z

Le Chariot = le Septénaire = Triomphe
Consommation = Plénitude = Richesse = Superflu. Fleurs de l'Abîme
CHAPITRE VII
LE!RS "E L#A$%&E
' dernier mot au( curieu( de la &a)ie noire. Penchés a*ec nous sur
l# a+,me- dont ils ont pu saisir l#escarpement et sonder la nuit
*erti)ineuse- peut./tre n#ont.ils pas *u sans surprise s#épanouir- sur.les +ords
et 0us1ue dans la ra*ine 1ui m2ne au )ouffre- certaines fleurs d#une +eauté
sau*a)e et fatale- d#un capiteu( et trou+lant parfum...
I)norent.ils 1ue le &al a sa poésie3 4 "u m5st2re d#a+omination m/me se
dé)a)e un idéal fantasti1ue- attra5ant et funeste- o6 plusieurs se sont laissés
séduire de tout temps.
7ue les curieu( 5 prennent )arde8 C#est l9 le )rand: péril des e(cursions
e(centri1ues- dans les mondes interdits au( caprices profanes. 7ui s#a*enture
sans )uide sur la piste des émotions inédites
;
!
<;= LE TE&PLE "E SATA'
foule dé09 le sentier de sa perdition prochaine >
tout- autour de lui- conspire sa ruine et la présa)e.
Sur la porte 1u#il *a franchir- "ante aurait pu
)ra*er le tercet mena?ant de l’Inferno :
Per me si *a nella citta dolente@
Per me si *a nell# et erno dolore>
Per me si *a tra la perduta )ente A;B 8. . .
Tels- il est *rai- ne demandent 9 la Sorcellerie
1ue le charme d#art 1ui lui est inhérent ACB > pour
ceu(.l9- +ien moindre est le dan)er. Ils s#en tien.
nent au pittores1ue asseD superficiel du Erimoire@
leur dent ne mord 1u#9 l#écorce du fruit défendu.
&ais d#autres- téméraires- sa*ourent 9 m/me la
poésie intime du &al. La tentation pour eu( fut
A;B Par moi- l# on *a dans la cité dolente@
Par moi- l# on *a dans l# éternelle douleur>
Par moi- l# on *a se m/ler 9 la )ent perdue Aau( dam.
nésB.
ACB 'ous a*ons encore dans l#oreille une +outade coutu.
mi2re 9 l# un de nos amis de lettres- le su+til théoricien de
;# F Ecole s5m+oliste G. Ceu( 1ui connaissent l#allure et
l#accent de cet a2de émi)ré d#Hellas- 1ui a d#ailleurs l#étoffe
d#un )rand po2te fran?ais- s#ima)ineront aisément de 1uel
ton e(oti1ue et ma)istral il s#e(clamait na)u2re- en nous
a+ordant> 4 Toi, tu es un mage; moi, je suis un sorcier:
et c' est bien plus décoratif! Et- de fait- &. &oréas est
un artiste ensorceleur. 7u#on ou*re ses !antil"nes au( pa)es
de #élusine et de la $orci"re de %er&ele':on con*iendra
1u# il serait difficile de mieu( saisir le cHté presti)ieu( et
décoratif de la ma)ie noire- et d#en traduire l#impression
dans un st5le plus adé1uat et plus intense.
Iean &oréas est un )rand sorcier de lettres 4 au sens
en*ia+le et flatteur de ce terme.
LE!RS "E L#A$I&E <;J
trop forte@ ils n#ont pas su réa)ir. L#esprit de malice
les a séduits- 1ui maintenant les poss2de. Ils *o)ue.
ront désormais au torrent fluidi1ue de la per*er.
sité- *ers- l#a+,me d#inconscience 1ui doit un 0our
les en)loutir. Ce suicide est l#a+outissement de leur
destin> de )ré ou non- tous 5 con*er)ent@ 1uel1ues.
uns- par des *oies tr2s détournées. Tels n#a+olissent
m/me leur indi*idu 1u#9 force de l#e(alter > dKt la
fi2*re d#un é)otisme intraita+le déce*oir ceu(.l9 en
d#inédites péré)rinations- 9 la con1u/te d#une ori.
)inalité e(clusi*e- 4 efforts stériles- illusoire con.
1u/te- 4 ils succom+eront. Loin de se créer un
&oi factice- ils n#auront peiné 1u#9 dissoudre en
eu( le &oi réel.
Le )ouffre de l#Inconscient8 Voil9 le &aLlstrom
o6 le )rand Séducteur attire insensi+lement leurs
pau*res nefs- en fascinant les 5eu( du pilote 9 la
fantasma)orie de ses mira)es imposteurs. !n sourd
murmure s#él2*e- 1ui +ientHt s#accro,t et )ronde@
mais le marinier- 9 peine distrait de sa r/*erie- ne
s#aper?oit pas 1ue le na*ire é*olue en cercle- 9 l#en.
tour d#un remous encore lointain@ 1ue sa marche
s#accél2re@ 1u#il penche 9 +M+ord- décri*ant une
spirale dont le diam2tre se rétrécit 9 *ue d#Nil....
Cependant l#illusion ma)i1ue a redou+lé de capti.
*ants presti)es... Le )ouffre tonne 9 1uel1ues en.
ca+lures@ mais le pilote n#a rien entendu. "é09
l#entonnoir +éant a re?u la fr/le em+arcation- 1ui
*ole- emportée comme une plume au pi*ot de
la paroi interne@ mais le pilote n#a rien *u- 4 et le
*oici dispara,tre au fond du *orte(- l#esprit tou.
<CO LE TE&PLE "E SATA'
0ours en e(tase et les 5eu( perdus dans l#aDur de
son r/*e8
Les initiés sa*ent pour1uoi l#inconscience est
l#élément propre de Satan.Panthée- le point central
o6 4 fatalement 4 l#infle(i+le- lo)i1ue de la EoLtie
ram2ne ses fid2les directs ou indirects- ses secta.
teurs de faits ou d#intention. 7ue si l#on nous in*itait
9 préciser par 1uels s5mptHmes se manifeste- cheD
les adeptes de la EoLtie 4 conscients ou non 4 ce
processus *ers l#inconscience- nous répondions
1u#il se déc2le d#a+ord par l#a+olition des facultés
lo)i1ues@ par le prosél5tisme des philo.phies
né)ati*es du li+re ar+itre et de l#immortalité@ enfin-
apr2s la mort- par la rétro)ression *ers les formes
les plus infimes de la nature élémentaire.
