Re mercie ments

Nous tenons à remercier Yannick Dufour des Forestiers St-Michel inc. ainsi que l’ensemble des personnes qui ont généreusement contribuées à la concrétisation de ce document en partageant leurs expériences et connaissances:

FERNAND BEAUSÉJOUR, Forestiers St-Michel. JULIE BOULIANE, Forêt Montmorency. JEAN-PHILIPPE BRUNET, Université Laval. GUILHEM COULOMBE, Scierie Jean Riopel inc. LUC DESROCHERS, FPInnovations – Division FERIC. FRÉDÉRIK DOYON, Institut québécois d’aménagement de la forêt feuillue. YANNICK DUFOUR, Forestiers St-Michel. ÉRIC GOSSELIN, Forêt modèle du Bas-Saint-Laurent. ANDREW HEAGEN, Université Laval. ANDRÉ HUPPÉ, Forêt modèle du Bas-Saint-Laurent. YVES LAMARCHE, Corporation de gestion de la Forêt de l’Aigle. LUC LEBEL, Université Laval. PHILIPPE MEEK, FPInnovations – Division FERIC. FRANK MUSSENGERGER, Forêt modèle du Bas-Saint-Laurent.

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MARCEL QUIRION, Fondation de la faune du Québec. DOMINIQUE ROY, Foresterie Saint-Donat. GILLES SÉGUIN, MRC des Laurentides. JOE WARASKAVEITH, Algonquin Provincial Park.

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Avant-propos

Dans le cadre de son projet forestier 2006-2007, l’Association des pourvoiries de Lanaudière a effectué une revue de littérature exhaustive des outils disponibles pour favoriser la mise en place de la gestion intégrée des ressources. En 2004, la Commission d’étude sur la gestion de la forêt publique québécoise établissait le constat suivant face à l’application de la gestion intégrée des ressources sur les territoires fauniques structurés tels que les pourvoiries : « Même sur ces territoires fauniques structurés, la GIR demeure plutôt l’exception que la règle. » (Commission Coulombe, 2004) C’est dans un contexte de grand bouleversement de l’industrie forestière que se sont déroulées les activités de ce projet. En effet, la dernière année est caractérisée par la fermeture d’usines de transformation dans la région et d’autres ont connu et connaissent toujours de sérieuses difficultés financières. Malgré tout, au bilan de l’année, figure une participation active des pourvoyeurs et de l’industrie forestière à l’élaboration du plan général d’aménagement forestier 2008-2013.

Ce document a été réalisé à la demande des pourvoyeurs de Lanaudière afin de regrouper une information parfois éparse sur les techniques facilitant l’harmonisation des usages de la forêt. Cette démarche vise aussi à assurer une assistance aux pourvoyeurs lors de la participation à la planification forestière. La concrétisation du projet a été rendue possible grâce au financement accordé dans le cadre du Programme de mise en valeur des ressources du milieu forestier (Volet II) du Ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Les pourvoyeurs ont également contribué au financement du projet de façon personnelle et via les cotisations versées à leur association et fédération. Cette étape fait suite au projet antérieur de l’année 2004-2005, en s’appuyant sur les orientations déterminées dans les plans de gestion intégrée des ressources qui avaient été réalisés. Également, puisque l’industrie de la pourvoirie et l’industrie forestière sont deux acteurs économiques importants dans la région de Lanaudière, nous nous sommes également attardés aux coûts liés à l’harmonisation des usages. Ces enjeux sont importants pour l’industrie forestière et pour le pourvoyeur afin de permettre de maintenir les retombées économiques de ces deux industries sur le territoire des pourvoiries. De plus, l’étude comprend également une analyse de coûts des mesures d’harmonisation appliquées sur ce territoire pour un
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pourvoyeur et pour l’industrie forestière ainsi qu’une évaluation des retombées économiques totales générées par la mise en œuvre d’une gestion tenant compte des besoins des différents usagés. Finalement, ajoutons que la planification harmonisée ne constitue pas une entente puisque de nombreuses considérations localisées peuvent avoir ou ont été écartées de la planification présentée.

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Résu mé

Ce guide des interventions forestières adaptées au récréotourisme a été conçu plus spécifiquement pour les gestionnaires de pourvoiries de Lanaudière. Cependant, ce document est pertinent pour toute personne intervenant sur un territoire où des activités récréotouristiques intensives se combinent à l’exploitation forestière. Dans la première partie de ce document, une revue de littérature regroupe une information variée sur les techniques facilitant l’harmonisation des usages de la forêt. Il vise aussi à compléter et à lier entre eux plusieurs autres guides. Son contenu s’attarde particulièrement à quatre enjeux principaux : maintenir la qualité visuelle des paysages, préserver la tranquillité des lieux (quiétude), rencontrer les besoins de la faune en terme d’habitat et l’accès au territoire.

Dans la seconde partie du document, une analyse comparative a été effectuée entre une planification de récolte industrielle (sans mesure d’harmonisation) et une planification de récolte harmonisée sur la pourvoirie Saint-Zénon, et ce, pour une période de 25 années. L’analyse compare les superficies, les volumes des deux scénarios et les coûts liés à l’harmonisation des usages pour les pourvoyeurs et pour l’industrie forestière. Au niveau des superficies récoltées, le scénario de récolte harmonisé est légèrement inférieur, soit 595 hectares plutôt que 657. Quant aux volumes, le scénario harmonisé alloue dans l’immédiat le 2/3 du volume (62 691 m3 plutôt que 91 676 m3) du scénario industriel, car de nombreuses coupes partielles ont été planifiées de façon à minimiser l’impact des coupes dans le paysage. Cependant, un volume additionnel sera disponible dans les passes subséquentes non simulées dans l’horizon de 25 ans de cet exercice. Aucun impact sur la possibilité forestière n’est appréhendé mais seul un calcul de la possibilité forestière pourrait le valider. Suite à l’analyse de coûts, des frais supplémentaires reliés à l’harmonisation des usages sont estimés à 3.12 $/m3 pour l’industrie forestière, soit 195,596$ pour le scénario harmonisé présenté. Néanmoins, ces coûts permettent de combiner les retombées économiques de la foresterie et du récréotourisme. D’un autre côté, puisque l’harmonisation des usages ne satisfait pas la totalité des touristes à la recherche de territoires vierges, le scénario harmonisé entraîne tout de même des pertes pour le pourvoyeur (3.95% de perte de revenus), sur une même base comparative, cela équivaut à 7.32$/m3 soit 459 069$. Dans le même ordre d’idée,
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dans le scénario de récolte industriel (non harmonisé), les pertes économiques pour le pourvoyeur sur un horizon de 25 ans sont très importantes (maximum de 56% de perte de revenus) et sont évaluées à 57.57$/m3 soit près de 5.3 millions de dollars. Globalement, cette harmonisation permet à la communauté de Lanaudière de pouvoir bénéficier des retombées économiques directes de 4.8 M$/an pour l’industrie forestière sur les territoires des pourvoiries de Lanaudière (63 M$/an1 pour la région complète) et des retombées économiques directes de 7.5M $/an pour l’industrie des pourvoiries de Lanaudière. Bref, un important gain à concilier les usages de la forêt sur le territoire des pourvoiries de cette région. À notre avis, une aide financière serait essentielle pour permettre à l’industrie de concilier les divers usages de la forêt par la réalisation d’une réelle planification forestière harmonisée puisque les retombées économiques directes sont évaluées à 12.3 M$ pour le territoire des pourvoiries.

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Tiré du site web du CIFQ www.cifq.qc.ca, portrait régional, Région 14, 2006

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Table des matières
REMERCIEMENTS ...................................................................................................................................................... II AVANT-PROPOS ......................................................................................................................................................... IV RESUME ...................................................................................................................................................................... VI 1 2 INTRODUCTION.................................................................................................................................................. 1 REVUE DE LITTERATURE.................................................................................................................................. 3 2.1 QUALITE VISUELLE DES PAYSAGES ................................................................................................................ 3 2.1.1 Facteurs influençant l’acceptabilité sociale des coupes forestières ........................................................ 4 2.1.2 Identification des paysages sensibles ....................................................................................................... 7 2.1.3 Méthodes d’atténuation des coupes visibles dans le paysage .................................................................. 8 2.1.4 Traitements alternatifs à la coupe totale................................................................................................ 11 2.1.5 Pour les coupes visibles de près (Avant-plan) ....................................................................................... 13 2.1.6 Pour les secteurs où circulent directement les visiteurs (Environnement immédiat) ............................. 18 2.1.7 Aspect bien tenu du secteur de récolte ................................................................................................... 19 2.1.8 Exemples d’essais terrains concluants................................................................................................... 28 2.1.9 Simulation des paysages......................................................................................................................... 45 2.2 QUIETUDE DES LIEUX .................................................................................................................................. 47 2.2.1 Harmonisation des calendriers et établissement de modalités appropriées .......................................... 47 2.2.2 Effectuer des tests de son en cas d’incertitude ....................................................................................... 48 2.3 SATISFAIRE LES BESOINS DE LA FAUNE........................................................................................................ 49 2.3.1 Principes généraux pour le maintien de l’habitat .................................................................................. 49 2.3.2 Aménagements spécifiques à certaines espèces ..................................................................................... 52 2.3.3 Préserver la qualité de l’eau et l’habitat du poisson ............................................................................. 52 2.4 GESTION DES ACCES AU TERRITOIRE ........................................................................................................... 54 2.4.1 Planifier d’avance le réseau routier ...................................................................................................... 54 2.4.2 Éviter de créer tout nouvel accès non désiré.......................................................................................... 54 2.4.3 Procéder à la fermeture d’un chemin..................................................................................................... 55 3 COMPARAISON D’UNE PLANIFICATION FORESTIERE INDUSTRIELLE A UNE PLANIFICATION FORESTIERE HARMONISEE SUR LA POURVOIRIE SAINT-ZENON..................................................................... 57 3.1 PORTRAIT DE LA POURVOIRIE SAINT-ZÉNON ............................................................................................... 57 3.2 CADRE LÉGISLATIF ...................................................................................................................................... 60 3.3 PLANIFICATION INDUSTRIELLE .................................................................................................................... 62 3.3.1 Superficies et volumes récoltés du scénario de planification industrielle.............................................. 62 3.3.2 Caractéristiques du scénario de planification industrielle .................................................................... 63 3.3.3 Coût de récolte du scénario de planification industrielle ...................................................................... 66 3.4 SCÉNARIO DE PLANIFICATION FORESTIÈRE HARMONISÉE ............................................................................ 69 3.4.1 Mesures d’harmonisation appliquées .................................................................................................... 69 3.4.2 Caractéristiques du scénario de planification harmonisée .................................................................... 72 3.4.3 Superficies et volumes récoltés du scénario de planification harmonisée ............................................. 74 3.4.4 Coûts de récolte du scénario de planification harmonisée .................................................................... 75 3.5 COMPARAISON ENTRE LES DEUX PLANIFICATIONS FORESTIERES ................................................................. 78 3.5.1 Comparaison de la qualité des paysages ............................................................................................... 78 3.5.2 Comparaison des superficies et volumes récoltés des deux scénarios ................................................... 78 3.5.3 Comparaison des coûts des deux scénarios ........................................................................................... 80

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CONCLUSION............................................................................................................................................................. 83 4 BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................................................................... 85 4.1 4.2 4.3 DOCUMENTS................................................................................................................................................ 85 ENTREVUES (AU TELEPHONE OU EN PERSONNE) .......................................................................................... 87 SITES INTERNET .......................................................................................................................................... 88

Liste des figures
Figure 1. Coupe visible située dans une pente .................................................................................5 Figure 2 Maintien de la végétation sur le parterre de coupe après une CPPTM ........................... 12 Figure 3. Bande écran de 40 mètres exploitée partiellement ........................................................ 14 Figure 4. Milieu avec sol fragile qui a été conservé........................................................................ 15 Figure 5. Milieu avec sol fragile qui a été perturbé par le passage de machinerie......................... 16 Figure 6. Aspect visuel d’un parterre dénudé avec chicots ............................................................ 17 Figure 7.Mise en andain en bordure de chemin ............................................................................ 18 Figure 8. Avancée perpendiculaire réduisant la visibilité des aires d’empilement ....................... 19 Figure 9 Cime d’arbre feuillu non rabattue................................................................................... 20 Figure 10. Cime d’arbre rabattue au sol ......................................................................................... 21 Figure 11. Chemin avec encadrement visuel adéquat ....................................................................24 Figure 12. Chemin dont l’emprise a été réduite à 5 mètres............................................................24 Figure 13. Sentier de débardage avec ornières...............................................................................25 Figure 14. Sentier de débardage sans ornière ................................................................................25 Figure 15. Sentier de randonnée détruit par mégarde lors des opérations....................................26 Figure 16: Opération de déchiquetage des résidus ........................................................................37 Figure 17. Résidus mis en ballot pour le transport. .......................................................................37 Figure 18: Parterre de coupe partielle exploité à l’aide de chevaux............................................... 41 Figure 19: Sentier de débardage nivelé pour être utilisé rapidement pour d’autres usages..........43 Figure 20: Sentier de débardage reverdi et utilisé pour la randonnée et le ski de fond................44 Figure 21: Anticipation des résultats à l’aide du logiciel de simulation des paysages. ..................46 Figure 22. Carte de localisation de la pourvoirie Saint-Zénon ......................................................58 Figure 23. Carte illustrant la maturité technique en 2008 des peuplements forestiers de la pourvoirie Saint-Zénon ..................................................................................................................59 ix

Figure 24. Planification harmonisée des activités de récolte sur une portée de 25 années...........65 Figure 25. Paysages visibles à partir des secteurs d’intérêt majeur...............................................70 Figure 26. Planification harmonisée des activités de récolte sur une portée de 25 années...........73

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Liste des tableaux

Tableau 1. Répartition des superficies récoltées par année et par traitement pour la planification industrielle .....................................................................................................................................63 Tableau 2. Répartition des volumes récoltés par année pour la planification industrielle ...........63 Tableau 3. Synthèse des coûts d’exploitation forestière dans un scénario de planification industrielle sur la pourvoirie Saint-Zénon.................................................................................... 68 Tableau 4. Répartition des superficies récoltées par année et par traitement pour le scénario harmonisé.......................................................................................................................................74 Tableau 5. Répartition des volumes récoltés par année pour le scénario harmonisé.................... 75 Tableau 6. Synthèse des coûts d’exploitation forestière dans un scénario harmonisé sur la pourvoirie Saint-Zénon .................................................................................................................. 77 Tableau 7. Tableau comparatif du scénario de planification harmonisé et du scénario de planification industriel...................................................................................................................82

Liste des annexes

Annexe 1. Contributions directes de la réglementation ................................................................ 89 Annexe 2. Simulations de paysages ...............................................................................................93

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1 Introduction

L’industrie récréotouristique et l’industrie forestière qui oeuvrent sur terre publique utilisent les ressources de la forêt québécoise, mais de façon bien différente et parfois opposée. On a constaté, par le passé, que l’aménagement forestier peut avoir un effet néfaste considérable sur les activités et services offerts par les pourvoiries lorsque la planification forestière n’est pas harmonisés. L’harmonisation des interventions forestières à des activités fauniques, de villégiature et de récréation en nature, peut cependant représenter un défi de taille dans un contexte touristique. À cet effet, ce document présente une revue de littérature exhaustive qui rassemble des outils pouvant aider à relever ce défi. Cette revue de littérature regroupe une information parfois éparse sur les techniques facilitant l’harmonisation des ressources et mettre en lumière certaines pistes de solutions aux problématiques les plus fréquemment rencontrées. La revue de littérature regroupe les pistes de solutions sous quatre enjeux principaux : maintenir la qualité visuelle des paysages, préserver la tranquillité des lieux, rencontrer les besoins de la faune et gérer les accès au territoire. Également, nous avons fait l’acquisition de connaissances auprès d’experts, d’aménagistes et d’autres intervenants, certains œuvrant sur des territoires à vocation multiples et d’autres en forêt publique ou privée. Ils ont été contactés lors de rencontres en personne ou par des entretiens téléphoniques. Des visites terrain ont également eu lieu afin de témoigner de l’impact de ces mesures.

Lors de la lecture du document, il est cependant essentiel de garder en tête que le contexte des industriels forestiers sur terre publique en est un bien spécifique. Ils font face à de nombreuses obligations lorsque le moment est venu de réaliser leurs planifications. Ils sont, entre autres, liés par la stratégie sylvicole, les contraintes opérationnelles à respecter et autres directives pouvant limiter leur latitude. Des éléments plus techniques comme le parc de machinerie disponible ou les besoins de l’usine viennent aussi influencer directement les mesures qui peuvent être adoptées. Une multitude de facteurs législatifs, opérationnels, naturels et contextuels viennent donc influencer la faisabilité de ce qui est présenté ici. Cependant, les normes peuvent généralement être adaptées de façon à harmoniser les divers utilisateurs du territoire.
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Finalement, nous avons effectué une analyse comparative entre une planification de récolte industrielle et une planification de récolte harmonisée. Par cet exercice, nous avons été en mesure d’analyser l’impact des mesures d’harmonisation proposées sur les superficies et volumes récoltés, de même que les coûts. La planification dite harmonisée a été effectuée de façon à maintenir conjointement les activités de l’industrie de la pourvoirie. Ainsi, nous n’avons donc pas utilisé à outrance certaines mesures d’harmonisation. L’objectif de cette section est valider la faisabilité économique et de vérifier si les retombées totales pouvaient justifier la mise en place de ce type de mesures.

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2 Revue de littérature
2.1 Qualité visuelle des paysages

Les paysages font partie intégrante du produit offert par les pourvoiries et revêtent une importance particulière pour leur clientèle. En effet, pour près de 80% des clients des pourvoiries, la qualité des paysages forestiers est une composante importante de leur séjour (Oxygène, 2003). Selon ce sondage, les paysages forestiers ont plus de poids pour la satisfaction des clients que le succès de prélèvement ou la prise d’un spécimen trophée. La qualité de l’expérience récréotouristique ou faunique en forêt est donc tributaire de la qualité du milieu forestier dans lequel se déroule l’activité. En ce sens, non seulement les sites où se déroulent des activités doivent-ils être protégés, mais aussi la zone forestière qui leur confère leur caractère particulier, c’est-à-dire ce qui permet d’avoir l‘impression d’une ambiance forestière naturelle.

Les clients des pourvoiries s’attendent à se retrouver en forêt d’apparence naturelle et surtout pas en milieux fortement déboisés. Ainsi, le souci du maintien de la qualité visuelle des paysages forestiers se pose lorsque des interventions forestières sont prévues dans des secteurs fréquentés ou visibles à partir de ces endroits par les clients des pourvoiries, plus particulièrement lorsqu’il s’agit de coupes totales (CPRS). Néanmoins, lorsque ces perturbations sont bien intégrées dans le paysage et qu’elles demeurent en position de sous-dominance, elles peuvent être acceptables.

