Isomorphismes de groupes

Georges Lion
Agrégé de mathématiques, directeur d'État, professeur honoraire à l'université du Pacifique,
Nouméa (Nouvelle Calédonie).

1 OBJ ECTIFS - GÉNÉRALITÉS
2 et en dimension 3
3 et en dimension 3
Bibliographie

1 OBJECTIFS - GÉNÉRALITÉS
La lettre désignant la forme de Lorentz de (resp. ), le but poursuivi ci-dessous est de
prouver géométriquement l'existence d'un isomorphisme du groupe des commutateurs de
(noté ) sur le groupe des homographies à coefficients réels (resp. complexes).

Les géométries hyperbolique et anallagmatique interviennent constamment et naturellement dans
les démonstrations ; ensuite, au sujet de l'engendrement de et de , ces géométries
permettent d'obtenir des précisions qui améliorent les conclusions du théorème de Cartan-
Dieudonné dans les cas particuliers étudiés. La géométrie projective joue également un rôle
essentiel par application de son théorème fondamental.

Les idées communes aux deux démonstations sont les suivantes.

1. Le groupe des homographies en ou , à coefficents réels (resp. complexes) opère :
- sur l'ensemble des cercles ou droites d'équations respectives





- sur l'ensemble formé de et des cercles-points, dont les équations ont des coefficients qui
annulent la forme (pour il s'agit de et de respectivement) ;
- avec préservation de l'orthogonalité.
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Il s'ensuit que toute homographie transforme un pinceau (à points de base, de contact, de
Poncelet) en un pinceau de même nature.
Rappelons enfin que tout élément du pinceau engendré par et a pour équation une
combinaison linéaire de celles de et .

2. Par ailleurs, on peut mettre en bijection l'ensemble des cercles ou droites déjà énumérés avec
l'ensemble des droites vectorielles de (resp. ) sur lesquelles la forme est définie
positive, ou nulle, c'est-à-dire avec une partie du plan projectif (resp. de l'espace projectif
).
Pour tout sous-espace vectoriel de dimension , la signification des qualificatifs euclidien,
hyperbolique, isotrope sera considérée comme acquise ; de même pour toute droite vectorielle
celle de définie positive, définie négative, isotrope.

3. À toute homographie laissant invariant le demi-plan de Poincaré (resp. à coefficients
complexes) correspond donc par 2. une bijection de la partie vue en 2. qui préserve la -
orthogonalité.
Là où elle est définie, préserve aussi l'alignement puisque transforme un pinceau en un
pinceau. En particulier, transforme tout sous-espace euclidien en un sous-espace euclidien si
bien que pour toute droite définie négative on peut poser


cela prolonge la définition de à (resp. ) tout entier, avec préservation de l'alignement et
de l'orthogonalité.

4. À on peut donc faire correspondre un automorphisme projectif noté encore (voir [3],
chapitre 1 C, théorème 7). Utilisant la préservation de l'orthogonalité, on obtient que si est
un représentant de dans (resp. ) alors il existe tel que l'on ait
.
Finalement, l'application est un morphisme injectif du groupe des homographies en
ou vers le groupe projectif ; pour aller plus loin il faut, maintenant, distinguer les deux
cas envisagés.

2 et en dimension 3
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Théorème 1 étant le groupe des éléments de laissant invariante et de
déterminant 1 :
a) il existe un isomorphisme de sur ;
b) définit un isomorphime de sur .

Démonstration
a) Tout élément de possède dans deux représentants opposés, de déterminants
et , donc un représentant et un seul dans . D'où l'on déduit morphisme injectif de
vers ; il reste à montrer que est surjectif.
Tout élément de est composé d'un nombre pair de réflexions (voir [1],
chapitre 4 III, théorème II) ; est donc aussi le composé des demi-tours dont l'axe
sera noté .
- Si est définie positive, alors laisse invariantes toutes les droites d'un plan hyperbolique,
correspondant par 2. aux cercles d'un pinceau de Poncelet ; il existe donc une réflexion de
Poincaré telle que .
- Si est définie négative alors laisse invariantes toutes les droites d'un plan euclidien,
correspondant par 2. aux cercles d'un pinceau à points de base ; il existe donc symétrie
de Poincaré de centre telle que .
est donc composé des et des et appartient ainsi à .

Remarque
À correspond par 2. l'axe de réflexion ; à on aurait fait correspondre jadis un cercle de
centre et de rayon imaginaire ; les habitudes actuelles ne permettent plus de s'exprimer
ainsi.

b) D'après a., on a : .
L'inclusion est claire.
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Réciproquement, tout définit un déplacement de la géométrie de Poincaré
composé de deux réflexions conjuguées et . D'où


Finalement : .

Remarque
La géométrie de Poincaré permet aussi de prouver : .
Théorème 2 a) Tout élément de est composé d'au plus trois demi-tours d'axe défini
positif et réciproquement.
b) Tout élément de est composé de deux demi-tours d'axe défini positif et réciproquement.

3 et en dimension 3
Notons le groupe des homographies


l'ensemble des homographies


et le groupe .

Théorème 1 étant le groupe des éléments de laissant invariante :
a) est isomorphe à ;
b) , c'est-à-dire , est isomorphe à .

Démonstration
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a) Le morphisme injectif de vers obtenu à la fin du premier paragraphe fait
correspondre bijectivement :
- les réflexions ou inversions de puissance positive avec les images projectives des réflexions par
rapport aux sous-espaces hyperboliques de dimension 3 ;
- les inversions de puissance négative avec les images projectives des réflexions par rapport aux
sous-espaces euclidiens de dimension 3.
Tout élément de (resp. ) est composé de réflexions (resp. en nombre pair), le
morphisme envisagé est donc surjectif de (resp. ) sur (resp. ).
b) On sait que tout élément de est composé de deux involutions conjuguées de . D'où l'on
a :


De , on déduit : .
Tout élément de est l'image projective
- d'un élément de ,
- et d'un élément de , car le contraire entraînerait , d'où
ce qui contredit [1], chapitre 5I, exercice 8. Il s'en suit l'assertion b.

Théorème 2 a) Tout élément de est composé de deux symétries par rapport à des plans
de même nature et réciproquement.
b) Tout élément de est composé de deux symétries par rapport à des plans de
natures différentes et réciproquement.

Remarque
Dans [2], chapitre VIII 9, théorèmes 3 et 4, on trouve d'autres démonstrations du théorème 2.1
sous des hypothèses plus générales que ci-dessus, et du théorème 3.1.

Dans le présent travail, on a évité le recours à la simplicité des .

Bibliographie
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1 Georges Lion, Algèbre, Vuibert.
2 Daniel Perrin, Cours d'algèbre, Ellipses.
3 Pierre Samuel, Géométrie projective, PUF.

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