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Eléments de droit privé

Chapitre 1 : Introduction

1. Définition
1) Objective
Le droit est l'ensemble de toutes les règles applicables dans un pays. Les règles,
obligatoires, sont établies par l'autorité régulièrement constituée pour maintenir l'ordre
et la sécurité, préserver les intérêts subjectifs légitimes, et réprimer les intérêts
subjectifs illégitimes.

2) Subjective
Le droit est un pouvoir, une prérogative, un attribut que le droit objectif reconnaît à un
sujet de la société et qui peut en disposer soit de plein droit, soit suite à une démarche.

2. Les domaines du droit objectif
1) Le droit public
Il régit l'organisation de l'Etat, son fonctionnement et ses rapports en tant que personne
publique avec les personnes physiques et morales de son territoire.
- Droit constitutionnel organise les pouvoirs destinés à gérer la collectivité et leurs
relations avec les gouvernés.
- Droit administratif organise le pouvoir exécutif et ses rapports avec les citoyens.
- Droit fiscal traite les rapports entre la puissance publique et les contribuables.
- Droit pénal définit les comportements condamnables des personnes et leurs sanctions.

2) Le droit privé
Il s'attache aux relations entre les particuliers.
- Le droit civil
Dans l'antiquité romaine, il était le droit réservé aux citoyens, excluant tous les autres.
Au Moyen Age, le droit civil était le droit séculier en opposition au droit canonique. Au
temps moderne, le droit civil était l'ensemble du droit privé. A l'époque contemporaine, le
droit civil éclate en plusieurs branches qui suivent leur propre développement. Il
comprend toutes les règles relatives aux personnes, aux familles, aux biens, aux droits
réels, aux droits de créance, aux contrats, aux successions.
- Le droit commercial traite des commerçants et des opérations économiques qu'ils
réalisent.
- Le droit social traite des relations de travail.
- Le droit international privé règle les situations entre particuliers qui présentent un
élément d'extranéité.

3. Les sources formelles du droit privé
1) La loi
Elle est l'ensemble des normes (Constitution, loi, décret, arrêtés lois, arrêtés royaux,
traités internationaux) édictées par le pouvoir législatif. Elle regroupe le code civil issu du
code Napoléon (1804) et le code de commerce (1807).

2) La jurisprudence (juris prudentia = compétence du droit)
Elle est l'ensemble des décisions des cours et tribunaux rendues sur le territoire.

3) La doctrine
Elle est l'ensemble des écrits émanant de juristes compétents. Elle est une source
indirecte.

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4) La coutume et les usages
Ce sont des habitudes répétées qui ont acquis une force obligatoire dans un groupe social
déterminé. L'usage est reconnu dans un milieu plus restreint que la coutume. Ils
complètent la loi.

Chapitre 2 : Les biens
1. Notion
Une chose est tout ce qui existe dans la nature qui n'est pas approprié ou n'est pas
susceptible d'appropriation. Un bien est une chose appropriée.
Les choses communes n'appartiennent à personne dans leur totalité à cause de leur
abondance. Les choses sans maîtres sont des choses isolées qui soit n'ont jamais eu de
propriétaire, soit appartenaient à quelqu'un mais ont été abandonnées volontairement et
librement par leur propriétaire. (≠ épave)

2. Le patrimoine
1) Définition
Le patrimoine est l'ensemble des biens qui ont pour sujet actif et passif une même
personne. L'actif est l'ensemble des biens qui enrichissent la personne. Le passif est
l'ensemble des dettes et charges qui appauvrissent la personne.
Le patrimoine forme une universalité, dont le lien intellectuel est l'attache à la personne
de celui qui le détient.

2) Caractéristiques
- Les éléments du patrimoine ont toujours un caractère pécuniaire.
- Les éléments sont cessibles. Le patrimoine est une chose en mouvement.
- Le patrimoine forme "le gage commun" des créanciers.

3) Différences entre droits réels et droits de créance
Les droits patrimoniaux sont des droits subjectifs divisés en droits réels et droits de
créance.
Les droits réels Les droits de créance
portent sur un rapport entre une personne portent sur un rapport entre deux
et une chose personnes
existent en nombre limité existent en nombre illimité
sont absolus, opposables à tout le monde sont relatifs, opposables entre les parties
concernées
imposent une obligation passive et imposent une obligation active au débiteur
universelle
s'acquièrent par prescription acquisitive ne s'acquièrent jamais par prescription
acquisitive
se perdent par abandon unilatéral se perdent par renonciation bilatérale ou
remise de dette
disposent d'un droit de suite, suivre la disposent d'un droit de faire saisir les biens
chose, et d'un droit de préférence, le du débiteur.
titulaire d'un droit réel est préféré au
titulaire d'un droit de créance.

Chapitre 3 : Les droits réels
1. Introduction

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1) Notion
Un droit réel est un droit qui porte directement sur une chose, soit sa propre chose, soit
une chose qui appartient à autrui. Il permet à son titulaire de retirer de cette chose, soit
toute l'utilité qu'elle comporte, soit une partie de cette utilité. C'est un droit subjectif,
civil, patrimonial et absolu.

2. La possession
1) Notion
La possession, qui n'est pas un droit réel, est une situation qui consiste à avoir une chose
en son pouvoir et à accomplir sur cette chose tous les actes que l'on est en droit
d'accomplir sur cette chose. La possession comporte un corpus, ou un élément matériel,
qui est le corps, la chose à sa disposition, et un animus, ou un élément intellectuel, qui
est l'intention de garder cette chose ou le droit que l'on prétend avoir. La possession peut
s'acquérir par un acte unilatéral, par un acte bilatéral ou par l'effet de la loi.
Si une personne n'a que le corpus, mais pas l'animus, c'est la détention. Si une personne
a le corpus, le droit objectif suppose qu'elle a l'animus et est donc possesseur, jusqu'à
preuve du contraire.

2) Les effets de la possession
Le possesseur est authentiquement titulaire du droit réel. La possession de bonne foi
suppose que chaque personne est présumée être de bonne foi, avoir de bonnes raisons
de se croire propriétaire, sauf preuve du contraire. La possession de mauvaise foi
suppose que personne n'a de bonne raison sérieuse de se croire propriétaire.

- Les effets de la possession de bonne et mauvaise foi
a) Toute possession donne droit à la protection possessoire, à la protection de la
possession des droits réels uniquement immobiliers. Le possesseur doit établir le fait de
possession pour pouvoir intenter la complainte, la dénonciation ou la réintégrande.
• La complainte protège la possession contre les troubles actuels, immédiats, de droit
ou de fait.
• La dénonciation de nouvel œuvre est l'action que l'on intente pour éviter des troubles
futurs.
• La réintégrande est intentée lorsque la possession est enlevée par violence ou voie de
fait.
b) La possession fait acquérir la propriété des choses sans maître par occupation.
c) La possession donne droit au remboursement des impenses, frais faits sur la chose
d'autrui.
• Les impenses nécessaires, ou indispensables pour conserver la chose, sont
remboursées intégralement.
• Les impenses utiles, apportant une plus-value, sont remboursées dans la mesure de
la plus value.
• Les impenses voluptuaires, de pur agrément, ne sont pas remboursées.

- Les effets de la possession de bonne foi
a) La possession de bonne foi donne droit aux fruits produits par la chose principale. Un
fruit est toute chose accessoire produite avec périodicité par une chose principale et sans
en altérer la substance.
b) La possession fait acquérir par usucapion plus rapide, par prescription acquisitive
abrégée, la propriété des immeubles si elle est accompagnée d'un juste titre de
possession. L'usucapion est l'acquisition d'un droit réel par l'exercice répété de ce droit
pendant un certain laps de temps et moyennant certaines conditions.
c) La possession fait acquérir immédiatement la propriété des meubles si le propriétaire
s'en dessaisi volontairement, ou très rapidement, 3 ans après le vol ou la perte, la
propriété des meubles si le propriétaire a été dessaisi involontairement du meuble.

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- Les effets de la possession de mauvaise foi
L'usucapion, ou prescription acquisitive trentenaire.
Pour que la possession puisse conduire à la prescription acquisitive, il faut qu'elle soit
utile, à savoir être continue, paisible, publique et non équivoque.

3. La propriété
La propriété est le droit d se servir d'une chose, d'en percevoir les fruits éventuels et d'en
disposer matériellement ou juridiquement.

1) Caractéristiques
- La propriété est un droit exclusif pour sa totalité. Pour la totalité d'une chose, il n'y a
qu'un seul propriétaire. Pour une faction intellectuelle du droit, il peut exister plusieurs
titulaires, et avoir copropriété ou indivision. (≠ propriété collective, association pour
atteindre un but commun, ou propriété commune divisée)
- Elle est un droit perpétuel, destiné à subsister et à se transmettre, soit entre vifs ou
soit à cause de mort.
- Elle est une droit général, qui permet de tout faire, sauf l'interdit.

2) Les restrictions du droit de propriété
- Les restrictions légales dans l'intérêt général
L'expropriation pour cause d'utilité publique, les prescriptions d'urbanisme, les
monuments et sites, le droit de fouille pour l'utilité publique, la distribution de l'énergie
électrique, les réquisitions militaires, l'alignement de la voirie, la protection des bois et
forêts des particuliers, le régime des eaux et les interdictions de constructions aux abords
des chemins de fer et autoroutes.

- Les servitudes naturelles ou légales dans l'intérêt des voisins
L'écoulement des eaux naturelles, les jours et les vues (fenêtres), les plantations, le
bornage et la clôture.

- Les relations de voisinage
a) S'il existe une faute, la responsabilité quasi-délictuelle oblige l'auteur de la faute à
réparer intégralement le dommage qu'il a causé.
b) S'il n'existe pas de faute, l'abus de droit est établit soit lorsqu'on exerce son droit dans
l'intention de nuire à autrui, soit lorsqu'on choisit parmi diverses possibilités celle qui va
nuire au voisin, soit lorsqu'il y a disproportion entre le profit que l'on retire de l'exercice
de son droit et le préjudice que l'on cause à autrui.
c) S'il n'existe pas de faute, les troubles de voisinage reposent sur les inconvénients
anormaux dus au voisinage.

