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Monique Dondin-Payre

La stratégie symbolique de la parenté sous la République et
l'Empire romains
In: Rome : École Française de Rome, 1990. pp. 1-2. (Publications de l'École française de Rome, 129)
Résumé
Rouage essentiel de la société romaine, la parenté faisait l'objet de manœuvres stratégiques, concrètes mais aussi symboliques.
Ainsi, elle était exprimée par l'image (effigies monétaires), éventuellement combinée avec les mots (pompa funebris :
présentation des images légendées par les tituli, déclamation de la laudano), par l'énumération de noms de parents, dont les
éléments sont combinés et la sélection opérée de sorte à mettre en évidence ou à occulter des liens ou des valeurs choisis. La
parenté peut être dite et/ou mimée par des exempla, parfois vécus (la série des suicides chez les Decii Mures ou les Porcii
Catones, Claudia insons). Enfin, pratique connue depuis la République, les « généalogies fictives » révèlent de façon
indiscutable que l'absence de vérité n'affaiblit pas ces démarches. Moins évidente que les mariages, adoptions, héritages, la
stratégie symbolique est aussi plus souple, et plus ouverte sur la société dont elle exige la coopération pour être efficace.
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Dondin-Payre Monique. La stratégie symbolique de la parenté sous la République et l'Empire romains. In: Rome : École
Française de Rome, 1990. pp. 1-2. (Publications de l'École française de Rome, 129)
http://www.persee.fr/web/ouvrages/home/prescript/article/efr_0000-0000_1990_act_129_1_3779
MONIQUE DONDIN-PAYRE
LA STRATEGIE SYMBOLIQUE DE LA PARENTE
SOUS LA RÉPUBLIQUE ET L'EMPIRE ROMAINS
Rouage essentiel de la société romaine, la parenté est un objet de
préoccupation constant : elle se crée, par le mariage ou les adoptions,
elle s'exploite, dans des combinaisons politiques, financières ou juridi
ques, elle se brise, dans les luttes pour le pouvoir. Mais, parallèlement à
cette stratégie concrète de mise en place et d'utilisation de la parenté, a
toujours existé une stratégie symbolique, qui se nourrit de la première
et l'alimente. Très connue par certaines de ses manifestations (généalog
ies fictives, exempla), mais souvent méprisée au nom de la vérité, cette
symbolique revêt des aspects divers, selon qu'on se propose de dire, de
vivre ou de fabriquer une parenté.
I - DIRE SA PARENTE
Choisir de dire sa parenté ouvre le champ de possibilités le plus
vaste, parce qu'on peut dire par différents moyens, par la parole ou
par l'image, parce qu'on dit en exprimant, mais aussi en taisant des
informations, pourtant sans conteste connues du public (en supprimant
un ou plusieurs maillons de sa généalogie, par exemple), parce que,
enfin, on peut adopter un mode d'expression allant du plus simple
(l'explicitation claire) au plus complexe (par exemple, une combinaison
onomastique, prénom + nom, qui renvoie à une parenté non énoncée).
A - Dire par l'image : les monnaies
Née de la nécessité du contrôle de la qualité de la frappe, la signa
ture des monétaires évolua de la simple mention de l'identité d'un res-
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ponsable jusqu'à se transformer en un moyen de propagande, très sou
vent, mais non exclusivement, parentale1.
La stratégie parentale n'innove pas dans le domaine numismati
que; elle n'use pas de modes d'expression spécifiques, mais se sert des
moyens déjà existants dont elle présente plusieurs caractéristiques : une
complexité plus ou moins grande du message, direct ou allusif, imméd
iat ou indirect, une indifférence pour la vérité, aisément amputée ou
travestie, la valorisation du temps écoulé.
1) La complexité du message
Le contenu immédiat du message parental des monnaies est assez
uniforme et assez simple : «je suis apparenté à ... », ou, plus précisé
ment, «je descends de ...» (comme on le verra, on se réclame très rar
ement de parentés horizontales); le destinataire est censé en tirer une-ou
des conclusions valorisantes pour l'émetteur. Mais ce contenu peut être
énoncé de façon plus ou moins claire, plus ou moins élaborée; la série
très riche des blasons ancestraux en fournit l'exemple le plus net. Au
premier degré, le monétaire choisit un motif qui illustre de façon évi
dente un comportement, un acte ou une fonction si étroitement asso
ciés à sa famille qu'ils ne peuvent susciter aucune équivoque (l'éléphant
des Caecilii Metelli rappelle la victoire sur Hasdrubal à Panorme)2.
L'expression peut être beaucoup plus indirecte, voire obscure, quand la
portée du motif d'une face n'est pleinement compréhensible que par
l'association avec le motif de l'autre face, par exemple. Jupiter sur les
monnaies de Scipion l'Asiatique est supposé commémorer la victoire de
Magnésie parce que la tête de Jupiter au droit rappelle l'attachement
de la gens Cornelia pour ce dieu3. Cette «ambiguïté» renforce la portée
symbolique du geste : elle insère l'exploit individuel dans une tradition
de gloire ancestrale, elle implique que l'émetteur du message est suff
isamment célèbre pour que le contexte gentilice qui donne son sens au
message soit connu de tous. Elle n'est pas maladresse, mais subtilité
qui vise à mettre en relief la renommée parentale dont peut se récl
amer le monétaire.
Cette complexité n'est pas le fruit d'une évolution qui aurait
1 M. H. Crawford, 1974, p. 601-602, 725.
2 La capture des éléphants d'Hasdrubal en 250 av. J.-C. : ibid., 287.
3 Ibid., p. 310, H. Zehnacker, 1973, p. 504.
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conduit d'une expression développée et claire à une allusion raffinée;
elle est l'exploitation de techniques numismatiques bien enracinées (les
armes gentilices parlantes, très anciennes, sont souvent les plus abstrait
es). Mais son exploitation est délibérée. L'« iconographie ancestrale» du
monnayage républicain romain s'est développée parce qu'elle était sus
ceptible d'une exploitation durable, répétitive et souple dans le cadre
de la stratégie parentale.
2) Stratégie parentale et vérité
Nos difficultés d'interprétation des références parentales sur les
monnaies viennent de notre méconnaissance d'informations évidentes
pour les contemporains, qui leur permettaient de connaître les événe
ments ou les personnages évoqués, de les comprendre aisément à la
lumière de la symbolique parentale. Le commentateur moderne tâton
ne souvent là où les Anciens savaient à quoi s'en tenir.
Cependant, même aujourd'hui, il est évident que certaines revendi
cations sont fausses, quoique leur mode d'expression soit calqué sur les
parallèles authentiques; elles découlent de rapprochements onomasti-
ques qui ne pouvaient prétendre convaincre : L. Titurius Sabinus et
T. Vettius Sabinus, qui prirent soin de legender la tête du roi sabin
T. Tatius (Ä) au droit de leurs espèces ne laissaient pas planer de doute
sur leurs motivations, même irréalistes4.
