L'idéal des coefficients du produit de deux polynômes

Thierry Coquand, Lionel Ducos, Henri Lombardi, Claude Quitté
Les informations détaillées, sur les auteurs, se trouvent en fin d'article.

Introduction
Partie A
Formes équivalentes du lemme d'Artin
Partie B
Le théorème de Kronecker
Partie C
Formes équivalentes du lemme de Gauss-J oyal
Partie D
Peut-on déduire facilement chaque théorème des deux autres ?
Partie E
Le lemme de Gauss
Partie F
Une version du lemme de Mc Coy
Bibliographie

Introduction
Dans cette note nous essayons de faire le point sur les identités algébriques qui relient les
coefficients du produit de deux polynômes.

On prendra les notations suivantes dans tout l'article.

Notations 1
Soient , et . Les
coefficients sont pris dans un anneau commutatif . On notera l'idéal de engendré par
les coefficients de , et son radical est . Si
l'anneau est un anneau à pgcds (c'est-à-dire un anneau intègre dans lequel deux éléments
admettent toujours un pgcd), le pgcd des coefficients de est aussi le pgcd de tout système
générateur de l'idéal et il sera noté . Nous appelons contenu du polynôme
l'idéal . La définition et la notation seront également utilisées pour des polynômes à
plusieurs variables.
La terminologie ne semble cependant pas fixée. Certains préfèreraient appeler contenu de le
pgcd (quand il existe, il est défini à une unité multiplicative près), ou l'idéal principal qu'il
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engendre .
Le lemme de Gauss dit que pour un anneau factoriel.

Nous faisons un point rapide sur les variantes du lemme de Gauss dans la section E.
Les énoncés que nous donnons dans les sections A, B et C sont tous « sans négation », vrais
constructivement et ne nécessitent pas d'hypothèse du genre que l'anneau est discret. Nous
considérons toujours des anneaux dans lesquels les opérations et sont explicites. Les
éléments 1 et 0 sont également donnés. Un tel anneau est dit discret si on dispose d'un test
d'égalité à 0. Par exemple, le corps des rationnels est discret, mais pas le corps des réels.
Nous essayons de montrer les rapports entre les trois théorèmes dans la section . Cette note est
aussi une variation sur le thème suivant. Bien qu'en mathématiques, tous les théorèmes sont
formellement équivalents en vertu de , certains sont néanmoins plus
équivalents que d'autres, comme aurait dit Coluche.
Dans la dernière section, nous analysons une preuve du lemme de Mc Coy « avec négation ».

Partie A
Formes équivalentes du lemme d'Artin
Le lemme d'Artin est la troisième propriété répertoriée dans la proposition suivante. Il est parfois
cité sous le nom de lemme de Dedekind-Mertens. Il semble que Dedekind [5] et Mertens [15]
prouvent le théorème uniquement pour certains anneaux intègres et pour de degré 1 (cf. [9]), et
qu'Artin soit le premier à l'avoir donné sous sa forme générale.
La preuve d'Artin, rapportée par Northcott dans [16], nous semble la plus simple.
Une autre preuve, très algorithmique mais un peu difficile à suivre, se trouve dans [2], exercice
21 du §2.
Ces deux preuves donnent pour exposant le degré de : en fait chaque « monôme »


s'écrit comme une combinaison linéaire à coefficients entiers des « monômes »


L'anneau ambiant n'a donc rien à faire dans l'histoire, comme le remarque Northcott
dans [16].

Proposition 2 Les affirmations suivantes sont équivalentes (chacune des affirmations est
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universelle, i.e. valable pour tous polynômes et tous anneaux commutatifs).
(1)
,
(2)
,
(3) (Artin) ,
(3') (Artin) ,
(4)
,
(5) (Mc Coy) ,
(6)
.

Montrons les équivalences.
On a a priori les inclusions :


(1) (2)
Dans on a , donc dans l'anneau on a pour un
certain . D'où pour un certain (par exemple la somme des ) .
(3) (2)
Clair.
(2) (3)
On se place dans le cas générique où les coefficients de et sont des indéterminées (de
poids 1) sur l'anneau . On considère les identités algébriques qui donnent l'inclusion
. On garde uniquement la partie homogène convenable et on obtient
. On pourrait d'ailleurs de la même manière montrer que l'on a
une identité algébrique qui est également homogène pour le système de poids où on
attribue à et le poids .
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(2) (4)
Pour deux idéaux quelconques et on a


En effet, si annule alors annule c'est-à-dire annule . Or (2) implique
. Donc en supposant en plus , cela
donne .
(4) (5)
Car équivaut à qui équivaut à .
(5) (6)
Clair.
(6) (1)
On se place dans l'anneau . On peut appliquer (6) et on obtient ce qui
signifie dans que .

