Le guide

du responsable
de la sécurité








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PME-PMI

PARTIE 1
SALARIÉS ET RISQUES D’ACCIDENT






























Partie 1 - Salariés et risques d’accident



1 LES PRINCIPES GÉNÉRAUX EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ
DANS L'ENTREPRISE


1.1 Les entreprises assujetties et les sources du droit


1.2 Les éléments visés par la réglementation en matière de sécurité


1.3 La mission du chef d’établissement



2 LES MESURES DE SÉCURITÉ RELATIVES AUX ÉQUIPEMENTS


2.1 Les équipements de travail


2.2 Les machines


2.3 Les équipements de travail faisant l’objet de règles particulières
2.3.1 Les équipements et accessoires de levage
2.3.2 Formation
2.3.3 Les ascenseurs et ascenseurs de charge
2.3.4 Les équipements sous pression


2.4 Les équipements de protection individuelle (EPI)
2.4.1 Les trois catégories d'EPI
2.4.2 Le choix des EPI
2.4.3 L'utilisation des EPI
2.4.4 La fiche de poste
2.4.5 Les risques liés aux interventions en hauteur
2.4.6 Le risque électrique
2.4.7 Travail sur écran
2.4.8 Le risque amiante
2.4.9 Le bruit



3 LES INTERLOCUTEURS EN MATIÈRE DE SANTÉ ET DE SÉCURITÉ
AU TRAVAIL


3.1 Le responsable sécurité
3.2 Le CHSCT
3.3 L'inspection du travail
3.4 La CRAM
3.5 Le médecin du travail


Partie 1 - Salariés et risques d’accidents


4 L'ÉVALUATION DES RISQUES


4.1 Généralités
4.1.1 Quelques définitions sur l’évaluation des risques
4.1.2 Pourquoi procéder à une évaluation des risques ?
4.1.3 Qui doit procéder à l’évaluation des risques ?
4.1.4 Comment procéder à l’évaluation des risques ?
4.1.5 La réglementation


4.2 L’analyse préliminaire de risques (APR)
4.2.1 Définition
4.2.2 Objectif
4.2.3 Dans quel contexte ?
4.2.4 Déroulement de l’analyse


4.3 L’analyse des modes de défaillances, de leurs effets et de leur
criticité (AMDEC)
4.3.1 Définition
4.3.2 Objectifs
4.3.3 Dans quel contexte ?
4.3.4 Déroulement de l’analyse


42 La méthode HAZOP
4.4.1 Définition
4.4.2 Objectif
4.4.3 Contexte
4.4.4 Principes
4.4.5 Déroulement de l’analyse


4.5 Les arbres de défaillances
4.5.1 Définition
4.5.2 Objectifs
4.5.3 Contexte
4.5.4 Principes
4.5.5 Déroulement de l’analyse


4.6 La méthode DIDERO
4.6.1 Le découpage en unités de travail
4.6.2 Le découpage en opérations ou tâches réalisées
4.6.3 L’identification des sources de danger
4.6.4 L’évaluation des risques
4.6.5 La hiérarchisation des risques
4.6.6 Le seuil de « significativité » de la méthode DIDERO


4.7 La sécurité au travail : de la méthodologie à la pratique


4.8 L’élaboration du « document unique » relatif à l’évaluation
des risques professionnels
4.8.1 L ‘évaluation des risques et la situation réelle
4.8.2 Qui est concerné par la réglementation générale ?
4.8.3 Points de repère : la directive-cadre et sa transposition en droit français
4.8.4 Le décret du 5 novembre 2001: éléments juridiques
4.8.5 La circulaire du 18 avril 2002
4.8.6 Aide à la rédaction du document unique relatif à l’évaluation des risques professionnels
4.8.7 Quelle est l’étendue de cette obligation ?
Partie 1 - Salariés et risques d’accident


4.8.8 Modèle de document unique d’évaluation des risques professionnels
4.8.9 La fiche d’évaluation des risques professionnels dans les PMI
4.8.10 Modèle de fiche pour un poste de travail
4.8.11 Modèle de plan d’actions


4.9 Check-list des points-clefs pour l’évaluation et la prévention des
risques
4.9.1 Éclairage
4.9.2 Prévention des risques dus au bruit
4.9.3 Ambiance thermique
4.9.4 Substances dangereuses
4.9.5 Risques cancérogènes
4.9.6 Aération - Ventilation
4.9.7 Machines, engins mobiles, engins de levage
4.9.8 Manutention manuelle
4.9.9 Circulation
4.9.10 Écrans de visualisation
4.9.11 Ergonomie du poste de travail
4.9.12 Aménagement des locaux de travail
4.9.13 Incendie - explosion
4.9.14 Électricité
4.9.15 Risques liés au recours à des entreprises extérieures
4.9.16 Opération de maintenance


Partie 1 - Salariés et risques d’accident




1 LES PRINCIPES GÉNÉRAUX EN MATIÈRE
DE SÉCURITÉ DANS L'ENTREPRISE
1.1 Les entreprises assujetties et les sources du droit
Les règles en matière d’hygiène, de sécurité et de conditions de travail dans les entreprises
visent essentiellement à protéger les travailleurs contre les risques auxquels ils sont exposés
durant ou à l’occasion de leur travail.

Elles s’appliquent aux :
• établissements industriels, commerciaux et agricoles ;
• offices publics ou ministériels, professions libérales, sociétés civiles, syndicats
professionnels, associations et groupements ;
• établissements hospitaliers publics et établissements de soins privés ;
• entreprises de transport (en dehors de toute réglementation particulière) ;
• EPIC ou établissements mixtes lorsqu’ils emploient du personnel dans les conditions du
droit privé.

En revanche, elles ne s’appliquent pas aux :
• mines et carrières ;
• entreprises de transport (par fer, par route, par air et par eau) assujetties à une
réglementation particulière.
Toutefois, certaines dispositions peuvent leur être rendues applicables.
Ces règles sont inscrites au titre III du livre II du Code du travail et dans les textes non
codifiés pris pour son application :
• les principes généraux sont fixés par les lois (articles L.230-1 à L.236-13) ;
• les principales modalités techniques sont fixées par les décrets (articles R. 231-12 à
R.238-56 pour les décrets en Conseil d’État, et articles D pour les décrets simples) ;
• plusieurs décrets, arrêts et circulaires précisent certaines dispositions du Code. Tel est
le cas, par exemple, pour les installations électriques (décret 88-1056 du 14 novembre
1988) ou le bâtiment et les travaux publics (décret 65-48 du 8 janvier 1965).

L’harmonisation européenne a entraîné de nombreuses modifications du Code du travail par
la transposition en droit français de directives, par exemple :
• la directive cadre relative à la mise en œuvre de mesures visant à promouvoir
l’amélioration de la sécurité et de la santé des travailleurs au travail, CEE n°89-391 du
12 juin 1989 ;
• les directives du 30 novembre 1989 (CEE n 89-654, n°89-655, n°89-656) concernant
les prescriptions minimales de sécurité et de santé pour les lieux de travail et pour
l’utilisation des équipements de travail.

D’autres règles s’ajoutent à ce dispositif, telles que :
• les dispositions générales de prévention et les recommandations édictées par les
caisses régionales d’assurance maladie ;
• les normes rendues obligatoires par arrêtés ministériels ;
• les conventions collectives ;
• les règlements intérieurs des entreprises.
Partie 1 - Salariés et risques d’accident


1.2 Les éléments visés par la réglementation
en matière de sécurité
Le principe de base est que toutes les mesures nécessaires doivent être prises pour
assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs, y compris les travailleurs
temporaires. Ce principe s’applique tant en ce qui concerne l’aménagement des locaux,
que l’organisation du travail, le choix des équipements et des procédés, la formation du
personnel, la prise en compte de l’évolution des techniques, etc.

Des précisions sont apportées sur certains points particuliers comme :
• la prévention des risques chimique, biologique ;
• la manutention des charges ;
• la signalisation des zones dangereuses, les règles de circulation ;
• l’aération, l’éclairage, la prévention des risques dus aux bruits ;
• la prévention des incendies, l’évacuation ;
• l’utilisation des équipements de travail et des équipements de protection individuelle ;
• l’intervention d’entreprises extérieures ;
• les opérations de bâtiment ou de génie civil ;

Cependant, toutes les situations ne font pas l’objet de dispositions spécifiques. Le chef
d’établissement se doit de prévenir aussi les risques non explicités dans les règlements.
1.3 La mission du chef d’établissement
La mission du chef d’établissement se caractérise principalement par l’amélioration des
conditions de sécurité et de travail sur le site et leur maintien.

Les principes de prévention fixés à l’article L 230-2 du Code du Travail fournissent au
chef d’établissement le canevas des démarches qu’il doit accomplir pour assurer la
sécurité des personnes sur les lieux de travail et au cours du travail.

Ces mesures comprennent :
• des actions de prévention des risques professionnels ;
• des actions d’information et de formation ;
• la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés ;
• l’adaptation des mesures de prévention pour tenir compte du changement de
circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes ;
• la coopération entre les employeurs lorsque plusieurs sont présents dans un même lieu
de travail.

Les principes suivants doivent guider en permanence l’action du chef d’établissement :
• éviter les risques ;
• évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ;
• combattre les risques à la source ;
• adapter le travail à l’homme ;
• tenir compte de l’état d’évolution de la technique ;
• remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas dangereux ou par ce qui est moins
dangereux ;
• planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique,
l’organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l’influence
des facteurs ambiants ;
Partie 1 - Salariés et risques d’accident



• prendre les mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures
de protection individuelles ;
• donner les instructions appropriées aux travailleurs.

Enfin, le chef d’établissement doit, « lorsqu’il confie des tâches à un travailleur, prendre
en considération les capacités de l’intéressé à mettre en œuvre les précautions
nécessaires pour la sécurité et la santé ».

En outre, compte tenu de la nature des activités de l’établissement, le chef
d’établissement doit :
« Évaluer les risques pour la sécurité et la santé des travailleurs, y compris dans le choix
des procédés de fabrication, des équipements de travail,
des substances ou préparations chimiques, dans l’aménagement ou le réaménagement
des lieux de travail ou des installations et dans la définition des postes de travail ; à la
suite de cette évaluation et en tant que de besoin, les actions de prévention ainsi que les
méthodes de travail et de production mises en œuvre par l’employeur doivent garantir un
meilleur niveau de protection de la sécurité et de la santé des travailleurs et être intégrées
dans l’ensemble des activités de l’établissement et à tous les niveaux de l’encadrement ».

Le décret 2001-1016 du 5 novembre 2001, pris en application de l’article, L 230-2 impose
que les résultats de l’évaluation des risques soient
transcrits dans un document unique, mis à jour régulièrement et au moins une fois par an.
Cette évaluation comporte un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail de
l’entreprise ou de l’établissement.





Partie 1 - Salariés et risques d’accident



2 LES MESURES DE SÉCURITÉ
RELATIVES AUX ÉQUIPEMENTS
2.1 Les équipements de travail
Sur les sites, certains équipements font courir à leurs utilisateurs des risques mécaniques
(par entraînement, chute, projections, coupures, écrasements…) mais également des
risques électriques, d’incendie, d’intoxication, de brûlures…
Il n’est pas exigé que tous les équipements en service atteignent un niveau similaire à
celui d’un matériel neuf sur lequel la sécurité a été intégrée dès l’origine.
Toutefois, il s’agit de mettre en place des moyens de protection rapportés et d’effectuer
les modifications nécessaires pour réduire, voire supprimer, les principaux risques.
• Les obligations générales de sécurité des équipements de travail sont définies au
paragraphe I de l’article L.233-5 du Code du travail qui stipule que « les machines,
appareils, outils, engins, matériels et installations ci-après désignés par les termes
d’équipements de travail [...] doivent être conçus et construits de façon que leur mise
en place, leur utilisation, leur réglage, leur maintenance, dans des conditions
conformes à leur destination, n’exposent pas les personnes à un risque d’atteinte à leur
sécurité ou leur santé ».
Sont également visés les protecteurs et dispositifs de protection.
Les équipements soumis à ces obligations de conformité sont définis à l’article R.233-
83. Il s’agit des catégories suivantes :
• machines ;
• tracteurs agricoles et forestiers à roues ;
• accessoires de levage ;
• composants d’accessoires de levage ;
• chaînes, câbles et sangles de levage ;
• appareils de radiographie industrielle ;
• cabines de peinture ;
• électrificateurs de clôtures.
En sont exclus les équipements énumérés à l’article R.233-83-1, entre autres :
• les machines mues par la force humaine autres que celles utilisées pour le levage de charges ;
• les machines qui exposent davantage aux risques d’origine électrique qu’aux risques
mécaniques ;
• certains moyens de transport ;
• les ascenseurs,
qui sont soumis à des réglementations particulières.
Les prescriptions techniques auxquelles doivent satisfaire les équipements de travail en
service dans les entreprises ou vendus d’occasion sont fixées au chapitre 3 du titre 3 du
livre 2 du Code du travail.
2.2 Les machines
Le Code du travail donne la définition suivante : « Une machine est un ensemble de pièces ou
d’organes liés entre eux dont au moins un est mobile et, le cas échéant, d’actionneurs, de
circuits de commande et de puissance réunis de façon solidaire en vue d’une application
définie telle que notamment la transformation, le traitement ou le conditionnement de
matériaux et le déplacement de charges avec ou sans changement de niveau ».
Sont également considérés comme machines : certains véhicules et leurs remorques.
Partie 1 - Salariés et risques d’accident



Précautions particulières
Avant l’achat de toute machine, il est nécessaire que le chef d’établissement s’assure
que celle-ci a bien fait l’objet de la procédure de certification de conformité applicable
à sa catégorie.
Cette procédure s’applique également aux composants de sécurité. Cette conformité est
matérialisée par le marquage CE.

Lorsque les équipements comportent des éléments mobiles présentant des risques de
contact mécanique et que ceux-ci ne peuvent être rendus inaccessibles, des protecteurs
ou dispositifs de protection doivent être rapportés.
Ces dispositifs, appelés « composants de sécurité », sont également visés par les
obligations définies au I de l’article L.233-5 et soumis à une procédure de certification
de conformité.

Selon la définition donnée à l’article R.233.83 -2, « on entend par composant de
sécurité un composant destiné à assurer, par son utilisation, une fonction de sécurité et
dont la défaillance ou le mauvais fonctionnement mettrait en cause la sécurité ou la
santé des personnes exposées, ou mettrait en péril une fonction de sécurité de la
machine ».
Les composants de sécurité sont mis isolément sur le marché en vue de leur installation
sur une machine maintenue en service ou sur une machine d’occasion.

Parmi les composants de sécurité, on compte notamment:
les dispositifs d’arrêt d’urgence ;
• les protecteurs ;
• les dispositifs de protection ;
• les ceintures de sécurité ou dispositifs équivalents ;
• les structures de protection contre le retournement ;
• les structures de protection contre les chutes d’objet ;
• les dispositifs de contrôle et charge ;
• les dispositifs « homme mort » ;
• les dispositifs électrosensibles conçus pour la détection des personnes, notamment
barrages immatériels, tapis sensibles, détecteurs électromagnétiques ;
• les blocs logiques assurant des fonctions de sécurité pour commandes bimanuelles,
• les écrans mobiles automatiques pour la protection de certaines machines (presses,
machines de moulage).

En matière de règles techniques et d’attestation de conformité, la réglementation distingue les
matériels neufs ou considérés comme neufs et ceux d’occasion :

Définition
Matériel neuf ou considéré comme neuf Matériel d'occasion

Est considéré comme « mis pour la
première fois sur le marché, ou à l’état
neuf », tout équipement de travail ou
moyen de protection n’ayant pas été
effectivement utilisé dans un état membre
de l’Union Européenne.


Est considéré comme d’occasion tout
équipement de travail ou moyen de
protection ayant déjà effectivement été
utilisé dans l’Union Européenne.




Partie 1 - Salariés et risques d’accident


Éléments à vérifier lors de l'acquisition d'une machine
Matériel neuf Matériel d’occasion

Le matériel neuf doit comporter le
marquage de conformité CE et être
accompagné de :

- la déclaration CE de conformité ;

- la documentation technique relative
aux moyens mis en œuvre pour
assurer la conformité de l’équipement
de travail ou du moyen de protection
aux règles techniques applicables.

- Le vendeur doit remettre au preneur
un certificat de conformité par
lequel il atteste que l’équipement de
travail ou le moyen de protection
concerné est conforme aux règles
techniques qui lui sont applicables
(soit les mêmes que pour un
matériel neuf, soit des règles
précisant les modifications à
apporter, soit les règles qui étaient
applicables au moment de leur mise
sur le marché, conformément à
l’obligation de maintien en état de
conformité à laquelle ils sont
soumis).

- Une mesure complémentaire de
contrôle, opérée par un organisme
agréé, peut être demandée par
l’inspection du travail.


Formation
Le chef d’établissement doit s’assurer que les salariés affectés à des tâches comportant,
pour tout ou partie, l’emploi de machines (y compris leur maintenance) ont reçu une
formation à la sécurité les informant des risques auxquels ils sont exposés.

Cette formation implique l’enseignement des comportements et gestes les plus sûrs, à
l’aide de démonstrations, l’explication des modes opératoires, le fonctionnement des
dispositifs de protection et les motifs de leur emploi.

La formation doit être renouvelée et complétée aussi souvent que nécessaire pour
prendre en compte les évolutions des équipements.

Les autres salariés de l’établissement doivent également être informés des risques les
concernant dus aux équipements de travail situés dans leur environnement immédiat de travail.

Il doit, en outre, informer ses collaborateurs des conditions d’utilisation et de
maintenance du matériel, des consignes à respecter, de la conduite à tenir face aux
situations anormales prévisibles, et des conclusions tirées de l’expérience acquise
permettant de supprimer certains risques.
La vérification du matériel
Le chef d’établissement doit s’assurer du maintien en état de conformité du matériel
utilisé, avec les règles de conception et de construction.

Il doit notamment :
• faire procéder aux vérifications générales périodiques des machines qui y sont
soumises réglementairement (presses, compacteurs à déchets…) ;
• faire procéder à la vérification des autres matériels suivant une périodicité appropriée,
selon les indications du constructeur et en fonction des conditions d’utilisation ;
• consigner les résultats sur le registre de sécurité.

Partie 1 - Salariés et risques d’accident



Le montage et le démontage des équipements de travail doivent être réalisés de façon sûre,
notamment en respectant les instructions du fabricant. Si les dispositifs de protection ont dû
être démontés, la machine ne peut être remise en service qu’après un essai permettant de
vérifier que ces dispositifs sont en place et fonctionnent correctement.

Les vérifications doivent être effectuées par des personnes compétentes appartenant ou non à
l’entreprise et mentionnées au registre de sécurité. Dans le cas des machines soumises à
vérifications générales périodiques, ces personnes doivent connaître les dispositions
réglementaires afférentes.
2.3 Les équipements de travail faisant l’objet
de règles particulières
2.3.1 Les équipements et accessoires de levage
Un appareil de levage est un engin, un dispositif ou une installation dont la fonction essentielle
consiste à soulever ou à descendre une charge, avec ou sans déplacement.
En combinant ces mouvements, on trouve toutes sortes d’appareils de levage, plus ou moins
complexes, qui vont par exemple, des simples crics ou vérins aux grues à tour.

Outre les obligations de sécurité applicables aux « machines », les appareils de levage font
l’objet de mesures particulières, en raison des risques que présente leur utilisation
Ces mesures sont fixées aux articles R.233-13-1 à R.233-13-15 du Code du travail et aux
arrêtés pris pour leur application.

Ces mesures visent notamment à prévenir les risques tels que :
• la retombée de la charge (élinguage mal conçu, mauvais accrochage, rupture d’organe de
préhension, défection d’un organe mécanique, absence ou défaillance d’un dispositif de
freinage, etc.) ;
• le renversement de la charge, de l’appareil (tableau de charge non respecté, défaillance
d’un organe mécanique, non prise en compte des événements atmosphériques, etc.) ;
• le heurt de l’appareil ou de sa charge avec le personnel ou des obstacles fixes ou mobiles
(mauvaise utilisation de l’appareil, déplacement dans des endroits encombrés, mauvaise
visibilité de la zone d’évolution de la charge, etc.) ;
• les risques apportés par la présence d’énergie motrice sur l’appareil (éclatement de
conduites sous pression, mise en mouvement intempestive des urgences…).

Afin de préserver la sécurité des travailleurs, plusieurs catégories de vérifications sont prévues
pour les appareils de levage :
• vérification initiale (à la mise en service) en vue de s’assurer qu’ils sont installés
conformément aux spécifications prévues et qu’ils peuvent être utilisés en sécurité ;
• vérifications générales périodiques (trimestrielles, semestrielles ou annuelles, selon le type de
matériel) ;
• vérification lors de la remise en service après toute opération de démontage et remontage
ou modification, en vue de s’assurer de l’absence de toute défectuosité.

L’intervention d’un organisme agréé pour effectuer ces vérifications est obligatoire dans
certains cas particuliers.
Les équipements de travail mobiles
Outre les règles applicables aux machines et, le cas échéant, à celles fixées pour les appareils
de levage, ces équipements font l’objet des prescriptions particulières fixées aux articles R.233-
13-16 à R.233-13-18 du Code du travail.

Partie 1 - Salariés et risques d’accident


Le chef d’établissement devra particulièrement veiller à :
• aménager des voies de circulation d’une largeur et d’un profil appropriés au
matériel ;
• maintenir la vacuité des voies de circulation ;
• établir des règles de circulation pour les équipements qui évoluent dans une zone de
travail ;
• aérer convenablement les locaux dans lesquels sont employés des équipements munis
d’un moteur à combustion ;
• limiter la vitesse de circulation en fonction des travaux effectués.
2.3.2 Formation
La conduite des équipements de travail mobiles automoteurs et des équipements servant au
levage est réservée aux travailleurs qui ont reçu une formation dont la durée et le contenu
doivent être adaptés à l’équipement concerné.
Cette formation doit être complétée et réactualisée chaque fois que nécessaire. Elle peut
être dispensée au sein de l’établissement ou assurée par un organisme spécialisé.

La conduite de certains équipements est subordonnée à l’obtention d’une autorisation
de conduite, délivrée par le chef d’établissement, sur la base d’une évaluation. Cette
autorisation est requise pour :
• les grues à tour ;
• les grues mobiles ;
• les chariots automoteurs de manutention à conducteur porté ;
• les plates-formes élévatrices mobiles de personnes ;
• les engins de chantiers télécommandés ou à conducteur porté.
2.3.3 Les ascenseurs et ascenseurs de charge
Les ascenseurs exclus du champ d’application de l’article L.233-5 du Code du travail
sont ceux qui sont « définis comme des appareils qui desservent des niveaux définis à
l’aide d’une cabine qui se déplace le long de guides rigides et dont l’inclinaison sur
l’horizontale est supérieure à 15 degrés ; la cabine est destinée au transport :
• de personnes, ;
• ou de personnes et d’objets, ;
• ou d’objets uniquement.

La cabine doit être accessible, c’est-à-dire telle qu’une personne puisse y pénétrer sans
difficulté, et être équipée d’éléments de commande situés à l’intérieur de ladite cabine
ou à portée d’une personne qui s’y trouve ».

Les appareils doivent être conçus de telle sorte que les utilisateurs ne soient pas exposés
aux chutes dans le vide, ni heurtés par des objets. La mise sur le marché des ascenseurs
et composants de sécurité est réglementée par le décret n° 2000-810 du 24 août 2000.

Les règles de sécurité relatives à leur utilisation sont définies par un décret du 10 juillet 1913
modifié. Elles concernent, d’une part les personnels qui se trouvent à proximité ou utilisent
l’ascenseur ou encore procèdent aux opérations de chargement, et, d’autre part ceux chargés
de l’entretien des appareils.
La vérification des matériels
Le chef d’établissement est tenu de faire procéder aux contrôles et opérations suivants :
• un examen quotidien de l’état des dispositifs de sécurité et vérification du bon
fonctionnement des appareils. Suivant les résultats de cet examen quotidien, il prescrira
éventuellement la suspension du service jusqu’à la remise en état de marche ;
Partie 1 - Salariés et risques d’accident



• un examen semestriel des organes de suspension et en particulier les câbles et les
chaînes de levage ;
• un examen annuel des organes de sécurité, tels que serrures, parachute, etc. ;
• le graissage et l'entretien régulier des appareils.

Cet entretien et ces vérifications seront effectués par un personnel spécialisé et dûment
qualifié, appartenant soit à l’établissement lui-même, soit à une entreprise exerçant
régulièrement cette activité particulière.
Le nom et la qualité des personnes chargées de cet entretien, les dates des vérifications
et les observations auxquelles celles-ci auront donné lieu seront consignés sur le registre
de sécurité.
Les précautions particulières pour les travaux
Les travaux de vérification, d’entretien, de réparation ou de transformation ne peuvent être
effectués que sur des appareils ayant fait l’objet, depuis moins de 5 ans, d’une étude de
sécurité spécifique par l’entreprise chargée de ces travaux.

Les prescriptions particulières de sécurité sont exposées dans un décret du 30 juin 1995.
Elles s’imposent aux responsables des établissements dans lesquels sont utilisés les
ascenseurs ou équipements similaires aussi bien qu’aux entreprises chargées de la
vérification, de la maintenance, et de la réparation de ces appareils.
2.3.4 Les équipements sous pression
Ces équipements présentent des risques d’explosion liés à :
• la corrosion de leur enveloppe ;
• leur détérioration mécanique lors de chocs ;
• leur utilisation à une pression à laquelle ils ne sont pas destinés.

C’est pourquoi, bien que la construction de ces appareils soit soumise à une
réglementation rigoureuse, des précautions particulières doivent être prises pour leur
utilisation.
Le stockage et la manutention
Les bouteilles de gaz sous pression seront stockées de préférence à l’extérieur, à l’abri
du soleil.
Elles seront maintenues par un râtelier fixé à un élément stable de la maçonnerie.
Elles ne seront déplacées, ou utilisées, par exemple sur un poste mobile de soudure,
qu’avec un chariot adapté.
L’utilisation
Lors de la réalisation de montages sous pression, les appareillages seront protégés par
des écrous pleins ou des enveloppes métalliques à mailles fixes.
Des masques respiratoires adaptés devront être disposés dans les locaux où sont
détenus des gaz toxiques.

Sur site, la prévention repose sur deux principes :
maîtriser en permanence la pression effective régnant dans l’appareil utilisé pour rendre
improbables les risques d’explosion, en limitant cette pression aux conditions normales
d’utilisation ;
protéger l’équipement contre les chocs, la corrosion ou une élévation anormale de la
température.

Partie 1 - Salariés et risques d’accident


La vérification des matériels et les contrôles
Un arrêté du 15 mars 2000 modifié, pris en application du décret du 13 décembre 1999,
fixe les dispositions applicables à l’exploitation des appareils à pression. Certains
équipements spécifiques sont visés par d’autres textes.
Ces appareils doivent « être vérifiés aussi souvent que nécessaire », de façon à être
constamment maintenus en bon état.
Un examen visuel sera effectué avant toute utilisation afin de s’assurer de l’absence :
• de corrosion ;
• d’un échauffement anormal ;
• de fuite en tout point d’un appareil, d’une installation (joint, raccord, manodétendeur,
soupape,etc.).

Il convient également de vérifier que l’on utilise un matériel d’origine garanti par le
constructeur. Clef, joints de verrouillage du manomètre et de la soupape ne doivent pas
permettre la diffusion d’un gaz toxique dans la pièce de travail (évaluation maîtrisée de
gaz dangereux sur l’extérieur).

La réglementation impose notamment :
• des opérations d’entretien et de surveillance ;
• des inspections périodiques qui comprennent généralement un examen visuel extérieur
et intérieur et un examen des accessoires de sécurité ;
• des requalifications périodiques (anciennement appelées ré-épreuves), le plus souvent
hydrauliques, qui permettent de s’assurer de la tenue des matériaux et des
assemblages sous pression.

Pour la vérification de certains appareils, il y a lieu de faire appel à un organisme habilité et
spécifiquement délégué à cet effet.
La formation
Le personnel chargé de la conduite d’équipements sous pression doit être informé et
compétent pour surveiller et prendre toute initiative nécessaire à leur exploitation sans
danger. Pour certains appareils, le personnel doit être reconnu apte à cette conduite par
l’exploitant et périodiquement confirmé dans cette fonction.
Le personnel chargé des inspections périodiques doit être compétent et « apte à
reconnaître les défauts susceptibles d’être rencontrés et à en apprécier la gravité ».
Le rôle essentiel de la DRIRE
Les missions des DRIRE (Direction Régionale de l’Industrie de la Recherche et de
l’Environnement) en matière d’appareils à pression s’inscrivent dans le cadre :
• de la vérification de la conformité à la réglementation des appareils neufs, dès lors que ces
appareils présentent certaines caractéristiques en terme de pression et de volume ;
• de la surveillance des organismes de contrôle qui ont été habilités à cet effet ;
• de la surveillance du marché pour les appareils fabriqués selon les dispositions des
directives européennes applicables.
2.4 Les équipements de protection individuelle (EPI)
La règle générale veut que l’on utilise un équipement de protection individuelle lorsque
les risques ne peuvent pas être évités ou suffisamment limités par des moyens techniques
de protection collective.

Partie 1 - Salariés et risques d’accident



Le Code du travail précise, en son article R.233-1-3 que « les équipements de protection
individuelle doivent être appropriés aux risques à prévenir et aux conditions dans
lesquelles le travail est effectué. Ces équipements ne doivent pas être eux-mêmes à
l’origine de risques supplémentaires.
[…]
En cas de risques multiples exigeant le port simultané de plusieurs équipements de
protection individuelle, ces équipements doivent être compatibles entre eux et maintenir
leur efficacité par rapport aux risques correspondants ».

Les EPI auxquels s’appliquent les exigences de sécurité définies au I de l’article L.233-5
sont des « dispositifs ou moyens destinés à être portés ou tenus par une personne en vue
de la protéger contre un ou plusieurs risques susceptibles de menacer sa sécurité ainsi
que sa santé ».
2.4.1 Les trois catégories d'EPI
En fonction des risques contre lesquels les EPI sont destinés à protéger, la directive
89/686/CEE du 21 décembre 1989, relative à la conception des EPI distingue, :
Les EPI de catégorie 1 – Risques mineurs
Il s'agit par exemple d'EPI protégeant contre les dangers à faibles conséquences :
• agressions mécaniques dont les effets sont superficiels ;
• produits d'entretien peu dangereux dont les effets sont facilement réversibles ;
• manipulation de pièces chaudes n’exposant pas à une température supérieure à 50
°C ni à des chocs dangereux ;
• conditions atmosphériques qui ne sont ni exceptionnelles ni extrêmes ;
• petits chocs et vibrations n’affectant pas les parties vitales du corps et qui ne peuvent
pas provoquer de lésions irréversibles ;
• rayonnement solaire.

Ces EPI sont des équipements pour lesquels le fabricant établit, sous sa responsabilité,
une déclaration CE de conformité (procédure d’autocertification CE).

Il s'agit en effet d'EPI de conception simple dont le concepteur présume que
l'utilisateur peut juger par lui-même de l'efficacité contre des risques minimes dont
les effets, lorsqu'ils sont graduels, peuvent être perçus en temps opportun et sans
danger pour l'utilisateur.
Les EPI de catégorie II – Risques graves ou spécifiques
Ce sont les EPI non visés ci-dessus, ni ci-après. Ils sont soumis à la procédure dite
« examen CE de type » qui est la procédure par laquelle un organisme habilité constate
et atteste qu’un modèle d’EPI satisfait aux règles techniques le concernant, et, dans
l’affirmative, donne lieu à délivre une « attestation d’examen CE de type ». Le fabricant
doit alors établir une « déclaration CE de conformité ».
Les EPI de catégorie III – Risques importants
Il s'agit des EPI suivants :
• appareils respiratoires filtrants qui protègent contre les aérosols solides ou liquides ou
les gaz dangereux ou radio-toxiques ;
• appareils de protection respiratoire qui isolent totalement de l’atmosphère
d’intervention et appareils de plongée ;
• équipements de protection individuelle offrant une protection limitée dans le temps
contre les agressions chimiques ou contre les rayonnements ionisants ;
Partie 1 - Salariés et risques d’accident


• équipements d’intervention dans les ambiances chaudes dont les effets sont
comparables à ceux d’une température d’air égale ou supérieure à 100°C, avec ou
sans rayonnement infrarouge, flammes ou grosses projections de matières en fusion ;
• équipements d’intervention dans des ambiances froides dont les effets sont
comparables à ceux d’une température d’air inférieure ou égale à
- 50 °C ;
• équipements de protection individuelle destinés à protéger contre les chutes de
hauteur ;
• équipements de protection individuelle destinés à protéger des risques électriques pour
les travaux sous tension dangereuse ou équipements utilisés comme isolants contre
une haute tension.

Outre la procédure applicable aux EPI de la catégorie II, ils sont, au choix du fabricant,
soumis soit à la procédure dite « système de garantie de qualité CE », soit à la
procédure dite « système d’assurance qualité CE de la production avec surveillance ».
2.4.2 Le choix des EPI
Le chef d’établissement est soumis à plusieurs obligations:
• l’obligation générale de fournir des EPI quand les mesures de prévention prioritaire
(réduction du risque à la source, protection collective) s’avèrent insuffisantes ;
• l’obligation de fournir des EPI accompagnés d’un certificat de conformité aux règles
techniques qui lui sont applicables et portant le marquage CE ;
• l’obligation de procéder à une évaluation des risques et des contraintes du poste de
travail avant de faire le choix d’un EPI. (voir la grille d’inventaire des risques)
2.4.3 L'utilisation des EPI
Les mesures d’organisation et les conditions d’utilisation des équipements de protection
individuelle sont fixées aux articles R.233-42 à R.233-44. Le chef d’établissement doit, lors de
la mise à disposition d’EPI :
• préciser les conditions dans lesquelles les EPI doivent être utilisés (durée du port,
usages réservés…) ;
• dispenser les instructions ou consignes d’utilisation ;
• faire bénéficier les travailleurs d’une formation appropriée, comportant, si nécessaire,
un entraînement au port de cet EPI ;
• renouveler cette formation aussi souvent que nécessaire pour que l’équipement soit
utilisé conformément à la consigne.

Il doit en outre :
• assurer le bon fonctionnement des équipements et leur état hygiénique satisfaisant par
les entretiens, réparations et remplacements nécessaires.
• s’assurer du port effectif de l’équipement.

La fiche de poste est l’un des moyens pour le salarié de vérifier quel équipement il doit
utiliser.

Le bon état des EPI doit être vérifié avant chaque utilisation.

De plus, certains EPI, en service ou en stock, sont soumis à des vérifications générales
périodiques destinées à déceler en temps utile toute défectuosité susceptible d’être à
l’origine de situations dangereuses ou tout défaut d’accessibilité.



Partie 1 - Salariés et risques d’accident



Il s’agit :
• des appareils de protection respiratoire autonomes destinés à l’évacuation ;
• des appareils de protection respiratoire et équipements complets destinés à des
interventions accidentelles en milieu hostile ;
• des gilets de sauvetage gonflables ;
• des systèmes de protection individuelle contre les chutes de hauteur ;
• des stocks de cartouches filtrantes antigaz pour appareils de protection respiratoire.

Quant aux collaborateurs, on peut attendre de leur part :
la volonté de se protéger ;
le respect des instructions ;,
une complète attention lors des formations ;
la nécessité de signaler toutes anomalies ou défectuosité constatée.

Grille d'inventaire des risques
La grille d'inventaire est présentée page suivante.


Partie 1 - Salariés et risques d’accident





GRILLE D'INVENTAIRE DES RISQUES
Parties du corps
Tête
Crâne Ouïe Yeux
Voies
respiratoires
Visage
Tête
entière
Chutes
de hauteur

Chocs, coups,
impacts,
compressions

Piqûres,
coupures,
abrasions

Vibrations
Mécanique
Glissades,
chutes à niveau

Chaleur,
flammes

Thermique
Froid
Électrique
Non-ionisantes Radiation
Ionisantes
Physique
Bruit
Poussières,
fibres

Fumées
Aérosols
Brouillards
Immersions Liquides
Éclaboussement,
projections

Chimique
Gaz, vapeurs
Bactéries pathogènes
Virus pathogènes
Champignons producteurs
de mycoses

Risque
Biologique
Antigènes biologiques non-
microbiens


Partie 1 - Salariés et risques d’accident






GRILLE D'INVENTAIRE DES RISQUES
Parties du corps
Membre supérieur Membre inférieur Divers
Main
Bras
(parties)
Pied
Jambe
(parties)
Peau
Tronc
Abdomen
Voie
parentérale
Corps
entier









































Partie 1 - Salariés et risques d’accident


2.4.4 Les risques liés aux interventions en hauteur

L’analyse des risques de chute se décline au regard de chacun des postes de travail en hauteur.
On considère qu’il y a risque de chute de hauteur lorsqu’il n’existe pas d’obstacle suffisamment
efficace en bordure d’un vide.

Lorsque l’un de vos collaborateurs travaille ou circule à une hauteur de plus de 3 mètres en se
trouvant exposé à un risque de chute dans le vide, il est nécessaire d’installer un dispositif de
protection collective capable d’arrêter une personne. Le décret n°65-48 du 8 janvier 1965 fixe
les conditions dans lesquelles il y a recours aux équipements individuels.

Les tableaux suivants donnent une indication des causes d’accidents les plus fréquentes au
chef d’établissement.
Trois grands risques
Échafaudage volant
et roulant, plate-
forme élévatrice
- Défaut de conception / résistance / gabarits.
- Installation défectueuse.
- Défaut de fixation en toiture ou dans les baies.
- Matériaux, équipements inappropriés (câbles, cordages, ancrage…).
- Non-respect des charges et des limites et répartition des poids.
- Défaut de manœuvre.
- Défaut de sûretés.
- Défaut de maintenance.
Échelles - Non stabilisées au sol.
- Non arrimées en haut.
- En appui sur une surface glissante, fragile.
- Hauteur inadéquate.
- Absence de crochet d’arrête.
- Matériel vétuste – défectueux.
Toitures
Terrasses
Verrières
- Matériaux fragiles.
- Toits inclinés.
- Rives de terrasse.
- Moyens d’accès échelle.
- Défaut de résistance.
- Activité non autorisée.
- Défaut de sûretés.

Sécurité collective Sécurité individuelle
- Garde-corps.
- Surface de recueil : auvent, filet.
- Ceinture.
- Baudrier.
- Harnais de sécurité (muni d’un absorbeur d’énergie).

Lorsque la durée d’exécution des travaux « n’excède pas une journée », l’observation des
positions de sécurité intégrée ou collective n’est pas obligatoire sous réserve que des
ceintures ou baudriers de sécurité soient mis à la disposition des travailleurs.

Le meilleur équipement ne peut rien contre la faiblesse du point d’attache ; d’où la nécessité de
créer des points d’ancrage en toiture ou en façade de bâtiment.









Partie 1 - Salariés et risques d’accident



2.4.5 Le risque amiante
L’exposition diffuse aux fibres d’amiante persiste aujourd’hui dans un très large éventail
d’activités et, tout particulièrement, à l’occasion d’opérations de maintenance ou
d’entretien de bâtiments ou d’installations industrielles renfermant de l’amiante.

Trois types d’activités sont concernés :
• fabrication et de transformation de matériaux contenant de l’amiante ;
• confinement et de retrait de l’amiante ou de matériaux en contenant ;
• interventions sur des matériaux ou des appareils susceptibles de libérer des fibres
d’amiante.
Le chef d’établissement (celui qui emploie les salariés qui sont susceptibles d’être exposés
à l’amiante par les travaux qu’ils vont réaliser) doit prendre toutes mesures visant à réduire
les niveaux d’exposition et le nombre de personnes exposées.

Le propriétaire d’un immeuble bâti (à l’exception de ceux ne comportant qu’un seul logement à
usage d’habitation) doit rechercher :
la présence de flocage contenant de l’amiante dans les immeubles construits avant le 1
er
janvier
1980 ;
la présence de calorifugeages contenant de l’amiante dans les immeubles construits avant le 29
juillet 1996 ;
la présence de faux plafonds contenant de l’amiante dans les immeubles construits avant le 1
er

juillet 1997.

Le responsable doit procéder à l’évaluation des risques (nature, durée et niveau
d’exposition collective et individuelle), pour ensuite informer les travailleurs sur ces risques
(une notice doit être établie pour chaque poste exposant à un risque).
Il doit les former à la prévention et à la sécurité, et mettre en œuvre les mesures de
protection collectives, ou, à défaut, individuelles adaptées, de manière que l’exposition des
travailleurs soit maintenue au niveau le plus bas qu’il est techniquement possible
d’atteindre et toujours inférieure aux valeurs limites d’exposition.
Cette recherche est obligatoirement effectuée par un contrôleur technique ou un technicien de la
construction. Si la présence d’amiante est confirmée par des analyses, celui-ci doit évaluer l’état
de conservation des éléments concernés.

En fonction du diagnostic, des mesures d’empoussièrement sont réalisées.
Si le niveau d’empoussièrement est :
• inférieur ou égal à 5 fibres/litre : contrôle périodique est institué dans un délai maximal
de 3 ans ;
• supérieur à 5 fibres/litre : travaux de confinement ou de retrait de l’amiante qui doivent
être achevés dans un délai de 36 mois, des mesures conservatoires devant être prises
pendant la période précédant les travaux.

Le propriétaire constitue, conserve et actualise un dossier technique regroupant les
informations relatives à la recherche et à l’identification (date, nature, localisation, résultat
des contrôles périodiques, des mesures d’empoussièrement et le cas échéant, des travaux
effectués). Il consigne également dans ce dossier les résultats du repérage d’amiante qu’ils
doivent faire effectuer sur un certain nombre d’éléments de construction accessibles sans
travaux destructifs.

Depuis le 1
er
janvier 2002, les propriétaires sont tenus, préalablement à la démolition de tout
immeuble construit avant le 1er juillet 1997, d’effectuer des repérages de matériaux et produits et
d’en informer toute personne physique ou morale appelée à concevoir ou à réaliser les travaux.
Partie 1 - Salariés et risques d’accident


2.4.6 Le bruit
Même faible, le bruit peut provoquer l’inconfort : il entrave la communication, gêne
l’exécution des tâches délicates, peut aller jusqu’à provoquer la surdité irréversible.
Évaluer les risques
La nuisance engendrée par les ondes sonores est communément appelée bruit. Celui-ci est
plus ou moins gênant selon la source qui est à son origine et selon la sensibilité de celui
qui le reçoit (critère de tolérance).

Les ondes sonores sont caractérisées par leur amplitude (ou au niveau de pression sonore)
et leur fréquence. L’amplitude s’exprime en décibels (dB) selon une échelle logarithmique
et la fréquence en hertz (Hz). Les fréquences en-dessous de 20 Hz s’appellent les infrasons,
au-delà de 20 000 Hz les ultrasons et entre ces deux valeurs les fréquentes audibles (par
l’oreille humaine).
L’oreille ayant une sensibilité variable selon les fréquences, une unité particulière d’amplitude
pour la physiologie humaine a été introduite : le décibel A ou dB (A).
Il est important d’être vigilant vis-à-vis des risques liés au bruit, car les conséquences
physiologiques de ces nuisances (surdité partielle ou totale) sont irréversibles.

Quelques valeurs réglementaires
Exposition sonore moyenne Pression acoustique de crête
85 dB (A) Seuil au-delà duquel des
équipements individuels de protection
doivent obligatoirement être fournis
par l’employeur.
135 dB (A) seuil au-delà duquel des
équipements individuels de protection
doivent obligatoirement être fournis
par l’employeur.
90 dB (A) Seuil au-delà duquel des
équipements individuels de protection
doivent obligatoirement être portés.
140 dB (A) seuil au-delà duquel des
équipements individuels de protection
doivent obligatoirement être portés.

Bruits de référence :
0 dB (A) : seuil d’audition
15 dB (A) : forêt
40 dB (A) : bibliothèque
60 dB (A) : conversation de quatre ou cinq personnes
85 dB (A) : circulation automobile normale en milieu urbain
100 dB (A) : marteau- piqueur
110 dB (A) : concert d’un groupe de rock
125 dB (A) : avion au décollage (à 100m)
140 dB (A) : réacteur d’avion (à 25m), seuil de douleur

Si les installations de machines entraînent un niveau d’exposition sonore quotidienne
supérieure à 85 dB (A), le local doit être construit de façon à réduire la réverbération du bruit
sur les parvis et limiter la propagation du bruit.

Puisqu’il s’agit d’une échelle logarithmique, les valeurs des bruits exprimés en dB (A) ne
s’additionnent pas :
1 machine = 80 dB (A) 5 machines= 80 + 7 = 87 dB (A)
2 machines = 80 + 3 = 83 dB (A) 10 machines = 80 + 10 = 90 dB (A)
3 machines = 80 + 5 =85 dB (A)

Quand deux sources de bruit provoquent des niveaux dont la différence est supérieure à 10 dB,
c’est la plus forte des sources qui impose son niveau lorsqu’elles fonctionnent ensemble.

Machine 1 = 70 dB (A) + Machine 2 = 82 dB (A) ⇒ 82 dB (A)

Partie 1 - Salariés et risques d’accident



Les mesures préventives
Les mesures préventives doivent être collectives et/ou individuelles.

• La prévention intégrée
Cette démarche vise à réduire le bruit à la source, c’est-à-dire que l’on essaie, dès la
conception des équipements, de supprimer les sources de bruit par changement de
techniques, ou alors, en modifiant des équipements déjà existants dans lesquels on a pu
repérer l’origine du bruit.
Les gains possibles peuvent être importants ; on ne peut pas les chiffrer car ils dépendent
beaucoup du type de source de bruit.
• La protection collective
La protection collective vise à réduire le bruit au cours de sa propagation pour protéger
collectivement les salariés.

Autour des machines bruyantes, on peut installer des « encoffrements », sorte de coffrages
présentant un isolement phonique élevé grâce à la présence, à l’intérieur, d’un matériau
absorbant (de type laine de verre). Ils permettent des réductions de niveaux de bruit de
l’ordre de 15 à 20 dB (A).
On peut également placer des écrans acoustiques qui ont la même structure que
l’encoffrement, avec l’avantage de la mobilité.

Dans les locaux, on peut réaliser un traitement acoustique (les parois intérieures sont revêtues
de matériaux absorbants : laine de verre, panneaux de plâtre alvéolé, matériaux fibreux…)
ainsi qu’une isolation anti-vibratile des machines.
Les équipements individuels de protection
On peut proposer des casques anti-bruit, réservés à la protection contre le bruit très
intense, parfois équipés d’écouteurs pour liaison radio.
On peut également proposer des serre-têtes ou serre-nuques, adaptés pour un usage
intermittent, ou des bouchons d’oreilles, qui sont en général mieux supportés en port continu.
Un protecteur individuel contre le bruit permet un affaiblissement global de 20 dB (A) environ.
Signalisation
L’exposition à des bruits de niveaux supérieur à 85 dB (A) En continu ou à 135 dB en
crête, l'exposition à des bruits doit être signalée aux lieux et postes concernés.
Concernant l’exposition sonore quotidienne supérieure à 105 dB (A), il y a lieu de baliser
la zone et d’apposer un signal d’interdiction d’y pénétrer sans motif de service.
La réduction du temps d’exposition
Elle n’est efficace que si elle est importante. Par exemple, diviser le temps d’exposition par deux
conduit à un diminution de 3 dB (A) du niveau d’exposition sonore quotidienne, alors que le
diviser par dix conduit à une diminution de 10 dB (A).
Le suivi médical
Le personnel effectuant de façon habituelle des travaux exposant à un niveau de bruit doit subir
une consultation médicale et des audiogrammes régulièrement.

Exposition Fréquence
des examens médicaux
85 dB (A) ou pression acoustique de crête > 135 dB 3 ans
90 dB (A) ou pression acoustique de crête >140 dB 2 ans
Si exposition quotidienne ≥ 100 dB (A) Tous les ans
Partie 1 - Salariés et risques d’accident


Les actions possibles lors d'un projet
Avant toute nouvelle installation d’atelier, il convient d’étudier le poste de travail et son
environnement.

En quelques points :
• déterminer les caractéristiques géométriques et acoustiques initiales du local
(dimensions, mesures de la durée de réverbération et de la décroissance spatiale ou
non) ;
• inventorier les emplacements des différentes machines à implanter et définir leurs
puissances acoustiques respectives ;
• déterminer les emplacements de travail et les itinéraires de circulation des personnes et
des produits ;
• établir une carte prévisionnelle du bruit dans les espaces de travail bruyant ;
• effectuer une étude d’impact sur l’environnement.
2.5 Le risque électrique
L’électricité est un fluide invisible dont l’utilisation mal contrôlée entraîne des accidents graves
pour les personnes et pour les installations. On sait que l'électricité peut être la cause d'incendies,
on sait moins que les tensions utilisées quotidiennement peuvent provoquer des électrisations ou
des électrocutions.
Les mesures de sécurité à respecter sont définies par le décret modifié n° 88-1056 du 14
novembre 1988 pris pour l’exécution des dispositions du livre II du Code du travail en ce qui
concerne la protection des travailleurs dans les établissements qui mettent en œuvre des courants
électriques.
Évaluer les risques
L’électrisation peut être provoquée par un :
• contact direct, c’est-à-dire en touchant un des conducteurs normalement sous tension ;
• contact indirect, c’est-à-dire au contact d’une masse métallique quelconque
accidentellement mise sous tension ;
• amorçage d’arc ou d’étincelles ;
• foudroiement.

L’accident d’origine électrique a des effets directs ou indirects très variables pour le corps
humain. Ses conséquences dépendent des caractéristiques du courant électrique : intensité
(ampère), tension (volt), fréquence (hertz), de la résistance du corps humain (ohm), du
trajet parcouru et du temps de contact (seconde ou fraction de seconde).
Les effets physiologiques directs ou immédiats
• l’électrisation désigne les différentes manifestations physiologiques et physiopathologiques dues
au passage du courant électrique à travers le corps humain ;
• l’électrocution est une électrisation mortelle ;
• les brûlures par arc sont provoquées par la chaleur intense dégagée lors de la
production d’un arc électrique ;
• le foudroiement est un électro-traumatisme mortel dû à la foudre (effet d’arc).





Partie 1 - Salariés et risques d’accident



Effets physiologiques immédiats en fonction
de l’intensité du courant traversant l’organisme
Intensité du courant Effet sur le corps humain
1 mA Perception cutanée
5 mA Secousse électrique
10 mA Contracture entraînant une incapacité de lâcher prise
25 mA pendant 3 min Tétanisation des muscles
40 mA pendant 5 s ou 80 mA pendant 1 s Fibrillation ventriculaire
2000 mA Inhibition des centres nerveux
(mA : milliampère, s : seconde, min. : minute)

L’intensité du courant (I) exprimée en ampères (A) est égale à la tension (U) exprimée en
volts (V) divisée par la résistance au passage du courant (R) exprimée en ohms (W).
La résistance du corps humain peut varier considérablement selon les caractéristiques
individuelles et les conditions d’environnement (humidité, isolement…). En pratique, au-
delà de 25 volts, il y a toujours un danger potentiel (surtout en présence d’humidité).
Les effets physiologiques indirects ou différés
Ce sont les troubles, les complications et les séquelles qui peuvent apparaître avec un
temps de latence plus ou moins long, pouvant atteindre le corps humain pendant des
années : complications cardiovasculaires, neurologiques, rénales…
Les risques pour les installations
L’échauffement non contrôlé d’un matériel sous tension peut provoquer des incendies ou
des explosions.
Les mesures techniques
Les mesures techniques concernent le matériel et les dispositifs de protection. Ces derniers
constituent une chaîne continue depuis la production du courant électrique jusqu’à son
utilisation. L’ensemble des dispositifs de cette chaîne doit être calculé, vérifié, contrôlé et
entretenu.

Les matériels utilisés doivent être de la classe I, c’est-à-dire équipés d’un conducteur de
protection (de couleur vert/jaune, dit « conducteur de terre »).
Ils peuvent éventuellement être de classe II, c’est-à-dire posséder un double isolement. Dans ce
cas, ils ne doivent pas être reliés à la terre.
Les matériels de classe III fonctionnent sous une tension alternative de 48 volts dite très basse
tension de sécurité.
L’usage des matériels de classe 0, c’est-à-dire ne comportant pas de conducteur de protection ou
n’étant pas repérés par le symbole classe II, est formellement interdit sur les lieux de travail.
Les tensions alternatives (50 Hz) ≥ 50 volts sont dangereuses pour l’homme.
L'équipotentialité
Pour prévenir l’électrisation, toutes les masses métalliques accessibles doivent être reliées
entre elles par des conducteurs adaptés de façon à ce qu’elles soient au même potentiel.
S’il n’existe pas de différence de potentiel entre deux masses métalliques, l’électrisation
devient impossible car aucun courant ne peut circuler entre ces masses.
Les disjoncteurs
Un disjoncteur différentiel est un dispositif de protection situé en amont d’un appareil ou
d’un groupe d’appareils. Son rôle est de limiter la quantité du courant (ampères) dans le
Partie 1 - Salariés et risques d’accident


circuit et de couper le courant en cas de présence d’un courant de défaut à la terre.
La vapeur du courant de défaut au-delà de laquelle le disjoncteur ouvre le circuit est de
30 mA dans le cas où le circuit alimente un appareil mobile.

Les installations électriques de l’établissement doivent être contrôlées par un organisme
agréé lors de leur mise en service et après toute modification de structure (modification du
schéma des liaisons à la terre, augmentation de la puissance de court-circuit de la source,
modification ou adjonction de circuits de distribution autres que circuits terminaux, création
ou réaménagement d’installation…).

Elles doivent ensuite faire l’objet d’une vérification annuelle (cette périodicité peut être
portée à deux ans si les installations sont conformes) effectuée par des personnes
appartenant ou non à l’établissement et possédant une connaissance approfondie de
la prévention des risques et des dispositions réglementaires afférentes. Les modalités de
ces vérifications sont fixées par l’arrêté du 10 octobre 2000.
L'intervention et l'habilitation électrique
Pour intervenir sur une installation électrique quelle qu'elle soit, il est nécessaire de
posséder une habilitation délivrée par le chef d’établissement.
Cette habilitation légitime la capacité d’une personne à effectuer des opérations en toute
sécurité et à connaître la conduite à tenir en cas d’accident.

Il existe plusieurs niveaux d’habilitation en fonction :
• de la nature des interventions (dépannage, raccordement, essais, vérifications,
consignations, travaux sous tension, nettoyages sous tension, travail au voisinage) ;
• des travaux (d’ordre non électrique, d’ordre électrique) ;
• de la tension des installations (très basse tension de sécurité : ≤ 50 volts - basse tension A :
entre 50 et 500 volts - basse tension B : entre 500 et 1000 volts - haute tension A : entre
1000 et 50.00 volts - haute tension B : ≥ 50.00 volts).

Il faut utiliser un matériel :
• conçu pour l’utilisation qui en est faite ;
• équipé du bon câble de raccordement ;
• doté de la bonne fiche de prise de courant ;
• raccordé sur le bon socle de prise de courant ;
• comportant une notice d’emploi relative aux conditions de son utilisation conformément
à sa destination et sans danger ;
• n’ayant pas subi de réparation incorrecte.

Il est interdit de travailler seul.

Pour intervenir sur une installation électrique quelle qu’elle soit, il est nécessaire :
• de procéder à des consignations destinées à mettre les installations hors tension au moment de
l’intervention (cas des opérations de maintenance) ;
• de respecter des protocoles particuliers pour effectuer les diagnostics des pannes ainsi
que les essais et les réglages sous tension.
La formation et le titre d'habilitation électrique
La formation a pour but de donner au personnel concerné en plus de ses
connaissances professionnelles déjà acquises, la connaissance des risques inhérents
à l’exécution des opérations au voisinage ou sur les ouvrages électriques et des
moyens de les prévenir.

Partie 1 - Salariés et risques d’accident



Tableau des habilitations électriques
Opérations
Travaux Habilitation du personnel
Hors tension Sous tension
Interventions du
domaine BT
Non-électricien BO ou HO
Exécutant électricien B1 ou H1 B1T ou H1T
Chargé d’intervention
BR
Chargé de travaux B2 ou H2 B2T ou H2T
Chargé de consignation BC ou HC BC
Agent de nettoyage sous tension BN ouHN
Note : Pour les personnes habilitées à travailler au voisinage des ouvrages sous tension du même
domaine de tension, il y a lieu d’adjoindre la lettre V aux symboles BO, B1, B2, HO, H1, H2
(il n’y a pas lieu de l’adjoindre aux symboles T, R et N).

Les programmes de formation comportent 2 parties :
• formation théorique aux risques électriques et à leur prévention ;
• formation pratique dans le cadre du domaine d’activité attribuée à l’intéressé.
Cette formation relève de la responsabilité de l’employeur qui peut soit l’assurer avec ses
moyens propres, soit la confier à un organisme spécialisé.
Modèle de titre d'habilitation électrique
Le document écrit transmis par le chef d’établissement peut être établi suivant le modèle ci-
dessous.

Titre d’habilitation
Nom :
Prénom :
Fonction :
Employeur :
Affectation :
Champ d’application Personnel Symbole
d’habilitation Domaine de tension Ouvrages concernés
Nom électricien habilité
Électricien
Chargé de travaux ou
d’interventions

Chargé de consignation
Habilités spéciaux
Le titulaire
Signature :
Pour l’employeur
Nom et prénom :
Fonction :
Date :
Validité
Maintien ou renouvellement de l'habilitation
L’habilitation doit être révisée chaque fois que cela s’avère nécessaire en fonction de
l’évolution des aptitudes de l’intéressé.
En cas d'accident
Se méfier du « sur-accident » ! Toute intervention imprudente du sauveteur/secouriste du travail
peut le conduire à un accident identique , il faut :
• soustraire la victime le plus rapidement possible à l’action du courant électrique en
utilisant le dispositif de coupure le plus proche (interrupteur, arrêt d’urgence, disjoncteur,
prise de courant) ;
• si le courant ne peut être coupé, s’isoler pour dégager la victime. Pour cela, utiliser
gants isolants, bâtons de bois, étoffes…

Partie 1 - Salariés et risques d’accident


Suivi médical
Toute personne ayant été électrisée doit être examinée par un médecin et faire l’objet d’un
suivi médical. L’incident devra être consigné sur le registre des accidents.
2.6 Travail sur écran
L’aménagement des espaces de travail est une occasion pour le chef d’établissement de
repositionner son organisation et ses modes de fonctionnement.

Voici, quelques recommandations inscrites dans la réglementation :
• Informer et former aux conditions correctes d’utilisation des équipements ;
• Pas de reflet dans l’écran ;
• Disposer son poste d’ordinateur de façon à ne pas être en face d’une fenêtre ;
• Baisser les stores en cas d’ensoleillement ;
• Régler son fauteuil (hauteur-inclinaison) ;
• Utiliser un repose-pied ;
• Nettoyer et régler le contraste de son écran ;
• Utiliser un porte-documents latéral ;
• Porter des lunettes adaptées lorsque les défauts visuels sont à corriger ;
• Réaliser des pauses de quelques minutes (5 minutes doivent être introduites après
environ 45 minutes de travail) ;
• Assurer une surveillance médicale adéquate.

L’application de ces recommandations permet de réduire les astreintes visuelles et
musculo-squelettiques des opérateurs.
2.7 La fiche de poste

Exemple de fiche de poste page suivante : Industrie chimique - Opérateur de mélange

Il peut être intéressant de personnaliser chaque fiche de poste avec, non seulement le
pictogramme, mais aussi la photo du modèle d'EPI effectivement utilisé sur le poste. Les
photos peuvent être demandées au fabricant/fournisseur.
D'autre part, il est aussi possible d'illustrer les cases « Risques » avec des photos de
l'opérateur en situation sur son poste de travail.
Les pictogrammes à utiliser
Dans les fiches de poste des pictogrammes peuvent être utilisés, comme les exemples
présentés ci-dessous.
• Port obligatoire d’équipements de protection :





Partie 1 - Salariés et risques d’accident




• Interdictions :




Exemple de fiche de poste
Poste : opérateur de mélanges
Description : Préparer les mélanges
Surveiller les niveaux des trémies et silos
Alimenter en adjuvants les trémies
Réceptionner les matières premières
Ranger et organiser les stockes de matières premières
Veiller à la propreté de la plate-forme de mélanges
Risques Moyens de prévention
Chimique
(manipulation de matières
premières, d'adjuvants…)
Porter les équipements individuels :
- protection du visage/lunettes,
- gants (contre les risques chimiques),
- vêtements de protection

Explosion - Incendie
(utilisation de matières
inflammables, explosives)
Interdiction de fumer sur la plate-forme

Coupure
(utilisation de couteaux pour
déconditionner les sacs)
- Utiliser l'outil adéquat
- Porte les gants de protection (contre les
risques mécaniques)

Bruit
(exposition à des niveaux
sonores élevés > 85 dBA)
Porter les protections auditives

Mécanique
(heurt, entraînement avec les
équipements environnant le
poste de travail)
- Être vigilant
Mal au dos
(lors de la manipulation des
sacs de 25 kg de matières
premières…)
- Lever le sac dos droit, genoux pliés
- Porter le sac contre son corps

Chute de hauteur
(lors de l'accès à la plate-
forme et aux mélangeurs)
- Être vigilant
- Ne pas se précipiter
- Tenir la rampe de l'escalier

Chute de plain-pied
(sol encombré d'obstacles)
- Être vigilant
- Ne pas se précipiter
- Garder propre, ranger le poste de
travail


Partie 1 - Salariés et risques d’accident


3 LES INTERLOCUTEURS EN MATIÈRE DE SANTÉ
ET DE SÉCURITÉ AU TRAVAIL
3.1 Le responsable sécurité
L’importance du service sécurité est adaptée suivant le site. La fonction sécurité à deux
aspects :
• aspect opérationnel ;
• aspect fonctionnel.

Le responsable sécurité réunit toutes les informations indispensables à l’exécution de ses
missions (analyse des accidents, élaboration de programme de prévention, suivi de la
veille réglementaire).
3.2 Le CHSCT
Le CHSCT (Comité d’hygiène de sécurité et de conditions de travail) a pour
mission essentielle de veiller à la conservation de la santé des salariés, à la
prévention des dangers et à l’amélioration des conditions de travail. Il est aussi
consulté pour les programmes de formation liés à des domaines de compétences.

Il est présidé par le chef d’entreprise ou son représentant. Il est composé de
membres du personnel élus pour deux ans par les membres du comité d’entreprise
et les délégués du personnel, de membres de droit (comme le médecin du travail),
et de toutes personnes qualifiées sur un sujet.

Ce comité se réunit au moins une fois par trimestre et chacune des réunions peut
être précédée par une visite d’atelier. Des réunions extraordinaires peuvent être
organisées sur des sujets majeurs.

La liste des membres élus est affichée sur le panneau de direction.
3.3 L'inspection du travail
L’inspecteur du travail veille au respect des dispositions du droit du travail dans les
entreprises et notamment en ce qui concerne l’application de la réglementation
relative à la sécurité et à l’hygiène.
Il a un rôle de contrôle, de conseil et de conciliation.

En matière d’hygiène et de sécurité du travail, l’inspection du travail est seule
habilitée à mettre en œuvre les sanctions pénales prévues par la législation.

Les inspecteurs du travail disposent d’un droit d’entrée de jour comme de nuit
lorsque des travaux sont effectués.

Les inspecteurs de travail, avant de dresser un procès verbal pour infraction, mettent
en demeure le chef d’établissement de prendre les mesures nécessaires et conformes
aux prescriptions réglementaires afin de faire cesser l’infraction.
3.4 La CRAM
La CRAM (Caisse régionale d'assurance maladie) dispose d’ingénieurs-conseils et de
contrôleurs de sécurité qui interviennent dans les entreprises.


Partie 1 - Salariés et risques d’accident



Ils développent une importante activité de conseil technique propre à réduire les accidents du
travail et les maladies professionnelles. Ils peuvent inciter l’employeur à prendre des mesures
justifiées pour la prévention des risques et demander l’intervention de l’inspecteur du travail.

La CRAM n’est pas tenue de faire référence à des textes réglementaires pour demander au
chef d’établissement de satisfaire à certaines mesures de sécurité.
3.5 Le médecin du travail
Chaque nouveau salarié doit passer une visite médicale d’embauche.

Une visite d’aptitude sera renouvelée au moins une fois tous les deux ans.

En revanche, dans le cadre de la surveillance médicale renforcée, la visite d’aptitude
doit avoir lieu au moins une fois par an :
• pour les salariés affectés à certains travaux comportant des exigences ou des risques
déterminés par des règlements.
• dans le cadre de certains accords collectifs de branche étendus précisant les métiers et
postes concernés ainsi que des situations relevant d'une telle surveillance en dehors
des cas prévus par la réglementation ;
• Les salariés qui viennent de changer de type d'activité ou d'entrer en France, les
travailleurs handicapés, les femmes enceintes, les mères dans les six mois qui suivent
leur accouchement et pendant la durée de leur allaitement, les travailleurs âgés de
moins de dix-huit ans, ainsi qu’après tout arrêt de travail prolongé ou de changement
de poste.

Le but premier du médecin du travail, « inter-entreprise » ou « salarié », est d'éviter au
salarié toute altération de santé liée au travail. Il est aussi de suivre sa santé générale,
de le conseiller dans ce domaine.
Partie 1 - Salariés et risques d’accident


4 L'ÉVALUATION DES RISQUES
4.1 Généralités
4.1.1 Quelques définitions sur l’évaluation des risques

Qu’entend-on par danger ?
« Source ou situation pouvant nuire par blessure ou atteinte à la santé, dommage à la
propriété, à l’environnement du lieu de travail ou une combinaison de ces éléments » -
OHSAS 18001.
Qu’entend-on par risque ?
« Combinaison de la probabilité et de la (des) conséquence(s) de la survenue d’un
événement dangereux spécifié » - OHSAS 18001.
Qu’est-ce que le « document unique » et que doit-il contenir ?
Le document unique a pour but de formaliser le résultat de l’évaluation des risques
effectuée par unité de travail.
L’évaluation des risques est-elle une fin en soi ?
Non, ce n’est que la première étape de la mise en place de mesures de prévention.
En effet, le document unique doit être utilisé selon le décret du 5 novembre 2001 portant
création d'un document relatif à l'évaluation des risques pour la santé et la sécurité des
travailleurs, prévue par l'article L. 230-2 du Code du travail, pour établir le bilan de la situation
générale de l’hygiène, de la sécurité et des conditions de travail dans l’établissement (bilan
annuel) et le programme annuel de prévention des risques professionnels.
4.1.2 Pourquoi procéder à une évaluation des risques ?
C’est au terme d’une expertise que la cause d’un sinistre est identifiée, une fois que la
catastrophe s’est produite. Ce qui aurait pu être fait pour l’éviter est alors révélé.

De cette constatation, naît l’évidence de pratiquer des analyses préalables. Toutes les
sources d’un sinistre possibles sont recherchées, la plupart des risques planant sur nos
personnes ou sur notre environnement peuvent être détectés et souvent neutralisés par le
biais de cette anticipation.
Le but de cette recherche est donc d’identifier les risques par l’observation des causes
possibles d’un sinistre.

Un sinistre résultant presque toujours d’un concours de circonstances, il s’avère
nécessaire d’anticiper les enchaînements qui peuvent se produire à partir de plusieurs
éléments matériels et humains.
L’objectif de cette évaluation est donc de dégager les éléments propres à maintenir à
tout moment l’installation en sécurité, tant lors de son fonctionnement optimal que lors
des déviations prévisibles.
4.1.3 Qui doit procéder à l’évaluation des risques ?
L’évaluation des risques doit toujours être effectuée par un groupe de travail composé de
personnes connaissant les comportements humains, les matériels et les installations dans des
situations analogues et dans des données du problème.
Partie 1 - Salariés et risques d’accident



Ce travail doit réunir tous les types de compétences internes et externes si besoin. Le
groupe pourra être constitué de techniciens représentants chacun les différents secteurs
de l’entreprise concernés par l’installation : technicien de fabrication, technicien en
environnement, technicien en sécurité des personnes, technicien des méthodes… et
surtout un garant de méthode.
4.1.4 Comment procéder à l’évaluation des risques ?
L’analyse doit aboutir aux choix des mesures de prévention et de protection dans un
ensemble ou interviennent des procédés, des équipements, des fluides, des interfaces
entre les équipements et les opérateurs, des facteurs humains, des facteurs
environnementaux.

La démarche se doit d’intégrer ces différents facteurs dans toutes les étapes de l’étude :
• recueil des données de base : physico-chimique, caractère de danger, équipements,
réglementation, sinistralité… ;
• définition des conditions « sûres » du système en marche normale ;
• recherche systématique des dangers : produits, procédés, équipements, interfaces,
facteurs humains et extérieurs ;
• classement des dangers en fonction de leur gravité et de leur probabilité d’occurrence
- Évaluation des risques ;
• choix des mesures de prévention et de protection ;
• analyse des fonctionnements en mode dégradé.
4.1.5 La réglementation
Les principes généraux de prévention sont énoncés par la loi n°91-1414 du 31 décembre
1991 portant transposition de directives européennes relatives à la santé et à la sécurité du
travail et par l’article L 230-2 du Code du travail.

« I. - Le chef d'établissement prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et
protéger la santé physique et mentale des travailleurs de l'établissement, y compris les
travailleurs temporaires.
Ces mesures comprennent des actions de prévention des risques professionnels, d'information
et de formation ainsi que la mise en place d'une organisation et de moyens adaptés.
Il veille à l'adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des
circonstances et tendre à l'amélioration des situations existantes.

II. - Le chef d'établissement met en œuvre les mesures prévues au I ci-dessus sur la base
des principes généraux de prévention suivants :
a) éviter les risques ;
b) évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ;
c) combattre les risques à la source ;
d) adapter le travail à l'homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de
travail ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de travail et de
production, en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail cadencé et de
réduire les effets de ceux-ci sur la santé ;
e) tenir compte de l'état d'évolution de la technique ;
f) remplacer ce qui est dangereux par ce qui n'est pas dangereux ou par ce qui est moins
dangereux ;
g) planifier la prévention en y intégrant dans un ensemble cohérent, la technique,
l'organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l'influence des
facteurs ambiants, notamment en ce qui concerne les risques liés au harcèlement moral,
tel qu'il est défini à l'article L. 122-49 ;
h) prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les
Partie 1 - Salariés et risques d’accident


mesures de protection individuelle ;
i) donner les instructions appropriées aux travailleurs.

III. - Sans préjudice des autres dispositions du présent code, le chef d'établissement
doit, compte-tenu de la nature des activités de l'établissement :
a) Évaluer les risques pour la sécurité et la santé des travailleurs, y compris dans le
choix des procédés de fabrication, des équipements de travail, des substances ou
préparations chimiques, dans l'aménagement ou le réaménagement des lieux de
travail ou des installations et dans la définition des postes de travail.
A la suite de cette évaluation et en tant que de besoin, les actions de prévention ainsi
que les méthodes de travail et de production mises en œuvre par l'employeur doivent
garantir un meilleur niveau de protection de la sécurité et de la santé des travailleurs
et être intégrées dans l'ensemble des activités de l'établissement et à tous les niveaux
de l'encadrement.
b) Lorsqu'il confie des tâches à un travailleur, prendre en considération les capacités
de l'intéressé à mettre en œuvre les précautions nécessaires pour la sécurité et la
santé
c) Consulter les travailleurs ou leurs représentants sur le projet d'introduction et
l'introduction de nouvelles technologies mentionnées à l'article L. 432-2, en ce qui
concerne leurs conséquences sur la sécurité et la santé des travailleurs.

IV. - Sans préjudice des autres dispositions du présent code, lorsque dans un même lieu
de travail, les travailleurs de plusieurs entreprises sont présents, les employeurs doivent
coopérer à la mise en œuvre des dispositions relatives à la sécurité, à l'hygiène et à la
santé selon des conditions et des modalités définies par décret en Conseil d'État.

En outre, dans les établissements comprenant au moins une installation figurant sur
la liste prévue au IV de l'article L. 515-8 du Code de l'environnement ou visée à
l'article 3-1 du Code minier, lorsqu'un salarié ou le chef d'une entreprise extérieure
ou un travailleur indépendant est appelé à réaliser une intervention pouvant
présenter des risques particuliers en raison de sa nature ou de la proximité de cette
installation, le chef d'établissement de l'entreprise utilisatrice et le chef de
l'entreprise extérieure définissent conjointement les mesures prévues aux I, II et III.

Le chef d'établissement de l'entreprise utilisatrice veille au respect par l'entreprise
extérieure des mesures que celle-ci a la responsabilité d'appliquer, compte-tenu de la
spécificité de l'établissement, préalablement à l'exécution de l'opération, durant son
déroulement et à son issue. »
4.2 L’analyse préliminaire de risques (APR)
4.2.1 Définition
L’analyse préliminaire des risques est une méthode d’identification et d’évaluation des
risques. Elle permet de se pencher sur les causes des risques et sur l’importance de leurs
conséquences.
Elle se déroule donc en deux étapes :
• l’analyse préliminaire des dangers ainsi que des causes d’accidents ;
• l’analyse des conséquences d’accidents.

Elle s’appuie sur des listes de dangers pré-établies ainsi que sur des tableaux formalisés
des incompatibilités, des fiches produits rassemblant les données physiques, chimiques,
etc., et des fiches opérations rassemblant les données sur la chimie des réactions, etc.
Partie 1 - Salariés et risques d’accident



4.2.2 Objectif
L’objectif de cette analyse est de trouver les moyens et les manières d’agir pour contrer
les accidents éventuels. La méthode doit permettre :
• d’identifier rationnellement tous les aspects sécurité en identifiant les risques ;
• de prescrire les actions correctives immédiates dans les meilleures conditions
d’efficacité, de rapidité et de coût ;
• de répertorier les risques justifiant une étude complémentaire ;
• d’obtenir dès les phases de recherche, développement, conception, une certaine
analyse de sécurité se traduisant par des consignes d’exploitation et de sécurité, des
dispositifs de contrôle et de régulation, des moyens de protection, des règles de
construction des équipements.
4.2.3 Dans quel contexte ?
L’analyse préliminaire de risques est particulièrement intéressante lors de la première
phase de conception de l’installation pour laquelle il n’est pas encore possible de
s’appuyer sur le retour d’expérience. Elle fait donc appel à des techniques courantes,
mais mal maîtrisées et difficiles à appliquer, lorsque les détails de l’installation ne sont
pas encore déterminés.

Elle est essentiellement utilisée dans les domaines de la chimie, du nucléaire, de la
maintenance et de toute production électronique, etc.
4.2.4 Déroulement de l’analyse
L’analyse préliminaire des risques dans la conception d’une installation se propose de
réunir des données de sécurité suivant les listes guides sur deux types de problème :
• les risques inhérents aux produits mis en œuvre : matières premières, produits
intermédiaires et finis, déchets.
• les risques liés au procédés retenus : réactions chimiques et/ou opérations diverses.

Elle tient également compte des interactions possibles avec les installations existantes.

Les critères de recherche sont par exemple :
• Pour la fiche produit :
- les propriétés physico-chimiques du produit,
- la solubilité,
- les chaleurs spécifiques,
- les caractéristiques de combustion,
- les agents extincteurs,
- corrosion,
- incompatibilités,
- stabilités,
- effets des impuretés,
- hygiène industrielle,
- toxicité,
- réglementation,
- stockage,
- destruction ;

• Pour la fiche procédé :
- équation de la réaction principale et des réactions secondaires,
- conditions opératoires,
- risques,
Partie 1 - Salariés et risques d’accident


- dispositifs prévus pour assurer la maîtrise de la réaction,
- moyens de prévention de contamination par mélange intempestif,
- mesures propres à parer les conséquences d’une panne,
- mesures propres à éviter les fausses manœuvres,
- corrosion,
- moyens d’élimination et de destruction des effluents,
- anomalies observées et incidents divers.
4.3 L’analyse des modes de défaillances, de leurs effets
et de leur criticité (AMDEC)
4.3.1 Définition
Historiquement, la méthode initiale est appelée Analyse des modes de défaillances et de leurs
effets (AMDE). Son extension logique est l’analyse des modes de défaillance, de leurs effets et
de leur criticité.
Cette méthode préventive effectue un recensement des modes de défaillances des différents
composants de l’unité de manière à déterminer leur probabilité d’occurrence et la gravité de
leurs effets. Cette méthode d’analyse de la sûreté de fonctionnement est basée sur l’analyse
inductive destinée à prévenir les failles possibles d’un procédé, d’une installation, etc. : elle
remonte de l’effet sur le système jusqu’à la cause de la défaillance.
4.3.2 Objectifs
L’AMDEC est une technique utilisée pour faciliter l’examen critique de la conception.
Elle procure alors :
• une base pour une analyse quantitative ;
• une documentation « historique » pour une référence future d’aide en analyse de
défaillances ;
• une base pour l’établissement d’actions correctives prioritaires ;
• une liste de pannes menant aux événements redoutés spécifiés.
4.3.3 Dans quel contexte ?
La méthode AMDEC peut être lourde, elle est donc utilisée pour des pannes simples.
Tous les composants du système étudié sont censés être en bon état de fonctionnement,
à l’exception de celui dont on analyse la faille.
Cette méthode ne donne donc pas la possibilité de s’intéresser aux interactions entre
systèmes.

L’AMDEC est réalisée pour un état de fonctionnement du système, ce qui nécessite de :
• connaître le profil de mission du système ;
• connaître la configuration du système dans chacune des phases de la mission ;
• choisir un nombre limité d’états dimensionnant vis à vis des objectifs.
4.3.4 Déroulement de l’analyse
La méthode AMDEC repose sur une analyse systématique de tous les composants du
système, des causes possibles de défaillances et de leurs conséquences. La probabilité
et la gravité de ces défaillances sont également étudiées.

On distingue généralement l’AMDEC produit et l’AMDEC procédé.
Cette méthode se pratique à l’aide d’un tableau.
Partie 1 - Salariés et risques d’accident



4.4 La méthode HAZOP
4.4.1 Définition
La méthode HAZOP a été créée pour répondre aux besoins de l’industrie chimique,
mais peut être appliquée à toute autre industrie.
Cette méthode porte également l’appellation SCF (étude de sécurité sur schéma de
circulation de fluides).
Une équipe d’analystes s’intéresse aux déviations des paramètres physiques de
fonctionnement (température, pression…), à leurs causes, à leurs conséquences et aux
actions à mettre en place.
Il s’agit donc d’une méthode inductive qui part d’une cause et en étudie les effets.
4.4.2 Objectif
Il s’agit d’une méthode logique destinée à analyser les causes possibles d’un événement
redouté afin d’en limiter la probabilité par des mesures de prévention appropriées.
4.4.3 Contexte
Cette méthode est utilisée pour les industries de procédés (raffinage, liquéfaction de
gaz…).
4.4.4 Principes

• Cette méthode s’effectue en groupes de travail, ainsi les points de vue les plus divers
et les compétences les plus variées sont confrontés. Les solutions naissent de ces
échanges.
• L’étude s’appuie sur le schéma de circulation des fluides et d’instrumentation complets
avec nomenclature.
• Toutes les phases du procédé sont étudiées les unes après les autres en délimitant le
système concerné (circuit des fluides) et en définissant soigneusement l’intention qui
préside à la séquence.
• Ils font l’objet des mêmes questions générées par une liste de mots-clefs.

Les dysfonctionnements de l’installation apparaissent au travers des déviations des
paramètres de fonctionnement et par rapport à l’intention.
4.4.5 Déroulement de l’analyse
L’analyse en elle-même se fait en plusieurs étapes.
La définition des objectifs
La méthode pouvant s’appliquer à la conception d’une installation comme aux contrôles
d’équipements existants, il est impératif que le cadre de l’étude soit défini.
Les types de dangers pris en compte peuvent être pour :
• l’environnement ;
• le voisinage ;
• le personnel ;
• les équipements et le matériel ;
• la qualité du produit.

Une étude HAZOP pouvant être très détaillée, il faut également fixer le niveau
d’investigation de l’analyse.
Partie 1 - Salariés et risques d’accident


Enfin, une étude HAZOP s’avérant très lourde à mettre en place, le système étudié doit
être bien cerné. L’étude peut être limitée à une partie de l’installation en complément
d’une analyse préliminaire de risque globale et moins détaillée.
Le choix du groupe de travail
Par la variété de sa composition, l’équipe technique regroupe toutes sortes de
connaissances techniques (mécaniques, chimiques…) et de l’expérience dans de
nombreux domaines.
Un meneur d’étude est désigné. Il doit avoir intégré les objectifs de l’étude et veille à la
bonne application de la méthode d’analyse. Ses connaissances techniques le rendent
apte à suivre les discussions et les réflexions.
Il est toutefois possible de joindre aux compétences du meneur d’étude, les services d’un
secrétaire chargé de noter les risques découverts dans le courant de l’analyse.
Le travail préparatoire
De cette phase préliminaire dépend la réussite de la réunion de récolte d’informations.
La préparation s’effectue autour de :
• l’inventaire des points à étudier ;
• l’obtention de plans et des schémas (inventaires de matériel, données physico-
chimiques des produits mis en œuvre, historiques d’incidents, séquences opératoire,
programmes, plans d’implantation, schémas tuyauterie instrumentation, liste de
sécurité, études déjà existantes…) ;
• la modélisation du système et de la circulation des fluides ;
• l’étude de séquences et des programmes ;
• la décomposition du système étudié selon le niveau de l’investigation décidé : on peut
retenir une décomposition de matériel (canalisations, cuves, équipements auxiliaires),
selon le trajet suivi parles matières, depuis la matière première jusqu’au produit fini.
On décompose le système selon des phases opératoires séquentielles. Par
élargissement, on pourrait décomposer le système en fonctionnalités, regroupant des
matériels sous une même intention de fonctionnement ;
• l’établissement de « l’intention » précise associée à chaque élément d’étude. C’est le
fonctionnement attendu de l’élément. A « l’intention » correspondent des valeurs
précises de débits, de température, de pression, de PH, de viscosité…
Les réunions
Il est conseillé que les réunions se passent le matin, qu’elles ne durent pas plus de trois
heures et que quinze minutes soient consacrées par point abordé. Le temps de réunion doit
être prioritairement consacré à la mise en évidence des risques.

Le groupe de travail doit rassembler le maximum de compétences et de potentialités
créatives : les spécialistes de l’entretien sont indispensables parce qu’ils connaissent
l’installation sous un angle technique, le cadre de production peut apporter un esprit de
synthèse.

Une personne de laboratoire peut donner des précisions sur les propriétés des produits.
L’agent de maîtrise apporte son expérience, ses connaissances de la machine…

Chaque élément est étudié suivant un ordre précis : processus opératoire, chronologie,
et la démarche est la suivante :

• Expression de « l’intention » (fonction attendue de l’élément)
Le fonctionnement normal de l’élément d’étude doit être rappelé et clarifié pour tous les
participants de la réunion.
Partie 1 - Salariés et risques d’accident



• Recherche des « déviations possibles » avec l’application
des mots-clefs sur les paramètres de fonctionnement.
Pour un élément donné, les mots-clefs ne sont pas tous forcément applicables. Un mot-
clef peut générer plusieurs déviations.

• Pour chaque déviation, recherche des causes possibles
Si un système de sécurité existe et qu’il empêche la déviation, il s’agit de faire
l’hypothèse de son non fonctionnement. L’étude devra mettre en avant le rôle de ces
systèmes de sécurité existants ou à mettre en place.
Il s’agit également de se méfier de l’opérateur humain.

• Recherche des conséquences.
Il s’agit de continuer à faire abstraction des sécurités du système.
Il faut également cerner les limites maximales des dégâts des accidents.
Il ne faut pas s’attarder sur la qualité du produit si elle ne fait pas partie des objectifs de
l’étude fixés préalablement.
Il s’agit enfin de repérer les conséquences pouvant présenter un danger et les faire
figurer dans une liste récapitulative.

• Analyse des actions déjà entreprises ou à entreprendre
pour les conséquences présentant un danger quelconque
Il s’agit alors de faire le point sur les moyens de prévention qui diminuent
les probabilités d’occurrence des événements, sur la limitation des conséquences par les
moyens de protection, sur la détection et sur les alarmes.
Il faut vérifier le rôle des actionneurs (sur quel circuit agissent-ils ?).
Il faut également vérifier la localisation des capteurs et la validité de leurs informations.

Toutes les informations sont rassemblées sous forme de tableaux

Les questions qui ne trouvent pas de solutions sont notées en vue d’une discussion
extérieure. Des calculs sont également faits ultérieurement pour vérifier si un risque
potentiel identifié est avéré ou non.
Conséquences des réunions :
Les solutions trouvées peuvent constituer un changement dans le procédé, dans la méthode
opératoire. Elles peuvent également constituer un complément pour l’installation… Certaines
décisions peuvent nécessiter une nouvelle réunion.
4.5 Les arbres de défaillances
4.5.1 Définition
Cette méthode est née en 1962 aux États-Unis dans les bureaux de la société Bell. Elle
est également désignée sous d’autre noms : arbre des défauts, arbre des causes, arbre
des fautes.

Il s’agit d’une méthode logique destinée à analyser les causes possibles d’un événement
redouté afin d’en limiter la probabilité par des mesures de prévention appropriées.

Cette méthode part de l’événement redouté pour remonter aux causes (d’où le nom
parfois d’arbre des causes). La construction de l’arbre terminée, il devient possible d’en
faire une utilisation quantitative ou qualitative.
Cet arbre des défaillances est donc une méthode déductive.

C’est un graphe arborescent reliant de manière logique des événements et destiné à
déterminer la combinaison des causes d’un événement redouté.
Partie 1 - Salariés et risques d’accident


4.5.2 Objectifs
Il s’agit de représenter graphiquement les combinaisons d’événements qui conduisent à
un fait indésirable et unique.
4.5.3 Contexte
L’arbre des défaillances est une méthode déductive particulièrement bien adaptée aux
systèmes statiques ou assimilables. Les événements constituant un arbre des défaillances
(intermédiaires de base) sont indépendants entre eux. Elle est utilisée, entre autres, dans les
études de sécurité de centrales nucléaires.
4.5.4 Principes
L’arbre des défaillances est formé de niveaux successifs tels que chaque événement est
généré à partir des événements du niveau inférieur par l’intermédiaire de divers
opérateurs (ou portes) logiques.
Cette méthode peut compléter l’outil AMDEC en offrant la possibilité d’étudier les
combinaisons de pannes.
4.5.5 Déroulement de l’analyse
Les principales étapes sont les suivantes :
• définir l’événement redouté ;
• étudier le système ;
• construire l’arbre (arborescences, réductions booléennes) ;
• recueillir les données quantitatives susceptibles de figer les valeurs des différents
événements élémentaires ;
• évaluer les différentes probabilités des événements présents dans l’arbre ;
• analyser et interpréter les résultats obtenus.
4.6 La méthode DIDERO
Développée par le CNPP, la méthode DIDERO (déclinaison de l’Identification des
Dangers, de l’Évaluation des risques et des objectifs) se compose de plusieurs étapes.
4.6.1 Le découpage en unités de travail
La première étape est « le découpage » du site en « entités élémentaires d’analyse ».
Ce découpage peut être réalisé en fonction de critères à la fois géographiques et
organisationnels (dans l’esprit de l’approche processus découlant notamment de
l’application de la norme ISO 9001 version 2000).
Ensuite, les opérations effectuées dans chaque entité sont identifiées en fonction des différentes
étapes du processus de fabrication, mais également, en fonction des différents modes de
fonctionnement (fonctionnement normal, entretien, maintenance, mode dégradé…).
Enfin, de manière à permettre une détermination aussi exhaustive que possible des
sources de danger, il est nécessaire de recueillir un ensemble de données permettant
d’appréhender chaque opération et chaque installation dans l’entité étudiée (machines,
produits utilisés, mesures de prévention, moyens de protection en place…).

Ces éléments sont recueillis à partir :
• d’une visite de terrain ;
• d’entretiens avec les responsables et personnes travaillant dans l’entité ;
• des sources documentaires existantes (compte-rendu d’accident, fiche de données de
sécurité, registre d’infirmerie…).
Partie 1 - Salariés et risques d’accident



4.6.2 Le découpage en opérations ou tâches réalisées
Chaque unité de travail est découpée en opérations ou tâches réalisées
4.6.3 L’identification des sources de danger
Elle est faite pour chacune des opérations effectuées dans une entité élémentaire d’analyse. Le
recensement des éléments source de dangers au niveau de l’entité élémentaire est effectué en
distinguant les dangers de type accidentel et ceux de type chronique. Cette identification est
réalisée à l’aide d’une grille (évolutive et adaptable) présentant une liste exhaustive des sources
de danger que l’on peut rencontrer en entreprise.
4.6.4 L’évaluation des risques
L’appréciation des risques se fait au travers de deux paramètres que sont la probabilité
d’occurrence de l’événement redouté et la gravité des conséquences de l’événement sur les
personnes.

Dans le but d’évaluer au plus juste le risque au sein d’une entreprise donnée, trois
critères de pondération sont utilisés :
• les facteurs pouvant exacerber la gravité ou la probabilité de l’événement (par
exemple, la faible résistance des structures d’un entrepôt dans lequel on stocke des
matières inflammables) ;
• les mesures de prévention mises en œuvre ;
• les moyens de protection en place.

Pour l’évaluation de chacun de ces critères, des grilles de cotation par source de danger sont
à la disposition des groupes d’évaluation des risques (utilisation d’une échelle de 1 à 4).
Chaque risque « évalué » est ensuite positionné dans une matrice 4 x 4 et une note de 1 à 16
est attribuée à chacun. Ceci permet de hiérarchiser les risques les uns par rapport aux autres et
donc de définir des priorités d’actions.
4.6.5 La hiérarchisation des risques
Cette phase de hiérarchisation s’effectue en fonction de la note qui a été attribuée à
chacun des risques identifiés.
Les risques sont classés en trois catégories :
• Les risques non significatifs qui de par leur nature ne sont pas prioritaires. Ils
continueront à faire l’objet d’une attention par l’entreprise mais ne donneront pas lieu
à l’établissement d’un plan d’actions sécurité ;
• Les risques significatifs maîtrisés préalablement à la démarche
d’évaluation des risques. Exemple, un tour à bois qui pouvait générer des projections
ou entraîner l’opérateur en happant ses vêtements a été protégé par un carter. Ainsi, les
risques ont été ramenés à un niveau acceptable ;
Pour maintenir ce niveau acceptable, il faut garantir le maintien dans le temps de la
protection et la pérennité de la sensibilisation de l’opérateur au danger.
Pour ce faire, un plan de surveillance est mis en place au travers de visites hiérarchiques de
sécurité (VHS) : le chef d’atelier devra régulièrement faire le tour des machines modifiées,
s’assurer qu’elles sont utilisées convenablement et sensibiliser régulièrement le personnel.
• Les risques significatifs. Ce sont ceux sur lesquels les moyens de maîtrise ne sont
pas considérés comme suffisants au regard des dangers présents. Ils doivent par
conséquent être traités en priorité, soit par une réflexion de fond pour la suppression
du danger, soit par l’identification d’un plan de traitement intégrant des éléments de
protections collectives et individuelles, de formation (suivant les principes généraux de
prévention définis dans l’article L.230-2 du Code du travail).
Partie 1 - Salariés et risques d’accident


4.6.6 Le seuil de « significativité » de la méthode DIDERO
Le seuil à prendre en compte n’est pas figé. Il est fixé en fonction du niveau actuel de sécurité
dans l’entreprise, mais également, en fonction du niveau qu’elle souhaite atteindre (niveau
défini en tenant compte du contexte économique, social, réglementaire…).

