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Commission des Communautés européennes

Commission of the European Communities
é n e r g i e - e n e r g y
SYSTEME FRIGORIFIQUE
A ABSORPTION MECANIQUEMENT
AUTONOME UTILISANT L'ENERGIE SOLAIRE.
MACHINE EXPERIMENTALE DE PETITE PUISSANCE.
SELF OPERATING ABSORPTION
COOLING SYSTEM USING SOLAR ENERGY.
SMALL POWER EXPERIMENTAL PLANT.
Rapport
Report
EUR 9837 FR-EN
Agrandissement à partir d'un original mi<
Blow-up from micro!:
Commission des Communautés européennes
Commission of the European Communities
é n e r g i e - e n e r g y
SYSTEME FRIGORIFIQUE
A ABSORPTION MECANIQUEMENT
AUTONOME UTILISANT L'ENERGIE SOLAIRE.
MACHINE EXPERIMENTALE DE PETITE PUISSANCE.
SELF OPERATING ABSORPTION
COOLING SYSTEM USING SOLAR ENERGY.
SMALL POWER EXPERIMENTAL PLANT.
P. VELLUET, R. DEHAUSSE
Ecole Nationale Supérieure des Mines de Paris
Centre d'Energétique
Armines
60, Boulevard Saint-Michel
F-75272 Paris Cedex 06
Contrat n° ESA/C/050/F
Contract N° ESA/C/050/F
RAPPORT FINAL
FINAL REPORT
avec
with
ANNEXES II e n an g lai s
ANNEXES II In english
Direction générale Science, Recherche et développement
Directorate-General Science, Research and Development
1986 EUR 9837 FR-EN
Publi é par :
COMMISSION DES COMMUNAUTÉS EUROPÉENNES
Di r e cti on g é n é r ale
Mar ché de l'In for mati on e t in n ovation
Bâti me n t Je an Mon n e t
LUXEMBOURG
AVERTISSEMENT
Ni la Commission des Communautés européennes, ni aucune autre personne agissant
au nom de la Commission, n'est responsable de l'usage qui pourrait être fait des
informations ci-après
Publi she d by the
COMMISSION OF THE EUROPEAN COMMUNITIES
Di r e ctor ate -Ge n e r al
In for mati on Mar ke t an d In n ovation
Bâti me n t Je an Mon n e t
LUXEMBOURG
LEGAL NOTICE
Neither the Commission of the European Communities nor any person acting on behalf
of the Commission is responsible for the use which might be made of the following
information.
©CECA-CEE-CEEA, Bruxelles - Luxembourg, 1986
© ECSC-EEC-EAEC Brussels-Luxembourg, 1986
I I I
RESUME
SUMMARY
SUMMARY
The! study deals with a solar system for refrigeration specially de-
signed for remote areas conditions. So, it must be very simple and reliable. and
in addition it must be also mechanically self-operating.
The thermodynamic cycle used is an ammonia-water absorption one.
Its consumption is only thermal energy, easy and cheap to produce by direct con-
version of Solar radiation. In order to make a self-operating system, an engine
is located between the boiler Cat high pressure) and the absorber (at low pres-
sure) . It expands ammonia vapour and produced mechanical energy to run the
solution pump.
The main steps of the study are :
- The numerical simulation of the Solar Cooling absorption system with inte-
grated engine, and its thermodynamic optimisation. The results are very pro-
mising. The frigorifie efficiency of the cycle is high, even with large diffe-
rence of temperature between the thermal sources. As an example for evapora-
tion at -8°C and the condensation at 45°C, the efficiency is more than 30%.
- Study, manufacture and test of several engine-pump groups to be included in
the system : we built and testRH *nur mechanical groups : a gear one, a rotary one
with rigid vanes,an other one with flexible vanes,and at last a free piston one.
For each of these groups, we tried to build a system without any lubrifiant,
and without any electrical device to distribute the motor flow. This two
main points stand in order to get a very simple and very reliable pump-
engine group. Nevertheless, the small scale of this prototype? (the mechanical
power of the group is only 18 W) sets difficult leakage problems inside the
group.
- Sizing, design and manufacture of a small scale prototype. The power of
the prototype device is about 30 times smaller than the foreseen actual
machine one. The daily production of ice is 20 kg with the solar collectors
2
area equals to 6 m . The simplicity of the system is maximum ; there is no
thermal loop and no thermal storage between the collectors and the boiler
of the absorption machine. In other words the ammonia-water mixture boils
directly inside the Solar Collectors.
VI
RESUME
La presente étude noncernn un syntùmn Frigorifique Λ energin solai
re spijnialnmnnt. adapté aux conditions des réglons isolées. Aussi, ce eystome
doit öt.re nimpln et Fitible, et Hn plus il doit, fitrn mécaniquement autonome.
Il utilise un cycle à absorption avec le mélange eau­ammoniac. Il
consomme uniquement de l'énergie thermique, facile et économique à produire par
conversion directe du rayonnement solaire. Afin d'entraîner la pompe à aolution
du cycle, et donc de la rendre autonome, un moteur de détente est placé entre
le bouilleur (à haute pression) et l'absorbeur (à basse pression). Il détend de
la vapeur d'ammoniac et produit l'énergie mécanique consommée par la pompe.
Les principales étapes de l'étude sont :
. la simulation numérique du système frigorifique solaire à absorption et à mo­
teur intégré, et ^on· optimisation thermodynamique. Les résultats sont très
encourageants. L'efficacité frigorifique du cycle est élevée, même avec de
grandes différences de températures entre les sources thermiques. Par exem­
ple, avec 1'evaporation à ­8°C et la condensation à 45°C, l'efficacité reste
supérieure à 30 %.
• L'étude, la construction et l'essai de différents groupes moteur­pompe à
intégrer au système. Nous avons construit successivement quatre groupes méca­
niques : l'un à engrenages, deux à palettes, rigides ou souples, et enfin
un à piston libre. Pour chacun de ces groupes, nous avons essayé de réaliser
un système sans lubrifiant, et sans dispositif électrique pour la distri­
bution du fluide moteur. Ces deux particularités ont pour but d'arriver à
un groupe très simple et très fiable. Néanmoins, la petite taille de ce
prototype (la puissance mécanique du moteur est 1fi W) pose pour le grouDB
des problèmes difficiles de fuites internes.
. Dimensionnement, définition et fabrication d'un très petit orototype.
Il est environ 30 fois moins puissant qu'une machine à l'échelle 1. La produc­
tion journalière de glace est de 20 kg, pour une surface de capteurs so­
2
laires de 6 m . La simplicité du système est poussée au maximum. Il n'y a
ni boucle de caloporteur, ni stock thermique entre les capteurs et le
bouilleur de la machine à absorption. En d'autres termes, le mélange d'eau
et d'ammoniac bout directement dans les capteurs solaires.
VII
S O M M A I R E
Summary V
Résumé VI
I - POSITION DU PROBLEME 1
I-A - Production de froid en utilisant
l'énergie solaire 3
I-B - Le système étudié 4
I-C - Principales phases de l'étude 6
II - MACHINE FRIGORIFIQUE A ABSORPTION ET A MOTEUR INTEGRE 9
II-A - Principe des machines à absorption 11
1 - Machine de base 11
2 - Machine à absorption améliorée 14
3 - Machine à absorption à moteur intégré 18
II-B - Modélisation numérique du cycle à
moteur intégré 22
1 - But des programmes 22
2 - Exemples de résultats obtenus 23
3 - Cas du prototype 26
III - REALISATION DU PROTOTYPE 31
III-A - Matériaux utilisés 33
III-B - Appareils thermiques 33
1 - Le Bouilleur 33
2 - L'échangeur solution 35
3 - L'absorbeur 35
4 - Le rectifieur 35
5 - Le condenseur 37
B - L'évaporateur 37
III-C - Le Groupe moteur-pompe 37
1 - Choix du matériel 37
2 - Groupe à engrenages 40
3 - Groupe à palettes 40
4 - Groupe à piston libre 42
III-D - Ensemble du prototype 46
IV - CONCLUSIONS 49
VIII
V - REFERENCES 53
VI - ANNEXES : COMMUNICATIONS ISSUES DE CETTE RECHERCHE 57
A I - "Refrigeration par systèmes à absorption
utilisant l'énergie solaire". Revue générale
du froid (dec. 1982) 59
A II - "Study and optimization of a self-operating
absorption cycle for solar refrigeration".
Solar World Forum - ISES - Brighton
(aug. 1981) 69
A III - "Choix du type de moteur et de pompe"
Extrait de rapport ENSMP. Energétique 77
I - POSITION DU PROBLEME
I-A - PRODUCTION DE FROID EN UTILISANT L'ENERGIE SOLAIRE
Produire des frigories avec des calories est séduisant, surtout quand
la source de chaleur utilisée est "gratuite" comme c'est le cas de l'énergie solai-
re. L'idée n'est pas nouvelle car dès 1956 F. TROMBE et M. FOEX travaillaient dans
cette voie (référence 1). Mais ce n'est que depuis quelques années que s'affirme
réellement la volonté de développer les filières de réfrigération solaire.
L'intérêt de ces filières est manifeste, que ce soit pour les pays
industrialisés, ou que ce soit pour une utilisation dans les pays en voie de déve-
loppement.
En ce qui concerne les premiers, la consommation de l'ensemble des
machines frigorifiques est loin d'être négligeable. Par exemple pour la France
en 1978, elle représente 5 % de la consommation totale d'électricité (référence 2).
Aussi, les systèmes de climatisation ou de réfrigération solaires pourraient sans
aucun doute contribuer à une économie substantielle d'énergie.
Mais le'Troid Solaire" est encore beaucoup plus intéressant pour
les pays en voie de développement. Bien souvent il ne s'agit plus d'économie d'é-
nergie, voire même de confort, mais de malnutrition et de survie . A titre d'exem-
ple, rappelons quelques chiffres qui concernent les denrées agricoles en Côte d'Ivoi-
re (référence 3). Les pertes post-récoltes s'élèvent pour certains produits à
40 %, et ce, en grande partie par manque de moyens convenables de conservation.
Notons aussi que pour certaines des plus démunies de ces régions, les
filières solaires sont très concurrentielles. En effet, l'énergie solaire y est
très abondante, et en plus c'est bien souvent une des seules, sinon la seule
ressource énergétique disponible. Mais attention, ceci ne veut pas dire que les
applications solaires sont, même dans ce contexte très favorable, à chaque fois
économiquement rentables dans les conditions locales.
Les besoins en froid de ces régions sont variés : du rafraîchissement
du lait à la production de glace par exemple, et éventuellement à la conservation
ou la fabrication de produits congelés. L'énergie solaire peut contribuer à satis-
faire chacun de ces besoins. Mais beaucoup de chemin reste encore a faire avant
que soient développés des matériels fiables et que les avantages de la réfrigé-
ration solaire deviennent effectifs pour qu'ils interviennent notablement dans
le développement de ces pays.
En considérant la diversité des applications potentielles de la ré-
frigération solaire, ot en qui nous aemblR Atre leurs priorités respectives, noua
avons choisi d'orienter nos études sur le froid solaire vers l'objectif suivant :
réaliser un système frigorifique à énergie solaire mécaniquement autonome permet-
tant d'atteindre des températures négatives.
I-B - LE SYSTEME ETUDIE
Le système frigorifique à énergie solaire étudié ici est destiné
aux zones très isolées, où les difficultés de communication ne permettent pas de
garantir l'alimentation en carburant ou en électricité.
La filière retenue consiste à coupler des capteurs solaires thermiques
à une machine frigorifique à absorption à eau-ammoniac. Celle-ci fonctionne suivant
un cycle thermodynamique continu, et qui a été spécialement modifié pour l'applica-
tion visée : une détente motrice est intégrée dans le cycle. Elle permet d'entraî-
ner la pompe à solution et de rendre l'ensemble de la machine totalement autonome
(références 4 et 5) . La description de ce nouveau cycle est reprise au chapitre
II-A-3.
L'ensemble du système ne consomme alors que de la chaleur qui peut
être fournie par le captage direct du rayonnement solaire. De plus, il est possible
en cas de besoin de compléter l'apport d'énergie solaire par combustion de sous-
produits de l'activité agricole. On peut aussi substituer totalement à l'énergie
solaire, l'énergie issue des ressources locales en biomasse, par exemple dans
les pays a climats tropicuax humides. Mais dans tous les cas, la proximité d'un
réseau électrique n'est pas une contrainte à l'utilisation d'un tel système.
De plus, le captage thermique de l'énergie solaire, comme l'utilisa-
tion ae la biomasse, n'appellent pas la mise en oeuvre de technologies très sophis-
tiquées pour notre application, et s'adaptent donc bien à l'utilisation dans les
pays sous-équipés.
L'emploi d'un système à fonctionnement continu, et non pas intermit-
tent jour-nuit, est aussi un atout pour une implantation en zone isolée. En effet
les problèmes de transports, ainsi que les coûts qu'ils induisent, seront d'autant
plus faibles que le système frigorifique sera plus léger et compact. Les systèmes
qui recyclent continûment leur fluide frigorigene en contiennent un minimum, et
ils sont donc peu volumineux ; leur capacité est environ 5 fois plus petite que
celle d'un appareil intermittent de même puissance et utilisant le même fluide
frigorigene. Signalons aussi que l'emploi de l'ammoniac comme frigorigene contri-
bue à la compacité du système : c'est en effet le fluide qui, après l'eau, possède
la plus grande chaleur latente. La taille réduite des éléments chaudronnés a aussi
une incidence favorable sur leur coût de fabrication.
Autonomie mécanique et compacité ne sont pas les seuls avantages du
système, car la fabrication et l'entretien de ses éléments relèvent de technologies
classiques comme la chaudronnerie ou la mécanique. La plus grande partie des inter-
ventions de maintenance pourra donc sans doute être effectuée par certains des uti-
lisateurs, même s'ils ne disposent que d'un minimum de matériel. Notons aussi que
le nombre très limité de pièces mobiles et de joints dynamiques dans les vannes par
exemple doit donner une bonne fiabilité des systèmes en place.
Enfin le cycle à absorption à eau-ammoniac et à moteur intégré pré-
sente de très larges possibilités d'adaptation aux formes très variées des besoins
frigorifiques à satisfaire.
La température à laquelle le froid peut être produit est seulement limitéa par le
point de solidification de l'ammoniac, soit -77°C. Mais sans atteindre cet extrême
théorique, le créneau le plus intéressant semble se situer entre +5°C et -20°C, de
la conservation du lait à celle de produits congelés par exemple.
Ce système convient pour une large gamme de puissance frigorifique.
La taille du prototype que nous avons construit correspond sans doute à la limite
inférieure des puissances frigorifiques. Quant à la puissance maximum, elle ne
semble guère limitée puisque les machines à absorption à cycle continu sont ré-
putées pour être compétitives, en particulier pour les grosses puissances (1000 kW).
La possibilité d'adaptation à des contextes varins est excellent.
D'une part le chauffage de la machine peut être assuré par des capteurs solaires,
soit seuls, soit avec appoint de sécurité par combustion, ou alors uniquement par
un brûleur. D'autre part, le refroidissement du système peut être réalisé par de
l'air, ou plus facilement encore par de l'eau, s'il y en a ae disponible.
I­C ­ PRINCIPALES PHASES DE L'ETUDE
Nos travaux sur le froid solaire se sont articulés suivant deux gran­
des étapes :
. L'étude théorique du cycle à absorption à moteur intégré et celle de son couplage
à un système de captage solaire (chapitre II­B) :
Ces travaux ont été effectués à l'aide de moyens informatiques lourds,
et ont en particulier permis d'optimiser le cycle frigorifique en vue d'un chauf­
fage à l'énergie solaire. L'ensemble de ces programmes représente un outil opéra­
tionnel indispensable pour définir un système frigorifique solaire en tenant compte
de chaque type de besoins à satisfaire r température à atteindre, fluide de refroi­
dissement disponible, ensoleillement, puissance frigorifiaue visée, etc ...
■ La réalisation d'un premier prototype :
Dans le but de limiter le coût de la réalisation de ce premier prototype, sa
taille a été considérablement réduite : la puissance frigorifique, initialement
prévue à 23 kW (20 000 frig/h), est passée à 700 W, les surfaces correspondantes
2
de capteurs solaires se réduisant alors de 190 à 6 m .
Le refroidissement de ce petit prototype (absorbeur et condenseur)
est réalisé avec l'eau et non pas avec l'air. Le choix a deux motifs : d'une part,
ces deux échangeurs thermiques deviennent plus compacts s'ils utilisent de l'eau,
et par conséquent moins chers. D'autre part, il est plus aisé et plus précis d'ef­
fectuer les mesures de leurs bilans thermiques.
Notons que ce prototype a été conçu pour fonctionner normalement
avec un grand écart de température (53°C) entre la source froide et la source in­
termédiaire. Ainsi la température d'évaporation est ­8°C et le condenseur et
1'absorbeur fonctionnent tous deux à 45°C. Dans le but de faciliter la mesure de
la puissance frigorifique, la source froide est constituée par une réserve d'eau. Le
prototype peut ainsi produire 20 kg de «"lace par jour.
Bien entendu, les températures très différentes indiquées ci­dessus
conduisent à une température dans le bouilleur relativement élevée . Mais sa valeur
optimale ne dépasse par 133°C.
Le prototype a été étudié pour recevoir ensuite des concentrateurs
cyÎindrn­parnholigues orientés est­oun3t. Mois pour des raisons évidentes de commo­
dité dn l'essai, la pulssanr­n thermique sera pour l'instant fournie au bouilleur
par des résistances électriques.
Il faut encore noter que pour des soucis de compacité et de simplicité,
■ ­ ■ — . . . . . 1 1 1 ­ . , . , . ■ . ■ ■ ■ Il ■ I . . ..I ­ ^ 1
ce petit prototype ne comporte ni boucle de caloporteur entre les absorbeurs so­
laires et le bouilleur de la machine a absorption, ni stock "chaud". Le mélange
d'eau et d'ammoniac est donc porté à ebullition directement dans les absorbeurs
solaires eux­mêmes, spécialement conçus à cet effet.
Enfin, le système est "strictement" autonome, c'est­à­dire que le
moteur intégré au cycle a uniquement la charge d'entraîner la pompe à solution.
Pour certaines applications il serait possible de surdimensionner le moteur afin
de disposer d'énergie mécanique supplémentaire utilisable pour quelques appareils
auxiliaires.
Le croquis suivant représente le petit prototype de réfrigération
solaire à moteur intégré.
Fig. 1 - Croquis du prototype de réfrigération solaire à moteur intégré.
II - MACHINE FRIGORIFIQUE A ABSORPTION ET A MOTEUR INTEGRE
11
II­A ­ PRINCIPE DES MACHINES A ABSORPTION
1 ­ Machine de base
Une machine à absorption est tritherme : elle met en jeu une source
"froide" sur laquelle l'effet frigorifique est produit, la source ambiante (ou in­
termédiaire) qui reçoit la chaleur rejetée par la machine, et enfin une' source
chaude qui fournit l'énergie que consomme le système.
Une machine à absorption renferme non pas un corps pur. mais un mélange
généralement binaire, dit couple solvant­frigorigène. Dans le cas étudié ici le
solvant est de l'eau, le frigorigene de l'ammoniac.
Le schéma de base d'une machine à absorption est rappelé à la figure
2. Nous avons quatre appareils qui permettent d'échanger de l'énergie thermique en­
tre le couple solvant­frigorigène et les trois sources :
­ le bouilleur,chauffé par la source chaude» reçoit une puissance notée P_ (d'ori­
o
gine solaire dans notre cas)
­ 1'évaporateur pompe la puissance calorifique Ρ à sa source froide. Celle­ci
devra donc être à une température un peu supérieure à celle du frigorigene cir­
culant dans 1'évaporateur pour que le transfert thermique puisse s'effectuer
­ le condenseur fonctionne au contact de la source intermédiaire et y rejette la
puissance Ρ
K
c
­ l'absorbeur, comme le condenseur, évacue de la chaleur vers la source intermé­
diaire (puissance P.).
A
Dans ces quatre appareils et dans les canalisations qui les relient
régnent deux niveaux de pression. Le bouilleur et le condenseur fonctionnent à
haute pression (H )» tandis que 1'évaporateur et l'absorbeur sont à basse pression
(B
p
).
Les circuits haute et basse pressions sont reliés par une pompe de
circulation et deux détendeurs. La pompe conspmme la puissance mécanique Ρ .
12
Fig. 2 ­ Schéma de base d'une machine à absorption
­ G
Source
chaude
IV
CONDENSEUR
Source
intermédiaire
^
r
c
frigorigene DETENDEUR ­ = = = ­
o ­ 1 ÇEVAPORATEUR
I
Solution pauvre
V
BOUILLEUR
Solution riche
V
IL­
n | 2
I
I
I
ι
¿U
ABSORBEUR
■v,
A
Source
intermédiaire
Zone haute pression
M.
