue et sociale mais aussi une entité reli(ieuse )
$’est ce !ue l’on appelle le monisme anti!ue c*est-&-dire !ue les habitants d’une cité sont é(alement membres d’une
communauté reli(ieuse )
$ha!ue cités & ses dieux tutélaires )Ainsi Socrate & été condamné & mort car il a+ait ba'oué les Dieux de la $ité
d’Athènes ,il a donc tou-ours con'usion entre le politi!ue et le reli(ieux)
.outes les cités Grec!ues, romaines et anti!ues connaissent ce phénomène)
 L’autre point commun entre les cités est leur mode d’apparition /
le Sn0cisme , ce sont des rassemblement de tribus !ui 'ont émer(er la cité )
$ela peut a+oir un incidence sur le Droit car le sn0cisme produit une rationalisation -uridi!ue en 'aisant appara1tre un
droit commun 2c’est une des ori(ines par exemple du Droit Romain3 )
§1 Sp!"# $% L&'(')$*#
Sparte est une cité !ui se trou+e dans la péninsule du Péloponnèse )2+oir carte3
$’est une cité !ui passe pour a+oir été le modèle de la cité aristocrati!ue )
4eaucoup de lé(endes entourent l’apparition de Sparte /
- Par exemple la lé(ende du mthe de l’in+asion Dorienne , un peuple indo-européen / ils
auraient dominés les peuples installés, les 5ilotes et auraient 'ondés Sparte en 6788 a+ 9$ 2 6
siècle après la Guerre de .roie3
Pendant : siècles c’est l’épo!ue des temps obscurs / on ne sait rien sur ce !ui ce passe en Grèce)
;ers <88-=88 a+ 9$ on +oit réappara1tre Sparte) $’est un mthe car on a du mal & préciser les causes de cette réapparition
dans l’5istoire, mais pour Sparte tout l’épanouissement semble >tre d? a ce phénomène dé-& é+o!ué le Sn0cisme 2un
re(roupement de tribus3
@n parle concernant Sparte d’une cité aristocrati!ue car son or(anisation sociale s’apparente & une ri(oureuse hiérarchie
de la société) $’est ce !ue l’on appelle " l’Eunomia #)$’est un sstème d’ordre !ui a une sorte de pendant constitutionnel
politi!ue / c’est La G!*(# R+,"! 2ABCDEF GHIJ K megalê rhêtra3 c’est le texte 'ondateur des institutions spartiates)
!ui semble >tre une constitution écrite )$ette Réthra serait l’0u+re de Lcur(ue 2 le 'aiseur de lumière3 pourtant on ne
sais pas (rand-chose de ces 'aits !uasi lé(endaires
$ette Eunomia met en place une or(anisation sociale /
- @n distin(ue les -p!"."#- !ui représentent = a 68 888 hommes, citoens !ui 'orment un corps ci+i!ue et !ui
sont pour+us des droits politi!ues complets) Lls 'ont de la politi!ue et la (uerre
M’oublions pas !ue Sparte est une cité (uerrière / et donc il a interdiction pour les citoens de tra+ailler
Ll existe une hiérarchie entre les (uerriers de Sparte /c’est une oli(archie a+ec des aristocrates !ui dominent) $e sont eux
!ui diri(ent la cité)
La (rande masse des citoens est traité en é(alité & tel point !ue les spartiates s’appellent aux m>me les homioNs 2 les
é(aux3 cela les distin(ue du reste de la population )
Pour >tre un nomoNs, /
 il 'aut posséder un lot de terre !ue l’on appelle leOPl>ros’ 2Qlhro-, " ce !u’on obtient par le sort,
hérita(e #3 !ui doit permettre l’entretient du spartiate et de sa 'amille)
 Ll 'aut >tre admis au repas commun )La tradition rapporte !ue le repas est in'ect) $’est pour
endurcir le soldat)
$elui !ui cesse de remplir ces conditions n’est plus citoen)
L’interdiction de tra+ailler si(ni'ie !u’ils ne peu+ent pas 'aire de commerce)
Leur seul cadre est la cité de Sparte)
La +ie du (uerrier est rthmé par l’éducation militaire)
Sparte est une cité !ui prati!ue l’Eu(énisme c*est-&-dire !ue l’on tue les en'ants si il a des si(nes de 'aiblesse)
Le nou+eau-né !ui sur+it & cet examen ne reste pas a+ec les parents car on estime !ue les parents ne sont pas
propriétaires de leur en'ants)
A R ans commence pour les (arSons et les 'illes l’éducation )
$ette éducation est très stricte) Les 'illes n’ont pas les droits politi!ues , elles sont par contre indispensables pour
transmettre la " nationalité # et la " citoenneté #)
L’éducation est collecti+e , c’est un dressa(e et donc l’adolescence est mar!uée par di''érentes éducations ,épreu+es dans
le but de rendre l’indi+idu endurant et 'ort)
Exemple 1 / La nourriture est un exercice militaire car le spartiate pour man(er doit +oler sa nourriture)
Exemple 2 / La maria(e car pour se marier l’homme doit enle+er la 'emme , une 'ois enle+ée ils ne peu+ent réappara1tre
!ue lors!ue la 'emme est enceinte)
Dans l’éducation, il a un +olet d’éducation ci+i!ue) $’est un catéchisme laconi!ue !ui est censé mettre en é+idence le
patriotisme)
$ette éducation a 'ait dire !ue Sparte était la cité dompteuse d’homme)
Tne 'ois édu!ué l’homme participe & la +ie militaire -us!u*& U8 ans , s’ il a sur+écut , il peut a cet a(e participer &
l’administration de la +illeV
Le thème 'ondateur est donc l’éducation )
- L#- .*/'!.#%!-0 ce sont les hommes con!uis par les Spartiates / il a principalement deux peuples /
 Les 5ilotes 2habitants les plus anciens de la péninsule tombés en escla+a(e3
 Les périè!ues
Les 5ilotes tra+aillent & la place des (uerriers , il a donc une di+ision du tra+ail )$eux !ui combattent Kceux !ui
tra+aillent cela correspond plutWt a ceux !ui commandentK$eux !ui obéissent)
Les periè!ues sont eux , re(roupés en communauté m>me si ils ne sont pas des spartiates ,
Les périè!ues sont inté(rés & l’armée ) S’ils combattent bien ils peu+ent >tre honorés par la cité
- Ll a 1#- #-&12#- notamment les prisonniers de (uerre, il a très peu d’étran(ers & Sparte)
$’est donc une cité très hiérarchisée)
$oncernant l’ordre politi!ue et les institutions /
Si on suit la Grande Rethra , on s’aperSoit !u’il s’a(it d’un ré(ime mixte !ui de+iendra dans l’histoire des idées
politi!ues un mthe mais !ui ne sera -amais appli!ué)
 Ll a une )$*!&+.e car il a deux rois !ui pro+iennent de deux dnasties )
$es personnes ont des pou+oirs essentiellement reli(ieux , ce sont des (rands pr>tres et ils diri(ent l’armée) $e sont des
rois !ui sont contrWlés par les ma(istrats ,
 Dessous les rois , se trou+e 1’!.-"$&!".# , il s’a(it de la " (érousia # c’est un conseil des anciens , X(és de
plus de U8 ans, ils sont Y< et on leur a-oute les deux rois) $es Gérontes sont élus par le peuple par acclamation ,
normalement c’est extr>mement démocrati!ue mais en 'ait c’est un sstème manipulable et cela permet aux 'amilles les
plus puissantes de choisir ceux !u’ils +eulent )
$e conseil 'ait les lois, décide de la paix ou de la (uerre, on peut dire !u’elle assume l’administration (énérale)
 L’--#)31'# (% p#%p1# l’ " apella # ont trou+e tout les spartiates X(és d’au moins :8 ans, Ll n’ a pas de
sstème représentati's, les citoens sont tous membre de l’assemblée )$ette apella élit les ma(istrats, elle exprime son
a+is sur les problèmes !ui lui sont soumis, ce n’est en 'ait pas un lieu de débat, elle n’a !u’un rWle consultati' , c’est
l’élément démocrati!ue )
Les deux rois , le conseil et l’assemblée 'orment le ré(ime mixte ce !ui est considéré comme le meilleur ré(ime
 L#- )4.-"!"- au nombre de 7 'ont 'i(ure de diri(eants exécuti's de la cité , ce sont les " Ephores # , ils
administrent la cité e contrWlent tous les autres citoens)
Ainsi le ré(ime de Sparte est donc en réalité une aristocratie car seul un petit nombre décide)
$ette cité dont on ne sais pas (rand-chose +a >tre la modèle du ré(ime mixte et de la cité aristocrati!ue par excellence )
Elle représente donc une expérience de pensée politi!ue !ui +a 'ixer le ré(ime aristocrati!ue -us!u*& la Ré+olution
ZranSaise de 6R<=)
§5 A"+6*#-
$’est le modèle de la cité démocrati!ue par excellence) La roauté a laissé la place & la
démocratie ).rois é+énements semblent a+oir permis cette apparition de la démocratie)
 1 4%#!!# / notamment contre les Perses, & cha!ue 'ois c’est Athènes !ui diri(e la
coalition (rec!ue 2la li(ue de Délos3
$ela a permis au sstème athénien de montrer !u’il est +iable
 1’.)p'!.1.-)# / contrairement & Sparte !ui +it en autarcie Athènes a créé un empire colonial, c’est la
+ille commerSante) $ela a 'a+orisé la démocratie car la +ille s’enrichie rapidement
 L’#*-#.4*#)#*" (# 1 p+.1$-$p+.# / ceux !ui 'ont cette ensei(nement sont les sophistes très criti!ués
de nos -ours pourtant ils ensei(nent l’art politi!ue dans un cadre démocrati!ue)
Le ;[ s a+ant 9$ est considéré comme le siècle d’or de la démocratie athénienne )
Ll a une séries de principes /
- L’Lsonomia / c’est lé(alité de tous de+ant la loi c*est-&-dire !ue la loi a une importance primordiale ,
- le domos 2le peuple3 est ma1tre de la loi mais il doit é(alement se soumettre & cette loi )
Exemple / l’obli(ation pour tous les ma(istrats de rendre des comptes lors!u’ils sortent de 'onction )
$ela si(ni'ie é(alement !ue n’importe !uel citoen peut proposer une loi ou tenter de mettre en péril la proposition de loi
d’un autre citoen)
$’est la procédure de la " graphe para nomon »
- L’Lse(oria / $’est le droit é(al & la parole )Athènes est la Républi!ue des a+ocats, on parle beaucoup &
AthènesV
- L’alternance de l’obéissance et du commandement, on est tour a tour (ou+ernant et (ou+ernés) Ll a beaucoup
de ma(istrats et les mandats durent très peu 26 an3
Athènes a mis en place deux sstème de nomination des ma(istrats
 P$%! 1#- )4.-"!"%!#- .*/'!.#%!- on procède par tira(e au sort ce !ui est très démocrati!ue
 P$%! 1#- )4.-"!"%!#- .)p$!"*"#- ont procède par une élection ce !ui est considéré
comme un sstème aristocrati!ue car il a possibilité d’orienter le choix ,
$ependant il a un contrWle populaire & la 'in du mandat
\uelles sont les institutions ]
 L’--#)31'# (% p#%p1# / l’ecclésia , ici aussi cette structure est reli(ieuse, normalement l’ecclésia comprend
tous les citoens )Sont citoens les hommes aant la nationalité athénienne 2 en+iron :8)8883)
Les 'emmes ne sont pas citoennes mais elle transmettent la citoenneté)
Les en'ants non plus )
Les étran(ers n’ont pas le droit politi!ue tout comme les escla+es)
L’escla+a(e est -usti'ié par la nécessité pour les citoens de se +ouer aux a''aires publi!ues)
Les seuls opposés & l’escla+a(e sont les sophistes)
Ll a beaucoup d’absentéisme & l’Ecclésia donc en réalité il a une désa''ection pour la +ie publi!ue et politi!ue
L’assemblée +ote la loi )
@n peut proposer des lois ou utiliser la graphé para nomon )$ela était ré(lementé , ainsi celui !ui proposait une loi !ui
subit une graphé para nomon , si sa loi est mau+aise sera puni )Est é(alement puni celui !ui utilise la graphé para
nomon sans raison )
$’est un sstème de double responsabilité ,
L’assemblée nomme les ma(istrats, contrWle les ma(istrats , ainsi l’ecclésia participe au (ou+ernement m>me si c’est de
'aSon indirecte)
L’assemblée a é(alement des pou+oirs de -ustice /
- la 'aculté d’exclure / L’@stracisme , ce n’est pas considéré comme une peine mais c’est tout de m>me 68 ans
d’exil hors de la cité) $ela permet de mettre a l’écart un indi+idu -u(é comme incon+enant au bon 'onctionnement de la
démocratie)
Le problème est !ue cette mesure est décidée par Y888 personnes , elle peut donc a+oir des déri+es et ser+ir de terrain
aux déma(o(ues
- L’Eisan(élie / lors!ue se produit une atteinte (ra+e & la sécurité de l’état et si la loi ne punit pas cette atteinte
c’est l’ecclésia !ui -u(e c*est-&-dire !u’elle lé(i'ère sur l’in'raction et -u(e)
 L 3$%1, , c’est une sorte de conseil administrati' , c’est l’or(ane !ui +a mettre en 'orme les décisions de
l’assemblée )
$’est un or(ane limité a 788 membres dési(nés par tira(e au sort pour 6 an )
Athènes compte 68 tribus et cha!ue tribus 'ourni 78 bouleutes)
La boul> se réunit -ours et nuit , donc les bouleutes assurent une sorte de permanence)
\uant ils sont en permanence, les bouleutes prennent le nom de prtanes , et cha!ue -ours est élu un président !ui est
l’é!ui+alent de nos -ours du che' de l’état)
Ainsi cha!ue citoen athénien & la possibilité d’>tre un -our présidentV
 L’H'1.'# / $’est le tribunal, la -ustice populaire ) Ll est composé de U888 -u(es !ui sont des citoens tirés au sort
cha!ue année ) Pour certains procès importants ont réunis Y ou : sections ,
$’est ce tribunal !ui condamnera Socrate & la peine de mort)
La procédure est particulière /
L’accusation est laissée & l’initiati+e du premier citoen +enu , il a une instruction conduite par des ma(istrats, puis il
a des débats contradictoires, sans +oie de recours)
@n +oit appara1tre des cabinets d’accusateurs pro'essionnels / " les scophantes # !ui lors!ue la personne est condamnée
reSoi+ent une partie de l’amende en primeV
Ré'érence / " Les guêpes # une comédie d’Aristophane )
§7 L’H#4#)$* $% 1#- .*-"."%".$*- (#- )$*!&+.#- H#11'*.-".8%#-
.out part de la con!u>te de la Grèce par les macédoniens !ui +ont dominer le monde (rec)
$ela 'orce & aména(er de nou+elles structures politi!ues)
$’est l’apparition des monarchies hellénisti!ues)
$’est une monarchie car la dimension démesurée de l’Empire impose une unité de (ou+ernement, une centralisation
politi!ue)
La roauté est aussi une tradition macédonienne )
Le roi Alexandre est un che' de (uerre) Tne 'ois !ue l’empire est con!uis , la conception du pou+oir roal intè(re :
traditions /
 .radition perso-é(ptienne /
c’est le despotisme oriental )Le monar!ue hellénisti!ue est considéré comme le 'ils du soleil et des dieux , on +oit
appara1tre le roi de droit di+in )
 .radition (rec!ue /
$’est la dimension héroN!ue , Alexandre est considéré comme le héros par excellence " Achille con!uerrant ^))$’est un
>tre sur humain transcendé par des !ualités personnelles " héros , bien'aiteur et sa(e # c’est le bon (ou+ernant)
 $ette monarchie 5ellénisti!ue est uni+erselle,
Ll n’ a plus de cli+a(e ).ous les habitants de l’empire sont des su-ets d’Alexandre $’est l’abandon dé'initi' du concept
de cité !ui est désormais dépassé) $ela ren'orce le raonnement de la pensée (rec!ue) $’est le moment ou les romains se
mettent & lire les (recs) A imiter la GrèceVAlexandre est un dieu +i+ant , il a certains rites / la prosternation aux pieds
du monar!ue )$’est une roauté autoritaire , il n’ a plus de citoens mais des su-ets) Alexandre +a mourir -eune et son
empire +a >tre parta(é entre les 'amilles de ses (énéraux-(ou+erneurs)
L’_(pte & P"$1')'# ,l’Asie mineure aux S'1#%&.(#- La macédoine et la Grèce aux *".4$*.(#-)
`al(ré le retour a des portions nationales, le concept de monarchie uni+erselle +a perdurer) $’est un modèle dont les
romains +ont se sou+enir et c’est la matrice du 'utur empire romain )
Section II : Les Ecoles de pensée grecques
§1 P1"$* $% 1 -$p+$&!".# 2le (ou+ernement des sa(es3
Personna(e particulier né en aYR a+ 9$ mort en :a< a+ 9$ au moment ob la
démocratie athénienne +a mal car elle est battue par Sparte !ui a imposé un
ré(ime aristocrati!ue ,
Platon appartient & une 'amille d’aristocrates et c’est l’élè+e de Socrate
Platon !uitte Athènes, il +a a Sracuse et re+ient & Athènes ou il 'onde
l’académie )
En :a< il meurt a Athènes on lui doit deux 0u+res politi!ues ma-eures / La
Républi!ue et les Lois)
 L R'p%31.8%#
$’est un li+re sous 'orme de Dialo(ue écrit +ers :R7 a+ 9$ , c’est un li+re sur l’éducation )Dans la Républi!ue il
s’intéresse & l’Xme et notamment & l’éducation de l’Xme)
Pour Platon « l’état est l’instrument privilégié appeler a enseigner la justice #
Platon 'ait partie de ces philosophes !ui s’intéressent peu au réel c’est un idéaliste ,dans son li+re il +a pro-eter le modèle
de la cité idéale )
Ll expli!ue !ue l’état n’est !u’une pro-ection élar(ie de l’Xme -uste) Ll nous expli!ue !ue l’Xme est 'ormée de trois
parties /
- La raison !ui délibère
- La 'orce !ui combat et obéit
- L’instinct !ui produit et commerce)
Platon +a construire l’état idéal non pas pour !u’il se réalise mais pour atteindre 2au ni+eau de la pensée3 & l’état -uste)
Selon lui , la société est di+isée de la 'aSon sui+ante /
- Les che's !ui délibèrent , !ui ont la connaissance et !ui doi+ent >tre philosophes)
- Les (uerriers / c’est la 'orce, le coura(e
- Les producteurs menés par l’instinct !ui 'ont la richesse de la cité
Ll estime !ue l’on doit exi(er des deux premières caté(ories une abné(ation totale)
Donc les philosophes et les (uerriers doi+ent >tre soumis a une éducation & base morale )
Lls n’auront pas de 'amille , c’est l& !ue Platon s’intéresse aux 'emmes, il +a es!uisser une loi de reproduction , soumise &
l’eu(énisme et & la loi du nombre par'ait 2ré'érence & Sparte3
A la naissance, les en'ants sont enle+és aux parents !u’ils ne connaissent pas et sont éle+és en (roupe )
S’ils sont résistants & l’éducation ils de+iendront producteurs)
@n est donc dans l’utopie) $ette utopie & cette épo!ue se ren'orce par l’a''irmation de l’é(alité des sexe)
Selon lui a é(alité de talent les 'emmes sont é(alement apte & diri(er la cité)
La masse des producteurs se parta(era les richesses et il n’ aura ni riche ni pau+re)
Les propriétés seront é!ui+alentes)
Les tra+ailleurs pourront a+oir une 'amille et prati!ueront tout ce !ui est nuisible & l’harmonie de l’Xme et du corps )
Platon estime !ue dans la mesure ou ils ont été édu!ués, l’autorité des philosophes n’est -amais abusi+e) Les lois seront
donc inutiles +oir mau+aises)
" Pour que l’idée du bien triomphe , il faut balayer toutes les lois # Platon
La liberté indi+iduelle n’existe pas / ou la liberté se con'ond a+ec la -ustice, ou elle s’écarte de la -ustice et de+ient
discorde)
$ette utopie peut >tre (énéreuse sur certains points mais dan(ereuse sur d’autres , on parle alors de communisme
platonicien)
Ll +a é(alement établir une patholo(ie de l’état , il +a décrire les $onstitution Dé(énérées)
Pour Platon tout l’uni+ers politi!ue est corrompu et il établit une classi'ication des ré(imes politi!ues) Sa classi'ication
est ccli!ue)
Platon +a partir d’un ré(ime !u’il appelle la timocratie , c’est la ré(ime de la (uerre
$’est un ré(ime discipline , mais ce ré(ime est +oué a dé(énérer et +a de+enir une oli(archie / c’est la passion de l’ar(ent
, le +ice principal de ce ré(ime est la rupture de la société entre les riches et les pau+res, on passe a+ec la ré+olution des
pau+res 9 1 (')$&!".# !ui est considérée comme une ré(ime de désordre horrible )
@n +a ensuite passer & un dernier ré(ime , 1 ":!**.# utilisée pour rétablir d’ordre !ui est le ré+eil des instincts bestiaux
mais !ui +a rétablir l’ordre) Suite a cela on rétablira la ".)$&!".#) Le cercle est bouclé)
Platon ima(ine ici une loi des dé(énérescences des ré(imes politi!ues !ue l’on appellera plus tard l’anaccli!ues)
$ette classi'ication ori(inale si(ni'ie !ue dans l’esprit de Platon cha!ue ré(ime politi!ue porte en lui les (ermes de sa
propre décadence )Le seul moen de l’é+iter est de mettre en place la cité idéale )Le problème est !ue la cité idéale #-"
%"$p.8%# #" .!!'1.-31#)
$omment emp>cher les Etats de dé(énérer ] Platon expli!ue !ue c*est seulement lors!ue les rois seront philosophes ou !ue les philosophes de+iendront rois, !u*un Etat de
cette nature pourra +oir le -our) Rappelons-nous !ue pour Aristote, il 'allait séparer ces deux choses) Platon con+ient !u*il est très di''icile de trou+er des hommes capables
d*>tre les deux & la 'ois, mais pas impossible, dit-il)
\ui sont ces rois philosophes ] Lls 'uient la !u>te des plaisirs corporels, des richesses, des honneurs, ou de la (loire) Lls s*adonnent & l*étude de toutes les sciences car, dit-il,
lors!ue les désirs sont orientés comme un torrent +ers les très bonnes choses, ils n*ont plus le loisir d*aller aux très mau+aises choses 2)))3 Lls consacrent leur +ie & la recherche
de la +érité, du 4ien et du 4eau, & la 'ois dans leur +ie publi!ue comme dans leur +ie pri+ée)
`ais, des hommes comme cela, a+ec toutes ces !ualités, sont di''iciles & trou+er, reconna1t +olontiers Socrate) Pour!uoi sont-ils si di''icile & trou+er ] Parce !u*a+ec autant
de !ualités, ils se destinent sou+ent & des carrières 'aisant appel soit & l*intelli(ence, au coura(e et m>me & la 'orce) De plus, parce !u*étant donné leur dons, leurs 'amilles ont
dé-& 'ait toutes sortes de plans les concernant a'in !u*ils s*occupent de +eiller sur le patrimoine) Les 'amilles, a+ertit Platon, useront de toutes les astuces, compris des
strata(èmes concernant leur +ie pri+ée, pour les détourner d*une +ie consacré & la politi!ue et & la philosophie 2)))3)
Pire encore, ces hommes !ui auront (o?té & la +raie science, ne +oudront -amais retourner au bas de la ca+erne pour édu!uer la 'oule i(norante) `ais, lors!u*ils seront montés
l&-haut, il ne 'aut surtout pas leur permettre d* rester, dit Platon, annonSant toute une série de mesures par les!uelles les (ou+ernements de+raient inciter ces philosophes &
édu!uer le peuple)
Redescendre dans les ca+ernes, lutter contre les opinions toutes 'aites des (ens et contre leur re'us de remettre en !uestion le " bon sens # de la réalité sensible, +oil& la tXche
la plus di''icile)
`ais, insiste Platon, tous les Xmes peu+ent >tre édu!uées) « Toute me a! en elle! cette "aculté d#apprendre et un organe $ cet usage! et %&&&' comme un oeil qu#on ne pourrait
tourner de l#o(scurité )ers la lumi*re qu#en tournant l#ensem(le du corps! cet organe doit être retourné tout entier des choses périssa(les! +usqu#$ ce qu#il de)ienne capa(le
de supporter la )ue de l#être et la partie la plus (rillante de l#être! et cela nous l#appelons le ,ien! n#est-ce pas . /
L*éducation, poursuit Platon, est l*art de tourner cet or(ane m>me et de trou+er la méthode la plus 'acile pour le 'aire) Platon a+ertit de se mé'ier d*une méthode !ui partirait
du principe !ue pour édu!uer, il 'audrait mettre la +ue dans un or(ane) $omme si l*Xme ne possédait pas dé-& cet or(ane)
;oici donc La 0épu(lique de Platon, un (ou+ernement ob la sa(esse commande non pas pour permettre & une petite élite 'i(ée de s*installer au pou+oir, mais pour éle+er le
ni+eau de tous et 'ormer des citoens et des citoennes) La tXche !ui nous attend est immense car c*est le modèle d*Aristote !ui a été éri(é en ma1tre depuis une trentaine
d*années) `ais tous les hommes peu+ent apprendre et une 'ois !u*ils ont (o?té & la +érité et & la +raie philosophie, ils n*oublient -amais cette expérience)
 L#- 1$.- : ;7<<-7=7 2 >C?