Ces exemples que la critique moderne rejette comme des inventions
sans intérêt pourraient être multipliés5; mais il est évident que les
monétaires, qui sélectionnaient librement leurs types, avaient des rai
sons plus solides que de se faire la risée de tous en proposant des rap
prochements qui les ridiculisaient.
Il en découle que la vérité des allégations importait peu aux parte
naires, celui qui les avançait et celui qui les recevait; de toutes façons,
elles remontaient souvent à un passé si ancien qu'elles étaient invérifia
bles. À partir d'un support toujours onomastique (on prête donc au
nom même une valeur parentale), l'essentiel était la démarche qui, à
elle seule, apportait un capital de gloire.
L'iconographie des portraits historiques, vecteurs du message,
confirme l'indifférence pour une vérité qui se serait traduite par un
4 M. H. Crawford, 1974, p. 352-356, 414, H. Zehnacker, 1973, p. 984.
5 Voir index M. H. Crawford, 1974, à Genealogies, p. 914.
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respect du réalisme. Les graveurs jouissent d'une grande autonomie
dans l'interprétation des modèles, et sont libres de concrétiser, sans
souci de ressemblance, les vertus prêtées au personnage représenté, et
qu'on est censé retrouver chez ceux qui se réclament de lui6.
La sélection que les monétaires opèrent parmi leurs ascendants, en
fonction des éléments que leur stratégie leur suggère de mettre en évi
dence, relève du même désintérêt pour la vérité, qu'il ne s'agit pas de
travestir, mais d'amputer ou d'infléchir. Ainsi, alors que P. Cornelius
Lentulus, Mar celli f., évoque, au droit de toutes ses espèces monétaires,
la dévotion de ses parents adoptifs envers Hercule, et, au revers, les
exploits de sa gens de naissance (par la légende h^^Q E ou par la
triskelis), un demi siècle plus tard P. Cornelius Lentulus Marcellinus,
après une procédure d'adoption identique entre les deux mêmes famill
es, gomme totalement sa gens d'accueil, et n'illustre ses deniers que
par des motifs et légendes relatifs à ses ancêtres par le sang7 : on ne
saurait témoigner plus d'indifférence envers les conséquences juridi
ques et les coutumes sociales relatives à l'adoption, c'est-à-dire qu'on ne
pourrait mieux afficher son mépris de la vérité.
3) Le temps, facteur essentiel de la stratégie parentale en numismatique
Si la plupart des motifs numismatiques cités illustrent l'exploit
d'un ancêtre ou l'origine d'une famille, il ne s'agit pas d'un hasard :
cette cohérence reflète une unanimité presque totale dans la sélection
des thèmes. La valeur intrinsèque de la durée dans la stratégie parental
e est manifeste : quand des membres de familles au passé très riche
décident de répéter des symboles, des légendes, des effigies qu'ils n'au
raient eu aucune difficulté à varier, ils privilégient l'épaisseur chrono
logique aux dépens de l'ampleur de l'héritage parental, renforçant par
le temps qui sépare leurs générations celui qui est passé depuis le fait
ou le personnage évoqué.
Certes, on rencontre aussi les ancêtres récents, grand-père, ou
même immédiats, père, du monétaire, mais l'usage, tardif, n'est qu'un
pis-aller : on se contente d'ascendants très proches faute de mieux. Ces
6 Voir l'exemple des variantes stylistiques sur les monnaies de Q. Caepio Brutus et
de Q. Pompeius Rufus en 60/59 av. J.-C. : H. Zehnacker, 1973, p. 969-1007.
7 M. H. Crawford, 1974, p. 329-330 n°329 et p. 460 n°430, H. Zehnacker, 1973,
p. 490 et 522.
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circonstances se rencontrent à partir de la fin du IIe siècle, lors de la
réapparition des motifs personnels8, quand les vieilles familles ne
peuvent plus fournir de personnel à l'administration sénatoriale.
L'ampleur de la gloire du personnage évoqué ne compense la min
ceur chronologique que rarement, par exemple quand les fils de Pomp
ée exploitent sur des frappes très abondantes la célébrité, récente
mais immense, de leur père9. Tardivement, l'exploitation du facteur
temporel se fait plus subtile, elle ne se limite pas au seul axe vertical : à
partir du Ier siècle, les monétaires jouent sur l'écho contemporain
qu'éveillent leurs illustrations. L'évocation, par A. Postumius Albinus, à
la fin du Ier siècle, de la bataille du lac Régule, remportée quatre siècles
plus tôt par son ancêtre lui permet de faire passer un message comp
lexe10: non seulement «Voyez les valeurs que j'incarne si intensé
ment, puisque depuis si longtemps», mais, plus précisément et plus for
tement «Rappelez-vous qu'en des circonstances similaires à celles que
vous vivez, ma famille a su faire face grâce à ces mêmes vertus dont je
suis dépositaire».
Cette application au présent rentabilise totalement l'exploitation du
passé dans le cadre de la stratégie parentale.
Conclusion
Quelle est l'efficacité de cette stratégie symbolique, qui utilise les
moyens de la technique numismatique? «Nous n'avons aucun moyen
de savoir quel impact avaient les types monétaires sur ceux qui les
voyaient; nous pouvons soupçonner qu'on les remarquait à peine». Le
verdict de M. Crawford, indiscutable dans sa première, partie, est plus
douteux dans la seconde11. Pourquoi aurait-on déployé pareille subtilit
é, cherché des correspondances si élaborées entre le passé familial et
le présent, si cette exploitation des atouts parentaux s'était avérée vai
ne?
Par ailleurs, la similitude entre les caractéristiques de la stratégie
8 H. Zehnacker, 1973, p. 498 : disparus vers 125/124 les motifs personnels sont réin
troduits dix ans plus tard. Cf. M. H. Crawford, 1974, p. 729.
9 H. Zehnacker, 1973, p. 1007, 1014.
10 Ibid., p. 510-511, 540-542: analyse d'autres exemples.
11 M. H. Crawford, 1974, p. 726 (confronter à l'affirmation, du même, p. 728, de
l'importance du monnayage pour la propagande après l'instauration du vote secret).
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parentale, telle que l'illustrent les monnaies, et ses autres manifestat
ions symboliques laisse penser qu'on ne la jugeait pas inutile.
Β - Dire par les mots et par l'image :
RITES FUNÉRAIRES ET EXPLOITATION DE LA PARENTÉ
Les pratiques funéraires, quoique épisodiques, sont une occasion
de mettre en œuvre la stratégie symbolique de la parenté. Elles com
portent plusieurs aspects, figuratifs et narratifs, complémentaires les
uns des autres : les imagines ancestrales, commentées et légendées par
les tituli, la laudano junebris, mise en paroles et elucidation devant le
corps civique.