En règle générale et dans une entreprise ayant atteint un « bon niveau » de sécurité,
l’évaluation des risques conduit à identifier 20 % de risques significatifs (en application de la
loi de Pareto).

En revanche, il ne peut être exclu, dans une entreprise ayant peu « investi » sur la sécurité, que
la proportion des risques significatifs soit beaucoup plus importante.

07 11 13 16
04 08 12 15
02 05 09 14
01 03 06 10

Les risques situés dans les cases 10, 11, 12, 13, 14, 15 et 16 sont dits « risques
significatifs » et sont à traiter en priorité.
4.7 La sécurité au travail : de la méthodologie à la pratique
Lorsqu’il est réalisable, le découpage par processus effectué lors de la mise en place
d’un système de management sert de base à l’évaluation des risques. Ce qui évite
d’effectuer différents découpages de l’entreprise et permet de rester dans la même
logique que cette dernière.

Il convient en revanche de s’assurer formellement que le découpage organisationnel
recouvre bien tout le périmètre de l’entreprise. En effet, il n’est pas rare, que certaines
activités ou zones de l’entreprise ne soient pas (formellement) prises en compte dans la
« cartographie des processus ». A titre d’exemple : l’atelier maintenance, les locaux
« utilités », les zones de circulation extérieures, les espaces verts…
A la suite de la parution du décret du 5 novembre 2001 portant création d'un document
relatif à l'évaluation des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs, prévue par
l'article L. 230-2 du Code du travail, l’employeur transcrit et doit mettre à jour par écrit les
résultats d’une évaluation des risques pour la sécurité et la santé des travailleurs dans son
entreprise.

Diverses réflexions menées avec des institutionnels de la sécurité ont amené à dresser une
liste des conditions qui leur paraissent essentielles pour réaliser une bonne évaluation des
risques. Ainsi, pour être de qualité, celle-ci doit être :
• Exhaustive.
Cela signifie que tout le périmètre physique de l’entreprise devra être pris en compte.
Non seulement tous les locaux mais également les réseaux de distribution (fluides,
utilités…) et les zones de circulation.
Toutes les phases de vie de l’entreprise seront étudiées, les phases de production, mais
également de montage, de maintenance, de réparation…
Enfin, toutes les sources de danger devront être prises en considération, qu’elles soient
d’origine chronique (atteinte à la santé) ou d’origine accidentelle. Dans un premier temps, les
sources de danger présentes sur le site devront être identifiées et aucune ne devra être écartée.
A titre d’exemple, certains sites industriels ont recensé les dangers pour le personnel
d’intervention, induits par des situations d’urgence : incendie, épandage de produits à risques,
secours à blessés.
Après cette étape d’inventaire exhaustif, le choix entre les risques significatifs et les autres
sera réalisé au moment de l’évaluation.
Partie 1 - Salariés et risques d’accident



• Participative et méthodique.
Une évaluation des risques ne doit pas être menée de manière aléatoire, elle doit être
cadrée par un guide ou une méthode la rendant rigoureuse.

L’objectif premier d’un chef d’entreprise lors de la mise en place de l’évaluation des
risques au sein de son établissement est de se mettre en conformité avec la réglementation.
Mais c’est également pour lui l’opportunité d’instaurer un dialogue « sécurité » dans
l’entreprise : réunir des salariés (opérateurs et encadrement), des représentants du personnel,
des membres du CHSCT et des membres des organismes de prévention (médecine du travail,
CRAM…) autour d’une table pour évaluer la santé et la sécurité au travail.
Cette démarche amorcera la pensée sécurité. Plusieurs expériences ont montré l’intérêt
que portent les employés aux démarches participatives en matière de sécurité permettant
l’identification des dangers, la définition et la mise en place d’actions de sécurité.
Il serait donc dommageable de ne pas impliquer des salariés et membres du CHSCT
dans le groupe de travail « Evaluation des risques ».
Ils seront notamment d’une très grande aide lors de la définition des opérations (qu’ils
effectuent), la détermination des phases de travail et des dangers associés puis la mise
en œuvre du plan de réduction des risques.
• Objective et reproductible.
L’évaluation des risques devra être reconduite tous les ans ou du moins mise à jour. Il
est donc nécessaire d’obtenir les mêmes résultats à la fois dans la durée et ce, quelle
que soit la personne (ou le groupe de personnes) qui conduit l’évaluation.
Par conséquent, la méthode utilisée doit être basée sur des critères purement objectifs,
l’interprétation de la personne déployant la méthode doit être réduite au minimum. De
cette manière, il suffira d’avoir un garant de la méthodologie au sein de l’entreprise
pour que l’évaluation des risques soit reconduite chaque année dans les mêmes
conditions.
• Évolutive.
L’objectif d’une entreprise n’est pas, en général, d’atteindre un niveau de sécurité donné mais
plutôt d’améliorer en permanence le niveau de sécurité de ses salariés. La méthodologie
d’évaluation des risques doit permettre de faire évoluer le seuil à partir duquel on considère
qu’un risque est significatif, sans pour autant que l’on évalue différemment un risque d’une
année sur l’autre.
Entre deux évaluations, des mesures seront prises pour améliorer la sécurité des
travailleurs et, de fait, la cotation moyenne des risques de l’entreprise se verra diminuée.
En conséquence, si on veut garder la même proportion de risques considérés comme
significatifs, il faudra abaisser le « seuil de significativité ». De cette manière, on entre
dans une démarche d’amélioration continue des conditions de sécurité au sein de
l’entreprise.
L’application de méthodes de quantification des risques permet également de mesurer le
niveau de performance sécurité obtenu par l’entreprise.
4.8 L’élaboration du « document unique »
relatif à l’évaluation des risques professionnels
4.8.1 L ‘évaluation des risques et la situation réelle
Avant toute chose, il convient d’apporter quelques précisions quant au contenu du
document unique au regard de l’évaluation des risques et de la nécessité d’analyser le
travail réel.

Partie 1 - Salariés et risques d’accident


a) Le domaine de l’évaluation des risques
L’évaluation des risques doit s’entendre de manière globale et exhaustive. (voir 4.7) Les
dispositions législatives précisent que l’évaluation des risques doit aussi être réalisée :
• lors du choix des procédés de fabrication, des équipements de travail, des substances
et préparations chimiques ;
• lors de l’aménagement des lieux de travail et de la définition des postes de travail
(article L. 230-2, III, a).
• lors de toute transformation importante des postes de travail découlant de la
modification de l’outillage, d’un changement de produit ou de l’organisation du
travail et toute modification des cadences et des normes de productivité (liées ou non
à la rémunération du travail), une évaluation des risques doit être réalisée.

Des réglementations propres à certaines activités ou risques, notamment physiques,
chimiques et biologiques, peuvent conduire à la réalisation de diagnostics fondés sur le
respect d’indicateurs permettant d’estimer les conditions d’exposition.
b) L’analyse du travail réel
La pertinence de l’évaluation des risques repose en grande partie sur la prise en compte
des situations concrètes de travail, dit « travail réel », qui se différencie des procédures
prescrites par l’entreprise.

Ainsi, l’activité exercée par le travailleur pour réaliser les objectifs qui lui sont assignés
génère des prises de risques pour gérer les aléas ou les dysfonctionnements qui
surviennent pendant le travail.

De ce fait, l’analyse des risques a pour objet d’étudier les contraintes subies par les
travailleurs et les marges de manœuvre dont ceux-ci disposent dans l’exercice de leur
activité. L’association des travailleurs et l’apport de leur connaissance des risques ainsi
que de leur expérience s’avèrent à cet égard indispensables.

Pour ces raisons, il est souhaitable que dans le document unique ne figurent pas
uniquement les résultats de l’évaluation des risques mais aussi une indication des
méthodes utilisées pour y parvenir.

Cela doit permettre d’apprécier la portée de l’évaluation des risques au regard des
situations de travail.
4.8.2 Qui est concerné par la réglementation générale ?
L’article L 230-2 du Code du Travail (Loi du 31 décembre 1991) énonce le principe
général d’une évaluation des risques professionnels dans chaque unité de travail (au sens
large) afin d’étudier, si besoin, les actions préventives.
Cette évaluation porte notamment sur le choix des procédés de fabrication, des
équipements de travail, des substances ou préparations chimiques, dans l’aménagement
ou le réaménagement des lieux de travail ou installations et dans la définition des postes
de travail.
Le chef d’entreprise doit prendre les mesures nécessaires en vue d’assurer la sécurité et
de protéger la santé des salariés dans tous les aspects liés au travail et dans tous les
lieux de travail. Ces mesures comprennent des actions de prévention des risques
professionnels, d’information et de formation ainsi que la mise en place d’une
organisation et de moyens adaptés.




Partie 1 - Salariés et risques d’accident



Ce principe d’évaluation des risques a été rendu obligatoire depuis le 1
er
janvier 1993 par la
loi du 31 décembre 1991, transposant la directive-cadre européenne n°89/391 du 12 juin
1989. La loi du 31 décembre 1991 a introduit dans le Code du travail l’article L.230-2.
L’article L.231-2 (3°) du Code du travail indique que des décrets déterminent les modalités de
l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité des salariés prévue à l’article L.230-2 du
Code du travail.

Plusieurs textes réglementaires précisent cette obligation et notamment pour toute
activité susceptible de présenter un risque d’exposition :
• au bruit (C.trav. art.232-8 et suiv.) ;
• à des substances/préparations chimiques dangereuses (C.trav. art. R.231-54-1) ;
• à des agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (C.trav. art.
R.231-56-1) ;
• à un risque biologique (C.trav. art. R.231-62) ;
• aux risques relatifs aux opérations de manutention manuelle (C.trav. art. R.231-68) ;

ainsi que pour l’analyse des risques pouvant résulter de l’interférence entre les activités, les
installations et matériels, à laquelle doivent procéder les chefs de l’entreprise utilisatrice et
des entreprises extérieures (C.trav. art. R. 237-7).
4.8.3 Points de repère : la directive-cadre
et sa transposition en droit français

La directive-cadre
La directive n° 89/391/CEE du Conseil des communautés européennes du 12 juin
1989, dite « directive-cadre », définit les principes fondamentaux de la protection des
travailleurs. Elle a placé l’évaluation des risques professionnels au sommet de la
hiérarchie des principes généraux de prévention, dès lors que les risques n’ont pas pu
être évités à la source.

Alors que la plupart des dispositions de la directive-cadre préexistaient en droit français,
la démarche d’évaluation a priori des risques, qui doit contribuer fortement à
l’amélioration globale de la santé et de la sécurité et des conditions de travail, constitue
la principale innovation de ce texte communautaire, au regard de l’approche française
classique.

L’évaluation en amont des risques vise à connaître, de manière exhaustive et précise, les
risques à traiter auxquels les travailleurs peuvent être exposés. Elle s’attache à tenir compte de
l’évolution des techniques, avec le souci d’assurer la mise en œuvre du principe fondamental
d’une adaptation du travail à l’homme.
La loi du 31 décembre 1991
La loi du 31 décembre 1991 a permis de transposer, pour l’essentiel, les dispositions
que la directive-cadre ajoutait au droit français. S’agissant de l’évaluation des risques,
c’est l’article L. 230-2 du Code du travail qui traduit le droit communautaire (article 6
de la directive-cadre), au regard de trois exigences d’ordre général :
• obligation pour l’employeur d’assurer la santé et la sécurité des travailleurs (I de
l’article L. 230-2) ;
• mise en œuvre des principes généraux de prévention des risques professionnels (II de
l’article L. 230-2) ;
• obligation de procéder à l’évaluation des risques (III de l’article L. 230-2).

Partie 1 - Salariés et risques d’accident


À ce titre, il convient de noter les arrêts de la cour de cassation du 28 février 2002,
relatifs à l’amiante, qui imposent à l’employeur une obligation de résultat devant le
conduire à une grande vigilance.

L’évaluation des risques constitue une obligation à la charge de l’employeur s’inscrivant
dans le cadre des principes généraux de prévention, afin d’engager des actions de
prévention des risques professionnels.

Cette obligation générale a été déclinée en prescriptions législatives et
réglementaires spécifiques prises, depuis 1989, en matière d’évaluation des risques.
Elles correspondent, soit à un type de danger, d’agents ou produits dangereux
(amiante, bruit, risque biologique, chimique, cancérogène... ), soit à un type
d’activité (manutention des charges, bâtiment-travaux publics, co-activité...).

Outre l’article L230-2 du Code du travail qui énonce les généralités liées à l’évaluation
des risques, la réglementation se rapportant au document unique est complétée par
plusieurs textes.
4.8.4 Le décret du 5 novembre 2001: éléments juridiques
Le décret du 5 novembre 2001vient concrétiser le dispositif général mis en place en
1991, en complétant la transposition de la directive-cadre sous un angle juridique. Il
introduit deux dispositions réglementaires dans le Code du travail.

La première, dans l’article R. 230-1 (art. 9, §1a) de la directive) précise le contenu de
l’obligation pour l’employeur de créer et conserver un document transcrivant les
résultats de l’évaluation des risques à laquelle il a procédé. A cette occasion, un
chapitre préliminaire, intitulé « principes de prévention », a été inséré dans la partie
réglementaire du titre III du livre II du Code du travail.
Il importe de noter que cette obligation porte sur les seuls résultats de l’évaluation des
risques, les conditions de réalisation de celle-ci relevant donc au choix du chef
d’entreprise.

D’autre part, l’article R. 230-1 définit les modalités de mise à disposition du document
transcrivant les résultats de l’évaluation des risques, aux acteurs externes et internes à
l’entreprise, parmi lesquels figurent les instances représentatives du personnel (art. 10, §
3 a) de la directive).
La seconde disposition réglementaire est de grande portée, puisqu’elle introduit un
nouvel article R. 263-1-1, qui porte sur le dispositif de sanctions pénales prévu en cas
de non-respect par l’employeur des différentes obligations, auquel celui-ci est
dorénavant soumis en matière d’évaluation des risques.
4.8.5 La circulaire du 18 avril 2002
La circulaire du 18 avril 2002 relative au document unique apporte des précisions
et des indications pour l’application du décret du 5 novembre 2001.
Vous trouverez le texte intégral de la circulaire du 18 avril 2002 sur le site
www.travail.gouv.fr (rubrique santé, sécurité au travail). En voici quelques extraits :

« CIRCULAIRE DRT N°2002-06 DU 18 AVRIL 2002 prise pour l’application du décret n°2001-
1016 portant création d’un document relatif à l’évaluation des risques pour la santé et la
sécurité des travailleurs, prévue par l’article L. 230-2 du Code du travail et modifiant le Code
du travail. […]

Partie 1 - Salariés et risques d’accident



L’évaluation a priori des risques constitue un des principaux leviers de progrès de la démarche
de prévention des risques professionnels au sein de l’entreprise. Elle constitue un moyen
essentiel de préserver la santé et la sécurité des travailleurs, sous la forme d’un diagnostic en
amont -systématique et exhaustif - des facteurs de risques auxquels ils peuvent être exposés.
L’apport des connaissances scientifiques et l’évolution des conditions de travail ont mis en
évidence de nouveaux risques professionnels (amiante, risques à effet différé liés aux
substances dangereuses, troubles musculosquelettiques, risques psychosociaux), qui soulignent
la nécessité de renforcer l’analyse préventive des risques.
Dans cette perspective, en reposant sur une approche globale et pluridisciplinaire - c’est-à-dire
à la fois technique, médicale et organisationnelle - la démarche d’évaluation doit permettre de
comprendre et de traiter l’ensemble des risques professionnels.
Introduite pour la première fois en droit français du travail en 1991, l’évaluation des risques
connaît une nouvelle avancée avec la parution du décret du 5 novembre 2001 portant création
d’un document relatif à l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs.
Ainsi, les acteurs de la prévention disposent désormais d’une base tangible pour la définition
de stratégies d’action dans chaque entreprise.
La présente circulaire vise à fournir à l’ensemble des services des éléments de droit et de
méthode utiles pour promouvoir cet outil et en faciliter la compréhension par les acteurs
externes. […]
Ce dispositif crée, en effet, un instrument juridique contraignant, dont la mise en œuvre
demeure néanmoins souple puisque les modalités techniques de l’évaluation des risques ne
sont pas précisées par le décret. […]
Elle s’appuie sur les enseignements tirés des expériences en entreprise impulsées par les
services déconcentrés du ministère depuis 1995, afin de permettre à l’inspection du travail de
remplir ses missions d’information, de sensibilisation et de contrôle. L’obligation de transcrire
dans un document les résultats de l’évaluation des risques n’est pas qu’une obligation
matérielle. Elle représente la première étape de la démarche générale de prévention qui
incombe à l’employeur. Mais cette formalisation doit aussi contribuer au dialogue social au
sein de l’entreprise, sur l’évaluation elle-même, et, au-delà, sur la conception et la réalisation
des mesures de prévention, qui devront, en tant que de besoin, faire suite à l’évaluation des
risques. »
4.8.6 Aide à la rédaction du document unique relatif à l’évaluation des
risques professionnels

Quel est le champ d’application du document unique ?
Le document unique concerne exclusivement les données relatives à la santé et la
sécurité au travail. Par conséquent, il ne couvre pas le champ de la sécurité des
procédés ou produits, ni celui de la santé environnementale.
Bien entendu, l’employeur a pu requérir préalablement des informations et conseils
l’aidant à procéder à l’évaluation des risques (services de médecine du travail,
ingénieurs et techniciens de prévention) et la participation des institutions représentatives
du personnel et des salariés concernés.
Mais, dans tous les cas, c’est à l’employeur qu’il appartient d’en valider les résultats.
C’est pourquoi, il lui est recommandé de signer et dater le document unique.
Qui est chargé d’élaborer le document unique ?
En matière de santé et de sécurité au travail, c’est l’employeur qui est responsable dans
l’entreprise. C’est donc l’employeur qui conserve la responsabilité pleine et entière de la
démarche d’évaluation et qui est seul compétant pour en retranscrire les résultats dans
le document unique.
Partie 1 - Salariés et risques d’accident


Qu’est-ce qu’une unité de travail ?
Le chef d’entreprise doit considérer qu’il est libre d’appréhender l’unité de travail comme il
le souhaite et l’envisager le plus largement possible en fonction des méthodes d’évaluation
des risques, de ses contraintes, de la taille de l’entreprise, de son activité, etc. En effet, il ne
s’agit pas d’une notion juridiquement définie. Elle relève d’une appréciation factuelle et
objective laissée à la seule appréciation du chef d’entreprise selon l’organisation du travail
dans son entreprise.

Cette notion figure déjà dans une circulaire du ministère de l’Emploi et de la Solidarité en
date du 24 juin 1998 relative à la réduction du temps de travail qui énonce que « la partie
de l’établissement à laquelle s’applique la réduction du temps de travail doit constituer
objectivement une unité de travail technique ou économique cohérente (exemple : une
direction, un service, une entreprise entière) ». Il pourra donc s’agir d’une équipe de
travail, d’un atelier, d’un service, d’un département, d’un établissement ou de la totalité
de l’entreprise…
Comment rédiger le « document unique » ?
Sur la forme, la circulaire du 18 avril 2002 ne donne pas d’indications précises. Au 4.8.8
nous vous proposons un exemple de document contenant quelques rubriques. Ce document
pourra être adapté et personnalisé en fonction des caractéristiques de chaque entreprise.

Dans son premier alinéa, l’article R. 230-1 du Code du travail définit les modalités de la
transcription des résultats de l’évaluation des risques, tant sur son contenu que sur sa forme. Si
la réglementation ne précise ni le détail, ni le contenu, ni la forme du document unique, une
évaluation des risques professionnels est un préalable indispensable à la qualité attendue de
ce document.
• Le contenu du « document unique »
En application des dispositions législatives du Code du travail (a) du III de l’article L. 230-2),
l’employeur doit : « évaluer les risques pour la sécurité et la santé des travailleurs, y compris
dans le choix des procédés de fabrication, des équipements de travail, des substances ou
préparations chimiques, dans l’aménagement ou le réaménagement des lieux de travail ou des
installations et dans la définition des postes de travail ».

En pratique, l’évaluation des risques requiert une concertation entre le chef d’entreprise,
l’encadrement intermédiaire, les salariés dont l’expérience sur la question sera jugée utile, les
représentants du personnel (délégués du personnel, CHSCT). Le médecin du travail sera
également associé à cette analyse en tant que conseiller du chef d’entreprise et des salariés.
Rappelons que dans le cadre de sa mission, le médecin du travail a l’obligation de rédiger
une « fiche d’entreprise » synthétisant l’analyse des risques et le nombre de salariés concernés.

Le premier alinéa de l’article R. 230-1 indique que cette opération consiste pour l’employeur à
transcrire les résultats de l’évaluation des risques sur un document unique qui comporte un
inventaire des risques dans chaque unité de travail de l’entreprise ou de l’établissement. Deux
précisions doivent être apportées à cela.

Premièrement, la notion « d’inventaire » conduit à définir l’évaluation des risques, en
deux étapes :
1. Identifier les dangers. Le danger est la propriété ou la capacité intrinsèque d’un
équipement, d’une substance, d’une méthode de travail, de causer un dommage pour la
santé des travailleurs ;
2. Analyser les risques. C’est le résultat de l’étude des conditions d’exposition des
travailleurs à ces dangers.


Partie 1 - Salariés et risques d’accident



Il convient de préciser que la combinaison de facteurs liés à l’organisation du travail dans
l’entreprise est susceptible de porter atteinte à la santé et à la sécurité des travailleurs, bien
qu’ils ne puissent être nécessairement identifiés comme étant des dangers. A titre d’exemple,
l’association du rythme et de la durée du travail peut constituer un risque psychosocial,
comme le stress. Ainsi, l’évaluation des risques se définit comme le fait d’appréhender les
risques créés pour la santé et la sécurité des travailleurs, dans tous les aspects liés au travail.
Par conséquent, elle ne se réduit pas à un relevé brut de données, mais constitue un
véritable travail d’analyse des modalités d’exposition des salariés à des dangers ou à
des facteurs des risques.

Deuxièmement, la notion « d’unité de travail » doit être comprise au sens large,
afin de recouvrir les situations très diverses d’organisation du travail. Son champ peut
s’étendre d’un poste de travail, à plusieurs types de postes occupés par les travailleurs
ou à des situations de travail présentant les mêmes caractéristiques.
De même, d’un point de vue géographique, l’unité de travail ne se limite pas forcément
à une activité fixe, mais peut aussi bien couvrir des lieux différents (manutention,
chantiers, transports, etc.).
Le travail d’évaluation mené par l’employeur est facilité, en ce que les regroupements
opérés permettent de circonscrire son évaluation des risques professionnels. Néanmoins,
ces regroupements ne doivent pas occulter les particularités de certaines expositions
individuelles.

Ainsi, les documents établis par le médecin du travail (la fiche d’entreprise) ; par le
CHSCT (l’analyse des risques), par les fabricants de produits (les fiches de données de
sécurité), par exemple, ne constituent pas en tant que tels l’évaluation des risques. Ce
sont néanmoins des sources d’informations utiles à l’analyse des risques réalisée par
l’employeur.

• La forme du « document unique »
Le document pourra être écrit ou numérique, le soin de choisir le moyen le plus pratique de
matérialiser les résultats de l’évaluation est laissé à l’employeur.

Pour tout support comportant des informations nominatives, l’employeur devra, conformément
à la loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, procéder à une
déclaration auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL).

Les résultats de l’évaluation des risques devront être transcrits sur un document unique,
cela dans le souci de répondre à trois exigences :
• de cohérence, en regroupant, sur un seul support, les données issues de l’analyse des
risques professionnels auxquels sont exposés les travailleurs ;
• de commodité, afin de réunir sur un même document les résultats des différentes
analyses des risques réalisées sous la responsabilité de l’employeur, facilitant ainsi le
suivi de la démarche de prévention des risques en entreprise ;
• de traçabilité, avec la notion de « transcription » signifiant qu’un report systématique
des résultats de l’évaluation des risques doit être effectué afin que l’ensemble des
éléments analysés figure sur un support.

Dans tous les cas, l’existence de ce support traduit un souci de transparence et de
fiabilité, de nature à garantir l’authenticité de l’évaluation.


Partie 1 - Salariés et risques d’accident


4.8.7 Quelle est l’étendue de cette obligation ?

La mise à jour du document unique
Conformément à la nécessité d’inscrire l’évaluation des risques dans une démarche
dynamique et donc, évolutive, le décret du 5 novembre 2001 prévoit (art. R. 230-1, second
alinéa) trois modalités d’actualisation du document unique, prenant en compte les éventuelles
modifications de la situation du travail dans l’entreprise :
• pour toutes les entreprises, au moins une fois par an ;
• lors toute décision d’aménagement important modifiant les conditions d’hygiène et de
sécurité ou les conditions de travail, au sens du septième alinéa de l’article L. 236-2.
Ce dernier prévoit la consultation préalable du CHSCT lorsqu’une telle décision est
prise, désignant notamment « toute transformation importante des postes de travail
découlant de la modification de l’outillage, d’un changement de produit ou de
l’organisation du travail (et) toute modification des cadences et des normes de
productivité liées ou non à la rémunération du travail » ;
• « lorsqu’une information supplémentaire concernant l’évaluation d’un risque dans une
unité de travail est recueillie ». Cette disposition, permet de tenir compte de
l’apparition de risques dont l’existence peut, notamment, être établie par les
connaissances scientifiques et techniques (troubles musculosquelettiques, risques
biologiques, etc.), par la survenue d’accidents du travail, de maladies à caractère
professionnel ou par l’évolution des règles relatives à la santé, à la sécurité et aux
conditions de travail (risques psychosociaux).
La diffusion et accessibilité du document unique
Aux quatrième et cinquième alinéas de l’article R. 230-1, le décret indique que le
document doit être tenu à la disposition d’une série d’acteurs qu’il convient de classer
en deux catégories.

a) En interne, le document unique relatif à l’évaluation des risques est mis à la
disposition (article R. 230-1, quatrième alinéa) :
• en premier lieu, des instances représentatives du personnel (CHSCT, ou instances qui
en tiennent lieu, tels que les instances représentatives du personnel des établissements
publics et délégués du personnel).
Le document unique constitue une des sources d’information permettant à ces
instances d’exercer leurs prérogatives (procéder à l’analyse des risques professionnels,
article L. 236-2, et, droit d’obtenir de l’employeur les informations nécessaires pour
l’exercice de leurs missions, article L. 236-3, alinéa 1) ;
• dans les établissements dépourvus d’instances représentatives du personnel, de rendre le
document unique accessible pour les « personnes soumises à un risque pour leur sécurité ou
leur santé ». En venant pallier l’absence de représentants du personnel, cette disposition
participe tant d’une démarche d’information des travailleurs que d’une volonté d’associer
ces derniers à l’appréciation des résultats de l’évaluation des risques. Cela signifie que
l’employeur doit veiller à ce que ces personnes puissent accéder directement aux résultats de
l’évaluation des risques, après les avoir, le cas échéant, informées des moyens de le faire.
Ainsi, l’employeur pourra aussi bien assurer la consultation de ce document par voie
numérique que sous la forme d’un support papier.
• du médecin du travail, puisqu’il participe à la démarche de prévention, dans l’exercice
de ses missions et en qualité de conseiller des salariés et de l’employeur.




Partie 1 - Salariés et risques d’accident



Dans les établissements comportant un CHSCT, la transcription des résultats de
l’évaluation des risques est utilisée pour l’établissement du rapport écrit faisant le bilan
de la situation générale de l’hygiène, de la sécurité et des conditions de travail et du
programme annuel de prévention et d’amélioration des conditions de travail.

b) Les acteurs externes à l’entreprise désignés par le décret (article R. 230-1,
cinquième alinéa) sont l’inspection du travail, les agents des services de prévention des
organismes de sécurité sociale et les organismes mentionnés au 4° de l’article L. 231-2. Ces
agents peuvent accéder au document unique, dès lors qu’ils en ont fait la demande auprès de
l’employeur.

Les agents de l’inspection du travail exercent leur droit de consultation, comme il est prévu
dans les articles L. 611-9 et L. 611-12 du Code du travail.
En effet, il est prévu que ces agents peuvent se faire présenter, au cours de leurs visites,
l’ensemble des livres, registres et documents rendus obligatoires par le Code du travail.
Cela correspond à la mission de l’inspection du travail en matière d’évaluation des
risques et notamment la sensibilisation en amont des acteurs internes à l’entreprise.
La mission de sensibilisation peut suivre plusieurs modalités. Elle peut consister à rappeler à
l’employeur les obligations qu’il doit respecter, conformément au décret.
Cette démarche vise à présenter l’intérêt de l’évaluation des risques, par rapport à la
démarche générale de prévention. Il s’agit de situer les enjeux d’une approche en amont des
risques dont l’efficacité dépend des actions de prévention que l’employeur mettra en œuvre,
suite à son évaluation des risques.
Les sanctions pénales
Outre la responsabilité pénale de l’employeur prévue par le Code du travail et le Code
pénal (délits non-intentionnels), aggravée en cas de conscience du danger, le décret du
5 novembre 2001 prévoit des sanctions spécifiques.
Ces sanctions sont applicables depuis le 8 novembre 2002.
Celles-ci concernent le défaut de transcription ou de mise à jour des résultats de
l’évaluation des risques professionnels dans les conditions prévues à l’article R. 230-1
du Code du travail nouvellement créé, qui prévoit une peine d’amende de 1 500 € et
3 000 € en cas de récidive.

• Afin de renforcer l’effectivité des obligations de l’employeur, le décret prévoit un
dispositif, inscrit à l’article R. 263-1-1 du Code du travail, qui prévoit des peines de
contravention de cinquième classe, conformément aux articles 131-12 et suivants du
Code pénal. Les peines peuvent être prononcées à l’encontre de l’employeur, selon
deux motifs possibles.
Il s’agit, en premier lieu, de la violation par l’employeur de son obligation de transcrire
et de mettre à jour les résultats de son évaluation des risques. Cela concerne, par
conséquent, (article R. 230-1, premier alinéa) le non-respect par l’employeur des
obligations liées à la forme du document (existence d’un document unique) et au fond
(transcription des résultats de l’évaluation par un inventaire des risques dans chaque
unité de travail de l’établissement).
En second lieu, s’agissant de la mise à jour des résultats de l’évaluation des risques,
l’employeur devra aussi veiller au respect des modalités d’actualisation du document
unique, mentionnées à l’article R. 230-1, second alinéa.
Par ailleurs, le juge judiciaire a la possibilité de doubler la peine de contravention en cas de
récidive intervenue dans le délai d’un an, à compter de l’expiration ou de la prescription de la
précédente peine, ce, conformément à l’article 131-13 du Code pénal.



Partie 1 - Salariés et risques d’accident


Dans chaque situation concrète, il convient de trouver un juste équilibre entre l’obligation qui
pèse désormais sur l’entreprise et les délais indispensables qui lui seront nécessaires pour que
l’évaluation des risques, ainsi matérialisée, s’inscrive dans une réelle dynamique de prévention.
En effet, il serait contradictoire avec l’esprit de cette importante réforme que les entreprises ne
voient dans ce dispositif qu’une obligation purement formelle qu’elles pourraient satisfaire en
remplissant des grilles, voire des formulaires pré-établis, sans que cela soit mené dans le cadre
d’une démarche effective de prévention propre à l’entreprise.

• Le décret ne mentionne pas la violation de l’obligation de mise à jour du document et à
disposition des instances représentatives du personnel et de l’inspection du travail. Ces
infractions sont déjà prévues par le Code du travail.
Une telle violation présente, en ce qui concerne les représentants du personnel, un
caractère délictuel prévu par l’article L. 263-2-2 du Code du travail, qui porte sur le
délit d’entrave, en ce qui concerne les CHSCT (article L. 482-1 pour les délégués du
personnel). Un tel manquement porte en effet atteinte au fonctionnement régulier des
instances représentatives du personnel.

S’agissant de l’inspection du travail, l’article L. 611-9 fonde les conditions de l’infraction
par l’employeur à l’encontre de son obligation de tenir le document d’évaluation des
risques à sa disposition.
L’article R. 631-1 indique, à cet égard, que toute infraction à cette obligation sera
passible de l’amende prévue pour les contraventions de 3
e
classe. Dans le cas où
l’élément intentionnel est retenu, cette infraction constitue un délit d’obstacle à
l’accomplissement des devoirs d’un inspecteur ou d’un contrôleur du travail.
4.8.8 Modèle de document unique d’évaluation
des risques professionnels
Le modèle présenté dans ce chapitre est destiné aux entreprises non-industrielles ne
présentant pas de risque spécifique dans leur activité. Le document synthétique est suivi de 5
fiches explicatives du contenu des 5 colonnes.

Comme indiqué plus haut, l’unité de travail peut être l’entreprise (si elle est petite et si les
fonctions sont homogènes), un établissement, une direction, un département, un atelier ou
encore un service…, voire un poste de travail.

Identification des dangers dans l’unité de travail (1)
Dans cette colonne, l’employeur liste les dangers qui peuvent concerner les salariés
dans l’unité de travail considérée, par exemple :
• Dangers physiques : bruit, rayonnements ionisants et non ionisants, vibrations, électricité… ;
• Dangers chimiques : substances et préparations dangereuses, agents cancérogènes,
mutagènes, toxiques pour la reproduction, amiante, autres produits, émissions et
déchets dangereux… ;
• Dangers biologiques : bactéries, virus, parasites, champignons microscopiques… ;
• Facteurs ergonomiques et organisationnels : manutention mécanique, manuelle, état des
sols, travail en hauteur, chute d’objets, dangers liés aux circulations et aux déplacements… ;
• Dangers d’incendie, d’explosions ;
• Autres dangers.

Le danger est la propriété ou la capacité intrinsèque d’un équipement, d’une substance, d’une
méthode de travail, de causer un dommage pour la santé ou la sécurité des travailleurs .

Attention, l’existence d’un danger n’est pas nécessairement associée à un risque.

Partie 1 - Salariés et risques d’accident



En outre, un même danger peut entraîner des risques, plus ou moins graves selon la situation.
Par exemple, une substance peut être dangereuse lorsqu’elle est manipulée en système
ouvert et ne présenter aucun risque lorsqu’elle est utilisée en vase clos.

Résultats de l’évaluation des risques professionnels dans l’unité de
travail (2)
Il s’agit d’identifier et d’indiquer les situations de travail au cours desquelles les risques peuvent
survenir selon les critères qui auront été retenus par le chef d’entreprise pour l’unité de travail
(équipe, service, atelier, poste, fonction, tâche…).
Le risque, probabilité qu’un danger se concrétise, résulte de la combinaison du danger
(propriété intrinsèque de l’agent ou de la situation) par nature non modifiable, et de
l’exposition du travailleur à ce danger qui, elle, est maîtrisable.

L’évaluation des risques professionnels passe par une phase d’évaluation qualitative
initiale comprenant l’inventaire des dangers (comme prévu dans la colonne n° 1) suivie
d’une appréciation qualitative de l’exposition des salariés à ces dangers. Pour procéder
à cette démarche, il est conseillé de formuler dans cette partie du document, des
indications sur la fréquence, la durée et la nature de l’exposition au risque.

Selon les résultats de l’évaluation initiale des risques professionnels, une phase d’évaluation
approfondie des risques professionnels peut être nécessaire dans certaines situations :
mesurage du bruit, des concentrations atmosphériques (substances dangereuses, poussières,
fibres…) de l’efficacité des systèmes de ventilation et de captage des polluants…
Maîtrise des risques/mesures de prévention et de protection (3).
La réglementation ne prévoit pas que le document unique précise le choix des moyens et
des mesures de prévention. Toutefois, la circulaire n° 6 DRT du 18 avril 2002 indique
que la raison d’être du document unique est de susciter des actions de prévention.
C’est pourquoi, il est conseillé d’en faire état en privilégiant les informations qui concernant les
mesures générales de prévention et de protection de la santé et de la sécurité des salariés.

Exemples :
• Suppression de la situation dangereuse, du phénomène dangereux (substitution du
produit…).
• Prévention, information et formation des salariés à la santé et la sécurité.
• Protection collective des travailleurs.
• Équipements de protection individuelle (EPI).
• Surveillance médicale spéciale…
Date de mise à jour du document unique (4)
Le décret du 5 novembre 2001 prévoit trois modalités d’actualisation du document
unique (voir 4.8.4)
La circulaire du 18 avril 2002 précise que les actions de prévention peuvent conduire à
des changements techniques et organisationnels dans les situations de travail
susceptibles de générer de nouveaux risques. Il convient en conséquence d’effectuer une
nouvelle évaluation des risques à l’issue de la mise en œuvre de ces actions, selon les
modalités fixées par le décret.
Les sanctions pénales prévues par le décret du 5 novembre 2001 concernent non seulement
le défaut de rédaction du document unique mais également la carence de sa mise à jour.


Partie 1 - Salariés et risques d’accident


Observations (5)
Cette colonne du tableau est réservée aux informations complémentaires que l’employeur
souhaite fournir, et qui n’ont pas été signalées dans les colonnes précédentes. peut être
élaboré avec un calendrier de mise en œuvre des mesures correctives.

Professionnels dans l’unité de travail

Identification
des dangers
(1)
Résultats
de l’évaluation
des risques
professionnels
(2)
Maîtrise
des risques
professionnels/
mesure
de prévention
et de protection
(3)
Date de mise
à jour
du document
(4)
Observations
(5)










































Signature de l’employeur : Date :
Partie 1 - Salariés et risques d’accident



4.8.9 La fiche d’évaluation des risques professionnels dans les PMI
Selon ce modèle, chaque fiche d’évaluation des risques devra comporter par poste de travail,
puis au niveau d’un groupe de postes relativement homogène ou d’un atelier :
• la liste des facteurs de risques évalués en fonction des dangers identifiés ;
• les actions de prévention envisagées sur chaque poste, ou groupe de postes de travail
de telle sorte qu’ils soient plus sûrs pour la santé et la sécurité des salariés.
A partir des fiches établies pour chaque poste de travail, un programme d’actions de
prévention pourra être établi.
4.8.10 Modèle de fiche pour un poste de travail
Il est conseillé de remplir une fiche par poste de travail, comme le modèle présenté ci-
dessous.

POSTE DE TRAVAIL : (ou Groupes de postes de travail) : RÉDACTEUR DE LA FICHE :
ATELIER :

PERSONNES ASSOCIÉES A L’ÉVALUATION
DES RISQUES
-
-
Date :
IDENTIFICATION DES DANGERS ÉVALUATION
DES RISQUES
MESURES
DÉJÀ PRISES
DISPOSITIONS
A PRENDRE
PRIORITÉS
A B
Éclairage
Bruit
Ambiance thermique
Aération, ventilation
(poussière...)

Électricité
Rayonnements ionisants et non ionisants
Agents cancérogènes, mutagènes,
toxiques pour la reproduction

Substances et préparations dangereuses
Machines, engins mobiles, engins de
levage, vibrations, réseaux sous pression

Manutention manuelle
Circulation
Écrans de visualisation
Ergo
Aménagement des locaux de travail
Co-activité interne (ex : service
maintenance) et avec entreprises
extérieures

Infla
Autres/Lesquels ? (dangers spécifiques à
votre entreprise)




Partie 1 - Salariés et risques d’accident


4.8.11 Modèle de plan d’actions

Ce document est facultatif.

ATELIER : RÉDACTEUR DE LA FICHE

PERSONNES ASSOCIÉES A
L’ÉVALUATION DES RISQUES

DATE

Identification des risques inhérents aux postes de travail situés dans l’atelier (priorités) :
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5

Les mesures de prévention prévues pour
chacun des risques de 1 à 5
Dates d’exécution
prévues
Coût approximatif

Mesures techniques

- 1
- 2
- 3
- 4
- 5


Mesures organisationnelles

- 1
- 2
- 3
- 4
- 5


Mesures concernant le personnel

- 1
- 2
- 3
- 4
- 5


Partie 1 - Salariés et risques d’accident



4.9 Check-list des points-clefs pour l’évaluation
et la prévention des risques
4.9.1 Éclairage
Réf. : art.R. 232-7 à R.232-7-10 du Code du Travail
art. R. 235-2 à R.235-2-3 du Code du Travail
art. R.233-23 du Code du Travail
• éviter la fatigue visuelle
• priorité à l’éclairage naturel, valeurs minimales d’éclairement de référence
• dispositions contre l’éblouissement et pour le rendu des couleurs
• accès facile des organes de commande
4.9.2 Prévention des risques dus au bruit
Réf. : art. R. 232-8-7 du Code du Travail
art. R. 235-2-11 du Code du Travail
• réduire les niveaux de bruit compte-tenu des techniques
• contrôle périodique (3 ans) de l’exposition au bruit des salariés concernés
• prévention technique collective et protection individuelle
• surveillance médicale des salariés exposés au niveau sonore important
• information et formation des salariés exposés à un niveau sonore important
• mesures de prévention en matière d’aménagement des locaux
4.9.3 Ambiance thermique
Réf. : art.L. 232-6 et L. 232-6-1 du Code du Travail
art. R. 235-2-9 et R. 235-2-10 du Code du Travail
• température convenable en relation avec les conditions de travail et la destination des
locaux
• adaptation des températures des locaux pendant le temps de travail
• équipements de protection individuelle adaptés
4.9.4 Substances dangereuses
Réf. : art. L.231-6 et L. 231-7 du Code du Travail
art. R. 231-51 à R. 231-556-10 du Code du Travail
• information obligatoire des utilisateurs par les fiches de données de sécurité et l’étiquetage
des substances et préparations dangereuses
• protection collective efficace des emplacements de travail
• surveillance et maintenance des protections collectives
• équipements de protection individuelle adaptés, mis à la disposition des salariés concernés
4.9.5 Risques cancérogènes

• évaluation (nature, degré, durée de l’exposition des salariés) renouvelée régulièrement et
résultats mis à la disposition du CHSCT ou DP médecin du travail, inspection du travail et
CRAM.
• utilisation, si c’est techniquement possible, d’une substance ou préparation non-dangereuse
ou moins dangereuse
• niveau le plus bas possible
Partie 1 - Salariés et risques d’accident


• mesures à prendre en cas d’utilisation d’un agent cancérogène
• informations appropriées à la disposition de l’inspection du travail et de la CRAM
• mesures spécifiques en cas d’incident ou d’accident entraînant une exposition anormale
• mesures spécifiques pour les opérations d’entretien en liaison avec CHSCT ou DP et le
médecin du travail renouvelées périodiquement
• examen médical préalable des travailleurs exposés par le médecin du travail
• dossier médical individuel
4.9.6 Aération - Ventilation
Réf. : art. r. 232-5 à R. 232-5-14 du Code du Travail
art. R. 235-2-4 à R. 235-2-10 du Code du Travail
art. R. 232-6 et R. 232-6-1 du Code du Travail
• garantir une pureté de l’air
• éviter les élévations exagérées de température, les odeurs désagréables et les condensations
• introduction d’air neuf en quantité et qualité
• élimination des polluants
• installations de ventilateurs captant les polluants au plus près des points d’émission
• s’assurer que l’installation de ventilation n’est pas gênante (bruits, courants d’air…)
vérifier périodiquement les installations et en contrôler l’efficacité
4.9.7 Machines, engins mobiles, engins de levage

• obligations générales de sécurité, maintien en état de conformité avec règles techniques
applicables lors de la mise an service : art. L. 233-5-1 et R. 233-1 à R. 233-1-3 du Code
du travail
• mesures d’organisation et conditions de mise en œuvre des équipements de travail : art. r.
233-2 à R. 233-13 du Code du travail
• prescriptions techniques applicables aux matériels et mise en conformité à réaliser selon
échéancier défini : art. R. 233-14 à R. 233-31 du Code du Travail
• vérifications périodiques de certains équipements (presses, appareils de levage…) : art. R.
233-11 complété par art. R. 233-13-1 et suivants du Code du Travail
4.9.8 Manutention manuelle
Réf. : art. R. 231-66 à R. 231-72 du Code du Travail
art. R. 234-6 du Code du Travail
• éviter les manutentions manuelles ou mise en place de mesures d’organisations appropriées
• respect des limites de ports de charges, rôle du médecin du travail
• information et formation sur les gestes de posture en vue de la sécurité des salariés
4.9.9 Circulation
Réf. : art. r. 232-1-9 et art. R. 232-1-2 et R. 232-1-3 du Code du Travail
art. R. 233-13-16 à R. 233-13-18 du Code du Travail
• assurer la sécurité de la circulation des piétons et des véhicules
• assurer la sécurité des salariés situés à proximité des voies de circulation
• s’assurer de la bonne implantation et du bon dimensionnement des voies de circulation
• respect des règles relatives aux portes, portails, escaliers
• s’assurer du bon état des sols (non glissants…) : art. R. 232-1-10 du Code du Travail
Partie 1 - Salariés et risques d’accident



4.9.10 Écrans de visualisation
Réf. : décret n° 91-451 du 14 mai 1991 (J.O. du 16 mai 1991)
• analyse préalable et organisation du travail sur les écrans
• aménagement ergonomique du poste de travail, rôle du médecin du travail
• information et formation des salariés sur les conditions d’utilisation du travail sur écran
4.9.11 Ergonomie du poste de travail
Réf. : art. R. 232-4 du Code du Travail
annexe à l’art. R. 233-84 (issue du décret 92-767 du 29 juillet 1992 - J.O. du
7/8/1992
• adapter le travail à l’homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de
travail ainsi que des choix des équipements de travail et des méthodes de travail et de
production
• limiter le travail monotone et le travail cadencé
• respecter les normes de dimensionnement
4.9.12 Aménagement des locaux de travail
Réf. : art. R. 232-1 à R. 232-1-13 du Code du Travail
art. R. 235-2-9 à R. 235-2-10 du Code du Travail
art. R. 235-3 à R. 235-3-21 et R. 235-5 du Code du Travail
Pour tout aménagement ou construction d’un local de travail, les aspects suivants sont
analysés :
• la conception des bâtiments abritant les lieux de travail
• les objectifs et les activités concernés
• l’environnement du site et son emplacement
• le processus de fabricant
• les modes et moyens de stockage
• les moyens de manutention, de transport et de levage
• l’élimination des déchets
• la signalisation relative à la sécurité et à la santé des salariés
• les circulations extérieures aux bâtiments
• le personnel concerné et l’entretien des locaux
4.9.13 Incendie - explosion
Réf. : art. R. 232-12 à R. 232-12-22 du Code du Travail
art. R. 235-4 à R. 235-4-17 du Code du Travail
• respect des dégagements réglementaires pour une évacuation rapide
• système d’alarme sonore
• moyens de 1
ers
secours et affichage des consignes d’incendie
• essais et visites périodiques du matériel
• signalisation de prévention
• éclairage de sécurité


Partie 1 - Salariés et risques d’accident


4.9.14 Électricité
Réf. : décret du 14 novembre 1988 et ses arrêtés d’application
• protection contre les contacts directs et indirects
• identifier les risques d’incendie et d’explosion liés au courant électrique et moyens de
prévention
• identifier les opérations autorisées suivant le niveau d’habilitation
• consignes 1
ers
soins aux victimes d’accidents électriques
4.9.15 Risques liés au recours à des entreprises extérieures
Réf. : art. R. 237-1 à R. 237-28 du Code du Travail
• L’intervention ponctuelle et permanente d’une entreprise extérieure (nettoyage, gardiennage,
maintenance, transport, manutention,…) présente des risques liés à l’interférence des
activités, des matériels ou des installations.
• L’entreprise utilisatrice et l’entreprise extérieure doivent conjointement arrêter un plan de
prévention déterminant les mesures qui doivent être prises par chaque entreprise.
4.9.16 Opération de maintenance

• mise à disposition des salariés de maintenance d’un dossier d’instructions et technique des
équipements de travail
• l’installation des équipements de travail doit assurer un niveau de sécurité optimal des
opérateurs
• modes opératoires préservant la sécurité des travailleurs de maintenance.


PARTIE 2
PRÉVENIR LES RISQUES D’INCENDIE
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie



1 LES RÉGLEMENTATIONS APPLICABLES EN MATIÈRE
DE SÉCURITÉ INCENDIE


1.1 Les réglementations générales


1.2 Les réglementations particulières
1.2.1 Les habitations
1.2.2 Les lieux de travail
1.2.3 Les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE)
1.2.4 Les immeubles de grande hauteur (IGH)
1.2.5 Les établissements recevant du public (ERP)


2 AMÉNAGER LES LOCAUX DANS LE RESPECT DES RÈGLES
ÉLÉMENTAIRES DE SÉCURITÉ


2.1 L'implantation des bâtiments


2.3 Le compartimentage et le cloisonnement


2.2 Le comportement au feu des matériaux de construction
2.2.1 La réaction au feu des matériaux de construction
2.2.2 La résistance au feu des éléments de construction


2.4 L'évacuation
2.4.1 Les dégagements et issues
2.4.2 La signalisation
2.4.3 L'éclairage de sécurité


3 CHOISIR LES MOYENS DE PROTECTION


3.1 Comment faire les bons choix ?
3.1.1 Les moyens de premier secours
3.1.2 Les moyens complémentaires aux moyens de premier secours


3.2 Choisir les agents extincteurs
3.2.1 Les différentes classes de feux
3.2.2 L'eau : un agent extincteur
3.2.3 Les mousses
3.2.4 Les poudres
3.2.5 Le dioxyde de carbone
3.2.6 Les autres gaz
3.2.7 Quels agents extincteurs pour quels feux ?


3.3 Choisir le matériel de lutte contre l'incendie
3.3.1 Les extincteurs portatifs
3.3.2 Les extincteurs sur roues
3.3.3 Les robinets d'incendie armés (RIA)

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

3.4 Les installations d'extinction automatique
3.4.1 Les installations d'extinction automatique à eau type sprinkleurs
3.4.2 Les installations d'extinction automatique à CO2
3.4.3 Les installations d'extinction automatique à gaz inertes et inhibiteurs


4 ORGANISER LES SECOURS


4.1 L’alarme


4.2 L’alerte


4.3 Les principes de l'évacuation


4.4 L’organisation interne des secours
4.4.1 Le cadre réglementaire et technique
4.4.2 Les règles techniques des assurances
4.4.3 L’abonnement prévention et conseil incendie (APCI)


4.5 Le service de sécurité incendie
4.5.1 Les missions du service de sécurité incendie
4.5.2 L'équipe de sécurité incendie dans les établissements industriels ou commerciaux
4.5.3 L'équipe de sécurité incendie dans ERP : obligations
4.5.4 L'équipe de sécurité incendie dans les IGH : obligations
4.5.5 Modèle de liste d'inspections à réaliser par le service de sécurité incendie


5 RÉDIGER LES CONSIGNES DE SÉCURITÉ


5.1 Les consignes générales et particulières relatives à la sécurité
incendie


5.2 Les normes applicables


5.3 Les autres consignes de sécurité


6 ORGANISER DES EXERCICES DE SÉCURITÉ INCENDIE POUR LES
SALARIÉS


6.1 Informer et sensibiliser


6.2 Former et entraîner


6.3 Les exercices et procédures d'évacuation


Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


7 CONTRÔLER SES INSTALLATIONS


7.1 Contrôles du respect des mesures de prévention


7.2 La surveillance


7.3 Maintenance et prévention incendie



8 LE REGISTRE DE SÉCURITÉ

8.1 Les registres dans les bâtiments à usage d’habitation

8.2 Les registres dans les établissements assujettis au code du Travail
8.2.1 Le registre relatif aux vérifications et contrôles
8.2.2 Registre spécial
8.2.3 Registre pour les Questions d’hygiène, de sécurité, de médecine du travail et de
prévention des risques
8.2.4 Le dossier de maintenance


8.3 Registre spécifique aux ERP


8.4 Registre spécifique aux immeubles de grande hauteur

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie



1 LES RÉGLEMENTATIONS APPLICABLES
EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ INCENDIE
1.1 Les réglementations générales
Les textes législatifs (lois) et réglementaires (décrets et arrêtés) relatifs à la protection contre
l’incendie comportent deux aspects principaux :
• la prévention, traduite surtout par des mesures relatives à la construction ;
• la prévision, qui groupe des mesures relatives à l’organisation et aux premiers moyens
d’intervention.

Plusieurs ministères définissent les exigences réglementaires selon la destination des bâtiments :
• ministère de l’Équipement et du logement pour les bâtiments d’habitation ;
• ministère du Travail pour les lieux de travail ;
• ministère de l’Écologie et du développement durable pour les installations classées et d’une
manière générale tout ce qui concerne la protection de l’environnement ;
• ministère de l’Intérieur pour les établissements recevant du public (ERP) et les immeubles de
grande hauteur (IGH) ;
• ministère de l’Agriculture pour les activités agricoles.

Le Code de la construction et de l’habitation (CCH) regroupe les définitions, les principes
essentiels et les exigences générales en matière de construction des bâtiments d’habitation, des
établissements recevant du public et des immeubles de grande hauteur. En application du
code, plusieurs arrêtés spécifiques donnent les règles précises de construction et d’exploitation
selon le mode d’occupation.

• Tous ces textes sont complémentaires et s’appliquent selon la destination des lieux :
habitation, accueil du public, lieux de travail.
• Lorsque des lieux de travail sont situés dans un immeuble de grande hauteur, seul le
règlement IGH s’applique. Lorsque des lieux de travail sont situés dans des bâtiments
d’habitation ou dans des établissements recevant du public (cas des magasins par exemple),
les dispositions les plus contraignantes s’appliquent.

Illustration
• Une salle de réunion dans un immeuble de bureaux, qui reçoit, même occasionnellement,
des personnes n’appartenant pas à l’établissement, doit être considérée comme un
établissement recevant du public.
• Un restaurant inter-entreprises est un ERP, ce qui n’est pas le cas d’un restaurant d’entreprise,
auquel n’ont accès que les employés de l’établissement.
• Certaines situations exceptionnelles (arbre de Noël, opération portes ouvertes, etc.) doivent
faire l’objet de mesures adaptées à chaque cas, le cas échéant avec l’accord du maire.
1.2 Les réglementations particulières
1.2.1 Les habitations
Le Code de la construction et de l’habitation définit les bâtiments d’habitation comme
des « bâtiments ou parties de bâtiments abritant un ou plusieurs logements, y compris les
foyers, tels que les foyers de jeunes travailleurs et les foyers pour personnes âgées, à
l’exclusion des locaux destinés à la vie professionnelle lorsque celle-ci ne s’exerce pas au
moins partiellement dans le même ensemble de pièces que la vie familiale et des locaux
auxquels s’appliquent les articles R 123-1 à R 123-55, R 152-4 et R 152-5 ».
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

Les logements destinés au personnel compris dans les établissements recevant du public
ne sont pas considérés, sur le plan de la protection contre l’incendie, comme habitation.
Le règlement de sécurité incendie des ERP leur est donc applicable bien qu’un statut
spécial leur soit attribué.
Classification des habitations
Les habitations sont classées en quatre familles principales.
Les critères principaux de classement sont :
• la hauteur des immeubles, laquelle correspond en fait à celle des échelles dont
disposent les sapeurs pompiers : 8 m, 30 m, 45 m ;
• et l’accessibilité des engins de secours.


CLASSIFICATION DES HABITATIONS (art. 3 de l’arrêté du 31 janvier 1986)
Familles
Types d’habitations
1
re
2
e
3A 3B 4
e

Habitations individuelles
- isolées ou jumelées
R + 1 au plus X
R + 1 et plus X
- en bande
R X
R + 1 avec structures indépendantes X
R + 1 sans structures indépendantes X
R + 1 et plus X
Habitations collectives
R + 3 au plus X
R + 7 au plus X
R + 7 et plus X
R + 7 et plus si 28m < H ≤ 50m X
Les immeubles d’habitation dont le niveau du plancher bas de l’étage le plus haut est
supérieur à 50 m sont soumis à la réglementation particulière aux immeubles de grande
hauteur (IGH). Y sont soumis également les immeubles de la 4
e
famille qui contiennent
des locaux à usage autre que d’habitation, à l’exception de quatre cas, dans des
conditions détaillées à l’article 3 du règlement IGH.

S’il existe, dans les bâtiments d’habitation collectifs, des locaux collectifs résidentiels de
plus de 50 m
2
, ces derniers sont soumis à la réglementation propre aux établissements
recevant du public.
1.2.2 Les lieux de travail
Dans le livre II du code du Travail, le titre III est consacré à l’hygiène, à la sécurité et aux
conditions de travail. La sécurité incendie est l’objet des chapitres 2 et 5 à l’intérieur du titre III.

Tout établissement où travaille une personne sous la dépendance hiérarchique d’une
autre, qu’il y ait ou non salaire, qu’il s’agisse d’un établissement public ou privé, et
quelle que soit l’activité qui y est exercée est assujetti à ces dispositions relatives à
l'hygiène et à la sécurité.

L’article R. 232-1 définit comme lieux de travail, les lieux destinés à recevoir des postes de
travail, situés ou non dans des bâtiments de l’établissement, ainsi que tout endroit compris
dans l’aire de l’établissement auquel le travailleur a accès dans le cadre de son travail.

Le seul objet des principes de prévention et de sécurité sur les lieux de travail est la
sécurité du personnel.
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


La responsabilité du chef d’établissement
Le premier de ces principes est la responsabilité du chef d’établissement. Celui-ci doit,
c’est une obligation de résultat, assurer par tout moyen la sécurité de son personnel, y
compris intérimaire.
La conséquence de ce principe est que lors d’un incendie ayant entraîné une ou
plusieurs victimes, le chef d’établissement sera poursuivi en premier lieu.
La délégation de pouvoir, donc de responsabilité, dans ce domaine est reconnue dans
certains cas, mais le délégataire doit avoir, les moyens, l’autorité, la compétence
nécessaires pour assumer cette responsabilité. Si ces conditions au minimum sont
remplies, le « chargé de sécurité » peut alors être réellement « responsable de
sécurité ».

Il faut noter aussi que chaque travailleur est tenu de prendre soin, en fonction de sa formation,
de son niveau hiérarchique et de ses moyens, de sa propre sécurité et de celle des personnes
concernées par son activité.

Cependant, cela ne remet pas en cause le principe de la responsabilité du chef
d’établissement.

Le chef d’établissement doit (article L 230-2-II) :
• éviter les risques ;
• évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ;
• combattre les risques à la source ;
• adapter le travail à l'homme, en particulier en ce qui concerne la conception des
postes de travail ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de
travail et de production, en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail
cadencé et de réduire les effets de ceux-ci sur la santé ;
• tenir compte de l'état d'évolution de la technique ;
• remplacer ce qui est dangereux par ce qui n'est pas dangereux ou par ce qui est moins
dangereux ;
• planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique,
l'organisation du travail, les relations sociales et l'influence des facteurs ambiants ;
• prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures
de protection individuelle ;
• donner les instructions appropriées aux travailleurs.

Chaque travailleur doit avoir reçu une formation pratique à la sécurité au moment de
son embauche, s’il change de poste de travail ou de technique, même s’il a un contrat
de travail temporaire. Cette obligation vise la formation à la sécurité du travail dans son
ensemble, mais englobe une formation minimum à la sécurité incendie, en fonction de
l’activité et des risques de l’entreprise.
1.2.3 Les installations classées pour la protection
de l’environnement (ICPE)
La législation relative aux installations classées pour la protection de l’environnement est
codifiée au titre 1
er
(articles L.511-1 à L.517-2) du livre V du Code de l’environnement qui
traite de la « Prévention des pollutions, des risques et des nuisances ». De nombreux textes
réglementaires en découlent, notamment :
• le décret n° 77-1133 du 21 septembre 1977, modifié plusieurs fois, qui précise en
particulier les procédures à suivre ;
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

• des arrêtés qui fixent les prescriptions applicables à certaines installations soumises à
autorisation ou à déclaration ;
• des arrêtés de prescriptions générales (remplaçant progressivement les « arrêtés-
types ») qui s’appliquent aux installations soumises à déclaration, en fonction du
classement déterminé d’après la nomenclature ;
• de nombreuses circulaires et instructions ministérielles qui donnent aux préfets les
prescriptions qu’ils doivent imposer dans leurs arrêtés d’autorisation pour certaines
installations particulières.

Les prescriptions relatives à la protection autre qu'incendie sont spécifiées en fonction du
risque inhérent à l'activité exercée. Trois principes se dégagent de la législation et de ses
textes d’application :
• la prévention des risques à l’environnement ;
• la protection de l’environnement, par le jeu de solutions techniques ;
• le principe pollueur-payeur.

Le domaine d’application de la législation des installations classées, défini à l’article
L.511-1 du Code de l’environnement, est très large :
• d’une part, la notion d’environnement recouvre les éléments relatifs à la commodité
du voisinage, la santé, la sécurité et la salubrité publiques, l’agriculture, la protection
de la nature et de l’environnement, soit pour la conservation des sites et des
monuments ainsi que le patrimoine archéologique ;
• d’autre part, sont visées toutes les exploitations gérées ou détenues par des
personnes physiques ou morales, publiques ou privées.

Contrairement à la loi de 1917, abrogée et remplacée par la loi de 1976 désormais
codifiée, qui visait les établissements à caractère industriel, toute installation, dès lors
qu’elle figure à la nomenclature, peut être classable, même si elle n’a pas de caractère
commercial.

Depuis la loi n° 93-3 du 4 janvier 1993, la législation des installations classées est
également applicable aux exploitations de carrières.

Un établissement peut comporter plusieurs installations classables.

La notion d’installation est liée à la fixité : un dépôt en réservoir de liquides inflammables
est classable, alors qu’un camion-citerne de même capacité contenant les mêmes
liquides inflammables, stationné momentanément sur un site, ne l’est pas. Cette notion a
alimenté une vaste jurisprudence.

Chaque installation fait l’objet de prescriptions particulières. Mais, si plusieurs installations
classées doivent être exploitées par le même exploitant sur le même site, une seule demande
peut être présentée pour l’ensemble (article 12 du décret n° 77-1133 du 21 septembre 1977
modifié).

Cette globalisation permet en effet de mieux apprécier si les différentes installations constituent
une source de nuisances aggravée par synergie (« effet domino »). Sur le fondement de cet
article, l’arrêté du 10 mai 2000 (transposant la directive « Seveso II ») a introduit la notion
d’établissement, définie comme un groupement d’installations relevant d’un même exploitant,
situées sur un même site, y compris leurs équipements et activités connexes.
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


1.2.4 Les immeubles de grande hauteur (IGH)
Un immeuble de grande hauteur (IGH) constitue, selon le code de la construction
et de l’habitation, « tout corps de bâtiment dont le plancher bas du dernier niveau
est situé, par rapport au niveau du sol le plus utilisable pour les engins des services
publics de secours et de lutte contre l’incendie :
• à plus de 50 m pour les immeubles à usage d’habitation ;
• à plus de 28 m pour tous les autres immeubles ».

En fonction des situations conditions les bâtiments contigus à un immeuble de grande
hauteur et les parcs de stationnement situés sous celui-ci sont ou ne sont pas considérés
comme faisant partie de l’IGH et sont soumis ou non aux mêmes règles de sécurité.

Les dispositions destinées à assurer la sécurité des occupants des immeubles de
grande hauteur sont contenues dans le Code de la construction et de l’habitation
qui fixe entre autres :
• l’emplacement par rapport aux centres de secours les plus proches ;
• les conditions d’utilisation (pas d’installations classées, pas de liquides
inflammables, nombre moyen d’occupants au mètre carré…) ;
• les principes de sécurité (division en compartiments étanches au feu et aux
fumées, etc.) ;
• les responsabilités des constructeurs et installateurs d’équipements ;
• les obligations relatives à l’occupation des locaux ;
• les mesures de contrôle.

Ces dispositions sont complétées par le règlement de sécurité pour la construction
des immeubles de grande hauteur et leur protection contre les risques d'incendie et
de panique pris par l'arrêté du 18 octobre 1977 modifié.
La classification des IGH
Les IGH sont classés en :
• GHA : immeubles à usage d’habitation ;
• GHO : immeubles à usage d’hôtel ;
• GHR : immeubles à usage d’enseignement ;
• GHS : immeubles à usage de dépôt d’archives ;
• GHU : immeubles à usage sanitaire ;
• GHW: immeubles à usage de bureaux ;
• GHZ : immeubles à usage mixte.
1.2.5 Les établissements recevant du public (ERP)
« Constituent des établissements recevant du public tous bâtiments, locaux et
enceintes dans lesquels des personnes sont admises, soit librement, soit moyennant
une rétribution ou une participation quelconque ou dans lesquels sont tenues des
réunions ouvertes à tout venant ou sur invitation, payantes ou non.
Sont considérées comme faisant partie du public toutes les personnes admises dans
l’établissement à quelque titre que ce soit en plus du personnel. » (CCH)



Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

Les dispositions destinées à assurer la sécurité des occupants des établissements
recevant du public sont contenues dans le Code de la construction et de l’habitation
(articles R 123-1 à 123-55 et R 152-4 et 5) et concernent :
• la définition et l'application des règles de sécurité ;
• le classement des établissements ;
• l'autorisation de construire, d'aménager ou de modifier un établissement ;
• les mesures d'exécution et de contrôle ;
• les sanctions administratives ;
• les dispositions diverses.

Ces dispositions sont précisées dans le règlement de sécurité pris par l'arrêté du 25
juin 1980 modifié en application de l'article R 123-12 du CCH.

Le règlement de sécurité contre l'incendie relatif aux ERP comprend :
• des dispositions applicables à tous les établissements (livre 1
er
) ;
• des dispositions générales applicables aux établissements de 1
re
à 4
e
catégorie
(livre II, titre 1
er
) ;
• des dispositions particulières applicables aux établissements de 1
re
à 4
e
catégorie
(livre II, titre 2) ;
• des dispositions applicables aux établissements de 5
e
catégorie (livre III).
Les types et catégories d'ERP
Les ERP sont classés par types et par catégories.
• Types
Le type correspond au mode d’occupation. Chaque type est désigné par une, deux ou
trois lettres.

J Structures d'accueil pour personnes âgées et personnes handicapées
L Salles à usage d’audition, de conférences, de réunions, de spectacles
ou à usages multiples
M Magasins de vente, centres commerciaux
N Restaurants et débits de boissons
O Hôtels et pensions de famille
P Salles de danse et salles de jeux
R Établissements d’enseignement, colonies de vacances
S Bibliothèques, centres de documentation et de consultation d’archives
T Salles d’exposition
U Établissements de soins
V Établissements de culte
W Administrations, banques, bureaux
X Établissements sportifs couverts
Y Musées

Les établissements suivants sont dits « établissements spéciaux ».

PA Établissements de plein air
CTS Chapiteaux et tentes
GA Gares
SG Structures gonflables
OA Hôtels-restaurants d’altitude
REF Refuges de montagne


Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


Il existe aussi le type PS (parcs de stationnement), mais les dispositions correspondantes
n’ont pas été publiées.

Les établissements flottants ou bateaux stationnaires et les bateaux en stationnement sur
les eaux intérieures recevant du public font l’objet d’un règlement à part (décret 90-43 et
arrêté du 9 janvier 1990) et constituent le type EF.

• Les catégories
Selon leur capacité, les ERP sont soumis à des exigences différentes. Ils sont répartis en
cinq catégories.

1
re
catégorie au-dessus de 1500 personnes
2
e
catégorie de 701 à 1500 personnes
3
e
catégorie de 301 à 700 personnes
4
e
catégorie 300 personnes et au-dessous, à l’exception des établissements
compris dans la 5
e
catégorie
5
e
catégorie établissements faisant l’objet de l’article R 123-14 du CCH
dans lesquels l’effectif du public n’atteint pas le chiffre
minimum fixé par le règlement de sécurité pour chaque type
d’exploitation

La catégorie s’obtient en additionnant l’effectif du public et du personnel, l’effectif du
public étant calculé suivant des règles différentes selon le type de l’établissement.
Pour la détermination de la 5
e
catégorie, en revanche, il n’est pas tenu compte de
l’effectif du personnel.

Les établissements comportant des locaux réservés au sommeil font l’objet de règles
complémentaires (structures, dégagements, détection automatique d’incendie, signalisations
et affichages, registre de sécurité et consignes).

En raison du grand nombre d’incendies meurtriers qui se sont produits dans de petits hôtels
aménagés dans d’anciens immeubles d’habitation par le passé, les hôtels de 5
e
catégorie
doivent respecter des règles plus strictes que celles des autres établissements.
Cela concerne les escaliers, le système d’alarme, le désenfumage, l’utilisation du gaz dans les
chambres, la détection automatique d’incendie, la formation du personnel à la sécurité
incendie.
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


2 AMÉNAGER LES LOCAUX DANS LE RESPECT
DES RÈGLES ÉLÉMENTAIRES DE SÉCURITÉ
2.1 L'implantation des bâtiments
L’éloignement des bâtiments les uns par rapport aux autres est un moyen de prévention
efficace, même si cette mesure peut être incompatible avec les contraintes économiques :
• coût du terrain, notamment en zone urbaine ;
• coût d’exploitation augmentant avec les distances qui sépareront des activités
complémentaires telles que les manutentions ;
• durée de transport ;
• déplacements ;
• transport et distribution des fluides, etc.
Dans la mesure où la séparation de certaines activités s’avère possible, une première approche
peut être faite qui consisterait, lors des études d’implantation sur le terrain, à concevoir des
bâtiments distincts suivant les activités, en maintenant entre chaque construction, un espace
libre.
Le choix de l'implantation des bâtiments, tant du point de vue du législateur que de celui de
l’assureur, constitue un élément majeur de prévention. Dans certains cas, l'implantation du
bâtiment conduira à des exigences supplémentaires sur le choix des matériaux et éléments de
construction en fonction de leur comportement au feu.
Séparer les risques
La mesure la plus simple pour éviter qu’un incendie se propage est de l’isoler dans l’espace.
L’idéal est de séparer les risques. A cette fin, les facteurs à prendre en considération sont
essentiellement d’ordre météorologique (sens et la force des vents dominants, fréquence des
impacts de foudre), et environnemental (voisinage de forêts, broussailles, dépôts de détritus,
autres constructions, lignes aériennes à haute tension, le relief…).
Si des stockages de produits inflammables ou de matériaux combustibles sont prévus sur des
zones à l’air libre, ils doivent être placés en aval des bâtiments par rapport au vent dominant.
En cas de sinistre, le feu se cantonne alors à l’extérieur et les gaz et fumées générés par
l’incendie s’échappent de préférence vers des zones libres.
Contre la propagation de feux liquides, il est toujours préférable de prévoir le plus tôt possible
l’emplacement des cuvettes de rétention.
Afin de protéger les bâtiments des incendies susceptibles de provenir de l’extérieur et d’éviter la
propagation aux immeubles voisins de sinistres venant de l’intérieur, la réglementation prévoit
des mesures d’isolement pour chaque type de construction : bâtiments d'habitation ; locaux de
travail ; installations classées pour la protection de l'environnement ; établissements recevant du
public ; immeubles de grande hauteur.
• Avant toute étude technique ou décision, on examinera les prescriptions réglementaires liées
à la nature et à l’activité du bâtiment. Elles peuvent avoir une incidence sur le choix du terrain
et l’implantation des bâtiments (mesures d’isolement, accès pompiers, nombre d’issues de
secours...).
• D’autres facteurs, comme les ressources en eau, les vents dominants... sont à prendre en
considération afin d’éviter la propagation du feu et de permettre la mise en place des
moyens de sauvetage et d’intervention.
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


2.2 Le comportement au feu des matériaux de construction
La réglementation relative à la protection des bâtiments contre l’incendie établit, pour chaque
type de construction, des prescriptions concernant la qualité des matériaux et éléments au
regard de l’incendie. Le degré de contrainte dépend du danger représenté par le type de
construction et l’activité exercée (habitations, établissements recevant du public, immeubles de
grande hauteur, locaux de travail, parcs de stationnement couverts, installations classées) et du
rôle que l’élément de construction considéré est appelé à tenir.

La réglementation vise à définir le comportement au feu des matériaux et éléments de
construction.

Par matériau, on entend toute matière ou produit qui permet de préparer des éléments de
construction ou qui entre directement dans la construction : pierre, brique, bois, fer, béton,
matières synthétiques, tissu, papier, etc.

Par élément de construction, on entend tous les composants de caractéristiques
physiques générales comparables dans une même famille (éléments porteurs, plafonds,
cloisons, fermetures, conduits, clapets, ventilateurs, etc.) issus de séries semblables ou
similaires et dont l’assemblage participe à l’édification d’un immeuble.

Le CECMI (Comité d’étude et de classification des matériaux et éléments de construction par
rapport au danger d’incendie), créé par le ministère de l'Intérieur, a pour objet de proposer
« une réglementation des méthodes et des appareils d’essais, une classification des
différents matériaux en usage dans la construction en fonction de leur comportement en
présence d’un incendie, et l’agrément des laboratoires d’essais ». Ce comité comprend des
représentants des ministères, sapeurs-pompiers, et des laboratoires agréés.

« Le comportement au feu en cas d’incendie est apprécié d’après deux critères :
• la réaction au feu, c’est-à-dire l’aliment qui peut être apporté au feu et au
développement de l’incendie ;
• la résistance au feu, c’est-à-dire le temps pendant lequel les éléments de construction
peuvent jouer le rôle qui leur est dévolu malgré l’action d’un incendie » (art. R.121-2 du
CCH).

Le critère de réaction au feu s’applique aux matériaux et celui de résistance au feu, aux
éléments de construction.
Pour certains éléments la réglementation impose une double condition :
• d’une part un classement défini au regard de la réaction au feu du matériau qui le
constitue ;
• d’autre part un certain degré de résistance au feu, suivant le rôle que l’élément est
appelé à jouer.
En effet, il ne suffit pas d’édifier une cloison en matériau réputé incombustible par nature,
encore faut-il que cette cloison ne se brise pas sous l’effet du choc thermique. Pour cela, il
faut qu’elle ait une certaine épaisseur et qu’elle soit éventuellement revêtue d’un enduit de
protection, lui-même d’une certaine épaisseur, en fonction du critère et de la durée requis.

Pour certains immeubles d’habitation, établissements recevant du public, immeubles de
grande hauteur et certains lieux de travail, la législation impose des mesures relatives au
comportement au feu des structures, des couvertures, des façades, des cloisonnements,
des escaliers, des conduits et gaines, ainsi que des aménagements intérieurs.
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

2.2.1 La réaction au feu des matériaux de construction
La réaction au feu correspond à l'aptitude d'un produit à s'enflammer et donc à alimenter
l'incendie et contribuer à sa propagation.
Les Euroclasses forment un système harmonisé d'essais et de classement dans les États
membres. Elles vont remplacer progressivement les différents classements nationaux, en
France, le classement M.
En France, les détails et les dates d'application des Euroclasses seront fixés pour chaque
famille de produits par la parution des normes et arrêtés correspondants. Conditions et
délais d'application du marquage CE seront fixés par arrêtés pour chaque famille.
L’arrêté du 30 juin 1983 modifié permettait de classer en fonction des résultats des essais, les
matériaux en classes M1, M2, M3, M4 ou non classés et en catégorie M0 suivant des
dispositions particulières. Il a été abrogé par l’arrêté du 21 novembre 2002 relatif à la
réaction au feu des produits de construction et d'aménagement qui fixe les méthodes d'essais
et les catégories de classification en ce qui concerne la réaction au feu de ces produits.
Le fonctionnement du classement M
Le classement M prend en compte deux caractéristiques essentielles « d’une part, la quantité
de chaleur dégagée au cours de la combustion et, d’autre part la présence ou l’absence
de gaz inflammables ». L’opacité et la toxicité des produits de combustion ne sont pas prises
en compte.
Le schéma suivant résume les classements français « M » obtenus à l’issue des essais de
réaction au feu.
Schéma des classements M de réaction au feu



















Les produits de construction sont distincts de ceux d'aménagement, il s'agit :
• des produits pour les murs ou plafonds, y compris les produits de finition ;
• les éléments de construction ;
• les produits intégrés aux éléments de construction ;
• les produits des façades et murs extérieurs, y compris les couches d'isolation ;
• les sols et les revêtements de sols.
Les produits d'aménagement ne sont pas fabriqués pour être incorporés durablement dans les
ouvrages de construction. Leur classement conserve les catégories M françaises. Les fabricants
peuvent cependant choisir de faire évaluer leurs produits selon le système des Euroclasses.
Les produits classés d'office : certains produits et matériaux, dont le comportement au feu
est bien connu et stable, ne sont pas soumis aux essais et le classement à leur appliquer
est fixé de façon conventionnelle.
Essais de combustibilité
et d’inflammabilité
Conditions requises
pour M1
Mesure PCS
PCS
≤ 2,5 MJ/kg
PCS
> 2,5 MJ/kg
M0 M1
M2 M3 M4 Non classé
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


• L'usage des Euroclasses avant l'échéance
Aucune correspondance n'existe entre le classement M et les Euroclasses. Cependant,
l'arrêté de novembre 2002 comporte deux tableaux qui fixent les classes déterminées
selon le classement européen admissibles au regard du classement M utilisé dans les
règlements de sécurité contre l'incendie jusqu'à la modification de ces derniers. Ces
tableaux permettent également la mise en œuvre de produits répondant aux Euroclasses
avant que celles-ci ne soient rendues obligatoires (voir page suivante).

Euroclasses admissibles dans le classement M :
Produits de construction autres que les sols
Classes selon NF EN 13501-1
Combustibilité
Production
de fumées
Production de
gouttes enflammées
Correspondance
Exigence de la
réglementation française
A1 - - Incombustible
A2 s1 d0 M0
A2 s1 d1
(1)

A2
s2
s3
d0
d1
(1)


B
s1
s2
s3
d0
d1
(1)


M1
C
(3)

s1
(2) (3)

s2
(3)

s3
(3)

d0
d1
(1)

M2
D
s1
(2)

s2
s3
d0
d1
(1)


M3
(non gouttant)
Toutes classes
(2)
autres que E-d2 et F M4
(1)
Le niveau de performance d1 est accepté seulement pour les produits qui ne sont pas thermofusibles dans les conditions de l'essai.
(2)
Le niveau de performance s1 dispense de fournir les informations prévues par l'arrêté du 4/11/1975 modifié portant réglementation
de l'utilisation de certains matériaux et produits dans les ERP et l'instruction du 1
er
décembre s'y rapportant.
(3)
Admissible pour M1 si non-substantiel au sens de la définition de l'annexe 1.

Euroclasses admissibles dans le classement M : Sols
Classes selon NF EN 13501-1
Combustibilité Production de fumées
Correspondance
Exigence de la
réglementation française
A1 fl
-

Incombustible
A2 fl
s1

M0
A2 fl
S2

B fl
C fl
s1
s2

M3
D fl
s1
(1)

s2

M4
(1)
Le niveau de performance s1 dispense de fournir les informations prévues par l'arrêté du 4/11/1975 modifié portant réglementation
de l'utilisation de certains matériaux et produits dans les ERP et l'instruction du 1
er
décembre s'y rapportant.

Le fonctionnement des Euroclasses
Les performances de réaction au feu prises en compte par les Euroclasses sont la
combustibilité, la production de fumées et la production de gouttes enflammées.
La classification de base, correspondant à la combustibilité, est divisée en sept classes de
A à F (voir tableaux ci-dessus). Une distinction est faite entre les produits de construction
en général et les sols notés "FL" (flour) :
• A1, A2, B, C, D, E, F ;
• A1FL, A2FL, BFL, CFL, DFL, EFL, FFL .

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

A cela s'ajoutent les classifications liées :
• au dégagement de fumées, noté de s1 à s3 (s = smoke) ;
• à la production de gouttes enflammées d0 et d2 (d = drop).

Les classes sont rangées dans le sens croissant selon le scénario de sollicitation.
Ainsi A correspond à une moindre combustibilité que F, s1 correspond à une plus faible
production de fumée que s3.

Les classes A1 et A1fl sont attribuées sans essais et correspondent aux produits très peu
combustibles, tels que : argile, perlite, laine minérale, verre cellulaire, béton, céramique,
chaux, verre…
Les essais
Les essais peuvent être réalisés soit par des laboratoires français agréés par le
ministère de l’Intérieur, soit par des laboratoires d’États membres de la
Communauté européenne ou de pays de l'Association économique de libre-
échange, parties contractantes de l'accord relatif à l'Espace économique européen,
présentant l'indépendance et la compétence des laboratoires d'essais fixées par les
normes de la série EN 45 000 ou NF EN ISO/CEI 17025, ou des garanties
équivalentes, et reconnus compétents par le ministère de l'intérieur, de la sécurité
intérieure et des libertés locales,

Pour aboutir au classement décrit un produit doit être soumis à trois niveaux de
sollicitation thermique, qui se réalisent grâce à 5 types d'essais. On n'effectue un
essai d'un niveau donné que lorsqu'un produit a réussi l'essai du niveau inférieur.
L'amélioration du classement par l'ignifugation
On peut, dans certains cas, améliorer la réaction au feu d’un matériau combustible
par l’ignifugation. Celle-ci peut être partielle (en surface) ou totale (dans la masse),
plus ou moins durable suivant le procédé utilisé et les conditions de service.
L’ignifugation permet de diminuer ou de retarder l’inflammabilité du matériau traité
et peut diminuer la vitesse de propagation de la flamme. Mais, en aucun cas, elle
ne peut diminuer le pouvoir calorifique propre au matériau.

Les traitements d’ignifugation concernent essentiellement : les tissus (textiles
naturels ou synthétiques), le bois et ses dérivés (panneaux de particules,
contreplaqués), les matières plastiques, les charpentes métalliques.
2.2.2 La résistance au feu des éléments de construction
La résistance au feu des éléments de construction est définie comme « le temps pendant
lequel les éléments de construction peuvent jouer le rôle qui leur est dévolu malgré
l’action d’un incendie » (CCH).









Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


L’évaluation de la résistance au feu des produits, éléments de construction et d’ouvrages est réalisée,
soit au moyen d’essais, soit à partir de calculs, soit par d’autres modes de justification. Elle est définie
par l’arrêté interministériel du 22 mars 2004 et ses cinq annexes.

Cet arrêté fixe « les méthodes et les conditions d’évaluation des performances de résistance au feu des
produits, éléments de construction et d’ouvrages, auxquelles se réfèrent les règlements de sécurité
contre l’incendie. »

Ainsi, l’arrêté du 22 mars 2004 annule et remplace l’arrêté du 3 août 1999. Il met en application les
méthodes d’essais et de classement européennes et abroge les méthodes françaises.

Les éléments de construction concernés par l’arrêté du 22 mars 2004 sont :
• les éléments porteurs sans fonction de compartimentage (murs planchers,
toitures, poutres, balcons, escaliers, passerelles ;
• les éléments porteurs avec fonction de compartimentage (murs, planchers et
toitures) ;
• les produits et systèmes destinés à protéger des éléments ou des parties des
ouvrages (plafonds n’ayant pas de résistance propre au feu, enduits, panneaux,
protection projetées, revêtements et écrans de protection contre le feu) ;
• les éléments non porteurs ou parties d’ouvrages (cloisons, y compris comportant
des parties isolées, plafonds possédant une résistance au feu intrinsèque, façades et
murs extérieurs y compris éléments vitrés, planchers surélevés, calfeutrements de
pénétration et joints d’étanchéité linéaire, portes et fermetures résistant au feu et leurs
dispositifs de fermeture, portes étanches aux fumées, fermetures des passages ménagés
pour les systèmes de convoyage, sauf les systèmes de transport sur rail, conduites et
gaines pour installations techniques, cheminées) ;
• les produits destinés à être utilisés dans les systèmes de ventilation, sauf les
systèmes d’extraction de chaleur et de fumées (conduits de ventilation, clapets) ;
• les produits destinés à être utilisés dans les systèmes de contrôle des fumées et
de la chaleur (conduits d’extraction des fumées pour compartiment unique, conduits
d’extraction des fumées résistants aux feu multicompartiments).
2.2.2.1 Les critères d’évaluation


« Les performances de résistance au feu évaluées au moyen d’actions thermiques
prédéterminées sont exprimées en degrés ou classes. Ces degrés, ou classes, sont
directement liés aux durées pendant lesquelles les produits, éléments de construction et
d'ouvrages satisfont aux critères de performance retenus, en fonction du rôle qui leur est
dévolu du point de vue de la sécurité. »
(article 4 de l’arrêté de 2004).
La classification des caractéristiques essentielles
La classification est établie en fonction de trois caractéristiques essentielles
symbolisées par une lettre :
R : capacité portante. Capacité à supporter l’exposition au feu sans perte de
stabilité (R correspond donc à l’ancien degré « stabilité au feu » SF).
E : étanchéité au feu. Étanchéité au feu sur le côté exposé sans transmission de
flammes et de gaz chauds pouvant s’enflammer sur la face non exposée (E
correspond donc à l’ancien degré « pare-flamme » PF).
I : isolation thermique. Isolation thermique imposant des températures maximales
sur le côté non exposé (I correspond donc à l’ancien degré « coupe-feu » CF.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

D’autres critères complètent cette classification
W : rayonnement. L’élément testé ne laisse pas passer ou n’émet pas de rayonnement
supérieur à 15 kW/m
2
;
M : résistance à l’impact mécanique ;
C : capacité de fermeture automatique ;
S : étanchéité aux fumées ;
G : résistance à la combustion de la suie (cheminées).

Des classifications spécifiques propres à des éléments particuliers sont
également prévues
K : capacité de protection contre l’incendie (revêtements, parements de murs et
plafonds) ;
D : durée de stabilité à température constante ;
DH : durée de stabilité sous la courbe standard température/temps (écrans de
cantonnement) ;
F : fonctionnalité des ventilateurs extracteurs de fumées et de chaleur ;
B : fonctionnalité des exutoires de fumée et de chaleur naturels.

Les classifications sont exprimées, sauf indications contraires, en minutes et non plus en
heure ou fraction d’heure comme c’était le cas dans l’ancienne réglementation.
2.2.2.2 Le système européen de classification

L’arrêté du 22 mars 2004 modifie le classement de la résistance au feu des produits, éléments de
construction et d’ouvrages. Celui-ci était auparavant assuré par l’arrêté du 3 août 1999.
Les règlements de sécurité continuent de se référer à ce texte. Avec le nouvel arrêté, les termes
« coupe-feu » « pare-flamme » et « stabilité au feu » n’ont pas disparu des règlements de sécurité.
Cependant, ces règlements doivent se conformer aux nouvelles prescriptions. C’est ainsi que
l’annexe 5 de l’arrêté du 22 mars 2004 a été conçu.
Cette annexe permet de convertir les anciens degrés de résistance au feu en nouveaux degrés
européens de résistance au feu nous reproduisons l’annexe 5 page suivante.




















Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie








Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie










Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


2.3 Le compartimentage et le cloisonnement
Le compartimentage est l’ensemble des mesures constructives à prendre pour lutter
contre la propagation de l’incendie en créant des obstacles à cette propagation. En
empêchant ou en ralentissant l’incendie, ces obstacles, verticaux ou horizontaux,
permettent :
• d’assurer ou au moins de faciliter l’évacuation rapide des personnes vers l’extérieur ou
vers les lieux de recueil par des zones ou passages protégés ;
• de limiter le plus possible le volume des zones présentant des risques particuliers pour
les personnes ou pour les biens ;
• de faciliter l’intervention des secours extérieurs en leur permettant d’accéder au siège
du sinistre ;
• de limiter l’ampleur des dégâts sur les biens.

Cet objectif s’applique d’un bâtiment à l’autre et à l’intérieur d’un même bâtiment.

Dans la mesure du possible, le compartimentage, comme la plupart des mesures de protection
contre l’incendie, doit être conçu dès l’avant-projet de construction, afin qu’il coïncide avec des
découpages logiques de l’activité et des services et que les équipements et les aménagements
s’y intègrent judicieusement.
Le compartimentage s’applique :
• à un local, dont toutes les parois et issues doivent satisfaire à des critères définis de résistance
au feu ;
• à un ensemble de locaux dont les « frontières » seules doivent satisfaire à ces critères,
l’ensemble formant un « compartiment » dans lequel les exigences de résistance au feu des
parois verticales ne seront pas imposées. La surface d’un compartiment est limitée, par la
réglementation, selon le type d’occupation ;
• aux circulations ou « dégagements », qui devront présenter des parois et des issues ayant un
certain niveau de résistance au feu (dégagements encloisonnés), et être limités par des
recoupements au moyen de portes résistant au feu ;
• aux cages d’escaliers et d’ascenseurs, dont les parois et les blocs-portes résistants au feu
contribueront à les « encloisonner » ;
• aux combles vides, qui devront être « recoupés » par des éléments résistant au feu ;
• aux gaines et conduits traversant les parois, les planchers et plafonds, afin que leur passage
n’altère pas l’efficacité de la protection, à l’aide de calfeutrements, volets et clapets restituant
le degré de résistance au feu des éléments traversés ;
• aux parois séparant deux bâtiments contigus ou deux parties de bâtiments.

Le « compartimentage » a ses points faibles. Ce sont toutes les ouvertures qui y sont pratiquées
et les solutions de continuité : portes, baies, passages de gaines techniques, faux-plafonds,
jonctions entre murs et éléments de toiture, partie basse des cloisons...
Ces éléments peuvent éloigner le compartimentage du modèle idéal qui vise à limiter le feu
dans la zone où il a pris naissance.
La réglementation associe toujours les mesures relatives aux parois, plafonds, planchers à des
mesures complémentaires concernant les ouvertures.

Les mesures de cloisonnement ou de compartimentage imposées par le législateur diffèrent
suivant l’importance du bâtiment, le type d’occupation, la nature de l’activité… La notion
même de compartimentage est différente suivant qu’il s’agit d’un IGH ou d’un ERP.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

Les exigences réglementaires relatives compartimentage sont très nombreuses et concernent :
• les bâtiments d'habitation ;
• les lieux de travail ;
• les établissements recevant du public ;
• les immeubles de grande hauteur ;
• les parcs de stationnement couverts ;
• les installations classées pour la protection de l'environnement, avec par exemple
certaines prescriptions sévères pour :
- les entrepôts couverts stockant des matières combustibles,
- les installations où sont manipulés des liquides inflammables.
2.4 L'évacuation
2.4.1 Les dégagements et issues
La vocation des dégagements et des issues est de permettre la communication
interne entre les différentes parties d’un bâtiment et la communication avec
l’extérieur, en situation normale comme en cas de danger immédiat.

Les mesures constructives imposées par la réglementation incendie privilégient la
continuité de la vie dans un bâtiment plutôt que son évacuation.

Quand l'évacuation s’avère nécessaire, elle se pose en terme de temps et d’espace.

Le facteur temps étant difficilement contrôlable (prise de décision de l’évacuation,
délai de mise en mouvement et de canalisation d’une foule), c’est essentiellement
en terme d’espace que se situent les prescriptions réglementaires : nombre et
largeur des dégagements et des issues, distances à parcourir.

Par « dégagement », on entend, quelle que soit la nature du bâtiment, toute partie
de la construction permettant le cheminement d’évacuation des occupants :
circulation horizontale, zone de circulation, escalier, ascenseur, couloir, rampe,
porte, sortie, issue…

Les dégagements sont dits « protégés » lorsque les personnes s’y trouvent à l’abri
des flammes et de la fumée, soit parce que les parois offrent un degré minimum de
résistance au feu (dégagements encloisonnés), soit parce qu’ils sont exposés à l’air
libre.
2.4.1 La signalisation
Le balisage des dégagements vise à permettre au public ou aux salariés d’un
établissement de trouver ou de repérer rapidement la sortie, en situation normale
comme en cas d’urgence.

En tous lieux, les indications balisant les cheminements doivent être :
• assurées par des lettres ou signaux blancs sur fond vert, au moyen
de panneaux opaques ou transparents lumineux, lisibles de jour et de nuit ;
• placées de manière à être visibles et suffisamment différenciées des autres
indications.

