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REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAFMEROON

Paix - travail - Patrie Peace - Work - Fatherland
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LOI N° 98 / 005 DU 14 AVRIL 1998


PORTANT

REGIME DE L’EAU










L’assemblée Nationale a délibéré et adopté.


Le Président de la République a promulgué la loi dont la teneur suit :










TITRE PREMIER - DES DISPOSITIONS GENERAFLES


Articles I
er
- La présente loi fixe, dans le respect des principes de gestion de
l’environnement et de protection de la santé publique, le cadre juridique général du
régime de l’eau.

Article 2 - (1) L’eau est un bien du patrimoine national dont l’Etat assure la protection
et la gestion et en facilite l’accès à tous.

(2) toutefois, l’Etat peut transférer toutes ou partie de ces prérogatives aux
Collectivités Territoriales Décentralisées.

(3) La gestion de l’eau peut en outre faire l’objet de concessions ou
d’affermages suivant les modalités fixées par un décret d’application de la présente
loi.

Article 3 - Aux termes de la présente loi, il faut entendre par :

1. eaux de surface : les eaux de ruissellement, les cours d’eau et les eaux
stagnantes ;
2. eaux souterraines : les eaux d’infiltration et des nappes ;
3. eaux de source : les eaux proposées dans le commerce pour l’alimentation
humaine, minéralisée ou non, gazeuse ou non, sans qu’il soit fait état de leur
qualité thérapeutique ;
4. eaux minérales : les eaux souterraines contenant des substances minérales
dissoutes ayant une action thérapeutique ;

TITRE II - DE LA PROTECTION DES EAUX

Article 4 - (1) Sont interdits les déversements, jets, infiltrations, enfouissements,
épandages, dépôts directs ou indirects dans les eaux de toute matière solide, liquide
ou gazeuse et en particulier, des déchets industriels, agricoles et atomiques
susceptibles :

 d’altérer la qualité des eaux de surface ou souterraines ou des eaux de la
mer dans les limites territoriales ;
 de porter atteinte à la santé publique ainsi qu’à la faune et à la flore
aquatiques ou sous-marines ;
 de mettre en cause le développement économique et touristique des
régions.

(2) Toute fois, le Ministre chargé de l’Eau peut, après enquête et avis des
autres Administrations concernées, autoriser et réglementer les déversements visés
ci-dessus, dans le cas où ceux-ci garantissent l’innocuité et l’absence des nuisances
compte tenu des caractéristiques de l’effluent et du milieu récepteur.

(3) L’autorisation accordée peut être modifiée ou retirée soit à la demande du
titulaire ou des tiers intéressés, soit à l’initiative de l’Administration, soit de plein droit
dans les cas prévus par l’acte d’autorisation.

Article 5 - (1) Un décret d’application de la présente loi fixe, sur rapport conjoint des
Administrations compétentes, la liste des substances nocives dangereuses dont le
rejet, le déversement, le dépôt, l’immersion ou l’introduction de manière directe ou
indirecte dans les eaux sont, soit interdits, soit soumis à autorisation préalable
desdites Administrations.

(2) Les déversements d’eau résiduaire dans le réseau d’assainissement
public ne doivent nuire, ni à la conservation des ouvrages, ni à la gestion des eaux.

(3) Les installations de déversement établis antérieurement à la
promulgation de la présence loi doivent se conformer à la réglementation dans un
délai fixé par un Décret d’application de ladite loi.

(4) Les installations établies postérieurement à la date de promulgation de la
présente doivent dès leur mise en fonctionnement, être conformes de rejet fixé par la
réglementation en vigueur.

Article 6 - (1) Toute personne physique ou morale, propriétaire d’installation
susceptible d’entraîner la pollution des eaux, doit prendre toutes les mesures
nécessaires pour limiter ou en supprimer les effets.

(2) Toute personne qui produit ou détient les déchets doit en assurer elle-
même l’élimination ou le recyclage ou les faire éliminer ou les faire recycler dans les
installations agréées par l’Administration chargée des Etablissements classés après
avis obligatoire de l’Administration chargée de l’Environnement.

Elle est, en outre, sous réserve des règles liées à la confidentialité, tenue
d’informer le public sur les effets de la pollution. La détention, l’élimination ou le
recyclage des déchets sur l’eau, l’environnement et la santé publique, ainsi que sur
les mesures destinées à en prévenir ou à compenser les effets préjudiciables.

(3) Sont, en outre, interdits, le nettoyage et l’entretien des véhicules à moteur,
des machines à combustion interne et d’autres engins similaires à proximités des
eaux.

Article 7 - (1) En vue de protéger la qualité de l’eau destinée à l’alimentation, il est
institué un périmètre de protection autour des points de captage, de traitement et de
stockage des eaux.

(2) Les terrains compris dans les périmètres de protection sont déclarés
d’utilité publique.

Article 8 - (1) Une taxe d’assainissement est perçue par l’Etat sur les personnes
physiques ou morales propriétaires d’installations raccordées aux réseaux d’égouts
publics ou privés de collecte et de traitement des eaux usées.

(2) Le taux et les modalités de recouvrement de la taxe prévue à l’alinéa
ci-dessus sont fixés par la loi des Finances.

Article 9 - (1) Le ministre chargé de l’Eau peut, sur proposition de l’autorité
administrative territorialement compétente, interdire le captage des eaux de surface
pour l’un des motifs dûment constatés ci-après :

a) risque de tarissement du cours d’eau ;
b) pollution évidente du cours d’eau ;
c) risque pour la santé publique ;
d) cause d’utilité publique.

(2) Les dispositions de l’alinéa ci-dessus s’appliquent également en matière
de puisage et de captage d’eau dans une nappe souterraine.

TITRE III - DE l’EXPLOITATION DES EAUX

CHAPITRE I - DE L’EXPLOITATION DES EAUX DE SURFACE
ET DES EAUX SOUTERRAINES


Article 11 - (1) Toute personne qui offre de l’eau en vue de l’alimentation humaine
ou morale, à titre onéreux ou à titre gratuit sous quelque forme que ce soit, est tenue
de s’assurer de la conformité de la qualité de cette eau aux normes en vigueur.

(2) Les dispositions de l’alinéa ci-dessus s’appliquent également à toute
personne qui fait usage, en l’absence d’une distribution publique d’eau potable, des
puits particuliers, des citernes destinées à stocker de l’eau ou des sources captées.

(3) Les produits de traitement de l’eau de boisson doivent être conformes aux
normes en vigueur.

(4) Les filières de traitement de l’eau de boisson sont approuvées par
l’Administration chargée de l’Eau.

Article 12 - Le contrôle de la qualité des seaux de consommation est assuré à tout
moment, par le personnel des Administrations chargées respectivement de l’Eau et
de la Santé Publique, assermentés et commissionnés à cet effet.

CHAPITRE II - DE LA RESPONSABILITE ET DES SANCTIONS

Article 13 - L’exploitation des eaux de source et des eaux minérales est régie par
une loi particulière.