Zone basse pression
B^
Décrivons maintenant les évolutions que suit le mélange solvant­fri­
gorigène à travers ces appareils.
Le solvant est le fluide le plus "lourd", c'est­à­dire qu'à pression
donnée, il bout à une température supérieure à la température d'ebullition du fluide
frigorigene, le solvant est aussi le constituant qui tarde à se vaporiser.
C'est ce phénomène que l'on met à profit dans le bouilleur : dans
cet appareil entre un liquide riche en frigorigene (L ). Ce mélange y est partielle­
ment vaporisé, et les deux phases résultantes y sont séparées. Il sort d'une part une
vapeur F très riche en frigorigene, et d'autre part un liquide pauvre en frigorigene
L„.
13
La vapeur F est envoyée dans le condenseur. Comme sa pression est
îdense à une température relativement haute, un f
de la source intermédiaire, en lui cédant ainsi la puissance Ρ
H , elle se condense à une température relativement haute, un peu supérieure à celle
Le condensât est ensuite laminé à travers le détendeur D_ jusqu'à
la basse pression Β . A cette pression qui règne dans 1'évaporateur, le fluide F
subit un nouveau changement de phase en recevant la puissance Ρ de la source froide.
D'autre part, le liquide pauvre L produit par le bouilleur est laminé
par le détendeur D jusqu'à la même pression Β , et arrive à l'absorbeur. Cet
appareil reçoit aussi la vapeur produite par 1'évaporateur et mélange les fluides
F et L
p
.
Afin que la machine fonctionne dans de bonnes conditions, il ne doit
sortir de l'absorbeur que du liquide. En particulier pour éviter la cavitation de
la pompe solution, le liquide riche avant sa sortie de l'absorbeur devra être sous­
refroidi (c'est­à­dire que sa température devra être inférieure à celle de son ebul­
lition ccmmençante).
La puissance Ρ qu'évacue l'absorbeur vers la source intermédiaire
correspondra à la somme :
­ d'une chaleur de condensation du fluide frigorigene,
­ d'une chaleur produite par l'opération de mélange exothermique du fluide frigorigèn
et du liquide pauvre,
­ de la chaleur corresoondant au sous­refroidissement du liquide riche formé.
Ce refroidissement de l'absorbeur est assuré par la source intermediai
Bien que 1'évaporateur et l'absorbeur soient à la même pression, et que leurs tempé­
ratures respectives soient très différentes, les changements de phase liauide -*■ vapeur
dans 1'évaporateur et vapeur ■*■ liquide dans l'absorbeur sont possibles. En effet,
la solution riche sortant de l'absorbeur est beaucoup plus "lourde" que le fluide
frigorifène dans 1'évaporateur. Aussi, sa température d'équilibre thermodynamique
est, pour une même pression, plus élevée.
14
Enfin, la pompe remet à la haute pression le liquide riche formé
dans l'absorbeur et le renvoie au bouilleur.
2 ­ Machine à absorgtionaméliorée
Bien que simplifié au maximum, le schéma qui vient d'être considéré
comporte tous les éléments pour réaliser des cycles à absorption. En d'autres ter­
mes, une machine ainsi conçue pourrait transférer de l'énergie thermique d'un bas
niveau de température (celui de la source froide) à un niveau supérieur (celui de
la source intermédiaire). Ce transfert nécessite évidemment une consommation d'éner­
gie qui correspond aux puissances fournies au bouilleur et à la pompe de circulation,
On pourra juger de l'efficacité de la machine en considérant la quan­
tité d'énergie "remontée en température" c'est­à­dire l'énergie prise à la source
froide rapportée à la quantité d'énergie consommée : e= Ρ /P . Pour une machine
E a
fonctionnant suivant le schéma de base ce rapport reste très faible. C'est pour­
quoi on a développé un certain nombre d'améliorations.
Elles impliquent en général des cycles plus complexes, et donc des
appareils supplémentaires dans la machine. En conséquence, l'adoption d'une amélio­
ration donnée résulte d'un comprpmis entre le coût et les performances. Nous nous
bornerons ici aux aménagements de ce schéma de base qui sont le olus souvent envi­
sagés.
Il est dû à ALTENKIRCH et son rôle est capital car il diminue à la
fois la puissance à fournir au bouilleur et celle à évacuer à l'absorbeur. On le
place (figure 3) entre le circuit de liquide riche et le circuit de liquide pauvre.
Le liquide pauvre sort du bouilleur à son point d'ebullition, et
donc à la plus haute température du cycle. Par ailleurs, le liquide riche qui a
été refroidi dans l'absorbeur puis repompé, doit être chauffé par le bouilleur
pour atteindre son ebullition. On diminuera donc la puissance à fournir au bouil­
leur en préchauffant le liquide riche par contact thermique avec le liquide pauvre.
15
Cette diminution de P
Q
sa traduit par une augmentation notable de l'efficacité
D
frigorifique. Mais ce n'est pas la seule conséquence avantageuse de cet échangeur :
en effet, l'énhane.Rur solutions pnrmnt aussi de disposer d'un liquide pauvre plus
Trold ü 1'entrén ile 1 'abaorüuur. La pulanancu que celui­ci auro & évacuer vers la
source intermédiaire pour une température de sortie d'absorbeur donnée sera donc
plus faible. Ainsi la surface et le coût de l'absorbeur seront donc sensiblement
réduits.
Cet échangeur entre les circuits de solutions, qui en contre­partie
des avantages précédents n'entraîne ni surcoûts élevés, ni grande complication
des circuits, équipe pratiquement toutes les machines à absorption actuelles. Néan­
moins, remarquons qu'il introduit des pertes de charge supplémentaires, inconvé­
nient qui ne nuit pas au cycle thermodynamique, la circulation étant assurée par
une pompe.
Comme l'indique la figure 3, on place cet appareil au­dessus du
bouilleur. Son rôle est de purifier le fluide frigorigene qui se dirige vers
le condenseur et 1'évaporateur.
Car si trop de solvant quittait le bouilleur par le circuit qui
alimente le condenseur, l'écart de température entre les sources froide et inter­
médiaire serait très faible. Cet effet est particulièrement marqué avec le cou­
ple eau­ammoniac. Supposons qu'une machine fonctionne avec ce couple par exemple
entre les pressions de 20 et 2 bars. Si le fluide frigorigene F est constitué d'am­
moniac pratiquement pur (par exemple d'une teneur massique de 99,98 %) les tempé­
ratures dans le condenseur et dans 1'évaporateur seront respectivement de 49°C
et ­20°C, et elles seront pratiquement constantes le long de ces appareils. La
source intermédiaire pourra donc avoir une température de l'ordre de 44°C
(49°C­5°C) et la source froide de ­15°C (­20°C + 5°C).
Par contre, si le fluide frigorigene ne contient que 99 % d'ammo­
niac, la présence d'un peu de solvant dans le condenseur impliquera un changement
de phase complet er;trs 75°C et 49°C. Quant à 1'evaporation, elle se produira
entre ­20°C et +30°C. Dans ce cas, les sources intermédiaire et froide devront donc
avoir comme temperaturas respectives 44°C (49°C ­5°C) et 35°C (30°C ♦5°C, au lieu
de ­15°C dans le caí précédent).
16
r
- «
i
CONDENSEUR
ih y
Y
RECTIFIEUR
RECUPERATEUR
C L _
BOUILLEUR
ECHANGEUR
SOLUTION
ABSORBEUR
Fig. 3 - Schéma complet d'une machine à absorption
Le transfert vers la source intermédiaire de l'énergie prélevée à
la source froide peut donc s'effectuer sur un écart de température d'autant plus
grand que le fluide frigorigene est plus pur à son entrée dans le condenseur.
Du solvant se dirige vers le condenseur pour-deux raisons :
. d'une part, 1'ebullition dans le bouilleur, à cause des mouvements qu'elle produit,
provoque l'entraînement de petites gouttelettes de liquide par la vapeur. Ces
gouttelettes, riches en solvant, peuvent être arrêtées par des "séparateurs mé-
caniques" avant qu'elles n'atteignent le condenseur,
. d'autre part, comme le liquide dans le bouilleur n'est pas un corps pur, des vapeurs
de solvant se dégagent simultanément à celles du frigorigene. Le rectifieur, ap-
pareil courant dans les procédés de distillation, nous permet de séparer ces cons-
tituants tous deux en phase vapeur.
Il existe plusieurs types de rectifieurs. Celui que nous envisagerons
fonctionne sans échange thermique avec l'extérieur (rectifieur adiabatique). La
17
rectification de la vapeur frigorigene est réalisée par une série de condensations
partielles ut une série de contacts entrn le condensât ainr.i obtenu et la vapeur.
C'est pourquoi la rectification n'a pas que dos avantages. En
effet, la partie de la vapeur produite par le bouilleur qui sera recondensée par
le rectifieur, ne traversera pas 1'évaporateur. La puissance que ce dernier pourra
échanger sera donc plus faible, d'où une incidence sur les performances de la ma­
chine.
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c
yiî_frig9riEfD§
Nous avons vu que 1'échangeur solutions permettait de diminuer la
puissance au bouilleur. En d'autres termes, la quantité de fluide frigorigene
produite pour une puissance P
D
donnée peut être accrue par l'insertion de cet
appareil.
Par ailleurs, on améliore la qualité de cette vapeur frigorigene
si l'on ajoute le rectifieur.
Le récupérateur sur le circuit frigorigene a pour but de mieux
tirer parti de cette vapeur que l'on a peine à produire.
Supposons en effet que le condenseur n'impose pas au fluide frigo­
rigene de sous­refroidissement. A la sortie du condenseur nous aurons alors un
liquide à la haute pression H , et à son point d'ébullition commençante. Lors du
laminage dans D jusqu'à Β , une fraction du fluide frigorigene va se vaporiser,
du fait même de cette détente. L'evaporation qui se produit à 1'intérieur de l'é­
vaporateur ne concernera alors au' une partie du fluide frigorigene. La puissance
extraite à la source froide s'en trouvera donc d'autant diminuée.
Afin de réduire, sinon d'éviter cette evaporation prématurée du
frigorigene dans le détendeur on sous­refroidit le condensât avec un échangeur
thermique placé entreles sorties du condenseur et de 1'évaporateur (figure 3).
Ce récupérateur accroît la puissance frigorifique, mais il augmente
d'autant celle que l'absorbeur doit évacuer.
18
3 - Machine_à_absorption à moteur intégré
L'intégration d'un moteur dans une machine à absorption est très
favorable à la réfrigération solaire : elle permet d'atteindre l'autonomie sur le
plan de l'énergie mécanique, et d'en étendre les possibilités d'utilisation aux
régions mal équipées.
En considérant une centrale thermodynamique (motrice) et une machine
à absorption (frigorifique) on constate les analogies suivantes (figures 4 et 5) :
Dans ces deux types de machines les fluides internes subissent des
changements de phases liquide-vapeur et inversement. Ils évoluent dans l'une des
machines, comme dans l'autre, entre deux pressions (aux pertes de charge près).
D'autre part, la chaudière de la centrale et le bouilleur de la ma-
chine à absorption consomment tous deux de la chaleur en provenance de la source
thermique de plus haute température. Et tous deux sont alimentés en liquide, pour
produire de la vaPeur.
Les pompes de circulation ont aussi un rôle identique : celui de re-
mettre sous pression un liquide.
Restent le condenseur et l'absorbeur. Ils reçoivent tous deux de la
vapeur et produisent du liquide, moyennant une évacuation de calories vers l'exté-
rieur (l'air ambiant par exemple).
En superposant ces deux schémas on obtient le système représenté à
la figure 6. Le moteur est alimenté par une partie de la vapeur produite par
le bouilleur, et il échappe dans l'absorbeur.
Ce schéma accepte aussi quelques améliorations par des échanges
internes de chaleur. Le schéma complet est représenté à la figure 7. Nous avons :
. un bouilleur
. un rectifieur
. un condenseur
. un évaporateur
. un absorbeur
-d
CONDENSEUR
Sour ce
chaude BOUILLEUR
19
Sour ce
S* Tnr. nnnrt i l l f i l n
L L -
S
%. Source
froide
ABSORBEUR
POMPE
W
Fig. 4,- Machine à absorption
^^r"
Source
Intermediali
/r
Source
chaude CHAUDIERE
MOTEUR
CONDENSEUR
POMPE
^ ^ Source
L. "froide'
T^&
^ ^
Fig. 5 - Centrale thermodynamique
20
CONDENSEUR
Sourcé^^
chaude
Source
Intermédiaire
Fig. 6 ­ Schéma d'une machine à absorption à moteur intégré.
. un moteur de détente (M)
. une pompe de circulation (P)
. deux détendeurs (D1 et D2)
. Peux récupérateurs sur la solution riche (R1 et R2)
. un récupérateur sur le circuit frigorigene (R3).
Les échanges énergétiques entre ces appareils et le milieu extérieur
sont les suivants :
­ en puissance mécanique
Le moteur fournit la puissance mécanique Ρ
La pompe reçoit Ρ (en réalité en provenance du moteur, ce qui
permet l'autonomie sur le plan mécanique du cycle frigorifique)
21
Fig. 7 ­ Schéma complet d'une machine à absorption à moteur intégré
et en puissance thermique
. le bpuilleur reçoit de la source chaude Ρ­
α
. L'évaporateur Ρ de la source froide
, Le condenseur et l'absorbeur évacuent vers la source intermédiaire
les puissances Ρ et Ρ .
L· A
Nous avons comme échanges thermiques internes :
La puissance Ρ . dirigée de la solution pauvre qui sort du bouilleur.
Kl
vers la solution riche qui y entre,
La puissance P
R
_ du f
refoulé par la pompe.
Et enfin, la puissanci
thermique de la vapeur produite par 1'évaporateur.
. La puissance P
D
_ du fluide moteur détendu vers le liquide riche
HZ
Et enfin, la puissance Ρ _ qui refroidit le condensât au contact
R3
22
La modélisation et l'optimisation thermodynamique des machinée à
absorption à moteur intégré ont été effectuées sur la base de ce schéma. Nous en
donnons ci-dessous les principaux résultats.
II-B - MODELISATION NUMERIQUE DU CYCLE A MOTEUR INTEGRE
1 - But des grogrammes
Le but de cette modélisation est de définir des cycles thermodyna-
miques à absorption et à moteur intégré. A partir des cycles obtenus il est pos-
sible d'étudier l'influence sur les performances de tel ou tel paramètre, et
d'optimiser sa valeur pour une application donnée.
Cette modélisation comporte les principales étapes ci-dessous :
. Entrée des propriétés thermodynamiques des mélanges d'eau et d'ammoniac en équi-
libre entre une phase vapeur et une phase liquide. Les grandeurs considérées sont
la pression, la température, et pour chacune des phases : le titre, l'enthalpie
et l'entropie massiques.
. Entrée des paramètres qui caractérisent le problème étudié. Ils sont répartis
en trois catégories :
- ceux qui définissent les besoins à satisfaire (puissance frigorifi-
que, températures des sources froide et intermédiaire, etc . . . ) . Notons que la
température de bouilleur, n'apparaît pas ici.
- les paramètres qui caractérisent les imperfections des différents
appareils, tels que le pincement de chaque échangeur thermique ou le rendement du
groupe moto-pompe.
- et enfin les grandeurs dites "de calcul", qui sont nécessaires à
la détermination complète du cycle. Signalons par exemple les sous-refroidisse-
ments au condenseur et à l'absorbeur, et l'écart de température entre les sorties
23
de ces deux appareils. La température maximum dans le bouilleur fait partie
des grandeurs de calcul. Sa valeur est très importante car elle a un effet sur
les performances du cycle frigorifique, et de plus c'est d'elle que dépend le
choix du type de capteurs solaires adapté au problème posé. Elle doit donc être
optimisée avec soin.
. Détermination du cycle à absorption en fonction des données précédentes. On dé-
finit ici les états thermodynamiques des mélanges d'eau et d'ammoniac aux
points caractéristiques des circuits. Sur le schéma de la figure 7, le programme
distingue 22 points caractéristiques parmi lesquels on trouve par exemple la
sortie de l'absorbeur ou le début d'ébullition de la solution riche dans le
bouilleur
. Calcul des débits, des puissances mécaniques et thermiques mises en jeu, ainsi
que de l'efficacité frigorifique du cycle.
La figure 8 représente, dans un diagramme enthalpie-concentration en
ammoniac-pression, un exemple de cycle frigorifique obtenu à partir de la modélisa-
tion numérique.
2 - Exemples de résultats obtenus
Les résultats présentés ci-dessous ont été obtenus pour les données
suivantes
. une température d'evaporation de -8°C
. une température de condensation de 45°C
. des pincements dans les échangeurs de 5°C
. un rendement global du groupe moto-pompe estimé à 0,60. Ce paramè-
tre prend en compte les imperfections des parties mécaniques de la machine :
c'est le rapport entre la puissance hydraulique de la pompe et la puissance isen-
tropique de la détente motrice
. une température maximum dans le bouilleur de 135°C
. et enfin, une puissance frigorifique de 11,6 kW (10 000 frigories
par heure).
2A
Fig. 8 - Cycle à absorption à moteur intégré dans l'espace
(Z, P. H) : composition, pression, enthalpie.
P^ : Pression de condensation P2
Z-] : Composition de la solution riche Z3
Z2 : Composition de la solution pauvre Z4
A : Sortie d'absorbeur 6
1 : Pompage de la solution riche 7
2 : Echangeur solutions 8
3 : Ebullition 9
I : Equilibre en sortie de bouilleur Β
4 : Laminage de la solution pauvre
5 : Rectification
Pression d'evaporation
Composition de la vapeur motrice
Composition de la vapeur
frigorifique
Condensation
Détente du frigorigene
Evaporation
Détente motrice
Entrées d'Absorbeur
25
Avec ces valeurs numériques, le cycle obtenu est défini par les
principaux paramètres suivants :
- Prunai on du condensation : 18,11 bars
- Pression d'evaporation : 3 bars
- Caractéristiques des fluides dans les circuits :
teneur débit
{% de NH
3
) (kg/h)
Fluide frigorigene 100,00 36,4
Fluide moteur 85,22 2,8
Solution pauvre 27,25 238,3
Solution riche 37.36 277,5
- Puissances échangées (kW)
Evaporateur
Absorbeur
Bouilleur
Condenseur
Echangeur solution
Récupérateur sur circuit
frigorifique
Récupérateur sur circuit
moteur
Puissance mécanique du
moteur et de la pompe
L'efficacité frigorifique de ce cycle, mécaniquement autonome, c'est-
à-dire le rapport entre la puissance d'evaporation et la consommation du bouilleur
est très élevée, malgré l'écart important entre les températures d'evaporation et
de condensation (53°C). Elle est égale à 0,43. Cette valeur peut être comparée à
l'efficacité frigorifique d'une machine tritherrrcparfaite fonctionnant entre des
sources thermiques aux mêmes températures. La valeur de celle-ci est 1,10. On
retrouve ici l'intérêt manifeste des cycles à eau-ammoniac, car ils donnent des
efficacités élevées : dans notre cas l'efficacité est égale à 39 % de celle de la
machine parfaite.
11,
19,
27,
18,
25,
1,
0,
0,
,6
,8
, 0
, 8
.9
.2
, 3
, 17
. 26
Les figures 9 à 12 présentent l'influence de quelques paramètres sur
l'efficacité du cycle frigorifique.
A la figure 9 sont tracées deux courbes d'efficacité en fonction de la
température maximum du bouilleur : ε_ correspond à la machine à moteur intégré
mécaniquement autonome tel que le représente la figure 7, tandis que ε' corres­
pond à une machine frigorifique à absorption classique. Notons que dans ce dernier
cas, la consommation en puissance mécanique de la pompe à solution n'est pas prise
en compte pour le calcul de l'efficacité. Bien entendu ε. est légèrement plus fai­
ble que e' pour une même température de bouilleur, et remarquons aussi que la
température optimale de bouilleur est légèrement supérieure DOUT le cycle à moteur
intégré que pour le cycle classique à absorption.
Cet optimum de température de bouilleur, très marqué sur la figure 9.
résulte de deux incidences opposées qu'a l'augmentation de cette température :
d'une part elle diminue le débit Q de solution riche, et d'autre part elle accroît
R
la variation ΔΗ d'enthalpie des fluides circulant dans le bouilleur. Or le produit
de ces deux facteurs n'est rien d'autre que la puissance du bouilleur, et les
effets antagonistes qu'ils subissent se traduisent aussi sur l'efficacité frigori­
fique du cycle qui est inversement proportionnelle à la puissance du bouilleur.
