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MEMOIRE DE FIN D’ETUDES PRESENTE POUR

L’OBTENTION DU DIPLOME DU CYCLE NORMAL
SOUS LE THEME


L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de
l'information financière







Encadrement : M. BELGHALI
Réalisé par :






ZOUITA Smail KADIRI Mohammed Mehdi
izouita@live.fr kadirimehdi@live.fr








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MEMOIRE DE FIN D’ETUDES





Encadrement : M. BELGHALI




Réalisé par :









ZOUITA Smail KADIRI Mohammed Mehdi
izouita@live.fr kadirimehdi@live.fr
G2B-FC2 G2B-FC2




L'impact des nouvelles normes IFRS sur
la qualité de l'information financière

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008

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REMERCIEMENTS



Nous tenons à remercier tous ceux qui ont participé de près ou de loin à
l’élaboration de ce mémoire. Tous ont fait preuve d’un dévouement et d’une
patience à toute épreuve.

Nous Tenons aussi à remercier M. BELGHALI pour ses conseils sur le
plan technique et méthodologique ainsi que pour sa grande disponibilité.

Enfin nous remercions l’ensemble des membres du corps enseignant et de la
direction de L’ISCAE à travers son directeur général M.. RACHID EL
MRABET, Ainsi que le directeur des études M.. EL MOUEFFAK, et le
directeur du cycle normal M.. EL MERBOUH pour leur encadrement et leur
sens de la pédagogie.


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RESUME

Les règles comptables jouent un rôle clé dans l’organisation et l’évolution du système
de financement des entreprises et dans l’évaluation de leurs titres détenus directement ou
indirectement par les épargnants. Cette réalité, souvent occultée, a été révélée dans toute son
évidence par les vifs débats suscités par l’adoption des IFRS depuis 2005. En effet, les
sociétés cotées européennes appliqueront de nouvelles normes comptables dans leurs comptes
consolidés, les normes IFRS, qui auront un certain impact sur leurs comptes. Ces nouvelles
normes IFRS vont permettre aux investisseurs de comparer plus facilement les sociétés
européennes cotées entre elles ainsi qu'avec les autres entreprises internationales qui
appliqueront ces normes. Dans l'immédiat, cette mutation comptable va modifier la perception
de certains groupes cotés dans la mesure où leurs résultats, leur endettement, leurs capitaux
propres pourront connaître des variations du seul fait du changement de normes.
Le principal effet novateur de ces normes est constitué par un recours accru à la « juste
valeur» dans l'évaluation de nombreux actifs et passifs de l'entreprise, en ce sens que ces
éléments seront évalués à leur valeur de marché.
Un autre changement significatif a trait aux principes de la « prédominance de la
substance » et de la réalité économique des transactions, qui prévaut dans les normes IFRS,
par rapport à leur apparence juridique. Concrètement, cela signifie que certains éléments que
l'entreprise contrôle sans en détenir la propriété juridique pourront être comptabilisés dans le
bilan.
Le bilan reflétera donc davantage la véritable valeur de l'entreprise, puisque les
normes IFRS sont essentiellement destinées aux investisseurs, à la différence de la
comptabilité française, plutôt conçue à l'usage de l'administration fiscale.
Dans ces débats, les intérêts des investisseurs, et plus généralement des utilisateurs des
comptes, ont souvent été invoqués par les uns et les autres, et en premier lieu par le
normalisateur international, mais leur expression directe est restée peu développée.
C’est à cet effet, que pour ce travail nous nous sommes plus penché sur l’aspect qualitatif
quand à l’intérêt et à la présentation de ce nouveau référentiel. Cet aspect met alors en

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évidence les inquiétudes et réserves des professionnels du secteur, ainsi que les choix opérés
par l’IASB (vivement critiqués) et des interrogations soulevées sur la qualité du processus
d’élaboration.

Mais au-delà des considérations sur le contenu des normes, l’architecture
institutionnelle elle même fait problème, qu’il s’agisse des évolutions futures des normes, de
leur interprétation – avec notamment le risque de lectures littérales qui feraient oublier les
principes qui ont présidé à leur création – ou du contrôle de leur mise en oeuvre. En
conséquence, la période de transition pourrait bien être chaotique, et cette situation pourrait
perdurer bien au-delà de la seule année 2005.



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SOMMAIRE


REMERCIEMENTS
RESUME

INDEX DES SIGLES ET ABREVIATIONS
PANORAMA DES NORMES
INTRODUCTION…………………………………………………………... 9

Partie 1 : Contexte de la normalisation comptable international………... 12

1- Les enjeux de l’adoption des normes IAS/IFRS………………………………...

12
1-1 L’adoption des normes IAS/IFRS……………………………………………………... 13
1-2 Les entreprises concernées par le premier passage aux normes………………………. 14
1-3 Les normes IAS/IFRS concernées par le passage……………………………………... 14
1-4 Première applications des normes IAS/IFRS………………………………………….. 14
1-5 Les règles de passage aux normes……………………………………………………...

15
2- Le cadre conceptuel……………………………………………………………….

18
2-1 L’IASC………………………………………………………………………………… 18
2-1-1 Structure………………………………………………………………………….. 19
2-1-2 L’élaboration des normes………………………………………………………. 20
2-2 L’IASB………………………………………………………………………………… 22
2-3 LE FASB………………………………………………………………………………. 23
2-4 L’AICPA………………………………………………………………………………. 25
2-5 LA SEC………………………………………………………………………………...

25
3- La communication autour du passage aux normes IFRS………………………

26
3-1 Objectif des états financiers…………………………………………………………… 26
3-2 Contraintes à respecter pour que l’information soit pertinente et fiable………………. 28
3-3 Lecture de l’information financière par les parties prenantes…………………………. 34
3-3-1 Les Parties prenantes de l’information financière…………………………. 34
3-3-2 La communication autour des IFRS……………………………………………. 36





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Partie 2 : L’impact du passage aux IFRS sur la qualité de l’information
financière : opportunité et complexité …………………………………………..

40

1- Les incidences du changement du référentiel…………………………………….

40
1-1 Comment le passage aux IFRS est il ressenti ?............................................................... 40
1-1-1 Changement coûteux mais salvateur……………………………………………. 40
1-1-2 Les dangers de la « juste valeur »……………………………………………….. 42
1-2 Répercussions organisationnelles …………………………………………………….. 44
1-2-1 Répercussions sur les sociétés cotées en bourse………………………………... 44
1-2-2 Répercussions sur les sociétés non cotées en bourse…………………………… 47
1-3 Répercussions sur le système financier………………………………………………...

48
2- Les IFRS vers la démocratisation ou l’autarcie de l’information financière….

49
2-1 Créativité comptable, distorsions et manipulations …………………………………... 50
2-1-1 Problèmes engendrés par certaines normes…………………………………….. 50
2-1-2 Qu’est ce qu’il en est de l’information envers les autres parties prenantes ?. 53
2-2 Les IFRS nouveau langage du capitalisme comptable………………………………… 54
2-3 Les investisseurs au pouvoir ?........................................................................................ 56
2-4 La régulation financière à la croisée des chemins……………………………………...

58
3- Exemples concrets de l’impact sur la qualité de l’information financière……..

60
- Cas SCANIA Maroc…………………………………………………………………... 60
3-1 Brève présentation de SCANIA Maroc……………………………………………. 60
3-2 La démarche du traitement des normes 16 et 36………………………………….. 62
3-3 Définition des unités génératrices de trésorerie…………………………………… 65



CONCLUSION………………………………………………………………. 72
BIBLIOGRAPHIE…………………………………………………………... 74

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INDEX DES SIGLES ET ABREVIATIONS


• ASB : Accounting Standards Board (normalisateur comptable, Royaume-Uni et
Irlande)
• CESR : Committee of European Securities Regulators (structure de coordination des
autorités de régulation des marchés financiers, Union Européenne)
• CNC : Conseil National de la Comptabilité (comité consultatif, France)
• COB : Commission des Opérations de Bourse (autorité de régulation des marchés
financiers, en France)
• CRC : Comité de la Réglementation Comptable (France)
• EFRAG : European Financial Reporting Advisory Group (comité consultatif, Union
Européenne)
• FAF : Financial Accounting Foundation (maison-mère du FASB, Etats-Unis)
• FASB : Federal Accounting Standards Board (normalisateur comptable, Etats-Unis)
• FRC : Financial Reporting Council (maison-mère de l’ASB, Royaume-Uni)
• IAS : International Accounting Standards (ancien nom des IFRS)
• IASB : International Accounting Standards Board (normalisateur comptable
international, société privée basée à Londres)
• IASC : International Accounting Standards Committee (fondation privée basée au
Delaware, maison-mère de l’IASB)
• IFRS : International Financial Reporting Standards (normes produites par l’IASB,
anciennement appelées IAS)
• IOSCO : International Organisation of Securities COmissions (structure de
coordination internationale des autorités de régulation des marchés financiers)
• SEC : Securities & Exchange Commission (autorité de régulation des marchés
financiers, Etats-Unis)
• US GAAP : Generally Accepted Accounting Principles (normes produites par le
FASB, Etats-Unis)

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PANORAMA DES NORMES


IAS 1 Présentation des états financiers
IAS 2 Stocks
IAS 7 Tableau des flux de trésorerie
IAS 8 Résultat net de l’exercice, erreurs fondamentales et changements de méthodes
comptables
IAS 10 Evènements postérieurs à la date de clôture
IAS 11 Contrats de construction
IAS 12 Impôts sur le résultat
IAS 14 Information sectorielle
IAS 15 Information reflétant les effets de variations de prix
IAS 16 Immobilisations corporelles
IAS 17 Contrats de location
IAS 18 Produits des activités ordinaires
IAS 19 Avantages du personnel
IAS 20 Comptabilisation des subventions publiques et informations à fournir sur l’aide
Publiques
IAS 21 Effets des variations des cours des monnaies étrangères
IAS 22 Regroupements d’entreprises
IAS 23 Coûts d’emprunts
IAS 24 Information relative aux parties liées
IAS 26 Comptabilité et rapports financiers des régimes de retraite
IAS 27 Etats financiers consolidés et comptabilisation des participations dans les Filiales
IAS 28 Comptabilisation des participations dans des entreprises associées
IAS 29 Information financière des les économies hyper inflationnistes
IAS 30 Informations à fournir dans les états financiers des banques et des institutions
financières assimilées
IAS 31 Information financière relative aux participations dans des coentreprises
IAS 32 Instruments financiers : informations à fournir et présentation
IAS 33 Résultat par action
IAS 34 Information financière intermédiaire
IAS 35 Abandon d’activités
IAS 36 Dépréciation d’actifs
IAS 37 Provisions, passifs éventuels et actifs éventuels
IAS 38 Immobilisations incorporelles
IAS 39 Instruments financiers : comptabilisation et évaluation
IAS 40 Immeubles de placement
IAS 41 Agriculture




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INTRODUCTION


L’introduction des normes IAS/IFRS a souvent été décrite comme entraînant une
révolution de l’information financière. Tout de moins, elle représente un changement profond
pour les entreprises. Le changement est clair sur le plan conceptuel : comme en témoigne le
choix de l’investisseur comme destinataire privilégié de l’information financière. Les marchés
financiers internationaux revêtent de plus en plus d’importance pour les entreprises cherchant
à accéder à des sources de financement à l’échelle international. Le nombre des transactions
menées sur les marchés monétaires et financiers internationaux enregistrent une croissance
sans précédent. La transparence devient alors un facteur-clé de l’efficacité des marchés de
capitaux. C’est précisément pour cette raison qu’il est indispensable de pouvoir comparer les
états et résultats financiers des différentes entreprises du monde entier d’où l’idée de
l’uniformisation des normes IAS/IFRS. Dans le contexte actuel de mondialisation,
l'harmonisation internationale, ou encore la réduction des différences entre réglementations
comptables nationales, est donc devenue un enjeu pour les entreprises, cette harmonisation
leur permettra notamment d'accéder à tous les marchés financiers sans avoir à établir un jeu
de comptes particuliers pour chaque place financière.
Parallèlement, les investisseurs pourront plus facilement évaluer la performance de toute
entreprise sans avoir à connaître les spécificités de chaque comptabilité locale.
L’adoption donc des normes IAS/IFRS aux sociétés européenne ou marocaines nécessite
une anticipation et une réflexion qui n’en demeure pas mineur. En effet, la production et la
communication de l’information financière, aussi bien interne qu’externe vont ainsi être
modifiées en profondeur. Ainsi, l’ensemble des changements imposés nécessite une véritable
gestion de projet et une attention des dirigeants des entreprises. Cet attention, prend alors
forme en assimilant en un premier lieu les enjeux réels de l’adoption de ces normes, ce qui
signifie une parfaite familiarisation avec les règles techniques de passage d’une comptabilité
nationale à une comptabilité internationale. En second lieu, cette attention doit tenir compte
des spécificités propres aux organes veillant sur ces normes ainsi que des enjeux politiques et
économiques qui se cachent derrière la volonté d’une harmonisation comptable internationale.
Dans ce contexte de normalisation internationale quels sont donc les enjeux réels de
l’adoption des normes IAS/IFRS et quels sont les organismes qui éditent, régulent et
contrôlent ces normes ?

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A ce niveau, trois enjeux caractérisent ce référentiel international. D’abord satisfaire les
investisseurs, ensuite fournir une information financière fidèle à la réalité économique, enfin
avoir une base unique permettant une meilleure comparabilité des indices et ratios financiers
utilisés par les différentes parties prenantes du monde des affaires ?

De ce fait, ces normes sont élaborées par le comité des normes internationales (IASB)
qui a pour objectif de les présenter comme étant des normes financières à caractère évolutif et
déconnectées des contraintes fiscales et des environnements juridiques de chaque pays.
Toutefois ce que l’on peut dire concernant le fonctionnement de cet organisme s’applique sur
les normes qu’il propose et qui restent complexes et assez ambiguës de par leur contenu ce
qui laisse planer certaines zones d’ombres quand à leur efficacité. Ces zones d’ombres,
entachent la justesse de leur application et ce qui crée des bouleversements et des distorsions
au sein des différents acteurs de la communauté financière, rendant alors la communication de
l’information financière difficile et envisageant ainsi l’utilisation d’un grand nombre
d’informations tout en limitant les choix comptables dont disposaient les différentes parties
prenantes.

Quelles sont les convergences et divergences de l’impact du passage au IFRS sur
l’information financière par les parties prenantes ?
Dés leur application en janvier 2005 par les sociétés cotées en bourse, les différentes
parties prenantes de l’information financière ont remarqué que ces normes ne sont pas neutres
et ont un impact réel, bien que difficile à mesurer, sur le fonctionnement de l’économie.
En effet, l’Europe qui est passée directement d’un modèle traditionnel de décision nationale à
une délégation de souveraineté au bénéfice d’un organisme privé à vocation mondiale, dans
lequel l’influence européenne n’est pas prépondérante a montré que la question de la
gouvernance des normes comptables porte réellement sur la responsabilité ultime du politique
mais aussi sur la manière la plus efficace d’exercer à travers ces normes compte tenu de la
complexité technique et du caractère évolutif de cette matière.
De ce fait, une bonne qualité de l’information financière, nécessite un projet de conversion
aux normes IFRS équitable pour toutes les parties prenantes et impliquant une transformation
radicale de la philosophie et du langage financier vers une harmonisation comptable et

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financière plus juste. Autant dire que la réussite d'un tel projet ne pourra aboutir que grâce aux
efforts conjugués de l'ensemble des parties concernées.