Dans son dernier ou+ra(e, les Lois, Platon s’écarte de la $ité idéale pour dé'inir les conditions possibles d’application de
ses théories dans la réalité) Le pro-et est donc moins ambitieux mais l’auteur ima(ine toute une série de rè(lements
contrai(nants destinés & emp>cher toute corruption) L’accumulation de ces rè(lements donne l’ima(e d’un ré(ime plutWt
totalitaire) Zaut-il +oir dans cette absence de liberté les consé!uences des déceptions causées par les actions in-ustes de la
démocratie athénienne, !ui, par son essence, aurait d? (arantir la liberté ]
La $ité idéale de Platon est la première utopie politi!ue dans l’histoire des sociétés occidentales ) Pour la première 'ois,
un philosophe propose un mode d’or(anisation -u(é idéal
$onclusion / aucun esprit humain ne peut diri(er les a''aires humaines -*- (#2#*.! p!$/$*(')#*" ""#.*" (# (')#-%!#
#" (’.*@%-".&# / la cité modèle de+rait >tre minuscule de 78-a8 citoens choisis selon des préoccupations ethni!ues 2des
citoens !ui doi+ent >tre ori(inaires du m>me pas3)
Ll 'audrait s’éloi(ner des ri+a(es pour !ue les citoens +i+ent en autarcie)
L’idéal pour Platon est donc d’>tre & l’abri des in'luences extérieures ,Platon a expli!ué !ue
" la marine et le commerce, sont l’âme de la démocratie^2pour lui la Démocratie per+erti l’homme3 #
Seuls !uel!ues pri+ilé(iés se rendent & l’extérieur )Dans cette cité idéale, tous les citoens ont des droits politi!ues, ils
sont tous propriétaires d’une partie de terre)
Ll a un seul héritier au cas ou il en a plusieurs, l’en'ant supplémentaire est donné aux couples stériles)
En ce !ui concerne les institutions /
Platon +a se ré'érer au modèle de Sparte / c’est un ré(ime pré'érable & la démocratie athénienne)
Le ré(ime sera con'ié a 77 4!(.#*- (#- 1$.- !ui seront eux m>me soumis & des contrWleurs Dans cette cité , la
sur+eillance est totale et mutuelle c’est ce !ui assure la permanence de la société)
- Ll a le conseil nocturne !ui est & la 'ois le pou+oir reli(ieux et -udiciaire)
- Dans " les Lois # Platon condamne l’athéisme et mani'este son mépris pour ceux !ui n’accomplissent pas leur
de+oir reli(ieux) Lci Platon trahit un peu Socrate)
§5 A!.-"$"# $% 1 1$. (# 1’'8%.1.3!#
Aristote est né en :<a & Sta(ire +ille au nord de la Grèce , il +ient & Athènes ou il sera le disciple de Platon &
l’Académie)
Ll retourne en `acédoine ou on lui con'it l’éducation l’Alexandre le (rand ;ers ::7 , il retourne & Athènes )$e n’est pas
un citoen mais un métè!ue , il romps a+ec Platon et 'onde son école de pensée / 1# 1:&'#)
Aristote na!uit en .hrace en c:<a) Son père était le médecin de Philippe, roi de `acédoine) $’est peut->tre lui !ui lui
donna le (o?t pour les sciences concrètes) `ais c’est & Athènes !u’il +int par'aire son éducation en sui+ant pendant +in(t
ans l’ensei(nement de Platon) Ll de+ient un de ses élè+es pré'érés et montra un (o?t pro'ond pour l’ac!uisition de +astes
connaissances, & tel point !ue Platon le surnommait " le liseur # et lui con'ia plus tard l’ensei(nement de la rhétori!ue)
Aristote 'ut pro'ondément in'luencé par la philosophie de Platon et son sstème se dé'init par rapport & celui de Platon,
compris dans ses oppositions, car les deux hommes a+aient des tempéraments et des démarches opposés)
A la mort de Platon, Aristote !uitta Athènes pour se 'ixer & Amos comme conseiller du prince des lieux) Ll 'ut ensuite
appelé & la cour de `acédoine pour de+enir le précepteur du -eune prince, le 'utur Alexandre le Grand) Sous la protection
du roi Philippe, il constitua le plus (rand laboratoire de l’Anti!uité, étudiant et classant la 'aune et la 'lore dans un
esprit encclopédi!ue)
En c::7, il re+int & Athènes, récemment soumise par la `acédoine, pour 'onder son école, le Lcée, du nom d’un
!uartier de la +ille) $omme il ensei(nait en se promenant, ses élè+es 'urent appelés péripatéticiens 2 de " péripatos # /
promenade3) A la mort d’Alexandre, en c:Y:, il dut !uitter Athènes pour 'uir des réactions 'ortement antimacédoniennes)
Peu de temps après, il mourut & $halcis, en Eubée)
Son 0u+re était importante, mais les traités destinés & la publication sont perdus , il ne nous reste !ue les notes de cours
et les exposés & usa(e interne) $ela expli!ue la di''iculté pour conna1tre l’0u+re +éritable d’Aristote) La che+ille ou+rière
de la transmission de son 0u+re 'ut $icéron !ui, plus deux siècles après, rassembla ses 0u+res et les publia)
Platon, essentiellement tourné +ers la morale, 'ut un théoricien , Aristote, de tempérament pra(mati!ue, essaa de classer
et de décrire ri(oureusement tous les champs de la connaissance, inau(urant ainsi la démarche encclopédi!ue) S’il est
philosophe, il est aussi l’Erudit, le Sa+ant) $hose nou+elle dans l’histoire des connaissances, il distin(ue nettement les
di''érentes sciences -us!ue l& con'ondues dans la philosophie)
Ll écrit un li+re intitulée " 1 p$1.".8%# #
Alors !ue Platon (ra+ite dans l’idéal, A!.-"$"# #-" %* !'1.-"# , il est passionné par les sciences exactes, il +eut tenter
d’améliorer ce !ui existe)
Son 0u+re politi!ue est plus concrète !ue celle de Platon
Aristote cherche a partir de l’obser+ation du réel , la meilleure constitution possible)
Aristote +a tenter de 'aire appara1tre les bons principes de (ou+ernement) Ll aime l’é(alité (éométri!ue
Ll en conclut !u’il doit a+oir é(alité pour ceux !ui sont é(aux mais pas é(alité entre é(aux et iné(aux)
Aristote ne croit pas !u’une cité puisse choisir les meilleures (ou+ernants en 'onction des critères purement éti!ues
2-ustice , sa(esse3) Pour Aristote , le critère est celui de la richesse, car si on doit pri+ilé(ier les riches c’est car la richesse
est selon lui la source de la liberté)
Aristote en conclut !u’il 'aut exclure le pau+re mais é(alement les riches mais tra+ailleurs pro'essionnels et manuels car
ils sont sous la dépendance du salaire et du tra+ail)
Son idée est !ue la richesse est é(alement source de loisir donc de disponibilité pour la cité)
Pour Aristote la richesse est une (arantie de moralité c’est & dire s’ il est riche le ma(istrat ne cherchera !ue l’honneur)
$’est ce !u’Aristote appelle la .imocratie 2 le (ou+ernement de l’honneur3
$e principe de la timocratie doit >tre complété par la sa(esse de la masse)Ll pense !ue la multitude est moins 'acilement
corruptible , il expli!ue !ue la +ertu du nombre doit ser+ir de contrepoids & l’autorité des riches)
Aristote propose d’établir un cens ci+i!ue !ui est un de(ré de richesse minimale indispensable pour obtenir les droits
politi!ues )
Aristote aussi se li+rera & une classi'ication des ré(imes politi!ues, il +a expli!uer !u’il a : tpes de ré(imes
politi!ues / monarchie, aristocratie, politea)
$hacune de ces 'ormes conna1t une 'orme dé(énérée /
L M$*!&+.# / tombe dans la ":!**.#
L’A!.-"$&!".# / tombe dans l’$1.4!&+.#
L P$1."# / tombe dans la (')$&!".# au sens athénien du terme)
Le critère de classi'ication est le sui+ant /
Dans chacune des 'ormes pures, le pou+oir s’exerce dans l’intér>t (énéral , dans les 'ormes impures le pou+oir s’exerce
dans l’intér>t é(oNste des (ou+ernements)
Aristote ne croit pas & la monarchie ni & l’aristocratie , l’oli(archie et la démocratie sont a re-eter ainsi !ue la trannie)
Reste comme seul ré(ime possible la Politea, le ré(ime aristocrati!ue modéré ou démocrati!ue modéré)
Dans cette politea, la corps ci+i!ue +a >tre 'ormé par des pasans propriétaires , libres)
Lls sont retenus pour leur tra+ail et élisent des ma(istrats !ui (ou+erneront a leur place) Aristote propose !ue les plus
riches soient ma(istrats)
@n est dans une démocratie non pas diri(ée par le peuple mais a+ec un contrWle du peuple)
@n +oit ici appara1tre la notion de classe moenne)
Ll 'aut trou+er au ni+eau constitutionnel un é!uilibre naturel) @n peut dire !u’Aristote est le précurseur de la pensée
naturaliste en politi!ue)
Ziche sur le Li+re célèbre d’Aristote La Politi!ue
nature $uridique% traité de philosophie politique/ &ristote (384-322) est arrivé à Athènes pour suivre les cours de Platon.
!est un étranger sans aucun droit politique. "l sera donc détaché de toute am'ition !olitique. "l sera le précepteur d!Ale#andre le $rand et %ondera l!&cole
péripatéticienne.
(ond% 'ans la politique ( il tend à analser l)origine, la (inalité et le (onctionnement de l)*tat mais aussi à étudier la mécanique des régimes !olitiques
de son é!oque# )on 'ut est de dé*a*er le meilleur régime !olitique !ossi'le( l!*tat idéal. &n +,+e te+ps( il veut que ce soit réalisa'le. p. 4-5:chapitre
10: des diverses formes de Gvt.: Aristote e#pose sa t-polo*ie des ré*i+es politiques. il classi%ie les %or+es de *ouverne+ent selon 2 critères( quantitati(
(no+/re de titulaires du pouvoir supr,+e) et qualitati( (o/0ecti% suivi par ces titulaires du pouvoir). )i 1 +onarque 23onarchie( si un petit no+/re
2Aristocratie( si la +asse 24épu/lique à condition que leur o/0ecti% soit l!intér,t pu/lic. es $ouverne+ents sont 0ustes. 3ais s!ils poursuivent des intér,ts
personnels( il - a déviation en t-rannie (+onarchie tournée à l!utilité du +onarque despote)( oli*archie (à l!utilité des riches)( dé+ocratie (à l!utilité des
pauvres). )i riches *ouvernent c!est une oli*archie +,+e s!ils sont no+/reu# et si les pauvres *ouvernent( c!est une dé+ocratie +,+e s!ils sont peu
no+/reu#. es deu# cas e#ceptionnels ne seraient que des accidents...
p. 10-13: le crit+re de la démocratie% une multitude de li'res !auvres gouvernent (c!est une dé+ocratie m,me si les !auvres qui gouvernent sont en
minorité par rapport au# riches 2e#ception( 5accident5). 6e critère de l)oligarc-ie. un no+/re li+ité de ric-es gouverne (+al*ré le %ait que les riches soient
+inoritaires7 +,+e s!ils sont +a0oritaires( c!est une oli*archie). 6es &tats ou sociétés civiles sont co+posées de plusieurs classes de !lé'éiens
(a*riculteurs( artisans( co++er8ants( *ens de +er 9+an:uvriers9 populace. ceu# pas asse; à l!aise pour ne rien %aire et ceu# qui ne sont pas nés de
parents li/res...) et de no'les (*uerriers( +a*istrats( riches( o%%iciers +inistériels et %onctionnaires pu/lics). Ar+ée( tri/unau# et onseil (surtout) sont 5l!<+e
de la vie civile5. es %onctions sont pour la plupart co+pati/les entre elles (conseiller de l!&tat9sénateur90u*e peuvent ,tre la +,+e personne 2 contraire à
notre sparation des pouvoirs). 3ais on ne !eut !as ,tre !auvre et ric-e en +,+e te+ps. c!est donc la !rinci!ale division des classes de l!&tat (c!est
d!après lesquels sont au *vt. qu!on distin*ue oli*archie ou dé+ocratie). ritère de distinction entre les di((# es!+ces de démocraties. selon que toutes
classes du !eu!le ou les unes seulement !artici!ent au gvt.
1!re forme= les pouvoirs sont distri/ués au# *ens qui ont un minimum de 'iens (=cens +ini+u+). 6a plupart des *ens travaille pour su/sister de sort qu!ils
ne peuvent se réunir que pour a%%aires ur*entes. (lois respectées car les places ne donnent pas pro%it)
"!me forme= tous les citoens de la polis sont électeurs à l!Asse+/lée. 3ais ne sont éligi'les que ceu# qui !euvent vivre sans rien (aire# (lois
res!ectées car les !laces ne donnent !as de !ro(it...)
3!me forme= *vt. ouvert à tous les li'res (=cito-ens) (lois respectées car places ne donnent pas pro%it)
4!me forme= démocratie !o!ulaire. dans les *randes ités7 la loi veut l!égalité a'solue entre ric-es et !auvres, acc+s !our tous au gvt. 6es (onctions
sont rétri'uées. Aristote dit que si tout le +onde est ad+is au *vt( co++e le peuple est le plus no+/reu#( c!est la +asse qui l!e+porte( les pauvres
deviennent salariés de l!&tat. 6es riches( en +inorité( sont e#clus des Asse+/lées. Peu!le devient tran( ,tre co+posé de plusieurs t,tes. 6es
démagogues do+inent. (les lois n!- sont !lus res!ectées...) Portée. -.+re tentative de dé%inition (t!ologie/ des régimes !olitiques e traité est
co++e le cha+p du c-*ne de la ité *recque (4.6a/rousse). &n e%%et( Aristote trace l!esquisse et les conditions d!une ité heureuse. 3ais l!i+a*e de l!&tat-
ité est en train de dispara>tre avec l!&+pire d!Ale#andre le $rand
Section !a pensée politique romaine
§1 P$1:3#
Ll est né +ers Y68 a+ 9$, il meurt aux alentours de 6YU a+ 9$)
$’est un penseur romain, m>me s’il est (rec d’ori(ine )$’est un citoen de `é(apolis en Grèce !ui a 6U ans est pris en
ota(e par les Romains lors!u’ils 'ont la con!u>te de la Grèce Pendant son sé-our en Ltalie il 'it une étude appro'ondie de
la politi!ue et de l*état militaire des Romains et s*ac!uit l*amitié des deux 'ils de Paul-_mile, surtout de Scipion
l’A'ricain0 !u*il accompa(na au siè(e de $artha(e 26aU3 il +oa(ea ensuite en A'ri!ue, en Espa(ne, en Gaule, et 'ut
char(é par les Romains de di+erses missions près des Grecs en 'a+eur des!uels il réussit plus d*une 'ois & adoucir le
+ain!ueur) LL mourut en 6Ya, & <Y ans) Ll a+ait écrit La )ie de 1hilopoemen, la Guerre de 2umance! une Tactique, et une
3istoire générale de son temps, en a8 li+res ob il menait de 'ront l*histoire de Rome et celle des _tats contemporains /
cette 3istoire ne s*étendait !ue de l*an YY8 & 6aU a+) 9)-$), mais l*auteur présentait dans les Y premiers li+res un tableau
des é+énements antérieurs)
Mous possédons seulement les 7 premiers li+res de l*3istoire générale et des 'ra(ments asse% considérables des autres
li+res)
A Rome il 'ré!uente les cercles politi!ues de l’épo!ue, au début du déclin de la républi!ue)
Polbe dans son li+re " l’histoire # li+re !ui s’intéresse aux institutions romaines entre Y6< et 6aU a+ 9$ récupère l’idée
platonicienne du cercle , cette idée de dé(énérescence des ré(imes politi!ues)
Ll +a d’ailleurs donner son nom & la théorie de Platon / " Anacclosis #
Ll expli!ue !u’il a d’abord dans toute société une autocratie c’est & dire des hommes !ui se re(roupent entre eux et
sui+ent le plus 'ort)
$elui !ui rè(ne est celui !ui & la 'orce pure) $’est a ce moment !ue se 'orment les idées du bien et du mal, du -uste et de
l’in-uste)
L’autocrate est obli(é de renoncer a ne diri(er !u’a+ec la 'orce et pour Polbe ce renoncement c’est la naissance de la
royauté )Selon lui les premiers rois sont tou-ours bons et simples, ceux !ui sui+ent n’ont pas les m>mes +ertus, car ils ne
sont l& !ue pas hérédité)
Lci appara1t alors la tyrannie, un retour " la force pure) Puis le tran est chassé par un (roupe d’hommes +ertueux ,
c’est l’aristocratie, )Puis les meilleurs 'inissent par se corrompre et on tombe dans 1’$1.4!&+.#. Les hommes intè(res
chassent & nou+eau les corrompus / c’est le moment de la démocratie)
Pour Polbe le moteur de l’histoire c’est la liberté de parole) `ais très +ite la di+ision de la société et le désordre,
amènent l’autocratie pour rétablir l’ordre)
Ll reprend Platon, en parlant de dégénérescence au sein de la chaque régime politi!ue
Polbe croit a+oir trou+er le ré(ime mixte idéal / &’#-" 1 R'p%31.8%# !$).*# A
Ll admire aussi le modèle de Sparte, il récupère !uel!ues idée d’Aristote notamment la notion d’é!uilibre)
En somme Polbe Grec de+enu Romain +eut prou+er l’excellence de la $onstitution de Rome )
A cette épo!ue Rome est triomphante) Elle (a(ne la (uerre contre $artha(e) Elle rè(ne sur toute la `éditerranée)
`ais mal(ré la con!u>te la Républi!ue Romaine est minée par des distorsions internes, des (uerres ci+iles entre riches
'amilles !ui con+oitent le pou+oirVEt plus tard c’est che's de tribus 'amiliale auront pour noms $esar , Pompée, `arc
Antoine etc)V
Ll a les conser+ateurs et les modernistes) $eux !ui +eulent re+enir aux +ertus des premiers romains et ceux !ui +eulent
modi'ier les lois de la Républi!ueV$aton contre $esar
$aton +eut re+enir a une cité romaine traditionnelle, retrou+er des m0urs sobres )$aton était censeur, il est connu pour
a+oir 'ait chassé de l’armée des homosexuels et il a dé(radé un sénateur !ui a+ait embrassé sa 'emme en publicV
Les modernistes +eulent !ue Rome s Oépanouisse dans la con!u>te) Lls sont ou+erts aux apports étran(ers et m>me aux
cultes étran(ers 2é(ptien3 @siris et Lris sont adorés par de nombreux romainsV
Polbe déduit !ue la +ictoire de Rome sur $artha(e est le si(ne de la +italité des institutions et !ue la $onstitution
Romaine est la meilleure) Pour lui c’est l’accomplissement du ré(ime `ixte) Ll expli!ue /
- A Rome on a %* p#% (# !$:%"', a+ec les deux consuls , ma(istrats supérieurs de la cité / ils disposent de
l’Lmperium et -ouent une rWle politi!ue et militaire)
Polbe considère ce pou+oir consulaire comme un pou+oir exécuti')
- @n a ensuite un '1')#*" !.-"$&!".8%# / c’est le Sénat / $e sont les che's des principales 'amilles Romaines)
Le sénat diri(e les 'inances de l’état , c’est la plus haute autorité , il contrWle les pro+inces
- L’'1')#*" p$p%1.!# démocrati!ue ce sont les assemblées populaires , ces assemblées con'èrent la ma(istrature
, +ote la loi , et 'ont appel au peuple !u’ils proté(ent)
" #’est l’équilibre harmonieu$ entre la monarchie , l’aristocratie et la démocratie) #Polbe
En prati!ue cela n’est pas +rai /
- Les consuls n’ont rien & +oir a+ec des rois
- Le peuple et les assemblées populaires , ne sont pas démocrati!ues / ce sont des assemblées domesti!ues, il a
un clientélisme extraordinaire , en 'ait c’est la déma(o(ie !ui rè(ne ,
- Le seule institution !ue Polbe a bien décrite c’est le Sénat !ui est bien l’or(ane aristocrati!ue par excellence)
Ainsi la Républi!ue Romaine n’est pas un ré(ime mixte mais une Républi!ue aristocrati!ue !ui laisse une place au
peuple notamment pas le biais des %ribuns de la Pl&be
La plèbe , lors!u’elle est en position de 'orce peut m>me 'aire passer des ré'ormes démocrati!ues)
A l’épo!ue de Polbe la Républi!ue commence a montré des si(nes de décadence )
La 'amille des Scipions ces che's militaires presti(ieux bri(uent le pou+oir )Polbe +oit bien !u’on est donc en marche
+ers l’empire) $icéron aussi obser+era cette é+olution et tentera m>me de l’in'léchir)

§5 C.&'!$*
Ll +it entre 68U et a: a+ 9$, au pire moment du déclin de la Républi!ue Romaine)
Période de +iolence et d’anarchie -uste a+ant la 'ormation de l’Empire romain)
$’est un a+ocat, il est connu par ses belles plaidoiries écrites en beau latin déclamatoire mais c’est é(alement un homme
politi!ue !ui de+iendra consul)
Ll +a choisir Pompée contre $ésar , 2!ui l’épar(nera3 et puis parmi les successeurs de $ésar il +a choisir @cta+e contre
`arc Antoine 2!ui le 'era assassiner)3
Ll est auteur de plusieurs traités
" des devoirs # !ui est un traité de de+oir politi!ue
puis de " le de républica # sur l’histoire de la Républi!ue romaine
" les lois #une analse des $onstitutions
et " de la 'épublique # sur les causes du déclin de la Républi!ue romaine)
Examinons ses idées politi!ues /
$icéron s’intéresse dans un premier temps & la nature humaine / selon lui /
 #11# #-" -$&.1#) L’homme est donc porté & s’assembler aux autres et l’>tre humain s’épanouit par se nature et
son commerce)
 La nature humaine est é(alement -p.!."%#11# " le république des esprits # " le propre de l’homme, c’est sa
culture #)
 La nature humaine est en'in (.2.*#.
Ll en conclut !ue 1 *"%!# +%).*# #-" %*.2#!-#11#)
Lors!ue l’indi+idu possède toutes les +ertus de la nature humaine il a la +ertu de l’onestas /
La bonté morale)
Ll tente de dé'inir l’idée de de+oir humain)
Parmi les de+oirs $icéron /
L# 1
#!
(#2$.! #-" (’3$!( 1 2#!"% p$1.".8%# : L’intelli(ence et la prudence )
Le (rand homme ne s’expose pas & dire un -our " je n’y avais pas pensé #)
Le (#%B.6)# (#2$.! #-" 1 @%-".&#, elle crée la communauté de +ie)
$icéron estime !u’il a la -ustice & proprement parler / " ne nuire a personne si ce n’est pour répondre a une
injustice » )$’est par exemple le respect de la propriété)
`ais ,La -ustice repose aussi sur 1 /.(#- 2 la (onne-"oi3, le respect de la parole donnée dans les contrats) " que soit fait
ce qui a été dit #)
Ll a & cWté de cette -ustice a proprement parler 1 C!."- / la bien'aisance) Aider les autres par un acte +olontaire mais
au del& de ce !u’on leur doit strictement)
P$%! C.&'!$* &#""# 3.#*/.-*&# /." p!".# (# 1 *"%!# +%).*#)
La -ustice est la charité ont donc pour 'onction de maintenir la communauté des hommes
$icéron est un des premiers écri+ains penseurs a adapter le stoNcisme (rec & Rome)
Motamment dans l’idée !ue tout homme possède une nature humaine di(ne d’>tre reconnue )
Ll adapte Aristote en parlant du droit naturel / " !a loi véritable est la raison quant elle est conforme " la nature ( »
$icéron & écrit " 'es Publica et 'es populi # La chose pu(lique est l4a""aire du peuple&
Pour $icéron, l*homme d*_tat est un éducateur !ui doit donc lui-m>me rece+oir une 'ormation uni+erselle) Ll 'aut édu!uer
tout homme pour obtenir un personna(e politi!ue)
$eci 'ait de $icéron 1# &!'"#%! (# 1 *$".$* (C+%)*.-)#0 au sens ob l*on parlait autre'ois de d'aire ses humanitésd, au
sens de l*importance accordé & la culture de l*esprit)
Le premier problème !ue se pose en e''et $icéron est celui de la culture et l*idéal est celui d*un sa+oir & la 'ois uni+ersel
et appro'ondi)
Premier homme d*_tat & tenter de concilier les exi(ences de la prati!ue politi!ue et les résultats de la spéculation
philosophi!ue)
$icéron ne perd -amais de +ue ni son expérience concrète d*homme d*_tat, ni son de+oir d*appli!uer au cas particulier de
Rome les principes !u*il déduit de sa philosophie)
Politi!ue et philosophie sont donc deux acti+ités très complémentaires)
Ll souhaite, sous le nom de &$*-#*-%- %*.2#!-$!%), le rassemblement de tous ceux !ui, !uelle !ue soit leur ori(ine
sociale, s*accordent sur certains principes modérés)
L*homme politi!ue ne doit désirer !u*une chose / 1# !#p$- ;$".%)? c*est-&-dire l*absence de (uerres et de lutte, le re'us du
pou+oir excessi' dans le respect des droits de tous)
L# )#.11#%! )$(61# (# &$*-"."%".$* #-" 1 &$*-"."%".$* ).B"# o''rant & la 'ois des traits monarchi!ues, aristocrati!ues et
démocrati!ues, & condition !ue tous les éléments de la $ité collaborent harmonieusement)
$icéron r>+e d*une Républi!ue ob !uel!ues hommes d*élite sauront collaborer en inter+enant en cas de crise (rXce & leur
+ertu et leur autorité)
Ll 'aut donc une Républi!ue, certes aristocrati!ue, mais ou+erte aux talents, 'ondée sur le respect du droit, de la raison et
de la -ustice, (ou+ernée par des philosophes élo!uents et diri(ée par le meilleur des citoens 1# p!.*&#p-
Pour $icéron la Républi!ue est un rassemblement d’indi+idus associés en +ertu d’un accord sur le droit et en +ertu d’une
communauté d’intér>t)
$ette multitude d’indi+idus +a de+enir une communauté de citoens parta(eant une loi commune)
Ainsi il re-ette la trannie car #*"!# 1# ":!* #" 1# p#%p1# .1 *’: p- (# (!$." &$))%*)
$icéron expli!ue !ue l’état est 'ondé sur le droit
Ll classi'ie les ré(imes politi!ues /
- Ll criti!ue 1 !$:%"'
- Ll criti!ue la (')$&!".# , il a la liberté de tous mais uni!uement en parole ainsi cela tourne +ite & la 'olie ou a
l’anarchie)
- Le meilleur ré(ime #-" 1’!.-"$&!".# car c’est le -uste milieu entre l’insu''isance de l’homme et la 'oule)
Ll +a é(alement expli!uer !ue Rome est un ré(ime mixte )
$icéron comprend !ue 1’.))#*-."' "#!!."$!.1# (# 1 R'p%31.8%# R$).*# 2 )#*#! %* &+*4#)#*" (# !'4.)#
p$1.".8%# 0 .1 p!'--#*" 8%# 1’$* 2 p--#! 9 1’E)p.!# )
Le problème est !u’il est passionnément républicain)
Ll +a donc ima(iner une théorie !ui permettrait de préser+er la républi!ue )
$’est le !'4.)# (% P!.*&#p-, c’est le premier citoen, l’homme a !ui la Républi!ue +a se con'ier) Ll assure la plénitude
des pou+oirs au nom de la républi!ue)
Le problème est !u’il n’a pas trou+é de son +i+ant le Princeps) $e rWle sera assumé par @cta+e , le 'utur Au(uste)
Ainsi les idées de $icéron seront en !uel!ue sorte appli!uées au moment de l’empire Romain)
§7 L#- .('#- p$1.".8%#- -$%- 1’E)p.!# R$).*.