TITRE IV - DE LA RESPONSABILITE ET DES SANCTIONS

CHAPITRE I - DE LA RESPONSABILITE

Article 14 - Sans préjudice de peines applicables sur le plan de la responsabilité
pénale et nonobstant les vérifications effectuées par les Administrations chargées du
contrôle, est responsable civilement sans qu’il soit besoin de prouver une faute, toute
personne qui a causé un dommage corporel ou matériel résultant de la mauvaise
qualité des eaux d’alimentation qu’elle distribue.
CHAPITRE II - DES SANCTIONS PENALES

Articles 15 - (1) Est puni d’un emprisonnement de deux à cinq ans et d’une amende
de 5.000.000 à 10.000.000 de F/CFA ou de l’une de ces deux peines seulement,
toute personne qui :

 réalise un prélèvement des eaux de surface ou souterraines en violation
des dispositions de la présente loi ou de ses textes d’application ;
 réalise un prélèvement des eaux de surface ou des eaux souterraines non
conforme aux critères, normes et mesures énoncées par l’étude d’impact ;
 empêche l’accomplissement des contrôles, surveillance et analyses prévus
par la loi et/ou de ses textes d’application ;
 offre de l’eau de boisson au public sans se conformer aux normes de
qualité en vigueur ;
 viole un périmètre de protection autour des points de captage, de
traitement et de stockage ci-dessus.

Article 16 - (1) Est puni d’un emprisonnement de 5 à 15 anus et d’une amende de
10 à 20 millions de F/CFA, toute personne qui pollue et altère la qualité des eaux.

(2) En cas de récidive, le coupable encoure le double du maximum des peines
prévues à l’alinéa ci-dessus.

Article 17 - Les sanctions prévues par la présente loi sont complétées par celles
contenues dans le code pénal ainsi que dans la législation relative à la protection de
l’environnement.

Article 18 - Les dispositions des articles et 90 du code pénal au sursis et aux
circonstances atténuantes ne sont pas applicables aux sanctions prévues par la
présente loi.

Article 19 - (1) Sans préjudice des prérogatives reconnues au Ministère Public, aux
officiers de police judiciaire à compétence générale, les agents assermentés de
l’Administration chargée de l’Eau ou des autres Administrations concernées,
notamment de la Santé et de l’Environnement sont chargés de la recherche, de la
constatation et des poursuites en répression des infractions aux dispositions de la
présente loi et des textes d’application.

(2) Les agents mentionnés à l’alinéa ci-dessus prêtent serment devant le
tribunal compétent, la requête de l’Administration intéressée suivant les modalités
fixées par un Décret d’application de la présente loi.

(3) Dans l’exercice de leur fonction, les agents assermentés sont tenus de se
munir de leur carte professionnelle.

Article 20 - (1) Toute infraction constatée fait l’objet d’un procès-verbal.

(2) La recherche et la constatation des infractions sont effectuées par des
agents qui cosignent le procès-verbal. Ce procès-verbal fait foi jusqu’à l’inscription en
faux.
Article 21 - (1) Tout procès-verbval de constatation d’infraction doit être transmis
immédiatement à l’Administration chargée de l’Eau qui fait notifier au contrevenant.
Celui-ci dispose d’un délai de 20 jours à compter de cette notification pour contester
le procès-verbal. Passé ce délai, toute contestation devient irrecevable.

(2) En cas de contestation dans les délais prévus à l’alinéa du présent article,
la réclamation est examinée par l’Administration chargée de l’Eau.

Si la contestation est fondée, le procès-verbal est classé sans suite.

Dans le cas contraire, et à défaut de transmission ou d’arbitrage définitif,
l’Administration chargée de l’Eau procède à des poursuites judiciaires conformément
à la législation en vigueur.

CHAPITRE IV - DES TRANSACTIONS ET DE L’ARBITRAGE

Article 22 - (1) L’Administration chargée de l’Eau a plein pouvoir pour transiger. Elle
doit, pour ce faire, être dûment saisie par l’auteur de l’infraction.

(2) Le montant de la transaction est fixé en concertation avec l’Administration
chargée des Finances. Ce montant ne peut être inférieur au minimum de l’amende
pénale correspondante.

(3) La procédure de transaction ne doit être antérieure à toute procédure
judiciaire éventuelle sous peine de nullité.

(4) Le produit de la transaction est intégralement versé au Fonds prévu par la
présente loi.

Article 23 - Les parties à un différend relatif à la gestion de l’Eau peuvent les régler
d’un commun accord par voie d’arbitrage.

Article 24 - (1) Les autorités traditionnelles ont compétence pour régler les litiges liés
à l’utilisation des ressources en eau sur la base des us et coutumes locaux, sans
préjudice du droit des parties aux litiges d’en saisir les tribunaux compétents.

(2) Il est dressé un procès-verbal du règlement du litige. Une copie de ce
procès-verbal dûment signée par l’autorité traditionnelle, par les parties au litige ou
leurs représentants est déposée auprès de l’Autorité administrative du ressort
territorial de la communauté villageoise où a lieu le litige.

TITRE V - DES DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES

Article 25 - (1) En vue de garantir le financement des projets de développement
durable en matière d’eau et d’assainissement, la Loi des Finances fixe annuellement
les ressources particulières devant alimenter un Compte d’Affectation Spéciale créé
à cet effet par Décret présidentiel conformément aux dispositions des articles 39 et
41 de l’ordonnance 62/OF/4 du 07 Février 1962 relative au régime financier de l’Etat.
Ce Décret détermine notamment la modalité de gestion du Compte sus-visé.

(2) Le Compte d’Affectation Spéciale prévu à l’alinéa ci-dessus put également
recevoir le cas échéant :

1) des contributions des donateurs internationaux ;
2) toute autre contribution volontaire : des dons et legs.

(3) Les ressources particulières prévues aux alinéas 1 et 2 ci-dessus ne
peuvent être affectées à d’autres fins.

Article 26 - (1) Sans préjudice des dispositions de la législation relative à la gestion
de l’environnement, il est institué par la présente loi un Comité National de l’Eau.

(2) Les attributions, l’organisation et le fonctionnement du Comité National de
l’Eau sont fixées par un Décret d’application de la présente loi.

Article 27 - Les spécifications relatives à la construction, à l’exploitation et à
l’entretien des réseaux et installations publics ou privés d’alimentation en eau
d’assainissement sont fixées par un Décret d’application de la présente loi.

Article 28 - L’utilisation de l’eau comme moyen de transport est régie par le Code de
la Marine Marchande.

Article 29 - Des Décrets d’application de la présente loi en précisent, en tant que de
besoin, la modalité.

Article 30 - Sont abrogées toutes les dispositions antérieures contraires notamment
la loi n° 84.013 du 05 Décembre 1884 portant Régime de l’Eau.

Article 31 - La présente loi sera enregistrée et publiée suivant la procédure
d’urgence, puis insérée au Journal Officiel de la République du Cameroun en
français et en anglais.

Yaoundé, le 14 avril 1998

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

é

PAUL BIYA











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DECRET N° 2001 / 1161 / PM DU 08 MAI 2001
Fixant les attributions, l’organisation
et le fonctionnement du Comité National de l’Eau.-


PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT,

VU la Constitution ;
VU la loi n° 96/12 du 05 août 1996 portant loi-cadre relative à la gestion de
l’environnement ;
VU la loi n° 92/005 du 14 avril 1998 portant régime de l’eau ;
VU le décret n° 92/089 du 04 mai 1992 précisant les attributions du Premier Ministre,
modifié et complété par le décret n° 95/145 bis du 04 août 1995 ;
VU le décret n° 96/277 du 1
er
octobre 199- portant organisation du Ministère des
Mines, de l’Eau et de l’Energie ;
VU le décret n° 97/205 du 07 décembre 1997 portant organisation du Gouvernement,
modifié et complété par le décret n° 98/067 du 28 avril 1998 ;
VU le décret N° 97/206 du 07 décembre 1997 portant nomination d’un Premier
Ministre,

DECRETE :

CHAPITRE I
DES DISPOSITIONS GENERALES


Article 1
er
- Le présent décret fixe les attributions, l’organisation et le fonctionnement
du Comité National de l’Eau institué par la loi n° 98/005 du 14 avril 1998 portant
régime de l’eau.