1) Les imagines, mode d'expression figuratif, sans égard pour la vérité
Le support premier - et assez mal connu - de l'expression de la
parenté dans les cérémonies funéraires est constitué par les imagines.
Moulages recopiés, et donc déformés, que portaient, lors de la pompa
funebris, des acteurs revêtus du costume officiel caractérisant la plus
haute fonction exercée par le défunt qu'ils incarnaient, les imagines ne
sont pas censées reproduire la réalité, parce que les cérémonies funé
raires n'ont pas comme but de faire revivre le passé, mais de mettre en
scène la puissance parentale12.
Cependant, à la différence des monétaires, les organisateurs de
funérailles ne disposaient d'aucun libre arbitre dans le choix des ancêt
res, dont la présence était déterminée par un critère purement civique,
sans aucune appréciation personnelle : l'exercice d'une fonction curule.
Toutes les effigies d'ancêtres remplissant cette condition participaient
au cortège. Cette objectivité limite les possibilités de falsifications, qui
ne concernent jamais les imagines, mais leurs légendes, les tituli, et les
laudationes funèbres 13.
12 Sur les imagines et la pompa funebris, Polybe, 6, 53 et Pline, H.N., 35, 2, 6 et 35, 8,
2. A. Boethius, 1942, F. Brommer, 1953/54, F. Dupont, 1985.
13 T.L., 8, 40, 4; Pline, H.N., 35, 2, 8; Cic, Brutus, 16, 62.
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Elaborés dans un cadre privé, mais à définition civique, tituli et
laudationes funèbres laissent à leurs détenteurs une marge de manœuv
re plus étroite et plus souple à la fois qu'aux monétaires.
2) Le privé et le public dans la stratégie funéraire parentale
a) la longévité familiale concrétisée par le nombre d'imaginés
L'obligation de l'exercice d'une magistrature curule rend impossi
ble le tri parmi les ancêtres figurant dans la pompa funebris : l'épais
seur chronologique n'est plus la notion abstraite de durée écoulée, elle
est matérialisée visuellement par la multiplicité des personnages incar
nés; leur abondance numérique reflète moins l'ampleur horizontale des
relations parentales qu'elle ne concrétise leur antiquité dans un axe
chronologique vertical14.
b) exploitation publique de documents privés
Alors que les espèces monétaires sont banalisées, la diffusion des
documents funéraires privés est restreinte : elle est limitée aux descen
dants des magistrats curules, y compris les femmes. Il faut qu'ils
paraissent sur la scène publique pour que cette gloire familiale acquiè
re une valeur dans la stratégie parentale. Les imagines et les tituli sor
tent du cadre privé quand ils sont portés à travers l'Urbs et exposés
pendant les funérailles auxquelles le corps civique est convié : même si
le public n'en est pas le destinataire premier, ils nécessitent, pour
dépasser le cadre familial, sa participation. Les nobiles l'ont compris
qui, par leur refus d'assister aux funérailles d'Agrippa telles que les
avait organisées Auguste sur le modèle de celle des nobiles (D.C., 54, 29,
6) n'acceptaient pas que, par leur présence à une cérémonie codifiée,
Agrippa soit considéré comme l'égal de ceux qui avaient des ancêtres
curules15.
14 J. Maurin, 1984.
15 Sur les funérailles d'Agrippa A. Fraschetti, 1984, et J. M. Roddaz, 1984, p. 343-
347. Sur sa laudatio funebris, E. Badian, 1980; M. W. Haslem, 1980; M. Gronewald, 1983;
E. Malcovati, 1972.
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c) le rôle de la laudatio funebris dans la stratégie symbolique
parentale
Du point de vue de la stratégie parentale, ces manifestations fu
néraires ne bénéficient, à la différence des monnaies, ni à une seule
personne ni à celui qui en est l'occasion : même si le prétexte initial
de la laudatio funebris est la célébration du mort, son imago n'est
présente qu'aux enterrements suivants, et à condition qu'il ait exercé
une magistrature curule. Ce sont les dépositaires des imagines, y
compris les femmes dont elles accroissent la valeur dans le cadre de
la stratégie matrimoniale, qui en profitent16. Pas plus qu'en l'absence
de public, les imagines ne peuvent jouer leur rôle sans eux : pour
qu'elles fonctionnent, il faut au moins un descendant qui les conserve
et les expose.
Mais, parmi ces protagonistes obligatoires, celui qui prononce la
laudatio funebris occupe une place à part17: il se présente comme le
dépositaire d'une gloire et de traditions que la laudatio funebris expri
me, fixe et entérine (les laudationes funèbres, dont le propos n'est pas
la consolation mais la louange, ne sont pas des discours éphémères,
leur texte est conservé dans les archives et la mémoire familiales).
L'orateur appartient de préférence, mais pas toujours, à la famille;
plus que l'étroitesse de son lien de parenté avec le mort, le rôle qui lui
est dévolu dans l'avenir détermine son choix18. L'évolution qui réserve
à la louange des ancêtres, jusque-là reléguée en annexe, la place
d'honneur dans la laudatio funebris où l'énumération des charges du
mort lui-même voit sa part réduite, n'est pas un simple procédé rhéto
rique : elle relève d'une stratégie parentale dont l'orateur incarne les
espoirs. Si le fait d'avoir prononcé une ou plusieurs laudationes funè
bres figure dans le récit des accomplissements des hommes célèbres,
cette mention est la prémonition et la justification d'une gloire à
laquelle leur héritage parental les destinait et dont ils parvinrent à
concrétiser les auspices.
16 Le droit acquis par les femmes en 390 av. J.-C. : T.L., 5, 50, 7.
17 W. Kierdorf, 1980 avec bibliographie antérieure et analyse des laudationes subsis
tantes p. 7-48.
18 On n'écarte pas les fils (Pol., 6, 53, 2) mais c'est le dépositaire de la gloire familial
e qui parle : Antoine parle pour César (D.C., 44, 36-49), Auguste pour sa grand-mère
(Suét., Aug., 8, 1) et son gendre Marcellus (Plut., Marc, 30, 5 et 31, 8) et Agrippa (D.C.,
54, 28, 3 et 35, 4), Tibère pour Auguste (D.C., 56, 35).
LA STRATÉGIE SYMBOLIQUE DE LA PARENTÉ 61
Conclusion
Selon la formule cicéronienne, les laudationes funèbres servent «et
(à) perpétuer le souvenir de la gloire domestique et (à) mettre en valeur
(la) noblesse (de la famille)» (ad memoriam laudum domesticarum et ad
illustrandam nobilitatem suam, Brut., 16, 62) : c'est pourquoi les génies
s'attachèrent à entretenir cette mise en scène dont elles étaient le prin
cipal bénéficiaire.