Plusieurs solutions peuvent être apportées à la problématique des impacts visuels occasionnés par les coupes forestières. Certaines sont issues de la réglementation, d’autres de l’expérience pratique. Cette section comprend donc des moyens pour maintenir la qualité visuelle des paysages en offrant une revue de la législation ainsi que des méthodes alternatives pouvant faire l’objet d’ententes entre les industriels et les pourvoyeurs.

Le contenu présenté provient d’observations terrain et de témoignages d’intervenants du milieu. Plusieurs informations de base sont adaptées du document intitulé : Stratégie d’aménagement
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pour l’intégration visuelle des coupes dans le paysage, dont la référence complète est disponible dans la bibliographie. Tout d’abord, voici un bref survol des caractéristiques des coupes qui tendent à en influencer l’acceptabilité et l’aspect esthétique.

2.1.1 Facteurs influençant l’acceptabilité sociale des coupes forestières 2.1.1.1 Superficie et proportion

Plus la superficie d’une coupe est grande, moins cette coupe est acceptable pour le public. Cependant, utiliser une superficie pour valider l’acceptabilité visuelle n’est pas la meilleure façon d’en assurer l’acceptabilité sociale. Par exemple, une coupe de 10 ha pourra paraître immense et inacceptable lorsque l’observateur se situe à proximité de cette coupe alors que celle-ci pourra être très acceptable si elle se situe dans un paysage éloigné. Il est plutôt suggéré d’utilisé la proportion tout en assurant une attention particulière à la dimension dans les zones de proximités. Des études ont démontré que les coupes occupant moins de 15 % du paysage visible peuvent ressembler à des ouvertures naturelles et auront normalement peu d’impact sur l’acceptabilité sociale. Assurément, les superficies occupées par les coupes ne doivent pas dépasser 40 % du paysage, sinon ce dernier sera perçu comme dégradé. Entre 15 et 40 %, l’effet peut varier selon le niveau de connaissances des gens sur la foresterie et selon s’ils s’attendent à voir des coupes sur le territoire qu’ils fréquentent (Pâquet et Bélanger, 1997). Dans un contexte touristique où le client n’a aucune attache au territoire, qu’il ne considère que le moment présent et qu’il peut très bien choisir une autre destination si il n’est pas satisfait, il reste très important de maintenir une grande qualité visuelle. À l’opposé, un propriétaire de chalet privée qui a exactement les mêmes goûts ne vendra pas nécessairement son chalet si une proportion de coupe de 40% y est réalisée.

2.1.1.2 La forme

Les coupes aux formes géométriques ne sont pas très appréciées, car elles ont une apparence trop artificielle pour le milieu forestier. Les lignes droites, les angles droits ou tout autre trait

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systématique et clairement fait de la main de l’Homme sont à éviter. Les coupes par bandes régulières ou en damier sont aussi à proscrire, pour des raisons évidentes.

2.1.1.3 Position dans le paysage

Selon la topographie, une coupe peut être très visible, par exemple si elle est située dans une pente. Par contre, une coupe peut être faiblement exposée à la vue si le terrain est très plat. Évidemment, plus une coupe est visible et qu’elle est présente dans le paysage, moins elle sera jugée acceptable par la clientèle touristique. La figure 1 présente un exemple de coupe de forme irrégulière et de superficie moyenne, mais qui a tout de même un impact important sur le paysage en raison de la pente.

Source : Véronique Yelle

Figure 1. Coupe visible située dans une pente 2.1.1.4 Couleur du parterre de coupe (absence/présence de végétation résiduelle)

Un parterre de coupe brun l’été, ou blanc en hiver, crée un contraste de couleur très fort et fait ressortir la coupe du paysage. Par contre, les parterres de coupe où il reste beaucoup de

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régénération se fondent mieux dans le paysage, car ils sont verts. Cela est d’autant plus vrai que la régénération est abondante et haute.

2.1.1.5 Présence d’autres coupes dans le paysage

Une coupe sera interprétée en fonction du paysage visible dans son ensemble. Cela signifie que la même coupe, seule dans le paysage ou situé à proximité d’autres coupes, ne sera pas perçue de la même façon. En effet, les coupes près les unes des autres forment un tout et sont généralement moins acceptables que des coupes isolées, si elles sont de tailles similaires.

2.1.1.6 Distance d’observation

La distance séparant l’observateur de la coupe influence aussi son jugement à l’égard de la coupe. Les coupes situées plus près de l’observateur lui permettent de mieux percevoir les détails comme les débris ligneux ou les perturbations du sol, tandis que les coupes situées très loin semblent moins importantes dans le paysage et ne se distingue que par la couleur. Les coupes situées dans le moyen-plan demeurent par contre très perceptibles, car tout en offrant un certain niveau de détail, l’éloignement permet de les situer dans le paysage. Selon la distance, différentes mesures d’intégration des coupes dans le paysage pourront être appliquées. À ce titre, on distingue les zones suivantes :

• Environnement immédiat : 0-60 m • Avant-plan : 60-500 m • Moyen plan : 500 m à 3 km • Arrière-plan : 3 km et plus

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2.1.2 Identification des paysages sensibles

La première étape du maintien de la qualité visuelle des paysages d’une pourvoirie est la participation du pourvoyeur à l’élaboration des PGAF, en vertu de l’article 54 de la Loi sur les Forêts. C’est ainsi qu’il sera possible pour le pourvoyeur de savoir si des secteurs de coupe préalablement prévus sur son territoire. Dans le meilleur des cas, la planification sera réalisée en concertation, ce qui est plutôt l’exception que la règle.

Une première question nous vient à l’esprit. Est-ce que les blocs de coupe font partie du paysage visible? Le cas échéant, il faut déterminer si ces blocs de coupes auront des impacts visuels importants dans les secteurs d’intérêt majeur. À cet effet, ces secteurs d’intérêt peuvent être identifiés d’avance. Afin de savoir si les secteurs d’intervention forestière sont visibles à partir des sites utilisés, secteurs d’intérêt majeur, chemins d’accès ou autres, il faut réaliser une analyse de visibilité qui tiendra compte du relief pour déterminer jusqu’où peut se rendre le regard d’un observateur à partir d’un site donné. Notez bien que les analyses de visibilité faites pour les lacs doivent être menées à partir du tour du lac et non pas d’un point fixe, car cela ne tiendrait pas compte du fait que les gens peuvent se déplacer sur le lac. La Fédération des Pourvoiries du Québec (FPQ) est en mesure de fournir cette analyse réalisée à l’aide du logiciel ArcGIS.

La forme exacte des coupes et leur emplacement exact seront peut-être abordés dans la programmation quinquennale, mais la planification doit être précise et ressembler davantage à cinq plans annuels d’intervention forestière.

Ensuite, la seconde question qu’on puisse se poser est la suivante. Les blocs de récolte en coupe totale sont-ils visibles à partir des secteurs d’intérêt majeur? Si la superficie de coupe visible dans un secteur sensible est préoccupante, il faut alors trouver des moyens de mitiger les impacts visuels des interventions forestières. À cet effet, voici quelques méthodes afin de réduire l’impact des coupes sur le paysage.
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2.1.3 Méthodes d’atténuation des coupes visibles dans le paysage 2.1.3.1 Réduire la superficie visible

Réduire la superficie de coupe visible peut grandement aider à en améliorer l’acceptabilité. On peut ainsi diminuer la superficie totale de la coupe, mais aussi répartir autrement la superficie pour la localiser dans des secteurs qui ne sont pas visibles à partir des sites fréquentés de la pourvoirie. À la forêt modèle du Bas Saint-Laurent par exemple, bien que toute intervention à proximité des chalets se doive d’être en coupe partielle, on a recours à la coupe totale ailleurs sur le territoire à la condition d’en limiter l’étendue. La coupe totale la plus grande effectuée a été de 12 hectares. Elle se situait dans une zone peu visible et visait à répondre aux préoccupations de l’aménagement écosystémique. La dimension moyenne des coupes totales est de 2,5 hectares. Elles sont réparties sur le territoire et dans le temps. La superficie moyenne des coupes qui étaient visibles ou à proximité des lieux fréquentés était donc inférieure à 2,5 hectares.

2.1.3.2 Donner aux coupes des for mes irrégulières et d’apparence naturelle

Il faut s’assurer de donner une forme naturelle aux coupes et les intégrer autant que possible aux paysages. Les coupes doivent correspondre à la forme générale du paysage. Des trouées de forme allongée sont à privilégier. Souvent, une partie de la coupe pourra aussi être dissimulée par la topographie. Les lignes verticales dans les flancs de montagne doivent être évitées, puisqu’elles attirent les regards et contrastent avec le paysage. Une diversité dans les formes et les superficies des coupes aidera à donner une apparence naturelle au paysage.

La technique des lignes de force visuelle consiste à faire remonter le contour de la coupe dans les coulées et à faire descendre le contour sur les crêtes. Un autre volet de cette technique consiste à adoucir la bordure des coupes par une éclaircie progressive. Il est donc possible de leur donner un aspect naturel surprenant, si bien sûr, le contour général de la coupe est bien intégré au paysage. Aussi appelée « feathering », cette technique vise à diminuer le contraste entre la coupe

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et la forêt en atténuant l’effet de la bordure permettant une transition progressive du milieu forestier à la coupe.

Les sommets ou lignes de crête sont des endroits particulièrement sensibles dans les paysages. Les interventions y sont très visibles en raison du contraste entre la terre et le ciel. La coupure dans l’uniformité de la dernière ligne d’arbres saute aussi aux yeux. Idéalement la ligne de crête sera laissée intacte. Surtout, il faut éviter de laisser une frange d’arbres clairsemés sur le sommet, puisqu’ils seront très visibles, même de loin. Pour protéger les sommets, il faut éviter que le contour de la coupe soit perpendiculaire à la ligne de crête. Il faut aussi éviter de couper le sommet avec un chemin orienté perpendiculairement à l’horizon. Il est préférable qu’il soit sinueux et que l’angle soit dirigé davantage en parallèle.

2.1.3.3 Répartir la superficie coupée en petites assiettes

On doit distribuer les coupes dans le paysage de façon à ce qu’elles ne soient pas concentrées au même endroit. Il faut aussi les répartir dans le temps pour que les coupes antérieures soient régénérées et redevenues plus vertes et moins visibles avant d’intervenir à nouveau dans le paysage. C’est lorsque la végétation du parterre de coupe a atteint la classe de hauteur de 4 à 7 m que l’impact devient moins grand et que d’autres coupes peuvent être envisagées à proximité. Le calcul de la superficie coupée doit donc comprendre toutes les superficies de moins de 4 m et être normalement inférieur à 15 %.

Également, il faut éviter de regrouper les coupes et de les séparer par une bande étroite (séparateur). Il est préférable de laisser une distance minimale équivalente à celle de la plus grosse des deux trouées entre deux coupes. À la forêt Montmorency, les coupes sont de petite superficie et leurs contours sont plus naturels et bien distribuées dans le paysage. Près de la moitié des clients récréatifs ne parviennent pas à repérer les coupes dans le paysage, bien qu’elles soient visibles. Ils considèrent ce qu’ils voient comme des perturbations naturelles normales.

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2.1.3.4 Reverdir le parterre de coupe rapide ment

Une fois que le parterre de coupe est redevenu bien vert, l’impact visuel négatif de la coupe est de beaucoup diminué. Plus la végétation et les jeunes arbres seront hauts, meilleur sera l’aspect général.

Il faut intervenir de façon à protéger la régénération en place. S’il n’y en a pas, il est recommandé d’intervenir pour l’établir avant d’arriver à la coupe finale, par une coupe progressive d’ensemencement (CPE) par exemple.

On peut aussi avoir recours à des traitements qui maintiennent plus de régénération tels que la coupe avec protection des petites tiges marchandes (CPPTM), la coupe avec protection de la haute régénération (CPHRS) ou la coupe avec protection des tiges à diamètre variable (CPTDV).

La coupe avec rétention de bouquets (CRB) est aussi une coupe qui peut grandement contribuer à donner un aspect plus vert et naturel au parterre de coupe si les bouquets d’arbres matures sont distribués de façon aléatoire. Ils sont de mise lorsque la structure du peuplement le permet, i.e. si elle est assez étagée pour donner des bouquets intéressants au niveau faunique et aussi résistants au chablis.

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2.1.4 Traitements alternatifs à la coupe totale

Au niveau des paysages, les coupes totales sont très problématiques. Il existe diverses façon de contourner ce problème qui survient de façon récurrente en pourvoirie.

La coupe partielle donne des résultats beaucoup plus esthétiques que la coupe totale (communément appelée CPRS ou coupe à blanc). Elle doit donc être favorisée au maximum et ce, surtout dans les paysages sensibles. Une politique de maintien d’une proportion d’arbres dans les zones très sensibles peut être appliquée.

Une discussion en profondeur avec les industriels forestiers s’impose pour bien envisager tous les moyens permettant d’intervenir en coupe partielle plutôt qu’en coupe totale. Les possibilités varient selon la composition et la structure du peuplement où l’on doit intervenir. Dans certains cas, la stratégie sylvicole, c’est-à-dire la « recette » que les industriels doivent suivre, ne permettra aucune autre alternative que la coupe à blanc. Cependant, dans bien des cas, lorsque l’impact sur le paysage le justifie, il est possible d’intervenir en coupe partielle même si la coupe à blanc serait plus facile ou offrirait d’autres avantages. La récolte partielle est beaucoup mieux adaptée à l’exploitation en milieu touristique en offrant un réel maintien de la qualité visuelle du milieu forestier. Le désavantage pour l’industrie forestière réside dans le fait que cette pratique est plus coûteuse en termes de logistique puisque la main d’œuvre et les équipements doivent être déplacés plus d’une fois dans un même secteur pour un même volume de bois. Le maintien du réseau routier doit aussi être assuré et la technique de récolte est généralement plus coûteuse.

En présence d’un paysage important, la forêt de l’Aigle (organisme de gestion sous le concept de forêt habitée ,d’un territoire de 140 km2 dans la Vallée de la Gatineau) propose de maintenir une surface terrière de 20 m2/ha, et ce, peu importe la composition du peuplement. La surface terrière d’un peuplement est une mesure utilisée en foresterie qui correspond à la somme des superficies des sections transversales des arbres, mesurés à hauteur de poitrine. Même si beaucoup d’arbres sont laissés après une coupe partielle, il peut arriver qu’elle soit visible puisque l’aspect du
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couvert ne sera plus le même que celui de la forêt où il n’y a eu aucune intervention. Pour cette raison, il est important que la coupe ait une forme irrégulière de façon à se fondre au paysage. Il faut aussi prendre garde à certaines coupes dites partielles, qui se terminent en coupe à blanc. Dans ce cas, les mêmes précautions présentées à la section suivante devraient s’appliquer.

En plus de la coupe partielle, la coupe avec protection de la haute régénération (CPHRS), la coupe avec protection des petites tiges marchandes (CPPTM), la coupe à rétention de bouquets (CRP) et la coupe avec protection des tiges à diamètre variable (CPTDV) sont aussi des traitements permettant le maintien d’une végétation résiduelle sur le parterre de coupe. Cependant, le peuplement doit avoir la structure nécessaire, innéquienne ou irrégulière, pour qu’il soit possible d’y intervenir de la sorte. De plus, le type de machinerie utilisée doit permettre une meilleure protection de la végétation résiduelle. Par exemple, une abatteuse façonneuse, communément appelée multifonctionnelle donne généralement de meilleurs résultats qu’une abatteuse traditionnelle, si bien sûr, l’opérateur est minutieux.

La figure 2 permet d’apprécier la végétation résiduelle laissée après une coupe avec protection des petites tiges marchandes (CPPTM) réalisée à l’aide d’une multifonctionnelle.

Figure 2 Maintien de la végétation sur le parterre de coupe après une CPPTM

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2.1.5 Pour les coupes visibles de près (Avant-plan) Les travaux forestiers qui sont réalisés près des lacs, chemins, sentiers et autres endroits fréquentés, sont généralement visibles et l’impact est souvent majeur. Des précautions particulières sont donc à prendre dans cette zone d’environ 500 m à partir du point d’intérêt, spécialement dans les 60 premiers mètres. Il s’agit en quelque sorte de la vitrine sur le territoire que les gens fréquentent. Il est essentiel de maintenir la qualité de la présentation et les éléments nécessaires au bon déroulement de leurs activités. Ici aussi les interventions favorisées seront les coupes partielles. Il faut toujours se demander si la coupe à blanc est la seule possibilité ou si des coupes alternatives ne pourraient pas être réalisées à la place. (Voir section précédente)

Dans les 500 premiers mètres à partir du point d’intérêt, des coupes de superficie plus restreintes devraient être envisagées. Les principes vus précédemment à la superficie, forme et type de coupe adaptés aux paysages et bien répartis s’appliquent tout particulièrement. D’autres aspects du paysage existent et sont décrits dans les sections suivantes.

2.1.5.1 Bande écran L’utilisation d’une bande d’arbres le long des chemins ou autres endroits fréquentés permet de réduire la visibilité des coupes sur le territoire. Cette bande doit cependant être assez large (souvent plus de 30 m) et s’ajuster à la densité de la forêt et au type de peuplement pour que l’on ne voit pas à travers et qu’elle ne soit pas renversée par le vent tel qu’illustrée à la figure 3. Il sera donc souhaitable de varier la largeur des bandes. De la même façon, si une coupe devait avoir lieu à proximité d’un lac, une bande riveraine suffisamment large offrira un bon écran si la topographie s’y prête. La photographie suivante a été prise à la Forêt de l’Aigle et représente une bande écran masquant une CPRS. La bande elle-même a été exploitée en coupe partielle.

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Figure 3. Bande écran de 40 mètres exploitée partiellement

Il peut être préférable, à quelques endroits, de ne pas laisser de bande, même s’il s’agit d’une coupe totale. Les gens peuvent considérer que les bandes sont là pour « cacher les coupes » et qu’il s’agit d’une pratique hypocrite. Quelques ouvertures de moins de 100 mètres et bien espacées qui permettent d’apercevoir un secteur de coupe propre et bien tenu ne sera pas nécessairement mal perçu. Lorsque l’ouverture est grande, des îlots d’arbres laissés à l’avant permettront de limiter la superficie visible de la coupe et de diriger le regard. Une disposition des coupes en angle, c'est-à-dire en diagonale par rapport au chemin aura un effet similaire. Bref, l’idée de la bande écran n’est pas de cacher totalement les coupes, mais d’éviter que la coupe forestière derrière ne choque l’œil du touriste.