- Les relations conventionnelles
Elles sont prévues dans la convention d'acquisition du fonds de terre.

3) L'acquisition de la propriété
- Les modes originaires
Le mode originaire fait prendre l'origine de la propriété chez celui qui le réalise.

a) La prescription acquisitive ou usucapion
Elle est l'acquisition d'un droit réel par la possession de ce droit pendant un certain laps
de temps et moyennant certaines conditions.

• Conditions quant à la personne
La personne doit être possesseur. La possession doit être utile, à savoir être continue,
des actes répétés de possession, être paisible, non-violente, être publique et ne pas être
équivoque, la personne apparaît clairement comme le possesseur et pas comme un
détenteur.

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• Conditions quant à la chose
Elle doit être dans le commerce, en circulation.

• Type de prescription
La prescription trentenaire nécessitent les 3 conditions générales et jouent pour les biens
meubles et immeubles.
La prescription abrégée, de 10 à20 ans, exige les 3 conditions générales, l'état de bonne
foi et la disposition d'un juste titre, et joue pour les biens immeubles.
La prescription 3 ans après le vol ou la perte exige les 3 conditions générales, la bonne
foi à la prise de possession et le dessaisissement involontaire du propriétaire, et joue
pour les biens meubles.
La prescription acquisitive instantanée exige les 3 conditions générales, la bonne foi à la
prise de possession et le dessaisissement involontaire du propriétaire initial, et joue pour
les biens meubles.

b) L'occupation
L'occupation est la prise de possession d'une chose commune pour partie ou d'une chose
sans maître, qui rend l'occupant immédiatement propriétaire de cette chose. Elle ne joue
pas pour les immeubles et les successions en déshérence.

c) L'invention
L'invention est le mode d'acquisition des trésors. Le trésor est une chose mobilière
cachée ou enfouie dans une autre chose et sur laquelle plus personne ne peut justifier
son droit de propriété.

d) L'accession
L'accession est l'acquisition par le propriétaire d'une chose principale d'une chose
accessoire. La chose accessoire est soit produite par ou issue de la chose principale, soit
incorporée à la chose principale, naturellement ou artificiellement. Pour qu'il y ait
accession, il faut deux choses corporelles, un rapport de principal à accessoire entre
elles, deux propriétaires différents en conflit et un lien matériel indissoluble entre les
deux choses. L'accession se réalise instantanément, au fur et à mesure de
l'incorporation, et est définitive. L'accession mobilière a perdu tout intérêt.
• L'accession immobilière naturelle concerne les relais et les alluvions, et les pigeons,
lapins et poissons qui changent naturellement d'habitat.
• L'accession immobilière artificielle où le propriétaire de la chose principale se sert de
la chose accessoire qui ne lui appartient pas, entraîne la propriété de la chose
accessoire et le remboursement de la valeur de la chose accessoire à l'ex-
propriétaire.
• L'accession immobilière artificielle où le propriétaire de la chose accessoire réalise de
bonne foi l'incorporation dans la chose principale, entraîne le remboursement soit
intégral, soit une somme équivalente à la plus-value du fonds par le propriétaire de la
chose principale qui devient propriétaire de la chose accessoire.
• L'accession immobilière artificielle où le propriétaire de la chose accessoire réalise de
mauvaise foi l'incorporation dans la chose principale, entraîne le choix du propriétaire
de la chose principale de soit tout faire enlever par le propriétaire de la chose
accessoire aux frais de celui-ci, soit garder la réalisation en payant une indemnité
équivalente au coût intégral de ce qui a été réalisé.

e) L'acquisition des fruits
L'acquisition des fruits par une autre personne que le propriétaire de la chose principale
concerne l'usufruitier, le locataire ou preneur, le possesseur de bonne foi, les voisins pour
les fruits des arbres voisins qui tombent naturellement sur leur fonds ou l'emphytéote et
le superficiaire.

- Les modes dérivés
Ils transmettent la propriété d'une personne à une autre personne.

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a) Les modes dérivés à cause de mort, à titre de succession soit légales, soit
testamentaires, et les modes dérivés entre vifs dans les autres cas.
b) Les modes dérivés onéreux, impliquant une prestation de la part de l'acquéreur, et les
modes dérivés gratuits, n'impliquant aucune prestation.
c) Les modes dérivés à titre universel, dont l'objet est tout un patrimoine ou une fraction
significative du patrimoine, et les modes dérivés à titre particulier, un objet, une partie
non significative du patrimoine.

4) La copropriété ou indivision
La copropriété est l'exercice simultané du droit de propriété par plusieurs personnes,
copropriétaires ou indivisaires, sur une même chose non divisée. Elle peut naître de la loi
ou d'un acte juridique tel un contrat ou un testament. Chaque propriétaire est
individuellement titulaire d'un droit de propriété qui ne lui confère pas la plénitude des
attributs du droit de propriété. La part de chaque copropriétaire est matériellement
indistincte.

- Les types de copropriété
a) La copropriété ordinaire ou fortuite
Elle résulte d'une succession ou de la dissolution du mariage.

b) La copropriété volontaire
Elle résulte de la volonté de plusieurs personnes d'acquérir ensemble un même bien.

c) La copropriété forcée
Elle résulte de la nature des choses, des circonstances et est normalement perpétuelle.
Elle existe à titre principal lorsqu'elle a pour objet des choses naturellement destinées à
l'usage d'un groupe, ou à titre accessoire lorsqu'elle a pour objet des choses immobilières
affectées par nature à l'usage commun de plusieurs biens distincts appartenant à des
personnes différentes.

- Les régimes juridiques
a) La copropriété fortuite
N'importe lequel des copropriétaires désireux de mettre fin à cet état de copropriété peut
exiger, à tout moment, même contre le gré des autres, le partage, soit à l'amiable, soit
judiciairement. Le partage se fait en nature ou par licitation (vente aux enchères et
partage du prix). On peut renoncer au partage pendant quelques temps (max 5 ans
renouvelables). On présume que les parts de chaque copropriétaire sont égales, à défaut
d'expression contraire. Chacun des copropriétaires peut disposer juridiquement seul de
sa part, peut accomplir des actes matériels compatibles, des actes purement
conservatoires et des actes d'administration provisoire. Chaque copropriétaire doit
participer au prorata de sa part aux frais généraux.

b) La copropriété volontaire
Une plus grande liberté prévaut. Une réglementation interne est prévue. A défaut, on se
réfère à la copropriété fortuite.

c) La copropriété forcée des non immeubles
Les règles de la copropriété fortuite s'appliquent sous 3 exceptions. Le partage est
rigoureusement interdit, la copropriété forcée étant perpétuelle. La valeur inégale des
parts dépend de la valeur des fonds dont elles sont l'accessoire. Aucun copropriétaire ne
peut disposer de sa part sans disposer en même temps du fonds dont elle est
l'accessoire.

d) La copropriété forcée des immeubles
Il faut un acte de base et un règlement de copropriété constituant les statuts de
l'immeuble et faisant l'objet d'un acte authentique. Il faut créer une personnalité
juridique propre au profit de l'association des copropriétaires avec cette particularité que

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cette association n'est pas propriétaire des parties communes. Il faut imposer des règles
strictes concernant le droit de vote des copropriétaires, le quorum et le nombre de voix
requise selon la nature de la décision. Il faut une délégation de pouvoirs divers de
gestion au syndic de l'immeuble. Il faut instaurer de multiples recours au pouvoir
judiciaire.

4. L'usufruit
L'usufruit est un droit réel permettant à son titulaire, l'usufruitier, de se servir d'une
chose qui appartient à autrui, le nu-propriétaire, et d'en percevoir les fruits à charge d'en
conserver la substance.
Le plein-propriétaire a l'usage, les fruits et la disposition d'une chose. Le nu-propriétaire
a la disposition de la chose. L'usufruitier a l'usage et les fruits de la chose.

5. Les servitudes ou services fonciers
La servitude ou service foncier est une charge, une restriction imposée à un fonds de
terre appelé fonds servant, pour l'usage et l'utilité d'un autre fonds de terres appelé
fonds dominant. C'est un rapport entre deux fonds.

6. La superficie
La superficie est un droit réel qui consiste à avoir des bâtiments, plantations, ouvrages
sur un fonds appartenant à autrui. Le titulaire du droit est le superficiaire, et le
propriétaire du terrain est appelé le tréfoncier.

7. L'emphytéose
L'emphytéose est un droit réel qui consiste à avoir la pleine utilisation d'un immeuble qui
appartient à autrui, sous la condition de lui payer une redevance annuelle soit en argent
soit en nature. Le titulaire du droit est l'emphytéote.

8. Le gage
Le nantissement est un contrat par lequel un débiteur fait la tradition (remet) d'une
chose à son créancier en garantie de sa dette. Si la chose remise est un meuble, il s'agit
d'un gage. Si la chose est un immeuble, il s'agit d'une antichrèse. Le gage est toujours
créé par contrat. Le gage est un droit réel, accessoire car il sert à garantir un droit
principal. Il suppose nécessairement la remise d'une chose mobilière par un débiteur
gagiste à un créancier gagiste. Le gage est une sûreté réelle.

9. L'hypothèque
L'hypothèque est un droit par lequel un créancier se voit affecter un immeuble de son
débiteur en garantie de la dette. Le débiteur est appelé débiteur hypothécaire et le
créancier, créancier hypothécaire. Ce droit est créé par un contrat ou par la loi. C'est un
droit réel, accessoire, de garantie. Il suppose une affectation. Lorsque la dette est
remboursée, l'hypothèque doit s'éteindre. L'hypothèque est une sûreté réelle.

Chapitre 4 : Les droits de créance
1. Introduction
Le droit de créance, ou obligation, est un droit qui porte sur une personne, le débiteur, et
permet à son titulaire, le créancier, d'exiger du débiteur l'exécution d'une obligation soit
positive, soit négative. On parle de droit de créance pour un créancier, et d'obligation
pour un débiteur. Les droits de créance sont des droits subjectifs, civils, patrimoniaux et
relatifs.