Les figures 10, 11 et 12 donnent l'influence des pincements des trois
récupérateurs thermiques, soient respectivement : 1'échangeur solution, le récupé­
rateur sur le circuit frigorifique et le récupérateur sur le circuit moteur. Ces
figures donnent aussi les puissances échangées. On remarquera le rôle très bénéfi­
que de 1'échangeur solution qui fait gagner plus de 16 % sur l'efficacité frigori­
fique. Par contre, le récupérateur sur le circuit moteur a un rôle beaucoup plus
modeste, les courbes d'efficacité sont presque horizontales, tout au moins pour
les données considérées ici.
Les résultats de cette modélisation sont indispensables pour la dé­
finition d'une machine frigorifique à absorption, et en particulier pour le pro­
totype construit.
3 ­ Cas du prototype
Les températures dans le cycle qui a été retenu pour la réalisation
de ce prototype sent celles évoquées précédemment : evaporation à ­8°C, condensa­
27
0,4
0,3 _
0,2 .
Q
P
(k«î/h)f
600
0,1-
400
200
0-» 0
110
Fig. 9 - Influence de la température de bouilleur
28
0,4:
Ρ
(kW)
20
i
0.2.
^
uissance
échangée
0 4 0
20
1—
40°C
Fig. 10 - Influence du pincement de
1'échangeur solution
Ρ
(kW)
0.4-
0.2
Puissance
échangée
0 J 0
~2ϋ 40
Fig. 11
Influence du pincement du récupé-
rateur sur le circuit frigorifique
29
0,4-
Ρ
(kW)
0,2
|
Λ
:
o j o
Puissance
échangée
20°C
Fig. 12 - Influence du pincement du
récupérateur sur le circuit
moteur.
- 30
tion et absorption à 45
e
C et ebullition à 135
e
C.
Par ailleurs, la puissance frigorifique a été réduite à 700 W
pour dee raisons évidentes de limitations budgétaires.
Les récupérateurs sur les circuits des fluides moteur et frigorifique
ont été supprimés. Les complications de fabrication qu'ils entraînent ont été
jugées trop importantes pour une machine de cette taille, vis-à-vis de leur fai-
ble influence sur l'efficacité frigorifique (voir figures 11 et 12).
Enfin, le rendement global du groupe moteur-pompe a été estimé à 0,30
compte-tenu du fait que sa puissance mécanique eet très faible (18 W).
Les sources thermiques mises en J8U par ce prototype sont les sui-
vantes :
- Pour la source froide un bac à eau, la production de çlace prévue est de 20 kg
pour 8 heures de chauffage du bouilleur,
- La source intermédiaire est constituée par un débit d'eau
- et enfin, le chauffage de la machine est assuré directement par les capteurs
solaires, sans fluide caloporteur intermédiaire.
Enfin, ce prototype de faible puissance a été conçu sans aucun stock
thermique, si ce n'est le volant de froid constitué par la glace produite.
31
III - REALISATION DU PROTOTYPE
33
III-A - MATERIAUX UTILISES
La nature même des fluides utilisés, c'est-à-dire des mélanges d'eau
et d'ammoniac, exclue d'emblée tous les composants présentait des pièces faites
d'aluminium ou de cuivre ainsi que de leurs alliages. Tous les éléments métalliques
du prototype sont donc en acier ou en inox.
Par ailleurs les étanchéités sont assurées par des JOints en PTFE,
le seul matériau plastique compatible à la fois avec l'ammoniac et les températures
envisagées (135°C).
III-B - APPAREILS THERMIQUES
Chacun des échangeurs constituant ce prototype a été spécialement
fabriqué pour cette application. L'évaporateur est en inox, les autres échangeurs
en acier.
Leur dimensionnement a été effectué suivant des méthodes classiques
en thermique que l'on retrouvera dans les références 6 à 10.
1 - Le bouilleur
Le chauffage de la machine à absorption est directement assuré par
l'énergie solaire. L'ebullition de la solution riche se produit à l'intérieur même
des tubes des capteurs solaires.
La figure 13 donne le schéma d'un des 6 tubes du bouilleur. La solu-
tion riche (1) arrive par le tube intérieur puis se déverse dans le tube extérieur.
En rebroussant chemin dans ce.lui-ci elle s'évapore partiellement et la bride médiane
fait office de séparateur vapeur (2)#- solution pauvre (3).
Chaque tube de bouilleur a un diamètre extérieur de 42 mm et mesure
1,20 m de lene.
La figure 14 représente les trois brides intermédiaires à des étapes
différentes de leur montage.
34
Fig. 13 - Bride de bouilleur
1 - Entrée solution riche
2 - Sortie vapeur frigorigene
3 - Sortie solution pauvre
Fig. 14 - Les trois bouilleurs en cours de montage
35
Pour les premières manipulations, le chauffage de ces tubes est
assuré par 6 résistances électriques d'une puissance de 350 W chacune. L'ensemble
est isolé par 5 cm de laine de verre.
2 ­ L'échangeur_solution
Le transfert thermique entre la solution pauvre et la solution riche
est assuré par deux faisceaux de tubes concentriques. La solution riche passe dans
le tube intérieur, de diamètres 4 χ 6 mm et la solution pauvre dans l'espace annu­
laire limité par le tube extérieur de diamètre 8 χ 10 mm. Chacun des deux faisceaux
en série comporte 12 bitubes d'une longueur unitaire de 1,75 m.
L'ensemble de l'échangeur solution est disposé dans un coffre rempli
de vermiculite.
La figure 15 présente cet échangeur.
3 ­ L^absorbeur
Dans l'absorbeur, la solution pauvre et les vapeurs motrice et fri­
gorifique circulent à l'intérieur d'un tube de diamètre 6 x 8 mm..Ce tube est refroi­
di extérieurement par un débit d'eau contenu dans un tube de 12 χ 14 mm. La longueur
développée de ce bitube est de 4 m.
La solution riche formée est recueillie dans un réservoir situé sous
l'échangeur dont la capacité est 21. Comme l'échangeur à solution, l'absorbeur est
placé dans un coffre plein de vermiculite.
La figure 16 représente cet échangeur.
Le rectifieur est constitué par un Lube vertical de 2m de longueur
et de diamètre 38 mm. Il est garni d'anneaux Rashig en verre de diamètre 5 mm.
Son isolation est assurée par 5 cm de laine de verre.
36
Fig. 15 - L'échangeur solution
Fig. 15 - L'absorbeur
37
5 ­ Le condenseur (fig. 17)
La condensation s'effectue à l'intérieur d'une enveloppe de 120 mm
de diamètre et de 230 mm de haut. Le refroidissement est assuré par un serpentin
intérieur, en tuhp rie 8 χ 1Π mm enroulé sur 10 r.pires de diamètre 95 mm.
Le condenseur est isolé par 19 mm de mousse synthétique.
6 ­ L^évaporateur
L'évaporateur est constitué de deux tôles de 600 mm χ 600 mm sou­
dées à la molette sur leur pourtour puis gonflées. La circulation de l'ammoniac
s'effectue entre ces deux tôles le long d'un canal délimité par des cordons de
soudure (figure 18).
L'évaporateur est noyé dans un bac d'eau, et le tout est isolé par
10 cm de vermiculite. L'ensemble a été conçu pour que la vidange de l'eau contenue
dans le bac soit possible. On peut ainsi mesurer la quantité de glace formée, sans
avoir à ouvrir le coffre isolant, ce qui accroît la précision sur la mesure de la
puissance frigorifique.
III­C ­ LE GROUPE MOTEUR POMPE
1 ­ Choix du matériel
C'est le seul élément mécanique du système, et c'est aussi celui
qui pose les problèmes les plus délicats. En effet, si les échangeurs thermiques
acceptent sans trop de modifications la petite échelle du prototype, environ 30
fois plus petit que le système envisagé initialement, il n'en est absolument pas
de même pour le groupe moto­pompe.
Sa puissance est infime : le moteur ne doit fournir que 18 W sous
forme d'énergie mécanique à la pompe à solution.
Le choix du type de machines à fluides à utiliser, moteur ou pompe,
a déjà fait l'objet d'un rapport interne, dont nous donnons un extrait en annexe AHI.
38
Fig. 17 - Le condenseur et son débitmètre
avant raccordements
Fig. 18 - L'évaporateur à labyrinthe, et les 2
faisceaux de l'échangeur solution.
39
Compte tenu d'une part des faibles débits devant traverser le
moteur et la pompe, et d'autre part du grand écart dB pression entre l'amont et
l'aval de ces machines, environ 15 bars, les études de similitude conduisent à des
appareils volumétriques. Du strict point de vue de la similitude, les systèmes à
piston semblent être les plus performants. Néanmoins, la très petite taille de
la pompe et du moteur laissait prévoir de grandes difficultés de réalisation des
systèmes de commande des clapets de moteur. Aussi, les machines à fluide volumé-
triques du type rotatif, n'ont pas été a priori exclues, car elles présentent l'a-
vantage d'une distribution automatique de fluide moteur.
Nos premières recherches se sont orientées vers des matériels
du commerce. Elles sont restées infructueuses pour les raisons suivantes : les
moteurs volumétriques disponibles sur le marché sont principalement destinés à dé-
tendre de l'air comprimé. Leur taux de détente est en général limité de S à T.
bars, afin de supprimer les risques de givrage dus à l'humidité contenue dans l'air
admis .. En plus d'un taux de détente trop faible, ces moteurs fonctionnent avec une
admission d'huile pour la lubrification, ce qui les rend impropres à notre applica-
tion, car un système d'injection et de récupération d'huile compliquerait
par trop notre prototype de petite taille. Ajoutons que ces moteurs à air comprimé
échappent généralement à l'atmosphère, leur adaptation aurait donc nécessité l'ad-
jonction d'un collecteur. Enfin, les carters, les clapets ainsi que les joints d'é-
tanchéité ne sont pas adaptés à notre problème. De trop nombreuses pièces sont à
base d'aluminium ou de cuivre, incompatibles avec l'ammoniac, la résistance mécani-
que du carter n'est pas garantie à 18 bars, et les joints n'ont pas été prévus
pour une étanchéité à l'ammoniac à 135°C,
En conclusion, nous avons renoncé à choisir un moteur du commerce,
son adaptation à notre problème entraînant de trop nombreuses modifications.
Nous avons donc choisi de concevoir spécialement pour cette étude
un moteur le mieux adapté possible à notre problème. Les principales données pour
cette conception sont les suivantes :
. Réaliser un moteur de 18 W de puissance mécanique, fonctionnant entre 18 et 3,5 b
avec de la vapeur saturée d'ammoniac à 135°C
. Eviter autant que possible, les joints dynamiques extérieurs. Cette contrainte
conduit à réaliser aussi une pompe à solution faisant bloc avec le moteur de déte
40
. Se passer de système de lubrification
. Et enfin, obtenir un rendement global du groupe moteur-pompe aussi bon que possi-
ble dans ces conditions très défavorables.
Trois types de Groupes moteur-pompe ont été envisagés :
2 " Groupe_à_engrenages
La description de ce groupe a fait l'objet d'un compte rendu à
Kavouri en novembre 81. Le papier correspondant est donné en annexe.
Les expérimentations menées sur ce groupe moteur-pompe font appa-
raître des problèmes de fuites internes à la pompe. En effet, dans les essais pré-
liminaires, la vitesse de rotation du moteur, alimenté par de l'air à 4 bars et
couplé directement à la pompe, ne diminue que très peu quand on cherche à accroî-
tre la pression de refoulement de la pompe. Cette vitesse passe de 1200 tr/mn
à 1050, tandis que le débit pompé s'annule et que la pression de refoulement ne
dépasse pas 1 bar.
Les difficultés technologiques pour limiter les fuites internes de
la pompe, principalement dues à la petite taille des pignons (leur diamètre exté-
rieur est 16 mm), nous ont contraints à abandonner cette voie.
Le moteur à engrenage est représenté à la figure 19
3 - Groupe_à__palettes
Comme le moteur à engrenages, le groupe à palettes a été construit
en acier et en PTFE. Cette association permet de se dispenser de système de lubri-
fication et de plus, le frottement de l'acier sur le PTFE est réputé pour son fai-
ble coefficient (0,04).
La figure 20 représente ce moteur avec son rotor à palettes souples.
Le diamètre du rotor est 32 mm et son épaisseur 12 mm.
41
Fig. 19 - Le moteur à engrenage
Fig. 20 - Le moteur à palettes souples
42
Comme le groupe à engrenages, l'étude de ce système a été stoppósa
cause des problèmes délicats posés par l'étanchéité autour du rotor.
4 - Groupe_à_piston -libre
Les machines rotatives ont été envisagées en premier car la distri-
bution du fluide moteur ne demande pas de dispositifs particuliers. Néanmoins, la
petite taille associée à l'utilisation de fluides peu visqueux sous une grande dif-
férence de pression pose de très difficiles problèmes de fuites internes.
Par contre dans un système à piston, les fuites sont a priori plus
faciles à limiter, mais la petite puissance visée pose des problèmes délicats de
distribution du fluide moteur.
Notre étude sur le groupe à piston libre s'est donc orientée vers la
définition d'un ensemble moteur-pompe possédant une distribution du fluide moteur
aussi simple et aussi fiable que possible. Dans ce but, tout système électrique ou
électromécanique a été exclus des clapets.
La figure 21 présente le groupe avant montage : les effets moteurs
s'exercent sur les extrémités du piston, et les effets pompes sur les épaulements
médians. L'ouverture et la fermeture des clapets d'admission et d'échappement des
moteurs sont quasiment simultanées et s'effectuent en utilisant l'inertie du piston
en fin de course.
Cette commande mécanique des clapets, bien que réalisée pour un
système de petite taille (les diamètres du piston sont étages entre 10 et 14 mm),
semble présenter une bonne fiabilité : après quelques modifications apportées aux
clapets, le moteur a en effet fonctionné environ une centaine d'heures (avec de
l'eau et de l'air sous 5 bars), sans présenter de signes notables de fatigue.
Nos efforts, focalisés sur la commande des clapets du moteur,
n'ont pas assez porté sur l'étanchéité le long du piston de ce premier groupe
moteur-pompe à piston. Aussi à l'heure actuelle quelques fuites internes des
cylindres moteurs vers les pompes subsistent et perturbent le fonctionnement de
ces dernières. Nous avons actuellement différé le montage de ce groupe moteur-
pompe sur l'ensemble dn l'installation frigorifique.
Mais des solutions technologiques peuvent être mises en oeuvre pour
résoudre les problèmes d'étanchéité. Il existe en effet quelques types de joints
43
Fig. 21 - Le groupe moteur-pompe à piston libre
avant montage.
44
cumulant les caractéristiques suivantes : résistance à l'ammoniac, résistance
à un écart de pression de 15 bars, tenu à 135°C, et aussi, disponibilité sur le
marché nn très petit diamètr«.
La mise en oeuvre de ces technologies disponibles demande trop
de modifications de ce groupe à piston libre pour que l'on puisse l'envisager
sur l'actuel moteur­pompe. Aussi, nous envisageons de les utiliser sur un deuxième
ensemble qui, d'une part possédera un système de distribution du fluide moteur
identique, celui­ci ayant fait ses preuves, d'autre part, aura une conception
totalement refondue» notamment en ce qui concerne le carter afin de réduire les
fuites internes vers les pompes et aussi les échauffements par la vapeur motrice.
Nous nous limiterons, dans le cadre du présent rapport aux quelques
résultats des essais du premier groupe à piston .libre.
Ils ont été effectués, comme pour le système à engrenages avec de
comprimé et de l'eau, et non pas avec des vapeurs d'ammoniac et une solution
aqueuse d'ammoniac. Les pressions sont respectivement 5 bars relatifs et 0 bar.
Dans ces conditions, la fréquence du piston libre est de 4 Hz et
la régularité du fonctionnement est parfaite. Dans cet essai, la pression de re­
foulement de la pompe a été limitée à 1 bar, une valeur supérieure perturbant
son fonctionnement.
Notons que l'importance de ces fuites n'est pas indépendante de
la taille du groupe. Par exemple, le débit de fuite laminaire entre
un piston de diamètre D et sa chemise s'exprime par :
j
3
,D ΔΡ , _jr
'f L 12.η
avec : j = le jeu radial entre chemise et piston
L = la longueur de l'ajustement
ΔΡ = l'écart de pression créant la fuite
η = la viscosité du fluide
k = un facteur de centrage du piston dans sa chemise (1 si centrage parfait
45
Pur ui Huuru, Λ fréquence donneo, le débit cunuurnmâ ou donné par
un piston (qui est en première approximation proportionnel à la puissance reçue
ou fournie) vaut :
Q.. = f.7Z.D
?
.c/ 4
th
avec c = la course du piston
f = la fréquence de fonctionnement
L'importance sur le fonctionnement de la machine de la fuite consi­
dérée peut être exprimée par le rapport entre ces ? débits :
V
Q
t h
■ ' — £ — ­ - ^
3.π .η. f L.n.C
Si ces deux pistons qui fonctionnent dans des conditions identiques
(même fluide, même écart de pression, même fréquence, etc ...) obéissaient à une
similitude géométrique rigoureuse, ce rapport ne changerait pas. Malheureusement,
la précision relative qui peut être effectivement obtenue diminue très vite quand
on réduit les dimensions. Par exemple, considérons un petit piston de 10 mm de dia­
mètre et un autre de 40 mm. Leur ajustement dans leurs chemises respectives sont
réalisés avec les mêmes qualités et les mêmes positions, soit par exemple H7g6.
Dans ces conditions, les jeux maxi sont de 29 et 50 microns, respec­
tivement pour les diamètres 10 et 40, alors que les dimensions L et C sont comme
les diamètres dans le rapport 4. Tout calcul fait on arrive à :
' V U e 10mm *
1 2
'
5
­
(
V
Q
t ^ 4 0 m m
Autrement dit, quand le diamètre 0 est divisé par 4, de 40 à 10 mm,
l'importance relative des fuites est multipliée par 12,5. (Ce coefficient vaut
11,0 si l'on considère les jeux mini des ajustements au lieu des jeux maxi). Dans
le même temps, l'échelle de 0... ou de la puissance échangée, est divisée par 64.
Il est donc d'autant plus délicat rie réaliser les éléments mécani­
ques de notre système frigorifique que sa puissance est faible.
46
La petite échelle de ce groupe moteur­pomoe a aussi pour effet
d'augmenter beaucoup l'importance relative d'autres pertes : espaces libres, dis­
tribution, détente tronquée, échanges thermiques, etc ...
III­D ­ ENSEMBLE DE PROTOTYPE
La structure porteuse du prototype est réalisée en fers U de 40x70 et
de 20x40, soit soudés, soit boulonnés. La disposition relative des différents
éléments a été effectuée avec un souci de compacité. Les dimensions hors tout
sont : 2,50 m χ 2,20 m au sol avec une hauteur 2,90 m. Les dimensions horizonta­
les résultent de la longueur des tubes des capteurs­bouilleurs, ainsi que de leur
écartement fixé par la surface de captage solaire. Tuant % la hauteur elle est
contitionnée par le rectifieur.
Les appareils sont reliés par des tubes en acier sans soudure, de
diamètres intérieurs 4, 6 ou 8 mm. L'ensemble des liaisons est réalisé par des
raccords totalement métalliques du type "bicóne".
Le figure 1 donne un croquis de l'installation solaire, et la figu­
re 22 représente le prototype réalisé.
La capacité totale de la machine est de 13 litres, renfermant en
fonctionnement normal 4,8 litres de liquide et de 8,2 litres de vapeur. La charge
totale est de 4,3 kg dont 1,7 kg d'eau et 2,6 kg d'ammoniac.
Quant à l'isolation elle est assurée par de la vermiculite, dans les
coffres de 1'évaporateur, de l'échangeur solution et de l'absorbeur. Les autres
échangeurs et les tubulures sont isolés soit par de la mousse synthétique si leur
température n'excède pas 100°C, soit par de la laine de verre dans le cas contraire.
Enfin, l'instrumentation du prototype comprend :
­ 5 débitmètres type rotamètre et à transmission magnétique. Ils mesurent les dé­
bits suivants : les solutions riche et pauvre, les vapeurs frigorifique et motri­
ce, et enfin celle entrant au condenseur
47
- 2 capteurs manométriques ; placés respectivement sur un bouilleur et la sortie de
1'absorbeur
- 31 sondes platine de température distribuées sur l'ensemble des circuits du mé-
lange eau-ammoniac et sur le circuit de refroidissement à eau de l'absorbeur et
du condenseur.
- Enfin, une armoire centralisant l'ensemble des mesures.
Notons que cette armoire comporte, en plus des indicateurs reliés
aux capteurs énumérés ci-dessus, le thermostat régulant la température de chauffage
par les résistances électriques des 6 bouilleurs.