YR a+ 9$ c aRU ap 9$ 2 chute de l’Empire Romain d’occident3
Ll a deux phases /
- Le principat
- Le dominat
 L# p!.*&.p" / De YR c Y<a ) Le ré(ime ne dit pas son nom, c’est un Empire , mais on
maintient la 'aSade républicaine)
$ha!ue année cet empereur se 'ait attribuer les di''érents titre 2 tribunV)3
 L# ($).*" / ici c’est plus clair, c’est une monarchie !ui cette 'ois s’a+oue comme telle , c’est
une monarchie de droit di+in sous sa 'orme paNenne et chrétienne)
Dé-& sous le principat l’empereur était considéré comme un demi dieu soit le 'ils des dieux 2 'ils de 9upiter3)
$ette di+inisation de l’empereur est encore plus 'orte sous le dominat
 @n +oue un &%1"# % 4'*.# de l’empereur /
cette philosophie postule !ue cha!ue >tre humain a un double 2son (énie3 )PlutWt !ue de +ouer un culte & l’>tre humain
on idole son (énie 2 >tre surnaturel3 / c’est une in'luence du ptha(orisme )Ptha(ore aména(ea un ordre politi!ue et
social surplombé par un >tre " supérieur #,il a aussi une in'luence du stoNcisme)
 L# -"$D&.-)# :
cette philosophie est née en Grèce / c’est 1’#B1"".$* (’%* $!(!# %*.2#!-#1) Les stoNciens croient en l’existence de
personnes humaines de !ualité mais ils croient aussi en une é(alité )$’est une é(alité de la personne humaine, mais pas
une é(alité sociale, économi!ue et politi!ue) Ll a aussi une in'luence pro(ressi+e du christianisme)
 L# &+!.-".*.-)# triomphe/
En :6: $onstantin se con+ertit au christianisme 2par l’Edit de `ilan autorise le christianisme3 en :<8 le christianisme
de+ient la reli(ion d’état de l’empire)
$’est la 'in du monisme 2c*est-&-dire !ue la $ité anti!ue est & la 'ois une entité politi!ue et une entité reli(ieuse)3
Le christianisme installe le triomphe (% (%1.-)# , c’est a dire , !u’il a d’un cWté un pou+oir temporel 2l’état3 distinct
d’un pou+oir spirituel 2l’é(lise3 , il n’ a pas de con'usion possible)
« rende) " dieu ce qui est a dieu , et " césar ce qui est " césar # disait 9ésus
CHAPITRE II : LE MOYEN-AGE CHRETIEN

Section * !a pensée chrétienne
Ll a donc un dualisme / mais en plus deux hérita(es sont importants /e
- L’hérita(e -udaN!ue /
le christ !ui était -ui' récupère ici l’idée de "!*-&#*(*&# (.2.*# ) 9us!ue l& ont a+ait un naturalisme 2les dieux étaient
(*- la nature3, le -udaNsme et le christ estiment !ue les dieux -$*" #* (#+$!- de la nature plus exactement % (#--%- (#
1 *"%!#)
@n retrou+e aussi l’idée , 'ondamentale du -udaNsme , l’idée d’une nature bonne & l’ori(ine mais per+ertie par le péché
2 on le retrou+era che% Rousseau3
- L’hérita(e du stoNcisme )
Le stoNcisme a introduit la très belle idée de l’existence d’une p#!-$**# +%).*# inaltérable et inaliénable 2ce !ui 'ait
!ue cha!ue >tre est uni!ue, précieux et possédant des droits inaliénables 3 ) Rappelons !ue le stoNcisme est
histori!uement contemporain de 9ésus !ui a exprimé & peu prés la m>me idée mais en a-outant la notion d’amour du
prochain)
Le christ a''irme l’autonomie de la +ie spirituelle de cha!ue >tre humain mais aussi le caractère .*(.2.(%#1 du salut)
2cha!ue homme possède une 21#%! 3-$1%#3 et donc aucun >tre humain ne peut >tre réduit & l’état de simple ser+iteur de
la communauté politi!ue )
$’est l’é(alité des Xmes de+ant dieu 2mais pas encore l’é(alité dans la société)3 Le $hrist n’est pas `arxiste ^
@n retrou+e aussi , la primauté de la loi naturelle et d’un droit uni+ersel en(lobant, planant en !uel!ue sorte sur les
destinées humaines)
$ependant il n’ a pas d’émancipation ni pour les 'emmes , ni pour les escla+es)
§1 S.*" A%4%-".*
Mé en :7a mort en a:8 & 5ippone en Al(érie)
Ll a mal commencé car il a connu une -eunesse dissolue 2c’était un +oou3 puis il a été baptisé, ordonné
pr>tre, puis é+>!ue en :=Y)
Saint Au(ustin écrit une 0u+re en rupture par rapport a ses précédents chrétiens)
9us!u*& lui les auteurs chrétiens présentaient l’Empire Romain comme un instrument de la +olonté di+ine
aant pour but de di''user la chrétienté)
Le christ est l’empire étaient liés)
Saint Au(ustin est la (rande 'i(ure !ui a 'ait la (loire de l*E(lise du `a(hreb et plus particulièrement de l*Al(érie) Mé & .a(haste
2l*actuelle SouQ Ahras3 en :7a, il 'it une bonne partie de ses études & `adaure & l*Est de $onstantine, puis & $artha(e) Sous l*in'luence
de sa mère Sainte `oni!ue, après une +ie passablement dissolue, il se con+ertit & la 'oi chrétienne en :<R et de+int par la suite é+>!ue
d*5ippone de :=R & a:8, date de sa mort) Ll a laissé une 0u+re écrite considérable de sermons, de commentaires de l*Ecriture et de
méditations) Le li+re des d$on'essionsd en est le plus connu) De lui, le $ardinal Mefman a écrit !u*il a 'ormé l*intelli(ence de
l*Europe)

A cette épo!ue, l*Empire romain se dislo!ue) Les barbares ;andales, passent d*Espa(ne, au `a(hreb après a+oir tra+ersé l*Europe)
Leur domination durera de aY< & 7:a) Lls mettent & sac de nombreuses +illes et persécutent l*E(lise catholi!ue en répandant l*hérésie
arienne) Près de 7888 clercs ou laNcs catholi!ues sont persécutés, déportés et certains, dont plusieurs é+>!ues, martrisés) Au ;L[
siècle, l*empire romain d*@rient, dit b%antin, aant $onstantinople comme capitale, réin+estit une partie du `a(hreb, notamment les
ré(ions cWtières) L*E(lise catholi!ue récupère une partie de ses biens et de son in'luence) `ais l*autorité de l*empereur de 4%ance,
contestée, se dislo!ue pro(ressi+ement)
En a68 donc Rome est prise par les barbares et la +ille est pillée)
Les paNens attribuent la responsabilité de la chute de Rome au $hrist) " Si l’on a été vaincu c’est parce que l’on a
abandonné nos anciens dieu$ + »
St Au(ustin répond dans un ou+ra(e " 1 &."' (# (.#% # ou+ra(e !ui se situe entre l’5istoire et la ré'lexion politi!ue)
Saint Au(ustin expli!ue !u’il existe deux mondes / d’un cWté la cité terrestre a+ec ses institutions politi!ues, sa morale ,
son histoire et d’un autre cWté la cité céleste )
La communauté des chrétiens est de passa(e sur terre) Elle doit s’adapter entre ces deux exi(ences / la cité des hommes
et la 'uture cité de Dieu)
@n retrou+e ici la 'ormation manichéenne de St Au(ustin 2 distinction 4LEMK `AL3
Saint Au(ustin reprend l’idée de St Paul " %out pouvoir vient de dieu # mais il +a expli!uer !ue l’autorité est
indispensable , par contre l’indication du titulaire de ce pou+oir et le stle de ré(ime résulte de l’action humaine c’est
1’.))*#*&# (#- +$))#- 2leurs actions impar'aites mais nécessaires sur .erre3)`ais au dessus il a la 'oi en une /$!&#
"!*-&#*(*"# 2la cité de Dieu, en !uel!ue sorte le 'utur Paradis des croants3)
Saint Au(ustin cite comme seul cas de relation direct entre dieu et le peuple /le destin d’Lsragl le peuple élu !ui a reSu
l’alliance entre le dieu uni!ue et lui)
Ainsi selon Saint Au(ustin c’est aux hommes de décider du choix de leurs diri(eants, par contre il proclame 1 *'&#--."'
3-$1%# (# 1’$3'.--*&# puis!ue l’ori(ine du pou+oir est di+ine)
C#""# p#*-'# -#!" 9 1'4.".)#! 1’&".$* (% p$%2$.! #* p1&#.
$oncernant la conception de l’5istoire / Saint Au(ustin énonce une +.-"$.!# 1.*'.!# en perpétuelle é+olution depuis le
péché initial -us!u*& la rédemption 'inale)
Ainsi les nations ont en main leur destin) $e !ui permet d’expli!uer et de -usti'ier la prise de Rome par les barbares)
Rome est tombée non pas & cause de la nou+elle reli(ion du $hrist mais par la 'aute des romains et des pou+oirs publics
incapables de dé'endre Rome
Saint Au(ustin estime !ue " sans la ,ustice les royaumes ,empires , états ne sont que de vastes associations de
bandits » )De plus il pense !ue le christianisme n’est pas lié & l’Empire de Rome, !ui est une 'orme politi!ue transitoire
et non pas éternelle )
$’est une pensée intéressante mais elle s’inspire d’idées dé-& existantes) $’est cependant la première 'ois !ue l’on pose la
!uestion des rapports entre l’E(lise et l’Etat )
La conclusion !u’en tire Saint Au(ustin est !ue ces deux puissances doi+ent rester autonomes / Ll ne peut pas a+oir
in(érence de l’une dans l’autre)
Saint Au(ustin condamne & la 'ois le $ESAR@-PAPLS`E 2pou+oir mélan(eant le sacré et le pro'ane3 et
é(alement le SA$ERD@.ALLS`E 2pou+oir politi!ue des reli(ieux3)
§5 T+$)- (’A8%.* 1558- 157=
Ll a des surnoms célèbres / " le docteur an(éli!ue # ou " l’a!uinac # / il sera canonisé au h;[ siècle /
Ll appartient a une 'amille noble italienne du `oen A(e car c’est le petit ne+eu de l’empereur
(ermani!ue 4arberousse) Ll est né a A!uino en Ltalie du Sud)
Ll sera pro'esseur & Paris puis en Allema(ne et en'in en Ltalie / Ll s’intéresse & la théolo(ie et la
philosophie et & l’5istoire politi!ue il écrit " la Somme théolo(i!ue #)
Ses idées politi!ues sont condensées dans deux opuscules /
- Le DE REGL`LME 9TDE@RT`
- Le DE REGL`LME PRLM$LPT` 2 6YU7-UU3 inache+é
@n +a trou+er une partie politi!ue concentrée sur un commentaire des idées d’aristote)
Ll redécou+re Aristote / Ll part du principe !ue la cité est une 0u+re de nature et de raison )La société politi!ue est
naturelle & l’homme )
A+ec Aristote il proclame !ue" l’homme est un animal politique # )Pour se dé+elopper l’homme a besoin d’une sécurité
contre ses ennemis)
Pour cette sécurité, il 'aut %* $!(!# 1'41, !ui rend & chacun ce !ui lui est d? et !ui permet l’abondance des ressources
matérielles et spirituelles )
Pour Saint .homas d’A!uin il a dans l’existence des cités %*# p!" (# 2$1$*"' +%).*#)

La société en(lobe les citoens mais ils ne sont pas absorbés entièrement par la société politi!ue)
L &$*&#p".$* "+$).-"# (# 1 &."' #-" $!4*.8%# #" *$* p- )'&*.8%# .
Pour Saint .homas la communauté politi!ue est 'ormée d’indi+idus ou de petites sociétés humaines !ui ne
de+iennent pas ser+iles mais !ui demeurent libres dans une société plus lar(e, plus (rande )
Pour Saint .homas les indi+idus et les société humaines forment un organisme social ou chaque élément poss&de une
activité propre(
A l’in+erse, la conception mécani!ue ne reconna1t pas l’idée de l’acti+ité propre des hommes)
Pour Saint .homas le pou+oir politi!ue est naturel, on retrou+e ici l’idée !ue dieu est & l’ori(ine du pou+oir car dieu est &
l’ori(ine de la nature )
Saint .homas utilise le sllo(isme pour con+aincre de ses démonstrations) Deux de ces sllo(ismes sont restés célèbres /
- 6
er
sllo(isme / La société est une exi(ence naturelle
Pour +i+re en société il 'aut une autorité supérieure
 ($*& L’autorité est naturelle
- Ye sllo(isme / La nature procède de Dieu
L’autorité est naturelle
 ($*& L’autorité procède de Dieu
L !'%*.$* (#- (#%B -:11$4.-)#- #-" 1# E -$!."# F
L’autorité est humaine dans ses modes , ici aussi ce sont les hommes !ui choisissent les (ou+ernements)
Ll expli!ue " "$%" p$%2$.! 2.#*" (# (.#% ).- p! 1# p#%p1# #
$oncernant les ré(imes politi!ues / comme Aristote , il con'rontent : 'ormes pures et : 'ormes impures)
Ll +a accentuer le caractère moral de la distinction en séparant les (ou+ernements !ui a(issent a+ec -ustice 2droitement3 et
ceux !ui a(issent in-ustement par rapport au bien commun c*est-&-dire la réussite de la société)
Saint .homas a une pré'érence pour la monarchie pour di''érentes raisons /
 T+'$1$4.8%#
L’exercice roal du (ou+ernement peut >tre comparé & l’or(anisation de l’é(lise chrétienne
 p+.1$-$p+.8%#
L’art imite la nature et la nature est sou+ent ordonnée autour de l’unité / la société politi!ue doit se modeler sur la nature
et chercher l’unité et le pou+oir unitaire est la roauté)
 H.-"$!.8%#
Pour Saint .homas l’5istoire prou+e !ue les (ou+ernements sans roi sont la proie des discordes, des luttes , et !u’ils +ont
& la déri+e)
Ll met un bémol car il estime !ue le (ou+ernement d’un seul devient le pire des régimes s’ il se détourne du bien
commun (l faut donc un contr-le, un frein(
Saint .homas d’A!uin est partisan d’un ré(ime mixte, c’est a dire la combinaison d’élément et de 'ormes simples)
Pour Saint .homas il est bon !ue les (ou+ernés aient une part au (ou+ernement a'in de conser+er la paix sociale)
La meilleure or(anisation doit combiner /
o l’unité d’action de la roauté
o La supériorité du mérite propre & l’aristocratie
o L’é(alité des droits ci+i!ues propre & la démocratie)
Ll +a >tre canonisé !ue : siècle après sa mort car on se mé'ie un peu de lui ) En e''et sa pensée politi!ue " tout le
pouvoir viens de dieu mais par le peuple # condamne le (ou+ernement uni!ue de la reli(ion ce !ui peut >tre considéré
comme un comportement 1D8%# )
Section * !a pensée profane .par des auteurs non religieu$/
§1 L )$*!&+.# %*.2#!-#11#
La di''usion des idées politi!ues des penseurs pro'anes s’inscrit dans le contexte de la lutte entre l’empereur (ermani!ue
et de la papauté )
Rappelons !ue Les ducs allemands de 4a+ière ont restaurés l’Empire )
$’est ce !ue l’on appellera l’empire Romain (ermani!ue )
$es empereurs (ermani!ues prétendent >tre les héritiers naturels de l’empire Romain )
Lls prétendent dominer l’uni+ers , dans ce domaine , ils +ont heurter les intér>ts de la Papauté)
$es auteur +ont >tre appelé " les auteurs ba+arois # car ils soutiennent les empereurs (ermani!ues)
o D*"# 15<G-1751
$’est un citoen de Zlorence , c’est un (rand poète " la Di+ine $omédie3 mais aussi un politicien , il
prend partie pour l’Empire contre la Papauté) Pour!uoi ]
Ll est intéressé au destin de l’Ltalie) L’Ltalie était alors di+isée entre les Guel'es 2 'a+orables au pape3 et
les Gibelins 2 'a+orables & l’empereur3)
Dante +a s’en(a(er politi!uement, sa pensée est a mi-chemin entre l’idéal uni+ersaliste de l’Empire et
une sorte de p!'-p"!.$".-)# ."1.#* , il est 'a+orable & un empire uni+ersel !ui selon lui est le moen
d’assurer la paix)
A l’épo!ue de Dante , l’idée d’un empire uni+ersel est condamnée car des particularités nationales
apparaissent 2 exemple le nationalisme en Zrance3)
Ll écrit en 6:66 le DE MONARCHIA / l’idée est !ue l’empire (ermani!ue est dé'ini comme une principauté uni!ue !ui
s’étend sur toutes les personnes )Ll est nécessaire au bien du monde 2 l’occident chrétien3 )
Le che' de cet empire détient une autorité préexistante & l’a+ènement du christ, et donc a l’établissement de l’é(lise , il
expli!ue ainsi la primauté de l’Empereur sur le Pape)
Dante +eut cantonner l’E(lise au seul domaine spirituel)
o M!-.1# (# P($%# 158H-17=1
$’est un italien de Padoue , il prWne /
- L’indépendance et la toute puissance de l’état
- La !u>te de la meilleure 'orme de (ou+ernement)
Autant Dante était mesuré autant `arsile de Padou est très hostile & la Papauté et au pou+oir ecclésiasti!ue )
Ll proclame la supériorité du pou+oir temporel 2 état3 et il +a tout ramener & l’empire )
Son 0u+re principale est le " DEZEMS@R PA$LS # le " dé'enseur de la paix #)
Ll appara1t ici comme un disciple direct d’Aristote) Ll dit !ue " la société politique est une institution naturelle et elle se
suffit a elle0m1me, c2est0"0dire, qu’elle trouve en elle seule son commencement et sa fin , elle n’a pas besoin de
l’intervention du pouvoir ecclésiastique ) #
La reli(ion n’a pas sa place dans la $onstitution de l’état / l’é(lise n’est plus !u’un simple aspect de la +ie ci+ile , elle ne
doit disposer (’%&%* p$%2$.!- !'41.#*- )
I1 //.!)# 1’.*('p#*(*&# (# 1 "$%"# p%.--*&# (# 1’E"".
Ll +a récupérer l’idée du monisme car il expli!ue !ue l’empire est un pou+oir !ui coNncide a+ec la société !u’il recou+re ,
.1 !'4." "$%"#- 1#- )*./#-"".$*- (# 1 2.#)
`arsile de Padoue s’atta!ue & l’institution de la reli(ion , il dénonce le dualisme !ue l’é(lise introduit)
Ll +a préconiser de mettre en place une !#1.4.$* (’'"" !ui a pour but d’incul!uer aux hommes les +aleurs de l’état)
$ertains ont identi'iés la pensée de `arsile de Padoue a du totalitarisme 2 le pro'esseur n’est pas d’accord3)
$oncernant la 'orme de (ou+ernement , il part de l’idée !ue la société politi!ue est de pur droit humain , il 'ait la
snthèse entre l’apport d’Aristote et le principe romain de la 1#B. !'4. 2trans'ert de sou+eraineté du peuple +ers
l’empereur3)
`arsile de Padoue pense !ue seul un " 1'4.-1"#%! +%).* # a compétence pour ré(ir la société)
La !uestion se pose de sa+oir !ui est ce " 1'4.-1"#%! +%).* # /
Est- ce le peuple ] est- ce l’empereur ] `arsile de Padoue n’expli!ue pas !ui se cache derrière cette appellation)
Ll pense !ue le peuple est une personne morale )
Le pou+oir d’état émane du peuple 2s’exprimant par une minorité3
$e pou+oir d’état est pleinement sou+erain , il est omni puissant comme l’était le pou+oir de la cité (rec!ue)
o G%.11%)# (’O&&) 159H-17=9
G%.11%)# (CO&&) 2ou @cQham3 2+)6Y<7 - : a+ril 6:a=3, dit le " docteur in+incible # et le " +énérable
initiateur #, était un 'ranciscain philosophe lo(icien et théolo(ien scolasti!ue an(lais, considéré comme le
plus éminent représentant de l*école nominaliste, principale concurrente des écoles thomiste et scotiste) 2la
pensée de Dun Scott3
Guillaume d*@ccam 'ait ses études & @x'ord, puis & Paris) Ll ensei(ne !uel!ues années & @x'ord a+ant d*>tre accusé
d*hérésie & cause de ses atta!ues contre la papauté dans 5ommentaire des sentences) En 6:Ya, il est con+o!ué pour
s’expli!uer & A+i(non ob sié(e le pape 9ean hhLL)
Ll consacre alors le reste de sa +ie & son 0u+re théolo(i!ue, philosophi!ue, ainsi !u*& des pamphlets contre l*autorité
ponti'icale) Guillaume d*@ccam meurt +ers 6:a= de l*épidémie de peste noire !ui sé+issait en Europe)
@n associe sou+ent Guillaume d*@ccam au nominalisme médié+al) En 'ait, le terme nominalisme n’est apparu !u’& la 'in
du h;
e
siècle ) Le 'ranciscain philosophe et lo(icien, !uant & lui, se considère comme un "#!).*.-"#0 &C#-"-9-(.!#
p!".8%*" 1 1$4.8%# 8%. *1:-# 1# -#*- (#- "#!)#-.
Guillaume d*@ccam +a plus loin !ue saint .homas d*A!uin dans l*a''irmation de la séparation de la raison et de la 'oi, en
posant 8%C.1 *C: p- (# +.'!!&+.# #*"!# 1 p+.1$-$p+.# #" 1 "+'$1$4.#0 8%# 1 p!#).6!# *# p#%" (#2#*.! 1 servante
(# 1 -#&$*(#0 &! .1 *C: %&%* !pp$!" #*"!# #11#-.