De la même façon, il faut penser à rajeunir les bandes pour que l’encadrement demeure dans le temps. On peut retirer graduellement certaines sections tant qu’il y en a suffisamment debout pour maintenir un bel aspect. Lorsque les jeunes arbres du parterre derrière ont atteint plus de 4 mètres, on peut penser à récolter ce qui est devant.

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2.1.5.2 Aspect bien tenu

Dans l’avant-plan (60–500m) et dans l’environnement immédiat (0-60m), le niveau de détails perceptibles est très élevé. Il convient donc de porter une attention particulière à l’aspect de bonne intendance du parterre de coupe, notamment au niveau des débris ligneux et des chicots, mais aussi de la santé des arbres laissés sur pied. Qu’il s’agisse de coupe partielle ou de coupe totale, un parterre de coupe d’aspect propre et bien tenu sera beaucoup mieux perçu.

Les perturbations du sol comme le scalpage ou l’orniérage sont à éviter. À cet effet, la machinerie utilisée et la période de l’année où se font les interventions ont un important rôle à jouer. Une bonne évaluation de la fragilité du sol est essentielle. En présence d’un sol humide à l’année (mauvais drainage) ou mince, les interventions devraient être réalisées en hiver. On peut aussi s’assurer d’identifier clairement sur le terrain les secteurs fragiles afin d’éviter que les opérateurs y circulent par mégarde. Même sur un sol plus résistant, la circulation de la

machinerie devrait être réduite au maximum par la disposition adéquate des sentiers. Les figures 4 et 5 montrent bien les résultats obtenus avec une attention particulière portée aux milieux fragiles et l’impact d’une négligence dans un tel milieu.

Source : Jean-Philippe Brunet

Figure 4. Milieu avec sol fragile qui a été conservé
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Source : Jean-Philippe Brunet

Figure 5. Milieu avec sol fragile qui a été perturbé par le passage de machinerie

Les chicots et les quelques arbres encore debout, éparpillés sur un parterre de coupe, nuisent généralement à la qualité visuelle du paysage, tel que montré à la figure 6. Cependant, étant donné qu’ils jouent un rôle très important pour la faune, il est préférable de les laisser sur place, d’évaluer ensuite leur aspect et de les retirer seulement s’ils gâchent vraiment l’esthétique ou qu’ils représentent une menace à la sécurité des gens. Ils peuvent notamment faire l’objet d’interprétation de la nature, ce qui contribuera à les rendrent plus acceptables puisqu’ils jouent un rôle important pour la biodiversité.

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Source : Véronique Yelle

Figure 6. Aspect visuel d’un parterre dénudé avec chicots

Aussi, les débris ligneux et les andains dans l’environnement immédiat, tel qu’illustré à la figure 7, sont presque toujours très mal perçus (notamment en terme de gaspillage de bois). Il est nettement préférable que les débris soient répartis sur le parterre de coupe. Puisque les débris ligneux et les andains sont difficilement acceptables par la clientèle récréotouristique et qu’il s’agit là d’une problématique particulièrement difficile à résoudre, différentes initiatives terrain sont présentées à la section suivante. (Secteurs où circulent directement les visiteurs)

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Figure 7.Mise en andain en bordure de chemin

2.1.6 Pour les secteurs où circulent directe ment les visiteurs (Environnement i mmédiat)

Comme la clientèle choisie de séjourner sur une pourvoirie dans le but de pratiquer des activités en forêt dans un cadre naturel, les secteurs où elle pratique son activité favorite doivent faire l’objet d’une attention toute spéciale. C’est ici que sont présentées les principales innovations constatées sur différents territoires à statut particulier. Bien que les moyens d’atténuation des coupes vues précédemment soient touts indiqués dans ces secteurs, c’est ici qu’il est particulièrement nécessaire d’appliquer des méthodes spécifiques qui cadrent avec une foresterie raffinée. Bien que les moyens présentés ici limitent grandement l’impact des coupes, éviter le secteur demeure parfois le seul moyen d’éliminer toute forme de dégradation. Cependant, appliquer les modalités d’intervention adéquate et tendre vers une foresterie acceptable demeure probablement le meilleur compromis.

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2.1.7 Aspect bien tenu du secteur de récolte

Les aires de tronçonnage et d’empilement doivent être le moins visible possible. L’idée est alors de les tenir à l’écart des secteurs fréquentés. Différentes dispositions peuvent être mises en place pour y arriver. Aux abords d’un chemin de circulation, il est fréquent d’utiliser une avancée perpendiculaire, communément appelée « reculons ». La figure 8 montre l’aspect visuel de cette avancée perpendiculaire. Cette technique peut aussi prendre la forme d’un petit bout de chemin parallèle au chemin principal, masqué par une bande d’arbres. Les empilements auront ainsi moins d’impact que s’ils étaient laissés en bordure de route. Certains considèrent cependant que l’ouverture permanente créée par « les reculons » est désavantageuse à long terme et préfère un empilement traditionnel en bordure de chemin. Ces endroits peuvent aussi être replantés rapidement pour en améliorer l’aspect.

Figure 8. Avancée perpendiculaire réduisant la visibilité des aires d’empilement

Les débris ligneux et les andains sont très mal perçus et doivent donc être évités dans les secteurs visibles de près ou fréquentés. Pour éviter que soient accumulées les branches en bordure de chemin, la meilleure méthode consiste à laisser la tête des arbres et les branches en forêt et ne
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ramener que le tronc. Différentes méthodes peuvent être employées à cette fin. En forêt feuillue, la tête des arbres sera souvent laissée sur place pour faciliter le débardage, ce qui évitera d’emblée ce problème. Il s’agira alors d’évaluer si les cimes laissées détériorent l’aspect visuel à la circulation des clients lors d’activités, comme la chasse par exemple. Si c’est le cas, comme l’exemple illustré à la figure 9, il est possible de les rabattre au sol. Diminué à la hauteur d’homme ou à la hauteur des hanches, ces branches seront mieux perçues et se décomposeront plus rapidement (voir figure 10).
Source : Jean-Philippe Brunet

Figure 9 Cime d’arbre feuillu non rabattue

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Source : Jean-Philippe Brunet

Figure 10. Cime d’arbre rabattue au sol

La problématique de la mise en andain survient principalement dans le résineux et lorsque le bois est récolté par arbre entier. L’abatteuse est populaire pour réaliser les coupes totales en raison de sa productivité. Au bout du bras articulé, la tête à scie industrielle généralement employée permet uniquement de couper l’arbre et non de l’ébrancher. La récolte par abattage manuel et débardeuse aura aussi le même résultat. Les arbres entiers accumulés au bord du chemin doivent alors être ébranchés à l’aide d’une ébrancheuse. Ces branches accumulées en bordure de route causent alors le problème. Il faut bien comprendre que la mise en andain représente une obligation pour les industriels forestiers responsables de l’aménagement des forêts publiques. En effet, elle vise à remettre en production plus de superficies. Lors de cet ébranchage en bordure de route, une superficie importante pourra se retrouver recouverte d’un épais tapis de branches où la régénération ne peut s’installer. Aussi, la mise en andain vise à limiter cet impact en regroupant les branches en de grands amoncellements entre lesquels les arbres peuvent pousser.

Dans le cas d’un processus de récolte par abattage manuel, des abatteurs ont témoigné qu’ils étaient en mesure de réaliser avec succès l’ébranchage en forêt du résineux. Cependant, cette pratique est très contestée en raison des efforts physiques qu’elle nécessite et des risques de
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blessures encourus par les travailleurs. Également, les coûts reliés à l’ébranchage manuel risquent également d’être considérablement élevés dans le résineux.

La meilleure solution à cette problématique demeure l’utilisation de la multifonctionnelle. Cette tête au bout du bras articulé permet non seulement d’abattre l’arbre, mais aussi de l’ébrancher et de le tronçonner sur place. Elle est, en ce sens, nettement avantageuse au niveau de l’esthétique des paysages. Cependant, les besoins de certaines usines, le parc de machineries régional, la structure des peuplements forestiers parfois mal adaptée, sont des facteurs qui peuvent faire en sorte qu’elle soit moins présente dans le parc de machinerie de certaines régions. D’autres alternatives doivent alors être utilisées.

2.1.7.1 L’état de la régénération et des arbres laissés sur pied

Il est essentiel de protéger la régénération lors de la coupe ou de faire en sorte qu’elle s’établisse rapidement. Plus le parterre sera vert rapidement, moins grand sera l’impact visuel. Les techniques sont nombreuses pour permettre à l’aménagiste de reverdir rapidement les aires de récolte. Mentionnons ici que l’utilisation de la multifonctionnelle, par un opérateur habile, permet de récolter des arbres bien ciblés sans écraser la régénération au sol. Dans le cas d’interventions dans un milieu très fréquenté, il est de mise de replanter rapidement sans toutefois créer de lignes systématiques. Il est aussi possible d’utiliser des plants de forte dimension plutôt que les semis conventionnels afin d’obtenir un reverdissement du parterre de coupe plus efficace. Les coupes suivantes permettent la récolte des arbres matures et le maintien de la régénération selon la structure du peuplement : CPHRS, CPPTM, CPTDV, CRB. (Voir section » Reverdir le parterre de coupe » pour plus de détails)

Il est important que les jeunes arbres debout (et vivants) laissés sur le parterre de coupe aient l’air en santé. Il faut donc s’assurer de ne pas les abîmer lors de la récolte des arbres matures. Ils doivent notamment rester verts, touffus et verticaux. Autrement, s’ils semblent moribonds et meurtris, ils donneront un aspect lugubre au paysage.
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Dans le cas de coupes partielles en forêt feuillue, une préoccupation doit être maintenue face aux blessures infligées aux arbres maintenus sur pied. L’opérateur de machinerie ou l’abatteur doivent être conscients de l’importance de cet élément, leur habileté leur permettra alors de limiter les blessures. Lorsque possible, le tronçonnage du bois en longueur avant le débardage est un moyen très efficace pour réduire les dommages. La section plus courte sera moins en contact avec les arbres sur pied lors du déplacement.

En forêt feuillue, il est de plus en plus fréquent que l’abatage manuel soit remplacé par l’abattage mécanisé. Bien que ces machines plus lourdes puissent endommager davantage le sol, les abatteuses utilisées en forêt feuillue peuvent aussi avoir un impact positif sur la quantité de blessures infligées aux arbres et à la régénération. Ayant un meilleur contrôle sur la descente de l’arbre, l’abatteuse permet d’éviter que soient endommagés les arbres à proximité.

2.1.7.2 Autres dispositions relatives aux chemins et sentiers

Dans les secteurs fréquentés, il est essentiel de minimiser la largeur du chemin et surtout de son emprise afin d’assurer un aspect plus naturel et mieux intégré à la forêt environnante. La mise à nu du sol en bordure des chemins occasionne un impact visuel négatif. Il faut aussi éviter les amoncellements de terre ou de débris ligneux le long du chemin. La figure 11 montre un exemple de chemin dont l’emprise n’a pas été dénudée et dont l’encadrement visuel a été préservé. La figure 12, pour sa part, est une photographie d’un chemin forestier menant à un terrain de camping dont l’emprise a été limitée à 5 mètres, plutôt que 20 mètres telle que planifiée initialement, pour en maintenir l’encadrement visuel.

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Figure 11. Chemin avec encadrement visuel adéquat

Figure 12. Chemin dont l’emprise a été réduite à 5 mètres

Le travail de préparation terrain réalisé par le contremaître déterminera la qualité de plusieurs opérations qui suivront. Le temps consacré à cette étape influencera en effet la minutie avec laquelle les opérateurs interviendront. Dans le cas des sentiers de débardage par exemple, la localisation et l’identification de ceux-ci par le contremaître pourra avoir des impacts positifs sur le terrain. En localisant les endroits où passeront les principaux sentiers de débardage à l’aide de rubans, il sera ensuite possible pour les travailleurs forestiers d’orienter leurs maîtres sentiers de
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débardage en suivant ces instructions claires. Ceci permettra de diminuer la quantité d’ornières sur le parterre de coupe et d’améliorer l’aspect visuel des opérations de débardage, tel qu’en témoignent les figures 13 et 14.

Source : Jean-Philippe Brunet

Figure 13. Sentier de débardage avec ornières

Source : Jean-Philippe Brunet

Figure 14. Sentier de débardage sans ornière

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Il est essentiel de minimiser les perturbations le long des sentiers de randonnée ou portage. Ils doivent être bien identifiés et clairement signalés aux opérateurs de machinerie et autres travailleurs. La réglementation prévoit que les sentiers de randonnée pédestre ou autres sentiers fréquentés ne doivent pas être utilisés pour le débardage du bois et qu’ils doivent aussi être laissés exempts de débris ou d’obstacles. Les perturbations plus difficiles à éviter sont celles créées au moment de traverser les sentiers existants avec la machinerie forestière. Les traverses de sentiers doivent être le plus séparées possible, plus de 200 mètres entre celles-ci devrait être une largeur minimale. En cas de nécessité, un sentier pourrait également être déplacé

temporairement jusqu’à la fin des activités forestières ou jusqu’à un retour de l’aspect visuel souhaité. Une bande écran d’un minimum de 30 m, tel que stipulé au RNI, pourra assurer l’encadrement visuel des sentiers si cette largeur est adaptée au type de forêt, c’est-à-dire que la densité du couvert doit être considérée. La forêt de l’Aigle par exemple, applique généralement 40 m en raison de ce facteur. La figure 15 montre un exemple d’impact très négatif sur un sentier qui n’avait pas clairement été identifié lors des opérations de récolte.

Figure 15. Sentier de randonnée détruit par mégarde lors des opérations
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Lorsqu’un chemin forestier traverse un sentier important ou très fréquenté, ce chemin peut être conçu de façon à former un « S » à l’approche du sentier pour minimiser la vue des aires de coupe présentes le long du chemin.

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2.1.8 Exemples d’essais terrains concluants 2.1.8.1 Coupe partielle en forêt résineuse 2.1.8.1.1 Description

L’harmonisation des usages pourra selon les circonstances, être facilitée par une intervention en coupe partielle. À ce niveau, la coupe partielle s’avère une solution très efficace au niveau des paysages forestiers et peut s’avérer également intéressante au niveau faunique. Cette section s’attarde aux coupes partielles permettant de maintenir un couvert mature en continuité dans le temps. Bien que ce type d’intervention soit généralement réservé aux feuillus, il est également possible de l’appliquer aux peuplements résineux. Il est à noter que certaines coupes, comme la coupe progressive d’ensemencement (CPE), sont dites partielles, mais sont suivies d’une coupe totale dans les 5 à 10 années suivant la coupe partielle. Certains des bénéfices immédiats seront alors perdus à court terme.

2.1.8.1.2

Conditions d’application

Favoriser la coupe partielle pourra cependant s’avérer plus difficile dans certaines forêts résineuses, et ce, particulièrement si elles sont constituées essentiellement d’arbres d’âge similaire (structure équienne) et ayant tous atteints leur maturité. La stratégie sylvicole (recette que doivent appliquer les industriels forestiers) prévoit normalement dans un tel cas, l’application de la coupe avec protection de la régénération et des sols (CPRS). La faisabilité dépend de la structure de peuplements : âge, densité et dimensions des arbres.

Cependant, il est généralement possible de passer d’un peuplement à structure équienne à un peuplement de structure en forêt inéquienne, où la présence d’arbres d’âges variés se prête bien à l’exploitation en coupes partielles. La transformation ne pourra se faire directement et nécessitera quelques passages avec des coupes qui viseront directement cet objectif par des éclaircies de conversion par exemple. Les ouvertures pourront se faire par trouées ou par pied d’arbres.

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La coupe partielle en peuplement résineux est appliquée avec succès en forêt privée et dans le cadre de quelques projets particuliers en forêt publique. Les essais se multiplient afin de déterminer les meilleures façons de faire selon le contexte. Elle est, jusqu’à maintenant, davantage réalisée à petite échelle dans un but expérimental sous la forme d’une dérogation aux traitements normalement prescrits. En fait, pour l’industrie, une coupe partielle est plus complexe qu’une CPRS et moins attrayante financièrement. De plus, les normes à atteindre afin de récupérer les crédits de droits de coupes sont parfois très difficiles, voir impossibles à atteindre.

2.1.8.1.3

Difficultés et avantages opérationnels

Difficultés Au niveau des difficultés, l’opération de récolte sera également plus complexe dans son ensemble. Récolter une partie des arbres seulement en limitant les dommages faits à la forêt résiduelle représente un défi constant. Les arbres résineux sont d’ailleurs plus facilement blessés lors des opérations.

Avantages Au niveau des avantages, un impact positif est notable au niveau des pertes de volumes de matière ligneuse, les arbres de faible vigueur étant récoltés. La coupe partielle en résineux élimine la problématique du chablis dans les bandes résiduelles. Certains avantages économiques doivent être considérés. La préparation de terrain et le reboisement sont évités, ainsi que les coûts importants qui leurs sont associés. Un retour régulier dans un même secteur à tous les 15 ou 20 ans est avantageux dans une perspective à moyen ou long terme.

La retombée majeure d’une coupe partielle est l’apparence du parterre de coupe et du paysage dans son ensemble qui sera amélioré d’une façon magistrale comparativement à une coupe totale. Les coupes partielles seront peu apparentes et beaucoup mieux perçues par la clientèle.

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L’utilisation de la coupe partielle peut devenir un outil des plus intéressants même utilisé à petite échelle. Une superficie de coupe partielle en façade peut permettre de préserver efficacement le paysage laissant très peu paraître une coupe totale plus importante qui serait réalisée derrière. Les bénéfices au niveau visuel seront alors grands sans que la rentabilité ne soit beaucoup diminuée et les façons de faire demeureront sensiblement les mêmes. Ce type d’intervention sera bénéfique pour la faune en créant plus de diversité à même le peuplement, entre autres par l’étalement vertical de la végétation.

2.1.8.1.4

Coûts supplém entaires

La principale difficulté demeure la rentabilité d’une coupe partielle comparativement à celle d’une coupe totale qui génère un volume important et immédiat dans un même secteur. Il y a forcément augmentation des coûts de production à court terme. Un des facteurs de coût important à considérer est l’entretien dans le temps du réseau routier. Son importance sera relative au type d’intervention auquel on le compare. En comparaison à une CPRS de grande superficie où le réseau routier sera abandonné par la suite, une différence de coûts pourra être perçue. Cependant, si on compare une coupe partielle à une coupe en mosaïque, l’entretien nécessaire pourra être comparable puisque les passages seraient aussi plus rapprochés. De plus, ce facteur est normalement fortement diminué dans le cadre d’un territoire comme une pourvoirie puisque l’entretien du réseau routier sera réalisé en partie par le pourvoyeur.