Afin de répondre à notre problématique sur l’impact du passage aux normes IFRS sur
la qualité de l’information financière par les parties prenantes ainsi qu’aux différentes
questions citées auparavant , nous axerons notre présentation en deux parties.
Dans la première partie nous définirons le contexte de la normalisation comptable
international, en présentant le cadre conceptuel pour comprendre l’origine de ces normes et
comment la communication autour de ces dernières est faite.
Dans une seconde partie, nous traiterons des conséquences du passage aux normes IAS/IFRS
sur l’information financière par les futurs utilisateurs ainsi que des enjeux politiques qu’elles
présentent.
Finalement note rapport présentera notre vision de ce nouvel ordre économique à
travers deux cas pratiques mettant en évidence d’une part l’expérience de certaines entreprises
en la matière et d’autre part nous montreront les opportunités et les complexités de la mise en
place et de l’application de ces normes IAS/IFRS.












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Partie 1 : Contexte de la normalisation comptable international


1- Les enjeux de l’adoption des normes IAS/IFRS :

Les normes IAS/IFRS, qu’est ce que c’est ?
Il est important de bien comprendre qu’en comptabilité, on a deux notions différentes : d’une
part les comptes sociaux, légaux, qui doivent correspondre à la législation fiscale du pays dont
relève une société, et d’autre part les comptes au sens de la consolidation d’un groupe, qui
sont publiés pour l’information des investisseurs.
Autant la comptabilité marocaine ne change pas, autant pour les groupes, depuis longtemps
déjà, il existe des normes pour la consolidation. Les plus connues sont L’US-GAAP et
L’IAS/IFRS, les premières qui sont d’origine américaines alors que les secondes sont
d’origine européenne. La présentation des résultats des sociétés cotées aux USA se fait
obligatoirement selon ces normes.
Les IAS/IFRS sont un ensemble de normes comptables européennes, qui ont été faite dans le
même but que les US-GAAP. Elles sont encore en cours d’évaluation, et elles tendent à
converger vers les normes américaines. Les résultats financiers de l’entreprise en normes IAS
peuvent être très différentes des résultats fiscaux. Pour la présentation de ces résultats, on
parle de normes IFRS.
Les IAS se présentent sous la forme d’une série de normes numérotées (IAS1. IAS2,
IAS3…..IAS41) qui ont pour but d’uniformiser les principes comptables utilisés, afin de
fournir aux investisseurs des informations plus claires et plus comparables.
Qui est concerné par ces normes ?
Les entreprises cotées en Europe et leurs filiales dans tous les pays devront présenter leurs
comptes consolidés pour les exercices couverts à partir du 1er janvier 2005 (avec un
retraitement des données de 2004 pour permettre la comparaison). Mais il est probable qu’ à
plus long terme toutes les entreprises seront concernées, ce d’autant plus que les normes
comptables nationales de chaque pays européen ou non européen ayant de fortes relations
économiques ou financières avec l’Europe vont finir par converger vers le référentiel IAS.



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Ce qui va changer lors de l’application des ces normes :
Dans le cadre de ces normes, on comptabilise différemment, un certain nombre d’opérations
(sans pour autant modifier la comptabilisation légale et fiscale du pays). Ce sont donc surtout
les pratiques comptables qui vont changer (comptabilisation des opérations de fusion
acquisition, du traitement des immobilisations, des risques de change, des provisions…), soit
par des imputations, soit par des jeux d’écritures différents. La gestion des immobilisations est
par ailleurs très touchée : elle nécessite un dédoublement de toutes les règles d’amortissement.

1-1 L’adoption des normes IAS/IFRS

L’objectif principal de l’adoption des normes IAS/IFRS s’inscrit dans un processus continu de
création et de mise en place d’un marché intérieur des services financiers. En effet, comme
mentionné dans l’introduction du règlement 1606/2002, le conseil européen de Lisbonne des
23 et 24 mars 2000 a souligné la nécessité d’accélérer l’achèvement de ce marché d’ici 2005.
Ceci étant, il a invité la commission à prendre des mesures visant à améliorer la comparabilité
des états financiers élaborés par les sociétés faisant appel public à l’épargne et c’est ainsi qu’il
a été décidé que ces sociétés doivent être tenues d’appliquer un jeu unique de normes
comptables.
La commission européenne, partant des orientations du conseil, a publié le 13 juin 2000, sa
communication intitulé « Stratégie d l’Union européenne en matière d’information financière,
la marche à suivre », dans laquelle elle propose que toutes les sociétés communautaires qui
font appel public à l’épargne soient tenues, à partir de 2005, de préparer leurs états financiers
consolidés sur la base d’un jeu unique de normes comptables, à savoir les normes comptables
internationales (IAS/IFRS). Cette vision s’est transformée en un règlement d’adoption par le
Conseil et le parlement européen, à savoir le règlement 1606/2002 du 19 juillet 2002.
Voici ainsi quelques enjeux de l’adoption des normes internationales IAS/IFRS :

• Garantir un degré élevé de transparence et de comparabilité de l’information
financière dans la communauté
• Achever et accélérer la mise en place d’un marché européen des capitaux
• Assurer la comparabilité des états financiers des sociétés qui sont cotées sur les
marchés communautaires et celles qui seront cotées sur le futur marché
• Faciliter le bon fonctionnement des marchés communautaires et de ce futur marché

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• Protéger les investisseurs
• Préserver la confiance des investisseurs
• Rendre compétitif les marchés communautaires européennes
Faciliter la cotation des entreprises européennes dans les bourses étrangères
Il faut préciser, enfin, que la faculté d’étendre l’application des normes internationales aux
comptes sociaux annuels des sociétés faisant appel public à l’épargne ou aux autres sociétés, a
été laissée aux Etats membres (2007 pour les comptes sociaux des sociétés cotées).

1-2 Les entreprises concernées par le passage aux normes

Le règlement européen du 19 juillet 2002 impose l’utilisation des normes comptables
internationales IAS/IFRS dans les comptes consolidés des sociétés cotées européennes pour
les exercices ouverts à partir du 1èr janvier 2005. Ce règlement s’applique à tous les
émetteurs régis par le droit national d’un Etat membre dont les titres (de capital, donnant
accès au capital, de créance, hybrides, etc.…) sont négociés sur un marché réglementé de
l’Union européenne.

1-3 Les normes IAS/IFRS concernées par le passage

Ne sont concernées par le passage aux normes IAS/IFRS que celles qui ont fait l’objet d’une
approbation par la commission européenne, par le biais d’un règlement. Les normes
approuvées doivent être publiées intégralement dans chacune des langues officielles de la
communauté dans un règlement concerné. La commission est seule habilitée à adopter les
normes. Elle est assistée dans ce travail par un comité de réglementation comptable.
Les normes comptables internationales ne peuvent être adoptées par la commission que :
• si elles répondent à l’intérêt public européen et
• si elles satisfont aux critères d’intelligibilité, de pertinence, de fiabilité et de
comparabilité exigés de l’information financière.
Dans son règlement n° 1725/2003 du 29 septembre 2003, la commission a adopté un premier
jeu de certaines normes comptables internationales, conformément au règlement n°
1606/2002 du Parlement et du conseil européen.

1-4 Première application des normes IAS/IFRS

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Parmi les interprétations SIC, adoptées par la commission dans le règlement
1725/2003, on trouve SIC-8 : première application des IAS en tant que référentiel comptable.
Selon cette SIC, lorsque les normes internationales sont appliquées, pour la première fois,
l’entreprise concernée doit établir et présenter ses comptes consolidés comme si elle avait
toujours appliqué les normes et interprétations internationales. Une application rétroactive est
exigée.
C’est ainsi, qu’afin de faciliter aux entreprises le passage aux normes IAS/IFRS, l’IASB a
remplacé SIC-8 par IFRS 1 : First-time adoption of International Financial Reporting
Standard. Selon cette norme, adoptée par la commission européenne dans son règlement
707/2004 du 6 avril 2004, toute entreprise appliquant les normes IAS/IFRS doit se conformer
à chaque norme et interprétation, avec des exemptions limitées et avec une application
rétroactive.
Diverses dispositions et recommandations sont fixées par la norme IFRS 1, avec des
exemptions limitées, pour l’établissement du bilan d’ouverture, qui constitue le point de
départ de la comptabilité selon les IAS/IFRS. On peut les résumer dans ce qui suit :
• Comptabiliser tous les actifs et passifs dont les IAS/IFRS imposent la comptabilisation
• Ne pas comptabiliser des éléments en tant qu’actifs ou passifs si les IAS/IFRS n’autorisent
pas une telle comptabilisation
• Reclasser les éléments comptabilisés, selon le référentiel antérieur, en tant qu’actif ou
passif, mais qui relèvent d’un type différent d’actif, de passif ou de capitaux propres, selon les
normes IAS/IFRS
• Appliquer les IAS/IFRS pour évaluer tous les actifs et passifs comptabilisés
• Ajuster la situation nette consolidée du bilan d’ouverture en fonction des retraitements
opérés selon les normes IAS/IFRS.


1-5 Les règles de passage aux normes

Le passage aux normes IAS/IFRS constitue une opportunité stratégique réelle pour les
entreprises en terme de communication financière. Elle a été qualifiée de “révolution
culturelle” par certains acteurs de et doit faire l’objet d’une réflexion structurée dans chaque
groupe d’entreprises concerné, à tous les niveaux opérationnels.

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Il devrait permettre de répondre aux attentes et interrogations des investisseurs en matière de
mesure de la performance de la rentabilité, de comparabilité des entreprises entre elles et de
création de valeur. Il doit être considéré comme un chantier majeur des deux prochaines
années et faire l’objet d’une véritable organisation par “gestion de projet” pour analyser et
évaluer toutes les incidences de l’adoption des normes IAS/IFRS, et pour déterminer les zones
d’analyse de performance les plus pertinentes en matière d’information financière ainsi que
les adaptations potentielles des systèmes d’information en présence.
L’occasion est ainsi donnée aux entreprises de revoir l’organisation de la production de
données financières en rapprochant les éléments de gestion des états financiers traditionnels,
et de revaloriser la fonction comptable.
Pour être prêt à l’échéance et assurer la gestion de la période transitoire, l’adoption du
nouveau référentiel va nécessiter la mise en place d’une organisation en mode projet qui, sous
l’impulsion de la direction générale, devra impliquer toutes les fonctions du groupe. Les
principales étapes clés pourront s’articuler comme suit :
• Piloter et animer (composition d’une équipe dédiée),
• Mobiliser sur le projet (communication interne sur l’importance stratégique du projet),
• Définir un calendrier et des étapes clés à respecter,
• Diagnostiquer les compétences et les connaissances requises ?
• Inventorier les divergences entre le référentiel actuel et les normes IAS (qualitatif et
quantitatif),
• Analyser les systèmes d’information et identifier les aménagements éventuellement
nécessaires,
• Faire des choix comptables et d’organisation (options sur les méthodes possibles,
définition des niveaux d’information sectorielle, cadences de la communication
financière, date de première publication en normes IAS, modification des systèmes
d’information, mise en place des moyens humains et formation),
• Simuler les comptes en IAS en cours de période de transition (jeu d’essai, conformité,
retraitements d’ouverture et comparatifs),
• Préparer le marché aux écarts significatifs,
• Réussir le projet (publier les premiers comptes en normes IAS),
• Suivre l’évolution des normes et des interprétations nouvelles.

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La mobilisation des énergies est essentielle à la réussite du projet qui doit conduire tous les
acteurs de l’entreprise à anticiper le changement plutôt que de le subir. Sous l’impulsion de la
direction générale, véritable maître d’ouvrage du chantier, un chef de projet sera désigné pour
constituer et animer un groupe de travail dédié. Ce groupe aura pour principales missions de :
• Réaliser les travaux selon les étapes définies en amont et notamment l’état des lieux
des divergences et informations manquantes,
• Coordonner les travaux de sous-commissions éventuelles (ateliers de travail),
• Proposer des solutions en matière d’organisation,
• Sou mettre des propositions de choix comptables,
• Organiser la communication.
• Former les équipes.
Pour contribuer à la réussite du projet, ce groupe devra comprendre des représentants de tous
les services ou de toutes les entités concernées (direction financière, consolidation, contrôle
de gestion, comptabilité, procédures, systèmes, audit, communication, formation,….), des
spécialistes IAS, les commissaires aux comptes et/ou des consultants extérieurs.
Le recours au conseil pourra se concevoir à plusieurs niveaux : assistance à la maîtrise
d’ouvrage, apports de compétences techniques comptables (expertise IAS ou métier,
consolidation), savoir-faire en terme de procédures, diagnostic des systèmes d’information,
benchmarking, communication, formation.
L’inventaire des divergences pourra être mené à partir de la typologie des normes définie plus
loin. Il pourra se décliner entre les divergences dites “incompressibles”, pour lesquelles la
méthode applicable selon l'IAS est différente de la méthode actuelle, et les divergences
optionnelles dans le cas où, au-delà du traitement de référence, un traitement alternatif est
autorisé.
Le choix d’un traitement non préférentiel devra être largement documenté et comporte un
risque de non-conformité aux futures normes, eu égard aux objectifs actuels de l’IASB.
Au-delà des aspects organisationnels importants que ce changement de référentiel va induire,
les sociétés cotées vont devoir préparer les marchés aux incidences majeures qu’il va
engendrer sur leurs états financiers et sur les principaux ratios utilisés.
La préparation du marché n’implique pas une publication anticipée trop hâtive, mais plus
raisonnablement la communication progressive d’éléments permettant aux marchés de
connaître les principaux ajustements éventuels et leur incidence sur les états financiers.

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Ainsi, par étapes successives, les sociétés pourront fournir des tableaux de réconciliation entre
certains postes clés des états financiers établis aux normes nationales et ceux qui auraient été
présentés sous le référentiel IAS/IFRS, en commençant par les normes qui ne sont pas
susceptibles de modifications majeures à l’horizon 2005. Le programme de travail de l’IASB
et les thèmes en cours de discussion fournit une information utile à ce sujet.
La présentation du compte de résultat peut être progressivement adaptée au référentiel
IAS (distinction des éléments ordinaires et extraordinaires). La structure de l’information
sectorielle peut également être déterminée en conformité avec la norme IAS 14, dès à présent,
sans risque de non conformité avec le référentiel en vigueur qui est moins contraignant.

2- Le cadre conceptuel :

Dans ce paragraphe, nous allons nous focaliser sur la présentation des origines des normes
comptables internationales. A cet effet, nous allons présenter d’abord le cadre réglementant
international des normes IAS/IFRS, à savoir l’IASC (International Accounting Standards
Committee) et l’IASB (International Accounting Standards Board), pour aborder par la suite
les organismes internationaux réglementant les normes US-GAAP : le FASB (Financial
Accounting Standards Board), l’AICPA (American Institute of Certified Public Accountants)
et enfin la SEC (Securities and Exchange Commission).

2-1 L’IASC

L’IASC élabore les normes comptables internationales grâce à un processus établi qui
implique la profession comptable mondiale, les préparateurs et les utilisateurs des états
financiers, et les organismes nationaux de normalisation. L’IASC est désormais reconnu
comme le seul processus établi d’élaboration de normes comptables internationales.
Les objectifs de l’IASC sont de formuler et de publier les normes comptables à observer pour
présenter les états financiers, de promouvoir leur acceptation et leur application dans le
monde et de travailler de façon générale à l’amélioration et l’harmonisation des états
financiers.
Les membres de l ’IASC sont les organismes professionnels comptables membres de la
Fédération Internationale des Comptables (IFAC) (International Federation of accountant).

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


- 19 -
L’IASC est financée par les organismes comptables et d’autres membres appartenant à son
conseil, par l’IFAC, par les contributions de sociétés multinationales, d’institutions
financières, de firmes comptables et d’autres organisations.