Article 2 - Le Comité National de l’Eau est chargé :

 d’évaluer et de proposer au Gouvernement toutes mesures ou actions
tendant à assurer la conservation, la protection et l’utilisation durable de
l’eau ;
 d’émettre des avis sur les questions ou problèmes relatifs à l’eau dont il est
saisi par le Gouvernement ;
 de faire au Gouvernement toute proposition ou recommandation
concourant à la gestion rationnelle de l’eau, en ce qui concerne notamment
l’élaboration et la mise en œuvre des plans ou projets de développement
durable en matière d’eau et d’assainissement.




CHAPITRE II

DE L’ORGANISATION ET DU FONCTIONNEMENT

Article 3 - (1) Présidé par le Ministre chargé de l’eau, le Comité National de l’Eau
comprend :

 un représentant du Ministère chargé des finances ;
 un représentant du Ministère chargé de la santé publique ;
 un représentant du Ministère chargé de l’environnement ;
 un représentant du Ministère chargé de l’aménagement du territoire ;
 un représentant du Ministère chargé de l’urbanisme et de l’habitat ;
 un représentant du Ministère chargé de l’administration territoriale ;
 un représentant du Ministère chargé de la ville ;
 un représentant du Ministère chargé de l’agriculture ;
 un représentant du Ministère chargé de l’élevage, des pêches et des
industries animales ;
 un représentant du Ministère chargé de la météorologie ;
 un représentant du Ministère chargé du développement industriel et
commercial ;
 le Président de la Chambre d’Agriculture, d’Elevage et des Forêts ou son
représentant
 un représentant des associations des Maires ;
 un représentant des concessionnaires du service public de l’eau ;
 un représentant des concessionnaires du service public de l’énergie.

(2) Le Président peut inviter toute personne physique ou morale à prendre part
aux travaux du Comité sans voix délibérative, en raison de sa compétence sur les
points inscrits à l’ordre du jour.

Article 4 : Le secrétariat du Comité National de l’Eau est assuré par la Direction
chargée de l’eau au Ministère chargé de l’eau.

Article 5 - (1) Le Comité National de l’Eau se réunit en session ordinaire deux (2)
fois par an et en session extraordinaire, en tant que de besoin, sur convocation de
son Président.

(2) Les convocations, accompagnées de l’ordre du jour et des dossiers et documents
y relatifs, doivent être adressées aux membres du Comité au moins quinze (15) jours
avant la date de la réunion.

CHAPITRE III
DES DISPOSITIONS DIVERSES ET FISCALES


Article 6 – (1) Les membres du Comité National de l’Eau et les personnes qualifiées
en consultation bénéficient d’une indemnité de session. Ceux des membres et celles
des personnes appelées en consultation mais ne résidant pas au lieu de réunion
bénéficient des frais de transport.

(2) Les montants de l’indemnité de session et des frais de déplacement
prévus à l’alinéa (1) ci-dessus sont fixés par le Ministre chargé de l’eau.

Article 7 - Les crédits nécessaires au fonctionnement du Comité National de l’Eau
sont imputés chaque année au compte d’affectation spéciale destiné au financement
des projets de développement durable en matière d’eau et d’assainissement.

Article 8 - Sont abrogées toutes dispositions antérieures contraires, notamment
celles du décret n° 85/758 du 30 mai 1985 portant création d’un Comité National de
l’Eau.

Article 9 - Le présent décret sera enregistré, publié suivant la procédure d’urgence,
puis insérer au Journal Officiel en français et en anglais./-


Yaoundé, le 08 mai 2001


LE PREMIER MINISTRE,
CHEF DU GOUVERNEMENT,

é

Peter MAFANY MUSONGE


























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Paix - travail - Patrie Peace - Work - Fatherland
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DECRET N° 2001 / 162 / PM DU 08 MAI 2001
Fixant les modalités de désignation des agents
assermentés pour la surveillance et le contrôle
de la qualité des eaux.-


LE PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT,

VU la Constitution ;
VU la loi n° 96/12 du 05 août 1996 portant loi-cadre relative à la gestion de
l’environnement ;
VU la loi n° 98/005 du 14 avril 1998 portant régime de l’eau ;
VU le décret N° 92/089 du 04 mai 1992 précisant les attributions du Premier Ministre,
modifié et complété par le décret N° 95/145 bis du 04 août 1995 ;
VU le décret n° 97/205 du 07 décembre 1997 portant organisation du Gouvernement,
modifié et complété par le décret N° 98/067 du 28 avril 1998 ;
VU le décret n° 97/206 du 07 décembre 1997 portant nomination d’un Premier
Ministre,

DECRETE :

Article 1
er
- (1) Le présent décret fixe les conditions de désignations et les
attributions des agents assermentés chargés de la surveillance et du contrôle des
eaux.

(2) Au sens du présent décret et des arrêtés pris pour son application, les
agents assermentés pour la surveillance et le contrôle de qualité des eaux sont
désignés sous les vocables « Inspecteurs et Inspecteurs Adjoints » de l’eau.

(3) Ils sont chargés du contrôle de la qualité des eaux, de la recherche, de la
constatation et des poursuites en répression des infractions aux dispositions de la loi
portant régime de l’eau et de ses textes d’application.

CHAPITRE I

DES ATTRIBUTIONS DES INSSPECTEURS
ET INSPECTEURS-ADJOINTS DE L’EAU

Article 2 – (1) Les Inspecteurs et les Inspecteurs Adjoints de l’eau sont autorités à
pénétrer dans les établissements ou installations lorsqu’ils ont des raisons de croire
qu’il s’y commet une infraction.

(2) En outre, ils peuvent, sur autorisation préalable de la juridiction
compétente, pénétrer dans les habitations privées aux mêmes fins, les visites dans
ces habitations ne pouvant s’effectuer que entre six (6) heures et dix-huit (18)
heures.
Article 3 - Toute visite d’inspection doit être faite conjointement au moins par deux
(2) Inspecteurs ou Inspecteurs Adjoints de l’eau dûment assermentés, accrédités et
identifiés.

Article 4 - (1) Les Inspecteurs et Inspecteurs Adjoint peuvent requérir l’assistance
des forces de maintien de l’ordre dans l’accomplissement de leurs missions.

(2) Même si aucune infraction n’a pu être constaté, ces derniers peuvent
prélever des échantillons des eaux captées ou déversées et des eaux réceptrices. Ils
dressent alors un procès-verbal de l’opération de prélèvement dont copie est
adressée au responsable des installations.

Articles 5 - Les Inspecteurs et Inspecteurs Adjoints de l’eau peuvent en cas de
flagrant délit saisir tout ce qui semble avoir servi ou être destiné à commettre une
infraction et/ou qui pourrait servir à établir ladite infraction.

Article 6 - (1) Lorsque des mesures d’urgences s’imposent, le Ministre chargé de
l’eau peut, sur rapport motivé des Inspecteurs et Inspecteurs Adjoints de l’eau,
interdire l’utilisation des installations et appareils suspectés d’être à l’origine de la
pollution et faire apposer les scellés sur ces installations et appareils.

