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Isabelle Cogitore

Séries de dédicaces italiennes à la dynastie julio-claudienne
In: Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité T. 104, N°2. 1992. pp. 817-870.
Résumé
Isabelle Cogitore, Séries de dédicaces italiennes à la dynastie julio-claudienne, p. 817-870.
Onze sites italiens présentent des séries de dédicaces à des membres de la dynastie julio-claudienne, parfois associées à des
représentations. L'étude de ces séries permet de distinguer une évolution au cours du premier siècle : la fréquence des
inscriptions honorant la domus augmente ; les dédicaces à un prince en tant que patron semblent un héritage républicain
disparaissant avec le temps; en revanche, les dédicaces sont de plus en plus liées au contexte et à des événements précis
(campagnes militaires, conspirations). On notera l'importance capitale, du point de vue de la chronologie, des phases
claudiennes, présentes sur presque tous les sites étudiés. Enfin, émergent des figures-clés, comme Auguste, Germanicus, dans
une moindre mesure Drusus le Jeune, et enfin Claude, en qui on reconnaît le véritable organisateur de la dynastie.
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Cogitore Isabelle. Séries de dédicaces italiennes à la dynastie julio-claudienne. In: Mélanges de l'Ecole française de Rome.
Antiquité T. 104, N°2. 1992. pp. 817-870.
doi : 10.3406/mefr.1992.1776
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mefr_0223-5102_1992_num_104_2_1776
ISABELLE COGITORE
SERIES DE DEDICACES ITALIENNES
À LA DYNASTIE JULIO-CL AUDIENNE *
Lorsqu'Ovide, de son exil pontique, écrit à M. Valerius Messala Mes-
salinus, avec l'espoir toujours renouvelé d'obtenir, sinon son rappel, du
moins l'adoucissement de sa peine, il sait qu'il s'adresse à un proche de
Tibère, à un fidèle des descendants de Iule2 : «Je l'avoue en vérité : après
la colère méritée de César, tu as raison d'être, toi aussi, peu accessible à
mes prières, et telle est ta piété envers tous les descendants d'Iule que tu
crois ressentir toute blessure faite à l'un d'eux»3.
Et c'est à ce dévoué serviteur de la dynastie qui commence à prendre
forme, dans ces années qui voient la vieillesse d'Auguste4, qu'Ovide rap
pelle la situation de la domus : «l'heure est favorable aux prières. Il est
heureux et voit prospérer, Rome, la puissance qu'il t'a donnée. Son épous
e en bonne santé est fidèle à sa couche, son fils agrandit l'empire auso-
nien. Germanicus lui-même devance les années par sa valeur et l'énergie
de Drusus ne le cède pas à sa noblesse. Ajoute que ses brus, ses affectueu-
1 C'est pour moi un plaisir de remercier ici ceux qui ont relu ces pages et
m'ont fait profiter de leurs conseils, plus particulièrement S. Demougin, M. Aber-
son, I. Heullant-Donat, M. Tarpin.
2 Messalinus était consul en 3 av. J.-C, et lieutenant de Tibère, cf. Vell. Pat.,
II, 112, Tac, Ann., I, 8 : il propose un renouvellement annuel du serment à Tibère;
III, 18 : il propose l'érection d'une statue dans le temple de Mars Ultor après le
procès de Pison.
3 Ovid., Pont., II, 2, 19-22 (trad. J. André) :
Esse quidem fateor meritam post Caesaris iram
difficilem precibus te quoque ture mets,
quaeque tua est pietas in totum nomen Iuli,
te laedi, cum quis laeditur inde, putas.
4 Les vers 77-79 et 89-92 rappellent le triomphe de Tibère sur l'Illyrie et la Pan-
nonie : le poème date donc du début de l'année 13 ap. J.-C.
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ses petites-filles, les fils de ses petits-fils et tous les autres membres de la
maison d'Auguste sont florissants»5.
Sans doute n'était-il pas nécessaire de rappeler à Messalinus les noms
des membres de la maison régnante; l'énumération elle-même des deux
derniers vers laisse deviner que tous les personnages sont aisément recon-
naissables. Mais faut-il penser que cela était aussi bien connu de tous les
habitants du monde romain? Hors de la cour impériale, quelle était la
portée de l'image dynastique? Y eut-il une évolution chronologique? Tous
les membres de la maison julio-claudienne faisaient-ils l'objet d'un égal
dévouement ?
Il nous a paru tentant de chercher des éléments de réponses à ces
questions, en examinant, dans l'épigraphie et l'iconographie, la facon
dont l'Italie rend honneur à la domus, sous les Julio-claudiens, en gardant
présents à l'esprit les mots de Tacite: studiis uotisque certabant6. L'Italie
convient bien à une étude de ce type, pour des raisons aussi bien histori
ques que matérielles : la proximité relative de Rome, le courant d'embel
lissement des villes et de leur monumentalisation, la présence dans les
centres urbains d'une élite en rapport avec Rome. D'autre part, concrète
ment, la masse des publications épigraphiques et des recherches icono
graphiques dans le domaine italien permet de constituer un corpus de
documents assez riche pour mener à bien cette étude.
Nous avons ainsi pu dresser un inventaire des inscriptions en l'hon
neur des membres de la domus. Ces dédicaces présentent parfois simple
ment le nom d'un personnage, au datif, sur une plaque de marbre ou une
base; parfois les dédicants mentionnent leur nom ou bien une formule
précise les modalités de la dédicace, comme decreto decurionum et de sua
pecunia. Parfois encore est indiqué au génitif un nom, qui dans certains
cas correspond à une statue ou un portrait7. Ces critères de sélection, fon-
5 Pont., II, 2, 67-74 (trad. J. André) :
Tempus adest aptum precibus. Valet Me uidetque
quas fecit uires, Roma, ualere tuas.
Incolumis coniunx sua puluinaria seruat,
promouet Ausonium filius imperium.
Praeterit ipse suos animo Germanicus annos
nec uigor est Drusi nobilitate minor.
Adde quod nurus neptesque pias natosque nepotum
ceteraque Augustae membra ualere domus.
6 Tac, Hist., I, 90.
7 Les inscriptions portant le nom d'un empereur ou d'un autre personnage au
nominatif n'ont été conservées dans ce corpus que lorsqu'elles complétaient une
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dés sur le formulaire des inscriptions, viennent s'ajouter à une distinction
de base : n'entrent pas dans le cadre de cette analyse les dédicaces ressor
tissant clairement au culte impérial formalisé; ces chemins, quoique pas
sionnants, nous emmèneraient trop loin. Mais il est parfois ardu de tracer
la limite entre une dédicace honorifique et un témoignage du culte impér
ial, surtout si on considère qu'une catégorie de dédicants bien représent
ée est formée par les Augustales, qui peuvent, tout en mentionnant leur
fonction, faire des dédicaces honorifiques. Ainsi, lorsqu'une inscription
au diuus Augustus entre dans une série cohérente de dédicaces à d'autres
membres de la famille impériale, il serait absurde de l'écarter : elle
contribue à donner un sens à cette série. Aussi, sans tenter une synthèse
sur le culte impérial, nous serons amenée à faire référence à certaines de
ses pratiques.
Le nombre important - plusieurs centaines - de dédicaces italiennes
à des membres de la famille régnante, hommes et femmes, amène à opér
er, dans le cadre de cet article, une deuxième sélection parmi ces docu
ments. La liste des dédicaces par site montre qu'il peut exister des «sé
ries» d'inscriptions. Nous définissons comme «série» un ensemble d'ins
criptions trouvées dans une même cité, parfois en un même lieu, forum,
basilique, etc. - quand ces données sont transmises -, honorant plus de
trois membres de la domus et formant un ensemble cohérent, soit parce
qu'elles rassemblent des personnages contemporains les uns des autres,
ou des membres d'une même branche de l'arbre généalogique, ou parce
qu'elles présentent un choix significatif de personnages honorés, ou enco
re parce que les pierres elles-mêmes présentent une parenté formelle.
Nous avons donc choisi d'approfondir l'étude de ces séries de dédicaces,
en laissant de côté celles qui ne présentent pas de cohérence ou ne com
prennent que deux ou trois inscriptions. Etant donné qu'elles sont parfois
complétées par un cycle statuaire, l'iconographie entrera dans cette étu
de, mais non en tant que problème central - sujet qui nécessiterait de
revenir entre autres sur les critères stylistiques de datation, et pour lequel
d'autres sont plus compétents -; en revanche, nous tenterons d'en mettre
en parallèle les résultats avec ceux que donnera l'étude épigraphique. La
prudence toutefois nous invite à ne pas oublier que le hasard des découv
ertes et de la conservation a pu troubler ces séries et faire perdre toute
cohérence à certaines qui se seraient révélées importantes. Une fois ainsi
série; celles qui font allusion à une initiative en matière édilitaire ont été écartées,
de même que celles portant un nom à l'ablatif, qui représentent en général une
datation.
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»Brixia
Fig. 1
- Répartition des sites étudiés.
défini, notre corpus de documents, soit 83 inscriptions présentées dans un
catalogue en annexe8, comprend les sites de Brixia et du Val Camonica,
de Telesia, Herculanum, Casinum, Veleia, Luna, Forum Clodi, Caere, Veit,
Rusellae, Lucus Feroniae9 (fig. 1).
8 Ce catalogue présente les inscriptions, numérotées de 1 à 83 ; pour la rapidité
des renvois au cours de cet article, il y sera renvoyé dans le texte sous la forme
« Cat. 1 », « Cat. 2 », etc.
9 Les sites choisis se répartissent en deux groupes principaux pour ce qui est
des statuts : certains sont des municipes : Herculanum (CIL, X, p. 509-510), Veleia
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 82 1
L'ensemble de cette documentation permet une analyse du statut des
dédicants, servant de préalable à une enquête sur les diverses occasions
de dédicace; celle-ci s'attachera aux patronats assumés par des membres
de la dotnus et à l'éventuel rapport des dédicaces avec l'actualité politi
que, militaire aussi bien que dynastique. Enfin, par deux approches com
plémentaires - l'une, chronologique, déterminant la date des séries et
mettant en évidence l'existence de phases au sein de ces séries, l'autre,
centrée sur les fonctions des personnages honorés - on tentera de répon
dre à la question d'une évolution dans la pratique des dédicaces, au cours
de la dynastie julio-claudienne.
Statut des dédicants
Pour la moitié des inscriptions de notre corpus, les dédicants sont
connus ; on peut les répartir en quatre groupes : communautés consti
tuées, autorités locales, sévirs augustaux, simples particuliers. Les com
munautés sont représentées par deux inscriptions; l'une, de Brixia, est
érigée par les [—]ni et Trumplini™; l'autre, provenant de Rogni dans le
Val Camonica (Cat. 8) par la ciuitas C[amunn(orum)] . Les deux peuples
ont à peu près la même histoire11; c'est indépendamment de la cité à
laquelle ils ont été attribués qu'ils tiennent à manifester leur attachement
à la dynastie. L'initiative des dédicaces est donc sans doute locale; le fait
(G. Monaco, Corne nacque e mori Veleia, dans Atti del III convegno di Studi Velleiati,
Milan, 1965, p. 166), Caere {CIL, XI, p. 353-354), Veti {CIL XI, 3797; 3805; 3808);
d'autres sont des colonies : Brixia (A. Garzetti, Epigrafia e storia di Brescia romana
dans Atti del convegno internazionale per il XIX centenario della dedicazione del
«Capitolium» (Brescia, 27-30 sett. 1973), Brescia, 1975, p. 21), Telesia {CIL, IX,
p. 205; H. Philipp, 5. ν. Telesia dans RE, II, 5, 1, 1934, col. 382-38), Casinum {CIL, X,
p. 509-510), Luna {Liber coloniarum, p. 223-24; CIL, XI, p. 259-260), Lucus Feroniae
(Plin., N.H. III, 51; CIL, XI, p. 570-571), Rusellae (Plin., N.H. III, 51); Forum Clodi
est une praefectura. (Plin., N.H., III, 52; F. Jacques, dans le chapitre «les statuts des
personnes et des communautés», dans F. Jacques et J. Scheid, Rome et l'intégration
de l'Empire, Paris, 1990, p. 234, parle à propos de Forum Clodi de «conservatisme
archaïsant»). Les inscriptions du Val Camonica ont été rattachées à celles de
Brixia, en raison du statut d'adtributi des Camunni, U. Laffi, Adtributio e contribu-
tio, problemi del sistema politico-amministrativo dello stato Romano, Pise, 1966,
p. 21-26. Les différences de statut n'influent pas sur la pratique des honneurs.
10 Cat. 5 ; il faudrait peut-être restituer [Camunjni.
11 Cf. G. E. F. Chilver, Cisalpine Gaul, Oxford, 1941 ; U. Laffi, op. cit. n. 9, p. 21-
29 : conquis en 16 av. J.-C. par P. Silius (Dio, LIV, 20) et adtributi sans doute à
Brixia.
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qu'une des inscriptions ait été érigée à Brixia s'explique aisément par la
volonté des Camunni de faire connaître cette décision dans la cité domi
nante ainsi qu'aux voyageurs de passage.
D'autres dédicaces sont le résultat de décisions prises dans les cités,
par les autorités locales : c'est le cas d'un assez grand nombre d'inscrip
tions, pour lesquelles les décurions ont donné leur accord, rappelé sur la
pierre par l'expression d(ecreto) d(ecurionum) ou ex d(ecreto) d(ecurio-
num)u; en général, rien n'est précisé sur le financement13, à part deux
cas où les dédicaces sont faites p(ecunia) p(ublica) (Cat. 36, Veleia, et 71
Rusellae). Un cas particulier est représenté par les deux dédicaces de
Forum Clodi, érigées par deux duumvirs à Agrippa Postumus et à Lucius
Caesar (Cat. 43 et 44), qui ne mentionnent pas le mode de financement ;
puisque les deux collègues agissent de conserve, il est probable qu'ils font
cette dédicace en tant que duumvirs et non à titre individuel.
Les sévirs augustaux forment une troisième catégorie de dédicants,
comme dans tout le monde romain14; elle est représentée à Lucus Fero-
niae par deux inscriptions (79 de 27 ap. J.-C; Cat 83, de 33 ap. J.-C). Elles
présentent de notables différences : la plus ancienne, datant de 27 ap.
J.-C. d'après la titulature de Tibère, est érigée par deux sévirs augustaux
qui précisent leurs noms (M. Appius Largus, Q. Pinarius Faustus), ainsi
que le mode de financement {ex honoraria summa) et la décision des
décurions qui termine l'inscription; la dédicace est faite à Tibère. La
deuxième inscription est plus intéressante : datée, par les noms des
consuls, de 33 ap. J.-C, elle est posée in honorem domus diuinae et consti
tue la première apparition épigraphique de cette formule15. L'auteur en
est un sévir augustal, qui précise son statut d'affranchi, P. Sestius P(ublii)
12 Cat. 3, Brixia; Cat. 16 et 24, Herculanum; Cat. 13, Telesia; Cat. 79 et 83, Lucus
Feroniae; Cat. 36, Veleia; Cat. 71, Rusellae. On rencontre à Casinum (Cat. 29 et 30)
la formule c(onsulto) c(onscriptorum) dont le T.L.L. donne trois autres exemples,
aussi de Casinum, CIL X, 5159, 5160a, 5204. On trouve à Caere, s(enatus) populus-
que Caeres ainsi que ex s(enatus) c(onsulto).
13 Sur les finances gérées par Yordo decurionum, G. Mancini, s.v. Decuriones,
dans Dizionario epigrafico di antichità romana, E. de Ruggiero, II, 2, Spoleto, 1910
(une grande part des références données dans cet article du Dizionario sont erro
nées et, de plus, ne concernent pas toutes des statues, contrairement à ce qu'écrit
Mancini).
14 Cf. R. Duthoy, Les Augustales, dans ANRW II, 16, 2, (1978), 1254-1309; partie,
p. 1296-1299.
15 Cf. M. T. Rapsaet - Charlier, La datation des inscriptions latines dans les pro
vinces occidentales de l'Empire romain d'après les formules in H.D.D. et Deo Deae,
dans ANRW, II, 3, p. 232-282.
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l(ibertus) Corumbus ; le financement unit la summa honoraria et une som
me personnelle (ex pecunia sua et honoraria). Là encore, la décision des
décurions est intervenue et il semble y avoir eu une statue16. Sans aller
trop loin, puisque nous n'envisageons ici que deux inscriptions, et de plus
provenant d'une même cité, on peut noter qu'une évolution semble se
dessiner dans l'espace des six ans qui sépare ces deux inscriptions : la
première, assez anodine, est entièrement financée par la summa honorar
ia; la deuxième en revanche, est à la fois plus personnelle et plus offi
cielle : plus personnelle, parce que le dédicant contribue aux frais, plus
officielle, parce qu'il tient à préciser son statut et à dater la pierre par le
couple consulaire, marquant ainsi nettement le lien avec le pouvoir
romain. Ainsi, on passe d'une dédicace à un empereur, Tibère, à une dédi
cace qui honore la maison régnante dans son ensemble ; on se détache un
peu des individus pour honorer une dynastie, tout en accordant cepen
dant à Auguste une place prépondérante 17.
Enfin, la dernière catégorie de dédicants est composée d'individus
agissant à titre personnel. Parmi eux, certains sont des inconnus, dont le
nom souvent incomplet empêche toute conclusion sûre quant à leur sta
tut 18. Dans deux cas, la dédicace est faite ex testamento (Cat. 28, Casinum ;
Cat. 18, Herculanum). L'identité d'un personnage de notre corpus est inté
ressante : il s'agit de Rubrius Barbarus (Cat. 26), qui honore Auguste à
Casinum et devient à une date postérieure préfet d'Egypte19. Sa carrière
n'est pas connue par ailleurs, mais on sait qu'il n'est pas originaire de
16 La base présente des traces de fixation; un problème se pose : quelle statue
peut-on poser sur un base en l'honneur de la dotnus diuinae? Nous avions pensé à
une statuette de genius ; or, les traces que présente la base sont nettement celles de
deux pieds, d'une longueur de 38 cm : il ne peut donc s'agir d'une statuette, mais
bien d'une statue en pied, plus grande que nature. On peut avancer l'hypothèse
d'une statue d'Auguste, puisqu'en 33 l'empereur mort est le seul diuus de la famille
julio-claudienne, le Divin Jules restant à part. Il faudrait alors comprendre que les
mots domus diuinae désignent la «maisonnée du diuus» et non l'ensemble des
diui.