1) Classification
- Selon la source du droit de créance

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a) Les obligations contractuelles sont issues d'un contrat, un accord de volontés entre
deux personnes au moins, en vue de produire des effets juridiques
b) Les obligations quasi-contractuelles sont issues des quasi-contrats, actes licites
générateurs d'obligations sans accord de volonté préalable entre débiteur et créancier.
c) Les obligations délictuelles sont issues des délits, des fautes pénales.
d) Les obligations quasi-délictuelles sont issues d'un quasi-délit, une faute de tout fait
quelconque qui cause un dommage à autrui et oblige à réparation.
e) Les obligations légales sont issues de la loi.

- Selon l'étendue de l'obligation
a) Les obligations de moyen ou de diligence
Elles impliquent que le débiteur fasse tout ce qui est possible, en bon père de famille,
pour accomplir ce à quoi il s'est engagé.

b) Les obligations de résultat
Le débiteur s'engage à un résultat précis. Si le résultat promis n'est pas obtenu, le
débiteur est présumé en faute, et pour se dégager des conséquences de sa faute, il doit
prouver qu'une cause étrangère l'a empêché d'atteindre le résultat escompté.

- Selon le contenu de l'obligation
a) Les obligations de dare sont les obligations positives qui consistent dans le transfert
de propriété ou la constitution d'un autre droit réel.
b) Les obligations de facere sont toutes les autres obligations positives.
c) Les obligations de non facere sont les obligations négatives.

- Selon la protection judiciaire
a) Les obligations civiles ou juridiques
Les obligations sont protégées par une action en exécution forcée, action en justice pour
obtenir l'exécution de son obligation, et par l'exception de paiement dû. L'exception est
un moyen de défense que soulève le défendeur pour se défendre contre les allégations
du demandeur.

b) Les obligations naturelles
Elles sont des obligations sanctionnées seulement par l'exception de paiement dû. Elles
sont peu nombreuses et supposent des devoirs reconnus impérieux par l'opinion
commune.

2. Les contrats
1) Notion
Un contrat est un accord de volontés entre au moins deux personnes dans le but de
produire des effets juridiques. Ces effets sont la création des droits, la modification de
droits, la transmission de droits et l'extinction de droits.

2) Classification des contrats
- Selon le mode de formation des contrats
a) consensuels
Ils sont formés consensuellement, par le seul consentement des parties contractantes.
Cette catégorie correspond à la majorité des cas.

b) réels
Ils exigent l'accord de volontés des parties et la remise d'une chose par l'une des parties
contractantes à l'autre, pour être entièrement formés. (contrat de prêt, de dépôt, de
gage et de do manuel)

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c) formels ou solennels
Ils exigent l'accord de volontés des parties et l'accomplissement d'une formalités, ou
solennités, qui consistent à passer devant un officier public, pour être entièrement
formés. (contrat de mariage et d'hypothèque)

- Selon l'autonomie d'existence
a) principaux
Ils existent par eux-mêmes. Ils ne se greffent pas sur une autre situation juridique.

b) accessoires
Ils n'existent que par rapport à un autre contrat principal.

- Selon l'existence ou l'inexistence d'une contre-prestation
La contre-prestation est le sacrifice à consentir pour que l'on puisse utiliser telle chose.

a) A titre gratuit
Il n'y a pas de sacrifice à consentir, il y a avantage unilatéral.
• Le prêt
Lorsqu'il porte sur une chose non fongible, il est appelé prêt à usage ou commodat, et
est toujours conclu à titre gratuit. Lorsqu'il porte sur une chose fongible, il est appelé
prêt de consommation ou mutuum, et est conclu à titre gratuit ou onéreux.

• Le dépôt
 Le dépôt volontaire
Conclu volontairement et non forcé par les circonstances, il peut être conclu à titre
gratuit ou onéreux. Lorsqu'il porte sur une chose non fongible, il est appelé dépôt
ordinaire. Lorsqu'il porte sur une chose fongible, il est appelé dépôt irrégulier.

 Le dépôt nécessaire
Il est forcé par les circonstances et peut être conclu à titre gratuit ou onéreux.

 Le dépôt séquestre
Deux personnes en désaccord confient une chose à une tierce personne. Il peut être
conclu à titre gratuit ou onéreux.

• Le mandat
Le mandat est un contrat par lequel une personne, le mandant charge une autre, le
mandataire, d'accomplir un acte juridique à sa place en l'y représentant. Ce contrat peut
être gratuit ou onéreux.

• La donation
La donation est un contrat à titre gratuit par lequel une personne, le donateur, se
dépouille irrévocablement d'un bien au profit d'un autre, le donataire, qui doit accepter.
La donation n'est pas irrévocable entre époux. La donation est une libéralité, un acte par
lequel une personne, dans une intention désintéressée, transmet un bien à un autre.

b) A titre onéreux
Ils impliquent une contre-prestation et un avantage bilatéral. Les contrats commutatifs
ont un avantage réciproque certain, fixé d'avance. Les contrats aléatoires ont un
avantage réciproque incertain, car ils dépendent d'un aléa.

• Le louage d'ouvrage
 Le louage de service ou contrat de travail
Il est le domaine du contrat de travail ouvrier ou employé, rémunérés
proportionnellement à la durée de travail presté.

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 Le louage d'industrie ou contrat d'entreprise
Une personne, l'entrepreneur, preste un travail au profit d'une autre, le client, contre une
rémunération en argent.

• Le contrat de jeu
Le contrat de jeu est un contrat par lequel les parties contractantes promettent un gain à
celle d'entre elles qui réussit à accomplir un fait déterminé. Tous les jeux sont proscrits
sauf s'ils développent la vigueur du corps humain et portent sur une petite somme.

• Le contrat de pari
Le contrat de pari est un contrat par lequel les parties se promettent réciproquement un
gain selon qu'un événement extérieur à leur volonté se produira ou pas. Ils sont nuls
sauf s'ils portent sur un jeu autorisé et si l'enjeu est minime.

• La vente à toutes chances ou à tout risque
La vente à tout risque est une vente de choses futures contre un prix forfaitaire à payer
en toute hypothèse.

- Selon le caractère unilatéral ou réciproque de l'engagement
a) Les contrats unilatéraux
Ce sont des contrats qui ne font naître d'obligations que dans le chef d'un cocontractant.

b) Les contrats synallagmatiques imparfaits
Ce sont des contrats qui font naître une ou plusieurs obligations dans le chef de l'une des
parties contractantes, mais qui font naître, dans le contexte de l'exécution du contrat,
une ou plusieurs obligations dans le chef de l'autre partie contractante.

c) Les contrats synallagmatiques parfaits
Chacune des parties contractantes est tenue d'au moins une obligation vis-à-vis de
l'autre.

- Selon la reconnaissance ou non du contrat par le Code civil
a) Les contrats nommés
Ils sont consacrés, prévus et organisés par la loi.

b) Les contrats innomés
Ils ne sont pas prévus par la loi, mais sont tout à fait possibles.
• Les combinaisons d'obligations inventées par les cocontractants et qui ne portent pas
de nom.
• Les contrats issus de droits étrangers, assez récents et qui portent un nom.

- Selon la prise en considération ou non de la personnalité du cocontractant
a) Les contrats intuitu personnae
Ils sont conclus en prenant en considération la personnalité du cocontractant. Seule la
personne en considération de laquelle on a contracté, put l'exécuter. Le contrat s'éteint
au décès de celles-ci. Il peut être annulé pour erreur sur la personne ou sur les qualités
de celle-ci.

b) Les contrats non intuitu personnae
Ils sont conclus sans prendre en considération la personnalité du cocontractant.

- Selon l'exécution unique ou par prestations successives
a) Les contrats instantanés
Ils comportent une prestation unique ou, à tout le moins, qui peut l'être.

b) Les contrats successifs
Ils comportent des prestations successives.

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3) Principes du régime contractuel
- Le principe de consensualisme
Un contrat est formé solo consensu, par le seul accord des parties contractantes. Les
contrats formels qui exigent en outre le respect de formalités pour pouvoir se former, et
les contrats réels qui exigent en outre la remise d'une chose pour pouvoir se former, sont
des exceptions au consensualisme.

- Le principe de l'autonomie de la volonté
Les parties contractantes peuvent convenir de ce qu'elles veulent dans un contrat, à
condition qu'elles ne dérogent pas à une disposition obligatoire, impérative du droit
objectif. Les contrats d'adhésion qui ne peuvent être discutés, et les contrats
réglementés où le droit intervient pour imposer ou interdire l'une ou l'autre clause, sont
des exceptions à l'autonomie de la volonté.

- Le principe de la relativité des contrats
Le contenu des contrats ne concerne que les parties contractantes. La convention de
porte-fort qui est un mécanisme par lequel une personne, le porte-fort, s'engage vis-à-
vis d'une autre, à ce qu'une tierce personne contracte ou reprenne à son compte une
obligation, et la stipulation pour autrui qui est un mécanisme par lequel une personne, le
promettant, s'engage vis-à-vis d'une autre, le stipulant, à accomplir une prestation au
profit d'une tierce personne étrangère à l'opération, sont des exceptions à la relativité
des contrats.

- Le principe de la convention-loi
Tout contrat, une fois conclu, tient lieu de véritable loi aux parties contractantes. On ne
peut se dégager unilatéralement du contrat conclu. Il est permis de se dégager
unilatéralement si on prévoit une clause laissant la possibilité à l'un des cocontractants
de se dégager, lorsqu'il s'agit de baux d'immeubles à durée indéterminée, en cas de
contrats d'hôtellerie et ceux passés avec un avocat, et en cas de contrats de dépôt et de
mandat. Il ne peut y avoir d'intervention extérieure légale ou judiciaire dans un contrat
formé par la volonté des parties. Le juge peut intervenir dans quelques rares cas, et la loi
peut intervenir quand elle le décrète.
La théorie de l'imprévision est une théorie en vertu de laquelle un contrat pourrait être
modifié, voire résilié si des circonstances économiques survenaient, bouleversant
complètement l'économie du contrat au point de rendre son exécution
exceptionnellement lourde.

- Le principe de l'exécution de bonne foi
Les contrats doivent être exécutés de bonne foi. Ils obligent tout ce qui est exprimé et
tout ce qui est sous-entendu. L'esprit l'emporte sur la lettre. Les parties contractantes se
doivent de collaborer à l'exécution du contrat et à l'établissement de sa preuve.