Les panneaux indiquant une sortie peuvent être complétés par la mention « Sortie »
ou « Sortie de secours ». Cette mention est obligatoire lorsqu’elle signale des issues
utilisables uniquement en cas de sinistre.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


Dans les ERP et les IGH, les panneaux doivent être conformes « aux normes
françaises en vigueur », notamment la norme NF X 08-003 « Couleurs et signaux de
sécurité ».

Dans tous les locaux de travail, la signalisation doit être conforme aux prescriptions
de l’arrêté du 4 novembre 1993 « relatif à la signalisation de sécurité et de santé
au travail ».

La norme NF X 08-003 est réputée satisfaire aux prescriptions de l’arrêté.
2.4.2 L'éclairage de sécurité
Le principal objectif de l’éclairage de sécurité est de permettre d’assurer l’évacuation des
personnes en cas d’interruption accidentelle de l’éclairage normal (R.232-12-7, EC 2,
GH 47). Cet éclairage peut être assuré par les foyers lumineux des panneaux de
balisage. Il doit être conforme à la réglementation s’y rapportant.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


3 CHOISIR LES MOYENS DE PROTECTION
3.1 Comment faire les bons choix ?
Les moyens de protection contre l’incendie sont très diversifiés. En général, on distingue les
moyens de premier secours, souvent liés à une intervention humaine et les moyens
automatiques. Les uns et les autres pouvant parfois être exigés par la réglementation à laquelle
est assujetti l’établissement.

Le choix d’un moyen ou d’un ensemble de moyens dépend de facteurs divers :
• nature de l’activité exercée (commerciale, industrielle, tertiaire, etc.) ;
• risques encourus (présence de public, présence de machines ou d’installations vulnérables,
stockage ou manipulation de matières dangereuses, etc.) ;
• présence de personnel permanent (jour, nuit, week-ends, jours fériés) ;
• obligations réglementaires ;
• éloignement du centre de secours ;
• moyens financiers de l’entreprise ;
• exigences de la société d’assurances.
3.1.1 Les moyens de premier secours
Sont considérés comme des moyens de premier secours adaptés à toutes les catégories
d’activités, les extincteurs mobiles, les robinets d’incendie armés, le service de sécurité incendie.
Ces moyens peuvent s’associer à d’autres moyens.
3.1.2 Les moyens complémentaires aux moyens de premier secours
3.1.2.1 L’installation de détection automatique d’incendie
Une installation de détection automatique d’incendie est un dispositif destiné à déceler et
signaler, dans un minimum de temps, l’éclosion d’un incendie. En pratique, un système de
surveillance donne la possibilité de desservir un nombre élevé de points de surveillance, de
signaler les incidents susceptibles de conduire à des défaillances dans la détection et la
signalisation d’un début d’incendie et l’absence de fonctionnement intempestif.

Les phénomènes détectables sont dans l’ordre :
• l’émission de gaz de combustion ;
• l’émission de fumées ;
• le rayonnement de la flamme ;
• le dégagement de la chaleur.

Il existe plusieurs types de détecteurs :
• le détecteur ionique de gaz de combustion ;
• le détecteur optique de fumée ;
• le détecteur optique linéaire de fumée ;
• le détecteur optique de flammes ;
• le détecteur thermique.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


3.1.2.2 L’installation d’extinction automatique
Les installations d’extinction automatique à eau de type sprinkleurs, systèmes très
complets de protection contre l’incendie se déclenchent automatiquement dès la
naissance du feu, donnent l’alarme et arrosent le foyer, ce qui a pour effet d’éteindre
l’incendie ou de le contenir jusqu’à l’arrivée des secours.
Les autres installations d’extinction automatique à gaz, à mousse ou à poudre sont
destinées à la protection de locaux ou de risques particuliers sur lesquels l’eau n’est pas
recommandée.
Le choix des moyens de protection résulte d’une analyse des risques et d’une bonne
connaissance des produits (agents extincteurs), des matériels et techniques de protection,
des dispositions réglementaires et des règles privées. Les bonnes décisions sont prises en
concertation avec l’assureur et le professionnel de la sécurité.

Les professionnels installateurs de matériels et de systèmes de protection contre l’incendie
peuvent être titulaires d’une certification APSAD. Il s’agit d’une certification volontaire
d’entreprise ou de service spécifique à la sécurité. Les titulaires de la certification ont fait valider
leur compétence pour concevoir et installer des moyens de protection adaptés aux risques de
leurs clients.
Par ailleurs, elles sont référencées par la plupart des sociétés d’assurances pour la réalisation
des installations conformes à leurs règles : les référentiels APSAD.
3.1.2.3 L’installation de désenfumage
Le désenfumage a pour objet, en début d’incendie, d’extraire des locaux une partie des
fumées et des gaz de combustion afin de maintenir praticables les voies d’évacuation du
public. Ce désenfumage permet de limiter la propagation de l’incendie et de faciliter
l’intervention des secours.

• Les principes du désenfumage
Les fumées doivent être évacuées le plus tôt possible et le plus près possible de la source
afin de diminuer les volumes à extraire et les risques de propagation.

Deux grands types de contrôle des fumées satisfont aux objectifs visés :
• le premier consiste à assurer un balayage de l'espace à protéger par de l'air frais et à
extraire les fumées, afin que, dans la zone d'occupation, la dilution des gaz soit telle
qu'elle réduise au minimum leurs effets nocifs ;
• le second consiste à établir une hiérarchie des pressions entre le local sinistré et les
locaux adjacents, de façon à réaliser un équilibre s'opposant à la propagation des
fumées.

• Les méthodes de désenfumage
L'analyse des besoins dépend du bâtiment, de son équipement et de sa destination. Dans
le même type de bâtiment, des mesures constructives, des équipements complémentaires
ou des prescriptions concernant la combustibilité et le pouvoir fumigène des matériaux
vont entraîner une vitesse d'enfumage et un temps d'évacuation différents.
Suivant la configuration des locaux à traiter, les techniques de balayage seront
différentes en fonction de la nature des entrées d'air et de celle des évacuations
(naturelles ou mécaniques).
• Le désenfumage naturel est réalisé par des amenées d'air et des évacuations de
fumées communiquant avec l'extérieur, directement ou au moyen de conduits disposés
de manière à assurer un balayage satisfaisant du local.


Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

• Le désenfumage par tirage mécanique est assuré par des extracteurs
mécaniques de fumées et des amenées d'air naturelles ou mécaniques, l'ensemble
étant commandé par un système manuel ou automatique. Les ventilateurs doivent être
conçus pour assurer leur fonction avec des fumées à 400°C pendant 1 ou 2 heures et
bénéficier d'une alimentation électrique autonome. Les canalisations alimentant ces
ventilateurs doivent être, soit protégées, soit réalisées en matériaux résistant au feu.

La règle APSAD R17 Exutoires de fumées et de chaleur concerne les systèmes de
désenfumage naturel installés dans les toitures des bâtiments à usage commercial ou industriel.
Elle définit les exigences relatives à la conception et à l’installation des exutoires de fumées et
de chaleur, de leurs dispositifs de commande et des cantons de désenfumage. La règle précise
les conditions dans lesquelles l'installation pourra être prise en considération par l'assureur.
3.2 Choisir les agents extincteurs
3.2.1 Les différentes classes de feux
Classes de feux Exemples
Classe A : Feux de solides braisants Bois, cartons
Classe B : Feux de liquides ou de solides liquéfiables Hydrocarbures, alcool
Classe C : Feux de gaz Gaz
Classe D : Feux de métaux Sodium, magnésium
Classe F : Huiles et graisses végétales et animales Huile de friture
3.2.2 L'eau : un agent extincteur
Les moyens de mise en œuvre de l’eau sont très variés : extincteurs mobiles, RIA, lances
incendie, installations automatiques (sprinkleurs), etc. Son action de refroidissement la destine
principalement à l’extinction des feux de classe A, mais en y intégrant des additifs, sa capacité
d’extinction s’étend aux feux de classe B.

L’eau reste inefficace, voire dangereuse, sur certains feux. Sur les feux de métaux, la molécule
d’eau se « brise », libérant ainsi de l’hydrogène et de l’oxygène.

Quand l’eau est projetée sur le foyer, elle est portée à ébullition et se vaporise, c'est à ce
moment que l’absorption calorifique agit au maximum. On distingue :
• l'eau naturelle, utilisée en jet plein (jet bâton) ou en jet pulvérisé ;
• l'eau avec additif qui est utilisée en pulvérisation.
Les caractéristiques de base de l'eau
L'eau bénéficie d'un pouvoir d'absorption calorifique très élevé, ce qui fait d’elle un agent
extincteur privilégié des feux de classe A.

Cependant, l'eau craint le gel. On peut y remédier par l'emploi d'antigel, surtout dans les
extincteurs. Elle peut également provoquer des corrosions, surtout à l'interface eau-air.
Mais, il existe des remèdes tels que revêtements, peintures, aciers inoxydables, produits
spéciaux...
Par ailleurs, elle peut causer des dégâts des eaux, elle conduit l'électricité, notamment en
jet plein (attention également au jet pulvérisé) et elle génère des effluents porteurs
d'agents toxiques pouvant engendrer des pollutions.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


L'eau pulvérisée avec additif
Afin d’étendre l’efficacité de l’eau aux feux de classe B, il est nécessaire d’utiliser des additifs
tels que l’AFFF (Agent formant un film flottant). Cet additif produit, à la surface du liquide en
feu, un film qui isole les vapeurs du combustible de l’oxygène de l’air. Ce film persiste même
après l’extinction.

Il faut noter que la présence d'additif peut accentuer les problèmes de corrosion et augmente
aussi la conductibilité électrique de l'eau.
3.2.3 Les mousses
Les mousses sont formées à partir d’eau, d’émulseur et d’air. Elles s’étalent à la surface du
liquide en feu et isolent les vapeurs combustibles du comburant.
Elles sont efficaces principalement sur les feux de classe B.
Les émulseurs sont plus ou moins corrosifs, ce qui nécessite un rinçage du matériel après
usage.

L’utilisateur doit vérifier et respecter les recommandations du constructeur quant aux
incompatibilités, par exemple :
• le mélange d’émulseurs de familles différentes peut les rendre inefficaces ;
• l’usage simultané d’eau et de mousse engendre une destruction celle-ci ;
• l’utilisation de poudres détruit massivement le tapis de mousse formée.
Le foisonnement
Selon le volume d’air apporté, on obtient différents types de foisonnements.

Bas foisonnement < 20 ; en moyenne 8
Moyen foisonnement 20 ≤ MF ≤ 200 ; en moyenne 100
Haut foisonnement > 200 ; en moyenne 500

Les trois gammes de foisonnement correspondent en fait à trois densités de mousse
obtenues par différents générateurs.
Un foisonnement de 8 signifie qu'avec 1 litre de solution moussante, on obtient 8 litres
de mousse.

Foisonnement = Volume de mousse
Volume de solution moussante
Les émulseurs
On distingue différentes familles d’émulseurs en fonction de leurs constituants :
• les protéiniques, de couleur marron très foncé, fabriqués à partir de protéines animales
(ongles, cornes, etc.).
• les synthétiques, de couleur claire dont la base moussante est un tensioactif
hydrocarboné.
Les émulseurs pour feux d'hydrocarbures
• Émulseurs standards :
A base protéinique ou synthétique, ils sont efficaces sur les hydrocarbures lourds. En
revanche, leur mousse se laisse contaminer par les hydrocarbures légers (essence).


Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

• Émulseurs fluorés :
Pour améliorer la qualité des émulseurs standards, des produits tensioactifs fluorés sont
ajoutés aux bases moussantes. On obtient ainsi les émulseurs fluoroprotéiniques ou
fluorosynthétiques qui résistent bien à la contamination et peuvent être projetés sur les
hydrocarbures légers.
• Émulseurs AFFF :
Certains produits tensioactifs perfluorés abaissent la tension superficielle des solutions de
telle manière que le liquide de décantation forme un mince film qui flotte en surface. Ce
film permet de cicatriser la couche de mousse s'opposant ainsi à la ré-inflammation. Ces
émulseurs, de base protéinique ou synthétique, résistent particulièrement bien à la
contamination.
Les émulseurs pour feux de liquides polaires
Il est nécessaire d'utiliser des émulseurs spéciaux dits polyvalents ou anti-alcool.
• Émulseurs polyvalents à base protéinique :
Ils peuvent être standards, fluorés, et AFFF.
• Émulseurs polyvalents à base synthétique :
Des polymères spéciaux sont mis en solution dans l'émulseur de base (standard, fluoré ou
AFFF). Au contact des solvants polaires, les polymères forment un gel.
3.2.4 Les poudres
Les poudres extinctrices sont des produits chimiques finement broyés destinés à être
projetés sur les feux pour les éteindre. Leur mode d’action fait intervenir des phénomènes
d’inhibition de flamme (feux de classe B et C) mais aussi des possibilités d’isolement des
gaz de distillation par rapport à l’oxygène de l’air (feux de classe A et D).

Dans les locaux, l’utilisation des poudres crée une diminution de la visibilité pouvant
entraîner des effets de panique et gêner l’évacuation.
Les matériels fragiles doivent être soigneusement nettoyés après une extinction à la
poudre.
Les poudres BC
Les poudres BC agissent exclusivement par inhibition de flamme.
• Leurs qualités : Les poudres BC permettent d'éteindre très rapidement les feux
d'hydrocarbures ou de gaz (efficaces sur les feux des classes B et C). Elles ne
conduisent pas l’électricité, ne sont pas toxiques et ne craignent pas le gel.
• Leurs inconvénients : Les poudres BC n'agissent pas sur les braises (feux de classe A) et
ne sont pas efficaces sur les feux de métaux (classe D). La visibilité est fortement diminuée
pendant la projection, surtout à l'intérieur des locaux. Après la projection, les poudres se
déposent partout (machine, électronique, vêtement...) pouvant provoquer des salissures.
Les poudres ABC
Les poudres ABC (appelées parfois polyvalentes) agissent par inhibition de flamme
(feux des classes B et C) mais en plus, elles forment une laque à la surface des
combustibles solides chauds qui empêche l'émission de gaz inflammables
(isolement des braises pour feux de classe A).

Cependant, pour être efficace, il est primordial de déposer une quantité de poudre
en excès important pour parfaire ce vernissage, ce qui implique une grande
dextérité de l’intervenant.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


• Leurs qualités : Les poudres ABC sont efficaces sur les flammes et sur les braises
(feux des classes A, B et C). Elles ne conduisent pas l'électricité, ne sont pas toxiques et
ne craignent pas le gel.
• Leurs inconvénients : Ils sont identiques à ceux des poudres BC mais leur
sensibilité à l'humidité est plus nette. Elles sont légèrement irritantes pour les
muqueuses nasales.
Les poudres D (pour feux de métaux)
Très avides d'oxygène, les métaux peuvent brûler en prenant l'oxygène de l'eau et du gaz
carbonique. En outre, le dégagement thermique de la combustion de certains métaux est
tellement important que les agents extincteurs classiques sont détruits avant de pouvoir
agir. Par conséquent, les produits extincteurs courants sont inefficaces, voire dangereux.

Il n’existe pas de poudre D efficace sur tous les métaux, c’est pourquoi, il est nécessaire
de préciser le ou les métaux qu’elle est capable d’éteindre.
Le mode d’action des différentes poudres D réside dans l’isolement du métal en
combustion par rapport à l’air ambiant.

Il ne faut pas mélanger les poudres, en particulier les poudres BC et ABC. Une réaction
chimique entraînerait une décomposition avec une formation d’eau et un dégagement de gaz.
Ceci provoquerait la formation de grumeaux et une montée en pression importante de
l’extincteur.
3.2.5 Le dioxyde de carbone
Le CO
2
est essentiellement efficace sur les feux d’origine électrique et les feux de
classe B. Sur ces derniers, le résultat de l’extinction est binaire, c’est-à-dire, «tout
ou rien ». C’est un agent extincteur propre, utilisé en extincteur mobile et en
installation d’extinction. Le dioxyde de carbone (CO
2
) agit par étouffement car il
permet de diminuer la teneur en oxygène de l'air.

Il permet d’éteindre les feux de classe B. Cependant, utilisé dans un extincteur, sa
portée est très faible, ce qui limite son efficacité aux petits feux d'hydrocarbures.

En sortie de buse, la température du CO
2
est de l’ordre de - 78°C. Il a donc un
effet accessoire de refroidissement.

• Ses qualités : Le dioxyde de carbone ne salit pas les locaux ou les appareils sur
lesquels il est projeté. Il ne conduit pas l'électricité. Il ne craint pas le gel. Il n'est pas
corrosif.
• Ses inconvénients : La projection du CO
2
est sensible à l’environnement (vent,
dilution rapide) d’où une portée faible.

L'abaissement de la teneur en oxygène rend l'atmosphère incompatible avec la vie dans les
locaux où il est utilisé en noyage total.
3.2.6 Les autres gaz

L’inergen
Cet agent gazeux est un mélange de trois gaz inertes : azote pour 52 % ; argon pour
40 % et CO
2
pour 8 %.
L’inergen agit par étouffement.
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

L’argonite
C’est un mélange de gaz inertes (50 % d’azote et 50 % d’argon) agissant par
étouffement.

Ces nouveaux gaz inertes sont propres et ne conduisent pas l’électricité.
La quantité d’agent à émettre est importante et le temps d’émission est de l’ordre d’une à deux
minutes.
Le FM 200
Il s’agit d’un hydrocarbure halogéné agissant par inhibition. Il ne contient ni brome, ni
chlore. Son potentiel de destruction de la couche d’ozone (ODP) est de 0.
3.2.7 Quels agents extincteurs pour quels feux ?



Classes de feux Exemples Agents extincteurs
Classe A
Feux de solides braisants
Bois
Cartons
- eau pulvérisée ou jet plein
- eau + additif (AFFF)
- mousse (B.F.)
- poudre ABC
Classe B
Feux de liquides ou de
solides liquéfiables
Hydrocarbures
Alcool
- poudres BC et ABC
- CO
2
- Eau + additif (AFFF)
- Mousse
Classe C
Feux de gaz
Gaz Poudres BC et ABC
Classe D
Feux de métaux
Sodium
Magnésium
Poudre spéciale
Classe F
Huiles et graisses végétales
ou animales
Huile de friture
-



Les caractéristiques des différents agents extincteurs
Agent extincteur Action sur le feu
Conduction
électrique BT
Toxicité
Eau
Eau + additif (AFFF)
- refroidissement
- isolement
Conducteur
(danger)
Nulle
Mousse physique - isolement
- effet secondaire de refroidissement
(bas foisonnement uniquement)
Conducteur
(danger)
Nulle
Poudre BC - inhibition (classes B et C)
- n'éteint pas les braises
Non
Poudre ABC
« polyvalente »
- inhibition (classes B et C)
- isolement des braises (classe A)
Non
Non toxique
Irritation des muqueuses
Port d'un masque anti-poussières lors des
rechargements fréquents
Dioxyde de carbone
(CO
2
)
- étouffement
- n'éteint pas les braises
- effet secondaire de refroidissement
Non Nulle à faible dose dans l'air gaz neutre
inerte
Risque d'asphyxie en local clos


Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


3.3 Choisir le matériel de lutte contre l'incendie
La nécessité d’attaquer le feu dans les plus brefs délais et le fait de mettre à disposition des
équipes de secours des moyens adaptés aux bâtiments conduit à installer du matériel de
protection incendie. Ce matériel regroupe, entre autres, les extincteurs portatifs et sur roues, les
RIA (robinets d’incendie armés), les hydrants (bouches et poteaux incendie) et les colonnes
sèches et humides.
On peut également recourir à des installations d’extinction automatique (eau ou gaz) afin de
contenir, voire éteindre, un incendie sans intervention humaine.
Les critères de choix de ces moyens d’extinction dépendent de :
• la réglementation applicable ;
• l’activité exercée ;
• l’éloignement de l’établissement par rapport aux services de secours ;
• l’organisation du service de sécurité incendie à l’intérieur de l’établissement.
3.3.1 Les extincteurs portatifs
Un extincteur est un appareil qui permet de projeter et de diriger un agent extincteur sur un
foyer d’incendie. Les extincteurs sont conçus pour permettre une action rapide et efficace sur
les feux pris à leur début. Néanmoins, de part leur taille, leur temps d’usage et leur capacité
d’extinction sont limités. C’est pourquoi, afin qu’ils jouent un rôle décisif, il convient de
connaître leur fonctionnement et de s’entraîner régulièrement à leur maniement.
Les agents extincteurs
L'extincteur peut être à :
• eau pulvérisée ou jet plein ;
• eau avec additif (AFFF) ;
• poudre ;
• dioxyde de carbone (CO
2
) ;
• mousse.
Masse
Un extincteur portatif a une masse inférieure ou égale à 20 kg (en état de
fonctionnement).
Portée moyenne
La portée moyenne par convention est la projection horizontale de la distance comprise
entre l'orifice et la partie de l'aire de projection.

Durée totale de fonctionnement
Cette durée est le temps pendant lequel a lieu la projection de l'agent extincteur, sans
interruption pendant la projection et vanne totalement ouverte. La durée minimale de
fonctionnement des extincteurs, suivant la norme NF EN 3 est de :
Charge d’agent extincteur
(kg ou l)
Durée minimale
de fonctionnement (s)
x ≤ 3 6
3 < x ≤ 6 9
6 < x ≤ 10 12
10 < x 15

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

En pratique, un extincteur 6 l à eau pulvérisée a un temps de vidange d’environ
30 secondes, un extincteur à poudre 6 kg d’environ 15 secondes et un extincteur CO
2

de 2 kg d’environ 7 secondes.
Les principes de fonctionnement d'un extincteur
Les appareils comportent un corps et une tête sur laquelle sont disposés la robinetterie et le
diffuseur (ou un flexible). La pression, permettant la projection de l’agent extincteur, est obtenue
selon deux principes de fonctionnement :

• Les appareils à pression permanente dont le corps contient l’agent extincteur et le gaz
de propulsion.
La manœuvre est simple : retirer le système de sécurité ;
diffuser l’agent extincteur en appuyant sur la poignée.
• Les extincteurs à pression auxiliaire.
Ils sont mis sous pression au moment de leur utilisation. Il s’agit de libérer un gaz contenu dans
une bouteille auxiliaire.
Voici la manœuvre : retirer le système de sécurité ;
percuter la cartouche auxiliaire ;
diffuser l’agent extincteur en appuyant sur la poignée.

Si, avec les appareils à pression permanente, la mise en œuvre est simple, les opérations de
maintenance, en particulier les vérifications internes, sont rendues plus difficiles.

En revanche, pour les appareils à pression auxiliaire, les utilisateurs éprouvent souvent des
difficultés à percuter la cartouche.

Rappelons que la réussite d’une intervention est assurée par la formation et l’entraînement du
personnel.
L'implantation des extincteurs
Selon le Code du Travail : article R 232 – 12 – 17
« Les chefs d'établissement doivent prendre les mesures nécessaires pour que tout
commencement d'incendie puisse être rapidement et efficacement combattu dans l'intérêt
du sauvetage du personnel.
Le premier secours est assuré par des extincteurs en nombre suffisant et maintenus en bon
état de fonctionnement.
Il y a au moins un extincteur à eau pulvérisée de 6 litres au minimum pour 200 m² de
plancher, avec un minimum d’un appareil par niveau.
Lorsque les locaux présentent des risques d’incendie particuliers, notamment des risques
électriques, ils doivent être dotés d’extincteurs dont le nombre et le type sont appropriés
aux risques.
Selon le Code du Travail : article R 232 – 12 – 17
Les établissements sont équipés, si cela est jugé nécessaire, de robinets d'incendie armés, de
colonnes sèches, de colonnes humides, d'installations d'extinction automatique d'incendie ou
d'installations de détection automatique d'incendie.
[…] Toutes ces installations doivent faire l’objet d’une signalisation durable, apposée aux
endroits appropriés. »

Selon les règlements ERP - IGH :
• Un appareil 6 l pour 200 m² avec un par niveau voire plus pour certains types.

• Selon la règle APSAD R4 (installation des extincteurs mobiles)
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


Dans les cas où il y a un engagement contractuel entre un assuré et son assureur afin
d’appliquer la règle d’installation APSAD R4, il conviendra d’appliquer la méthodologie
décrite ici.

• Pour la protection générale
• Définir des zones de base en fonction de 3 critères :
- différencier leurs activités : industrielle ou tertiaire ;
- différencier la classe de feux prédominante : A, B ou C ;
- différencier les zones communicantes des zones non-communicantes.
Une zone de base est définie comme une zone à l’intérieur de laquelle est exercée la
même activité, il existe la même classe de feu et où toutes les parties sont en
communication.

• Déterminer la dotation de base pour chaque zone en respectant les ratios suivants :
- activité tertiaire : 1 extincteur 6 l ou 6 kg / 200 m
2
;
- activité industrielle : 1 extincteur 9 l ou 9 kg / 200 m
2
.

• Pour la protection complémentaire
Dans les zones comportant des risques spécifiques (dangers localisés, stockages intérieurs de
liquides inflammables, stockages en hauteur, zones destinées aux travaux de peintures), il est
nécessaire de compléter la protection générale.

• Pour la protection d’activités particulières
Il s’agit de stockages extérieurs de liquides ou de gaz inflammables, stockages extérieurs
divers (palettes, bennes à ordures, etc.), stations de distribution de carburant, chambres
froides.


Les extincteurs sont répartis de manière uniforme à l’intérieur de chaque zone de
façon à ce que la distance à parcourir pour atteindre un appareil n’excède pas
15 m. Ils doivent être visibles ou signalés, fixés sur des supports solides, mis en
place dans les dégagements et voies d’accès.

Il est recommandé de ne pas placer les poignées de portage à plus de 1,5 m du sol.

Les extincteurs doivent impérativement être adaptés à la nature des combustibles et aux risques
encourus, ainsi d’ailleurs que l’exige la réglementation.
Hormis cette règle essentielle, il y a lieu de tenir compte de certaines limitations d’emploi, du
type de local, des conditions environnementales et éventuellement des inconvénients pour les
personnes ou le matériel.
En outre, s’agissant de la charge, le choix tiendra compte du type de personnes appelées à les
manipuler.
3.3.2 Les extincteurs sur roues
Au-delà d’une masse supérieure à 20 kg, un extincteur doit être monté sur roues ou sur
un châssis remorquable.

Un extincteur sur roues est muni d’un tuyau d’au moins 5 m de longueur équipé d’une
lance. Il doit être utilisé par deux équipiers et ne peut se déplacer que sur un sol plat : il
faut pouvoir le tracter facilement.

En raison de leur capacité et de leur portée, les extincteurs sur roues sont utilisés contre
des feux plus importants ou difficilement accessibles : zones à risques dispersés
susceptibles de prendre rapidement une grande ampleur, stockages en hauteur, stations
de distribution de carburant, parkings, entrepôts, etc.
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

Agent extincteur
On retrouve les mêmes agents extincteurs que dans les appareils portatifs : eau, eau
avec additif, mousse, poudre, dioxyde de carbone.
Capacité :
Les capacités nominales les plus courantes sont de 45 litres et 50 kg de, sauf pour le
CO
2
où l'on rencontre des chariots portant une ou deux bouteilles de 20 ou 30 kg.
Durée de fonctionnement
Elle est en moyenne de 70 secondes pour les extincteurs à poudre et 90 secondes pour
les extincteurs à eau.
3.3.3 Les robinets d'incendie armés (RIA)
Une installation de RIA est constituée de différents postes de RIA répartis dans le risque à
protéger. Un RIA doit permettre une première intervention d’urgence en attendant des
moyens plus puissants.

Étant alimentés en permanence et prêts à être utilisés sur tout début d’incendie, ces
robinets d’incendie sont dits « armés ».
Un robinet d'incendie armé, considéré comme un moyen de première intervention, est un
ensemble comportant :
• un robinet d'arrêt de l’alimentation en eau ;
• un dévidoir tournant ;
• un tuyau semi-rigide d’une longueur de 30 m maximum, avec un diamètre nominal de
19, 25 ou 33 mm, qui permet à l’eau de circuler dans le tuyau même partiellement
déroulé ;
• une lance avec un robinet diffuseur : position fermée, jet diffusé (conique ou nappe) ou
jet plein.

La règles APSAD R5 permet à une entreprise de concevoir et de réaliser une installation de
robinets d’incendie armés, y compris son alimentation en eau. Pour être prise en considération
par l’assureur, l’installation doit faire l’objet d’un certificat de conformité (N5) établi par une
entreprise titulaire de la certification APSAD de service dans ce domaine. Les opérations de
maintenance font l’objet d’exigences particulières.
Implantation des RIA
Suivant la norme NF S 62-201, le nombre de RIA et le choix de leur emplacement
doivent être tels que toute la surface des locaux protégés puisse être efficacement
atteinte.

En parallèle avec la norme, la règle APSAD R5 permet à une entreprise de concevoir et
de réaliser une installation de robinets d’incendie armés, y compris son alimentation en
eau dans des bâtiments des secteurs industriel, commercial, agricole ou tertiaire.
Les opérations de surveillance et de maintenance font l’objet d’exigences particulières
établies sur la base de des normes NF EN 671-3 et NF S 62-201, notamment le
classement des activités et stockages selon le document technique D9 Guide pratique
pour le dimensionnement des besoins en eau. La règle précise les conditions dans
lesquelles l'installation pourra être prise en considération par l'assureur.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


Les critères suivants doivent être pris en compte :
• l’agencement, la destination du local et la présence éventuelle d’obstacles ;
• la longueur du tuyau (30 m maximum) ;
• la portée du jet (la portée minimale est celle du jet diffusé conique, soit 3 m) ;
• tout point de la surface des locaux protégés par des RIA d’un diamètre nominal 25 ou
33, doit être couvert par au moins 2 jets en position diffusée.

Les RIA doivent être placés à l’intérieur des bâtiments, à proximité des accès.
Ils doivent être signalés, d’accès et de mise en œuvre faciles, l’axe du dévidoir étant situé
entre 1,20 m et 1,80 m du sol.
L'alimentation des RIA
L’alimentation en eau des RIA est assurée par une source dont la nature peut varier :
réseau d’eau public, réservoirs d’eau à charge gravitaire, réservoirs sous pression,
réseau sprinkleurs, aspiration dans un cours d’eau.

Quel que soit leur type, ces sources doivent être capables d’alimenter simultanément
pendant 20 mn, un nombre de RIA minimal défini en fonction du nombre de RIA de
l’installation (voir tableau ci-dessous).

Ce nombre comprend les RIA qui possèdent les diamètres nominaux les plus importants
et le RIA le plus défavorisé .

Nombre de RIA de l’installation Nombre de RIA pour le calcul
2 à 4 2
5 ou 6 3
7 et plus 4

En tout état de cause, la source doit avoir une capacité de 10 m
3
au moins.
3.4 Les installations d'extinction automatique
On entend par installation d’extinction automatique tout système capable de contenir, voire
d'éteindre, un foyer d'incendie sans intervention humaine.
Ces installations présentent les avantages suivants :
• elles limitent les risques encourus pendant les périodes de non-activité dans les locaux ;
• elles permettent une intervention rapide, quel que soit le délai d'intervention des secours ;
• elles agissent même si la fumée occulte le foyer ou gêne l'action du personnel de sécurité ;
• elles autorisent l'action simultanée des phases de détection et d'extinction.

Elles sont composées :
• d’une réserve de produit extincteur ;
• d’un réseau de distribution et de vannes ;
• de diffuseurs ;
• d’un dispositif de déclenchement automatique ;
• d’un dispositif d'alarme.

Elles sont employées pour différents types de protection :
• totale ou d'ambiance (volume complètement clos) ;
• partielle ou ponctuelle (pour objets ou secteurs non délimités par des parois verticales
sur la totalité de leur périmètre) ;
• particulière (peinture ou trempé).
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

3.4.1 Les installations d'extinction automatique à eau type sprinkleurs

Le rôle de l'installation
A l'origine, il s'agissait de réseaux de distribution équipés de pommes d'arrosoir réparties sur le
risque. L'eau était distribuée manuellement en ouvrant les vannes principales.
Ce système présentait deux inconvénients majeurs : il nécessitait la présence d'un homme en
permanence et l'arrosage se faisait également sur les parties non concernées par l'incendie.

C'est en 1883 que Frédéric Grinnell invente le premier sprinkleur automatique (de
l'anglais « to sprinkle » : asperger, arroser) tel qu'on le connaît aujourd'hui. Si la
technique de fabrication et les matériaux ont beaucoup évolué, les principes ont peu
changé.

Un système d'extinction automatique à eau type sprinkleur doit :
• déceler un début d'incendie ;
• donner l'alarme ;
• contenir l’incendie afin que l'extinction puisse être menée à bien par les moyens
internes de l'établissement protégé ou par les sapeurs pompiers, voire l’éteindre
directement.
Le principe de fonctionnement
L'installation se présente sous la forme d'un réseau de canalisations sur lequel se situent
des sprinkleurs qui jouent le rôle de détecteurs thermostatiques et qui s'ouvrent à une
température prédéterminée.

Le réseau de canalisations est maintenu sous pression et est alimenté par une ou deux
sources d'eau qui doivent être capables à tout moment de fournir le débit et la pression
nécessaires aux sprinkleurs ouverts pour assurer le bon fonctionnement de l’installation.

Le débit d'eau, le type de pulvérisation et la surface d'arrosage de chaque sprinkleur
dépendent du type de feu à éteindre.

Si un incendie se déclare, la température augmente et les sprinkleurs, après avoir atteint
le seuil de température, s'ouvrent et permettent un arrosage en pluie très efficace.

Dans le même temps, une alarme se déclenche permettant un appel sans délai des secours
internes ou externes par l’intermédiaire d’un gong hydraulique.

L'installation agit dès les premières minutes à l'endroit même où le feu a pris naissance et en
cas d'extension du feu, de nouveaux sprinkleurs s’ouvrent. L’arrosage permet également de
refroidir la structure du bâtiment sinistré.

• Caractéristiques du système sprinkleurs :
• veille permanente 24 h /24 h ;
• surveillance en tous points protégés.

• Efficacité :
• dans 70 % des cas, 4 têtes de sprinkleurs permettent de maîtriser le sinistre avant
même l'arrivée des secours organisés ;
• sauvegarde de la construction ;
• dégâts des eaux réduits (déversement limité aux abords immédiats du foyer).

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


Les différents types d'installations sprinkleurs
Les types d'installation pris en compte par la règle APSAD R1 sont :
• les installations sous eau où les canalisations du réseau de protection sont remplies en
permanence d'eau sous pression (8 à 9 bars environ) ;
• les installations sous air où les canalisations du réseau de protection sont remplies en
permanence d'air sous pression (2.5 bars environ) en aval du poste de contrôle et d'eau sous
pression en amont du poste. Ces installations sont placées dans les locaux où il existe un
risque de gel ou dans lesquels la température peut excéder 100°C (un séchoir par exemple) ;
• les installations alternatives où les canalisations du réseau de protection sont remplies
d'air comprimé pendant les périodes où le gel est à craindre et d'eau pendant les
autres périodes ;
• les installations à préaction qui fonctionnent en deux temps. Tout d’abord, lors de la
confirmation d’alarme par une détection automatique d’incendie, il y a l’envahissement par
l’eau dans le réseau, puis le fonctionnement est identique à celui d'une installation sous eau ;
• les installations déluge où les canalisations du réseau de protection sont équipées de
sprinkleurs ouverts. Ces installations sont destinées à la protection de risques spéciaux
où des incendies à vitesse rapide sont probables.
Les sprinkleurs
Ce sont des organes sensibles à la chaleur (ampoule ou fusible) qui déclenchent à la fois
une alarme et un arrosage intensif, lorsque la température à laquelle ils sont soumis, par
l'action d'un foyer naissant à proximité, atteint un certain degré fixé à l'avance.
La destruction de l'obturateur sous l'effet de la chaleur laisse le passage à l'eau sous pression
dont le jet vient se briser sur le diffuseur.
Elle se déploie alors en pluie uniformément répartie autour du sprinkleur et arrose le foyer.
Les températures de fonctionnement
Elles sont comprises entre 57 °C et 343 °C. Afin de distinguer les sprinkleurs de températures
nominales de fonctionnement différentes, des couleurs conventionnelles ont été adoptées.

Sprinkleurs à fusible Sprinkleurs à ampoule
Température de
déclenchement
Couleur des étriers Température de
déclenchement
Couleur des ampoules
57 à 77°C
80 à 107°C
121 à 149°C
163 à 191°C
204 à 246°C
260 à 302°C
320 à 343°C
non coloré
blanc
bleu
rouge
vert
orange
noir
57°C
68°C
79°C
93/100°C
121/141°C
163/182°C
204/227/260/286/343°C
orange
rouge
jaune
vert
bleu
mauve
noir
Tableau T15.1.5 de la Règle APSAD R1 :
Couleurs conventionnelles en fonction de la température de déclenchement des sprinkleurs
Les sources d'eau
Elles doivent assurer l'autonomie de fonctionnement de l'installation aux pressions et
débits requis. De plus, l'eau ne doit contenir aucune matière en suspension susceptible
de former des dépôts dans le réseau. Il est recommandé de placer des filtres.
Les sources d'eau admises sont classées en deux types :
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

• la source A, dite «limitée »
Elle est conçue pour alimenter 5 sprinkleurs pendant 30 minutes.
Les principales sources A sont les réseaux d'eau publics (pression et débit suffisants
24 h/24 h), les réserves d'eau à charge gravitaire (château d’eau par exemple), les
pompes puisant dans une réserve intégrale et les réservoirs sous pression.
• la source B, dite « inépuisable »
Elles est conçue pour alimenter la totalité de la surface impliquée à la densité d'eau requise par
la règle APSAD R1 pendant une durée fixée (60 mn pour les «Risques Courants » et 90 mn
pour les « Risques Très Dangereux »).
Les principales sources B sont les réseaux d'eau publics, les réserves d'eau à charge
gravitaire, les pompes puisant dans une réserve intégrale.
Les sprinkleurs ESFR et grosses gouttes
Les sprinkleurs ESFR et grosses gouttes se distinguent de systèmes classiques par leurs
modes de fonctionnement différents et leurs destinations spécifiques à certains cas de
figures. Leurs mises en œuvre est développée dans la règle APSAD R1.
ESFR signifie Early suppression/Fast response (extinction précoce/réponse rapide). Les
sprinkleurs ESFR ont été conçus pour lutter contre les feux à développement rapide et de
sévérité très élevée. Ils ont comme objectif l'extinction du feu ; les sprinkleurs traditionnels
étant conçus pour le contenir. Leur mode de fonctionnement est donc différent. Les
sprinkleurs ESFR présentent la particularité d'avoir un temps de réponse plus court face à
l'élévation de la température ; ils procèdent à l'attaque directe du feu en projetant très
rapidement une grande quantité d'eau avec une distribution améliorée. Les surfaces en
feu et les surfaces impliquées sont donc moins importantes. Les ESFR peuvent être de
type pendant ou debout.

Les sprinkleurs grosses gouttes sont conçus pour contenir le feu. Ils ont été développés
pour lutter contre les feux à haute intensité dans les endroits où sont stockées des
marchandises à forte charge calorifique. En effet, dans le cas de ces feux, les gouttes
d'eau de taille normale sont emportées dans le flux gazeux sans que leur vaporisation
refroidisse le foyer. Grâce au système grosses gouttes, l'extinction se fait au moyen de
gouttes de 2 mm qui vont atteindre le foyer, et de fines gouttelettes qui vont abaisser la
température sous toiture.
Les avantages du système sont notamment la possibilité d'éliminer les réseaux
intermédiaires dans le rayonnage et une plus grande absorption des calories.
La protection par des sprinkleurs grosses gouttes se définit sur la base d’un nombre de
sprinkleurs (15 à 20 ; 20 à 25 ; 25 à 33 ; 30 à 40) à une pression minimum (1,7 ; 3,4
ou 5,2 bars) en fonction de la catégorie de risque, du mode et de la hauteur de
stockage.

3.4.2 Les installations d'extinction automatique à CO
2

Ces installations sont destinées à une protection d’ambiance, c’est-à-dire d'enceintes
closes relativement étanches (salles informatiques, par exemple) ou à une protection
ponctuelle (machines...).

L'extinction sera obtenue par l'afflux du CO
2
provoquant la réduction du taux d'oxygène
dans l'air (étouffement), l'effet de refroidissement créé par la détente du gaz ne sera
valable qu'accessoirement.
Le rôle de l'installation est d'éteindre un incendie à un stade encore précoce de son
développement, et de maintenir la concentration de CO
2
nécessaire pendant une durée
suffisante pour éliminer tout risque de ré-inflammation.
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


La règle APSAD R3 définit les exigences minimales de conception, d’installation et de maintenance des
systèmes d’extinction automatique à CO
2
, ainsi que les exigences relatives à la sécurité des personnes,
à l’extension ou à la modification d’installations existantes. Les opérations de maintenance et les
vérifications périodiques font l’objet d’exigences particulières. La règle précise les conditions dans
lesquelles l'installation pourra être prise en considération par l'assureur.
Propriétés
Le dioxyde de carbone est un agent extincteur propre, occasionnant peu de dégâts, pas
de dépôts ni de produits de décomposition.

Propulsé énergiquement à l'état liquide, il engendre par frottement contre les parois, de
l'électricité statique pouvant atteindre des tensions de l'ordre de 10 000 volts, d'où
l'obligation de mettre à la terre les installations.

Lors d'une émission de CO
2
, il s'ensuit une diminution de température, d'où condensation
de la vapeur d'eau contenue dans l'air créant un brouillard gênant la visibilité.
Le stockage du CO
2

• En réservoirs haute pression
Le dioxyde de carbone est stocké dans des bouteilles, à température ambiante, à une pression
d’environ 60 bar et montées sur un châssis.
Chaque bouteille est raccordée au réseau de tuyauteries par l'intermédiaire d'une vanne, d'une
tuyauterie flexible, d'un clapet anti-retour et du collecteur principal, et doit être équipée :
• d'un opercule de sécurité dont le rôle est de limiter toute augmentation excessive de la
pression dans la bouteille, due à la température par exemple. C'est pourquoi, les
bouteilles devront être situées dans des ambiances dont la température est comprise
entre -10 °C et +35 °C
• d'un dispositif de contrôle du poids de la bouteille, automatique et à lecture
permanente.
Les opérations de montage et/ou de démontage de chacune des bouteilles ne doivent
pas compromettre le fonctionnement de l'installation d'extinction automatique.

• En réservoirs basse pression
Le CO
2
est stocké dans un réservoir réfrigéré dont la température est maintenue à - 20°C au
moyen d'un système réfrigérant, à une pression de 18 bars.

Le réservoir est raccordé aux réseaux de tuyauteries par l'intermédiaire du collecteur
principal équipé, notamment, d'une vanne manuelle (verrouillée en position ouverte).

Le réservoir doit être équipé d'un dispositif de contrôle de son poids, automatique et à
lecture permanente.
Fonctionnement
Un dispositif de déclenchement, mécanique, électrique ou pneumatique est actionné par
un système de détection automatique d'incendie utilisant le principe de la double
détection (confirmation d’alarme).
Il doit exister également un système de déclenchement manuel.
• Le système d'alarme
Il est obligatoire et doit comporter une alarme sonore et lumineuse.
Il faut aussi prévoir un retardateur d'émission lorsque du personnel peut être présent dans
un local protégé, cette temporisation est de 30 secondes.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

• Les diffuseurs
Ils doivent être disposés de telle sorte que les locaux ou objets à protéger soient rapidement
noyés par le CO
2
, et que les matières enflammées ne puissent, sous l'action du jet de CO
2
, ni
tourbillonner, ni se répandre dans le local.
La surface maximale protégée par diffuseur ne doit pas excéder 30 m².
• Le temps d'émission
Dans le cas des systèmes de protection d'ambiance, la durée normale maximale
d'émission ne doit pas excéder 60 secondes.
Toutefois, pour les installations comportant plus de 3 tonnes de CO
2
stockée et
protégeant des zones où des feux à développement lent sont prévisibles, la durée
d'émission peut être de 120 secondes maximum.
• L'obturation des ouvertures
Les locaux protégés par CO
2
doivent être aménagés de façon à ce que le produit
extincteur ne puisse pas s'échapper. Les ouvertures doivent se fermer automatiquement
dès le début de la temporisation mais doivent pouvoir s’ouvrir de l’intérieur vers
l’extérieur en cas d’évacuation.
Toutes les installations de ventilation, climatisation, chauffage par ventilation, etc. doivent
être arrêtées automatiquement à la mise en action de l'extinction.
La sécurité du personnel
Dans tous les cas d'installation créant une mise en danger des personnes, des mesures de
sauvegarde appropriées doivent être prévues afin de garantir une évacuation rapide de la
zone, d'en interdire l'accès après l'émission et de fournir les moyens de secours rapide du
personnel éventuellement piégé.

Les aspects de sécurité, tels que la formation du personnel, les panneaux avertisseurs, la
temporisation, les alarmes et les appareils respiratoires doivent être envisagés.

La concentration de CO
2
nécessaire pour produire un effet d'extinction suffisant met en danger
la vie des personnes dans la zone de noyage.

Les exigences suivantes doivent être satisfaites :
• une zone de noyage ne doit pas constituer un itinéraire d'évacuation unique pour d'autres
zones ;
• prévoir des portes battantes à fermeture automatique ouvrant uniquement vers l'extérieur
qui puissent être ouvertes de l'intérieur même si elles sont verrouillées de l'extérieur ;
• prévoir des alarmes d'évacuation distinctes de tous les autres signaux d'alarme « process » et
qui fonctionneront au plus tard à la confirmation de la détection ;
• prévoir de parfumer le CO
2
par un produit odorant ininflammable et non toxique qui
permettra de reconnaître les atmosphères dangereuses ;
• prévoir des panneaux avertisseurs signalétiques aux accès et issues indiquant : « En cas
d'alarme ou de dégagement de CO
2
, quitter immédiatement le local ».

Les exigences suivantes devraient également être satisfaites, il s’agit de prévoir :
• des itinéraires d'évacuation qui doivent être laissés libres en permanence ainsi que des
fléchages signalétiques ;
• un matériel respiratoire autonome et du personnel formé à l'utiliser ;
• des moyens de ventilation des locaux après l'émission de CO
2
(ceux des sapeurs-
pompiers peuvent être pris en considération).
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


3.4.3 Les installations d'extinction automatique
à gaz inertes et inhibiteurs
Les installations d’extinction automatique à gaz inertes et inhibiteur concernent la
protection des locaux présentant des risques d’incendie importants dans lesquels du
matériel de grande valeur est stocké ou dans lesquels l’eau ne peut être utilisée
comme moyen d’extinction. Leur rôle est d’éteindre un incendie à un stade de
développement précoce.

Une analyse préalable du risque incendie est nécessaire pour déterminer l’installation et
l’agent extincteur les mieux adaptés.

La règle APSAD R13 s’applique aux agents extincteurs gazeux proposés pour répondre aux
problèmes environnementaux créés par les halons. Elle définit les exigences minimales de
conception, d’installation et de maintenance des systèmes d’extinction automatique utilisant des
gaz inertes ou des gaz inhibiteurs, ainsi que les exigences relatives à l’extension ou à la
modification d’installations existantes. Les opérations de maintenance et les vérifications
périodiques font l’objet d’exigences particulières. La règle précise les conditions dans lesquelles
l'installation pourra être prise en considération par l'assureur, notamment, l’installation doit faire
l’objet d’un document attestant de sa conformité à la règle (modèle N13) établi par
l’installateur, titulaire de la certification APSAD de service, après réception des installations.

Les agents extincteurs gazeux sont adaptés à l’extinction des matières et matériels suivants :
• gaz combustibles, à condition de garantir par des dispositions spécifiques que le
mélange combustible/air ne peut être reconstitué à l’issue d’une extinction réussie ;
• installations électriques et électroniques ;
• liquides inflammables ;
• matières combustibles à base de bois, papier, textiles, sauf dans le cas où elles
pourraient être à l’origine de feux profonds.

Illustration
Exemples de cas où ces installations peuvent être installées :
• atelier de peinture ;
• installations de télécommunications ;
• salle informatique ;
• locaux de stockage de liquides inflammables.

L’extinction par gaz est inadaptée pour les feux incluant des produits tels que :
• matières solides dans lesquelles les feux peuvent rapidement devenir profonds ;

Les gaz inhibiteurs ne doivent pas être utilisés sur des feux impliquant les produits suivants :
• produits chimiques contenant de l’oxygène tels que le nitrate de cellulose ;
• mélanges contenant des agents oxydants tels que le chlorate de sodium ou le nitrate
de sodium ;
• produits chimiques susceptibles de connaître une décomposition exothermique tels que
certains peroxydes organiques ;
• métaux réactifs (sodium, potassium, magnésium, titane, zirconium et alliages légers),
hydrures réactifs ou amides métalliques dont certains peuvent réagir violemment au
contact de certains agents gazeux.
Cependant, l’argon ou l’azote pur (gaz neutre ou mélange de gaz neutres) restent
souvent utilisables sur les feux de métaux.

Pour éviter la décomposition de l’agent extincteur, il n’est pas envisageable de les utiliser
dans les zones comportant des éléments à forte température.
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

La sécurité des occupants du local
Des mesures de sécurité doivent être prises pour réaliser une évacuation rapide des
occupants de la zone et leur interdire l’accès en cas d’émission de gaz.
En effet, outre les risques d’émanation de gaz de combustion dangereux,
l’abaissement de la concentration en oxygène (pour les gaz inertes), le niveau sonore
élevé, l’effet de souffle lors de l’émission du gaz et leur concentration peuvent mettre
en danger la santé des occupants.
Une formation du personnel est nécessaire pour lui faire connaître la conduite à tenir
en cas de déclenchement de l’installation.

Deux valeurs de concentration, importantes dans le cadre de la protection des
personnes qui seraient amenées à être exposées au gaz, doivent être examinées lors de
l’étude de l’installation :
• LOAEL (Lowest Observed Adverse Effect Level) : concentration la plus faible à
laquelle un effet toxicologique ou physiologique a été observé chez l’homme,
• NOAEL (No Observed Adverse Effect Level) : concentration la plus élevée à laquelle
aucun effet toxicologique ou physiologique n’est observé chez l’homme.

Bien que les agents gazeux ne soient normalement pas toxiques aux concentrations
recommandées, des précautions seront prises pour que toute exposition de personnel non
nécessaire dans la zone protégée soit évitée.

Certains locaux tels que les locaux techniques peuvent nécessiter des concentrations
plus élevées. Dans ce cas, il est nécessaire de pouvoir de mettre hors-service
l’installation sous certaines conditions.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie



4 ORGANISER LES SECOURS
Si un incendie se déclare, tout doit être prévu pour permettre le sauvetage des occupants
et limiter les dégâts matériels au minimum.
Ceci implique un ensemble d’actions qui consistent, dans tous les cas, à :
• donner l’alarme ;
• alerter les secours extérieurs ;
• assurer l’évacuation si nécessaire et intervenir dans la mesure du possible pour limiter
le sinistre.
4.1 L’alarme
L’alarme a pour but de prévenir les occupants de l’occurrence d’un sinistre, de signifier au
personnel désigné qu’il doit donner l’alerte et d’ordonner l’évacuation. Elle peut être de deux
sortes :
• l’alarme restreinte, qui prévient de la naissance d’un feu et de sa localisation le poste de
sécurité de l’établissement ou la direction ou le gardien ou le personnel désigné à cet effet.
L'alarme restreinte permet de s’assurer de la réalité du sinistre et, si nécessaire, de préparer
l’évacuation ;
• l’alarme générale, qui prévient les occupants qu'ils doivent évacuer les lieux. Elle peut être
immédiate ou temporisée. Elle peut aussi être limitée à l’information de certaines catégories
de personnel d’un établissement (par exemple, dans les hôpitaux).

L’alarme peut être donnée :
• automatiquement, suite à l’activation d’un détecteur automatique d’incendie ;
• par l’intermédiaire d’un déclencheur manuel (boîtier bris de glace ou autre système) ou par
téléphone (doté d’un numéro simple, facile à retenir, clairement affiché sur l’appareil) par
toute personne, personnel ou public, apercevant un début d’incendie, une fuite de gaz, de
liquide délétère, par exemple.

L’information d’alarme arrive à un point fixe : poste de sécurité, standard, accueil,
etc. Il faut alors s’assurer que le poste est occupé en permanence ou que la
personne chargée d’appliquer les consignes en cas d’alarme est joignable sans
délai en permanence.

Des consignes particulières destinées à la personne située au point fixe définissent
ce qu’il convient de faire (lever de doute, appel du chef d’établissement, alerte des
secours extérieurs, déclenchement de l’alarme générale). Elle pourra, sur ordre du
chef d’établissement, déclencher l’évacuation et, dans tous les cas, avertir les
équipiers de seconde intervention.
Les exigences réglementaires
• Habitations : l’arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des
bâtiments d'habitation exige un équipement d’alarme :
- dans les logements-foyers, à chaque niveau dans les circulations communes, dans chaque
unité de vie si le nombre de leurs occupants est supérieur à dix et dans les services collectifs
assujettis au règlement des ERP ;
- dans les parcs de stationnement couverts comportant plus de quatre niveaux au-dessus du
niveau de référence ou plus de deux niveaux au-dessous (art. 95).

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

• Lieux de travail : selon le Code du travail, une alarme sonore doit équiper les
établissements où peuvent se trouver occupées ou réunies habituellement plus de 50
personnes, ainsi que ceux où sont manipulées des matières inflammables. « L’alarme
générale doit être donnée par bâtiment si l’établissement comporte plusieurs bâtiments isolés
entre eux. Le signal sonore d’alarme générale ne doit pas permettre la confusion avec
d’autres signalisations utilisées dans l’établissement. Il doit être audible de tout point du
bâtiment pendant le temps nécessaire à l’évacuation, avec une autonomie minimale de cinq
minutes » (R.232-12-18). Les modalités en sont précisées dans l’arrêté du 4 novembre 1993
relatif à la signalisation.
• ERP : tous les établissements recevant du public, toutes catégories et destinations
confondues, doivent disposer d’un équipement d’alarme. Pour les établissements du 1
er

groupe, les équipements d’alarme font l’objet des articles MS61 à MS67 du règlement de
sécurité. Les dispositions applicables aux établissements du 2
e
groupe sont exposées à
l’article PE27. Pour ces derniers, le choix du matériel est laissé à l’initiative du chef
d’établissement, sauf dans les établissements à sommeil, (hôtels, établissements de soins, les
maisons de retraite…). Pour les établissements du 1
er
groupe, les dispositions particulières
fixent les types d'équipements d'alarme qui doivent être utilisés suivant l'activité.
• IGH : les immeubles de grande hauteur doivent être pourvus de dispositifs sonores
conformes aux normes ou de dispositifs reconnus équivalents par la commission de sécurité.
Ces systèmes doivent exclusivement donner l’alarme aux personnes occupant les locaux du
compartiment sinistré. Ils doivent être asservis au système de détection et pouvoir être
déclenchés par une commande manuelle à partir du poste central de sécurité (GH49).
Des conditions particulières sont fixées pour chaque classe d’IGH :
• dans les immeubles à usage d’habitation, les dispositifs sonores doivent être installés au
moins dans chaque appartement et dans les circulations horizontales des niveaux non
réservés à l’habitation ;
• dans les hôtels, ils doivent être installés au moins dans chaque chambre, dans les locaux
recevant plus de 20 personnes et dans les circulations horizontales ;
• dans les immeubles à usage d’enseignement et de bureaux, ils doivent être installés au moins
dans les locaux recevant plus de 20 personnes et dans les circulations horizontales ;
• dans les immeubles à usage sanitaire, par dérogation à l’article GH49, des dispositifs
d’alarme doivent être prévus dans chaque compartiment ou sous-compartiment, afin que le
personnel de surveillance soit informé en même temps que le service central de sécurité.
4.2 L’alerte
L’alerte des secours publics est donnée immédiatement sur le témoignage d’un employé que le
début de feu ne peut être maîtrisé par les extincteurs ou après le lever de doute en cas de
déclenchement par un système automatique.
Dans tous les cas, le message d’alerte doit être donné clairement et complètement, dans
l’ordre des précisions croissantes : ville, rue, numéro, étage, local, sans oublier, le cas échéant,
le code d’entrée de la porte de l’immeuble. La personne désignée pour donner l’alerte doit
avoir affiché en permanence au-dessus de son poste le numéro d’appel des sapeurs-pompiers.
La liaison avec les sapeurs-pompiers peut, en général, être assurée par le téléphone
urbain, mais, dans certains établissements, des moyens très précis sont prescrits pour
assurer cette liaison. C’est le cas dans certains ERP du 1
er
groupe (MS 71), notamment :
• ligne téléphonique directe dans les établissements de soins de 1
re
et 2
e
catégorie et,
suivant le cas, de la 3
e
catégorie (U 46) ;
• ligne téléphonique directe dans les magasins de vente et centres commerciaux de la 1
re

catégorie (M 33) ;
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


• avertisseur d’incendie privé ou ligne téléphonique directe dans les salles d’exposition
de 1
re
catégorie de plus de 3000 personnes (T 51) ;
• avertisseur d’incendie privé ou ligne téléphonique directe dans les salles de réunions et
de spectacles de première catégorie et les établissements comportant un service public
de sécurité incendie (L 17).

Dans les IGH, des dispositifs phoniques (téléphone sans cadran, interphone, etc.) permettant
de donner l’alerte au poste central de sécurité pour provoquer l’appel des sapeurs-pompiers
doivent être installés à tous les niveaux, dans les circulations horizontales communes (GH 50).

Une liaison téléphonique d’intervention pour les sapeurs-pompiers doit être prévue sur les
dispositifs d’accès aux escaliers et aux compartiments (avec trois postes téléphoniques portatifs
par escalier, mis à disposition en cas de sinistre) reliant entre eux tous les dispositifs d’accès
correspondant au même escalier et le poste central de sécurité. La ligne et les appareils
téléphoniques peuvent être remplacés par quatre postes radiotéléphoniques (GH 56).
4.3 Les principes de l'évacuation
L’évacuation, que ce soit vers l’extérieur ou vers une zone de refuge, n’est pas toujours
indispensable ou possible. Lorsque les couloirs ou les escaliers sont enfumés, il peut être
beaucoup plus dangereux de chercher à fuir que de rester dans son bureau en attendant
l’arrivée des secours.
Plusieurs paramètres sont de nature à prolonger le délai pendant lequel les occupants d’un
bâtiment peuvent y rester sans danger : la détection précoce du feu, l’arrivée rapide des
secours, la présence d’équipements permettant de limiter l’impact du sinistre (éléments
coupe-feu, désenfumage, extinction automatique, etc.), la lutte immédiate contre le feu…
Dans les établissements de soins, compte tenu des délais qui seraient nécessaires pour
évacuer les malades ou les handicapés, des mesures compensatoires sont prises pour
limiter les effets de l’incendie.
Dans les immeubles de grande hauteur, seuls le compartiment sinistré et ceux situés au-
dessus et en-dessous sont évacués.
L’évacuation des occupants d’un bâtiment vers l’extérieur ou vers une zone protégée
s’impose généralement en cas :
• de risque d’explosion (gaz, alerte à la bombe) ;
• d’incendie généralisé, lorsque les locaux sont envahis par les fumées si le feu se développe
rapidement, ou bien lorsque certains matériels ou équipements de lutte contre un incendie
naissant se révèlent défaillants ou insuffisants.
L’évacuation spontanée ou évacuation organisée.
Dans le premier cas, elle a lieu lorsque les occupants d’un local perçoivent eux-mêmes un
danger proche. Elle peut se dérouler correctement sinon calmement ou engendrer des
mouvements désordonnés pouvant aller jusqu’à la panique.

Dans le second cas, elle résulte de l’entraînement des équipes de sécurité attachées à
l’immeuble ou à l’établissement et son efficacité dépendra de la qualité de cet
entraînement.
La réglementation
La rapidité d’évacuation des personnes avec le maximum de sécurité vers une zone
protégée ou vers l’extérieur pour fuir une zone sinistrée est une préoccupation majeure
des pouvoirs publics, que reflète la réglementation.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

Pour atteindre l’objectif visé, les prescriptions portent essentiellement sur :
• le nombre minimal de dégagements et la largeur minimale de chacun ;
• la facilité de cheminement (conception des escaliers et circulations, sens de l’ouverture
des blocs-portes, signalisation, éclairage…) ;
• la longueur du cheminement pour atteindre une zone protégée ;
• la protection des dégagements vis-à-vis de la propagation du feu et des fumées (résistance au
feu des parois et des portes, ferme-portes, désenfumage...).

Ces dispositions sont définies pour les locaux de travail, les établissements recevant du
public, les immeubles de grande hauteur et les bâtiments d’habitation.
Les facteurs défavorables à l'évacuation
Certains types d’occupation ou certaines configurations de bâtiment constituent des
éléments défavorables qui nécessitent des dispositions particulières, notamment :
• les locaux à sommeil, la présence d’handicapés, de personnes âgées, de malades,
d’enfants ;
• l’accumulation de personnes (salles de spectacles, magasins) ;
• la méconnaissance des lieux ;
• l’obscurité (salles de spectacles, dancings) ;
• l’encombrement par du matériel (tables, chaises, chariots, présentoirs) ;
• les travaux en cours ;
• les multiples exploitants ou la destination unique du bâtiment ;
• la profondeur et la hauteur de l’immeuble ;
• la sortie commune avec des tiers ;
• l’absence de système de détection incendie ;
• le délai pour joindre un décideur.
Les exercices d’évacuation
La programmation des exercices d’évacuation est faite par le chef du service de
sécurité incendie ou le chef d’établissement, en liaison, le cas échéant, avec le
CHSCT. Tout doit être minutieusement conçu pour répartir les tâches, et
coordonner les actions afin d’éviter, en cas de sinistre, la précipitation et les actions
contraires au but poursuivi.

L'évacuation impose en premier lieu une analyse de la population et du flux des différentes
personnes amenées à séjourner dans l’établissement et un recensement des facteurs propres
à influencer le déroulement d’une évacuation. Suivant l’importance de l’établissement et la
configuration des locaux, on procédera à un découpage en plusieurs zones, en prévoyant,
pour chaque zone, un ou des itinéraires de rechange et/ou des refuges pour le cas où
l’itinéraire principal ou tous itinéraires seraient inutilisables.
L’organisation de l’évacuation
Pour chaque zone, des personnes seront désignées pour remplir les rôles de guides ou de
serre-files. On définira à l’avance quels collaborateurs seront chargés d’aider quels collègues
handicapés.
Le plan d’évacuation doit prévoir un point de rassemblement situé dans une zone extérieure,
isolée des risques. Il doit être choisi de manière à ne gêner ni l’accessibilité aux façades ni
l’engagement des moyens de secours des services publics. Le rôle du lieu de rassemblement est
de permettre de s’assurer de la présence de la totalité du personnel.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


Il importe également de prévoir un point de regroupement destiné à accueillir les
éventuelles victimes. Ce lieu doit être facilement accessible pour faciliter leur arrivée et
leur évacuation vers un centre de soins et, bien entendu, à l’abri de l’évolution d’un
sinistre.

Dans les locaux rassemblant un grand nombre de personnes, et notamment dans les
établissements recevant du public non formé à l’identification des signaux d’alarme, le rôle
des guides pourra être facilité par la diffusion de messages sonores dynamiques, moins
traumatisants. Ces établissements sont généralement équipés d’un système de sonorisation
destiné à diffuser de la musique d’ambiance, des messages commerciaux, etc. Ce système
pourra être utilisé pour diffuser un message préenregistré et éventuellement des messages
directs destinés à informer les occupants sur la situation, en fonction du risque et du type
d’évacuation choisi (source du sinistre, son évolution, la formation de groupes organisés,
les issues possibles, la présence et la marche des secours,..). Le pré-enregistrement et la
préparation de messages-types doivent être soigneusement élaborés.

Les délais d'évacuation des bâtiments
Le temps à prévoir pour l’évacuation dépend du nombre de personnes, de leur mobilité,
ainsi que de la conception architecturale du bâtiment en général et des cheminements en
particulier. Il dépend aussi des mesures et moyens de protection en place et de
l’organisation de la sécurité.
Les délais sont donc propres à chaque établissement, mais la vitesse du feu étant, elle,
incontrôlable, et, le plus souvent, extrêmement élevée, il est indispensable que ces délais
soient le plus réduits possible.

Le temps disponible pour évacuer doit être supérieur au temps rigoureusement nécessaire pour
rejoindre une sortie de secours, une zone refuge, compte tenu :
• du délai possible entre l’éclosion du feu et sa détection (détection automatique ou
visuelle) ;
• du délai dû à la transmission intérieure de l’alerte ;
• du délai correspondant à la prise de décision ;
• du temps de mise en mouvement.
Le délai total est limité par le temps au bout duquel les conditions auront atteint un niveau
critique (fumées opaques/toxiques, baisse du taux d’oxygène, chaleur).
Des essais ont montré que les conditions intenables dues à la fumée apparaissent 3 à 7
minutes après l’éclosion d’un foyer. C’est donc dans ce laps de temps que doivent être traitées
parallèlement les opérations d’extinction et d’évacuation.

Le débit est maximum lorsque la densité se situe entre 1 et 5 personnes par m². Au-delà, il se
produit un embouteillage et le débit diminue inversement à la densité. Le temps net
d’évacuation dépend du nombre d’issues, de leur largeur et de la longueur des chemins
d’évacuation. La fluidité est améliorée par la largeur des dégagements et est ralentie par les
aménagements tels que les portes, escaliers, changements de direction, rétrécissements, et
surtout, par la rencontre de deux mouvements de personnes à un confluent ou à l’accès à un
escalier. Un phénomène de voûte peut apparaître, en cas de bousculade au niveau des sorties,
il se produit lorsque la largeur des portes et des dégagements qui y mènent est insuffisante et il
se traduit par le blocage de l’issue.
L’organisation de l’évacuation a également une grande influence sur ce temps.


Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

4.4 L’organisation interne des secours
Les actions qui consistent à donner l’alarme, alerter les secours extérieurs, assurer
l’évacuation si nécessaire et intervenir dans la mesure du possible pour limiter le
sinistre, supposent une organisation préalable par :
• la désignation des personnes chargées de les assumer ;
• leur formation et leur entraînement ;
• l’élaboration de consignes et de plans de secours.

Cette organisation dépend des spécificités de l’établissement (effectif et nature des
occupants, configuration des locaux, moyens matériels) et de sa situation géographique par
rapport aux centres de secours extérieurs dont il dépend qui détermine le délai probable
d’intervention. Elle devra, bien entendu, prendre en compte les prescriptions minimales
imposées par la réglementation tant en ce qui concerne les moyens humains que matériels.
4.4.1 Le cadre réglementaire et technique
La réglementation impose des mesures plus ou moins explicites suivant la nature de
l’établissement. Les plus précises et détaillées concernent les établissements dans lesquels
il y a lieu d’assurer la protection du public.
Les bâtiments d'habitation
Les propriétaires des immeubles d’habitation collective des familles 2 à 4 sont tenus de
respecter certaines obligations d’affichage, d’entretien et de vérification de toutes les
installations concourant à la sécurité et de pouvoir en justifier.
Les lieux de travail
Les moyens de prévention et de lutte contre l’incendie qui s’appliquent aux lieux de
travail sont cités dans le Code du travail.
Les chefs d’établissement sont surtout tenus à une obligation de résultat, puisqu’ils « doivent
prendre les mesures nécessaires pour que tout commencement d’incendie puisse être
rapidement et efficacement combattu dans l’intérêt du sauvetage du personnel », ce qui
implique évidemment des moyens matériels et des moyens humains.


S’agissant des moyens d’extinction, seuls des extincteurs portatifs sont nommément exigés. Les
autres moyens nécessaires sont laissés à l’appréciation du chef d’établissement, leur
localisation devant être signalée.
Certains établissements doivent être équipés d’un système d’alarme sonore et sont tenus
d’afficher une consigne en cas d’incendie désignant notamment les personnes chargées de
l’alarme, de l’alerte, de l’intervention et des mesures d’évacuation, ainsi que les essais et
visites périodiques du matériel et les exercices d’entraînement.

Certaines dispositions peuvent faire l’objet de précisions par arrêtés ministériels. C’est le
cas des dispositions relatives à la signalisation de sécurité et de santé au travail, tant en
ce qui concerne les signaux visuels que les signaux acoustiques d’alarme (arrêté du 4
novembre 1993).
La circulaire du 14 avril 1995 exige que les matériels requis par la réglementation ou en
mesures compensatoires, soient conformes aux normes en vigueur. L’entretien doit en être
assuré suivant une périodicité appropriée et de façon à remédier dans les plus brefs délais à
toute défectuosité.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


Outre leurs obligations liées au Code du travail, certaines installations sont soumises à la
législation relative aux ICPE. Dans ce cadre, certaines installations, notamment celles soumises
à autorisation, peuvent être obligées d’établir un « Plan d’opération interne » (POI) en cas de
sinistre. Ce plan définit les mesures d’organisation, méthodes d’intervention et moyens
nécessaires que l’exploitant doit mettre en œuvre pour protéger personnel, populations et
environnement.
Enfin, certains établissements « désignés » sont tenus d’assurer eux-mêmes leur protection.
Les établissements recevant du public
A l’article R.123-11, le CCH que « L’établissement doit être doté de dispositifs d’alarme et
d’avertissement, d’un service de surveillance et de moyens de secours contre l’incendie
appropriés aux risques ».
Le règlement ERP du 25 juin 1980 modifié en précise les modalités.
Pour les établissements des quatre premières catégories :
• aux articles MS 45 à MS 52, la composition et les missions du service de sécurité
incendie, les prescriptions à respecter pour les consignes et le poste de sécurité. Un
arrêté du 2 mai 2005 définit la qualification du personnel permanent des services de
sécurité incendie des ERP ;
• aux articles MS 70 à MS 74, les règles générales relatives aux liaisons avec les sapeurs-
pompiers et les prescriptions concernant l’entretien, les vérifications et les contrôles des
appareils ou dispositifs d’extinction et d’alerte ;
• aux chapitres concernant les 4 catégories au Titre II du Livre II du règlement, pour les
dispositions particulières qui s'appliquent aux différents types d'ERP.

Pour les établissements de la 5
e
catégorie : aux articles PE 27 (alarme, alerte, consignes), PE
33 et 35 pour les établissements comportant des locaux à sommeil, et PO 3 pour les hôtels.
Les immeubles de grande hauteur
Le Code de la construction et de l’habitation impose, dans les principes de sécurité, que
l’immeuble comporte « un système d’alarme efficace ainsi que des moyens de lutte à la
disposition des services publics de secours et de lutte contre l’incendie et, s’il y a lieu, à la
disposition des occupants » (art. R.122-9).
Parmi les obligations relatives à l’occupation des locaux, les propriétaires doivent
entretenir correctement les installations (R.122-16), organiser un service de sécurité
(R.122-17) et tenir un registre de sécurité (R.122-29).
Le règlement de sécurité du 18 octobre 1977 modifié précise :
• au titre I, chapitre II, section 9, les moyens d’alarme, d’alerte et de lutte contre
l’incendie (articles GH49 à GH57). Au chapitre III, les dispositions touchant aux
obligations des propriétaires et occupants, notamment pour les vérifications
périodiques du matériel (GH59), le service de sécurité (GH60, 62 et 63). La
qualification du personnel de sécurité est fixée par l’arrêté du 21 février 1995 ;
• au titre II, les dispositions particulières aux diverses classes d’immeubles :
- à usage d’habitation (GHA 5 et 6),
- à usage d’hôtel (GHO 3, 4, 5, 7, 8),
- à usage d’enseignement (GHR 4 qui renvoie aux dispositions du règlement des ERP
pour les locaux concernés, GHR 11 et 12),
- à usage sanitaire (GHU 2 qui renvoie aux dispositions du règlement des ERP pour les
locaux concernés, et GHU 16 à 20),
- à usage de bureaux (GHW 5 et 6),
- à usage mixte (GHZ 4 et 5, GHZ 6 à 8 pour ceux recevant du public).
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

4.4.2 Les règles techniques des assurances
Au-delà des dispositions réglementaires qui visent essentiellement la sauvegarde des
personnes, il faut aussi mettre en œuvre les mesures pour de garantir la sauvegarde des biens,
c’est-à-dire, généralement, de l’outil de travail.
Un certain nombre de prescriptions ou règles techniques d’installation et d’utilisation sont
destinées à améliorer l’efficacité des moyens de lutte contre le feu, ainsi que des règles
d’organisation destinées à assurer la surveillance des lieux et l’intervention d’équipes en cas de
sinistre. Il s'agit des documents APSAD.
Les documents APSAD
Règle APSAD R1 Extinction automatique à eau de type sprinkleurs
Règle APSAD R3 Extinction automatique à CO2
Règle APSAD R4 Extincteurs mobiles
Règle APSAD R5 Robinets d'incendie armés
Règle APSAD R6 Service de sécurité incendie
Règle APSAD R7 Détection automatique d'incendie
Règle APSAD R8 Surveillance des risques d'une entreprise
Règle APSAD R11 Abonnement prévention et conseil incendie
Règle APSAD R12 Extinction automatique à mousse
Règle APSAD R13 Extinction automatique à gaz
Document technique D14 Construction - Comportement au feu
Document technique D14-A Panneaux sandwich - Comportement au feu - Guide pour la mise en œuvre
Règles techniques T14-A Panneaux sandwich - Comportement au feu - Guide pour la mise en œuvre
Règle APSAD R15 Ouvrages séparatifs coupe-feu
Règle APSAD R16 Fermetures coupe-feu
Règle APSAD R17 Exutoires de fumées et de chaleur
Document technique D19 Thermographie infrarouge
Règle APSAD R31 Télésurveillance Vol-incendie
Règle APSAD R41 Télésécurité – Habitations Risques standard
4.5 Le service de sécurité incendie
Chaque établissement ayant ses caractéristiques propres, on ne peut définir une équipe
de sécurité-type. L'équipe sera définie en fonction de :
• de l’effectif et de la composition du personnel de l’établissement et éventuellement du
public admis ;
• de la nature du risque ;
• de l’importance des moyens de protection fixes et mobiles ;
• des secours extérieurs ;
• des obligations réglementaires précises pour les IGH et certains ERP.

Il existe des règles d'organisation APSAD sur ce domaine :
• la règle APSAD R6 Service de sécurité incendie pour l’organisation d’un service de
sécurité incendie ;
• la règle APSAD R8 Surveillance des risques d'une entreprise pour l’organisation d’un service
incendie de gardiennage et surveillance.
4.5.1 Les missions du service de sécurité incendie
Selon la taille de l’entreprise et son activité, le service de sécurité incendie est placé sous
l’autorité d’un chef de service à la mission plus ou moins large. Le rôle de ce chef de service,
chargé de la sécurité, comprend généralement les missions suivantes :
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


• étude et conseil auprès de la direction de l’entreprise. Il doit être en mesure
d’analyser les risques propres à l’établissement. Cela implique une bonne
connaissance des activités de l’entreprise, des processus de fabrication, du
matériel, des installations, etc.
Cette fonction suppose également une connaissance approfondie de la
réglementation, notamment en matière d’hygiène, sécurité et prévention des
incendies, autant pour la construction et les aménagements que l’exploitation, ainsi
que, le cas échéant, la réglementation applicable aux installations classées ;
• définition et mise en œuvre d’une politique de prévention, sous l’autorité du chef
d’établissement ou dans le cadre d’une délégation lui en attribuant les moyens
matériels et financiers (à condition qu’il soit pourvu de la compétence et de
l’autorité nécessaires).
Cette politique sera élaborée en liaison avec les services concernés pour le choix
des installations ou du matériel de sécurité, les assureurs et, le cas échéant, avec
les services techniques de maintenance, dans le respect de la réglementation, des
normes, des règles des assurances, des agréments, etc. ;
• accueil, information et formation du personnel nouvellement embauché, suivi de
la formation, constitution et entraînement des équipes d’intervention et
d’évacuation ;
• mise en place des procédures et des consignes d’incendie ; élaboration et mise à
jour des plans de secours internes et des plans d’évacuation en liaison avec les
services d’incendie et de secours ;
• organisation de la maintenance préventive, curative et corrective des installations
de sécurité ; contrôle de la vérification des matériels conformément à la
réglementation et aux règles des assurances ;
• vérification de l’application des mesures de prévention dans le cadre de travaux
réalisés par des entreprises extérieures (plan de prévention, permis de travail), de
chargement et déchargement de marchandises, de travaux par point chaud (permis
de feu), audits de sécurité, tenue des registres de sécurité… ;
• liaison avec l’inspection du travail, la CRAM, et, le cas échéant, avec l’inspecteur
des installations classées et les commissions de sécurité ;
• participation au Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, dont il
est membre consultatif (art. R.236-6 du Code du travail) ;
• intervention en cas d’incendie, d’accidents ou d’incidents.

La fonction de chef du service de sécurité suppose que son titulaire possède l’autorité
utile pour dialoguer avec les autres chefs de services de l’entreprise : technique,
recherche et développement, gestion, ressources humaines, etc.
Dans les entreprises importantes, ces missions peuvent être réparties entre différents chefs
de service sous l’autorité du chef d’entreprise ou d’un « risk manager » qui assure la
gestion globale des risques.
Dans les établissements dont la taille ne justifie pas l’emploi à plein temps d’un
spécialiste de la sécurité, cette fonction pourra être assurée de manière ponctuelle par
des consultants extérieurs pour résoudre des problèmes spécifiques, la gestion courante
devant être assurée par une personne désignée.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

Les missions du service de sécurité incendie dans les ERP
Pour les ERP des quatre premières catégories, le règlement de sécurité précise, à
l’article MS46, que les missions du service de sécurité incendie, chargé de
l’organisation générale de la sécurité dans l’établissement, sont notamment :
• « d’assurer la vacuité et la permanence des cheminements d’évacuation jusqu’à la
voie publique ;
• d’assurer l’accès à tous les locaux communs ou recevant du public aux membres
de la commission de sécurité lors des visites de sécurité ;
• d’organiser des rondes pour prévenir et détecter les risques d’incendie, y compris
dans les locaux non occupés ;
• de faire appliquer les consignes en cas d’incendie ;
• de diriger les secours en attendant l’arrivée des sapeurs-pompiers, puis se mettre
à la disposition du chef de détachement d’intervention des sapeurs-pompiers ;
• de veiller au bon fonctionnement de tout le matériel de protection contre
l’incendie, d’en effectuer ou d’en faire effectuer l’entretien (extincteurs, équipements
hydrauliques, dispositifs d’alarme et de détection, de fermeture des portes, de
désenfumage, d’éclairage de sécurité, etc.) ;
• de tenir à jour le registre de sécurité. »
Les missions du service de sécurité incendie dans les IGH
En IGH, le rôle du service de sécurité incendie est notamment (art. GH62) :
• « d’assurer une permanence au poste de sécurité mentionné à l’article GH 50 ;
• d’assurer l’accès à tous les locaux communs ou recevant du public aux membres
de la commission de sécurité ;
• d’organiser des rondes pour prévenir et détecter les risques d’incendie, y compris
dans les locaux non occupés ;
• de faire appliquer les consignes en cas d’incendie ;
• de diriger les secours en attendant l’arrivée des sapeurs-pompiers ; le chef de
service ou son remplaçant se met ensuite aux ordres du chef de détachement
d’intervention des sapeurs-pompiers ;
• de veiller au bon fonctionnement de tout le matériel de protection contre
l’incendie, d’en effectuer ou d’en faire effectuer l’entretien (extincteurs, équipements
hydrauliques, dispositifs d’alarme et de détection, de fermeture des portes, de
désenfumage, etc.) et de tenir à jour le registre de sécurité… ;
• d’instruire, d’entraîner et de diriger le personnel chargé dans certaines classes
d’immeubles de l’application des consignes d’évacuation et de l’utilisation des
moyens de premiers secours dans chaque compartiment ;
• de surveiller les travaux de transformation, d’entretien et de nettoyage
susceptibles d’entraîner une gêne dans l’évacuation des personnes ou de créer des
dangers d’incendie. »

Dans certaines classes d’immeubles, le service central ou le service local peuvent
être investis de missions particulières en raison de la nature de l’établissement.
C’est le cas notamment des immeubles à usage sanitaire (GHU 20) et des
immeubles à usage de bureaux (GHW 6).




Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


4.5.2 L'équipe de sécurité incendie dans les établissements
industriels ou commerciaux
Le risque incendie n’est pas seulement lié aux périodes d’activité de l’établissement.
En présence du personnel, la découverte rapide du feu permettra une intervention
rapide, limitant les conséquences du sinistre. En revanche, lors d’opérations de
nettoyage ou d’entretien et en période d’inactivité, les conséquences de l’éclosion
d’un incendie seront généralement très graves.

Le chef d’entreprise adoptera, pour son équipe de sécurité incendie, une organisation
articulée selon trois modes d’intervention :
- la protection localisée ;
- la protection étendue pendant les heures de travail ;
- la protection générale en dehors des heures de travail.

Pour être efficace, l’intervention, devra être rapide et précise. Le chef de service de
sécurité incendie devra donc déterminer exactement les rôles dévolus aux divers
participants.
4.5.2.1 Équipiers de première intervention
La toute première intervention pourra être effectuée par le personnel dont le poste
de travail se trouve le plus proche de l’endroit où se produit le début d’incendie.
Dans ce but, on choisit les équipiers de première intervention (EPI) parmi le
personnel des différents ateliers, magasins, etc. Ils ont pour rôle de donner l’alarme
au poste de surveillance et d’intervenir immédiatement dans leur zone de travail,
avec les moyens disponibles (extincteurs mobiles et RIA) sur place pour limiter le
début d’incendie.

La règle APSAD R6 recommande au minimum un EPI sur 10 employés, répartis
géographiquement de manière qu’il soit possible de réunir en tout point de
l’établissement l’effectif minimum de 2 personnes en moins de 1 minute.

L’alarme donnée, les équipiers de seconde intervention (ESI) doivent intervenir dans
les délais les plus courts afin de compléter l’action des équipiers de première
intervention, dans l’attente de l’arrivée des secours extérieurs, en apportant et en
utilisant des moyens complémentaires.
4.5.2.2 Équipiers de seconde intervention
Selon la règle APSAD R6, le nombre des équipiers de seconde intervention, en
période d’activité de l’entreprise, est calculé à partir d’un effectif de base de trois
hommes, augmenté si nécessaire pour pouvoir mettre en œuvre dans le cas où il
existerait :
• une installation de RIA : 2 lances de 40 mm en moins de 3 minutes ;
• un réseau d’incendie hors gel : 3 lances de 40 mm en moins de 5 mn.

Si le délai d’intervention des secours extérieurs est compris entre 10 et 20 minutes,
l’effectif ainsi déterminé doit être doublé.

Dans les établissements pour lesquels le délai d’intervention du centre de secours
principal est supérieur à 20 minutes, il y aura lieu de disposer de moyens
complémentaires permettant de mettre en œuvre 2 lances de 70 mm susceptibles
d’assurer un débit de 60 m
3
/h pendant une heure.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

En période de repos ou de travail partiel, le nombre minimum d’ESI présents dans
l’établissement devra être égal à l’effectif minimum évoqué ci-dessus, sans
appliquer le coefficient multiplicateur relatif au délai d’intervention.
Pendant les périodes de travail partiel, chaque fois que cela est possible, les effectifs des
EPI doivent être maintenus (règle APSAD R6).
4.5.2.3 Les agents de surveillance
Le nombre d’agents de surveillance sera déterminé en fonction de l’étendue de
l’entreprise et de la gravité du risque. L’effectif doit être suffisant pour pouvoir
permettre la permanence d’un gardien, au moins, au poste de surveillance et le
déroulement des rondes dans les conditions suivantes (règle APSAD R8) :
• immédiatement après la cessation du travail ou la fin du nettoyage si cette
opération suit l’arrêt de travail. Dans le cas contraire, prévoir une ronde
immédiatement après la cessation du travail et une autre à la fin du nettoyage ;
• une heure après le départ de tout le personnel ;
• toutes les trois heures ensuite. Cette dernière condition peut ne pas être exigée
par les sociétés d’assurances si l’établissement est équipé d’une installation de
détection automatique conforme à la règle APSAD R7 Détection automatique
d’incendie et si l’effectif de surveillance comprend au minimum 2 personnes en
permanence.

Le service de gardiennage et de surveillance, tel qu’il est défini par la règle
APSAD R8, assure deux missions, en tous lieux et pendant toutes périodes
d’absence d’activité totale ou partielle du personnel travaillant dans l’entreprise :
• une mission de prévention, qui consiste à surveiller les locaux et installations,
appliquer les consignes de gardiennage, et chercher à éviter les sinistres dus à la
malveillance ;
• une mission consistant à donner l’alarme et l’alerte, afin de prévenir les secours
intérieurs et/ou extérieurs en cas d’accident ou de sinistre.

L’évacuation des occupants doit être organisée pour le cas où l’ordre en serait
donné. Les personnes désignées pour encadrer le personnel et le public présents
sont différentes de celles des équipes de première et deuxième intervention.
4.5.2.4 Les responsables de l’évacuation
Les responsables de l’évacuation sont de deux types :
• les chefs de file, ou guides, chargés de diriger un groupe de personnes vers la
sortie ou le lieu de rassemblement ;
• les serre-files (ou derniers de la file), chargés de fermer la marche derrière le
groupe, d’empêcher tout retour en arrière et de vérifier qu’il ne reste personne
dans leur secteur d’évacuation.

Une entreprise qui compte parmi ses employés des sapeurs-pompiers volontaires possède
évidemment un avantage en cas de sinistre.
Cet avantage est reconnu par les pouvoirs publics qui permet aux sociétés d’assurances
d’accorder une réduction des primes d’assurance incendie aux entreprises employant des
sapeurs-pompiers volontaires, ainsi que le prévoit l’article 9 de la loi du 3 mai 1996
relative au développement du volontariat dans les corps de sapeurs-pompiers.






Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


4.5.3 L'équipe de sécurité incendie dans ERP : obligations
Dans les ERP des quatre premières catégories, pendant la présence du public :
• une surveillance doit être assurée (MS 45) ;
• un représentant de la direction doit être présent pour prendre, éventuellement, les
premières mesures de sécurité (MS 52).
• Suivant le type, la catégorie et les caractéristiques des établissements, le service de
sécurité incendie doit être assuré soit par :
• des employés désignés par le chef d’établissement et entraînés à manœuvrer les moyens de
secours contre l’incendie et à l’évacuation du public ;
• des agents de sécurité incendie ;
• des sapeurs-pompiers d’un service public de secours et de lutte contre l’incendie.

Lorsque le service de sécurité incendie est assuré par des agents de sécurité incendie, ils
sont au moins au nombre de trois, dont un chef d’équipe et, si des dispositions
particulières le prévoient, le service est placé sous la direction d’un chef de service
spécifiquement affecté à cette tâche (MS 46).

Une qualification spécifique est requise pour chacun de ces trois niveaux (agent de
sécurité, chef d’équipe et chef de service). Elle est délivrée dans les conditions spécifiées
par un arrêté 2 mai 2005.

En principe, la présence d’un chef de service de sécurité incendie spécifiquement affecté à cette tâche
n’est obligatoire que pour les établissements de soins de 1
re
catégorie ou lorsque l’établissement de
soins comprend plusieurs bâtiments et reçoit plus de 1500 personnes au total (art.U 43).

Une équipe composée de personnels justifiant des deux premiers degrés de
qualification est requise dans les établissements de 1
re
catégorie des types L (salles
de réunions et de spectacles, art. L 14), M (magasins de vente et centres
commerciaux, art. M 29), T (salles d’exposition, art. T5, T 48), S (bibliothèques, art.
S 18), CTS (chapiteaux, tentes et structures itinérantes, art. CTS 27).

Dans d’autres établissements de 1
re
catégorie, de types P (salles de danse ou de
jeux) ou Y (musées) par exemple, des agents de sécurité peuvent être imposés par
la commission de sécurité (art. P 21, Y 19).

Dans les ERP dispensés de l’obligation d’employer des agents qualifiés, les
personnes désignées pour assurer la sécurité doivent être instruites à l’initiative et
sous la responsabilité du chef d’établissement (MS 48). Ces employés doivent être
entraînés à la mise en oeuvre des moyens de secours (articles P 21, O 20, N 17, W
13...).

Pour les établissements de la 5
e
catégorie, « un membre du personnel ou un
responsable au moins doit être présent en permanence lorsque l’établissement est
ouvert au public » (PE 27). S’il s’agit d’un hôtel, cette permanence doit être assurée
dans un local doté soit du tableau de signalisation, soit d’un report d’alarme (PO
3).

Les services de sécurité incendie assurés par les sapeurs-pompiers dans certains
établissements (MS 49) résultent en général, soit de l’application de dispositions
réglementaires, soit de la décision de l’autorité administrative après avis de la
commission de sécurité.
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

4.5.4 L'équipe de sécurité incendie dans les IGH : obligations
Le propriétaire est tenu d’organiser un service de sécurité unique pour l’ensemble
des locaux de l’immeuble (art. R.122-17 du CCH). Le règlement précise que le
service de sécurité incendie doit être mis en place dès le début des travaux de
second œuvre, avec des moyens de secours appropriés aux risques à combattre
(art. GH 60).

Le chef ainsi que les agents permanents de ce service ne doivent jamais être
distraits de leur fonction spécifique de sécurité incendie et de maintenance
technique. Ils doivent être reliés en permanence avec le poste central de sécurité et
pouvoir être rassemblés dans les meilleurs délais. Ces postes nécessitent l’une des
trois qualifications suivantes : agent de sécurité incendie option IGH, chef d’équipe
de sécurité incendie option IGH ou chef de service de sécurité incendie IGH, ces
qualifications étant délivrées aux conditions précisées par un arrêté du 21 février
1995.

La composition de l’équipe de sécurité incendie est précisée dans les dispositions
particulières à chaque type d’immeuble aux articles :
• GHA 6 pour les IGH à usage d’habitation dans lesquels le service peut, à
certaines conditions, être commun à plusieurs immeubles ;
• GHO 7 pour les immeubles à usage d’hôtel, où la composition du service est
déterminée en fonction de la capacité d’accueil de l’immeuble ;
• GHR 12 pour les immeubles à usage d’enseignement ;
• GHU 20 pour les immeubles à usage sanitaire ;
• GHW 6 pour les immeubles à usage de bureaux, la composition du service
dépend de la classe de l’immeuble et de la surface des compartiments ;
• GHZ 5 pour les IGH à usage mixte, où les dispositions à retenir sont les plus
exigeantes de celles prescrites pour les diverses activités qu’ils abritent.
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie



Récapitulatif des recommandations des assurances
selon les règles APSAD R6 et R8

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Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


4.5.5 Modèle de liste d'inspections à réaliser
par le service de sécurité incendie


Ce modèle peut servir de base à l'établissement d'une liste d'inspection qui doit être réalisée en
fonction des risques existants et être adaptée à chaque établissement (extrait de la règle
APSAD R6).

Extérieurs :
• accessibilité des secours ;
• absence de palettes ou stockages à moins de 10 mètres des façades ;
• bennes déchets et régularité de leur enlèvement ;
• accessibilité et état des poteaux incendie ;
• bassins de rétention des eaux d'incendie ;
• réserves d'eau ;
• débroussaillage périphérique aux bâtiments, etc.

Consignes générales :
• propreté générale ;
• affichage des consignes de sécurité ;
• respect de l'interdiction de fumer ;
• présence de cendriers dans les zones fumeurs ;
• poubelles ;
• respect de la procédure de permis de feu, etc.