17 Dans l'inscription de 27, le nom d'Auguste, en deuxième ligne, est écrit beau
coup plus gros que les autres : 11,3 cm au lieu de 5,3 cm aux autres lignes. Dans
l'inscription de 33, si notre hypothèse concernant la statue est juste, Auguste appar
aît comme le fondateur et le garant de la dynastie.
18 Cat. 27, Casinum : [—Jus Longinus ; Cat. 28, Casinum : L. Stenius est peut-être
un affranchi, au vu de L. Stenius L. L Phlegosius, lui aussi de Casinum, CIL, X,
5292.
l9PIR, R, 902; A. Stein, RE, 1 A 1, 1914, col. 1171, n° 16; S. Demougin, Prosopo-
graphie des chevaliers julio-claudiens, 43 av. J.-C.-70 ap. J.-C, Rome, 1992, n°71,
p. 81-82.
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Casinum (il est inscrit dans la tribu Maecia, alors que celle de Casinum est
la Teretina). Cette dédicace s'inscrit encore dans un cadre relativement
impersonnel, puisque le dédicant ne mentionne que son nom, ce qui
concorde avec la date assez haute de l'inscription, peut-être 23 av. J.-C.
À Herculanum, un dédicant, soldat de la treizième cohorte urbaine,
est sans doute originaire a'Herculanum, dont il porte la tribu, et n'est pro
bablement pas un citoyen de fraîche date20. Il est assez aisé pour avoir
fait faire après sa mort cette inscription (Cat. 18), en lettres de bronze,
accompagnée d'une statue de Tibère, elle aussi en bronze, et pour léguer
4 sesterces à chacun de ses concitoyens. Ici honneurs à l'empereur et
évergétisme local se rejoignent.
Herculanum offre par ailleurs l'intérêt de présenter de nombreuses
dédicaces faites par L. Mammius Maximus. Sur ses fonds propres, com
me il tient à le préciser à chaque fois, L. Mammius Maximus honore
Auguste (Cat. 21), Livie (Cat. 15), Tibère (Cat. 22), Antonia (Cat. 19), Ger-
manicus (Cat. 17), Agrippine la Jeune (Cat. 20) et Néron (Cat. 25); sous
forme de plaques d'épaisseur comparable (environ 1,7 cm), les dédicaces
forment un ensemble datant de 50 ap. J.-C. Dans deux cas, pour Auguste
et pour Antonia, il a pu y avoir des statues accompagnant l'inscription,
mais elles n'ont pas été retrouvées. On sait par d'autres inscriptions que
L. Mammius Maximus est augustalis, et qu'il a beaucoup fait pour sa vil
le21. Ici encore évergétisme et honneurs pour la domus se rejoignent : en
honorant les membres de la famille impériale, L. Mammius Maximus
témoigne de sa loyauté envers Rome, tout en embellissant sa cité.
La dévotion individuelle est représentée aussi par deux inscriptions
de Rusellae (Cat. 72 et 73), posées par le chevalier A. Vicirius Proculus,
flamen d'Auguste et tribun militaire22, en accomplissement d'un vœu qu'il
avait formé pour la campagne de Claude en Bretagne23. Originaire de
Rusellae, il effectue une carrière locale et régionale24, qui ouvre à ses des-
20 Cf. H. Freis, Die cohortes urbanae, dans Epigr. Stud., II, Cologne, 1967,
p. 50.
21 II a fait construire le macellum : CIL, X, 1450 (ILS, 5581) et d'autres bât
iments : CIL,X, 1451.
22 Peut-être est-il possible de mettre en parallèle avec cette inscription celle de
Veii qui mentionne aussi un flamen, dont le nom s'est perdu, Cat. 61.
23 Les formules employées sont, pour Claude : pro salute et reditu et uictoria
Britannica Ti(berii) Claudi Caesaris et, pour Britannicus, pro salute Ti(berii) Claudi
Caesaris Aug(usti) f(ilii) Britannici.
24 S. Demougin, op. cit. n. 19, n°694; sa tribu, l'Arnensis, nous est connue par
son épitaphe, posée à Sienne, CIL, XI, 1086.
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 825
cendants la voie du sénat25. À sa mort, il est honoré de funérailles publi
ques, comme l'apprend son épitaphe à Sienne. Il joue à Rusellae un rôle
comparable à celui de L. Mammius Maximus à Herculanum : l'affirma
tion de sa loyauté, tout en le mettant au premier plan des notables de sa
cité, sert aussi cette dernière.
Le lien entre L. Titinius Glaucus Lucretianus, de Luna, et Rome est
un peu différent et pour ainsi dire plus direct et plus personnel. Ce per
sonnage, qui laisse au moins deux dédicaces à la famille impériale
(Cat. 38 et 41)26, est un chevalier originaire de Luna et mène une carrière
locale brillante: comme le rappelle l'inscription Cat. 41, c'est grâce à la
bienveillance de l'empereur qu'il a obtenu le quinquennat et le f laminât;
il est même sévir des chevaliers romains, cas rare pour un chevalier. C'est
donc un personnage assez important, du moins à Luna; il est donc d'au
tant plus intéressant de voir comment il honore la domus. Si l'hypothèse
de S. Demougin qui lui attribue aussi l'inscription mutilée Cat. 39 est jus
te, on peut tracer l'esquisse suivante : à une date difficile à préciser après
54 ap. J.-C, Titinius fait poser une dédicace à Néron; date ensuite de 62-
63 l'inscription en l'honneur de Néron, de Poppée et de leur fille (Cat. 41)
tandis que celle de 66 ap. J.-C. (Cat. 38) est le résultat d'un vœu pro salute.
On peut donc supposer une évolution de la pratique des dédicaces par ce
chevalier, marquant une importance grandissante de la famille de l'empe
reur ainsi qu'un attachement plus net à l'empereur.
Le statut des dedicante et leur façon propre d'honorer la dynastie
montrent une évolution vers un lien de plus en plus affirmé avec le per
sonnage honoré, ainsi qu'une plus grande fréquence des dédicaces à la
famille en tant que groupe. Les dedicante sont souvent les intermédiaires
de la faveur impériale pour leur cité, et si on remarque qu'aucun n'est
sénateur, certains ont des liens avec des familles sénatoriales et s'inscri
vent dans des cercles relativement élevés de la société italienne.
25 On trouve deux consuls parmi ses descendants : A. Vicirius Proculus, consul
suffect en 89, et un homonyme, consul suffect en 98 ap. J.-C.
26 Selon S. Demougin, op. cit. n. 19, n° 589, p. 489-492, il faudrait attribuer à ce
même personnage l'inscription mutilée Cat. 39, trouvée près de Luna, et dédiée à
Néron. Voir aussi A. Stein, dans RE, II, 6, 2, 1937, col. 1551, n°23; PIR, T, 191;
H. Devijver, Prosopographia militiarum equestrium quae fuerunt ab Augusto ad Gal-
lienum, II, Louvain, 1977, T, 25.
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Occasions des dédicaces
a) les patronats :
Quatre inscriptions de notre corpus sont adressées à des patrons :
Auguste est honoré à Luna (Cat. 37), Caius Caesar à Rusellae (Cat. 66),
Tibère et Drusus l'Ancien à Lucus Feroniae (Cat. 76 et 77). Ces quatre tex
tes sont représentatifs de la relative fréquence des dédicaces à des memb
res de la domus en tant que patrons en Italie (environ une inscription
sur vingt, aussi bien dans notre corpus restreint que sur l'ensemble des
dédicaces en Italie); ils permettent d'avancer quelques hypothèses sur la
pratique du patronat dans le cadre de la dynastie julio-claudienne27.
Tout d'abord, on remarque que, de tout notre corpus de dédicaces,
Auguste est le seul empereur honoré comme patron28. Cela se vérifie dans
toute l'Italie, car les attestations de patronat se répartissent entre August
e, Agrippa, Marcellus, Caius, Lucius, Agrippa Postumus et Germanicus29.
Tibère est patron, outre de Lucus Feroniae, sans doute d'une autre cité
d'Italie, Amiternum ; mais l'inscription est antérieure à son règne et même
antérieure à son adoption par Auguste30. Ainsi, on peut voir qu'autant la
27 Des travaux centrés sur le patronat à l'époque impériale ont été menés à
bien par F. Engesser, dans une thèse allemande dactylographiée, Der Stadtpatronat
in Italien und den Westprovinzen des römisches Reiches bis Diokletian, Fribourg en
Β., 1957, envisageant le cas du patronat par des membres de la famille impériale;
L. Harmand, Le patronat sur les collectivités publiques, des origines au Bas-Empire,
Paris, 1957, touche à notre sujet par certains aspects, mais assez rapidement; voir,
plus récemment R. P. Saller, Personnal patronage under the early Empire, Camb
ridge, 1982, avec une orientation différente de celle que nous avons ici; enfin,
A. Wallace-Hadrill (ed.), Patronage in ancient society, Londres-New- York, 1989.
28 L. Harmand, op. cit. n. 27, p. 159; 164.
29 Sur les patronats d'Agrippa, cf. J. M. Roddaz, Marcus Agrippa (BEFAR, 253),
Paris, 1984, p. 299-305. D'après L. Harmand, op. cit. n. 27, p. 166, Agrippa aurait
joué en quelque sorte le rôle de double d'Auguste, étant honoré comme patron
dans les mêmes localités que lui (Ulia en Bétique, Corinthe, Corcyre); ce n'est pas
ce qui ressort de la cartographie des mentions en Italie, où Agrippa serait plutôt le
complément d'Auguste.
30 L'inscription à! Amiternum (Epigraphica, XLII, 1980, p. 83, n° 3), quoique ne
faisant pas partie de notre corpus mérite qu'on s'y attarde : la dénomination du
patron peut désigner soit Tibère entre 7 av. J.-C. et 4 ap. J.-C, soit Claude en 41 ap.
J.-C. En s'appuyant sur les premières conclusions que donne l'analyse des dédica
ces en Italie, on peut considérer qu'il est plus probable qu'il s'agisse ici de Tibère
avant son adoption, puisqu'aucun autre cas de patronat exercé par Claude en Italie
ne nous est parvenu et qu'une inscription à Tibère patron serait le pendant de celle
de Lucus Feroniae.
SÉRIES
DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 827
fonction de patron est peu exercée par les empereurs eux-mêmes, autant
elle est fréquente pour les autres membres de la dynastie, et sans qu'on
puisse voir que telle ou telle région d'Italie soit davantage encline à prati
quer ce genre d'honneurs. À partir de cette position exceptionnelle d'Au
guste parmi les patrons de l'Italie, on peut tenter d'avancer la réflexion.
En effet, si on regarde l'ensemble des dédicaces à Auguste en tant que
patron, on s'aperçoit qu'elles sont toutes précoces : entre 43 et 40 av. J.-C.
à Saticula31, en 31 av. J.-C. à Capua32, en 23 av. J.-C. à Augusta Praetoria33,
entre 18 et 11 av. J.-C. à Aleria34; à Grumentum, le terminus post quem est
27 av. J.-C, mais on ne sait rien du terminus ante quern35. Celle qui appart
ient à notre corpus, celle de Luna, ne fait pas exception et compte parmi
les plus anciennes : il s'agit encore d'Octave, salué imperator pour la ci
nquième fois, consul pour la sixième fois et triumvir rei publicae consti-
tuendae : elle se situe donc entre 33 et 28 av. J.-C. 36. Une hypothèse sédui
sante avait été avancée par F. Engesser37 : la date la plus tardive des dédi
caces à Auguste en tant que patron étant 6 av. J.-C, il proposait de mettre
cette rupture en rapport avec le changement majeur qui intervient en 2
av. J.-C, quand Auguste devient père de la patrie; selon lui, ce titre ren
dait inutile tout patronat impérial sur l'Italie et même les provinces, puis
que l'empereur devenait le père de tous38. L'hypothèse est intéressante,
confortée par le fait que ni Caligula, ni Claude, ni Néron, qui ont pris le
titre de pater patriae très rapidement après leur accession au trône, ne
sont honorés comme patrons39. Cependant, il reste une zone d'ombre:
Tibère, qui a refusé le titre de pater patriae*0 n'est pas non plus honoré
31 CIL, IX, 2142.
32 CIL, X, 3826.
"/./., XI, 1,6.
34 CIL, X, 8035.
35 CIL, X, 206.
36 Cette inscription pose un problème de datation : la titulature donne impfera-
tor) V, ce qui nous situe peut-être en 33 av. J.-C, alors que co(n)s(ul) VI renvoie à la
date de 28 av. J.-C; l'incompatibilité de ces deux données a même fait douter de
l'authenticité de l'inscription, sur laquelle Mommsen est cependant formel.
37 F. Engesser, op. cit. n. 27, p. 13-14.
38 Sur l'empereur protecteur de tous, cf. J. Béranger, Recherches sur l'aspect
idéologique du principal, Bâle, 1953, p. 276-278.
39 L. Harmand, op. cit. n. 27, p. 164, précise même que Nerva est le seul des suc
cesseurs d'Auguste qui ait été à la fois empereur et patron, à Téos (BCH, 1925,
p. 311 = AE, 1927, n° 43).
♦"SUET., Tib., 26; Tac, Ann., 1,72. Cf. A. Alföldi, Die Geburt der kaiserlichen
Bildsymbolik, III, Parens patriae, dans M.H., 9, 1952, p. 204-243.
828
ISABELLE COGITORE
comme patron une fois qu'il est au pouvoir41. Ce n'est donc sans doute
pas la bonne explication de cet arrêt précoce des dédicaces à Auguste
comme patron et de leur absence quasi-totale pour ses successeurs. Il est
peut-être possible de trouver un début de solution si on considère les
patronats exercés par d'autres membres de la dynastie julio-claudienne :
outre Auguste, sont honorés Agrippa, Marcellus, Tibère, Caius, Lucius,
Agrippa Postumus et Germanicus. Il est clair qu'on a dans tous ces cas un
contexte chronologique cohérent, celui des proches d'Auguste : gendres,
fils et petit-fils par adoption. Nous n'avons aucune trace en Italie de
patronats assumés par des membres de la domus sous les règnes de Cali
gula, Claude ou Néron. Il s'agit donc d'une pratique des débuts du princi-
pat, qu'on est tenté de mettre en rapport avec des pratiques républicai
nes42. Et il ne serait pas étonnant de trouver sous le règne d'Auguste ce
trait républicain, au moins en apparence : on honore des patrons, comme
sous la République, même s'il y a désormais un princeps. Certes, le jeu
est, comme toujours, faussé : les patrons honorés sont des successeurs
potentiels de l'empereur. Il faut donc considérer ces dédicaces à deux
niveaux, d'une part comme l'expression d'une continuité avec la libre
République, et d'autre part comme les marques d'une nécessaire pruden
ce dans un contexte que l'on sait désormais monarchique.
Cela ressort clairement du corpus restreint étudié ici. Dans le cas de
Lucus Feroniae, Tibère et Drusus sont honorés à une date comprise entre
11 et 9 av. J.-C. Les deux inscriptions ont été trouvées sur le forum; toutes
deux sont gravées sur un marbre coloré; la taille des lettres est comprise
entre 5,5 cm et 6 cm dans les deux cas. Cette homogénéité montre que les
deux inscriptions sont contemporaines. En honorant deux patrons parmi
les membres de la domus julio-claudienne, Lucus Feroniae semble avoir
joué une stratégie de la sécurité : les deux patrons sont ceux que l'âge et
la valeur militaire - peu après les opérations sur le Danube et en Panno-
nie - désignent comme de possibles successeurs d'Auguste. Lucus Fero
niae honore, à la républicaine, en précisant leurs magistratures et leurs
prêtrises, de futurs empereurs. Le cas de Luna est un exemple différent,
mais qui vient corroborer l'idée d'une façade républicaine, pour em-
41 Cf. M. Grant, Aspects of the Principate of Tiberius, New- York, 1950, p. 43 :
aucune monnaie ne précise pater patriae, sauf à Carthage, et dans une inscription
italienne, à Falerio, CIL, XI, 3085 - qu'il faut considérer comme une exception
infondée - (en revanche l'inscription CIL, V, 6416 (ILS, 107), de Pavie, ne désigne
pas Tibère comme père de la patrie comme le précisait M. Grant : ces mots se rap
portent à Auguste ; il en va de même pour IGRR I, 853).
42 L'étude serait à prolonger vers le deuxième et troisième siècle ap. J.-C.
SÉRIES
DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 829
ployer l'expression consacrée, des débuts du principat : entre 33 et 28 av.
J.-C. est honoré dans la cité Octave, le fils du diuus Iulius, le triumvir rei
publicae constituendae : le cadre est encore plus ou moins républicain.
Les choses évoluant, la République est oubliée, on se met à honorer sans
plus de précautions les successeurs d'Auguste, mais, sans faire d'un em
pereur un patron, c'est par l'intermédiaire d'un patron de moindre volée,
L. Titinius Glaucus Lucretianus, qu'on fait graver une inscription hono
rant Néron et sa femme Poppée (Cat. 38 et 41, en 65-66 ap. J.-C). Au
cours de la dynastie, les choses ont évolué : on s'est dégagé du modèle
républicain, où la dédicace concernait un membre de la domus régnante,
patron de la cité, pour arriver à un modèle résolument dynastique : le
patron local43 honore l'empereur et sa femme dans une circonstance par
ticulière.
Le patronat doit donc être considéré comme une forme encore répu
blicaine d'honneurs accordés à des successeurs éventuels, formule qui
disparaît rapidement au profit d'autres procédés, plus représentatifs du
fonctionnement d'une dynastie. Cette conclusion permet de voir par ai
lleurs que le système de clientèles, dans lequel von Premerstein voyait la
base de la puissance du prince44, ne dépendait pas de relations de patron
at.
b) le contexte
Certaines inscriptions de notre corpus italien restreint sont datées à
un ou deux ans près, grâce à la titulature des personnages honorés ou
parfois à une date consulaire. Ces 26 inscriptions peuvent permettre une
enquête fructueuse, cherchant à déterminer dans quelle mesure le
contexte d'une dédicace - les magistratures gérées par la personne honor
ée, les événements militaires, les changements dans la dynastie - peut
expliquer son existence. Pour cela, on examinera les inscriptions bien
datées, au sein de chaque règne, en prenant soin de réserver le cas des
dédicaces portant la dernière titulature d'un membre de la domus, qui
sont en général posthumes.