2-1-1 Structure

a. Le conseil
L’activité de l’IASC est exercée par un Conseil qui comprend les représentants d’organismes
comptables de treize pays nommés par le Conseil de l’IFAC et de quatre organismes, au plus,
ayant un intérêt pour les rapports financiers. Chaque membre peut désigner deux représentants
au plus et un conseiller technique pour participer aux réunions du
Conseil.
Le Conseil définit le programme de l’IASC, constitue les groupes de travail chargés de
l’élaboration des textes, suit l’avancement des travaux, commente les projets qui lui sont
soumis et se prononce sur l’adoption des normes.(Il se réunie trois fois par an)

b. Le groupe consultatif
Il a été mis en place par le Conseil de l’IASC en 1981 et comprend des représentants de divers
organismes concernés par l’élaboration ou l’utilisation des états financiers (Bource des
Valeurs, Organismes Nationaux de Normalisation Comptable).
Il se réunit périodiquement pour discuter avec le Conseil des questions techniques sur le
projet de l’IASC, de son programme de travail, de sa stratégie.
Ce groupe joue un rôle important dans le processus d’élaboration des Normes
Comptables Internationales et pour l’acceptation des normes établies.

c. Le Conseil Consultatif :
Il a été mis en place en 1995. Ce conseil est composé de personnes de qualités exceptionnelles
occupant de hautes responsabilités dans la profession comptables.
Son rôle est de promouvoir l’acceptation en général des Normes Comptables
Internationales et d’accroître la crédibilité du travail de l’IASC par les moyens suivants entre
autres :

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


- 20 -
• Examen et observation sur la stratégie et les plans de l’ASC, de tele sorte à avoir
l’assurance que les besoins des membres sont satisfaits ;
• Recherche et obtention de financements pour le travail de l’IASC en veillant à ce que
son indépendance n’en soit pas atteinte ;
• Examen du budget et des états financiers de l’IASC ;
• Préparation d’un rapport sur l’efficacité du Conseil de l’IASC dans la réalisation de
ses objectifs et dans l’accomplissement du processus d’élaboration des normes.
Il s’assure notamment de l’indépendance et l’objectivité du Conseil lorsque ce dernier prend
des décisions techniques sur les propositions de Normes Comptables Internationales. Le
Conseil Consultatif ne participe pas et ne cherche pas à influencer ces décisions.

2-1-2 L’élaboration des normes

Les représentants au conseil, les organisations membres, les membres du groupe consultatif,
les autres organisations et personnes physiques sont encouragés à présenter de nouveaux
sujets pouvant être traités dans les normes comptables internationales.
Une fois que le conseil a ajouté un sujet à son programme, il établit un groupe de travail pour
élaborer une déclaration de principe, un exposé sondage, et en dernier lieu une norme
comptable internationale : IAS.
Le conseil a publié un cadre de préparation et de présentation des états financiers dont les
objectifs sont d’aider le conseil à élaborer les futures normes comptables internationales et à
réviser les normes comptables existantes, de promouvoir l’harmonisation des normes à travers
la réduction du nombre des retraitements comptables.

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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2-2 L’IASB

Dans la structure de l’IASC, l’International Accounting Standards Board (IASB) a toutes les
compétences en matière technique ce qui inclue la préparation et l’élaboration des standards
comptables et d’un traité d’exposition.
Pour accomplir sa mission, l’International Accounting Standards Board (IASB) procède à :
• Des tests (aussi bien dans les pays développés que dans les marchés émergeants) pour
s’assurer que les standards sont praticables dans tous les environnements ;
• Des consultations de l’opinion public pour discuter et proposer des standards, même
si il n’y a pas de demande pour tous les projets.
Ainsi, L’IASB a les pleins pouvoirs concernant l’agenda de l’IASC, ses projets, et
l’organisation de son travail. Le board peut sous-traiter des recherches ou des travaux auprès
des décideurs des standards nationaux ou auprès d’autres organisations.
Parmi les responsabilités attribuées à l’IASB :
• La publication d’un traité d’exposition sur chaque projet et doit normalement publier
un traité de principe ou un autre document permettant des commentaires publics sur
les principaux projets;
• La révision des commentaires effectués dans une période raisonnable suivant leur
publication ;
• La consultation du Standards Advisory Council sur les projets principaux, l’agenda
des décisions et les priorités de travail ;
• La publication des conclusions des standards comptables internationaux et d’un traité
d’exposition ;
• Le développement de la coordination avec les normalisateurs nationaux.








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2-3 LE FASB

Depuis 1973 le FASB a été l’organisation désignée par le secteur privé pour établir les normes
comptables et financières relatives à la préparation des états financiers et au reporting.
Elles ont été officiellement reconnues comme bien fondées par la SEC ( Securities and
Exchange Commission) dans son communiqué du reporting financier N° 1(section 101).
Cependant il convient de noter une exception : la SEC publie des documents sur les modalités
de présentations de l’information financières, les FRR « Financial Reporting
Releases », désignés autrefois par « Accounting Series Releases »
L’AICPA (Institut Américain des Comptables Publics Certifiés) a, de son côté, approuvé les
normes du FASB dans sa règle N° 203 de la conduite professionnelle.

Pour accomplir sa mission, le FASB veille à :
• Améliorer l’utilité du reporting financier en se concentrant sur les caractéristiques
primaires de l’importance significative et de la fiabilité et sur les qualités, la
comparabilité et l’uniformité des informations ;
• Mettre à jour les normes pour refléter les changements des pratiques des affaires et des
mutations de l’environnement économique ;
• S’inscrire aux insuffisances observées dans le reporting financier et essayer de les
améliorer par le processus de mise en place de nouvelles normes ;
• Favoriser la convergence internationale des normes comptables courantes avec le
souci de l’amélioration de la qualité du reporting ;
• Améliorer la compréhension de la nature et des buts de l’information contenue dans
les états financiers.
Le FASB développe aussi bien de larges concepts de comptabilité que les normes pour le
reporting. Il fournit également des conseils pour la mise en place de ces normes.
Ce conseil se compose de sept membres, tous permanents et devant tous être membre de
L’AICPA.
Toutes les normes du FASB ainsi que de beaucoup de ses avis sont sujets à une procédure
particulière « Due Process » selon laquelle toutes les parties intéressées et le public revoient et
commentent toutes ces règles comptables proposées avant leur adoption définitive.
Le « Due Process » : la procédure d’établissement des normes.

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La procédure actuelle d’établissement des normes est relativement complexe :
1) Un groupe de travail « a working party » est réuni. Il comporte généralement des
utilisateurs des documents comptables, des personnes utilisant ces documents ainsique des
auditeurs ;
2) Il est demandé au groupe de travail d’étudier la « littérature » concernant le sujet, et
d’envisager les solutions possibles. Le groupe peut à ce stade entreprendre des recherches ou
en commissionner. A l’issu de ses travaux, il émet un rapport ;
3) Le FASB établit un document de travail à partir des résultats du « Working Party » ;
4) Des auditeurs publics ont lieu ;
5) Un projet « Exposure Draft » est publié et largement distribué pour critiques et
commentaires ;
6) Le document final est soumis au vote pour devenir un FAS ;
Par surcroît, un ensemble de facteurs est pris en compte dans le choix des sujets :
• L’ampleur de la question ;
• L’existence de solutions alternatives ;
• La faisabilité technique ;
• Les conséquences pratiques de la question ;
• Les possibilités de convergence avec les normes des autres pays ;
• Les opportunités de coopération avec d’autres organismes ;
• Les ressources disponibles ;
Le FASB publie des FAS (Statements of Financial Accounting Standards) ainsi que les
« Interprétations » qui complètent et commentent les « statements ».









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2-4 L’AICPA

L’Américain Institute of Chartered public Accounts est une organisation professionnelle
réunissant les experts comptables aux Etats unis. Elle est donc l’équivalent de l’Ordre des
Experts Comptables au Maroc.
Sa mission est de fournir à ses membres les ressources, les informations et le leadership qui
leur permettent de fournir des services de haute qualité au profit du public des employeurs et
des clients. Elle travaille en collaboration avec les institutions publiques des experts
comptables.
Pour réaliser ses objectifs l’AICPA :
• Représente ses membres et défend leurs intérêts ;
• Certifie et autorise les nouveaux experts selon des normes précises de qualification ;
• Sert de l’interlocuteur auprès du public, en améliorant la conscience publique des intérêts de
la profession et en suivant de prés l’évolution des besoins des CPAs
« Chartered Public Accountants » ;
• Aide à la conception et la mise en oeuvre de programmes académiques et encourage les
étudiants brillants à devenir des experts comptables ;
• Etablit des normes professionnelles et améliore le code déontologique des experts.
Notons que ces objectifs ont été révisés et renforcés par des initiatives stratégiques
« Strategic Initiatves » en avril 1998.

2-5 LA SEC

C’est la commission des valeurs mobilières et d’échange et équivaut à notre conseil
déontologique des valeurs Mobilières. Elle a été créée en 1934 pour restaurer la confiance des
investisseurs. Son premier président fut Joseph KENNEDY le père du John KENNEDY.
Toute entreprise désireuse de s’introduire en une des grandes bourses américaines
(notamment le NYSE et l’AMEX) doit d’abord remplir les conditions exigées par cette
commission en vue de s’inscrire auprès d’elle.
Cet organisme veille sur la protection des intérêts des investisseurs et l’intégrité des marchés
financiers.

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- 26 -
La SEC est dirigée par un conseil d’administration (Board) de 5 membres nommés par le
Président des Etats Unis. Elle comprend aussi 4 divisions et 18 bureaux spécialisés.
Elle exerce son pouvoir sur les méthodes de présentation des états financiers, le respect des
règles de publication ainsi que les règles d’audit des sociétés inscrites auprès d’elle. La
SEC est donc responsable de faire appliquer ces règles par les sociétés inscrites ; mais ne les
établit pas. C’est l’AICPA qui s’en chargeait depuis 1934, et qui, à son tour, remis le
flambeau au FASB en 1973.

3- La communication autour du passage aux normes IFRS

3-1 L’objectif des états financiers

L’objectif des états financiers est de fournir une information sur la situation financière, la
performance et les variations de la situation financière d’une entreprise, qui soit utile à un
large éventail d’utilisateurs pour prendre des décisions économiques.
Les états financiers préparés dans cet objectif satisfont aux besoins communs de la plupart des
utilisateurs.
Cependant, les états financiers ne fournissent pas toute l’information dont les utilisateurs
peuvent avoir besoin pour prendre des décisions économiques, puisqu’ils dépeignent
principalement les effets financiers des événements passés et ne fournissent pas
nécessairement d’information non financière.
Les états financiers peuvent également montrer les résultats de la gestion des dirigeants ou la
façon dont ils s’acquittent de leur mandat quant aux ressources qui leur ont été confiées. Ces
utilisateurs qui veulent apprécier la gestion et la reddition de comptes par les dirigeants le font
afin de prendre leurs propres décisions économiques. Ces décisions peuvent inclure, par
exemple, la conservation ou la vente de leur participation dans l’entreprise ou la reconduction
ou le remplacement des dirigeants de l’entreprise.
Les décisions économiques qui sont prises par les utilisateurs des états financiers imposent
une évaluation de la capacité de l’entreprise à générer de la trésorerie et des équivalents de
trésorerie ainsi que de leur échéance et de l’assurance de leur concrétisation. C’set cette
capacité qui, en fin de compte, détermine, par exemple, la capacité d’une entreprise à payer
son personnel et ses fournisseurs, à payer les intérêts, à rembourser ses emprunts et à procéder
à des distributions à ses propriétaires. Les utilisateurs sont mieux à même d’évaluer cette

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


- 27 -
capacité de générer de la trésorerie si on leur fournit des informations qui mettent l’accent sur
la situation financière, la performance et les variations de la situation financière d’une
entreprise.
La situation financière d’une entreprise est affectée par les ressources économiques qu’elle
contrôle, par sa structure financière, sa liquidité et sa solvabilité, et sa capacité à s’adapter aux
changements de l’environnement dans lequel elle opère. L’information sur les ressources
économiques contrôlées par l’entreprise et sa capacité dans le passé à modifier ces ressources
est utile pour prédire la capacité de l’entreprise à générer de la trésorerie et des équivalents de
trésorerie à l’avenir. L’information sur la structure financière est utile pour prédire les besoins
d’emprunts futurs et pour prédire comment les bénéfices et les flux de trésorerie futurs seront
répartis entre ceux qui ont intérêt dans l’entreprise. Elle est également utile pour prédire la
probabilité d’obtention par l’entreprise de nouveaux financements. L’information sur la
liquidité et la solvabilité est utile pour prédire la capacité de l’entreprise à respecter ses
engagements financiers à échéance. La liquidité fait référence à la disponibilité de trésorerie
dans un avenir proche après avoir pris en compte les engagements financiers sur la période.
La solvabilité fait référence à la disponibilité de trésorerie à plus long terme pour satisfaire les
engagements financiers lorsqu’ils arriveront à échéance.
L’information sur la performance d’une entreprise, en particulier sur sa rentabilité, est
nécessaire afin d’évaluer les changements potentiels de ressources économiques qu’elle est
susceptible de contrôler dans l’avenir. L’information sur la variabilité de la performance est, à
cet égard, importante. L’information sur la performance est utile pou prédire la capacité de
l’entreprise à générer des flux de trésorerie sur la base de ses ressources existante. Elle est
également utile pour élaborer des jugements sur l’efficacité avec laquelle l’entreprise pourrait
employer des ressources supplémentaires.
L’information concernant les variations de la situation financière d’une entreprise est utile
afin d’apprécier ses activités d’investissement, de financement et opérationnelles au cours de
l’exercice. Cette information est utile pour fournir à l’utilisateur une base pour apprécier la
capacité de l’entreprise à générer de la trésorerie et des équivalents de trésorerie et pour
déterminer les besoins qu’à l’entreprise d’utiliser ces flux de trésorerie. Pour construire un
tableau de la variation de la situation financière, les fonds peuvent être définis de plusieurs
façon telles que : ensemble des ressources financières

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


- 28 -
Fonds de roulement actifs liquides ou trésorerie. Le présent cadre ne tente pas de définir le
terme fonds
L’information sur la situation financière est fournie principalement dans un bilan,
l’information sur la performance est donnée principalement dans un compte de résultat,
l’information sur les variations de la situation financière est fournie dans les états financiers
au moyen d’un état séparé.
Les composantes des états financiers sont indépendantes parce qu’elles reflètent différents
aspects des mêmes transactions ou autres événement. Bien que chaque état fournisse une
information différente de celle fournie par les autres, aucun n’est susceptible de servir un seul
but déterminé, ni de fournir toute l’information nécessaire pour les besoins particuliers des
utilisateurs. Par exemple, un compte de résultat donne une image incomplète de la
performance, à moins d’être utilisé conjointement avec le bilan et le tableau de variations de
la situation financière.

3-2 Contraintes à respecter pour que l’information soit pertinente et fiable

Les caractéristiques qualitatives sont les attributs qui rendent utile pour les utilisateurs
l’information fournie dans les états financiers. Les quatre principales caractéristiques
qualitatives sont l’intelligibilité, la pertinence, la fiabilité et la comparabilité.

INTELLIGIBILITE
Une qualité essentielle de l’information fournie dans les états financiers est d’être
compréhensible immédiatement par les utilisateurs. A cette fin, les utilisateurs sont supposés
avoir une connaissance raisonnable des affaires et des activités économiques et de la
comptabilité et une volonté d’étudier l’information d’une façon raisonnablement diligente.
Cependant, l’information relative à des sujets complexes, qui doit être incluse dans les états
financiers du fait de sa pertinence par rapport aux besoins de prises de décisions économiques
des utilisateurs, ne doit pas être exclue au seul motif qu’elle serait trop difficile à comprendre
pour certains utilisateurs.


