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institut supérieur d'architecture st luc
rue d’irlande 57 B -1060 Bruxelles
Les installations techniques dans les bâtiments.
Ph. Gruloos - J-F. Roger France - J. Claessens














Technologie de la climatisation des bâtiments
2009-2010


L'impression "couleur" (ou la visualisation sur écran) est
recommandée pour les schémas de climatisation…

Si vous souhaitez mieux comprendre un aspect de la
matière, consultez aussi www.energieplus-lesite.be
dans la rubrique "techniques / climatisation"

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1 Qu'est-ce que le conditionnement d'air ?

Un local est dit "climatisé" si la température des locaux est contrôlée : quels que soient la
température extérieure et le niveau d'ensoleillement, on maintient, par exemple, un minimum de
21°C en hiver et un maximum de 25°C en été. Une machine frigorifique doit alors être prévue en
complément de l’installation de chauffage.

Exemple : un architecte équipe son atelier de 2 PC, d'une imprimante, d'un fax, d'une
photocopieuse, de spots lumineux puissants,… et constate qu'il y fait étouffant !
Il installe un climatiseur pour évacuer la chaleur (= la "charge thermique") vers l'extérieur.



Unité intérieure Unité extérieure

Si en plus du contrôle de température, on souhaite contrôler le niveau d’humidité relative de l’air des
locaux (le maintenir à 50% HR par exemple), on devra humidifier l'air en hiver et le déshumidifier en
été, on parle alors de "conditionnement d’air" (mais par abus de langage, tout le monde parle de
"climatisation"… et nous ferons comme tout le monde dans la suite du cours !).

Exemple : un immeuble de bureaux est installé rue Beillard, … impossible d'ouvrir les fenêtres,
suite au bruit et à la pollution de l'air ! L'air frais sera capté en toiture, filtré, traité en température et
humidité, puis envoyé par un réseau de conduits vers les différents locaux.



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2 Quand faut-il installer un conditionnement d'air ?

Le conditionnement d'air est coûteux …
en coût d'investissement : si une installation de chauffage revient entre 40 €/m² (bureau) et 50
€/m² (habitation), une installation de conditionnement d’air revient autour des 200 €/m².

en coût d’exploitation : le coût de l’énergie frigorifique (càd de l'électricité pour faire fonctionner le
compresseur de la machine frigorifique) s'ajoute à celui du chauffage…


en espace :
- centrale de préparation de l’air
pour le chauffer, l’humidifier,…
- conduits d’air pulsé et d’air repris,
souvent placés dans les faux
plafonds.

Exemple : l’hôpital St Luc de Woluwé
traite et distribue 300.000 m
3
d’air..
par heure ! ! !




Peut-on l’éviter ? Oui pour le particulier et le bureau traditionnel, où une conception thermique
adéquate du bâtiment (dont l'intégration d'un système de refroidissement naturel actif durant les nuits
de canicule) permet d’éviter le recours à un refroidissement forcé et la pollution engendrée par cette
consommation d'énergie... Dans ces cas, le placement d'une climatisation est un constat d'échec pour
l'architecte…

Mais il est des cas où le conditionnement d’air peut s’imposer :

dans un bâtiment en milieu urbain pollué et bruyant : l'air et le bruit passent volontiers par les
fentes des châssis … Le conditionnement d’air permet de prévoir des châssis fixes, non ouvrants
et donc très étanches, … tout en assurant une qualité hygiénique de l'air aux occupants (le débit
d'air neuf est souvent plus élevé que celui d'un bâtiment classique).

dans les endroits où la qualité de l’air doit être surveillée : les salles d’opération, les ateliers de
production des entreprises pharmaceutiques, … Le conditionnement d’air permet de pulser plus
d’air dans une pièce que d’en extraire  la pièce est mise en surpression et aucune petite bêbête
ne peut rentrer (pas de contamination par l’air des pièces environnantes). On parle de "salles
blanches".

dans les locaux très bien isolés et avec forte production de chaleur intérieure : salles
informatiques très équipées, salles de réunion, ….

dans les locaux enterrés ou les locaux au centre des larges immeubles : les apports
thermiques internes doivent être évacués artificiellement puisque les déperditions vers les autres
locaux environnants sont quasi nulles. C'est le cas d'un centre informatique d'une société
d'assurances installé au sous-sol du bâtiment, par exemple

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Problème :

20°


20°


20°


20°


X°?


20°


20°


20°


20°


Quelle sera la température intérieure de ce local dans lequel se trouvent une personne (70 W), un PC
(150 W) et 2 luminaires (200 W), sachant que les parois de 10 m² chacune vers les 4 locaux
environnants présentent un coefficient de transmission thermique U = 1 W/m².K ? (on néglige les
échanges par planchers et plafonds).

Réponse :
Apports internes : 70 + 150 + 200 = 420 W de chaleur.
Déperditions : U S DT° = 1 W/m².K x 4 x 10 m² x (X - 20) K
A l'équilibre, apports internes = déperditions. On en déduit une température intérieure X° = 30,5°C…
A cette température, le local parvient à évacuer la chaleur produite à l'intérieur vers les autres locaux.
Conserver 20°C, c'est installer une machine frigorifique produisant 420 W de froid.

A noter qu'en pratique, la température de ce local borgne ne montera pas aussi haut car on gardera
les portes ouvertes vers les locaux voisins (donc c’est un peu comme si U augmente)…



3 Comment fonctionne une machine frigorifique ?

Il fait 28°C dehors, les bureaux sont inondés de soleil… et la température ambiante monte à 25°C !
Pour refroidir les locaux, une machine frigorifique est installée. Mais comment peut-elle transférer de la
chaleur issue d’un milieu à 25° vers un milieu à 28°C ???

Pour prendre de la chaleur au local à 25°C, il faut faire passer l'air du local dans un échangeur
parcouru par un fluide à 12°C par exemple. L’air du local en sortira refroidi à 15°C.
Pour donner de la chaleur à l'air extérieur à 28°C, il faut faire passer l'air extérieur dans un échangeur
parcouru par un fluide à 45°C par exemple. L’air extérieur en sortira à 35°C, par exemple



28°
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Ce transfert de chaleur, entre intérieur et extérieur, ne peut se faire que si :

 un fluide joue le rôle d'intermédiaire : c'est le rôle du fluide frigorigène.

 un équipement rehausse le niveau de température de ce fluide entre le milieu où la chaleur est
prise (air intérieur) et le milieu où la chaleur est évacuée (air extérieur) : c'est le rôle de la
machine frigorifique.



Elle se compose au minimum des 4 éléments suivants :

 1 évaporateur : le fluide frigorigène y monte en température et s'y évapore.

 1 condenseur : le fluide frigorigène y descend en température et s'y condense.

 1 compresseur : en comprimant le gaz, il élève sa température (comme dans une pompe à
vélo !)

 1 organe de détente : en relâchant la pression du gaz, il abaisse sa température.

Astuce : pour augmenter la capacité de transfert de chaleur du fluide intermédiaire, on utilise un fluide
qui change d'état (gaz <> liquide). Il captera ou donnera ainsi plus de chaleur à chaque passage dans
un échangeur !

Reprenons en détail le fonctionnement de chacun de ces composants.

Partons des propriétés physiques du fluide frigorigène

La machine frigorifique est basée sur la propriété des fluides frigorigènes de s’évaporer et de se
condenser à des températures différentes en fonction de leur pression.

Par exemple, prenons un fluide particulier :

à la pression atmosphérique :

le fluide est liquide à 12°C et se met à « bouillir » aux alentours de 16°C.
si le fluide circule dans un serpentin et que l’air à + 25° C passe autour de ce tuyau, l’air se
refroidira : il cédera sa chaleur au fluide qui lui s’évaporera. C’est le rôle de l’évaporateur de la
machine frigorifique.



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à la pression de 13 bars :

cette fois, sous l’effet de la forte pression, le fluide ne « bout » qu’à + 35°C.
autrement dit, si un fluide frigorifique, à l’état vapeur, à 13 bars et à + 40°C circule dans un
serpentin et que de l'air à + 30° C passe autour de ce tuyau, le fluide se refroidira et à partir de +
35°C, il se liquéfiera, il se condensera. En se condensant, il va libérer énormément de chaleur.
C’est le rôle du condenseur de la machine frigorifique.