Le satanisme pur- a*oué- *oulu et militant Asi
l#on peut direB- est un mal d#e(ception. Les Eilles
de La*al- les "a*id de Lou*iers- les chanoines
"ocre A;B sont tr2s rares- "ieu merci8 &ais les cas
de sorcellerie indirecte ne se nom+rent pas.
A;B (e c)anoine *ocre: t5pe curieu( de pr/tre.sorcier-
dans (+,%as, le dernier roman de &. I..P. Hu5smans. 4 (+,
%as a récemment )al*anisé la torpeur du pu+lic matérialiste- et
nous a*ons tout lieu d#/tre ra*i 1ue l#occasion s#offre 9 nous
d#en toucher un mot. Cette remar1ua+le étude- si
consciencieuse 1uant 9 la mono)raphie du sire de RaiD- ap.
para,t cri+lée d#ine(actitudes et )rosse d#imputations outra.
)eantes 9 l# é)ard des occultistes contemporains. 4 "# o6
cette étran)e anomalie3 4 La réponse est +ien simple> si
les pa)es o6 re*it le chMtelain de Tiffau)es sont scrupuleu.
sement documentées- c# est 1ue &. Hu5smans- curieu( de
cette restitution é*ocatoire- ne s#est fié l9 1u#en sa propre
initiati*e de +i+liophile et de paléo)raphe. 7ue ne se montra.t.
il tou0ours aussi 0alou( de se rensei)ner par lui.m/me3
LE!RS "E L#A$I&E <C;
&esmériens trop a*entureu(- Spirites et &édiums
e(centri1ues- *alétudinaires d#un idéal frelaté ou
fer*ents d#un m5sticisme trou+le- les uns- dont nous
traitMmes au précédent chapitre- s#é)arent 9 la
poursuite d#un mer*eilleu( sans )randeur > le p)é,
nom"ne + tout pri-, 4 c#est l9 le cri de ralliement
des plus fanati1ues. Ils *ous e(hi+eront le surna.
turel- fKt.ce 9 l#a*ant.cuisine- ces +our)eois de la
sorcellerie@ ou- thaumatur)es patentés- *ous les
Ses pa)es de moderne en1u/te é)aleraient celles d#érudition
rétrospecti*e- et la documentation de son li*re se maintien.
drait constamment au ni*eau de l# écriture. (+,%as serait
un chef.d#Nu*re.
Pour rendre &. Hu5smans responsa+le des erreurs de fait
4 et- 1ui pis est- des calomnies- toutes )ratuites 4 dont il
s#est fait l#éditeur naQf- il faudrait 1ue ses dossiers ne *ins .
sent pas d#une tierce personne- puissamment intéressée 9
mentir. Rr nous sa*ons- de source tr"s certaine, 1ue le ro.
mancier a écrit son Nu*re- a*ec une inconce*a+le lé)2reté-
sur des documents imposteurs 1ue lui a*ait fait tenir
l#affreu( drHle e(écuté au chapitre *i de notre ou*ra)e- sous
le pseudon5me de *octeur %aptiste &. Hu5smans a été la
dupe de ce *enimeu( h5pocrite- 1ui s#était enti2rement em.
paré de sa confiance. Cela est si *rai 1ue &. Hu5smans a
fait 9 l# un de ses intimes l# a*eu d# a*oir transcrit les notes
du défro1ué- sans 1ue l#idée lui *int m/me d#en contrHler
l#e(actitude. C#eKt été si f aci l e8
Au surplus- l# auteur de (+,%as char)e les Rosé S Croi(
des plus in*raisem+la+les accusations- sans fournir l#om+re
d#une preu*e@ nous nous flattons- par contre- de n#a*oir rien
a*ancé sur $aptiste- 1ue nous n# a5ons péremptoirement
éta+li. 4 Le pontife du Carmel a eu la chance d#emprunter
une coupe d#or- o6 dé*erser le fiel et la fan)e de ses calom.
nies@ tant mieu( ou tant pis pour lui. 7uant 9 &. Hu5smans-
si notre *iT chapitre *ient 9 tom+er sous ses 5eu(- nous ne
doutons pas un instant 1u# il ne reconnaisse son erreur-
na*ré dans l# Mme de s# /tre fait- de la meil leure foi du
monde- propa)ateur d#un fau( concept et complice d#une
mau*aise action.
<CC LE TE&PLE "E SATA'
*erreD- sur des tréteau( forains- dé+itant d#authen.
ti1ues miracles.
Sous cette m/me ru+ri1ue de sorcellerie indirecte-
se peu*ent catalo)uer d#autres e(emplaires- moins
indi)nes de fi(er l#attention > artistes ou penseurs-
ceu(.l9 se perdent non moins fatalement- en 1u/te
de leur toison d#or@ la nostal)ie les tourmente de
1uel1ue ima)inaire Rl5mpe- dont ils seraient le
Iupiter tonnant@ ou encore la fi2*re d#un altruisme
impratica+le@ ou la )ésine d#une conception étran)e-
parfois monstrueuse et su+lime- de philosophie- de
science ou d#art. Ils sont 9 coup sKr- ces mania1ues
de )énie- ces patriciens de la sorcellerie moderne@
ils ont droit- en dépit de leur a+erration m/me- 9
tout notre intér/t @ nous dirions pres1ue 4 9 toute
notre s5mpathie. Sans doute- ce sont des per*ers >
le l5risme du mal les o+s2de @ ils ne *i+rent plus
1u#9 ces accords de perdition- et m/me ils les pro.
pa)ent... Car- sans compter 1ue les fi2*res de l#intel.
li)ence sont conta)ieuses- le prosél5tisme infernal
est de r2)le- cheD les sorciers de toute caste et de
tout ran). 4 'otre esprit réprou*e ces puissants
hérésiar1ues de la pensée et du sentiment@ d#o6
*ient 1ue notre Mme ne peut les haQr 3 4 Ah 8 c#est
1u#ils sont de la race des .)ibborîm de &oQse et des
demi.dieu( paQens> Icares d#un ineffa+le firma.
ment- ils ont plané tr2s haut- a*ant 1ue d#/tre
précipités @ leur chute ful)urante illumine les pro.
fondeurs du mal 4 et c#est l9 le secret de notre
s5mpathie pour eu(8
LE!RS "E L#A$I&E <CU
Eternellement s#e(erce le charme séducteur de
l#a+,me- et d#autres s#5 laisseront attraire 9 leur
tour... 'e *ous pencheD pas8...
