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1

Econométrie de la soutenabilité de la dette extérieure :
Application à l'économie sénégalaise


Le recours à l’endettement extérieur pour une nation se justifie par l’insuffisance de ses
ressources intérieures (épargnes et recettes publiques) à faire face aux besoins économiques
totaux (dépenses publiques et investissement) de ses citoyens. Ainsi la dette extérieure peut
servir à financer le développement. La Corée du Sud a montré qu'une nation pauvre dans les
années 70 pouvait s’endetter et réaliser le pari du développement. Toutefois bon nombre de
pays à l'image des pays pauvres très endettés continuent de s'endetter sans sortir de ce cercle
vicieux qui se traduit par un sous développement perpétuel. Ce constat pose la problématique
de la soutenabilité de la dette extérieure. L'étude de ce dernier se justifie donc pour plusieurs
raisons :
• La dette extérieure se compare à du «bon cholestérol » lorsqu'elle agit positivement sur
l'économie. Elle s'identifie à du «mauvais cholestérol » quand elle agit négativement sur
l'économie, en d'autres termes quand elle n'est plus soutenable. Il existe donc un seuil
limite de soutenabilité à ne pas dépasser au risque de subir des hémorragies financières
particulièrement importantes avec des risques de déstructuration de l’économie.
• L’accroissement de la dette extérieure au dessus du seuil de soutenabilité rend l’économie
plus vulnérable. Il est donc intéressant de connaître ce seuil pour toute économie qui veut
rester sur une trajectoire de soutenabilité de sa dette. C'est ce constat qui amène Daseking
(2002) à dire " dans leurs travaux sur les indicateurs de vulnérabilité, les économistes
cherchent à savoir quel endettement est viable pour une économie et à quel niveau il
devient excessif. Les emprunts extérieurs peuvent aider les pays à accélérer leur
croissance en finançant des investissements productifs et peuvent aussi atténuer les effets
des perturbations économiques. Mais si un Etat accumule des dettes dont il ne peut
assurer le service, une crise de la dette peut éclater, et ses coûts économiques et sociaux
peuvent être élevés. C'est pourquoi il est important d'évaluer quel niveau d'endettement
une économie ou un Etat peut accumuler sans problème".
• Une situation d’endettement insoutenable se caractérise par une incapacité à poursuivre
des efforts de développement durable (MacArthur et Trotsenburg, 1999). La dette
extérieure peut, par conséquent, devenir une contrainte sur les stratégies de
développement empêchant la mise en œuvre de politiques économiques pour la
2
croissance et la réduction de la pauvreté. La marge de manœuvre des décideurs
économiques se trouve ainsi réduite par des flux extérieurs générant des
dysfonctionnements (déséquilibres de production et d’épargne) qui se traduisent par une
instabilité macro-économique et une perte d’autonomie dans la gestion de l’économie
nationale (Mougani, 2001).

Répondre à la question de la soutenabilité de la dette est donc utile pour la mise en œuvre
de politiques économiques de développement. Cet article a pour objectif central d'étudier les
principales méthodes économétriques d'analyse de la soutenabilité de la dette extérieure et de
les appliquer à l'économie sénégalaise. Pour traiter cette question nous utilisons comme
approche la contrainte d'endettement intertemporelle en économie ouverte.

Notre présentation propose d’abord, dans une première section, d'analyser les
principales méthodes économétriques d'analyse de la soutenabilité de la dette extérieure. La
balance des paiements servira de cadre d'analyse avec comme instrument majeur la contrainte
d'endettement intertemporel en économie ouverte. Nous déterminerons l’équation dynamique
fondamentale d’accumulation de la dette extérieure laquelle permet de dégager de développer
des analyse théoriques de soutenabilité (ou de solvabilité de l’économie).
1
Après cette analyse
théorique, nous examinerons les développements économétriques sous-jacent avec des
implications testables. Dans une deuxième section, nous appliquerons ces méthodes
économétriques à l'économie sénégalaise pour évaluer sa solvabilité sur la période 1960-2000.













1
Nous ne faisons pas de différence entre soutenabilité, solvabilité et viabilité de la dette.
3
SECTION I : Analyse économétrique de la soutenabilité de la dette extérieure

I. La contrainte d’endettement intertemporel en économie ouverte


La dette extérieure est soutenable lorsque l’économie n’est pas confrontée à une
incapacité récurrente, dans un horizon infini, à rembourser le service de sa dette (intérêts et
principal échus). La contrainte d’endettement intertemporel de la nation permet de définir
cette condition de soutenabilité à travers le processus d’accumulation de la dette extérieure.


1. L’équation de dynamique fondamentale de l’accumulation de la dette extérieure

L’équilibre sur le marché des biens et services dans une économie ouverte est obtenu
par l’égalité de l’offre et de la demande. Cette dernière est composée des exportations et de la
demande intérieure qui comprend la consommation effectuée par les ménages,
l’investissement privé (ménages - entreprises) et les dépenses publiques qui sont du ressort de
l’Etat. Quant à l’offre, elle est composée du produit intérieur brut et des importations. Pour
transcrire ces flux en une équation comptable appelons Q
t
le produit intérieur brut, M
t
les
importations, X
t
les exportations, I
t
l’investissement, G
t
les dépenses publiques, C
t
la
consommation. L’équilibre s’établit ainsi :

Q
t
+ M
t
= C
t
+ I
t
+ G
t
+ X
t
(1)

Soit A
t
= (C
t
+ I
t
+ G
t
) et NX
t
= X
t
− M
t
avec A
t
qui correspond à l’absorption et NX
t

aux exportations nettes de biens et services, ajoutons et soustrayons respectivement les
transferts nets sans contrepartie (U
t
) et les intérêts servis sur la dette (rD
t-1
) de chaque côté de
l’équation (1), la contrainte d’endettement intertemporel de la nation en économie ouverte
s’écrit alors à l’instant t :

Q
t
– rD
t-1
+ U
t
= A
t
+ NX
t
+ U
t
− rD
t-1
(2)

Avec, D
t
l’encours de la dette extérieure, r le taux d’intérêt. Le produit national brut (Y
t
)
correspond au second membre de l’équation (2), l’expression Y
t
– A
t
correspond au solde
total du compte courant de l’économie (noté CA
t
) :
4

Y
t
− A
t
= CA
t
= NX
t
+ U
t
– rD
t-1
(3)

En posant Z
t
= NX
t
+ U
t
, l’équation (3) se réécrit ainsi :

CA
t
= Z
t
− rD
t-1
(4)

Z
t
est le solde du compte courant hors intérêt aussi appelé solde primaire du compte courant.
La relation entre l’encours de la dette extérieure et le solde du compte courant peut se traduire
par l’équation ci-après :

D
t
− D
t-1
=

− CA
t
(5)

L’hypothèse sous-jacente est que le déficit extérieur courant génère un endettement. La
confrontation des équations (4) et (5) permet d’établir l’équation dynamique fondamentale de
l’accumulation de la dette extérieure :

D
t
= (1+ r)D
t-1
– Z
t
(6)

Le processus d'endettement est déterminé pour partie par la dette héritée du passé et,
pour une autre partie, par le solde primaire du compte courant dégagé par le pays. L'évolution
de ce solde joue un rôle déterminant dans le processus de désendettement ou d'accumulation
de la dette. En réécrivant l'équation (6), il est possible de mettre en évidence les interactions
entre la dette extérieure et le solde primaire du compte courant.

2. Interprétation de l’équation dynamique fondamentale

Réécrivons l’équation dynamique fondamentale de la dette, pour ensuite procéder à
son interprétation :



(7)
1 1
1
t
t
t
t
t t
r
D
Z
D
D D
= +

− −

5
Si le solde primaire du compte courant est nul (Z
t
= 0) alors le stock de la dette extérieure
croît au taux d’intérêt r :
2


Si le solde primaire du compte courant est négatif (Z
t
< 0) alors le stock de la dette extérieure
croît plus vite que le taux d’intérêt :
3



Si le solde primaire du compte est positif (Z
t
> 0) deux sous cas qui dépendent de l’ampleur
du surplus sont à prendre en considération :

- Cas 1 : Lorsque le surplus primaire du compte courant couvre moins que les paiements
d’intérêts, c’est à dire Z
t
< rD
t-1
, le stock de la dette extérieure croît moins vite que le taux
d’intérêt :
4


- Cas 2 : Lorsque le surplus primaire du compte courant couvre plus que les paiements
d’intérêts, c’est à dire Z
t
> rD
t-1
, le stock de la dette extérieure se réduit au cours du
temps :
5


En conclusion nous pouvons dire que le solde primaire du compte courant joue un rôle
essentiel dans le processus d'accumulation ou de réduction de la dette.





2
(cf. graphique 1, la droite Z
t
= 0 partage le plan (r, O, + AD/D) en deux angles égaux de 45°.
3
Ce cas correspond dans le graphique 1 au pays X qui se trouve dans la zone A : (+ AD/D, O, Z
t
)
4
Ce cas correspond dans le graphique 1 au pays Y qui se trouve dans la zone B : (Z
t
, O, r).
5
Ce cas correspond dans le graphique 1 au pays W qui se trouve dans la zone C : (r, O, – AD/D).
(7a)
1
1
r
D
D D
t
t t
=



(7b)
1
1
r
D
D D
t
t t
>



(7c) r 0
1
1
<

<


t
t t
D
D D
(7d) 0
1
1
<



t
t t
D
D D
6
Graphique 1 : Dynamique interactive de la dette et du solde primaire du compte courant
6







6
Je remercie Monsieur Philippe Rous, Professeur à l'Université de Limoges, pour ses suggestions qui m'ont
permises de construire ce graphique. Pour une explication approfondie se référer au graphique 2.


+


1
1
t
t t
D
D D

r
Z
t
= 0 : r
D
D D
1 - t
1 t t
=



r
D
D D
0 Z
1 - t
1 t t
t




r
D
D D
rD et Z 0 Z
1 - t
1 t t
1 t t t





0
D
D D
rD et Z 0 Z
1 - t
1 t t
1 t t t






0
ZONE A
ZONE B
ZONE C
PAYS W
PAYS X
PAYS Y
La zone C correspond à l'axe




1 - t
1 t t
D
D D
0, r,





1
1
t
t t
D
D D

7
Graphique 2 : L'équation du cercle de la dette

En supposant que le taux de croissance de la dette (m) est une fonction well-behaved par
rapport à r, et que l'image de cette fonction sur l'axe (r, O, -m) est égale au transposé de cette
fonction sur l'axe (r,O, m), alors le processus de désendettement et le taux d'intérêt sont régis
par une équation circulaire : (m – a)
2
+ (r – b)
2
= (rayon)
2
, a et b représentant la position du
pays sur son cycle d'endettement. Cette représentation permet de voir les pays qui sont dans
une trappe d'endettement, tout pays qui n'évolue pas de façon circulaire se trouve dans une
trappe d'endettement, pour exemple, les pays K, S, F, et T ont des fonctions qui illustrent un
piège d'endettement.

m
D
D
=


r

O
m
D
D
− = −


S
F
T
Z
t
= 0 : r
D
D D
1 - t
1 t t
=



K
8

En partant de cette équation dynamique fondamentale, nous pouvons en déduire les
conditions théoriques de soutenabilité de la dette extérieure.

3. Analyses théoriques de la soutenabilité de la dette extérieure

La notion centrale qui sera discutée au cours des développements théoriques qui seront
exposés ci-dessous repose sur la condition de transversalité de la contrainte d’endettement
intertemporel. La dette est soutenable lorsque la contrainte d’endettement intertemporel n’est
pas violée, en d’autres termes lorsque la condition de transversalité est respectée. Cette
dernière dans sa forme originelle présentée par Hamilton et Flavin (1986) prend en compte un
taux d’actualisation constant qui dépend uniquement du taux d’intérêt. Cette approche
standard de la condition de transversalité de la contrainte d’endettement intertemporel est
sujette à un certain nombre de limites. O’Connell et Zeldes (1988) vont intégrer par la suite le
facteur démographique (l’évolution de la population) dans le taux d’actualisation qui devient
le produit du taux d’intérêt et du taux de croissance démographique. Cette approche standard
fait aussi l’hypothèse irréaliste d’un taux d’actualisation constant. Du fait que le taux d’intérêt
varie d’une année à une autre, Wilcox (1989) prend en compte le caractère évolutif du taux
d’intérêt dans la détermination de la condition de transversalité. Bohn (1995) réexamine les
fondements théoriques de la soutenabilité de la dette en plaçant celle-ci dans un cadre
d'équilibre général stochastique. La condition de transversalité qui permet d'apprécier la
soutenabilité de la dette est déterminée sans tenir compte du taux d'intérêt, le taux
d’actualisation correspond à un taux marginal de substitution intertemporel qui dépend de la
probabilité de distribution de la dette future dans différents états de la nature.

a. La condition standard de transversalité

En itérant l’équation dynamique fondamentale de la dette extérieure, nous pouvons en
déduire son niveau pour chaque période t avec t =1, 2, ….. , T :

D
1
= (1+r)D
0
− Z
1

D
2
= (1+r)D
1
− Z
2
= (1+r)
2
D
0
− (1+r)Z
1
− Z
2
D
3
= (1+r)D
2
− Z
3
= (1+r)
3
D
0
− (1+ r)
2
Z
1
− (1+ r)Z
2
− Z
3


D
T
= (1+r)
T
D
0
− (1+ r)
T-1
Z
1
−…….−(1+ r)
1
Z
t-1
− Z
t

9

Pour chaque période le niveau de la dette est égal au niveau de la période précédente plus les
intérêts accumulés moins le solde primaire du compte courant obtenu dans cette période.
Nous pouvons réécrire l’expression de D
T
comme suit :


T
1 t
t
t - T
0
T
T
(8) Z r) (1 D r) (1 D

=
+ − + =

Le niveau de la dette en fin de période T est égal au niveau initial de la dette D
0
accumulée au
taux r pour T périodes plus la somme algébrique des déficits primaires (surplus) à chaque
période t, chacun de ces déficits (surplus) étant accumulé au taux r pour T - t périodes.
Supposons que les valeurs des déficits (surplus) primaires futurs soient connues, la valeur
actualisée de D
T
est :

(9)
r) (1
Z
D
r) (1
D
T
1 t
T
t
0
T
T

=
+
− =
+



Dans un horizon infini l’équation (9) peut être réécrite comme suit :
7


(10)
r) (1
D
r) (1
Z
D
t
t
t 1 t
t
t
0 Lim
+
+
+
=
∞ →

=

La résolution "vers l’avant" ("recursive fortward" or "solving fortward") nous a permis
d’exprimer la valeur de la dette initiale en termes de la somme des valeurs actualisées futures
du solde primaire du compte courant et de la valeur résiduelle actualisée de la dette à l’infini.
L’élément crucial de l’équation (10) est le terme
t
t
r) (1
D
+
dont la limite est obtenue quand t
tend vers l’infini. La condition de soutenabilité théorique de la dette extérieure est satisfaite
lorsque :



7
Lorsque t va de 1 à l'infini et non de 1 à T

10


=
+
=
1
0
) 1 (
t
t
t
r
Z
D [Condition a] (11)

Ou de façon équivalente lorsque :

0
) 1 (
=
+
∞ →
t
t
t
r
D
Lim
[Condition b] (12)

La condition (a) signifie que la dette initiale doit être égale à la somme actualisée des
excédents primaires futurs du compte courant. Le pays n’a pas besoin à chaque période
d’équilibrer son compte courant et peut financer son développement en s’endettant mais il ne
peut pas vivre sur des déficits perpétuels et systématiques. Les excédents primaires doivent
couvrir à terme la dette initiale. Cette équation montre aussi que le solde du compte courant
correct pour l’analyse de la soutenabilité exclut les paiements d’intérêts. Par conséquent,
grâce à l’équation (11) nous savons que le solde total du compte courant peut être
perpétuellement négatif mais pas le solde primaire. Nous savons aussi que le recours à
l’emprunt doit avoir pour contrepartie dans le futur des excédents primaires, que les déficits
ne doivent pas être systématiques, et doivent être compensés par des excédents primaires
futurs suffisants. La valeur actualisée des surplus futurs, doit permettre à terme le
remboursement de la dette initiale.