Protection contre l'incendie :
• manœuvre des portes de sorties de secours ;
• test des sirènes d'évacuation ;
• contrôle du service de gardiennage ;
• état des portes coupe-feu ;
• colmatage dans les parois coupe-feu (dont faux plafonds et faux planchers) ;
• extincteurs mobiles ;
• robinets d'incendie armés ;
• installation de détection incendie ;
• état des systèmes d'alarme et d'alerte ;
• extinction automatique à eau ;
• extinction automatique à gaz, etc.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


Locaux particuliers :
• locaux techniques ;
• stockage de produits dangereux ou inflammables ;
• implantation des chargeurs de batteries ;
• armoires électriques ;
• chaufferie ;
• local sprinkleurs ;
• lieu de stockage des bouteilles de gaz, etc.

Divers :
• mises à la terre ;
• état des installations électriques ;
• état des canalisations et raccords des fluides du process ;
• points de contrôle du process ;
• ventilation de locaux spécifiques, etc.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


5 RÉDIGER LES CONSIGNES DE SÉCURITÉ
5.1 Les consignes générales et particulières
relatives à la sécurité incendie
Il importe, lorsqu’un incendie se déclare, que chacun sache ce qu’il doit faire. En tous lieux, y
compris dans les bâtiments d’habitation, la réglementation impose l’élaboration de consignes
en cas d’incendie.
Les bâtiments d'habitation
Obligation est faite aux propriétaires des bâtiments d’habitation d’afficher dans les halls
d’entrée, près des accès aux escaliers et aux ascenseurs :
• les consignes à respecter en cas d’incendie ;
• les plans des sous-sols et du rez-de-chaussée.

Les consignes particulières à chaque type d’immeuble doivent être également affichées
dans les parcs de stationnement, à proximité des accès aux escaliers et aux ascenseurs ;
Les lieux de travail
L’élaboration d’une consigne en cas d’incendie est obligatoire pour « les établissements
où peuvent se trouver occupées ou réunies habituellement plus de 50 personnes, ainsi
que ceux, quelle que soit leur importance, où sont manipulées et mises en œuvre des
matières inflammables citées à l’article R.232-12-14 » (substances ou préparations
classées explosives, comburantes ou extrêmement inflammables, ainsi que des matières
dans un état physique susceptible d’engendrer des risques d’explosion ou d’inflammation
instantanée).

Cette consigne générale qui concerne la totalité de l’établissement est applicable à
l’ensemble du personnel, y compris les stagiaires et les intérimaires, ainsi qu’aux visiteurs. Elle
doit contenir au minimum les informations suivantes :
• « Toute personne apercevant un début d’incendie doit donner l’alarme et mettre en
œuvre les moyens de premiers secours, sans attendre l’arrivée du personnel
spécialement désigné » ;
• la nature et l’emplacement des moyens d’extinction et de secours situés dans le local ou à
ses abords, ainsi que le personnel chargé de le mettre en action ;
• pour chaque local, la liste des personnes chargées de diriger l’évacuation du
personnel et éventuellement du public et, le cas échéant, les mesures spécifiques liées
à la présence de handicapés,
• les moyens d’alerte, l’adresse et le numéro d’appel téléphonique des sapeurs-pompiers
et les personnes chargées de les aviser.

La consigne doit, en outre, prévoir les essais et visites périodiques du matériel et les
exercices d’entraînement du personnel (art. R.232-12-21). Elle doit être communiquée à
l’inspecteur du travail.

Dans la majorité des cas, on établira parallèlement des :
• consignes particulières d’incendie spécifiques à certains travaux ou à
certains locaux. Elles n’intéressent qu’un personnel spécialisé et désigné : personnel
effectuant des travaux par point chaud, laboratoires, ateliers et entrepôts contenant des
matières inflammables, chaufferie, etc. ;
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


• consignes spéciales destinées à des personnes déterminées et auprès
desquelles elles doivent être diffusées nommément, leur indiquant précisément les modalités
d’exécution des missions qui leur incombent en cas d’incendie : équipiers de première et de
seconde intervention, membres du service de surveillance et de gardiennage, standardistes,
personnes chargées de l’orientation des sapeurs-pompiers, chargées de l’évacuation,
secouristes, personnes devant assurer des manœuvres particulières (fermeture de vannes,
coupures de circuits, mise en sécurité d’installations, etc.) ;
La règle APSAD R6 Service de sécurité incendie, fournit les éléments nécessaires à
l’organisation d’un service de sécurité incendie. Deux types d’organisation sont prévus, selon
que l’intervention peut avoir lieu en permanence ou seulement pendant les périodes d’activité.
Un service de sécurité organisé selon la règle APSAD R6 doit notamment effectuer des exercices
d’extinction de feux réels à l’aide de matériels analogues à ceux dont dispose l’établissement.
Pour être pris en considération par l’assureur , le service de sécurité de sécurité doit être
organisé conformément à cette règle et mis en place parallèlement à un service de surveillance
des risques défini par la règle APSAD R8.
Les ERP
Dans les ERP « des consignes précises conformes à la norme NF S 60-303 relative aux
plans et consignes de protection contre l'incendie, destinées au personnel de
l'établissement, constamment mises à jour, affichées sur supports fixes et inaltérables
doivent indiquer :
- les modalités d’alerte des sapeurs-pompiers,
- les dispositions à prendre pour assurer la sécurité du public et du personnel,
- la mise en oeuvre des moyens de secours de l’établissement,
- l’accueil et le guidage des sapeurs-pompiers. »
Les IGH
• Les propriétaires des IGH doivent « établir et afficher les consignes d’incendie dans les
circulations horizontales communes près des accès aux escaliers et aux ascenseurs ».
• Dans certaines classes d’immeubles, certaines dispositions destinées aux ERP
s’appliquent, notamment dans les IGH à usage d’enseignement (GHR 4), dans les IGH
à usage sanitaire (GHU 2), dans les IGH à usage d’hôtel (GHO 3), dans les IGH
recevant du public (GHZ 6).

Modèle de consigne générale de sécurité incendie
La consigne générale de sécurité incendie doit comporter :
• la désignation du matériel d'extinction et de secours qui se trouve dans le local ou à
ses abords ;
• la désignation du personnel chargé de mettre ce matériel en action ;
• pour chaque local la désignation des personnes chargées de diriger l'évacuation du
personnel et éventuellement du public, ainsi que des précisions sur les mesures
spécifiques liées à la présence de handicapés ;
• l'indication des moyens d'alerte ;
• la désignation des personnes chargées d'aviser les sapeurs-pompiers dès le début de
l'incendie ;
• l'adresse et le numéro téléphonique d'appel du service de secours du premier appel (en
gros caractère) ;
• l'indication suivante : « toute personne apercevant un début d'incendie doit donner
l'alarme et mettre en œuvre les moyens de premiers secours, sans attendre l'arrivée du
personnel spécialement désigné ».
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


Exemple de consignes de sécurité
Secours extérieurs les plus proches : - 18
Gardez votre calme, déclenchez
l'alarme et téléphoner au :
- Numéro interne
Lors de votre appel, indiquez l'endroit
où vous vous trouvez :
Adresse, étage, local…
Fumée, odeur suspecte, téléphonez
au :
Numéro interne
Quelques principes : - Conservez libres les dégagements
- N'encombrez pas les extincteurs
- Fermez les portes ou fenêtres en quittant votre lieu de travail
En cas d'incendie :
- Toute personne apercevant un début d'incendie doit donner l'alarme
et mettre en œuvre les moyens de premiers secours, sans attendre
l'arrivée du personnel spécialement désigné
- Attaquez le foyer au moyen d'extincteurs, sans prendre de risques
- Si vous êtes bloqué dans la fumée, baissez-vous, l'air est près du sol
- N'utilisez pas les ascenseurs ou monte-charges pour évacuer
- Fermez les portes ou fenêtres en quittant votre lieu de travail
Personnels de première intervention : M. xxx
M
me
xxx
Guides d'évacuation : M. xxx
M
me
xxx
Évacuation
Évacuez, dès l'ordre d'évacuation ou à
l'audition du signal :
Signalisation (sirène, message enregistré…)
Consignes : - Suivez les indications du guide d'évacuation
- N'utilisez pas les ascenseurs ou les monte-charges
- Ne revenez jamais en arrière sauf si vous y êtes invité par les secours
Zone de rassemblement Adresse, indication du lieu de rassemblement prévu

5.2 Les normes applicables
La norme NF S 60-303 (« Plans et consignes affichés ») définit les principales
caractéristiques auxquelles doivent répondre les consignes et plans de sécurité incendie
affichés. Elle s’applique quels que soient les types de locaux et la destination des
établissements (habitations, locaux de travail, ERP, IGH, parcs de stationnement
couverts).

Cette norme indique notamment :
• les caractéristiques des plans de sécurité-incendie affichés (plans d'évacuation et plans
d'intervention) ;
• les consignes générales en cas d’incendie pour les habitations ;
• les consignes à afficher dans les hôtels (non IGH) ;
• les consignes destinées au public dans les ERP ;
• les éléments devant figurer sur les plans d’évacuation ;
• les éléments devant figurer sur les plans d’intervention ;
• les caractéristiques graphiques et les procédés de reproduction recommandés et interdits ;
• les emplacements à respecter pour l’affichage des consignes et des plans.


Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


Les symboles graphiques à employer pour indiquer l’emplacement et répertorier les
équipements de protection et de lutte contre l’incendie et les moyens d’évacuation font l’objet
de la norme NF ISO 6790.

Le plan d’évacuation indique les cheminements vers la sortie, l’emplacement des issues de
secours et du matériel de première intervention contre l’incendie (alarme, extincteurs, robinets
d’incendie armés, commandes de désenfumage...). Il doit être apposé à chaque niveau, à
proximité des portes, escaliers et ascenseurs. On veillera à ce qu’il soit bien orienté par rapport
au lecteur.

Les éléments devant figurer sur le plan d’intervention, destiné aux équipes de secours,
dépendent essentiellement de la nature des locaux et devront, si nécessaire, être étudiés en
liaison avec les services d’incendie et de secours.

Consigne générale et plan d’intervention peuvent figurer sur le même panneau.
5.3 Les autres consignes de sécurité
Les consignes de sécurité relatives à la conduite à tenir en cas d’incendie sont
obligatoires. Il existe également des consignes destinées à rappeler les mesures préventives.
Celles-ci seront plus ou moins sévères suivant l’activité de l’établissement. Leur rédaction doit
être étudiée avec soin tant sur le fond que sur la forme.

Parmi les consignes de sécurité propres à l’établissement, certaines s’appliquent à
l’ensemble du personnel, d’autres sont spécifiques à certains locaux ou à certaines
étapes de l’exploitation (manutention, stockages, fabrication, gestion des déchets,
entretien...).
La consigne s’appliquant à l’ensemble de l’établissement porte notamment sur :
• l’interdiction de fumer, de porter des feux nus ou des outillages pouvant constituer des
sources d’inflammation ;
• les conditions dans lesquelles les travaux peuvent être autorisés et exécutés ;
• l’interdiction de transporter certaines substances dangereuses dans certaines zones ;
• l’obligation de maintenir un parfait état d’ordre et de propreté ;
• l’obligation de déposer les déchets dans des récipients prévus à cet effet,
• l’obligation de porter des vêtements de protection ;
• l’obligation de maintenir fermées des portes coupe-feu ou de ne pas les bloquer ;
• l’interdiction d’obstruer les allées de circulations ;
• les mesures à observer pour la circulation et le stationnement des véhicules à l’intérieur
de l’établissement…
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


6 ORGANISER DES EXERCICES DE SÉCURITÉ
INCENDIE POUR LES SALARIÉS
6.1 Informer et sensibiliser
Pour assurer l’efficacité des consignes et des procédures, il est indispensable de les
compléter par des informations précises. La conduite à tenir en cas d’incendie doit être
largement exposée au personnel et aux occupants permanents d’un établissement ou
d’un immeuble et assortie d’exercices d’évacuation. L’information et la formation doivent
permettre au personnel d’agir avec calme, précision et rapidité.

Les obligations sont les suivantes dans les lieux de travail :
• le code du Travail impose de donner à tout salarié, dès son arrivée dans
l’établissement, les informations, enseignements et instructions nécessaires en ce qui
concerne les conditions de circulation dans l’entreprise, l’exécution de son travail et les
dispositions qu’il doit prendre en cas d’accident ou de sinistre.
En fonction des risques à prévenir, l’utilité des mesures de sécurité prescrites doit lui
être expliquée.
Il y a lieu également de lui préciser les issues et dégagements de secours et de lui
donner, si la nature des activités le justifie, des instructions d’évacuation pour les cas
d’explosion ou de dégagement de gaz ou liquides inflammables ou toxiques (L.2313-1
et R.231-32 à R.231-45). Une partie de cette information peut être dispensée par
l’intermédiaire du livret d’accueil ;

• La règle APSAD R6, sur l’organisation d’un service de sécurité incendie, précise que
l’ensemble du personnel doit recevoir une information concernant :
- les risques de son entreprise ;
- la connaissance des consignes (alarme, intervention, évacuation) ;
- le matériel de première intervention.

Il est souhaitable de compléter ces informations par des éléments de connaissance des
mécanismes du feu et du mode d’action des agents extincteurs.
Dans certains ERP, notamment les établissements de soins, le personnel doit être
particulièrement
mis en garde des risques et être informé des consignes très précises.
Dans les IGH, obligation est faite au propriétaire « d’informer les occupants des
conditions dans lesquelles est assurée la protection contre l’incendie de l’immeuble et de
leur rappeler l’importance du respect des diverses dispositions de sécurité ». Le
propriétaire doit notamment informer les occupants qu’ils ne doivent ni entreposer ni
manipuler des matières inflammables du premier groupe définies à l’article R.233-14 du
Code du travail, sauf exceptions prévues par le règlement de sécurité (R.122-7 du CCH).

Il doit également leur rappeler qu’ils ne peuvent apporter aux lieux loués aucune
modification contraire aux dispositions du règlement et qu’ils doivent s’assurer que le
potentiel calorifique des éléments mobiliers introduits dans les locaux qui leur sont
affectés n’excède pas les limites définies (R.122-18 et GH 61).




Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


6.2 Former et entraîner
Suivant le rôle qu'ils sont appelés à jouer en cas d'incendie, personnel et occupants
doivent recevoir une formation et participer à des exercices destinés à limiter le sinistre et
à faciliter le sauvetage.

La formation minimale consiste à comprendre les consignes, savoir donner l’alarme,
reconnaître l’alarme, être capable d’utiliser un extincteur et connaître les procédures
d’évacuation.

La formation complémentaire sera adaptée au rôle dévolu à chacun, un programme très
précis étant prévu dans certains cas, soit par la réglementation, soit par les assureurs.

Les exercices sont le seul moyen de vérifier si les plans d’alarme, d’évacuation et d’intervention
sont bien adaptés aux particularités du lieu et aux personnes chargées de les appliquer.

Dans les établissements assujettis au Code du travail, le chef d’établissement est tenu
d’organiser une formation pratique et appropriée en matière de sécurité. L’étendue de
cette obligation dépend de la taille de l’établissement, de la nature de son activité, du
caractère des risques qui y sont constatés et du type des emplois occupés par les salariés.

Les modalités de la formation à la sécurité incendie sont précisées dans le code du
Travail à l'article R. 232-12-21.

Des exercices sont obligatoires pour l’ensemble du personnel dans le but d’apprendre à
reconnaître les caractéristiques du signal sonore d’alarme générale, à se servir des
moyens de premiers secours et à exécuter les diverses manœuvres nécessaires. Ces
exercices et essais périodiques doivent avoir lieu au moins tous les six mois. Si l’exercice
d’évacuation présente des risques pour la sécurité des personnels ou pose des problèmes
sur la voie publique (milieu urbain, personnel bancaire), il est admis qu’il ne soit pas
mené à chaque fois à son terme.
Dans chaque atelier où sont effectués des travaux dangereux et dans chaque chantier
occupant au moins 20 personnes pendant plus de 15 jours où sont effectués des travaux
dangereux, un des membres du personnel doit avoir reçu l’instruction nécessaire pour
donner les premiers secours en cas d’urgence.
Dans les établissements recevant du public
• Pour l’ensemble du personnel, « des exercices d’instruction doivent être organisés sous
la responsabilité de l’exploitant ».
Cette instruction sur la conduite à tenir ainsi que l’entraînement à la manœuvre des
moyens de secours est également requise pour les établissements de 5
e
catégorie.

Dans certains types d’établissement, des exercices pratiques doivent avoir lieu tous les
trimestres, notamment dans les établissements de soins et d’enseignement, les élèves y
étant associés dans ce dernier cas.
• Les personnes désignées pour assurer la sécurité doivent être entraînées à la manœuvre
des moyens de secours contre l’incendie et à l’évacuation du public. Cette instruction
doit être conduite à l’initiative et sous la responsabilité du chef d’établissement.
• Les personnels permanents du service de sécurité incendie doivent, pour justifier de leur
qualification, être titulaire du diplôme requis pour exercer l'emploi, tel que défini dans l’arrêté
du 2 mai 2005 « relatif à la qualification du personnel permanent des services de sécurité
incendie des établissements recevant du public ».

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

Ces diplômes sont les suivants :
pour l'agent de service de sécurité incendie, le diplôme d'agent de sécurité incendie et
d'assistance à personnes (SSIAP 1) ;
pour le chef d'équipe de service de sécurité incendie, le diplôme de chef d'équipe de sécurité
incendie et d'assistance à personnes (SSIAP 2) ;
pour le chef de service de sécurité incendie, le diplôme de chef de service de sécurité incendie
et d'assistance à personnes (SSIAP 3).

La formation à ces diplômes ne peut être effectuée que par des organismes agréés par le
ministère de l’Intérieur comme c’est le cas pour le CNPP.
Dans les IGH
• Pour l’ensemble des locaux de l’immeuble, le propriétaire est tenu d’organiser, au moins une
fois par an, un exercice d’évacuation de chaque compartiment, en y associant les
compartiments supérieur et inférieur, ainsi que des séances destinées à familiariser les
occupants avec l’emploi des moyens de secours.
• Dans les immeubles à usage sanitaire, des exercices d’évacuation doivent être
pratiqués chaque trimestre .

Les personnels permanents de l’équipe de sécurité incendie doivent, pour justifier de leur
qualification, être titulaire du diplôme requis pour exercer l'emploi, tel que défini dans l’arrêté
du 2 mai 2005 « relatif à la qualification du personnel permanent des services de sécurité
incendie des immeubles de grande hauteur » auprès d’un organisme agréé.
6.3 Les exercices et procédures d'évacuation


Les exercices d’évacuation prévus ou inopinés permettront, soit de confirmer le bien-fondé des
mesures et des consignes élaborées, soit de les réadapter en fonction des problèmes
découverts (audibilité de l’alarme en tous lieux, rapidité de l’alerte, choix et balisage des
cheminements, clarté et validité des consignes). Ils pourront être menés avec le concours des
sapeurs-pompiers.

Les exercices d'évacuation sont indispensables, que ce soit pour entraîner le personnel à
évacuer après avoir effectué éventuellement les opérations préalables nécessaires ou pour
l’entraîner à diriger correctement et calmement le public d’une salle de spectacle, d’un
magasin ou de tout autre lieu vers les sorties.

En cas de sinistre déclaré, la décision d’évacuation revient au responsable de
l’établissement ou, en son absence, à la personne qui a été déléguée pour le faire.

Lorsque l’alarme générale a été déclenchée grâce à un système automatique, si celui-ci
dispose d’une temporisation, il est possible de confirmer ou non la nécessité d’évacuer ;
dans le cas contraire, le processus peut être arrêté par le personnel de sécurité chargé de
faire la reconnaissance.
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie



7 CONTRÔLER SES INSTALLATIONS
7.1 Contrôles du respect des mesures de prévention
Les contrôles ont un double but, s’assurer de l’efficacité des mesures prises et maintenir le
système de référence établi. Il faut ainsi associer à chaque « barrière » mise en place le contrôle
nécessaire à son respect permanent.

Les contrôles doivent s’exercer tant au niveau matériel qu’à celui des comportements.

On constate que, même dans les activités à très haut risque, si aucun accident n’a eu
lieu, le personnel a naturellement tendance, au bout d’un certain temps, à ne plus
respecter les procédures, partant du principe tout à fait inconscient que « si le danger ne
s’est pas réalisé, il ne se produira pas » (accoutumance au danger, perte de perception
de sa gravité...).
L’encadrement doit aider chacun à lutter contre sa tendance naturelle au relâchement, le
seul moyen de conserver un bon niveau de sécurité étant de ne tolérer aucune dérive.

Le niveau de référence défini à l’issue de l’analyse des risques doit donner lieu à l’établissement
d’une « check-list » ou liste de contrôle définissant une procédure de visite systématique de
toutes les surfaces de l’établissement, en une période déterminée et renouvelable plusieurs fois
dans l’année, l’établissement étant découpé en secteurs quotidiens de contrôles.

Le contrôle implique la vérification des principaux éléments suivants (le détail de chaque
élément est à adapter à chaque secteur. La tâche est d’autant plus aisée que la liste préparée
est complète) :
• propreté des sols et de toutes les surfaces de travail et de manutention, niveau
d’empoussièrement de l’ensemble, y compris des éléments de charpente, évacuation
des déchets… ;
• ordre (chaque chose à sa place, rien qui ne soit absolument nécessaire) ;
• matières dangereuses : respect des quantités, état des récipients, rétention,
incompatibilités, atmosphère, sources de chaleur… ;
• équipements électriques et de chauffage ;
• contrôles de la validité des consignes et procédures, de leur parfaite connaissance
(questions inopinées) par le personnel, y compris les nouveaux travailleurs, et de leur
bon état de lisibilité ;
• contrôle de l’application des mesures légales.

Le contrôle ne doit surtout pas être assimilé à une tâche administrative. La liste est un outil de
base, un support qui ne dispense pas d’ouvrir l’œil et d’être à l’écoute pour recueillir des
informations : anomalies, état du matériel, modifications à apporter… En dehors de ces visites
systématiques, le service chargé de la sécurité doit avoir constamment un réflexe de contrôle,
en tous moments et en tous lieux.

Chaque contrôle doit donner lieu à un rapport succinct (à l’aide de la liste préétablie,
sans oublier les commentaires sur les éléments non prévus dans la liste) qui servira d’outil
de décision pour les mesures à prendre, le cas échéant. Il sera ensuite conservé par le
Service de sécurité et utilisé lors de la visite suivante de ces mêmes surfaces.



Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

7.2 La surveillance
L'expérience montre qu’une grande majorité des sinistres naît au cours des heures de
fermeture, particulièrement au début de cette période.

Des instructions précises doivent être données au personnel chargé de la surveillance en
dehors des heures d’ouverture de l’entreprise. Une liste de contrôles spécifique doit leur
être remise et ils sont tenus informés des événements occasionnels devant donner lieu à
surveillance particulière (travaux par point chaud, anomalie décelée en attente de
traitement…).

Des instructions précises sont également données pour la surveillance des entrepôts,
particulièrement vulnérables en raison du nombre réduit de personnes y travaillant, de la
circulation des engins de manutention, et de la tentation que certains peuvent avoir d’y
fumer…
Cette surveillance permet de détecter à temps les éventuelles fuites provoquées par un défaut
d’emballage ou une faute de manutention, les fermentations susceptibles d’aboutir à une
inflammation, les échauffements…

Il est également nécessaire de surveiller les stockages d’emballages vides souvent
constitués de matériaux éminemment inflammables (cartons, papiers, paille, matières
plastiques).

La liste des produits et les plans de stockage doivent être fournis au personnel chargé de
la surveillance des entrepôts, avec les prescriptions relatives aux mesures à prendre en
fonction de la nature des produits en cas de fuite ou de début d’incendie. Un feu
pouvant couver pendant des heures, cet aspect de la prévention est très important.
7.3 Maintenance et prévention incendie
Les contrôles révèlent inévitablement des défaillances de divers ordres par rapport au
niveau de référence qu’il s’agit de conserver. Ils doivent être suivis d'actions correctives.

Des modifications ont pu donner lieu à la naissance de nouveaux risques nécessitant des
actions préventives.

C’est un rôle de coordination que doit jouer le service de sécurité, entre la direction et
les différentes unités opérationnelles concernées, notamment le service chargé de la
maintenance, pour engager des actions destinées à maintenir le niveau de sécurité
requis :
• sur les équipements et le matériel ;
• sur les procédés de fabrication ;
• sur les opérations d’entretien ;
• sur les affichages et moyens de signalisation défraîchis ou obsolètes, etc.

Lorsque les fonctions sont séparées, l’interface entre la fonction sécurité et la fonction
maintenance doit être soigneusement définie afin que le programme de prévention
puisse s’appuyer sur l’une et sur l’autre.



Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


7.4 L’abonnement prévention et conseil incendie (APCI)
L’abonnement prévention et conseil incendie (APCI) est une prestation ayant pour objet
de développer la prévention et la protection dans les établissements et/ou entreprises
industriels et commerciaux en sensibilisant leurs responsables à la prise en compte des
risques d’incendie et d’explosion.

Ces missions ont pour but d'offrir aux exploitants des établissements industriels et commerciaux
un service visant à renforcer le niveau de prévention et de protection de leurs entreprises contre
les risques d'incendie et d'explosion.

La mission consiste en des visites annuelles effectuées par des ingénieurs et techniciens de
l’organisme dont la mission est de procéder à l’analyse de vulnérabilité face aux risques
précités, de proposer des mesures adaptées, puis de vérifier périodiquement que la
préconisation des mesures a été suivie d’effets.

La règle d’organisation APSAD R11 définit les recommandations pour la réalisation des missions
de prévention et de conseil en incendie réalisées par un organisme de prévention incendie.
Cette règle d’application volontaire est destinées à tous les usagers, organismes consultants ou
assureurs qui souhaitent s’assurer de la qualité des missions APCI.
Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


8 LE REGISTRE DE SÉCURITÉ
La tenue de registres de sécurité constitue une obligation générale. Les registres constituent la
mémoire de la sécurité et le « carnet de santé » des moyens de prévention et de protection.
Suivant la nature de l’établissement, plusieurs registres se rapportant à la sécurité peuvent
coexister. Dans tous les cas, ils doivent comporter un minimum de renseignements obligatoires.
8.1 Les registres dans les bâtiments à usage d’habitation
Parmi les obligations incombant aux propriétaires des immeubles à usage d’habitation,
figure la tenue d’un registre attestant de l’entretien régulier et de la vérification annuelle
des installations, aménagements et dispositifs mécaniques mis en place pour permettre la
protection des habitants (art. R. 111-13 du Code de la construction et de l’habitation et
art. 101 de l’arrêté du 31 janvier 1986 modifié).
8.2 Les registres dans les établissements
assujettis au code du Travail
Les registres obligatoires ayant trait, directement ou indirectement, à la sécurité incendie
sont tenus sous la responsabilité du chef.
8.2.1 Le registre relatif aux vérifications et contrôles
Les attestations, consignes, résultats et rapports relatifs aux vérifications et contrôles mis à
la charge des employeurs au titre de l’hygiène et de la sécurité doivent être conservés.
Les inspecteurs du travail et les agents de la CRAM peuvent se faire présenter ces
documents au cours de leurs visites. Cette mesure concerne notamment :
• les essais et visites périodiques du matériel de sécurité incendie qui doivent être
consignés sur un registre sur lequel sont également reportés les exercices
d’entraînement du personnel (reconnaissance de l’alarme, utilisation des moyens de
premier secours et diverses manœuvres nécessaires). Doivent figurer sur ce registre, les
dates des essais et exercices, ainsi que les observations auxquelles ils peuvent avoir
donné lieu (R.232-12-21).
De leur côté, les sociétés d’assurances demandent que soit consigné sur ce registre le
compte rendu des séances d’entraînement des EPI et des ESI (règle APSAD R6), qu’y soit
intégré ou annexé le registre d’installation de détection automatique d’incendie (règle
APSAD R7) ;
• le résultat des vérifications périodiques auxquelles sont soumis certains équipements de
travail et destinées à déceler en temps utile toute détérioration susceptible de créer des
dangers (R.233-11).

Pour certains équipements de travail, la tenue d’un carnet de maintenance est également
requise (R.233-12) :
• le résultat des vérifications périodiques auxquelles sont soumis certains équipements de
protections individuels (R.233-42-2) ;
• les contrôles périodiques et les interventions relatifs aux installations et dispositifs techniques et
de sécurité des lieux de travail prévu à l’article R.232-1-12.

Ce dossier regroupe également la consigne d’utilisation et les documents relatifs au
contrôle des installations de ventilation, au contrôle de l’exposition au bruit et les règles
d’entretien périodique du matériel d’éclairage. Il est, le cas échéant, annexé au dossier
de maintenance.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


Les installations électriques, qui doivent, ainsi que le prévoit l’article 55 du décret n° 88-1056
du 14 novembre 1988 modifié relatif à la protection des travailleurs dans les établissements
qui mettent en œuvre des courants électriques, faire l’objet d’un dossier comportant, outre des
plans de situation, le plan des canalisations électriques enterrées, un registre consignant les
dates et nature des vérifications ou contrôles ainsi que l’identité des intervenants, les rapports
des vérifications et les justifications des travaux et modifications.

Tous ces documents sont présentés au CHSCT au cours de la réunion qui suit leur
réception par l’employeur (R.236-13). Cette présentation est en fait « une analyse détaillée
à partir de laquelle peut s’instaurer un échange ».

Dans certains cas, dans des conditions et limites fixées par décrets, certains registres peuvent
être tenus en ayant recours à d’autres moyens, notamment informatiques, après consultation
des délégués du personnel ou du CHSCT s’ils sont concernés (L.620-7, D.620-1).
Le registre unique
En ce qui concerne les informations relatives au vérifications et contrôles mis à la charge des
employeurs au titre de l’hygiène et de la sécurité qui doivent figurer dans des registres distincts,
« les employeurs sont de plein droit autorisés à réunir ces informations dans un registre unique
lorsque cette mesure est de nature à faciliter la conservation et la consultation de ces
informations ».

« Les modes de regroupement qui ne présenteraient aucune cohérence thématique et surtout
chronologique ne répondront pas à l’exigence d’amélioration de la conservation et de la
consultation des informations nécessaire pour l'adoption d'un registre unique ».
8.2.2 Registre spécial
Un registre spécial coté doit être ouvert au timbre du Comité d’hygiène, de sécurité et
des conditions de travail, sur lequel doivent être consignés les avis relatifs aux causes de
danger grave et imminent.
Ce dossier doit être tenu sous la responsabilité du chef d’établissement, en son bureau
ou au bureau de la personne qu’il désigne, à la disposition des représentants du Comité
(art. L.231-9 et R.236-9).
Ce registre ne doit pas être intégré au registre unique.
8.2.3 Registre pour les Questions d’hygiène, de sécurité, de médecine
du travail et de prévention des risques
Les chefs des établissements doivent tenir un registre dans lequel sont portées (ou annexées si
elles ont fait l’objet d’un courrier) « les observations et mises en demeure formulées par
l’inspecteur du travail et relatives à des questions d’hygiène, de sécurité, de médecine du travail
et de prévention des risques ».

Tenu constamment à la disposition des inspecteurs du travail, il doit être présenté, sur leur
demande, aux agents de la CRAM et peut être consulté par les membres du CHSCT ou, à
défaut, par les délégués du personnel (L.620-4).
8.2.4 Le dossier de maintenance
Le dossier de maintenance exigé par l'article R. 235-5 est destiné à permettre le suivi des
mesures de sécurité tout au long de la vie d’un bâtiment. Cette disposition s'applique aux
bâtiments construits ou modifiés après le 1
er
janvier 1993.

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie

Il doit être élaboré par le maître d’ouvrage qui le transmet à l’utilisateur au moment de
la prise de possession des lieux, dans le but de lui présenter les dispositions prises pour
faciliter la maintenance.
Ce dossier contient les documents, notices, dossiers techniques relatifs :
• aux équipements d’éclairage, de ventilation, d’assainissement ;
• aux installations électriques ;
• à l’entretien de tous les équipements.

Il contient aussi les dispositions prises pour le nettoyage des surfaces vitrées en élévation
et en toiture, pour l’accès en couverture, l’entretien des façades, et pour faciliter les
travaux d’entretien intérieur.

Lorsque l’entreprise quitte les locaux, le chef d’établissement doit restituer ce document
au propriétaire ou le transmettre à l’occupant suivant.
8.3 Registre spécifique aux ERP
Dans les établissements recevant du public, un registre de sécurité doit être tenu « sur
lequel sont reportés les renseignements indispensables à la bonne marche du service de
sécurité et, en particulier :
- l’état du personnel chargé du service d’incendie ;
- les diverses consignes, générales et particulières, établies en cas d’incendie ;
- les dates des divers contrôles et vérifications ainsi que les observations auxquelles ceux-
ci ont donné lieu ;
- les dates des travaux d’aménagement et de transformation, leur nature, les noms du ou
des entrepreneurs et, s’il y a lieu, de l’architecte ou du technicien chargé de surveiller les
travaux ».
Le règlement de sécurité requiert, en outre, que soient portés sur le registre de sécurité
ou annexés à celui-ci certaines informations et documents, notamment :
• la date des exercices d’instruction organisés pour l’ensemble du personnel (MS 51) ;
• le contrat d’entretien et la notice descriptive des conditions d’entretien et de
fonctionnement du système de détection d’incendie (MS 58) ;
• la preuve de l’existence du contrat d’entretien ou des consignes écrites concernant les
systèmes de sécurité incendie des catégories A et B (MS 68) ;
• le livret d’entretien des installations de gaz, avec mention des dates des vérifications et
opérations d’entretien des appareils et des accessoires (GZ 30) ;
• le livret d’entretien de l’installation de filtration d’air, avec mention des visites, mesures,
nettoyages ou rangements de filtres (CH 39) ;
• le certificat de conformité de l’installation de panneaux et tubes radiants à combustible
gazeux (art. CH 55) ;
• le registre sur lequel sont portés les résultats des vérifications inhérentes aux
installations électriques, tel que celui prévu par l’article 55 du décret du 14 novembre
1988 concernant la protection des travailleurs dans les établissements qui mettent en
œuvre des courants électriques (EL 14) ;
• le registre technique relatif aux ascenseurs, escaliers mécaniques et trottoirs roulants, qui
comprend un exemplaire du rapport des examens et essais avant la mise en service ainsi
que tous documents, rapports et attestations concernant les examens ou interventions sur
ces appareils (AS 11).

Partie 2 – Prévenir le risque d’incendie


8.4 Registre spécifique aux immeubles de grande hauteur
L’article R.122-29 du CCH impose aux propriétaires d’IGH la tenue d’un registre de
sécurité « sur lequel sont portés les renseignements indispensables au contrôle de la
sécurité, en particulier :
• les diverses consignes établies en cas d’incendie ;
• l’état nominatif et hiérarchique des personnes appartenant au service de sécurité de
l’immeuble ;
• l’état et les plans de situation des moyens mis à la disposition de ce service ;
• les dates des exercices de sécurité ;
• les dates des diverses vérifications et contrôles ainsi que les observations ou rapports
auxquels ils ont donné lieu ».

Ce registre doit être présenté lors des contrôles administratifs et soumis chaque année au visa
du maire, accompagné des deux derniers rapports de vérifications techniques des
installations, équipements et dispositifs visés à l’article GH 59, notamment : les ascenseurs et
monte-charge, les moyens de secours, les portes et volets résistant au feu, les systèmes de
détection, les équipements de désenfumage, les installations électriques, les paratonnerres,
etc. (GH 4).



PARTIE 3
LUTTER CONTRE LA MALVEILLANCE




Partie 3 – Lutter contre la malveillance


1 ANALYSER LES RISQUES RÉELLEMENT ENCOURUS PAR
L'ENTREPRISE


1.1 Politique de sûreté


1.2 Planification


1.3 Mise en œuvre et fonctionnement
1.3.1 Structure et responsabilité
1.3.2 Formation, sensibilisation et compétence
1.3.3 Communication
1.3.4 Documentation
1.3.5 Maîtrise des documents, de l'information et des données
1.3.6 Maîtrise opérationnelle
1.3.7 Capacité à réagir face à une situation d'urgence


1.4 Vérification et action corrective
1.4.1 Surveillance du niveau de performance
1.4.2 Les incidents sûreté, actions correctives et actions préventives
1.4.3 Maîtrise des enregistrements
1.4.4 Audit
1.5 Revue de direction


2 METTRE EN PLACE UN CONTRÔLE D'ACCÈS AUTOMATIQUE
DANS L'ENTREPRISE


2.1 Mise en œuvre


2.1.1 Étude conceptuelle
2.1.2 Niveaux de sécurité


2.2 Installation
2.2.1 Lecteurs
2.2.2 Traitement et commandes
2.2.3 Verrouillage


2.3 Formation des utilisateurs


2.4 Réception de l’installation


2.5 Maintenance


3 METTRE EN PLACE LA SURVEILLANCE ÉLECTRONIQUE D'UN SITE


3.1 Le rôle de la surveillance électronique


3.2 Les solutions techniques
3.2.1 L’installation de détection d’intrusion
3.2.2 La station de télésurveillance
Partie 3 – Lutter contre la malveillance



3.3 Faire appel à un installateur
3.3.1 La compétence de l’installateur
3.3.2 Faire établir un devis
3.3.3 La réception de l'installation


4 ORGANISER LA SURVEILLANCE ET LE GARDIENNAGE
DES LOCAUX


4.1 La surveillance humaine


4.2 Les consignes


4.3 L'intervention


4.4 L'entraînement


5 LA PROTECTION DES INFORMATIONS CONFIDENTIELLES


5.1 Les principes de la protection des informations



5.1.1 Que protéger ?
5.1.2 Qui doit prendre la responsabilité ?
5.1.3 Sous quelle forme se présentent les informations à protéger ?
5.1.4 Les communications écrites peuvent-elles être protégées ?
5.1.5 Les communications orales peuvent-elles être protégées ?
5.1.6 Quelles sont les règles fondamentales de la protection des informations ?



5.2 La mise en place d'un système d'information à protéger
5.2.1 L'argumentaire
5.2.2 L'habilitation des personnes
5.2.3 Les procédures à respecter
5.2.4 La gestion des documents à protéger
5.2.5 Les protections particulières à la communication par moyens électroniques
5.2.6 La sécurité informatique


6 LES DISPOSITIONS RELATIVES À L'ATTENTAT À LA BOMBE


6.1 Plan de crise en cas d'attentat ou d'alerte à la bombe


6.2 Conseils lors de la réception d'un message d'alerte à la bombe
Partie 3 – Lutter contre la malveillance


1 ANALYSER LES RISQUES RÉELLEMENT ENCOURUS
PAR L'ENTREPRISE
La prise en compte de la sûreté dans une entreprise doit reposer sur une approche
globale de ses vulnérabilités. Cette approche doit s'intégrer dans le management de
l'entreprise et reposer sur une approche structurée d'analyse de risque.

Cette approche est notamment développée dans le référentiel CNPP n°1302 Lutte contre la
malveillance et prévention des menaces – Mise en place d’un système de management destiné
à assister les organismes dans leur mise en œuvre d’une organisation structurée, partie
intégrante du management global de l'entreprise, permettant la maîtrise des enjeux en matière
de sûreté et à permettre la démonstration par ces organismes de cette maîtrise.

Le terme « sûreté » doit être préféré à celui de « malveillance ». Le management de la
sûreté regroupe l'ensemble des dispositifs définis et mis en œuvre pour prévenir et lutter à
la fois contre les menaces d'origine intentionnelle et contre les menaces du fait des
personnes, à l'encontre de l'organisme et ceci sans intention de nuire (par exemple une
négligence, de non-respect du besoin de réserve, etc.).

La malveillance, elle, correspond à l’intention de nuire par une action pouvant porter
atteinte à l’organisme.

La mise en place d’un Système de management de la sûreté doit permettre aux
organismes de structurer leur organisation afin notamment :
• de démontrer l'identification de toutes les menaces potentielles pour les biens matériels
et immatériels (dont la protection du savoir-faire et de l'information), le personnel
(agression, chantage…) et ses partenaires (clients, fournisseurs…) ;
• d'argumenter le niveau de maîtrise suffisant mis en œuvre face à ces menaces et de
viser une amélioration et une adaptation constante du niveau de sécurisation des biens
matériels et immatériels sensibles ;
• de démontrer l'implication dans le système de management de la sûreté du personnel
à tous les niveaux de l'organisation ;
• de garantir, aux diverses parties prenantes, le fonctionnement efficace d'une
organisation structurée permettant une maîtrise des risques de malveillance portant sur
les personnes, les biens matériels et immatériels.

La mise en place du système de management de la sûreté découlera d'une action volontaire de
l'entreprise lui permettant une amélioration globale et continue de son management. Il peut
servir de référence et être mis en œuvre par tout organisme ayant à concevoir, fabriquer,
détenir, utiliser, stocker, commercialiser et acheminer tous biens et informations sensibles.

Un système de management de la sûreté repose sur la définition d’une politique de
sécurité appuyée sur une planification dont découlent la mise en œuvre et le
fonctionnement, l’ensemble fait l’objet de vérifications et d’actions correctives qui sont
passées en revue par la direction pour aboutir à un amélioration continue du système.

L ‘idée est de faire vivre l’installation pour la faire évoluer en parallèle avec la réalité du terrain.
1.1 Politique de sûreté
La Direction de l'organisme doit définir, à son plus haut niveau, une politique de sûreté.
Cette politique doit indiquer clairement les objectifs généraux, désigner le responsable
du système de management de la sécurité et être consignée par écrit et communiquée à
tout le personnel.

Partie 3 – Lutter contre la malveillance

En outre, elle doit :
• répondre aux exigences de sûreté du site ;
• identifier les populations accédant au site ;
• satisfaire aux contraintes de fonctionnement ;
• s’adapter aux situations exceptionnelles.
1.2 Planification
La planification de la sûreté doit comporter plusieurs aspects :
• l’organisme doit réaliser un diagnostic initial ;
• l’identification des menaces.
Sur la base du diagnostic initial, l'organisme doit établir et tenir à jour des procédures
permettant d'identifier de façon régulière les menaces, d’évaluer les vulnérabilités et de
mettre en œuvre des mesures de maîtrise adaptées.
La menace est constituée par l’élément déclencheur d’une vulnérabilité dont le mode
d’action peut être :
• intentionnel, dont l’origine est un agresseur visant à atteindre un point précis de
l’organisme (cible) ;
• non-intentionnel et dont l’origine est une personne ou une fonction réalisant une action
néfaste à l’organisme et ceci sans intention de nuire.

L’origine de la menace peut être interne (par les membres de l’organisme).

L’identification des menaces passe par l’identification des objectifs, des agresseurs et des
moyens et des méthodes d’action.
Les agresseurs et leur motivations
Il existe une gradation dans la typologie des agresseurs :
• populations standards ;
• vandales ;
• baluchonneurs et malfaiteurs occasionnels ;
• cambrioleurs organisés et escrocs ;
• grand banditisme ;
• terroristes et saboteurs.
En fonction de cette typologie une croissance dans les moyens de protection (niveau de
dissuasion) doit être établie.
Les motivations des agresseurs sont de divers ordres :
• intérêt personnel : matériels (besoins vitaux), émotif (vengeance, gloriole) ;
• intérêt économique : concurrence, fraude à l’assurance ;
• idéologie : politique, religieuse ;
• dérèglement psychique : kleptomanie, trouble du caractère.
La cible qui doit faire l’objet des mesures de sûreté : est l’élément matériel ou immatériel,
l’homme-clef dont l’atteinte directe ou indirecte, par une menace, va nuire à l’organisme visé.
L‘évaluation des vulnérabilités
La vulnérabilité est le résultat de l’évaluation des conséquences, pour l’organisme, de l’atteinte
d’une cible sûreté par une menace.
L’évaluation des vulnérabilités de l’organisme correspond au processus d’évaluation des
risques.

Partie 3 – Lutter contre la malveillance

La démarche d’évaluation des vulnérabilités s’appuie généralement sur une évaluation de la
fréquence de concrétisation des menaces et de la gravité d’atteinte de la cible . Il s’agit de
quantifier les vulnérabilités et de les hiérarchiser.

Le couple « menace-vulnérabilité » en sûreté est le pendant du couple « danger-risque » en
hygiène et sécurité et du couple « aspect-impact » en environnement.
le plan de traitement
Les vulnérabilités majeures identifiées doivent faire l’objet d’un plan de traitement visant à les
supprimer et/ou les maîtriser notamment par l'utilisation de moyens de surveillance, de
traçabilité, de protection physique et/ou logique…
L'organisme doit s'assurer que les résultats de ces évaluations sont pris en compte lors de
la détermination des objectifs de sûreté. Ces informations sont tenues à jour et
consignées par écrit.
1.3 Mise en œuvre et fonctionnement
1.3.1 Structure et responsabilité
Pour faciliter le management de la sûreté, les rôles, les responsabilités et l'autorité du
personnel, doivent être définis, consignés par écrit et communiqués.
1.3.2 Formation, sensibilisation et compétence
Le personnel doit être compétent pour réaliser les tâches qui pourraient avoir une
incidence sur la sûreté. Les compétences doivent être définies en terme de formation
initiale et/ou continue et/ou d'expérience.
L’organisme doit établir et tenir à jour des procédures lui permettant de s’assurer que,
quel que soit le niveau et la fonction des personnes concernées, celles-ci soient
sensibilisées à la sûreté.
1.3.3 Communication
L'organisme doit établir des procédures lui permettant de s'assurer que les informations
pertinentes sur la sûreté sont communiquées au personnel, aux fournisseurs et sous-
traitants et aux autres parties prenantes, si nécessaire.
Plan de communication interne doit prendre en compte ce qui est nécessaire prévoir
pour éviter, comme en chirurgie opératoire, le rejet par exemple du badge ou de la
biométrie.
Gérer la peur du filtrage, de la surveillance auprès du personnel est du ressort de la
communication interne.

Ce plan de communication interne doit être issu de la concertation de la direction
générale, de la direction des ressources humaines, de la direction de la communication,
de la direction des services généraux
1.3.4 Documentation
L'organisme doit établir et maintenir l’information, sur un support adéquat tel que sur papier ou
informatique, nécessaire pour :
• décrire les éléments essentiels du système de management et leurs interactions ;
• indiquer où trouver la documentation correspondante.

Les responsabilités des différents acteurs de l'organisme en charge de la classification des
informations et à leur diffusion sont définies et portées à la connaissance du personnel.
Partie 3 – Lutter contre la malveillance

1.3.5 Maîtrise des documents, de l'information et des données
L'organisme doit établir et tenir à jour des procédures pour maîtriser tous les documents
et données requis.
1.3.6 Maîtrise opérationnelle
L'organisme doit définir celles de ses activités associées aux vulnérabilités identifiées
devant faire l'objet de mesure de maîtrise. Ces activités doivent être planifiées, y compris
leur maintenance et leur surveillance, afin d'assurer qu'elles sont réalisées dans des
conditions requises.

Les moyens de protection et de détection des vulnérabilités mis en place doivent être cohérents
avec le niveau de vulnérabilité. Ces moyens font l'objet d'une surveillance par du personnel
désigné et compétent.

L'organisme identifie les éléments de son patrimoine informationnel et de ses innovations
devant faire l'objet d'une protection juridique particulière par l'utilisation de droit et titre de
propriété intellectuelle.
1.3.7 Capacité à réagir face à une situation d'urgence
A partir de la description de sa sensibilité sûreté et de son analyse de vulnérabilité,
l'organisme doit :
• établir et tenir à jour des procédures pour identifier les situations d'urgence et être capable de
réagir de façon à prévenir, à détecter et à réduire les atteintes aux personnes, aux biens et
aux informations pouvant y être associées ;
• revoir ses procédures de prévention et de détection des situations d'urgence et de capacité à
réagir, en particulier après la survenue d'un incident ou d'une situation d'urgence ;
• mettre périodiquement ces procédures à l'essai lorsque cela est réalisable.

Ces procédures doivent inclure la conduite à tenir en cas d'atteinte aux personnes, de
perte ou de vol de biens, documents ou d'informations sensibles pour l'organisme.
1.4 Vérification et action corrective
Il faut redynamiser le système régulièrement et il faut la participation de tout le monde.
1.4.1 Surveillance du niveau de performance
L'organisme doit établir et tenir à jour des procédures :
• pour contrôler, surveiller et mesurer régulièrement les performances relatives à la sûreté
malveillance et au système de management mis en place ;
• d'étalonnage et de maintenance des équipements de surveillance, dont les enregistrements
devront être conservés en respectant les réglementations.

La surveillance de la conformité aux réglementations et aux autres exigences applicables se
traduira notamment, indépendamment de la réalisation des contrôles et vérifications imposés
par la réglementation, par la réalisation d'une évaluation périodique de cette conformité.
1.4.2 Les incidents sûreté, actions correctives et actions préventives
L’organisme doit établir et tenir à jour des procédures permettant de définir les
responsabilités et l'autorité pour :
• l'identification des incidents sûreté (presqu'acte de malveillance ou signes avant-
coureurs des actes de malveillance), des actes de malveillance et des non-conformités ;
Partie 3 – Lutter contre la malveillance

• le traitement et l'enquête concernant les incidents sûreté, les actes de malveillance et
les non-conformités identifiées.

Les incidents sûreté et les actes de malveillance identifiés (vol de matériels et/ou d'information,
agressions…) font systématiquement l'objet d'un enregistrement, d'une enquête et d'une
analyse.
1.4.3 Maîtrise des enregistrements
L'organisme doit établir et tenir à jour des procédures d'identification, de conservation et
de destruction des enregistrements relatifs à la sûreté, y compris ceux relatifs aux résultats
des audits et des revues de direction.
1.4.4 Audit
L'organisme doit établir et tenir à jour un programme et des procédures pour la
réalisation périodique d'audits.

Les procédures d'audit doivent couvrir le domaine d'application, la fréquence, les
méthodologies et les compétences, ainsi que les responsabilités et les exigences relatives
à la conduite des audits et aux comptes rendus des résultats.
1.5 Revue de direction
Au minimum, annuellement, la Direction de l'organisme au plus haut niveau, en
présence des délégataires concernés, doit revoir le Système de Management de la Sûreté
pour assurer qu'il demeure pertinent, adéquat et efficace. Le processus de revue de
direction doit assurer que les informations nécessaires sont recueillies pour permettre à la
direction d'effectuer son évaluation. Cette revue doit être consignée par écrit.

La revue de direction doit aborder les éventuels besoins de changement au niveau de la
politique, des objectifs et d'autres éléments du Système de Management de la Sûreté.
Cela doit être fait à la lumière des résultats des audits et dans le cadre de l'engagement
d’amélioration continue.

Partie 3 – Lutter contre la malveillance


2 METTRE EN PLACE UN CONTRÔLE D'ACCÈS
AUTOMATIQUE DANS L'ENTREPRISE
Les moyens de protection mécanique ou la détection électronique utilisés en période d'inactivité
ne peuvent remplir pleinement leur rôle de protection d'accès aux locaux pendant les périodes
d’activité.
Par ailleurs, pour son activité, un site à usage professionnel doit nécessairement laisser pénétrer
des personnes et/ou des véhicules.

Un système automatique de contrôle d'accès permet de conserver une sécurité adaptée aux
menaces potentielles durant cette période d'activité.

Un système automatique de contrôle d’accès a pour objectif de contrôler de façon
automatique les flux de circulation de personnes et parfois de véhicules, qui souhaitent pénétrer
à l'intérieur d'un site, d'un bâtiment ou d'un local.

Par contrôler, il faut entendre filtrer, et donc accepter ou refuser les passages aux différentes
entrées, après contrôle de l'identité et du droit d'accès des demandeurs.
Le système automatique de contrôle d'accès doit signaler, et dans certains cas, assurer la
traçabilité des événements, et éventuellement communiquer (échange d'informations) avec
d'autres installations de sécurité.

Pour tout projet, il est indispensable d'étudier le site en se rendant sur les lieux ou à partir de
plans lorsqu’il s’agit d’une construction.
2.1 Mise en œuvre
2.1.1 Étude conceptuelle
Dans le cadre du traitement du risque, une étude préalable doit mettre en évidence la
nécessité de mise en œuvre d'un système automatique de contrôle d’accès à l'intérieur du
périmètre de propriété d'un site.

L'étude préalable doit :
• identifier les points névralgiques d'un site et les zones
à contrôler.
Le filtrage s'effectue aux différents points d'accès sur l'enceinte de la zone
sous contrôle. Le filtrage peut être progressif selon la localisation des points névralgiques ;
• recenser les flux d'individus et/ou de véhicules aux points d'accès à
contrôler.
Une analyse des flux de circulations doit être menée pour chaque point d'accès
à contrôler, afin d'apporter les réponses aux questions de base : QUI ? QUAND ?
COMMENT ? COMBIEN ?
• aboutir à un choix des niveaux de sécurité de filtrage à mettre en œuvre
dans les zones sous contrôle.
En principe, l'accès à un point névralgique à l'intérieur d'une zone sous contrôle d'un site doit
faire l'objet d'un filtrage. En fonction de l'étude, plusieurs filtrages consécutifs peuvent être
préconisés sur le chemin de progression vers ce point ;
• adapter les niveaux de résistances mécaniques des enceintes.
La résistance de l’enceinte doit être en adéquation avec le risque concernant le local et
cohérente avec la résistance des systèmes de fermeture.
Partie 3 – Lutter contre la malveillance

2.1.2 Niveaux de sécurité
Un niveau de sécurité est affecté à tous les points d'accès d'une zone sous contrôle. La zone
sous contrôle est caractérisée par le niveau de sécurité du plus faible de ses points d'accès.

Le référentiel CNPP n° 5083 Guide de conception d’une installation automatique de contrôle
d’accès propose une aide au choix du niveau de sécurité afin d’aider un futur utilisateur ou
prescripteur d'un système de contrôle d'accès pour définir son besoin en fonction du niveau de
sécurité souhaité pour ses zones sous contrôle

Un niveau de sécurité définit la résistance au franchissement d'une zone sous contrôle par un
individu (avec ou sans véhicule ou colis), ainsi que la nécessité de connaître les événements du
passé à des fins d'investigations.
Le niveau de sécurité fait appel à différentes classifications d'identification pour le filtrage
d'accès pour la traçabilité et de résistance à des actes agressifs.
2.1.2.1 Classification d'identification
La classification d'identification des utilisateurs est caractérisée par la précision
de l'identification des utilisateurs autorisés à pénétrer dans la zone sous contrôle.

La norme NF EN 50133-1 définit quatre classes d'identification croissantes :
• Classe 0 - aucune identification (exemple, l’accès à un parking) ;
• Classe 1 - reconnaissance de l'identification personnalisée d'un individu par
composition d'un code personnel ou d'un mot de passe mémorisé (clavier) : facilement
contournable et facile à obtenir par simple observation (exemple, l’accès à un
stockage) ;
• Classe 2 - Identifiant personnalisé (carte magnétique, carte de proximité, carte à puce
ou autre, implant)ou caractéristique biométrique (exemple, autour d’un stockage
dangereux) ;
• Classe 3 - Combinaison de l'identifiant personnalisé ou caractéristique biométrique +
confirmation par un code personnel ou mot de passe mémorisé exemple, pour
l’accès à un point névralgique, il limite le nombre de personnes autorisées ainsi
que les horaires d’accès).
2.1.2.2 Classification d'accès
Les systèmes automatiques de contrôle d'accès sont classés en fonction de la nécessité d'utiliser
une grille horaire, pour définir les droits d'accès aux différentes catégories d'utilisateurs, et
d'enregistrer les transactions d'accès.
La norme NF EN 50133-1 définit trois classes d'accès :
• Classe A – Pas de grille horaire, ni d'enregistrement des transactions ;
• Classe B – Grille horaire et enregistrement des transactions. Cette classe de système
nécessite une déclaration auprès de la Cnil (voir ci-contre).
• Classe Ba – Grille horaire, mais sans enregistrement des transactions.
2.1.2.3 Classification de la résistance à la malveillance.
Les composants et les liaisons équipant les points d'accès d'un système automatique de
contrôle d'accès sont classés selon des critères de résistance à la malveillance (fraude +
effraction).




Partie 3 – Lutter contre la malveillance

Le traitement d'informations nominatives doit être déclaré auprès de la Cnil La déclaration peut se faire
directement en remplissant le formulaire en ligne sur le site de la Cnil ou grâce formulaire téléchargeable
(ci-dessous)sur le même site.
Il existe une délibération CNIL (n° 02-001) concernant les traitements automatisés d'informations
nominatives mis en œuvre sur les lieux de travail pour la gestion des contrôles d'accès aux locaux, des
horaires et de la restauration.





Partie 3 – Lutter contre la malveillance

Cette résistance est définie pour chaque point d'accès de la zone sous contrôle. Elle comporte
obligatoirement une résistance minimale à la poussée mécanique et à la fraude. Elle peut être
complétée par une résistance à l'effraction selon les paramètres établis pour les serrures de
bâtiment (l'annexe 6 des règles techniques T61 – Spécifications et méthodes d'essais – Serrures
de bâtiment et le Règlement particulier de la marque A2P – H61 - CNPP) :
• Classe E0 – Résistance minimale à la poussée.
• Classe E1 – Résistance à l'effraction correspondant à la catégorie .
• Classe E2 – Résistance à l'effraction correspondant à la catégorie .
• Classe E3 – Résistance à l'effraction correspondant à la catégorie .
2.2 Installation
Le prestataire de service doit définir dans son offre les moyens pour apporter une
réponse adéquate aux besoins exprimés par l'étude conceptuelle en terme de : flux,
contraintes, et niveaux de sécurité.
Une installation de système automatique de contrôle d'accès doit posséder les
qualités essentielles de fiabilité et de disponibilité. Une telle installation est sûre
lorsqu'elle remplit son rôle de façon durable, non erratique, dans les conditions et
circonstances définies par les constructeurs des matériels constitutifs de
l'installation.

• Fonctions fondamentales
Une installation de contrôle d'accès peut être décomposée en fonctions
fondamentales pour un ou plusieurs points d'accès, et qui assurent : l'identification
des utilisateurs, le traitement des données et les commandes, et le verrouillage des
points accès.

Le choix du type de matériel dépend des niveaux de sécurité du site. Les matériels
doivent comporter, de façon apparente ou non, des indications suffisantes pour être
identifiés sans risque d'erreur (nom du fabricant, modèle, type, etc.). Les matériels
sélectionnés doivent être porteurs de certification NF et A2P de 1 à 3 boubcliers
2.2.1 Lecteurs
Un lecteur permet de réaliser la lecture des données introduites dans le système par la
composition d'un code sur un clavier et/ou la présentation d'un support identifiant (code, carte,
clef, etc.) ou d’un élément biométrique.

Le dispositif est installé à proximité du point d'accès à contrôler. Le lecteur doit être
facilement accessible par l'utilisateur pour permettre les manipulations d'identification.
Aucun code ou identifiant ne doit être laissé à proximité du lecteur.

Une signalisation sur le lecteur ou à proximité doit informer l'utilisateur de l'accord et du
refus de passage lors d’une demande d'accès.
2.2.2 Traitement et commandes
L’unité de traitement et de commande centralisée assure la gestion de toutes les
demandes d'accès, les compare à ses bases de données, et délivre les commandes de
libérations des verrouillages.

L'accès au paramétrage des bases de données doit être limité aux seuls responsables de
l'exploitation et protégé par un mot de passe. Ce mot de passe doit être changé régulièrement.




Partie 3 – Lutter contre la malveillance

2.2.3 Verrouillage
Le dispositif de verrouillage réalise le blocage mécanique du point d'accès, pour
empêcher le passage de personnes non autorisées.
Ce dispositif doit offrir une résistance mécanique minimale aux tentatives de
pénétrations. Selon les exigences particulières, le dispositif de verrouillage peut nécessiter
une résistance à la malveillance plus élevée.
2.3 Formation des utilisateurs
Les systèmes de contrôle d'accès utilisent des bases de données informatiques pour affecter les
droits d'accès à chaque utilisateur. Les logiciels employés peuvent être très complexes et
nécessitent donc une bonne formation des exploitants des systèmes, à la fois initiale et
continue.

La formation est spécifique selon la nature des interventions des exploitants :
administrateurs ; opérateurs ; utilisateurs internes à l'entreprise ; utilisateurs externes à
l'entreprise.

Pour que le système de filtrage fonctionne correctement il est primordial d’obtenir la motivation
du personnel.

• Sauvegardes
Un dossier du paramétrage du système de contrôle d'accès doit mettre en évidence
toutes les grilles temporelles créées, avec la raison de leurs créations et les catégories
d'utilisateurs associées.
Les bases de données informatiques évoluent sans cesse. Il est indispensable de prévoir une
procédure de sauvegarde des données avec, au minimum, une sauvegarde par trimestre.
2.4 Réception de l’installation
La réception est une remise officielle de l’installation entre les mains de l’utilisateur, après
que l’installateur ait effectué une vérification de conformité et remis un dossier technique.
La vérification de conformité a lieu à la mise à disposition ou après la modification d'une
installation. La vérification de conformité a pour but de s'assurer que l'installation remplit
effectivement les fonctions pour lesquelles elle est prévue.
Constitution du dossier technique
L’installateur établit un dossier technique en deux exemplaires. L’un est conservé par
l’installateur, et le second est remis à l'utilisateur.
Vérification de Conformité
La réception de l'installation est prononcée, à l'issue des opérations de :
• vérifications générales ;
• vérification fonctionnelle de l’installation ;
L’installateur remet alors à l'utilisateur le dossier technique. Les résultats de la vérification
de conformité doivent être conservés par l'installateur.
Au terme de ces vérifications, l'installateur doit présenter l’installation à l’utilisateur,
effectuer devant lui les manœuvres d'utilisation et s’assurer qu'elles ont bien été
assimilées.
Partie 3 – Lutter contre la malveillance

2.5 Maintenance
Après la mise à disposition, une installation de contrôle d'accès est soumise à des
vérifications régulières afin de conserver dans le même état de fonctionnement les
matériels susceptibles de se dégrader ou défaillants.

Entretien permanent
Certaines opérations de vérifications et d'entretien doivent être prises en charge
directement par les services d'entretien de l'utilisateur. L'utilisateur doit disposer d'une réserve
de pièces détachées pour assurer la continuité de fonctionnement du contrôle.
Vérifications périodiques
D'autres vérifications périodiques ou interventions correctives en cas de panne ou de
dérangement seront réalisées par un installateur. Pour ce faire, l'utilisateur doit souscrire auprès
d'un installateur un contrat de maintenance reconductible, pour effectuer un contrôle complet
de l'installation. Le contrat doit préciser la fréquence des visites de vérification périodique, la
nature des opérations effectuées et un délai maximal d'intervention en cas de panne ou de
dérangement.
Les visites périodiques ont pour objectif, au titre de la maintenance préventive, de vérifier et
d’informer sur le bon fonctionnement de l’installation.
Maintenance corrective
Ces interventions ont pour objectif de remettre en état de fonctionnement l’installation
suite à une panne ou une défaillance.
Les interventions sont à effectuer dans des conditions clairement définies dans le contrat :
délais, heures et jours d’intervention, coûts des prestations. Le délai imparti ne devrait pas être
supérieur à 48 heures ouvrables.
Registre de maintenance
La mention des opérations effectuées, tant en interne que par un installateur et les
incidents constatés sont portés sur un registre de maintenance détenu par l'utilisateur. Il
doit faire clairement apparaître la traçabilité entre les vérifications anciennes et nouvelles.
Modifications apportées à une installations
Les modifications apportées à une installation de contrôle d'accès doivent entraîner
obligatoirement une mise à jour du dossier technique de l'installation.
Une modification importante nécessite une nouvelle réception, partielle ou totale, de
l'installation.

Partie 3 – Lutter contre la malveillance


3 METTRE EN PLACE LA SURVEILLANCE
ÉLECTRONIQUE D'UN SITE
3.1 Le rôle de la surveillance électronique
Le niveau de protection à mettre en œuvre est déterminé à partir d’une analyse détaillée
qui tient compte de la situation et de la nature des locaux, mais aussi de l’importance du
risque (montants des valeurs à assurer). Elle conduit au choix des matériels à utiliser, des
interconnexions nécessaires et du traitement des informations recueillies. La synthèse de
ces différents éléments aboutit à un système de surveillance électronique.
La nature du bien détermine le choix du type de protection : sur l’ensemble des locaux, une
partie de ceux-ci, un point ou un objet précis dans certains cas.

Le coût de la protection (protection mécanique et surveillance électronique) doit également être
proportionné à la valeur des biens ou des informations à protéger.

De même, on prendra en compte :
le type de bâtiment et son accessibilité ;
la protection mécanique existante, et notamment les éventuels points faibles du contour du bâtiment ;
l’emplacement et la nature des ouvertures ;
l’importance des valeurs à protéger et leurs localisations ;
les scénarios possibles de pénétration et de déplacement d’un intrus à l’intérieur des locaux ;
le mode d’occupation des lieux ;
l’environnement de l’établissement (isolement, voisinage, sinistralité…) ;
d’éventuels éléments physiques susceptibles de perturber l’installation (température, humidité,
vibrations, foudre, électromagnétisme, animaux…).

Le but de la surveillance électronique est d’exercer une dissuasion contre le vol et le vandalisme
et, si nécessaire, de déclencher une intervention, en détectant et en signalant la pénétration
et/ou le déplacement d’un intrus à l’intérieur de l’établissement. Accessoirement, elle constitue
un élément sécurisant vis à vis d’une agression éventuelle des occupants du bâtiment.
Le déclenchement d’un dispositif de signalisation d’alarme sonore ou lumineux éveille
l’attention d’éventuels occupants et a un effet psychologique immédiat sur l’intrus pénétrant à
l’intérieur d’un établissement, d’autant plus qu’il aura déjà passé un certain temps à franchir
l’obstacle du système de protection mécanique. La plupart du temps, il n’osera pas rester sur
les lieux pendant le déclenchement de l’alarme.

Pour assurer son rôle, un système de surveillance électronique contre l’intrusion est constitué :
• d’une installation de détection d’intrusion ;
• d’une station centrale de télésurveillance ;
• d’un dispositif de contrôle d’accès (chapitre 2 ).
3.2 Les solutions techniques
3.2.1 L’installation de détection d’intrusion
Une installation de détection d’intrusion comprend :
• des détecteurs ;
• une centrale d’alarme ;
• un contrôleur enregistreur ;
• un dispositif d’alarme, par le biais de dispositifs de signalisation sonore et lumineuse
ou de transmission.

Partie 3 – Lutter contre la malveillance

En vue de garantir une efficacité minimale des matériels utilisés dans les installations de
détection d'intrusion, le CNPP a établi des procédures de certification des éléments constitutifs
de ces installations. Seuls les matériels certifiés NF&A2P apportent l’assurance de répondre à
des normes (françaises ou européennes transposées) ou à des référentiels techniques
spécifiques qui définissent leur aptitude à l’emploi. Les fabricants contrôlent en permanence
leur production et font eux-mêmes l’objet d’une validation de ces contrôles par un organisme
tierce partie.
Selon leur destination et l’importance des valeurs à protéger, les matériels certifiés NF&A2P
sont adaptés au niveau de risque identifié. Leur niveau est représenté par des boucliers (de
1 à 3).
Chaque matériel certifié doit impérativement porté le logo NF&A2P de façon apparente et
comporter les informations minimales qui garantissent sa traçabilité (constructeur, modèle,
site de construction…)
La liste complète de matériels certifiés NF&A2P et de leurs fabricants est consultable sur
le www.cnpp.com

D'autre part, il existe des certifications conjointes « NF service & APSAD » de service
d'installation de ces matériels, telle que celle relative au service d’installation et de maintenance
des systèmes de détection d'intrusion dans les risques professionnels.(règlement NF 367-I81,
norme NF X 50-785 et la nouvelle règle APSAD R81)
3.2.1.1 Les détecteurs
Lors de l'étude d'une installation de surveillance électronique, on déterminera le chemin
de pénétration, dans le sens de la progression de l'intrus. En particulier, les différents
détecteurs devront être choisis et placés de façon à signaler la présence de l'intrus dans
le laps de temps le plus court possible. Plus la détection est précoce, plus elle est
efficace.
A cet effet, il pourra être mis en place :
• une détection périphérique (détecteurs extérieurs placés dans la zone située entre
la clôture et le bâtiment) ;
• une détection périmétrique (détecteurs placés sur les parois délimitant le bâtiment :
murs de faible résistance mécanique, ouvertures, toitures…) ;
• une détection intérieure (détecteurs de présence ou de déplacement placés à l'intérieur
du bâtiment) tenant compte du cheminement possible de l'intrus vers les valeurs à protéger.
Elle peut, dans certains cas, assurer la surveillance ponctuelle d’un objet particulier (porte
intérieure, coffre-fort, objets de valeur…).
Pour chacune des détections énumérées ci-dessus, il existe des détecteurs de types
particuliers :
• détecteurs d’ouverture ;
• détecteurs de choc, de vibration et de bris de glace ;
• détecteurs de passage ;
• détecteurs volumétriques.
3.2.1.2 La centrale d'alarme
Elle est l’élément central de l'installation de détection, son rôle est :
• de recevoir et d'analyser les signaux en provenance des différents détecteurs ;
• de déclencher le cas échéant une alarme locale et/ou une alarme à distance ;
• d'assurer la résistance à la fraude de la totalité de l'installation par un contrôle
permanent du circuit d'autosurveillance (matériels et liaisons) ;
• d'alimenter en énergie les systèmes filaires (détecteurs et dispositifs de signalisation
d'alarme), même en cas de défaillance de l'alimentation par le secteur.

Partie 3 – Lutter contre la malveillance

L'organisation en zones de surveillance distinctes permet de mettre en service la totalité ou une
partie seulement de l'installation, par exemple : la totalité en cas d'absence de l'occupant du
bâtiment, et uniquement certains détecteurs lorsqu'il est présent dans les locaux et qu'il désire se
déplacer dans certaines pièces.

Le contrôleur-enregistreur
La fonction de contôleur-enregistreur peut être assurée par la centrale d’alarme elle-même ou
par un contrôleur-enregistreur électronique spécifique.
Il s’agit d’enregistrer de façon horodatée :
• les mises en service et hors service de la totalité de la détection de l'installation ;
• les déclenchements d'alarme ;
• dans certains cas, les tentatives de prise de ligne du transmetteur téléphonique relié à
une station centrale de télésurveillance.

Le contrôleur enregistreur est plombé et, en cas de sinistre, il peut être déplombé par
l'installateur, en présence d'un représentant ou d'un expert de la société d'assurance
concernée.
Il doit être totalement autonome et assurer un fonctionnement ininterrompu de
quatre mois au minimum. Pour les matériels comportant les bandes
d'enregistrement, celles-ci sont remplacées au cours des visites d'entretien de
l'installation et conservées par l'utilisateur. Elles sont datées et signées par
l'installateur, à chaque visite.
3.2.1.3 Les dispositifs de signalisation d’alarme
Le déclenchement d'une alarme locale et à distance permet de dissuader
l'agresseur, par l'émission de signaux sonores de forte puissance et de signaux
lumineux particulièrement visibles, et d’attirer l'attention d'éventuels intervenants
(voisins, gardiens, services spécialisés).

Les dispositifs d'alarme sonore sont soumis à des réglementations et normes sur les conditions
d'usage en fonction de l'usage intérieur ou extérieur aux locaux. La circulaire du ministère de
l'Intérieur n° NOR/INT/D/98/00227/C relative aux systèmes d'alarme sonore audibles sur la
voie publique a confié la délivrance de l'autorisation de pose d’alarmes sonores aux
municipalités.
Par ailleurs, un décret du ministère de l'Environnement n° 95-79 du 23 janvier 1995, relatif à la
lutte contre le bruit, précise que les dispositifs d'alarme sonores doivent fonctionner dans des
limites d'intensité sonore définies par un arrêté interministériel. Cet arrêté n'est pas encore paru.
Il existe également un projet de norme européenne PR NF EN 50131-4 (Janvier 2000)
Systèmes d'alarme - Systèmes d'intrusion - Partie 4 : Dispositifs d'avertissement.

La signalisation d’alarme est constituée :
• d'un dispositif d'alarme locale qui comporte un dispositif d’alarme sonore (sirène) placé
à l'intérieur du bâtiment, et éventuellement :
- un dispositif d’alarme sonore (sirène) extérieur,
- un dispositif lumineux intérieur ou extérieur ;
• d'un dispositif d'alarme à distance (liaison téléphonique).
Le déclenchement d'une alarme permet d'éveiller l'attention d'éventuels intervenants et
peut dissuader l'intrus par les effets physiologiques et psychologiques des signaux sonores
de grande puissance émis par les sirènes intérieures et extérieures.



Partie 3 – Lutter contre la malveillance

3.2.2 La station de télésurveillance
On constate que la dissuasion que constituent les alarmes sonores n'est pas toujours suffisante
si l'établissement est isolé, les voisins absents ou encore si l'intrus est un malfaiteur confirmé.
C'est ainsi qu'apparaît le besoin d'une surveillance complémentaire consistant à doubler le
dispositif d'alarme d'une surveillance à distance du bâtiment concerné, c'est-à-dire une
télésurveillance.

La télésurveillance ne doit pas être confondue avec la télésécurité qui est un ensemble de
services comprenant la détection d'intrusion, la télésurveillance et l'intervention d'un personnel
spécialisé en cas d'alarme.

Un réseau de télésurveillance contre l'intrusion comporte :
• une station centrale qui reçoit les informations délivrées par le transmetteur
téléphonique de l'installation de détection situé au niveau local du risque ;
• un parc de transmetteurs téléphoniques, chacun d'entre eux étant raccordé à une
installation locale de détection.

Pour bénéficier des services du réseau de télésurveillance, il est nécessaire de souscrire
un contrat d'abonnement. Les opérateurs de la station centrale appliquent les consignes
contractuelles définies avec l'utilisateur et peuvent prévenir les services d'intervention si un
contrat spécifique couvrant cette prestation a également été souscrit.

La station centrale assure la surveillance des installations 24h/24. Parmi les
consignes contractuelles, peut figurer la mission de prévenir les forces de police
après levée de doute, mais aussi les services spécialisés comme ceux offerts par les
sociétés de télésécurité qui envoient du personnel spécialisé sur les lieux où a été
signalée l'intrusion.

L'abonnement à un réseau de télésurveillance peut être rentabilisé par la surveillance
d'autres catégories de défauts, telles que baisse de tension, coupures du secteur, alarme
incendie, anomalies de fonctionnement de certains appareils domestiques...

Il existe une certification APSAD de service qui concerne les établissements de
télésurveillance des installations de sécurité incendie et de détection d’intrusion utilisant
l’infrastructure filaire du réseau téléphonique public commuté.
Elle est attribuée aux stations centrales qui répondent aux exigences du règlement de
certification I31 et aux prescriptions de la règle APSAD R31 : qualité des moyens
matériels et humains mis en œuvre, compétence des opérateurs et informatisation de la
gestion des informations reçues et répercutées dans le respect des consignes
contractuelles.
Ces stations centrales font l’objet de contrôles périodiques sur site afin de vérifier, en
particulier, que les conditions requises pour la certification APSAD de service continuent.
3.3 Faire appel à un installateur
3.3.1 La compétence de l’installateur
Compte tenu de l'expérience nécessaire pour concevoir une installation de surveillance
électronique efficace et assurer une maintenance de bonne qualité, il est vivement conseillé de
faire appel à des professionnels.
Les installateurs de systèmes de détection d'intrusion sont représentés par des syndicats
professionnels qui veillent au respect des règles de déontologie.




Partie 3 – Lutter contre la malveillance


Si l'installation doit être prise en compte par les sociétés d'assurances, il peut être demandé de
faire appel à un installateur certifié APSAD de service.
Si l'installateur est titulaire de la certification APSAD de service, ses capacités commerciales et
techniques ont été contrôlées. Dans le cas contraire, les installateurs consultés doivent pouvoir
justifier d'une expérience professionnelle confirmée. Il peut être intéressant de disposer d'une
liste de leurs références.

Un installateur compétent doit :
• Procéder à l'analyse du risque
Elle consiste, à mettre en évidence l‘accessibilité des locaux, la surveillance des
ouvertures, les passages obligés et les localisations des biens et/ou objets de valeur, afin
de conseiller le client sur le niveau de surveillance et les moyens à mettre en œuvre ;
• Réaliser une installation efficace et sûre
L'efficacité dépend des matériels et techniques mis en œuvre et de leur emplacement
dans le local à protéger. Le système de surveillance électronique doit remplir son rôle de
façon durable, sans erreur ni défaillance, dans les conditions d'exploitation définies par
l'installateur ;
• Assurer une maintenance régulière et sérieuse de l'installation
La maintenance permet de vérifier que l'installation est toujours en mesure de remplir sa
fonction. Les conditions de maintenance sont définies dans le contrat de maintenance que
l'installateur propose au client, cette maintenance peut être périodique ou globale, incluant les
dépannages. L'installateur doit disposer d'un service après-vente capable d'intervenir dans un
délai maximal de 48 heures.
Un registre de maintenance ou un spécimen de fiche de contrôle numérotée doit faire foi
quant à la date et la durée des interventions et la nature des travaux réalisés. Ils doivent
être conservés par l'utilisateur comme preuve d'un entretien correct de l'installation.

Lors de la mise en service ou au plus tard à la réception de l'installation, l'installateur doit
remettre à l'utilisateur les documents suivants :
• la notice d'exploitation ;
• le contrat de maintenance ;
• le registre de maintenance.
• les consignes en cas de panne.
3.3.2 Faire établir un devis
Il est nécessaire de comparer les devis de plusieurs sociétés. Des différences importantes de
prix ne sont admissibles que si elles correspondent à des matériels et des prestations
différents en nombre et (ou) en qualité. Les devis doivent être suffisamment détaillés pour
permettre de comparer les coûts.
Il est également important d'obtenir de l'installateur la proposition de contrat de maintenance
en même temps que le devis de l'installation.

Le devis doit, en principe, être remis en deux exemplaires et comporter les parties
suivantes :
• Spécifications particulières de l'installation
Les indications données doivent permettre de vérifier que l'installation est effectivement
prévue pour répondre aux besoins en tenant compte de l'analyse du risque, des règles et
des normes en vigueur. Elle doit indiquer les dérogations éventuelles, avec les solutions
de substitution, qui ne peuvent être que d'ordre technique.



Partie 3 – Lutter contre la malveillance

• Documentation technique
Les installateurs consultés doivent remettre une documentation technique et commerciale sur
les matériels proposés (marques et références, types), indiquant les éventuelles certifications, et,
précisant leurs quantités et leurs implantations.
• Prestation fournie
Le descriptif technique doit dresser la liste exhaustive des matériels et des éventuels travaux
annexes nécessaires lors du montage de l'installation. Le cas échant, les matériels ou services
non inclus dans le devis doivent être précisés.
• Conditions commerciales
Cette partie doit indiquer : le montant de la fourniture, les conditions de livraison, le délai, la
révision de prix, les conditions de paiement, les garanties.
3.3.3 La réception de l'installation
La réception est une phase importante de la réalisation de l'installation à laquelle peut
être associé l'assureur. Il est souhaitable qu'elle ne soit prononcée qu'après l'expiration
d'un délai d’observation à partir de la mise en service (de l'ordre de une à trois
semaines).
Ce délai est destiné à vérifier le bon fonctionnement du système et à permettre à
l'installateur d'éliminer les éventuels déclenchements intempestifs. Cette opération peut
être concrétisée par la signature d'un procès-verbal de réception.

Il est en revanche déconseillé de dresser un constat d'efficacité (réglage des détecteurs
par exemple), ce point étant de la responsabilité de l'installateur.

Partie 3 – Lutter contre la malveillance


4 ORGANISER LA SURVEILLANCE
ET LE GARDIENNAGE DES LOCAUX
4.1 La surveillance humaine

Les activités de surveillance effectuées par des sociétés privées autant que par des services
internes de sécurité sont régies par la loi 83-629 du 12 juillet 1983 réglementant les activités
privées de surveillance, de gardiennage et de transport de fonds, modifiée notamment par la loi
2003-239 du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure.

La surveillance humaine doit s'intégrer dans la surveillance de sécurité classique de
l'établissement (comprenant notamment la sécurité incendie). Souvent le PC est commun,
le personnel est voisin sinon polyvalent, les consignes sont interdépendantes, les rondes
sont utiles aux deux missions.

La surveillance humaine consiste essentiellement à assurer une présence, que ce soit
sous forme d'une permanence dans un poste central de protection ou sous forme de
rondes dans l'établissement.

Le poste central de sécurité (PCS) est destiné à centraliser les informations de sécurité d'un
établissement. C'est un local où se tiennent les agents de surveillance et d'où sont déclenchées
les mesures à prendre en cas d'événement.

Les rondes ont pour but de compléter les dispositifs de détection en essayant de découvrir,
de façon aléatoire, les prémices d'actes de malveillance. Il existe plusieurs catégories de
rondes suivant le but précis recherché :
• ronde de clôture ;
• ronde de site ;
• ronde de bâtiment ;
• ronde de (contrôle de) poste ;
• ronde de fermeture de locaux, etc.

Toutes ont besoin d'un support technique approprié : moyen de locomotion, moyen de
transmission, moyen de défense. C'est ainsi que l’on parlera de ronde motorisée, ronde
canine, etc.

Les responsables de l'entreprise attachent un tel intérêt aux rondes qu'ils s'efforcent de bien les
contrôler. D'où la floraison des systèmes de contrôle de ronde de plus en plus élaborés où
l'attention finit par se focaliser sur le contrôle en oubliant l'essentiel : l'objectif de la ronde.

PCS et rondes s'appuient sur du personnel, là ressurgissent les questions bien connues du
recrutement, de la qualification, des effectifs, du régime de travail, des avantages et
inconvénients du personnel contractuel.

L'évaluation de la surveillance est bien délicate. Ce qui est recherché, c'est avant tout une
certaine dissuasion par la présence d'agents de surveillance. Ce que l'on demande à ce
personnel, c'est une vigilance de tous les instants, et à tout propos. Les questions à se poser
sont celles de la confiance, de la compétence, de l'effectif suffisant, des moyens suffisants, de la
compréhension et du respect des consignes.

L'évaluation cherchera à savoir si l’on n'a pas l'illusion de sécurité dans un établissement confié
une grande part du temps (heures non ouvrables) à une équipe restreinte de préposés
subalternes disposant de toutes les opportunités... bienveillantes, laxistes ou malveillantes.
Partie 3 – Lutter contre la malveillance

L'agent de surveillance
Présent 24 heures sur 24 sur un site, il filtre et contrôle le personnel et les véhicules des
diverses entreprises entrant sur le site, ainsi que les visiteurs de toutes sortes, souvent
inconnus du personnel. Il assure la fonction d'accueil du personnel, parfois associée à la
fonction de standard et veille à l'application des consignes de sécurité du poste qui lui est
confié.

L'agent de surveillance doit avant tout faire preuve de discrétion, avoir le sens du contact,
avoir une tenue irréprochable. Il existe un trop grand nombre d'agents de surveillance qui
ne portent que le nom « d'agent de surveillance ». N'oublions pas que l'entreprise est
aussi jugée sur sa sécurité, et que son image de marque peut en dépendre.

Enfin, puisqu’il a accès à une grande partie des locaux en dehors des heures ouvrables, l'agent
de surveillance doit avant tout être d'une parfaite intégrité. Il sera capable de voir ou de
découvrir certaines choses qui demandent une grande discrétion.

Une formation en matière de sécurité incendie devrait être obligatoire, dans la mesure
où l'agent doit être en mesure, dans certains cas, d'intervenir le premier en cas
d’accident.
4.2 Les consignes
Le support indispensable de la surveillance est la consigne dont on s'accorde à dire qu'elle
doit être écrite, ne traiter qu'un sujet à la fois, être brève et simple (quand, qui, où,
comment ?). Encore faut-il s'assurer qu'elle est comprise.

Parmi les multiples sujets de consignes, citons :
• le règlement intérieur de l'établissement (consigne de discipline générale) ;
• la consigne de ronde (propre à chaque catégorie de ronde) ;
• la consigne d'exploitation du PCS qui en est le guide d'emploi ;
• la conduite à tenir en cas d'acte de malveillance (une fiche par menace, une fiche par
point névralgique) ;
• la consigne des vérifications périodiques à effectuer ;
• les consignes de contrôle des accès ;
• les consignes de postes (emploi du temps, relèves, tenue... ).
4.3 L'intervention
En cas de découverte d’un acte de malveillance il faut alerter et intervenir.

L'alerte a pour objet la mise en œuvre des moyens d'intervention. L'alerte initiale,
immédiate et laconique, n'indique que le lieu et la nature de la menace. Elle
permet la mise en œuvre des premières procédures d'intervention. Le message de
confirmation établi après l'évaluation de l'événement et transmis grâce aux moyens
de liaison, permet de donner les renseignements complémentaires destinés à
organiser l'intervention.
Enfin, l'alarme peut être lancée dans l'établissement dans des cas de gravité
exceptionnelle, pour avertir le personnel et l'inciter à prendre les mesures de
sécurité immédiates.







Partie 3 – Lutter contre la malveillance

L'intervention a pour objet :
• de faire cesser la menace et de porter secours aux victimes ou aux personnes
menacées ;
• de limiter les conséquences de la tentative ou de l'acte de malveillance, notamment en
protégeant les points névralgiques ;
• de appréhender le ou les auteur des faits et, si possible, devoir de tout citoyen, prévu
par le code pénal, soit de les remettre à la police en cas d'acte délictueux, soit de les
faire sanctionner par la direction de l'entreprise (s'il s'agit de son personnel).
4.4 L'entraînement
L'entraînement a pour but de créer et de maintenir un état d'esprit dans l'entreprise. La
direction doit être sensibilisée aux risques qui la menacent et aux façons de s'en
prémunir.
L'encadrement et le personnel doivent être motivés, ce qui implique information,
récompense et sanction. Le personnel de surveillance doit être instruit et bien entraîné
dans sa profession.
Enfin, les pouvoirs publics ne doivent pas être tenus à l'écart des efforts accomplis dans
l'entreprise.
Les méthodes d'entraînement sont diverses suivant qu'il s'agit de sensibilisation, d'information,
de formation. Cependant, on s'attachera aux suggestions provenant du sein de l'entreprise,
par exemple, à l'occasion des exercices.
Le rôle des exercices est de s'assurer que les consignes sont bien assimilées, que les
instructions sont bien réalistes et applicables, que les réflexes de sécurité ont été bien
acquis. Il est courant de découvrir des failles à l'issue d'un exercice et d'être obligé de
revoir certaines dispositions.

Un exercice annoncé est un moment favorable à la malveillance et un exercice impromptu peut
avoir des répercussions dangereuses.

Partie 3 – Lutter contre la malveillance


5 LA PROTECTION DES INFORMATIONS
CONFIDENTIELLES
5.1 Les principes de la protection des informations
Voici, pour les responsables soucieux de protéger les informations confidentielles, une
procédure aussi souple que possible qui permet d'accéder à un premier niveau de
protection ; elle est définie sous le sigle SIP (Système d'Information à Protéger). Le
système d'information à protéger peut se définir à partir des cinq questions qui suivent.
5.1.1 Que protéger ?
Toute information dont la diffusion prématurée et non-contrôlée peut porter préjudice à
l'entreprise ou à l'un de ses collaborateurs.
5.1.2 Qui doit prendre la responsabilité ?
Il appartient à l'auteur de l'information de juger si celle-ci doit ou non entrer dans le SIP.
5.1.3 Sous quelle forme se présentent les informations à protéger ?
Ces informations peuvent être :
• écrites ou sur support magnétique : courrier, télécopie, bureau d'étude, bureautique et
messagerie électronique écrite, reprographie, etc. ;
• orales : directes, par téléphone, par messagerie électronique vocale, par
téléconférence.
5.1.4 Les communications écrites peuvent-elles être protégées ?
Seuls les documents écrits et leurs annexes, la reprographie, ainsi que les supports
magnétiques d'information peuvent être l'objet d'une organisation permettant de
renforcer la sûreté.
5.1.5 Les communications orales peuvent-elles être protégées ?
Il est possible, avant une réunion très importante, de contrôler l'absence de dispositifs
clandestins d'écoute.

Il est également faisable d'équiper en permanence un nombre très limité de bureaux pour
que l'on soit certain que les conversations ne sont pas l'objet de détournement.

Il existe un réseau téléphonique protégé qui, s'il est sérieusement contrôlé et entretenu,
peut permettre de s'assurer, dans de très nombreux cas, que les lignes reliant deux postes
ne sont pas l'objet d'une agression extérieure.

Le réseau téléphonique non protégé et la messagerie électronique vocale peuvent être à
tout moment l'objet d'un détournement d'informations.
5.1.6 Quelles sont les règles fondamentales de la protection
des informations ?
La protection des informations étant contraignante, il importe que la sélection faite à la
diligence de l'auteur soit particulièrement rigoureuse.
Toute information à protéger doit être connue des seules personnes qui en ont
expressément besoin.
Partie 3 – Lutter contre la malveillance

L'entourage immédiat de ces personnes (assistants, secrétaires) se trouve obligatoirement
au courant. Ces dernières personnes, dont la moralité doit être indiscutable, occupent
des postes « de confiance » ; il convient d'attirer leur attention sur « l’obligation de
discrétion » qui leur incombe dans l'exercice de leurs fonctions. Ces postes ne doivent en
aucun cas être occupés à titre temporaire par des intérimaires ou des stagiaires. L’obligation
de discrétion doit être formalisée par une déclaration d'habilitation.
Toute information à protéger, transcrite sur un support quelconque (notes, lettres, plans,
bandes magnétiques, etc. ), doit être soumise à des règles strictes d'émission, de
reproduction, de détention, de transmission, de stockage et de destruction qui font l'objet
d'une directive particulière.
5.2 La mise en place d'un système d'information à protéger
5.2.1 L'argumentaire
Cet argumentaire est destiné à expliquer au personnel les motivations de la mise en
place d'un système d'information à protéger (SIP).
La protection des membres du personnel et du patrimoine commun, donc de l'outil
collectif de travail, rend importante, voire vitale dans quelques cas, la mise en place
d'une organisation destinée à protéger certaines informations contre toute indiscrétion
pendant un délai plus ou moins long.
Avoir accès à de telles informations est une responsabilité dont il faut avoir conscience,
ce qui implique un devoir de discrétion.
Tout système d'information protégée entraîne certaines contraintes. Il n'est instauré que
pour faciliter ce devoir collectif et individuel de discrétion. Il n'est dirigé contre personne
mais pour la sécurité des individus et de la collectivité qui les rassemble.
Il est normal de ne diffuser les informations à protéger qu'aux personnes qui ont à les
traiter et de leur demander, ainsi qu’à leurs collaborateurs directs, de manifester leur
adhésion en signant une déclaration d'habilitation.
Cette habilitation est liée à la fonction et non à la personne ; elle cesse en cas de
changement de fonction.
5.2.2 L'habilitation des personnes
Toute personne détentrice d'une information confidentielle orale ou écrite nécessaire à sa
fonction a un devoir de discrétion :
• lors de ses conversations avec des collaborateurs non concernés ;
• dans les lieux publics, même avec des collaborateurs concernés (moyens de transports,
restaurants, etc.) ;
• au cours des conférences, symposiums ou autres manifestations pendant lesquelles elle
peut prendre la parole.

Les documents qu’elle aura elle-même classés dans le Système d'information à protéger (SIP)
ou qu’elle aura reçus dans l'exercice de ses fonctions seront soumis à la procédure de
gestion des documents à protéger.

Ils devront faire l'objet d'une vigilance particulière si, pour les besoins du service, ils
doivent être transportés à l'extérieur de l'entreprise.