!n eni*rant arHme- émané d#en +as- ondule et
déroule ses pesantes *olutes- a*ec lenteur. C#est une
e(halaison lasci*e et lan)uide- flottant dans l#air@
elle s#infuse de proche en proche... Voici 1ue la
conta)ion sem+le a*oir )a)né 0us1u#au( fleurs du
ra*in- dont le calice penche et *acille- alourdi
d#amour. Et comme lasses d#elles.m/mes et malades
de leur propre haleine em+aumée- toutes les corol.
les sollicitent la main de les cueillir.
Et leur parfum )rise 4 et donne le *erti)e.
Le +arathre s#éclaire d#en +as. !ne *ision falla.
cieuse s#allume au( noires profondeurs de l#incon.
nu > c#est- dans une )loire a*eu)le- Satan lui.m/me-
transfi)uré- tra*esti en an)e de lumi2re8
Cette *ue é+louit 4 et donne le *erti)e.
Et cette *oi(8 Elle monte du plus creu( du
)ouffre- mélodieuse et perfide comme celle des
sir2nes@ fautrice de né)ation- insti)atrice d#une
*oluptueuse désespérance...
Son chant trou+le l#entendement 4 et donne le
*erti)e.
Cette *oi(- 1ui sem+le s#e(haler de l#essence
m/me des choses- parle 9 l#Mme éperdue une lan)ue
dissol*ante- tr2s am2re et tr2s douce- 1ue l#Mme
entend- hélas8 sans 0amais l#a*oir apprise. Rn dirait
le murmure confidentiel des am+iances- comme si
la nature *i*ante se ré*élait tout enti2re dans cette
*oi(- 1ui s#identifie si profondément a*ec *otre
<CV LE TE&PLE "E SATA'
*er+e intime- 1u#elle parle en *ous tout ensem+le
et hors de *ous.
Et *oil9 1u#9 l#intérieur un rideau se déchire >
toutes les idées o+scures- s#éclairant d#un 0our su+it@
tous les sentiments ina*oués- s#a*ouant au tri+unal
de *otre Conscience- s#affirment indépendants- s#ac.
cusent anarchi1ues et ré*2lent 9 *otre indi*idualité
morale la présence d#une autre personne- 1ue *ous
ne soup?onnieD pas 4 et 1ui *i*ait en *ous. !n
m5st2re d#incertitude- de lan)ueur et d#insouci
s#empare a*ec force du li+re ar+itre et le terrasse>
le &oi s#affole de se sentir coudo5é- pénétré- *iolé
par le 'on.moi8
$ientHt- les deu( contraires se confondent. Vous
douteD de toute chose et de *ous.m/me. Rien- il
est *rai- 1ui ne *ous sem+le possi+le@ mais rien
aussi 1ui *ous paraisse assuré... Ce doute uni*ersel-
1ui le formule3 Est.ce *otre &oi 1ui parle- ou le
Soi collectif des entités e(térieures au &oi3 4 Vous
i)noreD.
7uel spasme formida+le *ous étreint- *ous éner*e
et *ous acca+le3 7uelle pollution ps5chi1ue- infli .
)ée 9 l#uni*erselle nature- *ous fait communier
a*ec délice 9 la dé)radation des /tres et des choses3
4 Cette i*resse multiple est latente en l#atmosph2re
1ui *ous +ai)ne- et *ous sa*oureD mal)ré *ous 0us.
1u#9 la lie la coupe du fau( m5sticisme- o6 tant
d#e(tases se m/lent 9 tant de dé+oires 8
ausse initiation... initiation maudite et men.
son)2re- o6 l#Initiateur se déro+e et reste inconnu 8
Sa parole incohérente- am+i)uL et mal)ré tout su).
LE!RS "E L#A$I&E <C<
)esti*e prodi)ieusement- sa parole sem+le tour 9
tour d#un "ieu- puis d#un démon. C#est un ensei)ne.
ment 1ui m/le tous les contraires- afin de rester
é1ui*o1ue> la Vérité ne s#5 formule 1ue pour /tre
prostituée au coQt de l#Erreur. 4 Tel est le carac.
t2re tr2s étran)e de cette le?on *enue de l#a+,me >
affirmations et né)ations se croisent- s#enlacent- se
marient... La *oi( est.elle ironi1ue en affirmant3
Ru ne nie.t.elle 1ue pour réfuter ses propres né)a.
tions3 'e +lasph2me.t.elle 1ue pour condamner ses
propres +lasph2mes3 4 C#est ce 1ue le néoph5te ne
peut discerner- et son trou+le s#en accro,t.
'ous a*ons entendu cette Voi(- 1ui est celle de
$atan,/ant)ée Ce 1u#elle ensei)ne- ce 1u#elle su).
)2re- nul ne le saura sans doute- 1ui n#aura pas
per?u son murmure confidentiel- indéfini... Entre.
prendre d#emprisonner en des phrases cette su+tile
essence serait *ain > elle *i+re- sonore et fluide 4
insaisissa+le. 'ous tMcherons seulement de faire
soup?onner son accent captieu(- son tim+re éni).
mati1ue.
'ous a*ons entendu cette Voi(... Peut./tre- lec.
teur- *ous sera.t.il donné de l#ouQr> "ieu *ous
)arde de l#écouter 0amais8
LA PA$$ALE "E SATA'.PA'THWE
4 Tu 0as plantée au c1ur de la Terre, ta fulgu,
rante ép2e, 3 4éroub! Au c1ur de l'infid"le amante,
<CX LE TE&PLE "E SATA'
5ui des baisers d'un dieu n'a gardé dans son sein
5ue des germes de mensonge et de déception Tu
l'as plantée au c1ur de la Terre, 3 4éroub! 6t la
garde s'épanouit en croi- de lumi"re 4 comme une
fleur
Ton glai7e 7iril féconde, 3 4éroub, les blessures
5u'il a faites; sit3t écloses les plaies cicatrisées
sont des matrices de lumi"re; et les seins 5ue tu as
percés sont de7enus maternels ; et les 2tres 5ue tu
bénis de ta rigueur enfantent la lumi"re et la 7ie!