48
Fig. 22 - Photographie du prototype et de l'armoire
de mesures.
49
I V - CONCLUSIONS
51
L'étude montre donc que les cycles à absorption et à moteur inté­
gré se révèlent très intéressants pour des applications variées de la réfrigé­
ration solaire. Ils permettent en effet de réaliser des températures de réfri­
gération sur umlargn gamme (de +10 à ­70°Π par exemple) avec des puissances
couvrant l'ensemble dna besoins prévisibles.
De plus leur totale autonomie en énergie mécanique ne nuit pas
à leur excellent rendement théorique. Comme nous l'avons vérifié lors de la
construction du prototype, la réalisation des divers échangeurs thermiques ne
pose pas de problèmes particuliers.
Par contre, la très faible puissance que nous avons dû retenir
pour réaliser le prototype entraîne des difficultés considérables dans la
construction du groupe moteur­pompe à solution. Aucun matériel existant sur
le marché ne peut convenir aux conditions de marche, et à l'agressivité chimi­
que du fluide moteur. Nous avons donc été contraints de fabriquer et d'essayer
divers ensembles mécaniques SDécialement conçus pour cette utilisation. La
miniaturisation du groupe entraîne en outre de difficiles problèmes d'usinage
pour atteindre l'extrême précision nécessaire à un bon contrôle des fuites in­
ternes. C'est pourquoi les machines essayées jusqu'ici n'ont pas donné suffisam­
ment satisfaction pour que nous ayons pris le risque d'alimenter ces moteurs
avec de l'ammoniac. Cependant, le dernier groupe réalisé, malgré des fuites
internes encore trop importantes, à eu le mérite de fonctionner correctement en
ce qui concerne la partie moteur (et en particulier son mécanisme de distri­
bution commandée). Des solutions améliorant les étanchéités internes existent.
Elles nous semblent assez fiables pour que nous envisagions une nouvelle réali­
sation du groupe à piston libre, si nous en trouvons les moyens. Car malheureu­
sement, les essais successifs que nécessitait la mise au point d'un moteur si
réduit en taille, nous ont amenés à dépasser très largement le cadre de ce
contrat, en durée comme en coût.
Les études et les essais partiels que nous avons menés nous ont
maintenant convaincus de la faisabilité du système. Cependant il reste à faire
la preuve d'un bon fonctionnement du système complet.
Le froid solaire par des systèmes autonomes répond aux attentes
rie très nombreuses populations, en particulier dans les zones tropicales mal
équipées.Offrant la possibilité de mieux exploiter les ressources locales, un
52
large usage de ces systèmes aurait des incidences sociales et économiques, essen-
tielles pour le développement de ces régions. En effet la conservation sur place
des produits naturels de l'agriculture, de l'élevage comme de la pêche permet-
trait d'augmenter les productions locales et aussi d'intensifier la commerciali-
sation des surplus, en contribuant ainsi à stabiliser les populations rurales.
L'importance de cet enjeu montre combien il serait d ommage de ne
pas poursuivre nos recherches, et ainsi de profiter du prototype déjà réalisé
pour aboutir à une machine fiable et bien adaptée aux besoins.
La suite de notre travail passerait par les étapes suivantes :
- réaliser un moteur amélioré pour faire les essais de notre prototype de sys-
tème frigorifique
- en étudier systématiquement la stabilité et les performances, en particulier
pour affiner et recaler nos programmes de simulation
- à la lumière de ces enseignements, préparer la construction appareil qui pour-
rait être essayé dans des conditions plus réalistes de fonctionnement.
53
V - REFERENCES
55
REFERENCES
1 - F. TROMBE, M. FOEX : "Sur la production de froid à l'aide du rayonnement solaire"
Compte rendu hebdomadaire de l'Académie des Sciences t 242 n° 8 (1956)
2 - R. THEVENOT "Economie énergétique dans les utilisations agroalimentaires du
Froid" RGF (12-1982)
3 - A. ADELL, "Les besoins en froid propres aux denrées agricoles tropicales en Côte
d'Ivoire. RGF (5-1982)
4 - R. DEHAUSSE, P. VELLUET, "Machine autonome à absorption pour réfrigération et
chauffage" Brevet n°9 10833 du 27.4.79
5 - P. VELLUET, R. DEHAUSSE : "Study and Optimization of a self-operating absorption
cycle for solar refrigeration". Solar World Forum - ISES. Brighton august 1981
6 - W.H. Mac A. ADAMS "Transmission de la chaleur". Dunod Paris (1961)
7 - F.A. HOLLAND "Heat Transfer" Heinemann Educational books. London (1970)
8 - P. COSAR. "Transmission de la chaleur" Techniques de l'ingénieur
9 - W.M. ROHSENOW, J.P. HARTNETT "Handbook of heat transfer". Mac Graw Hill C1973)
10 - H. PERRY, H. CHILTON, "Chemical Engineers'Handbook". Mac Graw Hill (1963)
57
VI - ANNEXES
59
C A R G E S E (Suite)
ANNEXE AI
Publication dans la Revue Générale du Froid
REFRIGERATION PAR SYSTEMES
A ABSORPTION UTILISANT
L'ENERGIE SOLAIRE
P. Ve llue t
Centre d'En erg étique, Ecole des Mines de Paris
INTRODUCTION
Pour pr odui r e du fr oi d à des te mpé r atur e s
pr oche s de 0° C ou n é g ative s, on pe ut uti -
lise r des systèmes qui r é alise n t des cy cle s
à absor pti on . Comme pour la cli mati sati on ,
i l est envisageable d'adjoi n dr e à ces machin e s
de r é fr i g é r ati on un di sposi ti f de captag e
de l'é n e r g i e solai r e .
Par e xe mple , dès 1956, F. Tr ombe e t M.
Foe x avai e n t é tudi é , pour fabr i que r de la
g lace , ce tte possi bi li té ( Ré f.1) .
Ce lle -ci pré se n te l'avan tag e de ne nécessiter
qu'un e seule con ve r si on du r ay on n e me n t
solai r e . La con sommati on pr i n ci pale des
machin e s à absor pti on est e n e ffe t de la
chale ur qui pe ut êtr e pr odui te di r e cte me n t
par des colle cte ur s solair e s.
Ce tte fi li èr e de r é fr i g é r ati on solaire (colle c-
te ur s the r mi que s, machi n e à absor pti on )
pe ut êtr e adapté e à des besoins for t di ve r s.
Aussi , voy on s que lle s son t ses possi bi li té s
d'uti li sati on e t ses li mi te s.
1-POSSIBILITE DE LA REFRIGE-
RATION SOLAIRE PAR ABSORPTION
1.1. LA GAMME DES TEMPERA-
TURES POUVANT ETRE ATTEINTES
Les te mpé r atur e s usue lle me n t atte i n te s par
les g r oupe s fr i g or i fi que s classiques à compr e s-
si on son t aussi réalisables pour les systèmes
fr i g or i fi que s solaire s à absor pti on . Aussi ,
les besoins e n fr oi d qui pe uve n t êtr e cou-
verts son t les même s :
- avec des te mpé r atur e s pr oche s de 0° C :
pr oducti on d'e au fr aîche , con se r vati on de
fr ui ts, de vi e n de , de poisson s, de lai t, e tc.
- avec des te mpé r atur e s n é g ative s : fabr i -
cati on de g lace , con se r vati on de pr odui ts
con g e lé s...
- La con g é lati on de den rées ali me n tai r e s
pe ut aussi êtr e e n visag é e , ce qui cor r e spon d
à des te mpé r atur e s i n fé r i e ur e s i - 24° C.
Mais r appe lon s que l'e ffi caci té des systèmes
fr i g or i fi que s di mi n ue quan d la te mpé r atur e
à laque lle le fr oi d doi t êtr e pr odui t baisse.
Ai n si un e machi n e de con g é lati on aur a des
pe r for man ce s plus mode ste s qu'un sy stème
de pr oducti on d'e au fr aîche e t, e n consé-
que n ce , son fon cti on n e me n t nécessitera
plus d'é n e r g i e solai r e , pour un e te mpé r atur e
ambi an te e t un e puissance fr i g or i fi que don -
n ées.
Lor s de la con ce pti on d'un sy stème fr i g o-
r i fi que à é n e rg ie solai r e , la te mpé r atur e è
atte i n dr e est un e don n é e bi e n e n te n du
fon dame n tale , au même ti tr e que la puis-
sance fr i g or i fi que à pr odui r e . Mais d'autr e s
par amètr e s i mpor te n ts son t aussi à con si -
dé r e r , e t ce ux-ci var i e n t e n par ti culi e r e n
fon cti on du r ôle que doi t joue r le sy stème
de r é fr i g é r ati on i é n e r g ie solai r e .
1.2. LE ROLE DES SYSTEMES DE
REFRIGERATION A ENERGIE SO-
LAIRE
De ux grands ty pe s d'appli cati on s son t è
distin g ue r e n fon cti on du li e u d'i mplan -
tati on du sy stème :
1.2.1. REGIONS SO US-EQUIPE ES ET
TRES ENSOLEILLEES
Les systèmes de r é fr i g é r ati on è é n e rg ie
solaire sont e n pr e mi e r l i tu, de stin é s aux
plus dé mun ie s des ré g ion s qui bé n é fi ci e n t
d'un e n sole i lle me n t in te n se e t r é g uli e r .
C'est par e xe mple , le cas de zon e » i n té r i e ur e s
è la bande i n te r tr opi cale . Cas sy stème s pe u-
ve n t y joue r e n e ffe t un r ôle capi tal, car
ils offr e n t la possi bi li té da sati sfai r e des
besoins aussi vi taux que la con se r vati on
de denrées ali me n tai r e s. Par con sé que n t,
ils r e pr é se n te n t dan s ce os, un facte ur po-
te n ti e l de dé ve loppe me n t n on n é g lig e able ,
car ils pour r ai e n t palli e r l'i n suffi san ce ou
l'i n e xi ste n ce de di sposi ti fs de pr oducti on
ou de di str i buti on é n e r g é ti que s, ai n si que
le manque de moy e n s de commun i cati on s.
Mai s ce sous-é qui pe me n t n 'e st pas sans
poser de pr oblème s, car i l pe ut con dui r e
è adapte r à chaque foi s le sy stème fr i g o-
r i fi que e n fon cti on du con te xte local.
12.2. REGIONS DEVEL OPREES
Par con tr e , dans les ré g ion s dé ve loppé e s.
le r ôle des sy stème s de r é fr i g é r ati on solai r e
RGF - DECEMBRE 1982
60
est tout-à-fai t di ffé r e n t : i l n e s'ag i t plus de
pr oblème vi tal, mai s d'é con omi e . L'é n e r g i e
solai r e vi e n t alor s e n complé me n t d'un e
é n e r g i e cle ssique (é le ctr i ci té , fue l ou g az),
e t l'on r e che r che è di mi n ue r la con somma-
ti on de l'é n e r g i e factur é e .
1.3. LES CONTRAINTES LIEES
AUX SYSTEMES DE REFRIGERA-
TION SOLAIRE PAR ABSORPTION
Pour r e mpli r ple i n e me n t son r ôle , un sy stème
de r é fr i g é r ati on par absor pti on a n otamme n t
be soi n des é lé me n ts sui van ts :
- de la chale ur ,
- d'un flui de de r e fr oi di sse me n t,
- d'un e fai ble quan ti té d'é n e r g i e mé can i que
- e t aussi d'un mi n i mum d'e n tr e ti e n .
Re pr e n on s un par un chacun de ces be soi n s.
1.3.1. LA CONSOMMA TION DE CHA -
LEUR
La te mpé r atur e à laque lle ce tte chale ur doi t
êtr e four n i e est var i able sui van t les cas. Elle
est compr i se e n g é n é r al e n tr e 100 e t 180" C.
Il est don c possible d'ali me n te r un e machi n e
de r é fr i g é r ati on par absor pti on par des
colle cte ur s solaire s sans me ttr e e n œuvre
des di sposi ti fs tr op sophi sti qué s.
Mai s l'i n te r mi tte n ce jour -n ui t du r ay on -
n e me n t solai r e , comme l'é ve n tuali té de
pé r i ode s pr olon g é e s de ci e l couve r t pe u-
ve n t compli que r ce r tai n e s uti li sati on s de
ces machi n e s. En par ti culi e r , si l'on s'i n -
té re sse à la con se r vati on de pr odui ts con g e -
lé s, le ur te mpé r atur e de con se r vati on est
absolume n t à g ar an ti r afi n d'é vi te r le ur
dé té r i or ati on . Ce pr oblème est plus dé li cat
à r é soudr e que pour les sy stème s classiques
de con se r vati on , car les be soin s e n puissan -
ces fr i g or i fi que s ne son t pas obli g atoi r e -
me n t si multan é s aux pé r i ode s de di spon i -
bi li té de l'é n e r g i e solai r e .
Pour é vi te r ces pr oblème s de dé phasag e ,
on pe ut avoi r r e cour s à un di sposi ti f de
chauffag e d'appoi n t autr e que solai r e . Ce lui -ci
est e n g é n é r al aisé à r é ali se r , compte -te n u de
la te mpé r atur e r e lati ve me n t basse a laque lle la
machi n e con somme la chale ur . On pour r a
e n visag e r par e xe mple , toujour s e n fon cti on
des di spon i bi li té s locale s, un e chaudi èr e à
boi s ou à pai lle , ou. alor s, un br ûle ur à gaz
ou à bi og az.
Il est aussi possible d'é qui pe r le sy stème
ave c des stocks the r mi que s. Mai s pour des
r aison s é con omi que s, le ur i n té r êt est r e la-
ti ve me n t li mi té , sur tout si l'on ve ut assurer
l'e ffe t fr i g or i fi que que l que soi t l'e n sole i lle -
me n t . Mai s n oton s qu'un stock « chaud »,
c'e st-à-di r e e n tr e les colle cte ur s solair e s e t
la machi n e à absor pti on , pr é se n te le mé r i te
de r é g ular i se r la quan ti té de chale ur e n tr an t
dan s la machi n e fr i g or i fi que , e t par con sé -
que n t i l te n d à stabi li se r son fon cti on n e -
me n t.
1.3.2. LE FLUIDE DE REFROIDIS-
SEMENT.
En ve r tu du pr e mi e r pr i n ci pe de la the r mo-
dy n ami que , tout sy stème fr i g or i fi que doi t
é vacue r de l'é n e r g i e vers l'e xté r i e ur . La
soluti on g é n é r ale me n t la plus é con omi que
con siste è uti li se r de l'e au de r e fr oi di sse me n t.
Meis e n cor e faut-i l pouvoi r e n disposer en
quan ti té suffi san te , ce qui n 'e st pas obli g a-
toi r e me n t acquis de n s tous les cas.
A dé faut d'e au, on pour r a avoir r e cour s
è un r e fr oi di sse me n t de la machin e à ab-
sor pti on par l'ai r ambi an t, mais ce tte solu-
ti on appar aît moi n s é con omi que pui squ'e lle
r é clame de s surface s d'é chan g e the r mi que plus
i mpor te n te s. De plus, e lle est plus dé li cate è
me ttr e e n œuvre car la te mpé r atur e de l'air
ambi an t var i e , ce qui pe ut e n tr aîn e r e n pe r -
man e n ce des modi fi cati on s dans le cy cle
à e bsor pti on .
1.3.3.LA CONSOMMATION D'ENER-
GIE MECANIQUE
Comme n ous allon s le voi r , une machi n e
à absor pti on dans sa for me la plus classique
compr e n d n é ce ssaire me n t un e pompe . La
présen ce de ce lle -ci i n tr odui t une fai ble
con sommati on d'é n e r g i e mé can i que qui
é qui vaut à e n vi r on 1 % de la chale ur con som-
mé e .
Mais en fon cti on de la con fi g ur ati on du
sy stème fr i g or i fi que à é n e r g ie solai r e , ain si
que de la con sti tuti on de ses é lé me n ts, d'au
tr e s besoins en é n e rg ie mé can i que pe uve n t
appar aîtr e .
Sig n alon s par e xe mple les con sommati on s des
é ve n tue ls di sposi ti fs auxi li ai r e s suivants :
- úoude de captag e de l'é n e r g ie solai r e :
di sposi ti fs d'or i e n tati on des capte ur s, pompe
(s) de ci r culati on du flui de calopor te ur e n tr e
les capte ur s e t la machi n e à absor pti on .
- sy stème de r e fr oi di sse me n t de la ma-
chi n e : pompe de ci r culati on ou de puisage
de l'e au, ve n ti late ur s en cas de r e fr oidisse -
me n t à ai r pui sé , ou d'uti li sati on d'un e
tour de r e fr oi di sse me n t.
- mi li e u à r é fr i g é r e r : ve n ti late ur de cham-
br e fr oi de , son sy stème d'é clai r ag e ...
- r é g ulati on de l'e n se mble fr i g or i fi que à
é n e rg ie solai r e .
Le cumul de ces diverses con sommati on s
possibles e st, bi e n e n te n du, i con sidé re r
lors de la dé te r mi n ati on des pe r for man ce s
du sy stème e t à for ti or i , lor s de l'é tablisse -
me n t d'un bi lan é con omi que .
Pour assurer la four n i tur e de ce tte é n e rg ie
mé can i que , ce qui est n otable me n t plus
dé li cat dan s les r é g ion s sous-équipées qu'ai l-
le ur s, on pe ut fai r e appe l à de tr ès n om-
breuses soluti on s plus ou moi n s classiques.
Se lon la con sommati on totale , et bi e n sûr
les di spon i bi li té s locale s, on pour r a avoi r
par e xe mple r e cour s è un ré se au é le ctr i que ,
à un g r oupe é le ctr og èn e ou alors è des
soluti on s « énergies n ouve lle s » t e l l « que
mote ur s à bi og az, phatopi le s ou é oli e n n e s.
Noton s que ces de ux de r n i èr e s soluti on s
qui fon t appe l à des sources é n e r g é tique s
plus ou moi n s alé atoi r e s, n écessiten t des
di sposi ti fs de stocke g e d'é le ctr i ci té ou d'é n e r -
gie mé can i que .
Sig n e lon s e n fi n que ce r tain s systèmes fr i -
g or i fi que s solaires à cy cle s è absor pti on son t
spé ci e i e me n t de stin é s à des uti li sati on s e n
zon es sous-équipées e t isolé e s. Ils vi se n t,
comme n ous le ve r r on s plus loi n , è an n ule r
ce tte con sommati on d'é n e r g i e mé can i que .
1.3.4.LE PROBLEME DE L'ENTRE-
TIEN
La fi abi li té des machi n e s fr i g or i fi que s à
absor pti on a souve n t é té van té e , à juste
ti tr e d'ai lle ur s, compte te n u du fai ble n om-
br e de pièces mé can i que s qui les compose n t.
Mai s par con tr e , les é lé me n ts du sy stème
don t on e n tour e la machi n e à e bsor pti on afi n
de la fai r e fon cti on n e r è l'é n e r g ie solaire
n é ce ssite n t un mi n i mum de pr é cauti on s
si n on d'e n tr e ti e n . C'est par e xe mple le cas,
e n ce qui con ce r n e les colle cte ur s solaire s,
de leurs surface s r é flé chissan te s e t de le ur s
é ve n tue lle s di sposi ti fs d'or i e n tati on . Afi n
de li mi te r ces pr oblème s, la r usti ci té n 'e st
pas à n ég lig er e n par ti culi e r quan d i l s'ag it
d'un e uti li sati on e n zon e i solé e .
In té re sson s-n ous mai n te n an t aux machin e s
à absor pti on par e lle s-même s.
2-MACHINES A ABSORPTION POUR
LA REFRIGERATION SOLAIRE
Oe n ombr e ux ty pe s de mochin e s fr i g or i fi que s
uti li se n t le phé n omèn e d'absor pti on . Ce r tai n s
d'e n tr e e ux on t d'ai lle ur s é té spé ci ale me n t
é tudi é s pour un e appli cati on solai r e .
Ces machin e s di ffèr e n t bi e n e n te n du de per
le ur puissan ce , de par la te mpé r atur e è la-
que lle e lle s pr odui se n t l'e ffe t fr i g or i fi que ,
e t de par la te mpé r atur e du flui de qui les
r e fr oi di t. Mais elles pe uve n t aussi se di ffé -
r e n ci e r n otable me n t per le ur con fi g ur ati on
ain si que par les flui de s qu'e lle s r e n fe r me n t.
Né an moi n s le ur s pr i n ci pe s r e spe cti fs de fon c-
ti on n e me n t pr é se n te n t de n ombr e ux poi n ts
commun s, e t n ous allon s n ous in té re sse r à
un e xe mple : n ous con si dé r e r on s un e machi n e
qui ré é lise un cy cle à e bsor pti on con ti n u ave c
le mé lan g e e au-ammon i ac. Ce ty pe de machi -
nes appar aît d'ai lle ur s comme l'un des plus
pr ome tte ur s e n ce qui con ce r n e le r é fr i g é r a-
ti on solai r e .