(2) Les Inspecteurs et Inspecteurs Adjoints de l’eau n’ont pas autorité pour
s’enquérir au sujet de procédés utilisés dans les établissements et installations
visités au delà de ce qui peut avoir une incidence directe sur la nature et l’origine des
déversements dans les égouts, les voies artificielles d’écoulement des seaux, les
cours d’eau, les installations de captage d’eau, d’épuration des eaux usées ou de
traitement des eaux et de décrets.


CHAPITRE II

DES CONDITIONS DE DESIGANTIONS DES INSPECTEURS
ET DES INSPECTEURS ADJOINTS DE L’EAU

Article 7 - (1) Les Inspecteurs de l’eau sont désignés parmi les fonctionnaires de la
catégorie A et les contractuels d’Administration de la Dixième catégorie (10
e
) à la
douzième catégorie (12
e
) catégorie, spécialisés dans le domaine de l’eau, en service
au Ministère chargé de l’eau.

(2) Les Inspecteurs Adjoints de l’eau sont désignés parmi les fonctionnaires
de catégorie B et C et les contractuels d’Administration de la septième (7
e
) à la
neuvième (9
e
) catégorie, de la même spécialité que celle mentionnée à l’alinéa (1) ci-
dessus, en service au Ministère chargé de l’eau.

Article 8 - Peuvent également être désignés comme Inspecteurs ou Inspecteurs
Adjoints de l’eau, les agents publics des autres spécialités, en service notamment
dans les Administrations chargées de la Santé Publique et de l’Environnement, sur
proposition de leurs chefs de départements ministériels respectifs.


Article 9 - (1) Les Inspecteurs et Inspecteurs Adjoints de l’eau sont nommés par
arrêté du Ministre chargé de l’eau.

(2) Avant de prendre leurs fonctions, les Inspecteurs et Inspecteurs Adjoints
de l’eau prêtent serment devant la juridiction compétente de leur lieu de résidence, à
la requête de l’Administration chargée de l’eau, conformément à la législation et à la
réglementation en vigueur.

(3) Dans l’exercice de leurs fonctions, les Inspecteurs et Inspecteurs Adjoints
de l’eau doivent se munir de leur carte professionnelle.

Article 10 - (1) Les fonctions d’Inspecteur et d’Inspecteurs Adjoints de l’eau
peuvent être suspendues pour une durée n’excédant pas un (1) an dans l’un des
cas suivants :

 cessation temporaire d’activités en matière de contrôle et de surveillance
des eaux ;
 non-respect de la déontologie établie ;
 violation du serment ;
 faute grave dans l’exercice de la fonction ;
 rendement insuffisant ou incompétence en matière de contrôle et de la
surveillance des eaux.

(2) En cas de récidive, le Ministre chargé de l’eau peut prononcer la
suspension définitive de la qualité d’Inspecteur ou Inspecteur Adjoint de l’eau.

(3) La décision de suspension temporaire ou définitive notifiée à l’intéressé,
entraîne automatiquement le retrait de la carte professionnelle visée à l’article 9 (3)
ci-dessus.

(4) L’admission à la retraite emporte cessation d’activité en qualité
d’Inspecteur ou Inspecteur Adjoint de l’eau.

Article 11 - Préalablement à leur nomination en qualité d’Inspecteurs ou
Inspecteurs Adjoints de l’eau, les personnes désignées sont soumises à une
formation théorique et pratique en matière de contrôle et de surveillance de la qualité
des eaux.

Article 12 - Les Inspecteurs et Inspecteurs Adjoints de l’eau dûment
assermentés, accrédités et identifiés sont compétents pour le contrôle, la recherche,
la constatation et les poursuites en répression des infractions aux dispositions de la
législation et de la réglementation relatives à l’eau. A cet effet, ils sont compétents
pour :

a) contrôler la qualité des eaux de consommation, les installations publiques
ou privées de distribution d’eau, de prélèvement et de traitement des eaux
de surface ou des eaux souterraines à des fins industrielles ou
commerciales, de collecte, d’épuration ou d’évacuation des eaux usées,
ainsi que les milieux récepteurs ;

b) recueillir les données et autres informations nécessaires au calcul et au
recouvrement de la taxe d’assainissement et de la redevance de
prélèvement des eaux à des fins industrielles ou commerciales ;

c) initier toutes sanctions administratives à l’encontre de tous contrevenants
aux dispositions de la législation et de la réglementation relatives à l’eau.

Article 13 - (1) Toute infraction constatée fait l’objet d’un procès-verbal régulier.

(2) La recherche et la constatation des infections sont effectuées pare deux (2)
agents assermentés qui cosignent le procès-verbal. Ce procès-verbal fait foi jusqu’à
inscription en faux.

Article 14 - L’administration chargée de l’eau fait notifier le procès-verbal de
constatation d’infraction au contrevenant qui dispose d’un délai de vingt (20) jours à
compter de la notification pour contester le procès-verbal. Passé ce délai, toute
contestation est irrecevable.

CHAPITRE III

DES QUOTES-PARTS D’INSPECTION, DE CONTROLE
ET DE LEUR MODE DE REPARTITION


Article 15 - (1) Les Inspecteurs, Inspecteurs Adjoints et personnel associés à
l’inspection de l’eau bénéficient des quotes-parts de contrôle prélevées sur le
montant total recouvré des taxes d’assainissement et des redevances de
prélèvement des eaux.

(2) La répartition du montant recouvré des taxes d’assainissement et des
redevances de prélèvement des eaux entre le Trésor Public et les quotes-parts
d’inspection s’effectue annuellement conformément aux dispositions de la loi des
finances.

Article 16 - (1) Le montant des quotes-parts attribuées trimestriellement aux
personnels chargés de l’inspection et du contrôle correspond au pourcentage du
montant total des taxes et redevances recouvrées et versées au Trésor Public au
cours du trimestre considéré.

(2) Ce montant correspondant au pourcentage des taxes et redevances
affectées aux quotes-parts d’inspection et de contrôle est déduit du montant total des
taxes et redevances au vu des états de recouvrement et de versement
correspondants, effectués par les agents intermédiaires des recettes du Ministère
chargé de l’eau au cours de chaque trimestre et certifiés par le trésorier-payeur.

Article 17 - (1) Les quotes-parts d’inspection et de contrôle versées aux
Inspecteurs, Inspecteurs Adjoints et personnels associés sont calculées sur la base
de la solde indiciaire ou catégorielle mensuelle brute, par application des taux ci-
après :

 55 % pour les Inspecteurs ;
 45 % pour les Inspecteurs Adjoints ;
 40 % pour les personnels associés.

52° La quote-part maximale pouvant être attribuée à chaque bénéficiaire au cours
d’un trimestre correspond à cinq (5) fois la prime trimestrielle, calculée comme
prévue à l’alinéa (1) ci-dessus et constitue la prime théorique.

Article 18 - (1) Les quotes-parts d’inspection et de contrôle sont payées
trimestriellement aux Inspecteurs, Inspecteurs Adjoints et personnels associés à
terme échu, sur décision du Ministre chargé de l’eau.

(2) Les quotes-parts d’inspection et de contrôle sont payées trimestriellement
aux Inspecteurs, Inspecteurs Adjoints et personnels associés, à terme échu, sur
décision du Ministre chargé de l’eau.

(2) Au cas où le montant des quotes-parts à distribuer serait inférieur à la
somme des primes théoriques prévues à l’article 17 alinéa (2) ci-dessus, les quotes-
parts sont multipliées par un coefficient de correction (a) calculé selon la formule ci-
après :

A = __ D __ où
M

D : est le montant des quotes-parts correspondant aux versements effectués au
cours d’un trimestre donné ;

M : est la somme des quotes-parts calculées en fonction des soldes indiciaires ou
catégorielles brutes ou total des primes théoriques.