#ais en 7ain ton glai7e a tra7ersé le sein de la pros,
tituée du néant @ son sein n'a point tressailli, de,
meuré stérile; et ses brunes mamelles ne se gon,
fleront point du lait de l’immortalité 6pouse du
7ieu- 4ronos, elle n'a gardé de la 7ierge 5ue les
plus tristes apanages : deu- pri7il"ges de mort 4
la froideur et l'infécondité
8 Terre, le baiser de ton épou- ne t'a pas trou7ée
féconde ; ton épou- a maudit tes flancs toujours
glacés pour lui, et ses ardeurs en 7ain renou7elées
n'ont pas ranimé ton marbre; il ne s'éc)auffe 5ue
dans l'adult"re, au- morsures de l'Ad7ersaire et
sous l’étreinte du #au7ais Ta constante infidé,
lité con9oit infatigablement et tour + tour enfante
la déce7ante illusion Tu n'as donné le jour 5u'+
des spectres, et les lar7es infernales sont les fruits
de tes criminelles entrailles
#ais l'Ad7ersaire n'est point: tes nuits mau7ai,
ses sont un r27e coupable, et tes fils innombrables,
de trompeuses apparences, 5ui dé9oi7ent ta sté,
rilité
LE!RS "E L#A$I&E <CY
6t tels sont les blasp)"mes de tes enfants :
4 F ALEPH8 ('Absolu n'est point 4 $ETH8 (a
Foi nous trompe et la $cience se trompe elle,m2me;
et stérile est l'éternel combat de ces deu- forces
différemment mensong"res 4 EHI&EL8 0erbe de
l'2tre, tu es un néant comme lui: tu n'es 5ue le
reflet d'une ombre, ou l'ombre d'un reflet 4
"ALETH8 (a pierre cubi5ue n'est point assurée sur sa
base 4 HW8 (a mati"re est seule féconde, pour ser7ir
au culte de #oloc) : l'6sprit n'enfante pas . 4
VAU (’Amour est une lutte éternelle et sans issue 4
ZA['8 (a Force est seule 7ictorieuse dans le présent,
comme elle a triomp)é dans le passé, et comme elle
sera glorifiée dans le futur G
: Terre, 3 Terre, écoute : tels sont les blasp)",
mes de tes enfants!
4 F HETH8 ('65uilibre est la mort par l'immobi,
lité; le #ou7ement est la mort par le combat : 0ie,
tu te mens + toi,m2me 4 TETH 8 (e Ternaire se
nie trois fois dans le m'st"re ab)orré 4 IR"8 (a
cause premi"re n'est point 6sprit 4 CAPH 8 (a
Force prime le *roit 4 LA&E"8 (e $acrifice est
une ironie stérile et 5ui s'insulte elle,m2me 4
&E&8 (’Amour n'enfante point pour la 0ie, mais
pour la #ort (a #ort tr3ne seule et impérissable
sur le fumier des ;ges 4 'R!'8 Toute Transfor,
mation est un leurre, tout c)angement une dé,
c)éance: rien ne grandit 5ue pour offrir plus de
surface + la destruction, plus de p;ture + la mort
<C= LE TE&PLE "E SATA'
(e /rogr"s se résout + une illusion d'opti5ue; la
0ie uni7erselle é5ui7aut + une agonie sans fin G
: Terre, 3 Terre, écoute : tels sont les blasp)",
mes de tes enfants!
4 F SA&ECH8 (e roi de la nature est $)atan,
celui 5ui n'affirme 5ue pour nier 4 A\I'8 (a 0er,
tu, l’Art, la $cience édifient dans les nuages leurs
c)iméri5ues %abel, 5ue le feu du ciel décapite 4
PHW8 ('Idéal n'e-iste 5ue pour ces astrologues du
sentiment, 5ui passent leur 7ie + lorgner les étoiles
4 TZA"W8 *ans la lutte pour l'e-istence, la /erfidie
est une tacti5ue, la <use une nécessité, l'6mbus,
cade un droit : il faut tuer, afin de 7i7re ou se
résoudre + mourir, pour faire place + ceu-,l+ 5ui
7eulent 7i7re en tuant 4 7R!8 (':r est le seul
dieu dont jamais les )ommes n'aboliront l'autel
$ois,nous donc propice, auguste di7inité! A ta lu,
mi"re, astre de gloire, toute 7ertu fond et se dis,
sout, comme cire au brasier =upiter terrestre et
solaire, uni7ersel *on =uan, sois fa7orable + nos
71u-, car tu peu- tout sur les ;mes : omnibus
luces, omnibus imperas ; 5uis resistet tibi > 4
RESH8 (a mati"re est l'éternel p)éni-, 5ui seul
renaît de ses cendres (';me, succession de senti,
ments et de pensées; la /ensée et le $entiment,
ép)ém"res sublimations de la mati"re organisée,
meurent a7ec elle A la mort, te cer7eau cesse de
sécréter ces 7olatiles essences ('Immortalité>
!)im"re 4 SH['8 ('Amour> $tupidité ou folie
$e dé7ouer> <3le de dupe G
: Terre, 3 Terre, écoute : tels sont les blasp)",
LE!RS "E L'A$I&E <CJ
mes de tes enfants! :r, 7oici le dernier, 5ui les
souligne et les résume:
4 F THA! 8 (e monde est mau7ais, et si *ieu ta
créé, c'est *ieu 5ui a 7oulu le mal $'il a 7oulu le
mal, c'est un *ieu + rebours : son nom n'est pas IR".
HWV]- mais HWV].IR"- c'est,+,dire $)atan! G
: Terre, tu as entendu les blasp)"mes de tes en,
fants Ainsi s'e-clament les Fils du #audit, l'oppro,
bre de tes entrailles (es inductions de leur logi5ue
)umaine fulgurent en sinistres éclairs, et tonnent
en imprécations contre le !iel
6t le !iel crie anat)"me + la raison de l')omme
(e *ieu d'en )aut répudie la *éesse d'en bas, la
*éesse <aison $ur la falaise de son orgueil, l')om,
me a b;ti la citadelle de rébellion (e feu du !iel
doit réduire en poussi"re ce temple impie, o?
tr3ne une idole, ri7ale du $eigneur
#ais toi,m2me, 3 terrestre 6pouse, n'as,tu pas
glorifié dans ton délire le fruit d'un ine-piable
adult"re: ce spectre de pensée, ce souffle d'un jour
4 l')omme raisonnable> 6n opposant + la gloire
du di7in (ogos l'inco)érente 7anité du 7erbe )u,
main, n'as,tu pas bu l'i7resse d'un sacril"ge espoir>
: Terre, n'as,tu pas 7oulu égaler au !iel>
0ain espoir! !oupable pensée Tu t'étais dit :
j'ai sublimé la fleur de ma 7irtuelle énergie; j'ai
distillé l'éli-ir de ma propre essence; j'ai suscité
<UO LE TE&PLE "E SATA'
l'@omme 4 cette <aison 7i7ante 4
consubstantiel + *ieu!