La plus ancienne dédicace à Auguste qui soit bien datée est de 23 av.
43 L. Titinius Glaucus Lucretianus est originaire de Luna, cf. Stein, s.v., RE, II,
6, A, 2, 1937, Titinius n°22, 1551-52; S. Demougin, op. cit. n. 19, n° 589, p. 499-492.
44 A. von Premerstein, Vom Werden und Wesen des Prinzipals, dans Abhandl.
der Bayer. Ak. der Wiss., philos.-hist. Abt., Neue Folge, Heft 15, Munich, 1937.
830 ISABELLE COGITORE
J.-C, à Casinum (Cat. 26) 45; l'année 23 comporte plusieurs événements qui
pourraient avoir une relation avec cette inscription : Auguste a été grave
ment malade, au point même de prévoir sa succession, en confiant son
anneau à Agrippa46. Plus avant dans l'année, Marcellus, le gendre d'Au
guste, mourut à Baiae47. Enfin, un dernier fait peut entrer dans le tableau
de cette année 23 : une conspiration est attestée contre Auguste, menée
par Fannius Caepio et un Terentius Varrò Murena dont l'identité exacte
n'est pas sans poser de problèmes48. Il ne s'agit pas de revenir à la vision
traditionnelle de l'année 23 av. J.-C. comme une année de crise extrême
ment grave pour le pouvoir d'Auguste, mais peut-être cette conjonction de
faits peut-elle justifier des dédicaces à Auguste. Outre cet exemple de
Casinum, l'Italie fournit deux autres dédicaces à Auguste datant de 23 av.
J.-C, mais dans un cas, l'empereur est patron de la colonie49; les parallèl
es à la dédicace de Casinum sont donc en nombre réduit et ne permettent
pas de conclure à un mouvement particulier de ferveur envers l'empe
reur en 23 av. J.-C.
En avançant dans le règne d'Auguste, on retrouve les deux dédicaces
de Lucus Feroniae déjà examinées, à Tibère et Drusus l'Ancien (Cat. 76 et
77), datant des années 11-9 av. J.-C. La datation n'est pas très précise mais
45 Deux inscriptions de Brixia sont antérieures, et portent le nom de C. Iulius
Caesar ou de C. Caesar (Cat. 1 et 2) ; la première, si elle concerne bien Octave et non
César, date de 43 av. J.-C. ; la deuxième, si c'est bien Octave et non son fils adoptif
Caius qu'il faut voir dans [C. Caesjar / [Diuji f(ilius), / [pontif(ex)] , co(n)s(ul),
imp(erator), daterait de 43 à 40 av. J.-C. Cependant toutes deux étant au nominatif
ne doivent pas être considérées comme des dédicaces, mais marquent une réalisa
tion d'Octave à Brixia. La première, selon G. Alföldy, Augustus und die Inschrif
ten : Tradition und Innovation, dans Gymnasium, 98, 4, 1991, p. 293-294, est le pre
mier exemple de dédicace d'un bâtiment public par un non magistrat - Octave
n'est que pontife -, et exprime le fait qu'il faut désormais compter avec ce jeune
homme.
46 Suet., Aug., 28, 1; Dio, LUI, 30, 1-2; 31, 3.
47 Vell. Pat., II, 93, 1 ; Prop., Ill, 18, 7; Sen., Cons, ad Marc, 2, 3; Tac, Ann., II,
41, 3; Plut., Marceli, 30, 10; Dio, LUI, 30, 4-5.
48 Strab., XIV, 670; Vell. Pat., II, 91, 2; 93, 1 ; Sen., de breu. uit., 4, 5; de clem.,
Ili, 7, 6; Tac, Ann., I, 10, 3; Suet., Aug., XIX, 1; LVI, 4; LXVI, 3; Tib., VIII, 1;
Macrob., Sat., I, 11,21; Dio, LIV, 3. Ce n'est pas ici le lieu de développer les problè
mes que pose cette conspiration, sur laquelle nous revenons dans une thèse en
cours; une assez riche bibliographie porte sur ce point; voir, parmi les titres les
plus récents : L. J. Daly, The Report of Varrò Murena's Death, dans Klio, 65, 1983,
p. 245-261 ; Id., Augustus and the murder of Varrò Murena (cos. 23 B.C.), dans Klio,
66, 1984, p. 157-169.
49/./., XI, 1, 6, Augusta Praetoria (où Auguste est patron); CIL, IX, 3342,
Angulus.
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 831
ces deux années sont riches en événements. Elles voient en effet des chan
gements au sein de la domus, qui peuvent être mis en relation avec ces
dédicaces, dans une cité qui est, rappelons-le, proche de Rome, et où est
implantée la famille des Volusii, bien en cour50. En 12 av. J.-C. meurt le
gendre et ami d'Auguste, Agrippa, qui faisait figure de successeur évent
uel51; suivent les fiançailles puis le mariage de sa veuve Julie avec Tibèr
e52. La fermeture du temple de Janus a eu lieu en 10 av. J.-C.53, et cepen
dant Drusus et Tibère eurent encore à combattre, en Pannonie et en Ger
manie. C'est à l'aulVe extrémité du cadre chronologique de ces dédicaces,
en 9 av. J.-C, qu'intervient la dédicace de l'Ara Pacis Augustae, en accomp
lissement du vœu formé en 13 av. J.-C. : monument consacrant la paix, il
est aussi et surtout un exemple de politique dynastique 54. Au cours de ces
quelques années, les événements sont nombreux, on le voit, qui ont pu
provoquer plus ou moins directement des dédicaces à Tibère et Drusus,
que leur âge, les circonstances et leur bravoure désignaient à l'attention
de tous. Aucune de ces inscriptions cependant ne précise la raison des
honneurs accordés aux deux princes.
Un autre couple de dédicaces datant du règne d'Auguste existe dans
notre corpus restreint : à Forum Clodi, sont honorés Lucius et Agrippa
Postumus (Cat. 43 et 44), l'un comme fils d'Auguste, l'autre n'étant encore
que petit-fils de l'empereur; d'après l'âge mentionné pour chacun d'eux,
on se situe dans les années 6-5 av. J.-C. Agrippa Postumus, bien que frère
de Lucius, n'a pas encore été adopté par Auguste. Un événement import
ant de l'année 5 av. J.-C. est la reprise du consulat par Auguste, après
une longue interruption, pour présenter son fils adoptif Caius au Fo
rum55; Caius est désigné consul et appelé prince de la jeunesse, honneurs
qui seront aussi décernés à Lucius un an plus tard56. Peut-être est-ce dans
ce contexte des honneurs aux fils adoptifs d'Auguste qu'il faut replacer
50 Ainsi, L. Volusins L(uci( F(ilius) Q(uinti) n(epos) Saturninus fait, d'Auguste à
Néron, une brillante carrière, cf. M. Taliaferro Boatwright, The Ludi Volusii
Saturnini and Tacitus, dans / Volusii Saturnini, Bari, 1982, p. 7-10.
51Vell. Pat., II, 96, 1; Plin., N.H., VII, 45-46; Liv., Epit., 138; Dio, LIV, 28,
2-3.
« Suet., Aug., 63, 2; Tib., 7, 3; Tac, Ann., IV, 40, 6; Dio, LIV, 31, 2.
5ìRes Gestae, 13; Dio, LIV, 36, 2.
54 Cf. P. Zanker, Augustus und die Macht der Bilder, Munich, 1987, p. 123; 126-
132.
55 Suet., Aug., 26, 3; Dio, LV, 9, 9 = Zon., 10, 35.
56 Res Gestae, 14; Ovid., Ars Am., I, 154; Dio, LV, 9, 9 = Zon., 10, 35. Sen., Cons,
ad Pol. 15, 4.
832
ISABELLE COGITORE
ces deux dédicaces; on attendrait une troisième inscription, concernant
Caius, mais il n'y en a pas de traces.
Une dernière inscription du règne d'Auguste est datée précisément;
elle provient de Lucus Feroniae (Cat. 80), honore Drusus le Jeune, fils de
Tibère et date du premier semestre de 14 ap. J.-C. Cette date est obtenue
par la précision [co(n)s(uli)J design(ato) et par le fait qu'Auguste n'est pas
encore diuus. La raison de cette dédicace est sans doute à voir dans ce
consulat promis à Drusus.
Ainsi, il ressort des inscriptions augustéennes datées avec une préci
sion relative qu'elles n'ont pas de lien très net avec les événements et que
le contexte, s'il peut les éclairer, ne peut en revanche les justifier total
ement : sur aucune de ces dédicaces il n'est précisé à quelle occasion elle a
été faite.
Sous le règne de Tibère, les choses sont un peu différentes. Une ins
cription de Lucus Feroniae date de 27-28 ap. J.-C. (Cat. 79). Il est possible,
selon une hypothèse des auteurs de l'Année Epigraphique fondée sur les
dimensions de la plaque, qu'elle soit allée de pair avec une statue, non
conservée. Or, on sait que Tibère a quitté Rome pour la Campanie, puis
Capri, en 26 ap. J.-C. 57. Peut-être cette dédicace à Tibère représente-t-elle
une affirmation de fidélité envers l'empereur qui vient de s'éloigner. Plus
intéressant et plus net est le cas de la dédicace in honorent domus diui-
nae, trouvée à Lucus Feroniae et datant de 33 ap. J.-C. (Cat. 83), premier
exemple connu de cette formule en Occident. Cette inscription qui réunit
sans les nommer les diui et leurs descendants58 est érigée par un sévir
augustal en 33 ap. J.-C. : elle prend tout son sens si on la met en regard
d'une autre inscription, trouvée à Capena, c'est-à-dire tout près de Lucus
Feroniae59, qui signale des vœux faits à Tibère pro salute et incolumitate
eius. Cette formule n'est pas anodine, comme le montrent d'autres attes
tations : elle intervient lors de campagnes militaires, ou dans des mo
ments dangereux. C'est le cas ici : en 31 ap. J.-C. a été découverte la cons
piration de Séjan *° ; réelle ou non, cette conspiration fut présentée comme
57 Tac, Ann., IV, 57; Suet., Tib., 40.
58 R. Mow at, La domus diuina et les diui, dans Bull. épig. de la Gaule, V, 1885,
p. 226-240.
59 CIL, XI, 3872 (ILS, 159).
60 Les sources sont nombreuses, mais délicates à utiliser : Vell. Pat., II, 127-
128; Jos., A.I., XVIII, 181-183; Tac, Ann., VI, 3, 4; 8, 3; 14, 1; 23; Suet., Tib., LXV,
1 ; LXV, 6; Dio, LVII, 22; LVIII, 4-10. Nous traitons, dans une thèse en cours, cette
conspiration et la question de sa réalité.
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 833
une crise grave, entraînant même une entrée dans les Fastes61. L'inscrip
tion de Capena en est sans aucun doute un écho, et, de ce fait, éclaire la
dédicace à la domus diuinae de notre corpus. Cette fois, on voit un lien
étroit entre un événement politique et même dynastique si on considère
que Séjan est accusé de vouloir régner, en s'alliant à la veuve de Drusus le
Jeune62, et une dédicace.
Cette tendance se précise au cours des règnes suivants. Celui de Cali
gula n'a laissé que peu de traces épigraphiques, en raison de la damnatio
memoriae qui frappa ce dernier. La seule inscription de notre corpus, à
diua Drusilla, provient de Caere (Cat. 51), et a pu être posée entre 38, date
de l'apothéose de Drusilla, et 41 ap. J.-C, date probable du martelage qui
a fait disparaître le nom de Caligula; peut-être a-t-elle été posée à l'occa
sion de la divinisation de la jeune femme. Plus clairement en revanche,
hors de notre corpus, deux dédicaces conservées trouvent leur justifica
tion dans un contexte précis : toutes les deux63 portent la formule pro
salute et ont sans doute été provoquées par la maladie de Caligula en 37
ap. J.-C.64. Malgré le petit nombre de témoignages, ces dédicaces à Caligul
a montrent une évolution vers un lien de plus en plus net des dédicaces
avec des événements précis.
Dans presque chacune des cités choisies pour cette étude, on trouve
une dédicace à Claude datant de 41 ap. J.-C, année de son accession au
trône65. Ces dédicaces, accompagnées parfois de statues, comme à Veleia,
sont l'indice clair d'un changement dans les mentalités : le règne de Clau
de marque le moment où les Italiens admettent qu'ils ne vivent plus dans
une république, mais bien sous une monarchie et, qui plus est, sous une
monarchie héréditaire, caractérisé par l'existence d'une maison régante.
Outre ces dédicaces, le règne de Claude est représentatif à un autre titre
de ce changement. Quatre inscriptions datent des années 45-56 ap. J.-C.
(Cat. 22, Herculanum; 62, Veii; 72 et 73, Rusellae); les deux de Rusellae
sont posées à Claude et Britannicus, en l'honneur d'un vœu fait par le
chevalier A. Vicirius Proculus, pour la campagne de Bretagne. Toutes
deux sont gravées sur le même type de marbre, les différences minimes
de taille des lettres et de dimensions s'expliquent par le respect de la hié
rarchie : les honneurs s'adressant à l'empereur sont plus visibles que ceux
61 F. Ost., I.I., XIII, I.e. 31.
62 Tac, Ann., IV, 3.
63 CIL, V, 6641, Pallantiae; CIL, X, 796, Pompei.
64 Philo, Leg. ad Gaium, 14; 15; 356; Suet., Cal, 14, 2; Dio, LIV, 8, 1.
65 Cat. 4, Brixia; Cat. 52, Caere; Cat. 61, Veii; Cat. 40, Luna; il faut peut-être
ajouter Cat. 36, Veleia, qui date de 42 mais peut encore s'inscrire dans ce courant.
834 ISABELLE COGITORE
qui s'adressent à son fils. La formule pro salute et reditu et uictoria Bri
tannica inscrit résolument ces deux textes dans l'actualité militaire du
règne de Claude. Actualité militaire, mais aussi dynastique, puisque Bri-
tannicus, qui n'est encore qu'un petit enfant, est associé à ces vœux. Le
règne de Claude marque donc nettement l'évolution aperçue auparavant
dans les modalités des honneurs adressés à la domus66.
Le règne de Néron confirme cette évolution : deux inscriptions parmi
l'ensemble retenu datent des années 66-67 ap. J.-C. L'une (Cat. 28, Casi-
num) n'est sans doute provoquée que par la mort du dédicant; en revan
che les deux autres, provenant de Luna, sont plus importantes : elles com
prennent dans les deux cas une dédicace à Néron et une à Poppée (Cat. 38
et 41). Là, de nouveau, se retrouve la formule ex uoto suscepto pro salute.
La date du vœu est précisée par la date consulaire de 65 ap. J.-C. : c'est
précisément l'année de la conspiration de Pison67. La dédicace témoigne
de la rapidité des réactions à cette conspiration et de l'importance des
retentissements locaux des événements romains; dans ce cas précis, ce
dernier fait peut tenir à la nature du dédicant, qui est chevalier, préfet
pro-légat des îles Baléares et flamine de Rome et d'Auguste, et bien intro
duit dans la faveur du prince68.
Au cours des règnes successifs des Julio-claudiens s'est dégagée une
nette évolution dans la pratique des dédicaces à des membres de la
domus. Partant d'une situation où les dédicaces ne semblaient pas avoir
de liens très sensibles avec les événements, on arrive à une pratique des
honneurs qui se fait l'écho des campagnes militaires, des conspirations et
des maladies. Que ces mouvements de ferveur soient spontanés ou diri
gés, ils témoignent d'une affirmation de plus en plus claire de la dynastie
julio-claudienne.
Une évolution?
a) Approche chronologique (cf. Annexe 2 : tableaux)
Une approche chronologique prenant cette fois en compte l'ensemble
des inscriptions du corpus tel qu'il est défini et les éléments donnés par
66 Les deux autres dédicaces datées de notre corpus ont pour origine, dans un
cas, la mort du dédicant : Cat. 18, Herculanum, puisqu'elle est posée ex testamento;
dans l'autre, Cat. 63, Veii, datant de 50 ap. J.-C. selon la titulature probable, la cau
se n'est pas décelable.
« Tac, Ann., XV, 48-74.
68 S. Demougin, op. cit. n. 19, p. 489-492.
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 835
l'iconographie quand c'est possible69, et tâchant de terminer les phases au
sein des séries, permet d'approfondir cette première vision d'une évolu
tion de la pratique des honneurs au cours de la période envisagée.
Dans le cas de Brixia, les inscriptions se répartissent en deux phas
es70: la première phase comprend les deux inscriptions portant le nom
de celui qui n'est encore qu'Octave, en 43 av. J.-C. (Cat. 1 et 2); la deuxiè
me phase est plus riche et comprend des dédicaces à Drusus l'Ancien, à
Livilla, à Germanicus, à Claude, ainsi que, si on ajoute les inscriptions du
Val Camonica, à Drusus le Jeune et Drusus fils de Germanicus. La dédica
ce à Drusus l'Ancien (Cat. 5) est faite à une date impossible à préciser par
des critères internes. La dédicace à Livilla (Cat. 6) serait postérieure à 19-
20 ap. J.-C. s'il faut bien restituer [Liuiae Drusi Caesaris mairi TJi(berii) et
Gefrmanici Cajesarum; selon l'hypothèse de Mommsen, il s'agirait de
Livia ou Livilla, femme de Drusus le Jeune et mère des jumeaux Tiberius
Gemellus et Germanicus Gemellus. L'inscription du Val Camonica, posée
par la civit(as) C[amunn(orum)] en l'honneur de Drusus le Jeune (Cat. 8),
ainsi que celle de Brixia à Germanicus (Cat. 3) présentent les titulatures
de l'année où chacun d'eux mourut : il est probable qu'elles sont posthu
mes. Celle du Val Camonica à Drusus fils de Germanicus (Cat. 7) est un
cénotaphe, donc postérieure à 33 ap. J.-C. Enfin, la dédicace à Claude
(Cat. 4) peut dater, d'après la titulature, de 41 ap. J.-C. Etant donné que
trois dédicaces sont posthumes, il est tentant de les placer à la même épo
que que celle en l'honneur de Claude; celle pour Drusus l'Ancien, père de
Claude, prendrait aussi tout son sens dans cette optique : on est donc ten
té de la dater elle aussi d'époque claudienne. On aurait ainsi une phase
épigraphique claudienne, à laquelle il faut aussi rapporter le portrait de
Drusus l'Ancien71 et peut-être les fragments de statue trouvés à Cividate
69 Les rapprochements avec l'iconographie n'ont pas pour but d'attribuer à
chaque inscription une statue et vice-versa; il ne s'agit que de rapprochements
chronologiques, servant à faire apparaître des phases.