PERTINENCE

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


- 29 -
Pour être utile, l’information doit être pertinente pour les besoins de prises de décisions des
utilisateurs. L’information possède la qualité de pertinence lorsqu’elle influence les décisions
économiques des utilisateurs en les aidant à évaluer des événements passés, présents ou futurs
ou en confirmant ou corrigeant leurs évaluations passées.
Les rôles de prévision et de confirmation de l’information sont interdépendants. Par exemple,
l’information sur la structure et le niveau actuels des actifs détenus a une valeur pour les
utilisateurs lorsqu’ils cherchent à prévoir la capacité de l’entreprise à profiter des opportunités
et sa capacité à réagir à des situations défavorables. La même information joue un rôle de
confirmation des prévisions passées, par exemple sur la structure de l’entreprise ou sur le
résultat d’activités prévues.
L’information sur la situation financière et la performance passée est fréquemment utilisée
comme base de prévision de la situation financière et de la performance futures, ainsi que
dans d’autres domaines d’un intérêt direct pour les utilisateurs, tels que les paiements de
salaires et de dividendes, les variations des prix des titres et la capacité de l’entreprise à faire
face à ses engagements à leur échéance. Pour avoir une valeur prédictive, l’information n’a
pas besoin de prendre la forme d’une prévision explicite. La capacité à prévoir à partir des
états financiers est cependant améliorée par la façon dont l’information sur les transactions et
les événements passés est présentée. Par exemple, la valeur prédictive du compte de résultat
est améliorée si les éléments inhabituels, anormaux et peu fréquents, tant en matière de
produits que de charges, sont fournis séparément.

• Importance relative
La pertinence de l’information est influencée par sa nature et son importance relative. Dans
certains cas, la nature de l’information est suffisante à elle seule pour la rendre pertinente. Par
exemple, le fait de présenter un nouveau secteur peut affecter l’appréciation des risques et des
opportunités auxquels est confrontée l’entreprise, quelle que soit l’importance relative des
résultats réalisés par le nouveau secteur au cours de l’exercice. Dans d’autres cas, c’est à la
fois la nature et l’importance relative qui sont importante, par exemple, le montant des stocks
détenus dans chacune des principales catégories qui sont appropriées à l’activité.

L’information est significative si son omission ou son inexactitude peut influencer les
décisions économiques que les utilisateurs prennent sur la base des états financiers.

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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L’importance relative dépend de la taille de l’élément ou de l’erreur, jugée dans les
circonstances particulières de son omission ou de son inexactitude. En conséquence,
l’importance relative fournit un seuil ou un critère de séparation plus qu’une caractéristique
qualitative principale que l’information doit posséder pour être utile.

FIABILITE
Pour être utile, l’information doit également être fiable. L’information possède la qualité de
fiabilité quant elle est exempte d’erreur et de biais significatifs et que les utilisateurs peuvent
lui faire confiance pour présenter une image fidèle de ce qu’elle est censée présenter ou ce
qu’on pourrait s’attendre raisonnablement à la voir présenter.
L’information peut être pertinente, mais si peu fiable par nature ou dans sa représentation que
sa comptabilisation pourrait être potentiellement trompeuse. Par exemple, si la validité et le
montant d’une demande d’indemnités en vertu d’une action en justice sont contestés, il n’est
pas approprié pour l’entreprise de comptabiliser le montant total de cette demande au bilan,
bien qu’il puisse être approprié d’indiquer le montant et les circonstances de la demande.

• Image fidèle
Pour être fiable, l’information doit présenter une image fidèle des transactions et autres
événements qu’elle vise à présenter ou dont on s’entend raisonnablement à ce qu’elle les
présente. Ainsi, par exemple, un bilan doit présenter une image fidèle des transactions et
autres événements qui génèrent des actifs, des passifs et des capitaux propres pour l’entreprise
à la date de clôture et qui satisfont aux critères de comptabilisation.
Dans la plupart des cas, l’essentiel de l’information financière présente un certain risque
d’être une présentation moins fidèle que ce qu’elle vise à présenter. Ceci n’est pas dû à un
parti pris mais plutôt aux difficultés inhérentes soit à l’identification des transactions et autres
événements à évaluer, soit à la conception et à l’application des techniques d’évaluation et de
présentation qui peuvent traduire ces transactions et ces événements. Dans certains cas,
l’évaluation des effets financiers des éléments pourrait être si incertaine que les entreprises, de
façon générale, ne les comptabilisent pas dans les états financiers. Par exemple, bien que la
plupart des entreprises génèrent, de façon interne, un goodwill au cours du temps, il est
habituellement difficile d’identifier ou d’évaluer de façon fiable ce goodwill. Dans d’autres

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


- 31 -
cas, cependant, il peut être pertinent de comptabiliser des éléments et d’indiquer le risque
d’erreur relatif à leur comptabilisation et à leur évaluation.

• Prééminence de la substance sur la forme
Si l’information doit présenter une image fidèle des transactions et autres événements qu’elle
vise à présenter, il est nécessaire qu’ils soient comptabilisés et présentés conformément à leur
substance et leur réalité économique et non pas seulement selon leur forme juridique. La
substance des transactions et autres événements n’est pas toujours cohérente avec ce qui
ressort du montage juridique apparent. Par exemple, une entreprise peut céder un actif à un
tiers, de telle façon que les actes visent à conférer la propriété juridique à ce tiers. Néanmoins,
des accords peuvent exister, qui font en sorte que l’entreprise continue à bénéficier des
avantages économiques futurs représentatifs de cet actif. Dans de telles circonstances, la
comptabilisation d’une vente ne donnerait pas une image fidèle de la transaction qui a été
conclue (si tant est qu’il y ait eu, en fait, une transaction).
• Neutralité
Pour être fiable, l’information contenue dans les états financiers doit être neutre, c’est à dire
sans parti pris. Les états financiers ne sont pas neutres si, par la sélection ou la présentation de
l’information, ils influencent les prises de décisions ou le jugement afin d’obtenir un résultat
ou une issue prédéterminé.

• Prudence
Les préparateurs d’états financiers, cependant, sont confrontés avec les incertitudes qui, de
façon inévitable, entourent un grand nombre d’événements et de circonstances, tels que la
recouvrabilité des créances douteuses, la durée d’utilité probable des immobilisations
corporelles et le nombre de demandes en garantie qui peuvent survenir. De telles incertitudes
sont reconnues à travers une information sur leur nature et étendue et par l’exercice de la
prudence dans la préparation des états financiers. La prudence est la prise en compte d’un
certain degré de précaution dans l’exercice des jugements nécessaires pour préparer les
estimations dans des conditions d’incertitude. Pour faire en sorte que les actifs ou les produits
ne soient pas surévalués et que les passifs ou les charges ne soient pas sous-évalués.
Cependant l’exercice de la prudence ne permet pas, par exemple, le création de réserves
occultes ou de provisions excessives, la sous-évaluation délibérée des actifs ou des produits,

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


- 32 -
ou la surévaluation délibérée des passifs ou charges, parce que les états financiers ne seraient
pas neutres, et, en conséquence, ne posséderaient pas la qualité de fiabilité.

• Exhaustivité
Pour être fiable, l’information contenue dans les états financiers doit être exhaustive, autant
que le permettent le souci de l’importance relative et celui du coût. Une omission peut rendre
l’information fausse ou trompeuse et, en conséquence, non fiable et insuffisamment
pertinente.

COMPARABILITE
Les utilisateurs doivent être en mesure de comparer les états financiers d’une entreprise dans
le temps afin d’identifier les tendances de sa situation financière et de sa performance. Les
utilisateurs doivent également être en mesure de comparer les états financiers d’entreprises
différentes afin d’évaluer, de façon relative, leurs situations financières, leurs performances et
les variations de leurs situations financières. En conséquence, l’évaluation et la présentation
de l’effet financier de transactions et d’événements semblables doivent être effectuées de
façon cohérente et permanente pour une même entreprise et de façon cohérente pour
différentes entreprises.
Une des implications importantes de la caractéristique qualitative de comparabilité est que les
utilisateurs soient informés des méthodes comptables utilisées dans la préparation des états
financiers et de tout changement apporté à ces méthodes ainsi que des effets de ces
changements. Les utilisateurs doivent être en mesure d’identifier les différences entre les
méthodes comptables pour des transactions et autres événements semblables, utilisées par la
même entreprise d’un exercice à l’autre et utilisées par différentes entreprises. La conformité
avec les normes comptables internationales, y compris l’indication des méthodes comptables
utilisées par l’entreprise, aide à atteindre cette comparabilité.

Le besoin de comparabilité ne doit pas être confondu avec l’uniformité pure et ne doit pas
constituer un obstacle à l’introduction de dispositions normatives comptables améliorées. Il
n’est pas approprié pour une entreprise de continuer à comptabiliser de la même façon une
transaction ou un autre événement si la méthode adoptée ne permet pas de respecter les
caractéristiques qualitatives de pertinence et de fiabilité. De même, il est inapproprié pour une

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


- 33 -
entreprise de maintenir inchangées ses méthodes comptables lorsqu’il existe d’autres
méthodes plus pertinentes et plus fiables.
Parce que les utilisateurs souhaitent comparer la situation financière, la performance et la
variation de la situation financière d’une entreprise au cours du temps, il est important que les
états financiers donnent l’information correspondante des exercices précédents.

CONTRAINTES À RESPECTER POUR QUE L’INFORMATION SOIT
PERTINENTE ET FIABLE

CELERITE
L’information peut perdre sa pertinence si elle est fournie avec un retard indu. La direction
peut avoir à trouver un équilibre entre les mérites relatifs d’une information prompte et ceux
d’une information fiable. Pour fournir une information à bonne date, il peut souvent être
nécessaire de la présenter avant que ne soient connus tous les aspects d’une transaction, ce qui
nuit à la fiabilité. Inversement, si l’on retarde la présentation de l’information jusqu’à ce que
tous les aspects soient connus, l’information peut être fiable, mais de peu d’utilité pour les
utilisateurs qui ont eu des décisions à prendre entre temps. Pour atteindre l’équilibre entre
pertinence et fiabilité, la considération dominante doit être de satisfaire au mieux les besoins
des utilisateurs en matière de prise décisions économiques.




RAPPORT COÛT/ AVANTAGE
Le rapport coût / avantage est une contrainte générale plutôt qu’une caractéristique
qualitative. Les avantages obtenus de l’information doivent être supérieurs au coût qu’il fallu
consentir pour la produire. L’évaluation des avantages et des coûts est cependant un processus
qui est affaire de jugement. En outre, les coûts ne pèsent pas nécessairement sur les
utilisateurs qui profitent des avantages. Les avantages peuvent également profiter à des
utilisateurs autres que ceux pour qui l’information est préparée ; par exemple, la fourniture
d’une information supplémentaire aux prêteurs peut réduire les coûts des emprunts d’une
entreprise. Pour ces raisons, il est difficile d’appliquer un test coût/ avantage dans un cas

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


- 34 -
particulier. Néanmoins, les normalisateurs, en particulier, ainsi que les préparateurs et les
utilisateurs d’états financiers, doivent garder à l’esprit cette contrainte.

EQUILIBRE ENTRE LES CARACTERISTIQUES QUALITATIVES
En pratique, la recherche d’un équilibre ou un arbitrage entre les caractéristiques qualitatives
est souvent nécessaire. Généralement le but poursuivi est d’atteindre un équilibre approprié
entre les caractéristiques afin de satisfaire aux objectifs des états financiers. L’importance
relative des caractéristiques dans les divers cas est une affaire de jugement professionnel.

IMAGE FIDELE/ PRESENTATION FIDELE
Les états financiers sont fréquemment décrits comme donnant une image fidèle ou une
présentation fidèle de la situation financière, de la performance et des variations de la
situation financière d’une entreprise. Bien que le présent cadre ne traite pas directement de ces
concepts, l’application des principales caractéristiques qualitatives et des dispositions
normatives comptables appropriées a normalement pour effet que les états financiers donnent
ce qui généralement s’entend par image fidèle ou présentation fidèle de cette information.





3-3 Lecture de l’information financière par les parties prenantes

3-3-1 Les parties prenantes de l’information financière

L’entreprise interfère avec de nombreux acteurs, partie prenante de la manière dont elle gère
la difficile équation entre l’homme et son environnement sociétal et écologique.

On distingue les parties prenantes internes dites « primaires » c'est-à-dire celles qui ont
une relation contractuelle avec l’entreprise. Les parties prenantes internes comprennent des
acteurs traditionnellement reconnus appartenant au périmètre direct de l’entreprise (les

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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actionnaires, les clients, le personnel…) et peuvent également englober des acteurs
appartenant au périmètre « périphérique » de l’entreprise (associations professionnelles, corps
professionnels…)

D’autres conceptions se font jour officiellement et élargissent le périmètre aux parties
prenantes externes dites « secondaires », celles qui n’ont pas de relations contractuelles
formalisées avec l’entreprise, mais qui subissent (ou sont susceptibles de subir) ses activités
ou d’influer sensiblement le cours de ses activités.
Cette partie prenante, très hétérogène, aux acteurs multiples, et moins familière pour
l’entreprise, fait irruption sur la scène internationale et sur le marché : la « société civile ».


Parties prenantes
« traditionnelles »
Parties prenantes
« périphériques »
Nouvelle partie prenante : la « société
civile »
Actionnaires
Clients
Administrateurs
Fournisseurs
Employés
Sous-traitants
Partenaires
d’affaires et alliances
Concurrents
etc.
Associations
industrielles
Corps professionnels
Associations de
consommateurs
Gouvernements
etc.
Opinion publique
ONG
Riverains
Sociétés locales
Groupes de pression et
d’influence
Fonds commun de pension,
fonds de retraite, fonds
d’épargne
Communautés locales et
internationales
etc.

Le périmètre de l’entreprise évolue et varie, bien sûr selon les produits, les marchés, les pays,
les contextes géopolitiques ou culturels, les évènements locaux ou mondiaux, mais surtout en
fonction des intérêts patrimoniaux des parties prenantes.

En fait, l’on peut considérer que les parties prenantes sont « actionnaires » de la responsabilité
de l’entreprise, c’est à dire de son engagement dans un développement durable. Cette analogie
se retrouve dans l’homonymie anglo-saxonne, apparue aux Etats-Unis au début des années
soixante : stakeholders, « porteurs d’enjeux », par opposition à shareholders, « porteurs de
parts ou actionnaires financiers ».
La conséquence pour l’entreprise est qu’il existe une interdépendance étroite entre elle et
l’ensemble de ses parties prenantes. Cette interdépendance élargit celle concernant les

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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shareholders, qui portent les enjeux de propriété financière, et vis-à-vis desquels l’entreprise
porte la responsabilité de développer le profit financier.

3-3-2 La communication autour des IFRS
L’application des normes IAS/IFRS concerne 5 millions d’entreprises européennes, soit

• Les 7000 sociétés européennes cotées de l’Union Européenne,
• les filiales de groupes européens cotés,
• les groupes non cotés émettant des titres de créance négociables sur un marché
réglementé de l’Union Européenne,
• les filiales de groupes européens non cotés dont le pays autorise ou impose l’utilisation
des IAS/IFRS.
Ce chantier mis en œuvre par la Commission Européenne est conséquent par l’ampleur des
acteurs concernés, et chamboulent de même les réflexes pour toutes les parties prenantes
telles que les dirigeants, les actionnaires, les auditeurs et les analystes financiers.



Les étapes de mise en œuvre des normes IFRS
Cette décision prise par la Commission Européenne en 2002 de basculer en 2005 aux normes
IAS/IFRS présente un bon nombre de modifications comptables pour les 5 millions
d’entreprises concernées.

Avantages des normes IAS/IFRS
Les normes IAS/IFRS sont des normes comptables internationales constituées d’une série
unique de normes de reporting comptable considérées comme essentielles pour garantir d’un
degré élevé de transparence et de comparabilité des rapports financiers des sociétés cotées.

Une préparation à la mise en œuvre des normes IAS/IFRS recommandée
Le Comité Européen des Régulateurs Boursiers (Committee of European Securities
Regulators) recommande aux entreprises de préparer avant 2005 le passage aux normes
comptables internationales IAS.