(3) Au cas où le montant total des quotes-parts à distribuer serait supérieur à
la somme des primes théoriques, les quotes-parts attribuées sont égales aux primes
théoriques et le reliquat est versé au Trésor Public.

CHAPITRE IV

DES DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES

Article 19 - (1) Sur proposition du Directeur chargé de l’eau, le Ministre chargé de
l’eau put fixer une côte personnelle suivant le rendement individuel, sur les quotes-
parts versées aux Inspecteurs, Inspecteurs Adjoints et personnels associés.

(2) Les quotes-parts d’inspection et de contrôle peuvent être diminuées ou
supprimées par décision du Ministre chargé de l’eau, si le rendement de l’agent
bénéficiaire s’est avéré faible ou nul au cours du trimestre considéré ou en cas de
suspension temporaire ou de déchéance de la qualité d’Inspecteur ou d’Inspecteur
Adjoint de l’eau.

(3) Les personnels associés visés dans le présent décret désignent les
fonctionnaires, contractuels et décisionnaires appartenant à l’administration chargée
de l’eau et directement concernés par les inspections et contrôles.

(4) Les Inspecteurs et les Inspecteurs Adjoints de l’eau exercent leurs activités
sans préjudice des attributions reconnues aux autres administrations.

Article 20 - Les Ministres chargés respectivement de l’eau et des finances
sont, chacun en ce qui le concerne, chargés de l’application du présent décret qui
sera enregistré, publié suivant la procédure d’urgence, puis inséré au Journal Officiel
en français et en anglais./-

Yaoundé, le 08 Mai 2001


LE PREMIER MINISTRE,
CHEF DU GOUVERNEMENT,

é

Peter MAFANY SUSONGE





























REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAFMEROON
Paix - travail - Patrie Peace - Work - Fatherland
--------- -------

DECRET N° 2001 /163 / PM DU 08 MAI 2001
Réglementant les périmètres de protection
autour des points de captage, de traitement et
de stockage des eaux potabilisables.


LE PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVENRMENT,


VU la Constitution ;
VU la loi n° 96/12 du 05 août 1996 portant loi-cadre relative à la gestion
de l’environnement ;
VU la loi n° 98/005 du 14 avril 1998 portant régime de l’eau ;
VU la loi n° 92/089 du 04 mai 1992 précisant les attributions du Premier Ministre,
Modifié et complété par le décret n° 95/145 du 04 août 1995 ;
Vu le décret N° 97/205 du 07 décembre 1997 portant organisation
du Gouvernement, modifié et complété par le décret n° 98/067
du 28 avril 1998 ;
VU le décret n° 97/206 du 07 décembre portant nomination d’un Premier Ministre,


DECRETE :

CHAPITRE I

DES DISPOSITIONS GENERALES


Article 1
er
- Le présent décret réglemente le périmètre de protection autour des
points de captage, de traitement et de stockage des eaux potabilisables.

Article 2 - Au sens du présent décret et les arrêtés pris pour son application, les
définitions suivantes sont admises :

a) « eaux potabilisables » : toute eau de surface, souterraine ou de source
qui, naturellement ou après un traitement approprié physico-chimique ou
microbiologique, peut être consommée sans danger pour la santé ;

b) "périmètre de protection " : aire de protection délimitée autour d’un point de
captage, de traitement ou de stockage des eaux potabilisables destinées à
l’alimentation ;
c) « périmètre de protection immédiate » : aire de prévention ou aire
géographique dans laquelle les ouvrages de captage, de traitement et de
stockage des eaux peuvent être atteints par tout polluant sans que celle-ci
soit dégradée ou dissoute de façon suffisante, ou qu’il soit possible de la
récupérer de manière efficace ;

d) « périmètre de protection rapprochée » : aire de surveillance ou aire
géographique qui comprend tout ou partie du bassin hydraulique qui est
susceptible d’alimenter un point de captage d’eau existant ou éventuel ;

e) « périmètre de protection éloignée » : aire de surveillance ou aire
géographique située hors zone de surveillance ;

f) « point de captage des eaux » : aire géographique où sont implantés les
ouvrages de prélèvement des eaux potabilisables, à savoir notamment les
puits, forages, drainages et autres ouvrages ayant pour objet les prises
d’eau potabilisable, y compris les captages des sources à l’émergence ;

g) « point de traitement des eaux » : aire géographique où sont implantés les
installations et autres équipements constitutifs d’une station de traitement
des eaux potabilisables ;

h) « point de stockage des eaux » : aire géographique où sont implantées les
réservoirs et autres bassins de stockage des eaux potabilisables brutes ou
traitées.

CHAPITRE II

DE LA DETERMINATION DES PERIMETRES DE PROTECTION

Articles 3 - (3) En vue de protéger la qualité des eaux potabilisables destinées à
l’alimentation, il est institué un périmètre de protection autour des points de captage,
de traitement et de stockage desdites eaux.

(2) Les périmètres de protection comprennent, suivant les cas, des aires de
protection immédiate, rapprochées et/ou éloignée ;

(3) Les terrains compris dans les périmètres de protection sont déclarés
d’utilité publique.

Article 4 - (1) L’acte d’autorisation de prélèvement fixe et détermine, le cas
échéant, les modalités d’établissement dans laquelle les ouvrages de captage, de
traitement et de stockage des eaux peuvent être atteints par tout polluant sans que
celui-ci soit dégradé ou dissous de façon suffisante ou sans qu’il soit possible de
récupérer le polluant de façon efficace.

Article 5 - (1) Le Ministre chargé de ’eau détermine dans l’acte autorisant le
prélèvement des eaux :

 les limites des points de captage des eaux potabilisables ainsi que la
procédure de délimitation des aires de protection y afférentes ;

 Les cas devant conduire à la modification des limites susvisées.

2) Les terrains situés à l’intérieur des limites du point de captage des eaux
potabilisables, doivent être acquis en pleine propriété, et au besoin, clôturés. Toute
activité y est interdite à l’exception de celles dûment autorisées par l’acte de
déclaration d’utilité publique.

Article 6 - (1) L’acte d’autorisation de prélèvement des eaux fixe et détermine le cas
échant, les limites et les modalités d’établissement d’un périmètre de protection
rapprochée autour des ouvrages de captage, de traitement et de stockage des eaux
destinées à l’alimentation ;

2) Le périmètre de protection rapprochée visé à l’alinéa (1) ci-dessus couvre
l’aire géographique comprenant tout ou partie du bassin géographique susceptible
d’alimenter les points de captage d’eau existant ou potentiel ;

Article 7 - (1) Le Ministre chargé de l’eau fixe et détermine dans l’acte d’autorisation
de prélèvement des eaux, les limites et les modalités d’établissement d’un périmètre
de protection éloignée autour des points de captage, de traitement et de stockage
des eaux de consommation ;

(2) Il peut interdire, réglementer ou soumettre à autorisation, après enquête et
avis des autres administrations, les installations, dépôts et activités mentionnés à
l’article 10 ci-dessous, et notamment l’installation de canalisations réservoirs ou
dépôts de captage, de traitement et de stockage des eaux potabilisables.