Voici maintenant deux preuves de (3'). Avec les notations 1, nous prenons sans qu'il soit
nécessaire de savoir si est nul ou non.
Nous commençons par la preuve de Northcott [16] (qu'il attribue à Artin).
Tout d'abord, on remarque que les produits sont les coefficients du polynôme .
De la même manière, pour des indéterminées le contenu du polynôme
est égal à . Imaginons que dans l'anneau
on puisse montrer l'appartenance du polynôme


à l'idéal


Il s'en suivrait immédiatement que . À quelque chose près, c'est ce
qui va arriver. On chasse les dénominateurs dans la formule d'interpolation de Lagrange :
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et on obtient dans l'anneau , en posant , l'appartenance


et donc en multipliant par


Il reste à montrer que pour n'importe quel on a et l'appartenance
précédente donne alors .
On note que et surtout que


Donc, en faisant , . Et donc les
polynômes suivants ont tous même contenu :


D'où ensuite immédiatement .

Nous présentons maintenant une preuve qui, quoique d'apparence très différente, si elle était
examinée à la loupe, donnerait les mêmes calculs que ceux sous-jacents à la preuve proposée
dans [2], exercice 21 du § 2. On va démontrer par induction sur la propriété suivante


On en déduira alors pour

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En lisant ceci dans l'anneau quotient on obtient bien (3'). Passons à la preuve
par récurrence. Pour , tout va bien. Supposons la propriété démontrée pour (pour
n'importe quels polynômes). On va la démontrer pour . On fait donc l'hypothèse
et . On va montrer


Il s'en suivra, puisque , que pour tout donc que . Soit
un élément arbitraire de . On écrit :


puis


D'après l'hypothèse , cette égalité se réduit à :


Donc . Considérons alors le poylnôme . Il vérifie


Par hypothèse de récurrence sur appliquée aux polynômes et , on a , c'est-à-
dire . Le contrat est rempli (à notre étonnement).
Cette preuve (légèrement modifiée) montre que dans le point (3') on peut remplacer l'exposant
avec par le nombre de coefficients non nuls de .
Donnons également une preuve directe du point (5) (lemme de Mc Coy). Le lecteur remarquera
la très forte analogie avec la preuve précédente. On fait une induction sur . Pour , le
résultat est clair. On suppose et on veut montrer . Pour cela, on montre que est
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nul pour tout . Cela implique alors que tous les sont nuls, et puisque que
tous les sont nuls. Pour montrer que est nul, on fait une induction descendante sur , qui
s'initialise avec sans problème. Supposons donc avoir montré que pour tous
les et montrons-le pour . On a


Le coefficient de degré de ce polynôme est égal à et donc . Donc le
polynôme est de degré et, évidemment, . On peut donc
appliquer l'hypothèse de récurrence avec , on conclut , et on a gagné.
Il serait intéressant de voir quelle borne sur l'exposant dans le lemme d'Artin on obtient si on
passe par cette preuve du lemme de Mc Coy pour démontrer celui d'Artin. En effet, la preuve ci-
dessus du lemme de Mc Coy est celle qui, à notre avis, réfléchit le mieux sur la situation.
Malheureusement, dans la preuve de l'implication on perd a priori le contrôle sur
l'exposant .

Partie B
Le théorème de Kronecker
Définition 3 Soit un idéal d'un anneau , sous-anneau d'un anneau . Un est dit
entier sur si il vérfie une relation de dépendance intégrale
avec .
Cas particuliers
- (cas où )
Si , il revient au même de dire :


- (cas où )
Un est entier sur si et seulement si est un -module de type fini.
Typiquement, un polynôme tel que celui qui donne la relation de dépendance intégrale dans la
définition ci-dessus s'obtient comme polynôme caractéristique d'une matrice carrée à coefficients
dans . Cette remarque sera utilisée dans la section D.
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Théorème de Kronecker Soit le sous-anneau de engendré par les coefficients de . Alors
chaque est entier sur l'idéal de engendré par les .
Voici une preuve assez simple de théorème de Kronecker. Elle s'apparente à celle donnée
dans [12]. Des preuves constructives plus difficiles se trouvent dans [3, 7, 13].