La condition (b) signifie que la limite à l’infini de la valeur actualisée de la dette doit
être nulle. La soutenabilité de la dette à long terme est assurée du fait que l’économie ne joue
pas aux jeux de Ponzi, c’est à dire qu’elle ne finance pas le remboursement du principal et des
intérêts par de nouveaux emprunts. Si le côté gauche de l’équation (12) est supérieur à zéro, la
dette n’est pas soutenable, nous interprétons cette situation comme reposant sur des déficits
extérieurs excessifs qui font que les jeux de Ponzi (cf. Encadré 1) sont utilisés pour financer
les déséquilibres extérieurs. Ainsi la valeur limite de
t
t
r) (1
D
+
doit être égale à zéro dans le
but d’exclure toute possibilité que l’économie rembourse sa dette par de nouveaux emprunts.
En conclusion la condition standard de soutenabilité impose qu’à long terme la dette doit
croître moins vite que le taux d’intérêt (cf. 7c, 7d) :

r
D
D D
1 - t
1 - t t
<

11

Encadré 1 : Origine de l'expression "interdiction aux jeux de Ponzi"

Dans le Boston des années 1920, Carlo Ponzi était un escroc particulièrement astucieux, dont
le boniment assurerait aux souscripteurs des actifs qu’il avait émis à un rendement sans
commune mesure avec ceux du marché financier. Le principe de la fraude consistait à payer
l’intérêt des premiers porteurs par l’émission de nouveaux titres de dépôts. La supercherie prit
fin lorsque les investisseurs cupides mais finalement méfiant exigèrent des garanties ou du
moins le remboursement de leur dépôt auprès de Ponzi, qui n’en put mais, n’ayant en caisse,
sur les huit millions collectés, que soixante et un dollars en timbres ; arrêté, ruiné, il mourût
peu après (Bruno Cavalier 1999 in Kindelberg 1989).


Cette approche standard est sujette à un certain nombre de limites. Elle ne prend pas
en compte plusieurs facteurs comme :
• Les ressources nécessaires pour assurer le remboursement de la dette,
• L'évolution démographique,
• La variation du taux d'actualisation,
• Le caractère stochastique de la contrainte d'endettement intertemporel.

b. La prise en compte des ressources nécessaires pour assurer le remboursement de la dette
(De la soutenabilité actuarielle à la soutenabilité effective)
La prise en compte de contraintes additionnelles sur les ressources susceptibles d'être
affectées au service de la dette conduit à infléchir l'approche standard de transversalité de la
contrainte d'endettement intertemporel, en passant d'une soutenabilité actuarielle à une
soutenabilité effective (Hénin et Fève, 1998).
On parle de soutenabilité actuarielle lorsque la condition standard de transversalité est
respectée, cela impose simplement que la dette croisse moins vite que le taux d’intérêt. Cette
condition standard ne prend pas en compte les ressources économiques nécessaires pour
assurer le remboursement de la dette. En pratique, cette condition peut s'avérer insuffisante
quand le taux d'intérêt (soit r) excède le taux de croissance (g). Si la dette, et donc à long
terme la charge d'intérêt, croît à un taux (m) tel que g < m < i, la soutenabilité actuarielle est
satisfaite, mais la charge de la dette croît plus vite que les ressources totales et finit donc par
12
excéder ces ressources. Pour cette raison, les deux auteurs adoptent plutôt une notion de
soutenabilité effective, imposant que tende à long terme vers zéro le rapport de la dette au
volume des ressources permettant d'en assurer le service, mesuré par le PNB (Y
t
) ou encore
par les recettes brutes d'exportations (X
t
). Cette nouvelle condition de transversalité implique
que la variable de dette actualisée et normalisée
8
, à l'infini, soit aussi égale à zéro. La
condition de soutenabilité théorique de la dette extérieure est satisfaite lorsque :


=
+
=
1 t
t
t t
0 0
r) (1
/Y Z
/Y D [Condition a] (13)

Ou de façon équivalente lorsque :

0
r) (1
/Y D
t
t t
t
Lim
=
+
∞ →
[Condition b] (14)

L'approche standard suppose aussi que la population est constante, O' Connell et Zeldes
(1988) vont intégrer dans l'étude de la soutenabilité le cas d'une économie avec une
population croissante, (des lors que le taux de croissance démographique n'est plus égal à 0).

c. La prise en compte du facteur démographique

En déflatant les variables d'endettement et de surplus primaire du taux de croissance
démographique, l'équation du processus d'endettement s'établit ainsi :

(15)
n)] r)(1 [(1
D
n)] r)(1 [(1
Z
D
t
t
t 1 t
t
t
0 Lim
+ +
+
+ +
=
∞ →

=

Avec n qui correspond au taux de croissance démographique. La condition de transversalité
d'un prêteur dans une économie avec une population croissante s'écrit comme suit :


=
+ +
=
1 t
t
t
0
n)] r)(1 [(1
Z
D (16)
Ou de façon équivalente :

8
Normalisée veut dire déflatée par le PNB ou les exportations

13
(17) 0
n)] r)(1 [(1
D
t
t
t
Lim
=
+ +
∞ →


D
t
/ (1 + n)
t
représente le stock de dette par habitant et Z
t
/ (1 + n)
t
le surplus primaire par tête.
La condition de transversalité implique que si la population croît au taux n, la dette extérieure
doit croître à un taux inférieur à (r + n) et non à (r) comme l'indique la condition standard des
interdictions aux jeux de Ponzi. Nous obtenons donc la règle
9
suivante :

n r
D
D D
1 - t
1 - t t
+ <



Dans les équations présentées précédemment, le taux d'actualisation est constant. Wilcox
(1989) a été le premier à introduire un taux d'actualisation variable dans l'analyse du
processus d'endettement.

d. La prise en compte de la variation du taux d'actualisation

En introduisant un taux d'actualisation variable, l'équation dynamique fondamentale
décrivant l'accumulation de la dette extérieure se présente ainsi :

D
t
= (1+ r
t
)D
t-1
– Z
t
(18)

Posons
t
i le facteur d'actualisation de la période t à la période zéro :

et 1 i ,
r 1
1
ì et ì i
0
t
1 j j
j j t
=
+
= =

=
0 < j _ t

L'équation (18) peut être réécrite en actualisant chaque variable en référence à la période
zéro. En multipliant l'équation (18) par i
t
, on obtient :

t
i D
t
=
1 t
i

D
t-1



t
i Z
t
(19)

Posons B
t
la valeur actualisée de la dette ) D i B (
t t t
= , et posons S
t
la valeur actualisée du
surplus hors intérêt ( )
t t t
Z i S = , donc l'équation (19) peut être exprimée comme suit :
14

B
t
= B
t-1
− S
t
(20)

La variation de la valeur actualisée de la dette est égale à l'opposé de la valeur actualisée du
solde primaire du compte courant (solde total du compte courant hors intérêt). La résolution
vers l'avant de l'équation (20) donne :


t
B Lim S B
t
1 t
t 0
∞ →

=
+ =

(21)
Ce qui est aussi égal à :
D i Lim Z i B
t t
t
1 t
t t 0
∞ →

=
+ =


Avec :
1 i ,
r 1
1
ì et ì i
0
t
1 j
j j t
=
+
= =

= j


La condition de transversalité se présente ainsi:



=

=
= =
1 t
t
1 t
t t 0
S Z i B [Condition a] (22)

Et :

( )

(23) b] [condition D r 1 B avec 0 ) (B Lim ) D (i Lim
t
-1
t
1 j
j t t
t
t t
t

=
∞ → ∞ →
+ = = =

La condition de transversalité présentée par Wilcox est identique à celle de Hamilton et Flavin
(1986) à la seule différence que le taux d'actualisation est variable. Toutefois, ce dernier paraît
plus conforme à la réalité.

Au début de la seconde moitié des années 90, Bohn (1995) analyse la contrainte
d'endettement en terme stochastique, contrairement à tout ce qui se faisait avant. Le taux
d'actualisation ne dépend plus du taux d'intérêt mais de l'arbitrage que le pays effectue entre
sa consommation présente et future.


9
cette condition de soutenabilité est moins rigoureuse que la condition de transversalité standard.
15
e. Le caractère stochastique de la contrainte d'endettement

Bohn (1995) réexamine les fondements théoriques de la soutenabilité de la dette en
plaçant celle-ci dans un cadre d'équilibre général stochastique. La condition de transversalité
qui permet d'apprécier la soutenabilité de la dette est déterminée sans tenir compte du taux
d'intérêt. Cependant cette condition de transversalité requière que la dette actualisée (au taux
qui dépend de la probabilité de distribution de la dette future et non du taux d'intérêt) soit
égale à zéro. L'actualisation par le taux d'intérêt n'est valable que lorsque les surplus primaires
ne sont pas corrélés aux taux marginal de substitution (Bohn, 1995). Définissons les états de
la nature à la période t avec e
t
∈ E
t
. Le processus historique de l'économie jusqu'à la période t
est égale à : h
t
= (e
t
, e
t-1
, …, e
0
) avec h
t
∈ H
t
.
0
La contrainte d'endettement à la période t
s'établit ainsi :
10


(24) ) ( ) (
1 1
1 1
t t t t
E e
t t
h e . D h e p Z D
t t
+ +

+ +
= +


Le second membre de l'équation (24) représente la valeur que le pays débiteur attribue à sa
dette.
11
La résolution de cette équation par Bohn fournit le résultat suivant pour le processus
d'endettement :

(25) . ) .(
,
0
, N t n t n t
n
n t t
D u Z u D
+ +

+ =



Avec u
t,n
= β
n
.[U'(Q
t+n
− G
t+n
) / U'(Q
t
− G
t
)] qui correspond au taux marginal de substitution
intertemporel entre la période de consommation t et (t + n).
12
La consommation C
t
est égale à
la différence entre le revenu mesuré par le Produit Intérieur Brut (Q
t
) et les dépenses
publiques G
t
. β
n
est le taux d'actualisation subjectif de la fonction d'utilité de l'agent
représentatif. La condition de transversalité s'exprime ainsi :


[ ] ) .(
,
0
0 n t n t
n
t
Z u E D
+

= (26)

10
Pour plus de détail se conférer à l'article de Bohn (1995)
11
Cette valeur dépend de la probabilité de distribution de la dette future, en d'autres termes elle dépend de
l'arbitrage qui est fait entre la consommation d'aujourd'hui et celle de demain.

12
Le "n" qui est représenté ici est un paramètre temps et n'a rien à voir avec le "n" traité dans la partie I.3.c qui
représente le taux de croissance démographique.
16
Ou de façon équivalente :

0 . Lim
,
N
=
+
∞ →
N t n t
D u (27)

L'équation (26) diffère de l'équation (11) puisqu'elle utilise le taux marginal de substitution
intertemporel comme taux d'actualisation au lieu du taux d'intérêt sur la dette extérieure.
Ainsi, selon cette approche, la dette extérieure et le solde primaire du compte courant
dépendent de la probabilité de distribution de ces variables qui est déterminée par les facteurs
d'actualisation dans différents états de la nature. Une mauvaise spécification des taux
d'actualisation peut aboutir à des résultats erronés sur la soutenabilité de la dette extérieure
(Bohn, 1995). Cependant une telle analyse n'est pas aisée à intégrer dans une étude
économétrique ou empirique.

Nous venons de passer en revue les différents développements théoriques majeurs sur
la condition de transversalité de la contrainte d'endettement intertemporel. Cette analyse
théorique permet d'en déduire des méthodes économétriques d'évaluation de la soutenabilité
de la dette extérieure.

II. Les méthodes économétriques d'analyse de la soutenabilité de la dette extérieure

L'approche en valeur actualisée permet de concevoir une analyse économétrique avec des
implications testables. Cette analyse économétrique de la soutenabilité de la dette peut se faire
sous plusieurs angles. En termes d'économétrie des séries temporelles, nous pouvons en
distinguer deux types d'analyse:
• Une analyse économétrique en terme de stationnarité,
• Une analyse économétrique en terme de cointgration.
Dans le cas où l'analyse se fait en terme de stationnarité, deux cas sont à distingués :
• Une analyse économétrique en terme de stationnarité univariée
13
,
• Une analyse économétrique en terme de stationnarité bivariée
14
.

Lorsque l'analyse se fait en terme de stationnarité univariée, nous étudierons, dans une
première méthode le processus de la dette actualisée, puis dans une seconde méthode le

13
On parle d'analyse économétrique en terme de stationnarité univariée lorsque l'analyse se fait sur une variable.
14
On parle d'analyse économétrique en terme de stationnarité bivariée lorsque l'analyse se fait conjointement sur
deux variables.
17
processus du compte courant. Dans la première méthode, la dette extérieure est considérée
comme soutenable si sa valeur actualisée est stationnaire et converge vers zéro (ou tourne
autour de zéro). Dans la seconde méthode, la dette extérieure est soutenable quand le solde
du compte courant est stationnaire et converge vers une valeur supérieure ou égale à zéro (ou
tourne autour d'une constante positive).