C - Dire par les noms de personnes ou de lieux
1) Le jeu sur les éléments onomastiques
II est banal de constater que le système onomastique romain est
conçu de sorte à exprimer la parenté, et même à en nuancer les degrés.
Le principe de transmission des éléments onomastiques, identiques du
père au fils aîné, modifiés pour les fils suivants, traduit le désir de
manifester avec précision les liens familiaux : à l'aîné, dépositaire des
traditions, du passé, de la gloire qu'on s'attend à le voir incarner et ren
forcer, les noms paternels qui symbolisent ces valeurs aux yeux de
tous, aux autres, auxquels n'est pas dévolu le même rôle, une dénomin
ation plus éloignée, mais toujours significative par l'un ou l'autre de
ses éléments, le nomen en général.
Le premier élément dont on joue est le praenomen : une discipli
ne interne aux familles en régit la transmission, par accaparement de
certains d'entre eux (auquel cas il est nécessaire que les étrangers à
la famille coopèrent, en s'abstenant de les utiliser), soit par l'interdic
tion, spontanée ou imposée, de certains praenomina. Cette dernière
démarche se propose de briser la chaîne parentale symbolisée par le
couple praenomen + nomen, en effaçant de la mémoire collective le
souvenir de celui qu'on ne souhaite pas intégrer au patrimoine famil
ial.
Plus rarement, la manifestation symbolique de la parenté par
l'onomastique porte sur des éléments de dénomination autres que le
prénom, dont on fait un usage différent de celui auquel l'environne
ment est accoutumé : le recours à la tribu pour exprimer la structura
tion en stirpes par les Memmii, par exemple, ou l'adoption par M. lu-
62
MONIQUE DONDIN-PAYRE
nius Congus du surnom Gracchanus, pour manifester son étroite sol
idarité avec C. Gracchus 19.
2) Le jeu sur les enumerations d'ancêtres
La désignation onomastique ne se limite pas aux prénoms, noms et
surnoms, mais inclut, depuis la République, la mention des prénoms du
père, et éventuellement du grand-père, comme preuve d'un statut so
cio-administratif, celui de citoyen.
On constate que, sous l'Empire, cette citation, à l'origine utilitaire
et codifiée, est détournée de son rôle identificateur et civique pour
contribuer à la stratégie symbolique parentale. Quand les hommes al
ignent les praenomina de leurs ancêtres en ligne directe20, ils s'inscri
vent dans une continuité familiale d'autant plus évidente que, grâce à
la règle de transmission du nomen et du cognomen du père au fils aîné,
la seule initiale du prénom permet de reconstituer la dénomination
complète, et par conséquent d'identifier les personnages sommaire
ment désignés.
Le propos de ces enumerations apparaît plus subtil quand la liste
ne prétend pas à l'exhaustivité, mais qu'elle est le fruit d'un tri révéla
teur d'arrière-pensées. Un exemple parmi d'autres : seuls les deux
grands-pères de Cn. Asinius sont cités dans une dédicace, alors que son
père, compromis dans la conspiration de Séjan, est omis21. Le silence a
autant de poids que la parole, et le public en était conscient : aux funér
ailles de Junie, sœur de Brutus «on porta les images de vingt familles
illustres : les Manlius, les Quinctius et d'autres noms d'une égale no
blesse y parurent. Mais au-dessus de tous brillaient Cassius et Brutus,
précisément parce qu'on n'y voyait pas leurs images». (Tac, Ann., 3, 76,
tr. H. Goelzer, éd. B.L., Paris, 1923).
19 Sur les Memmii, L. R. Taylor, 1960, p. 185-186, 288-289, 325-326, T. P. Wiseman,
1964, p. 156-157, et 1967, p. 164-167. Sur Iunius Congus, Pline, H.N., 33, 36, R.E. 10,
Junius, D. R. Shackleton-Bailey, 1976, p. 83.
20 Pour les hommes, par exemple C.I.L., VI, 1282 = I.L.S. 882, C.I.L., X, 6087 = I.L.S.
886, C.I.L., IX, 3154 = I.L.S. 1049. Pour les femmes C.I.L., IX, 2415 et 2452 = I.L.S. 1131
et 1132, C.I.L., VI, 1371 = I.L.S. 927, C.I.L., VI, 1445 = I.L.S. 956.
21 C.I.L., X, 1682 = I.L.S. 933 (Pouzzoles).
LA
STRATÉGIE SYMBOLIQUE DE LA PARENTÉ 63
3) Toponymes et anthroponymes
L'exploitation de l'onomastique prend aussi la forme de la transpos
ition du nom familial dans le registre des toponymes (quartier : insula
Volusiana, carrefour : compitum Acilium, localité : Vespasiaé). La signi
fication de cette correspondance est clairement exprimée par les An
ciens eux-mêmes : la présence du uicus Octauius à Vélitres prouve que
la gens Octauia en était originaire, comme l'existence de Vespasies «at
teste hautement l'éclat et l'ancienneté de (la) famille (Vespasia)»22. Le
facteur valorisant est ici la durée, nécessaire pour que la communauté
désigne un lieu par le nom de la famille la plus connue résidant à
proximité.
Dans les opérations numismatiques, funéraires ou onomastiques,
les bénéficiaires, une fois qu'ils ont émis le message, restent specta
teurs. Mais il est d'autres formes de stratégie parentale où les descen
dants jouent un rôle actif qui les implique personnellement dans la
mise en œuvre finale.
II - VIVRE ET FABRIQUER SA PARENTÉ
A - Les exempla : parler et mimer sa parenté
Les exempla, leurs modalités de fonctionnement, leur rôle dans la
rhétorique romaine ont été bien étudiés23. Mais on ne s'est intéressé
qu'à l'effet produit par les exempla sur le public auquel ils étaient desti
nés; cet «appel au passé» n'est censé avoir de rôle que dans «une stra
tégie de persuasion», en fonction de son efficacité sur l'auditoire, et
non du bénéfice que pouvait espérer en tirer l'orateur pour lui-même.
1) Les exempla : une efficacité accrue par les relations parentales
Certes, les exempla débordent largement le cadre de la parenté, car
ils exploitent des précédents divers, qui appartiennent au patrimoine
collectif, et non familial, dont, cependant, n'importe qui ne peut faire
22 E. Ruoff- Vaananen, 1979, p. 151-156: les anthroponymes transformés en topony
mes. L'insula Volusiana : S. Panciera, 1982, p. 94-95. Le compitum Acilium : Pline, H.N.,
29, 12. Vespasies : Suétone, Vesp., 1, 6.
23 Rhétorique et histoire, 1980, p. 1-179.
64 MONIQUE DONDIN-PAYRE
usage24; pour être habilité à évoquer le passé, il faut être reconnu par
le corps social comme «porteur d'exemplarité» c'est-à-dire être magist
rat, susceptible d'adopter les comportements idéaux, ou de les éviter,
s'ils sont répulsifs.