Preuve
On traite d'abord le cas simple suivant : et sont unitaires. On montre que chaque et
chaque est entier sur . Puisque et sont unitaires, il existe un anneau contenant
dans lequel s'écrit et s'écrit . Il en résulte que
chaque , et par suite chaque , est entier sur l'anneau des coefficients de . Même chose
pour les .
Passons au cas général. On se place dans le cas générique où les coefficients de et sont des
indéterminées (de poids 1) sur l'anneau . Il suffit de montrer que chaque est entier sur
car les considérations d'homogénéité montrent alors que est entier sur l'idéal . Posons
. Il n'est pas difficile de voir que les sont algébriquement
indépendants sur .
D'après le cas « unitaire », on déduit que chaque (considéré dans le corps des
fractions) est entier sur l'anneau engendré par les . Autrement dit, il existe un polynôme
qui annule et dont le coefficient dominant est une puissance de . Par
raison de symétrie, il existe un polynôme qui annule et dont le coefficient
dominant est une puissance de . Puisque est un anneau factoriel, on sait que est
factoriel et que le pgcd de et dans est aussi un pgcd de et dans
où est le corps des fractions de . Donc le polynôme annule aussi , et son coefficient
dominant, qui divise dans une puissance de et une puissance de , est égal à .

En fait, tout élément de l'anneau engendré par les et les possède une relation de
dépendance intégrale sur de degré majoré par puisque dans le cas générique, le
corps des zéros de est de degré sur le corps des coefficients de . Plus précisément,
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possède une relation de dépendance intégrale sur de degré égal au nombre de ses
conjugués, qui est inférieur ou égal à


Une conséquence intéressante du théorème de Kronecker est la propriété suivante.

Proposition 4 Supposons que est intégralement clos, et que divise tous les
coefficients de , alors divise tous les . Autrement dit



Preuve
En effet, en considérant les polynômes et à coefficients dans le corps des fractions de ,
le théorème de Kronecker implique que est entier sur car les sont dans .

Partie C
Formes équivalentes du lemme de Gauss-Joyal
Proposition 5 Les affirmations suivantes sont équivalentes (chacune des affirmations est
universelle, i.e. valable pour tous polynômes et tous anneaux commutatifs).
(1)
,
(2)
,
(3)
,
(4) (Gauss-J oyal) .
On notera que le lemme de Gauss-J oyal est conséquence aussi bien du lemme d'Artin que du
théorème de Kronecker.
Deux références pour ce lemme sont [1, 8]. C'est [8] qui lui donne son nom de baptême.
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Montrons les équivalences de la proposition 5.
(1) (3)
Fixons et . Dans on a . Donc, dans l'anneau ,
pour un certain . D'où, pour un certain , .
(3) (2)
1 Clair.
(3) (4)
Clair.

Le lemme de Gauss-J oyal résulte « presque »du théorème des zéros de Hilbert, selon les lignes
qui suivent.
On se place dans le cas générique. L'équivalence :


qui est valable chaque fois que l'on spécialise les et dans une clôture algébrique de
signifie que la variété des zéros de est la réunion des variétés des zéros de et de
. Cette réunion est la variété des zéros de . Donc, dans
chaque est dans le radical de l'idéal . On obtient donc Gauss-J oyal « à coefficients
dans », ce qui est légèrement moins bien (on veut des coefficients dans ).
Voici maintenant pour l'essentiel la preuve de (4) dans [1].
Le treillis de Zariski Zar(A) d'un anneau est le treillis des radicaux d'idéaux de type fini. On
montre facilement que c'est un treillis distributif, avec et
. On désigne par le radical de l'idéal engendré par les coefficients de , le
lemme de Gauss-J oyal s'écrit alors :


Le treillis vérifie la propriété suivante. On a une application avec

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(on prend pour le radical de ).
Si on a une application , où est un treillis distributif quelconque, qui vérifie ces
propriétés, on a le « lemme de Gauss-J oyal pour dans le treillis », c'est-à-dire


Il suffit de prouver


L'idée intuitive est de lire comme la valeur de vérité de « est »(proposition qui a
une valeur de vérité dans ). Comme on a , est un anneau intègre pour
cette « notion de zéro ».
Ceci se traduit par une preuve complète, qui copie la preuve usuelle que est intègre si
est intègre. Cette preuve exprime en effet (avec )


Dans la preuve classique d'intégrité : si on a pour , et pour et
, , alors pour . Ici aussi, l'inégalité résulte de l'égalité


Puisque le treillis est distributif une conséquence de l'inégalité est que


En définitive, cela montre par récurrence descendante sur
.