Dans le cas où l'analyse se fait en terme de stationnarité bivariée, il s'agit d'étudier la
dynamique jointe de la dette extérieure et du solde du compte courant. La dette extérieure est
soutenable lorsque ces deux processus sont conjointement stationnaires.

Dans le cas où l'analyse se fait en terme de cointégration, l'objectif est de mettre en
évidence l'idée que la dette extérieur est soutenable lorsqu'il existe une relation de long terme
entre les ressources courantes et les dépenses courantes de la balance des paiements. Il est
possible de définir par cette voie des tests de cointégration d'équivalence et sectoriels pour
mieux cerner la responsabilité du secteur public et privé dans le processus d'accumulation de
la dette extérieure. L'intuition de cette analyse est qu'elle constitue une généralisation des
analyses de stationnarité sur le solde du compte courant.

1. La dynamique de long terme de la dette actualisée

a. Analyse économétrique en terme de stationnarité univariée

Soit une série temporelle de dette actualisée notée B
t
= i
t
D
t
,
15
comment distinguer une
politique économique soutenable d’une politique non soutenable. La réponse est donnée par la
trajectoire prévue de B
t
. Si celle-ci converge vers zéro, alors la dette extérieure est soutenable.
Supposons que B
t
suit un processus ARIMA :

[1 - ρ(L)][(1- L)
d
B
t
- α
o
) = [1- θ(L)]e
t
(28)
16


Avec ρ(L) le ρième ordre polynomial, θ(L) le qième ordre polynomial, α
o
est la moyenne
inconditionnelle de la série stationnaire (1 – L)
d
B
t
. Les polynômes (ρ et θ) sont supposés
satisfaire les conditions de stationnarité et d’inversibilité. L’équation (28) fournit un cadre

15
i
t
correspond au taux d'actualisation, D
t
à la dette extérieure et B
t
à la dette extérieure actualisée
18
analytique pratique pour formaliser les propriétés qui doivent être respectés par B
t
pour la
soutenabilité de la dette extérieure. D’abord B
t
doit être stationnaire ; pour cela la valeur de
"d" doit être égal à zéro.
17
Ensuite B
t
doit avoir une moyenne inconditionnelle égale à zéro. En
d’autres termes le coefficient α
o
doit être égal à zéro, le graphique 3 illustre ce cas de figure :

B
t →
stationnaire
Et
( ) 0
t
B Lim
t
=
∞ →


La condition économétrique est satisfaite, à travers l’équation (28), lorsque les deux
critères suivants sont respectés :
La dette extérieure actualisée est stationnaire autour d’une constante,
La constante (de stationnarité) est égale à zéro.
Nous rappelons qu’une série peut être intégrée d’ordre zéro c’est à dire I(0), autour d’une
constante ou d’un trend comme le souligne Kwiatkowski et al (1992). Lorsque la dette
extérieure actualisée est stationnaire autour de zéro (valeur d’état régulier) ou autour de sa
valeur moyenne (valeur d’équilibre en dynamique transitoire) qui tend vers zéro, alors la
deuxième exigence est acquise.

b. Test de stationnarité univarié et méthodologie économétrique

L’hypothèse nulle à tester repose donc sur la stationnarité de la dette extérieure actualisée
autour de sa valeur d’état régulier qui doit être égale à zéro. Si ces deux conditions ne sont pas
respectées, l’économie nationale rembourse le service de la dette par de nouveaux emprunts,
elle ne respecte pas les interdictions aux jeux de Ponzi, et nous pouvons conclure que la dette
extérieure n’est pas soutenable. Nous focaliserons notre réflexion sur deux questions :
- La dette extérieure actualisée est-elle stationnaire ?
- Si oui l’est-elle autour de sa valeur d’état régulier à savoir zéro ? ou autour de sa valeur
d’équilibre de dynamique transitoire qui doit converger vers zéro ?



16
(1 – L)
d
correspond à l'opérateur de retard de différence dième
17
c'est à dire (1 – L)
0

19
La procédure du test adoptée est la suivante :
• On teste d’abord l’hypothèse nulle de stationnarité de la dette extérieure actualisée.
• Si celle-ci est stationnaire, on teste l’hypothèse nulle de stationnarité autour d’une
constante ou d’un trend.
• Si elle est stationnaire autour d’une constante, on teste si c’est autour de zéro (valeur
d’équilibre d’état régulier)
• Enfin, si elle est stationnaire autour d’un trend, on teste si c’est autour de sa valeur
moyenne (valeur d’équilibre de dynamique transitoire) qui doit converger vers zéro.

Graphique 3 : Evolution de la dette extérieure actualisée
18





Lorsqu'on ne dispose pas de séries chronologiques longues, la dette actualisée risque de ne
pas converger trop tôt vers zéro (surtout lorsque l'économie est en dynamique transitoire).
Pour pallier ce fait, il est possible d'analyser économétriquement la soutenabilité de la dette
extérieure en étudiant la dynamique de long terme du solde du compte courant de la balance
des paiements.


18
Pour le cas 3, la série se confond avec l'axe des abscisses.
Cas 2

B
t →
stationnaire

B
t
= 0


Cas 1

B
t
= stationnaire
Cas 3

B
t →
stationnaire

B
t
= 0



B
t


0
t
20
2. La dynamique de long terme du solde du compte courant de la Balance des Paiements

Analyse économétrique en terme de stationnarité univarié

Reprenons l’équation dynamique fondamentale :

D
t
= (1+ r)D
t-1
– Z
t


Cette équation peut aussi se réécrire sous la forme :

D
t
– D
t-1
= rD
t-1
– Z
t


La dette suit un processus ARIMA :

(1 – L)D
t
= rD
t-1
– Z
t
(29)


L’équilibre de la contrainte d’endettement intertemporel implique que la différence
première du stock de la dette suit un processus stationnaire (Trehan et Walsh 1988). La partie
à droite de l’équation (29) constitue le solde total du compte courant, c’est à dire intérêts
inclus. La soutenabilité de la dette implique ainsi la stationnarité du solde total du compte
courant. Cette proposition est vraie quelle que soit la nature du processus qui engendre le taux
d’intérêt et quelle que soit son espérance E(r
t+k
) = r ou E(r
t+k
) ≠ r pour tout k ≥ 0 (Trehan et
Walsh 1991). En résumé, selon cette approche, la dette extérieure est soutenable lorsque le
solde du compte courant est stationnaire. La thèse de la stationnarité du stock de la dette en
différence première repose similairement sur les conclusions de l’approche comptable.
L’équation (29) constitue l’hypothèse de base qui sera testée ici. La condition économétrique
est satisfaite, à travers l’équation (29), lorsque les deux critères suivants sont respectés :
Pour que le pays tende vers un sentier de soutenabilité, il faut d’abord que le solde total du
compte courant soit stationnaire.
La constante (de stationnarité) est supérieure ou égale à zéro (cf. graphique 4).
Test de stationnarité univarié et méthodologie économétrique

L’hypothèse nulle a tester repose donc sur la stationnarité du compte courant autour de sa
valeur d’état régulier. Si ces deux conditions ne sont pas respectées, l’économie nationale est
en violation de sa contrainte d’endettement intertemporel et nous pouvons conclure que la
dette extérieure n’est pas soutenable. Le test de stationnarité nous permettra aussi de voir
21
globalement,
19
si le solde du compte courant est suffisant pour le remboursement du service
de la dette sans risque de défaut de paiement ou de recourir à des renégociations de sa dette.
Nous focaliserons notre réflexion sur deux questions :
- Le solde total du compte courant est-il stationnaire ?
- Si oui, l’est-il autour de sa valeur d’état régulier ? ou autour de sa valeur d’équilibre de
dynamique transitoire qui doit converger vers zéro ?

La procédure du test adoptée est la suivante :
• On teste d’abord l’hypothèse nulle de stationnarité du solde total du compte courant,
• Si celui-ci est stationnaire, on teste l’hypothèse nulle de stationnarité autour d’une
constante ou d’un trend.
• S’il est stationnaire autour d’une constante, on teste si c’est autour de zéro (valeur
d’équilibre d’état régulier).
• Enfin, s’il est stationnaire autour d’un trend, on teste si c’est autour de sa valeur moyenne
(valeur d’équilibre de dynamique transitoire) qui doit converger vers zéro.

Graphique 4 : Quelques cas de stationnarité de la série du compte courant



19
En détail ce sera avec le test de cointégration.
CA
t
– CA
t
0
t
Cas A
Cas de soutenabilité
Cas B

Cas de soutenabilité
Cas C
Absence de
soutenabilité
22
Cette seconde méthode répond beaucoup plus que la première à l'analyse de la
soutenabilité si les séries chronologiques sont courtes. Nous rappelons que le minimum
d'observations qui permet d'estimer qu'on peut obtenir une inférence valide pour les tests de
stationnarité usuels (c'est à dire univariés) est de 30 au regard des propriétés asymptotiques
des statistiques (Hénin et Fève 1998, Mougani et Moulemvo 2004).

Cependant lorsqu'on se retrouve avec un manque substantiel de données, l'analyse
économétrique en terme de stationnarité bivariée est la mieux adaptée pour répondre à la
question de la soutenabilité (Hénin et Fève, 1998).

3. La dynamique jointe de la dette extérieure et du solde du compte courant

Hénin et Fève (1998) proposent et mettent en œuvre une nouvelle procédure de tests qui
exploite l’information apportée par les séries de dette et les séries de solde considérées
conjointement. En terme de représentation a priori, l’approche proposée consiste à associer
une équation d’accumulation de la dette à une équation de réaction du solde du type de celle
considérée par Uctum et Wickens (1993).

La prise en compte de contraintes additionnelles sur les ressources susceptibles d'être
affectées au service de la dette permet de passer d'une soutenabilité actuarielle à une
soutenabilité effective (cf. I.3.b). Dans le même temps, l'existence de perturbations aléatoires
sur le solde attendu requiert également un renforcement des critères de soutenabilité. On passe
ainsi de la soutenabilité brute effective à la soutenabilité nette effective.
a. De la soutenabilité brute à la soutenabilité nette

L’équation d’accumulation de la dette établie par les deux auteurs s’écrit ainsi :
d
t+1
= ϕd
t
− ξ
t+1
(30)
Avec d qui représente le ratio d’endettement et ξ le solde du compte courant (en % du PIB). Il
y a soutenabilité brute si le processus de la dette converge pour ϕ < 1. Lorsque le solde ξ
t
est
considéré comme exogène, cette propriété de stabilité est suffisante dans un environnement
déterministe. Dans le cas stochastique, la soutenabilité nette, qui seule assure la stationnarité
23
de la dette, exige non seulement la condition ϕ < 1 mais aussi la stationnarité de la variable de
solde ξ.

Aussi définissent-ils une équation auxiliaire qui prend en compte le caractère
endogène du solde du compte courant :
ξ
t
= α + βd
t-1

t
ç


(31)

Avec
t
ç

qui s’interprète comme la composante autonome du solde. Les deux équations
combinées donnent :
d
t+1
= (ϕ − β)d
t
− α +
1 t
ç
+


(32)
Les conditions précédentes de soutenabilité nette se reformulent alors comme suit :

i) (ϕ − β) < 0
ii)
1 t
ç
+


∼ I(0)

La caractérisation des conditions de soutenabilité effective nette fait donc apparaître plusieurs
hypothèses testables comme la stationnarité des ratios de dette et de solde du compte courant.
Elle suggère aussi que la relation auxiliaire entre solde et dette héritée joue un rôle
déterminant pour la soutenabilité.

b. Une représentation des interactions entre dette extérieure et solde du compte courant

Hénin et Fève (1998) considèrent un modèle structurel constitué par une équation d'accu-
mulation de la dette et une équation auxiliaire :
d
t+1
+ ξ
t
= ϕd
t-1
+ δ + e
t
avec ϕ = (1+r).(1+g)
-1
(33)

ξ
t
= α + βd
t-1

t
(34)

24
Le système (33, 34) implique comme équation réduite la représentation suivante de la
dynamique de la dette :
d
t
= δ − α + (ϕ −β)d
t-1
+ (e
t
− µ
t
) (35)

ce qui illustre deux stratégies alternatives de test de soutenabilité.
i) L'approche usuelle, univariée, testant l'hypothèse nulle de racine unitaire (ϕ−β) =1
ii) Une approche plus performante, posant (ϕ−β) =1 comme une restriction jointe sur
les coefficients du système d'équation (33, 34).

Test de stationnarité bivarié et distribution de la statistique du test
La statistique du test est égale à V = T(
p
~
- 1) où T est le nombre d'observations et
p
~
un
estimateur de la racine autorégressive commune aux variables de dette et de solde dans le
système (33, 34). Le seuil associé à la statistique V représente le risque de première espèce,
c'est-à-dire la probabilité de rejeter l'hypothèse lorsqu'elle est vraie. Une valeur élevée du
seuil conduit alors à accepter l'hypothèse nulle. Une faible valeur du seuil permet de rejeter la
racine unitaire au profit de l’hypothèse alternative de stationnarité. La position de
p
par
rapport au cercle unitaire permet alors de déterminer le processus suivi par chacune des
variables. La valeur estimée du paramètre
p
discrimine entre les deux représentations que
sont le solde du compte courant et le solde de la balance commerciale.
20
La valeur de
p
~
est
égale à :




− −
− −
+
+
+ =
2
1 t
2
1 t
*
t
2
1 t
*
t
*
1 t

~
ca b
Aca ca Ab b
1
p


où ) E(ca ca ca et ) E(b b b
t t
*
t t t
*
t
− = − =

20
Hénin et Fève considère deux types de solde à savoir le solde du compte courant et le solde de la balance
commerciale, une différence dans les résultats signifieraient une importance des charges de la dette et
inversement des résultats qui ne différent pas significativement permet de conclure que le facteur d'intérêt ne
joue pas un rôle significatif dans l'explication de la soutenabilité ou non de la dette extérieure.
25

Nous venons d'exposer les différentes analyses en terme de stationnarité. Le solde du
compte courant qui a aussi fait l'objet d'une telle analyse est égal à la différence entre les
ressources courantes et les dépenses courantes (cf. Annexe 7). Il est donc possible d'analyser
économétriquement en terme de cointégration la soutenabilité de la dette extérieure en ayant
recours à ces deux variables.