2.1. PRINCIPES GENERAUX DE
FONCTIONNEMENT
2.1.1. RAPPEL DU PROBLEME
Pour pr odui r e du fr oi d, on doi t souti r e r au
mi li e u à r é fr i g é r e r de la chale ur e t le r e sti tue r
RGF - DECEMBRE 1982
61
e u mi li e u ambi an t qui se tr ouve à un e te mpé -
r atur e supé r i e ur e . Ce tr an sfe r t d'é n e r g i e est
de n s le sens opposé è ce lui des tr an sfe r ts qui
s'e ffe ctue n t n atur e lle me n t dans les échen g eurs
the r mi que s. Aussi a t on i mag i n é des cy cle s
pour ré alise r e t « pompag e de la chale ur ».
Il est è r appe le r , comme Cleusius l'i n di quai t
clai r e me n t dans son é n on cé du 2e pr i n ci pe
de le the r mody n ami que ( 2) , qu'un te l passage
de la chale ur de man de une compe n sati on .
En d'autr e s te r me s, toute pompe à chale ur ,
è e ffe t uti le fr i g or i fi que ou calor i fi que ,
con somme r a de l'é n e r g i e , pr i n ci pale me n t
the r mi que dans le cas de l'absor pti on .
2.1.2. BASE DU CYCLE A AB-
SORPTION
Pour ré alise r son e ffe t fr i g or i fi que un e ma-
chi n e à absor pti on uti li se un mé lan g e à de ux
con sti tue n ts : le solvan t e t le fr i g or i g e n e .
Pour l'e xe mple que n ous avons choi si , l'e au
est le solve n t, l'ammon i ac le fr i g or i g e n e .
Le lon g du cy cle the r mody n ami que , ce
mé lan g e change d'é tat phy si que e n tr e une
phase li qui de e t un e phase vape ur . Ces tr an s-
for mati on s sont pr i n ci pale me n t réalisées par
des appor ts ou des pr é lève me n ts de chale ur
assurés par l'un e des tr oi s sources the r mi que s
nécessaires à la machi n e , à savoir :
- la source fr oi de (le mi li e u à r é fr i g é r e r )
à laque lle on doi t pr é le ve r de la chale ur ,
- la source i n te r mé di ai r e (le mi li e u ambi an t)
qui r e çoi t de la chale ur ,
- la source chaude (le sy stème de captati on
solai r e ) qui four n i t l'é n e r g ie con sommé e par
la machi n e .
Afi n que les chan g e me n ts de phases du mé -
lan g e solvan t-fr i g or i g èn e soie n t possibles à
l'e i de de sources the r mi que s don t les n i ve aux
de te mpé r atur e son t tr ès di ffé r e n ts, on va
joue r sur de ux par amètr e s :
- sur la pression (comme dans les machin e s
à compr e ssi on ),
- e t sur la composi ti on du mé lan g e .
Avan t de dé cr i r e le cy cle à absor pti on , r appe -
lon s que lque s r é sultats de the r mody n ami que .
2.1.3.RAPPELS DE THERMODYNA-
MIQUE
Con sidé ron s d'abor d de l'ammon i ac pur .
Sa te mpé r atur e d'é bulli ti on (ou de con de n -
sati on ) var i e avec sa pr e ssi on . Pour dé te r mi -
ner la pre ssion P
s
de chan g e me n t de phase de
l'ammon i ac quan d on con n aît la te mpé r atur e
TS, on pe ut par e xe mple uti li se r la loi d'An toi -
n e , appli cable dans la g amme des te mpé r atu-
res cour an te s :
T
$
+ c
Ave c T
s
e xpr i mé e n Ke lvi n e t P
s
e n mm de
me r cur e . Les coe ffi ci e n ts A, B e t C pour
l'ammon i ac vale n t r e spe cti ve me n t : 16,95 ;
2132.5 e t 32, 98 (r é f .3) .
Bi e n e n te n du, ce tte r e lati on tr adui t le fe i t
que te mpé r atur e e t pression de satur ati on
var i e n t dens le même se n s. A ti tr e d'e xe m-
ple , l'ammon i ac pur chan g e d'é tat à 40 C
sous e n vi r on 16 be r s, alor s qu'à - 10° C,
ce chan g e me n t se pr odui t à 3 bar s.
Dans un cy cle à absor pti on , comme dans
un cy cle à compr e ssi on , on uti li se ce tte
pr opr i é té : on e ffe ctue un e con de n sati on
à haute pr e ssi on , d'où l'é vacuati on de la
chale ur vers le mi li e u ambi an t, e t un e eva-
por ati on à basse pr e ssi on , d'où l'e ffe t fr i g or i -
fi que sur la source fr oi de . Pour que ces de ux
tr an sfor mati on s se succède n t, on te mi n e
le con de n sât jusqu'à la pre ssion de l'é vapo-
r ate ur . Le cy cle à e bsor pti on di ffèr e du cy cle
à compr e ssi on dans la mé thode uti li sé e pour
r e mon te r la pression de la vape ur pr odui te
par l'é vapor ate ur e t le r e tour n e r à l'e n tr é e
du con de n se ur .
Dans la machi n e à absor pti on , ce tte r e compr e s-
sion fai t appe l aux pr opr i é té s des mélanges
que n ous allon s r appe le r .
Les chan g e me n ts d'é tat d'un mé lan g e ,
d'e au e t d'ammon i ac par e xe mple , son t plus
comple xe s que ce ux d'un cor ps pur : d'un e
par t, un n ouve au par amètr e i n te r vi e n t, la
composi ti on . D'autr e pe r t les chan g e me n ts
d'un e phase vape ur vers un e phase li qui de
e t i n ve r se me n t, ne s'e ffe ctue n t plus à des
te mpé r atur e s con stan te s. On par le r a don c
de te mpé r atur e de dé but d'é bulli ti on (ou
de fi n de con de n sati on ) e t de te mpé r atur e
de fi n d'é bulli ti on (ou de dé but de con de n -
sati on ).
Ai n si sous 3 bar s, un mé lan g e composé à
40 % d'ammon i ac comme n ce sa con de n sa-
ti on à, 117° C e t il est totale me n t li qui de
à par ti r de 40° C. Comme pour les corps
pur s, un accr oisse me n t de pression con dui t
à "un e te mpé r atur e de che n g e me n t de phase
plus é le vé e . Ce même mé lan g e à 40 % d'am-
mon i ac chan g e ra de phase , sous 16 bar s,
e n tr e 176° Ce t 100° C.
Voy on s e n fi n qu'e lle est l'i n flue n ce de la
composi ti on : toujour s sous 16 bar s, un
mé lan g e à 30 % d'ammon i ac (au li e u de
40 %) aur a pour li mi te s de chan g e me n t
de phase 189 C (au li e u de 176° C) e t
120° C (au li e u de 100° C) .
Il faut aussi n ote r que dur an t un chan g e me n t
de phase d'un mé lan g e d'e au e t d'ammon i ac,
le li qui de e t le vape ur e n é qui li br e n 'on t pas la
même composi ti on : con si dé r on s par e xe mple
du li qui de à 16 bars con te n an t i n i ti ale me n t
40 % d'ammon i ac. Si on le chauffe , i l com-
me n ce r a à boui lli r à 100" C, e t la pr e mi èr e
bulle de vape ur for mé e sera composé e de
95 % d'ammon i ac. Si l'on con ti n ue le chauf-
fag e de ce mé lan g e di phasi que , la te n e ur du
li qui de e t la te n e ur de la vape ur e n ammo-
n i ac von t toute s de ux di mi n ue r . Ai n si , à
120° C, le li qui de aur a un e te n e ur de 30 %
e t la vape ur un e te n e ur de 89 %. En fi n ,
quan d tout le li qui de aur a di spar u, c'e st-
à-di r e à 176° C, la te n e ur e n ammon i ac
de la vapeur aur a baissé jusqu'à 40 %, compo-
si ti on du li qui de i n i ti al.
La fi g ur e 1 r e pr é se n te de n s un di ag r amme
te mpé r atur e -composi ti on tr acé pour 16 bars
ce tte e bulli ti on : la cour be R (pour poi n t
de r osé ·) e t la cour be E (pour e bulli ti on
comme n çan te ) don n e n t, pour chaque te m-
pé r atur e , les composi ti on s e n ammon i ac
r e spe cti ve me n t de la vape ur e t du li qui de .
Fi g ur · 1 : Re pr é se n tati on de l'é bulli tkm
sous 16 bars d'un m Wange à 40 % d'ammo-
n i ac.
L = li qui d· i n i ti al
w
0 = 1èr e bulla de vapour
1 = de r n i e r · g outta li qui d·
V. = vapour fi n ale
L
o
L
1 = li qui das an e bulli ti on
V V
o 1 = vape ur s for mé e s
A la fi g ur e 2, que lque s un e s des vale urs
n umé r ique s pr é cé de n te s son t r e g r oupé e s.
Voy on s mai n te n an t que l est la sché ma de
base d'un e machi n e à absor pti on .
2.1 A.SCHEMA DE BASE D'UNE MA-
CHINE A ABSORPTION
Il est r appe lé à la fi g ur e 3. Nous avon s quatr e
appar e i ls qui pe r me tte n t d'é che n g e r de l'é n e r -
gie the r mi que e n tr e le coupla solvan t-fr i g or i -
gène e t les tr oi s source s the r mi que s :
- le boui lle ur qui est chauffé par la source
chaude r e çoi t un e puissan ce n oté e Pg .
- l'é vapor ate ur souti r e le puissance calo-
r i fi que Pg à sa sour ce fr oi de . Ce lle -ci
de vr a don c êtr e à un e te mpé r atur e un
pe u supé rie ure à ce lle du flui de ci r cu-
le n t dans l'é vapor ate ur pour que le tr an s-
fe r t the r mi que puisse s'e ffe ctue r .
- le con den seur fon cti on n e eu con tact
de le sour ce i n te r mé di ai r e e t y r e je tte
le puissance Pp.
RGF - DECEMS*£ 1982
62
Pression
Ammoniac pur
30 H d'ammoniac
40 % d'ammoniac
16 bars
40° C
entre 120°C
et 189° C
entre 100°C
et 176°C
3 bars
­ 10° C
entre 40°C
et 117°C
Figura 2 : Exampias da températures da ctiangamant da phase dun malanga d'eau et d'ammo­
niac an fonction da la pression at da la composition. Nota : Un mélange da 40 % d'ammoniac
porté sous 16 bars à 120 C donna un liquida contenant 30 % d'ammoniac.
Source i nt er médi ai r e Source
(F)
Source Pg
chaude"
Boui l l eur
l
i
froi de
condenseur | évaporat eur
( L
PL ID,
H
Absorbeur
i
J
ompe
Π
Source
i nt ermédi ai re
>ion zone haute pression zone basse pression
Figura 3 : Machina de basa F — Fluide frigorigena, L — Liquida pauvre en frigorigene,
L — Liquida riche
p
­ l'absorbeur, comme le condenseur, donne
de l'énergie à le source intermédiaire
(puissance ΡA) .
Dans ces quatre appareils et dans les cana­
lisations qui les relient régnent deux niveaux
de pression. Le bouilleur et le condenseur
fonctionnent à haute pression ( Hp), tandis
que l'éveporateur et l'absorbeur sont à basse
pression ( Bp).
Les circuits heute et basse pression sont
reliés par une pompe de circulation et deux
détendeurs. La pompe consomme la puissance
Décrivons maintenant les évolutions que
suit le mélange solvant­ frigorigène à travers
ces appareils.
Le solvant est le fluide le plus « lourd »,
c'est­ à­ dire qu'à pression donnée, il bout
à une température supérieure à la tempé­
rature d'ébullition du fluide frigorigene.
Lors de l'ébullition isobare d'un mélange
solvant­ frigorigène. le solvant est aussi le
constituant qui tarde à se vaporiser.
C'est ce phénomène que l'on met à profit
dans le bouilleur qui est alimenté ?a·· le
liquide riche en frigorigene ( Lr ) . Ce mélange
y ast partiellement vaporisé et les deux
phases résultantes y sont séparées. Il sort
d'une pert une vapeur F très riche en fri­
gorigene, et d'autre pert un liquide pauvre
en frigorigene Lp.
La vapeur Ρ est envoyée dans la condenseur.
Comme se pression est H elle se condense
à une température relativement haute, un
peu supérieure à celle de la source inter­
médiaire. Durant sa condensation la vapeur
F cède la puissance Pc.
Le condensât est ensuite laminé à travers
le détendeur D2 jusqu'à la pression Bp
A cette pression qui règne dans l'évapo­
rateur, le fluide F subit un nouveau chan­
gement de phase en recevant la puissance
Pp_ de la source froide.
D'autre part, le liquide pauvre Lp produit
par le bouilleur est laminé par le détendeur
D y jusqu'à la pression Β et arrive à l'absor­
beur. Cet appareil reçoit aussi la vapeur
produite par l'évaporateur et mélange les
fluides F et L„.
Afin que la­ machine fonctionne dans de
bonnes conditions, il ne doit sortir de l'absor­
beur que du liquide. En particulier pour éviter
le cavitation da la pompe è solution, la liquide
riche doit avant de quitter l'absorbeur, ètra
sous refroidi : En d'autres termas sa tempé­
rature doit être inférieure à celle de se fi«
de condensation.
La puissance P. qu'évacua l'absorbeur vers le
source intermediaire correspondra donc à fa
somme :
­ d'une chaleur de condensation du fluide
frigorigene,
­ d'une chaleur produite par l'opération de
mélange exothermique du fluide frigori­
gene et du liquide pauvre,
­ de le chaleur correspondant au sous­refroi­
dissement du liquide riche formé.
Bien que l'évaporateur et l'absorbeur soient
à la mime pression, et que le source inter
médieire soit à une température supérieure
à celle de la source froide, la vapeur peut
quand même se condenser dens l'absorbeur.
En effet, le liquide riche qui sort de l'absor­
beur n'a pas la même composition que la
vapeur à condenser. L, résulte d'un mélange
avec le liquide pauvre en frigorigene, at i
contient donc plus de solvant que la vapeur
F. Ainsi le température de fin d'absorption
est plus élevée que la température d'ébulli­
tion du fluide dans l'évaporateur.
Enfin, la pompe remet à le haute pression la
liquide riche formé dans l'absorbeur et le
renvoie au bouilleur.
Pour préciser ce cycle, on peut par exemple
fixer quelques valeurs numériques prises dans
le tableau de la figure 2 :
­ les pressions Hp et Bp valent respective­
ment 16 et 3 bars.
­ la solution riche contient 40 % d'am­
moniac et son ebullition commence à
100° C. dans le bouilleur.
­ A 120" C, Lr produit un liquide à 30 %
d'ammdniac qui est la solution pauvre
L

­ La vapeur d'ammoniac F produite prati­
quement pure par le bouilleur condensa à
40° C et s'évapore à ­ 10° C.
­ Et enfin, l'absorption se termine à le tem­
pérature de fin de condensation sous 3
bars du liquide riche, c'est­ à­ dire à 40° C.
2.2. AMELIORATIONS DU SCHEMA
DE BASE
Afin d'accroître les performances d'une ma­
chine à absorption, différentes modifications
de le machine de basa peuvent être effectuées.
Les deux premières modifications que nous
allons décrire, le rectifieur et l'échangeur so­
ROF - DECEMBRE 198?
63
lution, sont en général retenues, car les
complications qu'elles entraînent sont rela­
tivement limitées vis­à­vis de l'augmentation
des performances qu'elles apportent.
2.2.1. LE RECTIFIEUR
Comme l'indique la figure 4, on place cet
appareil au­dessus du bouilleur. Son rôle
est de purifier la vapeur du frigorigene qui
se dirige vers le condenseur, c'est­ à­ dire
de renvoyer au bouilleur l'eau qui s'y est
vaporisée.
En effet, si trop de solvant quittait le bouil­
leur par le circuit frigorifique, l'effet de
pompage de la chaleur ne pourrait s'effec­
tuer : le figure 5 représente en fonction de
le teneur en ammoniac de la vapeur frigori­
gene les plages de températures de la conden­
sation à 16 bars et de ('evaporation à 3 bars.
Pour 100 % d'ammoniac, les chaleurs latentes
apparaissent à ­ 10° C et 40° C. Mais avec
1 % d'eau dans l'ammoniac, ('evaporation
n'est terminée que vers 35° C, 5 C seulement
sous la température de fin de condensation.
Notons que le rectifieur n'apparait pas dans
toutes les machines à absorption. Par exemple,
dans les machines de climatisation au Bro­
mure de Lithium­ eau (l'eau étant le frigori­
gene), cet appareil est inutile : le sel contenu
dans la solution. Lr ne peut s'évaporer.
Enfin, signalons que différentes configura­
tions sont possibles pour placer cet appareil.
Par exemple, la solution riche peut alimenter,
non pas le bouilleur comme à la figure 4,
meis le rectifieur.
i
T ( ° C) .
100'
3 bar s

90 953 100
Teneur en ammoniac
Figure 5 : Influence de la rectification du
fluide frigorigene : La condensation d'un
mélange à 99 % d'ammoniac sous 16 bars te
produit suivant C, at son evaporation sous
3 bars suivant E.
J»C
ρ
tf
E
E
/
Reet
i f i eur TT*
rQ
Récupérat eur
D * ^ «­
Echancéur sol ut i on
Figure 4 : Schéma da principe d'une machina à absorption
2.2.2. L'ECHANGEUR SOLUTION
Il est dû à Altenkirch et son rôle est capital
car il diminue la puissance à fournir au
bouilleur et celle à évacuer à l'absorbeur.
On le place (figure 4) entre le circuit
de liquide riche et de liquide pauvre.
Le liquide pauvre sort du bouilleur à son
point d'ébullition, et donc à la plus haute
température du cycle. D'autre part, le
liqude riche qui a été refroidi dans l'absor­
beur puis repompé, doit être chauffé par
le bouilleur pour atteindre sont ebullition.
On diminuera donc la puissance à fournir
au bouilleur en préchauffant le liquide riche
par échange thermique avec le liquide pauvre.
La diminution de Pß n'est pas la seule consé­
quence avantageuse de cet échangeur. Il
permet de disposer d'un liquide pauvre plus
froid à l'entrée de l'absorbeur. La puissance
que celui­ ci eura à évacuer vers la source
intermédiaire sera donc plus faible, pour
une température de sortie d'absorbeur don­
née.
La figure 6 représente l'influence de cet
échangeur sur l'efficacité frigorifique e f
d'une machine à absorption fonctionnant
entre les températures de ­ 8,45 et 125 C.
L'échangeur solution y est caractérisé par son
pincement, c'est­ à­ dire l'écart minimum entre
les températures des liquides riche et pauvre.
A pincement nul, c'est­ à­ dire pour une surface
d'échange infinie, la puissance échangée est
maximum, et 6 f l'est également. Si le pin­
cement est plus important, la puissance
échangée est plus faible comme l'indique
la courbe, et la surface d'échange et l'effi­
cacité frigorifique diminuent.
2.2.3.LE RECUPERATEUR SUR LE
CIRCUIT FRIGORIGENE
Nous evons vu que l'échangeur solution
permettait de diminuer la puissance au
bouilleur. En d'autres termes, la quantité
de fluide frigorigene pour une puissance
Ρ g donnée peut être accrue per l'insertion
de cet appareil.
Par ailleurs, on eméliore la qualité de cette
vapeur frigorigene si l'on ajoute le rectifieur.
Le récupérateur sur le circuit frigorigene
a pour but de mieux tirer parti de cette
vapeur que l'on a peine à produire.
Supposons en effet que le condenseur n'im­
pose pas au fluide frigorigene un sous­ refroi­
Figure β : Influence
da l'échangeur solu­
tion, ùû est son pin­
cement.
RG F ­ DECEMBRE 1982
64
dissentent. A la sortie du condenseur, nous
aurons alors un liquide à le haute pression
H et à son point d'ébullition commen­
çante. Lors du laminage dans 0 . jusqu'à
Β , une fraction du fluide frigorigene va
se vaporiser, du fait même de cette détente.
L'évaporation à l'intérieur de l'évaporateur
ne sa produira alors que sur une partia du
fluida frigorigene. La puissance prélevée
à la source froide en sara donc d'autant
dimiouée.