De m>me !ue la science et Dieu ne se rencontrent pas, Guillaume d*@ccam considère !ue le pou+oir temporel est d*un
autre ordre !ue le pou+oir spirituel) Ll accuse & son tour le pape d* A+i(non 9ean hhLL d*hérésie et de se m>ler de ce !ui ne
le re(arde pas pour l*élection de l*empereur du Saint Empire)
Six siècles a+ant !ue commence & prendre une certaine ampleur le principe de la séparation de l*_(lise et de l*_tat,
Guillaume d*@ccam aura été un p!'&%!-#%! (# 1 1D&."' et de la distinction du domaine reli(ieux 'ace au pro'ane, & la
science et au sacré)
Guillaume d*@ccam dé'end une philosophie nominaliste pour la!uelle les Tni+ersaux 2concepts uni+ersels et abstraits
comme humanité, animal, (eauté)))3, ne sont !ue des mots, des termes con+entionnels, des représentations dont il récuse
le réalisme, la réalité substantielle) Pour lui, la connaissance s*appuie sur les choses sensibles et sin(ulières, l*utilisation
des uni+ersaux de la métaphsi!ue n*est pas nécessaire) Les uni+ersaux sont de simples mots pour permettre & la pensée
de se constituer) Ll en découle le 'ameux principe, dit du rasoir d*@ccam, selon le!uel il ne 'aut pas multiplier les entités
sans nécessité) $e principe de parcimonie de la pensée, de l*élé(ance des solutions est un des principes de la lo(i!ue et de
la science moderne et 'ait de Guillaume d*@ccam un précurseur de l*empirisme an(lais)
En somme c’est un moine 'ranciscain, il +a se ran(er du cWté de l’empire car son ordre 'ranciscain s’oppose au pape)
Pour lui l’é(lise est une institution humaine, et donc elle *’#-" p- .*/.11.31# , en consé!uence, il est licite de déposer
un pape indi(ne de sa 'onction )
Pour @ccam, l’empereur & le droit de 'aire déposer le pape) A $ette épo!ue les papes excommuniaient les empereurs, et
les empereurs déposaient le pape)
@ccam , est le père du nominalisme)
§5 L’#--$! (# 1 -$%2#!.*#"' R$:1#
Ll a deux dominations & +ocation uni+erselle
o L# C$)3" &$*"!# 1’E)p.!#
Au hLL[ s en 667< il a eu la diète de Ronca(lia )Au cour de cette diète, les romanistes de 4olo(ne proclament !ue
l’empereur est " imperium mundi #A partir de l& , on +a mettre en place %*# -$%2#!.*#"' (# 1’#)p.!# sur tous les
sou+erains du monde)
$ela inter+ient a un moment ou les lé(istes 'ranSais essaient de reconstituer au pro'it du roi une +éritable sou+eraineté )
La Zrance +a donc a''irmer son indépendance)
Dans le cadre de ces !uerelles politi!ues , en 6Y8a Philippe LL, roi de Zrance se +oit appelé Au(uste )$’est son bio(raphe
Ri(or !ui l’appelle Au(uste pour rappeler le 6
er
empereur Romain )
Ainsi , il si(ni'ie !ue Philippe LL, est l’héritier des empereurs Romains )
Le roi de Zrance ne reconna1t ainsi %&%* -%p'!.#%! temporel )
Le pape !ui est a ce moment l’allié du roi de Zrance , publie une décrétale ou est écrit !ue le roi de Zrance n’a pas de
supérieur temporel)
@n +a dire !ue le roi de Zrance *# ".#*" (# p#!-$**#0 .1 ".#*" -$* p$%2$.! 8%# (# (.#% et de lui-m>me 2car il est le 'ils
de son père3)
La concrétisation théori!ue est contenue dans l’expression /" le roi de 3rance est empereur en son royaume # selon
l’ada(e, il ne dépend pas de l’Empereur)
En 6Y6a Philippe Au(uste écrase l’empereur (ermani!ue, le Roi d’An(leterre et certains sei(neurs 'ranSais !ui remettent
en !uestion la sou+eraineté 'ranSaise & la bataille de 4ou+ines)
En 6:6Y , rè(ne en Zrance Philippe le 4el , de l’autre coté 5enri de Luxembour( est élu Empereur ) Ll écrit une lettre
dans la!uelle il se ré-ouit de son a+ènement et surtout dans la!uelle , il reprend la théorie de la supériorité de l’empire
(ermani!ue) Le Roi de Zrance répond en //.!)*" 1’.*('p#*(*&# (# 1 I!*&# et se déclare prés & dé'endre la
sou+eraineté par les armes)
En 6:RR $harles ; a un rè(ne restaurateur 2 milieu de la Guerre de $ent ans contre l’An(leterre3 , a ce moment l&
l’empereur est $harles ;LL / c’est le 'rère de la mère de $harles ;, l’oncle du roi de Zrance)
Ll +eut passer les '>tes de Mogl en Zrance) @n +a lui re'user la +isite )@n lui demande de +enir plus tard) Lors de sa
+enue , tout si(ne de supériorité de l’Empereur sera interdit pour bien montrer !ue l’empereur n’est pas " le che' # en
Zrance)
o L# &$)3" &$*"!# 1 Pp%"'
Le Pape est Lnnocent LLL, Ll a reconnu !ue le Roi de Zrance n’a+ait pas de supérieur au temporel ce !ui n’emp>che pas
!u’il doit >tre soumis au pape)
Le pape met le roaume " & l’interdit # c*est-&-dire l’é(lise se met en panne en Zrance, car Philippe Au(uste a répudié sa
première 'emme et +it maritalement sans l’autorisation du pape a+ec une autre 'emme / c’est le début des tensions )
Le Roi de Zrance demande de l’ar(ent au cler(é 'ranSais pour 'aire la (uerre contre les Zlandres) Le pape immédiatement
interdit au cler(é 'ranSais de donner de l’ar(ent au Roi )
`ais le Roi +a répondre économi!uement en blo!uant l’arri+ée de matériaux précieux au pape 4oni'ace ;LLL)
$e dernier cède et le Roi pourra & présent ponctionner sur les biens du cler(é)
De cette +ictoire de la roauté né le " GALLICANISME # !ui proclame l’indépendance du Roi de Zrance, et la
supériorité du roaume sur l’é(lise)
A l’occasion de cette lutte entre la Papauté et le Roi , on +oit appara1tre en 6:8: le théoricien >#* (# P!.- !ui utilise
Aristote est écrit " (% p$%2$.! !$:1 #" p$*"./.&1 # il en conclut !ue concernant la Zrance le ré(ime !ui con+ient le
mieux -#1$* 1 *"%!# #-" 1 !$:%"' et la seule domination possible est celle du Roi)
P.#!!# D%3$.- la m>me année décrira un Empire uni+ersel & la t>te de du!uel rè(ne le Roi capétien de Zrance ^

PARTIE I : LA PENSEE MODERNE
CHAPITRE IER : LA RENAISSANCE
Durant la Renaissance les hommes surtout en Ltalie redécou+rent les penseurs de l’anti!uité)
Au h;L[s en Ltalie il a deux tpes de pensée politi!ue /
6
er
/ Des auteurs philosophi!ues énoncent 1 *$".$* (’'""
Y[ / Des auteurs dé+eloppent une p#*-'# &!.".8%# (# 1 P$1.".8%# #" (# 1’H.-"$.!#
S#&".$* I : L P#*-'# (’E"" :.*2#*".$* (# 1 S&.#*&# P$1.".8%#
i6 N.&$1$ M&+.2#1 1=<9-1G57
Dans l*Ltalie morcelée de la Renaissance, Micolas `achia+el de+ient, en 6a=<,
secrétaire & la chancellerie de la républi!ue de Zlorence, sa +ille natale ) Ll remplit
de nombreuses missions diplomati!ues, mais, en 676Y, lors du ren+ersement de la
républi!ue par les `édicis, il entre en dis(rXce et doit s*exiler)
Ll écrit alors, en 676:, Le 1rince, ou+ra(e !ui ne sera publié !u*après sa mort)
Après un bre' retour & la +ie politi!ue, en 67YU, il est & nou+eau écarté du pou+oir
et meurt en 67YR) 8utre Le 1rince, il a composé les 6iscours sur la premi*re
décade de Tite-Li)e 2ache+és en 67Y83 et !uel!ues autres 0u+res
2L #7rt de la guerre, des pièces de théXtre, etc)3)

Racines et apports de `achia+el

6 - Les racines
La pensée de `achia+el s*enracine /
j dans la tradition philosophi!ue classi!ue / la Politi!ue d*Aristote, mais aussi le Traité des 6e)oirs
2De o''icis3 de $icéron, sans oublier les nombreux écrits de l*épo!ue médié+ale 2Les 8iroirs des
1rinces3 sur les +ertus du bon sou+erain etc))
j dans un contexte histori!ue / la carrière politi!ue de `achia+el 2en particulier, son ambassade
auprès de $ésar 4or(ia3 est intimement liée aux +icissitudes histori!ues du temps) L*Ltalie de
l*épo!ue était pro'ondément di+isée, en butte aux ambitions con!uérantes des ZranSais et des
Espa(nols) .ous ces éléments sont inséparables de la ré'lexion de `achia+el sur le p$%2$.! et l*
E"")

Y - Les apports conceptuels
`achia+el a décrit l*exercice réel du p$%2$.! politi!ue, ce !ue les (ou+ernants 'ont e''ecti+ement)
$*est un des 'ondateurs de la science politi!ue moderne)
Les concepts 'ondamentaux de la philosophie politi!ue de `achia+el sont les sui+ants /
j le Prince, entendu comme sou+erain, celui !ui exerce le pou+oir réel ,
j la Zortune, ensemble de circonstances complexes et mobiles, de+ant les!uelles l*homme est
impuissant s*il n*utilise, au bon moment, le bon moen / l*occasion propice & l*initiati+e audacieuse ,
j la ;irtb 2& ne pas con'ondre a+ec la +ertu au sens traditionnel du terme, les !ualités du sa(e3, !ui
dési(ne l*éner(ie dans la conception et la rapidité dans l*exécution, la résolution et la ruse, le d (énie
politi!ued, en !uel!ue sorte) $*est l*art de choisir les moens en 'onction de la 'ortune et de dominer
ainsi les circonstances )
`achia+el est né & Zlorence en 6aU= et mort & Zlorence en 67YR /c’est un 'ils de la (rande
renaissance 'lorentine)
Ll appartient & la bour(eoisie 'lorentine, il représente les classes moennes)
$’est un a(ent public, 'onctionnaire des a''aires politi!ues, il est secrétaire de la chancellerie) Ll a
accès aux instance de décisions, il sera aussi utilisé comme diplomate car il conna1t bien le
(éopoliti!ue de l’épo!ue)
Zlorence entre 6a=U et 6a=< a connu le (ou+ernement théocrati!ue de Sa+onarole , !ui a installé une
démocratie reli(ieuse 'ondamentaliste !ui n’a pas tellement plu / il 'ut br?lé +i' a Zlorence )Ll +oulait
ré'ormer les m0urs 'lorentine par un retour aux +aleurs de l’é+an(ile)
A% "#!)# (C%* p!$&6- $J .1 2$% "$%" &# 8%C$* 1%. (#)*(." -$%- 1 "$!"%!#0 >'!K)# S2$*!$1# /%" &$*()*' p! 1CI*8%.-.".$* 9 ,"!# p#*(%
#" 3!L1' 1# 57 ). 1=980 2#& (#%B (.-&.p1#-.
Après cette période théocrati!ue s’est mis en place la R'p%31.8%# (# I1$!#*&#
En 676Y, c’est la 'in de la Républi!ue et la restauration des `édicis et du ré(ime princier)
`achia+el se retrou+e relé(ué dans sa propriété , il sera placé en résidence sur+eillé et un peu
in!uiété , il se )#" ($*& '&!.!# #" ('2#1$pp# - p#*-'# p$1.".8%# )
Ll a écrit deux ou+ra(es ma-eurs 'ondant la science politi!ue /
676Y-676= / " Le Discours sur la première décade de .ite Li+e #
676: / un manuel du bon (ou+ernement / " Le Prince #
" Le Prince # est dédié & Laurent le `a(ni'i!ue
Ll 'aut bien comprendre la situation de l’Ltalie /
.ous les pas de l’Europe inter+iennent en Ltalie 2 ZranSais, Espa(nols, Lmpériaux, SuissesV3 , c’est
la période des Guerres d’Ltalie) L’Ltalie est un champ de bataille)
L’Ltalie est é(alement une mosaN!ue d’états, a+ec des duchés, des républi!ues, des principauté, et des
roaumesVtous di+isés et désunis entr’ euxV
$e !ui anime `achia+el est 1# ('-.! (# !#*(!# 9 1’I"1.# - 41$.!# (’*"* / il +eut chasser les
barbares 2les étran(ers3 il +eut donc créer un '"" *".$* Ltalien )
$’est le premier sentiment nationaliste italien )
Ll a é(alement dans son 0u+re l’apparition d’une *$%2#11# "#!).*$1$4.#
Ll in+ente la notion d’ Etat, le concept de nécessité d’Etat, il (énéralise le mot état comme
institutionnalisation du pou+oir politi!ue)
Ll expli!ue !ue tous les états !ui a un moment donné on eu une action sur les hommes ont été ou sont
des p!.*&.p%"'-)
Ll introduit une nou+elle di''érence entre la Républi!ue et la `onarchie, il est le premier a parler en
terme de !'4.)# !'p%31.&.*)
" Le Prince # *1:-# (% 1.2!# (# M&+.2#1 par le pro'esseur 2un des spécialistes de
`achia+el3
$’est ce li+re !ui est & l’ori(ine d’une ambi(uNté concernant `achia+el / l’expression pé-orati+e
" machia+éli!ue # snonme de calcul immoral et per+ers))
" le Prince # en 'ait est une série de préceptes , c Oest %* )*%#1 (% 3$* 4$%2#!**")
Ll doit ser+ir au Prince & conser+er son état)
@n +oit appara1tre 1#- 8%1."'- 8%# ($." &8%'!.! &#" +$))# !ualités politi!ues !ui +ont lui
permettre de conser+er son état /
Le réalisme / Le Prince doit considérer les hommes p$%! &# 8%’.1- -$*", ici l’homme n’est plus le
centre de la politi!ue, il ne 'aut pas se 'aire d’illusion sur la nature humaine)
Etre réaliste c’est coller & la réalité / il re-ette l’idéalisme dé+eloppé depuis Platon)
Ll ne 'aut pas croire tous ce !u’on raconte , le Prince ne doit pas croire n’importe !uoi)
Ll ne doit pas s’e''raer pour rien, le prince *# ($." p- )$*"!#! !u’il a peur, il doit rester ma1tre de
lui)
L’E(oisme
Le Prince doit 'ocaliser son ""#*".$* -%! 1%.-),)#, et pas sur les autres pour ac!uérir une sorte de
+olonté indi+iduelle, une discipline intellectuelle)
Le calcul
Le Prince doit >tre calculateur , rusé, dissimulateur, il ne doit pas >tre pré+isible
" `ieux +aut >tre craint !u’aimé #, `achia+el estime !ue les deux & la 'ois sont impossible donc il
+aut mieux >tre hai
Lndi''érence au bien et au mal
Le Prince ne s’en souci pas, " il )aut mieux se résoudre au mal #)
La politi!ue doit >tre , & ce ni+eau, ('44'# (#- &$*".*4#*&#- (# 1 )$!1#
Le cruauté
Le Prince doit >tre cruel, il ($." /!pp#! l’ima(ination
L’habileté
La ;irtu / c’est un terme !ue `achia+el utilise pour si(ni'ier !ue le Prince doit >tre +irtuose , habile,
il doit -ouer a+ec les hommes, il a de l’adresse) $e n’est pas du tout la +ertu morale
Le (ou+ernement du prince est une tension perpétuelle dans le but de conser+er l’état ) LeE
(ou+ernement est une création continuelle
La (randeur / Le Prince est l’hommes pro+identiel, le héros, il est au dessus du commun ,
$’est ce !ui l’autorise a échapper & la morale, & la reli(ion / tous les actes de cruauté , de cupidité, de
+iolence lui sont permis pour conser+er le pou+oir)
Ainsi selon `achia+el / la fin justifie les moyens, tous les moyens sont bons)
$’est ce !ui +a donner " le machia+élisme # / Les intellectuels +ont considérer son 0u+re comme
d’une .))$!1."' &$)p16"#)
@n écrit par la suite des traités appelés " anti-machia+el #
Zrédéric LL le Grand roi de Prusse au h;LLL[ siècle a écrit un " anti-machia+el #alors !u’il a in+enté
la (uerre sans déclaration V)et !ue c’était un +éritable autocrateV
L%!#*" 1# M4*./.8%# ne correspond pas du tout au Prince tel !ue le décrit `achia+el 2c’est plutWt
le duc C'-! M$!4. !ui correspond au li+re de `achia+el3
$’est dans " 1# D.-&$%!-N # !ue +ont se ré+éler les idées +éritables de `achia+el / il +eut uni'ier
l’Ltalie) 2c’est un des pères du 0isorgimento'
Ll +eut renouer a+ec la (randeur passée de l’Ltalie
Le seul moen d’ par+enir c’est la Restauration de la Républi!ue )
`achia+el est un républicain , il souhaite la liberté de l’état)
" Le Prince # ($." ,"!# 1% 9 1’#*2#!-) $ha!ue 'ois !u’il pointe du doi(ts une !ualité en 'ait il la
dénonce)
Au h;LL[ s Spino%a l’a bien compris, ainsi !ue Rousseau au h;LLL[ !ui a dit /" !e Prince de
4achiavel est le premier livre des républicains #)
@n dit !ue le Prince était le li+re de che+et de Mapoléon, De Gaulle et `itterrandV
Les +aleurs pour `achia+el sont / la citoenneté, la liberté 'ondements de la +raie +ertu
républicaine)
Par exemple / il souhaite la création d’une armée nationale italienne composée de citoens soldats
pour dé'endre l’unité du territoire)
Le républicanisme de `achia+el est limité par l’obsession de l’unité / il considère !ue les italiens
peu+ent et doi+ent se ran(er derrière un Prince s’ il est &p31# (# !'1.-#! 1’%*."' , il est m>me pr>t
& soutenir une 'orce étran(ère si elle peut 'aire l’unité de l’Ltalie)
L’obstacle principal & l’unité de l’Ltalie selon lui #-" 1 p!'-#*&# (# 1 pp%"' #" (# 1’'41.-#, car il
a les états ponti'icaux / il est donc anti-clérical et hostile & l’é(lise)
@n dit !ue sa de+ise aurait été / " l4Italie unie! armée ! déprêtrisée #)
Derrière ces idées `achia+el 'ait (# 1 p$1.".8%# %*# -&.#*&#, il apporte une méthode)
La politi!ue est amorale, areli(ieuse, totalement indépendante)
`achia+el crée aussi le républicanisme classi!ue , courant !ui se dé+eloppera -us!u*& la Ré+olution
'ranSaise 2Spino%a, RousseauV3)
$e " républicanisme # est ce !ue >. G. A. POCOCO pp#11# !e moment machiavélien (*- -$* 1.2!# L p#*-'# p$1.".8%#
/1$!#*".*# #" 1 "!(.".$* !'p%31.&.*# "1*".8%#0 "!(. L%& M$!$"0 P!#--#- U*.2#!-.".!#- (# I!*&#0 L'2."+*0 P!.-0 19970
G8= p. Ll 'aut se ré-ouir de la parution en ZranSais de l’un des ou+ra(es d’histoire des idées politi!ues les plus mar!uants de ce dernier
!uart de siècle) Paru initialement en 6=R7, in+ariablement associé aux tra+aux postérieurs de ce !u’il est con+enu d’appeler l’école de
$ambrid(e 2\uentin SQinner, etc)3, comme parta(eant substantiellement les m>mes con+ictions méthodolo(i!ues 2k linguistic turn l et
contextualisme3 et interprétati+es 2le k ré+isionnisme l républicain3, ce li+re s’emploie & exhumer et réé+aluer le rWle -oué par le
modèle ci+i!ue et républicain dans l’histoire politi!ue moderne, un rWle 'ondamental pour l’auteur, occulté dans l’historio(raphie par
le monopole du paradi(me libéral et -uridi!ue)
Par " moment machia+élien #, 2$’est le moment ou se 'or(e le républicanisme classi!ue3,PococQ entend si(ni'ier deux choses /
d’une part k le moment ob est apparue la pensée machia+élienne l, dé'ini résolument k de 'aSon sélecti+e et thémati!ue l comme celui
ob le modèle républicain est con'ronté & sa propre crise, et d’autre part le moment dési(ne ce problème lui-m>me, comme k moment
dans le temps conceptualisé, ob la républi!ue 'ut perSue comme con'rontée & sa propre 'initude temporelle, comme s’e''orSant de
rester moralement et politi!uement stable dans un 'lot d’é+énements irrationnels conSus essentiellement comme détruisant tous les
sstèmes de stabilité séculière l / @n aura bien s?r reconnu ce !ue le +ocabulaire machia+élien nomme la con'rontation de la k +ertu l
& la k 'ortune l et & la k corruption l 2 p) hL;LLL3) Ainsi une première partie du li+re est-elle consacrée & la pensée 'lorentine de
l’épo!ue de `achia+el 26a=a-67:83 et centrée sur les !uestions inhérentes & la k réacti+ation de l’idéal républicain par les humanistes
ci+i!ues l, & tra+ers une série d’auteurs 24runi, Sa+onarole, Guichardin, Giannotti3) `ais PococQ entend aussi montrer dans une
seconde (rande partie !u’il a une histoire continue de ce moment machia+élien dans la culture politi!ue moderne, a+ec le le(s des
concepts de k (ou+ernement é!uilibré l et de k )irt9 l, et la mise en a+ant du k rWle des armes et de la propriété dans le 'aSonnement de
la personnalité ci+i!ue l) $ette histoire, l’auteur la retrace dans la pensée an(lo-américaine des h;LL et h;LLL e siècle 2& tra+ers, en
particulier, les 'i(ures de 5arrin(ton et de Sidne, puis de Zletcher, de De'oe, etc)3 puis dans les débats américains du hLh e siècle)
@n ne peut s’arr>ter ici dans le détail de cette (rande 'res!ue, et ce n’est pas le lieu d’entamer une discussion sur les !uestions de
méthode 2l’identi'ication d’un k lan(a(e républicain l, +éritablement homo(ène & tra+ers le temps, et d’abord la lé(itimité
épistémolo(i!ue de la notion-m>me de lan(a(e pour dési(ner l’ob-et d’étude de l’histoire de la pensée politi!ue3 et d’interprétation 2&
commencer par celle de la pensée de `achia+el lui-m>me3)
§5 >#* M$(.*
L’0u+re de 4odin, en (rande partie consacrée & la pensée politi!ue, a commencé
par le 8ethodus ad "acilem historiarum cognitionem li(ri I: 267UU3, !ui est un
essai de méthodolo(ie et de philosophie de l*histoire dont l*ob-et est de montrer !ue
la principale utilité de l*histoire est de ser+ir au droit et & la politi!ue)
$e texte est sui+i des Six li)res de la 0épu(lique 267RU3, de+enu un classi!ue de la
pensée politi!ue, !ui est un exposé sur la nature de la Républi!ue 2l*Etat3 dont l*>tre
se dé'init par la sou+eraineté) Le Iuris uni)ersi disti(utio 267R<3 est une
sstématisation du droit romain et une ré'lexion sur l*essence du droit)
4odin écri+it par ailleurs une 6émonomanie des sorciers 267<83, le 5olloquium heptaplomeres
267<R3 et, en 67R<, la 0éponse aux paradoxes de 8& de 8alestroict touchant l#enrichissement de
toutes choses et le mo;en d#; remédier, dans la!uelle il analse la montée des prix au h;L
e
siècle en
relation a+ec l*apport des métaux précieux d*Améri!ue, ou+ra(e !ui 'ait de 4odin le représentant
éminent du mercantilisme 'ranSais)
$’est un 'ranSais de la ré(ion d’An(ers 67Y=-67=U
$’est un -uriste , un a+ocat, il +a participer & la Y[ renaissance du droit romain)
$’est un romaniste réputé) Ll a une existence mou+ementé, il a une +ie pleine de contraste) $’est un
économiste, il est 'éru de science occulte " la démonomanie des sorciers #, il a une réputation
sul'ureuse) Ll est témoin des troubles reli(ieux de son épo!ue / c’est l’épo!ue des (uerres de
reli(ions)
Ll est catholi!ue mais il est suspecté d’5érésie
Ll +a ser+ir 5enr LLL et le duc d’An-ou !ui incarne un courrant pas très roaliste)
Ll se ran(e 'inalement derrière le roalisme monarchi!ue !ui tente de sau+er le monarchisme contre
les protestants et les ultras catholi!ues)
En 67UU il écrit la " `éthode pour 'aciliter la connaissance de l’5istoire #
$e !ui 'ait sa (loire c’est en 67RU les six li+res de " la Républi!ue #, c’est & dire les six li+res de
l’Etat 2ici Républi!uem état3
Ll +a 'aire éclater la théorie absolutiste)
Ll présente deux axes importants /
- conceptualisation de la sou+eraineté
- Pré'érence pour le ré(ime monarchi!ue
$onceptualisation de la sou+eraineté
Ll ne l’in+ente pas / par contre , il est l’un des 6
er
& 'aire une théorie de la sou+eraineté, c’est & dire de
conceptualiser l’idée)
Ll 'ait de la sou+eraineté , la clé de +o?te du droit public et la condition sine qua non de l’existence
de l’état)
" 0épu(lique %l4état' est un droit gou)ernement de plusieurs ménages %"amilles' et de ce qui leur est
commun a)ec puissance sou)eraine #
Ll distin(ue l’état de la sei(neurie ou de tout autre tpe de pou+oir )
" L’état n’existe !ue par la puissance sou+eraine) #
Ll expli!ue !ue la sou+eraineté a une double nature / c’est la puissance absolue et perpétuelle d’une
républi!ue)
$’est une puissance donc indépendante, !ui n’est liée par rien, elle n’est pas limitée dans le temps)
$’est é(alement une puissance uni!ue, indi+isible , c’est ce !ui uni l’état)
Ll +a énumérer les caractères de la sou+eraineté / il a des domaines dans les!uels l’état & une sorte
de monopole /
- La Guerre et la paix
- Le 'ait de -u(er en dernier ressort et de 'aire (rXce
- La nomination aux 'onctions publi!ues de l’administration
- Le droit de 'aire et de casser la loi / seul l’état peut >tre une puissance lé(islati+e
- 2 mar!ue principale de la sou+eraineté3)
A partir de 9ean 4odin , la mar!ue principale de la sou+eraineté #-" 1# )$*$p$1# 1'4.-1"./
En prati!ue la -ustice reste très importante, en matière de sou+eraineté m>me si la loi commence &
s’imposer)
 La pré'érence monarchi!ue
Ll est 'a+orable & l’absolutisme roal) Ll classe les (ou+ernements , il utilise comme critère de
classement la sou+eraineté
$’est un auteur moderne car il 'ait la distinction entre l’état 2siè(e de la sou+eraineté3 et le
(ou+ernement 2manière d’exercer la sou+eraineté3 /
- La Démocratie / l’état dans le!uel la sou+eraineté appartient au peuple ,
- Aristocratie /La sou+eraineté appartient a une portion de peuple
- `onarchie / la sou+eraineté appartient au prince
\uel!ue soit la 'orme de l’état , la sou+eraineté #-" "$%@$%!- %*# p%.--*&# 3-$1%#, perpétuelle et
indi+isible)
$oncernant les 'ormes de (ou+ernement , il pense !ue la mixité est possible
Exemple /un état démocrati!ue a un (ou+ernement monarchi!ue ou un (ou+ernement mixte
La 'orme de l’état est tou-ours unitaire ).- 1# 4$%2#!*#)#*" p#%" ,"!# -.)p1# $% ).B"#.