4. La dynamique de long terme des ressources et dépenses de transactions courantes

Dans cette section nous montrons que la dette extérieure est soutenable lorsqu'il existe
une relation de long terme entre les ressources et les dépenses de transactions courantes.

a. Analyse économétrique en terme de cointégration

Cette partie étend les travaux de Hakkio et Rush (1991) en économie ouverte.
Reprenons l'équation en valeur actualisée de la contrainte d'endettement intertemporel :
21



r) (1
D
r) (1
Z
D
t
t
t 1 t
t
t
0 Lim
+
+
+
=
∞ →

=

Notons que le solde primaire du compte courant (Z
t
) est égal aux ressources courantes (R
t
)
moins les dépenses courantes hors intérêts (H
t
), l’équation ci-dessus devient :




r) (1
D
) H (R i D
t
t
t
t
1 t
t t 0 Lim
+
+ − =
∞ →

=

La question principale est de savoir si la limite de
r) (1
D
t
t
+
est nulle sachant que les
ressources (R
t
) et les dépenses courantes hors intérêts (H
t
) continuent de suivre des processus
stochastiques :

[ lim D
t
/ (1 + r)
t
| R
t
et H
t
suivent des processus stochastiques ] = 0
t → ∞


21
Les expressions "ressources courantes" et "dépenses courantes" sont bien détaillées en annexe 7, le compte de
transactions courantes enregistre à son débit les dépenses courantes et à son crédit les ressources courantes.
26
Nous avons besoin d’une équation alternative pour en déduire des implications testables.
Supposons que le taux d’intérêt soit stationnaire, avec une moyenne inconditionnelle qui est
égale à r. Ajoutons et soustrayons rD
t-1
des deux côtés de l’équation dynamique fondamentale
nous obtenons (cf. annexe 6 pour démonstration) :

F
t
+ (1+ r)D
t-1
= R
t
+ D
t
(36)

Où F
t
= H
t
+ (r
t
− r)D
t-1
,
22
l’équation (36) est vérifiée à chaque période. La résolution de cette
équation vers l’avant fournit :

(37) D Lim ) F R ( D
k t
1
0 k
k t k t
1
1 - t +
+

=
+ +
+
+ − =

k k
λ λ

r 1
1

+
= λ

En prenant en compte le différentiel de l'équation (37), et en le confrontant avec l'équation
(36), l’équation (37) peut être réécrite comme suit :

∞ →
∆ + ∆ − ∆ + = +
+
+

=
+ +

k
(38) D Lim ) F R ( R D r H
k t
1
0 k
k t k t
1
t 1 - t t t
k k
λ λ



Soient W
t
les dépenses courantes totales, W
t
est égal au côté gauche de l’équation (38).
Supposons que les variables R
t
et F
t
ne soient pas stationnaires et quelles soient intégrées
d’ordre 1, c’est à dire stationnaires en différence première. Supposons aussi que ces deux
variables suivent des processus de marche au hasard avec dérive :


R
t
= Ψ+ R
t-1
+ µ
1t
(39)
F
t
= α +F
t-1
+ µ
2t
(40)





22
F
t
correspond aux dépenses courantes hors intérêts (H
t
) auxquelles il faut ajouter la différence entre les intérêts
observés et la moyenne des intérêts.

27

Dans ce cas l’équation (38) peut être réécrite comme suit :


∞ →
+ ∆ + + =
+
+
k
(41) µ D Limì R 0 W
t k t
1 k
t t



− = − ≡
− −
) µ (µ ì µ et u) (¡ ì 0 où
2t 1t
1 k
t
1 k

L’équation (41) forme l’hypothèse de base qui est testée dans cette section. Si la condition de
soutenabilité est satisfaite, le troisième terme du second membre de l’équation (41) est nul et
nous pouvons réécrire l’équation (41) comme une équation de régression :

R
t
= m
1
+ m
2
W
t
+ µ
t
(42)

b. Test de cointégration et méthodologie économétrique

La condition économétrique est satisfaite, à travers l’équation (42), lorsque les deux
conditions suivantes sont respectées :
La première exigence que le pays doit respecter pour tendre vers un sentier de
soutenabilité repose sur l’existence d’une relation de cointégration entre les ressources et
les dépenses courantes. Deux variables sont dites cointégrées quand chacune d’elles suit
un processus non stationnaire en niveau, mais intégrées en différence avec un ordre
identique supérieur ou égal à 1, et qu’il existe une combinaison linéaire entre ces variables
qui soient stationnaires ; dans notre étude ceci est vérifié lorsque le réel m
2
est tel que
R
t
- m
2
W
t
- m
1
= u
t
soit stationnaire.
La deuxième condition est relative au vecteur de cointégration (1,-m
2
) qui doit être égal à
(1,-1), c’est à dire m
2
=1.
23


Plus précisément considérons nos deux séries temporelles. Supposons que celles-ci ne soient
pas stationnaires en niveau et ont besoin d’être différencier, au moins, une fois pour l’être.
L’hypothèse nulle à tester repose sur la stationnarité des perturbations u
t
et la valeur unitaire
du coefficient m
2.
En d’autres termes, si R
t
et W
t
sont non stationnaires, l’hypothèse nulle est


23
Lorsque 1 0
2
m Quintos (1995) parle de soutenabilité faible, Hakkio et Rush montrent que lorsque
m
2
< 1, la condition de transversalité est toujours respectée, cependant la dérivée de R
t
par rapport à W
t
ne tend
pas vers l'unité qui correspond à un compte courant équilibré.
28
que les deux variables soient cointégrées et que m
2
= 1. L’existence de cette relation de
cointégration exige donc que les séries individuelles soient intégrées d’ordre supérieur ou égal
à 1. Il suffit que l’une d’elles soit stationnaire en niveau pour qu’il y ait constamment
divergence entre les séries et la condition de transversalité n’est plus respectée. Plus
clairement si W
t
est non stationnaire, tandis que R
t
est stationnaire, il n’y a pas de relation de
long terme entre les deux variables. Cela implique que l’économie nationale est en violation
de sa contrainte d’endettement intertemporel parce que W
t
tend à croître pendant que R
t
ne
croît pas. Plus formellement, dans ce cas, le m
2
estimé converge vers zéro. Lorsque les deux
variables sont cointégrées avec comme vecteur de cointégration (1,-1), il n’y a pas de dérive
systématique car la différence R
t
– W
t
= u
t
est stationnaire. Si elles ne sont pas intégrées la
dérive est cependant grande.

Signification économique de m
2

m
2
mesure le financement des dépenses par les ressources. Ce coefficient correspond à la
valeur de la dérivée de R
t
par rapport à W
t
.

Un m
2
< 1 signifie que l'économie vit au dessus de
ses moyens et que les déficits ont tendance à être financer par de nouveaux emprunts. Le test
de cointégration fournit donc le coefficient de régression qui permet de voir si les surplus
primaires sont suffisant (ou pas) pour le remboursement du service de la dette. Ainsi nous
focalisons notre réflexion sur les deux questions suivantes :
• W
t
et R
t
sont-elles cointégrées ? En d’autres termes les perturbations de l’équation (42)
sont-elles stationnaires ?
• m
2
estimé est-il égal à un ?
La procédure du test adoptée est la suivante :
• On teste d’abord l’hypothèse nulle de stationnarité des ressources et dépenses courantes.
• Si celles-ci sont non stationnaires (et stationnaires en différence), on teste l’hypothèse
nulle d’absence de relation de cointégration entre les deux variables.
• Enfin si ces variables sont cointégrées, on teste l’hypothèse nulle selon laquelle le vecteur
de cointégration est (1,-1).
Remarquons ici que la non stationnarité des deux variables (R
t
, W
t
) est un préalable à la mise
en œuvre du test de cointégration. Lorsqu'on est confronté a un problème de données sur ces
deux variables, il est possible de contourner ce problème en utilisant des tests d'équivalence
de cointégration. Ces tests sont au nombre de deux (cf. Annexes 1 et 2) :
• Le premier, analyse économétriquement une relation de long terme entre le Produit
National Brut et l'absorption qui correspond à la demande intérieure d'un pays.
29
• Le second, analyse économétriquement une relation de long terme entre l'épargne
nationale et l'investissement domestique.
Lorsqu'on veut aussi savoir le(s) secteur(s) à l'origine de l'insoutenabilité de la dette
extérieure, on peut procéder à des tests de cointégration sectoriels (Uctum et Wickens, 1993);
un qui porte sur le secteur privé et un qui porte sur le secteur public (cf. Annexes 3,4,5). Avec
ces deux tests sectoriels, il est envisageable que tous les deux secteurs puissent être à l'origine
de l'insoutenabilité de la dette extérieure.

Les méthodes présentées ci-dessous permettent de déterminer de façon économétrique
la soutenabilité de la dette extérieure d'une nation.


Dans cette première section, nous avons tenter d'analyser les méthodes
économétriques de la soutenabilité de la dette extérieure. Pour traiter cette question, nous
avon eu recours à la contrainte d'endettement intertemporel en économie ouverte. Cette
approche théorique est sous-tendue par des développements économétriques avec des
implications testables. L'analyse économétrique s'est faite sous deux angles: en terme de
stationnarité et en terme de cointégraton. L'analyse en terme de stationnarité distingue deux
cas : un cas d'analyse "univariée" et un cas d'analyse "bivariée". La dette extérieure est
soutenable, en terme d'analyse de stationnarité univariée, lorsque sa valeur actualisée est
stationnaire autour de zéro ou bien lorsque le solde du compte courant est stationnaire autour
de zéro. En terme d'analyse bivariée, la dette extérieure est soutenable lorsque ce dernier et le
solde du compte courant sont conjointement stationnaires. En terme de cointégration, la dette
extérieure est soutenable lorsque les ressources courantes et les dépenses courantes sont
cointégrées avec un vecteur de cointégration de (1,-1).

Au total, nous avons présenté quatre outils d’analyse économétrique pour évaluer la
soutenabilité de la dette extérieure d’une nation suite aux politiques économiques mises en
œuvre dans un horizon temporel donné. Ces outils ont un caractère préventif et peuvent servir
aux décideurs économiques d’apporter des corrections ou de renforcer les politiques
économiques. Le recours à chacun de ces outils n’a qu’un seul objectif final à savoir parvenir
à prévenir les crises. Nous pouvons à présent passer à l'analyse de la soutenabilité de la dette,
du Sénégal.


30

SECTION II : ANALYSE ECONOMETRIQUE DE LA SOUTENABILITE
DE LA DETTE EXTERIEURE DU SENEGAL


PROBLEMATIQUE : LA PREDOMINANCE DE LA DETTE EXTERIEURE SUR LES
AUTRES SOURCES DE FINANCEMENT EXTERNES DE L’ECONOMIE

La croissance économique est nécessaire pour réduire la pauvreté. Elle crée des
emplois et finance des dépenses sociales. Sans croissance, les pays ne peuvent véritablement
améliorer leur niveau de vie et répondre à leurs besoins fondamentaux. Toute économie est
confrontée à une contrainte de ressources pour le financement de son développement. Ce
dernier passe par la mobilisation de capitaux intérieurs et extérieurs. Certains pays,
notamment les plus pauvres, n’ont pas suffisamment de ressources intérieures pour réaliser
leurs importants besoins d’investissement. Cet écart ne peut être comblé que par des
ressources étrangères. Cela pose la problématique du financement externe du développement
qui passe par les Emprunts Extérieurs (E), les Dons, les Investissements Directs Etranger
(IDE) et les Investissements de Portefeuille (IP).

Dans le cas du Sénégal, pays en développement à faible revenu, les investissements
directs et de portefeuille occupent une part marginale dans le financement extérieure du
développement (cf. graphique 5). Par ailleurs, les emprunts extérieurs constituent la première
source de financement externe si l’on décompose les dons en assistance technique
(DONCOP) et en dons propres (DON). Ces constats nous conduisent, dans cette thèse, à nous
intéresser à l’analyse de la dette extérieure du Sénégal du fait de sa prédominance sur les
autres sources de financement externe de l'économie durant la période 1960-2000. La dette
extérieure du Sénégal est passée de 145 à 3918 millions de dollars américains entre 1970 et
2002 (Global Development Finance, 2004). Cet afflux important de capitaux exige en
contrepartie des paiements annuels conséquents au titre du service de la dette. Eu égard à ce
volume d’endettement et de sa charge sur la nation peut-on considérer que la dette extérieure
du Sénégal était soutenable sur la période 1960-2000 ? La réponse à cette question constituera
l’objectif central de cette section.

31





Cette section s'organise comme suit. Dans un premier temps, la stationnarité des séries de
dette actualisée et du compte courant sera testée, puis nous verrons s'il existe une relation de
cointégration entre les ressources courantes et les dépenses courantes de la Balance des
Paiements, la prise en compte du caractère endogène du compte courant permet de renforcer
les critères de soutenabilité, pour cela nous utiliserons la méthode des effets feed-back, et
enfin nous évaluerons la vitesse de convergence du compte courant afin d'apprécier sa
capacité à converger vers son état régulier. Nous terminons cette section en tirant les
enseignements de politiques économiques.

La condition de transversalité de la contrainte d'endettement intertemporel en
économie ouverte est respectée lorsque la dette extérieure actualisée tend vers zéro à l'infini :

0
r) (1
D
t
t
t
Lim
=
+
∞ →


Cela revient à tester la stationnarité de la série "dette extérieure actualisée".


GRAPHIQUE 5 : PROFIL DE FINANCEMENT
EXTERNE DU DEVELOPPEMENT AU SENEGAL (1970-2002)
EMPRUNT
42%
DON
32%
IDE
5%
DONCOP
20%
IP
1%
EMPRUNT DON IDE DONCOP IP
32
1. La dynamique de long terme de la dette actualisée

Nous rappelons (cf. section I) que la dette extérieure est soutenable, selon cette approche,
lorsque les deux critères suivants sont respectés :
La dette extérieure actualisée est stationnaire autour d’une constante ;
La constante (de stationnarité) est égale à zéro.
La procédure du test adoptée est la suivante :
Nous testerons d'abord l’hypothèse nulle de stationnarité de la dette extérieure actualisée.
Si celle-ci est stationnaire, nous testerons si elle est stationnaire autour de zéro ou autour
d’un trend qui doit converger vers zéro.