4) Formation des contrats
- L'aspect statique
Les éléments essentiels sont obligatoires.

a) Les éléments généraux
Ils sont indispensables pour tout contrat.
• La capacité d'exercice
La capacité d'exercice est l'aptitude à accomplir un acte à effets juridiques. Toutes les
personnes physiques, sauf exception sont capables, saines d'esprit, majeures et non
prodigues.

• Le consentement ou volonté de contracter
Le consentement doit exister réellement; il ne peut être simulé. Le consentement ne peut
être vicié, atteint d'un défaut.

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 L'erreur
L'erreur ou la distorsion est la discordance entre la réalité et la représentation que l'on se
fait de cette réalité.
L'erreur d'obstacle ou destructrice de consentement. Erreur in negotio ou in corpore.
L'erreur vice de consentement est prise en considération lorsqu'elle porte sur la
substance même de l'objet, dépendant de l'échelle de valeur de chacun, et lorsqu'elle est
excusable.
L'erreur sur les motifs, dont il faut supporter les conséquences, ne peut être destructrice
de consentement ou vice de consentement.

 Le dol ou tromperie
Le dol est une manœuvre frauduleuse qui provoque une erreur chez le cocontractant. Le
dol doit émaner du cocontractant et doit être principal.

 La violence
La violence est le fait d'inspirer la crainte d'un mal considérable en vue de déterminer
quelqu'un à passer un contrat. La violence peut être physique ou morale, peut être dirigé
contre le cocontractant, un membre de sa famille ou ses biens, et peut émaner de
n'importe qui. La violence doit être de nature à impressionner une personne raisonnable,
doit faire craindre un péril considérable et doit être injuste.

 La lésion ou préjudice
La lésion est le dommage qui résulte d'une disproportion entre les prestations
réciproques existant dans un contrat. Elle peut être intrinsèque ou extrinsèque. La lésion
intrinsèque n'est prise en considération que dans le cas des mineurs.

• L'objet
Au sens large, l'objet est l'ensemble du contenu du contrat, l'ensemble de tout ce que les
parties ont voulu réaliser par le contrat. Au sens étroit, l'objet est l'éventuel objet prévu
dans le contrat. L'objet doit être licite, doit être possible matériellement et juridiquement,
et doit être déterminé, fixé au minimum à deux points de vue, ou déterminable.

• La cause
La cause se définit comme les mobiles déterminants du contrat, mais pas exprimée pour
autant. Elle doit être licite.

b) Les éléments spéciaux
Ils sont obligatoires par catégorie de contrats.
• La remise de la chose dans les contrats réels. Les contrats ne sont formés que
lorsque la chose a changé de main.
• La formalité requise dans un contrat formel.

c) Les éléments spécifiques
Ils ne valent que pour un contrat précis. Ce sont les éléments qui donnent à chaque
contrat sa physionomie propre.

Les éléments accidentels ne constituent pas des conditions de validité du contrat, ne sont
pas indispensables, mais sont autorisés, possibles.
a) Certains éléments accidentels modifient ou suppriment une disposition prévue par le
droit objectif à titre supplétif, une disposition qui ne s'applique qu'à défaut d'expression
de volonté différente ou contraire.
b) D'autres éléments accidentels ajoutent l'une ou l'autre disposition inventée de toutes
pièces, complètent le droit objectif existant.

- L'aspect dynamique
a) Le stade précontractuel

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• Les pourparlers préliminaires
Il s'agit d'une entrée en matière, non obligatoire mais fréquente et, en principe, dénuée
de valeur juridique.

• La promesse de contrat
Il s'agit d'un véritable contrat par lequel une partie s'engage définitivement vis-à-vis de
l'autre à conclure un contrat déterminé, précis, ultérieurement et au gré de cette autre
partie qui dispose, d'une option qu'elle lèvera ou non. La promesse de contrat n'est pas
obligatoire, mais jouit d'une valeur juridique.

b) Le stade contractuel
• L'offre ou pollicitation se définit comme l'émission de la part d'une partie d'une
volonté définitive de contracter. L'offre est munie d'une valeur juridique, mais ne lie
que l'offrant ou pollicitant.
• L'acceptation se définit comme l'émission expresse voir tacite, de la volonté de l'autre
partie contractante, en réponse à l'offre. Le contrat est formé lorsqu'il y a eu
acceptation.

c) Le problème des contrats passés entre absents
Lorsqu'un contrat se forme entre deux personnes qui ne sont pas en présence l'une de
l'autre, la question du lieu et du moment de la formation du contrat se pose.

5) Effets des contrats
- Les effets internes
Ce sont les effets que les parties ont voulus, ont cherché à obtenir. Il s'agit du contenu
du contrat, de l'objet lato sensu du contrat. Les effets internes ne peuvent concerner que
les parties contractantes elles-mêmes, les personnes régulièrement représentées au
contrat, en vertu d'un contrat ou de la loi, et les ayants droit à titre universel.

- Les effets externes
Il s'agit de l'existence même du contrat, de l'opposabilité de principe de la convention
aux tiers. N'importe qui ayant connaissance d'un contrat entre deux personnes doit
reconnaître l'existence de cette convention, et peut de prévaloir de l'existence de ce
contrat pour en tirer des conséquences de droit ou de fait.

6) Inexécution des contrats
- Inexécution fautive
Lorsqu'une obligation contractuelle n'est pas exécutée, en tout ou en partie, soit
temporairement, soit définitivement, dans un premier temps, le débiteur voit engager sa
responsabilité contractuelle.
a) La responsabilité contractuelle suppose un dommage certain qui peut être futur, un
lien de causalité entre la faute et le dommage, et une faute commise par le débiteur soit
volontairement dommageable (dol), soit involontairement dommageable (culpa ou
faute). On distingue la faute lourde, attitude stupide et aberrante, la faute légère qui se
réfère soit au critère du bon père de famille, soit à sa propre attitude, et la faute très
légère, ou la plus petite faute possible.
b) Le créancier doit prouver ces 3 conditions pour obtenir réparation par son débiteur.
c) La réparation doit avoir lieu en nature ou à défaut sous forme d'argent, dommages et
intérêts. Les dommages moratoires sont une somme d'argent destinée à réparer un
retard fautif apporté à l'exécution de la prestation et se superposent à l'obligation initiale
du débiteur qui subsiste. Les dommages compensatoires sont une somme d'argent
destinée à compenser l'obligation initiale du débiteur qui n'a pas été exécutée par la
faute de ce dernier, et remplacent l'obligation initiale du débiteur qui disparaît.
d) Les conventions en matière de responsabilité contractuelle sont permises.
• Certaines touchent à l'étendue de la responsabilité. Elles sont licites sauf si
l'exonération porte sur le dol, si la loi interdit ou réglemente la responsabilité, et si
l'exonération détruit l'objet même de l'obligation.

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• D'autres touchent à la réparation du dommage. Ce sont des clauses pénales, ou
détermination au départ dans le contrat, par les parties contractantes, du montant
des dommages et intérêts à payer en cas d'éventuelle inexécution fautive, temporaire
ou définitive, du débiteur. Elles sont licites sauf en matière de dol et lorsque la loi les
interdit ou les réglemente.

- L'inexécution fortuite
Pour échapper à sa responsabilité contractuelle, le débiteur doit prouver que le dommage
subi par le créancier ne provient pas de la faute du débiteur, mais qu'il tire son origine
d'un évènement extérieur, une cause étrangère, au débiteur qui ne lui est pas imputable.
a) Les circonstances de la cause étrangère
• Le cas fortuit est un hasard que l'on aurait pu éviter en prenant des précautions
exceptionnelles, allant plus loin que l'attitude d'un bon père de famille.
• Le cas de force majeure est un hasard que l'on n'aurait absolument pas pu éviter.
• Le fait du créancier lui-même est le fait pour le créancier de détériorer, détruire lui-
même l'objet remis en location, prêt, … au débiteur.
• Le fait d'un tiers dont le débiteur n'a pas à répondre dont il n'est pas responsable.
• Le fait du Prince est le fait de l'Etat, de l'autorité légalement constituée.
• L'état de nécessité est l'obligation de commettre un acte répréhensible suite aux
circonstances.
b) Pour pouvoir servir de cause d'exonération de responsabilité du débiteur, la cause
étrangère doit être imprévisible, irrésistible et être exempt de toute faute de la part du
débiteur.
c) La cause étrangère établie a un effet exonératoire de responsabilité, qui sera un effet
libératoire ou un effet suspensif.
d) Les exceptions à l'effet exonératoire
• Les choses fongibles ne périssent pas. Le débiteur qui les perd doit se procurer une
autre quantité de choses fongibles équivalentes.
• La mise en demeure du débiteur est une sommation faite par le créancier à son
débiteur qui est en retard d'exécution par sa faute, qu'il a à exécuter. La mise en
demeure a pour effet de faire supporter les dommages résultant d'une cause
étrangère par le débiteur et de faire courir des dommages et intérêts moratoires à sa
charge.
• Les dérogations conventionnelles. Le débiteur prend à sa charge tout ou partie des
risques.
• Les dérogations légales. La loi met les risques à charge du débiteur.

- Les mécanismes spécifiques aux contrats synallagmatiques parfaits
En cas d'inexécution fautive par l'un des débiteurs de son obligation.

a) La résolution judiciaire
Le créancier, en face de l'inexécution fautive de son débiteur, peut soit faire jouer la
responsabilité contractuelle et poursuivre l'exécution du contrat, soit demander la
résolution judiciaire du contrat.

b) L'exception d'inexécution
L'exception d'inexécution est le moyen de défense que soulèverait une partie
contractante lorsque l'autre partie, qui n'exécuterait pas fautivement sa propre
obligation, tenterait d'obtenir l'exécution de l'obligation de l'autre partie.

7) Dissolution des contrats
La dissolution est l'anéantissement accidentel, anormal des contrats et de tout ce qu'il
contiennent.