En cas de changement de fonction ou de départ de l'entreprise, ces documents devront
être, soit transmis personnellement au responsable hiérarchique direct, soit au successeur
si celui-ci a été désigné et habilité par ce responsable hiérarchique.
Partie 3 – Lutter contre la malveillance

5.2.3 Les procédures à respecter
L'auteur et le destinataire d'une information confidentielle classée dans le système d'information
à protéger doivent s'engager à respecter les règles de discrétion. Il est nécessaire de formaliser
cette disposition par une déclaration d'habilitation.
Outre l'auteur et le destinataire, un nombre aussi restreint que possible d'autres personnes
peuvent avoir accès aux informations à protéger. Ce sont généralement des assistants ou des
secrétaires. Ces collaborateurs doivent être sensibilisés et responsabilisés ; une déclaration
d'habilitation doit également leur être demandée.
Ces habilitations sont liées à la fonction de chacun. Elles sont conservées par le responsable
hiérarchique qui, en cas de mutation, les transmet à son successeur.
5.2.4 La gestion des documents à protéger
Lorsqu’un document est considéré par son auteur ou par son lecteur comme devant être
protégé, il doit être soumis à la procédure du SIP que ce soit à l'émission, à la
reproduction, à la détention, à la transmission, au stockage ou à la destruction.
Émission des documents
Le document doit être matériellement réalisé par une personne habilitée. Il doit
comporter au minimum les mentions suivantes :
• les mentions habituelles : service émetteur, date, numéro d'ordre ;
• « SIP » (à l'exclusion de toute autre mention, par exemple « confidentiel », « secret », etc.). Ce
sigle indique que la reproduction, la détention, la transmission, le stockage et la destruction
doivent être contrôlés par des personnes habilitées ;
• la liste nominative des destinataires ;
• la mention « aucune reproduction ne peut être faite sans l'autorisation expresse du
destinataire qui, le cas échéant, voudra bien mentionner de sa main sur son exemplaire et
avant reproduction, le nom du ou des destinataires secondaires ». (Cette mention peut être
réalisée à l'aide d'un tampon adapté.).
• Les carbones, stencils, rubans, disquettes et supports numériques, tirages défectueux seront
détruits ou effacés dans les plus brefs délais par les personnes habilitées ayant réalisé
l'édition.
Reproduction
La reproduction de documents classés SIP ne pourra s'effectuer que par des personnes
habilitées qui noteront sur un cahier spécial le numéro du document, la date, le nombre
d'exemplaires et les destinataires, de façon qu'un contrôle puisse être fait si une déviation dans
la diffusion était décelée.
Détention
Les documents SIP devront être conservés en lieu sûr : tiroir ou armoire fermés à clef, armoire
forte ou coffre. Ils ne devront pas rester sur les tables de travail lors des absences même
momentanées.
Transmission
La transmission des documents SIP sera faite sous double enveloppe :
• la première contenant le document sur laquelle sera portée la mention (ou le tampon)
suivante : « M. X Pli confidentiel à remettre fermé à son destinataire ».
• la seconde contenant la première portant la mention : « M. X ou Secrétariat de M. X. »


Partie 3 – Lutter contre la malveillance

Aucune autre marque, notamment l'origine, ne devra être portée sur l’enveloppe
extérieure qui devra être aussi neutre que possible.
Destruction
Les documents SIP devront être détruits par les soins d'une personne habilitée dès qu'ils
ne présenteront plus d'intérêt pour leur destinataire.
L'auteur du document jugera s'il y a intérêt à détruire ou archiver son exemplaire et, dans
ce cas, l'archivage devra être réalisé soit sous clef par une personne habilitée, soit par le
service spécialisé de l'établissement.
Les secrétariats ou bureaux devront s'équiper, s'ils ne le sont déjà, de corbeilles à papier
destructrices de documents (broyeurs).
5.2.5 Les protections particulières à la communication
par moyens électroniques

Téléphone et télécopie
Aucune information ou décision classée ne doit être communiquée par téléphone ou par
télécopie.
Le courriel
Outre les solutions techniques du type antivirus, anti-spam, pare-feu, la protection des
messageries internet passe également par des solutions d’organisation.
Il est nécessaire d’établir une charte d’utilisation des messageries, validée par les
représentants du personnel, diffusée et signée par tous les utilisateurs. Ce
document indique les règles d’usages et les mesures de précaution à prendre pour
la sécurité des messageries, les limitations d’usage et les éventuels contrôles dont
peut faire l’objet la messagerie.
Les pratiques de prudence à mettre en œuvre par les usagers sont de divers ordres. Le
Clusif préconise entre autres, de ne pas utiliser son adresse professionnelle pour un usage
privé, de créer un mot de passe personnel pour protéger l’accès à sa messagerie, ne pas
ouvrir les messages d’expéditeurs inconnus, sauvegarder les messages importants, utiliser
la fonction d’envoi en copie cachée lorsqu’un message a plusieurs destinataires…
Par ailleurs, la gestion de la messageries doit être confiée à un administrateur chargé de
veiller au respect des règles fixées
La destruction des documents confidentiels
Il est important de faire effectuer la destruction de les notes confidentielles ainsi que de
tous autres documents moins confidentiels mais qui peuvent, dans une certaine mesure,
porter préjudice à l'entreprise d'où l'importance de recenser et classer les risques par
département dans la société.
Chaque colis renfermant des notes confidentielles à détruire devra être scellé par les
principaux intéressés ou leurs proches collaborateurs.
Le ramassage se fera par un agent de surveillance qui notera sur un cahier le nombre de colis,
la provenance des colis, la date, qu'ils sont bien scellés et fera signer les intéressés sur un cahier
ad hoc attestant leur prise en charge.
Ces colis seront présentés au responsable sécurité qui vérifiera leur nombre et la bonne
marche de la procédure. Les colis détruits en sa présence, il paraphera lui-même ce cahier.
Un trop grand nombre de notes confidentielles sont actuellement jetées dans de simples
corbeilles à papier qui deviennent alors une source de renseignements.
Partie 3 – Lutter contre la malveillance

5.2.6 La sécurité informatique
La sécurité des systèmes d’information (SSI) est aujourd’hui essentielle :
• d’une part l’informatique a « envahi » non seulement la gestion des entreprises mais
aussi les moyens de production et/ou de régulation, maintenant pilotés par des
ordinateurs standards ;
• d’autre part, l’activité économique est de plus en plus dépendante des données
numériques. Leur indisponibilité peut compromettre le paramétrage d’une machine, la
connaissance des quantités à produire ou à acheminer.
La SSI
Dans le passé, on parlait de système informatique pour décrire le parc des ordinateurs.
Désormais, on parle de système d’information car le cadre d’emploi de ces machines a
largement évolué : messagerie (électronique) interne ou externe ; gestion centralisée des
données sur la clientèle ; communication via le web.
L'architecture informatique c'est complexifiée : les ordinateurs centraux ont été complétés
par une myriade de serveurs, de taille plus petite. Parallèlement, la capacité de stockage
des données sur les PC de bureau et sur les ordinateurs portables a considérablement
augmenté.
Qu’est-ce que la sécurité des données ?
Elle peut se résumer à un triple objectif : assurer la disponibilité, l’intégrité et la confidentialité
des données. En d'autres termes, il s'agit de prendre toute disposition pour que l’information
soit accessible, ne soit pas modifiée accidentellement ou de façon malveillante et en préserver
le secret si besoin est.
On rajoute même une quatrième caractéristique, l’imputabilité ou auditabilité qui définit la
possibilité de suivre son emploi ou ses modifications.

Notre information répartie est aujourd’hui nomade, non seulement via des ordinateurs
portables mais aussi via des organiseurs personnels, ces derniers pouvant maintenant stocker
des centaines de méga-octets de fichiers : feuilles de calculs, documents et contrats, bases de
données, fichiers clients… Il faut donc en assurer la sauvegarde et la confidentialité. Face à
une architecture informatique aussi complexe (réseau local ou distant), hétérogène , il faut de
la méthode si on veut optimiser l’emploi des moyens de sécurité et ne rien oublier.
Les types de risques
Il faut très rapidement classer les risques auxquels on est exposé et, si possible, identifier
leurs impacts financiers.
Il faut insister sur le fait que cette dépendance critique est trop souvent sous-estimée,
voire ignorée. Son appréciation nécessite un dialogue entre les différents services de
l’entreprise : informatique, gestion, production, acheminement, etc.
La typologie des risques repose sur un triptyque traditionnel :
• Accident : incendies, dégâts des eaux, explosions, pollutions corrosives pour les
équipements informatiques, etc.
• Erreur : actions humaines accidentelles d’exploitation de l’informatique et les erreurs
de programmations, les fameux bugs.
• Malveillance : le problème majeur est celui de la malveillance, par des employés ou
des personnes extérieures, qui ont un intérêt, parfois lucratif, à détruire ou modifier ces
données informatiques.

Partie 3 – Lutter contre la malveillance

La sécurisation du système
Contre tout cela, la démarche SSI doit idéalement commencer par un audit de sécurité.
Celui-ci aura pour objet d’identifier les risques auxquels l’entité est exposée, apprécier
les vulnérabilités existantes ou les parades relatives et en déduire un plan d’action.

Dans la pratique, l’activité informatique a souvent débuté sans que la dimension sécuritaire soit
correctement prise en compte. L’audit aura alors pour objet de réaliser un état des lieux afin
d’ordonnancer de façon optimale le déploiement des plans de sécurité.

Les plans de sécurité, détermineront ensuite les moyens et procédures à mettre en oeuvre
en fonction des risques envisagés.
Il existe de nombreux plans :
– sauvegarde des données ;
– redondance des moyens informatiques ;
– activation des moyens de substitution ;
– gestion des droits et des privilèges sur les ressources informatiques ;
– lutte antivirus ;
– sensibilisation et formation du personnel ;
– communication de crise, etc.
Tous les plans concourent à la réalisation de trois objectifs majeurs : prévention
(réduction de l’occurrence), protection (réduction de l’impact) et réaction (gestion de
l’événement).
Il existe heureusement une littérature et une offre de services très variées, adaptées aux
environnements techniques et aux contraintes organisationnelles de chacun. La mise en
ligne sur le web, facilite désormais l’accès à de telles informations mais il est fortement
conseillé de se faire assister par un cabinet conseil, au moins dans la phase de démarrage.
Limites
Du fait de la possibilité des négligences, des oublis, de l'aspect évolutif des organisations
on ne peux pas considérer une solution comme acquise et définitive :
- les cycles de sauvegardes initialement quotidiens deviennent mensuels ;
- les mots de passe sont reconduits à l’identique ;
- les procédures de gestion des incidents ne sont pas adaptées en fonction des
évolutions, etc.
Il est donc impératif de mettre en place des procédures de tests et/ou de contrôles pour
détecter au plus tôt l’inadéquation des mesures de sécurité face aux menaces ou aux
besoins de continuité de l’activité économique.

Insistons sur le facteur humain, facteur d’échec ou clef de la réussite de votre sécurité. La
véritable problématique est la prise de conscience du risque et la volonté de s’en préserver. Les
solutions à mettre en œuvre ne sont pas forcément coûteuses car, dans tous les cas, la seule ré-
organisation du mode de travail avec les moyens existants permettant d’améliorer le niveau de
sécurité : conservation des données en dehors du bâtiment, mot de passe difficilement
devinable, anticipation des plans de réaction sur incident, etc.


Partie 3 – Lutter contre la malveillance


6 LES DISPOSITIONS RELATIVES
À L'ATTENTAT À LA BOMBE
L'attentat à la bombe, individuel ou collectif, dirigé contre un objectif précis ou
« aveugle », est malheureusement devenu l'un des moyens couramment employé dans
les guerres économiques ou idéologiques auxquelles sont confrontées les nations
occidentales.

L'attentat ou la menace d'attentat sont aussi utilisés par des individus et des
organisations sans scrupule, pour mettre en difficulté des entreprises industrielles ou
même les détruire si les actions menées sont suffisamment répétitives.

Il est donc indispensable, au sein de toute entreprise, de se préoccuper à l'avance de ce
problème et de prévoir la conduite à tenir en cas d'alerte ou d'attentat.
Les mesures préventives doivent être prises sans attendre une conjoncture alertante, ce
type d'événement étant, par nature, imprévisible.

Il faut :
• établir un plan de protection fondé sur une analyse rigoureuse des risques ;
• créer un état d'esprit sans instaurer un climat de psychose ;
• définir les procédures et les consignes qui entreront en vigueur en cas d'alerte ou d'attentat
(en particulier, les dispositions concernant l’évacuation du public et du personnel doivent
être parfaitement définies) ;
• instituer une cellule de crise qui peut, éventuellement, voir ses missions élargies à tous les
problèmes graves en matière de sécurité/sûreté.
6.1 Plan de crise en cas d'attentat ou d'alerte à la bombe
Même si certaines entreprises sont plus menacées que d'autres en raison, par
exemple, de la nature de leur fabrications ou de l'origine de leurs capitaux, aucune
n'est à l'abri.

Cependant, rappelons que sensibiliser son personnel aux risques d'attentat en
certaines périodes, dans certaines industries plus particulièrement menacées, ne
signifie aucunement instaurer un climat de psychose.
6.1.1.1 Mesures préventives

Établir un plan de protection : prévenir, protéger, intervenir.
Étude des risques : menaces réelles, menaces potentielles, liste des points névralgiques
de l'entreprise, mise en place de parades.
Étude des objectifs : effet de dissuasion, Information, Action.
Créer un état d'esprit
Moyens : des notes de service, des conférences de sensibilisation, des articles dans la
presse d'entreprise.
Définir les procédures et les consignes
• Contrôler les entrées à l'aide de badges, de laisser-passer ou tous autres moyens,
aussi bien pour le personnel que pour les visiteurs et pour les véhicules.

Partie 3 – Lutter contre la malveillance

• Établir un plan des lieux, à jour, avec l'emplacement des points sensibles et les
endroits les plus appropriés pour le dépôt des engins explosifs.
• Interdire d'abandonner des colis, sacoches ou valises dans les locaux communs
(vestiaires, toilettes, couloirs, salles de lecture...).
• Limiter les voies d'accès.
• Organiser un plan d'évacuation avec plusieurs itinéraires de sortie.

Surtout ne jamais toucher un colis suspect, prévenir les autorités et évacuer les lieux dans le
calme.
Instituer une cellule de crise
• Missions : la cellule de crise est un élément moteur de la décision assurant le
commandement, l'organisation et la gestion de l'état d'alerte.

• Choix des personnels :
- le décideur n'est pas forcément le chef d'établissement, il peut y avoir délégation ;
- la décision peut être prise collégialement ;
- le nombre est fonction de l'importance de la société, mais nous pouvons y trouver
d'une façon générale : le chef d'établissement, le chef du personnel, le chef de la
sécurité.

Il est important ne pas dépasser 4 à 6 personnes compte tenu des intervenants extérieurs
(police, gendarmerie, etc.) sinon les décisions sont rapidement bloquées.

• Moyens matériels :
- un bureau PC ;
- moyens de communication ;
- dossier technique (plans) ;
- tresse de balisage ;
- éclairage de secours, etc.

• Objectifs. Un programme devrait donner les orientations pour les activités suivantes :
- contrôle de l'opération ;
- évacuation ;
- recherche de l'engin ;
- moyens de recherche ;
- découverte de l'engin ;
- explosion ;
- contrôle des dégâts ;
- victimes/local de tri ;
- intervention sanitaire ;
- relations avec l'extérieur/média ;
- rapport.

La cellule de crise, si on lui affecte les techniciens nécessaires, peut devenir l'outil de
décision pour tous les problèmes graves relatifs à la sécurité/sûreté dans l'entreprise :
• l'explosion (pas forcément une bombe) ;
• la prise d'otage ;
• les cataclysmes naturels ;
• les problèmes sociaux graves, etc.
Partie 3 – Lutter contre la malveillance

6.1.1.2 Évacuation du public et du personnel

Modalités
Évacuation avec vestiaires en service : les vestiaires peuvent rester ouverts et gardés ;
chacun reprend ses affaires personnelles avant de sortir.
Évacuation avec vestiaires fermés : chacun rejoint les sorties de secours d'urgence, sans
reprendre ses affaires
Consignes
• Mise en alerte PC sécurité ;
• alarme (sono-diffusion à la voix sur le réseau général ou sirènes) ;
• déblocage des issues de secours ;
• information des différents organismes extérieurs : police, pompiers, etc. ;
• rassemblement au PC sécurité des différents corps de métier de la maintenance :
électriciens, plombiers, etc. ;
• information de la Direction du déroulement de l'évacuation et des mesures mises en
place ;
• attente de l'intervention de services spécialisés avant réintégration dans la société,
après annonce à la direction générale par voix sur réseau général intérieur et
extérieur ;
• compte rendu d'évacuation à la Direction ;
• attente pour réouverture éventuelle.
Messages d'évacuation puis, en fin d'alerte, de réadmission du public et
du personnel
Ils sont diffusés au moyen de haut-parleurs, dans et à l'extérieur des bâtiments par la direction.
6.2 Conseils lors de la réception d'un message
d'alerte à la bombe

Consignes aux standardistes :
1. Gardez votre calme.
2. Essayez de faire parler l'individu : faire traîner la conversation ; faire répéter ; discuter.
3. Notez le maximum de renseignements : homme ou femme ; accent ; tonalité de la
voix ; débit calme ou haché ; le texte.
4. Prévenez immédiatement le responsable sûreté/sécurité, plus différentes personnes
(liste à joindre avec les consignes).
Partie 3 – Lutter contre la malveillance



Modèle de fiche d'appel téléphonique concernant les menaces diverses. A
l'usage des standardistes, centres d'accueil et postes de sécurité


Vous pouvez dans le cadre de votre activité, être confronté (e) à un appel téléphonique
soit d'alerte à la bombe, soit de menaces diverses.





Il est important, quel que soit votre sentiment sur le sérieux de cet appel, de pouvoir répondre
aux questions listées ci-dessous dans la mesure du possible notamment en faisant parler votre
interlocuteur.


Date:
…..………………………………………………………………………..……………….
Heure :
.…………………………………………………………………………………………
Lieu :
….……………………..…….…………………………………………………………….
- Communication reçue par : …………………….………………………………………
- Texte exact de la communication :
……………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………
Questions auxquelles vous devez tenter d'obtenir une réponse :
1. QUAND explosera l'engin ?
2. OÙ est-il ?
3. De QUEL engin s'agit-il ?
4. POURQUOI agissez-vous ainsi ?
("Vous ne donnez pas l'impression d'être quelqu'un qui souhaite faire du mal...")
5. QUI êtes-vous ?

Partie 3 – Lutter contre la malveillance













Votre réaction immédiate, après avoir complété la première partie de la fiche d’appel
téléphonique ci-dessus, doit être d’avertir l’interlocuteur désigné à cet effet et de remplir la
seconde partie de la fiche correspondant aux « indices » que vous aurez pu percevoir pendant
la conversation.


AVERTIR
Pendant les heures de service n° : ……………………………………………………….…….
En dehors des heures de service n° : ………………………………………………………..…

VOIX DU CORRESPONDANT :
Homme, Femme, Enfant (âge) : ………………………………………………………………..
Langue employée : ……………………………………………………………………………...
Prononciation et défauts : ………………………………………………………………………
Débit (rapide, lent, haché, essoufflé, etc.) : ……………………………………………………
Accent : ………………………………………………………………………………………….

BRUITS DE FOND PERÇUS PENDANT LA COMMUNICATION :
Musique : ………………………………………………………………………………………..
Conversation : …………………………………………………………………………………..
Frappe de machine à écrire : …………………………………………………………………..
Enfants : …………………………………………………………………………………………
Trafic urbain (sirène de police ou ambiance) : ………………………………………………..
Avions : ………………………………………………………………………………………….
Autre : …………………………………………………………………………………………..







PARTIE 4
UTILISER DES PRODUITS DANGEREUX
EN LIMITANT LES RISQUES


























Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques


1 LA CLASSIFICATION DES PRODUITS DANGEREUX


1.1 Définition


1.2 Classements des produits dangereux

1.2.1 La classification européenne harmonisée

1.2.2 Les autres classements


2 LES FICHES DE DONNÉES DE SÉCURITÉ


2.1 Les rubriques de la fiche de données de sécurité (FDS)


2.2 Exemple de fiche de données de sécurité


3 ÉTIQUETER ET EMBALLER LES PRODUITS DANGEREUX


3.1 Étiquetage


3.2 Nature des risques particuliers

3.2.1 Phrases R

3.2.2 Combinaisons de phrases R


3.3 Conseils de prudence

3.3.1 Phrases S

3.3.2 Combinaisons de phrases S


4 COMMENT STOCKER LES PRODUITS DANGEREUX


4.1 La responsabilité de l’entrepositaire


4.2 La connaissance des produits stockés


4.3 La conception du stockage

4.3.1 La compatibilité des produits dangereux

4.3.2 Les conditions de stockage


4.4 La configuration des bâtiments de stockage


5 COMMENT UTILISER LES PRODUITS DANGEREUX


5.1 Les produits de substitution


5.2 Les risques liés aux propriétés physico-chimiques

Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

5.3 L'utilisation des moyens de protection collective


5.4 Le port des équipements de protection individuelle


5.5 La manipulation de produits dangereux

5.5.1 Formation et information du personnel

5.5.2 Protection du personnel

5.5.3 Propreté des locaux

5.5.4 Les produits dangereux usagés


6 CHARGEMENT/DÉCHARGEMENT DES PRODUITS DANGEREUX


6.1 Les aires de chargement/déchargement


6.2 Le protocole de chargement/déchargement


6.3 Le transvasement et le reconditionnement

















Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques
1 LA CLASSIFICATION
DES PRODUITS DANGEREUX
1.1 Définition
Les produits dangereux sont classés en substances et en préparations dont les définitions sont
données par le Code du travail (article R231-51) :
• Substances : éléments chimiques et leurs composés tels qu'ils se présentent à l'état
naturel ou tels qu'ils sont obtenus par tout procédé de production contenant
éventuellement tout additif nécessaire pour préserver la stabilité du produit et toute
impureté résultant du procédé, à l'exclusion de tout solvant pouvant être séparé sans
affecter la stabilité de la substance ni modifier sa composition.
• Préparations : mélanges ou solutions composés de deux substances ou plus.

Les substances et préparations dangereuses sont celle correspondant à l'une ou plusieurs
des catégories suivantes (Code du travail article R231-51) :
a) explosibles - substances et préparations solides, liquides, pâteuses ou gélatineuses
qui, même sans intervention d'oxygène atmosphérique, peuvent présenter une réaction
exothermique avec développement rapide de gaz et qui, dans des conditions d'essais
déterminées, détonent, déflagrent rapidement ou, sous l'effet de la chaleur, explosent en
cas de confinement partiel ;
b) comburantes - substances et préparations qui, au contact d'autres substances,
notamment inflammables, présentent une réaction fortement exothermique ;
c) extrêmement inflammables - substances et préparations liquides dont le point d'éclair
est extrêmement bas et le point d'ébullition bas, ainsi que substances et préparations gazeuses
qui, à température et pression ambiantes, sont inflammables à l'air ;
d) facilement inflammables - substances et préparations :
• qui peuvent s'échauffer au point de s'enflammer à l'air à température ambiante sans apport
d'énergie ;
• à l'état solide, qui peuvent s'enflammer facilement par une brève action d'une source
d'inflammation et continuer à brûler ou à se consumer après l'éloignement de cette source ;
• à l'état liquide, dont le point d'éclair est très bas ;
• ou qui, au contact de l'eau ou de l'air humide, produisent des gaz extrêmement inflammables
en quantités dangereuses ;
e) inflammables - substances et préparations liquides, dont le point d'éclair est bas ;
f) très toxiques - substances et préparations qui, par inhalation, ingestion ou
pénétration cutanée en très petites quantités, entraînent la mort ou nuisent à la santé de
manière aiguë ou chronique ;
g) toxiques - substances et préparations qui, par inhalation, ingestion ou pénétration
cutanée en petites quantités, entraînent la mort ou nuisent à la santé de manière aiguë
ou chronique ;
h) nocives - substances et préparations qui, par inhalation, ingestion ou pénétration
cutanée, peuvent entraîner la mort ou nuire à la santé de manière aiguë ou chronique;
i) corrosives - substances et préparations qui, en contact avec des tissus vivants,
peuvent exercer une action destructrice sur ces derniers ;
j) irritantes - substances et préparations non corrosives qui, par contact immédiat, prolongé
ou répété avec la peau ou les muqueuses, peuvent provoquer une réaction inflammatoire ;

Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

k) sensibilisantes - substances et préparations qui, par inhalation ou pénétration
cutanée, peuvent donner lieu à une réaction d'hypersensibilisation telle qu'une exposition
ultérieure à la substance ou à la préparation produit des effets néfastes caractéristiques ;
l) cancérogènes - substances et préparations qui, par inhalation, ingestion ou pénétration
cutanée, peuvent provoquer un cancer ou en augmenter la fréquence.
• Cancérogènes de catégorie 1 : substances et préparations que l'on sait être cancérogènes
pour l'homme ;
• Cancérogènes de catégorie 2 : substances et préparations pour lesquelles il existe une forte
présomption que l'exposition de l'homme à de telles substances et préparations peut
provoquer un cancer ou en augmenter la fréquence ;
• Cancérogènes de catégorie 3 : substances et préparations préoccupantes pour l'homme en
raison d'effets cancérogènes possibles mais pour lesquelles les informations disponibles sont
insuffisantes pour classer ces substances et préparations dans la catégorie 2 ;
m) mutagènes - substances et préparations qui, par inhalation, ingestion ou pénétration
cutanée, peuvent produire des défauts génétiques héréditaires ou en augmenter la fréquence.
• Mutagènes de catégorie 1 : substances et préparations que l'on sait être mutagènes pour
l'homme ;
• Mutagènes de catégorie 2 : substances et préparations pour lesquelles il existe une forte
présomption que l'exposition de l'homme à de telles substances et préparations peut produire
des défauts génétiques héréditaires ou en augmenter la fréquence ;
• Mutagènes de catégorie 3 : substances et préparations préoccupantes pour l'homme en
raison d'effets mutagènes possibles mais pour lesquelles les informations disponibles sont
insuffisantes pour classer ces substances et préparations dans la catégorie 2 ;
n) toxiques pour la reproduction - substances et préparations qui, par inhalation,
ingestion ou pénétration cutanée, peuvent produire ou augmenter la fréquence d'effets nocifs
non-héréditaires dans la progéniture ou porter atteinte aux fonctions ou capacités
reproductives.
• Toxiques pour la reproduction de catégorie 1 : substances et préparations que l'on sait être
toxiques pour la reproduction de l'homme ;
• Toxiques pour la reproduction de catégorie 2 : substances et préparations pour lesquelles il
existe une forte présomption que l'exposition de l'homme à de telles substances et
préparations peut produire ou augmenter la fréquence d'effets nocifs non héréditaires dans la
progéniture ou porter atteinte aux fonctions ou capacités reproductives ;
• Toxiques pour la reproduction de catégorie 3 : substances et préparations préoccupantes en
raison d'effets toxiques possibles pour la reproduction mais pour lesquelles les informations
disponibles sont insuffisantes pour classer ces substances et préparations en catégorie 2 ;
o) dangereuses pour l'environnement - substances et préparations qui, si elles
entraient dans l'environnement, présenteraient ou pourraient présenter un risque immédiat ou
différé pour une ou plusieurs de ses composantes.
1.2 Classements des produits dangereux
1.2.1 La classification européenne harmonisée
Dans la législation actuelle, les substances dangereuses sont répertoriées à l'annexe I de la
directive CEE n° 67-548 modifiée par la directive 2001/59/CE concernant le rapprochement
des dispositions législatives, réglementaires et administratives des États membres, relatives à la
classification, l'emballage et l'étiquetage des substances dangereuses. Cette législation repose
sur une distinction conventionnelle entre les substances chimiques mises sur le marché avant
1981 et celles « nouvelles » mises sur le marché après cette date. Seules les substances
nouvelles doivent être notifiées et testées.
Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques
Dans la classification actuelle, chaque substance y est répertoriée avec différentes « entrées »
pour lui permettre d'être retrouvée facilement. Ces entrées correspondent à des numéros et à
une identification.
Le programme Reach
Cependant, la Commission Européenne a constaté que ce système a eu pour effet de favoriser
l’usage quasi exclusif des produits connus avant 1981, c’est-à-dire non testés, et de freiner
l’innovation. Par ailleurs, ce système apparaît comme mal adapté à l’identification et la gestion
des risques de nombreux produits.
Pour ces raisons, l’Union Européenne travaille à l’élaboration du système Reach, un système
unique d’enregistrement et d’autorisation des substances chimiques, et à la création d’une
Agence européenne des produits chimiques.
Une proposition concernant Reach et cette agence a été adoptée le 29 octobre 2003.
L’adoption définitive du texte devrait avoir lieu dans le courant du premier semestre 2006.
Cette proposition ne contient pas de prescriptions quant à la classification, l’étiquetage et
l’emballage des substances. De ce fait les éléments correspondants de la directive 67-548
resteront en vigueur.
Avec le système Reach, la charge de la preuve sera renversée et passera des autorités
publiques à l’industrie. Il reviendra aux fabricants, aux importateurs et aux utilisateurs de veiller
à fabriquer, mettre sur le marché, importer ou utiliser des substances qui ne risquent pas
d’avoir d’effets nocifs pour la santé humaine et l’environnement.
Le maillon central de ce système sera l’enregistrement des produits chimiques. Pour ce faire, les
déclarants devront fournir un dossier technique comportant l’identité du déclarant, celle de la
substance et ses propriétés. Un rapport de sécurité chimique devra être établi pour les produits
dont la production annuelle est de plus de 10 tonnes. Ce rapport s’appuiera sur l’évaluation
de sécurité chimique et l’identification des mesures appropriées en vue de maîtriser
valablement les risques. L'enregistrement et l'évaluation des substances passeront ainsi sous la
responsabilité des producteurs et des importateurs.
La fiche de données de sécurité destinée aux utilisateurs devra incorporer toutes ces mesures.
L'utilisateur, quant à lui, devra en principe informer par écrit son fournisseur de l'usage qu'il
projette de faire des substances afin que celui-ci évalue la sécurité chimique de chaque
utilisation identifiée.
Par ailleurs, l’utilisateur aura obligation de respecter les mesures de réduction des risques
prévues par les FDS.
1.2.1.1 Les numéros de classement des substances dangereuses

Le numéro Index
Le numéro index de chaque substance se présente sous la forme d'une séquence de 9 chiffres
du type ABC-RST-VW-Y (dans l'annexe I, les substances sont classées par ordre croissant de
numéro croissant de numéro Index), où :
• ABC représente soit le numéro atomique de l'élément chimique le plus caractéristique
(précédé d'un ou de deux zéros pour compléter la sous-séquence), soit le numéro
conventionnel de la classification des substances organiques ;
• RST représente le numéro progressif des substances considérées dans les séquences ABC ;
• VW représente la forme sous laquelle la substance est produite ou mise sur le marché ;
• Y représente le chiffre de contrôle (check digit) calculé selon la méthode utilisée par l'ISBN.
Illustration
Le numéro index du chlorate de sodium est le 017-005-00-9.
Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

Liste des éléments chimiques classés selon leur numéro atomique

N° Symbole

N° Symbole

N° Symbole

1 H Hydrogène 36 Kr Krypton 71 Lu Lutétium
2 He Hélium 37 Rb Rubidium 72 Hf Hafnium
3 LI Lithium 38 Sr Strontium 73 Ta Tantale
4 Be Béryllium (Glucinium) 39 Y Yttrium 74 W Tungstène
5 B Bore 40 Zr Zirconium 75 Re Rhénium
6 C Carbone 41 Nb Niobium 76 Os Osmium
7 N Azote 42 Mo Molybdène 77 Ir Iridium
8 O Oxygène 43 Tc Technetium 78 Pt Platine
9 F Fluor 44 Ru Ruthénium 79 Au Or
10 Ne Néon 45 Rh Rhodium 80 Hg Mercure
11 Na Sodium 46 Pd Palladium 81 Tl Thalium
12 Mg Magnésium 47 Ag Argent 82 Pb Plomb
13 Al Aluminium 48 Cd Cadmium 83 Bi Bismuth
14 Si Silicium 49 In Indium 84 Po Polonium
15 P Phosphore 50 Sn Étain 85 At Astate
16 S Soufre 51 Sb Antimoine 86 Rn Radon
17 Cl Chlore 52 Te Tellure 87 Fr Francium
18 A Argon 53 I Iode 88 Ra Radium
19 K Potassium 54 Xe Xénon 89 Ac Actinium
20 Ca Calcium 55 Cs Césium 90 Th Thorium
21 Sc Scandium 56 Ba Baryum 91 Pa Protactinium
22 Ti Titane 57 La Lanthane 92 U Uranium
23 V Vanadium 58 Ce Cérium 93 Np Neptunium
24 Cr Chrome 59 Pr Praséodyme 94 Pu Plutonium
25 Mn Manganèse 60 Nd Néodyme 95 Am Américium
26 Fe Fer 61 Pm Prométhium 96 Cm Curium
27 Co Cobalt 62 Sm Samarium 97 Bk Berkélium
28 Ni Nickel 63 Eu Europium 98 Cf Californium
29 Cu Cuivre 64 Gd Gandolinium 99 Es Einsteinium
30 Zn Zinc 65 Tb Terbium 100 Fm Fermium
31 Ga Gallium 66 Dy Dysprosium 101 Md Mendélévium
32 Ge Germanium 67 Ho Holmium 102 No Nobélium
33 As Arsenic 68 Er Erbium 103 Lw Lawrentium
34 Se Sélénium 69 Tm Thulium
35 Br Brome

70 Yt Ytterbium






















Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

Le numéro CE (Einecs ou Elincs)
Les substances chimiques produites, utilisées, mises sur le marché en Europe ont fait l'objet d'un
inventaire qui a été clos le 18 septembre 1981.

Cet inventaire est désigné sous le sigle EINECS (European Inventory of Existing
Commercial Chemical Substances).

Les substances inscrites dans l'Einecs portent un numéro se présentant sous la forme
d'une suite de 7 chiffres du type XXX-XXX-X. Par conséquent, toute substance chimique
répertoriée après cette date est qualifiée de nouvelle et doit faire l'objet d'une déclaration
de mise sur le marché.

Les substances déclarées après le 18 septembre 1981 sont donc inscrites dans une liste dite
des substances notifiées, ELINCS (European List of Notified Chemical Substances), mise à jour
chaque année et publiée au JOCE.
Leurs numéros se présentent également sous la forme d'une série de sept chiffres du type
XXX-XXX-X.
1.2.1.2 L'identification
A côté des numéros, les substances chimiques sont en général inscrites sous la dénomination
utilisée dans l'Einecs ou l'Elincs. Elles peuvent aussi être inscrites sous leur nom chimique selon
la nomenclature de l'Union internationale de chimie pure et appliquée (UICPA).
Le numéro CAS
Le numéro CAS (Chemical Abstract Service) est aussi mentionné dans la classification
européenne harmonisée pour faciliter l'identification de l'entrée. Composé de 3
séquences du type XXX-XX-X ou XXXXXX-XX-X, il permet d'identifier les espèces chimiques
sans aucune ambiguïté.
L'index alphabétique
Pour aider les utilisateurs, l'INRS publie une liste alphabétique et par numéro CAS de
chaque substance qui permet de retrouver facilement le numéro Index correspondant à
la substance.
1.2.2 Les autres classements
1.2.2.1 Le classement du Comité européen des assurances (CEA)
Le CEA a mis au point un système de classification des produits et des
marchandises destiné à donner des informations rapides et simples sur les risques
qu'ils présentent.

Ce système attribue aux produits et marchandises une combinaison de lettres et de
chiffres correspondant à leurs propriétés combustibles et explosibles ainsi qu'à leurs
effets sur l'environnement et l'être humain.

Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques



Propriétés combustibles et explosibles
Une lettre définissant la catégorie de danger :
F matières combustibles et incombustibles n'ayant pas d'action oxydante, non susceptibles d'auto-
inflammation et ne dégageant aucun gaz combustible au contact de l'eau
AF matières auto-inflammables
HF matières dégageant des gaz combustibles au contact du feu,
O oxydants, matières favorisant la combustion et l'entretenant même en l'absence d'air et pouvant
enflammer des matières combustibles ou former avec elles des mélanges explosibles
E matières explosibles, même en absence d'air
Un chiffre, indiquant le degré de danger
En ordre décroissant, de 1 à 6, dans la catégorie de danger définie ;
Une lettre représentant l'état physique à 20 °C et à 1 bar :
s
l
g
solide
liquide
gazeux
S'il y a lieu, les indications suivantes sont ajoutées :
Co matières qui, sous l'effet du feu, dégagent des gaz ou vapeurs fortement corrosifs,
Ex matières explosibles dans certaines conditions ou à réaction spontanée dont les autres propriétés
de combustibilité priment sur le danger d'explosion et non comprises dans la catégorie E
Fu matières qui, en cas d'incendie, dégagent une quantité de fumée très supérieure à la moyenne,
susceptible d'entraver le sauvetage et d'occasionner des dommages par dépôt de suies,
Ra matières radioactives.


Écotoxicité
Pour l'eau, les lettres PN auxquelles sont ajoutées un chiffre de 1 à 4 représentant :
PN1
forte mise en danger de l'eau, phrase R 50
PN2 mise en danger de l'eau, phrase R 51
PN3 faible mise en danger de l'eau, phrase R 52
PN4 n général, aucune mise en danger de l'eau
Pour l'air, la lettre Z avec une chiffre de 1 à 2 :
Z1 gaz toxiques comprimés représentant une menace directe et compromettant une action d'extinction, ou
matières susceptibles, en cas d'incendie, de libérer des quantités importantes de substances toxiques
difficilement dégradables, exigeant la mise en oeuvre de mesures de décontamination très importantes
Z2 matières qui, en cas d'incendie, libèrent des quantités importantes de substances toxiques
causant ainsi une contamination de l'environnement et requérant la mise en oeuvre de mesures
de décontamination simples et limitées.




Propriétés anthropotoxiques
T matières très toxiques et toxiques, correspondant aux phrases de danger de la classification officielle
R 23 à 28, 39, 40 et 45 à 49,
HT matières dégageant des gaz toxiques, caustiques/corrosifs ou fortement nauséabonds au contact de
l'eau (R 29) pouvant en cas d'incendie présenter un réel danger ou engendrer une inquiétude
sérieuse dans le voisinage,
C matières causant en peu de temps des lésions graves (phrases R 34 et R 35).



Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques
1.2.2.2 Le classement de la NFPA
Le classement de la NFPA, National Fire Protection Association (États-Unis), est intéressant à
connaître pour les produits qui sont importés.
En effet, la NFPA publie un certain nombre de « standards » ayant trait à la prévention et à la
protection contre l'incendie, qui servent de référence aux États-Unis et dans de nombreux pays.
Parmi ces standards, le NFPA 704 Standard System for the Identification of the Fire Hazards of
Materials, détermine trois classes de risques de toxicité, inflammabilité et réactivité, qu'il
quantifie en ordre décroissant de 4 à 0 selon la gravité des dangers et dont la signification est
la suivante :
Toxicité
4 : une très courte exposition à ces matières peut provoquer la mort ou des lésions
majeures irréversibles,
3 : une courte exposition à ces matières peut causer de graves lésions temporaires
ou irréversibles,
2 : une exposition intense ou continue mais non chronique à ces matières peut
causer une incapacité temporaire ou une lésion irréversible possible,
1 : une exposition à ces matières peut causer une irritation mais seulement une
lésion irréversible mineure,
0 : sous l'effet d'un incendie ces matières ne présentent pas plus de risques qu'un
matériau ordinaire combustible ;
Inflammabilité
4 : matières se vaporisant rapidement ou complètement à la pression
atmosphérique et à température ambiante normale ou qui sont facilement
dispersées dans l'air et brûlent facilement,
3 : liquides et solides pouvant être enflammés dans presque toutes les conditions
de température,
2 : matières qui doivent être modérément chauffées ou exposées à une température
ambiante relativement élevée avant de s'enflammer,
1 : matières devant être chauffées pour s'enflammer,
0 : matières incombustibles ;
Réactivité
4 : matières susceptibles par elles-mêmes de facilement détoner, se décomposer
ou réagir d'une façon explosive à températures et pressions normales,
3 : matières susceptibles de détoner ou de réagir d'elles-mêmes de façon explosive
mais avec l'aide d'une énergie d'activation ou sous l'effet de chauffage ou de
confinement,
2 : matières qui subissent facilement de violents changements chimiques à des
températures et pressions élevées ou qui réagissent violemment avec l'eau ou qui
peuvent former avec l'eau des mélanges explosifs,
1 : matières normalement stables par elles-mêmes mais pouvant devenir instables
à températures et pressions élevées,
0 : matières normalement stables par elles-mêmes même exposées à l'incendie et
qui ne réagissent pas avec l'eau.


Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

La signalisation
Cette classification sert de base à la signalisation des réservoirs et récipients contenant
les produits et parfois même aux bâtiments de stockage.

Son marquage consiste en un losange comportant quatre cases dans lesquelles sont
inscrits :
• sur fond bleu le chiffre correspondant à la toxicité ;
• sur fond rouge le chiffre correspondant à l'inflammabilité ;
• sur fond jaune le chiffre correspondant à la réactivité.

La quatrième case est utilisée pour des remarques éventuelles telles que par exemple :
emploi d'eau sur le produit proscrit.

Illustration



Signalisation
de l'acétaldéhyde
selon la NFPA




Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

2 LES FICHES DE DONNÉES DE SÉCURITÉ
Les fabricants, importateurs, fournisseurs sont tenus de fournir à leurs clients une fiche de
données de sécurité contenant les renseignements nécessaires à la prévention du risque
chimique et à la sécurité des travailleurs (Code du travail, article R231-53). Elle doit
ensuite être transmise par le chef d'établissement au médecin du travail.

L’arrêté du 9 novembre 2004 définissant les critères de classification et les conditions
d'étiquetage et d'emballage des préparations dangereuses et transposant la directive
1999/45/CE du Parlement européen et du Conseil du 31 mai 1999, concernant le
rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives relatives à la
classification, à l'emballage et à l'étiquetage des préparations dangereuses rend obligatoire la
FDS :
pour les substances et préparation dangereuses ;
mais également pour les préparations non classées comme dangereuses mais qui contiennent
des produits dangereux pour la santé et l’environnement, des produits présentant des valeurs
limites d’exposition professionnelles, à un minimum de 1% en concentration ou 0,2 % en
volume.

La fiche de données de sécurité doit être réalisée suivant les indications du guide annexé à
l'arrêté du 5 janvier 1993 fixant les modalités d'élaboration
et de transmission des fiches de données de sécurité modifié pas l'arrêté du 9 novembre 2004.

Cet arrêté du 9 novembre 2004 transpose la directive 2001/58/CE de la Commission du 27
juillet 2001.

Cette fiche doit contenir les renseignements suivants :
• « l'identification du produit chimique et de la personne, physique ou morale,
responsable de sa mise sur le marché ;
• les informations sur les composants, notamment leur concentration ou leur gamme de
concentration, nécessaires à l'appréciation des risques ;
• l'identification des dangers ;
• la description des premiers secours à porter en cas d'urgence ;
• les mesures de lutte contre l'incendie ;
• les mesures à prendre en cas de dispersion accidentelle ;
• les précautions de stockage, d'emploi et de manipulation ;
• les procédures de contrôle de l'exposition des travailleurs et les caractéristiques des
équipements de protection individuelle adéquats ;
• les propriétés physico-chimiques ;
• la stabilité du produit et sa réactivité ;
• les informations toxicologiques ;
• les informations écotoxicologiques ;
• des informations sur les possibilités d'élimination des déchets ;
• les informations relatives au transport ;
• les informations réglementaires relatives en particulier au classement et
à l'étiquetage du produit ;
• toutes autres informations disponibles pouvant contribuer à la sécurité ou à la santé des
travailleurs. »


L'article R231-53 du Code du Travail précise que cette fiche doit être actualisée,
datée, fournie gratuitement au moment de la première livraison et que toute fiche
actualisée doit être également fournie gratuitement à tout client ayant reçu dans les
douze mois précédant la révision le produit ou la substance concernée.

Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

D'après la jurisprudence, la fourniture de fiches sur support informatique ne
dispense pas de la fourniture de la fiche sur papier. En revanche, une fiche fournie
par télécopie est valable si l'envoi est signé par un responsable.

Si le fournisseur ne fournit pas la fiche de données de sécurité, il engage sa
responsabilité en cas d'accident.

Il existe aussi une norme : la norme NF ISO 11014-1 (novembre 1994) – Fiches de
données de sécurité pour les produits chimiques – Partie 1 : contenu et plant type (indice
de classement : T 01-102).
2.1 Les rubriques de la fiche de données de sécurité (FDS)
Il n’existe pas de modèle type obligatoire, mais la fiche doit comporter les 16
rubriques obligatoires dans l’ordre précis requis par le code du travail, être rédigée
en français de manière claire et concise.

La quantité ainsi que la nature des informations qui doivent être fournis sont
illimités, le rédacteur peut ajouter toute information utile pour la sécurité d’usage
du produit.

Modèle établi selon l'arrêté du 5 janvier 1993 modifié fixant les modalités
d'élaboration et de transmission des fiches de données de sécurité (directive
2001/58/CE).



1. Identification de la substance/préparation et de la personne physique
ou morale responsable de la mise sur le marché
1.1. Identification de la substance/préparation.
• Dénomination utilisée pour l'identification identique à celle figurant sur l'étiquette
• Si d'autres moyens d'identification existent, ils peuvent être indiqués
1.2. Utilisation de la substance/préparation.
• Utilisations révues ou recommandées dans la mesure où elles sont connues.
• Si multiples utilisations possibles, mentionner les plus importantes ou les plus courantes.
• Description sommaire de l'effet réel (ex : retardateur de flamme, antioxydant, etc.)
1.3 Identification de la personne physique ou morale responsable de la mise sur le marché.
• Identification du responsable (fabricant, importateur, distributeur).
• Adresse complète et n° de téléphone
• Si le responsable est hors de France, adresse complète et n° de téléphone du responsable en France,
si possible.
1.4. N° de téléphone d'appel d'urgence de l'entreprise et/ou de l'organisme agréé par le code du travail
2. Composition/informations sur les composants

Ces informations doivent permettre au destinataire de reconnaître aisément les dangers présentés par
les composants de la préparation.
Les dangers de la préparation elle-même doivent être mentionnés au point 3
2.1 Il n'est pas nécessaire d'indiquer la composition complète, même si une description générale des
composants et de leur concentration est utile.
2.2. Pour les préparations classées comme dangereuses, mentionner les substances qui suivent ainsi que leur
concentration ou gamme de concentration :
a) substances présentant un danger pour la santé ou l'environnement, lorsqu'elles sont présentes en
concentrations égales ou supérieures à celles prévues à l'article 8 de l'arrêté du 9 novembre 2004 ;
b) substances pour lesquelles il existe des limites d'exposition professionnelle non couvertes par a).
2.3. Pour les préparations non classées comme dangereuses, présentes en concentration individuelle 1 %
en masse pour les préparations autres que gazeuses et 0,2 % en volume pour les préparations
gazeuses, mentionner avec leur concentration ou gamme de concentration :
Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques
- les substances présentant un danger pour la santé ou l'environnement
- les substances pour lesquelles il existe des valeurs limites d'exposition professionnelle
2.4. La classification des substances visées ci-dessus est mentionnée, y compris les lettres des symboles et les
phrases R qui leur sont assignées selon leurs dangers physico-chimiques, pour la santé et pour
l'environnement.
2.5. Le nom et le n° EINECS ou ELINCS de ces substances doivent être mentionnés.
2.6. Si l'identité de certaines substances doit être gardée confidentielle, la nature chimique doit être décrite
afin d'assurer la sécurité d'emploi. Le nom à utiliser doit être le même que celui dérivant de l'application
des dispositions mentionnées ci-dessus
3. Identification des dangers
• Indiquer la classification de la substance ou préparation.
• Indiquer clairement et brièvement les principaux dangers pour l'homme et pour l'environnement.
• Distinguer clairement les préparations sont classées comme dangereuses et celles non classées
comme dangereuses.
• Décrire les principaux effets néfastes : physico-chimiques, pour la santé de l'homme et pour
l'environnement et les symptômes liés à l'utilisation et aux mauvais usages raisonnablement prévisibles.
• Si nécessaire, mentionner d'autres dangers (formation de poussières, asphyxie, apparition d'engelures)
ou les effets sur l'environnement (dangers pour les organismes du sol, etc.), qui n'entraînent pas la
classification, mais qui peuvent contribuer aux dangers généraux du matériau.
• Les informations qui figurent sur l'étiquette sont à donner sous la rubrique 15.
4. Premiers secours

• Décrire brièvement et clairement les premiers secours à donner.
• Spécifier d'abord si un examen médical immédiat est requis.
• Les informations concernant les premiers secours doivent être brèves et faciles à comprendre par la
victime, les personnes présentes et les secouristes.
• Les symptômes et les effets doivent être brièvement décrits et les instructions doivent indiquer ce qui
doit être fait sur-le-champ en cas d'accident et si des effets à retardement sont à craindre après une
exposition.
• Prévoir une sous-rubrique par voie d'exposition
• Préciser si l'intervention d'un médecin est nécessaire ou souhaitable.
• Pour certaines substances ou préparations, souligner que des moyens spéciaux doivent être mis à
disposition sur le lieu de travail pour un traitement spécifique et immédiat.
5. Mesures de lutte contre l'incendie
• moyen d'extinction approprié ;
• moyen d'extinction à ne pas utiliser pour des raisons de sécurité ;
• risque particulier résultant de l'exposition à la substance/préparation en tant que telle, aux produits de
la combustion, aux gaz produits ;
• équipement de protection spécial pour le personnel préposé à la lutte contre le feu.
6. Mesures à prendre en cas de dispersion accidentelle
Selon la substance ou la préparation en cause, des informations doivent éventuellement être données
concernant :
• les précautions individuelles ;
• les précautions pour la protection de l'environnement ;
• les méthodes de nettoyage.
7. Manipulation et stockage
Les informations prévues sous cette rubrique concernent la protection de la santé, la sécurité
et la protection de l'environnement. Elles doivent aider l'employeur à concevoir les
procédures de travail et les mesures d'organisation adéquates en application du code du
travail.

Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

7.1. Manipulation.
Envisager les précautions à prendre pour garantir une manipulation sans danger, (mesures
d'ordre technique , les mesures destinées à empêcher la production de particules en
suspension et de poussières ou à prévenir les incendies, les mesures requises pour protéger
l'environnement ainsi que toutes exigences ou règles spécifiques ayant trait à la
substance/préparation)
7.2. Stockage.
Étudier les conditions nécessaires pour garantir la sécurité du stockage (conception
particulière des locaux de stockage ou des réservoirs, matières incompatibles, conditions de
stockage, équipement électrique spécial et prévention de l'accumulation d'électricité
statique.
Le cas échéant, les quantités limites pouvant être stockées.
Toute indication particulière : type de matériau d'emballage/conteneur
7.3. Utilisation(s) particulière(s).
Pour les produits finis destinés à une ou plusieurs utilisations particulières, les
recommandations doivent se référer à l'utilisation ou aux utilisations prévues et être
détaillées et fonctionnelles.
8. Contrôle de l'exposition des travailleurs et caractéristiques des
équipements de protection individuelle
8.1. Valeurs limites d'exposition.
Paramètres de contrôle spécifique actuellement en vigueur tels que valeurs limites
d'exposition professionnelle contraignantes ou indicatives et indicateurs biologiques
d'exposition.
Informations sur les procédures de surveillance actuellement recommandées.
Pour les préparations, donner des valeurs pour les composants devant figurer sur la fiche de
données de sécurité conformément au point 2.
8.2. Contrôles de l'exposition.
Toutes les mesures spécifiques de protection et de prévention à prendre durant l'utilisation
pour réduire au minimum l'exposition des travailleurs et assurer la protection de
l'environnement.
8.2.1.





8.2.1.1

8.2.1.2.

8.2.1.3.
8.2.1.4.
Contrôle de l'exposition professionnelle. Cette information est nécessaire à l'employeur pour
évaluer les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs que présente la
substance/préparation.
Il convient de disposer d'informations appropriées et adéquates sur ces mesures pour
évaluer sérieusement les risques. Cette information est complémentaire à celle déjà donnée
au point 7.1.
Lorsqu'une protection individuelle est nécessaire, spécifier le type d'équipement propre à
assurer une protection adéquate.
Protection respiratoire. En cas de gaz, vapeurs ou poussières dangereux, préciser le type
d'équipement de protection à utiliser
Protection des mains. Spécifier le type de gants à porter lors de la manipulation.
Si nécessaire, indiquer toute mesure supplémentaire de protection des mains.
Protection des yeux. Spécifier le type de protection oculaire requis
Protection de la peau. Spécifier le type et la qualité de l'équipement de protection requis. Si
nécessaire, indiquer toute mesure supplémentaire de protection de la peau ainsi que toute
mesure d'hygiène particulière.
8.2.2. Contrôle d'exposition lié à la protection de l'environnement.
Spécifier l'information requise par l'employeur pour remplir ses engagements au titre de la
législation relative à la protection de l'environnement.
9. Propriétés physiques et chimiques
9.1 Informations générales : aspect ; odeur
9.2 Informations importantes relatives à la santé, à la sécurité et à l'environnement
Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques
- pH
- Point/intervalle d'ébullition.
- Point d'éclair.
- Inflammabilité (solide, gaz).
- Dangers d'explosion.
- Propriétés comburantes.
- Pression de vapeur.
- Densité relative.
- Solubilité :hydrosolubilité ;liposolubilité
- Coefficient de partage : n-octanol/eau.
- Viscosité.
- Densité de vapeur.
- Taux d'évaporation.
9.3. Autres données
Indiquer les autres paramètres importants pour la sécurité, tels que la miscibilité, la
conductivité, le point/intervalle de fusion, le groupe de gaz, la température d'auto-
inflammabilité, etc.
10. Stabilité et réactivité
10.1. Conditions à éviter : température, pression, lumière, chocs, etc.,
10.2. Matières à éviter : eau, air, acides, bases, oxydants , etc.
10.3. Produits de décomposition dangereux.
11. Informations toxicologiques
• Cette rubrique répond à la nécessité d'une description concise et néanmoins complète et
compréhensible des divers effets toxiques pouvant être observés lorsque l'utilisateur entre en
contact avec la substance ou la préparation
• Effets dangereux pour la santé d'une exposition à la substance ou à la préparation, que
ces effets soient connus par l'expérience ou par les conclusions d'expérimentations
scientifiques
• Informations sur les différentes voies d'exposition (inhalation, ingestion, contact avec la
peau et les yeux), et décrire les symptômes
• Indiquer les effets différés et immédiats connus ainsi que les effets chroniques induits par
une exposition à court et à long termes
12. Informations écologiques
• Effets, comportement et devenir écologique de la substance ou préparation dans l'air,
l'eau et/ou
le sol.
• Principales caractéristiques susceptibles d'avoir un effet sur l'environnement, du fait de la
nature de
la substance ou préparation et des méthodes probables d'utilisation.
• Mêmes renseignements sur les produits dangereux provenant de la dégradation des
substances et préparations.
12.1. Écotoxicité.
12.2. Mobilité. Le potentiel de transport de la substance ou des composants appropriés d'une
préparation, rejetés dans l'environnement, vers les eaux souterraines ou loin du site de rejet.
12.3. Persistance et dégradabilité. Le potentiel de dégradation de la substance ou des composants
appropriés d'une préparation dans un environnement pertinent, par biodégradation ou
d'autres processus tels que l'oxydation ou l'hydrolyse.
12.4. Potentiel de bioaccumulation. Le potentiel de bioaccumulation et de passage dans la chaîne
alimentaire de la substance ou des composants appropriés d'une préparation
12.5. Effets nocifs divers..
13. Considérations relatives à l'élimination
Si l'élimination de la substance ou de la préparation présente un danger :
• fournir une description de ces résidus ainsi que des informations sur la façon de les manipuler sans
danger ;
• indiquer les méthodes appropriées d'élimination
Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

14. Informations relatives au transport
Précautions spéciales à connaître ou prendre pour le transport à l'intérieur ou à l'extérieur des
installations.
15. Informations réglementaires
• Informations relatives à la santé, à la sécurité et à la protection de l'environnement figurant
sur l'étiquette conformément aux arrêtés du 20 avril 1994 modifié et du 9 novembre 2004.
• Si la substance ou la préparation visée par cette fiche de données de sécurité fait l'objet de
dispositions particulières en matière de protection de l'homme et de l'environnement sur le
plan communautaire, celles-ci doivent, dans la mesure du possible, être précisées.
• Lorsque c'est possible, mentionner les dispositions législatives ou réglementaires nationales
mettant ces dispositions en application ainsi que toute autre mesure nationale applicable en la
matière.
16. Autres informations
Indiquer tout autre renseignement que le fournisseur juge important pour la sécurité et la santé de
l'utilisateur et la protection de l'environnement,




2.2 Exemple de fiche de données de sécurité
(Voir ci-contre. Source : Eau & Feu)


Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques
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POLYPETROFILM 6/6 Version : P 36 – 1
Date de création /Révision : 26/08/04





FICHE DE DONNEES DE SECURITE
PRESENTATION ET REGLES DE REDACTION CONFORMES

A LA DIRECTIVE 91/155/CEE modifiée par la directive 2001/58/CE


1. IDENTIFICATION DE LA SUBSTANCE ET DE LA SOCIETE

1.1 Identification du produit : POLYPETROFILM 6/6

1.2 Utilisation (pour plus de détails, : Extinction de feux de produits chimiques polaires et
se reporter à la notice technique) d'hydrocarbures

1.3 Identification de la Société : EAU & FEU
82 rue Lesage
51054 REIMS Cédex
03 26 50 64 10 Fax 03 26 09 64 38
Service à contacter : Département Emulseurs

1.4 Numéro d’urgence : ORFILA 01 45 42 59 59

2. COMPOSITION/INFORMATION SUR LES COMPOSANTS

2.1 Nature chimique : Préparation à base d’hydrolysat de protéines, de tensio-actifs fluorés
filmogènes et hydrocarbonés, glycols, polymère, eau
2.2 Composés présentant un danger

Nom EINECS Symboles Phrases R Concentration

Hexylène Glycol 203-489-0 Xi 36/38 < 5%

Ethylène Glycol 203-473-3 Xn 22 < 15%

1-2 Benzisothiazoline-3(2H)-one 220-120-9 Xn, N 22-38/41-43-50 < 0,2%



3. IDENTIFICATION DES DANGERS
Classification CE : Non classé
Principaux dangers : Peut entraîner une sensibilisation par
contact avec la peau

4. PREMIERS SECOURS

* Contact avec la peau : Laver à l'eau

* Contact avec les yeux : Rincer abondement à l'eau pendant 15 minutes minimum
En cas d’irritation persistante consulter un spécialiste

* Ingestion : Rincer la bouche, ne pas faire vomir, consulter éventuellement un médecin


5. MESURES DE LUTTE CONTRE L'INCENDIE

5.1 Moyens d'extinction approprié : Non spécifiquement concerné
5.2 Moyen d’extinction à ne pas utiliser : Non combustible
5.3 Risques particuliers : Tous les agents d’extinctions à proximité sont
utilisables
5.4 Équipement pour la protection des intervenants : Non spécifiquement concerné
Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

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POLYPETROFILM 6/6 Version : P 36 – 1
Date de création /Révision : 26/08/04


6. MESURES A PRENDRE EN CAS DE DISPERSION ACCIDENTELLE

Précaution individuelle : Eviter le contact avec la peau et les yeux
Protection de l’environnement : Limiter autant que possible les rejets dans l'environnement.
Méthode de nettoyage : Récupérer le produit pour élimination ultérieure, puis laver
le sol à grande eau

7. MANIPULATION ET STOCKAGE

7.1 Manipulation : Travailler dans un lieu bien ventilé
Conserver les récipients fermés en dehors de leur emploi

7.2 Stockage : Températures de stockage : - 15°C à + 50°C (à l’écart des
matières incompatibles)

7.3.1 Matériaux d’emballage * Recommandés Acier ordinaires et inoxydables –
plastiques
Joints recommandés : Téflon - Viton

8. CONTROLE DE L'EXPOSITION/ PROTECTION INDIVIDUELLE

Ethylène Glycol : Vle = 125 mg/m
3
(50 ppm)
Hexylène Glycol : Vle = 125 mg/m
3
(25 ppm)

8.1 Mesures individuelles de prévention

* Protection des mains : Porter des gants résistant à la pénétration des produits chimiques

* Protection des yeux : Porter des lunettes étanches

8.2 Mesures spéciales de protection : Ne nécessite pas de mesures spécifiques
Respecter les règles générales de protection applicable pour la
manipulation des produits chimiques

8.3 Moyens collectifs d’urgence : Fontaine oculaire

8.4 Mesures d’hygiène : Ne pas manger, boire et fumer pendant l’utilisation
Se laver les mains après le travail

9. PROPRIETES PHYSIQUES ET CHIMIQUES

9.1 Informations générales
Etat physique : liquide pseudoplastique à 20°C
Odeur : caractéristique

9.2 Informations importantes
pH : 7,5
T°C initiale d'ébullition : 100°C
Point d'éclair : > 100°C
Point de congélation : < -15°C
Solubilité : soluble dans l'eau en toutes proportions
Pression de vapeur :
Masse volumique : 1,090 g/cm³ à 20°C
Température d'auto-inflammation : non applicable
Viscosité dynamique à 20°C : 1100 mPa.s
Tension Superficielle à 6% : 16,5 mN/m à 20°C






Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques
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POLYPETROFILM 6/6 Version : P 36 – 1
Date de création /Révision : 26/08/04


10. STABILITE ET REACTIVITE

10.1 Stabilité : Produit stable à température ambiante dans les conditions
normales de stockage et de manipulation

10 .2 Matières à éviter :

10.3 Produits de décomposition dangereux : A hautes températures, décomposition thermique possible en
produits fluorés (HF)

11. INFORMATIONS TOXICOLOGIQUES

Effets létaux aigus : DL50 orale : > 2000 mg/kg (rat)



12. INFORMATIONS ECOLOGIQUES

12.1 Ecotoxicité
Effets sur organismes aquatiques :
CE 50 48 h (Daphnies) : 0,29% = 3190 mg/l

12 .2 Effets sur les installations de traitement des eaux résiduaires
Demande Chimique en Oxygène (DCO) : 576 mg/g
Demande Biochimique en Oxygène (DBO
5
) : 113 mg/g

12.3 Mobilité
Tension superficielle : Se reporter à la section 9 pour la donnée chiffrée

12.4 Persistance et Biodégradabilité

Produit fortement moussant en cas de rejet dans l’eau
Biodégradabilité aérobie ultime (suivant NFT 90312) : 80% en 28 jours

12.5 Bioaccumulation



13. CONSIDERATIONS RELATIVES A L'ELIMINATION

Produit pur : Ne pas rejeter dans l’environnement
Incinérer en installation autorisée
Le produit ne pertube pas le fonctionnement des stations
d’épuration après dilution

Produit après utilisation : Confiner les résidus et les solutions à une entreprise de
traitement physico-chimique autorisée ou incinérer en installation
autorisée

Emballages souillés : Confier les emballages vidés à un récupérateur autorisé ou
détruire en installation autorisée ou recycler après nettoyage











Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

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POLYPETROFILM 6/6 Version : P 36 – 1
Date de création /Révision : 26/08/04



14. TRANSPORT ONU N°

R.T.M.D RID/ADR IMDG OACI
maritime aérien
--------------------------------------------------------------------------------------------
Classe................................... :
Groupe, chiffre ou page.... :
Page IMDG......................... :
Etiquette(s)......................... :
Code danger....................... : Non réglementé
Code matière (n° ONU)..... :
N° fiche de sécurité........... :
N° table GSMU.................. :
Avion passagers :
Avion cargo :

__
15. INFORMATIONS REGLEMENTAIRES

Etiquetage CE
Symbole : Pas d’étiquetage

Phrases R : R 43 Peut entraîner une sensibilisation par contact
avec la peau

Phrases S : S 24 Eviter le contact avec la peau
S 37 Porter des gants appropriés

Phrases complémentaires Contient du 1-2 Benzisothiazol-3(2H)-one

Réglementations Nationales Tableau des maladies professionnelles N°84

16. AUTRES INFORMATIONS

Restriction d’emploi :

Sources des principales données : Fiches toxicologiques de l’INRS
Fiches de données de sécurité des fournisseurs



___________________________________________________________________________________________

Cette fiche complète la notice technique d’utilisation mais ne la remplace pas. Les renseignements qu'elle contient sont basés sur
l'état de nos connaissances relatives au produit concerné, à la date de mise à jour. Ils sont donnés de bonne foi. Une liste de rappel
des principaux textes législatifs, réglementaires et administratifs peut être jointe, à titre indicatif, à cette fiche. L'attention des
utilisateurs est en outre attirée sur les risques éventuellement encourus lorsqu'un produit est utilisé à d'autres usages que ceux pour
lequel il est conçu.












Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

3 ÉTIQUETER ET EMBALLER
LES PRODUITS DANGEREUX
Toutes les réglementations concernant les substances et préparations dangereuses en imposent
leur étiquetage et renvoient pour sa mise en œuvre aux prescriptions de deux arrêtés :
• celui du 20 avril 1994 modifié relatif à la liste et aux conditions d'étiquetage et d'emballage
de substances, arrêté issu de la directive 67/548/CEE du 27 juin 1967 ;
• et celui du 9 novembre 2004 définissant les critères de classification et les conditions
d'étiquetage et d'emballage des préparations dangereuses et transposant la directive
1999/45/CE du 31 mai 1999.

Il est donc fait obligation aux vendeurs ou distributeurs de substances ou de préparations dangereuses
ainsi qu'aux chefs des établissements où il en est fait usage, d'apposer sur tout récipient, sac ou
enveloppe contenant ces substances ou préparations une étiquette ou une inscription indiquant le nom
et l'origine de ces substances ou préparations et les dangers que présente leur emploi.

Les récipients, sacs ou enveloppes contenant les substances ou préparations dangereuses
doivent être solides et étanches et de nature compatible avec le produit contenu.
3.1 Étiquetage
Tout emballage renfermant une substance ou une préparation contenant au moins une
substance dangereuse dans une concentration définie par les deux arrêtés doit être muni d'une
étiquette apparente et lisible, d'une dimension en rapport avec l'importance de son volume
(annexe VI de l'arrêté du 20 avril 1994)
Les dimensions sont de l’ordre de :
• 52 x 74 mm si possible pour un volume inférieur ou égal à 3 l ;
• 74 x 105 mm pour un volume supérieur à 3 litres et inférieur ou égal à 50 l;
• 105 x 148 mm pour un volume supérieur à 50 litres, mais égal ou inférieur à 500 l ;
• 148 x 210 mm pour un volume supérieur à 500 litres.

L’étiquette doit être solidement fixée sur une ou plusieurs faces de l’emballage se trouvant
directement en contact avec la préparation.

Les informations devant figurer sur l’étiquette doivent se détacher nettement du fond, être de
taille suffisante et présenter un espacement suffisant pour être aisément lisibles.

Par ailleurs, l'étiquette doit obligatoirement être rédigée en français, une traduction en langue
étrangère est admise.

L'étiquette doit comporter en caractères très apparents et indélébiles :
a) pour les préparations, le nom commercial ou la désignation ;
b) pour les substances, le nom de la substance, et pour les préparations, les noms des
substances présentes dans la préparation ;
c) les nom, adresse complète et n° de téléphone du responsable de la mise sur le marché de la
substance ou préparation ;
d) le(s) symbole(s) et indication(s) de danger ;
e) les phrases indiquant les risques particuliers (phrases R) ;
f) les phrases indiquant les conseils de prudence (phrases S) ;
g) pour les substances, le numéro CE accompagné, dans le cas des substances figurant à
l’annexe I, de la mention « étiquetage CE » ;
h) pour les préparations offertes ou vendues au public, la quantité nominale du contenu, sauf si
elle est spécifiée ailleurs sur l’emballage.

Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

Les indications telles que « non toxique », « non nocif », « non polluant », « écologique » ou toutes
autres indications analogues ne doivent pas figurer sur l’étiquette ou sur l’emballage des substances ou
des préparations

Le nom de la substance doit être conforme au nom utilisé dans l'Inventaire européen des
produits chimiques commercialisés (EINECS).

Symboles et indications des dangers
E : Explosif
F : Facilement
inflammable T : Toxique Xi : Irritant C : Corrosif

2


O : Comburant
F+ : Extrêmement
inflammable T+ : Très toxique Xn : Nocif
N :Dangereux pour
l'environnement





Chaque symbole doit occuper au moins un dixième de la surface de l’étiquette et avoir
une superficie d’au moins 1 cm
2
.

Exemple d’étiquette

source : Eau & Feu
Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

3.2 Nature des risques particuliers
3.2.1 Phrases R
R1 Explosif à l'état sec.
R2 Risque d'explosion par le choc, la friction, le feu
ou d'autres sources d'ignition.
R3 Grand risque d'explosion par le choc, la friction,
le feu ou d'autres sources d'ignition.
R4 Forme des composés métalliques explosifs très
sensibles.
R5 Danger d'explosion sous l'action de la chaleur.
R6 Danger d'explosion en contact ou sans contact
avec l'air.
R7 Peut provoquer un incendie.
R8 Favorise l'inflammation des matières
combustibles.
R9 Peut exploser en mélange avec des matières
combustibles.
R10 Inflammable.
R11 Facilement inflammable.
R12 Extrêmement inflammable.
R14 Réagit violemment au contact de l'eau.
R15 Au contact de l'eau, dégage des gaz
extrêmement inflammables.
R16 Peut exploser en mélange avec des substances
comburantes.
R17 Spontanément inflammable à l'air.
R18 Lors de l'utilisation, formation possible de
mélange vapeur-air inflammable/explosif.
R19 Peut former des peroxydes explosifs.
R20 Nocif par inhalation.
R21 Nocif par contact avec la peau.
R22 Nocif en cas d'ingestion.
R23 Toxique par inhalation.
R24 Toxique par contact avec la peau.
R25 Toxique en cas d'ingestion.
R26 Très toxique par inhalation.
R27 Très toxique par contact avec la peau.
R28 Très toxique en cas d'ingestion.
R29 Au contact de l'eau, dégage des gaz toxiques.
R30 Peut devenir facilement inflammable pendant
l'utilisation.
R31 Au contact d'un acide, dégage un gaz toxique.
R32 Au contact d'un acide, dégage un gaz très
toxique.
R33 Danger d'effets cumulatifs.
R34 Provoque des brûlures.
R35 Provoque de graves brûlures.
R36 Irritant pour les yeux.
R37 Irritant pour les voies respiratoires.
R38 Irritant pour la peau.
R39 Danger d'effets irréversibles très graves.
R40 Effet cancérogène suspecté ; preuves
insuffisantes.
R41 Risque de lésions oculaires graves.
R42 Peut entraîner une sensibilisation par inhalation.
R43 Peut entraîner une sensibilisation par contact
avec la peau.
R44 Risque d'explosion si chauffé en ambiance
confinée.
R45 Peut provoquer le cancer.
R46 Peut provoquer des altérations génétiques
héréditaires.
R48 Risque d'effets graves pour la santé en cas
d'exposition prolongée.
R49 Peut provoquer le cancer par inhalation.
R50 Très toxique pour les organismes aquatiques.
R51 Toxique pour les organismes aquatiques.
R52 Nocif pour les organismes aquatiques.
R53 Peut entraîner des effets néfastes à long terme
pour l'environnement aquatique
R54 Toxique pour la flore.
R55 Toxique pour la faune.
R56 Toxique pour les organismes du sol.
R57 Toxique pour les abeilles.
R58 Peut entraîner des effets néfastes à long terme
pour l'environnement.
R59 Dangereux pour la couche d'ozone.
R60 Peut altérer la fertilité.
R61 Risque pendant la grossesse d'effets néfastes
pour l'enfant.
R62 Risque possible d'altération de la fertilité.
R63 Risque possible pendant la grossesse d'effets
néfastes pour l'enfant.
R64 Risque possible pour les bébés nourris au lait
maternel.
R65 Nocif : peut provoquer une atteinte des
poumons en cas d'ingestion.
R66 L'exposition répétée peut provoquer
dessèchement ou gerçures de la peau.
R67 L'inhalation de vapeurs peut provoquer
somnolence et vertiges.
R68 Possibilité d'effets irréversibles.
Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques


3.2.2 Combinaisons de phrases R
R14/15 Réagit violemment au contact de l'eau en dégageant des gaz extrêmement inflammables.
R15/29 Au contact de l'eau, dégage des gaz toxiques et extrêmement inflammables.
R20/21 Nocif par inhalation et par contact avec la peau.
R20/22 Nocif par inhalation et par ingestion.
R20/21/22 Nocif par inhalation, par contact avec la peau et par ingestion.
R21/22 Nocif par contact avec la peau et par ingestion.
R23/24 Toxique par inhalation et par contact avec la peau.
R23/25 Toxique par inhalation et par ingestion.
R23/24/25 Toxique par inhalation, par contact avec la peau et par ingestion.
R24/25 Toxique par contact avec la peau et par ingestion.
R26/27 Très toxique par inhalation et par contact avec la peau.
R26/28 Très toxique par inhalation et par ingestion.
R26/27/28 Très toxique par inhalation, par contact avec la peau et par ingestion.
R27/28 Très toxique par contact avec la peau et par ingestion.
R36/37 Irritant pour les yeux et les voies respiratoires.
R36/38 Irritant pour les yeux et la peau.
R36/37/38 Irritant pour les yeux, les voies respiratoires et la peau.
R37/38 Irritant pour les voies respiratoires et la peau.
R39/23 Toxique : danger d'effets irréversibles très graves par inhalation.
R39/24 Toxique : danger d'effets irréversibles très graves par contact avec la peau.
R39/25 Toxique : danger d'effets irréversibles très graves par ingestion.
R39/23/24 Toxique : danger d'effets irréversibles très graves par inhalation et par contact avec la peau.
R39/23/25 Toxique : danger d'effets irréversibles très graves par inhalation et par ingestion.
R39/24/25 Toxique : danger d'effets irréversibles très graves par contact avec la peau et par ingestion.
R39/23/24/25 Toxique : danger d'effets irréversibles très graves par inhalation, par contact avec la peau et
par ingestion.
R39/26 Très toxique : danger d'effets irréversibles très graves par inhalation.
R39/27 Très toxique : danger d'effets irréversibles très graves par contact avec la peau.
R39/28 Très toxique : danger d'effets irréversibles très graves par ingestion.
R39/26/27 Très toxique : danger d'effets irréversibles très graves par inhalation et par contact avec
la peau.
R39/26/28 Très toxique : danger d'effets irréversibles très graves par inhalation et par ingestion.
R39/27/28 Très toxique : danger d'effets irréversibles très graves par contact avec la peau et par ingestion.
R39/26/27/28 Très toxique : danger d'effets irréversibles très graves par inhalation, par contact avec la peau
et par ingestion.
R42/43 Peut entraîner une sensibilisation par inhalation et par contact avec la peau.
R48/20 Nocif : risque d'effets graves pour la santé en cas d'exposition prolongée par inhalation.
R48/21 Nocif : risque d'effets graves pour la santé en cas d'exposition prolongée par contact avec
la peau.
R48/22 Nocif : risque d'effets graves pour la santé en cas d'exposition prolongée par ingestion.
R48/20/21 Nocif : risque d'effets graves pour la santé en cas d'exposition prolongée par inhalation et par
contact avec la peau.
R48/20/22 Nocif : risque d'effets graves pour la santé en cas d'exposition prolongée par inhalation et par
ingestion.
R48/21/22 Nocif : risque d'effets graves pour la santé en cas d'exposition prolongée par contact avec la
peau et par ingestion.
R48/20/21/22 Nocif : risque d'effets graves pour la santé en cas d'exposition prolongée par inhalation,
contact avec la peau et ingestion.
R48/23 Toxique : risque d'effets graves pour la santé en cas d'exposition prolongée par inhalation.
R48/24 Toxique : risque d'effets graves pour la santé en cas d'exposition prolongée par contact
avec la peau.
R48/25 Toxique : risque d'effets graves pour la santé en cas d'exposition prolongée par ingestion.
R48/23/24 Toxique : risque d'effets graves pour la santé en cas d'exposition prolongée par inhalation et
par contact avec la peau.
R48/23/25 Toxique : risque d'effets graves pour la santé en cas d'exposition prolongée par inhalation et
par ingestion.
Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques
R48/24/25 Toxique : risque d'effets graves pour la santé en cas d'exposition prolongée par contact
avec la peau et par ingestion.
R48/23/24/25 Toxique : risque d'effets graves pour la santé en cas d'exposition prolongée par inhalation,
par contact avec la peau et par ingestion.
R50/53 Très toxique pour les organismes aquatiques, peut entraîner des effets néfastes à long terme
pour l'environnement aquatique.
R51/53 Toxique pour les organismes aquatiques, peut entraîner des effets néfastes à long terme
pour l'environnement aquatique.
R52/53 Nocif pour les organismes aquatiques, peut entraîner des effets néfastes à long terme
pour l'environnement aquatique.
R68/20 Nocif : possibilité d'effets irréversibles par inhalation.
R68/21 Nocif : possibilité d'effets irréversibles par contact avec la peau.
R68/22 Nocif : possibilité d'effets irréversibles par ingestion.
R68/20/21 Nocif : possibilité d'effets irréversibles par inhalation et par contact avec la peau.
R68/20/22 Nocif : possibilité d'effets irréversibles par inhalation et par ingestion.
R68/21/22 Nocif : possibilité d'effets irréversibles par contact avec la peau et par ingestion.
R68/20/21/22 Nocif : possibilité d'effets irréversibles par inhalation, par contact avec la peau et par ingestion.
3.3 Conseils de prudence
3.3.1 Phrases S
S1 Conserver sous clé.
S2 Conserver hors de la portée des enfants.
S3 Conserver dans un endroit frais.
S4 Conserver à l'écart de tout local d'habitation.
S5 Conserver sous... (liquide approprié à spécifier par le
fabricant).
S6 Conserver sous... (gaz inerte à spécifier par le
fabricant).
S7 Conserver le récipient bien fermé.
S8 Conserver le récipient à l'abri de l'humidité.
S9 Conserver le récipient dans un endroit bien ventilé.
S12 Ne pas fermer hermétiquement le récipient.
S13 Conserver à l'écart des aliments et boissons y compris
ceux pour animaux.
S14 Conserver à l'écart des... (matière(s) incompatible(s) à
indiquer par le fabricant).
S15 Conserver à l'écart de la chaleur.
S16 Conserver à l'écart de toute flamme ou source
d'étincelles - Ne pas fumer.
S17 Tenir à l'écart des matières combustibles.
S18 Manipuler et ouvrir le récipient avec prudence.
S20 Ne pas manger et ne pas boire pendant l'utilisation.
S21 Ne pas fumer pendant l'utilisation.
S22 Ne pas respirer les poussières.
S23 Ne pas respirer les gaz/vapeurs/ fumées/aérosols
(terme(s) approprié(s) à indiquer par le fabricant).
S24 Éviter le contact avec la peau.
S25 Éviter le contact avec les yeux.
S26 En cas de contact avec les yeux, laver immédiatement
et abondamment avec de l'eau et consulter un
spécialiste.
S27 Enlever immédiatement tout vêtement souillé ou
éclaboussé.
S28 Après contact avec la peau, se laver immédiatement
et abondamment avec... (produits appropriés à
indiquer par le fabricant).
S39 Porter un appareil de protection des yeux/du visage.
S40 Pour nettoyer le sol ou les objets souillés par ce
produit, utiliser... (à préciser par le fabricant).
S41 En cas d'incendie et/ou d'explosion ne pas respirer les
fumées.
S42 Pendant les fumigations/pulvérisations porter un
appareil respiratoire approprié (terme(s) approprié(s) à
indiquer par le fabricant).
S43 En cas d'incendie utiliser... (moyens d'extinction à
préciser par le fabricant. Si l'eau augmente les risques,
ajouter "Ne jamais utiliser d'eau ").
S45 En cas d'accident ou de malaise consulter
immédiatement un médecin (si possible lui montrer l
'étiquette) .
S46 En cas d'ingestion consulter immédiatement un
médecin et lui montrer l'emballage ou l'étiquette.
S47 Conserver à une température ne dépassant pas... °C
(à préciser par le fabricant).
S48 Maintenir humide avec... (moyen approprié à préciser
par le fabricant).
S49 Conserver uniquement dans le récipient d'origine.
S50 Ne pas mélanger avec... (à spécifier par le fabricant).
S51 Utiliser seulement dans des zones bien ventilées.
S52 Ne pas utiliser sur de grandes surfaces dans les locaux
habités.
S53 Éviter l'exposition, se procurer des instructions
spéciales avant l'utilisation.
S56 Éliminer ce produit et son récipient dans un centre de
collecte des déchets dangereux ou spéciaux.
S57 Utiliser un récipient approprié pour éviter toute
contamination du milieu ambiant.
S59 Consulter le fabricant ou le fournisseur pour des
informations relatives à la récupération ou au
recyclage.
S60 Éliminer le produit et son récipient comme un déchet
dangereux.
Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

S29 Ne pas jeter les résidus à l'égout.
S30 Ne jamais verser de l'eau dans ce produit.
S33 Éviter l'accumulation de charges électrostatiques.
S35 Ne se débarrasser de ce produit et de son récipient
qu'en prenant toutes précautions d'usage.
S36 Porter un vêtement de protection approprié.
S37 Porter des gants appropriés.
S38 En cas de ventilation insuffisante, porter un appareil
respiratoire approprié.
S61 Éviter le rejet dans l'environnement. Consulter les
instructions spéciales / la fiche de données de
sécurité.
S62 En cas d'ingestion, ne pas faire vomir. Consulter
immédiatement un médecin et lui montrer l'emballage
ou l'étiquette.
S63 En cas d'accident par inhalation, transporter la victime
hors de la zone contaminée et la garder au repos.
S64 En cas d'ingestion, rincer la bouche avec de l'eau
(seulement si la personne est consciente).
3.3.2 Combinaisons de phrases S
S1/2 Conserver sous clé et hors de portée des enfants.
S3/7 Conserver le récipient bien fermé dans un endroit frais.
S3/9/14 Conserver dans un endroit frais et bien ventilé à l'écart des...
(matières incompatibles à indiquer par le fabricant).
S3/9/14/49 Conserver uniquement dans le récipient d'origine dans un endroit frais et bien ventilé à l'écart
de... (matières incompatibles à indiquer par le fabricant).
S3/9/49 Conserver uniquement dans le récipient d'origine dans un endroit frais et bien ventilé.
S3/14 Conserver dans un endroit frais à l'écart des...
(matières incompatibles à indiquer par le fabricant).
S7/8 Conserver le récipient bien fermé et à l'abri de l'humidité.
S7/9 Conserver le récipient bien fermé et dans un endroit bien ventilé.
S7/47 Conserver le récipient bien fermé et à une température ne dépassant pas ...°C
(à préciser par le fabricant).
S20/21 Ne pas manger, ne pas boire et ne pas fumer pendant l'utilisation.
S24/25 Éviter le contact avec la peau et les yeux.
S27/28 Après contact avec la peau, enlever immédiatement tout vêtement souillé ou éclaboussé et se laver
immédiatement et abondamment avec... (produits appropriés à indiquer par le fabricant).
S29/35 Ne pas jeter les résidus à l'égout ; ne se débarrasser de ce produit et de son récipient qu'en prenant
toutes les précautions d'usage.
S29/56 Ne pas jeter les résidus à l'égout, éliminer ce produit et son récipient dans un centre de collecte
des déchets dangereux ou spéciaux.
S36/37 Porter un vêtement de protection et des gants appropriés.
S36/37/39 Porter un vêtement de protection approprié, des gants et un appareil de protection des yeux/du visage.
S36/39 Porter un vêtement de protection approprié et un appareil de protection des yeux / du visage.
S37/39 Porter des gants appropriés et un appareil de protection des yeux/du visage.
S47/49 Conserver uniquement dans le récipient d'origine à température ne dépassant pas... °C
(à préciser par le fabricant).

Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

4 COMMENT STOCKER
LES PRODUITS DANGEREUX
Le stockage des matières dangereuses est essentiellement concerné par les
réglementations suivantes :
• la législation sur les installations classées pour la protection de l'environnement ;
• le Code de la construction et de l'habitation ;
• le Code de l’urbanisme ;
• le Code des communes ;
• le Code du travail ;
• le règlement sanitaire départemental.

L’ensemble des textes et mesures applicables aux stockages de matières dangereuses vise
à assurer dans toutes les circonstances de l’exploitation (normale ou dégradée) :
• la protection des personnes (les tiers ou le personnel) ;
• la protection des biens ;
• la protection de l’environnement.
4.1 La responsabilité de l’entrepositaire
Il lui appartient de mettre en place :
• un dispositif de prévention des accidents (par exemple pour l'organisation des
stockages) ;
• un dispositif de protection efficace contre tout sinistre corporel ou matériel en liaison
avec les services de secours extérieurs.
4.2 La connaissance des produits stockés
La connaissance du produit stocké est une donnée fondamentale dans l’étude de réalisation
d’un stockage de produit dangereux.

Les paramètres suivants doivent être connus :
• la désignation usuelle ;
• la désignation commerciale ;
• l’éventuelle utilisation dans le process ;
• l’état : solide ; en blocs ; pulvérulent ; granuleux ; liquide ; gazeux ; comprimé ; liquéfié
comprimé ; liquéfié réfrigéré ; chaud ou froid ;
• le(s) danger(s) : explosif ; inflammable ; comburant ; toxique ; nocif ; irritant ;
radioactif ;dangereux pour l’environnement… ;
• les incompatibilités avec d’autres produits ;
• les quantités stockées ;
• le mode de stockage envisagé (si projet) : en cuves, en fûts, en colis.

Pour un produit identique, les dangers peuvent différer suivant le mode de stockage et l’état.
4.3 La conception du stockage
Certains produits peuvent réagir violemment les uns avec les autres. Ils ne doivent donc pas
être stockés au même endroit.
En effet, en cas de fuite ou d’incendie, les emballages peuvent être endommagés ; des produits
peuvent alors se mélanger les uns avec les autres en provoquant des réactions dangereuses :
dégagement d’un produit gazeux toxique, projections, inflammation, explosion.
Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques


Plusieurs types de mesures permettent d’assurer la sécurité :
• stockage à l’extérieur dans un emplacement ventilé ;
• stockages à des distances éloignées les uns des autres ;
• stockages en locaux différents ou en boxes fermés ou séparés par des murs coupe-feu… ;
• armoires spéciales pour produits inflammables ;
• accès limité au personnel autorisé.

Pour les produits en petits conditionnements, l’utilisation des symboles de risques de
l’étiquetage permet de réaliser un premier tri parmi les produits incompatibles.
4.3.1 La compatibilité des produits dangereux




Produit
inflammable

Comburant

Produit
toxique

Produit nocif
ou irritant
Produit
inflammable
+ - - +
Comburant - + - 0
Produit
toxique
- - + +
Produit nocif
ou irritant
+ 0 + +

- ne doivent pas être stockés ensemble
0 ne doivent être stockés ensemble que si certaines dispositions sont appliquées
+ peuvent être stockés ensemble Source : Doc. ED 753 - INRS
4.3.2 Les conditions de stockage
Les conditions de stockage des produits dangereux sont réglementées en fonction de l'état ou
de la nature du produit considéré. Il existe ainsi des règles pour les dépôts de liquides
inflammables, de gaz inflammables, de produits toxiques, comburants, etc., ainsi que des
règles pour des produits particuliers : acétylène, chlore, peroxydes organiques, lessive de
soude, etc., par exemple.

Selon la quantité susceptible d'être présente, les installations de stockage peuvent être
soumises à la législation des ICPE, sous le régime de la déclaration ou de l'autorisation.

Des arrêtés préfectoraux fixent les prescriptions relatives à l'aménagement, l'exploitation,
la prévention des risques, les rejets, la remise en état en fin d'exploitation.
Pour les installations soumises à déclaration, ces arrêtés sont établis sur la base des « arrêtés de
prescriptions générales » (anciens arrêtés-types).

Pour les installations soumises à autorisation, ils sont particuliers à l'installation ou à
l'établissement et tiennent compte, le cas échéant, des prescriptions ministérielles
existantes pour le type de produit considéré. Lorsque des matières, produits ou
substances combustibles sont stockés en quantité supérieure à 500 tonnes, l'entrepôt ou
l'ensemble des bâtiments ou zones à usage d'entrepôts) est classé dès lors que le volume
total atteint 5000 m
3
. Les stockages des produits appartenant à des catégories
spécifiques (par exemple : toxiques, comburantes, inflammables…) sont visés par d'autres
rubriques. Si les seuils de chaque rubrique sont dépassés, l'installation est classée sous
toutes ces rubriques simultanément.

Si les prescriptions varient selon les produits, on peut toutefois dégager un certain
nombre de conditions communes que le simple bon sens peut imposer dans tous les cas.

Ces conditions sont décrites ci-dessous, sans que cette liste soit limitative.
Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques
Dépôts sous abri :
• cuvette de rétention étanche ;
• parois coupe-feu ;
• portes pare-flammes donnant sur l'extérieur du bâtiment, coupe-feu à l'intérieur ;
• appareillage et éclairage électriques anti-déflagrants ou étanches aux gaz dans les locaux ou
des gaz ou vapeurs inflammables ou explosibles sont susceptibles de se dégager ;
• paroi éjectable lorsqu'il y a risque d'explosion ;
• possibilité d'évacuation rapide des récipients en cas d'incendie ;
• exutoires de fumée, etc. ;
• signalisation des produits dangereux stockés sur la porte d'accès au local, etc.
Dépôts aériens :
• recul par rapport aux immeubles occupés par des tiers, aux limites de propriété, aux
ERP, à la voie publique, etc. ;
• cuvette de rétention étanche ;
• protection contre la malveillance (clôture) ;
• double enveloppe ou fosse étanche pour les réservoirs enterrés ;
• appareillage et éclairage électriques anti-déflagrant ou étanche aux gaz à proximité
des réservoirs pouvant dégager des gaz ou vapeurs inflammables ;
• moyens d'extinction et réserve d'émulseurs nécessaires ;
• poste de dépotage étanche.

Certains textes, comme les instructions techniques du 9 novembre 1989 sur les stockages de
gaz et de liquides inflammables donnent des formules permettant de calculer les zones de
danger autour des stockages.
Les bassins de rétention des eaux d'incendie
Depuis les incendies de Sandoz et de Protex, la réalisation d'un bassin de confinement
des eaux d'extinction est obligatoire pour les stockages de certains produits dans les
installations soumises à autorisation.

Sont notamment concernés, les produits très toxiques ou les produits toxiques particuliers
lorsque les stockages dépassent 20 t ainsi qu'un certain nombre de substances si les stockages
dépasse 200 t (annexe II, arrêté du 2 février 1998) ou les produits agro-pharmaceutiques en
quantité supérieure à 500 t.

La capacité du bassin est à calculer et à justifier dans le cadre de l'étude de dangers obligatoire
pour les installations soumises à autorisation. À défaut elle sera égale à 5 m
3
par tonne de
produit stocké.
4.4 La configuration des bâtiments de stockage
Le stockage doit être conçu et construit en fonction de :
• la nature des matières entreposées (danger, produits incompatibles, quantité…) ;
• l’accessibilité des secours ;
• prescriptions : des assureurs et de l’arrêté préfectoral, le cas échéant ;
• l’accessibilité des transporteurs.


Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques


La conception des bâtiments
Voici les principales prescriptions qui peuvent être émises par l'administration ou les
sociétés d’assurance :
• la résistance au feu des éléments utilisés dans la construction doit répondre aux critères
de stabilité des structures (ossature, charpente, murs porteurs) et de compartimentage
imposés par la réglementation ou exigés par les assureurs (règles APSAD) ;
• les stockages doivent être découpés en compartiments où seront stockés les produits
compatibles entre eux et doivent être isolés des bureaux par des distances supérieures
à 10 mètres ;
• les communications (porte, ouverture dans les murs, convoyeur, gaine…) entre
compartiments doivent être sectionnables par des moyens coupe-feu ;
• des systèmes de rétention doivent être mis en place sur les sols des compartiments
recevant des produits liquides.

Ces rétentions seront conçues de telle sorte qu’elles ne permettent pas :
• la rencontre de produits incompatibles,
• l’écoulement direct vers un réseau extérieur (création d’un volume tampon).
Pour cela, la qualité des sols devra être compatible avec la nature des produits stockés,
et, en présence de risque d’explosion, les toitures devront être équipées d’évents ou de
points de rupture permettant de contrôler la surpression exercée sur les murs du
stockage.
Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

5 COMMENT UTILISER
LES PRODUITS DANGEREUX
Plus on agit en amont du risque, plus la prévention est efficace.
Autant que possible, l’action du chef d’établissement s’inscrit dans la logique suivante :
il doit intervenir dès le choix des produits.

Les règles générales de prévention du risque fixées par le Code du travail (article R231-
54) sont les suivantes :
• limiter l'utilisation des substances ou des préparations chimiques dangereuses ;
• évaluer les risques ;
• mettre en place des moyens efficaces assurant l'évacuation des vapeurs, des gaz des
aérosols ou des poussières ;
• assurer la vérification et la maintenance des appareils de protection collective ;
• mettre à disposition des appareils de protection individuelle ;
• informer chaque poste de travail des risques auxquels peut être exposé le travailleur ;
• contrôler les valeurs limites ;
• limiter l'accès des locaux de travail ;
• adoptée une signalisation de sécurité appropriée ;
• effectués les prélèvements et analyses obligatoires.
5.1 Les produits de substitution
La mesure de prévention la plus efficace est le remplacement d'un produit dangereux par
un équivalent ne présentant pas ou peu de risques. Une étude préalable approfondie est
souvent nécessaire.
5.2 Les risques liés aux propriétés physico-chimiques
Quelques caractéristiques sont utiles à connaître :

• Le point d’éclair
Il s’agit de la température minimale à laquelle il faut porter un liquide pour que les
vapeurs émises s’enflamment en présence d’une flamme, dans des conditions
normalisées. Cette constante a été retenue comme critère de classement réglementaire
des liquides inflammables en trois catégories (extrêmement inflammable, très
inflammable, inflammable). Plus le point d’éclair est bas, plus le risque d’inflammabilité
est grand (par exemple, pour l’éther éthylique ou oxyde de diéthyle, le point d’éclair est –
45 °C) ;
• Le point d’auto-inflammation
Il s’agit de la température à partir de laquelle les vapeurs s’enflamment spontanément
sans apport de flammes. Plus cette température est basse, plus le risque d’inflammation
spontanée est important (par exemple, pour le sulfure de carbone, le point d’auto-
inflammation est de + 100 °C) ;
• Les limites d'inflammabilité
Les gaz et vapeurs peuvent s'enflammer ou exploser si le rapport vapeur/air est compris
entre deux valeurs limites, la limite inférieure d’inflammabilité (LII) et la limite supérieure
d’inflammabilité (LSI). Elles sont exprimées en pourcentage dans l’air ;
• Les valeurs limites d’exposition
Les valeurs limites d’exposition correspondent à des concentrations dans l’atmosphère à ne
pas dépasser. Ce ne sont pas des valeurs définitives elles font l’objet de révisions au regard
de l’évolutiion des connaissances .
Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

La transposition de la directive 200/39/Ce par l’arrêté du 30 juin 2004 a fourni une liste de
63 VLE réglementaires indicatives, des VLE indicatives équivalentes sont établies par plusieurs
circulaires ministérielles.
Par ailleurs des VLE contraignantes existent pour une certains nombre de produits, ces valeurs
sont fixées par décrets amiante, benzène, chlorure de vinyle monomère, plomb, silice
cristalline, gaz de fumigation, poussière

Ces VLE sont définies de la façon suivante :
• la valeur limite de moyennes d’exposition (ou VME) : pour un produit donné, est
la concentration dans l’air à laquelle un travailleur en bonne santé peut être exposé pendant
8 heures par jour sans dommage pour sa santé ;
• la valeur limite d’exposition (ou VLE) : est la valeur limite à ne dépasser en aucun
cas lors d’une exposition de 15 minutes par inhalation.

Ces valeurs renseignent sur les effets éventuels de l’exposition d’un homme sain à un produit
unique, mais elles ne prennent en compte ni la sensibilité individuelle, ni les effets cumulés de
plusieurs produits sur un même individu.
5.3 L'utilisation des moyens de protection collective
Les équipements de protection collective doivent être utilisés en priorité.
D'après le code du travail (article R231-54-3), les installations et les appareils de
protection collective doivent être régulièrement vérifiés et maintenus en parfait état
de fonctionnement. Les résultats des vérifications sont tenus à la disposition de
l'inspecteur du travail, des agents des services de prévention des organismes de
sécurité sociale, du médecin du travail et des membres du comité d'hygiène, de
sécurité et de conditions de travail (CHSCT) ou, à défaut, des délégués du
personnel.

En outre, une notice établie par l'employeur après avis du comité d'hygiène, de
sécurité et des conditions de travail ou, à défaut, des délégués du personnel, fixe
les procédures à mettre en œuvre pour assurer la surveillance et la maintenance
des installations de protection collective.

Ces moyens de protection collective sont par exemple :
• les sorbonnes, qui sont des enceintes ventilées en dépression, raccordées par un
extracteur à l’extérieur ;
• les hottes chimiques mobiles, qui aspirent l’air et le rejettent dans le laboratoire
après passage sur un filtre à charbon actif (en général spécifique à une famille de
composés volatils). Elles doivent faire l’objet d’une surveillance constante
(saturation du filtre),
• les écrans de protection, qui doivent être en matériau résistant et placés devant
chaque manipulation de produits chimiques présentant un risque de projection ou
d’explosion.
5.4 Le port des équipements de protection individuelle
Le port des équipements de protection individuelle (EPI) est obligatoire.
« Des appareils de protection individuels adaptés aux risques encourus sont mis à la
disposition des travailleurs susceptibles d'être exposés à l'action des substances ou des
préparations chimiques dangereuses. Le personnel d'intervention ou de secours dont la
présence est indispensable en cas de dispersion accidentelle dans les locaux de travail de
substances ou de préparations chimiques dangereuses doit être équipé de moyens de
protection corporelle adaptés aux risques encourus et, s'il y a lieu d'appareils de
protection respiratoire isolants. » (Code du travail).
Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques
Les EPI à utiliser sont au minimum :
• une blouse en coton (fermée) ;
• des lunettes de protection à coques latérales ;
• des gants résistants aux produits manipulés (suivant les cas : gants en vinyle, latex,
néoprène, nitrile ou coton pour les poudre fines).

Le responsable doit s’assurer que ces équipements sont portés.

La protection respiratoire est, le cas échéant, assurée par des masques à cartouches filtrantes
ou à cartouches absorbantes adaptées aux produits utilisés. Les masques autonomes peuvent
être utilisés lors d’interventions ponctuelles.

Les masques anti-poussière ne protègent jamais des vapeurs de produits chimiques.
5.5 La manipulation de produits dangereux
5.5.1 Formation et information du personnel
Le personnel de l’entreprise, y compris les caristes, doit recevoir une formation
appropriée sur les risques liés aux produits manipulés et stockés ainsi que les moyens de
prévention.

Les informations portent sur les points suivants :
• risques liés à la manipulation des produits dangereux (lecture de l’étiquetage) ;
• mesures préventives ;
• élimination des déchets dangereux ;
• consignes en cas d’accident, d’incendie ou de fuite de produits ;
• lutte contre l’incendie ;
• premiers secours ;
• évacuation.
Le marquage et l’affichage sur les lieux de travail complètent ces informations.
5.5.2 Protection du personnel
Des installations sanitaires doivent être mises à la disposition des travailleurs pour leur
hygiène personnelle.

Des consignes indiquant de se laver les mains avant de manger et de boire sont
recommandées.

Les vestiaires doivent permettre au personnel de ranger ses vêtements de travail et ses
vêtements de ville séparément, lorsque le travail comporte un risque de contamination
par des produits dangereux.

Des consignes doivent indiquer de ne pas porter de vêtements sales imprégnés de
produits dangereux.
5.5.3 Propreté des locaux

• Lorsque la quantité de produit renversé est faible, on peut utiliser un produit absorbant.
Les déchets doivent être récupérés et éliminés.
• Il faut prévoir des consignes pour qu’en cas de fuite importante un responsable soit
informé sans délai.
Tout déversement à l’égout doit être évité.

Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

Le magasin doit être nettoyé par des moyens appropriés (par aspiration, par lavage à
l’eau, etc.).
Le balayage est à éviter car il disperse les poussières dans l’air.
5.5.4 Les produits dangereux usagés
Les produits dangereux usagés sont considérés comme des déchets industriels spéciaux
(DIS) ou des déchets toxiques en quantités dispersées (DTQD) en fonction des quantités
générées.
Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

6 CHARGEMENT/DÉCHARGEMENT
DES PRODUITS DANGEREUX
6.1 Les aires de chargement/déchargement
L’aire de déchargement doit posséder, certaines caractéristiques dont :
• Sol
Il doit résister aux charges des véhicules et aux produits chimiques, et permettre, en cas de
renversement accidentel, l’évacuation des produits s’ils sont liquides vers une fosse de rétention.
• Balisage
La zone réservée au chargement/déchargement des produits doit être balisée et avoir des
dimensions adaptées aux véhicules.
• Circulation
L’entrée sur l’aire de chargement/déchargement et la sortie des véhicules doit pouvoir
s’effectuer en marche avant dans la mesure du possible. En dehors des opérations de
déchargement, les allées de circulation doivent être dégagées. Les installations fixes doivent être
protégées contre le risque de choc par les véhicules.
• Point d’eau
Pour entraîner les produits liquides répandus vers une fosse de rétention, il est conseillé
d’installer un point d’eau (s’il n’y a pas d’incompatibilité entre l’eau et le produit).
• Douches de sécurité, lave-œil
Une douche de sécurité et un lave-œil permettent de secourir le personnel en cas
d’éclaboussures par des produits corrosifs. Les circuits d’eau sont à protéger du gel.
6.2 Le protocole de chargement/déchargement
L'arrêté du 26 avril 1996 sur les travaux effectués par une entreprise extérieure
impose notamment l'établissement d'un « protocole de sécurité » écrit. Ce protocole
doit être établi pour chaque opération de chargement ou de déchargement entre
l'entreprise d'accueil et l'entreprise de transport, préalablement à la réalisation de
l'opération. Il contient des indications concernant l’entreprise d’accueil et le
transporteur.
Pour l'entreprise d'accueil :
• Les consignes de sécurité, particulièrement celles relatives à l'opération de chargement
ou de déchargement ;
• le lieu de livraison ou de prise en charge, les modalités d'accès et de stationnement
aux postes de chargement ou de déchargement accompagnées d'un plan et des
consignes de circulation ;
• les matériels ou engins spécifiques utilisés pour le chargement ou le déchargement ;
• les moyens de secours en cas d'accident ou d'incident ;
• l'identité du responsable désigné par l'entreprise d'accueil auquel l'employeur délègue
ses attributions ;
Pour le transporteur :
• les caractéristiques du véhicule, son aménagement et ses équipements ;
• la nature et le conditionnement de la marchandise ;
• les précautions ou sujétions particulières résultant de la nature des substances ou produits
transportés, notamment celles qui sont imposées par la réglementation relative au transport
des matières dangereuses.
Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques



Modèle de protocole de chargement/déchargement
(Voir page suivante)
6.3 Le transvasement et le reconditionnement
Il s'agit d'opérations de transfert ou transvasement de produits d’un réservoir ou d’un conteneur
dans un autre, habituellement plus petit. Ces opérations peuvent provoquer des émissions de
vapeurs ou de poussières, donner lieu à des éclaboussures et des renversements accidentels.
Elles doivent être effectuées à un poste de travail spécialement aménagé, le cas échéant,
suivant les prescriptions applicables à l'installation au titre de la législation sur les ICPE.
• Ventilation
Il est nécessaire d’assurer une ventilation efficace pour supprimer à la fois les risques
d’explosion et d’intoxication :
• en plein air (sous auvent). Si la ventilation naturelle s’avère insuffisante, un dispositif de
captage à la source des vapeurs ou poussières doit être installé ;
• à l’intérieur d’un local. Un système de ventilation mécanique est nécessaire, par exemple un
dispositif de captage localisé des vapeurs ou des poussières (complété éventuellement par
une ventilation générale). La seule ventilation générale du local par un système mécanique
n’est acceptable que si le captage localisé n’est techniquement pas réalisable.
• Protection de la peau et des yeux
Il faut utiliser des appareils évitant tout contact cutané avec les produits, par exemple des
pompes ou des vide-tourie.
Il faut porter des gants, écrans faciaux ou à défaut lunettes, vêtements, chaussures ou bottes.
• Protection contre les incendies et les explosions
(cas des liquides et gaz inflammables)
Il faut :
• mettre à la terre les récipients métalliques ;
• utiliser du matériel électrique et d’éclairage approprié aux atmosphères explosives et
corrosives ;
• ne pas employer d’air comprimé pour transférer un liquide inflammable ;
• éviter le remplissage en pluie qui favorise l’accumulation de charges d’électricité statique.
• Protection contre le risque de confusion entre produits
Les récipients secondaires dans lesquels ont été transvasés les récipients primaires doivent avoir
la même étiquette que ce dernier.
Partie 4 –Utiliser des produits dangereux en limitant les risques

Modèle de protocole de chargement/déchargement
Entreprises Entreprise d'accueil :
- Nom, adresse, téléphone…
- Service destinataire
- Nom du responsable concerné

Entreprise de transport :
- Nom, adresse, téléphone…
- Nom de l'interlocuteur
Horaires d'ouverture
aux transporteurs

Informations sur la sécurité du site / Procédure
d'alerte
- Nom du responsable de la sécurité
- Numéros de téléphone :
. Premier secours
. Pompiers
. Problèmes techniques
- Indication des points pharmacie
- Indication du point phone, disponible pour les chauffeurs
Indications portées sur le plan de masse - Les lieux de chargement et déchargement
- Les parkings d'attente
- Les aires de bâchage/débâchage
- Le plan de circulation et les limitations de vitesse
- Les bascules
- Les bureaux administratifs pour les documents
- Les sanitaires
- Le local de repos à disposition des chauffeurs
- Les conteneurs à ordures
- Les téléphones
- Les zones interdites aux chauffeurs
- Les lignes électriques aériennes
Équipements fixes entreprises d'accueil - Quai
- Pont roulant avec pontier
- Passerelle de bâchage
Équipement mobile disponible chez l'entreprise
d'accueil
- Chariot élévateur avec cariste
- Tire-palette électrique
Équipement mobile sur le camion - Grue auxiliaire
- Tire-palette main
- Diable
- Hayon élévateur
Type de chargement nécessitant des précautions
ou des aménagements particuliers
- Bobines
- Conteneurs
- Tourets
- Produits dangereux
- Autres :
Type de matériel souhaité par l'entreprise
d'accueil
- Savoyarde avec échelle
- Bâchage coulissant à toit fixe
- Bâchage coulissant à toit mobile
- Plateau
- Citerne avec rambarde
- Frigorifique
- Benne
- Autres :
Consignes générales

Consignes particulières

Date :
Entreprise d'accueil (nom, fonction, signature)
Entreprise de transport (nom fonction, signature)




PARTIE 5
PRÉVENIR LES RISQUES
POUR L'ENVIRONNEMENT



























Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement



1 IDENTIFIER LES RISQUES POUR L'ENVIRONNEMENT



2 LES INSTALLATIONS CLASSÉES


2.1 ICPE : la législation


2.2 ICPE : les textes de base


2.3 La nomenclature


2.4 La création d'une installation classée
2.4.1 La notion d'installation
2.4.1 L’articulation avec le permis de construire


2.5 La procédure d'autorisation
2.5.1 Quand, par qui, où, comment ?
2.5.2 L'étude d'impact
2.5.3 L'étude de dangers
2.5.4 Le recours à la tierce expertise
2.5.5 L'enquête publique
2.5.6 L'arrêté d'autorisation
2.5.7 La procédure d'autorisation et le secret
2.5.8 Les servitudes d'utilité publique


2.6 La déclaration


2.7 Les recours et sanctions
2.7.1 Les recours
2.7.2 Les sanctions


2.8 La vie d'une installation classée
2.8.1 Le système de management environnemental
2.8.2 Les contrôles
2.8.3 Le secret industriel
2.8.4 Le rôle du CHSCT
2.8.5 Les plans de secours
2.8.6 Les obligations périodiques des exploitants
2.8.7 Les modifications ou extensions d'installations
2.8.8 Le régime fiscal des installations classées
2.8.9 La cessation d'activité


Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


3 LA GESTION DES REJETS ET DES DÉCHETS


3.1 Les règles à respecter en matière de rejets
3.1.1 La pollution atmosphérique
3.1.1 La pollution de l'eau


3.1 La gestion des déchets
3.1.1 Les dispositions législatives
3.1.2 Les définitions
3.1.3 Les contrôle des circuits d’élimination de déchets
3.1.4 Élimination des déchets


3.2 La gestion des déversements accidentels et des déchets d’incendie
3.2.1 Les déversements accidentels
3.2.2 Les déchets d'incendie



4 LA RESPONSABILITÉ EN MATIÈRE D'ENVIRONNEMENT


4.1 La responsabilité civile



4.2 La responsabilité pénale
4.2.1 La responsabilité de la personne morale
4.2.2 La responsabilité de la personne physique








Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement



1 IDENTIFIER LES RISQUES
POUR L'ENVIRONNEMENT
Il existe deux manières d’appréhender la gestion des risques pour l’environnement : une
manière sélective, par type de risque et une manière globale.

La première fait l’objet de mesures spécifiques par grands thèmes (air, eau, déchets,
protection de la nature). La seconde considère les effets nuisibles des substances et
activités sur tous les milieux.

Des lois édictent les principes pour l’une et l’autre : loi sur l’air, loi sur l’eau, loi déchets,
loi sur les installations classées. Ces lois ont été partiellement ou entièrement codifiées et
l’essentiel des dispositions se trouve désormais rassemblé dans le Code de
l’environnement.

Le Code de l’environnement définit des principes généraux pour la protection des
espaces, des ressources et milieux naturels, des sites et paysages, la qualité de l’air, les
espèces animales et végétales, la diversité et les équilibres biologiques. Il s’agit :
• du principe de précaution,
• du principe d’action préventive et de correction, par priorité à la source, des atteintes à
l'environnement, en utilisant les meilleures techniques disponibles à un coût
économiquement acceptable,
• du principe pollueur-payeur,
• du principe de participation, selon lequel chacun doit avoir accès aux informations
relatives à l’environnement, y compris celles relatives aux substances et activités
dangereuses.

Le livre 1
er
du code rassemble les dispositions communes : principes généraux,
information et participation des citoyens (études d’impact, enquêtes publiques,
institutions environnementales et associations pour la protection de l’environnement).

Le livre II, « Milieux physiques » recouvre le titre « Eau » et le titre « Air et atmosphère ».

Les livres III et IV concernent la protection de la nature (respectivement les espaces
naturels et la flore et de la faune).

Le livre V traite de la Prévention des pollutions, des risques et des nuisances. Il codifie
plusieurs grandes lois sur les installations classées pour la protection de l’environnement,
le contrôle des produits chimiques, les organismes génétiquement modifiés, l’élimination
des déchets, la gestion des déchets radioactifs, la sécurité civile et les risques majeurs (en
partie) et la lutte contre le bruit.

Le livre VI réunit les dispositions applicables à la Nouvelle-Calédonie, aux territoires
d’outre-mer et à Mayotte.

Les préoccupations du responsable d’établissement sont les risques qui peuvent être
engendrés par ses activités. Il lui appartient de les évaluer, du point du vue de la sécurité
des travailleurs comme de celui de la protection de l’environnement.
Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement



2 LES INSTALLATIONS CLASSÉES
2.1 ICPE : la législation
La législation des installations classées a pour but de protéger contre des « dangers ou des
inconvénients soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité
publiques, soit pour l'agriculture, soit pour la protection de la nature et de l'environnement, soit
pour la conservation des sites et des monuments » ainsi que des éléments du patrimoine
archéologique (L.511-1 Code de l’environnement).
Cette approche intégrée permet la prise en compte de tous les impacts sur
l’environnement : sont ainsi visés les risques d'incendie et d'explosion, le bruit, la
pollution de l'air et de l'eau, celles résultant des déchets, de la radioactivité, et
aussi les atteintes à la beauté des sites.

Toutes les activités sont concernées, si elles sont génératrices de nuisances : agriculture,
industrie, artisanat, commerces, services… qu'elles soient exercées par des personnes
physiques ou morales, par des collectivités, par des organismes privés ou publics.

Cette législation permet de prévenir les pollutions et les risques de l'installation elle-
même, mais aussi ceux qui sont liés à son exploitation, comme les inconvénients
résultant de la circulation engendrée par l'installation.

Ce très large domaine d'application a cependant ses limites :
• seules sont comprises dans le champ d'application les « installations fixes», c'est-à-dire les
sources fixes de nuisances, bâtiments, ateliers, usines, chantiers, entrepôts, ce qui exclut les
installations qui ne sont pas fixes, dont véhicules de toute nature (L.511-1);
• les « installations » soumises à cette législation sont celles inscrites sur une liste arrêtée
par décret en Conseil d'État, la « nomenclature des installations classées » (L.511-2).
2.2 ICPE : les textes de base
La législation des installations classées est fondée sur la loi n° 76-663 du 19 juillet 1976
relative aux installations classées pour la protection de l'environnement, désormais codifiée
au titre 1
er
du livre V du Code de l’environnement. Cette loi avait succédé à celle du 19
décembre 1917 sur les établissements dangereux, insalubres et incommodes.

De nombreux textes, à vocation générale ou particulière, complètent le dispositif
législatif.
Des textes spécifiques fixent des mesures appliquées à une catégorie
d’activités ou des catégories d’activités voisines :
• le décret n°53-578 du 20 mai 1953, modifié, fixe la liste des activités concernées
(nomenclature),
• le décret n° 77-1133 du 21 septembre 1977 modifié précise les procédures à suivre
par toute personne qui se propose de mettre en service une installation.

Des textes « transversaux » existent également, tels que :
• l’arrêté du 31 mars 1980 portant réglementation des installations électriques des
ICPE susceptibles de présenter des risques d’explosion ;
• l’arrêté du 28 janvier 1993, concernant la protection contre la foudre de certaines
ICPE ;
Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


• l’arrêté du 23 janvier 1997 relatif aux bruits aériens émis dans l’environnement
par les ICPE ;
• l’arrêté du 2 février 1998 modifié, relatif aux prélèvements et à
la consommation d’eau ainsi qu’aux émissions de toute nature des installations
soumises à autorisation ;
• l’arrêté du 10 mai 2000 modifié, relatif à la prévention des accidents majeurs
impliquant des substances dangereuses dans certaines catégories d’installations
classées pour la protection de l’environnement soumises à autorisation
(transposition de la directive dite « Seveso II »).
Pour les textes spécifiques à une activité :
• des arrêtés de prescriptions générales (remplaçant progressivement les
« arrêtés-types »), s’appliquent aux installations classées soumises à déclaration.
Préparés par le ministère de l'Environnement, ils peuvent être adaptés par le préfet
aux conditions locales.
• des arrêtés spécifiques à certaines activités soumises à autorisation
fixent des prescriptions minimales que les préfets doivent prendre en compte dans
leurs arrêtés d’autorisation pour certaines installations particulières. On peut citer
l’arrêté du 16 juillet 1997 relatif aux installations de réfrigération employant de
l’ammoniac comme fluide frigorigène ou l’arrêté du 29 juillet 1998 modifié relatif
aux silos et aux installations de stockage de céréales, de graines, de produits
alimentaires et de tous autres produits organiques dégageant des poussières
inflammables, ou encore l’arrêté du 5 août 2002 relatif à la prévention des sinistres
dans les entrepôts couverts soumis à autorisation sous la rubrique 1510
• De nombreuses circulaires et instructions ministérielles apportent des
précisions ou des compléments sur la prévention de certains risques, le contrôle des
installations, etc. à l’instar des circulaire et instruction du 9 novembre 1989
relatives aux dépôts anciens de liquides inflammables ou de la circulaire du 6 mai
1999 relative à l’extinction des feux de liquides inflammables.

Les installations classées sont également visées par d’autres textes d’intérêt général comme le
Code de l’urbanisme, le Code rural, le Code minier… et les textes communautaires qui
s’appliquent directement sans que leur transposition soit nécessaire (règlements, décisions).

Par ailleurs, il est évident que l'application de la législation sur les installations classées ne
dispense pas de respecter les autres textes qui peuvent s’appliquer concomitamment,
notamment ceux concernant la prévention des incendies (établissements recevant du public) et
la législation relative à l'hygiène et à la sécurité des travailleurs.
2.3 La nomenclature
Les installations classées pour la protection de l’environnement sont définies dans la
nomenclature prévue à l'article L.511-2 du Code de l’environnement (ex-article 2 de la
loi n° 76-663 du 19 juillet 1976 sur les ICPE) et établie par le décret du 20 mai 1953
modifié.

Jusqu’en juillet 1992, la nomenclature comprenait plus de quatre cents rubriques
classées alphabétiquement, associées à une numérotation devenue disparate.

Une refonte de cette nomenclature a été mise en œuvre. La nouvelle nomenclature,
fondée sur un classement numérique, divise les rubriques en deux grandes parties : un
classement par les substances et un autre par les branches d’activités.


Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


Dans le premier classement (rubriques de la série 1000),
les installations sont classées en fonction des substances qu’elles stockent, traitent ou
transforment, et donc des risques qu’elles présentent :
• substances et préparations toxiques et très toxiques (1110 à 1190) ;
• substances et préparations comburantes (1200 à 1220) ;
• explosifs et substances et préparations explosibles (1310 à 1331) ;
• gaz, liquides et solides inflammables (1410 à 1455) ;
• produits combustibles (1510 à 1531) ;
• substances et préparations corrosives (1610 à 1631) ;
• substances radioactives (1700 à 1721) ;
• substances ou préparations réagissant violemment au contact de l’eau (1810 à 1820).

La définition et la classification des substances et préparations sont données à la rubrique
1000.

Dans le second (rubriques de la série 2000), les activités sont classées par
grands secteurs :
• activités agricoles, animaux (2101 à 2180) ;
• agroalimentaire (2210 à 2275) ;
• textiles, cuirs et peaux (2310 à 2360) ;
• bois, papier, carton, imprimerie (2410 à 2450) ;
• matériaux, minerais et métaux (2510 à 2575) ;
• chimie, parachimie, caoutchouc (2610 à 2690) ;
• déchets (2710 à 2799) ;
• divers (2910 à 2950).


Au regard de chaque rubrique, la nomenclature indique le régime dont relèvent les
installations : déclaration (D), autorisation (A), autorisation avec servitudes (AS). Elle indique
également le périmètre d’affichage de l’avis d’enquête publique pour les installations A et AS.

Pour les substances, le régime de classement dépend généralement de la quantité susceptible
d’être présente dans l’installation.
Pour les activités, il correspond à un ou plusieurs critères comme la capacité de production, la
puissance installée des machines, le volume stocké, le mode opératoire…

La diversité des installations classables est telle que vous pouvez, sans le savoir, en avoir
une ou plusieurs sur votre site ! Par exemple : un atelier de charge d’accumulateurs
(rubrique 2925), une installation de réfrigération ou de compression (2920)…
2.4 La création d'une installation classée
2.4.1 La notion d'installation
Le législateur ne donne pas de définition précise d’une installation.
Une installation qui correspond à une rubrique de la nomenclature dès lors que le
premier seuil est atteint est à coup sûr classable.
Par exemple, un dépôt de déchets métalliques sur un terrain sans autre affectation
(soumis à autorisation si la surface utilisée est supérieure à 50 m²) ou une installation
temporaire peuvent être une installation classable dès lors qu'elle figure à la
nomenclature.


Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


Un même établissement peut comporter plusieurs installations classables.
S’il s’agit d’installations relevant toutes du régime de la déclaration, elles pourront être
considérées distinctement. Si l’une d’elle au moins relève de l’autorisation, l'exploitant peut ne
présenter qu'une seule demande pour l’ensemble et le dossier sera traité de manière globale
afin de prendre en compte les risques supplémentaires dus à la proximité ou à la connexité.

Dans le cadre de la transposition de la directive dite « Seveso II », l’arrêté du 10 mai
2000 a introduit la notion « d’établissement », soit : « l’ensemble des installations
classées relevant d’un même exploitant sur un même site [...] y compris leurs
équipements et activités connexes dès lors que l’une au moins des installations est
soumise au présent arrêté » (soumise à autorisation dans laquelle sont présentes des
substances ou préparations dangereuses).
2.4.2 L’articulation avec le permis de construire
Selon l'article L.421-1 du Code de l'urbanisme, un permis de construire est nécessaire pour
toute construction, modification ou changement de destination de bâtiments existants.

Lorsque l’implantation d’une installation nécessite l’obtention d’un permis de construire,
la demande de permis de construire doit être accompagnée du justificatif du dépôt de la
demande d'autorisation ou de la déclaration (Code de l’urbanisme, art. R.421-3-2).

Réciproquement, pour une installation soumise à autorisation, « la demande
d’autorisation devra être accompagnée ou complétée dans les dix jours suivant sa
présentation par la justification du dépôt de la demande du permis de construire.
L’octroi du permis de construire ne vaut pas l’autorisation… ».
En outre, dans les meilleurs délais, le permis de construire ne peut être accordé avant la
clôture de l'enquête publique et ne peut être réputé accordé avant l’expiration d’un délai
d’un mois suivant la date de clôture.

En pratique, il convient de déposer préalablement la demande d’autorisation puis celle du
permis de construire accompagnée du récépissé de la demande d’autorisation. La justification
du dépôt de la demande de permis de construire devra ensuite être fournie dans les 10 jours
pour être jointe à la demande d’autorisation.
Les deux démarches sont distinctes, l'une des deux autorisations peut être accordée et l'autre
refusée, les critères étant différents. L'existence ou non d'un PLU (plan local d’urbanisme) joue
un rôle dans la délivrance du permis de construire.
2.5 La procédure d'autorisation
2.5.1 Quand, par qui, où, comment ?

Quand ?
Lorsque sur la nomenclature le seuil de classement correspond à la lettre « A » ou « AS », une
demande d'autorisation doit être déposée avant tout commencement d'exploitation. Cela
signifie théoriquement que la construction des bâtiments peut être entreprise, les équipements
peuvent être mis en place, mais le fonctionnement de l'installation ne peut commencer qu'après
réception de l'arrêté d'autorisation. Toutefois, la plus grande prudence à cet égard s’impose,
certaines conditions d’aménagement pouvant être imposées par l’arrêté d’autorisation.

Étant donnée la durée de la procédure (huit à douze mois), l'exploitant a tout intérêt à
présenter sa demande au stade du projet, et à consulter l'inspection des installations
classées avant de commencer des travaux.
La mise en service d'une installation avant que l'autorisation ait été accordée constitue un
délit particulièrement grave et sévèrement réprimé.
Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement



Une installation temporaire peut aussi être soumise à autorisation. Le préfet peut, dans
certaines conditions accorder une autorisation pour une durée limitée, dans le cadre d’une
procédure exceptionnelle plus courte.
Par qui ?
C'est la personne, physique ou morale, qui se propose de mettre en service l'installation
qui doit déposer la demande d'autorisation, donc l'exploitant, qu'il soit ou non
propriétaire des éléments matériels de l'installation.
Où ?
La demande doit être adressée à la préfecture du département concerné, au service des
installations classées. A Paris elle sera adressée à la Préfecture de police.
Si l'installation est située à cheval sur plusieurs départements, la demande doit être
adressée à chaque préfecture concernée.
Comment ?
La forme de la demande est fixée par le décret du 21 septembre 1977. Si plusieurs
installations classées doivent être exploitées par le même exploitant sur le même site, une
seule demande d’autorisation peut être présentée pour l’ensemble de ces installations.

Des prescriptions additionnelles peuvent être fixées pour les autres installations ou équipements
exploités par le demandeur qui, mentionnés ou non à la nomenclature, sont de nature, par leur
proximité ou leur connexité avec une installation soumise à autorisation, à modifier les dangers
ou inconvénients de cette installation (article 19 du décret).

Il faut donc que les études ou documents accompagnant la demande d'autorisation portent sur
l'ensemble des installations et équipements projetés.

La demande, remise en sept exemplaires, doit mentionner :
• le nom, le prénom, le domicile du demandeur s'il s'agit d'une personne physique ; sa
dénomination ou raison sociale, sa forme juridique, l'adresse de son siège, le nom, le
prénom et la qualité du signataire, s'il s'agit d'une personne morale. Les numéros SIREN
(n° d'entreprise), SIRET (n° d'établissement) et NAF (n° du code de l'activité principale
exercée selon la nomenclature de l'INSEE) doivent être précisés ;
• l'emplacement précis sur lequel l'installation est projetée ;
• la nature, le volume des activités envisagées et la ou les rubriques correspondantes de
la nomenclature ;
• le périmètre et les règles souhaitées, si l’installation requiert l’institution de servitudes
d’utilité publique ;
• les procédés de fabrication, matières utilisées, produits fabriqués ;
• les capacités techniques et financières de l’exploitant ;
• lorsque l’installation est destinée à l’élimination des déchets, l’origine géographique prévue
des déchets et la manière dont le projet est compatible avec les plans départementaux,
régionaux et nationaux ;
• pour les installations de stockage de déchets, les carrières et les installations susceptibles
de donner lieu à servitudes d’utilité publique, les modalités des garanties financières,
destinées à assurer la surveillance du site, son maintien en sécurité, les interventions
éventuelles en cas d’accident et la remise en état après fermeture.

Des cartes et plans doivent être joints à chaque exemplaire :
• une carte au 1/25 000 ou à défaut au 1/ 50 000 sur laquelle sera indiqué
l'emplacement de l'installation projetée,
Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


• un plan à l'échelle de 1/ 2 500 au minimum des abords de l'installation, sur lequel seront
indiqués les bâtiments avec leur affectation, les voies de chemin de fer, voies publiques,
points d'eau, canaux et cours d'eau,
• un plan d'ensemble à l'échelle 1/200 au minimum indiquant les dispositions projetées
de l'installation, l'affectation des terrains avoisinants et le tracé des égouts existants.

Doivent également être joints au dossier :
• l’étude d’impact prévue par les articles L.122-1, 2 et 3 du Code de l’environnement et
dont le contenu est défini par le décret du 21 septembre 1977 ;
• une étude de dangers ;
• une « notice relative à la conformité de l'installation projetée avec les prescriptions
législatives et réglementaires relatives à l'hygiène et à la sécurité du personnel » ;
• pour les carrières et les installations de stockage de déchets, un document attestant
que le demandeur est le propriétaire du terrain ou a obtenu de celui-ci le droit de
l’exploiter.

Une circulaire du 25 septembre 2001, destinée aux préfets, rappelle les principes qui
doivent être respectés au cours de l’instruction des dossiers de demande d’autorisation.
Elle précise notamment la responsabilité du demandeur auquel il appartient :
• de fournir à l’administration un dossier complet, faute de quoi la procédure ne peut
être lancée,
• de démontrer la compatibilité de son projet avec la réglementation en vigueur qui
repose notamment sur la prise en compte des performances correspondant aux
meilleures techniques disponibles économiquement acceptables et sur le respect de la
sensibilité de l’environnement et du voisinage.
2.5.2 L'étude d'impact
Le but de l’étude d’impact est de caractériser l'état initial du site, de faire ressortir les effets
prévisibles de l'installation sur son environnement, et d’indiquer les mesures envisagées pour
les supprimer, les limiter ou les compenser. Elle présente successivement :
• une analyse de l’état initial du site (richesses naturelles, espaces agricoles, forestiers,
maritimes ou de loisirs, biens matériels et patrimoine culturel) ;
• une analyse des effets directs et indirects, temporaires et permanents de l’installation sur
l’environnement : paysages, faune, flore, milieux naturels, commodité du voisinage (bruits,
vibrations, odeurs, émissions lumineuses), agriculture, hygiène, santé, salubrité et sécurité
publiques, protection des biens matériels et du patrimoine culturel ; des précisions doivent
être données sur l’origine des nuisances et leur niveau ;
• les raisons pour lesquelles le projet a été retenu, du point de vue des préoccupations
d’environnement ;
• les mesures envisagées pour supprimer, limiter et si possible compenser les inconvénients de
l’installation, avec une estimation des dépenses correspondantes et les caractéristiques
techniques détaillées ;
• les conditions de remise en état du site après exploitation ;
• pour certaines catégories, une analyse des méthodes utilisées pour évaluer les effets de
l’installation sur l’environnement ;
• un résumé non-technique de cette étude d’impact destiné à faciliter l’information du public.
2.5.3 L'étude de dangers
L’étude de dangers exigée par le décret du 21 septembre 1977 doit porter sur
l’ensemble des installations ou équipements exploités ou projetés qui, par leur
proximité ou leur connexité avec l’installation soumise à autorisation, sont de nature
Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


à en modifier les dangers ou inconvénients.
Elle doit exposer les dangers que peut présenter l'installation en cas d'accident (explosion,
incendie, fuite d'effluents liquides ou gazeux…), que leur cause soit d’origine interne ou
externe. Elle doit, en outre, justifier les mesures envisagées pour en réduire la probabilité et les
effets. Cette étude précisera, compte tenu des moyens de secours publics existants, la nature et
l'organisation des moyens de secours privés dont le demandeur dispose ou qu'il a prévus. Le
contenu de l’étude de dangers doit être en relation avec les dangers avec l’importance des
dangers de l’installation et de leurs conséquences prévisibles.

Pour certaines catégories d’installations impliquant l’utilisation, la fabrication ou le
stockage de substances dangereuses, la transposition de la directive « Seveso II », à travers
la modification du décret du 21 septembre et l’arrêté du 10 mai 2000 modifié (explicité
par une circulaire de même date), a renforcé les obligations relatives aux études de
dangers et à la politique de prévention de ceux-ci.

Elle doit systématiquement comporter un résumé non-technique explicitant la probabilité,
la cinétique et les zones d’effets des accidents potentiels, ainsi qu’une cartographie des
zones à risques significatifs.

Ces exigences sont encore plus strictes pour les établissements classés AS, dont les
études doivent :
• rendre compte de l’examen qu’a effectué l’exploitant pour :
- identifier et analyser les risques (analyse qui nécessite l’utilisation de méthodes systémiques
(HAZOP, AMDEC, arbre de défaillances…),
- évaluer l’étendue et la gravité des conséquences des accidents majeurs identifiés,
- justifier les paramètres techniques et les équipements installés ou à mettre en place pour la
sécurité des installations ;
• exposer les éventuelles perspectives d’amélioration en matière de prévention des
accidents majeurs ;
• contribuer à l’information du public et du personnel ;
• fournir les éléments nécessaires à la préparation des plans particuliers d’intervention (POI)
et des plans particuliers d’intervention (PPI) ;
• permettre une concertation ultérieure entre acteurs locaux en vue d’une définition des zones
dans lesquelles une maîtrise de l’urbanisation autour de l’établissement est nécessaire pour
limiter les conséquences des accidents.

Ces études doivent intégrer un document décrivant la politique de prévention des accidents
majeurs et un document décrivant de manière synthétique le système de gestion de la sécurité.
Ce dernier devra être suffisamment précis pour que l’on puisse :
• comprendre l’organisation mise en place,
• constater que des moyens et des ressources ont été définis pour la mise en œuvre de la
politique,
• s’assurer que les procédures à mettre en œuvre dans le cadre du système de gestion
de la sécurité ont été prises en compte.

L'absence ou l'insuffisance, de l'étude de dangers peut justifier un rejet de la demande
d'autorisation.
Pour les installations qui présentent les dangers ou inconvénients les plus importants, l'exploitant
peut être invité à produire une analyse critique de l’ensemble de l'étude de dangers, réalisée
aux frais du demandeur par un organisme extérieur, expert choisi en accord avec
l'administration.
Les risques majeurs identifiés dans l’étude de dangers doivent être portés à la connaissance des
exploitants d’installations classées voisines dès lors que les conséquences de ces accidents
majeurs sont susceptibles d’affecter leurs installations. Cette information est transmise au préfet.
Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


2.5.4 Le recours à la tierce expertise
Pour les installations qui présentent les dangers ou inconvénients les plus importants, le préfet
peut, à tout moment de la procédure décider d’avoir recours à un organisme extérieur expert.
Cette procédure n’est pas limitée à l’analyse critique de l’ensemble de l’étude de dangers et
peut être utilisée pour l’analyse d’autres pièces du dossier. Lorsqu’elle est produite avant la
clôture de l’enquête publique, elle est jointe au dossier mis à la disposition du public.
2.5.5 L'enquête publique
Lorsque le préfet, après réception du dossier de demande d'autorisation, le juge complet, il
saisit le président du tribunal administratif, qui, dans un délai de quinze jours, désigne un
commissaire enquêteur, ou les membres d'une commission d'enquête. Le préfet décide de
l’ouverture de l'enquête publique par arrêté.

L'enquête a pour but une large information du public concerné par l'installation projetée,
et l'enregistrement des observations que le projet suscite. L'enquête dure en principe un
mois. Sa publicité est assurée par des affiches, apposées dans les mairies et dans le
voisinage sur l'ensemble des communes concernées par les risques et les inconvénients
de l'installation (au minimum le périmètre correspond au rayon d’affichage défini dans la
rubrique de la nomenclature dont relève l’installation objet du dossier), par des avis dans
la presse locale, et par tous moyens prescrits par l'arrêté d'enquête publique et ce, au
minimum 15 jours avant la date d’ouverture effective de l’enquête publique.

Le commissaire enquêteur peut :
• visiter les lieux concernés ;
• faire compléter le dossier ;
• proposer l'organisation de réunions publiques avec la participation de l'exploitant.

Le commissaire enquêteur formule un avis, après avoir éventuellement prolongé
l'enquête de quinze jours au maximum.

Dès l'ouverture de l'enquête publique, le préfet transmet à tous les services administratifs
intéressés un exemplaire de la demande d'autorisation. Ces services ont quarante-cinq jours
pour se prononcer. Un exemplaire du dossier est également adressé aux autorités de l’État
voisin, lorsque le périmètre comprend une commune frontalière.

Le résultat de l'enquête publique peut amener l'exploitant à modifier son projet. Si les
modifications sont importantes, la procédure doit être reprise entièrement.
2.5.6 L'arrêté d'autorisation
Dans les trois mois à compter du jour où il a reçu le dossier du commissaire enquêteur, le
préfet doit prendre sa décision d'autorisation ou de refus. La prolongation du délai, si elle est
nécessaire, doit faire l'objet d'un arrêté.

Pour accorder son autorisation, le préfet tient compte des avis qu'il a recueillis, mais
aussi de tous éléments qui permettent d'évaluer la possibilité de limiter les risques pour
l'environnement. Si par exemple aucun procédé connu ne permet de juguler ces risques
ou si la nature même de l'installation exclut la possibilité de respecter les prescriptions
techniques, le préfet doit rejeter la demande d'autorisation. En revanche, les
circonstances sociales ou économiques ne peuvent servir de base au refus d'autorisation.

La décision préfectorale est prise après consultation du conseil départemental d'hygiène,
réunissant des représentants des administrations, du conseil général, des chambres de
commerce et d'industrie et des associations. Cette consultation est ouverte et contradictoire,
Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


l’exploitant a la possibilité d'y assister et d'y défendre son dossier. En effet, c'est au cours de
cette séance que sont discutés contradictoirement le projet d'autorisation établi par la DRIRE et
éventuellement les contre-propositions de l'exploitant.
L'arrêté d'autorisation définit les conditions d'installation et d'exploitation de nature à
préserver l'environnement, les moyens d'analyse et de mesure nécessaires au contrôle de
l'installation et les moyens d'intervention en cas de sinistre. Ces prescriptions tiennent
compte, notamment, d'une part, de l'efficacité des techniques disponibles et de leur
économie, d'autre part, de la qualité, de la vocation et de l'utilisation des milieux
environnants.

L'arrêté peut prévoir, après consultation des services départementaux d'incendie et de
secours, l'obligation d'établir un plan d'opération interne (POI) en cas de sinistre. Ce plan,
obligatoire pour les établissements AS, définit les mesures d'organisation, les méthodes
d'intervention et les moyens nécessaires que l'exploitant doit mettre en œuvre pour protéger le
personnel, les populations et l'environnement.

L'arrêté fixe également les mesures d'urgence que doit prendre l'exploitant en matière
d'information des personnes susceptibles d'être touchées par un accident sur les dangers
potentiels, les mesures de sécurité et le comportement à adopter dans ce cas.

Si les risques peuvent concerner plusieurs départements ou régions, c'est le ministre qui
accorde l'autorisation, après consultation des conseils régionaux et généraux. De même
si l'installation est projetée dans une commune comportant une aire de production de vin
à appellation d'origine contrôlée ou dans une commune limitrophe, L’Institut national des
appellations d’origine doit être consulté.

Il arrive quelques fois qu’une seule autorisation soit délivrée pour le site. Dans ce cas,
elle englobe toutes les activités et traite de toutes les nuisances possibles (risques, rejets
liquides, gazeux, déchets…).

L'arrêté d'autorisation est publié de la manière suivante :
• une copie de l'arrêté d’autorisation, et, le cas échéant, des arrêtés complémentaires,
est déposée à la mairie (à Paris, au commissariat de police) et peut y être consultée ;
des extraits en sont affichés,
• le même extrait est affiché dans l'installation et chaque conseil municipal, général ou
régional concerné en reçoit copie, ainsi que, le cas échéant, les autorités de l’État
voisin,
• un avis est publié dans deux journaux locaux ou régionaux diffusés dans la région ou
le département.
2.5.7 La procédure d'autorisation et le secret
Le demandeur peut adresser en un exemplaire unique et sous pli séparé les informations
dont la diffusion lui apparaîtrait de nature à entraîner la divulgation de secrets de
fabrication.

Lors de l'enquête publique, ces éléments pourront être disjoints du dossier, et les
dispositions correspondantes de l'arrêté d'autorisation pourront être exclues de la
publicité.
2.5.8 Les servitudes d'utilité publique
L’instauration de « servitudes d'utilité publique », si elle n’est pas demandée par l’exploitant
conjointement à l’autorisation d’installation, peut l’être par le maire de la commune
d’implantation ou à l’initiative du préfet.

Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


Ces servitudes peuvent comporter :
• la limitation ou l’interdiction du droit d’implanter des constructions ou des ouvrages et
d’aménager des terrains de camping ;
• la subordination des autorisations de construire au respect de prescriptions techniques
tendant à limiter le danger d’exposition aux explosions ou concernant l’isolation des
bâtiments au regard des émanations toxiques ;
• la limitation des effectifs employés dans les installations industrielles et commerciales
qui seraient créées ultérieurement.

Elles seront annexées au plan local d’urbanisme.
Ces servitudes concernent uniquement les installations implantées sur un site nouveau. Elles
sont assorties d'indemnités à la charge de l'exploitant.
2.6 La déclaration
Sont soumises à une simple déclaration les installations qui ne présentent pas de graves
dangers ou inconvénients pour l'environnement, mais qui doivent cependant respecter
des prescriptions générales édictées par le préfet en vue d’assurer, dans le département,
la protection des intérêts relatifs à l’environnement. Ce sont, dans la rubrique considérée,
les installations dont le seuil de classement correspond à la lettre « D ».

Quand, comment ?
La déclaration doit être adressée, avant la mise en service de l'installation, au préfet du
département dans lequel celle-ci doit être implantée.

Le dossier de déclaration comprend :
• le nom, le prénom et le domicile de l'exploitant, s'il s'agit d'une personne physique, la
dénomination ou la raison sociale, la forme juridique, l'adresse du siège social et la
qualité du signataire, s'il s'agit d'une personne morale ;
• l'emplacement où l'installation sera réalisée ;
• la nature et le volume des activités que le déclarant se propose d'exercer ainsi que la
ou les rubriques de la nomenclature dans lesquelles l'installation doit être rangée.

A cette description doivent être joints un plan de situation du cadastre dans un rayon de
100 m et un plan d'ensemble à l'échelle de 1/200 au minimum, une description de
l'installation et des constructions et terrains avoisinants, ainsi que des points d'eau,
canaux, cours d'eau, égouts. Le mode et les conditions d'utilisation, d'épuration et
d'évacuation des eaux résiduaires et des émanations de toute nature, ainsi que
d'élimination des déchets doivent y être précisés. La déclaration mentionne également les
dispositions prévues en cas de sinistre.

La déclaration et ses annexes sont remises en triple exemplaire.
Le préfet donne récépissé de la déclaration et communique au déclarant une copie des
prescriptions générales applicables à la catégorie d’activités concernée.

Ces prescriptions sont fixées soit sous forme d’un arrêté ministériel de prescriptions
générales, éventuellement adaptées aux circonstances locales, soit, à défaut, sont basées
sur les « arrêtés-types » pris sur le fondement de l’ancienne nomenclature.

Tandis que les installations soumises à autorisation ne peuvent être mises en
fonctionnement qu'après réception de l'arrêté d'autorisation, les installations soumises à
déclaration peuvent entrer en fonctionnement dès que le récépissé a été délivré.

Toute modification apportée à l’installation, à son mode d’exploitation ou à son
voisinage, entraînant un changement notable des conditions initiales, doit être portée à
la connaissance du préfet qui peut exiger une nouvelle déclaration.
Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


2.7 Les recours et sanctions
2.7.1 Les recours

L’exploitant
Il est toujours possible à un exploitant de contester une décision de classement ou les
prescriptions techniques qui accompagnent l'autorisation. Le tribunal compétent est le tribunal
administratif dans le ressort duquel se trouve l'installation faisant l'objet du litige. Il n'est pas
obligé de prendre un avocat, ni de comparaître. La procédure est écrite. L'exploitant a deux
mois après la notification qui lui est faite de l'autorisation ou du refus pour élever un recours.
Les tiers
Une commune ou un groupement de communes peut aussi redouter l'installation
autorisée ou, au contraire, souhaiter l'installation refusée.

De même, toute personne peut protester contre la création d'une installation jugée
dangereuse, ou estimer insuffisantes les prescriptions imposées à l'exploitant.

Toute association ayant pour objet la protection de la nature et de l'environnement peut
engager des instances devant les juridictions administratives pour tout grief se rapportant
à une atteinte aux objectifs qu'elle défend.

Les « tiers » (municipalités, voisins ou associations) ont quatre ans pour agir à compter de
la publication de l'acte contesté. Toutefois, pour les décisions concernant les
autorisations d’exploitation de carrières, le délai de recours est fixé à six mois.

Les tiers installés postérieurement à la publication de l'autorisation n'ont pas de recours contre
l'installation mais ils peuvent toujours ultérieurement demander l'aggravation des prescriptions
d'exploitation.

Le tribunal peut confirmer purement et simplement la décision du préfet, annuler l'autorisation,
annuler le récépissé de déclaration parce qu'en réalité l'installation est soumise à autorisation
(l'exploitant devra alors entamer la procédure nécessaire) ou encore annuler le refus
d'autorisation et renvoyer l'affaire au préfet, ou modifier les prescriptions imposées ou mettre
l'exploitant en demeure de régulariser sa situation le cas échéant.
2.7.2 Les sanctions pénales
Il existe des sanctions administratives, pour défaut d'autorisation ou de déclaration, et
des sanctions pénales, à la suite d'infractions.

Si une installation classable est exploitée sans autorisation ou sans déclaration, le préfet
met en demeure l'exploitant de régulariser sa situation et peut dans certains cas faire
suspendre le fonctionnement de l'exploitation. L'installation peut dans des cas
exceptionnels être purement et simplement fermée.
2.8 La vie d'une installation classée
Les prescriptions imposées à l'exploitant d'une installation classée sont les conditions
fixées à son ouverture. Elles lui resteront applicables, pendant toute la durée de son
fonctionnement, et une nouvelle étude sera effectuée en cas de modification du site.

Le respect de ces prescriptions ne dispense pas de l'application d'autres réglementations,
telles que les règles d'urbanisme ou le code du travail ou d’autres législations relatives à
l’environnement pour la protection de l’air ou de l’eau.

Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


En revanche, les dispositions municipales (à l’exception de celles concernant les déchets) ou
le règlement sanitaire départemental ne sont pas applicables aux installations classées.

Les prescriptions fixent à l'exploitant un but à atteindre, mais ne déterminent pas les techniques
ou moyens d'y parvenir. Elles doivent être techniquement réalisables en fonction des
connaissances disponibles et des impératifs économiques raisonnables.
Cependant, un exploitant ne peut se dispenser d'appliquer des prescriptions en invoquant le
coût trop élevé des mesures nécessaires.
Par ailleurs, même si les nuisances ne sont pas encore effectives, les prescriptions doivent être
appliquées immédiatement.
2.8.1 Le système de management environnemental
La mise en œuvre par l’exploitant d’un système de management environnemental est un
moyen efficace pour assurer le suivi des prescriptions réglementaires qui lui incombent et
améliorer ses performances environnementales.
Deux systèmes lui sont proposés pour entreprendre cette démarche : la certification sur la base
de la norme internationale ISO 14001 et la procédure d’enregistrement EMAS, système
communautaire de management environnemental et d’audit. Dans les deux cas, il s’agit d’une
démarche qui n’a aucun caractère obligatoire.

Le nouveau règlement EMAS du 19 mars 2001 s’applique à toutes les organisations qui ont
des impacts environnementaux (le précédent ne concernait que le secteur industriel) et se
réfère à la norme ISO 14001 pour définir les exigences du système. L’objectif pour les
organisations qui participent à l’EMAS est d’en obtenir une valeur ajoutée en terme de
contrôle réglementaire, de réduction des coûts et d’image publique. Afin de renforcer leur
crédibilité, les entreprises peuvent faire examiner et valider la conformité de leur système, de
leur programme d’audit et de leur déclaration environnementale par des vérificateurs
environnementaux agréés.

Le Ministère de l’environnement encourage les entreprises à utiliser ces mécanismes qui
sont de nature à permettre l’allègement et la simplification des contrôles.

Les exploitants d’établissements classés AS doivent veiller à ce que leur système de
management environnemental soit cohérent avec le « système de gestion de la sécurité » qu’ils
ont l’obligation de mettre en place.
2.8.2 Les contrôles
L’organisation de l’inspection des installations classées est confiée, sous l’autorité du
préfet, au directeur régional de l’industrie, de la recherche et de l’environnement. Les
inspecteurs sont désignés par le préfet, sur proposition dudit directeur. Ils relèvent, soit :
• de la direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (DRIRE) ;
• de la direction départementale des services vétérinaires (DDSV), notamment pour les
activités agricoles, élevages… ;
• de la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS), notamment
pour les déchets ;
• du service technique des installations classées de la Préfecture de police de Paris
(STIIC), pour Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne.
Mission des inspecteurs des installations classées
Les inspecteurs des installations classées ont pour mission :
• d'identifier les installations classables non déclarées ni autorisées ;
• de préparer les prescriptions qui seront proposées au préfet pour être imposées à
l'exploitant ;
Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


• de visiter périodiquement les installations classées pour vérifier l'application des
prescriptions ;
• d’instruire les plaintes et les accidents s’il s’en produit et, le cas échéant, de proposer
au préfet toutes les mesures nécessaires ;
• de relever les infractions commises et d'en dresser procès-verbal.

Leur rôle se limite donc à l'application des textes relatifs à la protection de l'environnement.
Ils n'ont pas autorité dans les domaines de la sécurité du personnel, par exemple.
Si les vérifications exigent des analyses ou d'autres contrôles techniques, il peut être
imposé à l'exploitant de les faire effectuer, à ses frais, par des laboratoires agréés.

Dans l'exercice de leurs fonctions, les inspecteurs ont droit d'entrée dans les
établissements dont ils ont à assurer le contrôle à tout moment, même la nuit et en
période d'inactivité, et justifient de leur qualité en produisant leur carte de service à
bande tricolore délivrée par le ministère de l'Environnement. L'exploitant qui mettrait
obstacle, de quelque manière que ce soit, à leur contrôle, encourrait une peine
correctionnelle.

L’Inspection des installations classées définit des priorités afin de consacrer
l’essentiel de ses efforts sur les établissements à haut risques technologiques ou
dont les potentiels de pollution ou de nuisances sont élevés.

Les DRIRE doivent notamment contrôler prioritairement :
• les établissements « Seveso » seuil haut ;
• les installations de stockage ou d’élimination de déchets ;
• les installations à rejets importants dans l’atmosphère ;
• les installations dont les rejets dans le milieu naturel dépassent certaines valeurs ;

ainsi que les établissements nécessitant une surveillance particulière selon des critères liés au
profil industriel local et à la sensibilité du milieu sans préjudice des missions à mener dans le
cadre des actions prioritaires.
2.8.3 Le secret industriel
Les inspecteurs ne doivent ni divulguer ni utiliser les secrets de fabrication dont ils ont
connaissance. Avant de prendre leurs fonctions, ils prêtent serment devant le tribunal de
Grande Instance de leur domicile.
2.8.4 Le rôle du CHSCT
L'article L.236-2 du Code du Travail dispose que dans les établissements comportant une
ou plusieurs installations soumises à autorisation les documents établis à l'intention des
autorités publiques chargées de la protection de l'environnement sont portés à la
connaissance du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail par le chef
d'établissement (CHSCT) avant leur envoi à l'autorité compétente.

Le CHSCT est consulté sur le dossier établi par le chef d'établissement à l'appui de sa
demande. Il est, en outre, informé par le chef d'établissement sur les prescriptions
imposées par les autorités publiques chargées de la protection de l'environnement.

Le comité est consulté par le chef d'établissement sur la définition et les modifications
ultérieures du plan d'urgence interne. Il peut proposer des modifications de ce plan au
chef d'établissement qui justifie auprès du comité les suites qu'il donne à ces propositions.

Dans les établissements comportant une ou plusieurs installations nucléaires de base et
dans les installations figurant sur la liste des catégories, et éventuellement des seuils de
Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


capacité, des installations dans le voisinage desquelles certaines servitudes peuvent être
instituées (liste fixée par décret en Conseil d'État, art L.515-8-IV code de l'environnement)
le comité est consulté :
• avant toute décision de sous-traiter une activité, jusqu'alors réalisée par les salariés de
l'établissement, à une entreprise extérieure appelée à réaliser une intervention pouvant
présenter des risques particuliers ;
• sur la liste des postes de travail liés à la sécurité de l'installation précisant les postes qui
ne peuvent être confiés à des salariés sous CDD ou sous contrat de travail temporaire,
ceux qui doivent être occupés par les salariés de l'établissement et ceux dont les tâches
exigent la présence d'au moins deux personnes qualifiées.

L’article L.236-2-1 stipule que dans ces deux types d’établissements le CHSCT est élargi
lorsque sa réunion a pour objet de contribuer à :
• la définition des règles communes de sécurité dans l'établissement ;
• l'observation des mesures de prévention ;
• à une représentation des chefs d'entreprises extérieures et de leurs salariés selon des
conditions déterminées.
Il se réunit au moins une fois par an, ainsi que lorsque la victime d’un accident est une
personne extérieure intervenant dans l'établissement.
Le comité est également informé à la suite de tout incident qui aurait pu entraîner des
conséquences graves. Il peut procéder à l'analyse de l'incident et proposer toute action
visant à prévenir son renouvellement.

Le suivi de ces propositions fait l'objet d'un examen dans le cadre de la réunion qui se
tient au moins une fois par an (art. L. 236-4) lors de laquelle le chef d'établissement
présente au CHSCT :
• le bilan écrit de la situation générale de l'hygiène, de la sécurité et des conditions de
travail dans son établissement et des actions qui ont été menées au cours de l'année ;
• un programme annuel de prévention des risques professionnels et d'amélioration des
conditions de travail.
Le CHSCT émet un avis sur le rapport et sur le programme ; il peut proposer un ordre de
priorité et l'adoption de mesures supplémentaires. Cet avis est transmis pour information
à l'inspecteur du travail.
Le procès-verbal de la réunion du CHSCT consacrée à l'examen du rapport et du
programme est obligatoirement joint à toute demande présentée par le chef
d'établissement en vue d'obtenir des marchés publics, des participations publiques, des
subventions, des primes de toute nature ou des avantages sociaux ou fiscaux.
2.8.5 Les plans de secours
Les installations classées qui présentent les risques les plus importants pour les personnes
et l’environnement peuvent se voir imposer par le préfet, après consultation du Service
départemental d’incendie et de secours, l’établissement d’un « plan d’opération
interne » (POI).

Par ailleurs, la loi du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile prévoit la
planification des secours en matière de risque technologique, sous la forme de plans
d’urgence qui comprennent :
• les plans particuliers d’intervention (PPI),
• les plans de secours spécialisés liés à un risque défini (PSS).





Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


Les plans d’opérations internes (POI)
L’obligation d’élaborer un POI est définie dans l’arrêté d’autorisation ou par un arrêté
complémentaire. Elle concerne :
• les installations qui font l'objet d'un plan particulier d'intervention et, sans distinction, les
installations classées AS ;
• les installations qui par la nature de leurs activités ou celles du voisinage présentent
des risques particuliers.
Le plan d’opération interne définit « les mesures d’organisation, les méthodes
d’intervention et les moyens nécessaires que l’exploitant doit mettre en œuvre pour
protéger le personnel, les populations et l’environnement ».
Il reproduit également les mesures d’urgence qui incombent à l’exploitant sous le
contrôle de l’autorité de police, notamment en matière d’alerte. Il est établi par
l’exploitant, sous sa responsabilité, sur la base de l’étude de dangers, mais en étroite
liaison avec les pouvoirs publics. Pour les installations soumises à servitudes d’utilité
publique, il doit être établi avant la mise en service de l’installation. L’avis du CHSCT sur
le POI doit être recueilli et transmis au préfet. Des exercices d'application doivent être
réalisés, pour vérifier la fiabilité du plan et en combler les lacunes éventuelles, de
préférence une fois par an. Pour les installations classées AS , le POI est «mis à jour et
testé à des intervalles n’excédant pas trois ans ».
Une circulaire du 30 décembre 1991 décrit l'articulation entre le plan d'opération interne et les
plans d'urgence visant les installations classées.
Les plans particuliers d’intervention (PPI)
Ces plans sont établis dans les conditions prévues par le décret 2005-1158 du 13
septembre 2005 pris en application de la loi du 13 août 2004.
Les PPI sont préparés par le préfet et ont pour but de prévoir les mesures à prendre et les
moyens à engager en cas de sinistre dépassant les limites de l'installation.
Ils concernent obligatoirement les installations dont l'emprise est localisée et fixe,
répondant aux caractéristiques suivantes :
• les sites comportant au moins une installation nucléaire de base, qu'elle soit ou non secrète ;
• les installations classées susceptibles de donner lieu à servitudes d’utilité publique
(installations soumises à autorisation présentant des dangers d’explosion ou d’émanations
de produits nocifs);
• les stockages souterrains de gaz naturel, d'hydrocarbures liquides, liquéfiés ou gazeux, ou
de produits chimiques à destination industrielle ;
• certains aménagements hydrauliques ;
• les ouvrages d'infrastructure liée au transport des matières dangereuses ;
• les établissements utilisant des micro-organismes hautement pathogènes dont l'emploi
serait de nature à présenter un risque pour la santé publique ainsi que les produits qui en
contiennent

Par ailleurs le préfet peut prescrire l'élaboration d'un PPI pour :
• d’autres ouvrages ou d'installations dont l'emprise est localisée et fixe.
• des risques de nature particulière, identifiés, susceptibles de porter atteinte à la vie ou
à l'intégrité des personnes, présentés par des installations ou ouvrages fixes.
Et ceci, après avis, d'une part, du conseil départemental compétent en matière de
sécurité des populations sur le rapport et la proposition de l'autorité de contrôle dont
relève l'activité et, d'autre part, de l'exploitant.



Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


Attention, le préfet peut décider qu'un PPI n'est pas nécessaire pour :
- des installations susceptibles de donner lieu à servitudes d’utilité publique ;
- des stockages souterrains de gaz naturel, d'hydrocarbures liquides, liquéfiés ou gazeux, ou de
produits chimiques à destination industrielle ,

en se basant sur l'étude de danger démontrant l'absence de danger grave pour la santé de
l'homme ou pour l'environnement à l'extérieur de l'établissement, et du rapport de l'autorité de
contrôle dans le cadre de la procédure d'autorisation.

Ce plan décrit notamment les « dispositions particulières, les mesures à prendre et les moyens
de secours » pour faire face aux risques particuliers considérés :
• « la description des scénarios d'accident et des effets pris en compte par le plan avec la
description générale de l'installation ou de l'ouvrage ;
• la zone d'application et le périmètre du plan, et la liste des communes sur le territoire
couvertes par le plan ;
• les mesures d'information et de protection prévues pour les populations et, le cas échéant, les
schémas d'évacuation éventuelle ;
• Les mesures qui incombent à l'exploitant pour la diffusion immédiate de l'alerte auprès des
autorités compétentes et l'information de celles-ci sur la situation et son évolution, ainsi que, le
cas échéant, la mise à la disposition de l'État d'un poste de commandement aménagé sur le
site ou au voisinage de celui-ci.
• les mesures incombant à l'exploitant à l'égard des populations voisines et notamment, en cas
de danger immédiat, les mesures d'urgence qu'il est appelé à prendre avant l'intervention de
l'autorité de police et pour le compte de celle-ci, en particulier :
a) la diffusion de l'alerte auprès des populations voisines ;
b) l'interruption de la circulation sur les infrastructures de transport et l'éloignement des
personnes au voisinage du site ;
c) l'interruption des réseaux et canalisations publics au voisinage du site.
• les missions particulières, dans le plan, des services de l'État, de ses établissements publics,
des collectivités territoriales et de leurs établissements publics et les modalités de concours des
organismes privés appelés à intervenir ;
• les modalités d'alerte et d'information des autorités d'un État voisin ;
• les dispositions générales relatives à la remise en état et au nettoyage de l'environnement à
long terme après un accident l'ayant gravement endommagé survenu. »
Les plans de secours spécialisés (PSS)
Les plans de secours spécialisés sont établis pour faire face aux risques technologiques qui
n'ont pas fait l'objet d'un plan particulier d'intervention ou aux risques liés à un accident ou à un
sinistre de nature à porter atteinte à la vie ou à l'intégrité des personnes, aux biens ou à
l'environnement.
Pour chaque type de risque particulier, le plan de secours spécialisé est préparé par le
préfet en liaison avec les services et les organismes dont les moyens peuvent être mis en
œuvre.
2.8.6 Les obligations périodiques des exploitants
Le décret du 21 septembre 1977 modifié prévoit, pour certaines installations,
l’établissement de documents permettant un suivi régulier, dans l’objectif de maintenir les
prescriptions en adéquation avec les risques encourus.



Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


Le recensement des produits dangereux
Les exploitants d’établissements dont l’une au moins des installations figure dans la liste
annexée à l’arrêté modifié du 10 mai 2000 doivent adresser au préfet un état recensant les
substances et préparations dangereuses susceptibles d’être présentes dans l’établissement
(nature, état physique et quantité) avant le 31 décembre 2005 puis, tous les trois ans, avant le
31 décembre de l'année concernée. "
Le système de gestion de la sécurité
Dans le cadre de la mise en œuvre du système de gestion de la sécurité applicable à
l’exploitant d’un établissement comportant au moins une installation AS, celui-ci adresse
chaque année au préfet une note synthétique présentant les résultats de la revue de
direction. Il établit, par ailleurs, régulièrement, des bilans sur les défaillances survenues et
les actions correctives entreprises (arrêté du 10 mai 2000).
L’étude de danger
L’exploitant d’un établissement classé AS, doit réexaminer l’étude de dangers et, si
nécessaire, la mettre à jour au moins tous les cinq ans, puis la transmettre au préfet. Le
cas échéant, le POI sera révisé en conséquence (décret du 21 septembre 1977).
L'exploitant doit tenir les exploitants d'installations classées voisines informés des risques
d'accidents majeurs identifiés dans l'étude de dangers dès lors que les conséquences de
ces accidents sont susceptibles d'affecter lesdites installations. Il transmet copie de cette
information au préfet (arrêté du 29 septembre 2005).
Le bilan de fonctionnement
Certaines installations doivent établir, tous les dix ans, un « bilan de fonctionnement » en
vue de permettre au préfet de réexaminer et, si nécessaire, d’actualiser les conditions de
l’autorisation. Les installations visées par cette obligation et le contenu du document sont
fixés par un arrêté du 17 juillet 2000.
2.8.7 Les modifications ou extensions d'installations
En cas de modification ou d'extension notable de ses installations, l'exploitant doit renouveler sa
demande d'autorisation ou sa déclaration.
Il en va de même en cas de changement dans les procédés de fabrication ou de
transformation des installations.

Si l'extension a pour conséquence de faire passer une installation de la classe D (déclaration) à
la classe A (autorisation), une demande d'autorisation devra être déposée. Avant d'engager
toute formalité, il est conseillé de prendre contact avec l'inspection des installations classées.

En cas de changement d’exploitant, le nouvel exploitant doit en faire déclaration auprès du
préfet dans le mois suivant afin que l’administration soit en tenue informée en permanence
de l’identité de l’exploitant d’une ICPE. De plus, le changement d’exploitant est soumis à
autorisation préfectorale pour certaines catégories d’exploitations (décret 77-1133 du 21
septembre 1977).

La déclaration d’incidents/accidents dans les meilleurs délais auprès de l’inspection des
installations classées est une obligation pour l’exploitant d’une installations soumise à
déclaration ou à autorisation (décret 77-1133 du 21 septembre 1977).



Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


2.8.8 Le régime fiscal des installations classées
Les installations classées sont soumises à la « taxe générale sur les activités polluantes ».
La TGAP regroupe plusieurs contributions, définies aux articles 266 sexies à 266
duodecies du code des douanes : taxe initiale à la délivrance de l’autorisation, taxe
annuelle assise sur l’exploitation, taxes spécifiques à certaines activités (extraction de
granulats, déchets...).
La taxe initiale
La taxe initiale est due par les installations soumises à autorisation et exploitées dans des
établissements industriels, commerciaux ou artisanaux ou des établissements publics à
caractère industriel ou commercial.
Elle est applicable lors de la création de l'installation ou lors de toute nouvelle
autorisation. Le taux est réduit pour les artisans inscrits au répertoire des métiers et ceux
n'employant pas plus de deux salariés.
La taxe annuelle
La taxe annuelle s'applique aux établissements privés ou publics industriels et commerciaux, à
l’exception des entreprises inscrites au Répertoire des métiers, qui exercent l'une des activités
énumérées au décret modifié n° 2000-1349 du 26 décembre 2000, activités qui font courir,
par leur nature ou leur volume, des risques particuliers à l’environnement.
2.8.9 La cessation d'activité
L'exploitant d'une installation classée qui cesse son activité doit en informer le préfet dans
le mois qui suit la cessation. Pour les installations de stockage de déchets et les carrières,
le préavis est de six mois. Le décret du 21 septembre 1977 prévoit les conditions dans
lesquelles l’exploitant peut arrêter définitivement son activité dans le cadre du régime de
la déclaration et de celui de l’autorisation et, notamment, celles dans lesquelles le site
doit éventuellement être remis en état. Parfois, les mesures de remise en état du site sont
définies dès l'autorisation d'ouverture.

Des garanties financières peuvent être exigées à cette fin. Ces garanties sont destinées à
assurer, suivant la nature des dangers ou inconvénients de chaque catégorie
d'installations, la surveillance du site et le maintien en sécurité de l'installation, les
interventions éventuelles en cas d'accident avant ou après fermeture, et la remise en état
après fermeture. Elles ne couvrent pas, cependant, les indemnisations dues par
l'exploitant aux tiers qui pourraient subir un préjudice par fait de pollution ou d'accident
causés par l'installation.
Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement



3 LA GESTION DES REJETS ET DES DÉCHETS
3.1 Les règles à respecter en matière de rejets
3.1.1 La pollution atmosphérique
La pollution atmosphérique provient principalement des installations de combustion, tant
industrielles que domestiques, de la circulation automobile et de la production
industrielle. En ce qui concerne la lutte contre la pollution atmosphérique, la législation
vise essentiellement :
• la limitation des émissions ;
• la nature des combustibles utilisés ;
• le traitement des rejets provenant des installations de production.

En application des articles L.221-1 et L.221-2 du Code de l'environnement, le
décret modifié du 6 mai 1998 fixe des objectifs de qualité, de seuils d'alerte et de
valeur limite des polluants, notamment pour les produits suivants, qui doivent faire
l'objet d'une surveillance :
• dioxyde d’azote ;
• les particules fixes et les particules en suspension ;
• le plomb ;
• le dioxyde de soufre (SO
2
) ;
• l'ozone ;
• le monoxyde carbone (CO) ;
• le benzène,

Pour la surveillance de la qualité de l'air une distinction est faite entre :
• les agglomérations de plus de 100 000 habitants dans lesquelles le dioxyde
d'azote, les particules fines et en suspension, le plomb, le dioxyde de soufre et
l'ozone sont surveillés par mesures en station fixe;
• l'extérieur de ces agglomérations dans lesquelles, le dioxyde d'azote, les
particules fines et en suspension, le plomb, le dioxyde de soufre et l'ozone sont
surveillés soit par mesures en station fixe, soit par modélisation;

Toutefois, une surveillance par mesures en station fixe de ces polluants est réalisée
dans les zones où la pollution est présumée la plus forte, où la santé ou
l'environnement doivent faire l'objet d'une protection particulière ou qui sont présumées
donner une représentation valable de la pollution de l'air sur un large territoire.

Les installations sont aussi soumises à un certain nombre d'obligations, outre la
législation sur les ICPE, en vertu de la loi 61-842 du 2 août 1961 relative à la lutte
contre la pollution et les odeurs et du décret d'application et des arrêtés qui en
fixent les modalités.

Les installations de chauffage et de combustion
Les chaudières, chaufferies, installations de combustion sont l'objet de nombreuses
dispositions réglementaires qui régissent :
• leur rendement ;
• les valeurs limites de rejet qui leur sont applicables ;
• leurs contrôles périodiques.

Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


Citons à titre d’exemple :
• le décret n° 2005-1195 du 22/09/05 relatif aux mesures de protection de l'environnement
contre les émissions polluantes des moteurs à combustion interne destinés à équiper les
engins mobiles non routiers ;
• le décret n° 98-833 du 16/09/98 relatif aux contrôles périodiques des installations
consommant de l'énergie thermique ;
• le décret n° 98-817 du 11/09/98 relatif aux rendements et à l'équipement des chaudières de
puissance comprise entre 400 kW et 50 MW ;
• le décret n° 74-415 du 13/05/74 relatif au contrôle des émissions polluantes dans
l'atmosphère et à certaines utilisations de l'énergie thermique ;
• l'arrêté du 11/08/99 relatif à la réduction des émissions polluantes des moteurs et turbines à
combustion ainsi que les chaudières utilisées en post-combustion soumis à autorisation sous
la rubrique 2910 de la nomenclature des installations classées pour la protection de
l'environnement ;
• l'arrêté du 25/07/97 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées
soumises à déclaration sous la rubrique 2910 (combustion) ;
• l'arrêté du 27/01/93 relatif à l'utilisation de combustibles minéraux solides dans les petites
installations de combustion ;
• l'arrêté du 27/06/90 relatif à la limitation des rejets atmosphériques des grandes installations
de combustions et aux conditions d'évacuation des rejets des installations de combustion.
3.1.2 La pollution de l'eau
Le titre 1
er
du livre II du Cde de l'environnement (art.L.210-1 à L.218-20) régit la gestion des
ressources en eau, les cours d'eau, la police des eux, la qualité de l'eau d'alimentation, sa
distribution, les prélèvements et rejets en mer, en eau douce, superficielles, souterraines…

Seules certaines dispositions sont applicables aux installations classées pour la protection
de l'environnement. Elles sont notamment dispensées de la procédure d'autorisation ou
de déclaration.

N'est traitée dans ce chapitre que l'incidence que peut avoir l'utilisation de produits
dangereux sur les problèmes de rejets d'eaux résiduaires industrielles.

L’autorisation de déversement
Les articles L.214-1 à L.214-3 du Code de l'environnement soumettent à autorisation ou à
déclaration (suivant la procédure établie par le décret n° 93-742 du 29 mars 1993) les
déversements, écoulements, rejets ou dépôts directs ou indirects, chroniques ou épisodiques,
même non polluants non domestiques, suivant les dangers qu'ils présentent et la gravité de
leurs effets sur la ressource en eau et les écosystèmes aquatiques. Les opérations concernées
font l'objet d'une nomenclature (décret n° 93-743 du 29 mars 1993 modifié).

Les rejets en milieu naturel, nappes d'eaux souterraines ou eaux superficielles, sont
soumis à autorisation ou à déclaration suivant :
• l'emplacement sur lequel l'installation, l'ouvrage, les travaux ou l'activité doivent être réalisés ;
• la nature, la consistance, le volume et l'objet de l'ouvrage, de l'installation, des travaux
ou de l'activité envisagés, ainsi que la ou les rubriques de la nomenclature dans
lesquelles ils doivent être rangés ;
• les variations saisonnières et climatiques, des incidences de l'opération sur la ressource en
eau, le milieu aquatique, l'écoulement, le niveau et la qualité des eaux, y compris de
ruissellement ;
• les moyens de surveillance prévus et, si l'opération présente un danger, les moyens
d'intervention en cas d'incident ou d'accident…

Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


Les procédures de demande d'autorisation et déclaration sont similaires à celles
concernant les installations classées : dossier sur les incidences du projet sur
l'environnement, enquête publique, etc.

Lorsque le rejet est fait dans le cadre d'une demande d'autorisation ou d'une
déclaration relevant de la législation sur les installations classées il n'y a qu'une
procédure, celle des installations classées.
3.2 La gestion des déchets
3.2.1 Les dispositions législatives
Les dispositions législatives relatives aux déchets font l’objet du titre IV du livre V du
Cde de l’environnement divisé en deux chapitres :
• « Élimination des déchets et récupération des matériaux » (art. L.541-1 à L.541-
50) ;
• « Dispositions particulières aux déchets radioactifs » (art. L.542-1 à L.542-14) ;
Ces dispositions sont issues de la loi du 15 juillet 1975 relative à l’élimination des
déchets et à la récupération des matériaux et de la loi du 30 décembre 1991
relative aux recherches sur la gestion des déchets radioactifs, elles-mêmes issues du
droit communautaire.

Parallèlement, les activités ayant trait aux déchets (dépôts, stations de transit et
unités de traitement ou d’incinération de déchets) sont soumises à la législation sur
les installations classées pour la protection de l’environnement (voir chapitre 2 ),
ainsi que le stipule notamment l’article L.541-25 du Code de l’environnement :
« Les installations d’élimination des déchets sont soumises, quel qu’en soit
l’exploitant, aux dispositions du titre 1
er
du présent livre. [...] ». Par « élimination », il
faut comprendre aussi bien le stockage ou le tri que le traitement lui-même).

De nombreux décrets, arrêtés et circulaires complètent le dispositif législatif, auxquels
viennent s’ajouter les textes européens applicables sans qu’une transposition soit
nécessaire (règlements et décisions).
3.2.1.1 Les grands principes en matière de déchets
Quatre grands principes constituent le fondement de la réglementation :
• prévenir ou réduire la production et la nocivité des déchets, notamment en agissant sur
la fabrication et sur la distribution des produits ;
• organiser le transport des déchets et le limiter en distance et en volume ;
• valoriser les déchets par réemploi, recyclage ou toute autre action visant à obtenir à
partir des déchets des matériaux réutilisables ou de l'énergie ;
• assurer l'information du public sur les effets pour l'environnement et la santé publique
des opérations de production et d'élimination des déchets, sous réserve des règles de
confidentialité prévues par la loi, ainsi que sur les mesures destinées à en prévenir ou à
en compenser les effets préjudiciables.
3.2.1.2 Les principales obligations qui en découlent
Toute personne qui produit ou détient des déchets doit en assurer ou en faire
assurer l’élimination, conformément aux dispositions réglementaires, dans des
conditions propres à éviter des effets nocifs sur le sol, la flore et la faune, la
dégradation des sites ou des paysages, la pollution de l’air ou des eaux, la
production de bruits et d’odeurs et, d’une façon générale, les atteintes à la santé
de l’homme et à l’environnement.

Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


Au cas où des déchets seraient abandonnés, déposés ou traités contrairement aux prescriptions
réglementaires, les pouvoirs publics peuvent en assurer d’office l’élimination aux frais du
responsable.

Les entreprises qui produisent, importent, exportent, éliminent ou qui transportent,
se livrent à des opérations de courtage ou de négoce de certaines catégories de
déchets (définies par décrets) sont tenues de fournir à l’administration toutes
informations concernant l’origine, la nature, les caractéristiques, les quantités, la
destination et les modalités d’élimination, des déchets qu’elles produisent,
remettent à un tiers ou prennent en charge.

Certains producteurs, importateurs ou distributeurs de produits générateurs de déchets peuvent
se voir imposer l’obligation de pourvoir ou de contribuer à l’élimination des déchets qui en sont
issus.

Les communes assurent l’élimination des déchets ménagers et assimilés dans le cadre de
plans départementaux ou interdépartementaux.

Chaque région doit être couverte par un plan régional ou interrégional d’élimination des
déchets industriels spéciaux. Le ministre de l’environnement établit des plans nationaux
pour certaines catégories de déchets.

Les exploitants d’installations d’élimination de déchets soumises à autorisation au titre de
la législation sur les installations classées pour la protection de l’environnement, les
communes et les groupements de communes, les préfets établissent et tiennent à jour des
documents destinés à l’information du public.
Des « Commissions locales d’information et de surveillance » (CLIS) peuvent ou sont
obligatoirement dans certains cas, créées afin de promouvoir l’information du public sur
les problèmes posés par la gestion des déchets dans leur zone géographique de
compétence.
3.2.1.3 Les autres réglementations
La collecte, le dépôt, l’élimination des déchets font également l'objet de
prescriptions dans d’autres textes, et notamment dans les codes suivants et les
textes pris éventuellement pour leur application :
• le Code général des collectivités territoriales (obligations des communes pour la
collecte et élimination des déchets ménagers et assimilés) ;
• le Code de la santé publique (déchets d’activités de soins, règlements sanitaires
départementaux et règles générales d’hygiène prises par décrets en application
de ce code et qui se substituent peu à peu aux règlements sanitaires
départementaux) ;
• le Code rural (équarrissage) ;
• le Code minier (haldes et terrils des mines) ;
• le Code de la route (véhicules abandonnés) ;
• le Code de l’urbanisme, le code pénal, le code des impôts…
3.2.2 Les définitions
3.2.2.1 Le déchet
Dans son article L.541-1, Le Code de l’environnement définit le déchet comme
« tout résidu d'un processus de production, de transformation ou d'utilisation, toute
substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou
que son détenteur destine à l'abandon ».
Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


3.2.2.2 Les déchets ultimes
Dans ce même article est ultime « un déchet, résultant ou non du traitement d'un déchet,
qui n'est plus susceptible d'être traité dans les conditions techniques et économiques du
moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction de son
caractère polluant ou dangereux ».

Rappelons qu’au terme de l’article L.541-24, depuis le 1
er
juillet 2002, les installations
d’élimination des déchets par stockage ne seront autorisées à accueillir que des déchets ultimes.
3.2.2.3 Les déchets dangereux
Les déchets dangereux sont définis par le décret n° 2002-540 du 18 avril 2002 relatif à
la classification des déchets. Les déchets dangereux sont définis à l'article 2.
D’une part les déchets considérés comme dangereux sont ceux qui présentent une
ou plusieurs des propriétés énumérées dans le tableau de la page suivante (et
signalés par un astérisque dans la liste des déchets de l'annexe II du décret).

H 1 Explosif
H 2 Comburant
H 3-A Facilement inflammable
H 3-B Inflammable
H 4 Irritant
H 5 Nocif
H 6 Toxique
H 7 Cancérogène
H 8 Corrosif
H 9 Infectieux
H 10 Toxique pour la reproduction
H 11 Mutagène
H 12 Substances et préparations qui, au contact de l'eau, de l'air ou d'un acide, dégagent un gaz
toxique ou très toxique
H 13 Substances et préparations susceptibles, après élimination, de donner naissance, par quelque
moyen que ce soit, à une autre substance, qui possède l'une des caractéristiques énumérées
ci-avant
H 14 Écotoxique

D’autre part, les déchets industriels dangereux (art. L.541-24 du Code de
l'environnement) qui sont les déchets dangereux autres que les déchets d'emballages
municipaux et les déchets municipaux. ;

Le décret n° 2005-635 (30 mai 2005) relatif au contrôle des circuits de traitement des déchets
a abrogé et remplacé le décret n° 77-974 (19 août 1977) qui donnait la liste des déchets
considérés comme « générateurs de nuisances ».

L’élimination de ces déchets (collecte, transport, stockage, tri, traitement) fait l’objet de
prescriptions réglementaires complémentaires. De plus, ces catégories de déchets ne
peuvent être traitées que dans les installations pour lesquelles l’exploitant est titulaire
d’un agrément de l’administration (art. L.541-22).
3.2.2.4 Les déchets ménagers et assimilés
Les déchets ménagers sont constitués par les ordures ménagères comprenant
généralement des matières végétales et animales, des papiers, cartons, métaux,
plastiques, textiles, verres, etc.
Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement



« Les déchets d'origine commerciale ou artisanale qui, eu égard à leurs caractéristiques et
aux quantités produites, peuvent être éliminés sans sujétions particulières et sans risque
pour les personnes ou l’environnement sont éliminés dans les mêmes conditions que les
déchets des ménages » (article R.2224-28 du Code général des collectivités territoriales).

Le sort de ce qu’il est convenu d’appeler « les déchets industriels banals » fait l’objet
d’une circulaire du 1
er
mars 1994. Sont considérés comme tels « les déchets issus des
entreprises qui, par leur nature, peuvent être traités ou stockés dans les mêmes
installations que les déchets ménagers ». Ils leur sont de ce fait « assimilés », même s’ils
sont collectés séparément.
3.2.2.5 Les déchets d’emballages
En application de l’article L.541-10 du code de l’environnement, le décret du 1
er
avril
1992 modifié fixe les conditions d’élimination des emballages dont les détenteurs sont
les ménages. Les producteurs, importateurs ou les responsables de la première mise sur
le marché des produits emballés doivent pourvoir à leur élimination ou les faire prendre
en charge par un organisme agréé (Eco-emballage, Adelphe...).

Un autre décret, daté du 13 juillet 1994, fixe les conditions d’élimination des déchets
résultant de l’abandon des emballages d’un produit à tous les stades de la fabrication ou
de la commercialisation, autres que celui de la consommation ou de l’utilisation par les
ménages. Ces déchets doivent obligatoirement être valorisés par réemploi, recyclage ou
toute autre action visant à obtenir des matériaux réutilisables ou de l’énergie. Les
détenteurs doivent soit procéder eux-mêmes à leur valorisation (dans une installation
classée), soit les céder par contrat à l’exploitant d’une installation agréée dans les même
conditions.
3.2.3 Les contrôle des circuits d’élimination de déchets
Par élimination, le Code de l’environnement entend « les opérations de collecte,
transport, stockage, tri et traitement nécessaires à la récupération des éléments et
matériaux réutilisables ou de l'énergie, ainsi qu'au dépôt ou au rejet dans le milieu
naturel de tous autres produits dans des conditions propres à éviter les nuisances ».

Décret n° 2005-635 du 30 mai 2005 relatif au contrôle des circuits de traitement des déchets
définit les formalités administratives qui incombent aux entreprises intervenant sur ces déchets.
3.2.3.1 Le registre
En application de l’article L.541-7 du Code de l’environnement un registre
chronologique de la production, de l'expédition, de la réception et du traitement
des déchets doit être tenu par les exploitants des établissements produisant ou
expédiant des déchets dangereux et radioactifs ;

Ainsi que par :
• les transporteurs ;
• les négociants ;
• les exploitants des installations d'entreposage, de reconditionnement, de transformation ou
de traitement ;
• les personnes collectant de petites quantités ;
• de ces mêmes déchets.

Il en va de même pour les exploitants d'installations destinataires de déchets autres que
dangereux et radioactifs, à l'exception de celles qui réalisent une opération de
valorisation de déchets inertes.

Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


Ces registres doivent être conservés pendant 5 ans au moins.

3.2.3.2 Le bordereau de suivi
Le producteur, le collecteur, toute personne ayant reconditionné ou transformé des
déchets dangereux ou radioactif et toute personne en possession de déchets dont
l’émetteur est inconnu sont tenus d’émettre un bordereau de suivi lors de la remise de
ces déchets à un tiers (art. 4, décret du 30 mai 2005).

Ce document doit être conservé par la personne qui l’émet, le reçoit ou le
complète pendant :
• 3 ans pour les transporteurs ;
• 5 ans pour les autres.

L’arrêté du 29 juillet 2005 fixe ce formulaire du bordereau de suivi des déchets
dangereux. Les personnes soumises à cette obligation doivent utiliser le formulaire
CERFA n° 12571-01 sauf pour les déchets amiantés.
De plus, les collecteurs prenant en charge de petites quantités des déchets dangereux
joignent au bordereau qu'ils émettent l'annexe 1 du formulaire.

Toute personne ayant transformé des déchets ou réalisé un traitement des déchets
aboutissant à d'autres déchets joint l'annexe 2 du formulaire dûment remplie au
bordereau qu'elle émet lors de la réexpédition de ces déchets vers une autre installation.

Chaque intervenant successif doit remplir le bordereau aux endroits les concernant et en
conserver copie
3.2.3.3 La déclaration
Le décret du 30 mai 2005 stipule que les exploitants d’installations classées
produisant des déchets dangereux et des installations de traitement de ces déchets
doivent fournir à l'administration une déclaration annuelle sur la nature, les
quantités et la destination ou l'origine de ces déchets.

Les installations recevant des déchets non dangereux, sauf celles valorisant des
déchets inertes, sont également soumises à l’obligation de déclaration.
3.2.4 Élimination des déchets
3.2.4.1 Les filières
L'élimination par stockage étant limitée aux déchets ultimes depuis 1
er
juillet 2002, la
valorisation est une étape obligatoire pour la grande majorité des déchets. Plusieurs filières sont
possibles, notamment :
Le recyclage ou la récupération.
Cette solution est évidemment la meilleure méthode d’élimination des déchets, à
conditions que le coût en soit économiquement acceptable. Elle est imposée pour certains
déchets tels que par exemple les déchets constitués par les emballages, les piles et
accumulateurs, les déchets d’équipement électrique et électroniques…
L'incinération.
L'incinération peut être avec ou sans récupération d'énergie, elle peut être effectuée à l'extérieur
ou dans l'entreprise, dans le cadre de la législation sur les installations classées. Cependant
certains déchets doivent obligatoirement être incinérés par des entreprises agréées.
Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


Au cas où des déchets seraient abandonnés, déposés ou traités contrairement aux prescriptions
réglementaires, les pouvoirs publics peuvent en assurer d’office l’élimination aux frais du
responsable.