Un processus {x
t
, t∈z}est dit stationnaire du second ordre si :
i. E(x
t
) = E(x
t+h
) = m ∀t et ∀h, la moyenne est constante et indépendante du temps ;
ii. Var (x
t
) < ∞ ∀t, la variance est finie et indépendante du temps ;
iii. Cov (x
t
, x
t+h
) = γ(h) ∀t et ∀h, la covariance est indépendante du temps.
Par conséquent, une série chronologique est stationnaire si elle est la réalisation d’un
processus stationnaire ; ceci implique que la série ne comporte ni tendance, ni saisonnalité et
plus généralement aucun facteur évoluant avec le temps. Pour exemple, un processus de bruit
blanc (suite de variables aléatoires indépendantes, identiquement distribuées, i.i.d) dans lequel
les ε
t
ont la même loi normale N(0,σ
2
) est stationnaire.

a. Tests permettant de vérifier la présence de racine unitaire

Pour étudier la soutenabilité de la dette, nous utiliserons les tests de stationnarité de
Dickey-Fuller Augmenté, de KPSS, et de Phillips et Perron.

a.1 Le test de Dickey-Fuller Augmenté (1981)

Les tests de Dickey-Fuller Augmentés (ADF, 1981) permettent de mettre en évidence le
caractère stationnaire ou non d’une série temporelle. Les modèles servant à la construction de
ces tests sont au nombre de trois :
33

Le test d’hypothèse est le suivant :
Ho : ρ=0 (non stationnaire)
H1 : ρ< 0 (stationnaire)
Si l’hypothèse Ho : ρ = 0 est retenu dans l’un de ces trois modèles, le processus x
t
est alors
non stationnaire, on dit qu’il admet une racine unitaire. Tester l’hypothèse de racine unitaire
revient à tester Ho : ρ = 0 contre l’hypothèse H1 : ρ< 0. Nous utiliserons le logiciel Eviews
d’analyse de séries temporelles qui calcule automatiquement la statistique (notée t) qu’il faut
comparer aux valeurs critiques tabulées (notées t*).
La règle de décision est :
- si t > t* , on accepte Ho, le processus est considéré comme non stationnaire
- si t < t* , on rejette Ho, le processus est stationnaire

a.2 Le test de KPSS (1992)

Une faible taille de l’échantillon et/ou une rupture de tendance dans la série étudiée
réduisent la puissance des tests de Dickey-Fuller Augmentés et de Phillips et Perron à des
niveaux relativement faible. Ils peuvent ainsi conclure trop facilement et parfois de façon
erronée à l’existence de racine unitaire (Kwiatkowski et al 1992). Les tests classiques tels que
ceux de Dickey-Fuller et Phillips-Peron sondent l’hypothèse nulle de non stationnarité
(présence de racine unitaire) contre l’hypothèse alternative de stationnarité (d’absence de
racine unitaire). Kwiatkowski, Philips, Schmidt et Shin (1992) ont développé une procédure
qui prend le contre pied des tests classiques à savoir tester l’hypothèse nulle de stationnarité
contre l’hypothèse alternative de non stationnarité.

Les séries temporelles peuvent être écrites comme la somme d’une composante
déterministe, d’une marche aléatoire et d’un terme d’erreur stationnaire. L’hypothèse nulle de
stationnarité correspond à une variance de l’erreur de la marche aléatoire qui est égale à zéro.
t t j t
P
j
j t t
t j t
P
j
j t t
t j t
P
j
j t t
b c x x x Modèle
c x x x Modèle
x x x Modèle
ε φ ρ
ε φ ρ
ε φ ρ
+ + + ∆ − = ∆
+ + ∆ − = ∆
+ ∆ − = ∆
+ −
=

+ −
=

+ −
=

1
2
1
1
2
1
1
2
1
: ] 3 [
: ] 2 [
: ] 1 [
34
L’hypothèse additionnelle est que la marche aléatoire suit une loi normale et que son erreur
qui est stationnaire est un bruit blanc normal (gaussien). Il existe deux modèles (en niveau) à
tester :

Modèle 1 : y
t
= r
t
+ ε
t
, r
t
= r
t-1
+ u
t
t = 1,2, ……,T
Modèle 2 : y
t
= ξt + r
t
+ ε
t
, r
t
= r
t-1
+ u
t
t = 1,2, ……,T

y
t
est la série étudiée et r
t
est une marche aléatoire avec un terme d’erreur u
t
qui suit les
caractéristiques d’un bruit blanc gaussien, normal et est un iid (0,σ
u
2
), la valeur initiale r
o
est
fixe, ε
t
est supposé stationnaire et est iid N(0, σ
ε
2
). Les hypothèses à tester dans le modèle 1
sont :
H
o
: σ
u
2
= 0 y
t
est stationnaire autour de r
o

H
1
: σ
u
2
≠ 0 y
t
n’est pas stationnaire

Les hypothèses à tester dans le modèle 2 sont :

H
o
: σ
u
2
= 0, ξ = 0 y
t
est stationnaire autour de r
o

H
1
: σ
u
2
≠ 0 y
t
n’est pas stationnaire

Le test en niveau est basé sur la statistique suivante :


Avec S
t
la somme des résidus de la régression suivante :

s
2
(l ) est un estimateur constant de l’erreur de la variance, avec comme expression :

w(s,l) est la fonction de pondération qui garantit la non négativité de s
2
(l) ; et l est le
paramètre de troncature ;un nombre de troncature égale à zéro (l=0) implique l’absence de
) 1 (
2
1
2
2
s
S
T
T
t
t
= −

=
µ
η
t t
e y y + =
s t
T
s t
t
l
s
T
t
t
e e l s w T e T s

+ = =

=


+ =
1 1
1
1
2 1 2
) , ( 2 ) 1 (
35
correction en cas d’autocorrelation, lorsque la valeur statique calculée est plus petite que la
valeur critique tabulée cela veut dire que l’hypothèse nulle ne peut être rejetée pour toutes les
valeurs de l implémentées ;

b. Analyse des résultats économétriques

b.1 Les données utilisées

La variable étudiée porte sur la dette extérieure actualisée. Pour construire cette variable,
24

nous avons eu recourt à deux autres variables; la dette extérieure et le taux d'intérêt. Les séries
sont de fréquence annuelle et sont extraites des données de la Banque Mondiale (Global
Development Finance, 2004). Notre échantillon couvre la période 1970-2002.

b.2 Les résultats du test de Dickey-Fuller

Les séries de dette actualisée en niveau et en ratio ne sont pas stationnaires
(cf. Tableau 1), la première condition de soutenabilité n’étant pas respectée, nous concluons
que la dette extérieure du Sénégal n’est pas soutenable sur la période (1970-2002), selon
l’approche de Wilcox (1989) que nous avons étendu à une économie ouverte.



Tableau 1 : Test de racine unitaire sur la dette actualisée

(a) : Test de racine unitaire sur la dette actualisée en niveau (1970-2002) :
Modèle avec constante et sans trend
ADF/PP t t* (1%) t* (5%) t* (10%)
ADF (1) -1.648771 -3.6496 -2.9558 -2.6164
ADF (2) -1.741927 -3.6576 -2.9591 -2.6181
ADF (3) -1.929996 -3.6661 -2.9627 -2.6200
PP(3) -1.629911 -3.6496 -2.9558 -2.6164
ADF(d) test de Dickey-Fuller Augmenté, avec d = nombre de retards, les critères d’information d’Akaiké (AIC)
et de Schwartz (SC) suggèrent un modèle optimal avec un nombre de retards égal à un (cf. annexe 8.a). PP(d)
test de Phillips-Perron, avec d comme paramètre de troncature, comme le test de Newey-Nest le suggère le
paramètre de troncature maximal est égal à trois.





24
Les taux d'intérêt permettent de construire les facteurs d'actualisation, ils suffit, après, de les multiplier par la
dette extérieure pour avoir sa valeur actualisée.
36
(b) : Test de racine unitaire sur la dette actualisée en % du PIB (1970-2002) :
Modèle avec constante et sans trend
ADF/PP t t* (1%) t* (5%) t* (10%)
ADF (1) -1.556081 -3.6496 -2.9558 -2.6164
ADF (2) -1.841454 -3.6576 -2.9591 -2.6181
ADF (3) -2.014298 -3.6661 -2.9627 -2.6200
PP(3) -1.708579 -3.6496 -2.9558 -2.6164
ADF(d) test de Dickey-Fuller Augmenté, avec d = nombre de retards, les critères d’information d’Akaiké (AIC)
et de Schwartz (SC) suggèrent un modèle optimal avec un nombre de retards égal à un (cf. annexe 8.a). PP(d)
test de Phillips-Perron, avec d comme paramètre de troncature, comme le test de Newey-Nest le suggère le
paramètre de troncature maximal est égal à trois.


b.3 Les résultats du test de KPSS (1992)

Avec cette méthode la série de dette extérieure actualisée en niveau reste toujours non
stationnaire, cependant lorsque nous prenons en considération les ressources nécessaires pour
assurer le remboursement de la dette, la série exprimée en ratio devient stationnaire (la
variable de normalisation étant le PIB); les résultats sont reportés au tableau 2. Le logiciel
Eviews 4.1 suggère un paramètre de troncature égale à 5 pour le premier modèle et 4 pour le
dernier modèle.
25

Tableau 2: Test de KPSS sur la dette extérieure actualisée (1970 - 2002) :
modèle avec constante sans trend
Variables KPSS(4) KPSS(5)
DA
0.526321
DAPIB
0.257422

Valeurs critiques de Kwiatkowski-Phillips-Schmidt-Shin (1992, Table 1) pour un risque de rejet à tort de
1% (0.739000), 5% (0.463000), 10% (0.347000) KPSS (l ) test de KPSS avec l comme paramètre de
troncature.

La première condition étant respectée pour la série en ratio, regardons si la seconde l’est aussi.
La régression fournit les résultats suivants (pour le modèle 1 : y
t
= r
t
+ ε
t
, r
t
= r
t-1
+ u
t
qui
s’écrit à l’état stationnaire : y
t
= r
0
+ ε
t
) :

y
t
= 0.264485 + ε
t


(18.11757)


( ) = t-Statistique


25
Le premier modèle représente la dette actualisée en niveau, et le deuxième modèle représente la dette
actualisée en pourcentage du PIB.
37
Les résultats montrent que la série est stationnaire autour d’une constante dont la valeur
relative est non nulle,
26
ce qui signifie que la dette extérieure n’est pas soutenable durant la
période étudiée. Les graphiques 6 et 7 illustrent que des efforts ont été réalisés tout au moins à
partir de 1991 (en niveau) et 1985 (en ratio) avec une décroissance plus ou moins significative
en ratio ; cependant, selon la méthode de KPSS, cette série (uniquement celle qui est
stationnaire en ratio) se stabiliserait à des niveaux non nuls.

Graphe 6 : Evolution de la dette actualisée en niveau (1970-2002)
27



Graphe 7 : Evolution de la dette actualisée en ratio (1970-2002)

La condition de transversalité qui exige que la dette actualisée tende vers zéro à l'infini
implique aussi, implicitement, que la variation de la dette soit nulle. Or, la variation de ce
dernier détermine le solde du compte courant.
28
Ce qui revient donc à tester la stationnarité du
solde du compte courant.



26
La dette actualisée serait stationnaire selon le test de KPSS autour de 26 % du PIB.
27
La dette actualisée est exprimée en dollars américains
28
D
t
− D
t-1
=

− CA
t
(cf. Section I (I.1))

0.0
0.1
0.2
0.3
0.4
0.5
70 75 80 85 90 95 00
DPIBADOL
HPDPIBADOL
VES
VE
0.0E+00
5.0E+08
1.0E+09
1.5E+09
2.0E+09
70 75 80 85 90 95 00
DADOL HPDADOL
38
2. La dynamique de long terme du solde du compte courant de la Balance des Paiements

Nous procéderons de la même manière qu'avec la dette extérieure actualisée, le solde du
compte courant est soutenable, selon cette approche,
29
lorsque les deux critères suivants sont
respectés :
Le solde du compte courant est stationnaire autour d’une constante ;
La constante (de stationnarité) est égale à zéro.
La procédure du test adoptée est la suivante :
Nous testerons d'abord l’hypothèse nulle de stationnarité du compte courant,
Si celle-ci est stationnaire, nous testerons si elle est stationnaire autour de zéro ou autour
d’un trend qui doit converger vers zéro.

a. Les données utilisées

L'étude porte sur le solde du compte courant de l'économie sénégalaise. La série est de
fréquence annuelle et est extraite des données de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de
l'Ouest (BCEAO). L'échantillon couvre la période 1968-2003.

b. Analyse des résultats économétriques :

b.1 Les résultats des tests classiques de Dickey-Fuller et de Phillips-Perron

Les séries du compte courant en niveau et en ratio ne sont pas stationnaires
(cf. Tableau 3), la première condition de soutenabilité n’étant pas respectée nous concluons
que la dette extérieure du Sénégal n’est pas soutenable sur la période (1968-2003), selon
l’approche de Trehan et Walsh (1991) à laquelle nous avons apporté des modifications sur le
niveau de stationnarité.
30





29
c'est à dire celle de Trehan et Walsh (1988, 1991)
30
Pour ces deux auteurs, il suffit que le solde du compte soit stationnaire pour que la dette extérieure soit
soutenable, j'en rajoute que la constante de stationnarité doit être supérieure ou égale à zéro. Lorsque le solde est
stationnaire au tour d'une valeur négative on ne peut pas considérer que la dette de ce pays est soutenable (cf
Section I, graphique 4 pour une explication).
39
Tableau 3 : Test de racine unitaire sur le compte courant

(a) : Test de racine unitaire sur le compte courant (1968-2003) ;
Modèle avec constante et sans trend
ADF/PP t t* (1%) t* (5%) t* (10%)
ADF (1) -0.278963 -3.6289 -2.9472 -2.6118
ADF (2) -0.080135 -3.6353 -2.9499 -2.6133
ADF (3) 0.036091 -3.6422 -2.9527 -2.6148
ADF (4) -0.702654 -3.6496 -2.9558 -2.6164
ADF(5) -1.387043 -3.6576 -2.9591 -2.6181
ADF(6) -0.994431 -3.6661 -2.9627 -2.6200
PP(3) -0.134082 -3.6289 -2.9472 -2.6118
ADF(d) test de Dickey-Fuller Augmenté, avec d = nombre de retards, les critères d’information d’Akaiké (AIC) et
de Schwartz (SC) suggèrent un modèle optimal avec un nombre de retards égal à un (cf. annexe 8.b). PP(d) test
de Phillips-Perron, avec d comme paramètre de troncature, comme le test de Newey-Nest le suggère le
paramètre de troncature maximal est égal à trois.