L'identification métaphorique, qui incite à la reproduction du com
portement, fonctionne d'autant mieux que celui qui la propose se récla
me de sa famille : il est plus convaincant de conseiller l'adoption d'une
attitude, plus efficace de l'adopter soi-même si une relation parentale
intervient; pouvoir dire maiorum (meorum) exempla a plus de poids
que maiores.
Cette stratégie peut être adoptée sans que celui dont on utilise les
relations parentales s'y soit impliqué de lui-même : quand Cicéron inci
te le préteur Acilius Glabrio à la sévérité envers Verres, il lui rappelle la
conduite de son père, Acilius Glabrio, qu'il se doit d'imiter25; la straté
gie parentale est imposée.
2) Les exempla : la parenté mimée et la parenté vécue
L'originalité la plus marquante des exempla dans la stratégie sym
bolique de la parenté est que leur expression n'est pas seulement orale,
mais qu'ils peuvent être mimés et vécus. Un des registres où cette for
me de stratégie parentale est fréquemment employée, sans doute parce
qu'aucun autre mode d'expression n'y serait crédible, ni même possi
ble, est celui des suicides. J.-L. Voisin, dans une étude sur «L'éducation
de la mort volontaire à Rome»26, a mis en évidence la fréquence avec
laquelle les personnages qui se tuent ou cherchent à se faire tuer invo
quent un précédent familial. Sur quinze cas, les plus célèbres sont ceux
qui ont été renouvelés par plusieurs générations : les Decii Mures, dont
les deux derniers évoquent les exemples de leurs père et grand-père, les
trois Quinctilii Vari et surtout les Porcii Catones, chez lesquels la sœur,
la fille, le gendre et le fils de Caton d'Utique, quand ils répètent ce qui
devient une sorte de tradition, rappellent le suicide le leur parent. Par
ce geste, celui qui, toute sa vie, s'était lui-même efforcé d'imiter, jus
qu'à la caricature, son ancêtre le Censeur, inaugura une nouvelle forme
de stratégie et, ce faisant, confisqua à son profit une partie de la gloire
24 J.-M. David, 1980, p. 67-89.
25 Cic, I Verr., 51-52 et II, 1, 26.
26 J.-L. Voisin, 1987.
LA STRATÉGIE SYMBOLIQUE DE LA PARENTÉ 65
gentilice au point que Catones devint, dans la littérature, une référence
volontairement indéterminée à un comportement familial27.
Le suicide est une illustration si parfaite du transfert d'une conduit
e foncièrement individuelle au domaine de la stratégie parentale que
ceux qui se dérobent à sa réalisation sont sévèrement blâmés. Le fils de
Scipion l'Africain aurait dû se suicider, comme l'auraient fait ses ancêt
res, plutôt que de se laisser prendre par Antiochus : la société s'offus
que de ce qu'un individu n'adopte pas un comportement conforme à la
tradition gentilice28.
Loin d'être une forme simpliste de la stratégie de la parenté,
Vexemplum vécu peut donc être beaucoup plus subtil que les manifestat
ions picturales ou parlées : elles ne peuvent se référer qu'à des épiso
des véridiques ou censés l'être, lui peut mettre en jeu des comporte
ments souhaités.
3) Vexemplum de Claudius Pulcher et de sa sœur: une justification de
comportement familial
II peut même justifier a posteriori l'attitude d'un parent, comme
dans l'épisode de Claudia insons. La sœur du consul condamné à une
amende pour être passé outre à des auspices défavorables et avoir subi
une défaite maritime, fut condamnée à une peine similaire, quoique sa
faute fût vénielle par rapport à celle de son frère : prise dans une foule,
elle avait souhaité que son frère fût encore vivant, pour réduire, par un
nouvel échec militaire, la population de Rome. Cette insulte transfor
mait le revers de son frère en une réussite digne d'être répétée, autre
ment dit en exemplum. L'issue insolite de leurs deux procès, cette
amende, trop indulgente pour lui, exagérée pour elle, est logique dans
le cadre d'un exemplum, qui demande un châtiment identique à deux
conduites identiques, l'une vécue, l'autre parlée. Claudia insons n'est
pas un bouc-émissaire, elle joue symboliquement un exemplum, en se
27 Les Decii: T.L., 10, 28, D.C., 40, 38, Zonaras, 8, 5. Les Quinctilii: V.P., 2, 119, 3.
Caton d'Utique imitateur de Caton l'Ancien : D.C., 37, 22, 1, cf. Cic, Mur., 66. S. Agache,
1980, p. 78-79; les Catones sans différenciation: Pline, Ep., IV, 27, 4, Pétrone, 132, 15,
Sym., Ep., I, 4, 2.
28 V.M., 3, 5, 1. Même remarque sur Pompée Sén., Marc, 20, 6.
66
MONIQUE DONDIN-PAYRE
mettant en situation de subir la même peine que celui dont elle veut
justifier la conduite29.
Β - SE FABRIQUER UNE PARENTÉ : USURPATIONS ET GÉNÉALOGIES FICTIVES
Une autre façon, négligée et méprisée, toujours au nom de la véri
té, de bâtir activement une stratégie symbolique de la parenté, plus dis
crète que la reproduction d'une conduite, mais qui demande autant
d'initiative, est de se fabriquer une parenté ou même toute une chaîne
d'ascendants: c'est le phénomène des usurpations et surtout des «gé
néalogies fictives», bien connu, mais dont on se borne à récuser la faus
seté, sans l'interpréter.
1) Les usurpations d'identité
La manipulation la plus élémentaire est l'usurpation de nom, qui
sert fréquemment de thème de propagande pour dénigrer des adversai
res politiques, suspectés d'avoir voulu dissimuler une origine honteus
e30. La démarche, même si elle est moins élaborée, se rattache à celle
des généalogies fictives, puisque celui qui prend, ou est soupçonné de
prendre, un nom auquel il n'a pas droit, veut récupérer la renommée
de la famille dans laquelle il s'inclut. Le procédé semble, d'après les
sources, circonscrit aux classes supérieures.
L'usurpation d'identité est différente : elle implique des individus -
en général de basse extraction - qui s'identifient à un personnage célè
bre précis, contemporain ou mort depuis peu. Le cas le plus connu et le
plus révélateur de la stratégie parentale est celui d'Amatius/Herophilus,
médecin qui prétendit, en 46/45 av. J.-C, être le petit-fils de Marius,
puis, en un deuxième temps, à partir de l'été 45, transféra l'attention
sur les liens qui l'unissaient à César (et que Cicéron lui conseille d'ex
ploiter : Ait., 12, 49)31. Amatius adapta sa stratégie selon la meilleure
29 J. Suolahti, 1977, p. 133-151 avec transcription des sources. Son interprétation
politique (un épisode de luttes entre familles aristocratiques) ne rend pas du tout compte
du déroulement de l'incident.