- Les causes de dissolution ex nunc, pour le présent et l'avenir

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a) La résiliation bilatérale
La résiliation bilatérale est le fait pour les parties contractantes de défaire elles-mêmes,
de manière bilatérale, par contrat, le contrat initial passé entre elles.

b) La résiliation unilatérale
La résiliation unilatérale est le fait pour une partie contractante, de mettre fin
unilatéralement, par sa seule volonté, au contrat conclu. Elle est impossible sauf quand la
loi le permet ou quand la coutume l'autorise.

c) La résiliation par décès
Le décès de la partie contractante en considération de laquelle on a conclu, met fin au
contrat intuitu personae.

d) Le risque contractuel
Le risque contractuel est la perte, disparition, anéantissement d'un contrat suite à la
survenance d'une cause étrangère qui empêche ce contrat d'être exécuté.

- Les causes de dissolution ex tunc, pour le présent, le futur et le passé
a) La résolution
Elle joue en matière de contrats synallagmatiques parfaits, lorsqu'il y a inexécution
fautive apparemment définitive par l'une des parties contractantes de son obligation.
L'autre cocontractant peut demander la résolution judiciaire du contrat. La résolution
joue lorsqu'un contrat quelconque est affecté d'une condition résolutoire. La condition est
un évènement futur et incertain.

b) La révocation
Elle joue pour les donations entre époux, pour les donations affectées d'une condition
lorsque la condition n'est pas remplie par le donataire, en cas d'ingratitude du donataire,
et lorsqu'il y a eu donation dans le but d'appauvrissement frauduleux, pour diminuer
l'actif du patrimoine et nuire aux créanciers.

c) La rescision pour lésion
Voir les vices du consentement.

d) La nullité
La nullité est un défaut d'un élément constitutif essentiel du contrat. La nullité absolue
est censée protéger la société toute entière, n'importe qui peut l'invoquer et elle ne peut
être confirmée par les parties. La nullité relative est censée protéger des intérêts privés,
seule la personne protégée peut l'invoquer et elle peut être confirmée.

3. Les quasi-contrats
Les quasi-contrats sont des faits licites, générateurs d'obligations, mais sans accord de
volontés préalable entre le débiteur et le créancier.

1) Le paiement indu
Il y a paiement indu lorsqu'un solvens paie par erreur une dette qu'il n'a pas à un
accipiens qui n'a pas détruit son titre. Il faut un paiement, l'exécution volontaire d'une
obligation quelconque. Il faut que le paiement soit indu, qu'il y ait absence de dette, ce
qui suppose une erreur de celui qui paie. L'absence de dette peut être soit objective, il
n'existe pas de dette du tout, soit subjective, la dette existe mais au profit d'un autre
créancier ou au détriment d'un autre débiteur. Il faut que l'accipiens n'ait pas détruit son
titre, l'instrumentum qui prouvait sa créance.

- Le régime juridique

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L'accipiens doit restituer au solvens que ce qu'il a encore dans son patrimoine, que le
montant de l'enrichissement si l'accipiens est de bonne foi, s'il est de mauvaise foi, il doit
restituer la totalité du montant de l'appauvrissement du solvens.
2) La gestion d'affaires
Il y a gestion d'affaires lorsqu'une personne, le gérant, prend l'initiative d'accomplir un
acte matériel ou juridique dans l'intérêt d'une autre personne, le géré ou maître de
l'affaire, et pour le compte de cette personne. Il faut qu'une personne, le gérant, prenne
l'initiative, qu'il agisse spontanément sans y être obligé par la loi ou par la convention,
mais sans qu'on lui ait interdit d'intervenir. Il faut que l'acte accompli par le gérant l'ait
été dans l'intérêt du géré, qu'il ait présenté un caractère indispensable et qu'il n'ait pas
été accompli principalement dans l'intérêt du gérant. Il faut que le gérant agisse pour le
compte du géré, avec l'intention de se faire rembourser.

- Le régime juridique
a) Le gérant doit se comporter, gérer, en bon père de famille. Il doit continuer à gérer
jusqu'à ce que l'affaire soit achevée ou que le maître d l'affaire puisse reprendre la
direction de l'affaire. Il doit rendre des comptes de sa gestion.
b) Le géré doit remplir toutes les obligations que le gérant contractés en son nom. Il doit
indemniser complètement le gérant de touts les engagements personnels que ce dernier
a pris. Il doit rembourser au gérant toutes les dépenses nécessaires et utiles exposées
par le gérant. Si le géré ne veut pas ratifier la gestion, le juge détermine quelles sont les
dépenses que le géré doit reprendre à son compte et rembourser au gérant.

3) L'enrichissement sans cause
Il y a enrichissement sans cause lorsqu'un patrimoine s'enrichit au détriment d'un autre
qui s'appauvrit sans que ce déplacement de valeur ne se justifie par quelque cause. Il
faut un déplacement de valeurs entre deux patrimoines. Il faut une absence de
justification à ce déplacement de valeurs soit dans la loi, soit dans le contrat, soit dans
l'intention de l'appauvri.

- Le régime juridique
Celui qui s'est enrichi doit restituer à l'appauvrit le montant de son enrichissement, sans
que le montant de l'enrichissement ne puisse dépasser le montant de l'appauvrissement.
Si les deux montants ne coïncident pas, l'enrichi doit restituer le montant le plus faible.

4. Les quasi-délits
Les quasi-délits sont tous les faits quelconques accomplis le plus souvent par un être
humain, qui causent à autrui un dommage et obligent celui qui en est l'auteur, voire le
responsable, à réparer ce dommage. La commission d'un quasi-délit engendre la
responsabilité quasi-délictuelle (ou extra-contractuelle, ou aquilienne).

1) La responsabilité pénale
Elle naît de la commission d'une faute pénale, d'un délit. Elle fait naître l'obligation de
subir une peine. Elle joue indépendamment de tout dommage.

2) La responsabilité contractuelle
Elle naît toujours de la commission d'une faute civile, généralement appréciée selon le
critère du bon père de famille. Elle fait naître l'obligation de réparer le dommage
engendré par la faute. Elle ne joue que s'il y a dommage et requiert l'existence d'un
contrat.

3) La responsabilité quasi-délictuelle, extra-contractuelle ou aquilienne
Elle naît de la commission d'une faute civile. Elle fait naître l'obligation de réparer le
dommage. Elle exige l'existence d'un dommage, mais ne requiert pas un contrat.
Pour que la faute soit imputable à son auteur ou à son civilement responsable, il faut que
le premier ait acquis le discernement, la capacité de distinguer le bien du mal sauf enfant

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en bas âge et dément. L'état de non discernement doit être naturel et ne peut être
provoqué.

- La responsabilité simple ou du fait personnel
Elle suppose une faute civile, un dommage et un lien de causalité entre la fate et le
dommage.

- La responsabilité complexe ou du fait d'autrui et du fait des choses
Le civilement responsable est présumé en faute parce qu'il est censé avoir mal surveillé,
éduqué,… .

a) La responsabilité du fait d'autrui
Les pères et mères sont responsables de leurs enfants mineurs. Les maîtres et
commettants sont responsables des domestiques et préposés. Cette responsabilité
suppose un lien de subordination des premiers sur les seconds, et une faute commise par
les seconds dans le cadre des fonctions exercées. Les instituteurs et artisans sont
responsables pour leurs élèves et apprentis. La présomption de faute qui pèse sur les
parents et les enseignants est non irréfragable; celle qui pèse sur les maîtres et
commettants est irréfragable.

b) La responsabilité du fait des choses
La personne qui a à répondre du dommage est présumée responsable. Le propriétaire
d'un bâtiment qui tombe en ruine par suite d'un vice de construction ou d'un défaut
d'entretient, en est responsable. Le propriétaire ou gardien d'une chose inanimée qui
comporte un vice intrinsèque en est responsable. Le propriétaire d'un animal, même
échappé, en est responsable. La présomption de responsabilité est irréfragable.

- La responsabilité sans faute ou objective
Elle est l'œuvre de la loi et revient à édicter une responsabilité dans le chef d'une
personne. La victime est dispensées de prouver l'existence d'une faute dans le chef du
responsable, mais doit établir le dommage et le lien de causalité entre celui-ci et une
situation déterminée. La responsabilité est forfaitaire et limitée.

5. Les obligations
1) Les effets des obligations
- Les effets généraux
Chaque obligation, valablement et entièrement créée, doit être exécutée volontairement
et correctement, immédiatement, en nature et au domicile du débiteur. A défaut dune
exécution volontaire, il y aura une exécution forcée. L'action forcée peut commencer par
une mise en demeure, mais l'action en exécution forcée débute par une citation en
justice. Si le créancier établit sa demande, il obtiendra un jugement de condamnation du
débiteur qui constitue un titre exécutoire. Le cas échéant, il pourra faire appel à la force
publique pour contraindre le débiteur. L'exécution forcée a lieu sur les biens du débiteur.

- Les effets spéciaux
Ils résultent soit de l'introduction dans le contrat initial d'éléments constitutifs
accidentels, soit de la nature même de certaines obligations.

a) Les obligations à sujets multiples
Pluralité de créanciers, de débiteurs, ou des deux. La règle en matière civile est
l'obligation conjointe, divisibilité d plein droit de la créance entre les créanciers, de la
dette entre les débiteurs. Les exceptions sont les obligations solidaires, les obligations
indivisibles et les obligations in solidum.
• Les obligations solidaires peuvent viser le côté actif créancier ou le côté passif
débiteur. Il y a solidarité active quand chaque créancier peut réclamer la totalité du
paiement au débiteur. La solidarité active résulte de la convention, est rare et
dangereuse. Il y a solidarité passive quand chacun des codébiteurs solidaires est tenu

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de payer la totalité de la dette au créancier qui choisira d'obtenir le paiement de celui
des débiteurs qui lui paraît le plus solvable. La solidarité passive résulte de la
convention et parfois de la loi.
• Les obligations indivisibles doivent s'exécuter pour le tout. Elles résultent soit de la
nature, soit de la convention. Lorsqu'une obligation est indivisible, elle se transmet
telle quelle aux cohéritiers des débiteurs.
• Les obligations in solidum sont une création jurisprudentielle. Elles supposent que
plusieurs personnes soient tenues vis-à-vis d'un créancier d'une exécution in totum,
pour le tout, en raison des circonstances ayant fait naître cette obligation.

b) Les obligations à objets multiples
Pluralité des objets.
• Les obligations conjonctives ou cumulatives
Deux objets sont prévus dans le contrat, et devront être cumulés, exécutés tous deux.