(b) : Test de racine unitaire sur le compte courant en % du PIB(1968-2003) ;
Modèle avec constante et sans trend
ADF/PP t t* (1%) t* (5%) t* (10%)
ADF (1) -2.478497 -3.6289 -2.9472 -2.6118
ADF (2) -1.720621 -3.6353 -2.9499 -2.6133
ADF (3) -1.754739 -3.6422 -2.9527 -2.6148
ADF (4) -2.119834 -3.6496 -2.9558 -2.6164
ADF(5) -2.117233 -3.6576 -2.9591 -2.6181
ADF(6) -2.061583 -3.6661 -2.9627 -2.6200
PP(3) -2.477619 -3.6289 -2.9472 -2.6118
ADF(d) test de Dickey-Fuller Augmenté, avec d = nombre de retards, les critères d’information d’Akaiké (AIC) et
de Schwartz (SC) suggèrent un modèle optimal avec un nombre de retards égal à un (cf. annexe 11.b). PP(d)
test de Phillips-Perron, avec d comme paramètre de troncature, comme le test de Newey-Nest le suggère le
paramètre de troncature maximal est égal à trois.

b.2 Le Test de KPSS (1992)

Avec ce test, la série du compte courant en niveau reste toujours non stationnaire,
cependant lorsque nous prenons en considération les ressources nécessaires pour assurer le
remboursement de la dette, la série exprimée en ratio (la variable de normalisation est le PIB)
devient stationnaire ; les résultats sont reportés au tableau 4. Le logiciel Eviews 4.1 suggère
un paramètre de troncature égale à 4.

Tableau 4 : Test de racine unitaire sur le compte courant (1968-2003) :
modèle avec constante sans trend
Variables KPSS ( l )
CA
0.538141
CAPIB
0.127521
Valeurs critiques de Kwiatkowski-Phillips-Schmidt-Shin (1992, Table 1) pour un
risque de rejet à tort de 1% (0.739000), 5% (0.463000), 10% (0.347000) KPSS (l)
test de KPSS avec l comme paramètre de troncature.
40
La première condition étant respectée pour la série en ratio, regardons si la seconde l’est aussi.
La régression fournit les résultats suivants (pour le modèle 1 : y
t
= r
t
+ ε
t
, r
t
= r
t-1
+ u
t
qui
s’écrit à l’état stationnaire : y
t
= r
0
+ ε
t
) :

y
t
= -0.062659 + ε
t


(-9.824481)


( ) = t-Statistique
Les résultats montrent que la série est stationnaire autour d’une constante dont la valeur
relative est négative et non nulle,
31
ce qui signifie que la dette extérieure n’est pas soutenable
durant la période étudiée. Le graphique 8 illustre que des efforts ont été réalisés à partir de
1981 avec une décroissance significative ; cependant, selon le test de KPSS, cette série
(uniquement celle qui est stationnaire en ratio) se stabiliserait à des niveaux non nuls.

Graphique 8 : Evolution du solde total du compte courant sur la période (1968-2003)




31
Le solde du compte courant est stationnaire, selon le test de KPSS, autour d'un déficit de 6 % du PIB.
-0.20
-0.15
-0.10
-0.05
0.00
0.05
70 75 80 85 90 95 00
CAPIB
HPCAPIB
VE
VES
41

Graphique 9 : Evolution du compte courant en niveau (1968-2003)

Le solde du compte courant est égal à la différence entre les ressources courantes et les
dépenses courantes. Dire que le solde du compte courant est stationnaire revient à affirmer
qu'il existe une relation de long terme entre les variables de ressources courantes et de
dépenses courantes. Nous allons donc tester s'il existe une relation de cointégration entre ces
deux variables en suivant la démarche de Hakkio et Rush (1991).

3. La dynamique de long terme des ressources et dépenses de transactions courantes :

La relation entre les ressources courantes et les dépenses courantes est donnée par l'équation
de régression suivante :
32


R
t
= m
1
+ m
2
W
t
+ µ
t


La condition économétrique de la soutenabilité est satisfaite, à travers l’équation ci-
desssus, lorsque les deux conditions suivantes sont respectées :

IL existe une relation de cointégration entre les ressources et les dépenses courantes.
Le vecteur de cointégration (1,-m
2
) est égal à (1,-1), c’est à dire m
2
=1.
-300
-250
-200
-150
-100
-50
0
50
70 75 80 85 90 95 00
CA HPCA MOY
42
Nous rappelons qu'il existe une relation de cointégration entre R
t
et W
t
(toutes deux intégrées
du même ordre supérieur ou égal à un) s'il existe une valeur particulière m
2
pour laquelle la
combinaison linéaire R
t
- m
2
W
t
- m
1
est, elle, stationnaire. Nous pouvons, maintenant,
présenter les deux principaux tests qui permettent d'étudier une relation de cointégration entre
deux variables.

a. Tests permettant de détecter une relation de cointégration entre deux variables

Deux principaux tests sont utilisés pour l'étude de la cointégration entre plusieurs variables :
Le test de Engle et Granger (1987) et le test de Johansen (1991, 1995);

a.1. Le test de Engle et Granger (1987) :

Après avoir vérifié que chaque variable à une racine unitaire, la procédure proposée
par Engle et Granger peut être employée. Cette procédure estime d’abord la relation de
cointégration entre les deux variables en utilisant la méthode des m.c.o (moindres carrés
ordinaires). Ensuite les résidus sont récupérés et leur stationnarité est étudiée à travers le test
de racine unitaire de Dickey-Fuller (1981). Concrètement les deux équations de régression qui
sont estimées sont les suivantes :

ons perturbati des équation e µ p Aµ
ion cointégrat de équation µ W m m R

t 1 - t t
t t 2 1 t
+ =
+ + =


Il s’agit de tester la présence d’une racine unitaire dans le processus autorégressif des
perturbations µ
t
. Celles-ci étant inconnues, leur estimation s’obtient lors de la régression de :

1 t 2 t
résidus des équation mˆ - W mˆ - R =

t
µ

Et c’est sur cette nouvelle série que le test est effectué :
e
t 1
+ = ∆

∧ ∧
t t
µ ρ µ



32
(cf. Section I / II.4)
43
La procédure de test mise en œuvre dont l’hypothèse nulle correspond à la non cointégration
des séries est la suivante :

H
0
: ρ = 0 non cointégration µ
t
est non stationnaire
H
1
: ρ < 0 cointégration µ
t
est stationnaire

Ce test consiste à voir si la série temporelle des résidus suit un processus stationnaire ou non.
Le test de significativité du coefficient ρ est obtenu grâce à l’équation de régression estimée.
Lorsque ce coefficient est statistiquement égal à zéro, µ
t
est non stationnaire ; la série des
résidus présente une racine unitaire par conséquent W
t
et R
t
ne sont pas cointégrées. Si ρ est
significativement différent de zéro, alors u
t
est stationnaire, et nous acceptons l’hypothèse
alternative de cointégration.

a.2. La méthode de Johansen (1991, 1995).

Le but du test de cointégration est de déterminer si un groupe de séries non stationnaires est
cointégré ou non. Considérons un VAR d’ordre p :
y
t
= A
1
y
t-1
+………….+ A
p
y
t-p
+ Bx
t
+ ε
t

Avec y
t
un vecteur-k de variables non stationnaires I(1), Bx
t
est un vecteur-d de variables
déterministes, et ε
t
est un vecteur d’innovations. Nous pouvons réécrire ce VAR comme suit :

Le théorème de représentation de Granger affirme que si le coefficient de la matrice Π a un
rang réduit τ<k, donc il existe k × τ matrices α et β chacune avec un rang τ tel que Π = αβ’
et β’y
t
est I(0). τ est le nombre de relations de cointégration (le rang) et chaque colonne de β
est un vecteur de cointégration, les éléments de α sont connus comme des paramètres
d’ajustement dans le modèle VEC. La méthode de Johansen consiste à estimer la matrice Π
d’un VAR non restreint et de tester si nous pouvons rejeter les restrictions impliquées par le
rang réduit de Π. Pour cela cinq modèles sont envisagés. Chacun traduit l’idée que les séries
de données peuvent avoir des moyennes non nulle et comporter aussi bien des trends
déterministes que stochastiques. Similairement les équations de cointégration peuvent avoir


+ = =


=

− = Γ − = Π
+ + ∆ Γ + Π = ∆
p
i j
j i
p
i
i
t t i t
p
i
i t t
A I A
avec
Bx y y y
1 1

1
1
1
,
ε
44
des contantes et des trends linéaires. Les cinq types d’équation de cointégration définis par
Johansen sont :
1.
Le vecteur y
t
n’a pas de trend déterministe et les équations de cointégration n’ont pas de
constantes : H
2
(τ) : Πy
t-1
+ Bx
t
=αβ’y
t-1
2. Le vecteur y
t
n’a pas de trend déterministe et les équations de cointégration ont des
constantes : H
1
*
(τ) : Πy
t-1
+ Bx
t
=α(β’y
t-1
+ ρ
o
)
3. Le vecteur y
t
a un trend linéaire et les équations de cointégration ont des constantes :
H
1
(τ) : Πy
t-1
+ Bx
t
=α(β’y
t-1
+ ρ
o
) + α

γ
o

4. Le vecteur y
t
et les équations de cointégration ont des trends linéaires :
H
*
(τ) : Πy
t-1
+ Bx
t
=α(β’y
t-1
+ ρ
o
+ ρ
1
t) + α

γ
o

5. Le vecteur y
t
a un trend quadratique et les équations de cointégration ont des trends
linéaires H(τ) : Πy
t-1
+ Bx
t
=α(β’y
t-1
+ ρ
o
+ ρ
1
t) + α


o

1
t)
La distribution asymptotique des tests statistiques de cointégration ne suit pas la distribution
usuelle du χ
2
et dépend des hypothèses effectivement faites sur la constante et le trend de
données. La spécification de l'équation de régression (ou de cointégration) :
33

R
t
= m
1
+ m
2
W
t
+ µ
t
permet de sélectionner le modèle 2.

Tableau 5 : Rappel des caractéristiques des cinq modèles testables
dans la méthodologie de Johansen
Tests Modèle 1 Modèle 2 Modèle 3 Modèle 4 Modèle 5
Introduction d’un
trend dans les
données
Non Non Linéaire Linéaire Quadratique
Rang ou
caractéristique de
l’équation de
cointégration
Pas de constante
et
Pas de trend
Constante
et
Pas de trend
Constante
et
Pas de trend
Constante
et
Trend
Constante
et
Trend

Le test d’hypothèse est le suivant :

Ho : τ = 0 il n’existe pas de relation de long terme entre les séries (non cointégration)
H1 : τ ≥ 1 il existe, au moins, une relation de long terme entre les séries (cointégration)

33
(cf. Section I, II.4)
45
Les décisions associées étant d’exclure ou d’établir une relation de cointégration entre les
séries. La règle de décision est la suivante selon la statistique de Johansen utilisée :
Le premier test est relatif à la statistique de la trace (soit le rapport de vraisemblance noté TS).
On compare la trace statistique à la valeur critique :
• Si TS > CV, on rejette l’hypothèse nulle Ho (τ = 0) : on accepte l’hypothèse de
cointégration. Le rang de cointégration est supérieur ou égal à un.
34

• Si TS ≤ CV, on accepte l’hypothèse nulle Ho (τ = 0) : on rejette l’hypothèse de
cointégration. Le rang de cointégration est égal à zéro.
Le deuxième test est relatif à la statistique de la valeur propre maximale (soit le rapport de
vraisemblance noté ME). On compare la valeur propre maximale à la valeur critique :
• Si ME > CV, on rejette l’hypothèse nulle Ho (τ = 0) : on accepte l’hypothèse de
cointégration. Le rang de cointégration est supérieur ou égal à un.
• Si ME ≤ CV, on accepte l’hypothèse nulle Ho (τ = 0) : on rejette l’hypothèse de
cointégration. Le rang de cointégration est égal à zéro.
35


Nous allons répondre aux questions suivantes dans le cas du Sénégal :
36

• W
t
et R
t
sont-elles cointégrées ? En d’autres termes les perturbations de l’équation (42)
sont elles stationnaires ?
• m
2
estimé est-il égal à un ?
La procédure de test adoptée est la suivante :
• On teste d’abord l’hypothèse nulle de stationnarité des ressources et dépenses courantes.
• Si celles-ci sont non stationnaires (et stationnaires en différence), on teste l’hypothèse
nulle d’absence de relation de cointégration entre les deux variables.
• Enfin si ces variables sont cointégrées, on teste l’hypothèse nulle selon laquelle le vecteur
de cointégration est (1,-1).

Remarquons ici que la non stationnarité des deux variables est un préalable à la mise en
œuvre du test.


34
TS : Likelihood Ratio dans Eviews 4.0 et Trace Statistic dans Eviews 4.1
CV : Critical Value
35
ME : Max-Eigen Statistic dans Eviews 4.1
36
Ce paragraphe est à titre de rappel, il a été énoncé dans la section I.
46
b. Analyse des résultats économétriques dans le cas du Sénégal

b.1. les données utilisées

Les deux variables utilisées sont les ressources courantes et les dépenses courantes. Les séries
sont de fréquence annuelle et sont extraites des données de la Banque Centrale des Etats de
l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). L'échantillon couvre la période 1968-2003. Nous utilisons
aussi la variable "taux d'intérêt" pour voir s'il est possible de travailler en niveau; lorsque le
taux d’intérêt réel est stationnaire, il est permis de faire les tests de cointégration avec des
séries en niveau, c'est à dire sans variable de normalisation (Hakkio et Rush, 1991). Le taux
d'intérêt nominal est corrigé de l’inflation mesurée par le déflateur du PIB. Les données sont
extraites des logiciels de GDF (Global Development Finance, 2004) et de WDI (World
Development Indicator, 2004).
37


b.2 Les résultats du test de Johansen

Le test de racine unitaire de Dickey-Fuller Augmenté montre que la série du taux
d’intérêt est stationnaire (cf. Tableau 6 et Graphique 10). Nous pouvons donc travailler en
niveau (sans nécessairement recourir à des variables de normalisation). Procédons à présent
aux tests de stationnarité des ressources et dépenses de transactions courantes.