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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Pour faciliter l’application uniforme de ces normes dans toute l’Union, des traductions seront
rendues publiques via le Journal Officiel des communautés européennes.

Les étapes de mise en conformité aux normes IAS/IFRS
Elles sont les suivantes :
• les sociétés cotées européennes doivent être conformes à l’IAS d’ici 2005,
• les pays membres de l’UE sont susceptibles d’étendre les exigences aux sociétés non
cotées et aux comptes individuels,
• il doit y avoir mise en conformité des postulants SEC pour 2007.

Les sociétés cotées se préparent à l'échéance avec plus ou moins d'avance sur le calendrier
prévu, tandis que les acteurs sur les marchés financiers ne mesurent pas encore bien l'ampleur
du changement qui se profile. " Les ingrédients semblent réunis pour la chronique annoncée
d'un big-bang de l'information financière " (titre Jean Philippe Lacour dans La Tribune du 20
octobre 2003).


Les principaux changements comptables engendrés par les normes IFRS
Ainsi, les états financiers doivent être préparés conformément aux normes d'audit
internationales et aux normes internationales de reporting (IFRS) établies par l'International
Accounting Standards Committee ("IASC") en suivant les recommandations émises par le
Standing Interpretations Committee de l'IASC telles qu'elles ont été adoptées par
l'International Accounting Standards Board.
Mais, l'application des normes IFRS diffère de ce que nous connaissons avec le Plan
Comptable Général (PCG) français sur de nombreux aspects :
• Le PCG régissait le droit comptable des sociétés et commerçant, alors que les normes
IFRS s'adjugent le domaine de l'information financière en général. C'est pourquoi le
PCG ne s'appliquait pas à l'ensemble du monde économique produisant des états
financiers alors que les IFRS se veulent d'une application plus large.
• Le PCG définit prioritairement la comptabilité avec un plan comptable et des numéros
de compte, des règles de comptabilisation, et qu'il a peu à peu élargi ses prérogatives

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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aux états de restitution de l'information. En revanche, les IFRS abordent l'information
financière par la communication qui est effectuée auprès des actionnaires, des marchés
et des tiers pour ensuite en définir des règles normées de contenu et d'appréciation.
Leur orientation est majoritairement tournée vers les investisseurs.
• Le PCG issu d'une approche régalienne de la comptabilité est issue des pouvoirs
publics français (Décisions du Comité de Réglementation Comptable) alors que les
IFRS sont décidés par des organisations de nature privée et indépendante des pouvoirs
publics et politiques.
• Les normes IFRS ne comportent qu'un seul référentiel qu'il faut appliquer dans son
intégralité. Les normes françaises comportent quant à elles deux référentiels, un pour
les comptes sociaux et un pour les comptes consolidés. Tandis que les normes IFRS ne
feront pas de différence de méthode entre des comptes sociaux et consolidés,
l'application des deux référentiels en France conduit à des écarts surprenants et des
divergences difficilement compréhensibles.
• Le droit comptable français fait également une large part dans les méthodes
comptables retenues à la forme des pièces comptables et des documents pour
déterminer quelle en sera la retranscription dans les comptes. Les IFRS, d'influence
anglo-saxonne, retiennent principalement le fond des opérations pour leur intégration
dans les états financiers. C'est ainsi qu'il existe une prééminence du fond sur la forme
dans les IFRS.
• Les règles fiscales, et en particulier les règles de détermination des bases de l'impôt
sur les bénéfices, régissent encore beaucoup de règles comptables et les méthodes
employées dans les entreprises françaises car le PCG permet certaines exceptions ou
que les règles fiscales imposent certaines comptabilisation sous peine de se voir privé
de droits à déduction de charges. L'approche des IFRS tranche complètement avec les
règles fiscales car celles-ci sont traitées à part. Le calcul de l'impôt sur les bénéfices
est fait en dehors des états financiers et de la comptabilité, ce qui impliquera en France
une réforme importante de l'approche fiscale et de sa corrélation avec la comptabilité.
• Ensuite un des grands principes comptables français basé sur les coûts historiques n'est
que très partiellement appliqué par les IFRS. En effet, la plupart des actifs font l'objet
d'un rapprochement à la juste valeur "Fair Value". Ceci impliquera pour les comptes,

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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la mise en place de méthodes de calcul et de suivi de ces justes valeurs : il devra être
intégré la possibilité d'une volatilité plus grande de la valeur de certains actifs.






























L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


- 40 -
Partie 2 : L’impact du passage aux IFRS sur la qualité de
l’information financière : opportunité et complexité


1- Les incidences du changement du référentiel

1-1 Comment le passage aux IFRS est il ressenti ?

1-1-1 Un changement coûteux mais salvateur

Parmi les avantages, il faut citer l’objectif originel de la norme qui est de favoriser la
comparabilité des comptes au niveau européen. Aux yeux des investisseurs, ce point est
fondamental. Les normes nouvelles vont entraîner à terme des règles de calcul et de
présentation standardisées. De la même manière, elles vont homogénéiser le calcul d’éléments
parfois complexes comme le contenu du chiffre d’affaires ou le traitement du goodwill.
L’adoption des normes IFRS permettra également de sortir d’un système comptable ancien
essentiellement marqué par l’enregistrement des opérations au coût historique, et de mieux
rendre compte de la réalité économique.
Si l’approche bilancielle semble l’emporter, elle a des incidences en termes de lecture mais
aussi en termes d’élaboration des comptes. En théorie, les nouvelles normes doivent mettre fin
aux pratiques de pilotage du résultat par le biais des provisions. Cela ne sera pas sans
influence sur l’utilisation de certains ratios dans les secteurs de l’assurance et de la banque.
Au-delà du contenu des normes et de leur aspect technique, il y a tout lieu de penser que les
entreprises vont devoir s’adapter, réfléchir à l’évaluation de leurs actifs et trouver des
solutions pour gérer efficacement l‘application des nouvelles règles. Il est d’ailleurs fréquent
que ce type de réflexion, de remise à plat, conduise à une amélioration des modes opératoires
et des contrôles. La mise en oeuvre des nouvelles règles peut alors présenter des opportunités
de dépasser le strict cadre réglementaire et d’optimiser le fonctionnement des entreprises.
Ces travaux de remise à plat, d’évaluation et plus globalement de réflexion peuvent conduire
les entreprises à mettre en évidence une meilleure appréhension des risques, ce qui participera
à l’amélioration de la perception de l’entreprise par les investisseurs.
Les entreprises concernées par le passage aux nouvelles normes IFRS ont d’ores et déjà
réfléchi aux solutions qui s’offrent à elles pour appliquer les nouvelles normes. En théorie,
tout est fait pour que la qualité et la lisibilité des comptes soient meilleures. Cependant, tout

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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dépend de l’état d’esprit des entreprises concernées et des moyens qu’elles dégagent dans le
domaine informatique, en formation et surtout en communication. Elles devront faire un effort
de pédagogie marqué, principalement au moment du bilan d’ouverture.
Le premier point concerne le champ d’application de la notion de juste valeur. Compte tenu
du choix laissé aux entreprises quant à la méthode de détermination de la juste valeur, on peut
craindre une plus grande difficulté dans la comparaison des comptes d’une entreprise à
l’autre. Il est quasi-certain que l’on voit émerger des experts en évaluation, sur lesquels il
faudra s’appuyer, sans avoir la possibilité pour les analystes de critiquer leurs méthodes ou
leurs modèles internes.
Le recours à des modèles internes, s’il est une source de divergences entre sociétés, va aussi
favoriser l’émergence d’une zone de certification dans laquelle vont s’engouffrer les cabinets
de consultants. Ce point peut soulager les analystes qui n’auront vraisemblablement pas le
temps de fouiller l’analyse et auraient du, sinon, se contenter de contrôles de cohérences sur
les taux retenus par les modèles. Cette remarque sera valable aussi pour les goodwills, dont
l’évaluation passera par la notion d’« impairment test » pour laquelle les sociétés auront sans
doute recours à des experts internes. Cette nouvelle méthode d’évaluation se substituera aux
amortissements sur de très longues périodes antérieurement pratiqués.
En ce qui concerne la recherche/développement, les nouvelles normes imposent que la
recherche reste en charge et ne soit pas inscrite à l’actif. Le développement étant, pour ce qui
le concerne, intégré à l’actif du bilan. A ce sujet, deux difficultés peuvent se faire jour : la
classification des dépenses de recherche et développement en charges ou en actifs risque de se
heurter à l’incompréhension des opérationnels qui devront être sensibilisés à ce sujet. D’autre
part il va être difficile d’évaluer ces nouveaux postes d’actif. Comment déterminer la valeur
actuelle des flux futurs ? Quelle sera la bonne méthode ?
Tout repose aussi sur la manière dont les sociétés vont communiquer, dire quelles sont les
normes qui vont les impacter. Il est fort probable que les marchés réagiront négativement si
des sociétés qui sont soumises au passage aux normes IFRS ne se dotent pas des moyens
nécessaires à la communication.
Les sociétés vont devoir communiquer plus largement et répondre aux questions des analystes
sur les impacts, sur les coûts. Alors que la place sera confrontée à un phénomène de rupture
dans les bases disponibles, les analystes vont peut-être, dans un premier temps, revenir à des
considérations moins financières que par le passé en examinant la qualité du management, la

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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qualité de la stratégie, la mise en oeuvre du gouvernement d’entreprise. Sur tous ces points, il
est clair que l’émetteur qui communiquera très tôt sur les impacts que ces nouvelles normes
ont sur ses comptes aura un avantage.

1-1-2 Les dangers de la « juste valeur »

Le principe de juste valeur propose de déterminer la valeur des actifs par l’estimation des flux
de trésorerie anticipés actualisés (valeur instantanée). Dans le monde des marchés parfaits et
complets, cette valeur est égale au prix de marché des actifs. En effet, si la concurrence est
pure et parfaite, la valeur de l’actif est exactement égale à ce qu’il coûte (hypothèse de profits
nuls) et tous les actifs ont la même rentabilité. En cas d'absence d'un marché de référence, une
modélisation doit permettre de construire la valeur actualisée des flux engendrés par cet actif.
L’IASB propose, dans cette optique, de prendre la plus grande de ces deux valeurs comme
étalon pour la dépréciation de la valeur d'un actif enregistré au coût amorti (IFRS 36).
Or la mise en oeuvre des actifs fait apparaître des complémentarités ou synergies avec les
compétences propres de l’entreprise dans son ensemble. Ainsi, la rentabilité économique des
actifs diffère suivant la nature de l’acquéreur, ce qui est impossible dans la théorie des
marchés parfaits. Un actif est dit spécifique pour une entreprise lorsque l’utilisation de cet
actif par cette entreprise engendre un rendement supérieur par rapport à son utilisation par
toute autre entité (Caballero et Hammour [1998] par exemple). Le prix de marché de cet actif,
c’est-à-dire l’estimation collective de sa valeur par les autres agents, sera différent de la valeur
de cet actif pour l’entreprise.
La spécificité et l'asymétrie d’information sont essentielles et inévitables pour tout projet
entrepreneurial. Elles sont en effet au fondement de l'avantage compétitif e des « survaleurs »
(goodwill) qui sont la différence entre la valorisation d'ensemble des actifs dans l’entreprise
par rapport à leur valeur de liquidation individuelle. On sait que les survaleurs estimées par le
marché boursier donnent souvent lieu à des valorisations qui s’avèrent fantaisistes, comme
celles issues des transactions lors de la bulle internet. La généralisation de la juste valeur
rendra structurels les problèmes que l’on perçoit dans la mesure de la survaleur : alors que le
problème comptable de la survaleur ne se pose que lors de l’achat de participations ou du
contrôle d'une société, la logique de la juste valeur l’étend à l'évaluation de tous les actifs à
chaque établissement des comptes. Il s’agit donc bien d’une extension de la logique de
valorisation financière. Les succès patents de cette dernière au moment de la bulle internet ou

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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dans l’analyse de quelques sociétés dont la faillite nourrit l’actualité financière, amènent à
questionner très sérieusement l’intérêt de l’étendre dans les bilans mêmes des entreprises sous
peine de voir les bulles boursières se transformer en bulles comptables.
La comptabilité à coût historique possède une logique économique, fondée sur une vision
dynamique de l’entreprise en tant qu’entité productive durable et indivisible. Elle interroge le
processus qui amène les capitaux investis dans les ressources d'entreprise jusqu'à la création
de valeur et les représente notamment sous forme d'actifs (matériels et immatériels). Elle vise
ainsi à évaluer et représenter le revenu d'entreprise au fur et à mesure qu'il est généré par cette
entité, spécialement grâce aux résultats de ses ventes. La valorisation des actifs fait référence
donc à ce processus économique spécifique de l'entreprise, plutôt qu'aux cours boursiers. À
l'évidence, pourquoi investir sans retour ? Toute dépense activée devrait alors impliquer des
résultats. Cependant, est-ce effectivement le cas ? C'est précisément pour cela que l'on rend
périodiquement les comptes.
Dans cet esprit, une mise en alerte s'impose pour les utilisateurs et les rédacteurs futurs, en
particulier en matière de cohérence inter-temporelle et inter-entreprises, des frontières de
l'entité prise en compte, et enfin de la valorisation “prophétique” des actifs, notamment
financiers.
Les futurs utilisateurs des bilans selon les IFRS devront d'abord faire attention à la cohérence
intertemporelle et de comparaison inter-entreprises, en raison des nombreuses options laissées
par l'IASB, par exemple, en matière de valorisation des actifs, entre la notation au coût
historique corrigé pour la perte de dépréciation (IFRS 36), et celle au prix courant de marché
(très souvent substituée par l'estimation d'experts agréés).














L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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1-2 Répercussions organisationnelles

L’application des IFRS dans le monde




Carte mise à disposition par FinHarmony, formation et conseil en IAS/IFRS





1-2-1 Répercussions sur les sociétés cotées en bourse

Les impacts sur l’organisation interne des entreprises

Près de 57% des entreprises cotées estiment que le passage aux normes IAS/IFRS constitue
une réelle opportunité permettant d’améliorer leur organisation interne. Mais ce chiffre est à
relativiser suivant les secteurs d’activité, où la difficulté de mise en œuvre sera prédominante
sur les instruments financiers pour les entreprises du secteur des Banques, Services
Financiers, Energie et Assurance.

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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Ceci est moins le cas pour d’autres secteurs pour lesquels les différences entre leurs propres
normes et les normes IAS/IFRS sont plus mineures et affecteront les états financiers dans leur
forme plus que dans l’appréciation de leurs actifs.
Ainsi, une organisation spécifique est mise en place dans la plupart des cas, en centralisant le
projet de mise en place de ces normes au siège de l’entreprise, et pour 2/3 des entreprises
cotées européennes, la mise en place d’une organisation spécifique sera gérée par des experts
extérieurs.
Ces experts extérieurs sont des spécialistes dans les domaines financier et comptable, et dans
le dans les domaines de la formation ou dans le diagnostic des systèmes d’information.
Cependant, de nombreux domaines tels que les procédures d’organisation interne, les conseils
en communication et la mise en place d’un programme spécifique de formation pour le
personnel concerné restent négligés.
Mais les entreprises n’abordent pas les problèmes d’organisation interne de la même façon
que les aspects purement financiers.
En effet, même si la plupart des directeurs financiers européens perçoivent ce changement de
référentiel comme une opportunité à long terme, en France ou au Royaume-Uni, les normes
IFRS sont perçues comme génératrices de charges supplémentaires.
De plus, l’IASB a fourni ses dernières normes IFRS régissant l’ensemble des principes
comptables finalisés le 31 mars 2004, ce qui a laissé peu de temps pour les entreprises de se
préparer pour le 1
er
janvier 2005, d’où le retard annoncé et inquiétant de certaines entreprises
cotées européennes à 2 mois de l’échéance.