• Les obligations alternatives
Deux objets sont prévus dans le contrat, mais l'un d'entre eux sera exécuté.

• Les obligations facultatives
Un objet est prévu, mais il y a moyen de se dégager valablement de l'obligation en en
prestant un autre.

2) La modification des obligations
Il y a modification quand, de commun accord, les parties décident de modifier l'un ou
l'autre élément d'un lien de droit préexistant qu'elles entendent conserver.

3) La transmission des obligations
Il y a transmission lorsqu'une obligation primitivement nouée entre un créancier et un
débiteur passe, sans modification, sur la tête d'une autre personne, voire de deux. La
transmission peut avoir lieu par décès soit par successions légales, soit par successions
testamentaires, ou entre vif.

- La cession de créance est un contrat par lequel un créancier, le cédant,cède à titre
gratuit ou à titre onéreux à un nouveau créancier, le cessionnaire, la créance que le
créancier initial a contre son débiteur, le cédé. La cession de créance ne nécessite pas
l'accord du débiteur, mais il a soit été informé de la cession de créance, soit il l'a
reconnu.
- La cession de dette est un contrat par lequel un débiteur se substitue un nouveau
débiteur, avec l'accord du créancier. Elle est impossible sans le consentement du
créancier.
- Le paiement avec subrogation est le fait pour une personne de payer la dette de
quelqu'un d'autre et de prendre la place du créancier qu'il vient de désintéresser. Ce
mécanisme résulte de la convention ou de la loi.

4) L'extinction des obligations
Une obligation est faite pour s'éteindre.

- Le paiement
Le paiement est le mode normal d'exécution et d'extinction. C'est l'obligation volontaire
par le débiteur de n'importe quelle obligation.

- La novation
La novation est un contrat par lequel les parties contractantes anéantissent une
obligation préexistante et en recréent une autre. La novation est une question d'intention
des parties.

- La compensation

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La compensation est l'extinction de deux dettes réciproques et exigibles jusqu'à
concurrence du montant le plus faible.

- La remise de dette
La remise de dette est un contrat par lequel le créancier renonce à exercer ses droits
contre son débiteur qui accepte. Il ne requiert aucune forme particulière.

- L'impossibilité définitive d'exécuter l'obligation suite à une cause étrangère
Ce mode d'extinction peut jouer dans le cas de choses dues, à la condition quelles soient
non fongibles, de faits dus ou d'abstentions dues.

- La confusion
La confusion est la réunion sur la tête de la même personne de la qualité de créancier et
de débiteur

- La prescription extinctive
La prescription extinctive est l'extinction par le non-usage prolongé pendant un certain
laps de temps, de l'action en exécution forcée dont dispose normalement un créancier
contre son débiteur. L'extinction se fait par 10 ans, mais peut se faire par 5 ans, 2 ans, 1
an ou 6 mois.

Chapitre 5 : Les principaux contrats

1. La vente
1) Les éléments constitutifs essentiels
- Les éléments constitutifs essentiels généraux
a) Au niveau du consentement
Un contrat peut être vicié par l'erreur, à condition que celle-ci soit substantielle et
excusable. L'erreur sur la valeur de la chose, la solvabilité de l'acheteur et les modalités
de paiement ne sont pas substantielles.

b) Au niveau de la capacité
La vente est interdite entre époux. Il est interdit aux personnes chargées de vendre pour
autrui d'acheter ce qu'elles sont chargées de vendre.

c) Au niveau de l'objet
La vente peut avoir un objet futur. Il s'agit soit d'une vente à tout risque ou à toutes
chances, une vente pure et simple contre un prix forfaitaire avec un contrat aléatoire,
soit une vente sous condition suspensive. La condition est un évènement futur et
incertain, et est suspensive lorsqu'elle affecte le contrat jusqu'à sa réalisation éventuelle.
L'objet de la vente doit être dans le commerce.

- Les éléments constitutifs essentiels spéciaux
La vente étant normalement un contrat consensuel, elle est parfaite dès que l'acheteur et
le vendeur se sont mis d'accord sur la chose et sur le prix. Certaines ventes impliquent
l'une ou l'autre formalité supplémentaire à remplir, et la tradition ou remise d'une chose.

- Les éléments constitutifs essentiels spécifiques
a) Le transfert de propriété
Le but de la vente est le transfert de propriété d'une chose ou d'un droit. Le transfert de
propriété se réalise dès la conclusion du contrat. Le transfert de propriété peut se réaliser
ultérieurement si la vente est affectée d'un terme suspensif, si la vente est celle d'une
chose future, si la vente est celle d'une chose fongible ou si la vente se fait avec une
obligation alternative.

b) Le prix en argent

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Il doit consister en une somme d'argent libellée dans la monnaie du pays où le paiement
est exécuté, mais les parties peuvent choisir une autre monnaie. Le prix doit est certain,
soit déterminé, fixé de commun accord par l'acheteur et le vendeur, par l'un d'entre eux,
ou par intervention légale, soit déterminable, le prix doit pouvoir être déterminé par les
éléments contenus dans le contrat. Le prix doit être sérieux, réel, ne peut cacher une
donation.
L'acheteur paie tous les frais de la vente. La vente étant un contrat synallagmatique
parfait, la preuve se fait par les originaux multiples (autant que de parties concernées).
Tout ce qui est obscur ou ambigu s'interprète contre le vendeur, censé connaître l'objet
qu'il vend.

2) Les obligations du vendeur et de l'acheteur
- Les obligations du vendeur
a) Transférer la propriété de la chose achetée à l'acheteur.
b) Délivrer, ou obligation de délivrance, est l'obligation pour le vendeur de mettre la
chose à la disposition de l'acheteur pour qu'il en prenne livraison. Si la chose n'est pas
livrée tout de suite, le vendeur doit la conserver en bon père de famille jusqu'à la
livraison. Le vendeur doit livrer, remettre matériellement la chose vendue ou son
symbole à l'acheteur. Le vendeur doit remettre une chose conforme à la chose vendue,
soit la chose elle-même, soit une quantité de chose interchangeable de la même espèce.
Le vendeur doit remettre la chose et ses accessoires juridiques ou matériels.
c) Garantir, ou obligation de garantie, est l'obligation qui incombe au vendeur de fournir
à l'acheteur une possession paisible (garantie d'éviction) et utile (garantie contre les
vices cachés).

• Garantie d'éviction
L'éviction est tout fait quelconque qui enlève à l'acheteur tout ou partie de la propriété de
la chose. La garantie d'éviction suppose la garantie du fait personnel, impérative et
valable pour tous les troubles, et la garantie du fait du tiers, supplétive et valable
uniquement pour les troubles de droit.

• Garantie contre les vices cachés
Les vices cachés supposent que ce sont des défauts non apparents, qui existent au
moment du contrat, qui sont nuisibles à l'usage de la chose et qui présentent une
certaine gravité. Non apparent signifie non visible et non détectable par un examen
attentif en bon père de famille. Existant lors de la vente signifie le vice ou le germe du
vice doit exister au moment de la conclusion de la vente. Nuisibles à l'usage de la chose
signifie que l'usage en est tout à fait impossible ou fortement diminué. Présentant une
certaine gravité signifie que l'acheteur ne l'aurait pas acheté du tout ou pas au même
prix, s'il avait connu les défauts.
Si l'acheteur constate un vice caché, il peut intenter, à bref délai, soit une action
rédhibitoire, aboutissant à la résolution du contrat, soit une action estimatoire,
aboutissant à accorder à l'acheteur une diminution du prix.

d) Les nouveautés sur la vente et les garanties des biens de consommation
Le vendeur visé est la personne qui, en vertu d'un contrat et dans le cadre de son
activité professionnelle, vend des biens de consommation à un consommateur. La
conformité au contrat touche les vices apparents et les vices cachés. Le vendeur est tenu
de répondre de tout défaut de conformité, existant lors de la délivrance du bien, qui
apparaît dans un délai de 2 ans. Le consommateur a le droit d'exiger la réparation du
bien ou son remplacement sans frais, ou à défaut, une réduction adéquate du prix ou la
résolution du contrat.

- Les obligations de l'acheteur
a) Payer le prix selon les modalités prévues au contrat.
b) Prendre livraison, ou obligation de retirement, selon les modalités prévues au contrat.
Si le vendeur veut poursuivre le contrat, une procédure de sommation est faite à

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l'acheteur, d'accepter la livraison. Si l'acheteur persévère dans le refus de l'obligation de
livraison, le vendeur déposera la chose dans un lieu tiers. Si le vendeur veut mettre fin
au contrat, une résolution judiciaire du contrat se déroulera.
3) Les modalités usuelles de la vente civile
- La promesse de vente ou option d'achat
La promesse de vente est un contrat par lequel une personne s'engage unilatéralement
et définitivement vis-à-vis d'une autre à lui vendre plus tard et au gré de celle-ci une
chose moyennant un prix déterminé ou déterminable. L'acheteur dispose d'un délai pour
lever son option.

- La vente avec déclaration de command ou vente avec élection d'ami
La vente avec déclaration de command est une vente dans laquelle l'acheteur apparent,
le commandé, se réserve la faculté d'élire un command, de se substituer un autre
acheteur dans ses droits et obligations, dans un certain délai, à défaut de quoi il reste le
véritable acheteur. Son but est de cacher le nom du véritable acheteur.

- La vente avec arrhes
La vente avec arrhes est une vente avec remise d'une somme d'argent. Les arrhes
constituent un acompte sur le prix total. Selon la volonté des parties, les arrhes peuvent
servir de moyen de dédit. Elles sont une somme perdue simple par l'acheteur qui se
dédirait du contrat, et sont doubles pour le vendeur qui se dédirait.

- La vente à réméré
La vente à réméré est une vente dans laquelle le vendeur se réserve la faculté de
résoudre la vente ultérieurement, endéans un certain délai (max 5 ans). C'est une
résolution de la première vente, suite à la réalisation de la condition résolutoire.