70 L'existence à Brixia de fragments de fastes impériaux (Cat. 9 ; cf. N. Degras-
si, / fasti imperiali Romani nel Capitolium di Brescia, dans Atti del convegno inter
nazionale per il XIX centenario della dedicazione del «Capitolium.» (Brescia, 27-30
sett. 1973), Brescia, 1975, p. 197-203) mentionnant tous ceux qui ont eu la puissance
tribunicienne, à la fin du premier siècle, et avec des ajouts postérieurs, est un él
ément qui pousse à élargir l'analyse au delà des Julio-Claudiens ; cela reste à faire.
71 Brescia, Museo Civico Romano, Inv. MR 281 ; cf. M. Denti, Ellenismo e roman
izzazione nella X regio, Rome, 1991, n° 2, p. 286-288. M. Denti rapproche ce port
rait d'un portrait du Capitole (Inv. 355) et d'après le ton général assez froid de
cette dernière œuvre, date cette pièce de la fin du règne de Tibère ; plus prudents,
MEFRA 1992, 2. 55
836
ISABELLE COGITORE
Camuno72. Un problème est posé cependant par la dédicace fragmentaire
à Livilla : il est surprenant qu'on rappelle, sous Claude, que Livilla était la
mère de deux personnages morts en 23 et en 37 et qui n'eurent pas une
grande importance, d'autant plus que Livilla est elle-même morte en 31 et
frappée de damnatio memoriae13. Il est cependant impossible de restituer
autrement l'inscription. Peut-être faut-il se résoudre à expliquer cette
dédicace par une initiative locale, un attachement particulier à Livilla et à
l'exclure de la phase claudienne des dédicaces de Brixia, nette par ail
leurs.
À Telesia, il est difficile d'établir une chronologie vraiment cohérente.
Une dédicace à Agrippa n'est pas datable (Cat. 10). Une autre, très frag
mentaire (Cat. 11), présente des problèmes d'identification du personnage
honoré : on lit . . Jnae Drusi à la première ligne ; Drusi au génitif pourrait
être le complément de mater, ou signifier une filiation, ou encore un
mariage. La seule restitution possible pour . . Jnae étant [Agrippi] nae, il
peut s'agir soit de Vipsania Agrippina, épouse de Tibère, soit d'une des
deux Agrippine. L'hypothèse du CIL selon laquelle il s'agirait de Vipsania
Agrippina est cohérente, puisque Vipsania est mère de Drusus le Jeune;
la fin de la deuxième ligne, diui Aug(usti) pron(epotes) renverrait alors
aux enfants de Drusus le Jeune, Tiberius Gemellus et Germanicus Gemel-
lus. Cependant la référence à Vipsania après la naissance des jumeaux de
Drusus le Jeune, c'est-à-dire environ trente ans après son divorce d'avec
Tibère, est surprenant : le cas est exactement parallèle à celui de Livilla
dans la série de Brixia. Là encore, une solution possible est d'envisager
une dévotion particulière de la cité envers Vipsania, ce que pourraient
confirmer aussi bien la dédicace à Agrippa vue plus haut qu'une dédicace
à Tiberius Gemellus, datable entre 19 et 37 ap. J.-C. (Cat. 13). Telesia pré
sente par ailleurs une inscription très fragmentaire qui porterait les noms
de Germanicus et Drusus le Jeune (Cat. 12). La cohérence de la série n'est
donc pas sans faille, mais un point cependant est clair : la série de Telesia
est relativement précoce, augustéenne ou, au plus tard, tibérienne.
Herculanum présente une situation plus claire, avec une série cohé
rente de dédicaces faites par L. Mammius Maximus, à ses frais comme il
K. Fittschen et P. Zanker, dans Katalog der römischen Porträts in den Capitolini-
schen Museen und den anderen Sammlungen der Stadt Rom, Mayence, 1985, n° 22,
pl. 21, 22, 24, p. 27-29, le considèrent comme tibérien-claudien, datation qui
conviendrait aussi à notre portrait de Brixia.
72 M. Denti, op. cit. n. 71, p. 299-304.
73 Tac, Ann., VI, 2, 1.
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 837
tient à le préciser à chaque fois, et quatre inscriptions qui peuvent trou
ver place dans le même contexte. La série de dédicaces par L. Mammius
Maximus honore Auguste (Cat. 21), Livie (Cat. 15), Tibère (Cat. 22), Ger-
manicus (Cat. 17), Antonia (Cat. 19), Agrippine la Jeune (Cat. 20) et Néron
(Cat. 25). Auguste est diuus ; Livie est diua : on est donc après 42 ap. J.-C.
Pour Tibère et Germanicus, les titulatures de l'année de leur mort pous
sent à voir dans ces inscriptions des dédicaces posthumes. Antonia est
appelée mère de Claude, qui porte les noms de Claudius Caesar Augustus
Germanicus : Claude règne donc. Enfin, la dédicace fragmentaire à Né
ron74 peut se situer juste après son adoption par Claude en 50. Cette série
est donc clairement claudienne, datable aux environs de 50 ap. J.-C. Elle
comportait peut-être des statues : la dédicace à Auguste (Cat. 21) a pu être
fixée à une base de statue selon G. Guadagno; l'épaisseur des fragments,
1,7 cm, permet effectivement cette hypothèse, valable pour toute la série
des dédicaces faites par L. Mammius Maximus, mais rien ne la confirme.
Il est vrai que plusieurs statues d'Auguste proviennent d'Herculanum75,
mais aucune ne peut être mise en relation avec cette dédicace. Par ai
lleurs la base qui porte la dédicace à Antonia porte, d'après le CIL, les
traces de pieds d'une statue; là encore, la statue n'est pas repérable. Il
faut rapprocher de cette phase cohérente trois dédicaces à Claude, par
d'autres que L. Mammius Maximus76. Peut-être même peut-on placer auss
i dans ce contexte claudien une dédicace à Auguste divinisé, par les
Augustales (Cat. 14), et une à Tibère, elle aussi posthume, accompagnée
peut-être d'une statue77, sur décision des décurions.
74 Cat. 25 : la ligne 2 porte . . sti German. . . : ces génitifs ne peuvent que
désigner un fils d'un Auguste Germanicus; comme la ligne 1 porte . . .dio Caesa. . .,
il ne peut s'agir que de Néron, seul Claudius Caesar fils d'un Germanicus, en l'o
ccurrence Claude.
75 L. A. Scatozza-Horicht, dans Le collezioni del Museo nazionale di Napoli,
Rome, 1989, n°74 (Inv. 6040): statue colossale en marbre blanc, représentant
Auguste en Jupiter assis, d'époque claudienne ; n° 87, un petit buste portrait d'Au
guste en bronze (Inv. 5573), d'époque tibéro-claudienne.
76 Cat. 23, 24, 18; cette dernière était accompagnée d'une statue de bronze,
trouvée dans la «basilique» d'Herculanum (Inv. 5593, ne figurant pas au catalogue
du musée) ; elle aurait eu pour pendant une statue en bronze d'Auguste en Jupiter
(Inv. 5595, Catal. op. cit. n. 75, n° 72), datant aussi d'époque claudienne. Logique
ment, il faut donc supposer que le dédicant de la statue de Claude était aussi re
sponsable de celle d'Auguste, et qu'il existait une inscription parallèle à celle qui
nous est parvenue.
77 Cat. 16; Le catalogue du Musée de Naples signale la présence d'une statue de
Tibère capite uelato (Inv. 5615) qu'il faut sans doute identifier avec celle dont.
838 ISABELLE COGITORE
Le site de Casinum a transmis cinq inscriptions, une à Auguste datant
de 23 av. J.-C. d'après sa titulature (Cat. 26) 78; une à Agrippa, très frag
mentaire et indatable (Cat. 27) ; une à Lucius (Cat. 29) et une à Caius,
entre 3 et 14 ap. J.-C. (Cat. 30); une à Néron en 66-67 ap. J.-C. d'après sa
titulature (Cat. 28). L'ensemble laisse donc entrevoir un contexte julien
précoce, même si Caius et Lucius sont honorés à titre posthume. Un port
rait a été retrouvé dans les fouilles du théâtre, représentant un des deux
princes de la jeunesse79. L'intéressant est que se soit greffée sur ce
contexte julien une dédicace à Néron, qui, de plus, date de peu après la
conspiration de Pison, comme on l'a vu plus haut. Il y a donc peut-être
volonté d'utiliser un contexte julien pour légitimer le pouvoir de Néron,
en butte à un grave danger. Cependant la prudence est de rigueur : cette
dédicace à Néron émane d'un particulier dont on ne sait rien et non d'une
volonté du pouvoir central, ni même, semble-t-il, municipal. Elle renvoie
au sentiment que l'on peut avoir hors de Rome de la légitimité de Néron
plutôt qu'à une tactique néronienne.
Veleia, site riche en inscriptions et qui présente un cycle statuaire
bien étudié80, présente des inscriptions qui peuvent se regrouper en deux
ou trois phases. Une phase sans doute tibérienne comprend des dédicaces
à Auguste divinisé (Cat. 31), à Livie (Cat. 32), à Germanicus (Cat. 33) et à
Agrippine l'Ancienne (Cat. 34), toutes sur du marbre «bardiglio»; une
dédicace à Drusilla, également sur «bardiglio», peut se rapporter à la fin
du règne de Caligula ou à celui de Claude (Cat. 35); enfin, une dédicace à
Claude peu après son accession au pouvoir marque une troisième phase
(Cat. 36). Le cycle statuaire, selon l'étude de C. Saletti, correspondrait à
d'après G. Guadagno, Cron. Ere, XI, 1981, p. 77, un manuscrit napolitain signalait
la présence. Il faut toutefois noter une légère discordance entre la date de 36-37
pour l'inscription et la datation stylistique de la statue, qui, d'après les auteurs du
catalogue, serait une œuvre de la fin du règne d'Auguste - début du règne de Tibèr
e.
78 Un fragment de tête plus grande que nature a été retrouvé à Casinum (G. Ca
rettoni, NSA, 1939, p. 113, n° 2, fig. 10) : ce fragment ne présente plus que la partie
arrière du crâne, caractéristique de la chevelure d'Auguste ; rien ne permet de rap
procher cette œuvre de l'inscription conservée.
79 G. Carettoni, NSA, 1939, p. 112, pi. VII : portrait de jeune homme, d'époque
julio-claudienne, en marbre de Luni. Selon G. Carettoni, ce portrait serait à rappro
cher de celui de Lucius à Corinthe. Un petit buste en calcaire, traité en applique,
représentant sans doute Tibère {NSA, 1939, p. 123, n° 111) est d'une facture trop
différente pour être rapproché de celui-ci; aucune inscription l'accompagnant ne
nous est parvenue.
80 C. Saletti, // ciclo statuario di Veleia, Milan, 1968.
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 839
trois phases, sous Tibère, sous Caligula et sous Claude81. Toutefois, on
note une légère distorsion entre les deux sortes de documents, les statues
de la phase tibérienne ne présentant qu'une seule représentation féminin
e, identifiée avec Livie, alors qu'une dédicace s'adresse à Agrippine l'An
cienne; en revanche une statue d'Agrippine l'Ancienne daterait du règne
de Caligula. Peut-être faut-il unifier les phases datant de Tibère et de Cali
gula, en tenant compte du fait que ces dédicaces sont toutes faites sur le
même type de marbre, sans les attribuer plus exactement à tel ou tel
règne82. L'intéressant dans cette série de Veleia est que le point de départ
en est tibérien et non augustéen, et qu'il semble y avoir ensuite continuité
dans la pratique des dédicaces. De plus, comme on l'a vu plus haut, les
dédicaces véléiates tiennent assez peu compte des événements précis :
tout se passe donc comme si on avait là un exemple de pratique régulière
d'honneurs, à partir de Tibère, et sans choix particuliers.
Le cas de Luna est différent : après une première dédicace, précoce,
à Octave patron de la cité, entre 33 et 28 av. J.-C. (Cat. 37), prennent place
des inscriptions en l'honneur de Claude et de Néron (Cat. 38 et 39), qui,
comme on l'a vu, témoignent d'un intérêt marqué pour l'actualité. Cet
intérêt ne prend réellement son essor qu'avec Claude (Cat. 40 et 42), mais
on peut dès lors remarquer que la référence à Auguste est forte : les vœux
pro salute pour Claude en 41 ap. J.-C, s'adressent au diuus Augustus : on
81 C. Saletti, op. cit., p. 103-123. C. Saletti et H. Jucker, Die Prinzen des Sta-
tuenzyklus aus der Veleia. Umfang und Datierung der Stiftung des L. Calpurnius
Piso, dans Jdl, 92, 1977, p. 204-240, proposent des identifications différentes des
personnages représentés dans ce cycle. Mais l'étude de H. Jucker présente quel
ques problèmes; ainsi il associe à une statue qu'il identifie comme celle de Livie
l'inscription Cat. 35, qui porte une titulature ne pouvant en aucun cas se rapporter
à Livie; de même, et sans doute aussi par confusion, il associe à une statue de
Tibère l'inscription Cat. 31 qui ne peut lui convenir; l'association entre la statue de
Drusilla et l'inscription Cat. 32 est possible ainsi que celle de Germanicus et de
Cat. 33. N'ayant pu voir ces statues et devant ces problèmes de méthode, il nous est
paru difficile de trancher; cependant l'étude de Saletti semble tenir davantage
compte des indications que peut donner l'épigraphie.
82 Nous ne rejoignons pas ici la thèse de K. P. Goethert, Zur Einheitlichkeit des
Statuengruppe aus der Basilika von Veleia, dans MDAI(R), 79, 1972, p. 235-247, et
Nochmals zur Weihung von Veleia, dans MDAI(R), 80, 1973, p. 285-287, selon laquell
e tout le cycle devrait être compris comme un seul groupe, hypothèse dont les
prémisses sont par ailleurs fortement contestées par H. Jucker, art. cit. n. 81,
p. 204-240. Contrairement à K. P. Goethert, il nous semble que, s'il est possible
d'unifier les phases datant des règnes de Tibère et de Caligula, on ne peut faire
l'économie d'une phase claudienne, ne serait-ce que parce que la dédicace à Claude
est faite sur un marbre différent des autres inscriptions.
840 ISABELLE COGITORE
salue en lui le fondateur de la dynastie, chargé de protéger Claude. De
même, les deux dédicaces à Néron prennent soin de faire remonter sa
filiation jusqu'à Auguste : diui Aug(usti) abn(epos). La plupart de ces dédi
caces étant d'origine locale, faites par un duumvir ou par un chevalier
originaire de Luna, on peut en déduire que la cité tient à s'ancrer dans la
référence à Auguste, une fois que la dynastie est bien installée et que le
lointain patronat d'Octave sur la cité cesse d'être un audacieux pari pour
devenir le premier signe d'une fidélité aux Julio-claudiens qui va en se
confirmant au fil des lustres et des règnes. L'étude iconographique à
Luna donne en revanche peu de résultats clairs. Ont été retrouvées les
pièces suivantes : une tête d'Auguste en marbre, avec couronne civique83;
une tête en marbre d'Agrippine l'Ancienne, portant diadème et uitta*4; un
buste en marbre de jeune prince, peut-être Tiberius Gemellus85; un frag
ment de l'arrière d'une tête dont la chevelure est caractéristique de Clau
de, avec couronne86. Cependant il est difficile de percevoir dans ces sta
tues l'existence d'un cycle statuaire constitué et datable.
À Forum Clodi les deux dédicaces à Lucius et Agrippa Postumus
encore tout jeunes (Cat. 43 et 44) sont faites entre 6 et 5 av. J.-C. d'après
leur âge. Deux dédicaces à Germanicus et à Drusus le Jeune (Cat. 45 et 46)
semblent former un couple cohérent d'après les critères matériels; par
ailleurs deux fragments, apparemment d'une même inscription, portant
les noms de Livie {Augusta Iulia), Tibère et Drusus le Jeune (Cat. 48) 87,
sont datables, d'après la titulature restituée de Tibère, des années 15-19
ap. J.-C. : il y a donc là deux phases, l'une précoce, sous Auguste, l'autre
un peu postérieure, sous Tibère. L'intéressant est que dans les deux cas,
on prend soin d'honorer les princes et successeurs éventuels, souvent en
couple. La série de Forum Clodi, dans ses deux phases, reflète donc une
attitude qu'ont peut qualifier de proprement dynastique.
À Caere, les inscriptions en l'honneur de la dynastie se répartissent en
deux phases; la première est marquée par deux dédicaces à Auguste fai
tes par le sénat local (Cat. 49 et 50), datant entre 12 av. J.-C. et 14 ap. J.-C.
(Auguste n'est pas diuus); la deuxième est claudienne et honore Claude
83 A. R. Zaccaria dans A. Frova, Scavi di Lutti, I, Rome, 1973, p. 537 (CM 1033),
pi. 127, 1-3.
84 Id., p. 538, (CM 1469), pi. 128, 1-4.
85 Id., p. 538, (CM 2493), pi. 129, 1-4.
86 Id., p. 539-540 (CM 1470), pi. 127, 4.
87 D'après une hypothèse du CIL, il y avait peut-être des statues sur cette base,
si on s'appuie sur CIL, XI, 3303 (ILS, 154), qui porte dedicatione statuarum Caesa-
rum et Augustae.