Tableau 6 : Test de racine unitaire sur le taux d'intérêt (1970-2002) :
Modèle avec constante et sans trend
ADF/PP t t* (1%) t* (5%) t* (10%)
ADF (1) -5.079844 -3.6496 -2.9558 -2.6164
ADF (2) -4.273469 -3.6576 -2.9591 -2.6181
ADF (3) -3.975196 -3.6661 -2.9627 -2.6200
PP(3) -5.057844 -3.6496 -2.9558 -2.6164

ADF(d) test de Dickey-Fuller Augmenté, avec d = nombre de retards, les critères d’information d’Akaiké (AIC) et
de Schwartz (SC) suggèrent un modèle optimal avec un nombre de retards égal à un. PP(d) test de Phillips-
Perron, avec d comme paramètre de troncature, comme le test de Newey-Nest le suggère le paramètre de
troncature maximal est égal à trois.





37
Le taux d'intérêt nominal est extrait de GDF (Global Development Finance, 2004) et l’inflation mesurée par
le déflateur du PIB est extraite de WDI (World Development Indicator, 2004).
47

Graphique 10 : Evolution du taux d’intérêt réel (1970-2002)


Tests de stationnarité des séries R
t
et W
t.

Les séries crédit et débit du compte courant notées respectivement R
t
et W
t
ne sont pas
stationnaire en niveau et sont intégrées d’ordre 1, I(1), les résultats sont reportés aux tableaux
7 et 8, nous pouvons procéder à l’étude d’une éventuelle relation de long terme entre ces deux
séries.

Tableau 7 : Test de stationnarité en niveau
Augmented Dickey-Fuller test statistic
Null Hypothesis : R has a
unit root
Null Hypothesis : W has a
unit root
Lag Length : 0 (Fixed) Lag Length : 0 (Fixed)
t-Statistic = 0.743222 t-Statistic = 1.601599
Test critical values :
1% level -3.6289
5% level -2.9472
10% level -2.6118
Test critical values :
1% level -3.6289
5% level -2.9472
10% level -2.6118





-30
-20
-10
0
10
70 75 80 85 90 95 00
INTD MOY
48


Tableau 8 : Test de stationnarité en différence première
Augmented Dickey-Fuller test statistic
Null Hypothesis : D(R) has a
unit root
Null Hypothesis : D(W)
has a unit root
Lag Length : 0 (Fixed) Lag Length : 0 (Fixed)
t-Statistic = -5.799483 t-Statistic = -5.075092
Test critical values :
1% level -3.6353
5% level -2.9499
10% level -2.6133
Test critical values :
1% level -3.6353
5% level -2.9499
10% level -2.6133

Test de cointégration entre R
t
et W
t.

La statistique de la valeur propre maximale (tableau 9) conclut à l’absence de
cointégration pour un risque de rejet à tort de 1% et 5% ; la statistique de la trace indique, elle
aussi, une absence de relation de cointégration à 5% et à 1%. Les deux tests ne concluent donc
pas à une relation de long terme stationnaire entre les ressources et dépenses du compte
courant. Même en admettant l’existence d’une telle relation,
38
il apparaît à travers l’équation
de normalisation fournit par le test de cointégration que le coefficient m
2
est significativement
différent de 1 :
39


R
t
= − 7,67 + 0,76W
t

(34,3990) (0,05365)

( ) représente les écart type estimés des coefficients


Comme il est bien explicité ci-dessus la soutenabilité de la dette n’est acquise qu’a
condition que m
2
soit aussi égal à un après l’existence d’une relation de cointégration. Le
coefficient m
2
étant tés inférieur à un, la dette extérieure n’est donc pas soutenable. m
2
peut
être interprété comme un coefficient de couverture, en d’autres termes les ressources ne

38
Si l'on prend en compte une éventuelle rupture de tendance de l'une ou des deux séries, il se pourrait qu'il ai
cointégration entre les séries (cf. Annexe 12). Par ailleurs si la spécification suivante R
t
= m
2
W
t
+ µ
t
est retenue,
alors il y a cointégration entre les deux séries; ce type de spécification correspond au premier modèle de
Johansen, dans le cas du Sénégal il est le seul parmi les cinq modèles à conclure à une relation de cointégration.
39
Le "t" calculé est égal à
05365 , 0
1 76 , 0 −
= (– 4,47), ce qui est inférieur aux "t" tabulés à 1%, 5%, 10% qui sont
respectivement de (2,57582), (1,95906), (1,64485)
49
parviennent pas à couvrir plus de 76,6 % des dépenses du compte courant, ce qui indique une
situation d’endettement sévère et des probabilités plus élevées de risque de défaut de
paiement, cela expliquerait peut être le nombre de fois ou le Sénégal est passé au Club de
Paris pour restructurer sa dette ; entre 1981 et 2000 le Sénégal a bénéficié de 15
renégociations de sa dette en battant le record dans tous les pays en développement amenant
Jeffrey Sachs (2002) a affirmer une crise d’endettement chronique pour ce pays. Une autre
façon d’interpréter cette équation en prenant comme variable de normalisation les dépenses
(cf. équation 43) reviendrait à dire que sur 100 unités monétaires gagnées, l’économie est
incitée à dépenser par rapport à sa mode de vie 130 unités monétaires soit 30 unités de plus,
en d’autres termes 30 % de plus que ses ressources ;

W
t
= 10,02 + 1,30R
t
(43)

(44.3664)

(0.07922)



Tableau 9 : Test de cointégration de Johansen
Unrestricted Cointegration Rank Test
Hypothesized Trace 5 Percent 1 Percent
No. of CE(s) Eigenvalue Statistic Critical
Value
Critical Value
None 0.289670 17.10095 19.96 24.60
At most 1 0.148660 5.472088 9.24 12.97
*(**) denotes rejection of the hypothesis at the 5%(1%) level
Trace test indicates no cointegration at both 5% and 1% levels

Hypothesized Max-Eigen 5 Percent 1 Percent
No. of CE(s) Eigenvalue Statistic Critical
Value
Critical Value
None 0.289670 11.62887 15.67 20.20
At most 1 0.148660 5.472088 9.24 12.97
*(**) denotes rejection of the hypothesis at the 5%(1%) level
Max-eigenvalue test indicates no cointegration at both 5% and 1%
levels


b.3 Les résultats du test de Engle et Granger

Régression de R
t
sur W
t

En utilisant la méthode des moindres carrés ordinaires, la relation entre les ressources
et les dépenses courantes s’exprime ainsi :
R
t
= 0,876147W
t
− 4,380561 + µ
t

(63.08) (-0.406)
991279 , 0
2
= R et ( ) = t-Statistique

50
Test de stationnarité des résidus

La série temporelle des résidus suit un processus stationnaire (cf. Tableau 10 et
graphique 11). Le test de Engle et Granger conclue par conséquent à une cointégration entre
R
t
et W
t
. Cependant, le coefficient de couverture est significativement différent de un.
40
La
seconde condition n'étant pas respectée, la dette du Sénégal sur la période considérée n'était
donc pas soutenable.

Tableau 10 : Test de stationnarité des résidus
Variables ADF(1) ADF(2) ADF(3) PP(3)
µ
t
-2,830178 -2,547085 -1,857466 -2,826814
Les valeurs critiques tabulées qui sont utilisées pour le test de Engle et Granger sont celles de Davidson et
MacKinon (1993), pour un risque de rejet à tort de 1 %, 5 %, et 10 %, elle est égale à –3,90/–3,34/–3,04.

Graphique 11 : Evolution de la série des résidus sur la période 1968-2003
41




40
Le "t" calculé est égal à
0,013889
1 0,87614 −
= (– 8,92), ce qui est inférieur aux "t" tabulés à 1%, 5%, 10% qui sont
respectivement de (2,57582), (1,95906), (1,64485)

41
Les résidus sont en milliards de FCFA
-100
-50
0
50
100
150
70 75 80 85 90 95 00
Residuals
0
4
8
12
16
-75 -50 -25 0 25 50 75 100 125 150
Series: ERREUR
Sample 1968 2003
Observations 36
Mean 5.43E-14
Median 2.261002
Maximum 127.0730
Minimum -62.29191
Std. Dev. 38.00725
Skewness 1.431320
Kurtosis 6.381856
Jarque-Bera 29.44748
Probability 0.000000
51
Les méthodes de cointégration de Johansen d’une part et de Engle et Granger d’autre
part permettent de voir que les deux conditions de soutenabilité économétrique ne sont pas
acquises, nous pouvons, par conséquent, conclure que la dette extérieure du Sénégal sur la
période 1968-2003 n’est pas soutenable (cf. Graphique 12).


Graphique 12 : Dynamique jointe des ressources et dépenses courantes (1968-2003)
Le tableau ci-dessous illustre l'écart moyen entre les ressources et dépenses courantes sur la
période 1968-2003.
R
t
W
t

Mean 540.7448 622.1846
Median 467.7510 559.0570
Maximum 1476.867 1730.643
Minimum 64.70320 74.69610
Std. Dev. 412.9319 469.3036
Skewness 0.805830 0.842970
Kurtosis 2.516179 2.733723

Jarque-Bera 4.247291 4.369942
Probability 0.119595 0.112481

Sum 19466.81 22398.65
Sum Sq. Dev. 5967947. 7708606.

Observations 36 36
0
400
800
1200
1600
2000
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000
RESSOURCES DEPENSES
Evolution des ressources et dépenses courantes
sur la période 1968-2OO3
52
Les méthodes économétriques d'analyse présentées précédemment supposent que le solde
du compte courant est exogène, en tenant compte du caractère endogène de ce dernier, il est
possible de redéfinir un nouveau critère de soutenabilité; c'est la notion d'effet feed-back du
solde du compte courant.

4. Les effets feed-back du solde du compte courant comme critère de soutenabilité


a. La prise en compte du caractère endogène du compte courant : Uctum et Wickens (1993)

Uctum et Wickens (1993) proposent une nouvelle méthode pour déterminer si un pays est
en mesure de soutenir son déficit du compte courant sans un risque de défaut de payement du
service de sa dette extérieure. Cette approche est basée sur la notion de contrainte
d’endettement intertemporel de la nation qui dérive des équations d’identité comptable de la
balance des paiements. Une solution plus générale est obtenue en prenant en compte le
caractère endogène du déficit primaire du compte courant alors que les tests passés
supposaient que les déséquilibres extérieurs sont exogènes. Ils montrent que des effets feed-
back négatifs de la dette nette au déficit primaire du compte courant sont suffisants pour
assurer la soutenabilité de la dette. L’équation à tester est ainsi décrite :


2
z
t
= φ
1

2
f
t-1
+ φ
2

2
z
t-1
+ v
t
(44)

f
t
et z
t
représentent respectivement la dette extérieure nette et le déficit primaire du compte
courant, v
t
correspond au terme d’erreur de la régression. A
2
correspond à la variation au carré
des variables citées ci-dessous.

b. Méthodologie économétrique

Deux conditions doivent être remplies pour que les déficits soient soutenables sans risque
de défaut de paiement (ces deux conditions correspondent à l’hypothèse nulle) : Les
coefficients φ
1
et φ
2
doivent être négatifs et statistiquement significatifs.



t
2
ç
o
ç
q - et t
o
ç
q - 2 condition
0 ç et 0 ç 1 condition : Ho
u
2
ç u
ç
1
ç
2 1
2
1
1
> = > =
< <
∧ ∧




53
q et t
α
représentent respectivement les valeurs calculées et tabulées du ratio de Student. La
condition 1 signifie que les coefficients φ
1
et φ
2
sont négatifs. La condition 2 signifie que les
coefficients φ
1
et φ
2
sont significatifs. Le respect de ces deux critères correspond à la
condition nécessaire et suffisante pour que la contrainte d’endettement intertemporel soit
satisfaite ; ce qui se traduit par l’existence d’effets feed-back négatif de la dette extérieure
nette au déficit primaire du compte courant. Si ces deux conditions ne sont pas respectées
alors les déficits d’aujourd’hui produisent et amplifient les déficits de demain par conséquent
les déficits ne participent pas à la relance de l’activité économique et ne favorisent pas
l’amélioration du bien être de la population.

c. Les résultats économétriques

c.1 Les données utilisées

Les variables étudiées sont la dette extérieure nette et le solde primaire du compte courant.
Chacune de ces variables est déflatée par le PIB. Pour construire la série du solde primaire, il
faut ajouter les paiements d'intérêt au solde total. Ce denier est exprimé en FCFA et est extrait
de la base de données de la de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO).
Les paiements d'intérêt, qui sont extraits du GDF(2004), sont exprimés en dollar américain.
Pour les ramener en FCFA, nous avons utilisé la série du taux de change Dollar/FCFA, cette
série est extraite du WDI (2004). La série dette extérieure nette est exprimée en dollar, elle est
extraite de GDF (2004). Pour la ramener en FCFA, nous avons aussi eu recours au taux de
change Dollar/FCFA. Le PIB est extrait de la base de données de la Banque Centrale des Etats
de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Les séries sont de fréquence annuelle et l'échantillon
couvre la période 1968-2003.

c.2 Analyse des résultats

Régression de l'équation

L’estimation de l’équation (44) fournit les résultats suivants :


2
z
t
= 0.004446∆
2
f
t-1
+ 0.131734∆
2
z
t-1
+ v
t

(0.730229) (0.716060)
( ) = t-Statistic

54
Il est nécessaire de passer au test d'autocorrélation des erreurs, car en présence d'erreurs
autocorrélées les coefficients estimés ne sont pas BLUE (Best Linear Unbiased Estimator)
42

c'est à dire optimaux.

test d'autocorrélation des erreurs

Le test de Breusch-Godfrey (cf. tableau 11) montre une autocorrélation des erreurs puisque la
probabilité est inférieure à 5%.

Tableau 11 : Test d’autocorrelation de Breusch-Godfrey

Breusch-Godfrey Serial Correlation LM Test :
F-statistic 9.879908 Probability 0.000603
Obs*R-squared 10.47616 Probability 0.005310

Pour corriger cela nous utilisons la méthode de Cochrane Orcutt qui fournit des estimateurs
tendant à être BLUE :


2
z
t
= 0.002913∆
2
f
t-1
+ 0.743200∆
2
z
t-1
−0.695833AR(1) + v
t

(0.603811 ) (5.444558 ) (-4.734636)

( ) = t-Statistic

Risques de rejet à tort
1% 5% 10%
t
α
de Student tabulé 2,750 2,042 1,697

Il apparaît bien que l’autocorrélation a été éliminée par la méthode proposée (cf. Tableau 12),
ce qui veut dire que les coefficients sont à présent BLUE et qu'on peut procéder à leurs
interprétations.