Le 'orme d’état !u’il pré'ère est /
L’'"" )$*!&+.8%# 4$%2#!*#)#*" !$:1 1'4.".)#
Le (ou+ernement peut >tre de trois tpes /
- .ranni!ue / lors!ue le prince +iole le droit
- Sei(neurial / lors!ue le prince se comporte comme le sei(neur des biens et des personnes
- Lé(itime / Lors!ue le prince obéit & Dieu et aux lois de la nation)
$e modèle idéal assure la liberté des su-ets, la (arantie des propriétés , ainsi !ue lOunité dans l’état et
l’indi+isibilité de la sou+eraineté)
C’#-" 1 p6!# (# 1 ($&"!.*# 3-$1%".-"#
Sa conception de la sou+eraineté et démunie de toute patrimonialité )
L’état est bien l’institutionnalisation du pou+oir politi!ue , a+ec di''érenciation de ceux !ui
l’exercent) Ll est moins humaniste !ue `achia+el mais sa conception de la sou+eraineté est centrée
sur la loi)
$’est aussi l’initiateur de la toute puissance de la loi , et du monopole lé(islati' )
Ainsi sa pensée est une source d’inspiration pour des non roalistes ,non monarchi!ues , notamment
au moment de la Ré+olution 2sou+eraineté indi+isible centrée sur la loi3)Robespierre l’adoraitV)
S#&".$* II : L p#*-'# &!.".8%#
$’est la pensée !ui tente d’aména(er %*# %"!# &$*&#p".$* (# 1’'""
§1 T+$)- M$!# #" 1’U"$p.#
T+$)- M$!# 2né le R 'é+rier 6aR< & Londres c mort exécuté le U -uillet 67:7
dans la m>me +ille3 était un -uriste, historien, philosophe, théolo(ien et homme
politi!ue an(lais de la Renaissance) Grand ami d*_rasme, philanthrope, il participa
pleinement au renou+eau de la pensée !ui caractérise cette épo!ue, ainsi !u*&
l*humanisme chrétien, dont il était le plus illustre représentant an(lais, dans une
épo!ue charnière entre le `oen n(e et la Renaissance)
$’est un an(lais ,l e représentant ma-eur de l’humanisme, c’est un philosophe et un
homme d’état il est ne en 6aR<
En 67:6 il est chancelier d’An(leterre par 5enr ;LLL, il s’oppose au di+orce d’5enr ;LLL c’est le
('3%" (# 1’*41.&*.-)#)
Ll est catholi!ue , et re'use de pr>ter serment au monar!ue che' de l’é(lise, il sera condamné a mort
et décapité en 67:7 , il sera canonisé plus tard)
Ll donne une +ision no+atrice de la politi!ue, et il relance le (enre de l’utopisme)
Ll publie en 676U " l’utopie # c’est un mot !ue .homas more a traduit du (rec Ttopos / " lieu de
nulle part # , il présente ce lieu comme un endroit ou il +a dé+elopper sa manière de conce+oir sa
politi!ue)
L’%"$p.# #-" %*# "#!!."$.!# ($*" 1 &p."1# #-" %*# 2.11# /*"K)# p!'- (’%* /1#%2# (*- #% 0
2#& %* p!.*&# -*- p#%p1#. L# !'&." #-" /." p- %* 2$:4#%!.
@n a pensé !ue c’était l’Améri!ue ou les Zlandres mais 'inalement c’est l’An(leterre , c’est une 1le ,
la population est di+isée en 77 cité, la +ille est donc Londres ) Ll n’est donc pas si utopiste !ue S&)
Dans ce li+re, il 'ait une snthèse entre l’in'luence de Platon et l’in'luence de Saint au(ustin , il a
une sorte de communisme platonicien et une (rande chrétienté de St au(ustin)
@n +a trou+er dans l’utopie une +rai tolérance reli(ieuse et c’est une idée moderne)
\uelles sont les idées politi!ues de .homas more ]
- P1&# .)p$!"*"# /."# 9 1 /).11# / la 'amille chrétienne , il a l’autorité patriarcale
.homas `ore conSoit un droit de correction sur la 'emme et les en'ants 2il est très heureux en
'amille3 il 'aut une harmonie 'amiliale) Ll n’ a pas d’é(alité entre les sexes ou entre les
en'ants et les parents)
Ll accepte le di+orce , si il n’ a plus harmonie) La maria(e des pr>tres est é(alement possible) $e !ui
est étonnant par contre il est très sé+ère pour l’adultère / crime pri+é puni de mort)
- L p!$p!.'"' Les utopiens sont des amis, donc il n’ a pas de propriété pri+ée indi+iduelle, il
a une sorte de communisme 'oncier ) $ela doit 'a+oriser l’é(alité)
$’est la rupture a+ec Aristote et le retour de Platon , et du néo-platonisme)
- $!4*.-".$* p$1.".8%# /
 (roupes de :8 'amilles !ui se réunissent pour élire un phlar!ue ) 68 phlar!ues
dési(nent un Proto phlar!ue appelé un .ranibore ) @n +a obtenir Y88 tranibores !ui
constitueront le sénat de l’Ttopie) Au dessus du Sénat se trou+e le roi)
Les `a(istrats /l’Ttopie li+re LL
.rente 'amilles 'ont, tous les ans, élection d*un ma(istrat, appelé spho(rante dans le +ieux lan(a(e du pas, et philar!ue dans le moderne)
Dix spho(rantes et leurs trois cents 'amilles obéissent & un protophilar!ue, anciennement nommé tranibore)
En'in, les spho(rantes, au nombre de dou%e cents, aptes a+oir 'ait serment de donner leurs +oix au citoen le plus moral et le plus capable, choisissent
au scrutin secret, et proclament prince, l*un des !uatre citoens proposé par le peuple , car, la +ille étant parta(ée en !uatre sections, cha!ue !uartier
présente son élu au sénat)
La principauté est & +ie, & moins !ue le prince ne soit soupSonné d*aspirer & la trannie) Les tranibores sont nommés tous les ans, mais on ne les chan(e
pas sans de (ra+es moti's) Les autres ma(istrats sont annuellement renou+elés)
.ous les trois -ours, plus sou+ent si le cas l*exi(e, les tranibores tiennent conseil a+ec le prince, pour délibérer sur les a''aires du pas, et terminer au
plus +ite les procès !ui s*élè+ent entre particuliers, procès du reste excessi+ement rares) Deux spho(rantes assistent & chacune des séances du sénat, et
ces deux ma(istrats populaires chan(ent & cha!ue séance)
La loi +eut !ue les motions d*intér>t (énéral soient discutées dans le sénat trois -ours a+ant d*aller aux +oix et de con+ertir la proposition en décret)
Se réunir hors le sénat et les assemblées du peuple pour délibérer sur les a''aires publi!ues est un crime puni de mort)
$es institutions ont pour but d*emp>cher le prince et les tranibores de conspirer ensemble contre la liberté, d*opprimer le peuple par des lois tranni!ues,
et de chan(er la 'orme du (ou+ernement) La constitution est tellement +i(ilante & cet é(ard !ue les !uestions de haute importance sont dé'érées aux
comices des spho(rantes, !ui en donnent communication & leurs 'amilles) La chose est alors examinée en assemblée du peuple , puis, les
spho(rantes, après en a+oir délibéré, transmettent au sénat leur a+is et la +olonté du peuple) \uel!ue'ois m>me l*opinion de l*1le entière est consultée)
Parmi les rè(lements du sénat, le sui+ant mérite d*>tre si(nalé) \uand une proposition est 'aite, il est dé'endu de la discuter le m>me -our , la discussion
est ren+oée & la prochaine séance)
De cette manière, personne n*est exposé & débiter étourdiment les premières choses !ui lui +iennent & l*esprit, et & dé'endre ensuite son opinion plutWt
!ue le bien (énéral , car n*arri+e-t-il pas sou+ent !u*on recule de+ant l& honte d*une rétractation et l*a+eu d*une erreur irré'léchie ] Alors, on sacri'ie le
salut public pour sau+er sa réputation) $e dan(er 'uneste de la précipitation a été pré+enu et les sénateurs ont su''isamment le temps de ré'léchir)
$’est un sstème pramidale !ui peut appara1tre comme un démocratie) En 'ait pas du tout , car ne
peu+ent >tre dési(nés phlar!ues !ue les che's de 'amille a+ec une morale a+érée et uni!uement les
lettrés)
$e sstème est donc élitiste , c’est une sorte d’aristocratie)
Ses ré'lexions sont intéressantes &! .1 ('*$*&# &#!".*#- &+$-#-)
$’est un plaidoer pour la paix, il dénonce la (uerre et l’appétit de con!u>te et de richesse de
l’épo!ue)
Ses propositions sont inapplicables et pleines de paradoxes 2il prWne la liberté mais accepte les
escla+esV3 ainsi 'inalement ce sstème n’est pas très moderne)
Par contre , il renoue un (enre littéraire politi!ue !ui sera sui+it par $ampanella etV

§5 L#- M$*!&+$)8%#-
$e !ui les caractérisent est !u’ils sont protestants, en tout cas ils sont des smpathies a+ec la
Ré'orme) Lls sont contre la `onarchie absolu catholi!ue
$e courant n’est pas homo(ène, il dé(a(e des idées très libérales, ce sont les ad+ersaires de 4@DLM)
 La 4oètie
$’est un smpathisant de la Ré'orme , il cherche la paix ci+ile) Son 0u+re
politi!ue ma-eure a été publiée post mortem par des protestants ) $’est un
parlementaire 267:8-67U:3 il a assisté horri'ié & la première (uerre de reli(ion )
$’est un humaniste ou+ert , tolérant, hédoniste 2recherchant le bonheur3 Ll est
char(é d’une mission & Paris pour né(ocier a+ec le pou+oir roal)
Ll entre dans le cercle des intimes du penseur le chancelier M.&+#1 (# 1’H$-p."1
!ui +eut é(alement la $oncorde ci+ile, la tolérance)
Ll est con+aincu par les idées du chancelier) Ll +eut apaiser les tensions) Ll +a mourir brus!uement )
$’est un ami de `ontai(ne) " 1arceque c4était !parce que c4était moi< #
Ll a beaucoup traduit, et il a écrit le " D.-&$%!- (# 1 -#!2."%(# 2$1$*".!# # +ers 67a<, lors!ue &
4ordeaux , il a de +iolentes ré+oltes anti-'iscales et une rude répression )
Ll a sans doute remanié l’ou+ra(e plus tard lors!u’il sera pro'esseur & la 'aculté de Droit d’@rléans)
$ette 0u+re ne sera pas connue a+ant 67Ra c’est & dire après la Saint 4arthélem, ou l’opposition de
`onarchoma!ues sont très 'orte et !u’ils +ont publier cet ou+ra(e)
Ll est imprimé & la suite d’un ou+ra(e polémi!ue protestant , on a donc l’impression !ue ce discours
émane d’un ré'ormé , il est rebaptisé le " $ontre Tn #)
Dans le discours , on retrou+e /
- Tn état de -ustice , a+ec des parlementaires
- Des ré'érences & l’anti!uité
- Des ré'érences & la patristi!ue 2 St Au(ustin, St Paul3)
Ll s’interro(e sur les raisons !ui poussent les hommes a accepter l’état de ser+itude alors !ue
naturellement, ils aspirent & la liberté )
Le texte é+olue dans le contexte du premier Absolutisme / 'in de ZranSois Ler , début 5enri LL )
$ela e''rae les -uristes, les o''iciers du Roi et la noblesse)
La 4oétie +a dé+elopper l’idée !ue 1 )$*!&+.# -# &$*/$*( "$%@$%!- 2#& 1 ":!**.#, ce !ui
pourrait 'aire croire !u’il est républicain ) " Pour >tre escla+e, il 'aut !ue !uel!u*un
désire dominer et))) !u*un autre accepte de ser+ir ^ #
Ll distin(ue des de(rés dans les (ou+ernements despoti!ues selon les accession au pou+oir)
Le plus (rand despotisme est lors!ue l’accession est la con!u>te, la 'orce)
Pour La 4oétie, il ne peut exister de trannie sans assentiment du peuple) De ce point de +ue, la ser+itude est donc par essence
+olontaire) Le tran est en e''et tou-ours seul 'ace & des millions d*hommes et il su''irait !ue ces millions d*hommes cessent d*obéir
pour !ue la trannie disparaisse) Le rapport de 'orce est tou-ours en 'a+eur des (ou+ernés) La nature nous soumet naturellement & nos
parents et & la raison mais ne nous 'ait escla+es de personne) Mous sommes donc escla+es parce !ue nous le +oulons bien) `ais +i+re
libre, c*est >tre heureux) La ser+itude +olontaire appara1t donc comme une réalité paradoxale, un problème !u*il s*a(it de résoudre)
Pour!uoi donc les peuples acceptent-ils de se soumettre & un tran ]
La première raison réside dans l*habitude) L*homme !ui conna1t la liberté n* renonce !ue contraint et 'orcé) `ais on s*habitue & la
ser+itude et ceux !ui n*ont -amais connu la liberté « servent sans regret et font volontairement ce que leurs p&res n2auraient fait que
par contrainte »
La deuxième raison est !ue les trans a''aiblissent leur peuple) Lls le 'eront par exemple en leur donnant des -eux, des spectacles) Le
tran allèche ses escla+es pour endormir les su-ets dans la ser+itude) Le tran accorde des lar(esses & son peuple sans !ue celui-ci se
rende compte !ue c*est a+ec l*ar(ent m>me soutiré & ses su-ets !ue ces di+ertissements sont 'inancés)
$ertains trans, a+ant de commettre leurs crimes, 'ont de beaux discours sur le bien (énéral et la nécessité de l*ordre public) D*autres
utilisent l*arti'ice de la reli(ion pour susciter la crainte du sacrilè(e, utilisant la tendance de l*i(norant & la superstition)
En'in, la dernière raison !ui permet la trannie est !u*une partie de la population se met & son ser+ice par cupidité et désir d*honneurs)
$ertains hommes 'lattent leur ma1tre espérant ses 'a+eurs, sans +oir !ue la dis(rXce les (uette nécessairement, de+enus complices du
pou+oir) Ainsi se 'orme la pramide sociale !ui permet au tran d*« asser)ir les su+ets les uns par le mo;en des autres / La résistance
et l*usa(e de la raison sont donc les moens de recon!uérir la liberté 2La 4oétie ne 'ait aucune théorie de la ré+olte populaire3 car des
trans on peut dire !u*« Ils ne sont grands que parce que nous sommes $ genoux / Ll n*est donc pas besoin de combattre les trans, il
su''it de ne plus consentir & la trannie) « So;e= résolus de ne ser)ir plus! et )ous )oil$ li(res / $aractéristi!ue de l*idéalisme
humaniste, la pensée de La 4oétie suppose une histoire produite par la seule intention des hommes sans +oir !ue la politi!ue a aussi
son autonomie et sa spéci'icité)
$’est une P%2!# -%32#!-.2# mais elle est aussi très modérée , car il a peur autant de la trannie d’un
seul !ue de la trannie de la masse)
Ll prWne la +oie ré'ormatrice plutWt !ue la ré+olte et la ré(ulation du pou+oir politi!ue par les élites
dans un cadre lé(al)
Zinalement le discours est plutWt un essai de pscholo(ie politi!ue )
Ll demande aux uns et aux autres d’>tre raisonnable n rationnel )
Ll dénonce la trannie mais il a une +éritable ré'lexion sur l’état, ou il en ressort un lien contractuel
2il serait 'a+orable pour un contrat social 3 pour établir de l’harmonie)
@n ima(ine !ue ce contrat social in+estie le prince de son autorité et !u’il (arantie la liberté des
citoens )
Le prince est in+esti d’une autorité librement consentie ) Ll réintroduit donc le peuple sur la scène
politi!ue ,
Ll souhaite l’a+ènement d’une conscience politi!ue , d’une morale ci+i!ue)
Ll propose un espace de né(ociation a+ec le prince d’ou ressorts la liberté du peuple et le pou+oir de
l’état)
Pour mettre 'in & la trannie , il su''it !ue tous cessent d’obéir ,
$’est de la désobéissance passi+e 2c' `artin Luther Pin(3)Ll a été récupérée par les anarchistes)
$’est l’auteur mal(ré sa non +iolence 1# p1%- !(.&1 &$*&#!**" 1 ('-$3'.--*&# #" &#""#
('-$3'.--*&# #-" -*- &$)p1#B#.
Les autres monarchoma!ues
$e sont des protestants !ui s’illustrent après 67RY et la Saint 4arthélem)
$ette date est une rupture au ni+eau des idée politi!ues)
A+ant la Saint 4arthélem, les auteurs protestants tentent de -usti'ier leur rébellion contre les (uerres
de reli(ions mais seulement pour se dé'endre , c’est de la lé(itime dé'ense et ils s’atta!uent -amais le
Prince)
$Wté catholi!ue , on essaie de ne pas impli!uer l’état dans les dan(ers protestants et extra-
catholi!ues)
La Saint 4arthélem a impli!ué le roi $harles Lh considéré comme un tran ) Les protestants
atta!uent donc directement le Roi, le duc D’An-ou et la Reine)
Le Roi a cassé la pacte ci+il)
La littérature est moins (>née pour lé(itimer la ré+olte) Ll a trois (rands traités /
- 1G77 I!*Q$.- H$")* /
" La Zranco-(allia #
I!*Q$.- H$")* 267Ya, Paris - 67=8, 4Xle3 était un a+ocat 'ranSais) 4ien !ue son père '?t un
catholi!ue prati!uant, conseiller au Parlement de Paris, 5otman s*est con+erti au protestantisme en
67aR et a été impli!ué plus tard dans la conspiration d*Amboise) Ll 'ut très acti' dans les complots
anti-catholi!ues de l*épo!ue, ré'u(ié en Suisse) Son 'rère est Antoine 5otman)
Ll a e''ectué des inter+entions comme pro'esseur de droit romain dans de nombreuses uni+ersités et
son rWle lui a ou+ert les portes des cours de Prusse, 5esse et Eli%abeth d*An(leterre) Ll a +oa(é &
Zranc'ort a+ec $al+in et on lui a con'ié des missions con'identielles en pro+enance des che's
5u(uenots allemands, pour porter & un moment donné des crédits & $atherine de `édicis) Ll est
pro'esseur de philolo(ie & Lausanne, puis en 677U & Strasbour( pro'esseur de droit) Ll re-oint en 67U6
la cour du roi de Ma+arre 2'utur 5enri L;3) Ll a été nommé par l*é+>!ue `ontluc comme pro'esseur
de droit & ;alence et en 67UR dans la m>me !ualité & 4our(es)
5otman de+int conseiller d*_tat de 5enri L; char(é du recrutement en Suisse de troupes pro-
hu(uenotes) Ll a 'ini en exil une (rande partie de sa +ie en Suisse) Après la nuit de la Saint-
4arthélem, il a pris la 'uite & Genè+e et meurt & 4Xle en 67=8)
Zranco-(allia
Son tra+ail le plus important, est d>ranco-Galliad 267R:3 2dLa Gaule >ran?aised3 publié en latin en
67R: puis en 'ranSais en 67Ra et composé en réaction a la Saint-4arthélem) Ll était en a+ance sur
son temps, et n*a trou+é aucune 'a+eur !ue ce soit a+ec les $atholi!ues ou les 5u(uenots & son
épo!ue, sa théorie a été comparée & celle contenue plus tard dans le d5ontrat Sociald de 9ean-9ac!ues
Rousseau) Ll a présenté un idéal d*habileté politi!ue protestante, en proposant un (ou+ernement
représentati' et une monarchie électi+e 5otman a a''irmé !ue la couronne de Zrance n*était pas
héréditaire, mais électi+e, et !ue les (ens a+aient le droit de déposer et de créer des rois)
$*est un li+re élément de la 'ondation de la théorie en +oie de dé+eloppement de la démocratie
représentati+e) Ll s*a(it du premier dpro(ramme politi!ued des hu(uenots dans l*é+entualité d*une
accession au pou+oir) L*ou+ra(e sera très célèbre & son épo!ue) Les théories d*5otman ont in'luencé
des che's politi!ues pour plus de a88 années / en e''et, le che' ré+olutionnaire cubain, Zidel $astro a
-usti'ié la lé(itimité du mou+ement dans ses discours dL*histoire m*absoudrad en 6=7: de dZranco-
Galliad en citant 5otman, !ui a d`aintenu cela !u*entre le (ou+ernement et ses su-ets il a une
attache, ou contrat et !ue les (ens peu+ent se soule+er dans la rébellion contre la trannie de
(ou+ernement !uand celui-ci +iole ce pacte)d
- Ll écrit une histoire constitutionnelle de la Zrance !ui permet de -usti'ier la monarchie
tempérée 2di+ision des pou+oirs, é!uilibre, contre poids3
Ll tra+estie un peu l’histoire de Zrance) $ela montre !ue l’histoire au h;L[s est de+enue un en-eu
politi!ue , scienti'i!ue , moderne, on 'alsi'ie l’histoire pour lé(itimer la politi!ue )
Exemple 6/ Ll énonce !ue che% $lo+is , le roi (ou+erne a+ec les (rands et le peuple / c’est 'aux car
ce n’est !ue lors!ue le roi est 'aible mais ce n’est pas du tout " constitutionnalisé #)
Ex Y / Les états (énéraux de+iennent un conseil élar(it permanent !ui participe & la politi!ue , ce !ui
est 'aux)
Ex : / Pour 5otman , l’histoire prou+e !ue le roi de Zrance est élu 2 il déduit de l’acclamation une
élection 3 , 2au passa(e, disons !ue cette tradition dispara1tra p$%! (#2#*.! %*# !$:%"' +'!'(.".!#
lors!ue 5enr L; est l’héritier du trWne de Zrance et !u’il est contesté car c’est un protestant 3
@n +oit bien a+ec lui !ue l’on utilise l’histoire pour 'aire de la politi!ue)
- 1G7= T+'$($!# (# M6R# " 5u droit des magistrats sur leurs sujets #
Mé & ;é%ela, dans la noblesse locale, Dieudonné de 4è%e
2il latinisera plus tard son prénom en Deodatus, a+ant de le (réciser en .héodore3 Ll
béné'icia d*une excellente éducation humaniste, principalement sous la 'érule de
`elchior oolmar !ui ou+rit son esprit & la pensée de la Ré'orme)
.rès doué pour les lettres, le -eune homme était, du -u(ement de `ontai(ne, un excellent poète latin
et mena pendant !uel!ues années & Paris 267:=-67a<3 une existence exclusi+ement +ouée & la
littérature, il en reste ses 'ameux 1oemata amoureux !u*on lui a tant reprochés plus tard)
L*imminence de la mort, lors d*une (ra+e atteinte de peste, achè+e son é+olution +ers la Ré'orme)
$ondamné par le Parlement de Paris, il s*en'uit & Genè+e 267a<3, mais s*établit d*abord & Lausanne,
ob Pierre ;iret l*attire a'in !u*il ensei(ne le (rec & l*Académie nou+ellement créée)
Ll dé+eloppe l’idée du ma(istrat in'érieur )
Le Roi n’est plus un monar!ue sou+erain par hérédité, il occupe une 'onction publi!ue , c’est un
ma(istrat supérieur, on peut donc lui demander des comptes , il est soumis & la loi)
Ainsi lors!ue le Roi de+ient tran 2Saint 4arthélem3 il appartient aux ma(istrats in'érieurs de
récupérer le pou+oir et de diri(er le pas)
$es ma(istrats in'érieurs sont les a(ents, les (uides naturels du peuple, les conseillers monarchi!ues )
La 4!*(# .('# #-" 8%# /&# 9 %* !$. ":!* 0 1 !'-.-"*&# #-" p$--.31# ).- #11# *# p#%" ,"!# /."#
8%# p! 1#- )4.-"!"- .