30 Exemples dans D. R. Shackleton-Bailey, 1976, p. 94-98; T. P. Wiseman, 1971.
31 Les développements les plus longs et les plus cohérents sont ceux de Valére Maxi
me, 9, 15, 1 et de Nicolas de Damas, Fr. Gr. hist. II A, p. 391-396; bref résumé par T.L.,
LA STRATÉGIE SYMBOLIQUE DE LA PARENTÉ 67
rentabilité. Sa manœuvre fut si efficace que, devenu une menace direc
te pour César, qui l'avait toléré jusque là, il fut condamné à l'exil.
Mieux encore, quand Antoine décida l'exécution d'Amatius revenu à
Rome après les ides de Mars, le symbolisme parental qu'avait voulu
exploiter Amatius fut entériné par ses opposants, qui lui firent subir
exactement le même sort que celui que ses meurtriers avaient prévu
pour César : son corps fut traîné au bout d'un croc à travers les rues et
jeté au Tibre. Le lien qu'Amatius s'était efforcé de tisser était reconnu
dans le moment même où il devenait inutile. Cicéron attendit la
consommation de cette rupture pour se permettre, sur l'identité d'Amat
ius, les plaisanteries qui, eussent-elles été émises dès le début, auraient
immédiatement ébranlé la stratégie symbolique de la parenté du Pseu-
do-Marius.
2) Généalogies fictives
II est traditionnel de présenter les «généalogies fictives» comme
caractéristiques de l'Empire, et même spécifiques du Bas Empire,
quand des familles de parvenus auraient cherché à se doter d'un passé
qui n'était pas le leur, en se rattachant à des héros républicains. Elles
seraient le reflet d'une décadence qui, élevant des individus au dessus
de leur condition, aurait entraîné un recours au mensonge systématiq
ue32.
En fait, le procédé remonte très loin dans l'histoire romaine : dès le
IIIe siècle av. J.-C, les Marcii se réclamaient d'Ancus Marcius, réputé
avoir fondé Ostie, les Minucii plébéiens prirent abusivement le surnom
Augurinus, et firent falsifier les fastes pour passer pour des descen
dants des premiers Minucii patriciens33. Selon une anecdote célèbre
(Pline, H.N., 35, 8), Messala Rufus aurait décidé d'écrire le traité De
familiis en réaction indignée contre la prétention de Scipio Pompeianus
116, diverses péripéties dans Cic.,Att., 12, 49, 1 et 14, 6, 1 et 8, 1, Phil, I, 5 et dans Appien,
B.C., 3, 2 et 3.
32 Jugement moralisateur constant chez Sir R. Syme, 1966, p. 160-164, 171, 1968,
p. 23-30, 1968, et 1971. Avant lui H. Dessau, 1889 p. 337-392 et 1892, p. 561-605, A. von
Domazewski, 1918.
33 Les Mardi : R. Rebuffat, 1974. Les Minucii : P. C. Ranouil, 1975, p. 85-92, H. Zeh-
nacker, 1973, p. 489.
68
MONIQUE DONDIN-PAYRE
de descendre directement des Africani, par Scipio Saluitto qui l'avait
adopté34.
GÉNÉALOGIES FICTIVES : LES PARTICULIERS
Fabii/Fabiola fin
IVe siècle
Furii/Furia fin
IVe siècle
Pontius Leontius
milieu Ve siècle
Ste Paule fin IVe
siècle
sa mère Blesilla
son père Rogatus
Scaurinus et son
fils homonyme
début IIIe siècle
Iulius Toxotius
milieu IVe siècle
L. Aradius
rius Proculus Po-
pulanius et ses
descendants IVe
siècle
Sources
Jer. Ep.,
77, 2
Jer. Ep.,
54, 1
54, 4
Sid. Αρ.,
Carm., 23
Jer. Ep.,
108, 1, 3 et
33
H.A., Verus,
2, 5 et
Alex., 3, 3
Jer. Ep.,
108, 1
Prosopo-
grapnie
P.L.R.E. I
p. 323
P.L.R.E. I
p. 375-376
P.L.R.E. II
Leontius 30
p. 674
P.L.R.E. I
Paula I p.
674-675
P.I.R. Τ 69,
70
S 195
P.L.R.E. I
Toxotius 2
p. 921
Voir le développement
sur les Valerii
Parenté revendiquée
Fabius Cunctator
Camille (M. Furius
Camillus)
Cornelia, mère des
Gracques
conquérant du Pont
les Scipions
les Gracques
les Aemilii Panili
Agamemnon
Q. Terentius Scau-
rus, éducateur
drien
Agamemnon, Enée et
les Iulii
Valerii Poplicolae
Justification
onomastique
onomastique
sans
onom., cf. son parent
Pontius Paulinus :
P.L.R.E. I Paulinus
19 p. 681 (Cf. R. Re
buffat, Latomus,
1978, p. 87-104)
sans
onom.? (justification
moderne : parente de
Furius Maecius
Gracchus, qui
sit le sanctuaire de
Mithra)
onom.
« généalogie,
se, noblesse»
onom. et fonction :
les deux Scaurini
raient éducateurs de
L. Verus et
dre Sévère
onom.
onom. voir
maison déve-
compor- loppe-
tement ment
(à suivre)
34 R. A. Billows, 1982.
LA
STRATÉGIE SYMBOLIQUE DE LA PARENTÉ 69
(suite)
Vlpius Crinitus
fin IIIe siècle
Ceionius Rufius
Volusianus début
IVe siècle
Sources
H.A., Aur.,
10, 2
Rut. Nam.,
Red., I,
167-170
Prosopo-
graphie
P.I.R. V
547
P.L.R.E. I
Volusianus
4 p. 976
Parenté revendiquée
Trajan
Volusus, roi des Ru-
tules
Justification
onom.? : parfois ap
pelé Traianus
onom. : cf. Virg.,
Aen., XI, 463-464 -
cf. son petif-fils Pos-
tumianus 3 p. 718-
719: Lib. Ep., 1036
rappelle la préten
tion à l'origine divine
- cf. Alfenius Ceio
nius Iulianus 25 p.