#ais 7oici 5ue l'@omme raisonnable, déplo'ant
sa <aison pour confirmer cette c)im"re d'identité,
7oici 5ue l'@omme a démontré 5ue *ieu n'est point,
et 5ue lui,m2me n'a pas d'essence, étant un de7e,
nir *ésormais le !iel et la Terre sont + ni7eau,
dans l'égalité du néant!
: Terre, 7oil+ donc ton c)ef,d'1u7re 4 l'@om,
me! 6t toi, l'@omme, déplorable et c)"re illusion
d'une conscience déc)ue et d'une di7inité abolie;
toi, l'@omme, 7oil+ ta matrice d'ini5uité 4 la
Terre! 6couteA,moi tous deu-
Tu t'es trompée, 3 Terre, + 7ouloir élaborer ton
essence 7ers un céleste idéal <entre dans ton ins,
tinct : dors et r27e!
Buant + toi, l’@omme, 5ui aurais mieu- fait de
ne pas naître + l'illusion d'une objecti7ité con,
sciente; puis5ue te 7oil+, mensonge de la Cature
inférieure, piteuse contrefa9on des races de l'6m,
p'rée, rentre dans ton instinct 4 Bui 5ue tu sois,
enfin, rentre dans l'Inconscient : dors et r27e!
0ois,tu ce fleu7e ét)érien, tumultueu- et cares,
sant, formidable et dou-, dont l'or fluide pétille
en c)arriant, + tra7ers les mondes, l'i7resse collec,
ti7e des e-istences englouties> $alut au déborde,
ment lascif de la 0ie impersonnelle; salut + l'uni,
7ersel dissol7ant des entités factices /longes,'
T;c)e de t'' no'er !'est la déli7rance! !'est la 7ie
bien)eureuse du r27e, ou c'est le r27e d'une 7ie de
bon)eur
LE!RS "E L^A$I&E <U;
*
Bui penses,tu 5ue je sois> 0oi- on ne sait d'o?
7enue, 5ui c)arme et console messag"re d'espé,
rance, en tout cas! $i je suis l'Illusion, encore
apporté,je + la <éalité défaillante un réconfort de
r27e; si je suis la <éalité, j'efface les cauc)emars
malsains d'une satani5ue Illusion
0iennent donc + moi ceu- 5ui souffrent et dé,
sesp"rent! =e les bercerai dans un songe intermi,
nable de lumi"re et de parfums (e songe! Il n'est
illusoire 5u'en tant 5u'e-ceptionnel dans la 7ie
terrestre $upposeA la 7eille de7enue e-ception, et le
songe, état coutumier, c'est,+,dire normal *e ce
fait, il sera la <éalité m2me, seule 7raie, seule
durable; de ce fait, la 7ie terrestre n'apparaîtra
plus 5u'un cauc)emar accidentel et passager
A moi, tous les désolés, tous les endoloris, tous
les calamiteu- + moi! !ar j'apporte la 7ie du
<27e, ou le <27e de la 7ie!
La *oi( de Satan.Panthée est ondo5ante et mul.
tiple- comme cet !ni*ers ph5si1ue dont il est l#Mme.
Elle parle 9 chacun son lan)a)e familier > 9 l#ar.
tiste- elle parle d#art@ elle parle d#occultisme au
m5sti1ue- et d#intri)ue 9 l#homme d#action. &ais-
1uoi 1u#elle ait dit 4 1uand elle a parlé 4 toutes
les notions confondues laissent l#Mme délirante en
proie 9 cette seule con*iction- 1ui la ron)e comme
<UC LE TE&PLE "E SATA'
un cancer > tout est *ain- rien n#est sKr... Et de ce
chaos d#incertitude se dé)a)e un dernier concept
impératif- péremptoire > l#ur)ence de l#a+dication
morale indi*iduelle.
En derni2re anal5se- 1u#affirme donc cette *oi( 3
4 "es né)ations> le néant du *er+e humain- *oil9
ce 1u#elle démontre@ la rétro)ression *ers l#instinct-
*oil9 ce 1u#elle propose@ l#apothéose de l#incons.
cient A;B- *oil9 ce 1u#elle cél2+re. Et comme mo5en
d#atteindre 9 ce fau( idéal- meurtrier de l#Mme- elle
su))2re de se no5er au fleu*e sans ri*e et sans fond
de la *ie ph5si1ue uni*erselle.
"ans ce suicide- est l#alpha et l#omé)a de la
EoLtie A*o5eD chap. *i- p. ;J<B. Aussi +ien- pour
nous 5 résoudre- Satan.Panthée 4 1ui est aussi
Satan.Protée 4 s#in)énie 9 dé)uiser son in*itation
sous les formes les plus impré*ues- les plus at.
tra5antes. La EoLtie ne se limite point au( +eso.
A;B "#apr2s la tradition ésotéri1ue- l#homme terrestre-
Conscience indi*iduelle- se trou*e placé entre deu( Incons,
cients: l'Inconscient supérieur ou Esprit uni*ersel- et l’in,
conscient inférieur ou Instinct collectif. Selon 1u# il se met
en rapport a*ec l# un ou a*ec l# autre- l# homme re?oit> d# en
haut- l'Inspiration di7ine, ou d#en +as- l'Intuition p)'si5ue
Li+re donc 9 chacun de s#assimiler de l# un ou de l# autre
+reu*a)e- dans la mesure de sa capacité@ mais il ne faut
pas plus se no5er ou dissoudre son &oi dans l#Esprit uni .
*ersel 1ue dans l#Instinct collectif. 4 Au demeurant- l#Es.
prit uni*ersel ne se nomme Inconscient AsupérieurB 1ue par
opposition 9 la !onscience indi*iduelle@ comme on pourrait
l#appeler encore Con,#oi AsupérieurB- pour le distin)uer du
#oi indi*iduel. Est.ce 9 dire 1u#il soit dépour*u en soi de
conscience ou d#entité3 Conclure de la sorte- ce serait 0ouer
sur les mots. 4 Au cas particulier- il ne s# a)it 1ue de
l'Inconscient inférieur
LE!RS "E L#A$I&E <UU
)nes )rossi2rement pittores1ues du sorcier *ul)aire@
nous l#a*ons définie la mise en Nu*re- pour le mal-
des forces occultes de la nature > prompte 9 s#insi.
nuer- comme un *irus su+til- dans toutes les
sph2res *isi+les et in*isi+les- 4 partout o6 l#homme
déploie son éner)ie- cette peste étend ses ra*a)es.