Afin d’avoir un ordre de grandeur, il est à noter que pour un type d’intervention similaire, le MRNF prévoit un crédit sylvicole de l’ordre de 674 $/ha pour l’exécution et 72 $/ha pour la planification.2

Personnes références Gilles Séguin, coordonnateur en foresterie, MRC des Laurentides. Philippe Meek, ing.f., chercheur principal, FPInnovations – Division FERIC.
2 Valeur des traitements sylvicoles admissibles à titre de paiement des droits – Année financière 2007-2008 pour ÉCLAICIE COMMERCIALE – peuplements mélangés à feuillus tolérants et intolérants.

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2.1.8.2 L’exploitation sans rupture de charge (Hot logging) : di minution des aires d’empilement, de tronçonnage et d’ébranchage 2.1.8.2.1 Description

L’exploitation sans rupture de charge, communément appelée « hot logging », se définit comme l’ensemble des opérations d’exploitation forestière où les transports sont exécutés sans interruption ni arrêt depuis l’abattage jusqu’à la porte de l’usine. (OIFQ 2003) Il s’agit donc d’intégrer les opérations et bien les coordonner pour que l’abattage, le débardage, l’ébranchage, le tronçonnage, le chargement et le transport se fassent en continu. Ainsi, les opérateurs de différentes machines doivent s’attendre et se coordonner continuellement. Ce mode d’exploitation est reconnu pour la qualité de tiges qu’il génère puisqu’il limite beaucoup les bris et dommages qui leur sont causés.

En opposition, un mode d’exploitation plus traditionnel permettra qu’une avance soit prise à l’une ou l’autre des étapes. Par exemple, les débardeurs prendront une avance de 2 à 3 jours de façon à travailler en continu. L’ébrancheuse fera alors son travail face à une pile d’arbres importante et travaillera elle aussi en continu. Les arbres ébranchés seront empilés en grande quantité au bord du chemin avant que le transport soit réalisé en un seul coup.

Lorsque l’ébranchage ne peut se faire en forêt pour diverses raisons, il peut être envisagé de procéder à un retour des branches en forêt suite à l’ébranchage en bordure de chemin. Cependant, afin de mener efficacement cette opération, elle doit normalement être intégrée à un mode d’exploitation bien précis où l’enchaînement des étapes et les déplacements de la machinerie sont favorables.

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2.1.8.2.2

Conditions d’application

Il s’agit en fait d’un choix que fait l’entrepreneur. Lorsque celui-ci est propriétaire de l’ensemble du parc de machinerie, il sera plus facile d’inculquer cette méthode de travail. Cependant, si ce sont des propriétaires indépendants qui gèrent une étape précise de l’opération, ils pourront craindre pour leur rentabilité et vouloir maintenir leur façon de faire. Par exemple, un bris de machinerie peut occasionner des pertes de productivités pour plusieurs machines plutôt qu’une seule.

Puisque ce mode d’exploitation augmente la qualité des tiges, le point de départ, pour que cette façon de faire soit adoptée, sera habituellement une demande insistante de conversion auprès des entrepreneurs réalisée par les responsables de l’usine de transformation.

2.1.8.2.3

Difficultés et avantages opérationnels

Difficultés Au niveau des difficultés, l’adaptation à cette méthode par les opérateurs des différentes machines peut s’avérer difficile dans les premiers temps. L’attente est contraire aux habitudes et plus difficile à gérer pour certains. La coordination des étapes demande une grande attention et un ajustement constant selon la distance de débardage, le nombre de machines, la vitesse de chacun, etc. C’est l’ébrancheuse qui est le point lent de la chaîne et doit être constamment optimisée. L’opérateur de cette machine peut trouver difficile l’adaptation à ce contexte où « quelqu’un attend après lui », mais il semble qu’après quelques semaines, celle-ci est réalisée.

Bien que le retour des branches à l’aide du grappin de la débusqueuse permette d’éliminer la majorité des branches et débris de coupe, une partie ne pourra être transportée de cette façon. Une certaine épaisseur de débris, trop près du sol pour être saisie, demeure en place et nécessite un
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effort de nettoyage supplémentaire pour être éliminée, lors d’une préparation de terrain par exemple.

Avantages Au niveau des avantages, le retour des branches en forêt améliore l’esthétique des lieux, mais il est aussi réalisé pour éviter un embourbement dans l’accumulation de branches. Il est aussi avantageux d’éliminer les grandes aires d’empilement puisque l’espace adéquat s’avère parfois insuffisant sur le terrain.

Pour l’industriel forestier, ce mode d’exploitation aura comme principal avantage la qualité des arbres livrés à l’usine. En effet, un plus grand soin peut être apporté lors de la manipulation des arbres tout au long du procédé. Il permet particulièrement d’éviter que la débusqueuse ait à embarquer sur la pile de bois pour empiler des arbres supplémentaires. Le fait de réduire les dommages faits aux arbres peut avoir un impact important sur le sciage en usine, puisqu’un tronc brisé peut venir bloquer temporairement la chaîne d’opérations.

Aussi, les opérateurs s’entendent généralement pour dire que cette façon de faire tend à réduire l’intensité avec laquelle ils opèrent leur machine et leur accorde plus de temps pour l’entretien. Ce constat semble particulièrement vrai pour les débardeurs. Les temps d’attente permettent aussi une économie de carburant lorsque le moteur est éteint. Une diminution du stress chez les travailleurs est aussi un avantage non négligeable.

Puisque l’ébranchage se fait au fur et à mesure, il est possible pour les débardeurs (qui amènent les arbres du parterre de coupe à l’ébrancheuse) de saisir une quantité de branches à l’aide de leur grappin. Les branches seront ainsi retournées en forêt et libérées dans les endroits peu visibles et dans les ornières des sentiers afin d’en limiter l’impact. Cette façon de faire permet donc de limiter les grandes aires d’ébranchage et la mise en andain subséquente.

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Aussi, bien que ce ne soit pas toujours avantageux, le transport peut être lui aussi intégré. En le réalisant au fur et à mesure, les aires d’empilement seront considérablement réduites. Il faut cependant tenir compte de contraintes d’entretien du chemin et de l’optimisation de la période de transport. Il sera souvent plus avantageux pour le pourvoyeur que le transport se fasse d’un seul coup, dans une période de temps plus courte.

2.1.8.2.4

Coûts supplém entaires

Le coût de l’ensemble de la procédure comporte de nombreux entrants. Selon M. Beauséjour, malgré les apparences, l’exploitation sans rupture de charges serait aussi productive qu’un mode d’exploitation traditionnel avec l’avantage d’offrir des billes de qualité supérieure et d’économiser sur les bris de machinerie. Cependant, afin de bien éliminer les branches et débris en bordure de chemin, il estime 1,25 $/m3 le coût de l’opération.

Personnes références

Luc Desrochers, ing.f., FPInnovations – Division FERIC. Fernand Beauséjour, Contremaître en chef, Les Forestiers Saint-Michel.

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2.1.8.3 Production de bioénergie : éli mination des andains par déchiquetage 2.1.8.3.1 Description

Les résidus de coupe et les branches peuvent être utilisés aux fins de bioénergie. Ces derniers sont alors récupérés, broyés ou déchiquetés sur place sous forme de copeaux, pour être ensuite acheminés vers l’utilisateur. Il est aussi possible de les compacter et de les mettre en ballots.

Cette possibilité est présentée ici davantage dans une perspective d’avenir, peut-être plus rapprochée que l’on croit. Encore peu pratiquée au Québec, cette opération est toutefois répandue ailleurs comme dans les pays scandinaves, mais aussi au Nouveau-Brunswick, Vermont, NewHampshire et Maine. Elle est évidemment directement dépendante de la demande pour le produit qui semble s’installer graduellement. Les copeaux sont normalement utilisés pour produire de l’énergie thermique. Le marché pour les copeaux est entre autres composé des centrales en cogénération, certaines papetières, les bâtiments adaptés à ce mode de chauffage et les industries de transformation en granules. Ils permettent aussi de produire de l’électricité. La production d’éthanol offre aussi des possibilités d’avenir intéressantes.

2.1.8.3.2

Conditions d’application

La principale condition d’application sera la rentabilité de l’opération. La distance de transport est un facteur limitatif important. Puisqu’il s’agit d’un matériel de faible densité et de valeur moindre, il sera très difficile de rentabiliser l’opération à des distances de transport supérieures à 150 km. Les utilisateurs de ces copeaux pour une fin énergétique sont encore peu nombreux au Québec, il pourra arriver qu’il n’y ait aucun preneur dans ce rayon.

Il est aussi à noter que selon les exigences de l’usine de transformation, différents paramètres doivent être considérés tels que le contenu en humidité et l’âge des résidus. Le contenu en

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contaminant comme les écorces feuilles et brindilles doit être contrôlé. L’essence pourra aussi être importante : les copeaux de bois feuillus sont généralement plus appréciés que ceux de résineux.

2.1.8.3.3

Difficultés et avantages opérationnels

Difficultés L’empilement et la disposition des résidus de coupe doivent se faire de façon à limiter la contamination par la roche et la terre. Ceux-ci viendraient endommager les couteaux et diminuer la qualité des copeaux s’ils sont présents en trop grande quantité. Une opération de regroupement et de rapprochement des résidus pourra s’avérer nécessaire afin d’optimiser les étapes suivantes de déchiquetage et de transport. Pour favoriser le séchage, des empilements assez élevés sont requis. Le moment idéal pour les récupérer serait environ d’un mois ou deux après les opérations. De cette façon, la teneur en humidité est adéquate. Si l’attente est trop longue, les résidus perdront de leur valeur par la perte des feuilles et aiguilles, puis par la pourriture qui causera éventuellement l’accumulation d’eau dans les résidus.

Bien qu’il soit possible de réaliser cette opération à plus petite échelle, une déchiqueteuse assez imposante sera généralement privilégiée pour produire les copeaux à moindres coûts. Dans ce contexte une quantité importante de branches et débris doit se trouver dans le secteur où la machine est déplacée.

La machinerie, broyeuse ou déchiqueteuse, doit être adaptée aux exigences du produit demandé pour contrôler par exemple la grosseur des copeaux. Selon le destinataire, il pourra être nécessaire de trier et de tamiser pour séparer les produits.

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Avantages Au niveau des avantages, l’ajout de cette opération crée une activité économique supplémentaire en forêt et permet une utilisation plus optimale de la matière ligneuse. Les branches et débris de coupe représentent une source très abondante de biomasse relativement accessible. Cette opération permet donc d’éliminer les branches et résidus de coupe en bordure de chemin par une récupération directe de ceux-ci. Les figures 16 et 17 montrent des opérations de déchiquetage.
Source : Luc Desrochers

Figure 16: Opération de déchiquetage des résidus
Source : Luc Desrochers

Figure 17. Résidus mis en ballot pour le transport.

37

2.1.8.3.4

Coûts supplémentaires

Le coût supplémentaire de cette opération doit être absorbé par le prix offert pour le produit généré, ce qui est rarement le cas pour le moment, mais le prix offert est en hausse constante. Selon M. Desrochers, le prix devrait éventuellement se stabiliser autour de 30 à 35 $ la tonne verte. Les essais qu’il a observé jusqu’à maintenant généraient des coûts estimés entre 20 et 25 $ la tonne verte pour le déchiquetage. Il serait apparemment possible de diminuer ce coût avec le développement de l’expérience dans ce domaine.

Personnes références

Luc Desrochers, ing.f., FPInnovations - Division FERIC.

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2.1.8.4 Exploitation avec chevaux 2.1.8.4.1 Description

Bien qu’elle soit moins adaptée au cadre d’une exploitation industrielle, les bénéfices résultants de ce type d’exploitation peuvent être surprenants. L’exploitation avec chevaux est présentée ici dans l’objectif de couvrir une panoplie d’outils existants. Cette méthode est surtout utilisée en forêt privée pour l’exploitation de lieux sensibles où les dommages doivent être minimisés au maximum. L’abatage se fait manuellement et le débardage des arbres est réalisé à l’aide de chevaux.

2.1.8.5 Conditions d’application

Cette méthode devrait être utilisée dans un contexte de coupe partielle. Elle est toute indiquée pour l’éclaircie commerciale. Elle s’avère peu intéressante pour la réalisation de coupes totales comme la CPRS ou lorsqu’un brassage du sol est souhaité, comme c’est le cas pour la régénération du bouleau jaune ou du pin blanc. C’est lorsqu’un niveau de protection élevé est souhaité que son application se justifie.

2.1.8.5.1

Difficultés et avantages opérationnels

Difficultés Au niveau des difficultés opérationnelles, cette méthode nécessite généralement plus de temps et d’efforts pour la récolte d’un même volume qu’avec l’emploi d’une méthode plus mécanisée. Elle est souvent plus éprouvante physiquement. La productivité et la rentabilité peuvent varier fortement selon les individus qui réalisent le travail. La façon de gérer l’aspect opérationnel par l’équipe en place est déterminante. Divers éléments comme la rotation des chevaux, le temps d’attente après les avoirs nourrit et la préparation du terrain requiert une planification rigoureuse, sinon ces éléments représenteront un frein important.
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L’exploitation à l’aide de chevaux ne peut être utilisée efficacement que dans des conditions particulières et pour des traitements forestiers spécifiques. La topographie, la disposition des cours d’eau et d’autres caractéristiques du terrain doivent être favorables à l’utilisation de chevaux. Par exemple, la pente doit être absente, ou lorsqu’elle plus prononcée, doit être nécessairement montée sans charge et utilisée en descente lorsque le cheval déplace les arbres.

Avantages Au niveau des avantages, cette méthode génère du bois tronçonné et peu endommagé. Elle peut permettre de récolter plus de bois dans une coupe partielle. Même en récoltant le maximum des arbres permis, plus d’arbres en bonne condition seront maintenus sur pied après l’opération comparativement à une opération plus mécanisée.

C’est sans aucun doute l’une des méthodes qui permet de limiter le plus les dommages faits au sol, à la végétation et aux arbres résiduels. Dans un contexte où des visiteurs auraient à circuler à proximité ou à l’intérieur même d’une coupe partielle, cette méthode pourrait permettre de réunir plusieurs des éléments qui favorisent une perception positive.

Le débardage des billes à l’aide des chevaux est particulièrement efficace pour diminuer au minimum les blessures faites aux arbres le long du sentier utilisé. La végétation résiduelle est très peu perturbée sur le parterre et peu d’arbres sont brisés. Un couvert important, qui serait écrasé ou endommagé par la circulation de la machinerie, est maintenu. Également, voir les chevaux en action pourrait représenter un attrait additionnel pour le visiteur. Le bruit des opérations est aussi beaucoup diminué. La figure 18 présente une photographie prise à la forêt de l’Aigle d’un parterre de coupe partielle exploité aux chevaux.

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Figure 18: Parterre de coupe partielle exploité à l’aide de chevaux.

2.1.8.5.2

Coûts supplém entaires

Les coûts supplémentaires pour le débardage des bois avec des chevaux est évalué à environ 5 $/m3. Tel que mentionné précédemment, la productivité, selon M. Lamarche, est très variable et peut même passer du simple au double selon l’équipe en place. Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte, mais le coût moyen peut être estimé entre 25 et 28 $/m3.3 Comparativement à un coût estimé entre 20 à 22,50 $/m3 pour un travail comparable effectué avec une débusqueuse à câble. Ce coût ne tient pas compte de l’avantage tiré du fait que les billes sont déjà tronçonnées à la longueur voulue et des autres avantages tirés de la minimisation des impacts de la récolte.

3

Coût au bord du chemin incluant machinerie, salaires et bénéfices marginaux.

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Personne référence Yves Lamarche, contremaître des opérations, Forêt de l’Aigle. 2.1.8.6 Coupe de jardinage bonifiée : minimisation des i mpacts et mise en valeur

2.1.8.6.1

Description

En mai 2007, la MRC des Laurentides complétait son analyse coûts-bénéfices sur l’ajout de quatre mesures d’harmonisation sur la coupe jardinatoire traditionnelle. Ces quatre mesures sont les suivantes : 1- Exclure les milieux naturels sensibles de la circulation de la machinerie forestière, 2- Localiser les maîtres sentiers de débardage avant le début des opérations en forêt, 3Débarder les tiges récoltées en demi-longueur et 4- Rabaisser les têtes d’arbre récolté à moins de un mètre de hauteur par rapport au sol. (Brunet, 2007) Aussi, suite aux opérations, les sentiers de débardage ont été «désactivés », c'est-à-dire nivelés à l’aide d’une pelle excavatrice. De l’herbe a été semée pour un reverdissement rapide et une belle apparence dès l’été suivant.

2.1.8.6.2

Conditions d’application

Ce sont des mesures applicables en forêt feuillue. Elles nécessitent principalement une volonté de réaliser une planification adaptée et une collaboration de la part des abatteurs et opérateurs de machinerie. Difficultés et avantages opérationnels

Difficultés La mesure d’harmonisation consistant à exploiter les arbres en demi-longueur s’est avérée contraignante et n’a pas atteint l’objectif de réduire le nombre de blessures sur les tiges résiduelles. Également, le fait de rabattre les tiges au sol a nécessité un effort physique supplémentaire aux abatteurs.
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Avantages Cet essai cadre avec une exploitation soucieuse du détail bien adaptée aux portions fréquentées du territoire des pourvoiries. Combinés ensemble, ces suppléments ont amélioré significativement l’apparence des lieux. Le fait de ne pas circuler dans les milieux sensibles a réduit l’orniérage. La localisation des sentiers au préalable combinés à des instructions claires aux opérateurs a permis d’éviter que la machinerie ne circule aléatoirement sur le parterre, causant ainsi moins de dommage. Rabaisser les tiges au sol a amélioré significativement l’apparence de l’environnement immédiat. Dans ce cas-ci, les sentiers de débardage, une fois nivelés, ont pu être utilisés pour la pratique du ski de fond dès l’année suivante, tels que présentés aux figures 19 et 20.

Ce projet comprenait une étude de la perception de la clientèle. Les gens interrogés préféraient les portions où la coupe de jardinage bonifiée avait été appliquée en raison de « la diminution des évidences de coupe et la présence d’une forêt plus belle, plus esthétique. » (Brunet, 2007)
Source : Gilles Séguin

Figure 19: Sentier de débardage nivelé pour être utilisé rapidement pour d’autres usages.

43

Source : Gilles Séguin

Figure 20: Sentier de débardage reverdi et utilisé pour la randonnée et le ski de fond.

2.1.8.6.3

Coûts supplémentaires

Les résultats de ce projet de recherche chiffrent le coût des deux premières mesures, soit exclure les milieux naturels sensibles de la circulation de la machinerie forestière et localiser les maîtres sentiers de débardage avant le début des opérations en forêt, à 0,26 $/m3.

Aucun coût supplémentaire n’a été retenu pour rabaisser les têtes d’arbres au sol puisque l’action ne ralentissait pas le processus de récolte. Cependant, dans le cas où des abatteurs exigeraient une compensation pour l’effort supplémentaire ou que l’opération de rabattage serait réalisée a posteriori, le coût devra être évalué.