• Des impacts anticipés en raison de la volatibilité des résultats

C’est au niveau des marchés financiers que les nouvelles normes auront le plus d’impacts : sur
les instruments financiers, sur les fusions acquisitions, et sur la valorisation des actifs.
En effet, l’une des particularités des normes IAS/IFRS réside dans la comptabilisation à la
juste valeur, celle du marché, et non plus à un coût historique jugé déconnecté de la réalité.
Mais, l’introduction de la juste valeur risque aussi d’entraîner une plus grande volatibilité de
l’évaluation des actifs, et la question est de savoir quel sera l’impact sur un plan macro-
économique des normes IFRS sur la compétitivité des entreprises et de leur croissance.




L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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• Un lobbying traduisant d’une frilosité de certaines entreprises européennes

20% des entreprises mènent des opérations de lobbying auprès de l’IASB, soit de manière
directe soit par l’intermédiaire d’associations professionnelles, en vue de modifier certaines
normes qui ne semblent pas adaptées à leur activité (surtout sur les secteurs des Banques et
d’Assurance).
Ce lobbying se manifeste souvent en raison d’une frilosité des entreprises concernant le
caractère « obligatoire » de cette application, du retard que certaines d’entre elles ont à mettre
en place ce nouveau référentiel, et des opportunités et habitudes locales. En effet, ce nouveau
système va initier de nouveaux réflexes financiers, comptables et stratégiques pour les
entreprises.

Les impacts dans la prise de décision stratégique

• Une lecture des comptes plus fiable et transparente

Les normes IAS/IFRS ont pour objectif prioritaire d’apporter une meilleure perception de la
santé financière des entreprises (transparence des comptes) et une meilleure comparabilité des
comptes à long terme. Ainsi, l’information financière sera plus fiable sur les marchés
financiers.
En effet, les normes font apparaître certains engagements « hors bilan » qui ne figurent pas
habituellement pas dans les comptes sociaux et consolidés :
- elles prévoient de nouvelles règles de provision et d’appréciation d’actifs,
- elles permettront de connaître les performances des entreprises par zone géographique et par
secteur d’activité pour la consolidation des résultats par filiale.
Cependant, les risques inhérent à cette application résident dans une augmentation de la
« manipulation » des états financiers, la complexité des normes et une trop grande diversité de
profils d’entreprises face à une application de normes uniques.

• Les normes IFRS, un pas vers un marché financier européen unifié

Cette harmonisation va pouvoir créer une unité de langage comptable, et ainsi favoriser
l’émergence et la construction d’un marché financier européen.

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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De plus, les normes IFRS convergent avec les normes américaines US GAAP, déjà utilisées
par des sociétés européennes, ce qui permet d’intensifier le principe d’harmonisation des
marchés financiers sur la scène mondiale.

1-2-2 Répercussions sur les sociétés non cotées en bourse

Les impacts sur l’organisation interne des entreprises

Malgré les inquiétudes, la mise en place d’un langage comptable européen unique séduit plus
de la moitié des entreprises non cotées, et pour la plupart d’entre elles, l’adoption du nouveau
référentiel est du à leur appartenance à un groupe coté ou à leur implantation à l’étranger, par
soucis d’harmoniser les comptes.

Pour elles, l’application des normes IFRS n’est pas encore obligatoire, et cela leur laisse le
temps de pouvoir bien la préparer, en ayant l’exemple des entreprises cotées qui devront être
aux normes pour le 1
er
janvier 2005.

Cependant, cette préparation de réorganisation est très coûteuse pour ces entreprises aux
moyens limités et donc le poids financier s’avère significatif.
Contrairement aux sociétés cotées, les sociétés non cotées mettent d’avantage l’accent sur leur
réorganisation interne quant à la modification des systèmes d’information et les formations
internes et tout comme les sociétés cotées, elles font appel à des spécialistes pour les entourer
(techniques financières et comptables, diagnostics d’information et formation des salariés).

Les impacts financiers et stratégiques

Face aux entreprises cotées, les entreprises non cotées se montrent moins positives quant aux
améliorations que le nouveau référentiel est susceptible d’apporter en matière d’information
financière, par une meilleure transparence et comparabilité des comptes.


L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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C’est pourquoi, la majorité des entreprises européennes non cotées se préparent déjà en amont
à adopter ce nouveau référentiel malgré leurs préoccupations concernant le coût et le temps
d’adaptation.


1-3 Répercussions sur le système financier

Dans le cadre de ces normes, on comptabilise différemment un certain nombre d’opérations,
sans pour autant modifier la comptabilisation légale et fiscale du pays.
Ce sont donc surtout les pratiques comptables qui vont changer (comptabilisation des
opérations de fusion/acquisition, des subventions, des locations, des risques de change, des
provisions…), soit par des imputations sur d’autres comptes, soit par des jeux d’écritures
différents.

Il est aussi nécessaire de disposer, dans le système informatique de l’entreprise,
d’informations complémentaires utiles (notamment pour ce qui concerne la sectorisation, mais
aussi la comptabilisation des stocks).

La gestion des immobilisations est par ailleurs très touchée : elle nécessite un dédoublement
de toutes les règles d’amortissement (par exemple, biens amortissables en comptabilité fiscale
et non amortissable en IAS, et vice versa).

La comptabilité française est conçue pour souligner l’aspect fiscal des états financiers,
permettant notamment d’établir l’impôt à payer. Les IAS s’adressent en priorité aux
investisseurs et aux créanciers de l’entreprise.

Les changements induits dans la présentation des comptes :
• L’intégration en bilan d’une partie du Hors Bilan actuel, comme l’intégration des
produits dérivés,
• La réduction des délais de diffusion (trimestriels),

• Le niveau de détail accru dans les annexes, avec, notamment, une ventilation par
secteurs économiques et géographiques.

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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Les changements induits dans l’introduction de la notion de la juste valeur (fair value) qui
modifie la valorisation de l’entreprise à un instant donné :
• Evaluation à la valeur du marché

• Comptabilisation des gains et des pertes latents

Les changements induits dans les modes de comptabilisation des instruments financiers :
• Nouvelle classification

• Comptabilisation spécifique des produits dérivés optionnels,

• Nouvelles notions de couverture.

Les changements induits dans l’introduction de nouvelles règles :
• Calcul de provisions
• Calcul de dépréciation d’actifs

Désormais, l’ensemble des états financiers est constitué des éléments suivants :

• Le bilan
• Le compte de résultat
• Le tableau de flux de trésorerie (facultatif)
• L’annexe
• « tout autre document utile à la compréhension des comptes ».








L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


- 50 -
2- Les IFRS vers la démocratisation ou l’autarcie de l’information
financière

2-1 Créativité comptable, distorsions et manipulations

Avec le nouveau référentiel, le problème de l’information financière reste finalement le
même : sur quoi les entreprises vont-elles choisir de communiquer ? Elles auront
probablement encore le droit d’utiliser les indicateurs de leur choix, même si elles doivent
alors les définir avec précision, garder les mêmes d’une année sur l’autre et publier de toute
façon des données de base.
D’autant que les normes internationales ne sont pas des règles détaillées mais posent plutôt
des principes généraux : il se peut alors que deux sociétés d’un même pays ou d’un même
secteur choisissent des applications différentes.
Néanmoins, remarquons que cette flexibilité ou souplesse dans les normes n’est pas neutre :
elle est entre autres destinée à faire passer « plus en douceur » les entreprises aux normes
internationales.
De plus, les options permettent d’expérimenter plusieurs méthodes comptables et donc, en
effectuant des comparaisons entre les différentes applications et leurs incidences, d’en retirer
la « meilleure » ou la « plus juste ».
Enfin, il est clairement prévu et précisé que les normes sont amenées à évoluer, notamment en
diminuant petit à petit toutes ces options.
La flexibilité des normes n’est alors peut-être pas à long terme un problème en matière de
transparence. Serait-ce même un atout comme ont tendance à le croire les Anglo-saxons ?

2-2-1 Problèmes engendrés par certaines normes

Tout d’abord, avec les normes internationales, les entreprises vont nécessairement vers une
plus grande volatilité des comptes liée par exemple à l’évaluation des instruments financiers
et des immobilisations (corporelles comme incorporelles) à leur juste valeur (IAS16 et
IAS39).
Comptabiliser les éléments au prix instantané du marché (au lieu du coût historique et des
amortissements annuels) soumet les comptes à la volatilité des marchés. Les variations de

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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valeur de chaque poste rendront les bénéfices plus volatiles, donc les capitaux propres
également, ce qui pourrait poser un problème aux actionnaires.
Prenons un autre exemple de difficulté : la juste valeur d’une société (ou de son actif
immobilisé) peut-elle toujours être assimilée à sa valeur de marché ? Il semble que non, tant
que la marque n’est pas comptabilisée et ne figure pas dans les comptes de l’entreprise.
Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que la question de la juste valeur provoque
actuellement des réactions très virulentes, notamment de la part des banques européennes qui
vont ainsi voir leur risque énormément augmenter. Ces réactions font ressortir une tendance
naturelle des différents acteurs vers la sécurité : les entreprises sont en effet peu disposées à
accepter la position incertaine dans laquelle les place la valorisation à la juste valeur.

Un deuxième écueil est que les normes internationales introduisent l’idée de futur dans la
présentation des comptes, notamment par l’actualisation des flux et la prévision des
évolutions à venir ; or, à partir du moment où il s’agit d’éléments prévisionnels, les chiffres ne
sont plus liés à des choses tangibles ou réelles : chacun peut en quelque sorte prévoir ce qui
l’arrange pour embellir ses comptes et là, on s’éloigne manifestement de l’exigence de
transparence ! Comment dès lors éviter que cette évaluation soit subjective ? Beaucoup
d’instruments financiers n’étant pas négociés sur des marchés actifs ou liquides, il faut
recourir à des modèles pour déterminer leur « juste valeur » ; mais ces modèles prévisionnels
sont source d’erreurs involontaires et volontaires, ce qui fait que la fiabilité et la validité de la
mesure dépendront de la pertinence des paramètres choisis et de la sincérité des entreprises
(puisque les modèles pourront toujours être manipulés à leur avantage…). L’évaluation
redevient alors dénuée de neutralité et plus le modèle utilisé sera complexe, plus la
« manipulation créative » sera difficile à détecter.

Enfin, l’évaluation à la juste valeur fait que les résultats comptables seront plus affectés par
les éléments externes (taux de change et d’intérêt) que par les décisions de l’équipe dirigeante.
La traduction de la performance qu’elle donne sera donc très éloignée de la réalité de gestion
de l’entreprise. Faudrait-il, dans ce cas, tenir une double comptabilité basée sur deux
méthodes d’évaluation différentes ? Mais est-il vraiment rigoureux d’avoir un reporting
interne qui diffère du reporting externe ?


L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


- 52 -
D’autre part, certaines normes peuvent poser des problèmes opérationnels : les groupes vont
par exemple rencontrer des difficultés importantes en matière de regroupement d’entreprises.
En effet, les nouvelles règles supprimeront l’amortissement systématique des écarts
d’acquisition et introduiront des tests de perte de valeur (selon l’IAS 36, un actif a perdu de la
valeur quand sa valeur comptable est supérieure à sa valeur recouvrable, la valeur recouvrable
étant définie comme la valeur la plus élevée entre la valeur d’utilité et le prix de vente net).
Concrètement, les entreprises devront chaque année recalculer la valeur de marché des cibles
qu’elles ont acquises pour s’assurer que ces dernières ne se sont pas dépréciées. Ce
rapprochement à la juste valeur impliquera pour les comptes la mise en place de méthodes de
calcul et de suivi de la valeur : il devra être intégré la possibilité d’une volatilité plus grande
de la valeur de certains actifs.

Les circonstances dans lesquelles les entreprises seront conduites à comptabiliser des pertes
de valeur seront en outre beaucoup plus nombreuses qu’auparavant. En effet, aujourd’hui, des
pertes de valeur sont souvent déclenchées et comptabilisées dans le cadre de restructuration
et/ou abandon d’activité ; demain, les analyses devront être menées dès qu’un certain nombre
d’indicateurs (changements dans l’environnement technologique, économique ou juridique,
variation des taux d’intérêt…) laisseront penser que les actifs ont perdu de la valeur. Par
ailleurs, les analyses ne pourront plus être effectuées au niveau global de l’entreprise mais
elles devront l’être au niveau des unités génératrices de trésorerie auxquelles tous les actifs,
corporels et incorporels, devront être rattachés. L’unité génératrice de trésorerie (ou UGT) est
le plus petit groupe identifiable d’actifs dont l’utilisation continue génère des entrées de
trésorerie qui sont largement indépendantes des entrées de trésorerie générées par d’autres
actifs ou groupes d’actifs. La mise en place de ces UGT permettant de suivre les valeurs des
actifs implique la participation des opérationnels en plus de celle des services comptables et
de la direction financière. Il s’agit en particulier d’identifier les UGT (le rôle des hommes du
plan et de la stratégie devrait être ici primordial), de déterminer leur composition (par les
contrôleurs de gestion aidés des opérationnels) et d’évaluer les valeurs recouvrables par la
mise en place du calcul des valeurs d’utilité.




L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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2-2-2 Qu’est ce qu’il est en est de l’information envers les autres parties prenantes ?

Pour finir cette section, il nous paraît intéressant et nécessaire de se poser une question sous-
jacente au passage aux normes IFRS : quels sont les besoins des autres parties prenantes à
l’information financière ?

Il va de soi qu’une pluralité d’agents économiques et sociaux est directement concernée par
l’entreprise, des actionnaires au personnel, en passant par l’Etat, les banques, les clients et les
fournisseurs ; sans parler de ceux qui le sont indirectement…
Ainsi, il existe une pluralité de parties prenantes (stakeholders) de l’information comptable
qui n’ont pas toutes la même vision ni la même conception de la valeur d’une entreprise.
Dans ce contexte, la comptabilité donne à voir l’économie d’une certaine manière ; en effet,
comme nous l’avons vu un peu plus haut, les normes internationales offrent une vision dans
laquelle les lecteurs privilégiés sont les actionnaires. Ils ont essentiellement pour but de
communiquer vers les marchés financiers; d’autant que les scandales aux Etats-Unis comme
ailleurs ont pour effet de renforcer cette information destinée aux actionnaires, mais que fait-
on des autres parties prenantes tels que les salariés, les clients, les fournisseurs et les pouvoirs
publics ? Les entreprises n’ont-elles pas aussi le devoir d’adresser leur communication à ces
derniers ? Comment concilier l’information nécessaire aux actionnaires et aux investisseurs
avec celle due aux autres acteurs ? Ces derniers vont-ils s’y retrouver avec le nouveau
référentiel comptable ? Va-t-on les y aider ?
(Ecartons ici le cas des banques car elles se préparent déjà en amont au changement et
tendraient même plutôt à inciter les entreprises à s’atteler aux nouvelles normes, notamment
pour favoriser leurs services d’ingénierie financière proposés aux entreprises).
Somme toute, l’entreprise doit rendre des comptes à toutes ces parties prenantes qui, parce
qu’elles sont affectées par ses activités, ont un droit à l’information sur celles-ci.

Sur ce point, l’évaluation à la juste valeur répond nettement aux attentes des investisseurs
mais beaucoup moins bien à celles des autres parties : en effet, l’Etat, les clients ou les

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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salariés ont un besoin d’information stable, non remise en cause tout le temps, pour forger
leur opinion.
De plus, la juste valeur fait de la maximisation de la valeur actionnariale l’un des objectifs
uniques de l’entreprise. Or, un pilotage de l’entreprise fondé uniquement sur la maximisation
de la création de valeur pour l’actionnaire ne risque-t-il pas de freiner la croissance et de
favoriser le court-terme au détriment d’une vision stratégique à long terme, de l’innovation et
de nouveaux marchés ou produits ? N’atteint-on pas les limites d’une « marchéisation » de la
comptabilité ? Il convient sans doute d’intégrer aux informations à la juste valeur des données
venant d’une comptabilité de gestion et des ressources humaines par exemple (relatives à une
« valeur ajoutée sociale »).
Mais la transparence passe peut-être aussi par une amélioration notable du contenu des
rapports, précisant par exemple les engagements sociaux et environnementaux (cf.
développement durable). Car la création de valeur sociétale des firmes semble s’intégrer
complètement à leur analyse en tant que facteur de solidité et de durabilité.