Et de fait- les arts- la littérature- la philosophie-
la théolo)ie m/me furent 9 toute épo1ue plus ou
moins impré)nés de l#acre ferment de pessimisme
1ue le )rand Séducteur inocule au( )énérations-
comme le plus sKr mo5en de leur faire écouter sa
*oi(- insti)atrice du suicide moral.
Souple 9 tous les tra*estissements- Satan.Pan.
thée ne laisse pas de se transfi)urer en Christ )lo.
rieu( 4 *oire en $ouddha. 'e l#a*ons.nous pas *u-
récemment- emprunter 9 l#Inde les charmes de son
1uiétisme e(oti1ue et toute la ma)ie de ses sécu.
laires traditions- pour enchanter les 5eu( no*ices
par d#insidieu( mira)es- et faire dé*ier de la *oie
ces Mmes de 0our en 0our plus nom+reuses- 1ui-
répu)nant au +our+ier matérialiste et lasses des
horiDons étroits de l#éclectisme uni*ersitaire- tM.
chaient 9 s#orienter sur la lueur 9 peine entre*ue
d#un m5sti1ue idéal3 !ne certaine théosophie- faus.
sant en effet les plus su+limes concepts de l#ésoté.
risme- sem+lait prendre 9 tMche de faire +riller
p/le.m/le- a*ec des étincelles de *érité- les feu(
follets de l#erreur. C#est ainsi 1ue plus d#un soi.
disant interpr2te des éni)mati1ues &ahatmas ré.
pandait d#utiles ensei)nements@ tandis 1u#on a pu
*oir d#autres fr2res- dépra*ant la notion de l#A+solu
<UV LE TE&PLE "E SATA'
0us1u#9 l#instituer pour +ase d#une s5nth2se athée-
réduire au néant l#insonda+le Para+rahm. Et- pour
1ue leur morale fKt di)ne de leur théodicée- ils
prHnaient- sous couleur d#altruisme- le suicide de la
personnalité *raie > c#était leur fa?on d#interpréter
'ir*ana Al#état des sous.multiples humains réin.
té)rés dans l#!nité di*ineB @ 9 telles ensei)nes 1u#en
route a*ec leur cohorte d#élus *ers cet idéal pati+u.
laire- ils sem+laient autant de +ouchers- défilant
a*ec leur troupeau sur le chemin de l#a+attoir8...
Certaine littérature- comme certaine philosophie-
comme certain m5sticisme- comme certain art- re.
l2*ent donc de la EoLtie- d#une sorte immédiate ou
médiate. C#est 1u#il n#est point de mode o6 s#e(erce
l#acti*ité de l#homme- 1ue le satanisme ne soit sus.
cepti+le d#en*ahir et d#impré)ner@ comme il n#en
est pas- 1ue l#Inspiration di*ine ne puisse é*ertuer
et ano+lir. La raison profonde en est dans l#es.
sence du 0erbe )umain, A)ent démiur)i1ue et mi.
to5en entre l#a+solu et le relatif- entre l#esprit et la
mati2re- entre "ieu et Satan.
Soit +onne ou mau*aise 4 la Puissance ma)i1ue
réside ici.+as tout enti2re dans le 0erbe )umain
Le Ver+e humain appara,t un a)ent intermédiaire
et con*erti+le> le trait d#union de la terre au ciel-
le mo5en.terme de tous les e(tr/mes- le su+stratum
uni*ersel de relation.
"ans ses rapports a*ec l'Absolue 0érité, le Ver+e
humain se formule par une *ertu acti*e> la Foi 4
"ans ses rapports a*ec la réalité contingente, il se
LE!RS "E L'A$I&E <U<
manifeste par une *ertu passi*e> la $cience 4
"ans ses rapports a*ec le 0erbe di7in, le Ver+e hu.
main s#e(prime par une puissance d#identification
du relatif 9 l#a+solu- du fini 9 l#infini- du sous.mul.
tiple 9 l#unité> la !onscience, 1ui est neutre- c#est.9.
dire acti*e 9 l#é)ard de la Science- passi*e 9 l#é)ard
de la oi.
Le Ver+e humain- se reconnaissant 9 son propre
miroir- telle est la Conscience A;B. Son orientation
*ers la Science ou *ers la oi ou*re donc 9 l#hom.
me indi*iduel une dou+le sph2re d#action 4 posi.
ti*e et m5sti1ue 4 o6 déplo5er ses potentialités@
1uelle 1ue soit d#ailleurs la tendance de l#indi*idu-
dans l#une comme dans l#autre sph2re- 9 la rectitude
ou 9 la per*ersité- au $ien ou au &al.
Ces principes étant posés- on comprendra mieu(
1ue l#Art a aussi sa ma)ie- téné+reuse ou splen.
dide- néfaste ou +ienfaisante@ puis1ue l#Art n#est
1ue l#adaptation du Ver+e humain- modalisé au
moule de cha1ue indi*idu- et s#irradiant en émana.
tions 1ui s#incorporent en des formes adé1uates-
s5m+oli1uement e(pressi*es de ce *er+e indi*iduel.
Toute Nu*re d#art ne sem+le- 9 premi2re *ue- 1ue
A;B Lors1u#elle est en mode d#acti*ité- la Conscience peut
faire usa)e de son critérium- 1ui est la <aison; en mode
passif- elle ne le peut pas. Et *oil9 pour1uoi la Raison
Acritérium de la ConscienceB- est compétente au( choses de
la Science- incompétente au( choses de la oi. Car si- relati .
*ement 9 la oi- la conscience ne se déploie 1u# en mode
passif- elle ne peut donc se ser*ir de son critérium humain-
1ui est la raison@ il faut +ien 1u# elle su+isse d2s lors le
critérium di*in Asensorium cNlesteB 1u# on pourrait définir
la Lo)i1ue de l#A+solu.
<UX LE TE&PLE "E SATA'
l'incarnation d'une pensée 4 Soit@ mais est.il *rai
1ue cette pensée s#immo+ilise- se stérilise- s#étei)ne
en se fi(ant3 Est.il *rai 1ue la forme o6 elle s#em.
prisonne soit son ultime a+outissement3 1u#9 se
créer cette écorce- elle ait épuisé sa *irtuelle éner.