Le peuple ne peut pas se dresser 1%. ),)# contre le pou+oir m>me tranni!ue )
4è%e a mis en place un 'iltre constitutionnel & la résistance)
$ar & l’épo!ue, il a beaucoup de trannicides)
Pour ne pas >tre débordé par la +iolence du peuple hu(uenot en (uerre, pour les maintenir dans le
cadre d’une résistance constitutionnelle, il utilise les ma(istrats comme acteurs de la résistance )Pour
é+iter la déri+e +iolente seuls les ma(istrats peu+ent s’opposer au tran)
$’est plus %*# !'-.-"*&# &$*-"."%".$**#11# !u’une résistance phsi!ue) La Zronde 2ré+olte des
Parlements sous le -eune Louis hL;3 se sou+iendra de lui
5istoire Des Ldées Politi!ues a+ant 6R<= Y[ Partie
.exte de la copine
i: L’état corporati' et 'édéraliste d’Althusius
Ll est né en 677R & Diedenshausen 2Rhénanie-oestphalie3, mort 6Y)<)6U:< & Emden 24asse-Saxe3,
c’est un protestant cal+iniste)
$e -uriste allemand étudia & `arbour( 2dès 67R<3, Genè+e 2che% Denis Gode'ro3 et 4Xle 2che%
4asile Amerbach le 9eune3, ob il soutint en 67<U sa thèse de doctorat 6e successione a( intestato)
Son ou+ra(e 6e arte @urisprudentiae 0omanae methodice digestae li(ri II, application de la méthode
dichotomi!ue de l*humaniste 'ranSais Pierre de la Ramée, le recommanda & une chaire de droit &
l*académie de 5erborn 25esse3)
En présentant dans son oeu+re ma1tresse, 1olitica methodice digesta 26U6a3, une théorie de la
répartition +erticale des pou+oirs 'ondée sur l*exemple des républi!ues de Genè+e et de 4Xle,
Althusius peut >tre considéré comme le Sp6!# (% /'('!1.-)#d)
`aire de la +ille cal+iniste d*Emden dès 6U8a, il dé'endit l*autonomie de la cité contre les prétentions
absolutistes
Althusius parle peu de l’industrie, des peuples, il ne parle !ue de " (roupes humains #
Sa pensée 'édéraliste se déploie dans un cadre non démocrati!ue)
ia Spino%a, le modèle de l’homme libre (rXce & la pensée)
$’est un (rand penseur politi!ue) 2le pro' aime bien3
Spino%a 26U:Y-6URR3 c’est l’expression tpe du (rand rationalisme)
$’est un -ui' hollandais polisseur de +erre pour lunettes !ui écrit des ou+ra(es
philosophi!ues) Ll est re-eté par la communauté -ui+e car il 'ré!uente peu la
sna(o(ue) Ll a écrit /
p 6UU: Les principes de la philosophie de Descartes, sui+is des pensées métaphsi!ues
p 6UR8 .raité théolo(ico-politi!ue 2ce !ui intéresse le pro'3
p 6URR 0u+res posthumes/ Ethi!ue
p .raité de la ré'orme de l*entendement p .raité politi!ue) 2incomplet3
Aant reSu une double 'ormation, hébraN!ue 2le .almud3 et latine 2la philosophie et la science
cartésienne3, Spino%a 'ré!uenta les milieux libéraux les plus éclairés)
Ll 'ut l*ami de Simon de ;ries et des 'rères de oitt !ui (ou+ernaient la 5ollande de l’épo!ue) Exclu
de la communauté -ui+e dès 6U7U 2excommunication ma-eure par la sna(o(ue d*Amsterdam3, sans
attache institutionnelle ni reli(ieuse, il mena dès lors l*existence d*un homme libre, m>lant les tra+aux
d*artisanat opti!ue, par les!uels il (a(nait sa +ie, et la spéculation intellectuelle, par la!uelle il +oulut
la sau+er)
@n sait l’importance !u’a eue la ré'lexion théolo(ico-politi!ue de Spino%a & la 'ois dans sa propre
philosophie, dans l’histoire de la pensée politi!ue 2notamment dans celle de l’idée de démocratie3,
ainsi !ue dans la conception du rapport de la reli(ion a+ec la philosophie d*une part, et la politi!ue
d*autre part)
Mous aborderons cette ré'lexion dans l*ou+ra(e principal !u*il lui a consacré, le Traité théologico-
politique! a'in de comprendre la nature du rapport entre la philosophie, la politi!ue et la reli(ion)
Mous aborderons la criti!ue de la reli(ion et de la théolo(ie, a+ec leurs prétentions & la +érité, en
examinant la +aleur !ue peu+ent a+oir & ce su-et les idées de ré+élation, de prophétie, de miracle)
Mous +errons !uelle est la conception spéci'i!ue de la politi!ue de Spino%a, et pour cela, nous
analserons comment cette conception trou+e sa -usti'ication dans sa philosophie, et comment s’
dé'inissent et trou+ent leur sens les notions 'ondamentales de la politi!ue, telles !ue le droit, la
-ustice, le pou+oir, la lé(itimité, le peuple, la raison politi!ue)
Mous chercherons & comprendre aussi comment s*ordonnent dans le spino%isme les di+erses
puissances de la philosophie, de la politi!ue et de la reli(ion)
Dans le T!."' (# 1 !'/$!)# (# 1C#*"#*(#)#*", laissé inache+é, Spino%a notait dé-& !ue "toute
notre félicité et notre mis&re ne résident qu2en un seul point* " quelle sorte d2objet sommes0nous
attachés par l2amour6#) Et il a-outait !ue seul "l*amour allant & une chose éternelle et in'inie repa1t
l*Xme d*une -oie pure, d*une -oie exempte de toute tristesse#) .elle est la sa(esse/ il s*a(it de tout
aimer, non dans le détail 'u(iti' des é+énements, mais dans l*éternelle nécessité de ce tout !ui est
Dieu)
$*est ce !ue Spino%a appelle "amour intellectuel de 5ieu», !ui n*est pas autre chose !ue la -oie de
conna1tre 2par le troisième (enre de connaissance3 et, puis!ue toute +érité est éternelle, l*éternité de
cette -oie)
.elle est la béatitude, la!uelle "n*est pas le prix de la +ertu mais la +ertu elle-m>me# et l*uni!ue salut)

"!a fin de l27tat est en réalité la liberté#
Dans le %raité %héologico0Politique, 0u+re ma-eure publiée de son +i+ant, il montre combien
nombre d*assertions théolo(i!ues des é(lises et reli(ions, sont en 'ait des prises de positions
politi!ues !ui n*ont rien & +oir a+ec le texte bibli!ue) Ll reprend inté(ralement la lecture de la 4ible,
pour la!uelle il propose une nou+elle méthode de lecture, littérale, !ui demande & sui+re ce principe
!ue le texte ne soit expli!ué !ue par le texte lui-m>me, sans lui substituer des interprétations plus ou
moins dlibresd )
Si le texte de la 4ible ne peut !ue s*accorder a+ec la raison, ses obscurités et contradictions doi+ent
se dissiper par une étude minutieuse et une lecture attenti+e du texte !ui s*interdira de le trans'ormer
en l*interprétant, !ui s*interdira donc de le réin+enter selon les besoins du moment)
Spino%a, comme 5obbes a+ant lui, se li+re & une démonstration criti!ue des mé'aits de l*utilisation
de la reli(ion, c*est-&-dire de la croance des hommes par les pou+oirs politi!ues, !ui ainsi mènent
leurs su-ets & sui+re docilement leurs décisions et accomplir leurs pro-ets, m>me les pires) La reli(ion
- la croance reli(ieuse - est ainsi le moen le plus s?r et le plus aisé de 'aire 'aire aux hommes ce
!ui con+ient au pou+oir, !uand bien m>me il s*a(it du plus nuisible pour eux-m>mes et du plus
honteux)
`ais ils ne s*en aperSoi+ent pas, et croant 'aire le bien et contribuer au salut de leur Xme ils 'ont
exactement le contraire, trompés !u*ils sont par des discours politi!ues !ui prennent la 'orme
d*in-onctions reli(ieuses et de promesses)
Après cette théorie de l*illusion reli(ieuse et de l*intér>t !u*a tout pou+oir & la maintenir, Spino%a
complète l*analse du théolo(i!ue par une analse du politi!ue, expli!uant les principes de
l*or(anisation politi!ue bonne et les rapports !ue doi+ent entretenir la reli(ion et le politi!ue a'in de
permettre la paix)
$omme l*a+ait dé-& théorisé 2*" 1%. H$33#-0 (*- 1# L'2."+*, la reli(ion doit >tre soumise aux
lois communes, !ui s*appli!uent & elle comme & tous, soumise & l*_tat et au pou+oir politi!ue, et ne
doit s*occuper !ue du (ou+ernement des Xmes et d*ensei(ner le bien et la morale)
Alors, il peut dé+elopper, ce !ui est le but de l*ou+ra(e, une théorie politi!ue de la liberté,
montrant en !uoi celle-ci est cadrée par les lois , puis en !uoi la liberté de pensée et d*opinion est
entièrement bonne et doit >tre entièrement reconnue par l*_tat)
D*abord, la reconnaissance de la liberté de croire et penser librement accordée & chacun est la
condition de la 'in des con'lits reli(ieux)
Ensuite, cette liberté est entièrement bonne et non susceptible de nuire & l*_tat c si le -uste parta(e
des tXches est réalisé entre les autorités reli(ieuse et politi!ues c, liberté !ui peut >tre accordée sans
restriction aucune, sau' pour ce !ui relè+e de l*incitation & la haine et serait donc susceptible de nuire
& l*_tat) La liberté de pensée doit >tre proté(ée par l*_tat, comme condition de la paix ci+ile) La
liberté accordée ne peut nuire & l*_tat & ces conditions)
$ela constitue une théorie de la démocratie et une in+alidation de la dictature, ce pou+oir !ui prétend
aller au-del& de sa puissance) En e''et " nul n*a le pou+oir de commander aux lan(ues # puis!ue les
hommes eux-m>mes ne par+iennent pas & contrWler ce !u*ils disent, donc il en +a de m>me pour le
pou+oir) Si le pou+oir ne peut contrWler les lan(ues 2!ui parlent hors du contrWle du su-et parlant3, a
"ortiori ne peut-il contrWler les pensées)
L’_tat, en e''et, ne ré(it pas tous les domaines de la +ie humaine, les lois ne pou+ant >tre étendues &
toutes les acti+ités / " la nature humaine ne peut supporter d’1tre contrainte absolument » .chap
8/, et « vouloir tout régenter par des lois c’est rendre les hommes mauvais » .chap 99/(
$*est pour!uoi " personne ne peut abandonner la liberté de -u(er et de penser , chacun est ma1tre de
ses pensées #) $*est un droit !ue chacun tient de sa nature)
Pour le pro' une telle a+enture ne saurait se +i+re seul/ la sa(esse, comme libération
indi+iduelle, n*est possible 8%# (*- 1 &$11#&".2."' (#- +$))#- et suppose !ue celle-ci satis'asse &
certaines conditions) L*homme 'ait partie de la Mature, mais n*est humain !ue par la culture)
Aussi peut-il >tre considéré comme un animal sociable ou politi!ue/ tout homme a besoin des autres
hommes pour >tre humain, et de leur liberté pour >tre libre)
$*est pour!uoi Spino%a se déclare partisan de la démocratie, la!uelle correspond & la 'ois, et mieux
!u*aucun autre ré(ime, & la réalité de la politi!ue 2la con'rontation con'lictuelle des désirs3 et & sa
'onction 2l*instauration de la paix dans la liberté3) "C# *C#-" p- p$%! "#*.! 1C+$))# p! 1 &!.*"#
#" /.!# 8%C.1 pp!".#**# 9 %* %"!# 8%# 1CE"" #-" .*-"."%'T % &$*"!.!# &C#-" p$%! 1.3'!#!
1C.*(.2.(% (# 1 &!.*"#0 p$%! 8%C.1 2.2# %"*" 8%# p$--.31# #* -'&%!."'0 &C#-"-9-(.!# &$*-#!2#0
%--. 3.#* 8%C.1 -# p$%!!0 -*- ($))4# p$%! %"!%.0 -$* (!$." *"%!#1 (C#B.-"#! #" (C4.!... L
/.* (# 1CE"" #-" ($*& #* !'1."' 1 1.3#!"'.#
Alain & écrit / " Spino)a est le mod&le de l’homme libre #
La pensée de Spino%a a tou-ours de l’in'luence mais plus sur le plan philosophi!ue)
i 7 >$+* L$&U# ;%"#%! )@#%!?3 8%# 1# p!$/ .)# 3#%&$%p
LocQe, né & orin(ton dans le Sommershire en 6U:Y, a +écu de près les ré+olutions et tentati+es de ré+olution contre les
Stuart) Son souci principal est d’>tre utile & l’existence sociale des hommes) Ll s’exprime essentiellement contre
Descartes et Zilmer)
Son ou+ra(es 6eux traités de gou)ernement ci)il para1t en 6U=8) Ll s’a(it d’une apolo(ie de la ré+olution de 6U<< et d’une
criti!ue +i(oureuse de la monarchie absolue) L’idée dé+eloppée est la nécessaire subordination de l’acti+ité des (ou+ernants au consentement
populaire) LocQe est le théoricien du libéralisme politi!ue , ses thèmes 'ondamentaux sont /
é(alité naturelle des hommes /
dé'ense du sstème représentati' ,
exi(ence d*une limitation de la sou+eraineté 'ondée sur la dé'ense des droits sub-ecti's des indi+idus)
Le premier traité est une réponse au Patriarcha de Zilmer !ui prétendait démontrer le droit des princes au (ou+ernement absolu en assimilant la
sou+eraineté & la domination primiti+e d’Adam sur le monde , cette domination a été retransmise aux monar!ues) Le second traité +ise & établir
l’ori(ine, les limites et les 'ins +éritables du pou+oir ci+il) $es deux traités 'orment un tout) La ré'utation de la thèse de Zilmer 2les hommes ne sont pas
nés libres mais escla+es3 dans le premier traité permet, dans le second, de 'onder la limitation dues (ou+ernements sur l’idée de la liberté et de l’é(alité
naturelles)
T+'$!.# (# 1 &$**.--*&# #" (% (!$." *"%!#1.
LocQe 'ait reposer sa théorie sur la connaissance telle !u’elle a été dé'inie par 5obbes) La science ne porte !ue sur des choses !ui ont des causes et dont
nous sommes nous-m>mes des causes) La politi!ue et la morale 2le -uste et l’éthi!ue3 se trou+ent a''ectés d’une certitude !ui est re'usée aux sciences de
la nature) Pour LocQe, il a prééminence de la science morale et politi!ue sur les sciences de la nature , les idées morales et politi!ues peu+ent donc
s’encha1ner dans des démonstrations ri(oureuses)
La conception locQienne de la science politi!ue repose sur trois aspects /
la science politi!ue sera normati+e / les normes de l*action 'uture peu+ent >tre ri(oureusement dé'inies puis!ue l*idée est productrice de son ob-et ,
la science de l*action appelle une méthode de décou+erte rationnelle et un ordre d*exposition démonstrati')
l*importance de la conception sub-ecti+e des droits !ui donne les prémices aux droits de l*homme)
D# 1’E"" (# *"%!# % 4$%2#!*#)#*" &.2.1
Les 'onctions du (ou+ernement ci+il sont déduites des conditions de sa 'ormation, c’est-&-dire de la structure de l’Etat de nature et des raisons !ui
conduisent les hommes & se constituer en corps politi!ue)
LocQe re-ette toute idée de subordination, et a+ec elle le lien !u’elle maintient entre les relations entre les hommes et les relations entre les hommes et
les créatures in'érieures) Tne coupure entre les deux caté(ories, est établie, institutionnalisée) \uant aux hommes, il n’ a pas entre eux de di''érence
inhérente, pas de hiérarchie / ils sont tous libres et é(aux aux eux de Dieu) La problémati!ue de LocQe est antihiérarchi!ue / la liberté naturelle
suppose & la 'ois l’indépendance et l’é(alité , elle subordonne l’autorité politi!ue au consentement) Ll dé'end l’idée !ue les hommes sont ori(inellement
libres et é(aux et !ue l’ori(ine des (ou+ernements réside dans une libre association) Ll s’oppose donc & la théorie de la monarchie de droit di+in)
@n trou+e che% LocQe une apolo(ie de la tradition an(laise de la $ommon laf contre
la " maladie 'ranSaise de l’absolutisme #)
Dans le deuxième traité, LocQe reprend la doctrine du contrat social)
L’état de nature est présenté comme une période heureuse de communisme primiti', comme un état de liberté, mais non de licence pour s’ache+er sur
une théorie de l’ori(ine du (ou+ernement ci+il, proche de celle de 5obbes, m>me si elle 'onde une conception plus libérale de l’autorité politi!ue) Pour
LocQe, comme pour 5obbes, l’ori(ine du (ou+ernement et de la société ci+ile réside dans la nécessité de sortir de l’incessant con'lit !ui na1t de la loi de
nature elle-m>me, c’est-&-dire du droit de chacun & 'aire ce !ui lui semble con+enable pour assurer sa conser+ation)
Limites que les conditions du contrat social imposent $ la sou)eraineté&
Pour 5obbes, la science politi!ue est normati+e / elle détermine les raisons !ue nous pou+ons a+oir d’a(ir et de décider) " Le +our o9 les hommes ont
quitté l4état de nature pour entrer en société! ils a)aient con)enu que tous seraient soumis $ la contrainte des lois! sau" un seul qui garderait intacte la
li(erté de l4état de nature! en ; a+outant la "orce du pou)oir et la licence de l4impunité # 2LocQe3) L’Etat absolutiste représente un état de (uerre entre
les princes et le peuple , le peuple peut donc exercer un droit lé(itime de résistance & l’oppression)
"Le peuple est le +uge suprême de la "a?on dont les gou)ernants remplissent leur mission puisqu4il est « la personne qui leur a donné le pou)oir et qui
garde $ ce titre! la "aculté de les ré)oquer # 2LocQe3) Le contrat est spéci'i!ue / " ,ien qu4ils soient liés entre eux par une relation contractuelle! les
mem(res du peuple n4ont pas d4o(ligation contractuelle en)ers le gou)ernement! et les gou)ernants (éné"icient du gou)ernement seulement comme
mem(re du corps politique # 2LocQe3 Lls ne sont donc !ue des représentants, des députés du peuple)
Le pro(l*me des sources du droit&
De 5obbes & LocQe, on perSoit un chan(ement dans la conception du rapport entre le droit et l’Etat) Pour LocQe, il semble !u’il ait l’idée d’un ordre
spontané dont les pou+oirs publics ont & (arantir la non-perturbation / " ce n4est pas toute con)ention qui met "in $ l4état de nature entre les hommes!
mais exclusi)ement celle par laquelle tous s4o(ligent ensem(le et mutuellement $ "ormer une société unique et $ constituer un seul corps politique #) Ll
a donc une 'ormation spontanée du droit antérieur & l’apparition de l’Etat dont la 'onction est plus de (arantir !ue de créer le droit) L’Etat a pour
mission de préser+er les ac!uis, sans pou+oir attenter, et les hommes ne se dessaisiront !ue du minimum / le droit de punir) Le (ain !u’apporte la
société politi!ue, c’est de permettre aux hommes de sau+e(arder leur propriété , la préser+ation appara1t comme étant la 'inalité du contrat social)
P!$p!.'"' #" -%3@#&".2."'.
Pour LocQe, la propriété concerne " la +ie, la liberté et les biens #, c’est-&-dire tout ce !ui appartient en propre & un indi+idu et !u’on ne saurait lui Wter
sans son consentement) Dans cha!ue propriété existe un noau inaliénable !ui ne dépend !ue de la loi naturelle instituée par Dieu) Les richesses
naturelles ont été données & tous les hommes et non au seuls descendants mXles d’Adam)
LocQe a -oué un rWle important dans la pensée politi!ue de son épo!ue , il aborde la notion des droits de l’homme et du contrat social)
Sa conception de la monarchie libérale et du $ontrat social in'lueront Rousseau et les théoriciens de la ré+olution américaine
Reprise du cours du pro' pris par une copine 2!ui écrit malV)3
LocQe c’est un an(lais !ui +it entre 6U:Y et 6R8a)$’est un contemporain des Y Ré+olutions an(laises
6Ua8 et 6U<<3 Ll passe m>me comme le théoricien de la seconde la Glorieuse Ré+olution de 6R<<)Le
pro' l’aime beaucoup)
9ohn LocQe na!uit près de 4ristol le Y= ao?t 6U:Y) Son père, a+ocat, puis capitaine au ser+ice du
parlement en 6Ua<, 'ut ruiné pendant la (uerre ci+ile) LocQe apprit le latin et le (rec, et la
philosophie d’Aristote & l’école de oestminster 26UaU c 6U7Y3)
Ll de+int pro'esseur & @x'ord en 6U7Y)
Ll a+ait alors une ri+alité entre les platoniciens de $ambrid(e et les aristotéliciens d’@x'ord) Depuis
!uel!ue temps, la connaissance traditionnelle était mise en cause par des philosophes tels !ue
Descartes, 5obbes et 4acon)
$e 'ut par la lecture de Descartes !ue LocQe s’intéressa +éritablement & la philosophie, +ers 6U7=) Ll
'ut é(alement in'luencé par des sa+ants tels !ue Robert 4ole et Sdenham)
Lui-m>me souhaitait de+enir médecin)
LocQe 'ut lié d’amitié a+ec Lord Ashle, comte de Sha'tesbur et ministre de $harles LL )
Ll 'ut secrétaire du ,oard o" Trade de 6URY & 6UR7) q partir de 6UR7, il +oa(e en Zrance
2`ontpellier, Paris3) En 6U<:, suite & la réaction tor, Sha'tesbur et LocQe sont exilés d’An(leterre
et se ré'u(ient en 5ollande) LocQe re+int dans son pas en 6U<=)
La philosophie politi!ue de LocQe est considérée comme une étape 'ondatrice de la pensée libérale)
$ette modernité est par'ois contestée , les raisons de cette contestation seront exposées plus bas)
Dans un premier temps, on peut décrire cette philosophie politi!ue en trois parties /
la loi naturelle et son rWle
la propriété et son importance dans la +ie sociale
le libéralisme nécessaire & l’épanouissement de l’indi+idu
Les idées politi!ues de LocQe
a) La loi naturelle
LocQe décrit ainsi l*état de nature /
" un état dans lequel les hommes se trouvent en tant qu2homme et non pas en tant que membre
d2une société) # 2Traité du gou)ernement ci)il, i6a3
Dans cet état, les hommes -$*" 1.3!#- #" '4%B. En e''et, aucun homme n*est soumis par nature &
!uicon!ue, car on ne peut >tre assu-etti & la +olonté arbitraire d*un autre homme, ni >tre tenu d*obéir &
des lois !u*un autre instituerait pour lui / dans l*état de nature, nul ne détient d*autorité lé(islati+e)
L*é(alité est une consé!uence de cette liberté, car s*il n*existe aucun rapport naturel de su-étion
personnelle, c*est par l*absence de distinction mani'este entre les hommes / tous ont les m>mes
'acultés)
Méanmoins, la liberté de cet état n*est pas licencieuse , &+&%* #-" "#*% (C#* /.!# 1# )#.11#%! %-4#
#B.4' p! - &$*-#!2".$* 2ia3) L*état de nature comporte donc dé-& certaines rè(les) S*il n* a
aucune loi humainement instituée, tous les hommes doi+ent pourtant obéir & la loi de nature, loi !ui
est décou+erte par la raison 2ou par la ré+élation3 et !ui est d*ori(ine di+ine) $ette loi interdit aux
hommes de 'aire tout ce !u*ils désirent , ils ont le de+oir /
de conser+er leur propre +ie, !ui est un don de Dieu 2iU3,
de respecter la +ie, la liberté, les biens d*autrui, car il est nécessaire & leur conser+ation !ue chacun
+eille & la subsistance du (enre humain une 'ois !ue la sienne propre est assurée ,
de s*e''orcer de mener une +ie paisible et harmonieuse a+ec les autres ,
la +iolence est ainsi interdite, sau' pour se dé'endre ou dé'endre autrui 2iR3,
de respecter la parole donnée et d*exécuter les contrats 2i6a3)
La liberté est dans le respect de ces obli(ations prescrites par les lois de la nature, car c*est en leur
obéissant !ue l*homme est conduit & 'aire ce !ui est con'orme & sa nature et & ses intér>ts) La liberté
n*est donc pas une absence d*obstacle extérieur & la réalisation de son désir, mais dans l*obéissance
aux prescriptions di+ines décou+ertes par la raison)

b) La propriété
Le passa(e de la loi naturelle & la propriété 2dans un sens lar(e3 se 'ait par le droit)
En e''et, c*est dans la mesure ob l*homme a des de+oirs naturels !u*il est é(alement porteur de droit
de+ant lui (arantir la possibilité de réaliser ses de+oirs)
Ses droits sont donc naturels, liés & sa personne, car ils sont 'ondés sur sa nature humaine, sur ce
!u*exi(e la réalisation de ce & !uoi il est naturellement destiné et !ue lui a ré+élé la loi di+ine)
LocQe énonce trois droits 'ondamentaux /
droit & la +ie ,
droit & la liberté ,
droit & la -ouissance de ses biens)
$es droits dé'inissent un domaine d*in+iolabilité de la personne humaine , leur caractère naturel
exclut !u*il soit lé(itime d*en 'aire échan(e, ou de ne pas les reconna1tre selon des con+entions)
Parmi ces droits précédents toutes institutions humaines, LocQe place donc la jouissance des biens(
En e''et, la propriété pri+ée est nécessaire pour la conser+ation de la +ie et l*exercice de sa di(nité
humaine) L
ll a donc un droit de posséder tout ce !ui est nécessaire & la subsistance)
Méanmoins, puis!ue le monde a été donné en commun aux hommes par Dieu, il 'aut expli!uer la
lé(itimité de l*appropriation indi+iduelle /
" :ien que la terre et toutes les créatures inférieures appartiennent en commun " tous les
hommes, chaque homme est cependant propriétaire de sa propre personne( ;ucun autre que lui0
m1me ne poss&de un droit sur elle, le travail de son corps et l2ouvrage de ses mains lui
appartiennent en propre( l m1le son travail " tout ce qu2il fait sortir de l2état dans lequel la nature
la laissée, et y joint quelque chose qui est sien( Par l", il en fait sa propriété( #ette chose étant
e$traite par lui de l2étant commun o< la nature l2avait mise, son travail lui ajoute quelque chose,
qui e$clut le droit commun des autres hommes( # 2iYR3
L*homme est donc l*uni!ue propriétaire de sa personne et de son corps, et il -ouit d*un droit de
propriété exclusi')
I1 #-" '41#)#*" p!$p!.'".!# (# -$* "!2.1 : %*# &+$-# P%2!'# &#--# (C,"!# %*# p!$p!.'"'