Afin de réduire, sinon d'éviter cette éve­
poration prématurée du frigorigene dans
la détendeur, on sous­ refroidit le condensât
avec un échangeur thermique placé entre
les sorties du condenseur et de l'évaporateur
(figure 4) . Cet échange thermique du conden­
sât vers la vapeur est possible bien que ces
deux fluides soient de même composition
et tous deux proches de leurs températures
respectives de changement de phase. En
effet, le condensât est à haute pression,
donc à une température supérieure à celle
de la vapeur à basse pression qui sort de
l'évaporateur.
Ce récupérateur accroît la puissance frigo­
rifique, et il augmente d'autant calla qua
l'absorbeur doit évacuer.
Pour les mêmes conditions qu'au paragraphe
2.2.2., la figure 7 représente l'influence de cet
échangeur, dont la puissance maximum
ast environ 20 fois plus faible qua calla de
l'échangeur solution.
2.3. MACHINES APPARENTEES
Comme nous l'avons déjà précisé, le cycle
que nous venons de décrire n'est pas le
seul à utiliser le phénomène d'absorption
d'un frigorigene par un solvant.
Nous nous limiterons ici à donner très suc­
cinctement quelques caractéristiques propres
è d'autres types de machine à absorption.
Pour plus de détails, on pourra se reporter
à la bibliographie (références 1,4 et 8 par
example).
­ Cycles à absorption à deux étages :
A sources froide et intermédiaire données,
nées, ces cycles peuvent être effectués
avec une source chaude à plus faible tem
parature que les cycles à un seul étegi.
Cette propriété est intéressante car les capteurs
solaires pourront fonctionner à plus basse
température. En contrepartie, les machi
nas à deux étages sont plus complexes et
comprennent 2 pompas à solution.
­ Cycles à résorption : Les mêmes remar
ques que précédemment peuvent être effec­
tuées, sauf en ce qui concerne les pompes.
Mais il faut aussi noter que l'effet frigorifi­
que de ces mechines n'est pas produit à une
saule température, et qu'il est étalé sur
plusieurs degrés Celsius.
­ Cycles à absorption et à fonctionnement
intermittent : Les machinas qui l'utilisent
présentent une simplicité certaine et aucune
pompe n'est nécessaire. Ceci assure, en plus de
l'autonomie mécanique, une fiabilité accrue.
Mais leur simplicité est au détriment de leur
efficacité. Notons que dans ces machines, le
solvant n'est pas nécessairement transvasé et
qu'il peut être remplacé par une phase solide.
Dens ce ces, le machine est dite à adsorption.
­ Cycles à absorption diffusion : Comme
les précédentes, les machines à absorption­
diffusion ne consomment pas d'énergie mé­
canique. Leur principe repose sur l'introduc­
tion dans les appareils normalement à basse
pression (évaporateur, absorbeur,...) d'un gaz
inerte ne se condensant pas. Elles sont actuel
(ornent fabriquées an grandes séries (Electro­
lux) et utilisées comme réfrigérateur de
camping.
­ Cycle à absorption et i moteur intégré :
Ce cycle a été spécialement étudié pour
la réfrigération solaire en zone isolée : l'au­
tonomie mécanique est atteinte car un mo­
teur de détente utilise l'écart de pression
entre le bouilleur et l'absorbeur pour action­
ner la pompe à solution. Le moteur peut
être plus puissant que la pompe et entraîner
quelques auxiliaires.
2.4. COUPLES SOLVANT­FRIGO­
RIGENE.
La recherche de couples solvant­ frigorigène
pour les machines frigorifiques à absorption
a donné lieu à de nombreux travaux (9 à 13).
o , u .
P/ P
max
1 "
' 0 , 5 -
0
l
0
i
e
f
I
0
1
20
> I
Uo
ΔΘ ( o
c )
Figura 7 : Influence du
pincement de l'écnengeur
frigorifique
Meis on préfère encore à l'heure actuelle
dens les mechines industrielles da réfrigéra­
tion (à température inférieure de 0 CI
le couple que F. Cerré utilisait déjà an 1850.
l'ammoniac­ eau. Les chaleurs latentes mises
en jeu sont en effet importantes at la phéno­
mène d'absorption est favorisé par la fait
que l'eau est très svida d'ammoniac. L'eau
peut en effet absorber 676 fois son volume
de gaz ammoniac a 20 C et 1 ber. L'inconvé­
nient majeur de ce mélange est la valeur
élevée de le pression qu'il nécessita au bouil­
leur rentre 10 et 20 bars.
2.5. TEMPERATURE DE FIN D'E­
BULLITION
Pour les systèmes frigorifiques à absorption
et à énergie solaire, la température de fin
d'ébullition de la solution dans la bouilleur
est un paramètre très important. Ella a en
effet deux influenças capitales :
­ D'une part sur le système de captage de
l'énergie solaire. Cette température est la
plus élevée de la machine a absorption et
elle fixe la température de le source chaude.
En conséquence, c'est d'ella qua dépend le
choix du type des capteurs solaires à utili­
ser : phis ede sera élevée, plus las capteurs
seront sophistiqués. Notons aussi, qu'une
fois le type de capteur choisi, elle aura une
influence sur leur rendement.
­ D'autre part, la température de fin d'ébul­
lition agit sur le cycle thermodynamique, et
en particulier sur son efficacité frigorifique.
Mais contrairement à l'influence qu'à la
température de la source chaude sur l'effi­
cacité d'une machine tritherme parfaite,
augmenter la température dans une machine
à absorption ne conduit pas nécessairement
à un gain en efficacité.
La figura 8 donne l'évolution do l'efficacité
frigorifique pour un cycle réélise entre 3 et
18,8 bars dans une machine conforme au
schéma de la figure 4. La tempéreture d'éva­
poration est ­ 8° C et celles de condensation
et de fin d'absorption égales à 45° C.
La courbe d'efficacité présente un maximum
pour une température de fin d'ébullition de
125° C. Celui­ ci résulte des deux effets contra­
dictoires plus qu'à une augmentation de la
température de bouilleur :
­ Un accroissement de cette température
conduit, pour un titre de solution riche,
des pressions et une puissance frigorifique
fixés, à une diminution du débit de solution
riche. Cette dimininution apparaît sur la
courbe qs de la figure 8.
­ Par ailleurs, quand on élève le température
du bouilleur, l'enthalpie des fluides qu'il
produit (solution pauvre et vapeur) augmente
La figure 8 donne l'évolution de Δ H qui
est variation d'enthaipie par kilogramme
de solution riche des fluides traversant le
bouilleur.
RG F ­ DECEMBRE 196?
65
O
J
0
I AH
«'(kJ/kg)
­1000
500
L 0
120 1U0 160 (°C)
Figure 8 : Influença
da la tamparatura da
fin d'ébullition.
Or le produit de ces deux paramètres q
et Δ H n'est rien d'autre que la puissance
à fournir au bouilleur, et cette puissance
intervient directement, à puissance frigo­
rifique donnée, sur l'efficacité frigorifique.
Notons que la forme de ces courbes dé­
pend de la configuration de la machine à
absorption, et en particulier des circuits
qui relient le bouilleur, le rectifieur et le
condenseur. Pour la configuration donnée
au schéma de la figure 4, on remarquera
que le maximum de la courbe d'efficacité
qui donne la température optimale du
bouilleur, est fortement marqué.
3 ­ CONFIG URATIONS DE L' EN­
SEMBLE FRIG ORIFIQUE SOLAIRE
A ABSORPTION
Comme nous l'avons indiquée au chapitre 1,
divers éléments autres que les capteurs so­
laires, la machine à absorption et l'enceinte
à réfrigérer peuvent entrer dans la compo­
sition du système frigorifique solaire. C'est
en particulier le cas des stocks thermiques
et du dispositif d'appoint.
Nous allons présenter ici quelques exemples
de résultats obtenus par un modèle de simu­
lation (réf. 14). Ils illustrent l'importance de
la configuration du système quand la tem­
pérature du milieu à réfrigérer doit rester
quasiment constante.
3.1. LE SCHEMA CONSIDERE
Le schéma général considéré est représenté
par la figure 9. Il comprend deux stocks
thermiques : un « froid » placé entre l'éva­
porateur et la chambre à réfrigérer, et un
stock chaud entre les capteurs et le bouilleur.
Le stock froid permet de diminuer la puis­
sance de la machine à absorption. En effet,
si la machine à absorption devait assurer,
seule, une température constante dans la
chambre, elle devrait être dimensionnée
pour couvrir les pointes des besoins instan­
tanés en froid.
Quant au stock chaud, il permet d'emma­
gasiner la chaleur d'origine solaire quand le
rayonnement est très intense. Il la restitue
quand ie rayonnement est trop faible pour
assurer le chauffage du bouilleur, ou quend il
est nul.
3.2. LE MODELE DE SIMULATION
Il suppose un fonctionnement de la machine
à absorption en régime permanent. Son
efficacité frigorifique est donc constante.
Par exemple e f = 0,33.
A titre d'exemple, deux modes de fonction­
nement seront envisagés :
­ le fonctionnement continuel de le machine
à ebsorption ( 24h/ 24) que nous repérerons
dans ce qui suit par M = 1, M étant la durée
de fonctionnement rapportée à 24h.
­ le fonctionnement diurne pendant les 8
heures les plus ensoleillées de la journée
( M = 1/3). Dans ce cas, les effets transitoires
lors de la mise en marche et de l'arrêt sont
négligés.
Le modèle comprend deux parties : l'une
simule le fonctionnement des capteurs so­
laires, et l'autre détermine le puissance
frigorifique à fournir à chaque instant à la
chambre froide.
Les capteurs sont cylindro­ paraboliques et
l'on calcule par bilans thermiques leur
rendement de conversion en fonction de
l'intensité φ du flux solaire qu'ils reçoivent
et du débit q du fluide caloporteur qui les
traverse, φ est supposé suivre une fonction
sinusoidale du temps et le débit da calo­
porteur croît linéairement avec φ . Cette
régulation du débit a pour but d'assurer
en sortie de capteur une température quasi­
constante. Celle­ ci étant toujours supérieure
à la température de fin d'ébullition du cycle
à absorption, l'énergie captée pourra être
transférée dans le bouilleur. Les pertes ther­
miques du stock chaud sont négligées.
Les besoins instantanés en froid sont cal­
culés pour le refroidissement puis la congé­
lation de produits. A titre d'exemple, deux
modes de chargement de la chambre froide
sont envisagés : dans le scénario I I , c'est
chaque sixième de la masse journalière à
Ext éri eur
t
P + Ρ
C A
777
capt eurs Machine à
absorpt i on
Stock froid
chambre
frigorifique
Figura 9 : Insertion das stocks chaud et froid
RG F · DECEMBRE 1982
66
congeler qui entre dans la chambre toutes
les 4 heures.
Pour chacun des 4 cas envisagés, (2 durées
de fonctionnement de la machine à absorp­
tion et 2 scénarios de chargement), on cal­
cule la quantité de chaleur ou de froid que
les stocks doivent pouvoir emmagasiner
pour que le système fonctionne. Voyons
quelles sont leurs capacités nécessaires.
3.3. LE STOCK FROID
La masse journalière réfrigérée étant iden­
tique dans tous les cas, la puissance frigori­
fique moyenne (sur 24 h) est quasiment une
constante. En toute rigueur, elle croît légère­
ment avec le nombre d'ouvertures des portes.
Cette puissance moyenne (Pp) permet de
déterminer la puissance de l'évaporateur :
PE = PF / M
La quantité de froid disponible dans le stock
à l'instant t est donnée par
P
F( t>­
d t C
F( t r
C
F
( t o) +P
E
■— · f t
( t­ t
0
) ­
; t o
et l'amplitude des variations de cette fonction
donne la capacité du stock froid.
La partie supérieure de la figure 10 repré­
sente, pour chacun des scénarios I et I I , le
nombre des masses présentes dans la chambre.
Les instants marqués « i » sont les charge­
ments. La puissance frigorifique à fournir
à la chambre est, en moyenne, 17,6 kW et
elle passa, pour le scénario I, par un maxi­
mum de 69,5 kW qui dans le cas du scénario
Il est 26,1 kW. Le maximum pour le scénario
I est plus élevé : en effet, les quantités de
chaleur que dégagent les masses lors de leur
introduction dans la chambre doivent être
compensées toutes en même temps par
un apport de f rigor ies.
Les deux courbes au centre de la figure 10
donnent l'évolution de Cp en fonction du
temps pour le fonctionnement continue
de la machine à absorption. La puissance
frigorifique de celle­ ci est dans ce cas égale
à Pp. Le point « c » indique l'instant de
début de congélation des masses introduites
à 10 h. On notera l'écart entre les capaci
tés du stock en fonction du scénario.
Les évolutions du stock froid pour M = 1/3
sont données par les deux courbes du bas.
La machine a alors une puissance Pc de
52,8 kW, qu'elle réalise entre 8 h et 16 h
(point « a I I ) . Ceci a pour conséquence un
volume nécessaire de stock froid nettement
plus important que dans le cas d'un fonc­
tionnement continuel.
Notons aussi un avantage non négligeable
de cette production continue de trigones
qui est une puissance minimale de la machine
à absorption. Il en est de même de son coût,
mais, comme nous allons le voir, ce point
de vue n'est sûrement pas l'idéal en ce qui
concerne le stock chaud.
niasse
ans La
hambre
/ '
J
F
ι Γ
>n u r i o
.' ,.· kW
;
ni x: !
Üconari o I I
i'. . = ï t · , I kW (maxi )
,:υ
a·.
■—ι T—r—r
i .: 'J
I h
= Γ ι , - kW
1 y.
- /
(k'rf. h)
= 77 kW.h
C
I
­
ι
M = Wi
C„ = 15 kW.h
F
Λ
<\<\fV\
3h
M = 1/ 2
Figure 10 : Influença du scénario de chargement I I ou I I I et du mode de fonctionnement de
la machine à absorption ( M = 1/ 3 ou 11 sur la capacité C_ du stock froid.
3.4. LE STOCK CHAUD
La puissance à fournir au bouilleur dépend
du mode de fonctionnement de la machine.
Avec l'efficacité frigorifique de 0,33 que
nous avons pris dans cet exemple, nous eurons :
­ pour M = 1 PB = 53,3 kW
­ pour M = 1/3 PB ­■= 160 kW
Notons que l'évolution du stock chaud ne
dépend pas du scénario de chargement de la
chambre frigorifique, mais de la puissance
fournie au bouilleur, en intensité et en durée,
et du fonctionnement des capteurs solaires.
Le premier graphe de le figure 11 représente
l'évolution de quelques paramètres des
capteurs : le flux solaire φ, le profil du
débit q et la température T . de sortie du
caloporteur.
Quand T. devient inférieure à une consigne
(ici 148° CI, le débit est annulé et la puissance
fournie au stock devient nulle.
Les deux diagrammes du bas représentent res­
pectivement pour M = 1/3 et M = 1 les évolu­
tions de Pp. et de la capacité du stock chaud.
Cc (t) est donné par :
Cc (t) = Cc( to)+
•Ίο
"(t) ·
c
pf
( T
f s ( t ) -
T
f e
) d ,
-
p
B
( t
-
t o )
C-f étant la chaleur massique du caloporteur,
TJe la température d'entrée dans les capteurs
(ici 125° C) et η le nombre de capteurs.
Les conditions de captation étant supposées
identiques dans chaque cas (même φ, même
T f r même régulation), et l'énergie à produire
étant la même, la surface de captage est
commune à tous les cas envisagés. Nous
avons considéré ici 300 m
2
de capteurs,
ce qui est légèrement surebondant. En
effet, le stock chaud est légèrement plus
chargé après une période de 24 heures
qu'au début. Ce surplus d'énergie stockée
peut éventuellement couvrir 6 % de la consom­
mation journalière du bouilleur.
Notons enfin le rapport entre les capacités
du stock chaud pour ces deux fonctionne­
ments : En passant de M = 1 à M = 1/ 3, la
valeur maximum de Cr. est divisée par un
facteur d'environ 4,7.
L'ensemble des valeurs numériques obtenues
pour ces 4 exemples de fonctionnement sont
regroupées eu tableau de le figure 12.
RG F ­ DECEMBRE 1982
67
T(°C) ύ (kW/πι )
ι
160
ι U o
120
Pg(kW)
100 . 1)0
'Λ V ,..„., fi.
ι (con:;icr.o) π
C
c
(kW.h)
P
B
(kW)
loo
0 1
Figure 11 : In-
fluence sur le
capacité du stock
chaud du mode
de fonctionne­
ment do la ma­
china é absor­
ption ( M = 1/3
ou 1).
Notons que ce modèle est applicable à toute
machine tritherme de réfrigération solaire.
Il peut être utilisé pour des machines à
absorption, et en particulier pour celles qui
sont mécaniquement autonomes puisque, tel
qu'il est décrit ici, il ne prend pas en compte
de consommation d'énergie mécanique. Mais
on peut aussi l'utiliser pour un système
globalement tritherme et composé par exem­
ple d'une centrale thermodynamique solaire
couplée à un groupe à compression.
Enfin, signalons que nous n'avons évoqué
ici qu'un cas d'école, mais que ce modèle
est opérationnel pour un cas réel. Il suffit
d'affecter à 0 des données météoroliques
mesurées et de définir le scénario de char­
gement en fonction de besoins à satisfaire.
3.5. CHOIX DE LA CONFIG URA­
TION
La consommation de l'énergie solaire étant
gratuite, on s'attachere principalement à
minimiser les coûts d'investissement du sys­
tème. Le rendement global de l'installation,
c'est­ à­ dire froid produit rapporté à l'énergie
solaire interceptée, n'est pas, en général, un
critère décisif. Ici, il est d'ailleurs identique
pour les 4 cas que nous venons d'envisager
(environ 18%) .
Plutôt que ce rendement, il apparaît préfé­
rable de considérer comme second critère
la fiabilité du système. En effet, las coûts
liés à sa maintenance peuvent devenir consi­
dérables, surtout en régions isolées.
Néenmoins, il semble délicat d'effectuer une
optimisation économique universelle. En effet
les trois paramètres qui permettent de choisir
la configuration du système solaire, c'est­ à­
dire la puissance de le machine à absorption
et la capacité de chacun des stocks, ne condui­
sent pas à une solution optimale unique (ta­
bleau 12). Il faudra donc sur la basa des
valeurs numériques indiquées par ce tableau,
dégager un compromis. Celui­ ci résultera
des coûts entraînes par chacun des compo­
sants du système et pourra conduira à une
mndification des scénarios de chargement
ou eu choix d'un troisième mode de fonc­
tionnement de la machine à absorption.
Par ailleurs, divers paramètres peuvent verier
notablement d'un cas à l'autre : per exemple
le prix de le machine est fonction du fluide
qui la refroidit, celui des stocks dépend de
leur technologie, et la sécurité des produits
à réfrigérer varie énormément en fonction
de leur nature.
Mais deux remarques
à considérer :
importantes sont
­ le stock froid fait appel à des technolo­
gies parfaitement bien maîtrisées et de longue
date par les frigoristes. Il utilise des produits
peu onéreux (saumures, eutectriques..) et
pour couvrir un même besoin en frigories sa
capacité est plus faible que celle d'un stock
chaud. En effet ikj de chaleur stockée en
amont du bouilleur ne pourra produire que
e f kj de froid à l'évaporateur, et avec les
machines habituelles ε f est inférieur à l'unité.
La deuxième remarque concerne le stock
chaud : sa capacité peut être considérable­
ment réduite dans la mesure où un eppoint
thermique est disponible.
Rappelons en effet que la possibilité d'un
chauffage hybride du bouilleur solaire +
biogaz par exemple, est un avantage très
Mode de fonctionnement
de la machine
frigorifique
Scénario de chargement
de la chambre
Surface de capteurs
solaires
Capacité du stock chaud
Puissance frigorifique
de la machine à absorp­
tion
Capacité du stock froid
M = 1
(fonctionnement
continuel)
1
(1/ jour)
II
(6/jour)
M = 1/3
(fonctionnement en
1 fois 8h/ 24h)
1
(1/ jour)
I I
(6/ jour)
300 m
2
660 kWh
17,6 kW
( 15100»ngVh)
77 kW.h 15 kW.h
140 kW.h
52.8 kW
(45 500 fng/ h)
224 kW.h 275 kW.h
Figure 12 : Comparaison de 4 systèmes seleiros produisent la mime quentité do froid quoti­
diennement ( 360 000 frigories)
RG F · DECEMBRE 1982
68
interessant, surtout quand la sécurité des
produits à réfrigérer est en jeu.
Notons aussi que l'on peut imaginer dans un
système frigorifique solaire à absorption
d'autres typas de stocks :
­ stocks à température intermédiaire : ils
permettant de différer l'évacuation des
puissances de l'absorbeur et du condenseur
vers la source intermédiaire. On pourra
ainsi transférer les puissances de ces appa­
reils sur cas stocks durant le jour, puis re­
froidir cas stocks la nuit. Ce système appa­
raît d'autant plus intéressant que l'écart
entra las températures diurne et nocturne
de l'air ambiant est grand.