- La vente à l'essai
Il s'agit d'une vente sous condition suspensive d'un essai satisfaisant. Si les parties le
souhaitent, elles peuvent construire la vente à l'essai sous condition résolutoire d'un
essai non satisfaisant.

- La vente à crédit
La vente à crédit est la vente dans laquelle le vendeur exécute toutes ses obligations
mais où l'acheteur, propriétaire de la chose, bénéficie de termes suspensifs pour le
paiement du prix.

- La vente à tempérament
La vente à tempérament est la vente dans laquelle l'acheteur bénéficie de termes
suspensifs pour le paiement du prix. Un acompte est indispensable à la formation du
contrat. Par une clause, le vendeur se réserve la propriété jusqu'au dernier paiement.

- La location-vente
La location-vente est un contrat qui débute comme une location, mais où le propriétaire
peut, à tout moment, lever une option d'achat, s'il désire acheter l'objet.

2. L'échange
L'échange est un contrat par lequel deux parties, copermutant, se transfèrent
mutuellement la propriété d'une chose. Le deux choses pouvant ne pas avoir la même
valeur, il y aura paiement d'une soulte inférieur à la prestation en nature.

1) Régime
L'échange est l'ancêtre de la vente. Elle bénéficie du transfert de propriété, du transfert
des risques, de l'obligation des deux copermutants (délivrance, garantie, retirement) et
de la prohibition de ce contrat entre époux. Néanmoins, la rescision pour lésion de plus
des 7/12èmes, les frais et l'interprétation du contrat ne s'applique pas à l'échange.

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3. Le louage
Le louage d'ouvrage se divise en louage de services, ou contrat de travail qui est la
prestation de services sous lien de subordination et contre rémunération proportionnelle
à la durée des services, et le louage d'industrie, ou contrat d'entreprise qui est la
prestation d'un travail indépendant et précis contre rémunération en principe fixée
forfaitairement.

1) Le louage d'industrie ou contrat d'entreprise
Le louage d'industrie est un contrat par lequel une personne, entrepreneur ou locateur,
s'engage vis-à-vis d'une autre personne, le client ou maître de l'ouvrage, à exécuter
contre rémunération un travail indépendant et sans représenter le client. Le Code civil
règlemente les contrats d'entreprise de construction, tandis que l'arsenal juridique
courant, les usages et coutumes et les règles des devis et marchés compatibles
s'occupent des autres domaines.

- Les obligations du maître de l'ouvrage
a) Faciliter le travail de l'entrepreneur
b) Assurer la réception de l'ouvrage
La réception, qui n'est pas un acte matériel, est l'approbation de l'ouvrage par le client,
la vérification du travail exécuté et sa conformité avec le travail convenu. La réception
peut être expresse ou tacite, antérieure concomitante ou postérieure à la livraison, et
être unique ou décomposée en deux temps. Les effets de la réception unique sont de
libérer l'entrepreneur, à la réception d'une part, le maître de l'ouvrage devient
propriétaire et supporte la charge de risque, d'autre part, la garantie pour malfaçons est
partiellement éteinte. Les effets de la réception provisoire sont de constater la fin des
travaux et de faire courir un délai de garantie pendant lequel l'entrepreneur doit effectuer
les mises au point nécessaires. La réception définitive a les mêmes effets que la
réception unique avec une garantie décennale.
c) Prendre livraison de l'ouvrage
d) Payer le prix
Le prix est forfaitaire, avec une possibilité de payer par tranche pour les gros travaux.

- Les obligations de l'entrepreneur
a) Conseiller le maître de l'ouvrage
Cette obligation est principale ou accessoire selon les circonstances.

b) Exécuter le travail convenu selon les règles de l'art et dans le délai convenu
Comme le contrat est intuitu personnae, l'entrepreneur doit l'exécuter lui-même.

c) Livrer l'objet du travail

d) Conserver la chose jusqu'à livraison dans l'hypothèse où la matière a été fournie par le
maître de l'ouvrage.
L'exécution correcte du travail est une obligation de moyen. S'il y a une erreur dans
l'exécution, le maître de l'ouvrage doit prouver la faute. L'obligation d'achever dans le
délai convenu est une obligation de résultat. Si le résultat promis n'est pas atteint dans le
délai imparti, l'entrepreneur est en faute et doit prouver une cause étrangère.
L'entrepreneur est en faute si les matériaux sont affectés d'un vice, sauf s'il prouve un
vice indécelable.

- La responsabilité de l'entrepreneur
Il est responsable vis-à-vis des tiers, responsabilité aquilienne de droit commun. Il est
responsable vis-à-vis du maître de l'ouvrage par sa responsabilité contractuelle de droit
commun et par sa responsabilité décennale s'il s'agit d'un contrat de construction.

- L'extinction
a) La mort de l'entrepreneur

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Sa mort met fin au contrat même si le contrat n'est pas intuitu personnae. En cas de
faillite, le client demande soit la résolution judiciaire, soit la poursuite du contrat par un
autre entrepreneur désigné par le tribunal et au frais de la faillite.
b) La résiliation unilatérale par le client
Si le client décide de résilier le contrat, il doit payer tous les frais déjà avancés ainsi que
les bénéfices que l'entrepreneur aurait pu réaliser.

2) Le louage de chose ou bail à loyer
Le louage de chose est un contrat par lequel un bailleur met une chose à la disposition
d'un locataire ou preneur, moyennant une somme d'argent, loyer. Le louage sur meuble
est appelé bail à loyer. Le louage sur immeuble d'habitation est appelé bail de résidence
principale ou bail ordinaire à loyer, sur immeuble rural bail à ferme et sur immeuble à
usage commercial bail commercial.

- Les obligations du bailleur
a) Délivrer la chose et ses accessoires
La chose doit être délivrée en bon état. On peut mettre en location la chose d'autrui. On
peut prendre en location sa propre chose lorsqu'on n'en a pas la jouissance. En cas
d'indivision, le bail étant un acte administratif, le concours de tous les indivisaires est
requis.

b) Entretenir
Maintenir la chose en bon état de servir à l'usage auquel elle est destinée et procéder
aux réparations nécessaires. Sauf clause contraire, les réparations incombant au bailleur
sont celles qui ne sont pas imputables au locataire. Le bailleur n'est pas tenu de procéder
aux dépenses d'agrément, aux reconstructions, aux réparations rendues nécessaires par
la faute du locataire, et aux réparations locatives, de menu entretien. Gardien de
l'immeuble, le locataire doit prévenir le bailleur en temps utile de tout ce qui pourrait
mettre l'immeuble en péril. Le bailleur a le droit de visite, le droit de pénétrer de temps
en temps dans l'immeuble pour en vérifier l'état et procéder aux réparations urgentes.
Les conventions relatives aux réparations sont licites et très utiles. Le locataire ne peut
pas prendre l'initiative d'effectuer lui-même les réparations nécessaires et d'en demander
compte auprès du bailleur. Si le bailleur ne remplit pas l'obligation d'entretien, le
locataire peut soit surseoir au paiement du loyer, soit mettre le bailleur en demeure
d'exécuter son obligation d'entretien et de demander soit l'exécution forcée du contrat,
soit la résolution de celui-ci.

c) Garantir
• La garantie du fait personnel
Le bailleur ne peut troubler la jouissance de la chose par le preneur. C'est une garantie
impérative qui ne peut être supprimée.

• La garantie du fait des tiers
Le bailleur doit garantir le locataire que les tierces personnes ne troubleront pas la
jouissance de la chose. Cette garantie est supplétive, peut être modifiée par des clauses
et ne couvre que les troubles de droit.

• La garantie des vices cachés de la chose
Le bailleur doit garantir le locataire contre les vices cachés même s'il les ignore. Cette
garantie est supplétive et peut être modifiée par clause. Si le bailleur ne remplit pas
l'obligation de garantie des vices cachés, le locataire peut soit surseoir au paiement du
loyer, soit mettre le bailleur en demeure d'exécuter son obligation d'entretien et de
demander soit l'exécution forcée du contrat, soit la résolution de celui-ci.

- Les obligations du locataire
a) Garnir le bien loué de meubles meublants suffisants

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Ces meubles meublants constituent une garantie pour le bailleur et doivent couvrir deux
termes de loyer et les frais de saisie. A défaut, il doit offrir une autre sûreté. L'expulsion
du locataire est envisagée s'il ne respecte pas cette obligation.

b) Payer le loyer
Selon les modalités prévues au contrat, mais les dettes sont quérables et non portables,
elles s'exécutent au domicile du débiteur et non à celui du créancier, sauf clause
contraire. Si le locataire ne paie pas le loyer, le bailleur peut soit faire saisir les meubles
meublant, les faire vendre aux enchères et se payer sur le prix de la vente, soit mettre le
locataire en demeure et demander soit l'exécution forcée, soit la résolution du contrat de
bail.

c) Jouir de la chose selon sa destination et en bon père de famille
Selon sa destination signifie que le locataire ne peut pas y apporter des modifications
principales. Les modifications accessoires sont permises. Quand le locataire quittera les
lieux, il devra les remettre dans leur état initial. En bon père de famille signifie avec soin,
prudence.

d) Restituer la chose louée dans l'état où le locataire l'a reçue, sauf les dégradations dues
à un usage normal, à la vétusté, à une malfaçon ou à cause étrangère. Le preneur est
censé avoir reçu les lieux dans l'état où il les restitue.

4. Le prêt
Le prêt est un contrat par lequel un prêteur remet une chose à un emprunteur pour qu'il
l'utilise et le lui restitue. Si le prêt porte sur une chose non fongible, il s'agit d'un prêt à
usage ou commodat, s'il porte sur une chose fongible, il s'agit d'un prêt de
consommation ou mutuum.

1) Le commodat ou prêt à usage
Le commodat est un contrat réel, synallagmatique imparfaite et essentiellement gratuit.
Le propriétaire reste propriétaire de la chose prêtée et supporte la charge des risques
sauf si l'emprunteur est mis en demeure, si l'emprunteur accepte de supporter les
conséquences d'une cause étrangère, s'il y a un usage anormal, à savoir différent de
l'usage prévu dans le contrat ou de l'usage normal de la chose, s'il y a un usage trop
long, si l'on a déterminé la valeur de la chose dans le contrat ou s'il y a péril et que
l'emprunteur sauve sa propre chose plutôt que celle empruntée.