Si l’on souhaite donc que le fluide puisse « prendre » de la chaleur au local :
il doit être à basse pression et à basse température sous forme liquide, pour lui permettre de
s’évaporer.

Si l’on souhaite que le fluide puisse céder sa chaleur à l'air extérieur :
il doit être à haute température et à haute pression, sous forme vapeur, pour lui permettre de se
condenser.

Pour réaliser un cycle dans lequel de la chaleur est extraite d’un côté et donnée de l’autre, il faut
compléter l’installation par 2 éléments :

1°- le compresseur, qui comprime le gaz en provoquant l’augmentation de température jusqu’à +
40°C.

2°- le détendeur, qui est un dispositif qui « lâche » la pression du fluide à l’état liquide : il se
vaporise partiellement et donc se refroidit. Ceci permet au liquide de retomber à la température
de 12°C.

Si ces différents équipements sont bouclés sur un circuit, on obtient une machine frigorifique.

En pratique, suivons le parcours du fluide frigorigène dans les différents équipements :


dans l'évaporateur

Le fluide frigorigène liquide entre en ébullition et s'évapore en absorbant la chaleur du fluide
extérieur.




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dans le compresseur

Le compresseur va tout d'abord aspirer le gaz frigorigène à basse pression et à basse température.
L'énergie mécanique apportée par le compresseur va permettre d'élever la pression et la
température du gaz frigorigène.



dans le condenseur

Le gaz chaud provenant du compresseur va céder sa chaleur au fluide extérieur. Les vapeurs de
fluide frigorigène se refroidissent, avant l'apparition de la première goutte de liquide (point 3). Puis
la condensation s'effectue jusqu'à la disparition de la dernière bulle de vapeur(point 4). Le fluide
liquide se refroidit encore de quelques degrés avant de quitter le condenseur.



dans le détendeur

Pour passer de la haute pression du condenseur à la basse pression de l'évaporateur, on insère un
dispositif abaisseur de pression dans le circuit. C'est le rôle du détendeur. La plupart du temps,
c’est une vanne, mais dans les petits systèmes (comme les climatiseurs), c’est un fil tube bobiné :

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fonctionnement complet

Le cycle est fermé, le fluide frigorigène évolue sous l'action du compresseur dans les quatre
éléments constituant la machine frigorifique.



cycle frigorifique élémentaire



Remarque :

Les températures et les pressions sont données ici pour un cas particulier. En fait, il existe beaucoup
d’autres gaz frigorifiques beaucoup d’autres niveaux de température possibles. De plus, pour un
même fluide, il est possible de le faire travailler à d’autres niveaux de pression, donc à d’autres
niveaux de température. C'est ainsi que l'on peut faire fonctionner un surgélateur, avec une
température d'évaporation autour de -30°C, par exemple.

Cela dépasse la portée de ce cours, mais le compresseur s’adapte toujours. Par exemple, si la
température extérieure monte (canicule…), le compresseur va comprimer plus fort pour élever la
température du fluide frigorifique et pour que la chaleur puisse malgré tout être évacuée vers
l’extérieur… mais la consommation du compresseur augmente !...

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Exemple 1 : le réfrigérateur dans la cuisine



L’évaporateur est à l’intérieur pour extraire la chaleur et refroidir les
aliments: c'est le serpentin inclus dans la partie métallique du freezer, par
exemple.

Le condenseur est à l’extérieur pour évacuer la chaleur en la cédant à l’air
ambiant: : c'est la grille noire au dos du réfrigérateur (elle est chaude
lorsque le compresseur fonctionne). Il faut bien laisser passer l’air au dos
du frigo pour que la chaleur puisse être évacuée !

Le compresseur se trouve à l’arrière au bas de l’appareil et son look est du
type de la figure ci-contre.


Pour votre réfrigérateur, quelles seront les conséquences sur le fonctionnement du compresseur d'une
couche de glace sur l'évaporateur ? Ou d'un passage de l'air obstrué autour du condenseur?



Exemple 2 : le climatiseur de local



On le rencontre par exemple pour refroidir un
local informatique où il y a surchauffe.
L’évaporateur est placé dans la pièce pour
refroidir celle-ci.

Dans l'évaporateur, le fluide capte la chaleur
dans l'air du local et s'évapore.



Le condenseur est placé à l’extérieur. Il évacue la
chaleur en accélérant l’échange grâce à l’effet d’un
ventilateur qui augmente la pulsion de l’air
extérieur.

Dans le condenseur, le fluide redevient liquide car
il est refroidi par l'air extérieur.



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4. Quel est le coût de la climatisation ?

Il s'agit ici d'estimer le coût pour apporter un kWh de froid à la pièce. Nous avons vu que seul le
compresseur demande de l'énergie électrique pour fonctionner (le détendeur, c'est comme une pipette
de vélo qui lâche le gaz de la chambre à air … cela se fait tout seul !). (Pour être exact, il faudrait
encore ajouter la consommation des ventilateurs).

Le coût d'exploitation d’un climatiseur répondra donc à la loi ci-dessous:

Consommation = Energie = Puissance x temps = P x t [kWh]

où P = puissance électrique du compresseur [kW]
t = temps de fonctionnement du compresseur [h]


Coût = consommation x prix de l'énergie électrique [Euro]

Analysons chacun des termes de ces relations.


4.1. Puissance installée

Puissance électrique du compresseur Puissance frigorifique apportée à la pièce !

En choisissant dans un catalogue un appareil de "6 kW", on sélectionne un climatiseur dont
l'évaporateur est capable d'apporter 6 kWh de froid (= de retirer 6 kWh de chaleur) au local en 1 heure
de fonctionnement. Donc, "6 kW" constitue sa puissance frigorifique.

Mais pour ce faire, curieusement, le compresseur demandera une puissance électrique plus faible, de
l'ordre de 2 kW, donc consommera une énergie de 2 kWh en 1 heure.

Et c’est cette énergie là qui sera facturée au consommateur. Un climatiseur sera donc
énergétiquement efficace s'il demande peu d'énergie électrique au compresseur pour atteindre une
puissance frigorifique donnée.




Exemple : Imaginons la vitrine d'un magasin dans une galerie commerciale. Douze lampes spot de
500 W consomment chaque heure 6 kWh électriques pour l'éclairage. Toute cette énergie
est convertie en chaleur… La climatisation du magasin demandera 2 kWh complémen-
taires pour évacuer la chaleur émise par les lampes.

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Le rapport entre la puissance frigorifique (à l'évaporateur) et la puissance électrique (au compresseur)
est appelée « efficacité frigorifique » de la machine frigorifique.

Dans l'exemple : efficacité frigorifique = 6 kW / 2 kW = 3, soit 300% !

(On appelle parfois ce coefficient "COP
froid
" mais il ne faut pas confondre avec le COP de la pompe à
chaleur qui lui est le rapport des énergies condenseur/compresseur  voir plus loin).


Comment comprenez-vous que pour faire 6 kWh de froid, on ait seulement besoin de 2 kWh électrique ? Y
a un stuut là, non ?

(Il faut bien voir que la machine frigorifique est une machine de transfert d'énergie d'une ambiance
vers l'extérieur, ce n'est pas un convertisseur d'énergie comme la chaudière… Le compresseur ne fait
que modifier le niveau de température d'un fluide. Réfléchissez aux termes du coefficient d'efficacité
frigorifique…
Par exemple, imaginez qu’il fasse 20° dehors et 30° à l’intérieur, quelle serait la consommation dans ce
cas ? Presque nulle, … le Cop serait très élevé !)



4.2. Temps de fonctionnement

Ce facteur est difficile à estimer puisqu'il est fonction des conditions d'exploitation :

si le climatiseur est installé dans le but de combattre des apports de chaleur permanents
(machines), le fonctionnement peut être considéré comme continu;

mais si le climatiseur est installé pour combattre les apports solaires au travers des vitrages, il est
très difficile de prévoir sa consommation (fonction de la surface vitrée, de son orientation, ... )

L'enclenchement du climatiseur est parfois lié à la température extérieure : il est mis en service, par
exemple, si la température extérieure dépasse 15°C environ.

Le diagramme ci-dessous, qui précise la distribution horaire des températures à Uccle, permet alors
d'estimer le nombre d'heures total de fonctionnement de l'appareil.