CHAPITRE III

DE LA PROTECTION DES POINTS DE CAPTAGE,
DE TRAITEMENT ET DE STOCKAGE DESS EAUX
POTABILISABLES

Article 8 - Le Ministre chargé de l’eau peut, sur proposition de l’autorité
administrative territoriale compétente, interdire le captage des eaux de surface ou
souterraines, pour l’un des motifs dûment constatés ci-après :

a) Risque de tarissement du cours d’eau ou de la nappe d’eau ;
b) Pollution évidente du cours d’eau ou de la nappe d’eau ;
c) Risque pour la santé publique ;
d) Cause d’utilité publique.

Article 9 - (1) Le Ministre chargé de l’eau peut, au vu du rapport des agents de
contrôle assermentés, prendre toutes mesures nécessaires et urgentes en vue
d’assurer la protection de la qualité des eaux destinées à l’alimentation, ainsi que la
protection des ouvrages de captage, de traitement et de stockage des eaux
potabilisables ;

(2) Il peut notamment interdire, réglementer ou soumettre à autorisation le
rejet ou le dépôt des matières et l’exercice de toute activité susceptible de polluer les
eaux d’alimentation ou de menacer ou de la viabilité des ouvrages et équipements
hydrauliques.

Article 10 - (1) Sans préjudice des dispositions législatives et réglementaires
régissant la protection des eaux de surface ou souterraines contre la pollution, sont
interdits à l’intérieur des périmètres de protection immédiate :

1. Le forage des puits, l’exploitation des carrières à ciel ouvert et le
remblaiement d’excavations à ciel ouvert ;

2. Le transport, l’entreposage, le dépôt, l’évacuation ou l’enfouissement des
ordures ménagères, des immondices, détritus et produits radioactifs ainsi
que de tous autres produits ou matières susceptibles d’altérer la qualité
des eaux ;

3. L’installation de canalisation, des réservoirs ou autres dépôts
d’hydrocarbures liquide ou gazeux, de produits chimiques et d’eaux usées
de toute nature ;

4. L’établissement de toutes constructions superficielles ou souterraines ;

5. Le passage des animaux, l’épandage de fumier, de tout engrais organique
ou chimique et de tout autre pesticide, fertilisant ou insecticide ;

6. D’une manière générale, tout fait ou activité de nature à altérer directement
ou indirectement la qualité des eaux ou la viabilité des ouvrages et
équipements hydrauliques.

(2) Une barrière en matériaux définitifs doit délimiter le périmètre de protection
immédiate institué autour des points de captage, de traitement et de stockage des
eaux de consommation.

CHAPITRE IV

DE LA SURVEILANCE DU CONTROLE DES POINTS DE CAPTAGE,
DE TRAITEMENT ET DE STOCKAGE DESS EAUX


Article 11 - (1) La surveillance et le contrôle du respect des mesures de protection
des points de captage, de traitement et de stockage des eaux potabilisables sont
effectués par les agents assermentés de l’administration chargée de l’eau ou des
autres administrations concernées, dûment commissionnés à cet effet.

(2) Les agents assermentés visés à l’alinéa précédent procèdent à tout examen,
contrôle et enquête, et recueillent tous les renseignements nécessaires. Ils peuvent
notamment :

 Procéder au prélèvement des échantillons d’eau ou de matière, aux fins
d’analyse par un laboratoire agréé ;
 Avoir accès aux installations en cause pour effectuer tout contrôle jugé
nécessaire ;
 Rechercher et constater, sur procès-verbal régulièrement établi les
infractions.

Article 12 - (1) Lorsque les agents assermentés constatent une infraction au cours
du contrôle, ils peuvent pour des raisons de sécurité et de validité avérées :

 Interdire provisoirement l’utilisation d’installations et d’appareils n’étant pas
en état de fonctionner de manière conforme ;

 Saisir l’immobilisation d’objets dangereux ou insalubres ;

 Apposer des scellés pour garantir les interdictions, saisies et
immobilisations ;

 Prescrire des meures urgentes et provisoires de nature à réduire
l’insécurité ou l’insalubrité résultant du non-respect des dispositions
législatives et réglementaires en vigueur ;

 Proposer au Ministre chargé de l’eau, en cas d’extrême urgence, la remise
en l’état des lieux ou du site par le contrevenant à ses frais.

(2) En tout état de cause, le procès de constatation d’infraction doit être
transmis au Ministre chargé de l’eau qui prend touts mesures appropriées et le cas
échéant, faire procéder aux poursuites judiciaires, conformément à la législation en
vigueur.

CHAPITRE V

DES DISPOSITIONS DEVERSES ET FINALES


Article 13 - Les mesures de protection des points de captage, de traitement et de
stockage des eaux destinées à la consommation, auxquelles sont soumises les
sociétés concessionnaires d’un service public d’exploitation et de distribution d’eau
potable sont fixées par les Cahiers de Charge y afférents.

Article 14 - Le Ministre chargé de l’eau peut, en tant que de besoin, préciser par
arrêté les modalités d’application du présent décret.

Article 15 - Les Ministres chargés respectivement de l’eau et de l’environnement
sont, chacun en ce qui le concerne, chargés de l’application du présent décret qui
sera enregistré, publié suivant la procédure d’urgence, puis inséré au Journal Officiel
en français et en anglais./-

Yaoundé, le 08 Mai 2001

LE PREMIER MINISTRE,
CHEF DU GOUVERNEMENT
è
Peter MAFANY MUSONGE
REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAFMEROON
Paix - travail - Patrie Peace - Work - Fatherland
--------- -------

DECRET N° 2001 /164 / PM DU 08 MAI 2001
Précisant les modalités et conditions
de prélèvement des eaux de surface
ou des eaux souterraines à des
fins industrielles ou commerciales.


LE PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVENRMENT,


VU la Constitution ;
VU la loi n° 96/12 du 05 août 1996 portant loi-cadre relative à la gestion
de l’environnement ;
VU la loi n° 98/005 du 14 avril 1998 portant régime de l’eau ;
VU la loi n° 92/089 du 04 mai 1992 précisant les attributions du Premier Ministre,
Modifié et complété par le décret n° 95/145 du 04 août 1995 ;
Vu le décret N° 97/205 du 07 décembre 1997 portant organisation
du Gouvernement, modifié et complété par le décret n° 98/067
du 28 avril 1998 ;
VU le décret n° 97/206 du 07 décembre portant nomination d’un Premier Ministre,


DECRETE :

CHAPITRE I

DES DISPOSITIONS GENERALES

Article Ier - Le présent décret précise les modalités et conditions de prélèvement
des eaux de surface ou des eaux souterraines à des fins industrielles ou
commerciales.

Article 2 - Les prélèvements des eaux de surface ou des eaux souterraines à des
fins industrielles ou commerciales sont soumis à une autorisation préalable.

Article 3 - (1) Sont considéré comme affectées à des fins domestiques et dispensés
en conséquence de l’autorisation, les prélèvements des eaux de surface ou des eaux
souterraines, destinés exclusivement à la satisfaction des besoins des personnes
physiques prioritaires des installations de prélèvement ainsi que ceux des personnes
résidant habituellement sous leur toit, dans les limites des quantités d’eau
nécessaires à l’alimentation humaines, aux besoins d’hygiène, et aux productions
végétales ou animales réservées à la consommation familiale.

(2) Toutefois, l’administration chargée de l’eau peut, en tant que de besoin,
demander aux personnes visées à l’alinéa (1) ci-dessus de fournir des informations
sur leur système de prélèvement des eaux.
Article 4 - Tout prélèvement des eaux de surface ou souterraines à des fins
industrielles ou commerciales est assujetti au paiement d’une redevance dont le
taux, l’assiette et le mode de recouvrement sont fixés par la loi des finances.