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 841
(Cat. 52), Britannicus (Cat. 55), et Agrippine la Jeune (Cat. 53). Une dédica
ce à Drusilla, datant de 38 ap. J.-C, d'après l'adjectif diua, a vu le nom de
Caligula martelé, mais a été conservée sous Claude (Cat. 51): une phase
datant du règne de Caligula a donc bien existé à Caere. Cette répartition
chronologique est confirmée et même affinée par l'iconographie : la pha
se augustéenne y serait représentée par un buste féminin, actuellement à
Copenhague88, dont la technique est clairement augustéenne. L'identifica
tion du personnage représenté est plus problématique; il pourrait s'agir
soit d'Octavie, la sœur d'Auguste, par parallèle avec le portrait de Béziers,
soit, si on se fonde sur la coiffure caractéristique des années 40 av. J.-C,
d'Atia la mère d'Auguste89. Appartiendrait à la même période augustéen
ne (ou proto-augustéenne) le buste masculin qui représenterait C. Man-
lius, constructeur du théâtre de Caere90. Enfin, une tête d'Auguste91
(fig. 2) offre un exemple intéressant de permanence des portraits impé
riaux: elle présente des caractéristiques clairement claudiennes; en re
vanche, l'inscription Cat. 50, qui l'accompagne mentionne la réfection
après incendie92 d'une statue à Auguste, lequel n'est pas appelé diuus. On
peut avancer l'hypothèse d'une première statue, réalisée sous Auguste,
avec inscription, qui aurait été détruite par un incendie et refaite, à épo
que claudienne, avec les techniques claudiennes et avec une inscription
qui aurait repris la titulature que portait Auguste sur la première pierre.
Il faut donc ajouter aux statues précédemment présentées une statue
d'Auguste réalisée pendant son règne. La phase datant du règne de Cali
gula est, dans l'iconographie comme dans l'épigraphie, pauvre : une sta
tue de femme, exposée avec une tête non pertinente93 aurait selon
O. Benndorf et R. Schoene94 été trouvée avec la dédicace à Drusilla étu
diée plus haut. La phase claudienne est en revanche beaucoup plus riche
ment représentée dans l'iconographie que dans l'épigraphie : une série
88 Ny Carlsberg Glyptothek, 619, Inv. 1282; M.Fuchs, Le sculture dello scavo
Calabresi, dans M. Fuchs, P. Liverani et P. Santoro, Caere, 2, II teatro e il ciclo sta
tuario giulio-claudio, Rome, 1989, p. 83, n° 11.
89 Voir la démonstration de M. Fuchs, op. cit., η. 88, p. 83 sq.
90 M. Fuchs, op. cit. η. 88, p. 103, n° 19 (Inv. 9938).
91 M. Fuchs, op. cit. n. 88, p. 97, n° 17 (Inv. 9953).
92 Mommsen proposait hanc stat[ionem uigilum injcendio ab Ufrbe arcendo] ;
O. Benndorf et R. Schoene, Die antike Bildwerk des lateranischen Museums, Leipz
ig, 1867, donnaient : stat[uam injcendio. Je tiens à remercier M. Aberson (Genève)
qui propose la restitution statfuam injcendio abufstamj .
93 M. Fuchs, op. cit. n. 88, p. 80, n° 9 (Inv. 9954).
94 O. Benndorf et R. Schoene, op. cit. n. 92.





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SÉRIES
DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 843
d'œuvres, datables des débuts du règne de Claude, vient répondre aux
dédicaces et parfois les compléter. Ainsi on peut mettre en parallèle avec
l'inscription Cat. 53 une statue féminine, qui représenterait Agrippine95;
de même, à l'inscription Cat. 55 correspondrait le fragment de portrait
d'un enfant, en Génie des saisons, qui serait Britannicus96; enfin, à l'in
scription Cat. 52 pourrait répondre la statue assise de Claude en Jupiter97
(fig. 3). Ce que M. Fuchs appelle une «galerie familiale», se complète par
les représentations, dépourvues d'inscriptions, d'Auguste (réfection clau
dienne d'une statue augustéenne), de Tibère98 assis en Jupiter (fig. 4), de
Drusus l'Ancien99 et de Livie100. Inscriptions et portraits de Caere entrent
dans un programme claudien de légitimation.
À Veii, les dédicaces sont nombreuses, et se regroupent en deux phas
es, sous Tibère, puis sous Claude. La phase tibérienne comprend une ins
cription en l'honneur de l'empereur et de Germanicus (Cat. 58), entre 31
et 37 ap. J.-C. Peut y appartenir une dédicace à Drusus le Jeune, très frag
mentaire (Cat. 59). La phase claudienne est intéressante par le fait qu'une
inscription de 41 ap. J.-C. unit Tibère et Claude (Cat. 61), passant Caligula
sous silence. Elle se développe ensuite, en 46 et en 50 par des dédicaces à
Claude (Cat. 62 et 63). En font sans doute partie deux inscriptions, en
l'honneur des fils de Germanicus, Drusus et Nero (Cat. 56 et 57) 101 ; on est
tenté de supposer une inscription, perdue, à Germanicus. Il est tentant de
rattacher à cette phase claudienne les portraits trouvés à Veii. Deux sta
tues de jeunes togati 102 ont été identifiées, l'une avec Britannicus et l'au
tre, malgré une tête non pertinente, avec Néron. Serait aussi d'époque
claudienne une statue identifiée comme un portrait de Drusus l'Ancien ou
95 M. Fuchs, op. cit. n. 88, p. 76, n° 8 (Inv. 9952) : elle a été identifiée avec Mess
aline par M. Fuchs, mais le manque de parallèles probants ainsi que la trace, sur
le cou, des longues boucles caractéristiques de la coiffure d'Agrippine nous pous
sent à rapprocher ce portrait de celui d'Agrippine à Veleia.
96 M. Fuchs, op. cit. n. 88, p. 100, n° 18 (Inv. 9939).
97 M. Fuchs, op. cit. n. 88, p. 61-64, n° 3 (Inv. 9950).
98 M. Fuchs, op. cit. n. 88, p. 58-60, n° 2 (Inv. 9961).
99 M. Fuchs, op. cit. n. 88, p. 655-67, n° 4 (Inv. 9963).
100 M. Fuchs, op. cit. n. 88, p. 81, n° 10; Copenhague, Ny Carlsberg Glyptothek,
617, Inv. 1422.
101 Cat. 56 : il s'agit d'une inscription dont la provenance n'est pas assurée,
entre Caere et Veii.
102 A. Giuliano, Catalogo dei ritratti romani del Museo profano Lateranense (Mo
numenti Vaticani di archeologia e d'arte, X), Rome, 1957, p. 19, n° 24, pi. 15 et p. 20,
n°25, pi. 15 et 51.





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Illustration non autorisée à la diffusion
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 845
Drusus le Jeune103. En revanche le rapprochement avec cette phase du
portrait colossal d'Auguste 104 est plus délicat (fig. 5). Cette pièce a été
trouvée en 1812, avec d'autres pièces105; l'une est une tête d'Auguste, l'au
tre une tête de Tibère qui semblent, d'après la taille et le marbre em-
Fig. 6 - Tibère; provenance : Veit. Vatican, Musée Chiaramonti,
Inv. 1641. Nég. D.A.I. 87 Vat. 378.
103 A. Giuliano, op. cit. η. 102, p. 13-14, n° 17, pi. 7-8.
104 A. Giuliano, op. cit. n. 102, p. 11, n° 13, pi. 9.
105 W. Amelung, Die Skulpturen des Vaticanischen Museums, Berlin, 1903, I,
p. 60; I, 2, n°399, 400, 401, p. 572-574.
846
ISABELLE COGITORE
ployés se correspondre ; une troisième pièce est une statue de Tibère assis,
portant la couronne civique. Malgré la présence marquée de Tibère, cet
ensemble donne l'impression d'être d'époque claudienne.
Le site de Rusellae présente lui aussi deux phases, une sous Auguste
et Tibère, honorant Agrippa après 18 av. J.-C, d'après sa titulature
(Cat. 64), Auguste (très fragmentaire, Cat. 67), Caius comme patron, donc
avant sa mort (Cat. 66), Lucius entre 2 av. et 2 ap. J.-C. (Cat. 65), peut-être
Germanicus à une date indéfinissable (Cat. 70), Drusus son fils entre 23 et
29 ap. J.-C. (Cat. 71); l'autre, sous Claude comprend les inscriptions por
tant les vœux pour Claude et Britannicus (Cat. 72 et 73) et une dédicace
peut-être à Octavie la fille de Claude (Cat. 68) 106. Une deuxième dédicace à
Germanicus pourrait éventuellement en faire partie (Cat. 69). Malheureu
sement, le cycle statuaire de Rusellae attend toujours une publication
exhaustive. En l'attendant et en se fondant sur les indications parues107,
on peut mettre en relation une statue assise de Claude avec les deux ins
criptions érigées à l'occasion de son expédition en Bretagne.
Enfin, à Lucus Feroniae, trois périodes se discernent : une première
comprend des honneurs à Tibère et Drusus l'Ancien comme patrons entre
11 et 9 av. J.-C. (Cat. 76 et 77); une dédicace à Auguste entre 2 av. et 14
ap. J.-C. d'après la titulature (Cat. 74); une à Agrippa Postumus entre 12
av. et 4 ap. J.-C, soit avant son adoption par Auguste (Cat. 78); une à Dru
sus le Jeune dans le premier semestre de l'année 14 ap. J.-C. avant la
mort d'Auguste (Cat. 80). Il faudrait peut-être rapprocher de cette phase
augustéenne ou même tardo-augustéenne le cycle statuaire de Lucus Fer-
roniae106. Dateraient de cette période la statue d'Agrippa en toge109 et
peut-être trois statues de togati acéphales110 ainsi que cinq statues fémini
nes acéphales111. Suit une phase tibérienne marquée par une dédicace à
106 Cette dernière est fragmentaire, mais la lecture des lettres cta. . . ugus ne
permet guère d'autre interprétation que [Ojctafuiae Ajugusfti f(iliae)].
107 Voir le catalogue Roselle, gli scavi e la mostra, Pise, sans date ; et C. Laviosa,
Rusellae, relazioni preliminari della settima e ottava campagna di scavi, dans Studi
etruschi, 37, 1969, p. 94 sq. Faute d'avoir pu voir les statues, force nous est d'en
rester là.
108 Nous n'avons malheureusement pas pu le voir, le musée de Lucus Feroniae
étant en cours d'aménagement. Il en existe une publication, A. M. Sgubini Moretti,
Statue e ritratti onorari da Lucus Feroniae, dans Atti Pont. Ace. Rom. Arch., ser. III,
55-56, 1982-84, [1985], p. 71-109.
109 A. M. Sgubini Moretti, art. cit. n. 108, p. 91-95.
110 A. M. Sgubini Moretti, art. cit. η. 108, p. 95-97, fig. 19-20; p. 98-100, fig. 21-
22; p. 100-102, fig. 23-24.
111 A. M. Sgubini Moretti, art. cit. η. 108, p. 79-81, fig. 4-5; p. 81-83, fig. 6-7;
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 847
Tibère en 27, d'après la titulature (Cat. 79); une à Nero fils de Germanicus
avant 29 ap. J.-C. (Cat. 81); l'inscription in honorem domus diuinae étu
diée plus haut, de 33 ap. J.-C. (Cat. 83) m. Enfin une inscription portant le
nom de Claude au génitif, postérieure à 42 ap. J.-C, peut être le signe
d'une phase claudienne (Cat. 82) 113; elle aurait, selon les éditeurs, porté à
la ligne manquante avant la première ligne conservée, le nom d'une épou
se ou d'un enfant de Claude. Cependant, le nom de Claude au génitif peut
aussi être le complément d'une formule comme pro salute ou in honorem ;
Y ordinatio de l'inscription permet de compter que la première ligne
conservée comportait 19 lettres; la deuxième 17; la troisième 14. Si la
ligne manquante devait porter le nom d'une épouse de Claude, le nom de
Valeria Messalina ou de Iulia Agrippina pourrait occuper l'espace des 17
ou 19 lettres nécessaires. Cependant, la rareté des dédicaces non martel
ées à Messaline nous pousse à écarter cette possibilité. S'il s'agissait
d'Agrippine, il serait étonnant qu'elle ne mentionnât pas sa filiation, Ger
manici f(iliae), élément important de sa légitimité personnelle, présent
sur la plupart des dédicaces italiennes114. Comme il est par ailleurs peu
probable qu'il s'agisse d'un enfant de Claude, le / de f(ilio) n'étant pas sur
la pierre115, il semble qu'il faille préférer une formule du type pro salute
ou in honorem116. Il faut encore mentionner un portrait d'Auguste117, à
rapprocher du type d'Actium et qui pourrait dater de la fin du règne de
Tibère ou des débuts de celui de Claude118.
Cette présentation des différentes phases de chaque série permet de
voir qu'au delà des variantes propres à chaque site, l'importance des pha
ses claudiennes, présentes dans presque tous les cas, est capitale : les
p. 84-85, fig. 8-9; p. 85-87, fig. 10-11 (Livie?); p. 87-89, fig. 12-13 (Agrippine l'An
cienne ?).
112 Nous ne pouvons entrer ici dans la polémique sur l'inscription Cat. 75, à
propos du temple du Divin Auguste et de L. Volusius Saturninus, cf. I. Di Stefano
Manzella, / Volusii e il tempio del Divo Augusto a Lucus Feroniae, dans / Volusii
Saturnini, op. cit. η. 50, p. 45-52.
113 La série continue ensuite, avec une dédicace à Gallien, L. Sensi, Ann. Fac.
Lett. Filos. univ. di Perugia, 28, (n.s. 9), 1985-86, p. 290, n° 12 ÇAE, 1988, 554).
114 Par exemple CIL, IX, 6362, Trebula Mutuesca; X, 933, Pompei.
115 La pierre est cassée aussi en bas, mais la mention de la filiation serait sur
prenante après la titulature du père.
116 Les deux ont des parallèles pour Claude en Italie, CIL, V, 7150 (Piémont);
Eph. Epig., VII, 1242 (Nemus Dianae).
117 A. M. Sgubini Moretti, art. cit. n. 108, p. 89-91, fig. 14.
118 Cf. P. Zanker, Studien zu den Augustus Porträts, I, der Actium Typus, Göttin
gen, 1973, p. 21.
848
ISABELLE COGITORE
dédicaces à des membres de la famille régnante se font plus fréquentes
sous le règne de Claude.
b) Fonctions des divers membres de la dotnus honorés
L'approche chronologique doit être complétée par une autre démarc
he, qui définit les fonctions des membres de la famille impériale honorés
dans ces dédicaces : au travers des dédicaces, chaque personnage ou pres
que se révèle porteur d'une image et joue un rôle particulier dans ce
qu'on peut appeler la représentation de la dotnus (cf. arbre généalogi
que). Certaines de ces fonctions sont sans surprise. Il en va ainsi pour
Auguste. Il apparaît dans des séries de dédicaces soit posées de son vivant
soit postérieures à sa mort; les séries augustéennes sont, comme on l'a vu,
celles de Casinum, Luna, Caere, Rusellae, Lucus Feroniae. La fonction
d'Auguste dans ces séries apparaît clairement quand on regarde les per
sonnages qui sont honorés dans les mêmes séries : à Casinum (Cat. 27, 29,
30), et sans doute à Rusellae (Cat. 64, 65, 66), Agrippa, Caius et Lucius; à
Lucus Feroniae, Tibère avant son adoption (Cat. 76), Drusus l'Ancien
(Cat. 77) ; à Luna, en revanche, personne n'est aux côtés d'Auguste. À part
ce dernier cas, l'ensemble est cohérent : sont honorés avec Auguste ses
gendres et ses fils. La présence de Drusus l'Ancien peut s'expliquer par
l'affection qu'Auguste éprouvait pour lui, bien qu'il ne fût pas son fils,
sauf d'après les racontars transmis par Suétone119. Les séries postérieures
à la mort du princeps présentent elles aussi une fonction logique d'August
e : soit son nom entre dans le cadre du culte impelai ; soit, ce qui nous
concerne ici, il marque une dimension politico-dynastique et sert à légit
imer les règnes postérieurs. Le fait est clair à Luna sur l'inscription qui
porte les vœux pour la santé dé Claude (Cat. 42) : les vœux sont adressés
au diuus Augustus, qui protège la dynastie. La caution augustéenne fonc
tionne aussi à Herculanum où les dédicaces marquent en quelque sorte le
chemin qui mène à Claude, à travers Auguste (Cat. 21), Livie (Cat. 15),
Germanicus (Cat. 17) et Antonia (Cat. 19), ainsi qu'à Veleia où sont hono
rés Auguste (Cat. 31) et Livie (Cat. 32), Germanicus (Cat. 33) et Agrippine
l'Ancienne (Cat. 34), Drusilla (Cat. 35), puis Claude (Cat. 36). L'emploi
d'Auguste comme fondateur de la dynastie est donc net dans les séries
postérieures à sa mort, et, plus exactement, claudiennes.
Livie a elle aussi un emploi clair dans la représentation dynastique :
elle est présente dans les séries a' Herculanum (Cat. 15) et de Veleia
119Suet., CL, A.
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 849
(Cat. 32), c'est-à-dire, dans les deux cas, dans des séries où Auguste aussi
est honoré. L'important est qu'à chaque fois, les séries sont postérieures à
la mort d'Auguste. De plus, à Herculanum, elle est elle-même divinisée et
la mention de son nom contribue à renforcer l'aura religieuse des débuts
de la dynastie. Dans le cas de Veleia, c'est en tant que mère de Tibère et
de Drusus qu'elle est honorée Sa fonction est logiquement celle d'une
femme de la dynastie julio-claudienne, épouse et mère, ainsi que quasi
déesse.
La présence d'Agrippa dans les séries précoces de Rusellae (Cat. 64),
Telesia (Cat. 10), Casinum (Cat. 27), est aussi, à sa manière, révélatrice
d'une conception du pouvoir impérial : Agrippa n'apparaît plus dans les
séries plus tardives, et même sa fille Agrippine l'Ancienne ne mentionne
pas son nom dans sa filiation. Cela correspond à l'attitude que les sources
littéraires prêtent à Agrippa, qui font de lui un républicain survivant120.
L'absence d'honneurs à Agrippa dans les séries tardives semble montrer
que la nécessité d'une caution républicaine se fait de moins en moins sent
ir dans la représentation dynastique.