-15 -12 -9 -6 -3 0 3 6 9 12 15 18 21 24 27 30 31
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
N
o
m
b
r
e

d
'
h
e
u
r
e
s
-15 -12 -9 -6 -3 0 3 6 9 12 15 18 21 24 27 30 31
T ext en °C
Répartition des températures annuelles à Uccle


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Ainsi, à Uccle, la température extérieure est supérieure à 24°C durant 150 heures par an. Et
supérieure à 27°C ?... seulement 40h par an, lors d'une année type moyenne, … ce qui justifie les
migrations estivales vers Torre Molinos !

Généralement, pour une installation de climatisation de "confort" (= installation pour des bureaux), en
bonne approximation, on considère que le compresseur fonctionnera environ 1000 heures par an.

4.3. Coût du kWh électrique

L'ordre de grandeur du coût du kWh électrique peut être estimé comme suit :

tarif basse tension
(domestique)
haute tension*
(industriel)
jour ... 0,20 € ... ... 0,15 € ... *
nuit ... 0,12 € ... ... 0,09 € ... **

* le tarif Haute Tension est d'application pour le secteur tertiaire (écoles, hôpitaux, …) et industriel.
Généralement, ces consommateurs disposent de leur propre cabine de transformation.


Question : l’énergie électrique est-elle chère ? Sachant qu’un homme produit, non sans effort, une puissance
mécanique continue de 100 Watts, il lui faudra 10 heures d’effort pour produire 1 kWh, vendu 0,2 € !...
Autre regard : une habitation consomme en moyenne 10 kWh/jour. Il y a donc 10 esclaves dans la cave pour
produire 10h/jour l’électricité de la maison !
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5. Comment dimensionner la puissance d'une installation de
conditionnement d'air ?

Pour calculer une installation de chauffage, il faut se mettre dans les conditions de froid les plus
critiques (T° ext. de -10°C), estimer les pertes de chaleur du bâtiment, et dimensionner radiateurs et
chaudière afin qu'ils apportent une chaleur égale à ces pertes.

De même pour la climatisation, il faut estimer les charges thermiques maximales d’été, les charges
internes du local (apports des équipements, des personnes,...) et externes (apports solaires par les
vitrages) et puis sélectionner un équipement qui pourra apporter une puissance de froid équivalente.



Le principe du calcul peut être facilement compris en analysant la page suivante : c'est la feuille de
calcul utilisée par un fabricant de climatiseur. Le bilan thermique d’un local est réalisé pour
sélectionner la puissance de l’appareil. On y voit l’impact du soleil, des équipements électriques (dont
l’éclairage), des personnes,...

Par exemple,
une baie vitrée de 4 m² orientée Ouest entraîne 300 x 4 = 1.200 Watts de puissance
la même baie protégée par des stores extérieurs 1.200 x 0,2 = 240 Watts
les 3 personnes présentes dans le local demandent 70 x 3 = 210 Watts


Le coefficient de majoration global de 20% qui clôture le calcul tient compte du fait que de la chaleur
est également contenue dans la vapeur d’eau présente dans l’air. Or cette vapeur d’eau va se
condenser sur les ailettes de l’évaporateur du climatiseur (puisque l'évaporateur est à une température
inférieure au point de rosée* du local) et la chaleur libérée par la condensation va être communiquée
au fluide frigorifique.


Remarquez l'importance du poste "fenêtres exposées au soleil"? C'est le poste qui va entraîner le plus
de consommation énergétique en été. .. Le coefficient 0,2 qui est affecté à ce poste lorsque des stores
extérieurs sont placés, montre l'efficacité de ceux-ci !





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*Point de rosée : température qui entraîne la saturation de l'air ambiant (ex: 9°C pour une ambiance à 20°C et
50%HR) (voir diagramme de l'air humide en Bac 1)


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6. Climatisation à air froid ou à eau froide ? Quel est l'encom-
brement d'un système de climatisation ?

Comme dirait l'autre, cela dépend…! Cela dépend surtout du vecteur qui va transporter le chaud et/ou
le froid. Par exemple, pour refroidir les locaux en été, va-t-on pulser de l'air froid ou apporter de l'eau
froide dans un convecteur ?

Imaginons un bureau de 2 personnes de 20 m² maintenu à 24°C en été, avec des apports sensibles
de chaleur (soleil, ordinateurs, occupants,…) de 2.000 Watts (soit une charge de 100 W/m², ce qui est
déjà élevé et témoigne de l'absence de protections solaires).

Solution 1 : on pulse de l'air à 16°C. L'air ressortira de la pièce à 24°C. Son effet refroidissant est
proportionnel à l'écart de sa température par rapport à l'ambiance (24°-16°).

Débit d'air
= puissance / (cap. thermique air x T°)
= 2.000 [W]/ (0,34 [Wh/m³K] x (24-16) [K])
= 735 [m³/h]

Supposons une vitesse de 5 [m/s] dans le conduit,
Section
= débit / vitesse
= 735 [m³/h] / (5 [m/s] x 3600 [s/h])
= 0,041 m²
soit un conduit de 23 cm de diamètre !

On peut imaginer la section du conduit passant dans
le faux plafond du couloir pour alimenter l'ensemble
des bureaux...
C'est la bagarre assurée entre l'architecte et
l'ingénieur !




Solution 2 : on apporte de l'eau à 7°C.

On parle d'eau "glacée", elle arrive dans le local à 7°
et en ressort à 12°, après avoir traversé un
échangeur (ventilo-convecteur, plafond froid, …).
Son effet refroidissant est proportionnel à l'écart de
température (12°-7°).

Débit d'eau
= puissance / (cap. thermique eau x T°)
= 2.000 [W]/ (1.163 [Wh/m³K] x (12-7) [K])
= 0,344 [m³/h]

Supposons une vitesse de 0,5 [m/s] dans la
tuyauterie,
Section = débit / vitesse
= 0,344 [m³/h] / (0,5 [m/s] x 3600 [s/h])
= 0,000191 m² = 1,91 cm²
soit une tuyauterie de 1,6 cm de diamètre !




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La capacité thermique de l'eau ( ≈ 3.000 fois plus élevée par rapport à l'air) a permis de limiter
l'encombrement des gaines techniques. Ceci va influencer le choix futur du système de
refroidissement : véhiculer le froid par de l'eau glacée est beaucoup moins encombrant.

Remarque importante : dans notre exemple, lorsque la climatisation est faite par de l'air, il faut
apporter 735 m³/h pour local de 60 m³, soit générer un brassage de l'air de 12 renouvel-lements par
heure !! On est loin du simple débit de ventilation hygiénique (2 personnes, donc 60 m³/h, soit
l'équivalent d'un seul renouvellement horaire).

Au fait, quelle puissance frigorifique apporte un débit d'air de ventilation hygiénique qui serait
simplement rafraîchi à 16°C avant d'être pulsé ?
(environ 10 W/m², seulement… On ne peut climatiser avec le débit d'air de ventilation)

Reste l'encombrement des locaux techniques
:

La chaleur du condenseur doit être évacuée vers
l'air extérieur.

Il apparaît donc naturel de la placer en toiture.
Pour les gros bâtiments, elle sera parfois
apportée par hélicoptère ! C'est aussi plus aisé
pour les renouvellements.

Si la chaudière était traditionnellement placée en
cave (à cause du fuel ou du charbon), rien
n'empêche les chaudières au gaz de se placer
également en toiture.

Les caves sont ainsi libérées pour les parkings.







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Si malgré tout la machine frigorifique était placée dans la cave, la quantité d'air nécessaire pour
évacuer toute la chaleur extraite du bâtiment serait trop élevée. Le fluide frigorigène du condenseur
est alors refroidi par de l'eau et cette eau est elle-même refroidie dans une tour de refroidissement
posée en toiture.

On distingue
- les simples aérorefroidisseurs : l'eau traverse un échangeur à air et l'air extérieur est pulsé
par un ventilateur.






- les tours de refroidissement : l'eau est pulvérisée et l'air extérieur la refroidit; comme une
partie de l'eau s'évapore, la chaleur d'évaporation est prise sur l'eau qui reste, … et l'eau
devient très froide. Le phénomène de refroidissement est donc amplifié par l'évaporation
partielle de l'eau. Problème, l'eau est aussi fort oxygénée et donc très corrosive !...