)ie3 4 Rn aurait tort de le croire. C#est une loi- en
ph5si1ue )énérale- 1ue la force se transforme et
0amais ne se perd. !ne pensée ne meurt pas- de ce
fait 1u#elle prend un corps. Pareille 9 une Mme- elle
ne s#incarne au contraire 1ue pour s#affirmer sur
le plan matériel@ elle ne re*/t une fi)ure sensi+le
1ue pour a)ir sur les sens@ une forme plasti1ue et
o+0ecti*e- 1ue pour ac1uérir droit de cité dans le
monde plasti1ue et o+0ectif. Cette forme m/me lui
sert de médium- de *éhicule et d#instrument- pour
déplo5er son éner)ie dans une nou*elle sph2re.
Toute Nu*re d#art est donc )rosse d#une *ertu la.
tente de réalisation- 1ui nécessitera tHt ou tard une
série d#effets réels- consé1uents 9 son principe inné>
ces effets produits seront la traduction ma)i1ue de
l#idée incluse en cette Nu*re.
"#o6 l#on peut conclure- au résumé> toute Nu*re
d#art est une Nu*re ma)i1ue- +onne ou mau*aise@
l#idéal 1ui est son Mme incline son potentiel efficace
9 droite ou 9 sénestre@ la *ertu de réalisation la.
tente en elle constitue l#a)ent ma)i1ue de son dé.
terminisme- pour le +ien ou pour le mal. Tout ar.
tiste enfin est un ma)e ou un sorcier 4 plus sou.
*ent- hélas8 un sorcier 1u#un ma)e.
Les &a)es de l#art pur- et les EoLtes de l#art im.
pur8 Théur)ie ou 'i)romancie de la plume- de la
LE!RS "E L#A$I&E <UY
musi1ue et du pinceau8 7uel +eau li*re 9 écrire
sur ce th2me transcendantal 8 &ais une telle Nu*re
passerait nos forces 9 tous é)ards A;B. Re1uis du
moins d#é+aucher en 1uel1ues traits un schéma
s5nthéti1ue de l#art 9 ce point de *ue- nous em.
prunterions *olontiers 9 la m5tholo)ie d#Hellas
1uatre t5pes +ien distincts- s5m+oli1ues Anous sem.
+le.t.ilB des 1uatre familles d#art 1u#on peut ima.
)iner primordiales. Ces t5pes 4 par leurs com+i.
naisons 4- ces familles 4 par leurs alliances 4
donneraient un cadre su+di*isé en mani2re d#échi.
1uier et propre au( classements méthodi1ues- 9
l#instar d#un ar+re de )énéalo)ie.
'e pourrait.on distin)uer- par e(emple> 4
;T L#ART "#APRLLR'- les !)r'sopo"tes Apres1ue tout
le )rand art@ nommément Rrphée- Vir)ile- saint
Iean- Lamartine et Vi)n5@ RaphaLl et &ichel.An)e@
$ach- &oDart et Rossini. 4 <éférences astrologi,
5ues: 1 et 6 @ correspondance d'effets galéni5ues: les
*ins )énéreu( solairesB@ 4 CT L#ART "#HWCATE- les
6nsorceleurs Adémonomanes> Remi)ius et $o.din@
m5sti1ues *erti)ineu(> comme $oehme et
S_eden+or)@ PoL- Hoffmann- $audelaire et Rolli.
nat@ Rem+randt et Callot- Sal*ator Rosa@ Chopin-
$erlioD> la "amnation de aust. 4 <éfér astrol:
2 et 2 @ corresp galén: opium et surtout co.
caQneB@ 4 UT L#ART "#WRRS- les 6roti5ues AAnacréon
A;B 'otre ami Emile &ichelet- auteur d#un tr2s remar.
1ua+le essai sur l’6sotérisme dans l'art, sem+le élu pour
accomplir un 0our cette tMche- +ien di)ne d#un po2te plato.
nicien touché de modernisme.
<U= LE TE&PLE "E SATA'
et Sapho- Catulle- Ti+ulle et Pétrone- Eré+illon fils
et le mar1uis de Sade@ &usset> poésies@ +eaucoup
de )ra*eurs du (*iii
e
si2cle@ Proudhon> papiers
+leus@ Rops> eau(.fortes@ Holmes@ &assenet- dans
Esclarmonde. 4 <éfér astrol: 4 et 3 @ corresp
galén: opium cantharidéB@ 4 VT L#ART "#ATRRPRS-
les Ci)ilistes ALucr2ce> de natura rerum@ Voltaire>
Candide@ Iean.Iac1ues- "iderot@ Eoethe> `erther@
$5ron> CaQn et &anfred@ Stendhal> Rou)e et noir@
&usset> Confessions d#un enfant du si2cle@ Riche.
pin> les $lasph2mes@ Eo5a- Zur+aran. 4<éfér as,
trol: 7 et 5 @ corresp galén; "atura- Conium-
H5osciamusB.
Il suffit@ tous les détails dont nous pourrions
alourdir ce ta+leau ne sauraient défendre 1u#il
restMt fonci2rement incomplet 4 et m/me ine(act-
puis1ue- pour préciser le compartiment attri+ua+le
9 cha1ue artiste- il eKt fallu élar)ir le cadre minus.
cule ci.dessus et l#ou*rir 9 l#en*ahissant échafau.
da)e des su+di*isions tr2s comple(es dont on a
parlé. Comment localiser d#ailleurs- en des cases 9
éti1uettes- d#uni*ersels )énies> un Shaaespeare- un
Léonard- un $eetho*en3 assu0ettir au tuteur ces
prodi)ieuses natures d#art- dont la s2*e e(u+érante-
dé+ordant en tout sens- au mépris des lattes de sé.
paration- ferait dispara,tre tout l#espalier sous des
)rappes de fleurs multicolores3 \ son)er serait
folie... Est.ce 9 dire illusoires- les t5pes d#art ci.
dessus es1uissés3 4 'ous ne le pensons pas. 7u#on
nous permette un rapprochement a*ec la +elle
T)éorie des tempéraments de &&. Polti et Ear5>
LE!RS "E L'A$I&E <UJ
l#analo)ie est toute proche- puis1u#il s#a)it pour
nous de tempéraments d#art. Eh +ien8 n#est.il pas
fort e(ceptionnel- sinon tout 9 fait impossi+le- de
rencontrer un su0et 1ui incarne a+solument l#un
des 1uatre t5pes primordiau( A$- L- ' ou SB- 9 l#e(.
clusion des trois autres3 Cependant ces 1uatre élé.
ments radicau(- 1u#il a fallu sélecter et construire
de toutes pi2ces 4 par dissociation anal5ti1ue d#a.