Les entreprises qui produisent, importent, exportent, éliminent ou qui transportent,
se livrent à des opérations de courtage ou de négoce de certaines catégories de
déchets (définies par décrets) sont tenues de fournir à l’administration toutes
informations concernant l’origine, la nature, les caractéristiques, les quantités, la
destination et les modalités d’élimination, des déchets qu’elles produisent,
remettent à un tiers ou prennent en charge.

Certains producteurs, importateurs ou distributeurs de produits générateurs de déchets peuvent
se voir imposer l’obligation de pourvoir ou de contribuer à l’élimination des déchets qui en sont
issus.

Les communes assurent l’élimination des déchets ménagers et assimilés dans le cadre de
plans départementaux ou interdépartementaux.

Chaque région doit être couverte par un plan régional ou interrégional d’élimination des
déchets industriels spéciaux. Le ministre de l’environnement établit des plans nationaux
pour certaines catégories de déchets.

Les exploitants d’installations d’élimination de déchets soumises à autorisation au titre de
la législation sur les installations classées pour la protection de l’environnement, les
communes et les groupements de communes, les préfets établissent et tiennent à jour des
documents destinés à l’information du public.
Des « Commissions locales d’information et de surveillance » (CLIS) peuvent ou sont
obligatoirement dans certains cas, créées afin de promouvoir l’information du public sur
les problèmes posés par la gestion des déchets dans leur zone géographique de
compétence.
3.1.1.3 Les autres réglementations
La collecte, le dépôt, l’élimination des déchets font également l'objet de
prescriptions dans d’autres textes, et notamment dans les codes suivants et les
textes pris éventuellement pour leur application :
• le Code général des collectivités territoriales (obligations des communes pour la
collecte et élimination des déchets ménagers et assimilés) ;
• le Code de la santé publique (déchets d’activités de soins, règlements sanitaires
départementaux et règles générales d’hygiène prises par décrets en application
de ce code et qui se substituent peu à peu aux règlements sanitaires
départementaux) ;
• le Code rural (équarrissage) ;
• le Code minier (haldes et terrils des mines) ;
• le Code de la route (véhicules abandonnés) ;
• le Code de l’urbanisme, le code pénal, le code des impôts…
3.1.2 Les définitions
3.1.2.1 Le déchet
Dans son article L.541-1, Le Code de l’environnement définit le déchet comme
« tout résidu d'un processus de production, de transformation ou d'utilisation, toute
substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou
que son détenteur destine à l'abandon ».
Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


3.3.2 Les déchets d'incendie
La situation est ici toute différente, encore que, nombre de remarques faites
précédemment puissent encore s'appliquer ici.
3.3.2.1 Les résidus de produits
Ces résidus seront en quantités plus importantes, ils auront été mélangés, lors de la
lutte contre l'incendie ou lors de leur récupération, et ils auront été dénaturés, par
le feu ou par l'eau, ou par réaction entre eux.
Ici encore, il sera hautement souhaitable d'agir rapidement pour répertorier les
produits en cause, de les évacuer pratiquement toujours en centre de traitement
spécialisé et de procéder au nettoyage du site, ne serait-ce que pour éviter un
lessivage ultérieur par les eaux de pluie et les pollutions conséquentes possibles.
3.3.2.2 Les eaux d'extinction
Elles constituent souvent un problème majeur de par leur volume et les produits qu'elles
contiennent, qu'il s'agisse des résidus des produits impliqués dans l'incendie ou des
résidus des agents extincteurs (poudres alcalines, émulseurs des mousses d'extinction).

Leur traitement sur place, dans le bassin de rétention, sera l'affaire de sociétés
spécialisées. Ici encore, si l'entreprise sinistrée est raccordée à une importante station
d'épuration urbaine, le traitement de ces volumes de liquides très important sera
grandement facilité.

Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement



4 LA RESPONSABILITÉ EN MATIÈRE
D'ENVIRONNEMENT
4.1 La responsabilité civile
Le Code de l’environnement prévoit la protection des tiers à travers deux articles :
• l’article L.514-19, qui stipule que « Les autorisations sont accordées sous réserve des
droits des tiers ». Ce qui signifie que l’obtention d’une autorisation d’exploiter un
établissement générateur de nuisances n’exonère pas l’exploitant de sa responsabilité
vis-à-vis des tiers ;
• l’article L.514-20, qui prévoit que le vendeur d’un terrain sur lequel a été implantée une
installation soumise à autorisation doit en informer par écrit l’acheteur, en précisant,
pour autant qu’il les connaisse, les dangers et inconvénients importants qui résultent de
l’exploitation.

Il n'existe pas, actuellement, en droit français, de régime de responsabilité spécifique à
l'environnement et ce sont les principes généraux de la responsabilité civile qui s’appliquent,
bien qu’ils se révèlent dans certaines circonstances peu adaptés à la réparation des atteintes à
l'environnement.

Ces principes sont édictés par les art. 1382, 1383 et 1384 du Code civil :
• Article 1382 : « Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige
celui par la faute duquel il est arrivé, à le réparer » ;
• Article 1383 : « Chacun est responsable du dommage qu’il a causé non seulement par son
fait, mais encore par sa négligence ou par son imprudence » ;
• Article 1384 : « On est responsable non seulement du dommage que l’on cause par
son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on
doit répondre, ou des choses que l’on a sous sa garde [...] ».

Et aussi, pour ce qui concerne les troubles anormaux de voisinage, par l’article 544 du Code
civil : « La propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue,
pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements ».

La directive 2004-35 du 21 avril 2004 sur la responsabilite environnementale en ce qui
concerne la prévision et la répartition des dommages environnementaux établit un cadre de
responsabilité environnementale, c’est la première législation communautaire à compter parmi
ses objectifs principaux l'application du principe du pollueur-payeur.
Elle devra avoir été transposée par les Etats membres au plus tard le 30 avril 2007.

Les fondements actuels de la responsabilité
La mise en jeu de la responsabilité civile suppose la réunion de trois conditions :
• une faute (non codifiée) ;
• un dommage (moral, physique ou concernant les biens) ;
• un lien de causalité entre la faute et le dommage.
Un dommage causé par une entreprise à l’air, à l’eau ou au paysage est susceptible de
porter préjudice à un individu, une entreprise ou une collectivité.

Illustration
Des fumées peuvent porter atteinte à la santé d’une ou plusieurs personnes, la pollution d’une rivière
rendre celle-ci impropre à l’usage qu’en fait une entreprise voisine, des vibrations intempestives faire
régulièrement voler en éclats les vitres d’un village…
Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


4.1.1 La faute

Responsabilité civile délictuelle
La faute, qui est l'événement à l'origine du dommage, peut ou non résulter d’une faute.
En matière délictuelle, la responsabilité pour faute est fondée sur les articles précités du
Code civil :
• la faute volontaire, visée à l’article 1382 ;
• la faute involontaire, visée à l’article 1383.

La violation d'une règle n'est pas seule constitutive d'une faute et le juge peut étendre la
faute à l'abus de droit, notamment en matière de troubles anormaux de voisinage.

La responsabilité sans faute relève de l'article 1384 du Code civil qui est la responsabilité
du fait des personnes dont on doit répondre ou des choses que l’on a sous sa garde.

Dans ce cas, la victime n'a pas à apporter la preuve d'une faute et la responsabilité de
celui qui en a la garde est automatiquement présumée, dès lors qu’il y a un lien de
cause à effet. L'exploitant ne pourra s'exonérer de sa responsabilité qu'en prouvant la
force majeure, le fait d'un tiers ayant concouru à la réalisation du dommage, ou l'état de
nécessité, face à un péril grave.
Responsabilité civile contractuelle
La responsabilité civile peut aussi être engagée sur une base contractuelle. Ainsi, sur le
fondement de l'article 1643 du Code civil, le vendeur est tenu à la garantie des vices cachés et
la responsabilité contractuelle du cédant peut être engagée par l'acquéreur d'un terrain qui se
révèle contaminé. L’article L.514-20 précité du Code de l’environnement prévoit l'obligation
pour le vendeur d’informer par écrit l’acheteur d'un terrain sur lequel a été exploitée une
installation soumise à autorisation, qu’il subsiste ou non des nuisances. A défaut, l'acheteur
peut demander la résolution de la vente, se faire restituer une partie du prix ou demander la
remise en état du site aux frais du vendeur, pour autant « que le coût ne paraît pas
disproportionné par rapport au prix de vente ».
4.1.2 Le dommage
Les dommages d’ordre environnemental peuvent être commis au préjudice des
personnes, des biens ou de l’environnement. Ils peuvent être de nature matérielle ou
immatérielle.

Si l’on visualise facilement les dommages matériels (vibrations préjudiciables à la santé
et aux constructions, pollution d’une rivière piscicole…), les dommages immatériels sont
plus difficiles à appréhender. On peut considérer qu’ils ne sont pas susceptibles
d'évaluation pécuniaire, mais qu’ils portent atteinte à la qualité de la vie : bruits, odeurs,
vibrations, fumées… Ces dommages relèvent généralement de la notion de troubles
anormaux du voisinage et les conditions d'anormalité se définiront au cas par cas en
fonction du lieu de situation de l'immeuble et, éventuellement, de l’antériorité de ceux-ci
par rapport à celle de l’installation.

En ce qui concerne l’environnement lui-même, ce sont les milieux naturels qui vont subir le
dommage, principalement de manière diffuse et chronique. Souvent, les effets ne sont perçus
que longtemps après que la pollution ait commencé à se produire (appauvrissement de la
couche d’ozone, effet de serre, pollution des eaux par les nitrates…).

Le droit français n'a pas de règles spécifiques en matière de responsabilité pour
dommages écologiques, mais l’amélioration des connaissances techniques contribue à
faire évoluer le droit, en particulier au niveau communautaire.
Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


4.1.3 Le lien de causalité
L'établissement du lien de causalité, et par là même, la détermination du responsable
pose des difficultés en matière d'environnement en raison des différents types de pollution
pouvant être incriminés.

Les pollutions sont diverses en fonction de leur origine (pollution de l'eau, de l'air, du sol) et de
leur durée (pollution accidentelle ou résiduelle).

La pollution accidentelle ou instantanée est le résultat d'une défaillance du processus
industriel, d’une erreur de manutention, non prolongée dans le temps. Pour ce type de
pollution, le lien de causalité sera facile à établir.

La pollution résiduelle ou continue est une succession dans le temps de petites émissions
polluantes qui entraînent des dommages réels à l'environnement. C'est un état permanent qui
n'est pas en lui-même anormal, mais, du fait de sa répétition doit être réparé. La
détermination du responsable est souvent plus difficile dans ce type de pollution.

Illustration
Quelques exemples de difficultés dans la détermination du responsable :
• Quel sera l'exploitant juridiquement responsable en cas de pluralité de pollueurs, de révélation
d'une pollution par les travaux d'une personne autre que l'exploitant, ou en l'absence de
responsable ?
Le juge pourra, en cas de multiplicité de pollueurs, appliquer une obligation « in solidum » c'est-à-dire
que l'un des responsables aura la charge de la totalité de la réparation sans avoir à rechercher le
partage de responsabilité.
• En cas de succession d'exploitants sur un même site, si une pollution inhérente à l'activité se révèle
postérieurement à la cession, quel sera l'exploitant responsable, l'ancien exploitant ou le nouveau ?
4.2 La responsabilité pénale
La responsabilité pénale correspond aux fautes commises à l’encontre de la société.
Des sanctions pénales pour atteintes à l’environnement sont prévues pour un certain
nombre d’infractions fixées par le Code de l’environnement, le Code rural, le Code de la
santé publique, ou les règlements pris pour leur application…. Les éléments de ces
infractions sont définis de manière précise, tout comme les peines encourues.

Illustration
Par exemple, l’article L.216-6 du Code de l’environnement stipule que « Le fait de jeter,
déverser ou laisser s'écouler […] une ou des substances quelconques dont l'action ou les
réactions entraînent […] des effets nuisibles sur la santé ou des dommages à la flore ou à la
faune […] est puni de deux ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende »
Autre exemple, la suite de l’article L.216-6 énonce que « lorsque l’opération de rejet est autorisée par
arrêté, les dispositions de cet alinéa ne s’appliquent que si les prescriptions de cet arrêté ne sont pas
respectées ».

Les infractions et les peines encourues par les personnes morales, comme par les personnes
physiques sont fixées de manière précise.
Ainsi, les lois et règlements déterminent la nature des infractions et leurs limites, les peines
applicables et renvoient au Code pénal pour leurs conditions d’application, la détermination
du degré de responsabilité… Le Code pénal fixe les principes selon lesquels les
responsabilités sont établies et les sanctions appliquées, et notamment :
« Nul ne peut être puni pour un crime ou pour un délit dont les éléments ne sont pas définis par
la loi, ou pour une contravention dont les éléments ne sont pas définis par le règlement.
Nul ne peut être puni d’une peine qui n’est pas prévue par la loi, si l’infraction est un
crime ou un délit, ou par le règlement, si l’infraction est une contravention ».

Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


Trois types d’infractions pénales existent :
les contraventions sont du ressort du tribunal de police ;
les délits sont sanctionnés par le tribunal correctionnel ;
les crimes sont du ressort de la cour d’assises.

Une ouverture vers l’harmonisation européenne de la répression pénale des atteintes à
l’environnement a été entamée avec la « Convention sur la protection de l’environnement
par le droit pénal » du 4 novembre 1998, signée par quelques pays, dont la France,
mais non encore ratifiée.
4.2.1 La responsabilité de la personne morale
Le principe de la personnalité des peines : seul l’auteur de l’infraction peut se voir
condamné pour les problèmes liés à l’environnement, il s’agit soit d’une personne
physique soit d’une personne morale.

Article 121-2 du nouveau Code pénal :
«Les personnes morales à l'exclusion de l'État sont responsables pénalement selon les
distinctions des articles 121-4 à 121-7, des infractions commises, pour leur compte, par leurs
organes ou représentants.
Toutefois, les collectivités territoriales et leurs groupements ne sont responsables pénalement
que des infractions commises dans l’exercice d’activités susceptibles de faire l’objet de
conventions de délégation de service public […]».

Les articles 121-4 à 121-7 définissent respectivement : l’auteur de l’infraction, la tentative
d’infraction, le complice d’une infraction.

Les personnes morales peuvent être poursuivies lorsque les lois et règlements particuliers
ou le Code pénal le prévoient. Les sanctions encourues sont également spécifiques.

Ces dispositions sont ainsi exprimées :
« Les personnes morales peuvent être déclarées pénalement responsables dans les
conditions prévues par l’article 121-2 du Code pénal des infractions définies [...] ».

Illustration
Par exemple, à l’article L.514-18 du Code de l’environnement : «[…]des infractions définies aux
articles L.514-9 et L.514-11».
Et, au même article : « Les peines encourues par les personnes morales sont : 1° L’amende,
suivant les modalités prévues par l’article 131-18 du code pénal ; 2° Les peines mentionnées au
2°…… et 9° de l’article 131-39 du même code ».

Les situations suivantes engagent, par exemple, la responsabilité de la personne morale :
• l’exploitation d’une installation classée sans autorisation, en infraction à une mesure de
fermeture, de suppression, de suspension ou d’interdiction (L.514-18 et 514-11 du
Code de l’environnement) ;
• le fait de n’avoir pas pris les mesures nécessaires pour mettre fin à la cause d’atteinte
au milieu aquatique après un accident (L.216-12 et 211-5 du Code de
l’environnement) ;
• le fait de déposer, dans des conditions contraires aux dispositions législatives, des
déchets générateurs de nuisances (L.541-47 et 541-46 du Code de l’environnement).

Le domaine de responsabilité de la personne morale couvre les infractions aux personnes
et aux biens. Les peines encourues vont de l’amende à l’interruption de l’activité.

Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


4.2.2 La responsabilité de la personne physique
Dans les différents textes, les infractions susceptibles d’être retenues à l’encontre
des personnes physiques ne sont pas spécifiquement différenciées. Toutes les
infractions punissables peuvent leur être imputées. Le législateur précise, d’ailleurs,
dans l’article 121-2 du Code pénal que : « La responsabilité pénale des personnes
morales n’exclut pas celle des personnes physiques auteurs ou complices des
mêmes faits, sous réserve des dispositions du quatrième alinéa de l’article 121-3 ».

En outre, la personne physique peut être responsable à double titre, d’une part, de
son propre fait, et, en sa qualité de dirigeant ou de préposé ayant reçu délégation
de pouvoirs, pour le fait d'autrui.

Par exemple, dans le cas dernièrement évoqué du dépôt de déchets en infraction
aux dispositions législatives, l’article L.541-48 du Code de l’environnement
stipule que « l’article L.541-6 est applicable à tous ceux qui, chargés à un titre
quelconque de la direction, de la gestion ou de l’administration de toute entreprise
ou établissement, ont sciemment laissé méconnaître par toute personne relevant de
leur autorité ou de leur contrôle les dispositions mentionnées audit article ».

D'une manière générale, on pourra reprocher au dirigeant, un défaut
d’organisation ou un défaut de surveillance, générateur du délit de droit commun
(imprudence, négligence, inattention, maladresse), un manque de formation et/ou
d'information de son personnel, un relâchement dans l'exercice de son devoir de
surveillance des hommes et des machines, un dysfonctionnement dans
l'organisation du travail ou l'entretien des dispositifs de sécurité.

La responsabilité de la personne physique peut aussi, être engagée sur le
fondement de l'article 121-7 du Code pénal :
« Est complice d’un crime ou d’un délit la personne qui sciemment, par aide ou
assistance, en a facilité la préparation ou la consommation.
Est également complice la personne qui par don, promesse, menace, ordre, abus
d’autorité ou de pouvoir aura participé à une infraction ou donné des instructions
pour la commettre » .

Illustration
Par exemple, l’article L.581-35 du Code de l’environnement prévoit : « Est puni des mêmes
peines que l’auteur de l’infraction, celui pour le compte duquel la publicité est réalisée… ».

Peuvent également être sanctionnés les auteurs de délits ou de contravention non-
intentionnels commis par imprudence ou négligence, ou encore de manière
indirecte, aux termes de l’article 121-3 du Code pénal (et de l'article R.610-2) :
«Il n'y a point de crime ou de délit sans intention de le commettre.
Toutefois, lorsque la loi le prévoit, il y a délit en cas de mise en danger délibérée de
la personne d'autrui.
Il y a également délit, lorsque la loi le prévoit, en cas de faute d’imprudence, de
négligence ou de manquement à une obligation de prudence ou de sécurité prévue
par la loi ou le règlement, s’il est établi que l’auteur des faits n’a pas accompli les
diligences normales, compte tenu, le cas échéant, de la nature de ses missions ou
de ses fonctions, de ses compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il
disposait.
Dans le cas prévu par l’alinéa qui précède, les personnes physiques qui n’ont pas
causé directement le dommage, mais qui ont créé ou contribué à créer la situation
qui a permis la réalisation du dommage ou qui n’ont pas pris les mesures
permettant de l’éviter, sont responsables pénalement s’il est établi qu’elles ont,
Partie 5 – Prévenir les risques pour l’environnement


soit violé de façon manifestement délibérée une obligation particulière de prudence
ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, soit commis une faute caractérisée
et qui exposait autrui à un risque d’une particulière gravité qu’elles ne pouvaient
ignorer.
Il n'y a point de contravention en cas de force majeure ».

L'article R.610-2 précise que » les dispositions des troisième et quatrième alinéas de
l'article 121-3 sont applicables aux contraventions pour lesquelles le règlement
exige une faute d'imprudence ou de négligence[…] ».



PARTIE 6
PRÉVENIR LES RISQUES
SUR UN CHANTIER






















Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier




1 QUI FAIT QUOI SUR UN CHANTIER ?


1.1 Missions et responsabilités des différents intervenants
1.1.1 Le maître de l'ouvrage

1.1.2 Maître d'œuvre
1.1.3 L'entrepreneur
1.1.4 Les fournisseurs de matériaux
1.1.5 Le coordonnateur sécurité
1.1.6 Le contrôleur technique


1.2 Le permis de construire


1.3 Les contrôles de sécurité


1.4 L’assurance d’un chantier


1.5 Marchés privés/marchés publics et documents types


2 CHANTIERS DE BÂTIMENT ET DE GÉNIE CIVIL :
ORGANISATION ET COORDINATION DE SÉCURITÉ


2.1 La déclaration préalable


2.2 La coordination de sécurité
2.2.1 Trois catégories de chantiers

2.2.2 Le contrat avec le coordonnateur de sécurité

2.2.3 Les missions du coordonnateur de sécurité


2.3 Les différents plans
2.3.1 Le plan général de coordination de la sécurité

2.3.1 Le Plan particulier de sécurité



2.4 Les autres documents
2.4.1 Le dossier d'intervention ultérieure sur l'ouvrage (DIUO)

2.4.1 Le registre journal


3 LES INTERVENTIONS DES ENTREPRISES EXTÉRIEURES


3.1 Définitions


3.2 Obligations de l'entreprise utilisatrice


3.3 Obligations de l'entreprise extérieure


3.4 Les obligations communes et le plan de prévention

3.4.1 L'inspection préalable

3.4.2 L'analyse des risques et le plan de prévention

Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


3.5 Les travaux dangereux


3.6 Le permis de feu


3.7 Le travail de nuit ou dans un lieu isolé


4 LES MESURES DE SÉCURITÉ



Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier



1 QUI FAIT QUOI SUR UN CHANTIER ?
1.1 Missions et responsabilités
des différents intervenants
1.1.1 Le maître de l'ouvrage
La norme NF P 03-001 (marchés privés) définit le « maître de l’ouvrage » comme la
personne physique ou morale « pour le compte de qui les travaux ou ouvrages sont
exécutés ».

La loi 85-704 du 12 Juillet 1985 (modifiée) relative à la maîtrise d'ouvrage publique et à
ses rapports avec la maîtrise d’œuvre privée (loi MOP) définit le maître de l’ouvrage
public comme : « la personne morale pour laquelle l’ouvrage est construit ».

Le maître de l’ouvrage peut donc être :
• le simple particulier faisant construire pour son propre compte ;
• une société faisant construire un bâtiment pour son activité industrielle ou
commerciale ;
• une société de professionnels investissant dans une construction destinée à la location
ou à la revente ultérieure ;
• l’État ou une collectivité publique ;
• un organisme privé à caractère public (Caisse d’assurance maladie, Allocations
familiales…) ;
• un organisme privé d’habitation à loyer modéré, etc.

Le maître de l’ouvrage est donc le client, celui qui conclut des contrats de louage
d’ouvrage avec les réalisateurs de la construction, tant en ce qui concerne la conception
que l’exécution, en définissant les fonctions qu’elle doit remplir (habitation, usine, salle
de spectacle, magasin...) et après s’être assuré de la « faisabilité » du projet, qu’il
s’agisse d’une implantation nouvelle ou d’un programme de réhabilitation.
Obligations du maître de l'ouvrage
Le maître de l’ouvrage a l'obligation de fournir les renseignements nécessaires à
l’établissement du projet (données juridiques, administratives, techniques, financières...). Il
est aussi l’homme-clef des opérations de bâtiment ou de génie civil. Il est pénalement
responsable d’obligations spécifiquement mises à sa charge et qui dépendent
essentiellement du caractère (ouvrage public ou privé), de la nature et de l’importance du
chantier. Toutefois, le maître d’ouvrage n’engage sa responsabilité que s’il est lui-même
compétent et que cette compétence est notoirement reconnue.

Illustration
Ainsi, quand le maître d’ouvrage est un particulier ou une petite commune ne disposant pas
de services techniques compétents et ne pouvant, de ce fait, faire face à ses obligations,
celles-ci peuvent être déléguées à un mandataire, ce dernier étant alors soumis, pour la
passation des contrats avec les divers intervenants à la construction, aux règles qui
s’imposent au maître de l’ouvrage. Ce dernier n’endosse, en réalité, que les responsabilités
le concernant personnellement.

Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


1.1.2 Maître d'œuvre
Le maître d’œuvre est, selon la norme NF P 03-001 (marchés privés), pour la partie
relative au marché de travaux, la « personne physique ou morale, qui, pour sa
compétence, peut être chargée par le maître de l’ouvrage :
- de l’assister pour la consultation des entreprises et pour la conclusion du ou des
marchés avec le ou les entrepreneurs ;
- de diriger l’exécution du ou des marchés de travaux ;
- d’assister le maître de l’ouvrage pour la réception des ouvrages et le règlement des
comptes avec les entrepreneurs ».

La loi MOP (marchés publics) définit la maîtrise d’œuvre comme : « une réponse
architecturale, technique et économique au programme du maître de l’ouvrage ».

Le « maître d’œuvre » est celui qui, généralement depuis sa conception, mène à bonne
fin l’exécution de la construction qui doit remplir les fonctions définies par le maître de
l’ouvrage.
Mission
La mission minimale du maître d’œuvre, qu’il s’agisse d’un ouvrage public ou privé,
d’une construction neuve ou d’une opération de réhabilitation, est de concevoir et de
réaliser la synthèse architecturale des objectifs et contraintes du programme et de
s’assurer du respect, lors de l’exécution de l’ouvrage, des études qu’il a effectuées.
L’assistance apportée au maître de l’ouvrage s’étend à la période de garantie de parfait
achèvement. Le maître d’œuvre a donc une obligation de résultat quant à la bonne
réalisation de l’ouvrage.
Le maître d’œuvre se doit, en outre, d’informer son client de toutes les conséquences que
telle ou telle instruction pourrait avoir sur la stabilité des ouvrages, leur pérennité et leur
sécurité. Le maître d’œuvre étant présumé compétent, il ne doit rien ignorer des règles
de son art et donc, en matière de sécurité, de tous les règlements en vigueur. D’une
manière générale, il doit contrôler le respect des dispositions législatives civiles ainsi que
des règles administratives dans leur acception la plus sévère. Il prend en charge les
procédures administratives, notamment celles nécessaires à l’obtention du permis de
construire, et assiste le maître d’ouvrage au cours de leur instruction.
Qui est le maître d’œuvre ?
Le maître d’œuvre est généralement un architecte, une société d’ingénierie ou un bureau
d’études. Le recours à un architecte n’est obligatoire que dans le cadre de la mission liée
au dépôt du permis de construire (Loi n° 77-2 du 3 janvier 1977), soit l’élaboration du
projet architectural et la vérification du respect des dispositions de ce projet. L’architecte
n’assure pas obligatoirement la direction des travaux. Pour les opérations privées, le
choix du maître d’œuvre n’est assujetti à aucun formalisme réglementaire particulier. En
revanche, pour les opérations publiques, la désignation du maître d’œuvre est
réglementée par le Code des marchés publics pour les maîtres d’ouvrage qui y sont
soumis et par la loi MOP (et le décret n° 93-1269 du 29 novembre 1993 pris pour son
application) pour les autres.
Responsabilité du maître d’œuvre
Les interventions du maître d’œuvre dans l’acte de construire entraînent pour lui des
responsabilités différentes et distinctes souvent partagées solidairement avec les autres
intervenants.


Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


L’exigence de sécurité telle que définie aux articles 319 et 320 du Code pénal implique
l’engagement de la responsabilité du maître d’œuvre en cas d’accident, même après
l’achèvement de la construction. Cette exigence d’ordre général fait l’objet de précisions
sur divers points particuliers dans les textes relatifs aux règles de sécurité contre les
risques d’incendie et de panique. En cas d’accident, c’est le juge pénal qui détermine à
qui incombe la faute ou la responsabilité.

Par ailleurs, dans le cadre des contrats conclus pour la construction, le maître
d’œuvre est soumis au régime de la « responsabilité contractuelle » de droit commun
(article 1147 du Code civil). Cette responsabilité l’engage pendant tout le délai de
garantie de parfait achèvement des travaux, et au-delà, en cas de faute, notamment
pour les dommages « intermédiaires » non couverts par les garanties biennale et
décennale.

En cas de violation des lois et règlements, de négligence ou d’imprudence, la
responsabilité délictuelle du maître d’œuvre peut être recherchée au titre des articles
1382 et 1383 du Code civil, pendant dix ans, à compter de la manifestation du
dommage ou de son aggravation.
1.1.3 L'entrepreneur
Suivant la norme NF P 03-001 relative aux marchés privés, l’entrepreneur est « la
personne physique ou morale, désignée par ce terme dans les documents du marché, qui
a la charge de réaliser les travaux ou ouvrages aux conditions définies par ce marché ».
Dans les documents réglementaires relatifs aux marchés publics, il n’existe aucune
définition de l’entrepreneur.

Pour les marchés privés, que les contractants soient ou non liés aux termes de la
norme précitée, les entreprises sont libres de contracter individuellement ou de se
grouper pour contracter solidairement un même marché. Le maître d’ouvrage privé
peut également faire appel à un « entrepreneur général », « titulaire d’un marché
unique qui a pour objet l’ensemble des travaux concourant à la réalisation d’un même
ouvrage ».

Aux termes du « Cahier des clauses administratives générales (CCAG) applicable aux
marchés publics de travaux », les entrepreneurs peuvent se grouper, soit solidairement,
soit conjointement. Dans le premier cas, un mandataire est désigné pour représenter
l’ensemble des entrepreneurs, mais chacun d’entre eux s’engage à pallier une éventuelle
défaillance de ses partenaires. Dans le second cas, la responsabilité de chacun n’est
engagée que pour le lot qui lui est assigné, le mandataire ou « représentant » étant, lui,
solidaire de chacun à l’égard du maître de l’ouvrage jusqu’à une date donnée et chargé
de la coordination des tâches.
Obligations de l'entrepreneur
Outre une obligation de résultat, l’entrepreneur se doit d’attirer l’attention du maître
d’œuvre sur les conséquences éventuelles que sa conception pourrait avoir sur la
stabilité et la sécurité de l’ouvrage.

L’entrepreneur est lui-même garant des manquements et violations aux règles de sécurité
dans la mesure où il s’agit de la mise en œuvre du matériau lui-même.
Responsabilité de l'entrepreneur
Comme celle du maître d’œuvre, la responsabilité de l’entrepreneur s’apprécie, d’une
part sur le plan de la responsabilité décennale (articles 1792 et 2270 du Code civil) et,
d’autre part, sur le plan de la responsabilité générale contractuelle dont la prescription
Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


est de 30 ans. Enfin, il peut être poursuivi à titre pénal pour n’avoir pas signalé des
violations ou manquements aux règles de sécurité dont il aurait pu avoir connaissance.

Afin de se couvrir pour la responsabilité qui lui incombe dans les opérations de bâtiment
sur le fondement des articles précités du Code civil, l’entrepreneur doit obligatoirement
souscrire un contrat d’assurance dit de « responsabilité décennale ». Comme pour le
maître d’œuvre, cette obligation comporte une clause d’exclusion « en cas
d’inobservation inexcusable des règles de l’art… » (Code des assurances, art. A.243-1).
1.1.4 Les fournisseurs de matériaux
Les fournisseurs de matériaux, aux termes des articles 1641 et suivants du Code Civil,
sont responsables des vices cachés des matériaux qu’ils fournissent.

Ils sont tenus responsables des conséquences dommageables que l’emploi de ces
matériaux, même correctement fabriqués, peut entraîner, notamment sur le plan de la
sécurité incendie, dans la mesure où les limites d’emploi de ces matériaux n’ont pas été
clairement signifiées sur les notices publicitaires, particulièrement pour ce qui concerne
leur utilisation dans les IGH (Immeubles de grande hauteur) ou les ERP (Établissements
recevant du public).
La responsabilité d’un fabricant peut également être engagée s’il a préconisé l’emploi
d’un produit déterminé en connaissant l’usage qui allait en être fait, alors que ce produit
s’avère inadapté à cet usage.

Sont assimilés aux fabricants les importateurs et les revendeurs qui apposent leur propre
marque sur les matériaux ou éléments d’équipement.

Les éléments de construction conformes à une norme ou bénéficiant d’une certification
peuvent dégager le fabricant de cette responsabilité.
Une obligation d’information incombe également au revendeur de
matériaux.
Les produits susceptibles d’entraîner la responsabilité solidaire des fabricants, dans
certaines conditions, sont essentiellement les « biens conçus et produits pour satisfaire, en
état de service, à des exigences précises et déterminées à l’avance ». Ceux-ci, désignés
sous le terme « EPERS » (Éléments Pouvant Entraîner la Responsabilité Solidaire des
fabricants et importateurs d’ouvrages ou parties d’ouvrages) engagent le fabricant ou
l’importateur aux mêmes responsabilité décennale et garantie biennale de bon
fonctionnement que le constructeur, dans la mesure où la mise en œuvre de la fourniture
a été faite sans modification par l’entrepreneur et conformément aux règles édictées par
le fabricant.
1.1.5 Le coordonnateur sécurité
Dans certains cas, le maître d’ouvrage a l’obligation de s’adjoindre le concours de
partenaires chargés de tâches précisément définies par la réglementation.
C’est le cas du « coordonnateur sécurité » dont la mission est de prévenir les risques liés
à la co-activité entre les différentes entreprises intervenant sur le chantier afin d’assurer la
sécurité de tous (voir chapitre 2.2 ).

L’obligation de désigner un coordinateur de sécurité est réglementée par les décrets du
20 février 1992 et du 26 décembre 1994.
La désignation d’un coordonnateur est obligatoire dès lors qu’un chantier est soumis à
déclaration préalable (plus de 30 jours ouvrés et plus de 20 travailleurs simultanément
ou non ou lorsque le volume des travaux excède 500 hommes-jours) ou qu’il fait
intervenir au moins deux entreprises ou travailleurs indépendants.
Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


Ces obligations sont résumées dans le tableau suivant :

La coordination en cas d’intervention
d’entreprises extérieures sur un chantier
Bâtiment et génie civil Autres activités
Conditions : 20 travailleurs et 30 jours ouvrés
ou 500 hommes/jours
1 ou plusieurs entreprises
Conditions non remplies Conditions remplies
1 seule entreprise

Plus de 1 entreprise
ou
Travaux à risques
particuliers

Décret de 1992 Décret de 1994 Décret de 1994
• Le coordinateur
n’a pas besoin
de compétences
particulières
• Le coordinateur doit
être diplômé.
• Plan de prévention
obligatoire
• Le coordinateur doit
être diplômé
• Obligation de
déclaration préalable
• PGCSPS obligatoire
• PPSPS obligatoire
• Le coordinateur
n’a pas besoin
de compétences
particulières
• Plan de prévention
obligatoire
PGCSPS : plan général de coordination en matière de sécurité et de protection de la santé
PPSPS : plan particulier de sécurité et de protection de santé


Le coordonnateur opère sous la responsabilité du maître de l’ouvrage. Il ne participe pas
à l’opération de construction proprement dite.

Son rôle est de :
• éviter les risques ;
• réaliser l’évaluation des risques inévitables ;
• lutter contre les risques à leur origine ;
• prendre en compte des évolutions techniques ;
• substituer ce qui n’est pas ou ce qui est moins dangereux à ce qui est dangereux ;
• organiser la prévention de telle sorte qu’elle intègre la technique, l’organisation du
travail, les conditions de travail, les relations de travail et l’influence des facteurs
ambiants ;
• adopter des mesures de sécurité collective en leur donnant la priorité sur les mesures
de protection individuelles.

Le coordinateur de sécurité doit effectuer la vérification personnelle du respect et de
l’application des dispositions destinées à la sécurité et à la protection de la santé. Il doit
garantir que les dispositions prises fonctionnent bien.
1.1.6 Le contrôleur technique
Le recours à un contrôleur technique est obligatoire pour les établissements recevant du
public des 1
re
, 2
e
et 3
e
catégories, les immeubles de grande hauteur et certains bâtiments
autres qu’industriels présentant une difficulté technique (décret n° 78-1146 du 7
décembre 1978).


Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


Dans le cadre d’une opération de bâtiment et de génie civil, ce doit être une personne
distincte du coordinateur.

Pour les marchés privés, sa désignation n’est soumise à aucun formalisme ; pour les
marchés publics, la procédure de désignation est fixée par la réglementation.
Mission du contrôleur technique
Le contrôleur technique a pour mission de « prévenir les aléas de la construction » ;
il donne au maître de l’ouvrage son avis sur les problèmes d’ordre technique,
notamment sur les problèmes concernant la solidité de l’ouvrage et la sécurité des
personnes quant à l’application des dispositions réglementaires applicables aux
ouvrages et équipements pendant leur phase de construction et jusqu’à la réception
des travaux. A ce titre, il est soumis à la « présomption de responsabilité »
décennale, mais seulement « dans la limite de la mission à lui confiée par le maître
de l’ouvrage » (article L.111.24 du CCH). Le maître d’ouvrage qui ne tiendrait pas
compte des avis émis par un contrôleur technique risquerait de voir sa
responsabilité engagée avec celle des constructeurs.
1.2 Le permis de construire
Tout projet de construction, exception faite de certains travaux de nature particulière ou
de faible importance, nécessite l’obtention d’un permis de construire (article L.421-1 du
Code de l’Urbanisme).

La demande doit en être faite auprès du maire de la commune sur laquelle les travaux
doivent être réalisés.

D’une manière générale, le permis de construire est l’acte administratif par lequel
les pouvoirs publics s’assurent que le projet de construction s’inscrit dans le cadre
des règles d’urbanisme et obéit aux règles d’aménagement de la zone dans
laquelle il doit être réalisé (essentiellement les dispositions du Plan d’Occupation
des Sols ou POS). Ainsi, l’obtention préalable d’un certificat d’urbanisme peut être
rendue obligatoire, notamment en cas de division parcellaire. Le permis de
construire ne sanctionne pas les règles de construction et ne constitue pas un
laisser-passer pour ce qui concerne les règles de sécurité. Toutefois, dans certains
cas, la demande de permis de construire doit être accompagnée de documents
complémentaires destinés à un contrôle a priori du respect de la réglementation.

Les cas particuliers
• Les IGH et les ERP
Dans les cas des immeubles de grande hauteur (IGH) et des établissements
recevant du public autres que ceux de la 5
e
catégorie (ERP), la délivrance du permis
de construire ou de toute autorisation de modification d’un immeuble existant
nécessite a priori un contrôle du respect des règles de sécurité. Ce contrôle est
effectué par les Commissions de sécurité existant dans le cadre de la Commission
Consultative Départementale de Sécurité et d’Accessibilité (CCDSA, dont le rôle est
défini par le décret n° 95-260 du 8 mars 1995). Les plans et documents
nécessaires au contrôle sont joints à la demande de permis de construire. La
Commission émet un avis, favorable ou défavorable, auprès de l’autorité de police
(préfet ou maire). Dans ce cas particulier, comme dans le cas d’une demande de
dérogation au règlement de sécurité, cet avis lie l’autorité délivrant le permis de
construire (art. 2 du décret et art. L.421-3 du code de l’urbanisme et L.123-1 du
CCH).

Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


• Les ICPE
Dans le cas des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), la
demande d’autorisation ou la déclaration doit être adressée par l’exploitant en même
temps que sa demande de permis de construire, les deux démarches étant toutefois
distinctes, l’une des deux autorisations pouvant être accordée et l’autre refusée. La
demande de permis de construire, adressée au maire de la commune, doit être
accompagnée du justificatif du dépôt de la demande d’autorisation ou de la déclaration.
La demande d’autorisation ou la déclaration s’adresse à la préfecture du département
concerné, au service des installations classées. Si l’installation est soumise à autorisation,
l’exploitant doit fournir un justificatif de sa demande de permis de construire. Celui-ci ne
peut être accordé avant la fin de l’enquête publique lorsqu’il doit y en avoir une.

Des formalités complémentaires sont également demandées dans des cas particuliers,
notamment : constructions commerciales importantes, logements collectifs, lieux de
travail, locaux spécifiques en région Île-de-France, travaux nécessitant la démolition d’un
bâtiment ou l’abattage d’arbres...

La demande de permis de construire est toujours adressée au maire de la commune dans
laquelle la construction est envisagée, mais donne lieu, si nécessaire, à consultations auprès
des services ou commissions intéressées par le projet pour accords ou avis prévus par la
réglementation. Suivant les cas, le permis est délivré par le maire ou le préfet.
1.3 Les contrôles de sécurité

Cas des ERP
En cours de travaux, les établissements recevant du public doivent faire l’objet de
vérifications prévues au Règlement de sécurité pour ce qui concerne les installations
techniques (sauf ERP de 5
e
catégorie ne comportant pas de locaux à sommeil). Des
contrôles administratifs peuvent être également effectués sur le chantier par la
Commission de sécurité à la demande du maire ou du préfet. A l’achèvement des
travaux, lors du dépôt en mairie de la demande d’ouverture, la commission de sécurité
procède à une visite de réception (sauf ERP 5° catégorie).
Cas des IGH
Pour les immeubles de grande hauteur, une vérification aura lieu avant occupation, au niveau
national par une commission technique interministérielle des IGH, ou bien au niveau local par
la Commission Consultative Départementale de Sécurité et d’Accessibilité (CCDSA). Le service
instructeur s’assure que les travaux ont été réalisés conformément au permis de construire.

Dans certains cas, pour les ERP et les IGH, le contrôle est effectué en liaison avec le directeur
départemental des services d’incendie et de secours (DDSIS).

Les contrôles exercés par les commissions de sécurité ne dégagent pas les constructeurs
et installateurs des responsabilités qui leur incombent personnellement.
1.4 L’assurance d’un chantier

L’assurance « dommage-ouvrage » du maître d’ouvrage
Avant l’ouverture du chantier, le maître de l’ouvrage a l’obligation (CCH, art. L.111-30),
sauf cas particuliers, de souscrire ou de faire souscrire, une assurance dite de
« dommage-ouvrage » garantissant, en dehors de toute recherche des responsabilités, le
paiement des travaux de réparation des dommages (au sens de l’article 1792-1 du
Code civil, c’est-à-dire les désordres de « nature décennale »).
Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


Cette assurance permet que les dommages soient immédiatement réparés, avant que
l’on ait à se préoccuper de recherches de responsabilités.

Les cas particuliers d’exemption concernent les personnes morales de droit public et les
personnes morales privées justifiant d’une surface financière (art. L 111-6 du Code des
Assurances) lorsque ces personnes font réaliser pour leur compte des travaux de
bâtiments autres que d’habitation.

Le maître d’ouvrage a la faculté de souscrire une « police unique de chantier » qui couvre, par
le biais d’un contrat unique, l’assurance de dommage-ouvrage et la responsabilité de
l’ensemble des constructeurs.
L’assurance de responsabilité décennale du maître d’œuvre
Pour couvrir une partie de ces responsabilités, et afin de garantir le remboursement des
travaux de réparation, le maître d’œuvre a l’obligation de souscrire une assurance de
responsabilité, celle-ci étant communément désignée sous le terme de « responsabilité
civile décennale » (Art. L. 111-28 du CCH).

Cette couverture implique l’obligation du respect des « règles de l’art, telles qu’elles sont
définies par les réglementations en vigueur, les documents techniques unifiés ou les
normes établies par les organismes compétents » (Art. A.243-1 du Code des assurances).
1.5 Marchés privés/marchés publics et documents types
Le maître de l’ouvrage privé relevant du secteur libre n’est soumis qu’au régime du droit
commun. En l’absence de réglementation spécifique, le maître de l’ouvrage de droit
privé dispose d’un cahier des clauses « types », objet de la norme NF P 03-001
« Marchés privés – Cahiers types - Cahier des clauses administratives générales
applicable aux travaux de bâtiment faisant l’objet de marchés privés ». Il peut également
se référer, s’il le souhaite aux documents types mis à la disposition des maîtres
d’ouvrages publics.

S’il appartient au secteur privé réglementé (cas, notamment, des organismes d’HLM du
secteur privé, des organismes de sécurité sociale et des sociétés d’économie mixte), le
maître de l’ouvrage peut être soumis à des règles de passation de marchés ou à la loi
MOP pour des opérations qui font appel à des fonds d’origine publique.

Sont soumis au Code des marchés publics et à la loi MOP pratiquement tous les
établissements et organismes à caractère public, notamment : l’État et ses établissements
publics autres que ceux à caractère industriel et commercial, les collectivités territoriales
et leurs établissements publics, les groupements de collectivités locales, les syndicats
mixtes...

Pour les marchés publics, la réglementation propose aux maîtres d’ouvrage divers
documents types permettant de constituer les dossiers de consultation d’entreprises. Elle
propose, en particulier, en en conseillant « fortement » l’utilisation, des cahiers des
charges déterminant les conditions dans lesquelles les marchés sont exécutés. Il existe
ainsi :
• des documents généraux qui sont les « Cahiers des clauses administratives générales
(CCAG) applicables aux marchés publics » (concernant respectivement les travaux, les
fournitures courantes et services, les marchés industriels et les prestations
intellectuelles) ;
• les « Cahiers des clauses techniques générales » ;
• et des documents particuliers qui sont les « Cahiers des clauses administratives
particulières » et les « Cahiers des clauses techniques particulières ».

Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


Ces documents s’appliquent aussi bien aux marchés de l’État qu’à ceux des collectivités
locales et de leurs établissements publics qui s’y réfèrent (ils sont édités par l’Imprimerie
Nationale).

Pour les opérations confiées par un maître d’ouvrage public à une personne ou un
groupement de personnes de droit privé, la mission de maîtrise d’œuvre est définie par le
décret n° 93-1268 du 29 novembre 1993, complété par l’arrêté du 21 décembre 1993
(décret pris pour application des articles 7, 8, 9 et 10 de la loi MOP). Suivant la nature
de l’ouvrage, cette mission sera plus ou moins complexe et assortie ou non de missions
complémentaires ou spécifiques. Des procédures particulières s’appliquent lorsque le
maître d’ouvrage est soumis de surcroît au Code des marchés publics.

Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier



2 ORGANISATION ET COORDINATION DE SÉCURITÉ
DANS LE BÂTIMENT ET LE GÉNIE CIVIL
Le législateur distingue deux types de chantiers régis par des dispositions réglementaires
différentes. Schématiquement, on distingue :
• les chantiers de travaux effectués dans un établissement par une ou plusieurs entreprise(s)
extérieure(s) (sujet traité dans le chapitre 3 ) ;
• les chantiers ou opérations de bâtiment ou de génie civil qui constituent dans la pratique des
chantiers clos et indépendants (objets de ce chapitre).
Les opérations de bâtiments et de génie civil sont soumises aux dispositions du code du Travail,
Livre II, Titre 3, Chapitre 8 (articles R. 238) : "Dispositions particulières relatives à la
coordination pour certaines opérations de bâtiment ou de génie civil".
2.1 La déclaration préalable
Le maître d'ouvrage doit déclarer préalablement ses opérations de bâtiment ou de génie civil à
l'inspection du travail, à l'OPPBTP et la Cram, si :
• sa durée est supérieure à 30 jours et l'effectif supérieur à 20 salariés à un moment
quelconque ;
• ou le volume est supérieur à 500 hommes-jours.
Le calcul des hommes-jours
Il s'agit de multiplier d'effectif moyen des salariés du chantier, tous lots confondus, par le
nombre de jour de travail sur un mois et par le nombre de mois de chantiers :
effectif/jour x nombre de jours x nombre de mois
2.2 La coordination de sécurité
Si plusieurs travailleurs indépendants ou entreprises interviennent sur le chantier, dans sa
conception et sa réalisation, alors, il doit être prévu une coordination pour :
• prévenir les risques engendrés par la co-activité des intervenants et leur succession ;
• mettre en commun les moyens.
Le maître d'ouvrage qui désigne le coordonnateur en matière de sécurité et de protection de la
santé.
Le coordonnateur de sécurité n'est pas un contrôleur technique.

La coordination en cas d’intervention d’entreprises extérieures sur un chantier
Bâtiment et génie civil Autres activités
Conditions : 20 travailleurs et 30 jours ouvrés ou 500 hommes/jours 1 ou plusieurs entreprises
Conditions non remplies Conditions remplies
1 seule entreprise
Plus de 1 entreprise ou
Travaux à risques particuliers

Décret de 1992 Décret de 1994 Décret de 1994
• Le coordinateur
n’a pas besoin de
compétences
particulières
• Le coordinateur doit être
diplômé.
• Plan de prévention
obligatoire
• Le coordinateur doit être diplômé
• Obligation de déclaration
préalable
• PGCSPS obligatoire
• PPSPS obligatoire
• Le coordinateur n’a pas
besoin de compétences
particulières
• Plan de prévention
obligatoire
PGCSPS : plan général de coordination en matière de sécurité et de protection de la santé
PPSPS : plan particulier de sécurité et de protection de santé

Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier




Début de l'opération
Plan de prévention écrit
obligatoire
Information par écrit à l'inspection du travail de
l'ouverture des travaux
Information des salariés
Inspection préalable commune et analyse
des risques
- Travaux dangereux ?
- Opération > 400h ?
Projet d'intervention d'une ou
plusieurs EE
- Chantier clos et indépendant ?
- Réparation navale ?
Établissement d'un plan de prévention
(selon les articles R.237-1 à R.237-28
du Code du travail)
Données préalables à l'opération :
- information de l’EU par EE
- par écrit
Convocation à l'inspection préalable par l’EU des représentants :
- de l’EE
- des entreprises sous-traitantes
Invitation des membres du CHSCT de l’EE et de l’EU
Non concerné par les articles
R.237-1 à R.237-28 du
Code du travail
NON
OUI
NON
OUI
Plan de prévention
simplifié
(1)

Existence de risques
interférents
NON
Début de l'opération
Définition des mesures de
prévention
OUI
- Travaux dangereux ?
- Opération > 400h ?
NON
OUI
PV relatif à
l’inspection
préalable

(1)
La mise en œuvre d’un plan de prévention simplifié pour les opérations de moins de 400 h ou ne comportant pas de travaux dangereux
n’est pas une obligation réglementaire
Logigramme résumant les étapes préalables au début de l’opération
Source : CNPP

Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


2.2.1 Trois catégories de chantiers
Les opérations de bâtiment et de génie civil sont classées en trois catégories (article R. 238-8) :
• 1
re
catégorie : opérations soumises à l'obligation de constituer un collège interentreprises
de sécurité, de santé et des conditions de travail ;
• 2
e
catégorie : opérations soumises à l'obligation d'établir un plan général de coordination
en matière de sécurité et de protection de la santé ;
• 3
e
catégorie : autres opérations.

Les coordonnateurs n'ont pas les mêmes niveaux de compétence. C'est l'organisme de
formation qui délivre une attestation de compétence permettant au coordonnateur
d'intervenir sur des opérations de catégorie 1, 2 ou 3 :

Les trois niveaux de compétence du coordonnateur sont (art. R. 238-9) :
• niveau 1 : aptitude à coordonner toutes opérations ;
• niveau 2 : aptitude à coordonner les opérations des 2
e
et 3
e
catégories ;
• niveau 3 : aptitude à coordonner les opérations de la 3
e
catégorie.

Pour ce qui concerne les opérations de la 1
re
et de la 2
e
catégorie, l'aptitude à
coordonner est distincte pour la phase de conception, d'étude et d'élaboration du
projet et pour la phase de réalisation de l'ouvrage.
2.2.2 Le contrat avec le coordonnateur de sécurité
Le contrat doit préciser :
• le contenu de la mission ;
• les moyens, notamment financiers ;
• l'autorité vis-à-vis des intervenants ;
• les modalités de présence sur le chantier, et aux réunions.
2.2.3 Les missions du coordonnateur de sécurité
Les missions du coordonnateur en matière de sécurité et de protection
de la santé sont fixées à l'article R. 238-16.

Sous la responsabilité du maître d'ouvrage, le coordonnateur :
• veille à ce que les principes généraux de prévention (L230.2 ) soient mis en œuvre ;
• coordonne la conception, l'étude et l'élaboration du projet ;
• coordonne la réalisation ;
• tient compte des interférences avec les activités d'exploitation sur le site ;
• préside le CISSCT (collège interentreprises de la sécurité, de la santé et des conditions de
travail) ;
• prend les dispositions pour que seules les personnes autorisées puissent accéder au chantier.
Les missions de conception
• élaboration du plan général de coordination ;
• constitution du dossier d'intervention ultérieure sur l'ouvrage ;
• ouverture du registre-journal de la coordination ;
• définition des sujétions afférentes à la mise en place et à l'utilisation des protections
collectives, des appareils de levage, des accès, des installations générales et
mentionne dans les pièces écrites leur répartition entre les entreprises ;
• passage des consignes au coordonnateur de réalisation.

Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


Les missions de réalisation
• organiser entre les entreprises :
- la coordination de leurs activités simultanées ou successives ;
- les modalités d'utilisation en commun des installations, matériels et circulations ;
- leur information mutuelle, ainsi que l'échange entre elles de consignes ;
• procéder avec chaque entreprise, avant remise du Plan particulier (PPSPS) à une
inspection commune du chantier ;
• veiller à l'application des mesures de coordination ;
• tenir à jour le plan général de coordination ;
• compléter le dossier d'intervention ultérieure sur l'ouvrage.
Le collège interentreprises de sécurité
Il s'agit du CISSCT, collège interentreprises de la sécurité, de la santé et des conditions
de travail.

Il est constitué au plus tard 21 jours avant le début des travaux par le maître d'ouvrage si
le volume de travaux est supérieur à 10.00 hommes-jours et si plus de 10 entreprises en
bâtiment ou plus de 5 entreprises en génie civil interviennent (article R. 238-46).

Il est présidé par le « coordonnateur réalisation ».
2.3 Les différents plans
2.3.1 Le plan général de coordination de la sécurité
Il s'agit du PGCSPS, plan général de coordination de la sécurité et de la protection de la
santé.

Il est obligatoire et établi par le coordonnateur si :
• il y a eu déclaration préalable au chantier ;
• il existe des risques particuliers.

Le plan général de coordination est remis par le maître d'ouvrage aux entrepreneurs. Il
énonce :
• les renseignements administratifs ;
• les mesures d'organisation générale arrêtée par le maître d'œuvre ;
• les mesures de coordination prises par le coordonnateur :
- les voies ou zones de circulation,
- les conditions de manutention des matériaux et matériels (limitation du recours aux
manutentions manuelles),
- les zones de stockage (délimitation, aménagement),
- le stockage, l'élimination, l'évacuation des déchets et décombres,
- l'enlèvement des matériaux dangereux utilisés,
- l'utilisation des protections collectives, des accès provisoires, des énergies,
- les dispositions en matière d'interactions sur le site.
• les sujétions dues à l'exploitation du site,
• les mesures prises pour assurer le maintien du chantier en bon ordre et en état de
salubrité,
• les renseignements pratiques concernant les secours,
• les modalités de coopération entre les entrepreneurs,
• les missions du CISSCT.
Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


2.3.2 Le plan particulier de sécurité

L'entrepreneur (sous-traitant inclus) dispose de 30 jours dès la réception du contrat pour établir
le plan. Il conservera ce plan pendant 5 ans.

Il s'agit du PPSPS, Plan particulier de sécurité et de protection de la santé défini aux
articles L235-6 et L235-7. Il est réalisé par l'entrepreneur. Un exemplaire est en
permanence sur le chantier.

L’entrepreneur doit obligatoirement le fournir :
• au coordonnateur, si plusieurs entreprises interviennent et si elles interviennent
plus de 30 jours avec un effectif supérieur à 20 à un moment quelconque ou
dans le cas d'un volume supérieur à 500 hommes-jours ;
• au maître d'ouvrage si une seule entreprise intervient pour une durée de travaux
supérieure à 1 an et 50 salariés pendant plus de 10 jours.

Le plan mentionne les mesures prises pour prévenir les risques :
• générés par le chantier et son environnement ;
• générés par les autres entreprises ;
• générés par l'activité de l'entreprise sur les salariés et sur les salariés des autres
intervenants.

Les mesures prises pour prévenir les risques incluent :
• l'analyse détaillée des procédés de construction et les modes opératoires ;
• les risques prévisibles liés :
- aux modes opératoires,
- aux matériels,
- aux dispositifs et installations,
- à l'utilisation de substances ou préparations,
- aux déplacements du personnel,
- à l'organisation du chantier ;
• les conditions du contrôle de l'application des mesures ;
• les mesures prises pour assurer la continuité des solutions de protection collective.

Le PPSPS du gros-œuvre ou du lot principal, ainsi que ceux correspondant à des
travaux présentant des risques particuliers sont adressés (avec les avis du médecin du
travail, du CHSCT et des délégués du personnel) :
• par l'entrepreneur à l'Inspection du travail à la Cram et à l'OPPBTP ;
• par le coordonnateur aux autres entreprises.
Modèle de plan particulier de sécurité (PPSPS)
Nous présentons un exemple de PPSPS à la page suivante.






Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier



Modèle de Plan particulier de sécurité (PPSPS)
Opération :
Adresse du chantier :

Renseignements généraux
Nom de l'entreprise :
Adresse :

Téléphone et fax :
Désignation lot et n° :
Conducteur de travaux :
Responsable de chantier :
Début des travaux :
Fin des travaux :
Effectifs du chantier :
Horaires du chantier :
Installations du chantier
Les locaux suivants sont mis à disposition par :
et sont équipés par :
Vestiaires :
Réfectoire :
Sanitaires :
Stockage :
Protection incendie :
Nature des travaux
Lot n° :
Descriptif des travaux :


Sous-traitance (entreprises et travaux) :

Installation électrique provisoire du chantier
- Installations électriques provisoires effectuées par le lot :
- Éclairage du chantier effectué par le lot :

Vérification des installations effectuée par organisme agréé et procès-verbal laissé sur place.


Mode opératoire
Phases
Déroulement des tâches
Moyens de
construction
Risques propres Risques exportés
Moyens de
prévention

(aussi long que nécessaire)












































Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier



Protections individuelles des salariés

Fournies par l'entreprise :
(citer les équipements)

Déplacements du personnel
(indiquer le moyen de transport utilisé par votre personnel et le cheminement à suivre pour atteindre le site de
l'opération)


Liste des documents conservés sur le chantier
- Registres des contrôles
- Registres de l'inspection du travail
- Registre d'observations
- Décret du 8 janvier 1965

Liste des documents à afficher dans les vestiaires
- Horaires de travail
- Consignes « En cas d'accident »
- Règlement intérieur de l'entreprise
- Avis de consultation des conventions collectives,
- Nom et coordonnées des membres du CHSCT

Premiers secours
Boîte à pharmacie sur le chantier
Secouristes : à prévoir dans l'équipe de travail

Consignes en cas d'accident
- Ne pas toucher au blessé, selon la nature des blessures éventuelles.
- Aviser le service des pompiers ou de secours implanté sur le chantier.
- Rassembler les effets personnels.
- Baliser la zone conduisant à l'endroit où se trouve le blessé.
- Attendre les services de secours à l'entrée du chantier et les conduire à l'endroit où se trouve le blessé.
- Aviser l'entreprise.
- Accompagner le blessé à l'hôpital.

Intervention/secours/prévention
- Hôpital :
- Pompiers : 18
- Police : 17
- Samu : 15

Organismes de prévention
Inspection du travail :
Cram :
OPPBTP :
Médecine du travail :

Intervenants
Maîtrise d'ouvrage :
Maîtrise d'œuvre :
Coordonnateur sécurité/santé :
Fait à :
Le :
Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


2.3 Les autres documents
2.3.1 Le dossier d'intervention ultérieure sur l'ouvrage (DIUO)
Il s'agit d'un document ayant pour objectif essentiel de faciliter l'entretien et la
maintenance d'un ouvrage.

Prévu à l'article L 235-15, il rassemble, sous bordereau, tous les documents tels que les
plans et notes techniques de nature à faciliter l'intervention ultérieure sur l'ouvrage
(R. 238-37).

Il est constitué dès la phase de conception de l'ouvrage par le coordonnateur qui en a la
responsabilité et transmis au coordonnateur chargé de la phase de réalisation des travaux
lorsque celui-ci est différent.

Le DIUO doit ainsi contenir :
• une notice descriptive des opérations de maintenance faisant la synthèse des principes
retenus par les concepteurs ;
• la liste de tous les documents à jour, disponibles dans le dossier des ouvrages
exécutés ;
• des documents de synthèse établis spécialement pour la maintenance courante (plan
de masse avec indication des risques liés à l'environnement, schéma des installations
techniques, plans des verrières, faux-plafonds…, plans de circulation des engins et des
personnes, etc.) ;
• les procédures de travail classées par localisation ou corps de métiers.
2.3.2 Le registre journal
Dans de registre, le coordonnateur doit consigner (article R. 238-19) :
• les comptes rendus des inspections communes, les consignes à transmettre et les
observations particulières ;
• les observations ou notifications qu'il peut juger nécessaire de faire au maître
d'ouvrage, au maître d'œuvre ou à tout autre intervenant sur
le chantier, qu'il faut faire viser dans chaque cas par le ou les intéressés avec leur
réponse éventuelle ;
• dès qu'il en a connaissance, les noms et adresses des entrepreneurs contractants,
cocontractants et sous-traitants, ainsi que la date approximative d'intervention de
chacun d'eux sur le chantier, et, par entreprise, l'effectif prévisible des travailleurs
affectés au chantier et la durée d'intervention sur le chantier tenue à jour ;
• le procès-verbal de passation de consignes avec le coordonnateur appelé à lui
succéder.

Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier



3 LES INTERVENTIONS
DES ENTREPRISES EXTÉRIEURES
Le législateur distingue deux types de chantiers régis par des dispositions
réglementaires différentes. Schématiquement, on distingue :
• les chantiers ou opérations de bâtiment ou de génie civil qui constituent dans la
pratique des chantiers clos et indépendants (objets du chapitre 9.2 ) ;
• les chantiers de travaux effectués dans un établissement par une ou plusieurs
entreprise extérieure(s) (objets de ce chapitre).
Le chapitre 7 du Titre 3 du Livre II du code du Travail concerne les prescriptions
particulières d'hygiène et de sécurité applicables aux travaux effectués dans un
établissement par une entreprise extérieure (articles R. 237).
Les dispositions du chapitre 7 ne s'appliquent pas aux chantiers de bâtiments et de
génie civil ni aux chantiers cols et indépendants (chapitre 8 du code du Travail).
La circulaire du 10 avril 1996 relative à la coordination sur les chantiers de
bâtiment et de génie civil rappelle les champs d'application du chapitre 7
« Prescriptions particulières d'hygiène et de sécurité applicables aux travaux
effectués dans établissement par une entreprise extérieure » d'une part et du
chapitre 8 « Dispositions particulières relatives à la coordination pour certaines
opérations de bâtiment ou de génie civil » d'autre part.
3.1 Définitions

L'entreprise extérieure
Il s'agit d'une entreprise faisant intervenir son personnel aux fins d'exécuter une opération
ou de participer à l'exécution d'une opération, quelle que soit sa nature, industrielle ou
non, dans un établissement d'une entreprise, dite utilisatrice, ou dans ses dépendances
ou chantiers.
Cette entreprise est juridiquement indépendante de l'entreprise utilisatrice.
L'entreprise extérieure est l'entreprise intervenante à laquelle l'entreprise utilisatrice a fait
appel directement et aussi son ou ses sous-traitants.
L'entreprise utilisatrice
Il s'agit de l'entreprise d'accueil où une opération est effectuée par du personnel
appartenant à d'autres entreprises, lorsque ce personnel n'est pas complètement sous sa
direction, qu'il y ait ou non une relation contractuelle avec les entreprises extérieures
intervenantes ou sous-traitantes.
Opération
D’après la circulaires DRT n°96-5 du 10 avril 1996, une oppération « est constituée par
un ensemble de travaux assurés par plusieurs entreprises en vue de concourir à un même
objet. Elle suppose donc une suite ordonnée d’actes préparatoires antérieurs à la
réalisation de l’ouvrage ».






Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


3.2 Obligations de l'entreprise utilisatrice
Selon l'article R. 237-2, « le chef de l'entreprise utilisatrice assure la coordination
générale des mesures de prévention qu'il prend et de celles que prennent l'ensemble des
chefs des entreprises intervenant dans son établissement. Chaque chef d'entreprise est
responsable de l'application des mesures de prévention nécessaires à la protection de
son personnel.

Cette coordination générale a pour objet de prévenir les risques liés à l'interférence entre
les activités, les installations et matériels des différentes entreprises présentes sur un
même lieu de travail.

Au titre de cette coordination, le chef de l'entreprise utilisatrice est notamment tenu
d'alerter le chef de l'entreprise extérieure concernée lorsqu'il est informé d'un danger
grave concernant un des salariés de cette entreprise, même s'il estime que la cause du
danger est exclusivement le fait de cette entreprise, afin que les mesures de prévention
nécessaires puissent être prises par le ou les employeurs concernés ».
3.3 Obligations de l'entreprise extérieure
Ces entreprises ont des obligations d'information (art. R. 237-4) :
« Les chefs d'entreprises extérieures doivent faire connaître par écrit à l'entreprise utilisatrice :
- la date de leur arrivée,
- la durée prévisible de leur intervention,
- le nombre prévisible de salariés affectés,
- le nom et la qualification de la personne chargée de diriger l'intervention.
Ils sont également tenus de lui faire connaître les noms et références de leurs sous-
traitants, le plus tôt possible et en tout état de cause avant le début des travaux dévolus à
ceux-ci, ainsi que l'identification des travaux sous-traités ».

Ces informations seront tenues à la disposition de l'inspecteur du travail, des agents du
service de prévention de la caisse régionale d'assurance maladie ou des caisses de
mutualité sociale agricoles, des médecins du travail compétents, du comité d'hygiène, de
sécurité et des conditions de travail compétent et, le cas échéant, des agents de
l'organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics.

Les chefs des entreprises intervenantes sont responsables de l'application des mesures de
prévention nécessaires à la protection de leur personnel. Ils sont aussi responsables en
matière de coordination : ils ont le devoir d'interpeller le chef de l'entreprise utilisatrice
sur l'établissement d'un plan de coordination et de circulation.
3.4 Les obligations communes et le plan de prévention
3.4.1 L'inspection préalable
Les obligations communes des chefs des entreprises intervenantes et utilisatrices
concernent des mesures préalables à l'exécution de l'opération et, notamment,
l'inspection commune des lieux de travail.

Au cours de cette inspection (article R. 237-6), le chef de l'entreprise utilisatrice délimite
le secteur de l'intervention des entreprises extérieures, matérialise les zones de ce secteur
qui peuvent présenter des dangers pour leur personnel et indique les voies de circulation
que pourront emprunter ce personnel ainsi que les véhicules et engins de toute nature
appartenant aux entreprises extérieures. Les voies d'accès du personnel de ces entreprises
aux locaux et installations sont également définies.
Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


« Il [le chef de l'entreprise utilisatrice] communique aux chefs des entreprises
extérieures ses consignes de sécurité applicables à l'opération qui concerneront les
salariés de leurs entreprises à l'occasion de leur travail ou de leurs déplacements »
(article R. 237-6).
Ces consignes doivent attirer l'attention sur les risques inhérents à l'activité de l'entreprise
utilisatrice.
Ces risques dépendent :
• des conditions d'exploitation et des procédés de fabrication,
• des sources d'énergie,
• des matières premières ou finies,
• des conditions d'ambiance,
• des machines,
• de l'outillage,
• des engins de levage et de manutention,
• des zones à risques particuliers.
« Les employeurs doivent se communiquer toutes informations nécessaires à la prévention,
notamment la description des travaux à effectuer, des matériels utilisés et des modes opératoires
dès lors qu'ils ont une incidence sur l'hygiène et la sécurité » (article R. 237-6).
3.4.2 L'analyse des risques et le plan de prévention
3.4.2.1 De l’analyse des risques à la définition du plan
L'analyse des risques est faite en commun par les employeurs après l'inspection commune
des lieux de travail. Elle concerne les risques pouvant résulter de l'interférence entre les
activités, les installations et matériels.
Lorsque ces risques existent, les employeurs arrêtent d'un commun accord, avant le début
des travaux, le plan de prévention définissant les mesures qui doivent être prises par
chaque entreprise en vue de prévenir ces risques (article R. 237-7).
3.4.2.2 Le plan de prévention écrit obligatoire
L'article R. 237-8 impose l'obligation d'établir par écrit un plan de prévention dans deux
cas avant le commencement des travaux :
• dès lors que l'opération à effectuer par la ou les entreprises extérieures, y compris les
entreprises sous-traitantes auxquelles celles-ci peuvent faire appel, représente un
nombre total d'heures de travail prévisible égal au moins à 400 heures de travail sur
une période égale au plus à 12 mois, que les travaux soient continus ou discontinus. Il
en est de même dès l'instant où, en cours d'exécution des travaux, il apparaît que le
nombre d'heures de travail doit atteindre 400 heures ;
• quelle que soit la durée prévisible de l'opération, lorsque les travaux à effectuer pour
réaliser l'opération sont au nombre des travaux dangereux figurant sur une liste fixée,
respectivement, par arrêté du ministre chargé du travail et par arrêté du ministre
chargé de l'agriculture (voir chapitre 3.5 ).
3.4.2.3 Le contenu du plan de prévention
Les mesures prévues par le plan de prévention comportent au moins des dispositions
dans les domaines suivants :
1. La définition des phases d'activité dangereuses et des moyens de prévention spécifiques
correspondants ;
2. L'adaptation des matériels, installations et dispositifs à la nature des opérations à effectuer
ainsi que la définition de leurs conditions d'entretien ;
Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


3. Les instructions à donner aux salariés ;
4. L'organisation mise en place pour assurer les premiers secours en cas d'urgence et la
description du dispositif mis en place à cet effet par l'entreprise utilisatrice ;
5. Les conditions de la participation des salariés d'une entreprise aux travaux réalisés par une
autre en vue d'assurer la coordination nécessaire au maintien de la sécurité et, notamment,
de l'organisation du commandement.

Le plan de prévention prévoit aussi la liste des postes occupés par les salariés
susceptibles de relever de la surveillance médicale particulière et fixe la répartition des
charges d'entretien entre les entreprises dont les salariés utilisent les installations définies
à l'article R. 237-16 et mises à disposition par l'entreprise utilisatrice.
3.4.2.4 Modèle de plan de prévention


PLAN DE PRÉVENTION
I – Renseignements relatifs à l'opération et aux entreprises
Nature de l'opération :
Lieu de l'opération :
Date prévue de début et de fin des travaux :
ENTREPRISE UTILISATRICE
Raison sociale :
Adresse :
Téléphone : Fax :
Nom du coordonnateur :
ENTREPRISE EXTÉRIEURE (EE)
(si plusieurs EE participent à l'opération, cette partie est à reproduire)
Raison sociale :
Adresse :
Téléphone : Fax :
Nom et qualification du chef d’établissement :
Effectif sur le site :
Noms et références des sous-traitants qui interviennent sur le site :
DÉSIGNATION DES TRAVAUX A EFFECTUER PAR L'EE
Commande n° : du :
Nature des travaux :
Lieu d'intervention (secteur, bâtiment) :
Date prévue du début des travaux :
Date prévue de fin des travaux :
II – Risques d'interférence et mesures de prévention
Risques d'interférence lors des différentes
phases de l'opération
Mesures de prévention




Liste des postes relavant de la surveillance médicale particulière :
Organisation des premiers secours :
N° de téléphone intérieur :
N° de téléphone extérieur (y compris code d'accès) :
Consignes à respecter sur le site de l'opération :
Modalités d'information des salariés :
Entreprise utilisatrice Entreprise(s) extérieure(s)
Date :
Nom et signature :
Date :
Nom et signature :


Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


3.5 Les travaux dangereux
La liste des travaux dangereux pour lesquels il est établi par écrit un plan de prévention
est fixée dans l'arrêté du 19 mars 1993, pris en application de l'article R. 237-8 du code
du Travail.

Ces travaux dangereux sont les suivants :
1 Travaux exposant à des rayonnements ionisants ;
2 Travaux exposant à des substances et préparations explosives, comburantes,
extrêmement inflammables, facilement inflammables, très toxiques, toxiques, nocives,
cancérogènes, mutagènes, toxiques vis-à-vis de la reproduction, au sens de l'article
R. 231-51 du code du travail ;
3 Travaux exposant à des agents biologiques pathogènes ;
4 Travaux effectués sur une installation classée faisant l'objet d'un plan d'opération
interne en application de l'article 17 du décret n° 77-1133 du 21 septembre 1977
modifié ;
5 Travaux de maintenance sur les équipements de travail, autres que les appareils et
accessoires de levage, qui doivent faire l'objet des vérifications périodiques prévues à
l'article R. 233-11 du code du travail, ainsi que les équipements suivants :
• véhicules à benne basculante ou cabine basculante,
• machines à cylindre,
• machines présentant les risques définis aux deuxième et troisième alinéas de
l'article R. 233-29 du code du travail ;
6 Travaux de transformation au sens de la norme NF P 82-212 sur les ascenseurs,
monte-charge, escaliers mécaniques, trottoirs roulants et installations de parcage
automatique de voitures ;
7 Travaux de maintenance sur installations à très haute ou très basse température ;
8 Travaux comportant le recours à des ponts roulants ou des grues ou transtockeurs ;
9 Travaux comportant le recours aux treuils et appareils assimilés mus à la main,
installés temporairement au-dessus d'une zone de travail ou de circulation ;
10 Travaux exposant au contact avec des pièces nues sous tension supérieure à la TBT ;
11 Travaux nécessitant l'utilisation d'équipements de travail auxquels est applicable
l'article A. 233-9 du code du travail ;
12 Travaux du bâtiment et des travaux publics exposant 1es travailleurs à des risques de
chute de hauteur de plus de 3 mètres, au sens de l'article 5 du décret n° 65-48 du 8
janvier 1965 ;
13 Travaux exposant à un niveau d'exposition sonore quotidienne supérieure à 90 dB
(A) ou à un niveau de pression acoustique de crête supérieure à 140 dB ;
14 Travaux exposant à des risques de noyade ;
15 Travaux exposant à un risque d'ensevelissement ;
16 Travaux de montage, démontage d'éléments préfabriqués lourds, visés à l'article 170
du décret n° 65-48 du 8 janvier 1965 ;
17 Travaux de démolition ;
18 Travaux dans ou sur des cuves et accumulateurs de matière ou en atmosphère
confinée ;
19 Travaux en milieu hyperbare ;
20 Travaux nécessitant l'utilisation d'un appareil à laser d'une classe supérieure à la
classe 33 A selon la norme NF EN 60825 ;
21 Travaux de soudage oxyacéthylénique exigeant le recours à un « permis de feu ».






Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


3.6 Le permis de feu
Le permis de feu est établi dans un but de prévention contre les dangers d'incendie et
d'explosion occasionnés par des travaux par points chauds (chalumeaux et arc électrique).
Aucun travail avec appareil thermique ou produisant des étincelles ne peut être
entrepris sans l'accord préalable du chef d'entreprise ou de son délégataire habilité.
Il se présente sous la forme d'un imprimé spécial comportant trois exemplaires, l'un
destiné le plus souvent au donneur d'ordre, le deuxième au dirigeant de l'entreprise
chargée des travaux, le troisième à l'agent veillant à la sécurité de l'opération. Il
doit pouvoir être présenté à toute réquisition.

Le « Permis de feu » est un imprimé triplicata autocopiant (modèle déposé à l'INPI - N°
933943). Il est vendu au CNPP - Service Éditions. Un fac-similé du permis feu est présenté
dans les 2 pages suivantes.
Qui le remplit ?
Le chef d'établissement ayant la responsabilité de la sécurité incendie ou son
représentant dûment habilité (le responsable de la sécurité s'il existe).
Sa signature l'engage : il ne s'agit pas d'une « couverture », mais d'un document qui
atteste que toutes les mesures de sécurité ont bien été prises.
Le CNPP considère qu'il est nécessaire, même si les travaux sont effectués par les équipes
de l'entreprise elle-même et non pas uniquement par celles d'une entreprise extérieure.
Est-il obligatoire ?
Il a été rendu obligatoire par l'arrêté du 19 mars 1993 pris pour application de l’article
R237-8 du code du Travail, pour les travaux de soudage oxyacéthylénique effectués par
une entreprise extérieure.
Pour Paris et les départements de Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne,
des mesures de sécurité équivalentes sont obligatoires, sans que le document soit
mentionné, depuis l'ordonnance préfectorale du 10 février 1970.
Les prescriptions applicables aux installations classées pour la protection de
l’environnement prévoient fréquemment l’établissement d’un permis de feu. Pour les
installations soumises à déclaration, cette obligation est, le cas échéant, fixée aux points
4.5 et 4.6 (du §4 « Risques ») des arrêtés de prescription générale établis suivant le
canevas-type. Elle s’applique au travaux de réparation ou d’aménagement conduisant à
une augmentation des risques (emploi d’une flamme ou d’un source chaude par
exemple).
Les mêmes prescriptions sont imposées aux installations soumises à autorisation
présentant les mêmes types de risques, comme c’est le cas par exemple pour les silos
(art. 20 arrêté du 29 juillet 1998) ou les entrepôts couverts (art.22 arrêté du 5 août
2002).

Par ailleurs, il fait partie des exigences de base d'un nombre croissant d'assureurs.
Si un incendie se déclare par suite de travaux par points chauds et si aucun permis de feu n'a
été établi, l'indemnisation pourra être réduite.



Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier




Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier



Combien de temps est-il valable ?
Sa validité demeure tant qu'aucun de ses éléments (lieu, nature des travaux,
intervenants…) n'a changé. C'est rarement le cas au-delà de quelques jours.
La durée prévisible des travaux est dans tous les cas une mention obligatoire lors de son
établissement.
Combien de temps doit-on le conserver ?
Quelle que soit la situation, il doit être conservé tant que les travaux ne sont pas terminés
et que l'inspection finale n'a pas été faite, donc au moins 48 heures.
Mais, il est conseillé de l'archiver pour servir à l'historique des travaux.
3.7 Le travail de nuit ou dans un lieu isolé
Le cas des opérations exécutées de nuit ou dans un lieu isolé est prévu par le code
du Travail. L'article R. 237-10 impose les mesures suivantes :
« Lorsque l'opération est exécutée de nuit ou dans un lieu isolé ou à un moment où
l'activité de l'entreprise utilisatrice est interrompue, le chef de l'entreprise extérieure
concerné doit prendre les mesures nécessaires pour qu'aucun salarié ne travaille
isolément en un point où il ne pourrait être secouru à bref délai en cas d'accident.
S'il s'agit de travaux effectués dans un établissement agricole, ne sont visés par les
dispositions de l'alinéa précédent que les travaux réalisés dans les locaux de
l'exploitation, de l'entreprise ou de l'établissement ou à proximité de ceux-ci. »

Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier



4 LES MESURES DE SÉCURITÉ
Les chefs d'établissement et notamment ceux du bâtiment et des travaux publics sont
tenus de prendre les mesures spéciales de protection et de salubrité énoncées dans le
décret 65-48 du 08 janvier 1965, lorsque le personnel effectue, même à titre
occasionnel :
• des travaux de terrassement ;
• de construction ;
• d'installation ;
• de démolition ;
• d'entretien ;
• de réfection ;
• de nettoyage ;
• toutes opérations annexes et tous autres travaux prévus par le décret, portant sur des
immeubles par nature ou par destination ;

Il s'agit des mesures de protection et de salubrité applicables aux établissements dont le
personnel exécute des travaux de bâtiment, des travaux publics et tous autres travaux
portant sur des immeubles par nature ou par destination.

En sont exclus les travaux portant sur les immeubles par destination, dès lors qu'ils sont
soumis, en ce qui concerne leur démontage, leur entretien ou leur maintenance, aux
dispositions de l'article R. 233-6 du code du travail qui spécifie que :
- « les équipements de travail doivent être installés, disposés et utilisés de manière à
réduire les risques pour les utilisateurs de ces équipements et pour les autres travailleurs.
Doit notamment être prévu un espace libre suffisant entre les éléments mobiles des
équipements de travail et les éléments fixes ou mobiles de leur environnement.
L'organisation de l'environnement de travail doit être telle que toute énergie ou substance
utilisée ou produite puisse être amenée et évacuée en toute sécurité.
- Les équipements de travail et leurs éléments doivent être installés de façon à permettre
aux travailleurs d'effectuer les opérations de production et de maintenance dans les
meilleures conditions de sécurité possibles. Leur implantation ne doit pas s'opposer à
l'emploi des outils, accessoires, équipements et engins nécessaires pour exécuter les
opérations de mise en oeuvre, y compris de réglage relevant de l'opérateur, ou les
opérations de maintenance en toute sécurité.
- Ils doivent être installés et, en fonction des besoins, équipés de manière telle que les
travailleurs puissent accéder et se maintenir en sécurité et sans fatigue excessive à tous
les emplacements nécessaires pour la mise en oeuvre, le réglage et la maintenance
desdits équipements et de leurs éléments.
- Les passages et les allées de circulation du personnel entre les équipements de travail
doivent avoir une largeur d'au moins 80 centimètres. Leur sol doit présenter un profil et
être dans un état permettant le déplacement en sécurité. »

Ces mesures sont des mesures générales de sécurité relatives :
• à la résistance et stabilité : les installations, dispositifs, matériels et engins doivent être
appropriés au travail à effectuer et aux risques auxquels les travailleurs sont exposés. Ils
doivent en particulier présenter une résistance suffisante pour supporter les charges et
les efforts auxquels ils sont soumis ;
• à la protection collective destinée à empêcher les chutes de personnes ;
• à la protection destinée à empêcher les chutes d'objets et de matériaux et les accidents
dus aux planches munies de pointes saillantes ;
• à la protection individuelle ;
Partie 6 – Prévenir les risques sur un chantier


• aux travaux exécutés par grand vent ;
• aux dispositions concernant la circulation des véhicules, appareils et engins de
chantier ;
• aux examens, vérifications, registres ;

ainsi que des mesures particulières relatives :
• aux appareils de levage :
- appareils de levage mus mécaniquement,
- appareils de levage mus à la main ;
• aux câbles, chaînes, cordages et crochets ;
• aux travaux de terrassement a ciel ouvert ;
• aux travaux souterrains :
- mesures à prendre pour éviter les éboulements et les chutes de bloc,
- ventilation,
- circulation,
- signalisation, éclairage ;
• aux travaux de démolition ;
• aux échafaudages, plates-formes, passerelles et escaliers ;
• aux échelles ;
• aux travaux sur les toitures,
• aux travaux de montage, de démontage et de levage de charpentes et ossatures ;
• aux travaux de construction comportant la mise en oeuvre d'éléments préfabriqués
lourds ;
• aux travaux au voisinage de lignes, canalisations et installations électriques ;
• aux mesures générales d'hygiène ;
• au logement provisoire des travailleurs :
- dispositions concernant les travailleurs déplacés ou vivant en collectivité,
- dispositions concernant les travailleurs autres que ceux qui sont déplacés ou qui vivent en
collectivité.

Le décret prévoit aussi des dispositions particulières pour des travaux particuliers ou à
risques (étaiements d'une hauteur de plus de 6 mètres, mise en tension des armatures du
béton précontraint, enlèvement des cintres et des coffrages et enlèvement des charpentes
soutenant ces installations, travaux de soudage, de rivetage et de sablage, travaux
exposant à des risques de noyade, par exemple).











PARTIE 7
LIMITER LE RISQUE
CIRCULATION ROUTIÈRE




















Partie 7 – Limiter le risque circulation routière




1 MÉTHODE POUR ÉTABLIR UNE POLITIQUE
DE SÉCURITÉ ROUTIÈRE


2 LE DIAGNOSTIC PRÉALABLE


2.1 Établir un diagnostic


2.2 Modèle de « diagnostic flash »


2.3 Analyser spécifiquement le risque trajet


2.4 Modèle de questionnaire sur les risques des trajets



3 IMPLIQUER LA DIRECTION ET L'ENCADREMENT


3.1 L'action de la direction


3.2 Modèles de chartes qualité / sécurité


3.3 Le rôle de l'encadrement


4 COMMENT RÉALISER UN GUIDE DU CONDUCTEUR ?


4.1 Qu'est-ce qu'un Guide du conducteur ?


4.2 Comment utiliser le Guide du conducteur ?


4.3 Modèle de Guide du conducteur


5 IMPLANTER UNE STRUCTURE DE SÉCURITÉ


5.1 L'équipe sécurité


5.2 Le test d'embauche


5.3 Modèle de test


Partie 7 – Limiter le risque circulation routière



6 COMMENT ANALYSER LES ACCIDENTS ?


6.1 Les objectifs de l'analyse


6.2 L'entretien avec le conducteur accidenté


6.3 L'utilisation de fiches d'analyse d'accident


6.4 Modèle de fiche d'analyse d'un accident routier


7 TABLEAUX DE BORD POUR SUIVRE LES ACCIDENTS


7.1 La centralisation des fiches d'analyse


7.2 Les tableaux de bord


7.3 Exemples de tableaux de bord


7.4 Faire évoluer sa politique de prévention


8 LA GESTION GLOBALE DU RISQUE CIRCULATION
DANS L'ENTREPRISE


8.1 Rappel des points essentiels


8.2 Prendre en compte tous les risques


8.3 Liste des actions de prévention possibles


9 LA CIRCULATION : FICHES D'INFORMATION


9.1 L'alcool et la conduite


9.2 La circulation sur les chantiers


9.3 Les références des articles de loi qui concernent les accidents
de la route dans le cadre professionnel
Partie 7 – Limiter le risque circulation routière



1 MÉTHODE POUR ÉTABLIR UNE POLITIQUE
DE SÉCURITÉ ROUTIÈRE
Si l'amélioration de la sécurité routière dans l'entreprise fait partie des préoccupations du
chef d'entreprise, il n’est pas facile de mettre en place une politique de prévention dans
de ce domaine. D'autant que seule une action globale et suivie dans le temps peut
aboutir à des résultats mesurables.

La Prévention Routière a mis au point une méthode pour aider, par des moyens concrets,
chaque entreprise à mieux comprendre le risque circulation qu'elle encoure afin de lui
permettre de trouver les solutions qui lui correspondent. Cette méthode, appelée Cristal
(Connaître les Risques pour Identifier des Solutions dans le Travail qui Anticipent
L’accident) comprend sept volets :
1 – Le diagnostic préalable
2 – Le rôle de la direction et de l'encadrement
3 – L’implication des conducteurs
4 – La mise en place d'une structure sécurité
5 – La connaissance des risques et des solutions
6 – Les tableaux de bord et la communication
7 – La gestion globale des risques.

C'est cette méthode qui est décrite dans cette partie.

Partie 7 – Limiter le risque circulation routière




2 LE DIAGNOSTIC PRÉALABLE
La première étape d’un plan de prévention du risque circulation consiste à établir
un diagnostic qui évalue le degré d’implication de l’entreprise dans ce domaine.
Des cabinets de consultants spécialisés proposent de réaliser ce type d’étude et
remettent généralement un rapport d’une cinquantaine de pages. La méthode
d’analyse proposée ici n’entend pas se substituer aux interventions d’une société de
conseil mais permet plutôt de brosser un rapide tableau de la situation. C’est la
raison pour laquelle la grille d’analyse qui sert de support est appelée « diagnostic
flash ».
2.1 Établir un diagnostic
Le modèle de « diagnostic flash » proposé ci-après permet de passer en revue, sous
une forme pratique, les différents thèmes professionnels en relation avec le risque
routier.
Ce document est une adaptation d’un imprimé conçu à l’origine par la Caisse
Régional d’Alsace Moselle en 2004. Il se compose de quatre feuilles qui sont
prévues pour être photocopiées sur un format A3, les feuilles 1 et 4 doivent être
photocopiées d’un côté et les feuilles 2 et 3 de l’autre. Il suffit ensuite de plier le
tout en deux pour obtenir un double feuillet en format A4 dont la partie centrales
est composée des pages 2 et 3.

La première partie (page 1) permet de rassembler les informations disponibles dans les
différents services de l’entreprise et qui concerne les accidents de la route, on peut y
noter les données suivantes :
• Présentation générales : le diagnostic concerne-t-il toute l’entreprise ou seulement un
service ou un site géographique ? Quelle est la date de réalisation et la personne chargée
de le faire ?
• Inventaire des véhicules utilisés en mission : quel est le nombre des véhicules et
comment sont-ils répartis en fonction du type et de leur mode d’utilisation ?
• Trajet domicile - travail : quels sont les moyens de déplacements utilisés par le plus
grand nombre de personnes ?
• Accidents en missions et en trajets : durant les trois dernières années, quel est le
nombre d’accidents déclarés dans le cadre d’un déplacement automobile ?
• Évolution des coûts : durant les trois dernières années, quelles est le montant des
dépenses provoqués par les sinistres automobiles ?

Les pages 2 et 3 sont plus faciles à remplir car il suffit de cocher les cases rondes
qui correspondent le mieux à la réalité. Six thèmes sont abordés : la
communication, l’organisation, la formation, les véhicules, la circulation interne et
les trajets domicile - travail. Pour chacun d’eux, différentes situations sont
proposées et classées en quatre niveaux numérotés de zéro à trois. Plus le niveau
est important, plus la situation est favorable à une bonne prévention du risque
routier. La dernière partie de la page 3 permet de faire un bilan des actions
menées par le passé afin d’éviter de répéter des échecs ou afin de renouveler des
opérations jugées utiles.