L'esthétique en prend parfois un fameux coup !
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Voici un exemple de vue en plan et en coupe d'un local technique aéraulique placé en toiture. Le groupe
d'extraction (GE) est placé au dessus du groupe de pulsion (GP), ce qui facilite le rejet d'air. La prise d'air a lieu
en façade. On remarque également les nombreux silencieux insérés dans les conduits. Ils entraînent localement
un élargissement des conduits suite à la présence de baffles absorbeurs.


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Vue imprenable du haut d'un gratte-ciel de New-York : les toits sont dominés
par les condenseurs / tours de refroidissement, évacuant la chaleur excédentaire des bâtiments.
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7. Quels sont les systèmes de conditionnement d'air ?

Il existe 4 grandes familles :

- famille 1 : les appareils autonomes décentralisés

Appelés "splits systems" (parce que l'appareil est "splité" entre évaporateur et condenseur) ou
"climatiseurs", ce sont des appareils que l'on installe pour résoudre un problème de climatisation limité
à un ou quelques locaux : la climatisation d'une salle informatique, d'une cafetaria, d'une nouvelle aile
d'un bâtiment, ... par exemple.



En fait, il s'agit bien d'une petite machine frigorifique :




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En rénovation, ce n'est pas toujours une
solution très élégante !

Cas particulier : le "ROOFTOP"
Les unités de condensation et d'évaporation
sont intégrées dans le même appareil posé en
toiture et relié par une gaine à un diffuseur d’air
séparé. C'est un équipement rencontré dans
les grandes surfaces commerciales.






- famille 2 : les installations centralisées "tout air"

On souhaite climatiser cette fois des volumes plus importants. Le principe d'une installation "tout air"
est d'apporter aussi bien l'air neuf hygiénique que la charge thermique (apport de chaleur comme de
froid) par un réseau d'air ... fort encombrant !




Puisque les débits d'air sont forts élevés (…10… renouvellements horaires du local), prendre de l'air
neuf extérieur serait énergivore. Pour des diminuer les coûts d'exploitation, une bonne partie de cet air
sera recyclé. On reproche alors à ce système les risques de contamination que peut entraîner ce
recyclage, qui mélange l'air provenant de tous les locaux !

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Système "tout air", avec recyclage partiel
En toiture, représentation symbolique d'une machine frigorifique et d'une chaudière.

Remarque : Dans le caisson, on retrouve 2 batteries de chauffe et 1 de refroidissement (voir
justification dans le chapitre "humidification"). Les 3 batteries ne fonctionnent pas toutes en même
temps !
- En hiver, il y a préchauffe, humidification et postchauffe.
- En été, il y a refroidissement et déshumidification au sein de la même batterie froide.

Ci-dessous, on aperçoit un exemple de contenu d'un "caisson de préparation": les registres
métalliques qui modulent les débits d'air neufs et d'air recyclés, les filtres, les batteries d'échange (ici
rien qu'une batterie de chauffe) et le ventilateur.





Un tel caisson (qui fait 80 cm de large, 1m de haut et 3 m de long)
permet de traiter l'air de 3 salles de réunion de 20 personnes.
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Les sondes de température et d'humidité pilotent l'alimentation
des batteries chaudes et froides, et l'humidificateur (ici à vapeur).

Problème 1 : chaque local ne souhaite pas la même température et n'est pas soumis au même
ensoleillement ! Dans les années 70, on a alors développé un réseau "tout air" double conduit (un d'air
chaud et un d'air froid), avec boîte de mélange à l'entrée des locaux : quel coût d'investissement et
quel gaspillage énergétique !

Système "tout air", double conduits


Problème 2 : la consommation des ventilateurs est énorme ! En effet, dans une installation "tout air",
le débit d'air est constant et la température de l'air pulsé varie en fonction des besoins : 35°C en hiver
et 16°C en été, par exemple. Or le débit est calculé pour vaincre la canicule de l'été ! C'est donc un
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débit d'air très élevé, pulsé en permanence… Plus ridicule encore, certains jours de mi-saison, on
pulse ce gros débit … à 20°C ou 22°C puisque les besoins de chaud ou de froid sont presque nuls !

On a dès lors imaginé de réaliser une installation à température constante et à débit d'air variable
: on parle de "VAV" (Volume d'Air Variable). Puisque les besoins des bureaux bien isolés d'aujourd'hui
sont essentiellement des besoins de refroidissement, l'air est pulsé toute l'année à 16 ou 18°C, avec
un débit variant suivant la charge thermique à évacuer. Un clapet de modulation du débit d'air à
l'entrée du bureau est commandé par un thermostat d'ambiance. Pour les locaux périphériques
(placés le long des façades), un appoint par radiateurs sera réalisé pour les périodes de grands froids.

Un autre avantage, c’est que si les besoins de réfrigération sont faibles, les ventilateurs diminuent de
vitesse et donc de BRUIT ! Ce n’est pas négligeable…



Système "tout air", à débit d'air variable (avec régulation de vitesse des ventilateurs pour maintenir une
pression constante dans les conduits)

A noter qu'il est possible également de ne préparer en centrale que de l'air froid et de prévoir des
batteries de chauffage supplémentaires dans les conduites, à l'entrée de chaque local. On parle
d'unités terminales de chauffage. Nous en verrons un exemple dans l'étude du système de
climatisation de l'hôpital de Chimay.


Voici un exemple de schéma de régulation : le
débit d'air à 16° est maintenu au maximum si la
température du local dépasse 24°C. Il diminue
jusqu'à atteindre le débit minimum d'air
hygiénique si la température est inférieure à
23°C. Si la température diminue encore, la vanne
d'alimentation de la batterie de chauffage s'ouvre
progressivement.


25
- famille 3 : les installations centralisées "sur boucle d'eau"
Ici, les fonctions hygiéniques et thermiques sont séparées :
l'air neuf est apporté par un réseau de gaines vers les locaux,
la chaleur et le froid sont apportés par un réseau d'eau chaude et un réseau d'eau glacée.





Deux problèmes sont résolus :
1. ce n'est plus que de l'air neuf qui est pulsé et extraite (c'est une ventilation "double flux" sans
recyclage puisqu'il n'y a plus que de l'air neuf qui est apporté aux locaux, à une température
"neutre" de 20°C, par exemple ),
2. l'encombrement du caisson et des gaines est limité puisque l'eau transporte la chaleur et le
froid

Dans cette famille, on retrouve comme émetteurs :


des ventilo-convecteurs

Dans l'appareil, un ventilateur
propulse l'air du local sur des
échangeurs alimentés en eau
chaude et en eau froide.

C'est une solution couram-
ment rencontrée parce
souple et peu coûteuse. Elle
permet un contrôle local par
local des puissances émises.

Elle s'adapte fort bien à la
composition modulaire des
immeubles de bureaux (un
appareil tous les 2 modules,
par exemple).


26

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur
le ventilo-convecteur …

… sans avoir jamais osé le demander…
En voici une version en nu intégral !

On y reconnaît l'échangeur en partie supérieure
traversé par l'air pulsé par 2 ventilateurs situés en
partie inférieure.



des plafonds
rafraîchissants

c'est une technique très en
vogue actuellement : faire
passer des tuyauteries d'eau
froide dans le faux plafond !

L'air neuf hygiénique est
toujours apporté en
complément.



Le confort est agréable (frais
à la tête), le système ne
prend pas de place au sol
(pratique en rénovation), le
système ne fait pas de bruit
(pas de ventilateur).



Seul inconvénient : la tempé-
rature de l'eau ne peut
descendre sous les 15°C
(pourquoi ? pensez au risque
de condensation…) et donc
la puissance frigorifique reste
limitée (+/- 80 W/m²).

Attention : c'est bien de l'eau
froide qui passe dans le
plafond et non de l'air.






27







Un flexible raccorde la
tuyauterie du panneau à la
tuyauterie principale, ainsi le
faux plafond reste toujours
accessible.






Photo en infrarouge

28

Des poutres froides

Rien à voir avec une poutre de béton ! Il s’agit en fait d’un échangeur (genre tuyaux + ailettes comme
pour un convecteur de chauffage) placé sous le plafond (comme un luminaire), alimenté avec de l’eau
froide à 15°C. L’air du local traverse cet échangeur et se refroidit.