L'image que véhiculent Caius et Lucius a déjà été souvent étudiée,
nous ne nous y attarderons donc pas. Ils sont honorés ensemble à Cas
inum (Cat. 29, 30) peut-être aussi à Rusellae (Cat. 65, 66), où Agrippa aussi
est présent; à Forum Clodi, Caius manque - toujours sous réserve de la
nécessaire prudence quant à la proportion des documents qui nous sont
parvenus -. Dans le cas de Rusellae, Lucius et Caius sont vivants, et il est
clair qu'ils sont honorés parce qu'ils sont les successeurs attendus d'Au
guste, malgré leur jeune âge. La série de Casinum est en revanche posthu
me et montre que, après leur mort, les princes de la jeunesse continuent à
former un couple, non plus de successeurs possibles, mais de successeurs
idéaux. En parallèle avec Caius et Lucius, le cas d'Agrippa Postumus
montre que le jeune homme jouit un temps d'un statut valable, puisqu'il
est honoré, à Forum Clodi et Lucus Feroniae, avant son adoption par
Auguste. L'ensemble des inscriptions italiennes montre aussi que des cités
pouvaient le choisir comme patron : il faut donc nuancer l'image généra
lement noire qu'on a de lui, et se rappeler, qu'au-delà du portrait peu
flatteur qu'en fait Tacite, il avait, lui aussi, un rôle à jouer dans la dynast
ie, en retrait certes par rapport à ses aînés, et vite gaspillé, mais qui
aurait pu être important121.
120 Ainsi, plus tard, Dion Cassius qui met dans la bouche d'Agrippa des paroles
destinées à dissuader Octave d'établir une monarchie (LU, 2).
121 1. Cogitore, Mancipii unius audacia : le faux Agrippa Postumus face au pou
voir de Tibère, dans REL, 68, 1990, p. 123-135.
850
ISABELLE COGITORE
Les choses sont un peu différentes pour Drusus l'Ancien, honoré à
Brixia par les Triumplini (Cat. 5) et à Lucus Feroniae comme patron
(Cat. 77). Dans les deux cas, la dédicace entre dans le cadre de relations
précises entre une cité ou un peuple et Drusus. Cela se rapproche d'un
schéma de clientèles et viendrait expliquer le fait que Claude soit honoré
lui aussi dans les deux sites mentionnés : il aurait bénéficié des clientèles
de son père, ou, pour le moins, des courants de fidélité envers son père.
La femme de Drusus, Antonia, fait l'objet d'une dédicace à Herculanum,
donc dans une série claudienne. Il faut noter là une distorsion par rap
port aux sources littéraires, qui nous apprennent qu'Antonia fut mise en
avant par son petit-fils Caligula : aucune dédicace de cette époque ne
nous est parvenue. Bien sûr, peu de documents datent des années de
règne de Caligula; cependant, on peut dire qu'Antonia est, comme Drus
us, utilisée dans une optique claudienne de légitimation.
Dans les séries de dédicaces qui s'adressent à Tibère vivant, on voit
que Tibère est honoré aux côtés d'un autre successeur possible d'Auguste,
soit Drusus l'Ancien, soit Germanicus (conçu aussi comme successeur de
Tibère lui-même). Il est rarement honoré seul, ce qui pourrait confirmer
ce qu'on sait par les sources littéraires, que Tibère n'était pas l'objet d'un
mouvement de sympathie marqué. La seule inscription qui pourrait aller
dans un sens contraire est celle de Lucus Feroniae, datant de 27 ap. J.-C.
(Cat. 79), que nous avons mise en rapport avec le départ pour Capri, et
qui dans ce cas pourrait indiquer un élan vers Tibère. Mais il faut noter
que cette dédicace date de son règne, donc à un moment où les sujets
n'ont guère de choix. . .
Dans le sillage de Tibère s'inscrivent les dédicaces à son fils Drusus.
En lui on honore le successeur, parfois en couple avec Germanicus, adopt
é par Tibère. La dédicace posthume du Val Camonica ne peut guère s'ex
pliquer, comme on l'a vu plus haut, que par une dévotion particulière
locale envers le jeune homme (Cat. 8). Plus important est le fait que gravi
tent autour de Drusus le Jeune des personnages que l'on trouve honorés
assez souvent en Italie : Livilla sa femme, comme mère des deux jumeaux
Tiberius Gemellus et Germanicus Gemellus122; ces deux derniers, malgré
le peu de poids qu'ils eurent dans les faits, étaient cependant ressentis
comme des successeurs possibles, de nouveau en couple. Ainsi on devine
autour de Drusus le Jeune une constellation de dédicaces, qui s'arrêtent
assez vite en raison de sa mort précoce, mais qui montrent qu'il était
important pour la dynastie.
122 Tac, Ann., II, 84.
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 851
Germanicus a, lui aussi, une importance particulière au regard du
fonctionnement de la dynastie. Des travaux récents d'E. La Rocca ont
montré que Germanicus était une «charnière dynastique»123 : les dédica
ces italiennes confirment sa démonstration, essentiellement fondée sur
l'iconographie. En effet, on est frappé tout d'abord par le nombre de
dédicaces en l'honneur de Germanicus124. Ainsi, dans notre corpus res
treint, il est représenté sur presque tous les sites : Brixia, Veleia, Rusellae,
Veii, Herculanum, Telesia. Il est souvent difficule de déterminer la date
exacte de ces séries, mais bon nombre de dédicaces sont posthumes, com
me à Brixia et Herculanum. Mais qu'elles soient posthumes ou non, elles
présentent une caractéristique : là où est honoré Germanicus, est aussi
honoré Claude son frère. Soit la dédicace à Claude est postérieure à celle
pour Germanicus, et on se trouve devant une sorte de récupération d'un
site marqué par Germanicus, soit elles sont contemporaines et datent du
règne de Claude : elle s'intègrent alors directement dans un programme
claudien de légitimation, utilisant l'image de Germanicus et les honneurs
dont il avait été l'objet125. C'est en ce sens que Germanicus joue un rôle de
charnière dynastique : il allie le côté claudien de son père Drusus l'Ancien
au côté antonien de sa mère; adopté par Tibère, il devient de la sorte
petit-fils d'Auguste, comme le rappelle sa filiation à Veleia (Cat. 33) et
Herculanum (Cat. 17); de plus, époux d'Agrippine, «seul sang d'August
e»126, il se trouve au carrefour de toutes les familles qui forment la
domus julio-claudienne. Ainsi, comme l'a montré E. La Rocca, trois emper
eurs lui doivent en quelque sorte le trône, Caligula, Claude et Néron. On
voit donc autour de Germanicus, comme autour de Drusus le Jeune, un
« noyau » dynastique, plus riche que celui de son frère par adoption, car si
Germanicus meurt jeune, il eut une descendance plus nombreuse que lui.
123 J'emprunte cette idée au Prof. E. La Rocca qui l'avait présentée au colloque
organisé par l'Université de Cassino en octobre 1991, sur la Tabula Hebana et la
tabula Siarensis ; il a eu l'obligeance de me faire lire son manuscrit et d'en discuter
avec moi. Je le remercie vivement ici, étant bien entendu qu'aucune des hypothèses
avancées à partir de son étude ne doit lui être imputée.
124 Dans le corpus général, cf. CIL, IX, 962; 1106; 2326; AE, 1988, 369.
125 Sur les honneurs pour Germanicus, voir les Tabula Hebana et Tabula Sia
rensis; cf. W. Seston, Germanicus héros fondateur, dans PP, 14, mai-août 1950,
p. 171-184 = Scripta Varia (coll. EFR, 43), Rome, 1980, p. 141-154; C. Nicolet, La
Tabula Siarensis et le ius relationis de l'empereur du Sénat, dans MEFRA, 100, 1988,
p. 827-866; A. Fraschetta // iustitium per la morte di Germanico, dans MEFRA, 100,
1988, p. 867-889; Id., Osservazioni sulla Tabula Siarensis, dans Epigraphica, 50,
1988, p. 47-60.
126 Tac, Ann., 3, 4, 2.
MEFRA 1992, 2. 56
852
ISABELLE COGITORE
Fait partie de ce noyau Drusilla, pour qui plusieurs dédicaces nous sont
conservées : si elle a échappé à la damnatio memoriae, c'est peut-être par
ce qu'avant d'être la sœur de Caligula, elle était la fille de Germanicus
(Cat. 35, 51). Pour Claude, la référence à Germanicus est de première
importance et se cumule souvent avec celle à Auguste. Claude fait l'objet
de nombreuses dédicaces italiennes, ce qui permet de distinguer quelques
constantes : sous son règne se développe une pratique de la dédicace qui
«récupère» des sites déjà marqués par des honneurs pour d'autres memb
res de la dynastie. Le cas est particulièrement clair à Luna, où Claude
est sous la protection du diuus Augustus et où son fils Britannicus lui est
associé. À Lucus Feroniae (Cat. 82), si l'hypothèse d'une formule au génitif
du type pro salute ou in honorem est admise, il y a aussi clairement volont
é de s'inscrire dans une continuité, l'inscription prenant place après des
dédicaces d'époque augustéenne et tibérienne. On pourrait, en créant un
néologisme, dire que, par ces réutilisations de sites, on assiste à une
dynastification de certaines séries de dédicaces. Elles présentent une ima
ge parfaite de la dynastie, maison «pleine de Césars»127, et qui culmine
avec l'empereur régnant, en l'occurrence Claude. À Caere, Luna, Lucus
Feroniae, existait déjà un substrat augustéen, dont Claude bénéficie; à
Brixia, ce sont les clientèles de Drusus l'Ancien qui ont en quelque sorte
préparé le terrain; à Herculanum, la série de dédicaces posées par
L. Mammius Maximus est l'illustration de notre théorie : ces dédicaces
forment un programme de mise en forme de la dynastie julio-claudienne.
Le règne de Claude voit donc une organisation pour ainsi dire posthume
de la domus, qui s'articule autour de Germanicus. Mais la domus n'est pas
représentée comme finie et fermée, puisqu'avec Claude sont honorés auss
i Agrippine la Jeune, Britannicus ou Néron 128. Ainsi à Rusellae, la présen
ce d'une dédicace à Britannicus, à côté de celle pour son père, montre
que le fonctionnement de la dynastie est désormais acquis.
De même, les dédicaces à Néron s'inscrivent toujours dans un context
e d'honneurs préexistants à des membres de la dynastie : à Casinum, le
substrat est augustéen, à Herculanum, il est claudien; à Luna, les phases
augustéennes et tibériennes sont présentes. On peut donc en déduire une
volonté de continuité. Elle transparaît aussi dans les vœux gravés à Luna,
dans les mêmes termes pour Poppée et pour Néron, après la conjuration
127 Tac, Ann., IV, 3, 1 : domus plena Caesarum.
128 Claude et Britannicus à Rusellae : Cat. 72 et 73 et Caere : Cat. 52 et 55 ; Clau
de, Agrippine la Jeune et Néron à Herculanum : Cat. 20, 24, 25.
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 853
de Pison. Sous Néron, l'évolution vers une conception entièrement dynast
ique de la domus est achevée.
* *
Au terme de ces analyses et sur la base des hypothèses avancées ici, il
nous semble possible de poser quelques jalons. Comme l'a montré l'ex
amen des cas de patronats exercés par des membres de la domus et la dis
parition rapide de la référence à Agrippa, les traits républicains s'estom
pent assez vite. Inversement la mise en forme de la famille julio-claudien-
ne comme dynastie véritable se fait plus progressivement, et surtout sous
le règne de Claude. De l'ensemble de la domus ainsi construite émergent
des figures-clés : Auguste le fondateur, Claude l'organisateur, Germanicus
la charnière unissant les divers rameaux de l'arbre généalogique, ainsi
que dans une moindre mesure Drusus le Jeune. On comprend encore
mieux, dans cette optique, l'intérêt de textes comme la tabula Hebana, la
tabula Siarensis et la Consolation à Livie pour la mort de Drusus l'Ancien.
De tels documents apportent de plus un élément de réponse à une ques
tion que nous avons évoquée, celle du rôle de Rome dans ces honneurs, et
du degré de spontanéité de ces dédicaces. L'existence de textes officiels
réglant les honneurs à rendre à tel ou tel personnage laisse supposer que,
peut-être sans en recevoir l'ordre exprès, certaines villes d'Italie et des
provinces tenaient à dépasser ce qui était prescrit, parfois en montrant
leur préférence au sein de la domus. Enfin, il ressort nettement, dans la
pratique cette fois et non d'après des sources littéraires, que la mise en
place de la dynastie se fait progressivement mais irrémédiablement, au
fur et à mesure des règnes : sous Claude, elle est désormais organisée.
Isabelle Cogitore





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SÉRIES
DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 855
ANNEXE N° 1
CORPUS DES INSCRIPTIONS
Les inscriptions sont présentées et numérotées dans l'ordre des sites tel qu'il
est donné dans les volumes du CIL; pour chacune, nous avons précisé, quand
c'était possible :
- la nature de la pierre et ses dimensions ainsi que celles des lettres ;
- le lieu exact de la découverte;
- le texte;
- la datation.
Brixia
Cat. 1 : CIL, V, 4305 = /./., X, 5, 84 (ILS, 75)
- architrave; calcaire; L. 5,57 m; h. 67 cm; hdl. 30 cm.
- C. Iulius Caesar pontif(ex).
- 43 av. J.-C.
Cat. 2 : CIL, V, 4306 = /./., X, 5, 957
- calcaire; L. 77 cm; h. 53 cm; ép. 13 cm; hdl. 15; 10 et 7,5 cm.
- [C(aius) Caesjar / [Diu]i f(ilius), / [pontif(ex), ] co(n)s(ul), imp(erator).
- entre 43 et 40 av. J.-C.
Cat. 3 : CIL, V, 4308 = /./., X, 5, 86
- calcaire; L. 2,30 m; h. 1,78 m; hdl. 16-10 cm.
- trouvée en remploi sur le forum.
- Germanico / Caesari / Ti(berii) f(ilio) Augfusti) n(epoti), pontif(ici), q(uaestori), /
co(n)s(uli) II, / d(ecreto) d(ecurionum).
- postérieure à 18 ap. J.-C.
Cat. 4 : CIL, V, 4309 = /./., X, 5, 735
- plaque ou architrave de calcaire; L. 42 cm; h. 88 cm; hdl. 17 cm.
- [Ti(berio) Claudio] Drusi [f(ilio) Caesari Aug(usto) Germanico], / [pontific(i)
ma]xim(o), tribu[n(icia) potest(ate)] .
- 41 ap. J.-C?
Cat. 5 : CIL, V, 4310 = /./., X, 5, 87
- perdue
- [Nerojni Claudio / [T]i(berii) f(ilio) Druso, / [ — ]ni et Trumplini.
Cat. 6: CIL, V, 4311 = /./., X, 5, 736 (ILS, 170)
- fragments de calcaire; L. 87 et 90 cm; h. 31 cm; hdl. 16 cm.
- [Liuiae Drusi Caesaris matri Tji(berii) et Gefrmanici Cajesarum h[. . .
- postérieure à 19 ap. J.-C?
Cat. 7 : CIL, V, 4953 = /./., X, 5, 1188 (ILS, 187), (Val Camonica)
- architrave?; L. 1,8 m; h. 58 cm; ép. 34 cm; hdl. 12-10 cm.
- Dis Manibus / Drusi Caesaris Germ(anici) / I
- postérieure à 33 ap. J.-C.
856
ISABELLE COGITORE
Cat. 8 : CIL, V, 4954 = /./., Χ, 5, 1189 (Rogni, Val Camonica)
- calcaire; L. 65 cm; h. 41 cm; hdl. 8; 6 et 5,5 cm.
- Druso [Caesari] / Ti(berii) Aug(usti) f(ilio) [diui Aug(usti) n(epoti)] / diui Iuli
pr[on(epoti), pontif(ici)] , / sodal(i) augu[st(ali), co(n)s(uli) II, tr(ibunicia)] /
pot(estate) II, XVuir(o) [sacr(is) fac(iundis), / ciuit(as) C[amunn(orum)] .
- postérieure à 23 ap. J.-C.
Cat. 9 : /./., X, 5, et 96
- fragments de 2 tables de marbre ; ép. 5-6 cm.
- trouvés entre le Capitole et le théâtre (fouilles 1823-25 et 1935-37).
- gravés sous Vespasien, portent les noms de tous les détenteurs de la tribunicia
potestas depuis Auguste; le nom d'Hadrien est un ajout postérieur.
Telesia
Cat. 10 : CIL, IX, 2200
- [M(arco) A]grippa[e]/ imp(eratori)is (sic)
- ligne 2 incompréhensible.
Cat. 11: CIL, IX, 2201
- [Vipsaniae M(arci) Agrippae f(iliae) Agrippijnae, Drusi / [Caes(aris) matri, auiae
Ti(beri) et Germanici Caes(arum) ], diui Aug(usti) pron(epotum).
- postérieure à 19-20 ap. J.-C.
Cat. 12 : CIL, IX, 6295
- trouvée dans un puits
- [Germanicus et Drusus? Tji(berii) Aug(usti) f(ili) / [Cae]sare[s] .
- postérieure à 4 ap. J.-C.
Cat. 13 : P. Ca vuoto, Iscrizioni inedite di Telesia, Misc. gr. e rom., IV, p. 223 sq.,
n°4
- fragments de plaque de marbre ; L. 58 cm ; h. 75,5 cm ; ép. 2,3 cm ; hdl. 1. 1 : 7-
9 cm; 1.2, 3, 4: 4,5-5 cm; 1.5: 5,5 cm.
- Ti(berio) Caesari / Drusi Caesaris / filio / Ti(berii) Caesaris Aug(usti) n(epoti), /
d(ecreto) d(ecurionum).
- antérieure à 37 ap. J.-C, adoption par Caligula.
Herculanum
Cat. 14 : CIL, X, 1412 = G. Guadagno, Cron. Ere, XI, 1981, 75 (ILS, 74a)
- trouvée au théâtre selon CIL, dans le complexe de la palestre selon Cron. Ere.
- diuo Augusto, / Augustales.
- postérieure à 14 ap. J.-C.
Cat. 15 : CIL, X, 1413 (ILS, 123)
- diuae Augustae, / L. Mammius Maximus, p(ecunia) s(ua).
- postérieure à 42 ap. J.-C.
Cat. 16 : CIL, X, 1414 = G. Guadagno, Cron. Ere, XI, 1981, 77
- les manuscrits napolitains signalent une statue de Tibère en sacrificateur.
- Ti(berio) Caesari diui Aug(usti) f(tlio) diui Iuli n(epoti) Augusto, / pontif(ici)
max(imo), co(n)s(uUy V, imp(eratori) VIII, trib(unicia) potest(ate) XXXIIX, /
d(ecreto) d(ecurionum).
- titulature de 37 ap. J.-C.
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 857
Cat. 17 : CIL, X, 1415 (ILS, 177)
- Germanico Caesari Ti(berii) f(ilio) diui Augusti n(epoti) / diui Iuli pronepoti,
auguri, flam(ini) augustal(i), co(n)s(uli) II, imp(eratori) II / L(ucius) Mammius
Maximus, p(ecunia) s(ua).