- Les obligations de l'emprunteur
a) Se servir de la chose selon sa destination et en bon père de famille
L'emprunteur doit entretenir la chose, supporter les frais de conservation ordinaires et la
garder avec soin et diligence.
b) Restituer la chose selon les modalités prévues par le contrat ou après usage. Si le
prêteur fait état d'un besoin pressant et imprévu de la chose, il peut la redemander à
l'emprunteur de manière anticipée.

- Les obligations du prêteur
a) Rembourser les frais extraordinaires de conservation de la chose avancés par
l'emprunteur.
b) Réparer le préjudice causé par un vice caché que le prêteur connaissait et dont il n'a
pas prévenu l'emprunteur, soit volontairement, soit involontairement.

2) Le prêt de consommation ou mutuum
Le prêt de consommation est un contrat réel, synallagmatique imparfait et conclu à titre
gratuit ou onéreux. L'emprunteur devient propriétaire des choses fongibles prêtées et
débiteur d'une quantité équivalente, il supporte la charge des risques.

- Les obligations de l'emprunteur

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a) Restituer une quantité équivalente de choses fongibles de nature identique.
L'emprunteur doit restituer la chose à l'échéance du terme prévu dans le contrat ou
lorsque le prêteur le réclame.
b) Parfois, payer des intérêts s'ils sont stipulés dans le contrat, lorsque le contrat le
prévoit ou en fin de contrat. Le taux d'intérêt est fixé librement.

- Les obligations du prêteur
Réparer le préjudice causé par un vice caché que le prêteur connaissait et dont il n'a pas
averti l'emprunteur.

5. Le dépôt
Le dépôt est un contrat par lequel un déposant remet une chose à un dépositaire pour
qu'il la garde et la restitue à la première demande.

1) Le dépôt volontaire ordinaire
Le dépôt ordinaire est un contrat réel, synallagmatique imparfait conclu à titre gratuit ou
parfait conclu à titre onéreux, et portant sur une chose non fongible. Le déposant reste
propriétaire et supporte la charge des risques sauf si le dépositaire est mis en demeure,
si le dépositaire accepte de supporter les conséquences d'une cause étrangère ou si le
dépositaire utilise la chose déposée.

- Les obligations du dépositaire
a) Garder la chose
Le dépositaire ne peut pas se servir de la chose, sauf permission du déposant. Le
dépositaire doit conserver la chose déposée. Sa responsabilité est limitée à la culpa levis
in concreto. Le dépositaire sera tenu de se comporter en bon père de famille si le dépôt
est rémunéré, si le dépositaire s'est offert à garder la chose, si le dépôt profite
uniquement au dépositaire ou s'il y a clause contraire expresse en ce sens. Il doit
respecter le secret du dépôt.
b) Restituer la chose ad nutum, dès que le déposant l'exige, même si un terme a été
prévu pour la restitution et même si le dépôt est rémunéré.

- Les obligations du déposant
Il doit rembourser les dépenses ordinaire et extraordinaire de conservation de la chose.
Le dépositaire dispose d'un droit de rétention tant qu'il n'a pas perçu le remboursement.
Il doit réparer l'éventuel préjudice causé par un vice caché, même inconnu de lui. Le
dépositaire dispose également du droit de rétention. Si le dépôt se fait à titre onéreux, le
déposant doit en outre payer la rémunération convenue au dépositaire.

2) Le dépôt volontaire irrégulier
Il porte sur des choses fongibles. Le dépositaire devient propriétaire des choses fongibles
déposées et débiteur d'une quantité équivalente, il supporte la charge des risques.

3) Le dépôt nécessaire et le dépôt d'hôtellerie
Le dépôt nécessaire est celui qui est forcé par les circonstances. La preuve peut en être
rapportée par témoins quelle que soit la valeur du dépôt.
Le dépôt d'hôtellerie est un des aspects du contrat d'hôtellerie concernant les bagages
des clients. Un hôtelier est toute personne qui fournit le logement à titre principal. Sa
responsabilité est aggravée, il est responsable de toute destruction, détérioration ou
disparition des objets apportés à l'hôtel. La responsabilité est illimitée si les objets ont
été déposés dans les mains de l'hôtelier ou de son personnel, si l'hôtelier a refusé de
recevoir en dépôt des objets qu'il est obligé d'accepter ou si la détérioration, destruction
ou disparition est imputable à une faute de l'hôtelier ou de son personnel. La
responsabilité est supprimée lorsque la détérioration, destruction ou disparition est due
soit au voyageur, ses invités et ses domestiques, soit à un cas de force majeure, soit à
un vol à main armée.

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4) Le dépôt séquestre
Le dépôt séquestre est un contrat par lequel deux personnes décident de déposer un
objet chez une personne qui sera normalement rémunérée à cet effet. Le dépôt
séquestre se contracte lorsque l'objet est l'enjeu d'un litige.

6. Le mandat
Le mandat est un contrat par lequel un mandant charge un mandataire d'accomplir un
acte juridique à sa place en l'y représentant. Le mandat est le negotium, la procuration
est l'instrumentum. Il peut être passé de manière tacite. Le mandataire ne doit pas être
capable d'exercice mais bien le mandant. Le mandat est un contrat consensuel, intuitu
personnae et synallagmatique imparfait s'il est à titre gratuit ou parfait s'il est à titre
onéreux.

1) Les obligations du mandataire
Il doit exécuter le mandat en bon père de famille. Il doit rendre des comptes. Le mandat
est tenu des actes commis par le mandataire dans la limite de ses pouvoirs.

2) Les obligations du mandant
Si le mandat est conclu à titre gratuit, le mandant doit rembourser toutes les dépenses
faites par le mandataire, ainsi que les intérêts, même si le mandat a échoué. Il doit
indemniser le mandataire des pertes qu'il aurait subies. Si le mandat est conclu à titre
onéreux, le mandant doit en plus payer la rémunération promise au mandataire.

3) L'extinction
Le changement d'intention, le décès et la faillite ou déconfiture du mandant comme celui
du mandataire peut amener l'extinction du contrat.

7. La transaction
La transaction est un contrat par lequel les parties en présence mettent fin à un litige qui
les divise ou préviennent une contestation éventuelle par des concessions réciproques. La
transaction est un contrat consensuel et synallagmatique parfait avec originaux
multiples. La transaction requiert un formalisme de preuve par écrit, aveu ou serment.

1) Les obligations des parties
Chacune des parties doit exécuter l'obligation éventuellement prévue par le contrat. Ils
doivent renoncer à l'action en justice.

8. Le cautionnement
Le cautionnement est un contrat par lequel un fidéjusseur ou caution s'engage à payer
un créancier déterminé si le débiteur principal de ce créancier n'exécute pas son
obligation. Il s'agit d'une constitution de sûreté personnelle qui peut se faire à l'insu du
débiteur principal. Le cautionnement est un contrat consensuel, mais doit être exprès,
unilatéral, l'engagement se porte que d'un côté, et accessoire. La caution peut
compenser ce que l'on exige d'elle avec ce que le créancier doit au débiteur principal. Le
cautionnement ne peut prévoir de conditions plus onéreuses que le contrat principal. Si la
dette principale s'éteint, le contrat accessoire s'éteint par voie de conséquence.

1) Espèce
Le cautionnement peut être légal, judiciaire ou conventionnel.

- Le cautionnement conventionnel simple
La caution jouit d'un bénéfice de discussion et d'un bénéfice de division. Dans le bénéfice
de discussion, la caution qui se voit poursuivie par le créancier a le droit de renvoyer le

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créancier secouer le débiteur principal. Dans le bénéfice de division, en cas de pluralité
de cautions, la dette est divisible entre elles par parts viriles.

- Le cautionnement conventionnel solidaire
Le cautionnement peut être soit solidaire entre cautions, les cautions gardent le bénéfice
de discussion mais renoncent au bénéfice de division, soit solidaire entre caution et
codébiteur principal, la caution renonce aux deux bénéfices.

2) Les rapports
- Les rapports entre créancier et caution
Qui doit payer quoi à qui? Le problème de l'obligation à la dette ne se pose qu'en cas de
pluralité de débiteurs et/ou de créancier.

- Les rapports entre caution et débiteur principal
Il s'agit du problème de la contribution à la dette supposant une pluralité de débiteurs.
Dès que la caution a payé, elle se retourne contre le débiteur principal pour tout ce
qu'elle a payé. La caution peut, avant le paiement, agir contre le débiteur afin d'obtenir
des garanties de ce dernier si le débiteur principal tombe en déconfiture ou en faillite et
que le créancier ne fait pas valoir ses droits contre lui, ou si la caution est poursuivie en
justice pour le paiement et que le créancier ne poursuit pas le débiteur principal.

- Les rapports entre caution
La caution qui a payé la totalité de la dette dispose d'un recours contre les autres
cautions pour obtenir le remboursement de leur part.

9. Le gage
Le gage est un contra par lequel un débiteur gagiste remet une chose mobilière non
fongible à un créancier gagiste en sûreté de sa dette. Il s'agit d'une constitution de
sûreté réelle. Le gage est la version du nantissement qui porte sur un meuble. Le gage
désigne la chose remise en gage, le contrat de gage et le droit réel de gage sur cette
chose. Le contrat de gage est un contrat réel sauf s'il porte sur des créances
(consensuel), l'écrit doit comporter une date certaine, le contrat est synallagmatique
imparfait et accessoire.

1) Les droits du créancier gagiste
Le créancier gagiste a le droit de rétention sur le gage jusqu'au paiement intégral. Dans
l'hypothèse où le débiteur ne paie pas, il a le droit soit de faire vendre aux enchères le
gage, soit de garder l'objet jusqu'à due concurrence.

2) Les obligations du créancier gagiste
Il doit se comporter en bon père de famille. Il ne doit pas se servir de la chose. Il doit
restituer l'objet lorsque le débiteur a payé la dette.

3) Lorsque le gage porte sur des choses non fongibles, le débiteur gagiste deviendra
titulaire d'une obligation de rembourser au créancier gagiste les dépenses ordinaires et
extraordinaires de conservation de la chose.

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