On distingue
- les poutres statiques (l’air y circule sans y être forcé). Le confort de cette technique est très mauvais,
tout particulièrement si le poste de travail est situé juste en dessous de l'équipement (coulée d'air froid
désagréable)…



poutres statiques







- les poutres "dynamiques" ou poutres "actives" (on essaie de renforcer le débit d’air au travers de
l’échangeur). Pour ces dernières, on utilise l'effet d'entraînement de l’air neuf hygiénique : on pulse l’air
hygiénique dans des petites tuyères à côté de l’échangeur en créant un effet d'induction de l’air du
local. Ainsi, si 1 m³ d’air est pulsé dans la tuyère, 4 à 5 m³ du local seront entraînés dans le
mouvement et passeront au travers de l’échangeur.

29


poutres dynamiques


Dans une poutre dynamique, l'effet "Coanda" (voir ci-après) peut être obtenu ce qui réduit l'inconfort
de la distribution d'air froid.

Voici le schéma de l'installation avec des poutres statiques. Pourriez-vous essayer de représenter le
schéma avec des poutres dynamiques ? (cette fois l'arrivée de l'air neuf est intégrée dans la poutre froide, ce
qui n'est pas simple à représenter !...)



30
- famille 4 : les installations " à débit de réfrigérant variable "



Cette fois, ce n'est ni l'air ni l'eau qui circule dans les conduits, mais bien du fluide réfrigérant. Si les
locaux demandent du froid, les échangeurs des locaux seront les évaporateurs du circuit frigorifique ! Il
s'agit donc d'un énorme climatiseur multi-split (1 condenseur commun à 8 évaporateurs). Et si les
locaux demandent de la chaleur, on inverse le sens du fluide réfrigérant et les échangeurs des locaux
deviennent des condenseurs d'une immense pompe à chaleur.

Mieux, par un astucieux système à 3 tubes, les constructeurs sont arrivés à faire fonctionner
simultanément certains échangeurs en mode "évaporateur" et d'autres en mode "condenseur".

Exemple : en hiver, la chaleur dégagée par un local informatique est récupérée par les locaux
adjacents en demande de chaleur. Mais en été, tous les locaux peuvent être refroidis.


Les unités extérieures sont modulaires et
peuvent être alignées côte à côte en fonction
de la puissance nécessaire.




Cette technologie est récente mais prometteuse car elle permet une gestion énergétique performante.
Seul doute : que penser de l'existence d'un réseau de fluide frigorigène dans les locaux ? Comment
rechercher une fuite éventuelle dans un faux plafond, par exemple ?

31
8. Quel confort au droit des bouches de climatisation ?

L'air est distribué dans les locaux, généralement via des bouches de distribution insérées au bout d'un
réseau de gainage. Un jet d'air va être créé. S'il atteint directement les personnes, il sera source de
courants d'air… On dimensionnera donc les installations de telle sorte que lorsque le jet atteint la zone
d'occupation sa vitesse ne soit plus que de 0,2 m/s.



De plus, des astuces sont utilisées :

Ex 1 : les bouches à haut taux d'induction : ce sont des diffuseurs provoquant un flux d'air
hélicoïdal entraînant un mélange rapide entre l'air ambiant et l'air pulsé, et donc une homogénéisation
des températures : le fort taux d'induction de la bouche réduit la portée du jet d'air tout en permettant
des grands taux de renouvellement d'air, avec peu de courant d'air.




Ex 2 : les bouches à effet Coanda : Lorsqu'un air est soufflé à proximité d'une surface (ex: soufflage
horizontal à proximité du plafond), il se produit un effet d'adhérence du jet à la paroi : c'est l'effet
"COANDA". Ce phénomène est du à la dépression locale créée à la sortie de la bouche. Il n'est
possible que si la distance entre la bouche et le plafond ne dépasse pas 30 à 50 fois l'épaisseur du jet.


L'effet Coanda est très utile quand on pulse de l'air froid car il facilite la bonne pénétration du jet dans
le local.
32
9. L'humidification de l'air et ses conséquences énergétiques

Technologie

Lorsque de l'air extérieur froid est chauffé en hiver, il en ressort très sec. Dans les centrales de
traitement d'air un poste "humidification" est souvent prévu. Deux technologies sont présentes :

 Soit on prévoit un "laveur d'air", càd un caisson dans lequel de l'eau froide est pulvérisée en
micro-gouttelettes et forme un véritable brouillard. L'eau qui passe au travers de cet
équipement en ressort … mouillé !
 Soit un humidificateur à vapeur électrique est placé (c'est un genre de bouilloire électrique) et
c'est de la vapeur à 100°C qui est diffusée à la sortie du caisson, à l'entrée du réseau.






Visualisation dans le diagramme de l'air humide

Au niveau énergétique, l'humidification de l'air représente un coût. Lorsqu'on chauffe de l'air, on dit
qu'on lui apporte de la "chaleur sensible", et lorsqu'on humidifie de l'air on lui apporte de la "chaleur
latente".

Comment visualiser cette consommation énergétique ? On peut la percevoir sur le diagramme de l'air
humide. Le niveau énergétique de l'air est indiqué sur une droite de biais par rapport au diagramme.
C'est l'"enthalpie" de l'air désigné par la lettre-symbole "h".




Ainsi, de l'air extérieur à 1°C et 100% d'humidité a une enthalpie de 11 kJ/kg
air
. S'il est simplement
chauffé, il va atteindre 20° et 28% d'humidité relative. Son enthalpie sera de 30,3 kJ/kg. S'il est en plus
33
humidifié, l'air va atteindre 20° et 50 % HR, avec une enthalpie correspondante de 38,5 kJ/kg.
L'apport de chaleur latente représente alors 8,2 / 27,5 , soit environ un tiers du coût du traitement d'air!


Remarque :

Faisons le lien avec les chapitres précédents. Il y a 2 méthodes pour calculer le traitement de l'air.

Méthode 1
- Pour calculer le chauffage de l'air, l'architecte utilise toujours la capacité thermique volumique de
celui-ci : 0,34 Wh/m³.K

Par exemple, pour chauffer de 1° à 20°C un volume de 5.000 m³ d'air :

5.000 m³ x 0,34 Wh/m³.K x 19 K = 32.300 Wh = 32,3 kWh = 116.300 kJ

Et si ce travail doit être fait en 1/2 heure, la puissance requise sera de :

32,3 kWh / 0,5 h = 64,6 kW

Ce calcul n'est valable que parce la teneur en eau n'est pas modifiée.

- Pour calculer l'humidification de l'air, on peut utiliser de même la chaleur de vaporisation : 2500
kJ/kg
eau
ou 2,5 kJ/gr
eau
. Si les 5.000 m³ d'air traversent un groupe de traitement d'air et voient leur
humidité absolue passer de 4 gr
eau
/kg
air
à 7,5 gr
eau
/kg
air
, il faudra apporter aussi l'énergie de
vaporisation de l'eau :
5.000 m³ x 1,25 kg/m³ x 3,5 gr
eau
/kg
air
x 2,5 kJ/gr
eau
= 54.700 kJ

Soit un total (chauffage + humidification) de 116.280 + 54.700 = 171.000 kJ

Méthode 2
- On aurait obtenu directement ce résultat sur base des différences d'enthalpie de l'air, avant et après
traitement :
Chauffage 5.000 m³ x 1,25 kg/m³ x (30,3 - 11) kJ/kg
air
= 120.000 kJ
Humidification : 5.000 m³ x 1,25 kg/m³ x (38,5 – 30,3) kJ/kg
air
= 51.000 kJ
Chauffage + humidification : 5.000 m³ x 1,25 kg/m³ x (38,5 - 11) kJ/kg
air
= 171.000 kJ


Comparaison des procédés d'humidification dans le diagramme de l'air humide

Lorsque l'air est chauffé et humidifié, deux types de trajectoire sont possibles dans le diagramme de
l'air humide, en fonction de la technologie appliquée :

Lorsque l'air s'humidifie en passant dans le laveur d'air, l'eau prend sa chaleur de vaporisation à l'air :
l'air se refroidit, mais au total (eau + air) tout se passe à niveau énergétique égal (l'énergie de l'air
chaud et sec en Y est égal à l'énergie de l'air froid et humide en X).