2-2 Les IFRS : Le nouveau langage du capitalisme comptable

L’affaire Enron commence le 16 octobre 2001 lorsque la firme de Houston annonce une perte
de 618 millions de $ pour le 3° trimestre 2001 après constatation d’une charge exceptionnelle
de 1 Mds de $. Les marchés sont pris au dépourvu et le doute s’installe : en 5 jours l’action
chute de 40%. La principale ruse pratiquée par Enron a consisté à exclure abusivement de son
périmètre de consolidation de nombreuses filiales crées de toute pièce et dans lesquelles sont
logées des dettes et des engagements qu’elles souhaitent occulter afin d’améliorer l’image de
santé financière donnée par son bilan consolidé. Enron a également manipulé la
comptabilisation des contrats à long terme de fourniture d’énergie. Par ailleurs en utilisant les
marges de manœuvre offertes par les règles de comptabilisation des opérations de négoce
(reconnaissance comme chiffre d ‘affaires soit de l’ensemble des montants négociés soit de la
seule marge de négoce) elle a artificiellement grossi son chiffre d’affaires. Ce n’est qu’un an
après le déclenchement du scandale Enron que les normes comptables américaines ont
supprimé cette marge d’interprétation.
Il s’agit en réalité d’un désastre collectif : l’auditeur d’Enron Arthur Andersen, les banques
d’affaires, les sociétés de conseil stratégique ont été mêlés de près ou de loin aux

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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manipulations d’Enron...De nombreux comptables, analystes, juristes, régulateurs et
législateurs n’ont pas joué leur rôle à un degré ou à un autre, pour assurer l’exactitude des
informations financières et le bon acheminement des données honnêtes et non manipulées sur
les marchés.
Cette affaire, n’est que la preuve que L’évolution de l’information financière n’est en fait
qu’un nouvel aspect de la transformation du capitalisme.
En effet, Les auteurs estiment que la distinction « classique » entre « capitalisme rhénan »
(avec ses banques omniprésentes) et « capitalisme anglo-saxon » (avec ses marchés financiers
et son obsession du profit à court terme) n’est plus pertinente.
La distinction proposée par Raghuram Rajan et Luigi Zingales leur semble davantage
convenir à l’époque actuelle.
D’un côté le « Capitalisme relationnel » dans lequel les relations entre individus, forgées par
exemple au gré d’études communes ou de proximité sociales ou politiques, jouent un rôle
prépondérant dans l’allocation des financements externes de l’entreprise.
De l’autre côté le « Capitalisme contractuel » dans lequel les relations personnelles ne sont
pas déterminantes et où les décisions se prennent de manière « anonyme ».
Selon cette grille d’analyse les marchés des capitaux relèvent du « capitalisme contractuel »
alors que les financements par les banques commerciales, les fonds de l’Etat sont plutôt
caractéristiques du « capitalisme relationnel ».
Dans un contexte d’environnement instable, créé par l’apparition de nouvelles technologies, le
capitalisme relationnel consacre beaucoup de ressources à la sauvegarde d’entreprises
condamnées alors que le capitalisme contractuel favorise l’apparition de nouvelles entreprises
et de nouvelles fortunes.
L’écosystème financier français hérité des « Trente glorieuses » accorde une large place aux
relations personnelles pour l’élaboration et la diffusion de l’information financière.
Ainsi les normes comptables nationales sont en France teintées de considérations fiscales,
statistiques et prudentielles exprimant la prééminence de l’Etat et des grandes banques par
rapport aux autres utilisateurs et notamment aux actionnaires. L’information financière
accessible publiquement revêt une importance relativement mineure, en comparaison avec un
modèle de capitalisme contractuel appuyé principalement sur les marchés des capitaux.
Ce système semble toutefois en France être appelé à un remise en cause car la période actuelle

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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se caractérise par des évolutions profondes du paysage financier.
L’économie française s’est largement ouverte aux mécanismes du marché depuis le début des
années 80. En moins de 20 ans le nombre d’actionnaires individuels a presque quadruplé pour
atteindre un total proche de 6 000 000, soit 1/10e de la population. La capitalisation boursière
de Paris est passée de 6% du PIB en 1982 à 28% en 1992 et 94% en 2002. L’actionnariat de
l’Etat a considérablement réduit. Les « noyaux durs » ont été démantelés et l’actionnariat
étranger s’est spectaculairement accru dans le même temps. Quelques traits saillants
particulièrement importants pour l’avenir de l’information financière ont attiré l’attention des
auteurs : le développement des fusions acquisitions, l’innovation technologique et financière
et les nouveaux modes de rémunérations des dirigeants.
En effet l’accélération des changements de périmètre des groupes due aux fusions et
acquisitions (qui rend la lisibilité des comptes et l’appréciation des performances plus
difficiles), l’impact du développement des nouvelles technologies de la communication sur
l’information financière et les innovations financières tous azimuts sont quelques uns de ces
chocs dont l’effet est une profonde mutation de l’écosystème financier et qui appellent des
mesures urgentes pour éviter une dérive du système.
Le système financier( insistent les auteurs qui restent malgré tout optimistes) doit développer
des mécanismes de défense par rapport aux principaux risques de dérives et de fraudes ; en
partie de nouvelles réglementations et en partie un contrôle collectif plus contraignant sur les
agissements des dirigeants
2-3 Les investisseurs au pouvoir
Reprise en main des entreprises par les investisseurs qui en principe en sont les propriétaires.
--> Réaffirmation du pouvoir actionnarial.
Le rôle clé des investisseurs institutionnels
Aux Etats-Unis, ils contrôlent plus de 60% de l’ensemble des actions cotées et assurent à eux
seuls plus de 80% du volume des transactions en Bourse. Pourtant ils ont longtemps été peu
actifs pour exercer un contrôle sur les entreprises dont ils sont actionnaires.
Les investisseurs ne sont pas en général totalement indépendants. La plupart d’entre eux, par
exemple, sont des filiales de gestion appartenant à des banques ou à des compagnies
d’assurances. Ainsi la filiale peut être incitée à surinvestir dans les entreprises auxquelles la

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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maison mère offre des crédits ou cherche à en offrir...
Cela étant, les investisseurs institutionnels évoluent.
Aux Etats-Unis, les grands fonds de pension du secteur public tels que Calpers (employés de
l’Etat de Californie) sont structurellement indépendants des entreprises cotées : à la différence
des « mutuals funds », ils ne sont pas appelés à solliciter auprès de celles-ci des mandats de
gestion.

Les grands fonds de pension publics sont également parmi les plus actifs dans la gouvernance
des entreprises dans lesquelles elles investissent
La part des actionnaires non résidents dans le capital des entreprises du CAC 40 est passé
d’environ 10 % au milieu des années 1980 à près de 44% aujourd’hui. Aujourd’hui les
investisseurs étrangers font preuve de vigilance accrue sur tous les aspects de l’information
financière. L’activisme actionnarial se renforce. Cela a déjà conduit à des changements de
dirigeants au plus haut niveau dans des entreprises aussi importantes que Disney ou Shell.
Où tout cela mène-t-il en matière de comptabilité et d’information financière ?
• à une obligation pour les entreprises de donner des informations plus nombreuses et
plus spécifiques.
• à une attention renforcée sur la fiabilité des comptes et de leurs audits.
Les investisseurs sont en règle générale les partisans les plus convaincus de l’adoption de
normes comptables internationales. Ils exerceront donc une influence accrue à l’avenir, non
seulement sur les entreprises cotées pour avoir des informations financières plus complète et
plus pertinentes mais aussi directement ou indirectement sur les auditeurs en vue d’une
meilleure qualité de leurs audits et également sur la normalisation comptable elle-même.
La production des normes comptables est une chose trop sérieuse pour être confiée aux seuls
experts comptables.
A travers elle, c’est la forme même de notre modèle capitaliste qui est façonnée. La
« Philosophie comptable » oriente les méthodes d’analyse de la valeur, et à travers elles les
choix de priorités des différents acteurs de la chaîne de l’économie de marché, depuis les
épargnants jusqu’aux dirigeants d’entreprises en passant par tous les métiers financiers.

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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Les marchés financiers sont à l’avant-garde de la mondialisation : de là découle le modèle
institutionnel original de l’IASB, dont la légitimité ultime ne trouve pas sa source dans une
délégation même indirecte accordée par une autorité politique, mais bien dans la nécessité
d’harmonisation globale ressentie par les intervenants financiers. Captation de l’autorité
normalisatrice par un groupe de personnes privées ne représentant qu’elles-mêmes ? Ou
nouveau modèle de régulation adapté aux enjeux du XXIème siècle ? La seconde voie est
possible, à condition que les acteurs privés et publics acceptent de jouer pleinement le jeu des
contre-pouvoirs, des checks and balances à l’échelle planétaire qui sont la nécessaire
contrepartie d’une mondialisation acceptée.




2-4 La régulation financière à la croisée des chemins

La présence d’une autorité collective est indispensable au bon fonctionnement des marchés
des capitaux. Cette régulation est constituée par les institutions publiques, semi-publiques ou
privées. Des institutions pour les marchés...
Les institutions de régulations des marchés des capitaux sont nées des crises boursières
lorsque les mécanismes spontanés du marché ou de l’autorégulation par les acteurs eux
mêmes se sont révélés insuffisants pour empêcher les dérives des comportements et la
déstabilisation du système financier.
Sans régulation publique les entreprises pourraient publier des informations donnant une
vision fausse de leur situation et de leur activité et les intermédiaires pourraient ne pas agir
dans l’intérêt de leurs clients, comme cela a pu être le cas pour les analystes par exemple.
Un certain degré de régulation publique est souvent nécessaire pour assurer la confiance des
marchés. A l’inverse trop de régulation peut freiner l’esprit d’entreprise, décourager la prise
de risque et brider l’efficacité des mécanismes de marché. Un équilibre délicat est à
rechercher au cas par cas, selon les types de marché considérés, selon les pays et les époques.
Aux Etats-Unis, la SEC, organisme public, est loin d’être le seul acteur de la régulation. Elle a
délégué une partie de ses pouvoirs à des organismes de droit privé, comme le PCAOB pour le
contrôle des auditeurs ou le FASB pour les normes comptables USGAAP. Certains marchés
de produits financiers dérivés ne dépendent pas de la SEC mais d’une autre agence fédérale,

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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le Commodity Futures Trading Commission. Par ailleurs la surveillance prudentielle des
entreprises de banques et d’assurances est assurée par un réseau complexe d’autorités dont La
Réserve Fédérale.
En dehors de Etats-Unis, tous les pays développés se sont progressivement dotés d’autorités
de régulation boursière avec dans chaque cas la même double fonction que pour la SEC : une
fonction de contrôle de l’information d’une part et de « police de marché » d’autre part.
Toutefois le champ exact de ces missions varie d’une situation à l’autre. Aux Etats-Unis la
normalisation comptable est apparue comme un sous ensemble de la mission de la SEC. Ceci
est lié à la priorité dont bénéficient les investisseurs sur les autres utilisateurs de l’information
financière dans le système américain. En France, la normalisation comptable est restée pour
l’essentiel, jusqu’à l’adoption des IAS, entre les mains du ministère des finances.
Dans tous les pays, les tribunaux jouent aussi un rôle de premier plan dans la régulation des
marchés. Enfin les gouvernements eux-mêmes et les parlements ont des influences très
variées selon le contexte national. Aux multiples acteurs étatiques il faut aussi ajouter la
commission européenne...
Cette multiplicité des acteurs n’est pas le seul élément qui donne sa spécificité à la régulation
des marchés. Plus fondamentalement, celle-ci se situe à la charnière entre le public et le privé.
La participation active d’intervenants issus du secteur privé demeure une caractéristique
générale de la régulation des marchés de capitaux. Seuls les individus qui ont l’expérience des
marchés peuvent en démonter les mécanismes et y identifier le cas échéant les fraudes et les
irrégularités.
Le collège actuel de l’AMF (ex-COB) en France comprend une majorité de membres issus du
secteur privé même si ceux-ci sont désignés par le ministère des finances.
La question qui se pose alors est celle du contrôle du régulateur : « Qui contrôlera les
contrôleurs ? ». Interrogation centrale en démocratie, puisque l’autorité du régulateur n’est en
principe qu’une délégation de celle du peuple souverain.
Le modèle américain de régulation financière est le plus élaboré. Il assigne un rôle pivot entre
le pouvoir politique et les opérateurs privés du marché à une agence publique, la SEC. Par
ailleurs la SEC est en interaction permanente avec les pouvoirs politiques, exécutifs et
législatifs. Cette interaction se traduit par des contacts permanents entre les services de la SEC
et les personnels des commissions parlementaires et les cadres gouvernementaux ainsi
qu’avec les représentants des différents groupes d’intérêts.

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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Cela n’empêche pas les dérives bureaucratiques ou la captation par certains intérêts
particuliers. Mais un certain nombre de leviers et de contre pouvoirs sont en place afin
d’assurer autant que possible la fidélité du processus de régulation aux intentions de ses textes
fondateurs.

3- Exemples concrets de l’impact sur la qualité de l’information
financière


Dans cette partie nous allons voir à travers le cas Scania maroc, certains aspects de l’impact
du changement du référentiel comptable. Le premier aspect concernera l’IAS 16 :
Immobilisations corporelles et le second l’IAS 36 : Dépréciation des actifs.
Ensuite, nous allons voir l’impact du passage aux IFRS sur une société plus importante, en
prenant le cas de AIR France.

Cas Scania Maroc

3-1 Brève présentation de Scania Maroc

Scania Maroc, filiale de Scania Suède à 99 %, a été créé en 1994. Son activité se résume à
l’importation et la commercialisation des véhicules et pièces de rechanges de marque Scania.
Depuis 1998, la société est devenue l’un des leaders du marché avec 25% de part de marché.
La politique de pénétration s’est traduite par des pertes très importantes dues aux prix
pratiqués et à l’investissement dans l’expansion du réseau de distribution.

Historiquement, le marché des camions a été essentiellement marqué par la domination de
Volvo suivie de Berliet et de Mitsubishi pour le petit tonnage, dont les produits ont été limités
à une seule gamme (4x2). Scania a initié de grands changements au niveau de ce marché.
Scania a innové au niveau de la variété de sa gamme et a présenté pour la première fois le
modèle 8x4. Le manque des infrastructures au Maroc a été aggravé par les mesures
draconiennes imposées par la banque mondiale et le Fonds monétaire international dans le
début des années 80 qui visaient à réduire les dépenses publiques. Il était nécessaire

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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d'attendre que le Maroc décide d'ouvrir entièrement son économie avec les accords du GATT,
l'accord de libre échange avec l'Union européen et avec les Etats-Unis. Le Maroc a décidé
alors de commencer la restructuration de son économie avec comme objectif l'attraction des
investissements étrangers. Ce qui a rendu la modernisation de ses infrastructures une priorité.
La candidature manquée du Maroc pour l’organisation du championnat du monde de football
de 2010 n’a pas découragé les autorités marocaines de continuer le plan ambitieux de
construction d’autoroute, port et stades de football.. La situation du marché de camion a été
alors marquée par un développement très important du segment de C (Chantier) et le prochain
développement prévisible du national et du segment de TIR.