­ stocks internes. Ils contiennent du fluide
frigorigene, de la solution riche ou de le
solution pauvre. Par exemple, il est possible
da produira plus de condensât quo l'évapo­
rateur n'en consomme. Ainsi durant le
fonctionnement du bouilleur et du conden­
seur (le jour) on stocke en amont du déten­
deur D2 du fluide frigorigene. Celui­ ci pourra
('évaporer la nuit, produisent l'effet frigori­
fique, alors que la bouilleur n'est pas chauffé.
CONCLUSION
La filière de production du Froid Solaire
par une machine à absorption peut être
retenue pour satisfaire des besoins très divers.
Aussi, il n'existe pas, a priori, de dispositif
universel et une adaptetion doit être effectuée
ifin de résoudre au mieux cheque problème.
Mais les possibilités qu'offre cette filière
tont très larges : les systèmes qui la mettent
m œuvre peuvent présenter de profondes
différences. En particulier ils peuvent se
distinguer :
­ par le type de machine à absorption
utilisé, dont chacun possède ses avantages
et ses inconvénients,
­ par la puissance frigorifique et la tempé­
rature à laquelle elle doit être produite,
­ per le fluide de refroidissement qu'elle
utilise ainsi que se température.
­ par la configuration générale de l'ensemble
frigorifique solaire,
­ et aussi en fonction des disponibilités
lóceles (entretien, combustible d'appoint,
énergie mécanique, etc.).
Rappelons enfin que cette filière peut contri­
buer à résoudre des problèmes viteux. Il
apparaît donc souhaitable que la recherche
continue dens cette voie et qu'elle débouche
rapidement sur des applications concrètes,
même si celles­ci ne sont pas, d'emblée,
parfaitement optimisées.
REFERENCES
1. F. TROMBE, M. FOEX : « Sur la pro
duction de froid à l'aide du rayonnement
solaire ». ­ Compte­ rendu hebdomadaire
de l'Acad. des Sciences, t.242 n° 8 ( 1956).
2. C. G LAPISZ : G rande Encyclopédie
atlas ­ Tome 1 Physique ­ Edit. ARASME
( 1976).
3. REIO, PRAUSMITZ, SHERWOOD : « The
properties of Ges and liquids » Mc. Graw
Hill ( 1977).
4. M. DUMINIL : « Les méthodes de pro­
duction de froid et leur adaptation à l'utili­
sation de l'Energie solaire ». Cahier n° 5
AFEDESI 1978).
5. P. 0 EG OIX : « Les armoires frigorifi­
ques à absorption ». Edit. G IRAROOT
( 1950)
6. P. P. et A. B. : « La production des basses
températures. L'appareil Electrolux ». « Sys­
tème VON PLAT EN­ MUNST ERS». La Re­
vue G énérale du Froid et des Industrias Fri­
gorifiques. Tome VI I (1926).
7. P. DEG OIX :« Le réfrigération électrique
automatique ». G uida du Moniteur. Edit.
G IRAROOT (1949).
8. P. VELLUET, R. OEHAUSSE : « Study
and Optimization of a Self­ Operating Ab­
sorption Cycle for Solar Refrigeration ». ISES
Solar World Forum, Brighton (1981)
9. A. MANSOORI and V. PATEL : « Ther­
modynamic basis for the choice for working
fukts for solar ebsorption cooling systems ».
Solar Energy 22 ( 1979).
10. M. FELLI end F. MATTIUCI : « P­ T­ x
experimental data of working mixtures for
absorption refrigeration ; evaluation of their
performances with low generator tempera­
tures ». XVè Congrès International du Frak).
VENISE (sept. 1979).
11. W. MILLER and a. « Absorption refrige­
ration cyclo ». U. S. Patent 2 408 802.
12. Β. J. EISEMAN : « Why réfrigèrent 22
should be favored for absorption refrige­
ration »: ASH RAE Journal (december 1959).
13. U. SELLERIO : «L'emploi des hy­
drocarbures halogènes et notamment du R I 2
dens les machines frigorifiques à absorption,
à fonctionnement continu ». Le Revue
Générale du Froid n° 3 (1966)
14.P. VELLUET, R. OEHAUSSE . «Ut i ­
lisation d'un cycle à ebsorption pour le
réfrigération solaire ». Rapport d'Etudes
E.N.S.M.P. ­ COMES (1980).
REMERCIEMENTS
L'étude des systèmes de réfrigération solaire
a été développée au Centre d'Energétique de
l'Ecole des Mines de Paris avec les aides du
COMES et de la CEE que nous remercions
ici pour leur concours.
POUR RECEVOIR REGULIEREMENT
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Voir conditions page 668
RQF ­ DECEMBRE 1962
69
ANNEXF Λ Τ Γ
Publication au SOLAR WORLD FORUM ­ ISES
R. BRIGHTON 23­2B August 1981
STUDY ANO ΟΡΤΙΠΙΖΑΤΙΟΝ OF A SELF­OPERATING
ABSORPTION CYCLE FOR SOLAR REFRIGERATION
P. VELLUET and R. OEHAUSSE
Centre d'Energétique, Ecole das Hines de Paris
60. boulevard Saint­nichel
75006 ­ PARIS
ABSTRACT :
In this study a new absorption cycle is defined to solve refrigeration pro­
blem in remote countries. This system requires only thermal energy and can be hea­
ted by either solar energy or agricultural wastes combustion. A simulation of
this system has been made and soma optimization results are presented in this
paper.
KEYMORDS :
Solar refrigeration j absorption machines ; thermodynamic optimisation
The aim of the research :
We purpose to study a solar frigorifie system for preservation in remote
countries of tropics. The mean characteristics of this system are as following:
­ the temperature of 0°C and also negative ones can be reached. This makes possi­
ble ice making, refrigeration and congelation, and intends this 3ystem for the
large populations who have to solve difficult problems in conservation of foods
and pharmaceutical products.
­ this system requires only thermal energy. So it can run without any near grid,
and this is a very interesting feature for its use in developping countries. It
can also provide the frigorifie effect even if solar radiation is lacking, du­
ring the night or cloudy days. This is possible without a very big thermal
storage because an auxiliary heating is easily provided by combustion of agri­
cultural wastes or biogaz. and it is enough for running the whole machine.
The studied system :
The system we study in the Centre d'Energétique de l'Ecole des Mines de
Paris is based on a frigorifie absorption cycle. We use water­ammonia mixture
which allows high efficiencies even for temperatures below 0°C. Let us note that
all the sorption systems using water as frigorifie fluid (LiOr ­ H2O absorption
machines and zeolithes­water adsorption machines) ore not suitable to this kind
of utilization.
A diagram of a classical absorption machine Is shown in fig 1 with full
70
lines. Its loops have a high pressured zone and low pressured one.
In the high pressured zone the boiler (B) is feeded with strong ammonia-
water solution (ss), and it is heated by solar energy. It makes, on one hand weak
solution Iws) and on the ot vapor tv) which contains about /5 \ of am-
monia. This vapor is cleared of the included water by the rectifier (R) and then
condenses in (C) which is cooled by external water for example.
The condensated ammonia is throttled and then flows into the low pressure
zone. It evaporates in the evaporator (E) and gives the required cooling effect.
In the same time, the weak solution made by the boiler is cooled inside the
heat-echanger [HD, and then throttled. The absorber (A) receives ammonia vapor
and weak solution, mixes them, and regenerat.es the strong solution while relea-
sing the absorption heat.
The solution pump (P) has to increase again to its first value the strong
solution pressure and to inject it into the boiler. This pump is the only compo-
nent of the absorption machine which requires mechanical energy and it is less
powerful than the compressor of a frigorifie compression machine (about 10 times).
For an utilization in remote countries, it is very interesting to make such
a machine self-operating. In order to do so, the pressure difference between the
boiler and the absorber is used to run a vapor engine (fi). The engine loop is
shown in dashed lines on fig 1. This engine is fed with part of the ammonia-water
vapor made by the boiler, and the mechanical power it produces is used to run the
solution pump.
It is possible to improve the thermodynamic cycle by adding an heat-exchan-
ger on the frigorifie loop (H
2
) . Like the solution heat exchanger (HD, H
2
is not
obligatory, but it increases the efficiency of the frigorifie machine.
Let us mark also that the expanding engine in the absorption machine al-
lows to produce more mechanical energy than the pump requires. The excess energy
may be useful for different purposes, such as the ventilation of the cooled space,
the orientation of the solar collectors, etc ...
THE SIMULATION MODEL :
This self-operating frigorifie system has formed the subject of a computer
modelling. The input data are on one hand the thermodynamic properties of the
water-ammonia mixture, and on the other hand the values which permit the determi-
nation of the absorption cycle with the expansion thrcjgh the engine. These last
data may fall into three categories :
- the parameters setting the needs : they are set by the problem, and they in-
clude in particular the evaporation temperature and the excess power the engine
has to produce
- the parameters taking into account tho dovicee imperfections : they gi/ e the
efficiencies of the pump and the engine, and the minimum temperatures differen-
ces between the two fluids inside each heat-exchanger. The model can point out
the effect of all those parameters on tho frigorifie effoctivness of the sys-
tem, and in particular the interest to design the machine with the additional
heat-exchangers
71
- and at last, tho computing perameters which are indispensable to define the whola
thermodynamic cycle. The choice of their values are first arbitrary. The moael
permits to optimize them, with taking into account the needs and the imperfection
parameters. Among these computing parameters one can find the subcooiings in tne
condenser and in the absorber.
Let us Jiote that the maximum temperature inside the boiler has been
considered as a computing parameter and not as a datum set by the problem. The va-
lue of this parameter is a very important one because it determines, after opti-
mization of the absorption cycle, the choice of the solar collectors class to be
used. Finally the collectors class in particular depends on the temperature of
the cooled space and the temperature of the fluid cooling the absoreer and the
condenser.
After the determination of the mass and energy balances, the model de-
fines the whole thermodynamic cycle (temperatures, mixtures qualities, enthalpies
. . . ) , and calculates the frigorifie efficiency :
«
f
- P
E
/P
B
(1)
with P^ and Pp the power respectivly of the evaporator and the boiler.
THE MODEL RESULTS
As an exemple some results are shown below . they had been obtained for
needs set by :
- an evaporation temperature equal to -8°C
- a condensation temperature equal to 45
e
C.
The minimum temperature differences between two fluids inside the
heat-exchanger (Η , H ) are each equal to 5°C.
Pump and engine losses have been taken into account with an overall
efficiency, which is defined by :
η - (P
D
K / (P
M
) (2)
o P h M a
with : (Pp)
n
as the hydraulic power of the pump and (P„ )
a
as the adiabatic power
of the vapour engine.
In the following exemples n
c
is equal to 0,60.
- Effect of the excess_mechanical_power
This system is firstly frigorifie, but it is also able to produce mecha-
nical energy. The excess power is the difference between the engine and the pump
mechanical powers :
axe M 0
The effect on the frigorifie efficiency e
f
of the excess power P
s x c
is
shown in fig 2, with a boiler temperature equal to 135°C.
For the data given above, the frigorifie efficiency of a classical ab-
sorption cycle without an expansion engine iB eqjal to 44.2 \ (point c) . and the
pump power (P
0
) is equal to 1.6 '-. of the frigorifie power of the machine.
When the excess power is equal to zero (point a) tho device becomes me-
chanically self-operating. Its frigorifie efficiency is less then a classical
absorption cycle one by 2.9 \ . A so small drop of the frigorifie efficiency shows
the interest of this proposed system. Let us note that such a machine is strictly
72
External wate
Fig. 1 ­ Absorp­
tion machine with
its included
engine
'V
Pooling effect
Sol
energy
N
t­ Cb
DO
π
ι ·
­ C x } — *
^ £ >
External
water
\
a 3­source one, because it exchanges energies only with three thermal sources
(with the boiler, the condenser and the absorber, and the evaporator). Its frigo­
rifie efficiency £f can be compared with a theorical 3­source frigorifie machine
one, the expression of which is usualy written :
te
f
J
th
1
T
3 "
T
2
T
2 *
T
1
(4)
with T­|, T
2
, T3 as the temperatures at which the thermal powers are exchanged
(Τι < T
2
< T3 and expressed in Kelvins)
In our example U f )
t h
is equal to 1.10 and the ratio of the efficiencies
C
f
/(c
f
)
th
­ 0.375 (5)
is
In fig 2, the frigorifie efficiency of the machine is also shown, when
it is at the same time a frigorifie and driving device (P /P > 0). So, one
can define a compound efficiency with :
e x C
°
Ρ ♦ P,.
exc E
P
B
(6)
This efficiency may be compared with (ε jJ^p, the compound efficiency
of a theorical frigorifie and driving 3­source machine : thB thermodynamic laws
one can find :
CT.
c th
(p*i;
( p . T
r V
T
2
)
C7)
with ρ as the quotient of the two effects of the machine :
ρ ­ Ρ /P
c
exe E
For example with a ρ « 7.7 %(point b), the t^. value is 0.315 and
­ Effect_of the boiler temperature
In figure 3. the efficiency of a classical frigorifie absorption ma­
chine is shown v.s the boiler temperature (curve c). One can also see the result
(8)
(9]
73
for a self­operating machine (curve a).
These two curves pass through a maximum, and the best boiler temperature
is a little higher for the self­operating cycle, thon for the classical one.
­1 0
Fig. 2 ­ Effect of Ρ
Fig. 3 ­ Effect of the boiler
temperature
kJ/kg
1000
9l0 ' ­130 ' 15'0 ' 1 7 0 ^
This maximum is due to the two conflicting effects of an increase of 'Jhe
boiler temperature.
On one hand, given pressures and strong solution quality, when the
boiler temperature increases, the strong solution flow decreases, as it is shown
with the curve q
s
in figure 3.
Oo the other hand the higher tha boiler temperature is. the greater are ·
the enthalpies of fluids the bailer produces : in figure 3 the enthalpy variation
ΔΗ (for 1 kg of strong solution) of the fluids through the boiler is shown.
But the product of these two parameters q
3
and ΔΗ is the boiler power
and P
B
appears in the relation (1) of cf.
It is important to note that the shape of the curves of ef has been
obtained with the diagram of the machine shown in figure 1. In particular, these
curves depend on the loops between the boiler, the rectifier and the condenser.
So these curves would be different with other kinds of absorption machines.
­ Effect of the temperature difference inside_the hoat exchanger of the frigorifie
loop
The heat exchanger H2 (fig 1), located between the exists of the conden­
ser and the evaporator is not obligatory to tit absorption cycle. But it increases
the frigorifie efficiency cç of the device, as this is shown in figure 4.
Without, this heat­exchanger tf is e'jual to 41 % for a classical frigo­
rifie machine (curve c), and it becomes equal to 39 \ for a self­operating one
(curve a). In these cases the heat­exchanrjar area and the power Ρ which is exchan­
74
P/P
1 1 r
O 20 40 "C
Fig. 4 ­ Effect of tha temperature
difference of fluids through H2
ged are equal to zero. The temperature difference is 53°C.
If this difference is equal to zero, which would need
of this heat­exchanger, the values of ε­f are equal to 48 \ and 4
sical and the self­operating macnines. The exchanged heat is max
These results point out the two effects of this tempe
on the cost of the solar machine. A larger value of this diffère
exchanged haat. and then tha area of the heat exchanger H
2
. But
is also increased, for given frigorifie effect, and then it is t
on the area of the solar collectors. From these curves, it will
find an economical compromise, with taking into account the empi
and the cost of a square meter of both the solar collectors and
ger. The result of this compromise will be the choice of the be
temperature difference. We shall not give with precision this va
depends on each particular case. But it is probable that in gene
into account the ratio of the cost of heat exchangers and collec
ference temperature would be better.
THE CONCLUSIONS ­
an infinite area
3 \ for the clas­
imum (P/Pmax * U ·
ratura difference
nee reduces the
the boiler power
he same effect
be possible to
oyed technologies,
this heat exchan­
st value of this
lue because it
ral case, taking
tors, a little dif­
Tha computer program which has been developped allows to optimize the
whole absorption frigorifie cycles with integrated vapour expander. This optimi­
zation depends on the needs, and in particular on the evaporation temperature and
the middle thermal source on?.
Let us note that this system which uses the ammonia­water mixture can
give evaporation temperature less 0°C while maintaining interesting frigorifie
efficiencies.
In addition, the integration of a vapor engine in an absorption cycle
is a very attractive solution : it does not reduce very much tho frigorifie effi­
ciency and it shows the enormous advantoie to moke the machine self­operating. So,
75
this frigorifie device which uses thermal energy (solar power or combustion of
wastes) seems very suitable for an utilization in remote countries for conser­
vation of food and pharmaceutic produces.
ACKNOWLEDGEMENT
The authors would like to express their gratitude to the Commissariat
à l'Energie Solaire, and to the Commission of the European Communities which
have both supported this research.
NOMENCLATURE
Ρ ­ heat exchanger power
P
n
­ boiler power
Pp ­ evaporator power
Ρ ­ excess power
exc
H
P„ ­ engine power
P
M
­ engine adiabatic power
π a
Ρ ­ pump power
P_ . ­ pump hydraulic power
q ­ strong solution flow
q ­ weak solution flow
w
Τ.,Τ ,T_ ­ temperatures thermal sources
ΔΗ ­ enthalpy variation
ε ­ compound efficiency
ε ­ frigorifie efficiency
Π ­ overall efficiency
o
ρ ­ ratio of the two effects of the system
77
ANNEXE M I I
CHOIX DU TYPE DE MOTEUR ET OE POMPE
I ­ PRINCIPE DU CHOIX D'UN TYPE DE MACHINE A FLUIDE
Pour choisir le type de machine qui convient le mieux à une
application déterminés, on compare les données du problème aux possibi­
lités techniques des divers types dont l'emploi peut être envisagé. Cette
comparaison ne peut se faire rapidement qu'en se servant des théories
de similitude, car beaucoup de grandeurs varient non seulement avec le
type de la machine, mais encore et surtout avec sa taille (par exemple
la puissance et la vitesse angulaire). C'est pour s'affranchir de cette
dépendance à la taille qu'il faut utiliser des grandeurs qui resteraient
invariantes dans une similitude rigoureuse.
Pour que deux machines soient semblables en ce qui concerne l*é
volution du fluide au sein de ces dispositifs, il faut d'abord qu'elles
soient géométriquement semblables. Ceci permet de caractériser chaque ma­
chine par une seule dimension de référence D et de définir des points
homologues (Si les machines sont à fonctionnement périodique, il est par
ailleurs facile de repérer des temps homologues). Les deux machines seron.
hydrauliquement semblables si les vitesses d'écoulement du fluide sont
les mêmes en des points et des temps homologues. Mais ces égalités ne se­
ront assurées que si on respecte certaines relations entre les conditions
de fonctionnement des deux machines.
Les machines à fluide qui nous intéressent ont pour rôle, soit
de détendre le fluide pour produire de l'énergie mécanique (moteurs à
fluide, c'est­à­dire les turbines et les moteurs volumétriques rotatifs
ou alternatifs), soit de fournir de l'énergie au fluide (machines géné­
ratrices : pompes.ventilateurs, compresseurs). L'évolution du fluide dans
ces machines se produit toujours assez vite pour que le processus reste
pratiquement adiabatique. Comme en général le fluide entre dans la ma­
chine et en sort avec des vitesses peu différentes, on peut négliger la
variation d'énergie cinétique correspondante et on peut prendre comme
travail de référence le travail de la détente ou de la compression adia­
batique réversible. Ce travail par unité de masse du fluide s'évalue par
la différence d'enthalpie entre les états d'entrée et de sortie, soit
Ah en J/kg, c'est­à­dire en (m/s) . Quand le fluide peut être considéré
comme incompressible (machines à liquide, ventilateur) on a l'habitude de
se servir de la hauteur H (en m) utilisée ou produite par la machine : à
travers la machine la variation d'énergie potentielle équivalente par
unité de masse vaut gH en (m/s)2. Dans ce cas. si les vitesses d'entrée
et de sortie sont les mêmes, on a encore gH = Δρ/ρ , Δρ notant la diffé­
rence de pression entre les deux issues de la machine et p la masse spé­
cifique constante du fluide.
Une première condition de similitude porte sur le rapport des
énergies cinétiques dans la machine à ce travail de référence. L'énergie
cinétique s'exprime à partir d'uno vitesse de référence U (m/s). Il faut
78
alors que le rapport μ = —=■ ou *=■ (qu'on nomme dans les pompes
U U
pouvoir manométrique) soit le même pour les deux machines. Cette rela­
tion suffirait pour assurer l'invariance des équations générales d'é­
coulement si le fluide était sans viscosité et avec des vitesses pas
trop élevées (< 100 m/s pour fixer provisoirement les idées).