Par contre, lorsque la vapeur d'eau (créé par un humidificateur électrique) se diffuse dans l'air, elle
contient déjà son énergie de vaporisation. L'air s'échauffe un tout petit peu car la vapeur est à 100°
mais ce ne sont pas quelques gouttes qui vont chauffer une grande quantité d'air : en première
approximation l'humidification se fait à température constante.

34



Finalement, on constate que la consommation liée à l'humidification est identique malgré que l'air
suive un chemin tout à fait différent dans le diagramme de l'air humide.

A noter que le budget financier n'est pas le même : dans le premier cas, la chaleur d'humidification est
fournie par les batteries d'eau chaude, alors que dans le second, c'est une énergie électrique qui est
utilisée.


Régulation



A noter que c'est la même régulation informée par la sonde H2 qui va décider d'enclencher
l'humidification (ouverture de la vanne vapeur) ou la déshumidification (ouverture de la vanne d'eau
glacée vers la batterie froide, puisqu'on assèche toujours de l'air en le refroidissant, quitte à le
réchauffer par après s'il est devenu trop froid).
35
10. Comment choisir un système de conditionnement d'air ?

Partons du grand classique pour un immeuble de bureaux : l'installation de ventilo-convecteurs sur
une boucle d'eau froide et une boucle d'eau chaude (on parle d'une installation de ventilos-4
tubes). Elle a pour avantages :
une très grande souplesse de réaction face aux variations de charges,
un faible encombrement,
une possibilité d'accepter des charges différentes d'un local par rapport à un autre,
une séparation entre l'apport d'air frais hygiénique et l'apport thermique, ce qui supprime
tout recyclage de l'air.




Le ventilo-convecteur est parfois intégré dans le faux
plafond sous forme d'une "cassette".

Si le bâtiment est très homogène dans ses besoins ("quand c'est l'hiver, c'est l'hiver pour tous les
locaux") on se contentera d'un système à 2 tubes, moins coûteux (alternativement, de l'eau chaude
passe dans les tubes en hiver, et de l'eau glacée en été).

Si les charges d'été sont bien contrôlées (apports solaires limités par des stores extérieurs et donc
puissance frigorifique limitée), la technique des "plafonds froids" apportera un confort thermique et
acoustique inégalé, moyennant un petit supplément de prix. Elle sera d'ailleurs facilement intégrée
dans la rénovation d'un bâtiment existant dont les charges sont légères et qui dispose déjà d'une
installation de chauffage.

Mais le problème peut se poser tout autrement si une présence humaine nombreuse est prévue
(cas des salles de spectacles, des salles de réunion,...). On sait alors qu'un débit d'air important
devra de toute façon être fourni. Ne devrait-on profiter de ce réseau pour apporter calories et
frigories ? Si le bâtiment présente de faibles besoins (bien isolé du froid et bien protégé des
apports solaires), ce raisonnement tient la route.
Dans ce cas, vu le coût d'exploitation du transport par air, un
système d'adaptation du débit d'air aux besoins réels sera
prévu (système VAV). Le débit maximal (et donc le bruit
maximal) ne sera pulsé que dans les situations extrêmes.
Mais ce système est coûteux et sa régulation est délicate.
Un grand avantage de cette installation "tout air" sera de
pouvoir alimenter le cœur du bâtiment en air frais durant tout
l'hiver et les mi-saisons avec de l'air extérieur "gratuit" !
("free-cooling" du bâtiment)

 Enfin, de tels systèmes ne sont d'application que si
l'ensemble du bâtiment est à conditionner. Si le besoin est
limité à quelques locaux (et tout particulièrement en
rénovation), on pourra se contenter d'un traitement local par
un système multi-split, ou une armoire de climatisation.


36


11. Et la pompe à chaleur ?

Le principe de fonctionnement est le même que celui de la machine frigorifique mais l’application
travaille en sens inverse : cette fois, l'objectif consiste à extraire la chaleur gratuite d’un milieu
extérieur : l’eau d’une rivière, l’air extérieur, l’eau d’une nappe souterraine, ... (on parle de « source
froide »). Physiquement, l'air extérieur à 0°C contient beaucoup d'énergie puisque sur l'échelle des
températures absolues, l'air se situe en réalité à 273 K !

L’évaporateur est cette fois à l'extérieur et la température du fluide frigorigène sera environ 5 à 8°C
inférieure à la température de la source froide.

L’énergie thermique captée sera « remontée » à un niveau de température utilisable (pour le
chauffage d’une maison, par exemple) via le compresseur : le condenseur est donc cette fois à
l’intérieur. Bien sûr, on travaillera à une température de chauffage la plus basse possible ( chauffage
à air chaud, chauffage à eau chaude par serpentin dans le sol, ...). L'écart de température entre
l'entrée et la sortie du compresseur doit être en effet le plus faible possible pour limiter le travail du
compresseur.



Exemple d'application : refroidir l'eau d'une rivière à 10°C pour assurer le chauffage d'une habitation
par de l'air à 35°C. Le fluide frigorigène passera à …2°C… dans la rivière et à …43°C… dans
l'échangeur de chauffage de l'air du bâtiment.

Quel bilan énergétique de la PAC ?

Qu’est-ce qui coûte dans l’exploitation d’une installation de pompe à chaleur ?

pas l’énergie de la source froide : elle est gratuite.
mais bien l’énergie électrique du compresseur.

D’où la notion de rendement donné par le "COP", coefficient de performance :

COP =
r compresseu du travail
habitation l' pour utile chaleur

37
=
W
Q
2

Or Q
2
= chaleur délivrée au condenseur = Q
1
+ W = chaleur captée à la source froide + énergie
développée par le travail du compresseur (loi de conservation des énergies).

Dès lors, Q2 est toujours plus grand que W et le COP est toujours nettement plus élevé que 1.

Question : est-il normal de rencontrer une machine dont le "rendement" dépasse 100 % ?
En réalité, ce n'est pas ici une machine de conversion, de transformation d'énergie comme une
chaudière, mais bien une machine qui transfert une quantité d'énergie thermique d'un seuil de
température à un autre. Le COP n'est donc pas un rendement mais une évaluation de la performance
du transfert. Si l'écart entre les 2 seuils de température augmente, l'efficacité ( ou COP) diminue.






38
On écrit encore : COP =
Q
Q Q
2
2 1

Si l'on considère un travail sans pertes, les lois de la thermodynamique établissent le lien entre
l'énergie contenue dans un fluide (Q) et la température absolue de ce fluide (T), si bien que l'on
admettra sans démonstration l'expression suivante du COP théorique :

COP
théor
=
T
T T
2
2 1

( T étant exprimé en Kelvin )

le coefficient de performance instantané est d’autant meilleur que T est petit ou T
2
proche de T
1
,
càd :
que la température T
1
de la source de chaleur (= la source froide) est élevée
que la température du réseau de chauffage T
2
est basse

Alors que l’on ne peut guère influencer la température de la source de chaleur, celle au départ
du chauffage sera définie par le projeteur ! Il aura tendance à choisir un chauffage par le sol ou
un chauffage à air chaud.

 Par exemple : Soit une pompe à chaleur AIR-AIR :



Soit T°
EXT
= 0°C = 273 K
et T°
CHAUFF
= 40°C = 313 K

Il existe un écart de température entre le fluide
frigorigène et les sources.
Par exemple :
si T°
EXT
= 0°C T°
évaporateur
= ... -8° C...
et T° condenseur = …+48°C…

si T°
CHAUFFAGE
= 40° C T°
condenseur
= ... 48° C...
COP
théor
=
) 8 273 ( ) 48 273 (
48 273
= 5,7


En théorie ... car, en pratique :

 En général, à défaut de rivière au fond de son jardin, il faut se résoudre à prendre l'air
extérieur comme source froide. Or dans ce cas, si la T°ext < 5°C, alors T°
fluide évaporateur
< 0°C
du givre apparaît sur les ailettes
la glace bouche l'échangeur extérieur, d'où nécessité de dégivrer
consommation de dégivrage : soit une résistance électrique est collée sur
l'évaporateur pour fondre la glace, soit le cycle est inversé et du gaz chaud (= fluide
frigorigène à l'état gazeux issu du compresseur) est envoyé dans l'évaporateur.
Dans les deux cas, la glace fond rapidement mais une consommation dommageable
a été générée. Il en est de même dans un frigo ménager : lors du dégivrage, des
gouttes d'eau apparaissent sur la surface de l'évaporateur et cette eau est éliminée
par un conduit à l'arrière du frigo, … mais également de la chaleur a été introduite
dans le frigo  double consommation !
le COP moyen diminue fortement.