- titulature de 18 ap. J.-C.
Cat. 18 : CIL, X, 1416
- base incrustée de bronze, avec statue de bronze.
- Ti(berio) Claudio Drusi f(ilio) / Caesari Augusto / Germanico, / pontif(ici)
max(imo), tr[ib(unicia) pojt(estate) VIII, / i[m]p(eratori) XVI, co(n)s(uli) IV?, /
patri patria[e, cejns(ori), / ex testamento /// essi L(ucii) f(ilii) Men(enia tribu)
Senecae, / militi cohor(tis) XIII urbanae et / dedicationi eius legauit munici-
pib(us) / singulis
- 48 ap. J.-C.
Cat. 19 : CIL, X, 1417 (ILS, 150)
- base avec pieds d'une statue en marbre
- Antoniae Augustae mairi Ti(berii) Claudi / Caesaris Augusti Germanici, pontif(icis)
max(imi), / L(ucius) Mammius Maximus, p(ecunia) s(ua).
- 41 ap. J.-C.
Cat. 20: CIL, X, 1418
- Iuliae Germ[anici f(iliae)] / Agrippinae Ti(beri) Cla[udi Caesar(is) Aug(usti) Ger
manici)], / pontif(icis) max(imi), t[rib(unicia) pot(estate), patris patr(iae), ] /
L(ucius) Mam[mius Maximus, p(ecunia) s(ua).
- postérieure à 50 ap. J.-C.
Cat. 21 : G. Guadagno, Cron. Ere, VIII, 1978, n°7
- 2 fragments marbre blanc non jointifs; ép. 1,7 cm; hdl. 6,4-5,3 m.
- statue probable
- Diuo [
— Jgusto, / [-L(ucius)] Mammius Maximus, p(ecunia) [s(ua)J.
- postérieure à 14 ap. J.-C.
Cat. 22 : G. Guadagno, Cron. Ere, VIII, 1978, n° 8 (AE, 1979, 173)
- 2 fragments d'une même plaque; ép. 1,6 cm; hdl. 1. 1 : 5,6 cm; 1. 2 : 4,5 cm; 1. 3 :
3,8 cm.
- [Ti(berio)?] Caesari diu[i Augfusti) f(ilio)? diui Iuli n(epoti)? Augusto], / pon-
tif(ici) max(imo), co[(n)s(uli) V?, imp(eratori) VIII?, trib(unicia) pot(estate)
XXXIX], / [L(ucius)] Mammi[us Maximus, p(ecunia) s(ua)].
Cat. 23 : G. Guadagno, Cron. Ere, VIII, 1978, n° 9
- fragment plaque de marbre blanc; L. 23,6cm; h. 24,9cm; ép. 2,7cm; hdl. 5,1-
3,5 cm.
- [Ti(berio) Cla]udio Dr [usi f(ilio) Aug(usto) Germanico], / pontif(ici) ma[x(imo),
trib(unicia) pot(estate). . ., imp(eratori). . ., p(atri) patriae), co(n)s(uli). . .].
Cat. 24 : G. Guadagno, Cron. Ere, VIII, 1978, n° 10 (AE, 1979, 174)
- 2 fragments de plaque de marbre blanc légèrement veiné de bleu, non jointifs.
ép. 2,7 cm; hdl. 1. 1 : 4,9-5 cm; 1. 2-3 : 3-3,2 cm.
- [Ti(berio) Claudio Drusi f(ilio) Ca]esari Ger[ma]nico [Augfusto)], / [pontif(ici)
max(imo), trib(unicia) pot(estate)] VI, imp(eratori) XII, p(atri) p(atriae),
c[o(n)s(uli) des(ignato)] IV, / [d(ecreto)] d(ecurionum).
- 46 ap. J.-C.
858
ISABELLE COGITORE
Cat. 25 : G. Guadagno, Cron. Ere, Vili, 1978, n° 11 (AE, 1979, 175)
- marbre blanc.
- [Neroni Claujdio Caesa[ri Germanico? Druso] / [Ti(beri)i Claudi Augusjti Ger
manici filioj, / [L(ucius) Majmmius Max[imus, p(ecunia) s(ua)].
- 50 ap. J.-C?
Casinum
Cat. 26 : CIL, X, 5169 (ILS, 87)
- marbre.
-
Imp(eratori) Caesari Diui f(ilio) / Augusto, / co(n)s(uli) XI, imp(eratori) VII?, [—]
/ tribunic(ia) potestafte — ], / P(ublius) Rubrius M(arci) f(ilius) Mae(cia tribu)
Barba[rus] .
- 23 av. J.-C?
Cat. 27: CIL, X, 5170.
- [—A]grippa[e — ] / [—]us Longinus
Cat. 28 : CIL, X, 5171.
- perdue
- Neroni [—] / Claudio [Diui f(ilio)] / Caesari [Aug(usto)] / Ger(manico), pontefic
i) [max(imo)], / tr(ibunicia) pot(estate) XIII, [imp(eratori)] / VIII, co(n)s(uli) IV,
[p(atri) p(atriae)], / L(ucius) Stenius Sil[—] / ex testamento.
- 66-67 ap. J.-C.
Cat. 29 : G. Carettoni, NSA, 1939, p. 127-8; n° 157, I
- avec portrait.
-
[L(ucio) Caesari Au]gust(i) f(ilio), augurii, co(n)s(uli) des(ignato)] , / [principji
iuuentutis, c(onscriptorum) c(onsulto).
- entre 2 av. J.-C. et 14 ap. J.-C.
Cat. 30 : G. Carettoni, NSA, 1939, p. 127-28; n° 157, II
- avec portrait.
- hdl. 4,5-3,5 cm.
- [C(aio) Caesari Angustii) f(ilio), pojntifici, co(n)s(uli), / [principi iuuentutis],
imp(eratori), c(onscriptorum) c(onsulto).
- entre 3 et 14 ap. J.-C.
Veleia
Cat. 31 : CIL, XI, 1164.
- plaque de «bardiglio» L. 1 m; h. 65 cm; hdl. 9,5 cm.
- fouilles au 18 juin 1761.
- diuo Augusto.
- postérieure à 14 ap. J.-C.
Cat. 32: CIL, XI, 1165.
- fragments d'une plaque de «bardiglio»; L. 67 cm; h. 71 cm; hdl. 1. 1 : 8,5 cm;
1. 2 : 7,5 cm.
- fouilles 1760 et 12-18 juin 1761.
- [Iuliaje diui / A[ugusti] f(iliae) Augustae / matri Ti(berii) Caesaris / [di]u[i
Au] gusti f(ilii) / Aug[usti e]t Neronis / [C]lau[di] Dru[si].
- entre 14 et 23 ap. J.-C.
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 859
Cat. 33: CIL, XI, 1166.
- plaque de «bardiglio».
- Gefrmanico] / [Caesari Ti] Au[g(usti f(ilio)] / [diui Aug(usti)] n(epoti), dfiui Iuli]
pr[on(epoti)], / [flam(ini) a]ugu[st(ali)].
- postérieure à 14 ap. J.-C.
Cat. 34: CIL, XI, 1167 (ILS, 179).
- fragments de plaque de «bardiglio»; L. reconstituée 84 cm; h. 1 m; hdl. 5 cm.
- fouilles 18 juin 1761.
- P. Lama, 1764 . «accanto alla sua statua».
- Agrippinae / Germanici / Caesaris.
- postérieure à 5 ap. J.-C.
Cat. 35: CIL, XI, 1168.
- fragments d'une plaque de «bardiglio»; L. 75 cm; h. 1 m; hdl. 5 cm.
- diuae Drusill[ae] / Germanifci] / Caesarifs f(iliae)].
- postérieure à 38 ap. J.-C.
Cat. 36 : CIL, XI, 1169.
- plaque de marbre L. 98 cm; h. 1,65 m.
- fouilles 1760.
- Ti(berio) Claudio Caesari / Aug(usto) Germanico, / pont(ifici) max(imo), trib(uni-
cia) pot(estate) / II, imp(eratori) III, co(n)s(uli) desig(nato) III, / p(ecunia) p(ubli-
ca) d(ecreto) d(ecurionum).
- 42 ap. J.-C.
Luna
Cat. 37 : CIL, XI, 1330 (ILS, 78).
- marbre, L. 58,5 cm ; h. 47,2 cm ; ép. 9 cm.
- Imp(eratori) Caesari D(iui) f(ilio), / imp(eratori) V, co(n)s(uli) VI, / (trium)uiro
r(ei) p(ublicae) c(onstituendae), / patrono.
- entre 33 et 28 av. J.-C.
Cat. 38 : CIL, XI 1331 (ILS, 233).
- plaque de marbre avec deux inscriptions.
- Imp(eratori) Neroni Claudio diui Claudi f(ilio) Ger(manico) / Caesaris n(epoti)
Ti(berii) Caesaris Aug(usti) pron(epoti) diui Aug(usti) abn(epoti) / Caesari
Aug(usto) Germ(anico), p(ontifici) m(aximi), tr(ibunicia) pot(estate) XIII, imperat
ori) XI, co(n)s(uli) IV, / L(ucius) Titinius L(ucii) f(ilius) Gal(eria tribu) Glaucus
Lucretianus, flam(en) Romae et Aug(usti), Huir / UH, p(atronus) c(oloniae), seuir
eq(uitum) Romanorum, / curio, praef(ectus) fabr(um co(n)s(ulis), tr(ibunus)
mil(itum) leg(ionis) XXII Primigeniae, praef(ectus) pro legato / insularum Balia-
rum, tr(ibunus) mil(itum) leg(ionis) VI uictricis, ex uoto suscepto pro salute
imp(eratoris) / Neronis quod Baliaribus uouerat anno A(ulo) Licinio Nerua
co(n)s(ulibus), Huiris L(ucio) Saufeio / Vegeto et Q(uinto) Aburio Nepoti, ubi uellet
ponere uoto compos posuit Ioui, Iunon[i], / Mineruae, Felicitati, Romae, diuo
Augusto.
- partie droite : Diuae Poppaeae Augustae / imp(eratoris) Neronis Caesaris August(i)
/ (suit le même texte que ci-dessus).
- 66 ap. J.-C.
860 ISABELLE COGITORE
Cat. 39 : CIL, XI, 1332 (près de Luna).
- Neroni Claudio diui Claudfii f(ilio) Germ(anici)] / Cae[sa]ris n(epoti) [Ti(berii)]
Caesaris Aug(usti) pron(epoti) diui / [Aug(usti) abn(epoti)] Caesari Augusto
[Germ(anico)] , / [ — Jius leg() ac im[— / duouir] quinque[nnalis] / Neronis /. . .
- 54 ap. J.-C.
Cat. 40 : CIL, XI, 6954.
- plaque de marbre, L. 27 cm; h. 18 cm; ép. 13 cm; hdl. 2-1 cm.
- [T]i Claudio Drusi f(ilio) Caesari Augusto / Germanico, pontif(ici) / maximo.
- 41 ap. J.-C.
Cat. 41 : CIL, XI, 6955 (ILS, 8902).
- plaque de marbre, L. 52 cm; h. 29,5 cm; hdl. 2-1,5 cm.
- à gauche : Poppaeae Aug(ustae) Neronis / Caesaris Aug(usti) Germ(anici).
- à droite : Neroni Claudio diui / Claudii f(ilio) Germanici / Caesaris n(epoti) Ti(be-
rii) Caesaris / Aug(usti) pro n(epoti) diui Aug(usti) abn(epoti) / Caesari Aug(usto)
Germanico p(ontifici) m(aximo) / trib(unicia) p(otestate) VIIII, imp(eratore) VIIII,
co(n)s(ule) III
- lignes suivantes communes aux deux colonnes : L(ucius) Titinius L(ucii) f(ilius)
Gal(eria tribu) Glaucus Lucretianus, duouir UH quinq(uennalis) primus creatus
bene / ficio diui Claudii, praefectus Neronis Claudii Caesaris Aug(usti), patronus
coloniae, seuir / equitum Romanorum, curio sacrorum faciundorum, fl(amen)
Romae, flamen Aug(usti) beneficio Caesaris / creatus, tribfunus mil(itum) leg(io-
nis) XXII primigeniae, praefectus insularum Baliarum.
- entre 13 oct. 62 et 12 oct. 63 ap. J.-C.
Cat. 42 : G. Mennella, // lapidario della raccolta archeologica Lunense, II, 1979-80,
p. 205-207 (AE, 1985, 392)
- base, L. 18,5 cm; h. 14 cm; ép. 4,5 cm; hdl. 2,7-1 cm
- diuo Alugusto] / ex uoto An[ — ] / pro sal[ute] / Ti(berii) Claudii Caefsaris August
i] / [Ger]manic[i — ].
- 41 ap. J.-C.
Forum Clodi
Cat. 43 : CIL, XI, 3304 (ILS, 135)
- L(ucio) Caesari Augusti f(ilio), / annos nato XI / A(ulus) Octauius [A(uli)] f(ilius)
Ligus / M(arcus) Genicilius M(arci) f(ilius) Sabinus / (duo)uir(i)
- 6-5 av. J.-C.
Cat. 44 : CIL, XI, 3305 (ILS, 142)
- M(arco Agrippae M(arci) f(ilio) / Augusti nepoti / annos nato VII / A(ulus)
Octauius A(uli) f(ilius) Ligus / M(arcus) Genicilius M(arci) f(ilius) Sabinus /
(duo)uir(i).
- 6-5 av. J.-C.
Cat. 45 : CIL, XI, 3306
- marbre, L. 1,30 m; h. 14,5 cm; ép. 59cm; hdl. 7cm.
- en remploi dans l'autel de l'église.
- Germanico Caesari Ti(berii) Aug(usti) f(ilio).
- postérieure à 4 ap. J.-C.
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 861
Cat. 46 : CIL, XI, 3307
- marbre, L. 88 cm; h. 13,5 cm; ép. 58 cm; hdl. 8,5 cm.
- en remploi dans une fontaine
- Druso Caesari.
- postérieure à 4 ap. J.-C.
Cat. 47 : CIL, XI, 3308
- Ger[manico Caesari] / Ti(berii) [Augusti f(ilio)] / ditti [Augusti n(epoti)]
- postérieure à 4 ap. J.-C.
Cat. 48 : CIL, XI, 7552
- 2 fragments de marbre appartenant semble-t-il au même monument ; hdl. 1. 2 :
7 cm; 1. 3 : 6,3 cm.
- fragment a) : à gauche : [Augjustae Iuliae / Drusi f(iliae) / [diui] Augusti ; à droi
te : Ti(berio) C[aesari diui Aug(usti) f(ilio)] / d[iui Iuli n(epoti) Aug(usto)], /
po[ntifici maximo], / c[o(n)s(uli) III, imp(eratori) VIII], / tr[ib(unicia) pot(estate)
X].
- fragment b) : [Druso Caesari] Ti(berii) Aug(ustt) f(ilio) / [diui Augusti] n(epoti) /
diui Iuli pro]n(epoti), / [pont(ifici), sodal(i) aug(ustali)], co(n)s(uli).
- postérieure à 15 ap. J.-C.
Caere
Cat. 49 : CIL, XI, 3595
- Imp(eratori) Caesari Diui f(ilio) / Augusto, pont(ifici) max(imo), / s(enatus) popu-
lusque Caeres
- entre 12 av. J.-C. et 14 ap. J.-C.
Cat. 50 : CIL, XI, 3596
- base en marbre
- Imp(eratori) Caes[ari Diui f(ilio)] / Augusto, [pont(ifici) maxi(mo)], / ex s(enatus)
[c(onsulto)] / hanc stat[—] / cendio ab u[—].
- Th. Mommsen : hanc sta[tionem uigilum injcendio ab u[rbe arcendo. O. Benndorf-
R. Schoene, Die antikenBikdwerke des lateranischen Museums, Leipzig, 1867 :
stat[uam injcendio
- entre 12 av. et 14 ap. J.-C.
Cat. 51 : CIL, XI, 3598
- base ; hdl. 1. 1 : environ 5 cm.
- martelage après 41 ap. J.-C.
- diuae Drusillae sorori / [[C. Caesaris]] Augusti / Germanici
- postérieure à 38 ap. J.-C.
Cat. 52 : CIL, XI, 3599
- fragment de plaque de marbre; hdl. 1,5 cm
- Ti(berio) C[laudio] / Caesari Augfusto) / Germanico, pont(ifici) / max(imo),
trib(unicia) p[ot(estate)].
- 41 ap. J.-C.
Cat. 53 : CIL, XI, 3600 (ILS, 223)
- base ; hdl. 4 cm.
- une statue aurait été trouvée en même temps
862 ISABELLE COGITORE
- Iuliae Augustae / Germanici Caesaris [f(iliae)] / Agrippinai / Ti(beri) [Claudi]
Caisafris Augusti].
- postérieure à 50 ap. J.-C.
Cat. 54 : CIL, XI, 3601
- base.
- serait la suite de 3602
- Pat[ri]patr[i]ae / senatufs popu]lusq(ue) Caeres.
Cat. 55 : CIL, XI, 3602 (ILS, 221)
- fragment; ép. 7,4 cm; hdl. 5 cm.
- Ti(berio) Claudio [Caesari] / Britta[nico] / Ti(beri)] Claufdi Caesaris / Aug(usti)
filio].
Cat. 56 : CIL, XI, 3789
- fragment de plaque de marbre; ép. 2,3 c; hdl. 1. 1 : 6 cm; 1. 2 : plus de 5 cm.
- provenance incertaine, de Caere ou de Veii.
- [Nerojni Cafesari] / [Germ]anic[i Caes(aris) f(ilio)] / [Ti(berii) Caes(aris)
Augu]st[i n(epoti) diui Aug(usti) pron(epoti)]
- postérieure à 14 ap. J.-C. ?
Veii
Cat. 57 : CIL, XI, 3783
- fragment de plaque de marbre, grandes lettres
- trouvée près de la statue de Tibère
- Ti(berius) Cafesar diui] Aug[usti f(ilius)] / diui Iu[li n(epos) Augustus],
pon[t(ifex) max(imus)], / co(n)s(ul) IV, [imp(erator) VIII, trib(unicia) potjest(ate)
XXIX / [—Jntinam / [—]um dédit.
- 27-28 ap. J.-C.