La seconde condition de similitude concerne les conditions aux
limites du champ d'écoulement. Comme à l'intérieur de la machine il y a
déjà similitude géométrique et cinématique des limites solides de l'écou­
lement et comme nous excluons le cas de la cavitation, la condition
s'applique juste à l'entrée et à la sortie de la machine. Elle définit
ainsi des régimes de fonctionnement homologues pour les deux machines
grâce à l'égalité des coefficients de débit
6 ■ — z - x — (Q débit volumique, U et D vitesse et dimen­
UD sion de référence)
Les effets de compressibilité affectent beaucoup l'écoulement
à l'intérieur de la machine. Si on se rapproche trop OJ. dépasse la vites­
se du son dans le fluide. Ces phénomènes sont caractérisés par un nombre
de Mach M ■ U/c, c étant la célérité du son en un point de référence
du fluide : En pratique ces effets ne prennent d'importance qu'avec des ge
et dans certaines turbomachines dont nous verrons plus loin qu'elles ne
conviennent pas aux données de notre problème.
ι
Quant aux pertes, elles ont des origines variées. Les pertes de
charge, pertes par fuites et par frottements visqueux sont conditionnées
par la viscosité et l'importance relative de ces effets peut être carac­
térisée par un nombre de Reynolds R
x
UD/(n/p), η/ρ désignant une visco­
sité cinématique du fluide. Les pertes mécaniques par frottement de
Coulomb ("frottements secs") ne dépendent, dans des machines semblables,
que des coefficients de frottement. Enfin les pertes thermiques feraient
intervenir des nombres habituellement employés en transfert thermique.
En définitive, dans le problème qui nous occupe, celui du
choix d'un type de machine où ni les pertes, ni les effets de compressi­
bilité n'ont une importance déterminante, nous n'avons à retenir que les
deux premiers facteurs de similitude u= (Ah ou gH)/U^ et 6= Q/UD^.
pour
En fait on utilise souvent des combinaisons de p et de δ
former les grandeurs spécifiques Ν et D :
N/Q . U /Q » /s" .... ­ ....
N
s
=
"ITÄ
= A
Õ —374
= A
—374
= VltGSSe SpUClfiqUe
Ah Ah μ
79
(A est une constante qui dépend de la définition de la vitesse de ré­
férence U et de l'unité choisie pour N, la fréquence ou la vitesse an­
gulaire de la machine).
DAh
1/4
G
1/4
ã
diamètre spécifique réduit
Dans ce qui suit N sera toujours en tr/mn, 0 en m, Q en m /s et
Ah en J/kg (* m^/s^). il faut cependant noter que le produit N3.D3
ne dépend pas de δ et vaut A//¡7 , si bien que dans certains domaines
techniques on préfère garder le couple de variableslM et μ .
S
La théorie de la similitude justifie seulement que deux va­
riables indépendantes (μ,6) ou (N
s
, D
s
) ou (Ν
3
,μ) permettent d'assurer
la similitude approximative des fonctionnements de deux machines géomé­
triquement semblables (approximative parce qu'on néglige les effets de
perte et de compressibilità qui feraient intervenir d'autres variables
secondaires). Mais quand on fait l'étude constructive détaillée de cha­
que type de machine de manière à obtenir des machines à fonctionnement
correct et en particulier à bon rendement énergétique, il apparaît un
fait nouveau d'une grande importance pratique : un type de machine ne
peut être réalisé qu'avec une gamme plus ou moins limitée de vitesses
et de diamètres spécifiques, ce qui permet de délimiter dans un diagram­
me (D
s
, N
s
) par exemple le domaine technique convenant à chaque type de
machine et ce qui par ailleurs introduit en fait une corrélation empiri­
que entre ces deux variables.
Avant de présenter une version de ces diagrammes, nous allons
considérer deux exemples particuliers de machines pour montrer l'ori­
gine de ces limitations qui tiennent soit aux possibilités constructi­
ves (par exemple limites de résistance des matériaux ou limites de la
précision industrielle), soit à l'exigence d'un rendement convenable.
Soit une pompe centrifuge dont la géométrie de roue et les
vecteurs­vitesses sont suffisamment
définis sur le schéma ci­contre.
Nous nous bornons ici au fonction­
nement au régime normal (ce qui
signifie l'absence de chocs à
l'entrée dans la roue, ce régime
/
étant voisin de celui de rendement
global maximal). D'après la for­
mule classique d'Euler
80
a' U' r .
Sä- =. Ï Î Z Ë =. E l
U>2
u
,2 U' hyd
r
t a n d i s que l e c o e f f i c i e n t de d é b i t v aut
_ V' πΟ' η' V'
0 e e h '
π.
2 2 U' " D'
| l r > » i n n i ' U
U' D' U' D'
C'est un fait général que dans les turbomachines les deux coefficients
de similitude peuvent s'exprimer en fonction de rapports géométriques
(ici h'/D'), des rapports de vitesses (a'/U' et V'
e
/U') et de rendements
(rendement hydraulique r^yq). Les expressions des grandeurs spécifiques,
en prenant ici U' = D'N/60 conduisent alors aux formules de dimensionne­
ment rapide :
V 1/2 ­3/4 3/4
Ν 1— (IL . __£ ) (5_) (S? } JL
60/π
u u r
hyd VQ
„ . , V' ­1/2 , 1/4 ­1/4
/π hyd
et les grandeurs spécifiques peuvent s'écrire :
K,Jñ Λ κ. V' 1/2 ­3/4
Μ N/Q 1 r
h
β , ,a' ,
f
,
n.r u i
1
/
4
­. κ.
ν
' "Ι/2 , 1/4
_. D'(gH) 1 .h' e, ,a' ,
D * » » Γ . 1 ι—— . Γ 1
Lors de l'étude détaillée des pompes centrifuges, on constate
que c'est la limitation convenable des diverses pertes qui amène à limi­
ter la plage de variation de N
s
et de D
s
. En particulier cette étude monti
que l'optimum correspondant pour μ est voisin de 0,50 (en pratique on se
tient presque toujours dans l'intervalle 0,45­0,55). Le rendement global
est bon pour N
s
> 3 et plafonne à partir de N
s
= 5 jusqu'à la limite supé­
rieure conventionnelle N
s
= 8 au­delà de laquelle on passe a un autre typt
de turbopompe (pompes centrifuges à grande vitesse (spécifique)). Au­
dessous de N
s
= 5 le rendement baisse rapidement et on ne descend guère ai
dessous de 3 pour les pompes à une seule roue. Ces valeurs s'appliquent .
aussi à chaque étage d'une pompe centrifuge multicellulaire : en employan
k roues identiques de N
s
- 4 et qui agissent en série, on réalise une
machine de vitesse spécifique globale N
s
= 4.k~3/4 et qui garde un bon rei
dement (avec k = 10 étages Ν =0,7).
s
(χ) On notera que dans la plupart dos ouvrages techniques N
s
est dûfi
ni par N/ yH
3 / 4
et δ à partir du rayon D'/2, d'où des valeurs habituelle­
ment citées différentes.
81
Dans une pompe volumétrique, il n'existe pas de relation entre
la vitesse et la pression produite. En réalité la pression peut être
quelconque dans les limites de résistance de la machine et elle n'est
fixée que par la caractéristique du système où la pompe s'insère. Il s'en
suit qu'on ne peut pas trouver pour μ d'autre expression que sa défini­
tion. Par contre, aux fuites près et en excluant cavitation ou dégazage,
le débit ne dépend que de la vitesse de rotation et il est indépendant de
la pression. Comme précédemment le coefficient de débit s'exprime en fonc­
tion de rapports géométriques.
Prenons le cas particulier d'une pompe à engrenages avec deux
pignons égaux. La formule la plus simple (mais un peu approximative) don­
nant 3e débit peut s'écrire :
Q = 2ns D L N/60

Ν ■ vitesse angulaire en tr/mn
D = diamètre primitif des pignons (c'est aussi l'entraxe)
L = longueur axiale des pignons
s = saillie des engrenages (hauteur de la dent au­dessus du
primitif)
(ces 3 dimensions en m)
Si la vitesse de référence est la vitesse tangentielle au primitif
U = πϋΝ/60 . Q = 2UsL et
δ * Q/UD
2
= 2(s/D) (L/D)
(Avec une denture normale, s est égale eu module M et D * η M, η le
nombre de dents des pignons, et donc s/D ■ 1/n).
Ü ^ _
=
JL·
(
y l k i
1 / 2
rlü,
1/2
u
­3/4
M = '21* „ JL_ r
2
2. ± ) fiai
3
( g H )
3 / 4 60
° '
D
U
2
nr uiV4 . ­1/2
u
1/4
D = °m .( 2¿.i) Æ
3
fi
D D
u
2
Sans chercher ici à expliciter les limitations sur les diverses
grandeurs, contentons­nous d'en indiquer brièvement l'origine :
02
Grandeurs Limites inférieures Limites supérieures
à gH donné, augmentation , à pression d'aspiration donnée«
relative des fuites phénomène de cavitation
L/D idem ­ mauvaise portée des pignons
ι se déformant en torsion­flexion
gH augmentation relative des ­ limites de résistance surtout
pertes par frottement j des paliers
¡(conditions liant L/0 et gH)
s/D j géométrie et cinématique des engrenages utilisables
Les deux diagrammes (figures 38 et 39) suivants représentent don
graphiquement les possibilités techniques d'une part des moteurs à fluide
courants (des turbines aux moteurs à pistons) d'autre part des pompes. Ces
figures sont extraites de l'ouvrage de Kreider (Medium and high tempera­
ture solar processes, ρ 195 et 197) qui a lui­même adapté ces résultats
d'un travail signalé en bibliographie. Les échelles d'origine comporte
la vitesse spécifique N
s
= N/Q/Ah^/ , avec les unités Ν en tr/mn, Q
en ft3/s et Ah en ft.lb/lb (x), et le diamètre spécifique avec 0 en pieds.
Pour passer aux unités que nous employons (N en tr/mn, Q en m^/s,
h en J/kg et D en m) il faut multiplier les valeurs indiquées pour N
s
par
0,07400 et pour D
s
par 2,38156 : les valeurs obtenues sont portées sur les
échelles supplémentaires Ν (S.I) et D (S.I.).
^
H
s s
Rappelons que ces diagrammes ne donnent que des corrélations
empiriques. Les courbes qui y figurent sont donc obtenues en faisant choix
de valeurs moyennes représentatives (par exemple pour les pompes centri­
fuges on obtient une relation entre D
s
et N
s
en choisissant pour μ une va­
leur constante, par exemple 0,5 : la courbe ainsi tracée peut ensuite appr
ximativement être graduée en rendement, mais celui­ci dépend en réalité
de nombreux facteurs dont on ne peut pas tenir compte ici) . Il ne faut
donc pas attacher trop de précision aux indications de ces diagrammes, mai
il n'en reste pas moins qu'ils permettent de choisir rapidement le type
de machines convenant à une application déterminée, et d'en estimer les
grandeurs principales (N et D).
(x) Ah étant exprimé aihsi en pieds, il s'agit d'une hauteur équivalente
Pour la conversion dans le système SI il faut d'abord exprimer cette
hauteur en mètres, puis introduire le facteur g = 9,81 m/s
2
(SI)
. 100
10
tre
rJn έ-1 "i
o a: ι O O : JO O Î Ô CO I OOJ cceoi 03 06 ι 3 6 io JO (>Ü ΙΟΟ JOO eoo toco Koct oco· : : :
Speciiic stred IM5I
co
­ l ­ I ■■ .
(SI)
0.0001 0,001 0, 01 0. 1
10 100
FI G UR E . 1 Specific speed­ specific diameter performance maps for all common expander types, τ, denotes the
efficiency related tu total inlet pressure and static exhaust pressure. [Adapted from (lili).]
(SI)
s
-100
-10
30 60 100 300 600 1000 3CC3 ««."OC lOOOC
I
(SI)
0 . 0 0 0 1 0 . 0 0 1 0 . 0 1 0 . 1 10
100
FIGURE 2 Specific speed-specific diameter performance maps for all common pomp types. r¡ denotes the efficiency
related to static exhaust pressure and total inlet pressure. (Adapted from (BÎ).)
■P­
85
2 ­ CONDITIONS DE FONCTIONNEMENT
a) dujnoteur
Pour le cycle thermodynamique traité en exemple au chapitre
II­R­2 . le fluide moteur est un mélange à 85,2 % d'ammoniac. Son débit
est de 2,79 kg/h pour une puissance mécanique du moteur de 170 W.
Les principaux paramètres thermodynamiques à l'admission et à
l'échappement du moteur sont regroupés dans le tableau ci­dessous,
pour une détente réversible et pour une détente de rendement adiabatique
égal à 0,80.
Pression (bar)
Température (°C)
% de liquide
. en masse
. en volume
Enthalpie globale h
(kcal/kg)
Entropie globale
(kcal/kg.°C)
Taux de détente
. en pression
. en volume
Admission
(Etat 1M)
18,8
135
OCvapeur
saturée)
412
2,
Echappement
(Etat 2M)
R .. * 1 R .. ­ 0,80
dA dA
3
77.5
9.43
0.025
340
1264
6.
1/4,85
81.2
I
i
»
I
7.07
ι
0.018 I
ι
I
354 I
I
2.1737
27
1/5.03
86
Cette détente motrice est réalisée sur un écart important de
pression et par un faible débit. Mais surtout, elle présente la particu­
larité de s'effectuer, non pas sur un fluide pur, mais sur un mélange. De
plus, la vapeur admise eat à son point <Jn rnsiiu.
La nature et la qualité du fluide admis distinguent cette déten­
te des détentes motrices habituelles. Ces conditions d'admission très
spéciales nous ont conduits à poser quelques hypothèses afin de détermi­
ner l'état du fluide à l'échappement.
Nous avons, comme pour les détentes plus classiques, considéré
un rendement adiabatique. Celui­ci est une des caractéristiques de la
détente et est défini par le rapport entre la chute "réelle" d'enthalpie
massique et la variation d'enthalpie lors de la détente adiabatique réver­
sible (donc à entropie constante) entre les mêmes pressions.
Comme l'indiquent les résultats du tableau, la détente théorique
et la détente à rendement de 0,80 conduisent à un fluide diphasé en sor­
tie du moteur. Dans nos calculs, nous avons supposé que le liquide produit
était en équilibre thermodynamique avec la vapeur (même pression, même
température, et équilibre de masse).
La quantité de condensât formé dépend directement de la valeur
du rendement adiabatique Rq/\. Pour la détente parfaite (RqA " H»
e t s
*
le triple équilibre est effectivement atteint, près de 10 \ en masse du
fluide moteur se condensent. Comme l'indique la figure 40, la proportion
condensée sera d'autant plus petite que le rendement Rq/j, sera faible. Elle
est nulle pour les valeurs de Rq/\ inférieures à 0,21. On a alors en échap­
pement une vapeur surchauffée. Pour R ^ = 0,21, la vapeur d'échappement
est saturée, et pour les valeurs supérieures, la masse de condensât formés
suit pratiquement une fonction linéaire.
Cette figure représente aussi les variations des enthalpies
globales (H2n) et de la vapeur seule (H2p]
v
) à l'échappement.
De par la définition du rendement adiabatique, H2p| est linéaire
et est égale à l'enthalpie en admission (Hu»]) pour R ^ ■ 0. D.
a
ns
c e c a s
la
détente serait alors un laminage, et la puissance mécanique produite
serait nulle. La vapeur d'échappement est surchauffée jusqu'à Rc7\ " 0,21.
où commence la courbe H représentant l'enthalpie de la phase vapeur.
La valeur de ce rendement, considérée à 0,80 dans l'exemple du
chapitre II­B­2 est d'une très grande importance. En effet, de lui dé­
pend d'abord la puissance mécanique produite par le moteur, et donc l'ef­
ficacité frigorifique de la machine. Par ailleurs, la quantitt
condensée est aussi fonction de sa valeur, et elle conditionne le fonc­
tionnement du moteur : d'une part, ce liquide peut diminuer les fuites de
vapeur dans le moteur, et donc améliorer son rendement hydraulique. Mais
d'autre part, il risque de faire apparaître des problèmes d'usure préma­
turée du moteur. En effet, les écoulements diphasiques dans des machines
ne sont en général pas recommandés.
Il est donc difficile de savoir a priori si l'apparition de
condensât lors de la détente est néfaste ou avantageuse. Il faut ainsi no
ter à ce propos que le condensât peut éventuellement jouer le rôle de lu­
brifiant, et donc nous dispenser de prévoir des systèmes d'injection et
de séparation d'huile.
87
II
(kcal/kg)
400
380
360
340
Fig. 3 - Influence de R
dA
sur les conditions
d'échappement
88
Cette détente effectuée dans des conditions très inhabituelles
risque donc de soulever des questions très spécifiques qui ne paraissent
guère abordables de façon crédible sans l'appui de recherches expérimenta-
les. En effet, même les hypothèses que nous avons été obligés de prendre
pour ces calculs sont discutables. C'est en particulier le cas de l'équi-
libre thermodynamique entre les phases à l'échappement. Compte tenu du
fort écart de pression entre l'amont et l'aval du moteur, la durée de la
détente risque d'être trop courte pour que la cinétique de la condensation
puisse s'effectuer totalement. On aurait alors à l'échappement du moteur
deux phases en déséquilibre thermodynamique, dont les états sont bien dif-
ficiles à prévoir. Ils dépendent, entre autres choses, du type de moteur
employé, (durée de la détente, forme de la chambre codditionnant les action
des parois).
b) Conditions de fonctionnement de la pompe à solution
Les conditions de fonctionnement de la pompe à solution riche
sont beaucoup moins spéciales. Elles se résument par les valeurs numériques
suivantes :
- débit massique : 277 kg/h
- pression d'admission : 3 atmosphères
- pression refoulement : 18,8 atmosphères
- température : 45°C _
g

- volume massique : 1,19.10 m /kg
Appliquons les théories de similitude à nos deux machines.
APPLICATION
Pour une puissance de 170 W, nous obtenons les relations suivan-
tes (en système MKS)
N
s
D
s
moteur
6.43.10"
7
. N
2 834 . D
(calcul pour le débit
dans les conditions
d'admission)
Pompe
2.90.10~
6
687
N
D
Pour une vitesse N = 1500 tours par minute (ou coups par mi-
nute) la vitesse spécifique N est de 0.55.10 pour le moteur et de
«y
-3
4,35.10 pour la pompe. Ces valeurs numériques correspondent pour les
deux machines au même type d'appareil des machines'à piston. Pour un
système strictement autonome, on pourra donc se dispenser d'un mécanisme
de conversion de mouvement alternatif en mouvement rotatif et utiliser
par exemple un dispositif à piston libre.
3
_ A cette vitesse les cylindrées sont de l'ordre de 13,7 cm et
3,7 cm respectivement pour le moteur et pour la pompe.
Si l'on augmente la vitesse N et le débit du fluide moteur,
on reste, d'après les courbes des figures 1 et ? , dans le domaine
des machine's à piston (l'accroissement du "débit correspond soit à
une production d'énergie supplémentaire, soit à une machine frigorifi-
que plus puissante, soit aux deux. Par exemple si la puissance à l'éva-
porateur est de 116 kW (au lieu de 11,6), si le moteur produit 10 fois
la puissance de la pompe, et si N = 3000 tr/mn, alors la vitesse spécifi-
que vaut 0.060. On se trouve .toujours dans le domaine des machines à
piston. Mais, remarquons que cette valeur de vitesse specifique peut aussi
correspondre à des moteurs rotatifs. D'après les courbes les rendements
de ces derniers seraient plus faibles que ceux des machines alternatives.
Pour dimensionner le moteur et -la pompe, il. est nécessaire de
retracer ces courbes à plus grande échelle en précisant bien les hypothè-
ses de calcul considérées (que nous· ignorons pour les courbes tracées
sur les figures 1 et 2 ). Cette détermination qui repose sur l'étude
très fine des pertes de l'appareil envisagé sort du cadre de cette pre-
mière étude (x).
Notons qu'il serait très intéressant d'effectuer ce travail en
différenciant mieux les divers types de moteurs. Notamment, il faudrait
distinguer les moteurs rotatifs à engrenages des moteurs à palettes.
Enfin, il serait très souhaitable de recaler les différentes
courbes obtenues par des études expérimentales effectuées dans les condi-
tions réelles d'emploi (le fluide étant un mélange d'eau et d'ammoniac).
C'est seulement alors que l'on pourra envisager une optimisation et un
dimensionnement précis du moteur.
[xi Los résultats d'essais que nous avons pu jusqu'ici réunir n'^nfirnien
pas les ordres de grandeur indiques ici.
CDNA098372AC