 Lorsque la température de l'air extérieur descend sous 0°C, le compresseur a de plus en
plus de mal à fonctionner : la puissance délivrée au condenseur de la pompe à chaleur
39
devient très faible, il faut ajouter des résistances de chauffage électrique directe à
l'installation… Paradoxe malheureux, c'est quand il fait très froid que l'habitation demandera
le plus de puissance … et que la pompe à chaleur lui en donnera le moins !

 Il y a nécessité de faire fonctionner les ventilateurs des sources froides et chaudes, d'où
une consommation électrique supplémentaire de ces auxiliaires.


Quels COP rencontrés en pratique ?

Le COP
réel
est de l'ordre de 50% du COP
théorique
.
On peut retenir un COP moyen saisonnier de 2,5 pour une PAC sur l'air, de 3 pour une PAC dans le
sol et de 4 à 5 si l'on dispose d'une "source froide" dans l'eau.

Si on est loin du rendement théorique, il n'empêche qu'il s'agit là d'une machine absolument géniale
puisqu'à partir d'1 kWh électrique, elle en fait 3 kWh de chaleur dans le bâtiment (= elle en récupère 2
gratuits) !


Alors, pourquoi pas plus de pompes à chaleur sur le terrain ?…


Rentabilité financière :

Supposons une PAC air-air. Elle doit fonctionner avec du courant de jour. Pour le particulier, le prix du
kWh électrique 3 x le prix du kWh thermique (gaz, fuel, ...) la rentabilité financière n’existe plus
pour les PAC. Malgré un rendement de près de 300% sur l'énergie électrique fournie (COP=3), il
revient encore moins cher de produire la chaleur par un système traditionnel au gaz ou au fuel…

Supposons une PAC air-eau, avec un système de chauffage par le sol. Cette fois, l'inertie du
chauffage par le sol permet d'utiliser le courant de nuit dont le prix du kWh est de l'ordre de 2 fois celui
du kWh thermique. Cette fois la PAC se justifie beaucoup mieux. Seul inconvénient : la régulation du
chauffage par le sol est difficile (Quelle charge du sol la nuit ? Quel temps fera-t-il demain ? Si les
occupants sont absents toute la journée, pourquoi chauffer ? Si le sol est chaud, l'arrivée des rayons
solaires va provoquer une surchauffe…) et le système perd une part de sa rentabilité…


40


Coût d'1 kWh de chaleur ?

Résistance électrique
en fonctionnement direct



= 1 kWh thermique
= 1 kWh électrique
coût : 0,1 ... 0,15 € ...
suivant le tarif (tertiaire ou
domestique)


pompe à chaleur




1 kWh thermique
= environ 0,33 kWh électrique

coût : 0,035 ... 0,05 € ...


chauffage gaz ou fuel
(y compris la batterie d'eau
chaude)




1 kWh thermique
= 0,13 m³ de gaz ou
0,13 litre de fuel
(rendement compris)
coût : 0,05 €
(si fuel à 0,4 €/l)


Rentabilité écologique :

En fait, le bilan écologique de la PAC par rapport à une installation traditionnelle est neutre : si le COP
est de 2,8, le rendement des centrales est de 38 % en moyenne (et 4 % supplémentaires sont perdus
en transport et transformation de tension) : avec 2,8 kWh d'énergie à l'entrée de la centrale, on produit
1 kWh électrique dans le compresseur de la PAC, … qui crée 2,8 kWh d'énergie au condenseur.

A noter des progrès sont réalisés constamment sur la performance des PAC, et que ce bilan doit donc
être réévalué régulièrement.

41



Et voici, bien sûr, la plus belle façon de faire de la chaleur :


Les solutions les plus intéressantes :

PAC eau-eau (rivière, forage sur nappe phréatique (encore autorisé ?), ...)
PAC sur l’air extrait des piscines car cet air est fort humide et on récupère beaucoup d’énergie par
la condensation de la vapeur d'eau contenue dans l’air.
PAC sur des rejets d’eaux usées industrielles.

42


Exemple d'application pour le futur ?





Pour des applications tertiaires (bureaux, …), il
est intéressant de puiser la chaleur via une sonde
géothermique de 50 à 150 m de profondeur. Coût
moyen : 25 € par m de forage.

L'eau y circule dans un tuyau double
concentrique. A la sortie, la température de l'eau
avoisine les 10°C toute l'année.

En hiver, une pompe à chaleur y fonctionne avec
un excellent COP. En été, la PAC est by-passée
et l'eau froide à 10° peut refroidir l'eau des
planchers.




Exercice : Supposons une habitation qui capte de l’eau à 10°C sur une rivière, pour la refroidir de
5° avant de la rejeter, et ainsi assurer le chauffage de l’habitation.
Puissance captée à l'évaporateur : 10 kW.
Quel sera le débit d’eau nécessaire ?

Puissance = débit x c x T° débit =
K 5 x
.
Wh
  16 , 1
W 000 . 10
 
. c
P
K l
T
= 1.724 l/h !
43

12. Et la pompe à chaleur réversible ?


Puisque machine frigorifique et pompe à chaleur sont deux machines identiques, il est possible d’en
concevoir une qui, suivant le sens de passage du fluide frigorigène, pourra fonctionner en pompe à
chaleur ou en machine frigorifique. A la sortie du compresseur, il suffit d’une inversion de vanne !



Pompe à chaleur


Machine frigorifique


Est-ce intéressant ?

Oui dans la mesure où cela permet d’assurer le chauffage et le rafraîchissement avec le même
appareil !
Non dans la mesure où le rendement de la PAC s'écroule lorsqu'il gèle et que le prix de revient du
kWh de chaleur reste alors plus élevé que celui obtenu par la chaudière fuel ou gaz.

Le risque est surtout
 que l'occupant, disposant de son appareil de refroidissement, l'utilise régulièrement en été, perdant
ainsi le bénéfice de l'hiver…
 que l'architecte se repose sur l'existence de ce climatiseur pour éviter toute réflexion sur la manière
de limiter les besoins de refroidissement. Sous le climat belge, climatiser une habitation
domestique est le reflet d'une mauvaise conception...

Il n'empêche que dans certaines applications, c'est une solution fort intéressante. Ainsi, dans le
tertiaire, certains locaux sont demandeurs de chaleur (bureau en façade) tandis que d'autres sont
demandeurs de froid (local informatique, salle de réunion au centre du bâtiment,…).

On place alors une boucle d'eau qui parcourt tous les locaux. Des pompes à chaleur réversibles sont
greffées sur la boucle. Il faut refroidir le local ? La PAC devient machine frigorifique et donne sa
chaleur à l'eau. Il faut réchauffer le local ? La machine fonctionne en PAC et capte la chaleur de la
boucle !

Le rendement est très intéressant puisque la chaleur extraite d'un côté est fournie de l'autre (a priori, si
le COP est de 4, pour extraire 3 kWh et en donner 4, il suffit de 1 kWh au compresseur…).

44



Bien sûr, l'équilibre parfait ne pourra se réaliser en permanence. Aussi, une chaudière et une tour de
refroidissement sont greffés sur la boucle pour couvrir les appoints.











45

13. Applications :

1. Voici l’extrait d’un catalogue d’un fournisseur de compresseur :

On constate que pour une température
d'évaporation de 0°C et pour une
température de condensation de 40°C,
la puissance électrique absorbée par
le compresseur sera de 6,3 kW
la puissance frigorifique donnée à
l'évaporateur sera de 21,9 kW



Quelle sera l'efficacité frigorifique de
cet appareil en fonctionnement
machine frigorifique ? et quel sera
son COP en fonctionnement Pompe à
chaleur ?


extrait d’un catalogue de compresseurs



2. Quel est le choix de l'architecte pour la
climatisation de cet hôtel ? En proposez-
vous un autre ?



46
3. Il est fréquent de constater que les nouvelles installations de climatisation comportent des
résistances chauffantes électriques comme source de chaleur en hiver ? Pourquoi ? Qu'en
pensez-vous ?