L’action la plus coûteuse a été de débarder les tiges récoltées en demi-longueur et comme les retombées positives ont été limitées, celle-ci n’est pas recommandée.

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Personnes références

Gilles Séguin, coordonnateur en foresterie, MRC des Laurentides. Jean-Philippe Brunet, étudiant à la maîtrise, Université Laval.

2.1.9 Si mulation des paysages

Lorsque des alternatives aux coupes sont proposées et qu’il s’agit de secteurs très sensibles visuellement, il peut être nécessaire de vérifier si elles auront l’effet escompté sur la protection du paysage.

À cet effet, afin de maintenir la qualité des paysages, le Parc Algonquin procède à des analyses du paysage et intervient à plus de 95 % en coupes partielles dans ceux-ci. Il s’agit donc de non seulement vérifier, mais aussi d’y rattacher des méthodes d’intervention appropriées.

2.1.9.1 Le logiciel

Le logiciel de simulation des paysages est un outil très pratique qui permet de voir directement ce à quoi s’attendre, une fois que la coupe sera réalisée, tel qu’illustré à la figure 21. On peut y comparer différents scénarios et les faire évoluer dans le temps pour prendre en compte le reverdissement et l’arrivée d’autres assiettes de coupe. Les images simulées le sont à partir de points de vue importants du territoire, tels les lacs, les chalets ou les belvédères ou encore du haut des aires pour imiter l’arrivée en hydravion. Ce service est disponible à la Fédération des Pourvoiries du Québec et chez Consultants forestiers DGR qui utilisent et vendent des écosystèmes adaptés à la forêt québécoise.

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Figure 21: Anticipation des résultats à l’aide du logiciel de simulation des paysages.

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2.2 Quiétude des lieux

La tranquillité est l’un des éléments les plus recherchés par les adeptes d’un séjour en nature. À la problématique visuelle des coupes forestières, s’ajoutent les inconvénients dus aux opérations forestières et au transport du bois qui occasionnent bruit et poussière. Ces aspects sont importants à considérer puisque la quiétude des usagers serait alors perturbée, tout comme celle de la faune.

Il peut y avoir diverses sources de dérangement telles que les débroussailleuses, abatteuses, débusqueuses, pelles hydrauliques, bouteurs et camions de transport, etc. La portée du son dans un secteur pourra être influencée par une multitude de facteurs comme la topographie, la vitesse et la direction du vent, le type d’équipement utilisé, etc. C’est principalement par des efforts de concertation qu’il sera possible de maintenir la quiétude lors du séjour des visiteurs. 2.2.1 Har monisation des calendriers et établisse ment de modalités appropriées

Un calendrier d’harmonisation des activités qui identifie les périodes les plus favorables aux deux entreprises doit être établi. Ainsi, les activités de récolte, de transport ou de toutes autres opérations mécanisées de longue durée seront ciblées dans les périodes de basse fréquentation. Lorsque le contexte l’impose, les opérations forestières peuvent aussi être planifiées de façon à être exécutées rapidement, pour ensuite quitter le secteur.

C’est généralement au niveau de la période de transport qu’une attention particulière devra être portée en coordonnant de façon précise les activités. En plus du bruit occasionné par le transport lui-même, l’achalandage constant sur la route et la poussière sont inévitables et dérangeants. Il est généralement possible de concentrer le transport lors des semaines les moins achalandées. Le moment choisi devra cependant considérer l’état des routes. En effet, les moments les moins achalandés correspondent parfois au moment où les routes sont impraticables pour le transport forestier, comme c’est le cas au début du printemps et à la fin de l’automne. D’un autre côté, les
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opérations d’hiver peuvent être une solution intéressante. Il s’agit donc de déterminer le meilleur compromis.

Dans le cas où un chemin utilisé pour le transport est situé à proximité de chalets, la discussion devra aussi porter sur la période de transport dans la journée. Des compromis visant à ne pas débuter trop tôt dans la journée pourront être considérés si les opérations sont prévues dans les périodes d’achalandage des pourvoiries.

Lors des consultations, il a été observé que certains utilisateurs adoptent des modalités précises à cet effet. Par exemple, en période d’achalandage, le Parc Algonquin se fixe une distance minimale de 1,6 km entre les lieux fréquentés par les amateurs de plein air et les secteurs où se déroulent leurs opérations forestières.

2.2.2 Effectuer des tests de son en cas d’incertitude Les facteurs déterminant la portée du son étant variés, il est parfois difficile de prévoir s’il y aura dérangement ou non. Même des secteurs situés à l’extérieur de la pourvoirie peuvent avoir un impact sonore important sur des lieux occupés de la pourvoirie. En cas d’incertitude sur la portée du son, il est recommandé de procéder à des tests afin de s’assurer de ne pas perturber les clients lors de leur séjour. Ceux-ci permettront de réaliser que des opérations dans certains secteurs peuvent être réalisées pendant la période d’achalandage en utilisant les montagnes comme écran sonore, alors que d’autres devront être réservés pour les périodes de basse fréquentation puisqu’ils sont entendus de loin.

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2.3 Satisfaire les besoins de la faune

Une coupe forestière réalisée adéquatement pourra être bénéfique pour la faune en rajeunissant certaines superficies de forêt, apportant ainsi avec cette nouvelle diversité, couvert et nourriture à certaines espèces. C’est principalement l’étendue et la configuration spatiale de la forêt

résiduelle, c’est-à-dire la forêt restant après la coupe qui importera à la faune. Les besoins de la faune étant très complexes, les outils mentionnés ici sont axés davantage vers certaines espèces vedettes en pourvoirie, mais plusieurs principes viennent orienter l’exploitation forestière du territoire de façon à convenir à un maximum d’espèces. Certains de ces principes sont tirés du document L’aménagement intégré des ressources, ça se prépare!, dont la référence est disponible dans les références, à la fin de ce document. 2.3.1 Principes généraux pour le maintien de l’habitat 2.3.1.1 Répartition des coupes forestières dans le te mps

L’arrivée à maturité au même moment de l’ensemble de la forêt située sur le territoire d’une pourvoirie peut s’avérer très problématique. Cette situation pourrait conduire vers un déboisement excessif du territoire, changeant drastiquement les caractéristiques de l’habitat de la faune qui le fréquente. C’est pourquoi il importe de récolter régulièrement, sur de petites superficies, les peuplements les plus matures. Il s’agit en fait de normaliser le territoire, c'est-àdire de répartir la plus grande variété possible de peuplements forestiers d’âge différents. Cette technique est favorable pour les espèces d’écotones tel l’orignal, le cerf de Virginie ou la gélinotte huppée. En conservant sur pied de grandes étendues propices à une espèce et en s’assurant que celle-ci puisse s’y déplacer, on s’assurera de son maintien sur le territoire. Cette répartition temporelle sera à la fois bénéfique pour la faune, l’aspect visuel général du territoire et pour l’équilibre de ses écosystèmes.

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2.3.1.2 Répartition des coupes forestières dans l’espace

En plus de la répartition dans le temps, il importe de répartir dans l’espace les superficies de coupe, tout en considérant les diverses contraintes liées à la pratique des autres activités. Il est préférable de faire plusieurs petites interventions dans différents secteurs que de concentrer les opérations en un seul grand secteur. Le réseau routier bien développé et entretenu qu’on retrouve généralement sur le territoire des pourvoiries se prête bien à cette approche en n’engendrant peu de coûts supplémentaires pour l’industrie forestière. Il s’agit donc de prévoir d’avance dans la planification, la répartition spatiale des secteurs d’intervention et de réduire autant que possible l’ampleur de ces secteurs afin d’en minimiser l’impact sur la faune et l’aspect visuel général du territoire. C’est l’étendue et la configuration spatiale de la forêt résiduelle qui permet le maintien de la qualité de l’habitat pour plusieurs espèces de la biodiversité dans un secteur donné de la pourvoirie. Ce principe est tout autant valable pour les coupes que pour d’autres travaux sylvicoles. Par exemple, le dégagement de la régénération à trop grande échelle et le long des bandes de forêt résiduelle vient diminuer l’accès en nourriture de ce secteur pour l’orignal. Pareillement, les peuplements ayant subis une éclaircie précommerciale seront systématiquement évités par le lièvre d’Amérique. Bref, en limitant l’agglomération d’un type d’intervention, on s’assure du maintien d’une diversité d’habitat répondant à plusieurs espèces d’écotones dans chacun des secteurs.

2.3.1.3 Atténuation des impacts de la coupe totale

Pour diminuer l’impact des coupes totales sur certaines espèces fauniques, il faut favoriser le maintien d’un maximum d’éléments intéressants pour la faune. On essaiera ainsi de laisser sur le parterre des chicots, des arbustes, de la haute régénération, des arbres matures résiduels et des débris ligneux au sol.

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L’utilisation de coupes alternatives à coupe totale telles que la coupe avec protection de la haute régénération (CPHRS) et la coupe avec protection des petites tiges marchandes (CPPTM) doit être favorisée. Les jeunes tiges laissées auront un effet bénéfique en maintenant des caractéristiques essentielles de l’habitat de plusieurs espèces, que ce soit comme source de nourriture, obstruction latérale ou couvert protecteur.

2.3.1.4 Conservation des chicots sur le parterre de coupe et des arbres d’essences variées

Certaines espèces comme le grand pic et le canard branchu ont recours aux gros arbres en décrépitudes et leurs cavités pour se nicher. La majorité des coupes, y compris la coupe de jardinage, vise à retirer les vieux arbres de gros diamètre, même s’ils sont creux afin d’enlever les arbres qui ne survivront pas à la prochaine rotation et conserver la photosynthèse sur des arbres de meilleure qualité pour la production ligneuse. Il en est de même pour certaines espèces d’arbres moins intéressantes pour les usines de transformation du bois. Le hêtre à grandes feuilles, par exemple, dont la valeur commerciale est moindre, produit des graines (les faines) recherchées par l’ours noir. Il importe donc de maintenir sur pied une diversité d’essences d’arbres et de favoriser le maintien de chicots pour maintenir à long terme ces espèces fauniques. S’ils sont à proximité des lieux fréquentés cependant, il faut vérifier l’aspect sécuritaire des chicots et prévoir deux longueurs d’arbres comme périmètre de sécurité et l’effet esthétique.

2.3.1.5 Construction d’un chemin à proxi mité d’un habitat faunique reconnu.

C’est un autre exemple où les connaissances territoriales du pourvoyeur seront utiles. En plus des habitats fauniques légalement protégés, tel les héronnières, il peut être préférable, lorsque possible, de maintenir la tranquillité d’un lieu clé du territoire en évitant que le réseau routier passe trop près de celui-ci. Il s’agit donc de maintenir une préoccupation face aux endroits très fréquentés par une espèce ou remarquable par sa richesse en terme écologique.

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2.3.2 Aménage ments spécifiques à certaines espèces

Aménager un territoire en fonction d’une espèce exige de bien connaître ses besoins en termes de nourriture, aire de repos, d’abri, etc. Un guide complémentaire, intitulé ENJEUX FAUNEFORÊT, produit par la Fédération des pourvoiries du Québec, offre un aperçu de ce qui peut être réalisé pour certaines espèces populaires en pourvoirie dans le cadre d’un aménagement intégré des ressources.

La personne désireuse d’effectuer un aménagement bien adapté à son territoire pourra aussi compléter ses connaissances sur l’espèce visée à l’aide de divers documents en ligne sur le site de la Fondation de la faune du Québec à l’adresse suivante :

http://www.fondationdelafaune.qc.ca/initiatives/guides_pratiques/

2.3.3 Préserver la qualité de l’eau et l’habitat du poisson

Il est possible de préserver la qualité de l’eau et l’habitat du poisson de diverses façons. Le contrôle de l’érosion des sols est l’élément clé afin de maintenir l’élément clé de l’habitat du poisson, les sites de reproduction. C’est le réseau routier et plus particulièrement les points de traverse des cours d’eau et des ponceaux de drainage, qui sont le plus susceptibles de causer de l’érosion abondante, entraînant ainsi les sédiments dans les cours d’eau et frayères. Les sédiments en suspension nuisent à la qualité de l’eau et peuvent causer l’ensablement des frayères. À cet effet, l’omble de fontaine est une espèce très sensible. Aussi, un déboisement excessif du bassin versant peut entraîner une modification de la température et du pH de l’eau, nuisant ainsi aux espèces les plus fragiles, comme l’omble de fontaine.

Cette section présente quelques techniques permettant de réduire l’impact de ces phénomènes. Elles sont essentiellement tirées du document ENJEUX FAUNE-FORÊT, document produit par la
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FPQ, du document l’aménagement des ponts et ponceaux dans le milieu forestier et du document Saines pratiques – Voirie forestière et installation de ponceaux . Il propose de façon claire et bien illustrée des pratiques exemplaires.
5

4

2.3.3.1 Mise en place des ponts et ponceaux adéquats

Une réelle application des normes du RNI est déjà un très bon point de départ puisque trop souvent, elles ne sont pas suivies correctement sur le terrain. Les travailleurs de planification et de construction de chemins doivent donc être bien formés. Il peut aussi être souhaitable d’aller au-delà de ces normes par l’application de saines pratiques présentées dans le guide du même nom. C’est aussi par la mise en place d’un système de suivi qu’il sera possible d’exercer un contrôle efficace. C’est ici le point le plus négligé. Voici un résumé de mesures à conserver en tête lors de l’aménagement de cours d’eau. • S’assurer d’une bonne utilisation de la membrane géotextile lors de la confection et de la stabilisation. • Stabiliser les ouvrages (chemin, pont, ponceau) au moment de leur construction. • S’assurer d’une bonne gestion des eaux de fossé et de ruissellement à l’approche d’une traverse de cours d’eau. • Minimiser le nombre de traverses de cours d’eau lors de la planification du réseau de chemins. • Favoriser, lorsque possible, la construction des traverses de cours d’eau (ponts et ponceaux) en aval des frayères. • Installer des ponceaux surdimensionnés en amont des frayères. • Effectuer des interventions en période hivernale (sol gelé) sur les sites fragiles à l’érosion et à l’orniérage. • Limiter à 50 % de la superficie du bassin versant les peuplements d’une hauteur de moins de 4 m.
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http://www.mrnf.gouv.qc.ca/publications/forets/entreprises/amenagement_ponts.pdf http://www.mrnf.gouv.qc.ca/publications/forets/entreprises/sainespratiques.pdf

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2.4 Gestion des accès au territoire

L’industrie forestière et celle de la pourvoirie doivent être en mesure d’adopter une stratégie en matière de gestion des accès qui répondent adéquatement à leurs intérêts. De façon générale, il doit être admis que l’industrie forestière doit être en mesure de réaliser les activités de récolte et de suivi après coupe à un coût raisonnable. Pour la pourvoirie, le contrôle de l’accès au territoire est primordial. Une planification concertée des chemins forestiers permettra un meilleur contrôle de la ressource faunique tout en limitant le vandalisme et les vols. (Bellemare, 2002)

2.4.1 Planifier d’avance le réseau routier

L’approche idéale consiste à planifier à l’avance un réseau routier préliminaire le plus détaillé possible. Cette planification pourra se faire, dans certains cas, avant même que le territoire ne soit visé par la planification forestière. Cette approche pourrait s’avérer beaucoup plus efficace en permettant de tirer le maximum d’un réseau routier, tout en évitant une série de conflits. Elle permet surtout aux intervenants d’être pleinement conscients de leurs besoins respectifs et des caractéristiques du territoire en termes d’accès. Elle devra nécessairement comprendre une analyse des possibilités d’accès en fonction des contraintes physiques du territoire et une évaluation des secteurs d’intérêts pour la foresterie et pour les activités récréotouristiques actuelles ou futures. Ce réseau routier projeté servira de base de compréhension mutuelle et pourra être mis à jour dans le temps suite aux développements des activités de chacun.

2.4.2 Éviter de créer tout nouvel accès non désiré

Dans la majorité des cas, la demande sera d’éviter de créer tout nouvel accès permanent. En effet, il sera souvent avantageux pour tous d’utiliser le réseau routier existant de la pourvoirie. Il peut aussi être envisagé de faire de nouvelles ramifications depuis l’intérieur de la pourvoirie sans s’approcher d’autres chemins extérieurs. Si la pourvoirie propose un produit touristique basé
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sur l’aspect sauvage, l’éloignement et la difficulté d’accès, des efforts particuliers peuvent être réalisés afin de maintenir ces caractéristiques, comme c’est le cas par exemple pour une pourvoirie accessible par hydravion seulement.

Les méthodes utilisées pour éviter de créer un nouvel accès sont très variées. Le choix devrait être basé sur les besoins et capacités des utilisateurs. À cet effet, le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune propose une variété de techniques dans le guide des Saines pratiques – Voirie forestière et installation de ponceaux. Lors des consultations, il a été intéressant de constater que des méthodes novatrices sont disponibles et utilisées. Par exemple, au Parc Algonquin, situé en Ontario, des ponts portatifs pour accéder temporairement à certains secteurs sont utilisés. Cette méthode constitue à leur avis une des meilleures façons de maintenir le contrôle de l’accès. Bien que ces ponts soient coûteux à l’achat et en terme de frais de transport, ils deviennent rentables à long terme lors des réutilisations.

Il peut bien sûr arriver que la création d’un nouvel accès au territoire ou à un secteur soit non souhaité, mais inévitable. Lorsqu’un ancien chemin ou un nouvel accès amène une perte de contrôle de l’accès au territoire, certaines méthodes pourront être utilisées afin de corriger la situation.

2.4.3 Procéder à la ferme ture d’un chemin

Suite au projet de loi no 49, il est maintenant possible, quoique la procédure est malheureusement très complexe, de procéder à la fermeture d’un chemin sur les terres du domaine de l’État. À cet effet, le MRNF stipule :

« La Loi sur le ministère des Ressources naturelles et de la Faune permet au ministre de fermer un chemin sur les terres du domaine de l’État, dans une perspective de développement durable et de gestion intégrée des ressources. Différentes raisons peuvent justifier une demande de
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fermeture d’un chemin forestier. L’analyse de la demande peut conduire à une recommandation de fermeture temporaire ou permanente qui s’accompagne, lorsque requise, de techniques pour contrer l’érosion. » (MRNF, 2007)

Le ministère a produit un guide des techniques de fermeture de chemins du domaine de l’État auquel le pourvoyeur pourra se référer :

« Ce guide décrit des techniques appropriées pour fermer des chemins de façon temporaire ou permanente et d’autres, pour corriger ou prévenir les problèmes d’érosion. Pour chaque technique, il présente les circonstances d’utilisation, une description des travaux, des recommandations ainsi que les avantages et les inconvénients qui lui sont associés. » (MRNF, 2007) Ce guide est fourni avec le présent ouvrage et sa référence est disponible dans la bibliographie. Il est important d’effectuer la fermeture d’un nouveau chemin non désiré à long terme dans les délais les plus courts, avant que celui-ci n’ait été très fréquenté par d’autres utilisateurs.

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3 Co mparaison

d’une

planification

forestière

industrielle

à

une

planifi cation foresti ère harmonisée sur la pourvoirie Saint-Zénon

L’utilisation de mesures d’harmonisations lors de la planification forestière est essentielle sur les territoires des pourvoiries. Comme mentionné précédemment, elles assurent le maintien de l’intégrité de la pourvoirie et contribuent au maintien des activités de l’entreprise. Cependant, ces mesures d’harmonisations risquent d’amener des coûts supplémentaires aux industriels forestiers. D’un autre côté, ces mesures permettent aux pourvoyeurs de poursuivre leurs activités et de générer d’importantes retombées économiques dans leur communauté. Afin de quantifier les coûts relatifs à la mise en place de mesures d’harmonisation, nous avons fait un exercice de comparaison d’un scénario de planification industrielle (sans mesure d’harmonisation) et d’un scénario de planification harmonisée. Cet exercice de comparaison, sur une portée de 25 années, a été effectué sur le territoire de la pourvoirie St-Zénon, dans la région de Lanaudière. Il est à noter que les tarifs utilisés dans ce chapitre proviennent principalement de différents acteurs forestiers de la région de Lanaudière. Ces coûts sont propres au contexte du territoire sous étude et à l’industrie de cette région. Ici, l’exercice consiste à comparer les coûts d’harmonisation entre une planification industrielle et une planification harmonisée. Ainsi, il faut donc s’attarder à la différence de coûts entre les scénarios plutôt qu’aux coûts de récolte annoncés.

3.1 Portrait de la pourvoirie Saint-Zénon

La région de Lanaudière, située non loin de Montréal, est une région qui connaît un grand achalandage au niveau des pourvoiries. La pourvoirie St-Zénon est une pourvoirie à droits exclusifs (PADE) dont la superficie couvre 11.3 km2, telle qu’illustrée à la figure 22. La pourvoirie Saint-Zénon comprend huit principaux plans d’eau qui sont exploités pour la pêche sportive. Les activités de pêche représentent 71% de la fréquentation (jours-activités) des pourvoiries de Lanaudière. On comprend donc l’importance de conserver la beauté des paysages autour de ces plans d’eau. Au niveau forestier, la pourvoirie St-Zénon est une pourvoirie dont les peuplements ont, dans la plupart des cas, atteint leur âge de maturité technique. Cette situation
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s’avère problématique, car une récolte massive des peuplements mûrs s’avérerait catastrophique pour la pourvoirie et néfaste pour l’économie régionale. La figure 23 présente la maturité des peuplements forestiers de la pourvoirie Saint-Zénon.

Au plan économique, en 2006, les revenus totaux des 15 PADE de la région de Lanaudière sont de 6.7 M $. Par mesure de confidentialité, le revenu annuel utilisé aux fins de l’exercice sur la pourvoirie Saint-Zénon sera celui de la moyenne régionale des PADE de Lanaudière, soit 447,000$6 actualisé en 2008 à un taux d’actualisation de 2%. Notons qu’il s’agit de revenus bruts, et non de bénéfices. À cet effet, de par leurs petits territoires, les pourvoiries de la région de Lanaudière ont des dépenses supplémentaires afin de soutenir un achalandage aussi élevé, nous n’avons qu’à penser aux coûts d’ensemencement de poissons.

Figure 22. Carte de localisation de la pourvoirie Saint-Zénon

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Tiré de « Étude sur la performance économique des pourvoiries du Québec, Année 2006 »

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Figure 23. Carte illustrant la maturité technique en 2008 des peuplements forestiers de la pourvoirie Saint-Zénon

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3.2 Cadre législatif Au Québec, la loi sur les forêts encadre la pratique de l’aménagement forestier sur les forêts publiques du Québec. Cette loi oblige, entre autres, le respect du Règlement sur les normes d’intervention dans les Forêts du domaine de l’État , communément appelé « RNI ». À cet effet, ce règlement détermine des modalités particulières visant à protéger des endroits très fortement achalandés tel un corridor de déplacement le long d’une autoroute et finalement, peu d’intérêt est porté au reste du territoire.

La loi sur les forêts dicte également, par le manuel d’aménagement forestier, le type de traitement sylvicole à effectuer selon le groupe de production prioritaire. Également, la loi sur les forêts précise que les bénéficiaires doivent se conformer à atteindre onze objectifs de protection ou de mise en valeur du milieu forestier (OPMV). Ces objectifs visent à régir diverses considérations importantes regroupées en trois principaux volets, la conservation des eaux et des sols, la conservation de la diversité biologique et le maintien des avantages socioéconomiques multiples que la forêt procure à la société. À cet effet, les paysages sont directement concernés par l’OPMV 9. Ces objectifs dictent une méthodologie précise mais les modalités n’y sont pas décrites, l’on doit plutôt vérifier l’atteinte des modalités d’intervention et de faire rétroaction sur les modalités. De plus, l’OPMV concerne seulement que la portion du territoire utilisé à partir des secteurs d’intérêt majeur. En pourvoirie, en tant qu’entreprises récréotouristiques, les secteurs d’intérêt sont beaucoup plus nombreux que ce qu’encadre les lois et règlements actuels.

En pourvoirie, il arrive fréquemment que pour atteindre l’OPMV 9, ou pour assurer la protection des paysages à l’extérieur des secteurs définis par ce même OPMV ou pour des considérations fauniques, nous devons établir des traitements sylvicoles et modalités d’intervention qui ne sont pas admise par le Manuel d’aménagement forestier. Cependant, il est possible de contrevenir aux normes d’aménagement forestier. En effet, l’article 25.3 de la loi sur les forêts précise que le ministre peut «permettre qu’il soit dérogé aux normes d'intervention forestière prescrites par règlement du gouvernement, s'il lui est démontré que les mesures de substitution proposées par
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les bénéficiaires de contrats ou de conventions assurent une protection égale ou supérieure des ressources et du milieu forestiers. »

Aux fins de cet exercice, puisque les lois et règlements actuels ne permettent pas d’assurer la protection des paysages auquel la clientèle de pourvoiries exige, nous nous basons sur l’article 25.3 de la loi sur les forêts pour assurer « une protection supérieure » des paysages. À proximité de plusieurs secteurs d’intérêt majeur, nous proposons des modalités d’intervention particulières. Par exemple, nous planifions de récolter en coupe partielle des peuplements matures résineux à dominance de feuillus intolérant alors que le manuel d’aménagement forestier ne le prévoit pas.

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3.3 Planification industrielle

Afin de pouvoir estimer les coûts liés à l’harmonisation des usages, la planification forestière «industrielle» ici présentée ne comporte aucune mesure d’harmonisation et sert de scénario de référence. Cependant, la planification présentée respecte les lois et règlements de la forêt publique. Il est à noter que, aux fins de l’exercice, la planification forestière a été effectuée comme si la pourvoirie était inexistante et ne propose aucune mesure d’harmonisation particulière. Les traitements sylvicoles proposés sont les traitements sylvicoles usuels tirés du manuel d’aménagement forestier. Les activités de récolte ont été principalement planifiées durant la saison froide pour des raisons techniques de mise en forme et pour réduire les coûts de construction de chemins.

3.3.1 Superficies et volumes récoltés du scénario de planification industrielle

Le scénario de planification forestière industrielle prévoit un chantier de récolte qui dépasse la limite de la pourvoirie afin d’effectuer un chantier d’opération usuel. Cependant, afin de pouvoir comparer les deux scénarios présentés dans ce document en terme de superficie, de volume et de coûts, nous avons analysé seulement la planification se rapportant à l’intérieur de la limite de la pourvoirie Saint-Zénon. Il est à noter que nous avons soustrait les superficies inaccessibles et enclavées dues à la topographie de terrain. Les tableaux 1 et 2 présentent les statistiques de récolte pour la planification conventionnelle dite industrielle.

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Tableau 1. Répartition des superficies récoltées par année et par traitement pour la planification industrielle Traitement sylvicole CPRS CMO CJAR Année 2008 2011 2014 2025 Total (ha) 96.1 0 70 176.2 (ha) 0 184.7 0 0 (ha) 14.7 48.8 0 65.6 CP (ha) 1.0 0.0 0.0 0.0 1.0 111.8 233.5 70.0 241.8 657.1 Total

342.3 184.7 129.1

Tableau 2. Répartition des volumes récoltés par année pour la planification industrielle Volumes Année récoltés (m3) 2008 2011 2014 2025 Total 18 701 32 370 12 184 28 421 91 676

3.3.2 Caractéristiques du scénario de planification industrielle

La figure 24, présentée à la page suivante illustre le chantier de récolte de la planification industrielle. Rappelons-le, le scénario de planification conventionnel a été planifié par le mandataire de gestion de Lanaudière, les Forestiers Saint-Michel inc., et délibérément sans mesure d’harmonisation aux fins de cet exercice. À l’analyse de la planification soumise, nous sommes en mesure de constater que le chantier proposé liquide rapidement les stocks de bois disponibles. De ce fait, la planification industrielle minimise les coûts de récolte forestière par
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l’agglomération des blocs de récolte dans le temps et dans l’espace. De plus, les traitements sylvicoles proposés sont limités à ceux permis par le manuel d’aménagement forestier dans une optique d’aménagement extensif visant à limiter au maximum les coûts de récolte. Puisque les coupes partielles sont généralement plus complexes et moins rentables pour l’industrie forestière, et ce, pour de multiples raisons, il n’y a pas eu d’effort de mis afin favoriser ce type de traitement. Les coupes partielles se sont donc limitées aux peuplements feuillus et aux quelques bandes riveraines soumises à la récolte. De plus, plusieurs acteurs forestiers de cette région s’entendent pour dire que les critères à respecter lors de la réalisation de coupes partielles pour avoir droit au crédit de droits de coupe sont très difficiles, voir impossibles à respecter dans certains cas sur le terrain. Bref, rien pour inciter l’industrie forestière de la région à aller dans cette direction. Cette situation limite les options disponibles dans le coffre à outils de l’aménagiste forestier ce qui porte atteinte également aux pourvoyeurs et à leur clientèle.

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Figure 24. Planification harmonisée des activités de récolte sur une portée de 25 années

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3.3.3 Coût de récolte du scénario de planification industrielle

Pour le scénario conventionnel, une analyse des coûts d’exploitations forestières pour rendre la matière ligneuse en bordure de route a été effectuée. Précisons que les coûts associés aux droits de coupes, de camionnage et d’inventaires sont délibérément absents du calcul puisqu’ils sont semblables en terme de $/m3 dans les deux scénarios. Il n’est donc pas nécessaire d’inclure ces données aux fins de cet exercice. Rappelons que les tarifs utilisés pour arriver aux coûts présentés proviennent en grande partie des industriels forestiers des Lanaudière. Regardons plus attentivement la nature des diverses sources de coûts.

Premièrement, nous retrouvons les coûts liés à la construction, la réfection et à l’entretien de chemins. À cet effet, dans ce cas-ci, le réseau routier planifié servant à l’extraction de la matière ligneuse est constitué de chemins d’hiver. L’utilisation de ce type d’infrastructure contribue à diminuer les coûts de construction de chemin. Cependant, il est important de souligner que plusieurs chemins permanents sont déjà présents sur le territoire, chemins construits, entretenus et payés par le propriétaire de la pourvoirie Saint-Zénon. Nous avons donc parti de réseau existant ce qui contribue à diminuer les coûts relatifs à la construction de chemins pour l’industrie forestière.

La deuxième catégorie de coûts sont les frais de récolte forestière. Ces frais comprennent les coûts d’abattage, de débardage, d’ébranchage et de tronçonnage des bois. Nous avons utilisé des taux différents selon le type de traitement planifié, le type machinerie utilisé et la composition des peuplements.

Finalement, dans ce scénario, nous avons simulé une perte de revenus de la pourvoirie liée à une planification forestière industrielle non harmonisée qui ne tiendrait pas compte des besoins de la clientèle des pourvoiries. La perte de revenus a été calculée à partir du chantier de récolte forestière proposé et des impacts concrets sur la pratique des activités de récréotourisme et sur la
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satisfaction de la clientèle face à la qualité des paysages. En effet, des études de Oxygène communication (2003) et Roche (2001) démontrent que les vacanciers et touristes des pourvoiries désirent passer leur séjour dans un lieu d’apparence naturel, non altéré par l’homme. Lorsqu’il y a diminution de la satisfaction de la clientèle, ceci se reflète une perte importante au niveau de l’achalandage. En résumé, la perte de revenu simulé varie de 0% à 56% selon l’avancement du chantier de récolte et selon les délais de retour d’une forêt. À l’analyse de la planification industrielle proposée, le professionnel des opérations de la pourvoirie Saint-Zénon est d’avis qu’une perte de revenus approximative de 56% serait un minimum dû à une forte baisse de l’achalandage. Rappelons que les clients qui fréquentent les pourvoiries de Lanaudière provient en grande partie de Montréal, clientèle peu habituée aux coupes totales, et que celle-ci n’a aucune attache au territoire. Un client peu donc simplement choisir d’aller ailleurs si il n’est pas pleinement satisfait.

Bien sûr, il y a plusieurs autres coûts que l’industrie doit payer, comme les droits de coupes, mais l’on s’attarde ici uniquement aux coûts d’opérations. Rappelons ici que l’exercice consiste à comparer les coûts de récolte entre une planification industrielle non harmonisée et une planification harmonisée. Ainsi, il faut donc s’attarder à la différence de coût entre les scénarios plutôt qu’aux coûts de récolte annoncés. Le tableau 3 présente le bilan des coûts de récolte de la planification industrielle. Aux fins de l’exercice, l’année de référence pour le calcul de coût est 2008, nous n’avons pas simulé une augmentation des coûts d’opération ni des revenus dans le temps reliés à une augmentation de l’achalandage général car très difficile, voir impossible à estimer.

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Tableau 3. Synthèse des coûts d’exploitation forestière dans un scénario de planification industrielle sur la pourvoirie Saint-Zénon
Planification conventionelle Année 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 Total Coût par mètre 3) cube ($/m Volume 3 total (m ) 18 701 Coûts de récolte ($) 338 470 Coûts de voirie Total des coûts de forestière ($) récolte ($) 68 974 407 444 Perte en Total des coûts pourvoirie incluant les pertes actualisés en en pourvoiries ($) 2008 ($) 28 927 436 371 32 415 32 415 56 272 56 272 151 702 845 030 162 166 162 166 162 166 162 166 216 741 489 624 229 995 229 995 229 995 229 995 229 995 229 995 229 995 229 995 229 995 229 995 229 995 229 995 229 995 229 995 203 789 203 789 203 789 203 789 203 789 203 789 261 084 865 893 261 084 261 084 261 084 261 084 248 202 248 202 248 202 248 202 248 202 248 202 248 202 248 202 248 202 248 202 221 996 221 996 5 277 976 7 256 439 57.57 79.15

32 370

594 972

98 356

693 328

12 184

221 763

51 120

272 883

28 421

529 746

75 063

604 809

91 676

1 684 951 18.38

293 513 3.20

1 978 463 21.58

Après analyse des coûts, nous remarquons que les coûts de récolte s’élèvent à 18.38 $/m3 et les coûts de voirie forestière à 3.20 $/m3 pour un total de 21.58 $/m3. Il est pertinent de préciser que les coûts de voirie forestière sont assez faibles puisque la pourvoirie Saint-Zénon est située à proximité de la route provinciale 131 et que le pourvoyeur a déjà déboursé des sommes substantielles pour la construction et la réfection de plusieurs chemins forestiers. Au niveau des pertes économiques pour le pourvoyeur d’un scénario de planification non harmonisé, les pertes au niveau de l’achalandage serait très fortes et sont évaluées à 57.57 $/m3 soit plus de 5 millions de dollars évaluées sur une période de 25 années. Au total, l’ensemble des coûts de ce scénario (incluant les pertes pour le pourvoyeur) est évalué à 79.15$/m3 soit près de 7.3 millions de dollars
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3.4 Scénario de planification forestière harmonisée

Le scénario de planification forestière harmonisée est plus complexe que le scénario de planification forestière industrielle présenté. Entre autres, plusieurs mesures d’harmonisations et modalités d’interventions sont prévues afin de limiter les impacts négatifs d’une planification forestière non harmonisée sur la pourvoirie.

3.4.1 Mesures d’har monisation appliquées

Plusieurs mesures d’harmonisation ont été appliquées sur le territoire de la pourvoirie St-Zénon afin d’obtenir une planification harmonisée adéquate. Premièrement, une analyse visuelle des paysages a été effectuée à partir des secteurs d’intérêt majeur, soit les lacs principaux ainsi qu’un projet de tour à feu. Ce travail a permis de délimiter, selon la topographie, les paysages visibles à partir des lacs principaux et autres secteurs d’intérêt majeur. Cette analyse est présentée à la figure 25 de la page suivante. De plus, cette couche a été divisée selon la distance à partir des secteurs d’intérêt majeur.

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Figure 25. Paysages visibles à partir des secteurs d’intérêt majeur

Devant l’importance des changements à apporter au scénario de planification dite industrielle pour en arriver à un résultat qui nous semblait acceptable, la planification harmonisée a été planifiée à partir de zéro. La planification du réseau routier a été considérablement modifiée afin de tenir compte du nouveau plan de récolte, des sentiers et des chalets. Dans les secteurs visibles, selon la topographie de terrain et selon la distance par rapport aux secteurs d’intérêt majeur, nous avons accordé une grande importance à conserver la qualité des paysages. Ainsi, la taille des coupes de régénération a été réduite dans les secteurs visibles. De plus, le type de traitements sylvicoles a changé pour plusieurs peuplements, passant d’une coupe de régénération à une coupe
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partielle de façon à minimiser les impacts de la coupe forestière sur le paysage. De plus, puisqu’il y a plusieurs sentiers de randonnées pédestres sur la pourvoirie, nous avons évité d’intervenir dans les 30 mètres des sentiers. Également, nous avons pris soin de planifier les blocs de coupe afin d’éviter de passer dans les sentiers de randonnée avec la machinerie forestière. De plus, nous avons évité, au maximum, de planifier de grands blocs en coupe de régénération de part et d’autre des corridors routiers qui donne accès aux sites d’hébergement. Également, nous avons prévu effectuer le déblaiement des bords de routes afin d’éliminer tous les déchets de coupe gênant en bordure de route.

Au niveau faunique, certaines mesures d’harmonisation ont été implantées. Premièrement, nous avons planifié de la coupe partielle dans les sites connus d’hivernage des orignaux afin de les aménager. De plus, nous avons planifié de la coupe partielle dans deux hêtraies, deux peuplements d’intérêt reconnu pour l’ours noir. Également, dans la partie nord-ouest du lac Carotte, certains peuplements d’épinettes noires ont été protégés de toute coupe totale afin de conserver un habitat intéressant pour le tétras des savanes, espèce implantée il y a quelques années par le propriétaire de la pourvoirie Saint-Zénon. Nous avons également effectué une grande répartition spatiale des coupes de régénération dans le temps et dans l’espace ce qui permet de conserver un bon amalgame d’habitats pour plusieurs espèces fauniques. À cet effet, nous avons appliqué cette mesure, non seulement pour un point de vue d’esthétisme, mais également pour favoriser la proximité de divers stades de peuplements, caractéristique recherchée par diverses espèces dont l’orignal et la gélinotte huppée. La répartition spatiale des coupes dans le temps permet de conserver un rendement soutenu en habitat dans le temps pour l’orignal. Dans la planification harmonisée, nous avons également pris soin de conserver des corridors de déplacement pour la faune terrestre. Ces bandes sont d’une largeur variable, soit de 60 à 120 mètres de largeur.

Au niveau du calendrier d’opération, nous avons prévu que l’ensemble des activités de récolte se déroule en hiver, et ce, pour plusieurs raisons. Premièrement, il est préférable d’intervenir durant l’hiver puisque l’achalandage de la pourvoirie est beaucoup moins importante en cette saison afin de conserver la quiétude du site. De plus, les opérations hivernales minimisent la perturbation des
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sols ce qui permet d’éviter la formation d’ornières, l’érosion du sol et de ce fait, la sédimentation des frayères. Notons également un gain au niveau de l’esthétisme des blocs de récolte.

Nous aurions pu appliquer davantage de mesures d’harmonisation, mais nous nous sommes limités à ce qui nous semblait essentiel, dans une optique de réalisme forestier actuel. Il est fort probable qu’après une analyse plus poussée, l’on verrait d’autres éléments ponctuels à intégrer à notre planification harmonisée. Cette planification théorique pourra être bonifiée par un suivi rigoureux de la satisfaction des clientèles, notamment au niveau des coupes partielles, mais suffit tout de même pour répondre au but du projet.

3.4.2 Caractéristiques du scénario de planification har monisée

La figure 26 ci-dessous illustre le scénario de récolte de la planification dite harmonisée. À cet effet, les blocs de récolte sont mieux répartis dans le temps et dans l’espace ce qui ressemble beaucoup moins à un chantier de récolte conventionnel. À cet effet, une grande attention a été portée quant à l’opérationnalisation de la planification forestière à partir de la topographie de terrain et des cours d’eau. Pour cette raison, certaines superficies ne sont naturellement pas prévue être récoltée. De plus, les corridors de déplacement entre les blocs n’ont pas été prévus être récolté tant et aussi longtemps que la forêt adjacente n’ait pas atteint 7 mètres de hauteur, soit plus que l’horizon de 25 ans prévu par cet exercice. Cependant, ces bandes pourront être récoltées ultérieurement. De plus, nous pouvons remarquer qu’il y a beaucoup de coupes partielles et que les coupes totales sont de tailles réduites par rapport au scénario de planification industrielle. Au niveau du réseau routier, puisque nous devons retourner dans certains secteurs à quelques reprises au fil du temps, nous avons principalement planifié la construction de chemin d’été permanent. L’entretien fait par le pourvoyeur devrait permettre de maintenir le réseau routier principal en bon état puisque celui-ci a aussi été planifié pour lui être utile. À noter qu’il est envisagé de fermer temporairement certaines fourches suite à la coupe menant à des CPRS le temps que le parterre soit reverdit. Également, il serait important de fermer de façon plus permanente les nouvelles entrées au territoire nécessaire compte tenu de la topographie et du réseau hydrique.
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Figure 26. Planification harmonisée des activités de récolte sur une portée de 25 années

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3.4.3 Superficies et volumes récoltés du scénario de planification harmonisée

Comme nous pouvons le voir au chapitre 6.3.2, la planification harmonisée prévoit plusieurs modalités d’interventions particulières comme de multiples coupes partielles. Ajoutons également que nous avons planifié des travaux de coupes partielles dans des peuplements non habituellement admissibles selon le manuel d’aménagement forestier. Par exemple, nous avons planifié dans les peuplements mixtes à feuillus intolérants techniquement matures, de la coupe partielle pour des considérations de paysages. Cependant, la récolte des grosses tiges matures qui risque de mourir serait forestièrement logique. À cet effet, pour pouvoir réaliser ce type de travaux, il serait vital d’obtenir des autorités une ouverture afin de pouvoir financer ce type de travaux. De plus, les critères pour obtenir les crédits de droits de coupes devraient être opérationnellement réalistes afin d’inciter l’industrie forestière à effectuer ce type de travaux. Les tableaux 24 et 26 indiquent les superficies ainsi que les volumes prévus de récolte pour le scénario harmonisé. Tableau 4. Répartition des superficies récoltées par année et par traitement pour le scénario harmonisé Traitements sylvicoles Année CPRS (ha) 2008 2015 2023 2033 Total 77.7 34.5 83.9 71.6 267.7 CJAR (ha) 67.8 37.7 46.2 15.0 166.7 Cp Res (ha) 28.8 4.5 7.7 7.5 48.5 Cp Fi (ha) 28.8 29.0 30.0 24.1 111.9 203.1 105.7 167.8 118.2 594.8 Total

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Tableau 5. Répartition des volumes récoltés par année pour le scénario harmonisé Volumes Année récoltés (m3) 2008 2015 2023 2033 Total 20 111 10 822 17 271 14 487 62 691

3.4.4 Coûts de récolte du scénario de planification harmonisée

Pour le scénario harmonisé, les coûts d’exploitations forestières ont été calculés pour rendre la matière ligneuse sur pied en bordure de route, exactement comme le scénario industriel afin de pouvoir comparer les deux scénarios de récolte. La source des tarifs pour les coûts de récolte, de construction et d’entretien de chemin provient des acteurs forestiers de la région de Lanaudière, particulièrement des Forestiers Saint-Michel.

Au niveau du réseau routier, nous retrouvons encore une fois les coûts de construction, réfection et entretien de chemin. Les coûts de construction et d’entretien du réseau routier ont été calculés pour chaque année de récolte selon la catégorie de chemins. De plus, nous avons ajouté un coût de 0.35 $/m3 pour disposer des déchets de coupes en bordure de routes (débris, andains, etc.), déchets qui choquent généralement l’œil du vacancier.

Au niveau des coûts de récolte de la matière ligneuse, notons que nous avons utilisé les mêmes tarifs que pour le scénario conventionnel. Les taux sont différents selon le type de traitement sylvicole réalisé et selon les essences qui composent les peuplements. Également, nous avons ajouté un coût lié à la dispersion des coupes. Plus les coupes sont de petites superficies, plus le
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facteur d’improductivité de la machinerie et les frais de déplacement de la machinerie sont élevés.

Puisque les coupes totales sont plus petites dans ce scénario comparativement au scénario de planification industrielle, il y aura un facteur d’improductivité plus grand pour la machinerie de récolte et des déplacements plus fréquents des fardiers ce qui va indéniablement entraîner des coûts plus élevés. Nous avons donc estimé l’ensemble des coûts à 1.00$/m3

Également, nous avons simulé un coût lié à la perte de revenu de la pourvoirie car nous estimons que les mesures d’harmonisations ne réussissent pas à satisfaire la totalité de la clientèle. En effet, une partie de la clientèle s’attend à retrouver en pourvoirie des paysages semblables aux parcs nationaux d’autres clients n’accepterons pas de cohabiter avec des travailleurs sylvicoles durant leur séjour. Les coûts liés à la perte de revenus en pourvoirie pour ce scénario ont été fixés à 3,95%.

Le tableau 6 présente le bilan des coûts de récolte de la planification harmonisée. Pour les fins de l’exercice, l’année de référence pour le calcul de coût est aussi 2008 et le taux d’intérêt utilisé est également de 2% pour ramener les revenus du portrait de 2006 à 2008.

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Tableau 6. Synthèse des coûts d’exploitation forestière dans un scénario harmonisé sur la pourvoirie Saint-Zénon
Tableau résumé des coûts d'exploitation forestière Coût supplémentaire Volume total Coût de Coût de voirie de répartition 3 récolte ($) forestière ($) spatiale des coupes (m ) ($) 20 111 410 755 98 792 20 111 Total des Perte en pourvoirie coûts incluant actualisés en 2008 les pertes en ($) pourvoiries ($) 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 459 069 7.32 547 314 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 289 707 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 434 036 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 17 657 349 553 2 009 054 32.05

Année

Total des coûts de récolte ($)

2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 Coût total Coût par mètre 3) cube ($/m

529 658

10 822

221 483

39 746

10 822

272 050

17 271

340 352

58 757

17 271

416 380

14 487 62 691

275 323 1 247 912 19.91

42 087 239 382 3.82

14 487 62 691 1.00

331 897 1 549 985 24.72

Après analyse des coûts, nous remarquons que les coûts de récolte s’élèvent à 19.91 $/m3, les coûts de voirie forestière à 3.82 $/m3, les coûts de dispersion des coupes à 1.00 $/m3 pour un total de 24.72 $/m3. Indiquons encore une fois que les coûts de voirie forestière demeurent assez faibles puisque le territoire de la pourvoirie est situé à proximité de la route provinciale 131 et que le pourvoyeur a déboursé une somme considérable pour la construction et la réfection de son réseau routier. Malgré que la planification soit harmonisée, nous estimons qu’une partie de la clientèle demeura insatisfaite par les coupes présentées puisqu’une partie des gens s’attendent de retrouver, en pourvoirie, des paysages semblables aux paysages des parcs nationaux qui sont bien sûr, exempté de toute coupe forestière. Ainsi, nous avons évalué à 3,95 % la perte de revenu engendrée par la présence de coupe forestière sur le territoire ce qui représente 7.32$/m3

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pour un total (incluant les pertes du pourvoyeur) de 32.05$/m3, soit respectivement 459,069$ et 2,009,054 $.

3.5 Comparaison entre les deux planifications forestières

Comme dit précédemment, une planification harmonisée efficacement amène plusieurs avantages aux pourvoyeurs comparativement à une planification industrielle. La satisfaction de la clientèle est accrue et se reflète sous un aspect financier par le soutien de l’achalandage. Cependant, cette harmonisation pour l’industrie forestière à un coût. Regardons plus en profondeur les deux planifications par une analyse comparative. Rappelons qu’il est possible de visualiser les deux scénarios de planification à la figure 24 et la figure 26.

3.5.1 Co mparaison de la qualité des paysages

Afin de vérifier l’efficacité du scénario de planification harmonisée, nous nous somme servis, comme outil d’aide à la décision, du logiciel WCS et les écosystèmes que la FPQ a développé. Une comparaison de quelques images simulées de la forêt avant traitement, de la planification industrielle et de la planification harmonisée sont présentées à l’annexe 2. Cette comparaison nous est utile afin de justifier les changements apportés quant aux types de traitements sylvicoles et quant à la disposition des blocs de coupes prévus en coupe de régénération.

3.5.2 Co mparaison des superficies et volumes récoltés des deux scénarios

Au niveau de la superficie traitée, la planification industrielle prévoit 657.1 hectares comparativement à 594.8 hectares dans la planification harmonisée. Rappelons que nous pouvons observer ces chiffres respectivement aux tableaux 3 et 6. La différence de superficie réside dans quelques facteurs. Premièrement, la planification harmonisée est plus précise et tient compte
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davantage des contraintes terrains ce qui exclue certaines parties du territoire. De plus, les coupes de régénération sont plus petites dans la planification harmonisée comparativement à la planification industrielle ce qui augmente la quantité de séparateurs de coupes. Au niveau de la planification harmonisée, ces séparateurs agissent comme corridors de déplacement entre les blocs pour la faune et n’ont pas été prévu être récolté jusqu’à ce que la forêt adjacente n’ait pas atteint 7 mètres de hauteur, soit plus que l’horizon de 25 ans prévu pour cet exercice alors que la planification industrielle récolte ces bandes vertes après 10 ans conformément au RNI. Bien sûr, au niveau de la planification harmonisée, ces bandes pourront être récoltées ultérieurement. Bref, la planification harmonisée n’empêche aucunement la récolte sur la pourvoirie, mais modifie la façon dont le territoire sera aménagé par le type de traitement, la disposition des blocs de récolte et la répartition de ces blocs dans le temps et dans l’espace.

Au niveau des volumes récoltés, le scénario de planification industrielle prévoit une récolte approximative de 91,000 m3 comparativement à 63,000 m3 pour la planification harmonisée sur une période de temps de 25 années. Nous pouvons encore une fois observer ces volumes respectivement aux tableaux 2 et 5. La différence de volume réside entre autres, par la différence totale de superficies récoltées et à la fois par la différence de superficies traitées en coupe partielle qui récolte dans l’immédiat seulement le tiers du volume disponible. En effet, la planification harmonisée prévoit davantage de coupe partielle que la planification industrielle, étale donc davantage la récolte dans le temps. Le volume devient donc disponible ultérieurement pour une deuxième et troisième passe. Ainsi, la planification harmonisée prévoit la récolte de moins de volume dans un horizon de 25 ans que la planification industrielle, mais permet d’étaler davantage le volume dans le temps. N’oublions pas que l’objectif de ce scénario est d’assurer la satisfaction de la clientèle et le maintien des activités de la pourvoirie. Cependant, cela ne veut en aucun cas dire que l’industriel récolte moins. En effet une petite superficie comme la pourvoirie sur une UAF n’empêche en aucun cas de récolter ailleurs le volume en attendant qu’il ne soit disponible sur la pourvoirie. De plus, le calcul de possibilité limite la superficie totale réellement traitée ce qui laisse des superficies qui ne seront jamais traitées à moins que la forêt ne soit normalisée ce qui permet de retirer des éléments plus ponctuels. En ce sens, nous ne croyons pas qu’il y ai d’impact sur la
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possibilité forestière. Seul un calcul de possibilité pemettrait cependant de le vérifier et il n’est pas exclue que les traitements partiels puissent avoir l’effet inverse et augmenter la possibilité en augmentant le bois disponible lors d’une future période critique si elle correspond avec le retour du traitement.

3.5.3 Co mparaison des coûts des deux scénarios

Premièrement, afin de pouvoir comparer les deux scénarios entre eux, nous avons utilisé les mêmes tarifs par mètre cube ($/m3) ou kilomètre ($/km) au niveau des coûts de récolte et coûts de construction de chemins, quelque soit le scénario. Ainsi, on s’assure de la qualité des résultats qui résulteront de l’exercice.

Au niveau des coûts d’opérations forestières, nous observons que le coût total de récolte pour le scénario harmonisé engage des frais supplémentaires total pour l’industrie de 3.14$/m3, soit 24.72$/m3 comparativement à 21.58$/m3 pour le scénario industriel. Les causes de ces coûts supplémentaires sont diverses. Premièrement, dans le scénario harmonisé, davantage de coupes partielles sont prévues et nous savons que les coûts engendrés par la récolte en coupe partielle sont supérieurs à une coupe totale traditionnelle. Notons qu’une aide financière a été calculée dans le scénario harmonisé à partir des « Instructions relatives à l’application du règlement sur la valeur des traitements sylvicoles admissibles en paiement des droits, Exercice 2007-2008 » et de la grille « Valeur des traitements sylvicoles admissibles à titre de paiement des droits – Année financière 2007-2008 ». Rappelons aussi que pour en arriver à ces coûts, la totalité des blocs traités en coupe partielle doivent être conformes aux instructions relatives. Ceci semble très difficile, voir impossible pour les industriels forestiers de Lanaudière dans certaines occasions due à la rigidité des normes pour que les crédits de droits de coupe soient alloués. Ces conditions pourraient être assouplis compte tenu de la diversité des objectifs visés qui ne sont plus uniquement de production de matière ligneuse. Également, nous avons effectué une grande répartition spatiale des blocs de coupes dans l’espace et dans le temps dans le scénario harmonisé ce qui engendre nécessairement des frais de déplacements et des coûts d’entretien de chemins
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supplémentaires. Cependant, rappelons que les pourvoyeurs entretiennent régulièrement leur réseau routier pour assurer un accès de qualité à leur clientèle et défraie donc des coûts d’entretien de chemins, ce qui permet à l’industrie forestière d’économiser une somme substantielle en réfection de chemins.

Bien sûr, dans une autre situation, les coûts d’harmonisation peuvent être plus élevés, et ce, pour de multiple facteurs dont l’éloignement du réseau routier principal et l’état de ce dernier. Dans le cas de la pourvoirie Saint-Zénon, plusieurs chemins ont été construits et défrayés, en tout ou en partie, par le pourvoyeur.

Les frais supplémentaires pour l’industrie forestière, rappelons-le, évalués à 3.14 $/m3, soit , permettent néanmoins d’assurer le maintien des activités des pourvoiries. Ceci permet de combiner les retombées économiques de la foresterie à celle du récréotourisme sur le territoire des pourvoiries. D’un autre côté, puisque l’harmonisation des usages ne satisfait pas la totalité des touristes à la recherche de territoires vierges, la perte pour le pourvoyeur (3.95% de perte de revenus) est évaluée à 459,069 $ ou 7.32 $/m3. Dans le même ordre d’idée, dans le scénario de récolte industriel (non harmonisé), les pertes économiques pour le pourvoyeur sont très importantes (entre 0 et 56% de perte de revenus) et sont évaluées à 57.57 $/m3 sur une période de 25 années, soit approximativement 5,277,976 $. Évidemment, les pertes pour les pourvoyeurs suite aux activités de récolte forestières sont largement inférieures dans le scénario harmonisé comparativement au scénario industriel. Dans le même ordre d’idée, le bilan total à la fois des coûts et des pertes dans le scénario harmonisé est bien inférieur au scénario industriel, soit 32.05$/m3 comparativement à 79.15 $/m3 pour le scénario industriel, et respectivement 2,009,254 $ et 7,256,439 $. Il y a donc un gain évident pour tous d’effectuer l’harmonisation des usages. À cet effet, le tableau suivant résume les coûts, pertes et retombées pour chacun des deux scénarios.

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Tableau 7. Tableau comparatif du scénario de planification harmonisé et du scénario de planification industriel

Volume (m3) Coût total d'harmonisation pour l'industrie forestière Perte de revenu pour le pourvoyeur Coût et pertes totales pour la réalisation du scécanio Retombés économiques directes totales sur le territoire des pourvoiries de Lanaudière

Scénario de planification harmonisé 62 691 196 850 459 069 2 009 054

Scénario de planification industrielle 91 676 0 5 277 976 7 256 439

13 200 000

7 900 000

Lorsqu’on analyse les retombées économiques des pourvoiries par rapport aux superficies utilisées par ces dernier, on s’aperçoit que la densité ($/km2) des revenus annuels est très importante. Malgré certains coûts, l’harmonisation des usages lors de la planification forestière permet à la communauté de Lanaudière de bénéficier à la fois des retombées économiques directes de 4.8 M$/an (7.6% des 63 M$/an7 pour l’industrie forestière de la région de Lanaudière correspondant à la proportion du territoire sous pourvoiries) et des retombées économiques directes de 7.5 M$/an8 pour l’industrie récréotouristique des pourvoiries de cette région, pour un total de 12.3 M$/an.

Pour pouvoir effectuer l’harmonisation des usages, un financement externe est, selon nous, essentiel puisque l’industriel forestier qui veut demeurer compétitif face à un industriel qui opère en territoire libre cherchera à réduire ses coûts et refusera donc la mise en œuvre d’une telle planification alors que le pourvoyeur subit déjà des pertes économiques et qu’il ne peut assumer ces coûts. Cependant les retombées totales sont suffisantes pour justifier un tel investissement.

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Tiré du site web du CIFQ www.cifq.qc.ca, portrait régional, Région 14, 2006 Tiré de Étude sur la performance économique des pourvoiries du Québec, année 2006

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Conclusion

Cet exercice a permis de mettre en lumière plusieurs mesures d’harmonisation et méthodes d’intervention terrain qui sont d’un grand intérêt lorsque l’on vise à mettre en place une

foresterie mieux adaptée au récréotourisme. L’élaboration de ce document nous a permis de constater qu’en général, sur le terrain, la diversité des pratiques d’harmonisation est assez limitée quoique certains intervenants se consacrent sérieusement à l’élaboration de telles pratiques. De nos observations, ressort également que les bouleversements continuels qui ont eu lieu dans le milieu forestier et la rigidité des normes d’intervention semblent rendre difficile la progression d’une gestion intégrée des ressources sur terre publique. La majorité des solutions novatrices et appliquées concrètement sur le terrain proviennent généralement d’organismes qui gèrent le territoire comme un tout, c'est-à-dire qu’ils l’exploitent à la fois pour ses ressources récréotouristiques, fauniques et forestières. Il semble aussi que sur terre publique les secteurs très achalandés ou problématiques soient souvent évités jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible de le faire.

En l’absence d’une vision à long terme du territoire et d’alternatives intéressantes, les partis risquent alors d’être déçus par résultats qu’ils obtiendront. Aussi, plusieurs des méthodes utilisées par les gens de terrain consultés s’avèrent difficiles à documenter hors de leurs contextes, donc difficilement exportables. D’ailleurs au cours de la cueillette de l’information, la majorité des intervenants nous rappelait qu’il s’agit très souvent de cas par cas. C’est donc l’ouverture, la reconnaissance de l’importance économique des pourvoiries, la flexibilité et la créativité de l’ensemble des intervenants qui demeure le meilleur outil.

Le deuxième volet de cet ouvrage visait à évaluer et comptabiliser les coûts relatifs aux mesures d’harmonisation. Cet objectif n’a été qu’imparfaitement atteint puisque l’information bien documentée est assez rare et parfois difficilement partagée. Cet enjeu est pourtant de taille et toutes les alternatives devraient être envisagées pour y répondre. L’octroi de crédits d’harmonisation pour les industriels forestiers, par exemple, pourrait s’avérer une aide
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précieuse à répondre à une problématique continuelle. Actuellement, il ne semble pas y avoir d’incitatif qui permet d’absorber les coûts supplémentaires générés par l’harmonisation des usages. De plus, tel que mentionné, les coûts associés aux efforts d’harmonisation sont parfois peu connus et ceux qui ont été évalués ne tiennent pas toujours compte des bénéfices générés à long terme pour les deux industries. En effet, sur une échelle de temps plus longue, la mise en place d’une foresterie mieux adaptée au récréotourisme prend tout son sens et demeure l’option la plus avantageuse pour tous au niveau économique et social.

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4 Bibliographie

4.1 Documents ANONYME 2003. Rapport de sondage – Guide de la pourvoirie. Oxygène communication, Québec ; p. ANONYME 2003. Règlement sur les normes d’intervention dans les forêts du domaine de l’État. Ministère des ressources naturelles, de la Faune, ISBN : 2-5512-21147-6, Québec; 38 p. ANONYME 2004. Plans et devis – Coupe forestière 2004-2005. Corporation de gestion de la Forêt de l’Aigle; 23 p. ANONYME 2004. Mémoire présenté à la Commission d’étude sur la gestion des forêts publiques. Fédération des pourvoiries du Québec, Québec; 17 p. ANONYME 2005. Objectifs de protection et de mise en valeur des ressources du milieu forestier - Document de mise en œuvre. Ministère des ressources naturelles et de la Faune, ISBN : 2-55043546-X, code de diffusion : 2004-3040, Québec; 57 p. ANONYME 2007.Techniques de fermeture de chemins du domaine de l’État - Guide. Ministère des ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, Direction du soutien aux opérations Faune et Forêts, Division des suivis et contrôles, Québec; 33 p. BELLEMARE P. 2002. Des ressources forestières à partager. Fédération des pourvoiries du Québec; 12 p. BRUNET J-P. 2007. Ajout de quatre mesures d’harmonisation à la coupe jardinatoire industrielle : une analyse bénéfices-coûts pour la MRC des Laurentides. Mémoire de maîtrise, Université Laval, faculté de foresterie et de géomatique, Québec; 110 p. CLERC I., KAVANAGH É. et LESAGE R. 2002. Guide de rédaction d’un rapport technique. Université Laval; 67 p.

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COMMISSAIRES. 2004. Commission d’étude sur la gestion de la forêt publique québécoise. Rapport déposé en décembre 2004; 307 p. FILIATRAULT P. et GAÉTAN R. 2001. L’aménagement intégré des ressources. Ça se prépare! Fédération québécoise de la faune; xxx p. FOREST MANAGEMENT BRANCH. 2001. Management Guidelines for Forestry and Resource-based Tourism. Ont. Min. Nat. Res., Queen’s printer for Ontario, Toronto, On; xxx p. GUILLEMETTE, F. 2001. Notions d’aménagement forestier pour la gestion intégrée des ressources en pourvoirie. Fédération des pourvoiries du Québec; 20 p. GUILLEMETTE, F. 2001.Enjeux faune-forêt. Fédération des pourvoiries du Québec et Fondation de la faune du Québec, Québec; 24 p. LESSARD, G. 2000. Aménagement forestier (FOR – 11278 et FOR – 19293) - Document de référence. Université Laval – Faculté de foresterie et géomatique; 308 p. PÂQUET, J. et BÉLANGER L. 1998. Stratégie d’aménagement pour l’intégration visuelle des coupes dans les paysages. Réalisé par C.A.P. Naturels dans le cadre du « Programme de mise en valeur des ressources du milieu forestier » du ministère des ressources naturelles. Charlesbourg; 40p. PÂQUET, J. et DESCHÊNES L. 2005. Lignes directrices pour la mise en œuvre des objectifs visant le maintien de la qualité des paysages et l’harmonisation des usages, Québec, Gouvernement du Québec, ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Direction des programmes forestiers, Direction de l’environnement forestier; 33 p. RYANS, M. et DESROCHER L. 2007. Des procédés pour relever le défi de la biomasse forestière. Présentation. FPInnovations – Division FERIC; 42 p. YELLE, V. 2006. Des coupes à blanc socialement acceptables : Mission possible ou impossible? Mémoire de maîtrise. Université Laval, Faculté de foresterie et géomatique, Département des sciences du bois et de la forêt. Québec; 115 p.

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4.2 Entrevues (au téléphone ou en personne) BEAUSÉJOUR, FERNAND. Forestiers Saint-Michel. Communication personnelle; 18 avril 2007 et autres. BOULIANE, JULIE. Forêt Montmorency. Communication personnelle; 11 avril 2007. BRUNET, JEAN-PHILIPPE. Université Laval. Communication personnelle;20 octobre 2006 et autres. DESROCHERS, LUC. FPInnovations – Division FERIC. Communication personnelle; 26 avril 2007. DOYON, FRÉDÉRIK. Institut québécois d’aménagement de la forêt feuillue. Communication personnelle; 14 mars 2007. DUFOUR, YANNICK. Forestiers Saint-Michel. Communication personnelle; 18 avril 2007 et autres. GOSSELIN, ÉRIC. Forêt modèle du Bas-Sait-Laurent. Communication personnelle; 18 mars 2007. HEAGEN, ANDREW. Université Laval. Communication personnelle; 15 janvier 2007 et autres.

HUPPÉ, ANDRÉ. Forêt modèle du Bas-Sait-Laurent. Communication personnelle; 18 mars 2007 et autres. LAMARCHE, YVES. Corporation de gestion de la Forêt de l’Aigle. Communication personnelle; 19 septembre 2006 et autres. LEBEL, LUC. Université Laval. Communication personnelle; 15 janvier 2007 et autres. MEEK, PHILIPPE. FPInnovations – Division FERIC. Communication personnelle; 27 avril 2007.

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MUSSENGERGER, FRANK. Forêt modèle du Bas-Sait-Laurent. Communication personnelle; 14 mars 2007 et autres. QUIRION, MARCEL. Fondation de la faune du Québec. Communication personnelle; 4 avril 2007. ROY, DOMINIQUE. Foresterie Saint-Donat. Communication personnelle; 16 mai 2007. SÉGUIN, GILLES. MRC des Laurentides. Communication personnelle;20 octobre 2006 et autres. WARASKAVEITH, JOE. Algonquin Provincial Park. Communication personnelle; 23 octobre 2006 et autres. 4.3 Sites Internet Fondation de la faune du Québec (2007); http://www.fondationdelafaune.qc.ca/initiatives/guides_pratiques/ (pages consultées le 16 avril 2007) Ministère des ressources naturelles de la faune (2007); Règlement sur les normes d’intervention dans les forêts du domaine de l’État; http://wwww.publicationsduquebec.gouv.qc.ca (pages consultées le 4 février 2005 et autres) Ministère des ressources naturelles de la faune (2007); Loi sur les forêts; http://wwww.publicationsduquebec.gouv.qc.ca (pages consultées le 21 février 2007)

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Annexe 1. Contributions directes de la réglementation

La réglementation actuelle constitue la base des droits des pourvoyeurs et doit en tout temps être respectée par les bénéficiaires de contrats d’approvisionnement et d’aménagement forestier (CAAF). Une bonne connaissance de ces mesures est importante lorsqu’il s’agit de conclure des ententes avec les industriels forestiers.

Dispositions du Règlement sur les normes d’intervention en forêt publique (RNI) Les dispositions prévues dans le RNI font beaucoup appel à la notion d’écran visuel afin de dissimuler les coupes derrière des écrans d’arbres. Les distances proposées par ce règlement sont arbitraires car elles ne tiennent compte ni du type de peuplement, ni de la vulnérabilité de ces bandes au chablis, ni de la topographie. Ces facteurs peuvent influencer la pénétration visuelle de ces bandes et leur capacité à cacher la coupe et par conséquent, modifier leur efficacité à jouer leur rôle d’écran visuel.

Site principal Le RNI prévoit le maintien d’une lisière boisée de 60 m autour des infrastructures d’hébergement. Cette bande boisée peut être récolté jusqu’à ce que la densité soit de 500 ti/ha (tiges de 10 cm et plus), ce qui réduit considérablement l’effet d’écran visuel. En considérant que 60 mètres ne constituent qu’un très mince écran, le fait de pouvoir, en plus, en prélever une partie rend cette mesure de protection nettement insuffisante dans le cas d’une pourvoirie parce qu’elle ne maintiendrait pas le caractère naturel typique recherché par les clients, ne protègerait pas suffisamment les paysages visibles depuis les sites d’hébergement et n’isolerait pas convenablement ces unités du bruit et du dérangement découlant des activités forestières.

Pour les centres d’hébergement (20 personnes dans le même établissement) et les sites de villégiature complémentaire (3 sites pour compléter le site regroupé) ou regroupée (5
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emplacements, densité de 1 emplacement pour 0.8 ha), le titulaire du permis d’intervention forestière doit conserver un encadrement visuel autour de ces unités, et ce, sur un rayon de 1,5 km, dans le paysage visible depuis ces lieux. La coupe, CPRS conventionnelle ou en coupe mosaïque, doit alors être répartie en au moins trois trouées et leurs contours doivent épouser la configuration du paysage. De plus, les trois trouées ne doivent pas couvrir plus du 1/3 du paysage visible par 1/3 de la période de révolution (environ 30 ans). Pour plus de détails sur les définitions des différents sites, consulter le RNI.

Sites de pratique des activités Les sites de camping rustiques, les aires de pique-nique, les sites d’observation (belvédère) et les sites de quai sont protégés par une bande de forêt de 60 m selon le RNI. Par contre, comme dans le cas d’une auberge ou de chalets, cette mesure ne permet pas une mitigation efficace des impacts visuels et sonores des coupes et des opérations forestières.

Règle générale, pour une pourvoirie, les paysages les plus observés sont ceux offerts à partir des lacs fréquentés pour la pêche. Il s’agit donc d’une observation plus ou moins mobile pouvant durer quelques heures, et ce, répétitivement pendant plusieurs jours. Le RNI prévoit le maintien d’une bande de 20 m autour des lacs et cours d’eau permanents. Or, le succès de cette mesure au niveau visuel est mitigé et clairement insuffisante dans le contexte de l’utilisation que fait une pourvoirie de ses plans d’eau.

Pour les sites de camping aménagé ( min.10 emplacements) ou semi-aménagé, les haltes routières, les aires de pique-nique, les sites d’observation de la nature, les sites de quai et rampes de mise à l’eau (s’il s’agit d’une aire de service avec restauration et hébergement), le titulaire du permis d’intervention forestière doit conserver un encadrement visuel autour de ces unités, et ce, sur un rayon de 1,5 km, dans le paysage visible depuis ces lieux selon les mêmes modalités que pour les centres d’hébergement et les sites de villégiature.

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Infrastructures en place Le RNI prévoit aussi le maintien d’une lisière de 30 mètres de chaque côté d'un chemin menant au centre d’accueil d’une pourvoirie ou d’un sentier d'accès à un site d'observation. Pour les sentiers de portage compris dans un parcours aménagé de canot-camping et déboisés spécifiquement pour les fins visées, la réglementation prévoit une bande de 20 m de chaque côté des sentiers. En ce qui concerne les sentiers de randonnées diverses, pour obtenir une bande de 30 m de chaque côté, ils doivent faire partie d’un réseau interrégional ou d’un réseau dense de randonnées diverses i.e. d’une densité de 2,5 km ou plus de sentiers par km2. Ces lisières boisées peuvent être en partie récoltées selon l’article 4 du RNI. Dans ces circonstances, il devient inconcevable de maintenir une ambiance forestière lors de l’utilisation des sentiers de randonnée ou de portage. Une protection plus importante devrait être envisagée afin de satisfaire la clientèle écotouristique qui fréquente de plus en plus les pourvoiries.

OPMV 9 : Maintien de la qualité visuelle des paysages en milieu forestier Dans le cadre de la participation des pourvoyeurs à l’élaboration des plans généraux d’aménagement forestier (PGAF), les secteurs sensibles visuellement (i.e. utilisés par les clients ou vus par ceux-ci) doivent être convenus entre les bénéficiaires de CAAF et les autres utilisateurs du territoire (donc les pourvoyeurs) pendant l’élaboration du PGAF. S’en suit une classification de la sensibilité selon des critères proposés par le MRNF (Outil d’aide à la décision pour classifier les secteurs d’intérêt majeur et définir les stratégies d’aménagement pour l’intégration visuelle des coupes dans les paysages) à laquelle sont rattachées différentes modalités encadrant l’importance que peuvent avoir les coupes dans le paysage. Il est tout de même possible de rajouter des secteurs d’intérêt pendant la période de validité des PGAF.

Les modalités de coupe peuvent différer de ce qui est proposé dans l’outil du MRNF. Dans un cas comme dans l’autre, les stratégies convenues doivent être consignées dans une entente, inscrite au PGAF. Les modalités de protection des paysages sensibles pourront permettre, en synergie avec les autres mesures de protection du milieu forestier de réduire les impacts de l’exploitation forestière sur les activités de la pourvoirie. De plus, en combinant différents objectifs de
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protection et de mise en valeur du milieu forestier (OPMV) qui impliquent le maintien du couvert forestier, les impacts du maintien de la qualité visuelle sur la possibilité forestière devraient être minimes.

L’OPMV 10 : Harmonisation des usages en forêt publique

Cet OPMV doit lui aussi faire partie du PGAF et nécessite donc la participation active du pourvoyeur à l’élaboration du PGAF. Il vise à favoriser l’harmonisation des usages en forêt par la conclusion d’ententes écrites et consignées au PGAF. Ces ententes contiennent des mesures d’harmonisation comme par exemple un calendrier d’opération, la création ou la fermeture d’accès au territoire, etc…

Si une telle entente n’est pas signée au PGAF, elle peut l’être lors de la PICPAF (période d’information et de consultation du public sur les plans d’aménagement forestier) qui suit le dépôt du plan.

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Annexe 2. Simulations de paysages Secteur d’intérêt majeur : Lac carotte, caméra sud-ouest Avant coupe :

Planification industrielle :

Planification harmonisée

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Secteur d’intérêt majeur : Lac Bois-Franc, caméra sud Avant coupe :

Planification industrielle :

Planification harmonisée :

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Secteur d’intérêt majeur : Lac Bois-Franc, caméra nord Avant coupe :

Planification industrielle :

Planification harmonisée :

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Secteur d’intérêt majeur : Lac Mario, caméra nord-est Avant coupe :

Planification industrielle :

Planification harmonisée :

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Secteur d’intérêt majeur : Lac Noir, caméra nord-est Avant-coupe :

Planification industrielle :

Planification harmonisée :

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Secteur d’intérêt majeur : Lac Paul, caméra sud-ouest Avant-coupe :

Planification industrielle :

Planification harmonisée :

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Secteur d’intérêt majeur : Petit lac Bois-Franc , caméra sud-est Avant coupe :

Planification industrielle :

Planification harmonisée :

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Secteur d’intérêt majeur : Petit lac Bois-Franc , caméra nord-est Avant coupe :

Planification industrielle :

Planification harmonisée :

100

Secteur d’intérêt majeur : Lac de la Tour , caméra nord-est Avant coupe :

Planification conventionelle :

Planification harmonisée :

101

Secteur d’intérêt majeur : projet de tour à feux , caméra sud Avant coupe :

Planification industrielle :

Planification harmonisée :

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