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Partie D
Peut-on déduire facilement chaque théorème des deux autres ?
Voici une preuve dans laquelle on déduit le théorème de Kronecker du lemme d'Artin.
On se place encore dans le cas générique où les coefficients de et sont des indéterminées
(de poids 1) sur l'anneau . Notez que, dans l'énoncé du théorème de Kronecker, est le sous-
groupe additif engendré par les produits de coefficients . On appelle et les analogues
de pour les polynômes et . Les identités algébriques de lemme d'Artin disent précisément
que (le produit désigne précisément le sous-groupe additif engendré par
les produits d'un élément de et d'un élément de ).
Autrement dit, pour tout (par exemple ) on a . On fait alors
fonctionner le « truc du déterminant » : on note tous les produits de coefficients
de , et le vecteur colonne des , on a alors où est une matrice à coefficients
dans . Donc et , ce qui donne la relation de dépendance
intégrale que nous cherchions.

Cette preuve montre plus précisément que tout élément de possède une relation de
dépendance intégrale sur de degré .
Conclusion provisoire
Les lemmes d'Artin, de Mc Coy et de Gauss-J oyal, et le théorème de Kronecker sont vrais, mais
seuls Artin et Mc Coy semblent directement équivalents. A priori Artin est plus fort que
Kronecker et Kronecker plus fort que Gauss-J oyal. En tout cas, nous n'avons pas réussi à déduire
simplement Artin de Kronecker, ni Kronecker de Gauss-J oyal.

Partie E
Le lemme de Gauss
La version la plus usuelle du lemme de Gauss affirme que pour un anneau
factoriel. En fait, il est valable dans un cadre plus général.

Proposition 6 Lemme de Gauss
Dans un anneau à pgcds, c'est-à-dire un anneau intègre
1
dans lequel deux éléments
admettent toujours un pgcd, on a pour tous polynômes et : .
Si est le corps des fractions de , le groupe multiplicatif muni de la relation de
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divisibilité est un groupe ordonné pour lequel la relation d'ordre est un treillis distributif, c'est-à-
dire un groupe réticulé. En particuler, le produit est distributif par rapport au pgcd et au ppcm, et
on a cet autre « lemme de Gauss » :


(cf. par exemple [11] ou [14]).
Un anneau à pgcds est intégralement clos : soit entier sur et supposons la fraction
réduite. La relation de dépendance intégrale s'écrit dans sous la forme


donc divise et puisque la fraction est réduite, est une unité.
Le lemme de Gauss pour les anneaux à pgcds résulte alors de la proposition 4 : par distributivité
le pgcd des est égal à , or la proposition 4 implique que divise les
donc leur pgcd.
Voici également la preuve constructive directe et élégante du lemme de Gauss dans [14]. On
raisonne par induction sur . Par distributivité, on se ramène au cas où
. On pose et . Alors divise .
Si , le résultat est clair.
Sinon, par hypothèse de récurrence divise , donc
divise et . Ainsi pgcd . De même, pgcd et puisque divise
, .

Le lemme d'Artin, celui de Gauss-J oyal et le théorème de Kronecker peuvent être considérés
comme des variantes ou des généralisations du lemme de Gauss.
Dans le cas d'un anneau de Bezout (un anneau dans lequel tout idéal de type fini est principal)
intègre, le lemme de Gauss équivaut à . Cette dernière égalité reste vraie dans
un anneau dont les idéaux de type fini sont localement principaux. Un tel anneau est appelé un
anneau arithmétique. Dans le cas cas intègre, on parle de domaine de Prüfer. Un domaine de
Prüfer noethérien est exactement un domaine de Dedekind. Un anneau arithmétique est aussi
caractérisé par le fait que ses idéaux forment un treillis distributif. Un domaine de Prüfer est
caractérisé comme un anneau intègre dans lequel pour tous polynômes et
. Pour une approche constructive élémentaire on pourra consulter [6].
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Dans un anneau factoriel on n'a pas nécessairement , comme on peut le voir
avec :


et le deuxième idéal est strictement plus gros que le premier si l'anneau est ou .
Dans un anneau arithmétique on a au contraire pour tous :


Dans un anneau quelconque, un polynôme est dit gaussien si , pour tout
polynôme . Une littérature conséquente s'est développée encore récemment sur ce type de
sujet. Citons par exemple les articles de Sarah Glaz [4, 10].

Notes
... int 113-3-3.pdf

egre
1


Nous considèrons que les anneaux intègres sont discrets, mais nous ne demandons pas
qu'il y ait un test général pour la divisibilité d'un élément par un autre.

Partie F
Une version du lemme de Mc Coy
qui utilise la négation
Le lemme de Mc Coy a d'abord été démontré sous la forme suivante.

Lemme 7 Si est non diviseur de zéro dans il existe dans tel que .