4. Quel est le rôle de l'équipement situé à l'entrée de cette installation de climatisation d'une
salle de spectacle ?



5. On vous contacte pour rénover un vieil immeuble de bureaux. Le chauffage existant est
encore en bon état, mais le développement de l'équipement bureautique entraîne des
surchauffes en mi-saison et en été. Qu'allez-vous proposer ?

6. Partons un bureau individuel de 4m sur 4m. Les apports de chaleur (soleil, équipements,
occupant,… ) sont de 120 W/m². La consigne en été est de 25°C.
Quel est le débit d'air de ventilation à apporter à l'occupant (norme Région Wallonne)?
Supposons que cet air soit pulsé à 16°C. Quel est l'apport frigorifique par m² ?
Supposons qu'un ventilo-convecteur soit placé dans le local. L'air du local y sera refroidi
jusqu'à 16°C en passant sur l'échangeur. Quel est le débit horaire de l'air nécessaire pour
vaincre les apports ? Cela représente quel "taux de brassage" (nombre de fois que l'air du
local passe dans l'appareil chaque heure) ?

7. Décrivez la solution mise en place à partir du schéma ci-dessous :



47
Questions-types du cours d'équipement.
(…à titre d'exemple)


1. Quels sont les paramètres du confort thermique qui vont influencer le choix et l'emplacement d'un
système de chauffage ou de climatisation ?
2. Comment sélectionner un système de chauffage en fonction d'un bâtiment donné et de son utilisation
(synthèse des critères de choix) ? ou : pour un type de bâtiment donné (école par exemple), comment
sélectionner un système de chauffage adapté ?
3. Quels sont les principes qui organisent le stockage de combustible liquide ?
4. Quels sont les critères de qualité pour le bon fonctionnement thermique d'un conduit de fumée ?
5. Quels sont les systèmes de chauffage décentralisés qui restent aujourd'hui d'application et pour quel
usage spécifique ?
6. Quelle est la particularité et l'intérêt d'une chaudière à condensation ?
7. Comparer les différents modes d'émission de chaleur (et les distributions qui leur sont liées) avec un
regard énergétique.
8. Décrire l'organisation de la régulation du chauffage d'une école, avec des façades Nord et Sud.

9. Représenter le schéma de fonctionnement d'un système de chauffage à air chaud avec prise d'air neuf
et avec récupérateur de chaleur sur l'air extrait.
10. Comment réaliser la ventilation d'un immeuble de bureaux ?
11. Comment réaliser la ventilation d'un immeuble d'appartements ?
12. Donnez les schémas et les dispositifs technologiques d'une ventilation double flux pour une
habitation domestique.
13. Quels sont les principes de construction d'une cheminée de ventilation ?
14. Comment dimensionner un climatiseur de local ?
15. Quel est le schéma de principe du conditionnement d'air d'un immeuble, version "tout air" +
explications du fonctionnement.
16. Quel est le schéma de principe du conditionnement d'air d'un immeuble, version "air + eau", +
explications du fonctionnement.
17. Quel est le rôle et où se situe la tour de refroidissement d'une machine frigorifique ?
18. Quels sont les critères de sélection d'une installation de conditionnement d'air ?
19. Comment organiser la distribution de l'air dans les locaux ?
20. Quel impact énergétique du choix d'un système d'humidification ?



Exercices:
- dimensionner la section d'une gaine de chauffage à air chaud, pour une puissance donnée.
- comparer les puissances installées entre les systèmes en "tout air neuf" et avec recyclage de 75 %
du débit d'air
- dimensionner la tuyauterie d'eau de chauffage pour une puissance identique.
- comparer les tuyauteries en chauffage et en froid pour transférer 10 kW sous un régime 90°-70° et
sous un régime 6°-11°


48

Exemples d'examen des années précédentes…


INSTITUT St LUC
Nom:

3
ème
ARCHI EXAMEN D'EQUIPEMENT Série A


Il est demandé de débuter chaque nouvelle question en haut d'une page et d'agrafer le
tout avec la présente feuille.


1° Dites-moi tout ce que vous savez sur la tour de refroidissement d'une machine frigorifique :
1.1 A quoi sert-elle ? Est-elle présente à chaque installation ?
1.2 Comment fonctionne-t-elle ?
1.3 Où se situe-t-elle ?



2° L'air d'une piscine est très chargé d'humidité. Un gestionnaire technique de piscine pense à installer
une pompe à chaleur qui refroidirait l'air extrait de la piscine et réchaufferait l'air neuf et vous demande
votre avis !

2.1 Que pensez-vous de la performance d'une telle solution ?
2.2 Donnez le schéma de principe de cette installation.
2.3 Indiquez des températures plausibles sur le circuit du fluide frigorigène, en fonctionnement hivernal.
2.4 Pourrait-on imaginer que ce système permette de refroidir l'air neuf hygiénique en été ? Quel serait
le nouveau schéma ?
2.5 Que ferait-on alors d'utile avec la chaleur disponible ?



3° Un nouveau restaurant d'entreprise (sanitaires, salle de restaurant, cuisine) est construit. Son
enveloppe extérieure est assez vitrée.
3.1 Quel système de chauffage choisirez-vous entre radiateurs et chauffage par le sol ? Justifiez.
3.2 Quel système de ventilation préconiseriez-vous ? Justifiez.
3.3 Pouvez-vous dessiner le schéma de principe de ces deux systèmes dans une vue en coupe où sont
repris les 3 locaux ?
3.4 Pouvez-vous indiquer une idée de la régulation de la chaleur et de l'apport d'air de ventilation sur ce
schéma ?




49

Nom:

3
ème
ARCHI EXAMEN D'EQUIPEMENT Série A

1° Une école est établie sur 3 niveaux, avec une toiture plate. On distingue 3 zones : au premier et au
second étage, les classes au Nord et les classes au Sud, et au rez de chaussée essentiellement des locaux
administratifs.
1.1 Sur une page entière, pouvez-vous représenter le schéma du chauffage (radiateurs) et de la
ventilation (système C) avec un max de précisions (réseau de tuyauteries, raccordements à la
chaudière, équipement de régulation, sorties en toiture, …). Mettez des couleurs, merci !
1.2 Expliquez la régulation du chauffage d'une classe.

2° Soit une salle de réunion en été. La température extérieure est de 30°C. La température intérieure est
de 24°C. Les 20 occupants apportent 1200 Watts et le soleil par les fenêtres en apporte 3000 W. De l'air
hygiénique extérieur est injecté sur base de 30 m³/h.pers. Le complément est recyclé et le tout est
refroidi à 16°C.
2.1 Quel est le débit d'air pulsé dans le local ?
2.2 Quelle est la puissance de la batterie de refroidissement ?



3° Soit une installation de ventilation de type D dans une habitation. Il existe la possibilité de récupérer
la chaleur par le placement d'un récupérateur sur l'air extrait. Mais on pourrait imaginer mieux : placer
une pompe à chaleur sur l'air extrait pour préchauffer l'air neuf. Voulez-vous :
4.1 Donner le schéma de cette installation.
4.2 Indiquer des températures plausibles sur le circuit du fluide frigorigène, en fonctionnement hivernal.
4.3 Pourrait-on imaginer que ce système permette de refroidir l'air neuf hygiénique en été ?
4.4 Quel est le COP imaginable ? Ce système vous semble-t-il performant ? Si non, pourquoi ? Si oui,
pourquoi ne le rencontre-t-on pas plus souvent ?


4° Cas vécu : Une petite église du Brabant wallon décide de se doter d'un nouveau chauffage central à
air chaud. L'installation permet une remontée très rapide de la température avant les offices, avec de l'air
qui sort des aérothermes à 60°C. Conséquence : la consommation est très élevée, l'orgue se dérègle, les
boiseries se fendent et la peinture des tableaux s'écaille.
4.1 Quelle analyse thermique faites-vous ?
4.2 Avec ce système, comment permettre une montée en température plus douce ?
4.3 Quel autre système de chauffage préconiseriez-vous ?

Pour rappel, "puissance = k x S x T° " et "puissance = débit x c x T°" sont les mamelles de la thermique, la capacité
thermique est de 0,34 Wh/m³.K pour l'air et de 1163 Wh/m³.K pour l'eau.
3000 W