&$))%*#/
" Ainsi, l*herbe !ue mon che+al man(e, les mottes de terre !ue mon +alet a arrachées, et les creux
!ue -*ai 'aits dans des lieux aux!uels -*ai un droit commun a+ec d*autres, de+iennent mon bien et mon
hérita(e propre, sans le consentement de !ui !ue ce soit) # 2iY<3
`ais, une 'ois exposée l*idée de propriété par le tra+ail, il 'aut encore expli!uer comment l*homme
est le propriétaire de sa personne ] LocQe dé'init ainsi la personne /
" #2est, je pense, un 1tre pensant et intelligent doué de raison et de réfle$ion, et qui peut se
considérer soi0m1me comme une m1me chose pensante en différents temps et lieu$( #e qui
provient uniquement de cette conscience .consciousness/ qui est inséparable de la pensée, et qui
lui est essentiel " ce qu2il me semble * car il est impossible " quelqu2un de percevoir sans aussi
percevoir qu2il per=oit( » .7ssai sur l2entendement humain, , >?, @3)
L*identité personnelle est 'ondée sur la continuité de la conscience dans le temps, et cette conscience
constitue l*identité !ui, au moen de la mémoire, se maintient dans le temps et nous permet de nous
reconna1tre nous-m>mes comme étant les m>mes)
@r, cette capacité de la conscience /
est 'ondamentalement appropriante, puis!u*elle permet de reconna1tre des actions et des pensées pour
siennes, i)e) !u*elle permet d*identi'ier un a(ent responsable +is-&-+is des hommes et du créateur)
'onde la propriété de soi, en particulier du corps !ui est le corps de untel, et !ui se présente ainsi & sa
conscience 2par ses actions et leurs résultats3)
Pour résumer la pensée de LocQe sur la propriété, on peut dire !ue la propriété des choses n*est
pas seulement re!uise pour subsister , la propriété est une extension de la propriété de la personne)
En ce sens, la propriété des biens a le m>me caractère in+iolable !ue la personne humaine) $ette
personne est conSue comme un rapport de soi & soi en tant !ue propriété)
$ha!ue homme est donc le seul propriétaire de sa personne, de sa +ie, de sa liberté et de ses biens)
c) Le libéralisme politi!ue de LocQe
La pensée de LocQe peut >tre considérée comme %*# p#*-'# /$*("!.&# (% 1.3'!1.-)#, et cela, tant
sur le plan politi!ue !ue sur le plan économi!ue)
Sur le plan politi!ue, la !uestion !ui se pose & LocQe est de sa+oir si l*on peut penser le pou+oir
politi!ue sans !ue son institution *C#*"!V*# 1 p#!"# (# 1 1.3#!"' (#- .*(.2.(%- !ui lui sont soumis)
Les hommes de l*état de nature étant pour LocQe des propriétaires, ils sont en(a(és dans des relations
économi!ues , ce point tend dé-& & 'aire conce+oir un _tat !ui se contenterait de (arantir ce !ui est
ac!uis, sans !u*il inter+ienne dans la société)
Le pou+oir politi!ue n*est donc pas censé instituer l*ordre social par des lois, mais il est au ser+ice de
la société pour corri(er les éléments !ui tendraient & lui nuire)
Ll suit de l& !ue le pou+oir politi!ue /
trou+e son ori(ine dans le consentement de ceux sur les!uels s*exerce l*autorité ,
prend sa source dans la garantie du respect des droits naturels de tout homme, !u*il doit arbitrer les
con'lits et exercer un droit de punir)
Le pou+oir politi!ue est ainsi amputé de ses dimensions éthi!ue et reli(ieuse , il ne peut interdire les
cultes, il ne s*occupe pas du salut des hommes ni de leur per'ection morale)
$es a''aires sont strictement personnelles)
L*_tat est donc un instrument et son rWle est réduit aux intér>ts ci+ils et temporels des hommes dont
il doit proté(er la +ie, la liberté et les biens)
Son étendue étant ainsi limitée, LocQe propose une hiérarchisation des pou+oirs, une or(anisation
institutionnelle permettant de contrWler leur exercice, et a''irme en consé!uence !ue le peuple a le
droit de résister !uand le pou+oir dépasse les limites !ui lui sont assi(nées par sa 'onction)
La théorie du libéralisme moderne
a) La hiérarchisation du pou+oir
Le contrat social crée une communauté seule détentrice de tous les pou+oirs) `ais, ne pou+ant
exercer elle-m>me ses pou+oirs, ceux-ci sont délé(ués & des ma(istrats) Dans toute or(anisation
politi!ue, il existe une partie !ui dé'init ce !ue cha!ue pou+oir doit 'aire, et une partie !ui dési(ne les
titulaires de ces pou+oirs aux!uels on obéit)
.andis !ue le recours & la 'orce concerne les pou+oirs exécuti' et 'édérati', le lé(islati' appartient & la
société elle-m>me) Le pou+oir lé(islati' est pour LocQe le pou+oir supr>me / ce pou+oir ne peut donc
>tre absolu et arbitraire /
le droit positi' est subordonné aux lois de la nature ,
ce pou+oir est la mise en commun du pou+oir des indi+idus / il ne peut a+oir de pou+oir supérieur ,
ce pou+oir est uni+ersel, il ne s*adresse pas aux particuliers en tant !ue tels ,
c*est un pou+oir stable et public, il instaure un ordre -uridi!ue ré(ulier ,
il est impossible !ue le pou+oir lé(islati' pri+e un homme de ses biens, car cette propriété est
in+iolable ,
Le pou+oir lé(islati' n*a !ue le pou+oir de 'aire des lois, et il est absolument dépendant de la
communauté / seule cette dernière a le droit de dési(ner des instances lé(islati+es et le droit d*en
contrWler l*exercice)
La hiérarchisation des pou+oirs consistera alors pour LocQe & soumettre le pou+oir exécuti' au
pou+oir lé(islati' puis!ue ce dernier est le pou+oir supr>me et !u*il est l*expression de la +olonté
d*une communauté)
La rè(le et le droit ont donc la primauté et personne n*est au-dessus de la loi) Le pou+oir exécuti' est
donc naturellement in'érieur, car il exécute seulement les décisions du pou+oir lé(islati')
Pour é+iter la concentration des pou+oirs, il 'aut les délé(uer & des instances distinctes et m>me
délé(uer & plusieurs instances le m>me pou+oir , par exemple, le lé(islati' peut appartenir & une
assemblée et au roi)
`ais il est pré'érable de con'ier ce pou+oir totalement ou en partie & une assemblée élue et
renou+elable, a'in !u*aucun indi+idu de la société ne soit pri+ilé(ié)
$ette or(anisation comporte tout de m>me des ris!ues d*abus, abus tant du pou+oir exécuti' !ue du
pou+oir lé(islati') Selon LocQe, !uoi!u*il arri+e, et m>me si le pou+oir a été délé(ué, la communauté
est tou-ours la seule +éritable détentrice de ces pou+oirs)
En consé!uence, elle a le droit d*en contrWler l*exercice, et elle est seule -u(e en ce domaine) Si le
pou+oir lé(islati' est utilisé abusi+ement, la communauté déclare nulles les décisions de l*instance
-udiciaire, et celle-ci s*en trou+e dissoute par le 'ait)
b) Droit de résistance
Puis!u*il peut a+oir des abus, et puis!ue la communauté ne peut en aucun cas >tre pri+ée de ses
droits, il 'aut !ue la communauté ait aussi un droit de résistance)
LocQe distin(ue trois cas ob le droit de résistance s*appli!ue /
trahison d*un ma(istrat 2par exemple, exercice de la 'orce en dehors du droit / usurpation, trannie3,
!uand un ma(istrat né(li(e sa 'onction ,
sur preu+es d*un pro-et de trahison)
$*est & la communauté !ue re+ient alors le droit de -u(er, et, lors!ue !uel!u*un +eut exercer un
pou+oir pour le!uel il n*a pas été dési(né 2donc lors!ue !uel!u*un +eut exercer un pou+oir !ui
n*existe pas3, la désobéissance est lé(itime)
c) La -ustice sociale
L*idée d*un état de nature n*est pas seulement pour LocQe un moen de 'onder les droits indi+iduels
de la propriété , en e''et, ce droit de propriété, dans sa 'ormulation m>me, comporte certaines
restrictions !ui dé'inissent un de+oir de charité !ui se déduit du de+oir de tout homme de préser+er le
(enre humain)
Ll a donc une limite & ce droit in+iolable de la propriété indi+iduelle / un propriétaire, m>me s*il est
dans son droit, a le de+oir de céder les biens inutiles & sa subsistance, dans la mesure ob ces biens
peu+ent +enir en aide & des indi+idus démunis / ces personnes ont droit, mais & la condition d*>tre
réellement dans l*impossibilité de pour+oir & leurs propres besoins)
$e de+oir de charité introduit dans l*indi+idualisme possessi' de LocQe une solidarité au moins
minimale !ui le limite)
$ette charité est une prescription uni+erselle !ui rappelle l*indi+idu propriétaire & la modestie, et !ui
+ient tempérer le libéralisme indi+idualiste de LocQe / bien !ue chacun puisse re+endi!uer
lé(itimement les droits !u*il possède sur ses biens, l*appropriation pri+ée des biens de la .erre n*a en
'in de compte sa +éritable lé(itimité !ue si elle est au béné'ice de tous, car la .erre est commune, et
tout homme a droit)
Ainsi, LocQe pense-t-il !ue son sstème libéral peut au(menter les ressources de tous les hommes, et
remplir ce de+oir de charité /
ce sstème au(mente les ressources disponibles ,
il réalise de lui-m>me une distribution des richesses , le moins bien lotis d*une société se trou+e alors
dans une situation meilleure !ue si cette société n*a+ait pas existé)
LocQe +a >tre publié en Zrance donnant naissance a une école libérale !ui se dé+eloppe a partir de
ses idées) Par exemple Zénelon et Saint Simon) Lls dé+elopperont l’idée selon la!uelle la nation n’a
pas totalement abdi!ué la sou+eraineté au Roi)
d) La Lettre sur la tolérance
L*ar(ument central de la Lettre sur la tolérance est la distinction de l*_tat et des _(lises, de par leurs
di''érences !uant & leurs 'ins temporelles ou spirituelles et les moens emploés 2'orces ou
persuasion3)
Pour LocQe, il est bien clair !ue seul le ma(istrat & la char(e du pou+oir temporel, !ui consiste &
maintenir par la loi un ordre public assurant le bien public et la paix ci+ile)
Le ma(istrat n*a aucun droit sur les intér>ts spirituels des indi+idus, car chacun est libre de choisir la
manière de +i+re dont il estime !u*elle lui assurera le salut)
$hacun peut donc adhérer librement aux do(mes !ui lui plaisent , les sociétés reli(ieuses doi+ent
>tre libres et +olontaires, mais n*ont aucune lé(itimité !uant & l*usa(e de la 'orce, pas plus !u*elles
n*ont le droit d*in'luencer les décisions de l*action politi!ue publi!ue)
Le pou+oir politi!ue doit donc tolérer les sectes du moment !u*elles respectent ces conditions , la
mission temporelle de l*_tat exi(e de lui !u*il protè(e les droits de tous les hommes !uelles !ue
soient leurs croances, et précisément a'in !ue cha!ue homme puisse mener sa +ie selon les
croances !u*il -u(e les meilleures, et dont il est de droit le seul -u(e)
A cette tolérance politi!ue et reli(ieuse, LocQe apporte néanmoins plusieurs restrictions)
$es restrictions découlent du 'ait !u*il ne conSoit pas la tolérance pour elle-m>me, mais dans le but
de concilier la préser+ation de la liberté indi+iduelle et la paix ci+ile)
LocQe 'ormule !uatre restrictions /
on ne peut tolérer aucun homme !ui soit opposé & la société et aux bonnes m0urs indispensables au
maintien de la société ci+ile ,
on ne peut tolérer !ue certains s*arro(ent des pri+ilè(es particuliers, pour eux ou pour leur secte,
nuisibles & la société ,
on ne peut tolérer une _(lise soumise & une autorité di''érente de celle du ma(istrat 2par exemple, au
pape3 ,
en'in, on ne peut tolérer les athées)
LocQe combat ainsi & la 'ois l*autoritarisme do(mati!ue !ui détruit les conditions de la liberté de
conscience en imposant certaines conceptions du bien, et l*anarchisme indi+idualiste !ui détruit les
conditions de la +ie sociale par la recherche sans restriction d*un bien choisi m>me en toute
conscience)
La liberté indi+iduelle dans le domaine de la reli(ion doit >tre aussi (rande !ue possible, elle doit
>tre (arantie par des lois, mais elle doit tou-ours rester compatibles a+ec les conditions politi!ues !ui
lui permettent d*exister)
i 7 G3!.#1 H#*!. M#!*!(0 )!8%.- (# M$%1.*2.11.#!-,
Ll est né en 6U7< et mort & Paris le Y: -an+ier 6RYY, c’est un historien et politolo(ue 'ranSais)
`ilitaire de carrière -us!u’& la mort de son père sur+enue en 6U=R, il se lanSa alors dans l’histoire et
/%" 1# p!#).#! 9 *1:-#! 1’+.-"$.!# (#- .*-"."%".$*- /!*Q.-#-) Ll est considéré comme un des
premiers historiens & considérer l’art de (ou+erner comme une science)
Lmbu d’idées aristocrati!ues, 4oulain+illiers 'ut un ardent dé'enseur du sstème 'éodal, le seul, & ses
eux, -uste, lé(itime et con'orme & la réalité histori!ue) Ll 'ut le principal représentant du courant
idéolo(i!ue de réaction 'éodale au h;LLL
e
siècle !ui a en+isa(é les institutions médié+ales comme
une républi!ue 'édérati+e et aristocrati!ue, plutWt !ue monarchi!ue) Selon sa doctrine, la noblesse
'ranSaise descendait des con!uérants 'rancs établis en Zrance & la chute de l’Empire romain et le
.iers-_tat des Gaulois)
Les sei(neurs 'rancs étaient, " ce titre, indépendants et libres de faire justice " leurs sujets sans
interférence de la part du roi, simple magistrat civil choisi afin d’arbitrer les disputes entre
indi+idus)
.ous les membres de la noblesse étaient donc, comme tels, sur un pied d’é(alité a+ec le roi)
4oulain+illiers tenait la monarchie 'ranSaise pour responsable du déclin pro(ressi' des pri+ilè(es de
la noblesse)
Ll 'ait remonter le début de ce déclin aux $roisades pour les!uelles nombre de nobles auraient
hpothé!ué ou +endu leurs honoraires & des plébéiens aisés) En s’introduisant, & cette occasion, dans
la noblesse, ceux-ci, !u’il !uali'iait d’" i(nobles #, la corrompirent) Ensuite, l’i(norance et la
né(li(ence des sei(neurs rendant la -ustice les 'orcèrent & se déchar(er des 'onctions -udiciaires dont
ils étaient les dépositaires lé(itimes sur des clercs et des -uristes, la di(nité intrinsè!ue & ce rWle
rendant bientWt aussi importants !ue ceux au nom des!uels ils rendaient la -ustice) 4oulain+illiers
considérait la nou+elle " noblesse de robe # née de cette circonstance comme une " monstruosité #) Ll
a+ait en'in la politi!ue de la monarchie capétienne !u’il considère comme le 'ossoeur du
'éodalisme) Les $apétiens a''aiblirent d’abord le pou+oir de la noblesse 'ranSaise éblouie par le
brillant de la cour en a-outant de (rands 'ie's au domaine roal) En résultat, les rois assumèrent une
importance -us!ue-l& inconnue d’eux et bientWt entièrement disproportionnée) Les sei(neurs seraient
alors de+enus les ser+iteurs de ceux dont ils a+aient été les pairs) L’admission aux ran(s de la
noblesse de bureaucrates plébéiens !ui n’ a+aient nul droit puis celle du .iers état aux _tats
(énéraux aurait, selon lui, ache+é de consommer le ren+ersement de la noblesse)
En posant une soi-disant ori(ine (énéalo(i!ue ori(inale & la prétendue spéci'icité raciale
aristocrati!ue, 4oulain+illiers a été le premier & élaborer une théorie des classes) 4ien !ue le
caractère radicalement iné(alitaire sur le!uel il adosse la supériorité présumée de l’aristocratie repose
sur " le droit de con!u>te et le besoin de soumission tou-ours d? au plus 'ort # et !u’il parle tou-ours
non de races mais d’indi+idus, de " droit du plus 'ort # et non de caractéristi!ues biolo(i!ues de
(roupe, la distinction raciale & la!uelle il s’est li+ré a néanmoins ou+ert la +oie & une pensée
racialiste, +oire raciste) Ses 0u+res ne 'urent publiés en 5ollande !u’après sa mort et 'urent
interdites en Zrance)
4oulain+illiers a été un auteur prolixe mais la paternité de certains ou+ra(es est par'ois plus !ue
contestable / " Tout ce qui est imprimé sous le nom du comte de ,oulain)illier n4est pas sorti de sa
plume! ses ou)rages qu4il communiquait )olontiers $ ses amis ont été copiés dans des temps
di""érents et plusieurs a)ant qu4il les eut retouchés&&& La réputation qu4il s4estoit acquise a "ait mettre
sous son nom plusieurs traités qu4il n4a ni compose= ni re)As # 24ibl) du Sénat, ms) =<7, LL3) Ll a
réalisé la traduction 'ranSaise de l’Bthique de Spino%a d’après le manuscrit inédit conser+é & la
bibliothè!ue municipale de Lon)
;oltaire a enrWlé 4oulain+illiers dans sa propre croisade contre " l’in'Xme # en 'aisant de lui un
personna(e de son 6Cner du 5omte de ,oulain)illiers 26RUR3)
ru+res
8émoire pour la no(lesse de >rance contre les ducs et pairs, 6R6R
Essai sur la no(lesse de >rance, 6R:Y
3istoire de l4ancien gou)ernement de la >rance a)ec DI: lettres historiques sur les 1arlements ou
Btats-Généraux) La 5ae s Amsterdam, aux dépens de la compa(nie, 6RYR, : tomes) $et ou+ra(e
est considéré par Renée Simon comme " le che"-d4Eu)re de ,oulain)illiers #) Ll dénonce ici
l’absolutisme roal !u’il accuse d’a+oir détruit le sstème 'éodal !ui assurait plus de liberté au
peuple) Ll réclame le rétablissement des _tats Généraux comme contrWle du pou+oir roal)
Le comte de 4oulain+illiers conteste lui aussi en Zrance l’absolutisme en s’inspirant de LocQe Ll
prWne une monarchie parlementaire 4oulain+illiers +a expli!uer !ue la roauté en Zrance a tou-ours
usurpatrice par rapport & l’aristocratie A l’épo!ue 'ran!ue les 'éodaux ont (ou+ernés a+ec le roi !ui
ont été remplacé par les Etats Généraux a+ec les $apétiens) 4oulain+illiers d’autre part se demande
d’ob +ient le peuple 'ranSais) Ll croit !ue la nation 'ranSaise est l’héritière des 'rancs
$’est une thèse !ui sert les intér>ts de la noblesse et !ui sera reprise lors de la criti!ue contre la
`onarchie & la +eille de la Ré+olution)
`is & part 4oulain+illiers, les auteurs !ui sui+ront la pensée de LocQe sont ;oltaire et `ontes!uieu
2+éritable continuateur des idées de LocQe en Zrance3)
i< GROTIUS #" 1# (!$." .*"#!*".$*1
A+ocat protestant hollandais, érudit et homme d*état, 5ui( de Groot 267<:-6Ua73 dit Grotius, déploa tout au lon( d*une
existence !uasi romanes!ue une acti+ité intellectuelle incessante !ui le porta non seulement +ers la philolo(ie,
l*historio(raphie, la théolo(ie et le droit mais encore +ers les mathémati!ues et la poésie)
Son oeu+re multiple, !ui i(nore le cloisonnement des disciplines, 'ait de Grotius une 'i(ure emblémati!ue de l*humanisme au
siècle d*@r)
`ais c*est par son apport & la philosophie de l*Etat et & la science -uridi!ue !u*il mar!ue l*histoire de la pensée au h;LL
e
siècle)
.héoricien de la d doctrine de la (uerre -uste d, du iuris gentium et du droit naturel, Grotius est couramment présenté comme un
des pères 'ondateurs du droit international, dont on a coutume de 'aire remonter la (enèse & son oeu+re ma-eure Le droit de la guerre et de la paix
26UY73 ) Dans ce traité du droit de la (uerre, dont certains principes apparaissaient dé-& dans 6e la li(erté des mers 26U8=3 , sont dé'inis les critères
d*une (uerre d -uste d , on a sou+ent +oulu +oir une d humanisation d du ius (elli ce !ui +audra au -urisconsulte de Del't une +a(ue de 'a+eur au
lendemain de la première (uerre mondiale) Partisan de la paix, Grotius ne prétend pas cependant supprimer la (uerre mais la ré(lementer / si les causes
de la (uerre sont lé(itimes, alors celle-ci n*est pas contraire au droit naturel)
Reprise du cours du pro'
$he% Grotius, les normes du droit naturel ne prennent pas directement leur source dans la +olonté de
Dieu, mais émanent de la nature humaine et de son caractère sociable) Ainsi, parce !u*il se dé(a(e
des conceptions théolo(i!ues antérieures, Grotius est considéré & partir du hLh
e
siècle comme celui
!ui a laNcisé le droit nature
Mé en 67<: mort en 6Ua7 Ll d’ori(ine de Zranche $omté en Zrance mais c’est un penseur politi!ue
hollandais d’une 'amille aristocrati!ue !ui tra+aille pour la Républi!ue marchande de 5ollande)
$’est un (rand érudit) @n le surnommera la mer+eille de 5ollande)
Ll écrit deux li+res importants a partir de 'aits de société
U* &$))#*".!# -%! 1# DROIT DES PRISES '&!." 2#!- 1<HG) Les prises se sont les captures des
na+ires marchands par des corsaires) Ll s’ intéresse pour expli!uer !u’il 'aut un droit international
proche du DR@L. DES GEMS supra national)
En 6UY7 il écrit son che' d’0u+re du Droit de la (uerre et de la paix 2De -ure pacis et belli3, il se
situe au tout premier ran( des penseurs de la science -uridi!ue et de la philosophie de l’Etat) A+ocat
protestant hollandais, il a été conseiller de la compa(nie néerlandaise des Lndes orientales) Ll a 'or(é
une théorie de l’Etat et de la puissance ci+ile dont il a présenté a+ec minutie et beaucoup de +i(ueur
intellectuelle les articulations internes et internationales)
U*# 2.# "$%!)#*"'#.
Mé en 67<:, 5u(o de Groot, dit Grotius est un en'ant prodi(e / & on%e ans il étudie & l’uni+ersité de
Lede et e''ectue sa première mission diplomati!ue en Zrance en 67=<)
Tn an plus tard, il est a+ocat & La 5ae et rédi(e une histoire de la rébellion des Pas-4as contre
l’Espa(ne 2Annales et historiae de rebus bel(icis3)
A la re!u>te de la $ompa(nie hollandaise des Lndes orientales, désireuse d’établir -uridi!uement son
droit de capture sur les na+ires ennemis)
Grotius compose le 5e jure praedae - 1# (!$." (# p!.-# ;1<H<?.
Grotius prend une part déterminante au con'lit politico-reli(ieux opposant les partisans
d’@ldenbarne+elt aux partisans de `aurice de Massau)
@ldenbarne+elt entra1ne dans sa chute ses collaborateurs dont Grotius)
Ll est arr>té & La 5ae en ao?t 6U6<, emprisonné, condamné & la prison & +ie et & la con'iscation de
ses biens) Ll s’é+ade en mars 6UY6 et (a(ne Paris ob il sé-ournera -us!u’en 6Uaa comme résident de
Suède)
Ll 'ait nau'ra(e au retour d’une mission en Suède et meurt & RostocQ le Y< ao?t 6Ua7)
L# &."$:#*-":p# (# 1 E R'p%31.8%# (#- 1#""!#- #" (# 1 C+!'".#*"' F.
Le trait dominant de ce (rand humaniste 'ut une +olonté oecuméni!ue d’en!u>te !ui ne lui laissa
aucun répit) Le D# @%!# p&.- #" 3#11. mar!ue la date de naissance du droit international public) Ll n’a
pas cessé de militer pour un ordre authenti!uement humain et pour une chrétienté ou+erte, puri'iée
par un retour & ses sources)
U* E"" @%-"# #" %*# -$%2#!.*#"' 1.)."'#.