Enfin la page 4 sert à noter les projets à mettre en œuvre en priorité suite à
l’identification des points améliorables. Ces derniers correspondent aux situations
cochées dans les niveaux 0 ou 1. Si le rédacteur du diagnostic manque d’idées
pour définir son plan d’actions, il peut se reporter au document intitulé « Pistes pour
un plan d’actions » et présenté dans la 7
ème
partie.
Partie 7 – Limiter le risque circulation routière



2.2 Modèle de « diagnostic flash »






1
1) Présentation générale
Établissement concerné :
Adresse :
Activité :
Ce diagnostic est réalisé par : Fonction :
Date de réalisation :
Autres informati ons :
2) Inventaire des véhicules utilisés en mission
Deux roues
Véhicul es légers
Véhicul es utilitai res
Poids lourds
Total
Véhicul es
personnels
Véhicul es
du parc
Véhicul es
en locati on
Km parcourus
annuellement
3) Trajets domicile – travail
En véhicule léger
En deux roues
Avec les transports en commun
Avec le service de ramassage
A pied ou en roll ers
Total
Nbre de
personnes
Moyen habituel pour
venir travailler
%
%
%
%
%
%
100 %
5) Évolution des coûts
Des pri mes d’assurance automobil e
Des franchises d’assurance
Des frais de restituti ons (si LLD)
Des réparations pour l es accidents non déclarés
Des remorquages et des véhicul es de remplacement
Total de l’année
Montant total
4) Accidents : missions, trajets
de constats
déclarés
de jours
d ’A.T.
de décès
Années
Nombre
Années
Véhicul es
Type
Gestion : indemnités
kilométriques
amortissement
sur …… ans
location
sur …… ans
Prévention du risque routier :
diagnostic flash
Mesure du niveau de prévention et préparation d’un plan d’actions
1
1) Présentation générale
Établissement concerné :
Adresse :
Activité :
Ce diagnostic est réalisé par : Fonction :
Date de réalisation :
Autres informati ons :
2) Inventaire des véhicules utilisés en mission
Deux roues
Véhicul es légers
Véhicul es utilitai res
Poids lourds
Total
Véhicul es
personnels
Véhicul es
du parc
Véhicul es
en locati on
Km parcourus
annuellement
3) Trajets domicile – travail
En véhicule léger
En deux roues
Avec les transports en commun
Avec le service de ramassage
A pied ou en roll ers
Total
Nbre de
personnes
Moyen habituel pour
venir travailler
%
%
%
%
%
%
100 %
5) Évolution des coûts
Des pri mes d’assurance automobil e
Des franchises d’assurance
Des frais de restituti ons (si LLD)
Des réparations pour l es accidents non déclarés
Des remorquages et des véhicul es de remplacement
Total de l’année
Montant total
4) Accidents : missions, trajets
de constats
déclarés
de jours
d ’A.T.
de décès
Années
Nombre
Années
Véhicul es
Type
Gestion : indemnités
kilométriques
amortissement
sur …… ans
location
sur …… ans
1
1) Présentation générale
Établissement concerné :
Adresse :
Activité :
Ce diagnostic est réalisé par : Fonction :
Date de réalisation :
Autres informati ons :
2) Inventaire des véhicules utilisés en mission
Deux roues
Véhicul es légers
Véhicul es utilitai res
Poids lourds
Total
Véhicul es
personnels
Véhicul es
du parc
Véhicul es
en locati on
Km parcourus
annuellement
3) Trajets domicile – travail
En véhicule léger
En deux roues
Avec les transports en commun
Avec le service de ramassage
A pied ou en roll ers
Total
Nbre de
personnes
Moyen habituel pour
venir travailler
%
%
%
%
%
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100 %
5) Évolution des coûts
Des pri mes d’assurance automobil e
Des franchises d’assurance
Des frais de restituti ons (si LLD)
Des réparations pour l es accidents non déclarés
Des remorquages et des véhicul es de remplacement
Total de l’année
Montant total
4) Accidents : missions, trajets
de constats
déclarés
de jours
d ’A.T.
de décès
Années
Nombre
Années
Véhicul es
Type
Gestion : indemnités
kilométriques
amortissement
sur …… ans
location
sur …… ans
1) Présentation générale
Établissement concerné :
Adresse :
Activité :
Ce diagnostic est réalisé par : Fonction :
Date de réalisation :
Autres informati ons :
2) Inventaire des véhicules utilisés en mission
Deux roues
Véhicul es légers
Véhicul es utilitai res
Poids lourds
Total
Véhicul es
personnels
Véhicul es
du parc
Véhicul es
en locati on
Km parcourus
annuellement
3) Trajets domicile – travail
En véhicule léger
En deux roues
Avec les transports en commun
Avec le service de ramassage
A pied ou en roll ers
Total
Nbre de
personnes
Moyen habituel pour
venir travailler
%
%
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100 %
5) Évolution des coûts
Des pri mes d’assurance automobil e
Des franchises d’assurance
Des frais de restituti ons (si LLD)
Des réparations pour l es accidents non déclarés
Des remorquages et des véhicul es de remplacement
Total de l’année
Montant total
4) Accidents : missions, trajets
de constats
déclarés
de jours
d ’A.T.
de décès
Années
Nombre
Années
Véhicul es
Type
Gestion : indemnités
kilométriques
amortissement
sur …… ans
location
sur …… ans
Prévention du risque routier :
diagnostic flash
Mesure du niveau de prévention et préparation d’un plan d’actions


Partie 7 – Limiter le risque circulation routière







C
O
M
M
U
N
I
C
A
T
I
O
N
0
niveau 1 niveau 2 niveau 3
Des affiches de prévention ou
des dépliants d’information sont
parfois installés.
Différentes notes de service
concernent l’utilisation des véhicules
(entretien, conduite, restitution …)
Un « guide du conducteur »
de l’entreprise regroupe toutes
les consignes de sécurité.
L ’assureur ou le loueur transmet
des informations relatives aux circonstances
des accidents.
Le risque routier est étudié et pris
en compte dans le document unique
d’évaluation des risques.
Un diagnostic du risque circulation rédigé
par une société de conseil
se conclu par un plan d’actions.
Des initiatives personnelles font
que les accidents de la route sont
parfois évoqués.
Les accidents de la route sont
systématiquement évoqués en
C.H.S.C.T.
La Direction est fortement impliquée,
montre l’exemple et a signé une charte
qualité /sécurité.
Les conséquences corporelles des accidents
de la route sont connues
(nombre d ’AT, de jours d ’arrêt…).
L ’évolution de la fréquence des
accidents de la route en mission
et en trajet est suivie par un service.
Des indicateurs de sécurité permettent
de suivre les circonstances des
accidents et de définir des solutions
Des séances de sensibilisation
du personnel sont organisées,
participation facultative.
Des séances de sensibilisation du
personnel sont organisées, partici-
pation obligatoire pour les itinérants.
Des séances de sensibilisation
du personnel sont organisées avec
un prestataire extérieur.
Des annonces d’événements
majeurs (tempête, neige, blocage
des routes) sont reprises en interne.
Des informations relatives aux
conditions de circulation sont envoyées
aux conducteurs concernés.
Des informations sur les conditions
de circulation et la météorologie sont
disponibles par tous en temps réel.
O
R
G
A
N
I
S
A
T
I
O
N
0 niveau 1 niveau 2 niveau 3
F
O
R
M
A
T
I
O
N
0 niveau 1 niveau 2 niveau 3
Ceux qui le souhaite peuvent utiliser
un CD-ROM d’information sur
les risques de la conduite.
Des stages de conduite sont
organisés pour certaines catégories
de conducteurs.
Des stages post-permis sont
prévus dans le plan de formation
de l ’entreprise.
Il existe un livret d ’accueil qui
contient une rubrique sur
le risque routier.
Le nouvel embauché rencontre
systématiquement un correspondant
prévention à propos du risque routier
La procédure d ’intégration comporte
une sensibilisation au risque animée
par un intervenant extérieur.
Chaque conducteur a fourni une
copie de son permis de conduire.
Un contrôle annuel de la validité
du permis est effectué (copie,
attestation sur l ’honneur …)
L’entreprise participe au financement
de stages de récupération de points.
L ’examen médical annuel de tous
les salariés est « normal ».
L ’examen médical est plus poussé
que la moyenne. La conduite auto-
mobile figure sur la fiche d ’aptitude.
L’entreprise finance des contrôles
chez l ophtalmologiste et des tests
d’aptitude pour les conducteurs.
Les déplacements sont laissés à
l’initiative de chacun, pas de réflexion
globale sur les déplacements
Des actions pour limiter les dépla-
cements et pour choisir le meilleur
moyen de transport sont menées.
Un politique très claire concernant
l’usage des moyens de déplacement
et des hôtels existe.
Le respect de l’heures d’arrivée
est une contrainte gérée par le
conducteur.
Le temps de conduite est calculé et
précisé dans l’ordre de mission du
conducteur.
La procédure en cas de retard est
formalisée et connue de tous.
Les nouveaux véhicules sont remis
avec le guide d’utilisation fourni
par le constructeur.
L’attribution d’un nouveau véhicule
donne lieu à une explication par le
garagiste ou le loueur.
La prise en main d’un véhicule
comprend un test de conduite et
d’utilisation des accessoires.
Lors de la procédure d’embauche,
le temps de conduite lié au
poste est précisé au candidat.
Le sujet des risques de la conduite
est abordé verbalement lors de
l’entretien d’embauche.
Un test d’évaluation du comportement
au volant est passé par les candidats
à des postes itinérants.
Un suivi permet de connaître
les kilomètres parcourus.
Un suivi permet de connaître
les kilomètres parcourus et la
fréquence des révisions.
Un suivi permet de connaître les km
parcourus, la fréquence des révisions,
la consommation carburant.
Les accidents de la route mortels
sont analysés par le CHSCT.
Les accidents de la route corporels
et les accidents déclarés à
l’assurance sont analysés.
Tous les accidents de la route,
même non déclarés à l’assurance,
sont analysés.
2
C
O
M
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U
N
I
C
A
T
I
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0
niveau 1 niveau 2 niveau 3
Des affiches de prévention ou
des dépliants d’information sont
parfois installés.
Différentes notes de service
concernent l’utilisation des véhicules
(entretien, conduite, restitution …)
Un « guide du conducteur »
de l’entreprise regroupe toutes
les consignes de sécurité.
L ’assureur ou le loueur transmet
des informations relatives aux circonstances
des accidents.
Le risque routier est étudié et pris
en compte dans le document unique
d’évaluation des risques.
Un diagnostic du risque circulation rédigé
par une société de conseil
se conclu par un plan d’actions.
Des initiatives personnelles font
que les accidents de la route sont
parfois évoqués.
Les accidents de la route sont
systématiquement évoqués en
C.H.S.C.T.
La Direction est fortement impliquée,
montre l’exemple et a signé une charte
qualité /sécurité.
Les conséquences corporelles des accidents
de la route sont connues
(nombre d ’AT, de jours d ’arrêt…).
L ’évolution de la fréquence des
accidents de la route en mission
et en trajet est suivie par un service.
Des indicateurs de sécurité permettent
de suivre les circonstances des
accidents et de définir des solutions
Des séances de sensibilisation
du personnel sont organisées,
participation facultative.
Des séances de sensibilisation du
personnel sont organisées, partici-
pation obligatoire pour les itinérants.
Des séances de sensibilisation
du personnel sont organisées avec
un prestataire extérieur.
Des annonces d’événements
majeurs (tempête, neige, blocage
des routes) sont reprises en interne.
Des informations relatives aux
conditions de circulation sont envoyées
aux conducteurs concernés.
Des informations sur les conditions
de circulation et la météorologie sont
disponibles par tous en temps réel.
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0 niveau 1 niveau 2 niveau 3
Ceux qui le souhaite peuvent utiliser
un CD-ROM d’information sur
les risques de la conduite.
Des stages de conduite sont
organisés pour certaines catégories
de conducteurs.
Des stages post-permis sont
prévus dans le plan de formation
de l ’entreprise.
Il existe un livret d ’accueil qui
contient une rubrique sur
le risque routier.
Le nouvel embauché rencontre
systématiquement un correspondant
prévention à propos du risque routier
La procédure d ’intégration comporte
une sensibilisation au risque animée
par un intervenant extérieur.
Chaque conducteur a fourni une
copie de son permis de conduire.
Un contrôle annuel de la validité
du permis est effectué (copie,
attestation sur l ’honneur …)
L’entreprise participe au financement
de stages de récupération de points.
L ’examen médical annuel de tous
les salariés est « normal ».
L ’examen médical est plus poussé
que la moyenne. La conduite auto-
mobile figure sur la fiche d ’aptitude.
L’entreprise finance des contrôles
chez l ophtalmologiste et des tests
d’aptitude pour les conducteurs.
Les déplacements sont laissés à
l’initiative de chacun, pas de réflexion
globale sur les déplacements
Des actions pour limiter les dépla-
cements et pour choisir le meilleur
moyen de transport sont menées.
Un politique très claire concernant
l’usage des moyens de déplacement
et des hôtels existe.
Le respect de l’heures d’arrivée
est une contrainte gérée par le
conducteur.
Le temps de conduite est calculé et
précisé dans l’ordre de mission du
conducteur.
La procédure en cas de retard est
formalisée et connue de tous.
Les nouveaux véhicules sont remis
avec le guide d’utilisation fourni
par le constructeur.
L’attribution d’un nouveau véhicule
donne lieu à une explication par le
garagiste ou le loueur.
La prise en main d’un véhicule
comprend un test de conduite et
d’utilisation des accessoires.
Lors de la procédure d’embauche,
le temps de conduite lié au
poste est précisé au candidat.
Le sujet des risques de la conduite
est abordé verbalement lors de
l’entretien d’embauche.
Un test d’évaluation du comportement
au volant est passé par les candidats
à des postes itinérants.
Un suivi permet de connaître
les kilomètres parcourus.
Un suivi permet de connaître
les kilomètres parcourus et la
fréquence des révisions.
Un suivi permet de connaître les km
parcourus, la fréquence des révisions,
la consommation carburant.
Les accidents de la route mortels
sont analysés par le CHSCT.
Les accidents de la route corporels
et les accidents déclarés à
l’assurance sont analysés.
Tous les accidents de la route,
même non déclarés à l’assurance,
sont analysés.
2






Partie 7 – Limiter le risque circulation routière







APPRECIATION DES RESULTATS
non satisfai sant insuffisant
non satisfai sant insuffisant
non satisfai sant insuffisant
non satisfai sant insuffisant
non satisfai sant insuffisant
non satisfai sant insuffisant
non satisfai sant insuffisant
non satisfai sant insuffisant
ACTIONS ET ANNEES DE MISE EN ŒUVRE :
Diagnostic du risque routi er en _ _ _ _
Conférence ou vidéo en _ _ _ _
Communicati on (affiches ou brochure) en _ _ _ _
Challenge sécurité en _ _ _ _
Système de pri me / sanction li é aux accidents en _ _ _ _
Journées de formation pour _ _ conducteurs en _ _ _ _
Journées de conseil pour l’encadrement en _ _ _ _
Autre acti on : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ en _ _ _ _
C
I
R
C
U
L
A
T
I
O
N

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0 niveau 1 niveau 2 niveau 3
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M
I
C
I
L
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-
T
R
A
V
A
I
L
0 niveau 1 niveau 2 niveau 3
Une salle à manger et un micro-
onde sont mis à disposition.
Possibilité de se f aire livrer des
repas ou des fournisseurs se
trouvent à moins de 500 m.
Le restaurant d’entreprise (cuisine
sur place) est fréquenté par plus de
50 % du personnel.
Des informations concernant les
transports collectifs existants
sont mises à jour dans l ’entreprise.
Une intervention suivie d’effet a été
faite auprès des collectivités pour
améliorer les dessertes de transports
Une incitation financière engage à
utiliser les transports collectifs et/ou
le co-voiturage.
Un ramassage d’une petite partie
du personnel (moins de 20%)
fonctionne.
Un ramassage d’une partie du
personnel (moins de 50%)
fonctionne.
Un ramassage du personnel est en
place et concerne pl us de 50% de
l ’effectif.
La majorité des salariés doivent
respecter des horaires fixes. Il y a
pénalisation en cas de retar d.
Les horaires sont flexibles,
l’organisation permet le
rattrapage des retar ds.
Les horaires sont libres et la
gestion du temps de travail est
personnalisée.
V
E
H
I
C
U
L
E
S
0 niveau 1 niveau 2 niveau 3
Actions de prévention menées dans le passé
3
Tous les véhicules sont des
modèles de base, il y a peu d’exi-
gence d’équipements de sécurité
Selon les besoins, certains véhicu-
les sont équipés d ’ABS, de pneus
contacts, d’air-bag, de climatisation
Tous les véhicules possèdent des
équipements de sécurité passive,
voire d’un GPS.
Une note de service rappelle l a
nécessité d’adapter l a vitesse à la
signalisation et aux circonstances.
Quelques véhicules haut de
gamme sont dotés de régul ateur-
limiteur de vitesse.
Tous les véhicules sont dotés de
régulateur-limiteur de vitesse.
Chaque conducteur connaît ses
missions d’entretien du véhicule
et leur fréquence.
Un contrat d’entretien est pris avec
un garage. Un carnet d ’entretien
existe dans chaque véhicule.
Un service ou un prestataire extérieur
réalise le suivi du parc et f ait des
contrôles périodiques.
Chaque conducteur signale par
écrit les pannes et les anomalies
des véhicules qu’il utilise.
Chaque conducteur sait où aller
pour faire gonfler, f aire laver ou
faire vérifier son véhi cule.
L ’entreprise organise régulière-
ment des contrôles grat uits de
l’état des véhi cules.
Les sens de circulation ne sont
pas cl airement défi nis, les flux
de cir culation se croisent
Entrée et sortie sont séparées
pour les véhicules et l’accès des
piétons est distincte.
Aucun véhicule n’a besoin de
manœuvrer et tous les croisements
de flux sont i ndiqués au sol.
Le plan de circulation est implicite,
chacun fait au mieux pour cir culer.
Un plan de circulation a été
Défini et des consignes de pru-
dence sont af fichées sur le site.
Le plan de circulation est af fiché
à l’entrée avec des informations
mises à jour.
Les places de par king sont peu ou
pas matérialisées. Le stationne-
ment est parfois « sauvage ».
Il y a suffisamment de places
de parking et elles sont
matérialisées.
Les places de par king sont toutes
éclairées et matérialisées, cert aines
sont prévues pour les handicapés.
Le fléchage au sol est dégradé,
le sens de circulation n’est pas
toujours évident.
Le fléchage au sol est bien
visible, il y a quelques panneaux
de signalisation.
La signalisation verticale et horizon-
tale sont très claires, le sens uni que
de cir culation est privilégié.
APPRECIATION DES RESULTATS
non satisfai sant insuffisant
non satisfai sant insuffisant
non satisfai sant insuffisant
non satisfai sant insuffisant
non satisfai sant insuffisant
non satisfai sant insuffisant
non satisfai sant insuffisant
non satisfai sant insuffisant
ACTIONS ET ANNEES DE MISE EN ŒUVRE :
Diagnostic du risque routi er en _ _ _ _
Conférence ou vidéo en _ _ _ _
Communicati on (affiches ou brochure) en _ _ _ _
Challenge sécurité en _ _ _ _
Système de pri me / sanction li é aux accidents en _ _ _ _
Journées de formation pour _ _ conducteurs en _ _ _ _
Journées de conseil pour l’encadrement en _ _ _ _
Autre acti on : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ en _ _ _ _
C
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0 niveau 1 niveau 2 niveau 3
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I
C
I
L
E
-
T
R
A
V
A
I
L
0 niveau 1 niveau 2 niveau 3
Une salle à manger et un micro-
onde sont mis à disposition.
Possibilité de se f aire livrer des
repas ou des fournisseurs se
trouvent à moins de 500 m.
Le restaurant d’entreprise (cuisine
sur place) est fréquenté par plus de
50 % du personnel.
Des informations concernant les
transports collectifs existants
sont mises à jour dans l ’entreprise.
Une intervention suivie d’effet a été
faite auprès des collectivités pour
améliorer les dessertes de transports
Une incitation financière engage à
utiliser les transports collectifs et/ou
le co-voiturage.
Un ramassage d’une petite partie
du personnel (moins de 20%)
fonctionne.
Un ramassage d’une partie du
personnel (moins de 50%)
fonctionne.
Un ramassage du personnel est en
place et concerne pl us de 50% de
l ’effectif.
La majorité des salariés doivent
respecter des horaires fixes. Il y a
pénalisation en cas de retar d.
Les horaires sont flexibles,
l’organisation permet le
rattrapage des retar ds.
Les horaires sont libres et la
gestion du temps de travail est
personnalisée.
V
E
H
I
C
U
L
E
S
0 niveau 1 niveau 2 niveau 3
Actions de prévention menées dans le passé
3
Tous les véhicules sont des
modèles de base, il y a peu d’exi-
gence d’équipements de sécurité
Selon les besoins, certains véhicu-
les sont équipés d ’ABS, de pneus
contacts, d’air-bag, de climatisation
Tous les véhicules possèdent des
équipements de sécurité passive,
voire d’un GPS.
Une note de service rappelle l a
nécessité d’adapter l a vitesse à la
signalisation et aux circonstances.
Quelques véhicules haut de
gamme sont dotés de régul ateur-
limiteur de vitesse.
Tous les véhicules sont dotés de
régulateur-limiteur de vitesse.
Chaque conducteur connaît ses
missions d’entretien du véhicule
et leur fréquence.
Un contrat d’entretien est pris avec
un garage. Un carnet d ’entretien
existe dans chaque véhicule.
Un service ou un prestataire extérieur
réalise le suivi du parc et f ait des
contrôles périodiques.
Chaque conducteur signale par
écrit les pannes et les anomalies
des véhicules qu’il utilise.
Chaque conducteur sait où aller
pour faire gonfler, f aire laver ou
faire vérifier son véhi cule.
L ’entreprise organise régulière-
ment des contrôles grat uits de
l’état des véhi cules.
Les sens de circulation ne sont
pas cl airement défi nis, les flux
de cir culation se croisent
Entrée et sortie sont séparées
pour les véhicules et l’accès des
piétons est distincte.
Aucun véhicule n’a besoin de
manœuvrer et tous les croisements
de flux sont i ndiqués au sol.
Le plan de circulation est implicite,
chacun fait au mieux pour cir culer.
Un plan de circulation a été
Défini et des consignes de pru-
dence sont af fichées sur le site.
Le plan de circulation est af fiché
à l’entrée avec des informations
mises à jour.
Les places de par king sont peu ou
pas matérialisées. Le stationne-
ment est parfois « sauvage ».
Il y a suffisamment de places
de parking et elles sont
matérialisées.
Les places de par king sont toutes
éclairées et matérialisées, cert aines
sont prévues pour les handicapés.
Le fléchage au sol est dégradé,
le sens de circulation n’est pas
toujours évident.
Le fléchage au sol est bien
visible, il y a quelques panneaux
de signalisation.
La signalisation verticale et horizon-
tale sont très claires, le sens uni que
de cir culation est privilégié.







Partie 7 – Limiter le risque circulation routière







CONCLUSION ET PROPOSITIONS D’ACTIONS
PROJET D’ACTION SUIVI PAR CALENDRIER COUT ESTIME
4
Prévention du risque routier :
diagnotic flash
CONCLUSION ET PROPOSITIONS D’ACTIONS
PROJET D’ACTION SUIVI PAR CALENDRIER COUT ESTIME
4
Prévention du risque routier :
diagnotic flash






Partie 7 – Limiter le risque circulation routière



2.3 Analyser spécifiquement le risque trajet
Les entreprises qui ne possèdent aucun parc automobile voudront recueillir des données
plus détaillées sur les risques liés à l’utilisation des véhicules personnels lors des trajets
domicile – travail.

A ce sujet, les sources d’informations demeurent très limitées car seuls les accidents
de trajet avec arrêt de travail font l’objet d’une déclaration. Il apparaît donc
nécessaire d’avoir recours à un questionnaire qui peut être proposé à l’ensemble du
personnel de l’entreprise. A titre d’exemple, le document présenté ci-après comporte
11 questions qui abordent différents sujets.

Les questions 1 à 5 permettent de se faire une idée des habitudes prises par les salariés
pour se rendre au travail.

La question 6 permet de mesurer la fréquence des sinistres.

Les questions 7 et 8 permettent d’évaluer quelques points de connaissance (les bonnes
réponses sont 7 : C et 8 : C).

La question 9 cherchent à identifier le message de sécurité qui ne sera pas nécessaire
d’aborder car il est déjà mis en œuvre.

La question 10 cherche au contraire à identifier le point de sécurité qui doit être abordé
en priorité car non pris en compte par les conducteurs.

Enfin la question 11 permet aux personnes qui remplissent ce questionnaire de faire part
de leurs souhaits.
2.4 Modèle de questionnaire sur les risques des trajets
(voir page suivante)

Partie 7 – Limiter le risque circulation routière







Analyse anonyme des risques
Merci de choisir une seule réponse par question
Questionnaire à retourner à …………….. ,
avant le ……..
1) Quel moyen utilisez vous habituell ement pour venir au travail ?
A la marche à pi ed, D la moto
B le roll ers E la voiture
C le vélo, l e cyclomoteur F les transports en commun
4) Rentrez-vous chez vous pour déjeuner ?
A oui B non
5) Votre heure d’arrivée dans votre service est :
A fixe B variable
7) Selon vous, on dépasse le taux d’alcool émi e légal en consommant :
A deux verres de vin C trois demi de bi ère
B deux verres de whisky D un apériti f et un digestif
8) Selon vous, quell e est la distance de sécurité avec l e véhicul e de devant ?
A 10 mètres C 2 secondes de déplacement
B 20 mètres D la longueur de 2 véhicules
3) Quel est la longueur de votre traj et domicil e - travail (l’aller uniquement) ?
A moins 10 kil omètres C de 20 à 30 kil omètres
B de 10 à 20 kil omètres D plus de 30 kil omètres
6) Depui s deux ans, avez vous eu des chocs, même l égers, lors des traj ets domicil e - travail ?
A aucun choc C 2 chocs
B 1 choc D plus de 2 chocs
9) Quel est votre comportement préventif l e plus fréquent (une seul e réponse) ?
A je laisse passer les piétons qui attendent sur le bord du trottoir
B j’allume l es feux de détresse en cas de ral entissement brutal
C je vérifi e la pressi on des pneumatiques une fois par mois
D j’indique systématiquement mes changements de directi on avec le clignotant
E je fais toujours une pause après deux heures de conduite
10) Quel risque prenez vous l e plus souvent (une seul e réponse) ?
A je ne porte pas systématiquement la ceinture de sécurité
B je respecte plus ou moins les li mitations de vitesse
C je passe quel ques fois au feu orange
D il m ’arrive de faire plusi eurs choses en conduisant (tél éphoner, manger, écri re …)
E je stati onne parfois sur des endroi ts non prévus pour cela (double file, trottoirs ...)
11) Selon vous, quelle serai t l’acti on de prévention à réaliser en priori té ?
A lancer une campagne d’informati on interne (affiches, vidéo, conférence…)
B organiser une formati on compl émentaire des conducteurs (stages)
C faire un contrôle technique des véhicul es
D demander un nouvel aménagement pour certains endroits dangereux
E modi fier l es heures d’arrivée et de départ
2) Quel moyen utilisez vous occasionnell ement pour venir au travail ?
A la marche à pi ed, D la moto
B le roll ers E la voiture
C le vélo, l e cyclomoteur F les transports en commun
Analyse anonyme des risques
Merci de choisir une seule réponse par question
Questionnaire à retourner à …………….. ,
avant le ……..
1) Quel moyen utilisez vous habituell ement pour venir au travail ?
A la marche à pi ed, D la moto
B le roll ers E la voiture
C le vélo, l e cyclomoteur F les transports en commun
4) Rentrez-vous chez vous pour déjeuner ?
A oui B non
5) Votre heure d’arrivée dans votre service est :
A fixe B variable
7) Selon vous, on dépasse le taux d’alcool émi e légal en consommant :
A deux verres de vin C trois demi de bi ère
B deux verres de whisky D un apériti f et un digestif
8) Selon vous, quell e est la distance de sécurité avec l e véhicul e de devant ?
A 10 mètres C 2 secondes de déplacement
B 20 mètres D la longueur de 2 véhicules
3) Quel est la longueur de votre traj et domicil e - travail (l’aller uniquement) ?
A moins 10 kil omètres C de 20 à 30 kil omètres
B de 10 à 20 kil omètres D plus de 30 kil omètres
6) Depui s deux ans, avez vous eu des chocs, même l égers, lors des traj ets domicil e - travail ?
A aucun choc C 2 chocs
B 1 choc D plus de 2 chocs
9) Quel est votre comportement préventif l e plus fréquent (une seul e réponse) ?
A je laisse passer les piétons qui attendent sur le bord du trottoir
B j’allume l es feux de détresse en cas de ral entissement brutal
C je vérifi e la pressi on des pneumatiques une fois par mois
D j’indique systématiquement mes changements de directi on avec le clignotant
E je fais toujours une pause après deux heures de conduite
10) Quel risque prenez vous l e plus souvent (une seul e réponse) ?
A je ne porte pas systématiquement la ceinture de sécurité
B je respecte plus ou moins les li mitations de vitesse
C je passe quel ques fois au feu orange
D il m ’arrive de faire plusi eurs choses en conduisant (tél éphoner, manger, écri re …)
E je stati onne parfois sur des endroi ts non prévus pour cela (double file, trottoirs ...)
11) Selon vous, quelle serai t l’acti on de prévention à réaliser en priori té ?
A lancer une campagne d’informati on interne (affiches, vidéo, conférence…)
B organiser une formati on compl émentaire des conducteurs (stages)
C faire un contrôle technique des véhicul es
D demander un nouvel aménagement pour certains endroits dangereux
E modi fier l es heures d’arrivée et de départ
2) Quel moyen utilisez vous occasionnell ement pour venir au travail ?
A la marche à pi ed, D la moto
B le roll ers E la voiture
C le vélo, l e cyclomoteur F les transports en commun



Partie 7 – Limiter le risque circulation routière




3 IMPLIQUER LA DIRECTION ET L'ENCADREMENT
Élaborer une stratégie de prévention du risque circulation impose de respecter une
chronologie précise. Préalable indispensable, le diagnostic est censé faire prendre conscience
aux responsables d'entreprise de l’importance de ce risque. Ce qui, en bonne logique, devrait
les conduire à envisager des mesures de prévention.

Toutefois, avant de mettre celles-ci en œuvre, une première étape s’impose. Elle
consiste à officialiser le rôle de la direction et de l’encadrement dans la politique de
gestion des risques.
3.1 L'action de la direction
L’entreprise ne peut se concrétiser qu’avec le soutien des décideurs. En bref, pour que la
prévention entre dans les préoccupations du personnel, elle doit découler, en droite ligne,
d'une volonté affichée de la direction. Le personnel ne s’impliquera que dans un projet qu'il
sait suivi et valorisé.

Comment, concrètement, parvenir à recueillir l'adhésion du personnel ?
En intégrant la prévention dans les valeurs internes de l'entreprise.
Le moyen le plus simple d'y parvenir est de rédiger, en comité de direction, une charte officielle
dont la vocation sera de rendre ce point explicite.
La charte exprimera les valeurs permanentes qui définissent le cadre dans lequel s'exercent
toutes les activités professionnelles. Elle doit concerner la qualité et la sécurité en général sans
s’attacher spécifiquement au risque circulation. En fait, ce document précise la philosophie de
l’entreprise, la nécessité de la mobilisation de tous ainsi que les moyens nécessaires pour y
parvenir. Un slogan en guise de conclusion s’avère également utile.

Une fois rédigé, ce texte sera largement diffusé et régulièrement rappelé dans les supports de
communication traditionnels : affiches, notes, publication interne, dossier d’intégration des
nouveaux embauchés.
3.2 Modèles de chartes qualité / sécurité

Modèle n°1
Dans l’entreprise ......... la sécurité est une priorité pour tous.
Chacun est responsable de sa propre sécurité et de celle de ceux qui l’entourent.
Notre attachement à la qualité et à la sécurité détermine notre niveau de professionnalisme.
Tout accident quel qu’il soit peut être évité.
Modèle n°2
Notre politique est de satisfaire nos clients par une qualité de service irréprochable tout en
respectant les règles strictes de sécurité.
L’implication de tous et à tous les niveaux est une nécessité pour atteindre ces objectifs.
Je m’engage à ce que cette politique soit connue de tous, réactualisée et mise en œuvre
efficacement.
Modèle n° 3
NOS BUTS :
- Exercer nos responsabilités en bons professionnels.
- Entretenir nos connaissances et nous perfectionner, donner le bon exemple.
Partie 7 – Limiter le risque circulation routière



- Bien préparer notre travail et organiser avec soin notre activité.
- Utiliser le matériel ou l’outillage adapté.
- Connaître les modes d’emploi, entretenir, ranger, avoir un esprit innovant.
- Échanger nos expériences.
- Maîtriser les risques.
- Être vigilant au travail, en trajet ou chez soi.
Modèle n° 4
Réduire d’une façon significative notre exposition aux dangers de notre métier est un
enjeu majeur pour notre groupe : les conséquences humaines, économiques et sociales
des accidents affectent nos familles et notre activité.

Le plan d’action ….. (nom du plan d’actions), en engageant l’ensemble des salariés de
l’entreprise, a pour objectif de développer de façon durable, un véritable « état d’esprit
prévention ».

Pour y parvenir, chacun d’entre nous doit rechercher des solutions pour améliorer son
organisation et son comportement. Protéger l’ensemble de nos collaborateurs, c’est
l’ambition de ….. (nom du plan d’actions).

Dans tous les domaines de la sécurité, nous devons devenir une entreprise exemplaire.

La prévention est l’œuvre de chacun d’entre nous.
3.3 Le rôle de l'encadrement
Les principes formalisés par la charte n’entreront dans les faits que s’ils sont relayés par la
ligne hiérarchique. Le moyen le plus classique pour impliquer les cadres dans cette politique
consiste à définir avec eux des objectifs. Mais il s'agit là de faire preuve de discernement. En
évitant, en particulier, tout objectif quantitatif matérialisé par des formules du type : « Votre
service a enregistré 20 accidents l’an dernier, vous devez, cette année, réduire ce nombre à
10 ». Puisqu’il s’agit du but qu'en somme, on lui assigne, le chef du service concerné risque
d'être tenté de s'arranger pour déclarer exactement 10 accidents pour la période !

Inconvénient de cette situation, le nombre réel des accidents restera inconnu : les dégâts
mineurs ne seront pas comptabilisés, les événements de décembre inscrits en janvier… Il
est, de toute façon, maladroit d’utiliser le terme "objectif" en matière d’accidents car cela
sous-entend qu’il s’agit d’une barre à atteindre.

Comment exprimer les directives dont l’encadrement a cependant besoin ?

Par le biais de deux procédures :

1. L'encadrement doit s'assurer que tous les chocs sont déclarés, quelle que soit la
gravité des dommages. C’est en comptabilisant tous les accidents que l'on peut en
connaître toutes les causes. Une cause qui a provoqué un sinistre bénin générera, en
effet, tôt ou tard un événement grave si elle n’est pas traitée.
2. Pour chaque choc déclaré, l’encadrement doit faire réaliser une analyse. Elle doit
permettre d’identifier les solutions pour que ce type d’accident ne se reproduise pas. Cette
procédure essentielle pour la réussite de l’opération sera détaillée dans le chapitre 6.5.

Outre ces procédures, rien n'empêche de déterminer une prévision chiffrée du nombre
des accidents ; elle servira de repère pour évaluer, mois après mois, l’efficacité de la
politique de prévention. A noter que cette prévision n'est pas destinée à servir de
fondement à d'éventuelles sanctions. En effet, si, à un moment donné, le nombre effectif
des accidents dépasse le chiffre prévu, cela doit normalement se corriger à l'avenir
grâce au respect des procédures précitées. Et s'il doit y avoir sanction, c'est donc au
regard de l’absence ou de la mauvaise exécution de celles-ci.
Partie 7 – Limiter le risque circulation routière




4 COMMENT RÉALISER UN GUIDE DU
CONDUCTEUR ?
Comment motiver l'ensemble du personnel pour l'adoption d'un comportement de
sécurité au volant ?
Car si chaque salarié, lorsqu'on l'interroge individuellement, se déclare prêt à accomplir
des efforts en ce sens, encore faut-il qu'il sache précisément en quoi cela consiste.

En tout premier lieu, il convient de se souvenir de ce précepte de base des spécialistes
de prévention : conduire, c'est aussi un acte de travail.
Or, il n'existe pas un outil concourant à l'activité d'une entreprise qui ne possède sa procédure
d'utilisation. Les véhicules ne doivent pas faire exception à la règle. C'est pourquoi un guide du
conducteur s'avère indispensable.
4.1 Qu'est-ce qu'un guide du conducteur ?

Ce document, peu coûteux à réaliser, précise aux conducteurs ce que l'entreprise attend
d'eux. Le guide du conducteur est d'abord un vecteur de communication : il sert à faire
comprendre que la tâche de conduite est bien partie intégrante de l'activité
professionnelle. Il apporte ensuite aux salariés des solutions simples pour prévenir le
risque et éviter des accidents. Enfin, il sert d'élément de référence lors de l'analyse des
accidents.
4.2 Comment utiliser le guide du conducteur ?

Réservé à un usage interne à l'entreprise, le guide ne doit pas être la reproduction d'une
brochure, comme il en existe – souvent excellentes, au demeurant – chez les éditeurs de livrets
pédagogiques pour la formation des conducteurs.

Il faut, au contraire, en définir le contenu en fonction de la nature du parc et de l'activité
de l'entreprise. Sa présentation sera ainsi différente selon que l'on gère une flotte de
voitures particulières confiées à des représentants qui sillonnent l'ensemble des régions
françaises, ou bien des camionnettes de dépannage qui ne dépassent jamais les
frontières de l'agglomération ou encore des poids lourds de fret international.

Comme le modèle ci-dessous le montre bien, le guide ne se limite pas à une simple
« check-list » d'avant le départ, comme il peut en exister dans des entreprises de
transport routier. Sur le plan de la forme, il importe d'y faire figurer le logo de
l'entreprise ainsi que ses slogans habituels.

Pour que le document ne soit pas reçu comme une « paperasse de plus », chaque responsable
hiérarchique s'attachera à le remettre lui-même à ses destinataires. Il les informera, à cette
occasion, qu'il veille personnellement au bon respect des procédures contenues dans le guide.
Bien sûr, le document a toute sa place dans le dossier des nouveaux embauchés et des
intérimaires.

Le modèle qui suit peut vous aider à élaborer votre propre guide du conducteur.
4.3 Modèle de guide du conducteur

Voir page suivante
Partie 7 – Limiter le risque circulation routière
















































































GUIDE DU CONDUCTEUR DE L’ENTREPRISE : ____________________

PROCÉDURES AVANT DE PARTIR
Que savoir ?

• Le temps perdu au départ ne se rattrape pas en
conduisant plus vite. Ainsi, sur autoroute, si vous
effectuez un trajet de 100 km à 130 km/h ou à 150
km/h, le gain de temps sera seulement de 6 minutes.

• La non-propreté de vos phares peut diminuer
votre éclairage de 60 %.

• Le sous-gonflage échauffe anormalement le
pneu et provoque la détérioration de sa structure.
La surface de contact de vos quatre pneus avec
le sol est égale en tout à la taille d’une feuille de
papier (format A4).

• Lors d’un choc, la ceinture de sécurité s’allonge
pour vous retenir progressivement. Les appuis-
tête ne sont pas des accessoires de confort mais
des équipements de sécurité qui retiennent la tête
lors des chocs arrière.

• Les 2/3 des accidents surviennent à moins de 15
km du domicile. La vigilance du conducteur est
diminuée par de nombreux facteurs : habitude,
soucis, absorption d’alcool ou de médicaments..

Que faire ?

• Étudier son itinéraire. Téléphoner pour avertir
d’un retard et prendre le temps nécessaire.



• Nettoyer régulièrement les surfaces vitrées et les
feux.

• Vérifier l’état et la pression des pneumatiques
une fois par mois. Respecter les pressions de
gonflage prescrites en fonction de l’utilisation du
véhicule.


• Porter la ceinture de sécurité pour se rendre
solidaire du véhicule. Changer la ceinture après
un choc.
Régler l’appui-tête selon votre taille.


• Être conscient de ses limites et de ses
habitudes.
Adapter sa conduite à son état.

PROCÉDURES EN CONDUITE
Que savoir ?

• A l’arrêt, votre champ de vision est un arc de
180 degrés. La vitesse le réduit considérablement
en raison du défilement latéral du paysage.

• Ce qui se trouve sur les côtés du véhicule n’est pas
toujours visible dans les rétroviseurs. En outre, ce qui
est visible dans les rétroviseurs est plus proche qu’il
n’y paraît.

• Le temps de réaction théorique d’une personne
en pleine forme et attentive est environ d’une
seconde. En fait, il est plus souvent proche de 2
secondes. A 90 km/h, en 2 secondes, vous
parcourez 50 mètres.

• Chaque conducteur analyse différemment une
même situation de conduite. Les autres ne nous
voient pas ou ne vous comprennent pas toujours.

• Lors d’un arrêt en circulation, une distance trop
courte avec le véhicule précédent vous empêche de
vous dégager en cas de nécessité (collision arrière,
véhicule précédent en panne, agression…).

• Le fait de faire plusieurs choses en même temps
constitue une cause majeure d’accidents
Que faire ?

• Balayer fréquemment la route du regard pour
capter le plus d’informations utiles.


• Tourner la tête pour regarder sur le côté lors
des changements de file ou des dépassements.



• A l’approche des zones à risque (intersection,
école...), placer le pied au-dessus de la pédale
de frein.
Intervalle de sécurité = deux secondes.


• En cas d’incertitude, envisager toujours le
scénario le plus défavorable. Assurez-vous d’être
vu et compris par les autres.


• S’arrêter de manière à pouvoir voir les roues
arrière du véhicule qui vous précède.


• Éteindre son téléphone et consulter sa
messagerie lors des pauses.

Partie 7 – Limiter le risque circulation routière



































PROCÉDURES EN RETOUR DE DÉPLACEMENT
Que savoir ?

• Votre prochain départ sera une manœuvre
sans visibilité si vous ne l’effectuez pas en
marche avant. La majorité des accidents sur
un parking surviennent lors de la sortie de
l’emplacement.

• Durant le stationnement, d’autres risques
existent : le vol, la descente du véhicule, la
manutention du chargement, l’accrochage
avec des tiers.

• Les véhicules sont partagés par plusieurs
conducteurs qui apprécient de les emprunter
dans le meilleur état possible.

• Chaque incident ou accident est
l’occasion d’une réflexion sur son propre
comportement et sur les solutions qui
auraient permis de l’éviter. Un accident
est toujours une suite d’événements,
jamais une fatalité.
Que faire ?

• Stationner le plus souvent possible en marche arrière
pour préparer son départ.




• Rechercher le meilleur stationnement pour ne gêner
personne. Ne rien laisser d’apparent à l’intérieur du
véhicule.


• Faire le plein d’essence avant de rentrer. Signaler par
écrit toute anomalie.


• Réaliser une reconstitution de l’accident et identifier les
facteurs sur lesquels il sera possible d’agir à l’avenir
pour en éviter d’autres.



Partie 7 – Limiter le risque circulation routière





5 IMPLANTER UNE STRUCTURE DE SÉCURITÉ

Pour impliquer les services fonctionnels, il faut constituer une équipe pour mettre en œuvre la
politique de prévention, avec l'indispensable soutien de la hiérarchie.
5.1 L'équipe sécurité

Tout événement, rappelons-le, est généré par des causes. L’accident de circulation
également. Par conséquent, la manière la plus efficace de prévenir les sinistres c’est
d'agir en amont, sur l’origine des causes. Mais pour traiter un facteur de risque, encore
faut-il connaître sa nature. Cela exige l'intervention d’un membre du personnel après
chaque choc.
Mission de cette personne : rencontrer l’accidenté et identifier avec lui les raisons du
choc. Comme cette tâche s’ajoute à ses fonctions habituelles, elle doit lui prendre peu
de temps. L'idéal est de constituer une équipe de sécurité ce qui permet de répartir le
travail entre plusieurs personnes.

Si l'activité de l'entreprise se déroule sur plusieurs sites, un membre au moins de cette équipe
sécurité devra se trouver sur chaque site. Ainsi tous les membres du personnel sauront,
qu'après chaque accident, un de leurs collègues proche d'eux, viendra les rencontrer pour
trouver les moyens d’éviter qu’il ne se reproduise. La prévention sera, par conséquent,
perçue comme une réalité et non comme une idée abstraite voire une « lubie » du siège
social.
5.2 Le test d'embauche

A côté de cette équipe directement opérationnelle pour la maîtrise du risque, les services
fonctionnels, au premier rang desquels les ressources humaines, ont aussi un rôle à
jouer.
Et, au premier chef : appliquer des procédures cohérentes avec les principes énoncés
dans la charte sécurité dont l'entreprise s'est dotée. En particulier, à l'occasion de
chaque recrutement, les candidats doivent être évalués aussi au regard de la sécurité.

Le modèle suivant est un exemple de test que l'entreprise peut faire passer lors de l’entretien
d’embauche d’un salarié appelé à conduire régulièrement.

Voici les réponses :
1-B, 2-B, 3-A, 4-A, 5-C, 6-C, 7-C, 8-B, 9-C, 10-C.
On compte 1 point par bonne réponse. Une personne qui obtiendrait moins de 8 points
devrait être suivie avec attention si un véhicule lui est confié. L'avantage principal de ce
type de test est de faire prendre conscience au nouvel arrivant que la prévention
représente une des préoccupations majeures de son employeur. Son comportement au
volant en sera changé.

En conclusion de ce quatrième chapitre, il convient de souligner, encore une fois, qu'en
matière de maîtrise du risque circulation, rien ne se fera sans le soutien de la hiérarchie.
Celle-ci a la responsabilité d’organiser, dans les plus brefs délais, l'analyse de chaque
accident. Pour autant, il n'est pas nécessaire qu’elle y participe concrètement.
5.3 Modèle de test

Voir page suivante
Partie 7 – Limiter le risque circulation routière






Nom/Prénom Lieu du test Date du test
Le risque circulation
/ / 20
Cochez une seule réponse par question
1) Si le véhicul e devant moi freine brutal ement, j e pourrai éviter l’accident :
A car ses feux « stop » me préviendront qu’il s’arrête
B
C

en roulant l oin derrière lui
grâce à mes réfl exes de bon conducteur
2) Un pi éton traverse la chaussée devant moi en dehors d’un passage réservé aux piétons :
A
je diminue mon allure et j e mainti ens ma traj ectoire
B
je lui facilite le passage et je passe après lui
C je klaxonne pour qu’il traverse à un autre endroit
3) Sur une route ou une autoroute, par temps de brouillard, je conduis :
A
de mani ère à pouvoir m ’arrêter dans ma zone de visibilité
B
à 60 km/h maximum
C à 80 km/h maximum si je connais bi en l’itinéraire
4) Lorsque j’approche d’un endroit qui me paraît dangereux :
A j ’imagine tous les dangers possibles à cet endroit
B je compte sur le bon sens des autres conducteurs
C
je compte sur mes bonnes compétences aux volants
5) A mon avis, les accidents sont provoqués le plus souvent par :
A
des mauvaises conditions météorologi ques (plui e, neige, verglas …)
B
une défaillance mécanique
C
les décisi ons du conducteur
6) A un carrefour, un véhicule qui vi ent de la gauche ne ral enti t pas pour me laisser passer :
A
je ne doi s pas en tenir compte car en cas d’accident c’ est lui qui serait responsabl e
B je passe avant qu’il ne s’ engage dans l e carrefour car j’ai la priorité
C
je ralentis pour l e laisser passer
7) Lors d’un long déplacement, je me sens fatigué :
A je m’arrête souvent pour prendre un café et je continue mon voyage
B
j’augmente ma concentration pour être plus vigilant et je monte le chauffage.
C
je m’arrête pour m ’assoupir l e temps nécessaire
8) Si mes pneumatiques sont sous-gonflés, quell e peut être la conséquence ?
A
aucune conséquence : c ’est le sur-gonflage qui est dangereux
B
une conséquence négative : l ’écl atement du pneumatique
C
une conséquence positive : une meilleure adhérence sur sol glissant
9) Si j e suis conducteur et que les passagers à l ’arri ère ne mettent pas la ceinture
A
seuls les passagers peuvent être verbalisés et risquent de payer une amende.
B je peux être verbalisé si les passagers ont moins de 13 ans
C
je peux être verbali sé si l es passagers ont moins de 18 ans
10) Si j’ai un accident de la route pendant mon traj et domicil e - travail
A cet accident ne sera pas considéré comme un accident du travail
B
cet accident sera considéré comme un accident du travail si j e suis responsable
C
cet accident sera considéré comme un accident du travail si j e suis blessé( e)

Nom/Prénom Lieu du test Date du test
Le risque circulation
/ / 20
Cochez une seule réponse par question
1) Si le véhicul e devant moi freine brutal ement, j e pourrai éviter l’accident :
A car ses feux « stop » me préviendront qu’il s’arrête
B
C

en roulant l oin derrière lui
grâce à mes réfl exes de bon conducteur
en roulant l oin derrière lui
grâce à mes réfl exes de bon conducteur
2) Un pi éton traverse la chaussée devant moi en dehors d’un passage réservé aux piétons :
A
je diminue mon allure et j e mainti ens ma traj ectoire
B
je lui facilite le passage et je passe après lui
C je klaxonne pour qu’il traverse à un autre endroit
3) Sur une route ou une autoroute, par temps de brouillard, je conduis :
A
de mani ère à pouvoir m ’arrêter dans ma zone de visibilité
B
à 60 km/h maximum
C à 80 km/h maximum si je connais bi en l’itinéraire
4) Lorsque j’approche d’un endroit qui me paraît dangereux :
A j ’imagine tous les dangers possibles à cet endroit
B je compte sur le bon sens des autres conducteurs
C
je compte sur mes bonnes compétences aux volants
5) A mon avis, les accidents sont provoqués le plus souvent par :
A
des mauvaises conditions météorologi ques (plui e, neige, verglas …)
B
une défaillance mécanique
C
les décisi ons du conducteur
6) A un carrefour, un véhicule qui vi ent de la gauche ne ral enti t pas pour me laisser passer :
A
je ne doi s pas en tenir compte car en cas d’accident c’ est lui qui serait responsabl e
B je passe avant qu’il ne s’ engage dans l e carrefour car j’ai la priorité
C
je ralentis pour l e laisser passer
7) Lors d’un long déplacement, je me sens fatigué :
A je m’arrête souvent pour prendre un café et je continue mon voyage
B
j’augmente ma concentration pour être plus vigilant et je monte le chauffage.
C
je m’arrête pour m ’assoupir l e temps nécessaire
8) Si mes pneumatiques sont sous-gonflés, quell e peut être la conséquence ?
A
aucune conséquence : c ’est le sur-gonflage qui est dangereux
B
une conséquence négative : l ’écl atement du pneumatique
C
une conséquence positive : une meilleure adhérence sur sol glissant
9) Si j e suis conducteur et que les passagers à l ’arri ère ne mettent pas la ceinture
A
seuls les passagers peuvent être verbalisés et risquent de payer une amende.
B je peux être verbalisé si les passagers ont moins de 13 ans
C
je peux être verbali sé si l es passagers ont moins de 18 ans
10) Si j’ai un accident de la route pendant mon traj et domicil e - travail
A cet accident ne sera pas considéré comme un accident du travail
B
cet accident sera considéré comme un accident du travail si j e suis responsable
C
cet accident sera considéré comme un accident du travail si j e suis blessé( e)

Partie 7 – Limiter le risque circulation routière




6 COMMENT ANALYSER LES ACCIDENTS ?

Composée d'un ou plusieurs salariés désignés par la direction, l'équipe sécurité de l'entreprise
va s'attaquer à sa tâche première : l'analyse des accidents. Les membres de l'équipe devront se
rendre disponibles environ six heures par mois, en moyenne, le temps nécessaire pour
rencontrer chaque conducteur impliqué et « décortiquer » avec lui les circonstances de
l'accident.
6.1 Les objectifs de l'analyse

Étudier chaque accident répond à plusieurs objectifs :
• Tout d’abord, faire prendre conscience à tous que l’entreprise ne considère plus un
accrochage comme un incident banal mais, au contraire, comme un problème à
traiter systématiquement.
• Ensuite, déboucher sur une compréhension réelle de l’accident bien préférable aux
versions fantaisistes qu'avancent parfois les accidentés qui ne seraient pas tenus de
fournir d’explications détaillées.
• Enfin, apporter une réponse à un problème vécu et prouver l’intérêt que porte
l’entreprise à la sécurité de son personnel.

Rappelons que ce travail vise à identifier des solutions et non à désigner des coupables.
Les notions de faute et de culpabilité, en particulier, ne sont ici d’aucune utilité. En
revanche, savoir comment éviter, à l’avenir, des dépenses inutiles constitue une
information de choix.
6.2 L'entretien avec le conducteur accidenté

Il importe que le conducteur impliqué rencontre un membre de l'équipe sécurité dans un délai
de sept jours maximum pour éviter des pertes de mémoire. En principe, personne d'autre ne
participe à l’entretien mais une copie de la fiche rédigée à cette occasion devra revenir à un
responsable hiérarchique.

Comment conduire l'entretien ? Avancer une méthode détaillée serait fastidieux. En revanche,
ces quelques principes de bon sens devraient en faciliter la tenue :
• accueillir « l'interviewé » sans familiarité ni formalité excessives,
• choisir un lieu de rencontre neutre (exemple : éviter le bureau du directeur !),
• souligner que cette procédure concerne tout le personnel et ne constitue en rien une
forme de brimade personnelle,
• rappeler que le but est de trouver des solutions,
• utiliser un document adapté comme les fiches d'analyse ci-dessous.
6.3 L'utilisation de fiches d'analyse d'accident

La logique des fiches est simple : après une première partie consacrée aux circonstances
de l'accident, on passe en revue avec le conducteur - mieux placé que quiconque pour
ce faire - les solutions pour éviter le risque à l’avenir, et on note s'il estime ou non
l'accident évitable. Il est recommandé de remettre au conducteur impliqué une copie de
la fiche ainsi remplie.

Le document se compose de quatre feuilles, prévues pour être photocopiées sur un format A3.
Les feuilles 1 et 4 doivent être photocopiées d’un côté et les feuilles 2 et 3 de l’autre. Il suffit
ensuite de plier le tout en deux pour obtenir un double feuillet en format A4 dont la partie
centrales est composée des pages 2 et 3.
Partie 7 – Limiter le risque circulation routière



6.4 Modèle de fiche d'analyse d'un accident routier

5. NATURE DE L’ÉVENEMENT
Matériel seul
Corporel seul
Matériel et corporel
Bris de glace
Vol du véhi cule
Vandalisme
Dégât marchandises
Vol marchandises
. . . . . . . . . . . . . . . . .
Situation dangereuse
6. PREMI ER IMPACT
L’avant du véhi cule
L’arrière du véhicule
Le côté droit
Le côté gauche
Le châssis, les roues
Le toit, le capot
Le pare brise, vitres
A l’intérieur du véhi cule
Grue, nacelle, br as
Engin transporté
. . . . . . . . . . . . . . . . .
Aucun impact
7. CONTACT AVEC
Point fixe, portail , quai
Véhicule stationné
Deux roues
Véhicule léger , utilitaire
Poids lourd, bus
Engin de manutention
Piéton
Animal
Gravillon, projection
Tiers non identifié
. . . . . . . . . . . . . . . . .
Aucun contact
8. CIRCONSTANCES
Avec un tiers précédent
Avec un tiers suivant
Avec un tiers venant de côté
Avec un tiers venant de face
En dépassant , en ét ant dépassé
En manœuvrant , en reculant
En sortant de l a route
En étant en stationnement
En per dant un chargement
En ouvrant une porte
En cir culant (autres cas)
. . . . . . . . . . . . . . . . . .
9. CONSEQUENCE EXTERNE
Aucune conséquence
Dégât au domaine public
Dégât matériel aux tiers
Dégât corporel aux tiers
Décès du tiers
Pollution
. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
10. CONSEQUENCES INTERNES
Aucune réparation effect uée
Véhicule remorqué
Véhicule immobilisé pour réparation
Véhicule mis en épave
Arrêt de tr avail
Corporel grave, mortel
Retard dans l'activité
Intervention de collègues
Location d’un autre véhicule
Dégâts aux mar chandises
Tiers remboursé sans déclaration
Autres dégâts internes
11. ENVIRONNEMENT EXTERNE
Rien de particulier
Embouteillage
Déviation, travaux
Sol glissant
Sol en mauvais état
Montée ou descente i mportante
Passage très étroit
Mauvaise luminosité, éblouissement
Pluie, nei ge
Brouillard
Nuit
. . . . . . . . . . . . . . . . . .
12. EXPERI ENCE - FORMATION
Pas de formation (0 à 2 ans conduite)
Pas de formation (3 à 5 ans conduite)
Pas de formation (+5 ans conduite)
Formation faite en interne
Formation faite en externe
FIMO
FCOS
. . . . . . . . .. . . . . . . . . . .
Si croquis, rendez vous
en dernière page
1.CONTEXTE
En mission habituelle
En mission occasionnelle
En mission intérimaire
En trajet domi cile - tr avail
En déplacement inter-sites
En activité personnelle
. . . . . . . . .. . . . . . . . . . .
2. MATERIEL UTILISE
Vélo, cyclomoteur
Moto
Véhicule léger
Véhicule utilitaire
Porteur
Tracteur
Semi-remorque
Remorque seule
Camion + remorque
Engin de T.P.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3. LIEU
Rue, avenue, boulevard
Voie communale
Route, RD, RN
Voie express, rocade
Autoroute
Voie privée, chemin
Aire de stationnement
Sur le site de l'entreprise
Chez un client , fournisseur
Chantier, zone de tr avail
Tout terrain
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4. CONFIGURATION
Ligne droite
Intersection
Rond point
Courbe
Bretelle d'accès
En épis
Place, cour , esplanade
Quai de chargement
Pont, tunnel
Entrée, sortie
Impasse
. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Circonstances - Solutions - Actions
Fonction du conducteur
Date de l ’événement : / / 20
Heure :
Nom/prénom du correspondant prévention
Nom/Prénom du conducteur
Identification du matériel
Agence du conducteur
Date de l ’analyse
Fiche n° :
/ / 20
1
Ici,
plusieurs
sélections
possibles
5. NATURE DE L’ÉVENEMENT
Matériel seul
Corporel seul
Matériel et corporel
Bris de glace
Vol du véhi cule
Vandalisme
Dégât marchandises
Vol marchandises
. . . . . . . . . . . . . . . . .
Situation dangereuse
6. PREMI ER IMPACT
L’avant du véhi cule
L’arrière du véhicule
Le côté droit
Le côté gauche
Le châssis, les roues
Le toit, le capot
Le pare brise, vitres
A l’intérieur du véhi cule
Grue, nacelle, br as
Engin transporté
. . . . . . . . . . . . . . . . .
Aucun impact
7. CONTACT AVEC
Point fixe, portail , quai
Véhicule stationné
Deux roues
Véhicule léger , utilitaire
Poids lourd, bus
Engin de manutention
Piéton
Animal
Gravillon, projection
Tiers non identifié
. . . . . . . . . . . . . . . . .
Aucun contact
8. CIRCONSTANCES
Avec un tiers précédent
Avec un tiers suivant
Avec un tiers venant de côté
Avec un tiers venant de face
En dépassant , en ét ant dépassé
En manœuvrant , en reculant
En sortant de l a route
En étant en stationnement
En per dant un chargement
En ouvrant une porte
En cir culant (autres cas)
. . . . . . . . . . . . . . . . . .
9. CONSEQUENCE EXTERNE
Aucune conséquence
Dégât au domaine public
Dégât matériel aux tiers
Dégât corporel aux tiers
Décès du tiers
Pollution
. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
10. CONSEQUENCES INTERNES
Aucune réparation effect uée
Véhicule remorqué
Véhicule immobilisé pour réparation
Véhicule mis en épave
Arrêt de tr avail
Corporel grave, mortel
Retard dans l'activité
Intervention de collègues
Location d’un autre véhicule
Dégâts aux mar chandises
Tiers remboursé sans déclaration
Autres dégâts internes
11. ENVIRONNEMENT EXTERNE
Rien de particulier
Embouteillage
Déviation, travaux
Sol glissant
Sol en mauvais état
Montée ou descente i mportante
Passage très étroit
Mauvaise luminosité, éblouissement
Pluie, nei ge
Brouillard
Nuit
. . . . . . . . . . . . . . . . . .
12. EXPERI ENCE - FORMATION
Pas de formation (0 à 2 ans conduite)
Pas de formation (3 à 5 ans conduite)
Pas de formation (+5 ans conduite)
Formation faite en interne
Formation faite en externe
FIMO
FCOS
. . . . . . . . .. . . . . . . . . . .
Si croquis, rendez vous
en dernière page
1.CONTEXTE
En mission habituelle
En mission occasionnelle
En mission intérimaire
En trajet domi cile - tr avail
En déplacement inter-sites
En activité personnelle
. . . . . . . . .. . . . . . . . . . .
2. MATERIEL UTILISE
Vélo, cyclomoteur
Moto
Véhicule léger
Véhicule utilitaire
Porteur
Tracteur
Semi-remorque
Remorque seule
Camion + remorque
Engin de T.P.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3. LIEU
Rue, avenue, boulevard
Voie communale
Route, RD, RN
Voie express, rocade
Autoroute
Voie privée, chemin
Aire de stationnement
Sur le site de l'entreprise
Chez un client , fournisseur
Chantier, zone de tr avail
Tout terrain
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4. CONFIGURATION
Ligne droite
Intersection
Rond point
Courbe
Bretelle d'accès
En épis
Place, cour , esplanade
Quai de chargement
Pont, tunnel
Entrée, sortie
Impasse
. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Circonstances - Solutions - Actions
Fonction du conducteur
Date de l ’événement : / / 20
Heure :
Nom/prénom du correspondant prévention
Nom/Prénom du conducteur
Identification du matériel
Agence du conducteur
Date de l ’analyse
Fiche n° :
/ / 20
1
Ici,
plusieurs
sélections
possibles

Partie 7 – Limiter le risque circulation routière








L’état du matériel a-t-il favorisé l’événement ?



La conception du matériel ou des équipements a-t-elle
favorisé l’événement ?






Autre ..................................................…………...............
Réaliser l'entretien préventif à temps
Réaliser l’entretien courant
(niveaux, pression des pneus, propreté ...)

Ranger le poste de conduite
Régler le poste de conduite selon la taille
Vérifier les attaches des portes et du chargement
Signaler par écrit toute anomalie
Prendre en compte les anomalies signalées
Revoir les critères d'achat des véhicules
Mieux équiper le véhicule

............................…………………….…………
Améliorer l'éclairage des voies et des parkings
Améliorer la signalisation (verticale et horizontale)
Améliorer l’état du sol
Rendre le risque plus perceptible

Modifier le plan de circulation
Aménager la configuration du lieu
Installer des protections collectives

Prendre en compte les risques signalés


.......................…………………...………………
L'environnement interne dissimulait - il le risque ?




La configuration du lieu a-t-elle favorisé
l’événement ?


Un risque signalé avant l’événement a-t-il
été négligé ?

Autre ........................…….................................
Existait-il une alternative moins risquée ?






La préparation de la tâche pouvait-elle éviter
l’événement ?




Un retard dans l'organisation ou une précipitation ont-ils
favorisés l'événement ?

Autre ....................................………………………….

Le matériel
L’environnement interne
L’organisation
Si oui,
cochez
la ou les
solutions
Si oui,
cochez
la ou les
solutions
2
Si oui,
cochez
la ou les
solutions
Remplacer le déplacement par une autre action qui
aboutirait au même résultat
Passer par un itinéraire moins risqué
Partir à une heure moins risquée, ou plus tôt
Utiliser un véhicule mieux adapté à la mission
Choisir un autre conducteur plus apte

Communiquer le «guide du conducteur»
Réaliser une prise en main du véhicule
Connaître et préparer l’itinéraire
Éviter toute surcharge du véhicule
Porter la ceinture de sécurité, le casque

S'arrêter pour prévenir du retard et prendre le temps
nécessaire

....................................………………………….

Partie 7 – Limiter le risque circulation routière







Le comportement
2 secondes avant : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
5 secondes avant : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
10 secondes avant : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Utiliser tous les rétroviseurs (gauche et droit)
Balayer fréquemment du regard
Regarder par dessus l'épaule (changements de file)
Lancer le regard loin devant
Descendre / se retourner pour manœuvrer
Se faire guider
Désembuer, dégivrer, dégager les vitres
Être attentif aux avertisseurs (radar)
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . .
Préserer son espace de sécurité :
A l'arrêt (voir les roues du véhicule de devant)
A l'avant (2 secondes d'écart minimum)
A l'arrière du véhicule (porte à faux)
Au dessus du véhicule (gabarit)
Au dessous (ralentir ou éviter)
Sur les côtés (l'espace d'une portière)
Au démarrage (attendre 2 secondes)
Conserver toute partie du corps à l ’intérieur
Mieux positionner le véhicule sur la chaussée
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . .
Éviter le cumul de tâches
S'assurer d'être vu et compris des tiers
Adapter l'allure aux circonstances
Imaginer le scénario le plus défavorable
Préparer le pied face au frein à l'approche d’un risque
Tenir compte de la signalisation, du code de la route
Prévoir et regarder l’échappatoire
Stationner pour repartir en marche avant
Stationner en sécurité (frein, cale, lieu sûr)
Fermer le véhicule à clef
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . ….
Connaître le « guide du conducteur »
Connaître la méthode d’arrimage, de bâchage
Connaître le type de carburant
Connaître le gabarit
Connaître la signalisation
Connaître les conditions de circulation
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . .
Éviter la consommation d'alcool
Éviter les médicaments signalés (vigilance)
Respecter le temps de sommeil
Respecter les temps de pause
Prendre conscience de son stress, le signaler
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . .
La personne présente a -t-elle été surprise par un
risque qu’elle pouvait DETECTER ?
La personne présente pouvait - elle PRESERVER
UN ESPACE suffisant entre elle et le risque ?
La personne présente pouvait - elle ANTICIPER
le risque pour elle et pour les autres ?
La personne présente pouvait - elle mieux
CONNAITRE LE RISQUE ?
La personne présente pouvait - elle mieux tenir
compte de son ETAT PHYSIQUE OU
PSYCHOLOGIQUE ?
Notez ce qui s’est passé avant (remontez l’événement dans le tem ps).
Si oui,
cochez
la ou les
solutions
3
Si oui,
cochez
la ou les
solutions
Si oui,
cochez
la ou les
solutions
Si oui,
cochez
la ou les
solutions
Si oui,
cochez
la ou les
solutions
Le comportement
2 secondes avant : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
5 secondes avant : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
10 secondes avant : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Utiliser tous les rétroviseurs (gauche et droit)
Balayer fréquemment du regard
Regarder par dessus l'épaule (changements de file)
Lancer le regard loin devant
Descendre / se retourner pour manœuvrer
Se faire guider
Désembuer, dégivrer, dégager les vitres
Être attentif aux avertisseurs (radar)
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . .
Préserer son espace de sécurité :
A l'arrêt (voir les roues du véhicule de devant)
A l'avant (2 secondes d'écart minimum)
A l'arrière du véhicule (porte à faux)
Au dessus du véhicule (gabarit)
Au dessous (ralentir ou éviter)
Sur les côtés (l'espace d'une portière)
Au démarrage (attendre 2 secondes)
Conserver toute partie du corps à l ’intérieur
Mieux positionner le véhicule sur la chaussée
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . .
Éviter le cumul de tâches
S'assurer d'être vu et compris des tiers
Adapter l'allure aux circonstances
Imaginer le scénario le plus défavorable
Préparer le pied face au frein à l'approche d’un risque
Tenir compte de la signalisation, du code de la route
Prévoir et regarder l’échappatoire
Stationner pour repartir en marche avant
Stationner en sécurité (frein, cale, lieu sûr)
Fermer le véhicule à clef
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . ….
Connaître le « guide du conducteur »
Connaître la méthode d’arrimage, de bâchage
Connaître le type de carburant
Connaître le gabarit
Connaître la signalisation
Connaître les conditions de circulation
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . .
Éviter la consommation d'alcool
Éviter les médicaments signalés (vigilance)
Respecter le temps de sommeil
Respecter les temps de pause
Prendre conscience de son stress, le signaler
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . .
La personne présente a -t-elle été surprise par un
risque qu’elle pouvait DETECTER ?
La personne présente pouvait - elle PRESERVER
UN ESPACE suffisant entre elle et le risque ?
La personne présente pouvait - elle ANTICIPER
le risque pour elle et pour les autres ?
La personne présente pouvait - elle mieux
CONNAITRE LE RISQUE ?
La personne présente pouvait - elle mieux tenir
compte de son ETAT PHYSIQUE OU
PSYCHOLOGIQUE ?
Notez ce qui s’est passé avant (remontez l’événement dans le tem ps).
Si oui,
cochez
la ou les
solutions
Si oui,
cochez
la ou les
solutions
3
Si oui,
cochez
la ou les
solutions
Si oui,
cochez
la ou les
solutions
Si oui,
cochez
la ou les
solutions
Si oui,
cochez
la ou les
solutions
Si oui,
cochez
la ou les
solutions
Si oui,
cochez
la ou les
solutions
Si oui,
cochez
la ou les
solutions
Si oui,
cochez
la ou les
solutions
Partie 7 – Limiter le risque circulation routière







Solution(s) trouvée(s) et proposée(s)
Dans quels délais ?
A quel coût ?
Qui peut mettre
en œuvre
cette solution ?
F. P.
Schéma de l’événement, notes complémentaires
Estimez vous que cet événement est évitable à l’avenir ?
NON, il n’y a pas de solution parce que : . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

OUI, il existe une ou plusieurs solutions (à noter dans le table au ci dessous).
Décision du chef
d ’établissement
(accepte ou refuse)
Conclusion
Solution(s) trouvée(s) et proposée(s)
Dans quels délais ?
A quel coût ?
Qui peut mettre
en œuvre
cette solution ?
F. P.
Schéma de l’événement, notes complémentaires
Estimez vous que cet événement est évitable à l’avenir ?
NON, il n’y a pas de solution parce que : . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

OUI, il existe une ou plusieurs solutions (à noter dans le table au ci dessous).
Décision du chef
d ’établissement
(accepte ou refuse)
Conclusion

Partie 7 – Limiter le risque circulation routière




7 TABLEAUX DE BORD POUR SUIVRE LES ACCIDENTS

Les mêmes causes produisent les mêmes effets ! Les accidents qui ont impliqué des conducteurs
de l'entreprise risquent d'arriver de la même manière à leurs collègues de travail qui, par
définition, circulent dans des conditions semblables. D'où l'intérêt des informations recueillies au
travers d'analyses du risque circulation comme celles présentées dans notre précédent chapitre.

Permettant d’identifier les solutions aux accidents de circulation, elles serviront ainsi à
prévenir les chocs futurs. Encore faut-il faire connaître les conclusions de ces analyses
grâce à un circuit d’information interne à l'entreprise.
7.1 La centralisation des fiches d'analyse

Première étape de cette nouvelle tâche : établir une synthèse des données recueillies dans les
analyses d’accident. Pour cela, un Correspondant Prévention fait systématiquement parvenir une
copie de la fiche d’analyse à un service fonctionnel de l'entreprise chargé de les centraliser. Ce
service accomplit deux missions. Tout d’abord, il s’assure de la qualité des analyses : il doit, par
exemple, réagir si un accident est estimé non évitable alors qu’une solution paraît évidente.
Ensuite, il relève les circonstances et les solutions qui ont été le plus souvent identifiées.

S'il y a moins de 30 fiches d’analyse par an, leur étude s’effectue par simple lecture. Pour des
quantités supérieures, un traitement informatique sur tableur – voire, dans les grandes
entreprises, l’installation d’un logiciel spécifique – s’avère utile.
7.2 Les tableaux de bord

Impliquer le personnel et la hiérarchie dans la sécurité passe par l'élaboration de
tableaux de bord qui doivent faire l'objet d'une large communication.

La figure ci-dessous constitue un exemple de tableau de bord synthétique. Sa mise à
jour s'effectue sur un rythme mensuel. Dans sa version destinée à l'affichage pour
l’ensemble du personnel, le responsable de son élaboration fait figurer les données
relatives à tous les accidents de circulation. En revanche, lorsqu'il est communiqué au
responsable d'un service particulier, n’y apparaissent que les données relatives à ce seul
service.

Pour en tirer le meilleur profit, le lecteur de ce tableau de bord s’intéressera d’abord à la courbe
du nombre cumulé des accidents. Si le dernier point de cette courbe se situe en dessous de la
prévision, il classera le document sans y prêter une attention particulière. Si, au contraire, le
nombre des accidents est supérieur aux prévisions, le lecteur prendra connaissance avec
attention des solutions qui doivent être mises en œuvre en priorité et qui seront ajoutées sous le
graphique.
Partie 7 – Limiter le risque circulation routière



7.3 Exemples de tableaux de bord

Circonstances

Solutions


8. CIRCONSTANCES
Avec un tiers précédent 10 20%
Avec un tiers suivant 2 4%
Avec un tiers venant de côté 2 4%
Avec un tiers venant de face 1 2%
En dépassant, en étant
dépassé 6 12%
En manœuvrant, en reculant 21 42%
En sortant de la route 4 8%
En étant en stationnement 3 6%
En perdant un chargement
En ouvrant une porte 1 2%
En circulant (autres cas)
1. CONTEXTE
En mission habituelle 30 60%
En mission occasionnelle 12 24%
En mission intérimaire 8 16%
En trajet domicile - travail 0 0%
En activité personnelle 0 0%
4. CONFIGURATION
Ligne droite 25 50%
Intersection 6 12%
Rond point 1 2%
Courbe 2 4%
Bretelle d'accès 1 2%
En épis 0 0%
Place, cour, esplanade 0 0%
Quai de chargement 10 20%
Pont, tunnel 0 0%
Entrée, sortie 5 10%
Impasse 0 0%
2. MATERIEL UTILISE
Vélo, cyclomoteur 0 0%
Moto 2 4%
Véhicule léger 35 70%
Véhicule utilitaire 5 10%
Porteur 0 0%
Tracteur 0 0%
Semi - remorque 6 12%
Remorque seule 2 4%
3. LIEU
Rue, avenue, boulevard1 8 36%
Voie communale 3 6%
Route, RD, RN 15 30%
Voie expresse, rocade 0 0%
Autoroute 2 4%
Voie privée, chemin 0 0%
Aire de stationnement 9 18%
Dans l'entreprise 0 0%
Chez un client, fournisseur 3 6%
Chantier, zone de travail 0 0%
Tout terrain 0 0%
HEURES, JOURS … etc..
8. CIRCONSTANCES
Avec un tiers précédent 10 20%
Avec un tiers suivant 2 4%
Avec un tiers venant de côté 2 4%
Avec un tiers venant de face 1 2%
En dépassant, en étant
dépassé 6 12%
En manœuvrant, en reculant 21 42%
En sortant de la route 4 8%
En étant en stationnement 3 6%
En perdant un chargement
En ouvrant une porte 1 2%
En circulant (autres cas)
1. CONTEXTE
En mission habituelle 30 60%
En mission occasionnelle 12 24%
En mission intérimaire 8 16%
En trajet domicile - travail 0 0%
En activité personnelle 0 0%
4. CONFIGURATION
Ligne droite 25 50%
Intersection 6 12%
Rond point 1 2%
Courbe 2 4%
Bretelle d'accès 1 2%
En épis 0 0%
Place, cour, esplanade 0 0%
Quai de chargement 10 20%
Pont, tunnel 0 0%
Entrée, sortie 5 10%
Impasse 0 0%
2. MATERIEL UTILISE
Vélo, cyclomoteur 0 0%
Moto 2 4%
Véhicule léger 35 70%
Véhicule utilitaire 5 10%
Porteur 0 0%
Tracteur 0 0%
Semi - remorque 6 12%
Remorque seule 2 4%
3. LIEU
Rue, avenue, boulevard1 8 36%
Voie communale 3 6%
Route, RD, RN 15 30%
Voie expresse, rocade 0 0%
Autoroute 2 4%
Voie privée, chemin 0 0%
Aire de stationnement 9 18%
Dans l'entreprise 0 0%
Chez un client, fournisseur 3 6%
Chantier, zone de travail 0 0%
Tout terrain 0 0%
HEURES, JOURS … etc..
Utiliser tous les rétroviseurs (gauche et droit)
Balayer fréquemment du regard
Regarder par dessus l'épaule (changements de file)
Lancer le regard loin devant
Descendre / se retourner pour manœuvrer62 %
Se faire guider
Désembuer, dégivrer, dégager les vitres
Préserver son espace de sécurité :
A l'arrêt (voir les roues du véhicule de devant)
A l'avant (2 secondes d'écart minimum)48%
A l'arrière du véhicule (porte à faux)
Au dessus du véhicule (gabarit)
Au dessous (ralentir ou éviter)
Sur les côtés (l'espace d'une portière)
Au démarrage (attendre 2 secondes)
Conserver toute partie du corps à l ’intérieur
Mieux positionner le véhicule sur la chaussée
Éviter le cumul de tâches
Prévoir et regarder l’échappatoire
Adapter l'allure aux circonstances
Imaginer le scénario le plus défavorable
Préparer le pied face au frein à l'approche d’un risque
Tenir compte de la signalisation, du code de la route
S'assurer d'être vu et compris des tiers
Stationner en préparant le départ14%
Stationner en sécurité (frein, cale, lieu sûr)
Fermer le véhicule à clef
Partie 7 – Limiter le risque circulation routière



7.4 Faire évoluer sa politique de prévention

Définir alors la stratégie de l'entreprise au regard du risque circulation dépendra, en fait,
des solutions qui reviennent le plus souvent dans les fiches d’analyse.

Ces solutions sont de quatre ordres :
• le matériel,
• l'environnement interne à l'entreprise,
• son organisation,
• et le comportement (voir fiche d’analyse d’accident).
Si elles concernent principalement le chapitre matériel, c'est le signe que l’achat
d’équipements ou un nouveau cahier des charges pour les véhicules sont
vraisemblablement nécessaires.
Si elles relèvent de l’environnement interne, des aménagements ou une meilleure
signalisation s’imposent.
Si les solutions sont liées à l’organisation, un changement des procédures doit prévaloir.
Enfin, si le comportement est régulièrement identifié comme une solution, des consignes
ou une information ciblée permettent d'y remédier.

Partie 7 – Limiter le risque circulation routière




8 LA GESTION GLOBALE
DU RISQUE CIRCULATION DANS L'ENTREPRISE
8.1 Rappel des points essentiels

Appliquer les procédures décrites dans les chapitres précédents revient, en fait, à
apporter une réponse à deux questions : Quels sont les risques ? Et, quelles solutions à
mettre en œuvre en priorité pour en réduire le nombre ?

En ajoutant à l'édifice ainsi construit les quelques points, le plus souvent de bon sens,
contenus dans ce dernier chapitre, l'entreprise disposera d'une stratégie d'action efficace
contre l'insécurité routière. Bien qu'elle requière des compétences multiples, la mission du
gestionnaire de risques peut être définie, sur le papier, de façon très simple : minimiser le
poste de charges que constitue le risque.
Rappelons, que le coût total du risque (CTR) se calcule, généralement pour 12 mois selon la
formule qui suit :
CTR = Total des dommages transférés + Total des dommages internes + Total des dépenses
de protection + Total des dépenses de prévention.

Les dépenses de protection correspondent aux achats d'équipement qui, certes n'empêchent
pas l'accident, mais en limitent les conséquences (air-bag, barrières, casques...). Les dépenses
de prévention correspondent aux investissements réalisés pour éviter la survenance des
accidents (information, formation, salaire du gestionnaire de risques...). Selon la taille de
l'entreprise, le CTR peut se chiffrer en millions d’euro. La responsabilité première du
gestionnaire de risques est donc de présenter, à la fin de l’année, un CTR inférieur à celui de
la précédente.
8.2 Prendre en compte tous les risques

À l'évidence, le gestionnaire de risques ne va pas s'attacher qu'aux seuls accidents de
circulation. D'autres activités de l'entreprise génèrent également des risques. Ainsi
convient-il de traiter, de la même façon, les accidents de manutention, les chutes, les
litiges marchandises, les accidents électriques, le risque chimique et bien d'autres.

L'avantage de la méthode Cristal est qu'elle s'adapte facilement à tous les types de
risques. En effet, pour chacun, on retrouve un schéma de prévention identique avec des
solutions liées au matériel, à l'environnement interne, à l'organisation et, enfin, au
comportement.

Comprendre la genèse de toutes ces catégories de dommages découle de la même logique
d'analyse. Seules les rubriques de leur fiche d'analyse changent. Enfin, il convient de calculer
chaque année, selon le même principe, le CTR spécifique à chaque risque puis le coût global
de l'ensemble.
Conçue comme un aide-mémoire des thèmes abordés au fil des chapitres précédents, la fiche
pratique du modèle suivant peut s'utiliser comme une check-list des différentes actions
possibles pour gérer au mieux son risque circulation.
8.3 Liste des actions de prévention possibles

Voir les quatre pages suivantes




Partie 7 – Limiter le risque circulation routière




Aide à la définition du plan d’actions
1) Présentation générale
Établissement concerné : …………………………………………………………………………………………….
Adresse : ……………………………………………………………………………………………………………..
Activité : ………………………………………………………………………………………………………………
Ce plan d’action est étudi é par : ……….…………..Foncti on : ……………….. Date de réalisation : …………
Autres informati ons : ………………………………………………………………………………………………..
2) Mes notes
Approche pluridisciplinaire :
Technique Humaine Organisationnelle
1
Prévention du risque routier :
pistes pour un plan d’actions
Aide à la définition du plan d’actions
1) Présentation générale
Établissement concerné : …………………………………………………………………………………………….
Adresse : ……………………………………………………………………………………………………………..
Activité : ………………………………………………………………………………………………………………
Ce plan d’action est étudi é par : ……….…………..Foncti on : ……………….. Date de réalisation : …………
Autres informati ons : ………………………………………………………………………………………………..
2) Mes notes
Approche pluridisciplinaire :
Technique Humaine Organisationnelle
1
Prévention du risque routier :
pistes pour un plan d’actions






Partie 7 – Limiter le risque circulation routière




MANAGEMENT - COMMUNICATION
Implicati on de la Directi on
- Officialisation d’une charte qualité / sécurité qui englobe tous les risques dont le risque routier.
- Engagement de la Direction par la diffusion d’une directive sécurité spécifique (valeurs essentielles de prévention).
Mise en pl ace d’indi cateurs et d’outils d ’analyse
- Affichage des résultats sécurité routière, suivi des i ndicateurs , information du personnel sur les causes d’acci dents.
- Procédure de déclaration et de recueil d ’information pour tout accident de la route, même le plus bénin.
- Analyse des acci dents, suivie de mesures de prévention ci blant les facteurs de risques.
- Les accidents de la route sont étudiés par le CHSCT.
Sensi bilisati on du personnel
- Elaboration et diffusion d ’un « guide du conducteur » de l ’entreprise.
- Messages de sécurité diffusés régulièrement par affi ches, journal inter ne, vidéo, ou I ntranet .
- Séances de sensibilisation du personnel par un prestat aire externe.
- Test d’évaluation des connaissances du risque routier ou conférences sur le même thème.
- Procédures de sensibilisation aux risques routier : nouveaux embauchés, intérimaires, visiteurs.
Informati ons sur l es condi tions de circul ation
- Transmission au personnel des informations relatives à la météo, au trafi c, aux travaux …
- Accès Internet pour la préparation des missions : itinéraires, pl an d ’accès, durée du dépl acement .
- Affichage d’une carte régionale des tr ajets domicile - tr avail, identification de secteurs dangereux.
- Plan d ’accès pour tous les visiteurs, stagiaires, clients, livreurs.
ORGANISATION DU TRAVAIL, DES HORAIRES
Initi atives pour réduire l’exposi tion aux ri sques
- Mise en place d’un système de visio-conférence.
- Définition et respect de critères d’opportunité à propos des déplacements.
- Regroupement géographique des déplacements (déplacements en tournée et non en marguerite)
Choix de mode de déplacement plus sûrs
- L’entreprise fait le choix et décide pour son personnel des moyens de déplacement les plus sûrs.
- Incit ation à utiliser en priorité les transports collectifs, le train, l ’avion.
- Utilisation préférentielle des autoroutes.
Planification des déplacements
- Lattitude l aissée à chacun dans l a planifi cation de ses déplacements ou de ses rendez-vous.
- Reconnaissance réelle du temps de conduite comme un temps de travail.
- Souplesse pour l a prise en char ge des frais d ’héber gement en vue du respect des temps de conduite.
Gestion des relati ons cli ent - fournisseur - siège
- Clause spécifi que de prévention dans les contr ats client / fournisseurs comportant des déplacements routiers.
- Définition et respect par les itinérants des consignes qui concernent l’usage du téléphone.
- Existence d’une procédure connue en cas d’i mprévu, de retard, de panne ou d’acci dent .
2
Prévention du risque routier :
pistes pour un plan d’actions
MANAGEMENT - COMMUNICATION
Implicati on de la Directi on
- Officialisation d’une charte qualité / sécurité qui englobe tous les risques dont le risque routier.
- Engagement de la Direction par la diffusion d’une directive sécurité spécifique (valeurs essentielles de prévention).
Mise en pl ace d’indi cateurs et d’outils d ’analyse
- Affichage des résultats sécurité routière, suivi des i ndicateurs , information du personnel sur les causes d’acci dents.
- Procédure de déclaration et de recueil d ’information pour tout accident de la route, même le plus bénin.
- Analyse des acci dents, suivie de mesures de prévention ci blant les facteurs de risques.
- Les accidents de la route sont étudiés par le CHSCT.
Sensi bilisati on du personnel
- Elaboration et diffusion d ’un « guide du conducteur » de l ’entreprise.
- Messages de sécurité diffusés régulièrement par affi ches, journal inter ne, vidéo, ou I ntranet .
- Séances de sensibilisation du personnel par un prestat aire externe.
- Test d’évaluation des connaissances du risque routier ou conférences sur le même thème.
- Procédures de sensibilisation aux risques routier : nouveaux embauchés, intérimaires, visiteurs.
Informati ons sur l es condi tions de circul ation
- Transmission au personnel des informations relatives à la météo, au trafi c, aux travaux …
- Accès Internet pour la préparation des missions : itinéraires, pl an d ’accès, durée du dépl acement .
- Affichage d’une carte régionale des tr ajets domicile - tr avail, identification de secteurs dangereux.
- Plan d ’accès pour tous les visiteurs, stagiaires, clients, livreurs.
ORGANISATION DU TRAVAIL, DES HORAIRES
Initi atives pour réduire l’exposi tion aux ri sques
- Mise en place d’un système de visio-conférence.
- Définition et respect de critères d’opportunité à propos des déplacements.
- Regroupement géographique des déplacements (déplacements en tournée et non en marguerite)
Choix de mode de déplacement plus sûrs
- L’entreprise fait le choix et décide pour son personnel des moyens de déplacement les plus sûrs.
- Incit ation à utiliser en priorité les transports collectifs, le train, l ’avion.
- Utilisation préférentielle des autoroutes.
Planification des déplacements
- Lattitude l aissée à chacun dans l a planifi cation de ses déplacements ou de ses rendez-vous.
- Reconnaissance réelle du temps de conduite comme un temps de travail.
- Souplesse pour l a prise en char ge des frais d ’héber gement en vue du respect des temps de conduite.
Gestion des relati ons cli ent - fournisseur - siège
- Clause spécifi que de prévention dans les contr ats client / fournisseurs comportant des déplacements routiers.
- Définition et respect par les itinérants des consignes qui concernent l’usage du téléphone.
- Existence d’une procédure connue en cas d’i mprévu, de retard, de panne ou d’acci dent .
2
MANAGEMENT - COMMUNICATION
Implicati on de la Directi on
- Officialisation d’une charte qualité / sécurité qui englobe tous les risques dont le risque routier.
- Engagement de la Direction par la diffusion d’une directive sécurité spécifique (valeurs essentielles de prévention).
Mise en pl ace d’indi cateurs et d’outils d ’analyse
- Affichage des résultats sécurité routière, suivi des i ndicateurs , information du personnel sur les causes d’acci dents.
- Procédure de déclaration et de recueil d ’information pour tout accident de la route, même le plus bénin.
- Analyse des acci dents, suivie de mesures de prévention ci blant les facteurs de risques.
- Les accidents de la route sont étudiés par le CHSCT.
Sensi bilisati on du personnel
- Elaboration et diffusion d ’un « guide du conducteur » de l ’entreprise.
- Messages de sécurité diffusés régulièrement par affi ches, journal inter ne, vidéo, ou I ntranet .
- Séances de sensibilisation du personnel par un prestat aire externe.
- Test d’évaluation des connaissances du risque routier ou conférences sur le même thème.
- Procédures de sensibilisation aux risques routier : nouveaux embauchés, intérimaires, visiteurs.
Informati ons sur l es condi tions de circul ation
- Transmission au personnel des informations relatives à la météo, au trafi c, aux travaux …
- Accès Internet pour la préparation des missions : itinéraires, pl an d ’accès, durée du dépl acement .
- Affichage d’une carte régionale des tr ajets domicile - tr avail, identification de secteurs dangereux.
- Plan d ’accès pour tous les visiteurs, stagiaires, clients, livreurs.
ORGANISATION DU TRAVAIL, DES HORAIRES
Initi atives pour réduire l’exposi tion aux ri sques
- Mise en place d’un système de visio-conférence.
- Définition et respect de critères d’opportunité à propos des déplacements.
- Regroupement géographique des déplacements (déplacements en tournée et non en marguerite)
Choix de mode de déplacement plus sûrs
- L’entreprise fait le choix et décide pour son personnel des moyens de déplacement les plus sûrs.
- Incit ation à utiliser en priorité les transports collectifs, le train, l ’avion.
- Utilisation préférentielle des autoroutes.
Planification des déplacements
- Lattitude l aissée à chacun dans l a planifi cation de ses déplacements ou de ses rendez-vous.
- Reconnaissance réelle du temps de conduite comme un temps de travail.
- Souplesse pour l a prise en char ge des frais d ’héber gement en vue du respect des temps de conduite.
Gestion des relati ons cli ent - fournisseur - siège
- Clause spécifi que de prévention dans les contr ats client / fournisseurs comportant des déplacements routiers.
- Définition et respect par les itinérants des consignes qui concernent l’usage du téléphone.
- Existence d’une procédure connue en cas d’i mprévu, de retard, de panne ou d’acci dent .
2
Prévention du risque routier :
pistes pour un plan d’actions






Partie 7 – Limiter le risque circulation routière




VEHICULES
Critères de choix des véhicul es de l’entreprise
- Tous les véhicules équi pés d ’ABS, d’air-bag, de climatisation, de commande radio au volant .
- Prise en compte des charges transportées, grille de sépar ation avec l’habit acle, système d ’attache ...
- Consultation des utilisateurs avant l ’achat ou la location de nouveaux véhi cules.
Modérati on de la vitesse
- Tous les véhicules équi pés de régul ateur / limiteur de vitesse.
- Utilisation de véhi cules de puissance conventionnelle.
- Rappel des sanctions encourues en cas d ’infraction.
Etat des véhicules du parc
- Révisions et entretien préventif très suivi.
- Véhicules en location longue durée incluant un contrat d ’entretien avec un contrôle périodique.
- Carnet de suivi de l ’entretien du véhicule et procédure écrite pour signaler les anomalies.
Véhicul es du personnel
- Aide financière au contrôle techni que des véhi cules personnels.
- Organisation de journées « diagnostic - sécurité » par un professionnel.
- Mise à disposition d’une station de gonfl age, de nettoyage, de liqui de l ave glace et d’huile moteur.
CONDUCTEURS
Perfecti onnement à la condui te
- Formation et mise en place de formateurs internes à l ’entreprise.
- Stage de perfectionnement à la conduite. Audits de conduite.
- Formations spécifi ques : 2 roues, véhi cules utilitaires, conduite de nuit …
- Séances de sensibilisation aux risques routiers.
Risque routier et nouveaux embauchés
- Dur ant l a période d’intégration : information sur l’i mportance du risque routier en mission et en trajets.
- Rubrique « risque routier » dans le livret d ’accueil .
- Mise en relation avec le « correspondant prévention » chargé de l ’information sur le risque routier.
Apti tude à la condui te
- Test d ’évaluation des candidats à l ’embauche pour des postes itinérants.
- Examen médi cal approfondi.
- Prise en compte, par le médeci n du tr avail , du risque routier dans l a fi che d ’aptitude.
Permis de condui re
- Aide financière pour partici per à des stages de récupér ation de points.
- Contrôle périodique de l a validité du per mis, ou des per mis.
- Contrôle des connaissances du code de l a route.
3
Prévention du risque routier :
pistes pour un plan d’actions
VEHICULES
Critères de choix des véhicul es de l’entreprise
- Tous les véhicules équi pés d ’ABS, d’air-bag, de climatisation, de commande radio au volant .
- Prise en compte des charges transportées, grille de sépar ation avec l’habit acle, système d ’attache ...
- Consultation des utilisateurs avant l ’achat ou la location de nouveaux véhi cules.
Modérati on de la vitesse
- Tous les véhicules équi pés de régul ateur / limiteur de vitesse.
- Utilisation de véhi cules de puissance conventionnelle.
- Rappel des sanctions encourues en cas d ’infraction.
Etat des véhicules du parc
- Révisions et entretien préventif très suivi.
- Véhicules en location longue durée incluant un contrat d ’entretien avec un contrôle périodique.
- Carnet de suivi de l ’entretien du véhicule et procédure écrite pour signaler les anomalies.
Véhicul es du personnel
- Aide financière au contrôle techni que des véhi cules personnels.
- Organisation de journées « diagnostic - sécurité » par un professionnel.
- Mise à disposition d’une station de gonfl age, de nettoyage, de liqui de l ave glace et d’huile moteur.
CONDUCTEURS
Perfecti onnement à la condui te
- Formation et mise en place de formateurs internes à l ’entreprise.
- Stage de perfectionnement à la conduite. Audits d