CHAPITRE II

DE L’AUTORISATION DE PRELEVEMENT DES EAUX

Article 5 - (1) Toute personne désirant implanter et/ou exploiter une installation
comprenant un ou plusieurs ouvrages permettant le prélèvement des seaux de
surface ou souterraines à des fins industrielles ou commerciales, adresse une
demande d’autorisation au Ministère charge de l’eau ;

(2) La demande d’autorisation dont l’original est timbré au tarif en vigueur, est
déposés en quatre (4) exemplaires à la délégation départementale compétente de
l’administration chargée de l’eau.

Elle comporte :

a) Une étude d’impact accompagnée de la décision y afférente de
l’administration chargée de l’environnement ;

b) Les renseignements et documents mentionnés dans le formulaire annexé
au présent décret ;

c) Toute autre information complémentaire exigée par l’administration
chargée de l’eau ;

d) Un reçu de versement auprès de l’agent intermédiaire des recettes du
Ministère chargé de l’eau attestant du paiement pour frais d’ouverture et
d’étude de dossier d’une somme de :

- Cinquante mille (50.000) francs CFA pour les prélèvements inférieurs à
cent (100) mètres cubes d’eau par jour ;
- Deux cent (200.000) francs CFA pour les prélèvements compris entre
cent (100) et cent cinquante (150.000) mètre cubes d’eau par jour ;
- Trois cent mille (300.000) francs CFA pour les prélèvements compris
entre cinq cent (500) et mille (1.000) mètres cubes d’eau par jour ;
- Cinq cent mille (500.000) francs CFA pour les prélèvements supérieurs
à mille (1.000) mètres cubes d’eau par jour.

Article 6 - Lorsque l’implantation d’une installation de prélèvement des eaux à des
fins industrielles ou commerciales nécessite l’obtention préalable d’un permis de
bâtir, la demande d’autorisation doit être accompagnée dudit permis ;

Article 7 - (1) Dans un délai d’un (1) mois à compter de la date de dépôt de la
demande, le Ministre chargé de l’eau peut, en tant que de besoin ouvrir une enquête
publique. Il nomme à cet effet des commissaires-enquêteurs ;


(2) L’ouverture de cette enquête est publiée par les soins :

 du préfet de département du lieu de situation de l’installation de
prélèvement ;
 du sous-préfet de l’arrondissement ;
 du maire de la comme du lieu d’implantation de ladite installation.

Article 8 - (1) L’avis au public est affiché aux frais du demandeur.
L’accomplissement de cet affichage est certifié par les autorités citées à l’article 7 ci-
dessus.

(2) L’avis précise la nature de l’installation de prélèvement, les incidences
directes ou indirectes du prélèvement envisagé sur l’équilibre écologique, le cadre et
la qualité de vie des populations, ainsi que sur l’environnement en général, la durée
de l’enquête, les noms et adresses des commissaires-enquêteurs.

(3) Il est ouvert à la sous-préfecture ou à la mairie du lieu de situation du
prélèvement envisagé, un registre d’enquête sur lequel le public pourra formuler des
observations, après avoir prie connaissance du dossier y afférent.

Article 9 - Avant l’ouverture de l’enquête, le Ministre chargé de l’eau communique
pour avis un exemplaire de la demande d’autorisation aux administrations chargées
de l’environnement, de la santé publique et, s’il y a lieu, de l’agriculture, de l’élevage,
du développement industriel et commercial et des gestionnaires du service public de
l’eau opérant dans la zone. Les administrations et organismes suscités doivent se
prononcer dans un délai de trente (30) jours à compter de la date de saisie. Passé ce
délai, leurs observations ne sont plus prises en considération.

Article 10 - La durée de l’enquête publique est de trente (30) jours. Passé ce délai,
les autorités administratives visées à l’article 7 (2) ci-dessus adressent au Ministre
chargé de l’eau un certificat d’affichage et de non-opposition des populations ou à
défaut, les oppositions du public intéressé, relatives au prélèvement des eaux
envisagé.

Article 11 - (11) Les registres d’enquête est clos et signé par les commissaires-
enquêteurs. Pendant la clôture de l’enquête, les commissaires-enquêteurs
convoquent sous huitaine le demandeur, lui communiquent sur place les
observations consignées dans leur procès-verbal, et l’invitent à produire dans un
délai de quinze (15) jours, un mémoire en réponse.

(2) Les commissaires-enquêteurs transmettent le dossier de l’enquête au
Ministère chargé de l’eau dans les huit (8) jours suivant le dépôt de la réponse des
demandeurs aux observations ou à l’expiration du délai visé à l’alinéa (1) ci-dessus.

(3) Le Ministre chargé de l’eau statue dans les trente (30) jours suivant la date
de réception dans ses services du dossier d’enquête.

Article 12 - Si l’installation de prélèvement comprend plusieurs ouvrages, il est
procédé à une seule enquête et l’arrêté statue sur l’ensemble de ces ouvrages.

Article 13 - Le frais de l’enquête publique sont à la charge de demandeur de
l’autorisation. Leur montant est fixé par arrêté du Ministre chargé de l’eau.

Article 14 - (1) L’autorisation de prélèvement est accordée par arrêté du Ministre
chargé de l’eau, sous réserve des droits des tiers, pour une durée de cinq (5) anus
renouvelable ;

(2) Elle est personnelle, incessible et non transférable.

(3) Le renouvellement de l’autorisation fait l’objet d’une demande dans les
mêmes formes et procédures que celles qui ont été suivies pour son attribution, six
(6) mois avant le terme de l’autorisation en cours.

Article 15 - L’arrêté d’autorisation de prélèvement des eaux de surface ou
souterraines à des fins industrielles ou commerciales précise les conditions
d’implantation et d’exploitation des installations de prélèvement et le cas échéant, le
débit des eaux et leur destination.

Article 16 - En cas de modification entraînant un changement notable des
informations et renseignements de la demande initiale ou en cas d’interruption
d’activités pendant plus de six (6) mois, le propriétaire des installations de
prélèvement doit solliciter une nouvelle autorisation pour poursuivre ou reprendre ses
activités.

Article 17 - (1) L’autorisation peut être :

 suspendue pour non respect des normes et conditions fixées par l’acte
d’autorisation ;

 retirée

- en cas d’exécution des travaux d’intérêt public, sans préjudice, le cas
échéant, du droit à l’indemnisation du propriétaire de l’installation de
prélèvement ;

- en cas de condamnation du bénéficiaire de l’autorisation pour infraction
aux dispositions de la loi sur le régime de l’eau et de ses textes
d’application ;

- en cas de récidive de la violation des dispositions entraînant la
suspension de l’autorisation.

(2) Le non-renouvellement de l’autorisation entraîne l’annulation de celle-ci.







CHAPITRE III

DES EAUX DE SURFACE ET DU CONTROLE
DES INSTALLATIONS DE PRELEVEMENT


Article 18 - Toute installation de prélèvement des eaux à des fins industrielles ou
commerciales doit être dotée d’un dispositif efficace permettant de mesurer les
volumes prélevés. Ledit dispositif doit être conforme à un modèle approuvé et agréé
par le ministre chargé de l’eau, après avis de l’administration chargée du contrôle
des instruments de mesure.