Cat. 58 : CIL, XI, 3786
- grande plaque de marbre ; lettres fragment a) 6 cm.
a) [Germanico] Caesari / [Ti(berii) Aug(usti) f(ilio) diui] Aug(usti) n(epoti) / [diui
Iulii pron(epoti)] , auguri, / [flam(ini) aug(ustali), co(n)s(uli) II,] imp(eratori) H.
b) Ti(berio) Caes[ari diui Aug(usti) f(ilio) Augusto], / pontif(ici) m[axim(o), auguri,
(XVuiro) s(acris) f(aciundis)], / VHuiro e[pulonum, trib(unicia potest(ate) XXV. . .
] / co(n)s(uli) V, imp(eratori) VIII
- entre 31 et 37 ap. J.-C.
Cat. 59 : CIL, XI, 3787
- fragment de plaque de marbre ; lettres 6 cm.
- [Druso Caesari Ti(berii)] Aug(usti f(ilio) / [diui Aug(usti) n(epoti) diui Iulii p]ro
n(epoti), / [pontifici, auguri, sojdali / [augustali—]
- postérieure à 14 ap. J.-C.
Cat. 60 : CIL, XI, 3788
- fragment de plaque de marbre; ép. 1,9 cm; hdl. 1. 1 : env. 6 cm; 1. 2-3 : 3,5 cm.
- Druso [Caesari] / Germani[ici Caes(aris) f(ilio)] / [Ti(berii) ] Caes[aris Augusti
n(epoti)].
- postérieure à 17 ap. J.-C.
Appartient peut-être à la série de Veii l'inscription Cat. 56, classée, sous Caere,
dont la provenance n'est pas assurée.
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 863
Cat. 61 : CIL, XI, 3790
- 2 fragments d'une même plaque de marbre; lettres très grandes
- [Ti(berio) Cjaesfari diu]i Augu[sti f(ilio) Augusto], / [po]ntif(ici) m[axim(o)], tri-
bun[(icia) pot(estate) [—], imp(eratori) [—], co(n)s(uli) [—], et] / [Ti(berio)
Clajudio Dr[usi f(ilio) C]aesari A[ugusto Germanico], / [poti] tif (ici) max(imo),
[trib(unicia) pojtest(ate), co(n]s(uli), [imperatori — ], / [—]ius C(ai) f(ilius) [—
]ius fla[men],
- 41 ap. J.-C?
Cat. 62 : CIL, XI, 3791
- petite base ou plaque de marbre.
- Ti(berio) Claudio Drusi f(ilio) / Caesari Augusto / Germanico, / pontif(ici)
max(imo), trib(unicia) potest(ate) VI, / imp(eratori) XI, p(atri) p(atriae), co(n)s(uli)
des(ignato) IV.
- 46 ap. J.-C.
Cat. 63 : CIL, XI, 3792
- plaque de marbre ; hdl. 7-6 cm.
- Ti(berio) [Claudio] / Caesa[ri Aug(usto)] / Germa[nico] , / pontif(ici) m[ax(imo),
trib(untcia) pot(estate) — / ijmp(eratori) XX, [co(n)s(uli)J .
- 50 ap. J.-C?
RUSELLAE
Cat. 64 : V. Saladino, ZPE, 39, 1980, p. 216-217 (AE 1980, 447)
- fragment de plaque de marbre blanc veiné de gris; L. 54cm; h. 30cm; ép.
1,6 cm; hdl. 5,2-6,5 cm.
- [M(arco) A]grippae L(ucii) f(ilio), co(n)s(uli) / [III, trjib(unicia) potes[t(ate) — ] /
[-].
- postérieure à 18 av. J.-C.
Cat. 65 : V. Saladino, ZPE, 39, 1980, p. 219 (AE 1980, 448)
- 2 fragments de plaque de marbre blanc veiné de gris; frag. 1 : L. 15cm; h.
26 cm; ép. 00,8 cm; frag. 2 : L. 9,5 cm; h. 13 cm; ép. 0,7 cm; hdl. 6,6-7 cm.
- L(ucio) Ca[esa]ri A[ug(usti) f(ilio)—], / [augurji, c[o(n)s(uli) des(ignato) — ].
- postérieure à 2 av. J.-C.
Cat. 66 : V. Saladino, ZPE, 39, 1980, p. 219-221 (A£ 1980, 449)
- fragment de plaque de marbre blanc veiné de gres; ép. 0,7 cm; hdl. 4,4-5,2 cm.
- [C. Ca]e[s]ari [Aug(usti f(ilio)—], / [—] patron[—]
- antérieure à 4 ap. J.-C.
Cat. 67 : V. Saladino, ZPE, 39, 1980, p. 221-222 {AE 1980, 450)
- 2 fragments de plaque de calcaire rose; frag. I : L. 10cm; h. 12cm; ép. 0,6 cm;
frag. 2: L. 10 cm; h. 7,7 cm; ép. 0,7 cm; hdl. fragment 1 : 6 cm; fragment 2:
5 cm.
- Imp(eratori) C[aesari Diui f(ilio)] / Au[gusto, pont(ifici) max(imo), ] / co[(n)s(uli)
[-]
Cat. 68 : V. Saladino, ZPE, 39, 1980, p. 222-223 (AE 1980, 451)
- fragments de plaque de calcaire rose; L. 15,5 cm; h. 13 cm; ép. 0,8 cm; hdl. 5,3-
6,2 cm.
- [O]cta[uiae A]ugus[ti f(iliae)].
864
ISABELLE COGITORE
Cat. 69 : V. Saladino, ZPE, 39, 1980, p. 223-224 (AE 1980, 452)
- 2 fragments de plaque de marbre blanc ; ép. 2,6 cm ; hdl. 5,8-8,7 cm.
- Germanico / [Caesjari Tfi(berii) Ajugusti f(ilio) / d[iui Augusti n(epoti) — ].
- postérieure à 14 ap. J.-C.
Cat. 70 : V. Saladino, ZPE, 39, 1980, p. 226 (AE 1980, 453)
- fragments de plaque de marbre blanc; L. 16,5 cm; h. 40 cm; ép. 2,8 cm; hdl 6-
9 cm.
- Germanico] / Cafesari Ti(beri)i Aug(usti) f(ilio)] / difui Augusti n(epoti)]
Cat. 71 : V. Saladino, ZPE, 39, 1980, p. 225-226 (AE 1980, 454)
- plaque de marbre blanc; L. 83 cm; h. 53 cm; ép. 2,4 cm; hdl. 4-6 cm.
- Druso Caesari / Germanici Caesaris / f(ilio) Ti(berii) Caesaris Aug(usti) n(epoti) /
d(iui) Aug(usti) pronepoti, / ex d(ecreto) d(ecurionum), p(ecunia) p(ublica)
- entre 23 et 29 ap. J.-C.
Cat. 72 : V. Saladino, ZPE, 39, 1980, p. 229-232 (AE 1980, 457)
- base de statuette en marbre blanc, L. 31cm; h. 27 cm; ép. 2,1cm; hdl. 1,4-
2 cm.
- uoto [sjuscepto / [pjro salute et reditu et /Victoria Britanni/ca Ti(berii) Claudi
Caesa/ris Aug(usti) Germanici, / pont(ificis) max(imi), trib(unicia) pot(estate) V,
imp(eratoris) / X, p(atri)s p(atriae), co(n)s(ulis) des(ignati) IV, / A(ulus) Vicirius
Proculus, / flamen aug(ustalis), tr(ibunus) mil(itum), / Victoriae Britanni/cae
uotum soluit
- 45 ap. J.-C.
Cat. 73 : V. Saladino, ZPE, 39, 1980, p. 232-233 (AE 1980, 458)
- bloc de marbre blanc; L. 21,7 cm; h. 20,5 cm; ép. 15 cm; hdl. 1-1,3 cm.
- [e]x uoto suscepto / [p]ro salute Ti(berii) Claudi Caesaris / Aug(usti) f(ilii) Britann
ici, / A(ulus) Vicirius A(uli) f(ilius) Proculus, / tr(ibunus) mil(itum), flamen
[ajugustalis, / posuit.
- 45 ap. J.-C.
Lucus Feroniae
Cat. 74 : L. Sensi, Ann. Fac. Lett. Filos. Univ. di Perugia, 28 (n.s. 9), 1985-86, p. 281,
n° 1 (AE, 1988, 544)
- fragments de plaque de marbre jaune ; L. 40 cm ; h. 43 cm ; ép. 2,2 cm ; hdl. 1. 1 :
6,8 cm; 1. 2 : 5,8 ; 1. 3 : 4,2 cm; 1. 4 : 3,5 cm.
- trouvée sur le forum.
- Imp(eratori) Caesafri / Dijui f(ilio) A[ugustoJ, / pont(ifici) maxifmo], / trib(uni-
cia) potestate [—], / pa[tri] pat[riae].
- entre 2 av. et 14 ap. J.-C.
Cat. 75 : L. Sensi, Ann. Fac. Lett. Filos. Univ. di Perugia, 28 (n.s. 9), 1985-86, p. 281,
n° 2 (AE, 1988, 545)
- fragments; L possible 2,50 m; hdl. 1. 1 : 19 cm; 1. 2 : 13,5 cm.
- trouvée sur le forum.
- [di]uo Augusto, / publice.
- postérieure à 14 ap. J.-C.
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 865
Cat. 76 : L. Sensi, Ann. Fac. Lett. Fibs. Univ. di Perugia, 28 (n.s. 9), 1985-86, p. 282,
n° 3 (AE, 1988, 546)
- marbre coloré; L. 57 cm; h. 40 cm; hdl. 1. 1 : 5,8 cm; 1. 2-3 : 5,4 cm
- trouvée sur le forum
- Ti(berio) Claudio Ti(berii) f(ilio) N[eroni], / pontificii), co(n)s(uli), / patrono.
- entre 13 et 6 av. J.-C. (11-9 av. J.-C).
Cat. 77 : L. Sensi, Ann. Fac. Lett. Filos. Univ. di Perugia, 28 (n.s. 9), 1985-86, p. 283,
n° 4 (AE, 1988, 547)
- fragments de marbre coloré; L. 41,5 cm; h. 69,3 cm; hdl. 1. 1 : 6 cm; 1. 2 : 5,5 cm;
1. 3 : 6 cm.
- trouvée sur le forum.
- Neroni Claudio Ti(berii) f(ilio) / Druso, auguri, pr(aetori) ur[b(is)], / patrono.
- entre 11 et 9 av. J.-C.
Cat. 78 : L. Sensi, Ann. Fac. Lett. Filos. Univ. di Perugia, 28 (n.s. 9), 1985-86, p. 284,
n° 5 (AE, 1988, 548)
- plaque de mabre gris; L. 47,5 cm; h. 83,7 cm; hdl. 1. 1 : 6 cm; 1. 1 : 4 cm; 1. 3 :
3,7 cm.
- en remploi dans les boutiques
- M. Agrippai M(arci) f(ilio) / Augusti nepoti / Postumo.
- entre 12 av. et 4 ap. J.-C.
Cat. 79 : L. Sensi, Ann. Fac. Lett. Filos. Univ. di Perugia, 28 (n.s. 9), 1985-86, p. 285,
n°6(AE, 1988, 549)
- plus de 50 fragments d'une plaque; au total L. 56 cm; h. 87 cm; hdl. 1. 1 : 5,3 cm;
1.2: 11,3 cm.
- accompagnait peut-être une statue.
- trouvée sur le forum.
- Ti(berio) Caesari diui / Augusti f(ilio) / diui Iulii n(epoti) / Augusto, co(n)s(uli) IV,
tr(ibunicia) pot(estate) XXIX, imp(eratori) VIII, / pontif(ici) maxim(o), auguri, /
XVvir(o) s(acris) f(aciundis), VHuir(o) epuflonji, / seuiri au [g] usta [les] M(arcus)
Ap[iu]s Lajrgufs] / Q(uintus) Pin[a]rius [F]austu[s] / ex honoraria sumfma] /
d(ecreto) d(ecurionum).
- 27 ap. J.-C.
Cat. 80 : L. Sensi, Ann. Fac. Lett. Filos. Univ. di Perugia, 28 (n.s. 9), 1985-86, p. 286,
n° 7 (AE, 1988, 550)
- fragments de marbre jaune; L. 60 cm; h. 60 cm; hdl. 1. 1 : 5,3 cm; 1. 2 : 4,2 cm.
- trouvée sur le forum.
- Druso Caesari / Ti(berii) f(ilio) Augusti n(epoti) diui / [Iuljii pron(epoti), ponti
fie^], / [co(n)s(uli)] design(ato).
- antérieure à août 14 ap. J.-C.
Cat. 81 : L. Sensi, Ann. Fac. Lett. Filos. Univ. di Perugia, 28 (n.s. 9), 1985-86, p. 287,
n°8(AE, 1988,551)
- plaque de «bardiglio»; L. 28 cm; h. 28 cm; ép. 2,9 cm; hdl. 1. 1 : 5,3 cm; 1.2:
4,2 cm.
- trouvée sur le forum.
- Nerofni Iulio Caesari?] / Germanici f(ilio) Tifberi Aug(usti)] / n(epoti) diui
A[ug(usti pron(epoti), flamini] / augu[stali] .
- entre 14 et 29 ap. J.-C.
866
ISABELLE COGITORE
Cat. 82 : L. Sensi, Ann. Fac. Lett. Filos. Univ. di Perugia, 28 (n.s. 9), 1985-86, p. 288,
n° 9 (AE, 1988, 552)
- plaque de «bardiglio»; L. 26 cm; h. 65 cm; ép. 2,9 cm; hdl. 4,5 cm.
- trouvée sur le forum.
- [—] / Ti(berii) Claudii Caesa[ris] / [Ajugusti German[ici] , / patris patriafe].
- postérieure à 42 ap. J.-C.
Cat. 83 : L. Sensi, Ann. Fac. Lett. Filos. Univ. di Perugia, 28 (n.s. 9), 1985-86, p. 289,
n° 10 (AE, 1988, 552; AE, 1978, 295).
- base de marbre blanc; L. 31,5 cm; h. 63 cm; hdl. 3-2,5 cm.
- traces de fixation d'une statue
- in honorem domus diuinae, / P(ublius) Sestius P(ublii) l(ibertus) Corumbus, sévir
/ augustalis, ex pecunia sua et / honoraria, ex decreto decurionum, / L(ucio) Cor-
nelio Sulla Felici / L(ucio) Liuto Ocello Sulpicio Galba co(n)s(ulibus).
- 33 ap. J.-C.
SÉRIES
DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE
ANNEXE N° 2
TABLEAUX
Brixia
867
Règnes
Auguste
Tibère
Caligula
Claude
Néron
Personnages honorés dans l'épigraphie
Octave
-
-
Drusus l'Ancien; Livilla; Drusus le
Jeune; Germanicus; Drusus fils de
Germanicus; Claude.
-
Personnages honorés dans l'iconographie
-
-
-
Drusus l'Ancien
-
Telesia
Règnes
Auguste
Tibère
Caligula
Claude
Néron
Personnages honorés dans l'épigraphie
Agrippa; Vipsania?
Tiberius Gemellus; Germanicus?;
Drusus le Jeune?
-
-
-
Personnages honorés dans l'iconographie
-
-
-
-
-
Herculanum
Règnes
Auguste
Tibère
Caligula
Claude
Néron
Personnages honorés dans l'épigraphie
-
-
-
Auguste; Livie; Tibère;
Germanicus; Antonia Minor;
Agrippine la Jeune ; Néron ?
-
Personnages honorés dans l'iconographie
-
-
-
Auguste
-
MEFRA 1992, 2. 57
868
ISABELLE COGITORE
Casinum
Règnes
Auguste
Tibère
Caligula
Claude
Néron
Personnages honorés dans l'épigraphie
Auguste; Agrippa; Caius; Lucius
-
-
-
Néron
Personnages honorés dans l'iconographie
Caius ou Lucius
-
-
-
-
Veleia
Règnes
Auguste
Tibère
Caligula
Claude
Néron
Personnages honorés dans l'épigraphie
-
Auguste; Livie; Germanicus;
Agrippine l'Ancienne
Drusilla
Claude
-
Personnages honorés dans l'iconographie
-
Livie
Agrippine l'Ancienne
-
-
Luna
Règnes
Auguste
Tibère
Caligula
Claude
Néron
Personnages honorés dans l'épigraphie
Octave
-
-
Claude
Néron
Personnages honorés dans l'iconographie
Auguste
Tiberius Gemellus?
-
Agrippine l'Ancienne; Claude
-
SÉRIES DE DÉDICACES ITALIENNES À LA DYNASTIE JULIO-CLAUDIENNE 869
Forum Clodi
Règnes
Auguste
Tibère
Caligula
Claude
Néron
Personnages honorés dans l'épigraphie
Lucius; Agrippa Postumus
Germanicus ; Drusus le Jeune ;
Livie; Tibère
-
-
-
Personnages honorés dans l'iconographie
-
-
-
-
-
Caere
Règnes
Auguste
Tibère
Caligula
Claude
Néron
Personnages honorés dans l'épigraphie
Auguste
-
Drusilla
Claude; Britannicus; Agrippine
la Jeune
-
Personnages honorés dans l'iconographie
Atia? (ou Octavie?); Auguste
-
Drusilla?
Auguste (réfection); Britannicus?;
Claude
-
Veii
Règnes
Auguste
Tibère
Caligula
Claude
Néron
Personnages honorés dans l'épigraphie
-
Tibère; Germanicus;
Drusus
le Jeune
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Tibère; Claude;
Drusus et
Nero, fils de Germanicus
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Personnages honorés dans l'iconographie
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Auguste; Tibère;
Drusus
l'Ancien ou le Jeune;
Britannicus? Néron?
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870 ISABELLE COGITORE
Rusellae
Règnes
Auguste
Tibère
Caligula
Claude
Néron
Personnages honorés dans l'épigraphie
Agrippa; Auguste; Caius; Lucius
Germanicus; Drusus son fils
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Claude; Britannicus;
Octavie?
Germanicus ?
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Personnages honorés dans l'iconographie
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?
?
?
?
Lucus Feroniae
Règnes
Auguste
Tibère
Caligula
Claude
Néron
Personnages honorés dans l'épigraphie
Auguste; Tibère; Drusus l'Ancien;
Agrippa Postumus; Drusus
le Jeune
Tibère; Nero fils de Germanicus
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Claude
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Personnages honorés dans l'iconographie
Agrippa
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Auguste ?
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