+ord- puis par s5nth2se a+straite- 4 ont chacun sa
*aleur propre et nullement ar+itraire @ si +ien 1ue
leur classement- par ordre de prédominance- per.
met de fournir au premier e(amen la formule ph5.
sio)nomoni1ue d#un su0et. Peut./tre pourrait.on
composer pareillement des formules- roulant sur la
com+inaison méthodi1ue des 1uatre t5pes d#art>
Apollon, @écate, 6ros et Atropos 'ous ne pousse.
rons point cette di)ression plus a*ant- n#a5ant *ou.
lu 1ue si)naler une possi+le *oie.
'ous espérons 1u#on discerne 9 cette heure 1uel.
les Nu*res nous a*ons dénoncées comme perfides-
sous l#em+l2me des fleurs de l#a+,me. Ce n#est ni
l#adaptation littéraire des théories occultes au( ca.
dres du po2me- du conte ou du roman- comme le
*iable amoureu- de CaDotte- l’6trange )istoire de
$ul_er- ou les nou*elles si capti*antes de Lermina@
ni moins encore les lé)endes fa+uleuses de l#Rrient-
ou les !ontes de ma m"re l':ie Si de telles fleurs
furent cueillies sur le +ord de l#a+,me- il faut con.
*enir 1u#elles ne distillent pas le poison@ leur su+til
arHme n#a donné 9 personne le *erti)e des noires
<VO LE TE&PLE "E SATA'
profondeurs... 'on- ce n#est pas le mer*eilleu( dans
l#art 1ue nous incriminerons 0amais.
"e tout temps- nous eKmes un fai+le pour le +a.
*arda)e des aQeules> au ris1ue de +aisser dans l#es.
time des )ens +ra*es- a*ouons.le sans détour- car
c#est ainsi. R les délicieuses fantaisies du po2te
Perrault8 &ais sont.ce +ien l9 des fantaisies3... Le
ro5aume des fées et des )énies doit e(ister sans
doute sur 1uel1ue ch2re et lointaine plan2te- ou
+ien les r/*es mi)rateurs de notre enfance en au.
raient menti. 'ous ne saurions l#admettre> c#est si
triste- un r/*e 1ui ment8 La seule réalité de*rait
a*oir le pri*il2)e de l#imposture. 4 Vous ne *ouleD
plus croire 9 rien de cette *ie- 0eune désa+usé- dont
le monde réel a froissé l#Mme3 "u moins- ne renieD
pas les r/*es de *otre enfance@ 1u#ils *ous soient
un refu)e o6 le flot du si2cle +rutal e(pire. Il est
dou( et réconfortant de les re*i*re@ il est sain de
respirer leur +rouillard lumineu(... A di(.huit ans-
nous a*ions essa5é de leur faire prendre corps- 9
ces r/*es aimés@ ils s#5 pr/t2rent d#asseD mau*aise
)rMce> l#incarnation fut insuffisante@ en sorte 1u#ils
ont conser*é une apparence né+uleuse et des allures
de fantHme. Les contours hésitent- indéfiniment *a.
)ues. Aussi pr,mes.nous soin depuis de faire ou.
+lier cette dé+ile tentati*e- cette Nu*re d#une mé.
diocre *enue- sans couleur et sans accent. Eh +ien8
sans conseiller 9 personne de mordre au fruit *ert
de notre poéti1ue ine(périence- dirons.nous 1ue
tout 9 l#heure- comme nous relisions ces <imes fan,
LE!RS "E L
^
A$I&E <V;
tasti5ues A;B 4 hélas8 elles riment mal 4 le senti.
ment 1ui domine en ces *ers dont la sincérité fait
le seul mérite- nous a surpris et pres1ue ému> la
conscience *a)ue- mais tr2s réelle- d#un monde au.
del9- s#5 fait 0our 9 toutes les strophes.
Les ch2res fées sont.elles *raiment tr2s loin3
4 &2re )rand#- 1ui narreD si +ien- conteD.nous
encore une histoire du temps passé8 'ous sommes
de )rands enfants- et nos oreilles- +lasées au *a.
carme surai)u de la cité moderne- sauront s#ou*rir
encore- délicates et attenti*es- au murmure tr2s
dou( des sources miraculeuses@ tressaillir 9 l#en.
chantement des musi1ues dont nul n#a per?u les
sons 1u#9 tra*ers la *oi( cassée des *ieilles 1ui ra.
content- 4 telles on per?oit de *a)ues mélodies
flKtées 9 tra*ers le roulement sourd d#une *oiture
sur les caillou(. 'ous aurons des larmes pour les
ima)inaires infortunes- nous dont les 5eu( restent
secs au spectacle na*rant de réelles mis2res. 'otre
cNur mort peut re*i*re une *ie artificielle- reli.
)ieusement entr#ou*ert 9 l#amour d#une adora+le
%elle,au,%ois,*ormant !
ais.nous sourire et pleurer encore 4 nous et
ceu(.l9 m/me dont le spleen a pMli les l2*res et
+istré les 5eu( 4 fais.nous pleurer et sourire en.
core- naQ*e lé)ende 1ui nous *iens du passé o+scur-
sur le riche lan)a)e +analement fleuri- sur le lan.
)a)e héréditaire des *ieilles inintelli)entes8... La
A;B :iseau- de passage, <imes fantasti5ues, <imes d'éb"ne,
par Stanislas de Euaita. Paris- $er)er.Le*rault- ;==;- in.;C.
<VC LE TE&PLE "E SATA'
nostal)ie nous prend des pa5s fantasti1ues- l#a.
mour nous prend de celles 1ui n#ont 0amais respiré
1ue dans les +lancs rideau( de l#enfant endormi-
0amais parlé 1ue dans les +rises d#un printemps
idéal- *ers 1ui nous portent de puérils et supersti.
tieu( re)rets> re)rets é*ocateurs d#un pa5s peuplé
de r/*es 4 et 1ue conna,t 9 fond notre son)euse
i)norance...
Hélas8 hélas8 nous restons froids 9 la *oi( *i .
+rante des *ier)es 1ui *oudraient aimer- des cour.
tisanes 1ui sem+lent aimer- des épouses 1ui aiment.
&ais nous trou*ons de *raies larmes et des +aisers
sinc2res pour les fantHmes 1ui sur)issent dans un
rais de lune- 9 ta *oi( cassée- H &2re )rand# 8

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful