KANT

Essai sur l’introduction
en philosophie
de la notion
des quantités négatives
1763
Trad. Joseph Tissot, in Mélanges de logique, Ladrange, 1862 (pp. 127-188).
P!"A#E
$’usage qu’on peut %aire des &athé&atiques en philosophie consiste ou dans l’i&itation
de leur &éthode' ou dans l’application réelle de leurs propositions au( o)*ets de la
philosophie+ ,n ne voit pas que la pre&i-re de ces tentatives ait été *usqu’ici de quelque
utilité' quoiqu’on se pro&.t d’a)ord d’en retirer un grand avantage' et l’on a vu to&)er peu /
peu les titres %astueu( dont on décorait les propositions philosophiques' *alou( qu’on était du
caract-re scienti%ique de la géo&étrie' parce qu’on s’est )ien aper0u qu’il ne convient pas
d’agir avec %ierté dans des circonstances ordinaires' et que l’i&portun non liquet n’a voulu en
aucune &ani-re céder / cette prétention+
$a seconde esp-ce d’usage a été' au contraire' d’autant plus utile pour les parties de la
philosophie o1 il a été ad&is que' pour avoir &is / pro%it les théories &athé&atiques' elles se
sont élevées / une hauteur / laquelle elles n’auraient pas pu prétendre sans cela+ Mais en
supposant qu’il n’2 eut l/ que des vues propres / la ph2sique' ne %audrait3il pas &ettre la
logique des événe&ents %ortuits au no&)re des parties de la philosophie 4 Pour ce qui est de la
&étaph2sique' au lieu de tirer parti de quelques notions ou de quelques théories des
&athé&atiques' souvent au contraire elle est ar&ée contre elles' et' quand peut35tre elle aurait
pu en e&prunter de solides %onde&ents pour 2 élever ses spéculations' elle ne s’applique qu’/
déduire des notions du &athé&aticien de su)tiles %ictions qui' hors de son cha&p' ne peuvent
avoir que peu de vérité en soi+ ,n peut aisé&ent deviner de quel c6té sera l’avantage dans la
dispute entre deu( sciences dont l’une surpasse tout le reste en certitude et en clarté' et dont
l’autre ne s’e%%orce que depuis peu d’atteindre cette supériorité+
$a &étaph2sique cherche' par e(e&ple' / trouver la nature de l’espace et la raison
supr5&e qui en %ait concevoir la possi)ilité+ ien ne serait plus avantageu( / cet e%%et que de
pouvoir e&prunter des données positive&ent dé&ontrées' a%in de les %aire servir de )ase / des
1789
études ultérieures+ $a géo&étrie %ournit quelques3unes de ces données' qui regardent les
propriétés les plus co&&unes de l’espace' par e(e&ple' que l’espace ne résulte pas de parties
si&ples+ Mais on n’en tient aucun co&pte' et l’on s’en rapporte unique&ent / la conscience
incertaine de cette notion' en la concevant d’une &ani-re tout / %ait a)straite+ :uand donc la
spéculation' d’apr-s ce procédé' ne veut pas se &ettre d’accord avec les propositions des
&athé&atiques' on cherche / sauver sa notion arti%icielle en reprochant / cette science de
prendre pour %onde&ent des notions qu’elle n’aurait pas tirées de la vérita)le nature de
l’espace' &ais qu’elle aurait i&aginées ar)itraire&ent+ $’étude &athé&atique du &ouve&ent'
liée / la connaissance de l’espace' %ournit plusieurs données de &5&e %or&e' pour &aintenir
l’étude &étaph2sique du te&ps dans la voie de la vérité+ $e cél-)re M+ Euler' entre autres' en
a %ourni l’occasion
1
+ Mais il se&)le plus co&&ode de s’en tenir / des a)stractions o)scures et
di%%iciles / e(a&iner que de s’attacher / une science qui n’a que des vues intelligi)les et
claires+
$a notion des in%ini&ent petits' / laquelle les &athé&atiques ont si souvent recours' sera
donc re*etée sans autre e(a&en co&&e une %iction' plut6t que de con*ecturer que l’on n’en
sait pas encore asse; pour pouvoir en porter un *uge&ent+ $a nature elle3&5&e se&)le
pourtant nous donner des preuves asse; signi%icatives de la vérité de cette notion < car s’il 2 a
des %orces qui agissent continuelle&ent pendant un certain te&ps pour produire des
&ouve&ents' telles' suivant toute apparence' que la pesanteur' il %aut que la %orce qui produit
ces &ouve&ents soit' au dé)ut ou au repos' in%ini&ent petite en co&paraison de #elle qu’elle
co&&unique dans un te&ps donné+ =l est di%%icile' *’en conviens' de pénétrer dans la nature de
cette notion < &ais cette di%%iculté ne peut' dans tous les cas' que *usti%ier la &odestie de
con*ectures incertaines' et non des décisions tranchantes d’i&possi)ilité+
>’ai le dessein d’envisager &aintenant' relative&ent / la philosophie' une notion asse;
connue en &athé&atiques' et encore tr-s3étrang-re / la philosophie+ #e &é&oire ne co&prend
que de %ai)les co&&ence&ents' co&&e il arrive ordinaire&ent quand on veut ouvrir de
nouvelles vues+ =l est cependant possi)le qu’elles deviennent l’occasion de conséquences
i&portantes+ En négligeant la notion des quantités négatives en philosophie' on est to&)é dans
une in%inité de %autes ou de %ausses interprétations des opinions des autres+ ?’il avait plu au
cél-)re #rusius de prendre connaissance du sens des &athé&atiques sous ce rapport' il
n’aurait pas trouvé %au(' *usqu’/ s’en étonner' le rapproche&ent de Ne@ton' lorsqu’il co&pare
la %orce d’attraction qui a lieu / des distances de plus en plus éloignées et qui se change peu /
peu en %orce de répulsion par le rapproche&ent des corps' au( séries dans lesquelles les
quantités négatives co&&encent o1 les positives %inissent A car les quantités négatives ne sont
pas des négations de quantités' co&&e l’analogie de l’e(pression le lui a %ait con*ecturer' &ais
elles ont en elles quelque chose de vrai&ent positi% A seule&ent c’est quelque chose d’opposé
/ l’autre quantité positive+ Et ainsi l’attraction négative n’est pas le repos' co&&e il le
prétend' c’est une vérita)le répulsion+
>e vais donc tBcher de %aire voir dans ce &é&oire de quelle application cette notion est
en général suscepti)le en philosophie+
$a notion des quantités négatives est depuis longte&ps en usage dans les &athé&atiques'
o1 elle est aussi de la plus haute i&portance+ #ependant l’idée que s’en sont %aite la plupart
des &athé&aticiens' et la dé%inition qu’ils en ont donnée' est )i;arre et contradictoire'
quoiqu’il n’en résulte aucune ine(actitude dans l’application A car les r-gles particuli-res en
ont re&placé la dé%inition' et rendu l’usage certain+ Mais ce qu’il pouvait 2 avoir de %au( dans
le *uge&ent sur la nature de la notion a)straite s’est trouvé sans conséquence+ Personne n’a
peut35tre &ontré plus sCre&ent et plus claire&ent ce qu’il %aut entendre par quantités
1
Histoire de l’!ad"#ie ro$ale des s!ien!es et %elles-lettres' année 17DE+
8789
négatives que le cél-)re pro%esseur KFstner
8
' sous les &ains duquel tout devient e(act'
co&préhensi)le et agréa)le+ $a critique qu’il %ait / cette occasion de la &anie de déco&poser
d’an philosophe pro%ondé&ent a)strait' a )eaucoup plus d’e(tension que la lettre ne
l’e(pri&e' et peut 5tre considérée co&&e une invitation / éprouver les %orces de la prétendue
perspicacité d’un grand no&)re de penseurs / une notion vraie et utile' pour en consolider
philosophique&ent la propriété' notion dont l’e(actitude est dé*/ assurée en &athé&atiques' et
que la %ausse &étaph2sique évite volontiers' parce qu’an savant non3sens ne peut *ouer aussi
%acile&ent la solidité ici qu’ailleurs+ Entreprenant de procurer / la philosophie l’acquisition
d’une notion encore inusitée' &ais a)solu&ent nécessaire' *e désire n’avoir d’autres *uges que
des ho&&es dont le *uge&ent soit aussi vaste que l’auteur dont les écrits ont été l’occasion de
ce travail+ #ar' en ce qui regarde les esprits &étaph2siques d’une pénétration achevée' il
%audrait 5tre )ien ine(péri&enté pour croire qu’on pourrait encore a*outer quelque chose /
leurs connaissances' ou retrancher quelque chose de leur opinion+
?E#T=,N PEM=GE
&'pli!ation de la notion des quantit"s n"gati(es en g"n"ral.
=l 2 a opposition entre deu( choses' lorsque' posé l’une' l’autre se trouve par le %ait
suppri&ée+ #ette opposition est dou)le A elle est ou logique par la contradiction' ou réelle'
c’est3/3dire sans contradiction+
$a pre&i-re esp-ce d’opposition' c’est3/3dire l’opposition logique' est la seule qu’on ait
re&arquée *usqu’ici+ Elle consiste en ce que quelque chose est en &5&e te&ps a%%ir&é et nié
d’un &5&e su*et+ $a conséquence de cette liaison logique n’est a)solu&ent rien' co&&e
l’énonce le principe de contradiction Hnihil negati(u# est irrepr)senta%ileI+ Jn corps en
&ouve&ent est aussi quelque chose H!ogita%ileI < &ais un corps qui serait dans le &5&e sens
/ la %ois en &ouve&ent et pas en &ouve&ent' n’est rien+
$a seconde esp-ce d’opposition' c’est3/3dire la réelle' a lieu quand deu( attri)uts sont
opposés' &ais pas par le principe de la contradiction+ Jne chose %ait aussi dispara.tre ici ce
qui a été posé par une autre < &ais la conséquence est quelque chose H!ogita%ileI+ $a %orce
&otrice d’un corps vers un lieu' et un e%%ort égal' quoique en direction opposée' ne se
contredisent pas' et peuvent e(ister en &5&e te&ps co&&e prédicats dans un &5&e corps+ $a
conséquence est le repos' qui est quelque chose Hrepr)senta%ileI+ =l 2 a cependant une
vérita)le opposition < car ce qui est posé par une tendance' si elle était seule' est détruit par
l’autre' et ces deu( tendances sont de vrais prédicats d’une seule et &5&e chose' et qui lui
conviennent en &5&e te&ps+ $a conséquence est égale&ent nulle' &ais dans un autre sens
que dans la contradiction Hnihil pri(atu# repr)senta%ileI+
Nous appellerons désor&ais ce rien K 9 < et ce sens du &ot rien est le &5&e que celui de
négation HnegatioI' dé%aut' &anque&ent' &ots qui sont usités che; les philosophes' seule&ent
avec une déter&ination plus précise qui se représentera plus tard+
Lans la répugnance logique on ne %ait attention qu’au rapport par lequel les prédicats
d’une chose et leurs conséquences disparaissent par la contradiction+ ,n ne cherche nulle&ent
/ savoir lequel de ces deu( prédicats est vrai&ent a%%ir&ati% HrealitasI' et lequel est vrai&ent
négati% HnegatioI+ Mtre en &5&e te&ps o)scur et non o)scur est en contradiction dans le &5&e
su*et+ $e pre&ier attri)ut est logique&ent a%%ir&ati%' l’autre logique&ent négati%' quoique
celui3l/ soit une négation dans le sens &étaph2sique+ $a répugnance réelle repose aussi sur le
rapport de deu( prédicats opposés d’une &5&e chose < &ais cette répugnance est d’une tout
autre esp-ce que la précédente A ce qui est a%%ir&é par l’un' n’est pas nié par l’autre' car c’est
8
*rin!ipe d’rith#"tique' pages 3N368+
3789
i&possi)le' les deu( prédicats A et O étant a%%ir&ati%s < seule&ent' co&&e les conséquences
de chacun en particulier seraient a et %' ni l’un ni l’autre ne peuvent se rencontrer dans un
su*et' et ainsi la conséquence est ;éro+ ?uppose; qu’une personne ait sur une autre une créance
O de cent %lorins < c’est l/ un titre au recouvre&ent de cette valeur A &ais si le &5&e a une
dette de 199 %lorins' alors c’est un titre qui l’o)lige / donner une pareille so&&e+ $es deu(
dettes ense&)le sont un capital de ;éro' c’est3/3dire qu’il n’2 a lieu ni / donner ni / recevoir
de l’argent+ ,n voit claire&ent que ce ;éro est un rien proportionnel' puisque seule&ent une
certaine conséquence n’est pas' co&&e dans ce cas' un certain capital' et' co&&e dans le cas
cité plus haut' un certain &ouve&ent+ Au contraire' il n’2 a a)solu&ent rien dans la
suppression par la contradiction+ En conséquence' le nihil negati(u# ne peut pas 5tre e(pri&é
par ;éro 9 K A car il ne contient aucune contradiction+ ,n peut concevoir qu’un certain
&ouve&ent ne soit pas' &ais on ne peut pas concevoir qu’il soit et ne soit pas en &5&e
te&ps+
$es &athé&aticiens se servent de la notion de cette opposition réelle dans leurs
quantités < et' pour les indiquer' ils e&ploient les signes P et Q + #o&&e une opposition de
cette sorte est réciproque' on voit %acile&ent que l’une détruit l’autre enti-re&ent ou
partielle&ent' sans que pour cela celles qui sont précédées du signe P soient di%%érentes de
celles qui sont précédées du signe Q + ?upposons qu’un vaisseau parte du *ortugal pour se
rendre au( +tats-,nis < désignons par tous les espaces qu’il parcourt avec les vents d’est' et
par Q ceu( dont il recule par le vent d’ouest+ $es no&)res indiqueront des &illes+ $e che&in
qu’il a %ait vers l’ouest dans sept *ours est P 18 P 7 Q 3 Q R P E K 1N &illes+ $es quantités
&arquées du signe Q ne portent ce signe que co&&e un indice de l’opposition' en tant qu’elles
doivent 5tre prises con*ointe&ent avec celles qui sont &arquées du signe P < &ais si elles sont
ainsi réunies / celles qui sont &arquées du signe Q ' alors il n’2 a plus lieu / aucune
opposition' parce que l’opposition est un rapport réciproque qui ne se rencontre qu’entre les
signes P et Q + Et co&&e la soustraction est une réduction qui a lieu lorsque des quantités
opposées sont prises si&ultané&ent' il est clair' en ce cas' que le signe Q ne peut pas 5tre
propre&ent un signe de soustraction' co&&e on le croit ordinaire&ent' &ais )ien que les
signes P et Q réunis n’indiquent qu’une réduction+ Par conséquent Q D Q R K Q N ne serait
nulle&ent une soustraction' &ais une vérita)le aug&entation' une addition de quantités de
&5&e esp-ce+ Mais P N Q R K D indique une réduction' parce que les signes de l’opposition
%ont voir que l’un %ait dispara.tre son équivalent dans l’autre+ Le &5&e le signe P pris en lui3
&5&e n’indique pas propre&ent une addition < il indique seule&ent que la quantité devant
laquelle il se trouve doit 5tre unie / une autre égale&ent précédée du signe P ou qui est censée
en 5tre précédée+ Mais si elle doit 5tre unie / une autre devant laquelle se trouve le signe Q '
alors la chose n’est possi)le qu’au &o2en de l’opposition' et dans ce cas le signe P' tout aussi
)ien que le signe Q ' indique une soustraction' savoir' qu’une quantité en di&inue une autre
d’une partie égale / elle3&5&e' co&&e Q N P D K Q R+ #’est pourquoi dans le cas Q N Q D K Q
13' le signe Q ne désigne point une soustraction' &ais une addition' co&&e le signe P dans
l’e(e&ple P N P D K P 13+ #ar' en général' quand les signes sont les &5&es' les choses
désignées doivent a)solu&ent 5tre so&&ées < &ais s’ils sont di%%érents' elles ne peuvent 5tre
réunies que par une opposition' c’est3/3dire &o2ennant une soustraction+ #es deu( signes ne
servent donc' dans la science des quantités' qu’/ distinguer celles qui sont opposées' c’est3/3
dire celles qui' prises ense&)le' se détruisent réciproque&ent' enti-re&ent ou partielle&ent'
a%in 1S que l’on reconnaisse par l/ ce rapport d’opposition réciproque' et 8S que l’on sache'
apr-s avoir soustrait l’une de l’autre' suivant le cas' / laquelle des deu( quantités appartient le
résultat+ Ainsi' dans l’e(e&ple ci3dessus' on aurait o)tenu le &5&e résultat nu&érique si la
route parcourue avec le vent d’est avait été désignée par Q et celle parcourue avec le vent
d’ouest par P < seule&ent le résultat aurait été alors &arqué du signe Q+
D789
Le l/ la notion &athé&atique des quantités négatives+ Jne quantité est négative par
rapport / une autre' en tant qu’elle n’2 peut 5tre réunie que par une opposition' c’est3/3dire en
tant que l’une %ait dispara.tre dans l’autre une quantité égale / elle3&5&e+ #’est / la vérité un
rapport d’opposition < et des quantités qui sont ainsi opposées se détruisent réciproque&ent en
no&)re égal A de sorte que l’on ne peut donner a)solu&ent le no& de négative / une quantité <
&ais il %aut dire que' dans P a et Q a' l’un est la quantité négative de l’autre+ Mais' co&&e on
peut tou*ours l’a*outer par la pensée' les &athé&aticiens ont l’ha)itude d’appeler quantités
négatives celles qui sont précédées du signe Q+ =l %aut cependant %aire attention que cette
déno&ination n’indique pas une esp-ce de choses particuli-res quant / sa qualité intrins-que'
&ais le rapport d’opposition avec d’autres choses qui sont désignées par P' pour 5tre
additionnées dans une opposition+
Pour tirer de cette notion ce qui est propre&ent l’o)*et de la philosophie' sans considérer
particuli-re&ent les quantités' nous o)serverons d’a)ord qu’elle contient l’opposition que plus
haut nous avons appelée réelle+ ?oit P E d’acti%' Q E de passi% A il n’2 a pas contradiction / dire
alors que les deu( conviennent / une &5&e personne+ #ependant l’un enl-ve une partie égale
/ celle qui était posée par l’antre' et la conséquence est ;éro+ >e donnerai donc au( dettes le
no& de capitau( négati%s+ Mais *e n’entendrai pas par l/ qu’elles soient des négations ou une
si&ple a)sence de capitau( A car alors elles auraient le ;éro pour signe' et la so&&e %aite du
capital et des dettes donnerait la valeur de la possession' E P 9 Q E < ce qui est %au( A car les
dettes sont des raisons positives de la di&inution des capitau(+ #o&&e toute cette
déno&ination n’indique tou*ours que le rapport de certaines choses entre elles' sans lequel
cette notion cesse aussit6t' il serait a)surde d’i&aginer pour cela une esp-ce particuli-re de
choses' et de les no&&er choses négatives A car l’e(pression &athé&atique &5&e de quantités
négatives n’est pas e(acte+ En e%%et' des choses négatives signi%ieraient générale&ent des
négations HnegationesI < &ais ce n’est pas la notion que nous voulons éta)lir+ =l su%%it au
contraire d’avoir éclairci dé*/ les rapports d’opposition qui co&posent toute cette notion' et
qui consistent dans l’opposition réelle+ Pour donner cependant / conna.tre en &5&e te&ps
dans les e(pressions que l’un des opposés n’est pas le contradictoire de l’autre' et que' si
celui3ci est positi%' celui3l/ n’en est pas une si&ple négation' &ais que' co&&e nous le
verrons )ient6t' il lui est opposé co&&e quelque chose d’a%%ir&ati%' nous appellerons' d’apr-s
la &éthode des &athé&aticiens' la &ort une naissance négative' la chute une ascension
négative' le retour un départ négati%' a%in que l’on puisse voir en &5&e te&ps par
l’e(pression' que d’a)ord la chute ne di%%-re pas si&ple&ent de l’ascension co&&e non3a de
a' &ais qu’en liaison avec elle' elle contient le principe d’une négation+ =l est donc )ien clair
&aintenant que' co&&e tout revient ici au rapport d’opposition' *e puis tout aussi )ien appeler
la &ort une naissance négative' que la naissance une &ort négative < de &5&e aussi les
capitau( sont aussi )ien des dettes négatives que les dettes des capitau( négati%s+ Mieu( vaut
cependant donner le no& d’opposé négati% / la chose / laquelle' en tout cas' on %ait
principale&ent attention quand on veut désigner son opposé réel+ Ainsi' par e(e&ple' il est
plus convena)le d’appeler les dettes des capitau( négati%s' que de les no&&er des dettes
positives' quoiqu’il n’2 ait aucune di%%érence entre le rapport d’opposition lui3&5&e' &ais en
vue dé%initive du résultat de ce rapport d’opposition+ ?eule&ent' *e re&arque de plus que *e
&e servirai encore quelque%ois de l’e(pression qu’une chose est la négative de l’autre+ Par
e(e&ple' la négative du lever est le coucher A par quoi *e ne veu( pas %aire entendre une
négation de l’autre' &ais quelque chose qui est dans une opposition réelle avec l’autre+
Lans cette opposition réelle' il %aut regarder la proposition suivante co&&e une r-gle
.onda#entale A $a répugnance réelle n’a lieu qu’autant que de deu( choses' co&&e prin!ipes
positi.s' l’une %ait dispara.tre la conséquence de l’autre+ ?upposons que la %orce &otrice soit
un principe positi% A alors une opposition réelle ne peut avoir lieu qu’autant qu’une autre %orce
&otrice est en rapport avec elle' et qu’elles détruisent ainsi &utuelle&ent leurs conséquences+
R789
#e qui suit peut servir de preuve universelle A 1S $es déter&inations opposées entre elles
doivent se rencontrer dans le &5&e su*et A car' / supposer qu’il 2 ait une déter&ination dans
une chose' et une autre déter&ination' quelle qu’elle puisse 5tre' dans une autre chose' il n’en
résulte aucune opposition
3
+ 8S $’une des deu( déter&inations opposées d’une opposition
réelle ne peut 5tre l’opposé contradictoire de l’autre A car alors l’opposition contradictoire
serait logique' et' co&&e on l’a %ait voir plus haut' i&possi)le+ 3S Jne déter&ination ne peut
nier autre chose que ce qui a été posé par l’autre A car autre&ent il n’2 aurait aucune
opposition+ DS Elles ne peuvent pas' en tant qu’elles sont opposées entre elles' 5tre négatives
toutes deu( A car alors aucune ne poserait rien qui %Ct détruit par l’autre+ =l %aut donc que dans
toute opposition réelle les prédicats soient tous deu( positi%s' de &ani-re toute%ois que dans la
liaison les conséquences se détruisent réciproque&ent dans le &5&e su*et+ Le cette &ani-re'
des choses dont l’une est regardée co&&e la négative de l’autre' sont toutes deu( positives' si
on les consid-re en elles3&5&es < &ais unies dans un &5&e su*et' elles donnent ;éro pour
conséquence+ $a navigation vers l’est est un &ouve&ent tout aussi positi% que celle vers
l’ouest < seule&ent s’il s’agit du &5&e vaisseau' les distances parcourues se détruisent
&utuelle&ent en totalité ou en partie+
>e ne veu( pas dire par l/ que des choses opposées réelle&ent entre elles ne contiennent
pas du reste )eaucoup de négations+ Jn vaisseau qui est poussé vers l’ouest' ne se &eut pas
alors vers l’est ou vers le sud' etc+' etc+ < il n’est pas non plus en &5&e te&ps dans tous les
lieu(+ #e sont l/ autant de négations qui s’attachent / son &ouve&ent+ Mais par&i toutes ces
négations' la seule chose qui puisse 5tre opposée réelle&ent' et dont la conséquence est ;éro'
est encore ce qu’il 2 a de positi% dans le &ouve&ent vers l’est' aussi )ien que dans celui vers
l’ouest+
#’est ce que l’on peut éclaircir de la &ani-re suivante par des signes générau(+ Toutes les
négations vérita)les' et qui par conséquent sont possi)les Hcar la négation de ce qui est posé en
&5&e te&ps dans le su*et' n’est pas possi)leI' sont e(pri&ées par le ;éro K 9' et $’a%%ir&ation
par un signe positi% < &ais la liaison dans le &5&e su*et s’e(pri&e par P ou Q+ ,n reconna.t ici
que A P 9 K A' A Q 9 K A' 9 P 9 K 9' 9 Q 9 K 9
D
' ne sont point des oppositions' et que dans
aucune de ces %or&ules ce qui a été posé n’est détruit+ Le &5&e' A P A n’est pas une
suppression' et il ne reste que ce cas3ci A A Q A K 9 < c’est3/3dire que de deu( choses dont l’une
est la négative de l’autre' toutes deu( sont A' et par conséquent vrai&ent positives' de telle
sorte cependant que l’une suppri&e ce qui a été éta)li par l’autre < ce qui est indiqué ici par le
signe Q+
$a seconde r-gle' qui est propre&ent l’inverse de la pre&i-re' s’énonce ainsi A Partout o1
il 2 a une raison positive' et o1 la conséquence est néan&oins ;éro' il 2 a une opposition
réelle' c’est3/3dire que ce principe est lié avec un autre principe positi% qui est la négative du
pre&ier+ ?i un vaisseau est réelle&ent poussé en pleine &er par le vent d’est' et qu’il reste
tou*ours / la &5&e place' ou du &oins s’il ne peut se déplacer en raison proportionnelle de la
%orce du vent' il %aut que les .lots de la &er s’opposent / sa &arche+ # est3/3dire' en général'
que l’anéantisse&ent de la conséquence d’une raison positive de&ande tou*ours aussi une
raison positive+ ?oit une cause quelconque d’un e%%et % A la conséquence ne peut *a&ais 5tre 9
qu’autant qu’il e(iste une cause d’un e%%et Q %' c’est3/3dire une cause de quelque chose de
vrai&ent positi% qui soit opposé / la pre&i-re < % Q % K 9+ ?i la succession d’une personne
ren%er&e un capital de 19999 %rancs' toute la succession ne peut se réduire / 6999 %rancs qu’/
3
Nous traiterons encore dans la suite d’une opposition (irtuelle+
D
,n pourrait croire ici que 9 Q A est encore un cas qui a été o&is+ Mais ce cas est i&possi)le dans le sens
philosophique A car quelque chose ne peut *a&ais 5tre soustrait de rien+ ?i en &athé&atiques cette e(pression est
*uste dans l’application' c’est parce que le ;éro ne change a)solu&ent en rien ni l’aug&entation ni la di&inution
par d’autres quantités A A P 9 Q A est tou*ours A Q A < par conséquent le ;éro est co&pl-te&ent inutile+ $a pensée
qui en a été e&pruntée' co&&e si des quantités négatives étaient #oins que rien' est donc vaine et a)surde+
6789
la condition que 19999 Q D999 K 6999' c’est3/3dire qu’autant que D999 %rancs sont prélevés
sur ce capital+ #e qui suit servira )eaucoup / éclaircir ces lois+
>e ter&ine cette section par les o)servations suivantes A >e no&&e pri(ation Hpri(atioI la
négation en tant qu’elle est la conséquence d’une opposition réelle+ Mais toute négation qui ne
découle pas de cette esp-ce de répugnance' doit s’appeler ici d".aut Hde.e!tus' a%sentiaI+ $a
derni-re n’e(ige pas de raison positive' elle veut seule&ent un &anque de raison < &ais la
pre&i-re a une vérita)le raison de la position et une raison pareille opposée+ $e repos dans un
corps est ou si&ple&ent un dé%aut' c’est3/3dire une négation du &ouve&ent' en tant qu’il n’2
a pas de %orce &otrice < ou une privation' lorsqu’il 2 a %orce &otrice il est vrai' &ais que la
conséquence' c’est3/3dire le &ouve&ent' est détruite par une %orce &otrice directe&ent
opposée+
?E#T=,N ==
&'e#ples pris de la *hilosophie, o/ s’o..re la notion des quantit"s n"gati(es.
1S Tout corps s’oppose' par l’i&pénétra)ilité' / la %orce &otrice d’un autre qui cherche /
pénétrer dans l’espace qu’il occupe+ #o&&e il est néan&oins' &algré la %orce &otrice de
l’autre' une raison de son repos' il s’ensuit que l’i&pénétra)ilité suppose une %orce tout aussi
vérita)le dans les parties du corps' &o2ennant laquelle elles occupent ense&)le un espace'
que peut l’5tre *a&ais celle par laquelle un autre corps tBche de pénétrer dans cet espace+
"igure;3vous' pour plus de clarté' deu( ressorts qui tendent l’un vers l’autre+ =ls se
tiennent sans doute en repos par des %orces égales+ Mette; entre eu( un autre ressort d’une
élasticité égale A il produira par son e%%ort le &5&e e%%et' et' d’apr-s la r-gle de l’égalité de
l’action et de la réaction' il tiendra les deu( autres ressorts en repos+ T la place de ce ressort'
interpose; un corps solide quelconque' le &5&e e%%et aura lieu' et les deu( ressorts seront
tenus en repos par son i&pénétra)ilité+ $a cause de l’i&pénétra)ilité est donc une vraie %orce A
car elle %ait a)solu&ent ce que %ait une vérita)le %orce+ ?i &aintenant vous donne; le no&
d’attra!tion / une cause' quelle qu’elle puisse 5tre' au &o2en de laquelle un corps en %orce
d’autres / se presser ou / se &ouvoir vers l’espace qu’il occupe Hce qui su%%it ici pour
concevoir seule&ent cette attractionI' alors l’i&pénétra)ilité est une attra!tion n"gati(e+ =l est
donc &ontré par l/ qu’elle est une cause tout aussi positive que toute autre %orce &otrice dans
la nature+ Et' co&&e l’attraction négative est une vérita)le r"pulsion' les %orces des élé&ents
qui %ont qu’ils occupent un espace' &ais de &ani-re / &ettre des )ornes / cet espace par le
con%lit de deu( %orces opposées' %ournissent le &o2en d’un grand no&)re d’e(plications dans
lesquelles *e crois 5tre parvenu' dans un autre traité que *e %erai conna.tre' / une connaissance
claire et certaine+
8S Nous prendrons un e(e&ple dans la ps2chologie+ =l est question de savoir si le
déplaisir est seule&ent un &anque de plaisir' ou une raison de la privation du plaisir' qui soit
quelque chose de positi% en soi' et pas seule&ent l’opposé contradictoire du plaisir' &ais qui
lui soit opposé dans le sens réel' et si' par conséquent' le déplaisir peut 5tre no&&é un plaisir
n"gati.+ $e senti&ent intérieur nous apprend d’a)ord que le déplaisir est plus qu’une si&ple
négation A car quel que puisse 5tre le plaisir' tou*ours il &anque quelque plaisir possi)le' aussi
longte&ps que nous so&&es des 5tres )ornés+ #elui qui prend un &édica&ent dont la saveur
est se&)la)le / celle de l’eau pure' ressent peut35tre un plaisir de la santé qu’il esp-re < dans le
goCt' au contraire' il ne trouve aucun plaisir < &ais ce dé%aut Hde.e!tusI n’est pas encore un
déplaisir+ Lonne;3lui un &édica&ent d’a)sinthe A la sensation devient tr-s3positive+ =l n’2 a
pas ici un si&ple &anque de plaisir' &ais quelque chose qui est une vraie cause du senti&ent
qu’on no&&e déplaisir+
7789
Mais on peut en tout cas reconna.tre' par les éclaircisse&ents que nous venons de donner'
que le déplaisir n’est pas un senti&ent pure&ent négati%' &ais )ien un senti&ent positi%+ #e
qui suit prouve évide&&ent que la peine est positive' et qu’elle est l’opposé réel du plaisir+ ,n
annonce / une &-re ?partiate que son %ils a co&)attu en héros dans la dé%ense de la patrie A le
dou( senti&ent du plaisir s’e&pare de son B&e+ Mais on a*oute qu’il est &ort avec gloire A
cette derni-re nouvelle di&inue considéra)le&ent ce plaisir' et le réduit / un plus %ai)le degré+
Appele; Da le plaisir occasionné d’a)ord' et suppose; que le déplaisir résultant de la seconde
nouvelle soit si&ple&ent une négation K 9 A ces deu( choses réunies donnent une valeur de la
satis%action Da P 9 K Da A en sorte que le plaisir nUaurait pas été di&inué par la nouvelle de la
&ort < ce qui est %au(+ ?upposons donc que le plaisir causé par la nouvelle de la )ravoure de
son %ils soit égal / Da' et que ce qui reste apr-s le déplaisir occasionné par la nouvelle de la
&ort soit égala 3a A le déplaisir est égal / a' qui représente la négative du plaisir' savoir Q a' et
par conséquent ha Q a K 3a' qui représente le plaisir positi% total+ $Uesti&ation de la valeur
enti-re de tout le plaisir dans un état &i(te serait aussi tr-s3a)surde si le déplaisir était une
si&ple négation et égal / ;éro+ :uelquUun a acheté un )ien qui lui rapporte annuelle&ent 8999
écus+ E(pri&ons par 8999 le plaisir de cette recette' en tant quUil est pur+ Mais tout ce quUil est
o)ligé dUen donner sans en *ouir' est une raison de déplaisir+ ?upposons quUil dépense
annuelle&ent 899 écus pour les i&p6ts' 199 écus pour le salaire des do&estiques' et 1R9 écus
pour les réparations+ ?i le déplaisir est une si&ple négation K 9' il lui reste' apr-s co&pte %ait'
du plaisir quUil a de son acquisition' K 8999 P 9 P 9 P 9 K 8999 < cUest3/3dire que ce plaisir est
aussi grand que sUil pouvait *ouir du revenu total sans en rien ra)attre+ =l est clair cependant
quUil ne *ouit de ses revenus que dans la &esure de ce qui lui reste' déduction %aite des
dépenses' et ce degré de plaisir est égal / 8999 Q 899 Q 199 Q 1R9 K 1RR9+ $e déplaisir nUest
donc pas si&ple&ent un &anque de plaisir' cUest une cause positive qui détruit soit en partie'
soit en entier' le plaisir qui résulte dUune autre cause < ce qui %ait que *e lUappelle un plaisir
n"gati.+ $e &anque de plaisir' aussi )ien que le déplaisir' en tant quUil dérive du &anque de
raisons' se no&&e indi.."ren!e Hin-di..erentiaI+ $e &anque de plaisir' aussi )ien que le
déplaisir' en tant quUil e&p5che une conséquence par une opposition réelle de principes égau('
se no&&e lUéquili)re Haequili%riu#I+ =l 2 a )ien lieu / ;éro dans les deu( cas < &ais dans le
pre&ier il est si&ple&ent une négation' et dans le second une privation+ $a disposition de
lUesprit dans laquelle il reste quelque chose de lUune des deu( sensations' le plaisir et la
douleur' qui sont dUinégale %orce' est lUe(cédant du plaisir ou du déplaisir Hsuprapondiu#
(oluptatis (el t0ditI+ #Uest dUapr-s des notions se&)la)les que M+ de 1aupertuis tBcha' dans
ses recherches sur la philosophie &orale' dUapprécier la so&&e de la %élicité de la vie
hu&aine < &ais elle ne peut 5tre esti&ée autre&ent quUen disant que cette question est
insolu)le pour lUho&&e' parce quUon ne peut additionner que des senti&ents ho&og-nes' et
que le senti&ent para.t tr-s3di%%érent suivant la diversité des é&otions dans la condition tr-s3
con%use de la vie+ $e calcul conduisit ce savant / un résultat négati%' auquel *e ne puis
cependant pas donner &on assenti&ent+
,n peut' par ces raisons' appeler l’a(ersion un d"sir n"gati.' la haine un a#our n"gati.'
la laideur une %eaut" n"gati(e' le %l2#e un "loge n"gati.+ ,n pourrait peut35tre penser ici que
tout cela nUest quUune su)stitution de &ots+ Mais on ne verra *uger ainsi que ceu( qui ne savent
pas co&)ien il est avantageu( que les e(pressions &ontrent en &5&e te&ps le rapport / des
notions dé*/ connues' et que chacun peut apprendre tr-s3%acile&ent dans les &athé&atiques+
$a %aute dans laquelle un grand no&)re de philosophes sont to&)és par suite de cette
négligence' est palpa)le+ ,n trouve que le plus souvent ils regardent les &au( co&&e de
si&ples négations' quoiquUil soit évident' par nos e(plications' quUil 2 a des &au( par dé%aut
H#ala de.e!tusI et des &au( par privation H#ala pri(ationisI+ $es pre&iers sont des négations
dont la position opposée nUa rien de positi% < les seconds supposent des raisons positives qui
%ont dispara.tre le )ien dont une autre raison est réelle' et sont un %ien n"gati.+ #e dernier &al
E789
est )ien plus grand que le pre&ier+ Ne pas donner est un &al par rapport au nécessiteu( < &ais
prendre' e(torquer' voler' est' par rapport / lui' un &al )ien plus grand' et prendre est un
donner n"gati.+ ,n pourrait %aire voir quelque chose de se&)la)le dans des rapports logiques+
Les erreurs sont des ("rit"s n"gati(es HquUil ne %aut pas con%ondre avec la vérité des
propositions négativesI < une r".utation est une preu(e n"gati(e A cependant *e n’insisterai pas
plus longte&ps sur ce point < &on o)*et est seule&ent de &ettre ces notions en vogue < l’utilité
en sera connue par l’usage' et dans la troisi-&e section *’en donnerai quelques aper0us+
3S $es notions de l’opposition réelle trouvent aussi leur utile application dans la
philosophie pratique+ $e d"#"rite Hde#eritu#I n’est pas si&ple&ent une négation' c’est une
(ertu n"gati(e H#eritu# negati(u#I A car le dé&érite ne peut avoir lieu qu’autant qu’il 2 a
dans un 5tre une loi intérieure Hsoit si&ple&ent la conscience &orale' soit la connaissance de
la loi positiveI qu’on transgresse+ #ette loi interne est une raison positive d’une )onne action'
et la conséquence peut 5tre si&ple&ent ;éro' si celle qui résulterait seule&ent de la
conscience de la loi était suppri&ée+ =l 2 a donc ici une privation' une opposition réelle' et non
un si&ple dé%aut+ 11 ne %aut pas croire que ceci ne s’applique qu’au( .autes d’a!tion
Hde#erita !o##issionisI' et pas aussi au( .autes d’o#ission Hde#erita o#issionisI+ Jn ani&al
déraisonna)le ne pratique aucune vertu < &ais cette o&ission n’est pas un dé&érite
Hde#eritu#I A car il n’a violé aucune loi intérieure < il n’a pas été poussé / une )onne action
par un senti&ent &oral' et le ;éro ou l’o&ission n’est pas déter&iné co&&e une conséquence
de la résistance de lUani&al / la loi intérieure ou par le &o2en dUun contre3poids < elle est ici
une pure négation par dé%aut de raison positive' et non pas une privation+ ?uppose; au
contraire un ho&&e qui ne secourt pas celui dont il voit le )esoin' et quUil pourrait %acile&ent
secourir A ici lUa&our du prochain est che; lui' co&&e dans le cFur de tout ho&&e' une loi
positive < il %aut que ce senti&ent soit vaincu < il %aut quUil 2 ait dans cet ho&&e une action
intérieure réelle produite par des &o)iles qui rendent lUo&ission possi)le+ #e 3"ro est la
conséquence dUune opposition réelle+ Lans le principe' certaines gens éprouvent une peine
sensi)le / ne pas %aire quelque )ien auquel ils se sentent réelle&ent portés+ $Uha)itude all-ge
tout' et / la %in cette action nUest plus gu-re aper0ue+ LUapr-s cela' les péchés dUaction ne
di%%-rent pas #orale#ent de ceu( dUo&ission' &ais seule&ent quant / la quantit"+
Ph2sique&ent' cUest3/3dire dUapr-s les conséquences e(térieures' ils sont encore dUesp-!e
di.."rente+ #elui qui ne re0oit rien sou%%re un &al de dé%aut' et celui qui est volé un &al de
privation+ Mais en ce qui regarde lUétat &oral de celui qui co&&et un péché dUo&ission' il ne
%aut' pour le péché dUaction' quUun plus grand degré dUaction+ Le &5&e que lUéquili)re du
levier nUa lieu que par une vérita)le %orce servant / tenir le %ardeau en repos' et quUil su%%it
dUune lég-re aug&entation pour le &ettre en &ouve&ent du c6té opposé A de &5&e celui qui
ne pa2e pas ce quUil doit tro&pera dans certaines circonstances pour gagner < et celui qui
nUaide pas quand il le peut rendra pire la condition des autres' aussit6t que les &o)iles
aug&enteront+ $Ua&our et le non3a&our sont contradictoire&ent opposés l’un / lUautre A le
non-a#our est une vérita)le négation < &ais posé le cas o1 l’on se trouve dans une o)ligation
dUai&er' celte négation nUest possi)le que par une opposition réelle' et par conséquent que
co&&e une privation+ Et dans un pareil cas le non-ai#er et le ha4r ne di%%-rent quUen degrés+
Toutes les o&issions qui sont des dé%auts dUune plus grande per%ection &orale' et non pas des
p"!h"s par o#ission' ne sont au contraire que de si&ples négations dUune certaine vertu+ Tels
sont les dé%auts des saints et ceu( des B&es no)les A il &anque un degré plus grand de
per%ection' et ce dé%aut nUest pas la conséquence dUune réaction+
,n pourrait encore étendre )eaucoup lUapplication des notions citées au( o)*ets de la
philosophie pratique+ Les d".enses sont des !o##ande#ents n"gati.s < des !h2ti#ents' des
r"!o#penses n"gati(es+ Mais *Uaurai atteint &on )ut pour le &o&ent' si *e suis parvenu / %aire
co&prendre en général lUapplication de cette pensée+ >e sais tr-s3)ien que l’e(plication donnée
*usquUici est plus que su%%isante pour des lecteurs dUune vive pénétration+ ,n &Ue(cusera
N789
cependant si lUon %ait attention quUil e(iste encore une race indocile de critiques qui' parce
quUils passent leur vie avec un seul livre' ne co&prennent rien que ce quUil contient' et pour
lesquels les plus grands développe&ents ne sont pas super%lus+
DS Nous e&prunterons encore un e(e&ple / la ph2sique+ =l 2 a dans la nature )eaucoup
de privations qui résultent du con%lit de deu( %orces agissantes' dont l’une détruit la
conséquence de lUautre par une opposition réelle+ Mais on ignore souvent si ce ne serait peut3
5tre pas si&ple&ent la négation du dé%aut parce quUil &anquerait une cause positive' ou si cUest
la conséquence de lUopposition de %orces réelles' de &5&e que le repos peut 5tre attri)ué ou au
&anque de %orces &otrices' ou / la lutte de deu( %orces &otrices qui sUentre3détruisent+ =l
e(iste' par e(e&ple' une question cél-)re' celle de savoir si le %roid e(ige une cause positive'
ou si' co&&e un si&ple dé%aut' il doit 5tre attri)ué / lUa)sence de la cause de la chaleur+ >e ne
&Uarr5te / cette question quUautant quUelle peut servir / &on dessein+ $e %roid nUest sans doute
quUune négation de chaleur' et il est %acile de voir quUil est possi)le par lui3&5&e sans raison
positive+ Mais il est égale&ent %acile de co&prendre quUil pourrait provenir dUune cause
positive' et cUest l/ réelle&ent lUorigine de ce quUon peut prendre pour une opinion du principe
de la chaleur+ ,n ne conna.t pas de %roid a)solu dans la nature < et si l’on en parle' on ne
lUentend que co&parative&ent+ $Ue(périence et le raisonne&ent sUaccordent &aintenant pour
con%ir&er la pensée du cél-)re 1uss!hen%roe5' que réchau%%e&ent ne consiste pas dans la
co&&otion intérieure' &ais dans le passage positi% du %eu élé&entaire dUune &ati-re dans une
autre' quoique ce passage puisse pro)a)le&ent 5tre acco&pagné dUune co&&otion intérieure'
de &5&e que cette co&&otion e(citée procure la sortie du %eu élé&entaire des corps+ LUapr-s
cela' lorsque lUélé&ent du %eu est' par&i les corps' en équili)re dans un certain espace' alors
ces corps ne sont ni %roids ni chauds lUun par rapport / lUautre+ Mais si cet équili)re est détruit'
alors le corps dans lequel le %eu élé&entaire passe est %roid par rapport / celui qui en est ainsi
privé < celui3ci' au contraire' sUappelle chaud en tant que' co&parative&ent / lUautre' il 2 %ait
pénétrer cette &ati-re de la chaleur+ $Uétat' dans ce change&ent' sUappelle che; lUun
"!hau..e#ent' et che; lUautre re.roidisse#ent' *usquU/ ce que tout soit de nouveau en équili)re+
=l nU2 a donc rien de plus naturel que ces %orces dUattraction de la &ati-re &ettent en
&ouve&ent ce %luide élastique et su)til' et en re&plissent la &asse des corps *usquU/ ce quUil
soit en équili)re des deu( c6tés' si toute%ois les espaces / travers lesquels agissent les
attractions en sont re&plis+ =l to&)e ici claire&ent sous les 2eu( quUau corps qui en re%roidit
un autre par le contact' lui enl-ve' par une %orce vérita)le Hde lUattractionI' le %eu élé&entaire
dont sa &asse était re&plie' et que le .roid de ce corps peut 5tre no&&é une !haleur n"gati(e'
parce que la négation qui en résulte dans les corps plus chauds est une privation+ Toute%ois
lUintroduction de cette déno&ination serait sans utilité' et ne vaudrait gu-re &ieu( quUun *eu de
&ots+ >e nUai donc dUautre dessein que de %aire entendre ce qui suit A
,n sait depuis longte&ps que deu( corps &agnétiques ont deu( e(tré&ités opposées que
lUon no&&e p6les' et dont lUune repousse les points de &5&e no&' et attire ceu( de no&
di%%érent+ Mais le cél-)re pro%esseur &pinus a %ait voir' dans un traité sur la resse&)lance de
la %orce électrique avec la %orce &agnétique' que des corps électrisés dUune certaine %a0on
&ani%estent égale&ent deu( p6les' dont il appelle lUun p6le positi% et lUautre p6le négati% et
dont l’un attire ce que lUautre repousse+ #e phéno&-ne est tr-s3sensi)le lorsquUon approche un
tu)e asse; pr-s dUun corps électrique' de &ani-re cependant que celui3ci nUen tire aucune
étincelle+ >Ua%%ir&e &aintenant que dans les échau%%e&ents ou les re%roidisse&ents' cUest3/3dire
dans tous les change&ents du %roid ou du chaud' surtout sUils sont su)its' lorsquUils ont lieu
dans un &ilieu continu' ou dans des corps &is )out / )out' on rencontre tou*ours co&&e deu(
p6les de la chaleur' dont lUun est positi%' cUest3/3dire chaud / un degré supérieur / celui du
corps opposé' et dont lUautre est négati%' cUest3/3dire chaud / un degré &oindre+ ,n sait que
certains caveau( donnent un %roid dUautant plus grand que le soleil échau%%e davantage
e(térieure&ent lUair et la terre < et 1athias 6el' qui décrit les &onts #arpathes' dit / ce su*et
19789
que' dans la Trans2lvanie' les pa2sans ont coutu&e de re%roidir leurs )oissons en les
en%ouissant dans la terre' et en %aisant par3dessus un grand %eu+ =l para.t quUalors la couche de
la terre sur la sur%ace supérieure ne peut pas devenir chaude sans que la terre ne devienne
%roide un peu plus )as+ 6oerhaa(e rapporte quU/ une certaine distance le %eu des %orges
occasionne du %roid+ #ette opposition para.t égale&ent régner en plein air / la sur%ace de la
terre' principale&ent dans les change&ents su)its+ M+ Ja!o%i dit quelque part' dans le
1agasin de Ha#%ourg' quUordinaire&ent lors des %roids rudes qui se %ont souvent sentir au
loin' il 2 a souvent de grands espaces inter&édiaires o1 il est te&péré et plus dou(+ M+
&pinus trouve de &5&e' dans le tu)e dont *Uai parlé' que les électricités positives et négatives
changent de place dans une certaine étendue / partir du p6le positi% dUune e(tré&ité *usquUau
p6le négati% de lUautre+
=l para.t que réchau%%e&ent de lUair dans une région ne peut pas co&&encer sans
occasionner en &5&e te&ps lUaction dUun p6le négati%' cUest3/3dire le %roid' et que de cette
&ani-re le %roid aug&entant su)ite&ent dans un lieu' sert au contraire / aug&enter la chaleur
dans un autre' de &5&e que quand le )out dUune tige ardente de &étal est re%roidi su)ite&ent
dans lUeau' lUautre )out devient plus chaud
R
+ $a di%%érence des paies de chaleur cesse donc
aussit6t que la co&&unication ou la privation a eu le te&ps nécessaire pour se répandre
uni%or&é&ent par toute la &ati-re' de &5&e que le tu)e du pro%esseur &pinus ne laisse plus
apercevoir quUune seule esp-ce dUélectricité aussit6t quUil a tiré lUétincelle+ PeulV 5tre aussi que
le grand %roid de la région supérieure de lUair nUest pas seule&ent dC au dé%aut des &o2ens de
chaleur' &ais / une cause positive' cUest3/3dire quUil devient négati% quant / la &asse par
rapport / la chaleur' co&&e lUair in%érieur et la terre deviennent positi%+ En général' la %orce
&agnétique' lUélectricité et la chaleur se&)lent avoir lieu par des &ati-res &o2ennes
identiques+ Toutes ense&)le peuvent 5tre produites par le %rotte&ent' et *e con*ecture que la
di%%érence des p6les et lUopposition de lUaction positive et del/ négative pourraient aussi 5tre
o)servées par une e(péri&entation ha)ile dans les phéno&-nes de la chaleur+ $e plan incliné
de 7alil"e' le pendule de Hu$ghens, le tu)e )aro&étrique de Torri!elli' la &achine
pneu&atique d’8tto de 7ueri!5e' et le pris&e de verre de 9e:ton' nous ont donné la cle% de
grands &2st-res de la nature+ $Uaction négative et lUaction positive des &ati-res'
principale&ent dans lUélectricité' rec-lent' selon toute apparence' des vues i&portantes' et une
R
$es e(périences nécessaires pour sUassurer des p6les opposés de la chaleur seraient' ce &e se&)le' %aciles /
%aire+ ,n prendrait un tu)e hori;ontal de %er3)lanc dUenviron un pied de long' et qui' / ses deu( e(tré&ités' serait
recour)é perpendiculaire&ent+ T une hauteur de quelques pouces' ou le re&plirait dUesprit3de3vin quUon
allu&erait / une e(tré&ité' tandis quU/ lUautre on placerait un ther&o&-tre+ Alors' dUapr-s &es con*ectures' cette
opposition négative se &ani%esterait )ient6t+ ,n pourrait aussi' pour reconna.tre ce qui se passe / l’une des
e(tré&ités par le re%roidisse&ent de lUautre' se servir de lUeau salée' dans laquelle on pourrait' dUun c6té' *eter de
la glace pilée+ T cette occasion' *e ne %erai plus quUune o)servation que *Uesp-re voir appliquer' et qui' selon
toutes les pro)a)ilités' *etterait une vive lu&i-re sur le %roid et le chaud arti%iciels' dans la dissolution de
certaines &ati-res &élangées+ >e suis persuadé que la distinction de ces phéno&-nes repose principale&ent sur la
question de savoir si' apr-s le &élange co&plet' les liquides &élangés ont un volu&e plus ou &oins considéra)le
que celui quUils avaient avant dU5tre &5lés+ Lans le pre&ier cas' *e soutiens quUils &ani%esteront de la chaleur au
ther&o&-tre' et dans le second' du %roid+ #ar' dans le cas o1 ils donnent un &édiu& plus dense' il nU2 a pas
seule&ent une &ati-re attractive qui attire plus / soi lUélé&ent du %eu quUelle ne lUattirait auparavant dans un
espace égal < &ais il est encore présu&a)le que la %orce attractive devient plus considéra)le / proportion de
lUaccroisse&ent de la densité' tandis que' peut35tre' la %orce e(pansive de lUéther condensé nUaug&ente que'
co&&e dans lUair' / proportion de la densité' parce que' dUapr-s Ne@ton' les attractions qui ont lieu de tr-s3pr-s
sUop-rent dans une proportion )eaucoup plus grande que celles qui ont lieu / de grandes distances+ Ainsi le
&élange' sUil a plus de densité que nUen auraient les deu( choses &élangées prises ense&)le avant leur &élange'
&ani%estera' par rapport au( corps voisins' lUe(cédant de lUattraction du %eu élé&entaire < et' co&&e il en enlevé
au ther&o&-tre' celui3ci indiquera du %roid+ Mais la chose arrivera tout di%%ére&&ent si le &élange donne un
&édiu& &oins dense A car' co&&e il laisse échapper une quantité de %eu élé&entaire' les &ati-res voisines
lUattirent' et présentent le phéno&-ne de la chaleur+ $Uissue des recherches ne répond pas tou*ours au(
con*ectures+ Mais pour que les e(périences ne soient pas pure&ent une a%%aire de hasard' elles doivent 5tre
occasionnées par des con*ectures+
11789
postérité plus heureuse' dont nous entrevo2ons les )eau( *ours' conna.tra sans voile des lois
générales de ce qui ne nous appara.t &aintenant que dans un accord encore douteu(+
?E#T=,N ===
8%ser(ations qui peu(ent pr"parer ; l<appli!ation
de la notion de quantit" n"gati(e au' o%=ets de la philosophie.
>e nUai %ait conna.tre *usquUici que les pre&i-res vues *etées sur un o)*et dUune haute
i&portance et dUune grande di%%iculté+ :uand' des e(e&ples que *Uai cités et qui sont asse;
intelligi)les' on sUél-ve / des propositions générales' on a raison dUappréhender )eaucoup de
%aire sur une route non %ra2ée des %au( pas qui ne seront peut35tre re&arqués que par la suite+
#Uest pourquoi *e ne présente ce que *Uai encore / dire l/3dessus que co&&e un essai tr-s3
inco&plet' quoique *Uesp-re de grands avantages de lUattention quUon pourra peut35tre 2 donner+
>e sais )ien quUun pareil aveu est une %ort &auvaise reco&&andation pour o)tenir
lUappro)ation de ceu( qui de&andent un ton dog&atique décidé' pour les %aire entrer dans la
direction on lUon Tondrait les voir+ Mais' tans éprouver le &oindre regret de la perte dUune
appro)ation de ce genre' *e pense que' dans une science aussi épineuse que la &étaph2sique' il
vaut )eau3coup &ieu( e(poser dUa)ord ses idées / lUe(a&en pu)lic sous la %or&e dUessais
incertains' que de les annoncer sur3le3cha&p avec tout le soin dUune prétendue solidité et dUune
co&pl-te conviction' parce quUen agissant de cette derni-re %a0on toute a&élioration devient
i&possi)le' et que toute %aute qui peut sU2 rencontrer est irrépara)le+
=+ #hacun co&prend %acile&ent pourquoi quelque chose nUe(iste pas sUil nU2 a pas de
raison positive de son e(istence < &ais il nUest pas aussi %acile de co&prendre co&&ent ce qui
e(iste cesse dUe(ister+ =l e(iste' par e(e&ple' en ce &o&ent dans &on B&e lUi&age du soleil'
produite par la %orce de &on i&agination+ Lans un instant *e cesserai de penser / cet o)*et+
$Ui&age qui était en &oi cesse dUe(ister dans &on esprit' et lUétat le plus proche du précédent
est ;éro+ ?i *e voulais poser en principe que la pensée a cessé dU5tre' parce que dans le &o&ent
suivant *Uai discontinué de la produire' la réponse ne di%%érerait nulle&ent de la de&ande A car
il est précisé&ent question de savoir co&&ent une action qui se %ait actuelle&ent peut 5tre
discontinuée' cUest3/3dire peut cesser dUe(ister+ >e dis donc que tout passer est un devenir
négati%' cUest3/3dire que pour %aire cesser quelque chose de positi% qui e(iste' il %aut aussi )ien
une cause positive que pour le produire quand il nUe(iste pas+ $a raison en est dans ce qui
préc-de+ ?upposons que a e(iste A alors a Q a est seule&ent égal / ;éro' cUest3/3dire que a ne
peut 5tre détruit quUautant quUune cause réelle opposée et égale est unie / la cause ou raison de
a+ $a nature corporelle en présente partout des e(e&ples A un &ouve&ent ne cesse *a&ais
enti-re&ent ou en partie sans quUune %orce &otrice égale / celle qui aurait pu produire le
&ouve&ent perdu' soit en opposition avec elle+ Mais lUe(périence intérieure sur la suppression
des idées et des passions nées de lUactivité de lUB&e' sUaccorde par%aite&ent aussi avec ce qui
préc-de+ ,n sent soi3&5&e tr-s3&ani%este&ent que pour %aire dispara.tre et %aire cesser une
pensée pleine dUa%%liction' il %aut ordinaire&ent une grande et vérita)le activité+ =l %aut des
e%%orts réels pour chasser une pensée risi)le quand on veut reprendre sa gravité+ Toute
a)straction nUest que la suppression de certaines idées &ani%estes que lUon dispose
ordinaire&ent de &ani-re que ce qui reste soit présenté avec dUautant plus de clarté+ Mais tout
le &onde sait quelle grande activité il %aut déplo2er pour cela+ ,n peut donc appeler
l’a%stra!tion une attention n"gati(e' cUest3/3dire une vérita)le opération et une vérita)le action
opposée / celle par laquelle la représentation devient claire' et qui par son alliance avec elle'
produit le ;éro ou le dé%aut Hde.e!tusI de la représentation claire+ #ar autre&ent' si elle nUétait
a)solu&ent quUune négation ou un dé%aut' alors il %audrait aussi peu dUe%%orts de la part dUune
18789
%orce pour la produire' que pour ignorer quelque chose quUon nUaurait *a&ais eu de raison de
conna.tre+
$a &5&e nécessité d’une raison positive pour la suppression dUun accident intérieur de
lUB&e' se &ontre dans lUe&pire sur les passions' pour lequel on peut se servir des e(e&ples
cités plus haut+ Mais en général' / lUe(ception des cas o1 l’on a conscience de cette activité
opposée' et que nous avons précéde&&ent cités' on nUa aucune raison su%%isante de la
reconna.tre quand on ne la re&arque pas claire&ent en soi+ >e pense en ce &o&ent' par
e(e&ple' au tigre < cette pensée dispara.t' et se trouve re&placée par celle du cheval+ ,n ne
peut assuré&ent o)server dans la vicissitude des pensées aucun e%%ort particulier de lUB&e qui
ait opéré ici pour %aire dispara.tre des pensées+ Mais quelle ad&ira)le activité ne se trouve pas
cachée dans les pro%ondeurs de notre esprit' activité que nous ne re&arquons pas dans son
e(ercice' parce que lies opérations en sont no&)reuses' et que chacune en particulier nUest
représentée que tr-s3o)scuré&ent W $es preuves en sont connues de tout le &onde A il su%%it de
citer pour e(e&ple ce qui se passe en nous / notre insu quand nous lisons' pour en 5tre étonné+
,n peut consulter' entre autres ouvrages sur ce su*et' la $ogique de >ei#arus' qui %ait des
o)servations l/3dessus+ ,n peut *uger par l/ que le *eu des représentations' et générale&ent de
toutes les %acultés de notre B&e' lorsque leurs conséquences cessent apr-s avoir réelle&ent
e(isté' suppose des actions opposées dont lUune est la négative de lUautre' en conséquence de
certains principes que nous avons e(posés' quoique lUe(périence intérieure ne puisse pas
tou*ours nous en instruire+
?i l’on %ait attention au( raisons sur lesquelles repose cette r-gle' on apercevra aussit6t
que' pour ce qui regarde l’an"antisse#ent de quelque !hose qui e(iste' il ne peut 2 avoir / cet
égard aucune di%%érence entre les accidents des natures intellectuelles et les conséquences des
%orces agissantes dans le &onde corporel < cUest3/3dire quUeu( aussi ne sont *a&ais détruits
autre&ent que par une vérita)le %orce &otrice opposée / une autre' et quUun accident interne'
une pensée de lUB&e' ne peut cesser dUe(ister sans une %orce vérita)le&ent active du &5&e
su*et pensant+ $a distinction ne regarde ici que les di%%érentes lois au(quelles sont sou&ises
ces deu( esp-ces dU5tres' puisque lUétat de la &ati-re ne peut 5tre changé que par des causes
e(térieures' tandis que celai dUun esprit peut encore lU5tre par une cause intérieure+ $a nécessité
de lUopposition réelle reste cependant tou*ours la &5&e &algré cette distinction+
>Uo)serve encore que cUest une notion illusoire de croire avoir co&pris la disposition des
conséquences positives de lUactivité de notre B&e en les no&&ant des o#issions. =l %aut
surtout re&arquer que pinson appro%ondit ses *uge&ents les plus ordinaires et les plus
certains' plus on découvre de pareilles illusions' lorsque l’on se contente de &ots sans rien
co&prendre au( choses+ :ue *e nUaie pas en ce &o&ent une certaine pensée si elle nUa pas
e(isté auparavant' cUest ce qui est asse; intelligi)le quand *e dis A >e ne pense pas / cela < car
ces &ots signi%ient alors lUa)sence du principe' dUo1 lUon aper0oit lUa)sence de la conséquence+
?Uagit3il' au contraire' de savoir pourquoi une pensée qui nagu-re e(istait' nUest plus en &oi A
alors la réponse précédente nUest pas du tout ad&issi)le+ #ar ce non35tre est / présent une
privation' et lUo&ission a &aintenant un autre sens' savoir A la suppression dUune activité qui
e(istait un peu auparavant
6
+ Mais cUest la question que *e &e pose' et dans laquelle *e ne &e
paie pas si aisé&ent dUun &ot+ ,n a )esoin dUune grande précaution dans lUapplication de la
r-gle donnée / toutes sortes de cas de la nature' a%in de ne pas prendre &al / propos quelque
chose de négati% pour quelque chose de positi%' ce qui arrive %acile&ent+ #ar le sens de la
proposition que *Uai e(posée ici est relati% / la naissance et / lUanéantisse&ent de quelque chose
de positi%+ Par e(e&ple lUe(tinction dUune %la&&e %aute dUune &ati-re qui lUali&ente' nUest pas
une naissance négative < cUest3/3dire quUelle ne se %onde pas sur une vérita)le %orce &otrice qui
soit opposée / celle qui %ait na.tre cette %la&&e A car la durée dUune %la&&e nUest pas la durée
dUun &ouve&ent qui e(iste dé*/' cUest la production continuelle de nouveau( &ouve&ents par
6
#e sens ne convient pas &5&e propre&ent au( paroles+
13789
dUautres &olécules co&)usti)les
7
+ $Ue(tinction de la %la&&e nUest donc pas la suppression dUun
&ouve&ent réel' cUest seule&ent le dé%aut de nouveau( &ouve&ents et dUautres
déco&positions' parce que la cause &anque' / savoir A lUali&entation ultérieure du %eu <
cessation qui ne doit pas 5tre regardée alors co&&e la cessation dUune chose e(istante' &ais
co&&e le dé%aut de la raison dUune position possi)le Hde la déco&position ultérieureI+ #Uest
asse;+ >Uécris cela co&&e un su*et de &éditation plus appro%ondie dans cette esp-ce de
connaissances A car cette e(plication ne peut su%%ire / ceu( qui sont étrangers / ces sortes de
questions+
==+ $es propositions que *e pense e(poser dans ce nu&éro &e paraissent 5tre de la plus
haute i&portance+ Mais il %aut auparavant' que *Ua*oute une déter&ination / la notion générale
des quantités négatives' déter&ination quU/ dessein *e nUai pas donnée plus haut' pour ne pas
surcharger lUattention+ >e nUai considéré *usquUici que les %onde&ents de l’opposition réelle' en
tant quUils posent r"elle#ent dans une seule et &5&e chose des déter&inations dont Tune est
la négative de lUautre' par e(e&ple des %orces &otrices du &5&e corps suivant des directions
directe&ent opposées entre elles < et en ce cas ces causes détruisent positive&ent des deu(
c6tés leurs e%%ets' savoir' les &ouve&ents+ En conséquence' *e donnerai &aintenant le no& de
r"elle / cette opposition Hoppositio a!tualisI+ ,n appelle autre&ent' au contraire' et avec
raison' Xes prédicats qui appartiennent / des choses di%%érentes' et dont lUun ne détruit pas
i&&édiate&ent la conséquence de lUautre' &ais dont toute%ois lUun est la négative de lUautre' en
tant que chacun dUeu( est tel quUil peut égale&ent détruire ou la conséquence de lUautre' ou du
&oins quelque chose qui est précisé&ent déter&iné co&&e cette conséquence et qui lui
resse&)le+ #ette opposition peut sUappeler opposition possi)le Hoppositio potentialisI+ Elles
sont toutes deu( réelles' cUest3/3dire di%%érentes de lUopposition logique < toutes deu( sont
continuelle&ent e&plo2ées en &athé&atiques' et toutes deu( &éritent de lU5tre en
philosophie+ Lans deu( corps qui sont &us lUun contre lUautre' suivant une &5&e ligne droite
et avec des %orces égales' ces %orces' en tant quUelles se co&&uniquent au( deu( corps dans le
choc' peuvent 5tre lUune la négative de lUautre' et &5&e dans le pre&ier sens' par opposition
réelle+ Lans deu( corps qui se &euvent en sens contraire sur une &5&e ligne droite' et qui
sUéloignent lUun de lUautre avec des %orces égales' Tune de ces %orces est la négative de lUautre+
Mais co&&e dans ce cas ils ne se co&&uniquent pas leurs %orces' ils ne sont que dans une
opposition virtuelle' parce que chacun dUeu( détruirait la %orce qui est dans lUautre' sUils
venaient / se heurter dans la &5&e direction+ #Uest ce que *e sous3entendrai aussi dans ce qui
suit relative&ent / toutes les raisons de lUopposition réelle dans le &onde' et non pas
seule&ent par rapport / celles qui concernent les %orces &otrices+ Mais pour donner aussi un
e(e&ple de celles3l/' on pourrait dire que le plaisir dUun ho&&e et le déplaisir dUun autre sont
en opposition virtuelle' co&&e si lUun devait détruire réelle&ent le %ait de lUautre' puisque dans
cette opposition réelle lUun dé%ait souvent ce que lUautre %ait en suivant son plaisir+ #o&&e *e
prends dUune &ani-re tout / %ait générale les raisons qui sont opposées réelle&ent de part et
dUautre' on ne peut pas e(iger de &oi que *e rende ces notions tou*ours visi)les par des
e(e&ples in !on!reto A car autant est clair et intelligi)le tout ce qui appartient au &ouve&ent
et quUon peut rendre visi)le' autant sont di%%iciles et o)scures en nous les raisons réelles qui ne
sont pas &écaniques' pour rendre co&préhensi)les leurs rapports et leurs conséquences dans
lUopposition ou dans lUaccord+ >e &e contente donc dUe(poser les propositions suivantes dans
leur sens général+
$a pre#i-re proposition est celle3ci A ?ans tous les !hange#ents naturels du #onde, la
so##e du positi., en tant quelle est "(alu"e !o##e addition des positions se#%la%les (non
7
Tout corps dont les parties sont su)ite&ent réduites en ga; et e(ercent en conséquence la répulsion' qui est
opposée / la cohésion' donne du %eu et )rCle' parce que le %eu élé&entaire' qui était auparavant en état de
co&pression 2 devient li)re et se répand+
1D789
des positions oppos"es), et que l’on soustrait les unes des autres des positions oppos"es
r"elle#ent, n’est ni aug#ent"e, ni di#inu"e.
Tout change&ent consiste ou dans la position de quelque chose de positi% qui nUe(istait
pas' ou dans la destruction de quelque chose de positi% qui e(istait+ Mais le change&ent est
naturel en tant que son principe %ait aussi )ien partie du &onde que sa conséquence+ Lans le
pre&ier cas' celui de la position dUune chose qui nUe(istait pas' le change&ent est donc une
naissance+ $Uétat du &onde avant ce change&ent est' par rapport / celte position' égal / ;éro'
K 9 < et' par cette naissance' la conséquence réelle est K A+ Mais *e dis que si A na.t' Q A doit
aussi na.tre dans un change&ent naturel du &onde' cUest3/3dire quUil ne peut e(ister aucune
raison naturelle dUune conséquence réelle' sans 5tre en &5&e te&ps une raison dUune autre
conséquence qui est la négative de la pre&i-re
E
A car la conséquence rien étant K 9' e(cepté en
tant que la raison est posée' la so&&e de la position ne ren%er&e pas plus dans la conséquence
que ce qui était contenu dans lUétat du &onde lorsquUil en ren%er&ait la raison+ Mais cet état de
la position qui est dans la conséquence' contenait le ;éro < cUest3/3dire que' dans lUétat
précédent' la position nUétait pas celle quUon trouve dans la conséquence+ Lonc le change&ent
qui en résulte dans lUense&)le du &onde' dUapr-s ses conséquences réelles ou virtuelles' ne
peut 5tre pareille&ent quUégal / ;éro+ #o&&e donc' dUun c6té' la conséquence est positive et K
A' &ais que néan&oins lUétat entier de lUunivers doit 5tre égal / ;éro' K 9' co&&e auparavant'
par rapport au change&ent A < &ais co&&e la chose est pourtant i&possi)le' e(cepté dans le
cas dUA Q A' il en résulte que *a&ais il nUarrive naturelle&ent dans le &onde un change&ent
positi% dont la conséquence ne consiste pas' en so&&e' dans une opposition réelle ou virtuelle
qui se détruit+ Mais cette so&&e donne ;éro' K 9' et avant le change&ent elle était égale&ent
K 9 A de sorte quUelle nUa été ni aug&entée ni di&inuée par l/+
Lans le second cas' celui o1 le change&ent consiste dans la suppression de quelque
chose de positi%' la conséquence est K 9+ Mais' dUapr-s le nu&éro précédent' lUétat de
lUense&)le de la raison nUétait pas si&ple&ent K A' &ais A Q AK 9+ Ainsi' dUapr-s le &ode
dUesti&ation que *e suppose ici' la position nUest ni aug&entée ni di&inuée dans le &onde+
>e vais tBcher dUéclaircir cette proposition' qui &e para.t i&portante+ Lans les
change&ents du &onde corporel' elle passe dé*/ pour une r-gle &écanique dé&ontrée depuis
longte&ps+ Elle est ainsi e(pri&ée A @uantitas #otus, su##ando (ires !orporu# in easde#
partes, et su%trahendo eas quae (ergunt in !ontrarias, per #utua# illaru# a!tione#
(!on.li!tu#, pressione#, attra!tione#) non #utatur+ Mais quoique dans la &écanique pure on
ne %asse pas dériver i&&édiate&ent cette r-gle de la raison &étaph2sique' dUo1 nous avons
tiré la proposition générale' la *ustesse nUen repose pas &oins positive&ent sur ce %onde&ent A
car la loi de lUinertie qui constitue ce principe dans la preuve ordinaire' nUe&prunte sa vérité
que de lUargu&ent que *Uai cité' ainsi que *e pourrais le %aire voir %acile&ent sUil était
nécessaire+
$Ue(plication de la r-gle dont nous nous occupons' dans le cas o1 les change&ents ne
sont pas &écaniques' par e(e&ple dans ceu( qui se %ont dans notre B&e ou qui en dépendent
en général' est de sa nature di%%icile < de &5&e en général ces e%%ets' ainsi que leurs causes' ne
peuvent pas 5tre e(posés dUune &ani-re / )eaucoup pr-s aussi claire et aussi intelligi)le que
ceu( du &onde corporel+ #ependant *Uéclaircirai de &on &ieu( cette question+
$Uaversion est aussi )ien quelque chose de positi% que le désir+ $a pre&i-re de ces deu(
choses est la conséquence dUun déplaisir positi%' co&&e lUautre est la conséquence dUun plaisir+
#e nUest quUautant que nous ressentons en &5&e te&ps / lUoccasion du &5&e o)*et du plaisir
et du déplaisir' que le désir et l’aversion par rapport / cet o)*et sont en opposition positive+
E
Le &5&e que' par e(e&ple' dans le choc dUun corps contre un autre' résulte en &5&e te&ps la production dUun
nouveau &ouve&ent et la suppression dUun autre se&)la)le qui e(istait dUa)ord' et que dans une )arque personne
ne peut pousser suivant une certaine direction un autre corps %lottant sans 5tre poussé lui3&5&e suivant la
direction opposée+
1R789
Mais en tant que la &5&e cause occasionne du plaisir dans un o)*et' et devient aussi la raison
dUun vérita)le déplaisir dans un autre o)*et' la raison du désir est en &5&e te&ps la raison de
lUaversion' et le principe dUun désir est pareille&ent celui de quelque chose qui se trouve en
opposition réelle avec lui' quoique cette opposition ne soit que virtuelle+ Le &5&e que
lorsque des corps qui se &euvent sur la &5&e ligne droite suivant une direction opposée'
sUéloignent &utuelle&ent' quoique lUun dUeu( ne tende pas / détruire le &ouve&ent de lUautre'
on regarde cependant lUun de ces &ouve&ents co&&e le négati% de lUautre' parce quUils sont
virtuelle&ent opposés A de &5&e la crainte de lUo)scurité dans un ho&&e est en raison directe
du degré du désir de la gloire < et cette crainte nUest / la vérité que virtuelle' tant que les
circonstances ne se trouvent pas en opposition réelle avec la passion de la célé)rité' et' par la
&5&e raison' du désir de la gloire+ Jn principe positi% dUun pareil degré de déplaisir est éta)li
dans lUB&e pour le cas o1 les circonstances du &onde seraient opposées / celles qui sont
%avora)les / la pre&i-re de ces passions
N
+ Nous verrons )ient6t quUil nUen est pas ainsi dans
lU5tre par%ait' et que la raison de son souverain )ien e(clut toute possi)ilité &5&e de déplaisir+
Lans les opérations de lUentende&ent' nous trouvons &5&e que plus une idée devient
claire et lucide' plus les autres idées deviennent o)scures' plus leur clarté di&inue A de sorte
que le positi% qui' dans un pareil change&ent' devient réel' est lié / une opposition réelle et
positive' qui' si l’on additionne tout dUapr-s le &ode dUesti&ation &entionné' ne di&inue ni
nUaug&ente par le change&ent le degré du positi%+
$a deu'i-#e proposition est celle3ci A Toutes les !auses r"elles de l<uni(ers, si l’on
additionne !elles qui sont d<a!!ord, et que l’on en soustraie !elles qui sont #utuelle#ent
oppos"es, donnent un r"sultat "gal ; 3"ro+ $Uense&)le du &onde nUest rien en lui3&5&e'
e(cepté en tant quUil est quelque chose par la volonté dUune autre chose+ $a so&&e de toute
réalité e(istante' en tant quUelle a sa raison dans le &onde' est donc' considérée en elle3&5&e'
égale au ;éro' K 9+ :uand &5&e toute réalité possi)le en rapport avec la volonté divine donne
un résultat qui est positi%' la su)stance dUun &onde ne se trouve cependant pas détruite par l/+
Mais il résulte nécessaire&ent de cette su)stance que lUe(istence de ce qui a sa raison dans le
&onde' est en soi et par soi égale / ;éro+ Ainsi la so&&e de ce qui e(iste dans le &onde en
rapport avec la raison qui est hors de lui' est positive < &ais' par rapport au( causes réelles
intérieures entre elles' elle est égale / ;éro+ Lans le pre&ier rapport' une opposition des
principes réels du &onde / la volonté divine ne pouvant *a&ais avoir lieu' il nU2 a en ce sens
aucun anéantisse&ent' et la so&&e est positive+ Mais co&&e dans le second rapport le
résultat est ;éro' il sUensuit que les raisons positives doivent se trouver dans une opposition
telle' que si on les e(a&ine si&ultané&ent' elles donnent ;éro+
,O?EYAT=,N ?J $A ?E#,NLE P,P,?=T=,N+
>Uai e(posé ces deu( propositions dans lUintention dUinviter le lecteur / ré%léchir sur ce
su*et+ >Uavoue aussi que *e ne les pén-tre pas encore asse; claire&ent' ni avec une par%aite
évidence dans leurs raisons+ #ependant *e suis tr-s3convaincu que des recherches co&pl-tes'
pro)lé&atique&ent e(posées dans la connaissance a)straite' peuvent 5tre tr-s3avantageuses
pour le progr-s de la haute philosophie' parce que tr-s3souvent un autre trouve plus %acile&ent
lUe(plication dUune question tr-s3o)scure que celui qui 2 donne occasion' et dont les e%%orts
nUont pu vaincre que la &oitié des di%%icultés+ $e contenu de cette proposition &e para.t
ren%er&er une certaine i&portance en soi )ien propre / provoquer un e(a&en soigneu('
N
$e sage stoZcien devait donc e(tirper tons les penchants qui contiennent un senti&ent dUun grand plaisir sensuel'
parce quUils ren%er&ent aussi la raison de grands &écontente&ents et déplaisirs qui' dUapr-s le *eu varia)le du
cours du &onde' peuvent détruire tout le pri( de la *ouissance+
16789
pourvu seule&ent quUon en con0oive )ien le sens < ce qui nUest pas tr-s3%acile dans une pareille
sorte de connaissance+
>e veu( cependant chercher encore / prévenir quelques &alentendus+ ,n ne &e
co&prendrait nulle&ent si lUon sUi&aginait que *Uai voulu dire par la pre&i-re proportion quUen
général la so&&e de la réalité nUest ni aug&entée ni di&inuée par les change&ents cos&iques+
Mais &a pensée nUest pas non plus que la r-gle &écanique donnée pour e(e&ple %asse
*uste&ent penser le contraire A car' par le choc des corps' la so&&e des &ouve&ents tant6t
aug&ente' tant6t di&inue' quand on les consid-re en eu(3&5&es < &ais le résultat esti#"
sui(ant le #ode pres!rit est ce qui de&eure identique A car les oppositions ne sont que
virtuelles dans )eaucoup de cas o1 les %orées &otrices ne se détruisent pas réelle&ent' et o1
par conséquent une aug&entation a lieu+ #ependant' dUapr-s lUesti&ation une %ois prise pour
r-gle' il %out que ces %orces soient soustraites les unes des autres+
#Uest ainsi quUil %aut *uger dans lUapplication de cette proposition au( change&ents non
&écaniques+ Jn pareil &alentendu aurait lieu si on sUi&aginait que' dUapr-s la &5&e
proposition' la per%ection du &onde ne peut pas sUaccro.tre A car' par cette proposition' on ne
peut a)solu&ent pas nier que la so&&e de la réalité en général ne doive pouvoir 5tre
aug&entée naturelle&ent+ En outre' la per%ection du &onde en général consiste dans le con%lit
des raisons réelles' de &5&e que la partie &atérielle nUen est tr-s3visi)le&ent conservée que
par lUopposition des %orces dans une &arche réguli-re+ Et il 2 a tou*ours un grand &alentendu
quand on con%ond la so&&e de la réalité avec la grandeur de la per%ection < nous avoue vu
plus haut que le déplaisir est aussi positi% que le plaisir < &ais qui donc rappellerait une
per%ection 4
===+ Nous avons dé*/ re&arqué quUil est souvent di%%icile de décider si certaines
négociations de la nature sont si&ple&ent des dé%auts occasionnés par lUa)sence dUun principe'
ou des privations résultant de lUopposition réelle de deu( principes positi%s+ $es e(e&ples en
sont no&)reu( dans te &onde &atériel+ $es parties adhérentes de chaque corps e(ercent une
pression les unes contre les autres avec de vérita)les %orces HdUattractionI' et la conséquence de
ces e%%orts serait la di&inution de volu&e' si des %orces égales ne résistaient pas au &5&e
degré par la répulsion des élé&ents' dont lUe%%et est la raison de lUi&pénétra)ilité+ =l 2 a repos
ici' non pas parce que les %orces &otrices &anquent' &ais parce quUelles agissent en sens
contraire les unes des autres+ #Uest ainsi que les poids suspendus au( deu( )ras dUune )alance
restent en repos lorsquUils sont placés en levier suivant la loi de lUéquili)re+ ,n peut étendre
cette notion au3del/ des li&ites du &onde &atériel+ Le &5&e il n’est pas nécessaire que
quand nous cro2ons 5tre dans une enti-re inaction de lUesprit' la so&&e des principes réels de
la pensée et du désir soit &oindre que dans lUétat o1 quelques degrés de cette activité se
&ani%estent / la conscience+ Lites / lUho&&e le plus instruit' dans les instants o1 il se repose'
de vous raconter quelque chose' et de vous %aire part de ses idées A il ne sait rien' et vous le
trouve; en cet état sans ré%le(ion déter&inée et sans *uge&ent critique+ "ournisse;3lui
seule&ent une occasion par une question ou par quelques3uns de vos *uge&ents' et sa science
se &ani%estera dans une série dUactes qui ont une direction telle quUils rendent possi)le / vous
et / lui la conscience de ses idées+ $es raisons réelles de ce phéno&-ne se sont sans doute
rencontrées longte&ps en lui < &ais co&&e la conséquence / lUégard de la conscience était
;éro' elles ont dC 5tre &utuelle&ent opposées entre elles+ Ainsi restent en repos dans lUarsenal
dUun prince' et conservées pour une guerre %uture dans un pro%ond silence' ces %oudres que lUart
inventa pour la destruction' *usquU/ ce quUune &-che per%ide les touche' les %asse éclater avec
la rapidité de lUéclair' et porter le ravage tout / lUentour+ $es ressorts qui étaient
continuelle&ent pr5ts / se dé)ander en elles étaient retenus par une puissante attraction' et
attendaient lUappBt dUune étincelle pour se dé)ander+ =l 2 a dans cette pensée de Lei%ni3
quelque chose de grand' et' / &on avis' de tr-s3*uste A lUB&e' avec sa %aculté représentative'
e&)rasse tout lUunivers'quoique une partie tr-s3%ai)le seule&ent de ces représentations soit
17789
claire+ Toutes les esp-ces de notions ne doivent' en e%%et' reposer que sur lUactivité intérieure
de notre esprit' co&&e sur leur raison+ Les choses e(térieures peuvent )ien ren%er&er la
condition sans laquelle elles se &ani%estent dUune &ani-re ou dUune autre' &ais non pas la
%orce de les produire réelle&ent+ $a %aculté de penser de l’B&e en doit contenir des raisons
réelles autant que les pensées doivent na.tre naturelle&ent en elle' et les phéno&-nes des
connaissances qui paraissent et disparaissent / lUesprit ne doivent' selon toute apparence' 5tre
attri)ués quU/ lUaccord ou / lUopposition de toute activité+ ,n peut regarder ces *uge&ents
co&&e les éclaircisse&ents de la pre&i-re proposition du nu&éro précédent+
Lans les choses &orales on ne doit pas non plus regarder tou*ours le ;éro co&&e une
négation du dé%aut' ni une conséquence positive de plus de grandeur co&&e une preuve dUune
plus grande activité déplo2ée dans cette direction' pour arriver / cette conséquence+ Lonne; /
un ho&&e di( degrés dUune passion qui est dans un certain cas contraire au( r-gles du devoir'
par e(e&ple lUavarice < %aites3lui dépenser dou;e degrés dUe%%ort' dUapr-s les principes de
lUa&our du prochain A la conséquence est quUil sera charita)le et )ien%aisant de deu( degrés+
?uppose;3en un autre de trois degrés dUavarice et de sept degrés de pouvoir dUagir dUapr-s les
principes de lUo)ligation A lUaction sera de quatre degrés' &esure de son utilité pour autrui' par
suite de la lutte de son désir+ Mais il est incontesta)le quUen tant que cette passion peut 5tre
regardée co&&e naturelle et involontaire' la valeur &orale de "action du pre&ier est plus
grande que celle du second' quoique' si l’on voulait les esti&er dUapr-s la %orce vive' la
conséquence dans le second cas dépasse celle du pre&ier+ =l nUest donc pas possi)le que les
ho&&es puissent conclure avec certitude le degré des intentions vertueuses des autres dUapr-s
leurs actions+ #elui qui voit le %ond de notre B&e sUest réservé / lui seul ce *uge&ent+
=Y+ ?i lUon veut essa2er dUappliquer ces notions / la connaissance i&par%aite que les
ho&&es peuvent avoir de la divinité in%inie' quelles di%%icultés ne rencontrent pas alors nos
plus grands e%%orts W #o&&e nous ne pouvons tirer les %onde&ents de ces notions que de
nous3&5&es' nous so&&es le plus souvent incertains si nous devons transporter cette idée
propre&ent ou par quelque analogie / cet o)*et inconceva)le+ Ai#onide est au*ourdUhui &5&e
un sage < apr-s plusieurs a*ourne&ents' il répondit / son prince A Plus *e ré%léchis sur Lieu'
&oins *e puis le pénétrer+ Tel nUest pas le langage du peuple savant+ =l ne sait rien' il ne
co&prend rien' &ais il parle de tout' et il sUen vante+ Lans lU5tre supr5&e il ne peut 2 avoir de
raisons de la privation ou dUune opposition réelle+ #ar tout étant donné en lui et par lui' aucune
destruction interne nUest possi)le dans sa propre e(istence par lUenti-re possession des
déter&inations+ $e senti&ent du déplaisir nUest donc pas un prédicat qui convienne / la
divinité+ Jn ho&&e nUa *a&ais une passion pour un o)*et sans éprouver positive&ent de
lUaversion pour le contraire' cUest3/3dire de telle &ani-re que lUattrait de sa volonté est non3
seule&ent lUopposé contradictoire du désir' &ais son opposé réel HlUaversionI' / savoir la
conséquence dUun déplaisir positi%+ Lans tout désir qui ani&e un précepteur %id-le pour )ien
dresser son él-ve' tout résultat qui nUest pas con%or&e / son désir lui est positive&ent opposé
et devient une raison de déplaisir+ $es rapports des o)*ets / la volonté divine sont dUune tout
autre nature+ Aucune chose e(térieure nUest propre&ent une source ni de plaisir ni de peine en
lui A car il ne dépend dUaucune autre chose' et ce plaisir pur nUha)ite pas en celui qui est
heureu( par lui3&5&e' co&&e si le )ien e(istait hors de lui < &ais le )ien e(iste parce que la
représentation éternelle de sa possi)ilité et le plaisir qui 2 est attaché sont une raison du désir
e(cité+ ?i lUon co&pare avec cet état la représentation concr-te de la nature du désir de toute
créature' on co&prendra que la volonté de l’incréé ne peut presque rien avoir de co&&un
avec elle+ =l en est de &5&e des autres déter&inations pour celui qui con0oit )ien que la
di%%érence dans la qualité doit 5tre i&&ense' quand on co&pare des choses dont les unes ne
sont rien en elles3&5&es' et dont lUautre est la cause de lUe(istence de tout+
1E789
,O?EYAT=,N? [!N!A$E?+
#o&&e on voit aug&enter *ournelle&ent le no&)re des philosophes pro%onds' ainsi
quUils sUappellent eu(3&5&es' qui pén-trent si avant dans toutes choses' que rien &5&e de ce
quUils ne peuvent éclaircir ni co&prendre ne leur de&eure caché' *e prévois dé*/ que la notion
de lUopposition réelle que *Uai posée en principe au co&&ence&ent de cette dissertation' leur
para.tra tr-s3aride' et que la notion des quantités négatives qui a été construite sur ce
%onde&ent ne sera pas asse; %onda&entale+ Moi' qui ne cherche pas / dissi&uler la %ai)lesse
de &es aper0us' et qui ne co&prends ordinaire&ent pas ce que tous les ho&&es croient
co&prendre %acile&ent' *e &e %latte dUavoir droit' par &on i&puissance' / lUassistance de ces
grands génies' a%in que leur haute sagesse puisse re&plir le vide que &es lu&i-res i&par%aites
ont dC laisser dans &es idées+
>e co&prends tr-s3)ien co&&ent une conséquence est posée par un principe suivant la
r-gle de l’identit"' par la raison que l’anal$se des notions lU2 trouve contenue+ Ainsi la
nécessité est une raison de lUi&&uta)ilité' la co&position une raison de la divisi)ilité'
l’in%inité une raison de toute la science < et *e puis apercevoir claire&ent cette liaison du
principe avec la conséquence' parce que la conséquence est réelle&ent identique avec une
partie de la notion du principe' et que' puisqu’elle 2 est dé*/ co&prise' elle est éta)lie par ce
principe d’apr-s la r-gle de l’a!!ord+ Toute%ois *e serais )ien aise de recevoir des
éclaircisse&ents sur la &ani-re dont une chose dérive d’une autre' &ais pas d’apr-s la r-gle
de l’identité+ >e no&&e la pre&i-re esp-ce de principe' prin!ipe logique' parce que son
rapport / la conséquence peut 5tre regardé co&&e logique' d’apr-s la r-gle de l’identité <
tandis que *’appelle prin!ipe r"el celui de la seconde esp-ce' parce que ce rapport appartient
)ien / &es vraies notions' &ais la &ani-re dont il a lieu ne peut 5tre *ugée en aucune %a0on+
En ce qui regarde &aintenant ce principe réel et son rapport / la conséquence' &a
question peut 5tre présentée sous cette %or&e si&ple A #o&&ent dois3*e co&prendre que' par
le %ait que quelque !hose e(iste' quelque autre chose e(iste aussi 4 Jne conséquence logique
n’est posée que parce qu’elle est identique avec le principe+ $’ho&&e peut %aillir+ $a raison de
cette %ailli)ilité consiste dans le %ini de sa nature A car si *’anal2se la notion d’un esprit li&ité'
*e trouve que la %ailli)ilité en %ait partie' c’est3/3dire qu’elle est identique avec ce qui est
contenu dans la notion d’un esprit %ini+ Mais la volonté de Lieu contient le principe réel de
lUe(istence du &onde+ $a volonté divine est quelque chose+ $e &onde e(istant est une tout
autre chose+ #ependant lUune est posée par lUautre+ $Uétat o1 *e suis quand *Uentends le no& de
Atagirite est une chose par laquelle quelque autre chose prend naissance' savoir &a pensée /
un philosophe+ Jn corps A est en &ouve&ent' un autre O se trouve en repos sur la &5&e ligne
droite+ $e &ouve&ent de A est quelque chose < celui de O est quelque autre chose' et
cependant l’un se trouve posé par lUautre+ Yous pouve; &aintenant anal2ser la notion de la
volonté divine tant que vous voudre;' vous nU2 rencontrere; *a&ais un &onde e(istant
quUautant quUil 2 serait contenu et posé par lUidentité < il en est de &5&e des autres cas+ Je ne
#e laisse pas non plus pa$er des #ots !ause et e..et, .or!e et a!tion B !ar d-s qu’une .ois =e
!onsid-re quelque !hose !o##e une !ause d<une autre, ou que =e lui attri%ue la notion d<une
.or!e, =’ai d"=; i#agin" en elle le rapport du prin!ipe r"el ; la !ons"quen!e, et il est .a!ile
ensuite d<aper!e(oir la position de la !ons"quen!e d<apr-s la r-gle de l’identit"+ Par e(e&ple'
au &o2en de la volonté toute3puissante de Lieu' on peut co&prendre tr-s3claire&ent
lUe(istence du &onde+ Mais ici la puissance signi%ie ce quelque chose en Lieu par quoi
dUautres choses sont posées+ Mais ce &ot désigne le rapport dUun principe réel / la
conséquence < et ce rapport' *e voudrais )ien quUon &e le %it co&prendre+ >Uo)serve seule&ent
en passant que la division %aite par M+ Crusius du principe en principe id"al et en principe
r"el est enti-re&ent di%%érente de la &ienne A car son principe idéal est identique avec le
principe de connaissance' et alors il est %acile dUapercevoir que' quand *e regarde dé*/ quelque
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chose co&&e un principe' *e peu( en tirer la conclusion+ Ainsi' dUapr-s ses propositions' le
vent dUouest est un principe réel des nuages pluvieu(' et' en &5&e te&ps' un principe idéal'
parce que *e peu( les reconna.tre et les con*ecturer / ce caract-re+ Mais dUapr-s nos notions' le
principe réel nUest *a&ais un principe logique' et la pluie nUest pas posée par le vent en
conséquence de la r-gle de lUidentité+ $a di%%érence entre lUopposition réelle et lUopposition
logique' telle que nous lUavons e(posée plus haut' est parall-le / la di%%érence reconnue
&aintenant entre le principe réel et le principe logique+
>Uaper0ois claire&ent la pre&i-re / lUaide du principe de contradiction' et *e co&prends
co&&ent' quand *e pose lUéternité de Lieu' le prédicat de la &ortalité est détruit parce quUil 2
répugne+ Mais de savoir co&&ent le &ouve&ent dUun corps est détruit par le &ouve&ent dUun
autre sans que celui3ci soit en contradiction avec le pre&ier' cUest une autre question+ ?i *e
suppose lUi&pénétra)ilité' qui est en opposition réelle avec tout corps qui cherche / pénétrer
dans lUespace quUoccupe un autre corps' *e puis dé*/ co&prendre l’anéantisse&ent des
&ouve&ents' &ais alors *Uai converti lUopposition réelle en une autre+ :ue l’on cherche
&aintenant si l’on peut' en général' e(pliquer et rendre intelligi)le cette opposition réelle A
Co##ent, par!e qu<une !hose est, une autre !hose !esse-t-elle d’Dtre E et si lUon peut en dire
plus que ce que *Uen ai dit' / savoir quUelle nUarrive pas si&ple&ent en vertu du principe de
contradiction+ >Uai ré%léchi sur la nature de notre connaissance / lUégard de nos *uge&ents de
principes et de conséquences' et *Ue(poserai un *our le résultat de ces opérations avec
)eaucoup de détail+ =l en résulte aussi que le rapport d<un prin!ipe r"el ; quelque !hose qui a
"t" pos" ou suppri#" par l;, ne peut pas Dtre e'pri#" par un =uge#ent, #ais si#ple#ent par
une notion' quUon peut )ien' au &o2en de lUanal2se' réduire / des notions plus si&ples de
principes réels' de &ani-re cependant quU/ la %in toute notre connaissance de ce rapport
a)outit / des notions si&ples et inanal2sa)les' dont le rapport / la conséquence ne peut
nulle&ent 5tre éclairci+ #eu( dont les pro%ondes lu&i-res ne trouvent point de )ornes'
essa2eront les &éthodes de leur philosophie aussi loin quUils peuvent aller dans une se&)la)le
question+
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