Le marché des camions atteindra un pic historique en 2005 (plus 1000 unités), puis un
ralentissement en 2006, principalement en raison de la saturation du segment de construction.
A partir de 2007, le marché commencera à accroître lentement jusqu'à atteindre son niveau de
2005 en 2009.

Le graphe ci-dessous montre l’évolution du marché des camions poids lourds au Maroc

655
676
831
948
1250
549
566 564
618
637
267
613
330
110
106
2000 2001 2002 2003 2004
Global Tractors Rigids




L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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Le graphe ci-dessous montre le développement de part de marché de Scania Maroc durant la
période 1994-2004.
13
7
113
113
150
206
250
62
106
144
145
236
76
114
154
205
278
353
201
202
193
14
3
4 22
14 11
28
0
51
9 8
10
74
128
106
229
201
2
3
63
2000 2001 2002 2003 2004
MITSUBISHI RENAULT VOLVO DAF MAN SCANIA IVECO MERCEDES ISUZU



Le service après vente profite de l’ancienneté du parc roulant de Scania Maroc. Les
perspectives de croissance sont présentées pour la seule succursale de Tanger qui servira dans
le test de dépréciation car c’est la seule succursale que Scania Maroc possède.
Dans le cas présent nous allons procéder à une répartition des immobilisations pour les deux
activités pièces de rechanges et magasin. Ensuite, nous allons revoir les plans
d’amortissement du groupe des différentes immobilisations pour les aligner sur les normes
IFRS. En particulier, l’application de l’amortissement par composant.
(Unité génératrice de trésorerie).



L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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3-2 La démarche du traitement des normes 16 et 36

Selon la norme IAS 36, nous avons procédé à la répartition par composant basé sur la durée
de la vie. Ceci, principalement pour le poste construction. Ensuite, nous les avons réparti par
des U.G.T dont la définition sera détaillée dans le deuxième point qui suit.

Le problème qui se pose au niveau des immobilisations corporelles est la liaison entre ces
éléments par exemple, la construction est composé de plusieurs composants, qu’il faut les
définir avec leurs valeurs, à fin de trouver une évaluation selon leurs durée de vie (mures,
portes, fenêtres), et de trouver les clés de répartitions par unité génératrice de trésorerie de ces
éléments, d’après les normes, IAS 16 et IAS 36.

Enfin, le résultat des différents retraitements est présenté dans le tableau ci-dessous :
Construction

Plan amortissement "normes groupe"

Répartition
Composants
Date
acquisition
Montant
Dépréciation
période
(years)
Age
(years)
Valeur
nette
comptable
Fin 2005
Atelier Magasin


Construction 2001 3 551 000 25 4 2 982 840 90% 10%

Total 3 551 000 2 982 840








L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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Dépréciation d'actif selon la norme IFRS 36

Répartition
Composants
Date
acquisition
Montant
Dépréciation
période
(years)
Age
(years)
Valeur
nette
comptable
Fin 2005
Atelier Magasin


Construction 2001 3 274 636 50 4 3 012 665 90% 10%
Installation
électrique 2001 218 997 25 4 183 957 90% 10%
Portes/Fenêtres 2001 57 367 25 4 48 188 90% 10%

Total 3 551 000 3 244 811

Revue des amortissements pratiqués
Autres postes d'immobilisations corporelles

Plan amortissement "normes groupe"

Répartition
Postes
Date
acquisition
Montant
Durée
amortissement
Age
Valeur nette
comptable Fin
2005
Atelier Magasin

Agencement
aménagement 2001 495 000 10 4 297 000 70% 5%
Matériel 2001 530 000 5 4 106 000 70% 5%
Outillage 2001 156 000 5 4 31 200 100% 0%
Matériel de
bureau 2001 35 000 5 4 7 000 100% 0%
Matériel
informatique 2001 24 500 5 4 4 900 90% 10%
Mobilier de
bureau 2001 71 000 10 4 42 600 50% 50%
Total
1 311
500 488 700 50% 50%






L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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Dépréciation d'actif selon la norme IFRS 36


Répartition
Composants
Date
acquisition
Montant
Durée
amortissement
Age
Valeur nette
comptable Fin
2005
Atelier Magasin


Agencement et
aménagement
"Portes
Ateliers" 2001 73 000 15 4 53 533 100% 0%
Autres
Agencement
aménagement 2001 422 000 15 4 309 467 70% 5%
Matériel 2001 156 000 5 4 31 200 100% 0%
Outillage 2001 530 000 2 4 0 100% 0%
Climatiseurs 2001 35 000 5 4 7 000 90% 10%
Matériel
informatique 2001 24 500 2 4 0 50% 50%
Mobilier de
bureau 2001 71 000 10 4 42 600 50% 50%
Total
1 311
500 443 800


3-3 Définition des unités génératrices de trésorerie

La succursale objet de notre cas pratique, a deux activités : Ventes pièces et main d’œuvres
sur réparation. La contribution de l’atelier dans les ventes des pièces à travers le montage de
ces dernières lors des divers natures de réparations effectuées, pose la problématique de la
répartition de la marge total des pièces. En effet, sur la base de la quote-part du chiffres
d’affaire de ces derniers, par vente au comptoir et vente par le biais de l’atelier, un prix de
cession a été fixé. Ce prix, concerne les pièces qui vont du magasin à l’atelier pour être monté
sur les camions en réparation. D’où une affectation plus équitable de la marge dégagée sur les
pièces de rechange entre l’atelier qui occupe plus de 90% de la surface de la succursale et le
magasin.






L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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Définition du taux d’actualisation

Pour la détermination du taux d’actualisation nous allons tous d’abord étudier la structure de
financement de l’entreprise. Cette dernière se compose de :
Capital : 15 000.000 MAD
Découvert structurel : 200 031 MAD
Le coût de ces différentes sources de financement est présenté ci-dessous :



Cas pratique
Calcul du coût moyen pondéré du capital
Structure de fiancement Moyenne
Rentabilité
exigé
Rentabilité
pondérée
avant impôt
Rentabilité
pondérée
après impôt
Découvert bancaire structurel 153 396 7% 4,82% 3,13%
Emprunt groupe 45 000 4% 0,90% 0,58%
Retraitement du crédit bail 1 635 9% 0,07% 0,04%
Capital/ 15 000 13% 0,91% 0,91%
Total 215 031 4,67%

Le choix du calcul du coût de l’actualisation est important dans la mesure ou il faut se référer
à plusieurs critères, à fin d’aboutir à la réalité du secteur de transport, donc nous avons pris la
méthode du CMPC, puisque les données proposées reflètent la réalité de l’entreprise et du
marché financier.

L’actualisation des flux nets de trésorerie prévisionnels et le test de dépréciation

Tout d’abord, nous avons calculé les flux nets de trésorerie à partir du résultat net
d’exploitation auquel nous avons ajouté les dotations d’amortissements pour avoir les cash
flows, Les différents retraitements sont présentés dans le tableau ci-dessous :


L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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Prévisions/ 5 ans

2006 2007 2008 2009 2010
Magasin
Labor
sales Magasin
Labor
sales Magasin
Labor
sales Magasin
Labor
sales Magasin
Labor
sales
I- Ventes
I-1 Ventes externes
Pièces 2 600 3 900 2 860 4 290 3 146 4 719 3 461 4 719 3 807 5 710
Main d'ouvres 500 551 607 668 735
I-2 Ventes internes
Pièces 3 315 3 647 4 011 4 011 4 853
Main d'ouvres
Total ventes 5 915 4 400 6 507 4 841 7 157 5 326 7 472 5 387 8 660 6 445
II-Coût
Coût externes 5 111 325 5 622 358 6 184 395 6 430 434 7 483 478
Coût /Cession internes 3 315 3 647 4 011 4 011 4 853
Total coût 5 111 3 640 5 622 4 005 6 184 4 406 6 430 4 445 7 483 5 331
Marges 804 760 884 836 973 920 1 042 942 1 177 1 114
% 14% 17% 14% 17% 14% 17% 14% 17% 14% 17%
Charges de structure - 167 - 1 499 - 175 - 1 573 - 184 - 1 652 - 193 - 1 735 - 202 - 1 821
Résultat d'exploitation 638 - 739 710 - 737 789 - 732 849 - 793 975 - 708
Dotations aux
amortissements 16 138 16 100 16 100 16 100 16 100
Cash flow 654 - 601 726 - 637 805 - 632 865 - 693 991 - 608

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Ensuite, nous avons repris les données de notre tableau prévisionnel pour procéder à
l’actualisation des flux. Ceci pour chacune des unités génératrices de trésorerie.

U.G.T : Magasin
Cashs flow, prévisionnels

Année
1
Année
2
Année
3
Année
4
Année
5


Résultat d'exploitation 654 726 805 865 991

Dotations aux amortissements 16 16 16 16 16


= Cash flow sur activité
atelier 670 742 821 881 1 007


Valeur résiduelle à la fin de la
période 0

=Total cashs flows
actualisés 3 569

U.G.T : Atelier
Cashs flow, prévisionnels

Année
1
Année
2
Année
3
Année
4
Année
5


Résultat d'exploitation -739 -737 -732 -793 -708

Dotations aux amortissements 138 100 100 100 100


= Cashs flow sur activité
atelier -601 -637 -632 -693 -608


Valeur résiduelle à la fin de la
période 0

=Total cashs flows
actualisés
-2
768

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Enfin, le test de dépréciation, pour tester la valeur nette comptable avec celle du marché, et la
valeur recouvrable, pour la constatation de la perte de valeur

Test dépréciation


UGT : Magasin

Immobilisations
Valeur nette
comptable Valeur de marché


Goodwill 0

Construction 324 500

Matériel et outillage 0 0

Autres immobilisations 37 0


Valeur recouvrable

3 569


Perte de valeur 0



Définition de l'U.G.T














Représente les ventes des pièces de rechanges au comptoir;
Ainsi que les ventes par le biais de l'atelier pour lequel une
marge de 5% est concédée.

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Test dépréciation


UGT : Atelier

Immobilisations
Valeur nette
comptable Valeur de marché


Goodwill 0

Construction 2 920 4 500

Matériel et outillage 31 0

Autres immobilisations 298 30


Valeur recouvrable

-2 768


Perte de valeur 0



Définition de l'UGT















L'atelier occupe 90% de l'espace de la succursale et
contribue à Scania Maroc par l'intermédiaire des camions
réparés dans ses locaux.
Pour cela, compte tenu des données statistiques sur la part
des pièces de rechanges montées par le biais de l'atelier;
Une marge de 5% sur 60% des ventes de P.R sera
réaffecter à l'atelier.

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La comparaison entre valeur recouvrable, valeur de marché et valeur nette comptable nous a
amené à ne pas constater aucune perte de valeur. Ceci, en raison de la flambée des prix des
locaux de la zone industrielle.
En outre, les différences entre les cash-flows des deux U.G.T (négatif pour l’atelier et positif
pour le magasin), nous pose la problématique de la définition des U.G.T.
Ceci qui nous a poussé à définir toute la succursale de Tanger comme une seule U.G.T.
L’investissement à Tanger, a été surdimensionné par rapport aux potentialités de la région du
moins sur le moyen terme. Ce qui ne veut pas dire que ce projet va être abandonné en raison
de l’importance d’avoir un réseau de succursale et de concessionnaire dans tout le territoire
marocain pour les entreprises du secteur.

































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CONCLUSION

En conclusion, le passage aux normes IFRS n’est pas seulement un changement de
référentiel comptable, c’est aussi l’adoption d’un système totalement différent de mesure de la
performance et de communication avec les marchés.
La plupart des entreprises gagneront en transparence du fait, par exemple, de la présentation
des informations par segments et de la reconnaissance des produits dérivés à leur juste valeur
dans le bilan. Plus généralement, c’est une information homogène, plus détaillée et de
meilleure qualité que devront fournir les entreprises. D’autre part, l’application de ces normes
induira plus de transparence en terme de rating puisqu’elles permettront une bien meilleure
comparabilité (base harmonisée).
Mais l’adoption de ce référentiel comporte aussi beaucoup d’écueils : ne contribuera-t-il
pas, entre autres, à un fort clivage entre les PME ou sociétés non cotées et les grands groupes
cotés ?
Nous sommes d’avis que c’est à chaque dirigeant de juger si l’adoption des IFRS peut être
intéressante pour son entreprise. Par ailleurs, depuis 2005, les sociétés non cotées qui
établissent des comptes consolidés, peuvent également, si elles le veulent, appliquer les IFRS.
Tout cela pourrait donc bien signifier que l’application des IFRS aux autres sociétés non
cotées (celles qui établissent uniquement des comptes simples) pourrait se concrétiser dans un
avenir relativement proche. Les IFRS pourront se révéler une opportunité vraiment
intéressante pour les sociétés non cotées d’une certaine importance (50 personnes, par ex.) qui
raisonnent et opèrent dans un contexte international.
Apparaît alors un problème de divulgation d’information dans un contexte de concurrence :
n’atteint-on pas précisément ici une limite de la transparence ?
Si les normes internationales apportent très certainement plus de rigueur et de cohérence,
notamment sur les marchés internationaux, que vont-elles réellement changer en terme de
transparence, concept si changeant et relatif ? Les dérives ne seront-elles pas tout aussi
nombreuses qu’aujourd’hui ?
Les interrogations soulevées par les derniers scandales boursiers remettent en cause
l’establishment de la fiabilité des informations comptables. Les différents outils
d’investissement connus et l’environnement, au sens large, de l’entreprise cotée se sont
modifiés en réaction pour rassurer les investisseurs.

L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008


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Cependant, même si la loi sur la sécurité financière et les notions d’audit interne tentent
d’écarter les problèmes liés à la comptabilité dite « créative » et autres manipulations, des
questions peuvent encore être posées quant à la validité et la fiabilité des informations
fournies. Dans un avenir proche, et ce, grâce aux nouvelles technologies de gestion, et à la
gouvernance d’entreprise, ces risques devraient cependant être plus réduits. Le
développement de critères sociaux et environnementaux, par nature non financier, ouvre la
question de l’évolution que ces critères prendront pour le marché et les actionnaires.

La question reste finalement ouverte et seul l’avenir et l’application concrète du
référentiel permettront de se faire une idée juste à ce sujet.


L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière 2007/2008




BIBLIOGRAPHIE

OUVRAGES :

• Grégory Heem ; Lire les états financiers en IFRS ; éditions d’organisation ; 2004
• Normes IAS/IFRS –Que faute il faire ? Comment s’y prendre ? ; DFCG collection
• Laurent Bailly ; Comprendre les IFRS ; Maxima Laurent du Mesnil éditeur
• De Muriel Nahmias ; L'essentiel des normes IAS/IFRS ; éditions d’organisation
• Casta J-F, B. Colasse ; Juste valeur : enjeux techniques et politiques ; Economic;
2001
• Nicolas Veron ; L'Information financière en crise: Comptabilité et capitalisme;
Editions Odile Jacob ; 2004


ARTICLES ET ENQUETES :

• Etude barométrique KPMG –Cartesis normes IFRS 2005
• Enquête sur le passage des norms IFRS – Mazars
• Formation aux IFRS Altadis -Maroc
• Similarities and Differences IFRS USGAAP - PWC

SITE WEB :

• http://www.focusifrs.com/edito/plan.asp
• http://www.cegid.fr/lyon-finance.org/normes/
• http://www.kpmg.fr
• http://archives.lesechos.fr/
• http://mazars.com/
• http://www.deloitte.fr
• http://www.club-comptable.com
• http://www.revuefiduciaire.com

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• http://www.ccomptes.fr
• http://www.finances.gouv.fr/CNCompta
• http://www.agecompta-gestion.com
• http://www.europa.eu.int
• http://www.iasplus.com
• http://www.efrag.org
• http://www.iasb.org.uk
• http://www.ecif.info/OptionFinance_Goodwills.pdf

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