474-475 (signo Käme-
nius) : parenté illus
tre
LES GÉNÉALOGIES FICTIVES : LES EMPEREURS ET LES USURPATEURS
Marc Aurèle
160/180
Clodius Albi-
nus 193/197
Sévère
dre 222/238
les Gordiens
238
Sources
H.A.,
H.A.,
10,6
13, 6
H.A.,
H.A.,
1, 6
4,
12,
44,
2, 2
9, 4
17,
17,
5
1;
8;
3
2
2-
Parenté revendiquée
Numa - Malemnius,
roi sallentin
Postumii Albini et
Ceionii (voir à ce
nom)
fait peindre son
bre généalogique
montant jusqu'aux
Metelli
Gordien 1 : son père
descend des Grac-
ques, sa mère de
Trajan
les Scipions
sa femme Fabia
Orestilla descend de
Marc Aurèle
Gordien 2 : descend
des Scipions
des Antonins
est d'ancienne
blesse
Justification
sans
onomastique :
men Albinus
sans
onom., moderne :
parce qu'il s'appelle
Gordianus Sempro-
nius, ou parce son
père est Maecius Ma-
rullus, parent de Fu-
rius Maecius Gracca-
nus
onom. : Africanus
onom. : surnom
canus
surnom Antonius
possède la maison de
Pompée
Bibliographie
DOMAZEWSKI,
Personennam.,
p. 82
Syme, Bogus
names, p. 268
Oliver,
AJ.Ph., 1968,
p. 345-347
(à suivre)
70
MONIQUE DONDIN-PAYRE
(suite)
Balbin - 238
Calpurnia,
femme de Ti
tus - 260
Piso, usurpa
teur - 260/261
Domitianus
vers -270
Tacite
275/276
Sources
H.A., 7, 3
H.A., 32, 5
H.A., 21,1
H.A., 12, 14
H.A., 10, 3
Parenté revendiquée
Baibus Cornelius
Theophanes, devenu
citoyen grâce à Pom
pée
Caesonii «id est Piso-
nes»
Pisones Frugi
l'empereur Domitien
et Domitille
l'écrivain Tacite
Justification
onom. : Cic, Balb.,
57 et AU., 7, 7, 6,:
Cornelius Balbus
adopté par Pompeius
Theophanes ou L.
Cornelius Balbus
adopté par Théopha-
ne de Mytilène, lui-
même devenu c
itoyen grâce à Pom
pée
onom. : la femme de
César est la fille de
Piso Caesonins et le
consul de 148 est L.
Calpurnius Piso Cae-
soninus
onom. : surnom Piso,
cf. Cicéron, dont la
fille avait épousé C.
Calpurnius Piso Frug
i
onom. (il y a un pro
blème d'identité)
onom.
Bibliographie
Syme, Bogus
names p. 261
Schackleton-
Bailey Adopt
ions, p. 90-91
P.L.R.E. I Piso
1 p. 703: «s'il
a existé, il des
cendait des
Calpurnii »
P.L.R.E. I Do
mitianus 1 p.
262
L'expression moderne «généalogies fictives» désigne les préten
tions de compter parmi ses ancêtres des hommes célèbres; elles impli
quent l'existence, sur plusieurs siècles, de chaînes familiales dont les
maillons ne sont pas détaillés; il est implicitement admis qu'elles sont
calquées sur les arbres généalogiques réels, dont rien ne prouve que les
Romains les différenciaient vraiment. Les uns et les autres exploitent
les mêmes ressorts (similitude onomastique et valorisation par la durée
notamment).
Le rapprochement avec un phénomène contemporain est très révé
lateur: l'empereur Hirohito a annoncé lui même en 1946 que «la fic
tion de l'empereur-dieu» devait être abandonnée; pourtant, la tradition
qui en fait le 124e empereur «de lignée ininterrompue» depuis l'introni
sation, en 660 av. J.-C, de l'empereur Jimmu (dont l'existence n'est pas
«historiquement établie») est assez forte pour susciter suicides et atten-
LA STRATÉGIE SYMBOLIQUE DE LA PARENTÉ 71
tats contre les «incrédules» qui se rallient à la thèse officielle35. Le cri
tère de vérité n'a pas cours en ce domaine.
Les principales généalogies fictives sont rassemblées sur un ta
bleau (elles sont assez abondantes, sans être aussi innombrables qu'on
le dit), mais il suffit de retenir un cas, exemplaire parce qu'il met en
lumière tous les ressorts de ces revendications : celui des Valent.
L'initiative remonterait à [L. ? Vjalerius Claudius Acilius Priscil-
lianus [Maximus], consul en 233, qui aurait, pour manifester qu'il
prétendait descendre des Valerti Poplicolae, appelé son fils L. Valerius
Poplicola Balbinus Maximus (préfet de la Ville en 253). Au milieu du
IVe siècle., L. Aradius Valerius Proculus Populonius, préfet de la Ville
en 333-337, était réputé descendre des Valerli Poplicolae parce qu'il
possédait l'antique maison des Valerti sur le Celius : elle lui était
échue par le mariage de son père avec une Valeria, sans doute la
petite-fille du consul de 256. Un cousin, Valerius Pinianus, qui avait
épousé Melanie la Jeune (deux générations après que sa grand-mère
Melanie ait convolé avec un Valerius et nommé son fils Poplicola) est
loué par Paulin de Noie comme «émule de son lointain ancêtre»,
Valerius Publicola. À la fin du IVe siècle, Rutilius Namatianus réaf
firme, à propos de Valerius Messala Auienus, le lien avec les Publi-
colae (I, 271 -272) 36.
Ce foisonnement de pistes est exceptionnel : d'ordinaire, les préten
tions généalogiques ne s'appuient que sur une justification, et ne sont
réitérées que sur deux générations, au plus. La similitude de nom, ou
plutôt d'un élément du nom avec celui d'un personnage ancien est la
justification la plus fréquente, si fréquente même qu'elle n'est pas
explicitée quand elle paraît évidente.
La revendication onomastique est éventuellement étayée par des
faits plus tangibles.
En premier lieu, la possession d'une maison, en dépit de toutes les
possibilités de transfert de propriété, est invoquée comme preuve de
35 Le Monde, 3/4 mai 1986 (P. Pons), d'où sont extraites les formules entre guille
mets. Il s'agit du suicide de Y. Mishima, de l'attentat contre un éditeur et de menaces
contre un haut fonctionnaire.
36 L. Valerius Claudius : Κ. Dietz, 1980, p. 245, 246 n°82, son fils : P.I.R. V 121. Ara
dius Valerius : A. Chastagnol, 1962, p. 96-102 n°40 (cf. P.L.R.E. I Proculus 4 p. 745 et 11
p. 747-749). Valerius Pinianus ibid. Pinianus 2 p. 702, et Valerius Publicola ibid. Publicola
1 et 2 p. 753-754. Valerius Messala P.L.R.E. II Messala 3, p. 761-762. Sur la maison du
Celius, G. Gatti, 1902.
72 MONIQUE DONDIN-PAYRE
parenté ou d'antiquité (pour les Valerti la maison du Celius, pour les
Gordiens celle de Pompée). Une variante est la représentation figurée,
dans son domicile, de généalogies ou de pseudo-exploits familiaux (Sé
vère Alexandre, les Gordiens, Pontius Leontius).
Une justification plus profonde et plus subtile est la similitude de
comportement, qui s'apparente à Yexemplum : par exemple le parallèle
entre Valerius qui affranchit ses esclaves au IVe siècle et son ancêtre
Publicola qui avait libéré le peuple romain.