Article 19 - L’exploitant ou le responsable d’une installation de prélèvement des
eaux doit noter, mensuellement, sur un registre spécialement ouvert à cet effet :

 les volumes prélevés ;
 le nombre d’heures de prélèvement ;
 l’usage et les conditions d’utilisation des eaux prélevées ;
 les variations éventuelles de la qualité des eaux prélevées ;
 les incidents survenus dans l’exploitation de l’installation ou le captage des
eaux, notamment les arrêtés de prélèvement.

Article 20 - (1) La surveillance et le contrôle des installations de prélèvement des
eaux sont exercés sous l’autorité du Ministre chargé de l’eau par des agents
assermentés et commissionnés à cet effet

(2) Les exploitants ou les responsables des installations de prélèvement des
eaux sont tenus d’en faciliter l’accès aux agents assermentés et de leur donner
communication du registre visé à l’article 19 ci-dessus, sur lequel ceux-ci
mentionnent leurs observations.

Article 21 - Le Ministre chargé de l’eau peut mettre en demeure le propriétaire ou le
responsable de l’installation de prélèvement en cause de se conformer dans un délai
déterminé, aux conditions fixées par l’acte d’autorisation et aux normes des
dispositions de surveillance.

Article 22 - (1) Toute infraction constatée lors d’un contrôle fait l’objet d’un procès-
verbal contradictoire, transmis immédiatement au Ministre chargé de l’eau pour
notification au contrevenant ;

2) le contrevenant dispose d’un délai de vingt (20) jours à compter de la
notification pour se mettre en règle ;

(3) En cas de contestation, la réclamation est examinée par le Ministre chargé
de l’eau. Si La contestation est fondée, le procès-verbal est classé sans suite.

Dans le cas contraire, et à défaut de transaction ou d’arbitrage définitif dans
les délais fixés à l’alinéa (2) ci-dessus, le Ministre chargé de l’eau saisit la juridiction
compétente.


CHAPITRE IV

DE LA REDEVANCE DE PRELEVEMENT DES EAUX

Article 23 - (1) Toute personne physique ou morale propriétaire ou exploitant d’une
installation de prélèvement des eaux de surface ou souterraine à des fins
industrielles ou commerciales est assujettie au paiement d’une redevance.

(2) La redevance de prélèvement des eaux est calculée sur la base des
volume des eaux prélevés, suivant un taux unitaire de taxation fixé annuellement par
la loi des finances.

Article 24 - Sont dispensés du paiement de la redevance de prélèvement :

 les sociétés concessionnaires du service public d’exploitation et de
distribution d’eau potable, sans préjudice des dispositions des Cahiers des
Charges y afférents ;

 les propriétaires ou exploitations des installations de prélèvement
affectées aux usages pastoral , agricole ou piscicole des eaux, dont les
quantités journalières prélevées sont inférieures à celles de cinq mille
(5.000) équivalents hommes ;

 les propriétaires ou exploitant des installations de prélèvement affectés à
l’usage municipal des eaux ou de celles réalisées dans le cadre de
l’hydraulique villageoise.

Article 25 - (1) Tout assujetti au paiement de la redevance de prélèvement est tenu
de communiquer au Ministre chargé de l’eau tous les éléments d’information
nécessaires au total du volume des eaux prélevées.

(2) Le éléments d’informations visés à l’alinéa (1) ci-dessus sont déclarés
trimestriellement sur un formulaire sur un formulaire fourni par l’administration
chargée de l’eau.

(3) Le formulaire dûment rempli doit être transmis à l’administration chargée
de l’eau avant le vingt (20) du mois suivant la fin de chaque trimestre. En cas de
cessation d’activité, déclaration doit être faite dans les quarante cinq (45) jours

Article 26 - (1) Toute erreur ou omission dans la déclaration du redevable est d’office
redressée par l’administration chargée de l’eau sur la base des éléments de contrôle
à sa dispositions. Le redressement motivé au redevable dans un délai de soixante
(60) jours à compter de réception de la déclaration ;

(2) En cas de déclaration tardive ou d’absence de déclaration, l’administration
chargée de l’eau procède au calcul et à la détermination du montant de la
redevance, sur la base des éléments à sa disposition et, éventuellement à des
contrôles ponctuels ;

(3) L’administration chargée de l’eau notifie au redevable concerné les motifs
du recours à la taxation d’office et lui adresse un avis de paiement trente (30) jours
après ladite notification.

Article 27 - (1) Le montant de la redevance, corrigé le cas échéant, est notifié
trimestriellement au redevable, sous forme d’une avis de paiement ;

(2) Le redevable doit s’acquitter du montant de la redevance dans les délais
fixés par l’avis de paiement, sous réserve de modification ultérieure.

Article 28 - Tout retard constaté dans la transmission de la déclaration ou le
paiement de la redevance entraîne, sans préjudice des autres sanctions prévues par
la loi n° 98/005 du 14 avril 1998 susvisée, une majoration de :

a) 25 % du montant de la redevance pour un retard de plus de trois (3) mois ;

b) 50 % du montant de la redevance pour un retard de plus de trois (3) à six
(6) mois ;

c) 75 % du montant de la redevance pour un retard de plus de six (6) à neuf
(9) mois ;

d) 100 % du montant de la redevance pour un retard supérieur à neuf (9)
mois.

Article 29 - (1) Le redevance de prélèvement des eaux est recouvrée par l’agent
intermédiaire des recettes du Ministère chargé de l’eau ;

(2) Le produit de la redevance de prélèvement des eaux et les amendes
subséquentes alimentent le compte d’affectation spéciale destiné au financement
des projets de développement durable en matière d'eau et d'assainissement.


CHAPITE V

DES DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES


Article 30 - Les propriétaires et exploitants des terrains sur ou sous lequel sont
situées les installations de prélèvement des eaux doivent en faciliter l’accès aux
agents assermentés chargés de la surveillance et du contrôle.

Article 31 - Les installations de prélèvement des eaux établies antérieurement
doivent, dans un délai d’un (1) an à compter de la signature du présent décret, s’y
conformer.

Article 32 - Des arrêtés pris par le Ministre chargé de l’eau précisent, en tant que de
besoin, les modalités d’application du présent décret.

Article 33 - Des arrêtés pris par le Ministre chargé de l’eau précisent, en tant que de
besoin, les modalités d’application du présent décret.

Article 33 - Les présent décret sera enregistré, publié suivant la procédure
d’urgence, puis inséré au Journal Officiel en français et en anglais.
Yaoundé, le 08 Mai 2001


LE PREMIER MINISTRE,
CHEF DU GOUVERNEMENT,

é

Peter MAFANY SUSONGE





































REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAFMEROON
Paix - travail - Patrie Peace - Work - Fatherland
--------- -------

DECRET N° 2001 /165 / PM DU 08 MAI 2001
Précisant les modalités de protection des
eaux de surface et des eaux souterraines
contre la Pollution.

LE PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVENRMENT,


VU la Constitution ;
VU la loi n° 96/12 du 05 août 1996 portant loi-cadre relative à la gestion
de l’environnement ;
VU la loi n° 98/005 du 14 avril 1998 portant régime de l’eau ;
VU la loi n° 92/089 du 04 mai 1992 précisant les attributions du Premier Ministre,
Modifié et complété par le décret n° 95/145 du 04 août 1995 ;
Vu le décret N° 97/205 du 07 décembre 1997 portant organisation
du Gouvernement, modifié et complété par le décret n° 98/067
du 28 avril 1998 ;
VU le décret n° 97/206 du 07 décembre portant nomination d’un Premier Ministre,


LE PREMIER MINSTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT


DECRETE :