E An corps parfait de personnes libres qui se sont jointes ensembles pour jouir paisiblement de
leurs droits et pour leur utilité commune # est la dé'inition de l’Etat selon Grotius)
Ll 'onde sa thèse sur l’existence d’un contrat initial par le!uel les hommes ont renoncé & l’état de
nature) Ll a''irme !ue les lois sont & l’Etat ce !ue l’Xme est au corps humain)
L’Etat rassemble une multitude de créatures raisonnables unies pour les choses !u’elles aiment , il a
pour 'onction d’assurer le respect des lois et d’or(aniser les tribunaux char(és de rendre ce !ui est d?
aux étran(ers comme aux particuliers du pas)
Le territoire ne constitue pas un élément de l’Etat, mais le contrat 'ondamental !ui lie les indi+idus &
l’Etat interdit la cession d’une pro+ince sans le consentement des populations intéressées)
D!$." *"%!#1 #" (!$." 2$1$*".!#
Le droit naturel est 'ormé de principes de la droite raison !ui nous 'ont conna1tre !u’ " une action est
moralement honnête ou déshonnête selon la con)enance ou la discon)enance nécessaire qu4elle a
a)ec la nature raisonna(le et socia(le de l4homme #)
La +olonté de Dieu n’est pour lui !u’une mani'estation indirecte dans la production normati+e, celle-
ci émanant a+ant tout de la nature humaine et de son caractère sociable)
Le droit naturel est immuable, commun & toutes les épo!ues et & toutes les ré(ions)
Ll ré(it la conduite des indi+idus et celle des Etats, ces derniers étant liés par des obli(ations internes,
dont la +iolation entra1ne un droit de résistance & l’oppression en 'a+eur de ses su-ets et par des
obli(ations internationales - celles du droit des (ens
L’exercice des droits sou+erains de l’Etat sur le plan international comprend le droit de (uerre
encadré par des normes !ui n’autorisent !ue les (uerres -ustes /
4%#!!#- ('/#*-.2#- destinées & proté(er d*une a(ression la population et le patrimoine de l*Etat ,
4%#!!#- &$#!&.".2#- pour punir ceux !ui +iolent le droit, & condition !ue la +iolation soit (ra+e)
Le droit naturel prescrit des modes de rè(lement paci'i!ue des di''érents entre Etats)
Le droit +olontaire pro+ient d’une +olonté !ui peut >tre tantWt di+ine, tantWt humaine)
$e droit ne résulte pas d’une +olonté !ui serait supérieur & celle des Etats, ).- (# 1#%! &&$!(0 (#
1#%! 2$1$*"' &$*2#!4#*"#0 .--%# (# 1 &$%"%)# $% (#- &$*2#*".$*- /$!)#11#-)
Les Etats sont tenus de reconna1tre la primauté du droit naturel sur le droit +olontaire)
Grotius part de l’état de nature et il +a exclure de sa démarche le recours au droit positi' et
théolo(i!ue) L’idée !ui l’anime est de mettre 'in aux !uerelles reli(ieuses de la 'in du h;L ) [
siècle )
Parmi les (rands principes du droit un est au dessus des autres /
L’idée !ue la 'orce principale !ui diri(e les a''aires humaines #-" 1 &$*-#!2".$* (# -$.)
Pour Grotius cette +olonté établit la nécessité de se proté(er c’est une démarche plutWt indi+idualiste
et e(oNste)
$ependant les hommes éprou+ent un sentiment de parenté de solidarité)
De ce principe découle l’idée !ue personne ne doit s’emparer des biens des autres et des biens
d’autrui)
De ces deux principes Grotius +a tirer l’existence d’un droit des indi+idus et des états))
$’est d’ailleurs ce droit !ui lui donne le droit de 'aire la (uerre))
Rappelons !ue Grotius a été au centre d’une !uerelle reli(ieuse et politi!ue en 5ollande 2+oir plus
haut3
Ll +a expli!uer !ue les !uestions reli(ieuses peu+ent >tre discutés comme tout autre !uestion
intellectuelles)
L’état n’a pas a se préoccuper da+anta(e des problèmes reli(ieux !ue des problèmes de médecine par
exemple )$’est une !uestion comme une autre))
L’ob-et de toute son 0u+re est d’étudier les droits des nations et des (ens et de montrer en !uoi ces
droits 'ondamentaux s’imposent aux autorités politi!ues comme une source transcendante 2au dessus
de tout3)
Ll a donc pour lui des (rands principes créateurs de droits) Par exemple / " la nature créé au profit
des hommes un droit de résistance a toute politique que attenterait " la liberté, la vie, la propriété
des hommes( »
\uel ré(ime politi!ue souhaite t il ] .out est possible si le peuple le désire sau' la trannie)
Grotius a 'ait un sé-our en Suède, une monarchie tempérée )
`ais en matière de ré(ime politi!ue il n’ a pas de +érité)
Dans l’ensemble Grotius n’est pas tout a 'ait laN!ue mais il laNcise le 9us Maturalis et Sa c’est très
moderne
§7 Samuel +on P%/#*($!/ .,
$hemnit%, Saxe, 6U:Y - 4erlin, 6U=a
9uriste et historien allemand) 4aron +on Pu'endor' ) $élèbre pour ses E1')#*"- (# @%!.-p!%(#*&# %*.2#!-#11# 26UU83, il dut un
temps s*exiler en Suède pour a+oir criti!ué le 'onctionnement politi!ue de l*Allema(ne dans sa Situation de l*Empire
(ermani!ue 26UUR3)
Ll pro'essait !ue l*Etat repose sur un double contrat d*union entre les +olontés indi+iduelles !ui le constituent et
d*obli(ations entre (ou+ernants et (ou+ernés 2Du droit, de la nature et des hommes, 6URY3)
Reprise du cours
$’est un allemand !ui lit Spino%a 5obbes et Grotius) Après a+oir étudié & Leip%i( et &
G>nes, Pu'endor' 26U:Y - 6U=a3 obtient une chaire d’ensei(nement du droit naturel et du droit des
nations & 5eidelber(, puis & l’uni+ersité de Lund en Suède ob il écrit 6u droit de la nature et des
gens)
En 6U<<, il de+ient l’historio(raphe de l’Electeur de 4randebour( et propose dans 6e ha(itus
religionis christianae ad )itam ci)ilem 26U<R3 sa conception des relations idéales entre l’E(lise et
l’Etat) D’ori(ine humble, il n’a été anobli !ue sur le tard au +u de ses tra+aux et de ses ser+ices)
Ll est connu pour a+oir dé+eloppé des conceptions ori(inales de la société naturelle, de la loi
naturelle, du pou+oir sou+erain et du double contrat)
Pu'endor' est un des (rands ma1tres (# 1’'&$1# (% (!$." *"%!#1 et l’un des inspirateurs des principes
de la $onstitution américaine de 6R<R)
L -$&.3.1."' *"%!#11# (# 1’+$))#.
Dans 6u droit de la nature et des gens 26URY3, Pu'endor' dé+eloppe l’idée (’%*# -$&.3.1."'
*"%!#11# (# 1’+$))#.
Ll a sociabilité lors!ue l’homme prend conscience de l’identité de nature !ui existe entre lui-m>me
et autrui, sur la " con'ormité de m>me nature #)
Ll existe aussi une moindre 'orme de sociabilité / elle repose sur l’intér>t !ui en déri+e car " la nature
en nous ordonnant d4être socia(les ne prétend pas que nous nous ou(lions nous mêmes #) Pu'endor'
+a & l’encontre de 5obbes et re'use l’opposition entre un " état de nature # et une " +ie sociale #)
Rousseau ira & son tour contre Pu'endor' et exclura la notion de sociabilité du droit naturel)
L 1$. *"%!#11#.
Pu'endor' dé+eloppe la conception d’une loi naturelle !u’il distin(ue des lois ré+élées et des lois
positi+es) Les lois naturelles 'orment, a+ec les lois ré+élées, l’ensemble des lois di+ines) Sa théorie
du droit naturel repose sur l’a''irmation de l’existence d’un ordre moral uni+ersel, d’une rè(le de
-ustice immuable, antérieure et indépendante et supérieure aux lois ci+iles)
La loi naturelle a la 'orce droite de la raison, l’uni+ersalité de la rè(le connaturelle aux hommes) "
L#- 1$.- *"%!#11#- -# "!$%2#*" p!$p$!".$**'#- 9 1 *"%!# +%).*# 8%# 1#%! $3-#!2".$* #-"
"$%@$%!- 2*"4#%-# #)
Les lois positi+es prolon(ent les e''ets de la loi naturelle , elles doi+ent s’en inspirer et ne peu+ent la
contredireK La subordination établie entre les lois naturelles et les lois positi+es donne & la 'ois 'orce
aux rè(les positi+es établies par les lé(islateurs et -usti'ication au citoens !ui exercent contre un
pou+oir ini!ue leur droit de résistance)
Ll unit d’emblée la loi naturelle & la nature humaine et ne saurait conce+oir comme naturel un Etat ob
les hommes ne sui+ent pas les maximes de la raison)
D% p$%2$.! -$%2#!.*.
Pu'endor' re-ette l’idée d’un pou+oir sou+erain absolu 'ondé sur une analo(ie a+ec l’exercice du
pou+oir paternel)
Ll propose de distin(uer la ser+itude +olontaire de celle !ui résulte de la (uerre)
.ouchant la première, il considère !ue l’accroissement du (enre humain con-u(ué a+ec
l’au(mentation des commodités de la +ie et une !u>te e''rénée des richesses super'lues a 'ait !ue les
(ens un peu riches et !ui a+aient de l’esprit en(a(èrent ceux !ui étaient (rossiers et eu accommodés
& tra+ailler pour eux moennant un certain salaire)
Ainsi la ser+itude a été établie par un libre consentement des parties , le loua(e de ser+ice est, pour
Pu'endor', la première 'orme de ser+itude)
L "+'$!.# (% ($%31# &$*"!")
Pour !u’il ait société ci+ile, il est nécessaire !ue ceux !ui désirent >tre membres de l’Etat
s’en(a(ent & ne 'ormer !u’un seul corps et & ré(ler d’un commun accord ce !ui re(arde leur s?reté
mutuelle , " l4assem(lée des contractants doit ensuite opter! $ la ma+orité des )oix! pour une "orme
de gou)ernement& 5eux qui sont re)êtus de cette autorité s4engagent $ )eiller a)ec soin au (ien
pu(lic et les autres! en même temps! leur promettent o(éissance #)
L# p&"# (’%*.$* #" 1# p&"# (# -$%).--.$* scellent en un double contrat l’état , ils 'ondent
l’autorité sou+eraine sur un ciment d’obli(ations récipro!ues entre (ou+ernants et (ou+ernés)
A l’état de nature l’5omme +eut se conser+er " en 'orce et bien >tre # mais il est (énéralement
sociable)
Son 0u+re ma-eure écrite en 6URY s’intitule le D!$." (# 1 N"%!# #" (#- 4#*-.
L’'"" (# *"%!# -#1$* 1%. #-" 2$%1% p! D.#% ).- 1’+$))# p#%" @$%"#! (#- p!.*&.p#- .--%- (#
- !.-$*0 (#- E !'1."'- )$!1#- F (#- .*-"."%".$*- @%!.(.8%#- /$*('#- -%! (#- 21#%!- p%!#)#*"
+%).*#- #" )$!1#-.
$ela n’est pas un état de nature mais établi entre les hommes selon un contrat social) Ll prend
l’exemple de la cité comme personne morale 'ormée par un contrat social a+ec sa +olonté propre)
$ette cité a sur les hommes un droit de commandement et m>me selon lui un droit de +ie ou de
mort)) Ll a une position !ui ren'orce l’absolutisme mais Pu'endor' n’est pas aussi absolutiste !ue
5obbes car le sou+erain doit respecter le m>me droit de la nation et des (ens)
`ais au 'ond a+ec Pu'endor' on peut se demander \u’est ce !ue ce droit de la nature et des (ens ]
A l’état de nature l’homme tend & se conser+er mais il est (énéralement sociable 2ré'érence &
Grotius3))Pour Pu'endor' !ui est plus optimiste l’état de nature n’est pas (énéralement (uerrier) $’est
aussi un état de paix)
Ll énumère les principales lois de cet état de paix /
Pré'érer la +érité et la bonne 'oi
Me pas se 'aire de mal
Laisser chacun -ouir de son bien
.enir ses promesses
Rendre ser+ice a son prochain)
$oncernant la propriété /pour Pu'endor' elle n’existe pas a l’état de nature) Par contre la raison
naturelle existe & l’état de nature) La propriété a été instituée pour le bien de l’état et celui des (ens)
Donc l’état doit la respecter)
Le $ontrat social selon Pu'endor' est compli!ué car il distin(ué en trois (randes étapes /
Selon Saint .homas d’A!uin c’est d’abord un contrat d’association chacun se soumet a la +olonté
(énale pour l’intér>t de chacun)
Ensuite il a le contrat de décision le decretum) @n décide la 'orme de (ou+ernement aristocratie
monarchi!ue ou démocrati!ue)
En'in il a le contrat selon les monarchoma!ues un pacte sugessionniste délimitant de su-ets c*est-&-
dire un contrat entre les (ou+ernants les rois et les (ou+ernés les su-ets)
La cité ainsi créé selon ces trois contrats successi's de+ient une réalité morale autonome dotée de
droits considérables) Le sou+erain est soumis au droit naturel et il doit s’abstenir de tous abus)
De+ant un (ou+ernement tranni!ue l’homme a le droit de 'uir +oire de se ré+olter) La ré+olte n’est
-usti'iée !ue si le prince de+ient l’ennemi du (roupe
Ll a un re-et & priori du ré(icide
@n ne peut pas tou-ours punir , une société doit 'aire la part des choses et sa+oir tolérer les petites
'autes lors!ue la punition sanction est plus déstabilisante pour la société 2+oir l’Lndulto et l’hérita(e
de Pu'endor'3)
Le sou+erain tempère son pou+oir par plusieurs principes !ui +ont dans le sens du respect du droit
des (ens /
Le principe de l’expropriation pour cause d’utilité publi!ue
Les " -ustes causes # pour les (uerres peu+ent >tre in+o!uées)
LLL ) La pensée des lumières
@n est tou-ours dans une période dominée par le rationalisme mais les idées politi!ues n’ont pas la
'orce de celles du h;[ et h;LL siècle)
$hapitre 6 le $ourant -uridi!ue
S#&".$* 1 L# (#-p$".-)# '&1.!'
@n l’appelle aussi l’ absolutisme éclairé ]
§1 V$1".!#
ZranSois `arie Arouet de son +rai nom 6U=a 6RR<
Ll a indéniablement un sentiment +i' de l’5umanité)
$’est ce !ui le pousse & dénoncer les archaNsmes de la société de son temps) A''aire du protestant
$alas exécuté a tors parce !ue protestant ou a''aire du $he+alier de la 4arre)
Ll dénonce le droit criminel de son temps)
Ll dénonce les reli(ions et les 'anatismes compris le -udaNsme 2on le soupSonne m>me
d’antisémitisme rationnel3)
Ll n’est pas athée mais déiste) " S. 1# )$*(# #-" %*# +$!1$4# .1 : ($*& %* +$!1$4#!) #
;oltaire +oit Dieu dans toute la nature comme Rousseau)
Ll est hostile & la censure par principe)
Ll admire beaucoup le ré(ime politi!ue de l’An(leterre) Et son sstème représentati')
Ll a un certain mépris pour le peuple)
Ll dé'end l’é(alité abstraite des hommes mais dans la réalité il est plutWt raciste)
Ll trou+e lé(itimes les iné(alités raciales 2il a 'ait sa 'ortune dans le commerce des escla+es3 " Bous
sommes tous hommes mais non membres égau$ de la société la société qui doit 1tre divisée en
deu$ classes * les riches qui gouvernent et les pauvres qui e$écutent( # Les hommes sont rarement
di(ne de se (ou+erner eux-m>mes " le peuple ressemble a des bCufs a qui l’on doit donner des
coups d’aiguillon #
Ll prWne la tolérance du Prince et le bien >tre
Dn retiendra qu’il a mis l’humain au centre de sa réfle$ion)
$’est un (rand écri+ain 2très beau stle classi!ue3par'ois un sale bonne homme 2notamment a+ec les
'emmes3
Ll représente les lumières 'ranSaises du h;LLL[ siècle)
Ses héros 'a+oris sont 5enri L; et Louis hL; parmi les contemporains il admire Zrédéric de Prusse
!u’il a+ait l’illusion d’in'luencer))
$omme tous les écri+ains de son temps il 'ut stipendié 2'acilement achetable3)
§5 L#- p+:-.$&!"#-
$ette école de pensée s’intéresse & l’économie ,ils s’inscri+ent dans la mou+ance libérale du
libéralisme économi!ue) Lls s’opposent au mercantilisme mis en place par le ministre de Louis hL;
$olbert)
Lls pensent !ue l’état doit impulser l’économie mais ensuite laisser 'aire la libre concurrence)
Lls sont pour la liberté du commerce, de la circulation des (rains)
Leur mot d’ordre est " Libérons la +ie économi!ue ^ #
Lls sont contre l’inter+entionnisme de l’état)
Lls s*appelaient entre eux économistes mais on utilise plutWt le terme de ph;siocrate, dé+eloppé par
Pierre Samuel du Pont de Memours, si(ni'iant littéralement " (ou+ernement # 2du (rec " Fratos #3
par la nature 2du (rec " ph;sio #3)
Les principes de l*école phsiocrati!ue ont été élaborés en premier par Richard $antillon, un
ban!uier irlandais +i+ant en Zrance, dans sa publication Essai sur la nature du commerce en général
de 6R7U)
$es idées 'urent dé+eloppées par 9ean ;incent et ZranSois \uesna, !ui de+iendra le che' de 'ile de
cette école)
Les phsiocrates s*opposent 'ortement aux idées mercantilistes)
Le mercantilisme prWne !ue la richesse est constituée de métaux précieux !u*il 'aut thésauriser /
LC&&%)%1".$* (# 1 !.&+#--# (#- *".$*- ('&$%1# (% -$1(# p$-."./ (#- '&+*4#- #B"'!.#%!-.
D*ob les e''orts de cha!ue nation pour drainer les excédents monétaires déri+és du commerce
international et de l*exploitation coloniale)
`ise en place de mesures pour (arantir une balance commerciale positi+e, notamment en stimulant
ou créant des productions nationales)
En taxant les importations, et proté(eant sur le marché intérieur les manu'actures locales, au béné'ice
de monopoles de production) Subsides & l*exportation, aux monopoles, commandes publi!ues)
A''aiblissement des corporations et du petit producteur indépendant au pro'it des manu'actures dans
les +illes portuaires ou sous la protection spéciale du roi)
L*économie est un -eu & somme nulle dont la mise est le stocQ de métaux précieuxV
.out le monde ne pou+ant (a(ner, ce !ue certains (a(nent, d*autres le perdent)
Selon les p+:-.$&!"#-, il existe un ordre naturel (ou+erné par des lois !ui lui sont propres)
Ll ne s*a(it aux économistes !ue de kré+élerl ces lois de la nature)
Lls mettent en a+ant l*existence de lois économi!ues, comme il existe des lois en phsi!ue)
Les phsiocrates ne remettent pas en !uestion la monarchie, mais +eulent !ue le sou+erain, loin de se
comporter en monar!ue absolu ou en despote arbitraire, se soumette au droit naturel et le 'asse
respecter) $*est le sens de l*expression ddespotisme lé(ald utilisée par Lemercier de la Ri+ière, !ui
s*apparente plus au concept libéral d*_tat minimum !u*& l*acception courante du mot despotisme)
Par exemple, cha!ue homme a droit & ce !u*il ac!uiert librement par le tra+ail et l*échan(e)

La liberté et la propriété sont des droits naturels !ue le sou+erain doit respecter et proté(er en les
consacrant dans le droit positi')
La seule acti+ité producti+e, pour les p+:-.$&!"#-, est l*a(riculture) La terre multiplie les biens/ une
(raine semée produit plusieurs (raines) Au 'inal, la terre laisse un p!$(%." *#" ou surplus) Au
contraire l*industrie et le commerce sont des acti+ités -"'!.1#- car elles se contentent de trans'ormer
les matières premières produites par l*a(riculture)
La Phsiocratie distin(ue trois classes d*a(ents économi!ues/
La classe des pasans, !ui est la seule producti+e 2producteurs terriens3,
la deuxième classe est appelée stérile et est composée des marchands et dindustrielsd)
la troisième classe est celle des propriétaires)
Les principaux phsiocrates sont /
Micolas 4audeau
Richard $antillon
9oseph `ichel Dutens
An(e Goudar
;incent de Gourna
ZranSois \uesna
Lemercier de la Ri+ière
;ictor Ri!ueti de `irabeau 2le père de `irabeau de la Ré+olution3
l*abbé Roubaud
Pierre Samuel du Pont de Memours
Gaspar `elchor de 9o+ellanos 2Espa(ne3
Le .rosne
9ean-ZranSois `elon
9ean ;incent
Les plus importants sont /
.ur(ot
\uesna 2un médecin3
Le`ercier de la Ri+ière 2un Lntendant3
Dupont de Memours
`irabeau 2le père surnommé l4ami des hommes #
Le .rosne
La doctrine des ph;siocrates est un mélange de li(éralisme économique et de despotisme éclairé
G&&&H la pensée des ph;siocrates s#ordonne autour de quatre grands th*mes : la nature! la li(erté! la
terre! le « despotisme légal / G&&&H L#Btat doit être gou)erné par des propriétaires "onciers I eux seuls
ont une patrie I patrie et patrimoine sont +oints& G&&&H Les ph;siocrates sont donc hostiles $ toute
réglementation& Leur "ormule est « laisse= "aire! laisse= passer / G&&&H Les ph;siocrates sont partisans
de la monarchie a(solue& #
$e sont des tenants de l’absolutisme /ils sont admis & la $our certains ont m>me des 'onctions
publi!ues Lls sont pour un pou+oir 'ort) $’est un absolutisme de con-oncture et de principe
De con-oncture ils sont pour une monarchie 'orte
De Principe / pour eux la sou+eraineté roale est uni!ue et supérieur a tout cat le sou+erain dé'end
une cause -uste parce !ue (énérale alors !ue les intér>ts particuliers sont sou+ent in-ustes)
Lls pensent !ue le roi +eille a l’harmonie de son roaume 2in'luence de Pu'endor'3)
L’idéal est un monar!ue économiste) Lls sont hostiles a toutes théorie anti absolutistes)
$e courant de pensée a une (rande in'luence sur la Ré+olution)
Par contre dans les 67 ans !ui précédent la Ré+olution les phsiocrates n’ont plus eu d’in'luence,
précisément depuis la démission de .ur(ot)
S#&".$* II 1#- U".1."!.-"#-
L’#*&:&1$p'(.#.
$’est une (rande entreprise 6R76 6RU7)
Elle se +eut la snthèse de tous les sa+oirs de l’épo!ue)
L#- !".&1#- -$*" !'(.4'- (’%*# )*.6!# p!%(#*"#
En matière reli(ieuse les articles sont modérés ainsi l’article christianisme est très orthodoxe) Lls
prWnent une monarchie tempérée dans l’article " multitude # le peuple est considérer comme un 'rein
aux lumières) La " citoenneté est tou-ours liée a la propriété)
L’encclopédie est très an(lophile élo(e du sstème an(lais)
Diderot dans l’article " sou+eraineté # expli!ue !ue la sou+eraineté ne peut >tre donnée !ue sous le
consentement de ceux !ui sont soumis a+ec une constitution)
L "+'$!.# p$1.".8%#
Les nombreux articles relati's & la société humaine 2"A(riculture#, "Autorité politi!ue#,
"$orruption#, "Droit naturel#, "E(alité naturelle#, "Mation#, "@ppresseurs#, "Peuple#,
"Représentants#, ".héocratie#, ".olérance#, ".ran#)))3 décri+ent les hommes comme des >tres
dotés d*une sociabilité naturelle)
A cette première notion clé du politi!ue s*a-oute celle d*intér>t (énéral, !ui repose sur l*idée !ue le
(enre humain constitue une seule et m>me société/ cette société (énérale est naturellement produite
par les besoins et les sensations !ui unissent les hommes et créent entre eux des relations d*utilité
récipro!ue)
LC'"" (# *"%!#
La recherche du bien et du bonheur est & l*ori(ine de tous les actes humains, et si un homme a(it mal,
c*est !u*il ne sait pas choisir les moens adé!uats pour les obtenir) $omme le souli(ne l*article
"Socrati!ue#, si(né par Diderot/ "CC#-" 1C#-p!." 8%. *$%- &$*(%." )1: *$%- *# -$))#- &!.).*#1-
8%# p!&# 8%# *$%- @%4#$*- )1T #" &C#-" 1 !.-$*0 #" *$* 1 *"%!# 8%. *$%- "!$)p#.F
A+ant de se réunir en société, les hommes +i+ent dans l*état de nature, !ue l*Encclopédie présente
tantWt comme une hpothèse théori!ue, tantWt comme un 'ait histori!ue)
Adhérant & la pensée de Grotius, les encclopédistes a''irment !u*en l*absence de lois sociales et
d*une +éritable -urisprudence c*est le droit naturel !ui rè(ne "dans les actions sociales des peuples
sau+a(es et barbares et dans les con+entions tacites du (enre humain entre eux#)
Le pacte de soumission - le contrat par le!uel les hommes s*en(a(ent & obéir & la +olonté d*un
sou+erain a'in de mettre 'in & la (uerre de tous contre tous - con'ère au prince une autorité sur la
nation 2article "5obbisme#3, cependant "aucun homme n*a reSu de la nature le droit de commander
aux autres# 2article "Autorité politi!ue#3)
LC'41."' #" 1C$!(!# '"31.
$ontrairement & LocQe, l*Encclopédie n*accorde pas le droit d*insurrection au citoen 2"5ans les
temps de troubles, le citoyen s2attachera au parti qui est pour le syst&me établi#, déclare l*article
"$itoen#3 et reste en deS& de la position locQienne !uant & l*étendue des droits réser+és au peuple)
Elle n*adopte pas non plus la conception rousseauiste de l*é(alité)
En e''et, si l*é(alité naturelle est a''irmée a+ec 'orce par le che+alier de 9aucourt dans l*article du
m>me nom, l*é(alité politi!ue, elle, est clairement re-etée comme une dan(ereuse utopie, !ui ne tient
pas compte de la nécessité de maintenir "des conditions différentes, des grades, des honneurs, des
distinctions, des prérogatives, des subordinations, qui doivent régner dans tous les
gouvernements#)
En +ertu d*un +aste plan de ré'orme, !ui constitue la +éritable ori(inalité de l*Encclopédie en
matière politi!ue, les philosophes seraient appelés & éclairer le peuple sur ses droits et & 'onder la
prospérité et la liberté du pro(rès des arts et de l*industrie)
$omme le souli(ne l*article "5omme 2politi!ue3#, la liberté est la condition indispensable du pro(rès
économi!ue/ "Dn aura des hommes industrieu$ s2ils sont libres)#
)