Les généalogies fictives exploitent donc des mécanismes éprouvés,
à la fois par leur ancienneté et par leur utilisation dans d'autres domain
es.
Quand ces arguments sont combinés, ou quand les revendications
sont multiples, on n'accorde aucune attention à la cohérence : un même
personnage se targue de descendre de célébrités sans rapport entre
elles (voir le cas des Gordiens ou de Ste Paule), en l'occurrence, on joue
sur l'accumulation, non sur la logique.
Le dernier facteur que met en valeur le cas des Valerii des IIIe-IVe
siècles est l'importance du temps : ces généalogies renvoient de préfé
rence à des époques très reculées, la royauté ou la République, elles
privilégient la durée aux dépens de la vraisemblance.
On veut affirmer que les qualités de ceux dont on se dit héritier, à
travers les générations, appartiennent à l'âge d'or (qui s'étend d'ailleurs
largement des origines de Rome à la fin de la République). De même
qu'au niveau de la collectivité le mythe troyen est une justification de
l'empire universel, fondé sur le droit de descendance, de même ces
généalogies sont, pour ceux au profit desquels elles ont été bâties, gage
de légitimité (d'où leur fréquence dans le milieu impérial).
CONCLUSION
En conclusion, on voudrait regrouper les observations autour de
deux thèmes : les acteurs de la stratégie symbolique de la parenté, et la
relation entre temps et vérité.
1) Qui met en œuvre la stratégie symbolique de la parenté? C'est-
à-dire qui l'exécute et qui en profite dans un contexte où les individus
LA STRATÉGIE SYMBOLIQUE DE LA PARENTÉ 73
se situent par rapport à deux groupes - la société et la famille - dont
chacun lui fait subir des contraintes? La société impose des restrictions
à l'utilisation de certains aspects de la stratégie parentale, en édictant
des conditions : les émissions monétaires, l'insertion d'exempla dans les
discours, la production d'imaginés sont réservés aux magistrats, donc à
ceux qui jouissent d'un statut reconnu par la collectivité. Inversement,
certaines manœuvres sont réputées, chez les historiens modernes (et à
tort d'ailleurs) être particulièrement appréciées des parvenus : les re
vendications généalogiques, entre autres, qui sont, en fait, très large
ment répandues, sous des formes diverses.
Du point de vue individuel, il faut aussi nuancer l'impression que
la stratégie symbolique parentale est un domaine masculin. Certes, les
femmes sont totalement exclues de certains domaines : ceux qui vien
nent d'être évoqués, dont les conditions ne peuvent être remplies que
par les hommes. Mais elles interviennent dans de nombreux registres,
l'onomastique par exemple, la pompa funebris dont elles sont bénéfi
ciaires sans l'alimenter puisqu'elles ne génèrent pas d'imaginés. Elles
jouent le rôle de maillon dans la chaîne parentale.
Il est inutile de revenir sur la diversité des moyens mis en œuvre
(montrer, dire, vivre, faire), sinon pour souligner que, non seulement
ils coexistent, mais sont souvent combinés (dans la pompa funebris, les
exempta). Cette multiplicité de modes d'expression, qui se complètent et
se nuancent, rend l'interprétation difficile aujourd'hui, alors que dans
une société dont la stratégie parentale était un rouage essentiel, elle
était gage de l'adéquation entre le mode d'émission et le sens du messag
e, dans lequel le temps joue un rôle primordial.
2) Par rapport à sa place dans les formes plus immédiates de stra
tégie parentale (mariages, adoptions), le temps occupe, dans la symboli
que, une large place. Par «temps», il faut entendre non pas la chronolog
ie, mais la durée, non au sens d'une épaisseur mesurée, mais dans la
mesure où le temps écoulé donne à une action instantanée une dimens
ion nouvelle. Il permet de s'inscrire dans une perspective qui, n'étant
pas comptée, peut être manipulée (ce qui permet de gommer les
aspects qui ne conviennent pas, d'« oublier» des épisodes, des ancêtres).
Il ne confère pas de la vérité à une affirmation fausse, il en transforme
la portée. Or, la stratégie symbolique de la parenté tend à faire d'un
individu qui serait autrement isolé dans un moment donné un maillon
dans une continuité, de comportements, de renommée, de traditions.
Pour remplir ce rôle, il faut que l'individu se comporte conformément
74 MONIQUE DONDIN-PAYRE
au modèle invoqué. La véracité se joue là, dans cette adéquation entre
le présent et le passé37; c'est pourquoi on fait appel à des justifications
concrètes (représentations figurées, possessions immobilières . . .) à
l'appui de revendications abstraites (comportement . . .).
Monique Dondin-Payre
BIBLIOGRAPHIE
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loque «Histoire et historiographie», (Paris, 8-9 décembre 1978), Caesarodu-
num, 15 bis, 1980 p. 71-107.
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1953-54, p. 163-171.
A. Chastagnol, 1962 = Les Fastes de la Préfecture de Rome au Bas-Empire, Paris,
Nouvelles Editions Latines, 1962, 348 p.
M. H. Crawford, 1974 = Roman Republican coinage, Cambridge, Cambridge
University Press, 1974, 2 vol., 919 p.
J.-M. David, 1980 = «Maiorum exempla sequi: l'exemplum historique dans les
discours judiciaires de Cicéron», Table Ronde «Rhétorique et histoire.
L'exemplum et le modèle de comportement dans le discours antique et médiév
al», (Rome, 18 mai 1979), MEFRM, 92 (1), 1980, p. 67-86.
37 Analyse de situations identiques au XVIe siècle : G. Huppert, 1983, p. 86-94 (la
mésaventure d'Olivier Lefevre, devenu d'Ormesson, qui, par manque de culture, ne peut
s'intégrer à la noblesse); ibid., p. 145, 155 sur les différentes façons de se sentir, et de
vivre, noble. Les Mémoires de Saint-Simon regorgent de cas semblables. Encore au
jourd'hui, à propos de J. Médecin, maire de Nice qui, prétend-on, se fait appeler « comte
de Médicis » : « On a toujours cru dans ma famille que nous avions des ancêtres Médicis.
J'ai vu ce blason (des Médicis) sur la maison de ma grand-mère». (Le Monde, 8 oct. 1985,
art. G. Porte), et, du même, cité ibid. en note « Les origines de la famille Médecin se trou
vent à Florence. Notre nom n'est qu'une francisation de Médicis. J'en ai trouvé la preuve
dans des archives remontant à 1570, à quelques années près. . . Le nom de Médicis devint
d'abord Médicin puis Médecin». Tous les arguments y sont : la justification par le nom,
les archives, le blason.
LA STRATÉGIE SYMBOLIQUE DE LA PARENTÉ 75
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