Preuve non constructive
On suppose l'anneau discret. Soit de degré minimum tel que . On va démontrer
que pour tout . Il s'en suivra que pour tout et on pourra prendre pour un
.
Pour ce faire, on suppose que pour tout et on montre que . On écrit
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En particulier, . Donc et puisque , .
On remarque que cette preuve est hautement non constructive. Non seulement on a besoin du
test d'égalité à 0 dans (mais on ne voit guère comment on pourrait s'en passer avec cet
énoncé), mais surtout, on suppose avoir trouvé un de degré minimum. Malgré cela, le lecteur
pourra se convaincre que la preuve constructive donnée en page 30 n'est autre que la remise sur
ses pieds de la preuve précédente.


Preuve constructive
Par ailleurs, en présence du test d'égalité à 0, on peut fournir la preuve constructive suivante du
lemme précédent. Par hypothèse on a un non nul de degré tel que . Le lemme
d'Artin (version (3')) nous dit que . On peut déterminer alors le plus petit tel
que . On a parce que est non nul. On a . Soient donc
(liste éventuellement vide) et tels que le produit . On a
alors (mais oui, mais oui).

Bibliographie
1 Banaschewski B., Vermeulen J ., Polynomials and radical ideals, J . Pure Appl. Algebra
113 (3), (1996), 219-227.
2 Bourbaki, Algèbre Commutative,Chap. 7. Diviseurs. Hermann.
3 Coquand T., Persson H., Valuations and Dedekind's Prague Theorem, J ournal of Pure and
Applied Algebra 155 (2001) 121-129.
4 Corso A., Glaz, S., Gaussian ideals and the Dedekind-Mertens lemma, Geometric and
combinatorial aspects of commutative algebra, éd. Herzog. Dekker. Lect. Notes in Pure
and Applied Maths 217, (2001), 131-143.
5 Dedekind R., Über einen aritmetischen Satz von Gauss, Mitt. Deutsch. Math. Ges. Prague
(1892) 1-11.
6 Ducos L.. Lombardi H., Quitté C., Salou M., Théorie constructive élémentaire des
anneaux arithmétiques, des anneaux de Prüfer et des anneaux de Dedekind, Preprint 2002.
7 Edwards H., Divisor theory,Birkhaüser. Boston MA. 1990.
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8 Español, L., The spectrum lattice of Baer rings and polynomials, Categorical algebra and
its applications. (Louvain-La-Neuve, 1987), 118-124, Lecture Notes in Math., 1348,
Springer, Berlin-New York, 1988.
9 Gilmer, R., Some applications of the Hilfssatz von Dedekind-Mertens, Math. Scand. 20,
(1967) 240-244.
10 Glaz, S., Vasconcelos W., Gaussian polynomials, Marcel Dekker Lecture Notes 186
(1997), 325-337
11 Goblot, R., Algèbre commutative, Masson (2001).
12 Humbert, Sur un théorème de Hurwitz, Annales de la faculté des sciences de l'université
de Toulouse. Note I. 1911.
13 Lombardi H., Hidden constructions in albsract algebra (1) Integral dependance relations,
J ournal of Pure and Applied Algebra 167, (2002) 259-267.
14 Mines R., Richman F., Ruitenburg W., A Course in Constructive Algebra, Universitext.
Springer-Verlag, 1988.
15 Mertens F., Über einen algebraischen Satz, S.-B. Akad. Wiss. Wien Abtheilung II.a 101,
(1892), 1560-1566.
16 Northcott D., A generalization of a theorem on the content of polynomials, Proc.
Cambridge Philos. Soc. 55 (1959), 282-288.
Thierry COQUAND
Professeur. Department of Computer Science, Chalmers University of Technology and
Gothenburg University, SE-412 96 Götenbog, Suède.
E-mail : coquand@cs. chalmers.se

Lionel DUCOS
Maître de conférence à l'université de Poitiers, UFR Sciences SP2M1, Département de
Mathématiques, Boulevard Marie et Pierre Curie, Téléport 2 - BP 30179. 86962 Futuroscope
Chasseneuil Cedex
E-mail : ducos@mathlabo.univ-poitiers.fr

Henri LOMBARDI
Maître de conférence à l'université de Franche-Comté, Équipe de Mathématiques, UMR CNRS
6623, UFR des Sciences et Techniques, 25030 Besançon Cedex, France.
E-mail : lombardi@math.univ-fcomte.fr

Claude QUITTÉ
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Maître de conférence à l'université de Poitiers, UFR Sciences SP2M1, Département de
Mathématiques, Boulevard Marie et Pierre Curie, Téléport 2 - BP 30179. 86962 Futuroscope
Chasseneuil Cedex.
E-mail : quitte@mathlabo.univ-poitiers.fr

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