Tableau 12 : Test d’autocorrelation de Breusch-Godfrey

Breusch-Godfrey Serial Correlation LM Test :
F-statistic 1.489431 Probability 0.244836
Obs*R-squared 2.188298 Probability 0.334824


Les coefficients sont positifs tout le contraire de ce qu’on attendait pour affirmait la
soutenabilité de la dette extérieure. Les déficits n’ont pas servi à relancer les activités
économiques. Nous pouvons, par conséquent, dire que la dette extérieure du Sénégal n'était

42
Traduction de BLUE en français = le meilleur estimateur linéaire sans biais
55
pas soutenable sur la période 1970-2002 selon l'approche de Uctum et Wickens (1993) qui
considère le caractère endogène du solde du compte courant.

L'étude de la vitesse de convergence du compte courant de l'économie sénégalaise
nous renseignera sur la capacité de cette économie à converger vers l'état régulier qui
correspond à un solde du compte courant égal à zéro.


5. Evaluation de la vitesse de convergence du compte courant vers l’état régulier :

a. Analyse économétrique : la notion de mean- reversion

Il s’agit de trouver la vitesse d’ajustement de (CA/Y)
t
43
vers sa valeur d’équilibre d’état
régulier. L’équation à tester repose sur un modèle autoregressif. Les critères d’information
d’Akaiké et de Schwartz nous indiquent que le modèle d’ordre 1 est le plus adéquat et le plus
parcimonieux :

∆(CA/Y)
t
= α + β(CA/Y)
t-1
+ ε
t
(45)
H0 : −2 < β < 0 l'économie est capable de résorber les chocs qu'elle subit
H1 : β > −2 ou β > 0 l'économie est incapable de résorber les chocs qu'elle subit

L’étude des caractéristiques du compte courant passe par l’examen de la vitesse de
convergence mesurée par β et la variance de l’erreur σ
2
. Comment interpréter les paramètres
du modèle ? L’interprétation de ce modèle dynamique est relativement simple, si −2 < β <0
l'economie a la capacité de resorber les chocs mais la vitesse dépend du paramètre β. Si ce
dernier est égal à moins, cela signifie une flexibilité du compte courant et une capacité de
l’économie à résorber la totalité des chocs de l'année. Inversement un β qui n'est pas compris
entre –2 et 0 indique une rigidité du compte courant ou les déviations de la valeur d’état
régulier ne sont pas corrigibles. Lorsque H0 est acceptée, le pourcentage de résorption des
chocs est égal à |1−|β||.

La vitesse de convergence nous renseigne sur les caractéristiques d'un économie (en terme
de fléxibilité) et sa capacité à concevoir des politiques économiques de correction et

43
CA/Y correspond au solde du compte courant exprimé en pourcentage du PIB

56
d’anticipation. La variable ε
t
capte les chocs subis par l’économie qui peuvent avoir des
causes diverses : une faible pluviométrie ou une sécheresse, une appréciation du dollar, une
augmentation brutale des taux d’intérêt et d’autres facteurs exogènes non maîtrisés par
l’économie. Si la variance de l’erreur σ
2
est élevée (si les erreurs sont heteroscedastiques) cela
veut dire que l’économie et son compte courant subit un éventail important de chocs, tandis
qu’une variance faible indique des périodes plus tranquilles sans perturbations majeures.

b. La valeur du β convergence du compte courant pour le cas du Sénégal :

b.1 Les données utilisées

L'étude porte sur le solde du compte courant exprimé en pourcentage du PIB. Les séries solde
en niveau et PIB sont de fréquence annuelle et sont extraites de la base de données de la
Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). L'échantillon couvre la période
1968-2003.

b.2 Analyse des résultats

Les résultats de la régression se présentent ainsi :

∆(CA/Y)
t
= α + β(CA/Y)
t-1
+ ε
t
∆(CA/Y)
t
= −0.020111 −0.311359 (CA/Y)
t-1
+ ε
t

(-2.185) (-2.478)
( ) = t-Statistic

Risques de rejet à tort 1% 5% 10%
t
α
de Student tabulé 2,575 1,959 1,644
R
2
= 0.156936
2
R = 0.131389
DW = 2.325421 F-statistic = 6.142945

Le modèle est globalement significatif au seuil de 5%. Pour ce type de régression le test de
DW ne permet pas de conclure sur l'autocorrélation des erreurs. Lorsque dans une régression
la variable endogène est retardée, la statistique de Durbin-Watson n'est plus valable. On
remplace ce dernier par le test du h Durbin. Le test du h de Durbin (1970) nous permet
d’étudier si les erreurs sont autocorrélées. La statistique du h de Durbin est la suivante :

57
2
µ
o n 1
n
p h




=
p

= 1−(DW/2), DW est la statistique de Durbin et Watson calculée sur le modèle précèdent, n
correspond au nombre d’observations et σ
2
la variance estimée du coefficient à partir du
modèle. La variable h suit une loi normale centrée : h → N(0,1) réduite, à partir de laquelle on
peut faire un test bilatéral :

Ho : ρ = 0 ou h=0 Les erreurs sont independantes
H1 : ρ ≠ 0 ou h≠0 Les erreurs sont autocorrélées

La règle de décision est la suivante pour un seuil critique de t
α
=1,96 avec un risque de rejet à
tort de 5% :
• Si |h|<1,96 nous acceptons l’hypothèse Ho d’indépendance des erreurs
• Si |h|>1,96 nous acceptons l’hypothèse d’autocorrélation des erreurs

D’après nos calculs le h de Durbin = -1,48556042 ce qui signifie que |h|<1,96. On accepte
donc l’hypothèse de non autocorrélation des résidus. Les estimateurs trouvés sont donc sans
biais et de variance minimale. Le test de Breusch-Godfrey le confirme également
(cf. Tableau 13):

Tableau 13 : Test d’autocorrelation de Breusch-Godfrey

Breusch-Godfrey Serial Correlation LM Test :
F-statistic 0.918745 Probability 0.409611
Obs*R-squared 1.958498 Probability 0.375593

Graphique 13 : Etude graphique de la variance de l’erreur

0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
-0.05 0.00 0.05
Series: ERREUR
Sample 1969 2003
Observations 35
Mean 5.20E-18
Median 0.003244
Maximum 0.056401
Minimum -0.076938
Std. Dev. 0.028008
Skewness -0.730699
Kurtosis 3.991133
Jarque-Bera 4.547125
Probability 0.102945
-.08
-.06
-.04
-.02
.00
.02
.04
.06
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000
ERREUR VN
58

Les résultats de la régression montrent que la vitesse de convergence (β) est très faible durant
la période 1968-2003, environ 31% par an ; les déviations par rapport à l'état régulier ont une
demi-vie de 22 mois, ce qui indique une faible flexibilité pour lisser les chocs. Lorsqu'on
décompose cette période en trois sous période (1968-1979, 1980-1991, 1992-2003), nous
trouvons les résultats ci-dessous :

Dependent Variable: D(CAPIB)
Method: Least Squares
Sample(adjusted): 1969 1979
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
CAPIB(-1) -0.752626 0.369904 -2.034652 0.0724
C -0.040494 0.020029 -2.021830 0.0739
S.D. dependent var 0.035960

Dependent Variable: D(CAPIB)
Method: Least Squares
Sample(adjusted): 1981 1991
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
CAPIB(-1) -0.250840 0.234935 -1.067699 0.3135
C -0.015004 0.024216 -0.619613 0.5509
S.D. dependent var 0.033959

Dependent Variable: D(CAPIB)
Method: Least Squares
Sample(adjusted): 1993 2003
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
CAPIB(-1) -0.424557 0.285743 -1.485800 0.1715
C -0.022270 0.014468 -1.539316 0.1581
S.D. dependent var 0.022278

Durant la première période, 75 % des chocs sont résorbés dans l'année, la demi vie des
déviations est égale à 0,5 ans. Durant la deuxième période, 25 % des chocs sont résorbés dans
l'année, la demi vie des déviations est égale à 2,41 ans. Cette période est marquée par le début
de la crise d'endettement, un déficit pluviométrique important pour une économie dont la
richesse est essentiellement basée sur l'agriculture, et une période institutionnelle très
mouvementée. Durant la troisième période 42 % des chocs sont résorbés, la demi vie des
déviations est égale à 1,27 an.
44
Les écarts types montrent que la volatilité était plus
importante durant les deux premières périodes. L'économie sénégalaise n'a pas ressentie les
chocs durant la première période du fait de sa forte capacité à résorber ces derniers.


44
Je remercie Monsieur Alan Taylor du National Bureau of Economic Research pour ses explications sur les
demi vie des déviations. La formule des demi vie se calculent en temps discret selon l'expression suivante :
ln(0,5)/ln|1−|β||
59
Nous constatons à travers le graphique précédent que les chocs sont importants et plus
particulièrement durant la période 1975-1980 marquée par la sécheresse et une vitesse de
convergence faible qui montre le caractère rigide du compte courant et traduit l’absence de
flexibilité de l’économie dans ces structures de production et sa façon de concevoir ses
politiques économiques.

Les méthodes économétriques présentées concluent dans leur ensemble à une
insoutenabilité de la dette extérieure du Sénégal. La méthode comptable permet aussi de
répondre à la question de la soutenabilité, en plus elle fournit les valeurs que les variables
(taux de croissance économique, solde annuel du compte courant) devraient respecter pour
rester dans une trajectoire de soutenabilité.


Nous venons de voir, à travers les différentes méthodes utilisées, que la dette extérieure n'était
pas soutenable sur la période considérée par l'étude. Nous avons aussi vu que le
remboursement de la dette du Sénégal a compromis ses efforts de développement. La question
qu'on se pose à présent est de savoir les enseignements de politiques économiques à tirer
d'une telle situation pour éviter que les décennies à venir soient caractérisées par des périodes
d'insoutenabilité de la dette contractée.

IV. Les enseignements de politiques économiques


Les résultats empiriques ont montré que la dette extérieure du Sénégal n’était pas
soutenable sur la période 1968-2003. Cela soutient l’importance de mettre en œuvre des
politiques de développement cohérentes et efficaces pour rendre viable les futurs ratios
d’endettement.

1. Des politiques de croissance économique

Le problème de surendettement du Sénégal indique un taux de croissance économique
insuffisant pour assurer le remboursement du service de sa dette. Les activités économiques
sont fortement dépendantes de facteurs exogènes tels que les aléas climatiques. L’économie
gagnerait donc à restructurer ses systèmes de production (vers des secteurs à forte valeur
ajoutée) et à les rendre moins dépendant des aléas climatiques. Dans le cas du Sénégal, pays
en phase de croissance, l'amélioration de la productivité à long terme passe par un
60
changement de la composition des activités économiques portant sur l'ensemble des secteurs,
des branches d'activités ou des types d'activité à l'intérieur d'une même branche. Cette
restructuration de l'économie (sur le plan de la production, de l'emploi et des exportations
etc.…) est un processus continu vital pour créer des secteurs à haute valeur ajoutée et source
de devises. Ainsi la restructuration aura un effet sur le bien-être et la performance de
l'économie. D'une manière générale on peut distinguer trois catégories de restructurations :
• Une recomposition sectorielle depuis le secteur primaire surtout l'agriculture jusqu'aux
services en passant par l'industrie manufacturière.
• Une restructuration à l'intérieur d'un secteur. Passer des industries à faible productivité
aux industries à forte productivité.
• Un réaménagement interne d'une branche d'activité en sélectionnant les biens et services à
forte valeur ajoutée au détriment de ceux à faible valeur ajoutée.

2. Des politiques de compétitivité (commerce extérieur)

Lorsque les soldes commerciaux observés sont inférieurs à leur niveau de
soutenabilité, il faut augmenter les exportations nettes de biens et services. Pour cela la
solution suivante est envisageable : mettre en place d’une part des politiques qui stimulent les
exportations et d'autre part des politiques de substitutions aux importations. D’une manière
générale il n’est pas conseillé d’encourager des politiques axées exclusivement sur le
remplacement des importations ou tourné entièrement vers les exportations. Dans les deux cas
cela peut être source d’inefficacité et de distorsions. Il convient donc de mener une politique
hybride qui combine ces deux politiques dans un cadre de cohérence des politiques
commerciales :

a. politiques de stimulation des exportations

L'écart de soutenabilité est mesuré par la différence X* − Xobs, avec X* > Xobs. Une
politique macro-économique efficace est nécessaire pour encourager la production de biens
exportables. X* est le niveau a atteindre, pour cela nous définissons trois mesures à mettre en
œuvre :
La diversification des exportations de biens et services ; les secteurs de l’horticulture et de
l’aviculture, par exemple, sont en expansion mais sont sous exploités alors que le marché
61
de la sous région offre au Sénégal des opportunités considérables à exploiter, les
exportations ne doivent plus dépendre de quelques produits principaux tels que la pèche,
les phosphates, le tourisme et l’arachide.
Mettre l’accent sur la formation des intervenants qui agissent dans le secteur des
exportations ou qui sont destinés à l’intégrer pour la maîtrise des facteurs de compétitivité
Procéder à la réorganisation des secteurs d’exportation en rendant formel une bonne partie
de cette activité qui reste dans le secteur informel, sans oublier aussi la restructuration des
secteurs d’exportation appartenant au secteur formel.
Ces trois mesures sont destinées à améliorer le rythme de progression des exportations
puisque l’écart de soutenabilité actuel (X* − Xobs et/ou M* − Mobs) traduit dans le cas du
Sénégal un rythme de progression des exportations inférieur à celui des importations.

b. Politiques de substitutions aux importations

L'écart de soutenabilité peut aussi être mesuré par la différence M*− Mobs, avec M* < Mobs.
M* est le niveau a atteindre, pour cela, nous définissons trois mesures à mettre en œuvre
Développer les productions locales tels que le secteur de la riziculture ;
Faire la promotion des produits locaux;
Développer la formation à la création de biens d’équipements qui pèse lourdement sur la
facture des importations ; Il est aussi indispensable d'encourager la formation. Le
développement économique passe par l'adaptation des ressources humaines au progrès
technique et par la diffusion de la technologie. La formation joue à cet égard un rôle de
premier plan. L'éducation permanente et le recyclage sont également importants et doivent
être étayés par des mesures visant à relier le système d'éducation à l'industrie et à soutenir
les efforts de formation de cette dernière. Pour mener une action efficace il faut favoriser
l'établissement de liens entre l'instruction préprofessionnelle et la formation en cours
d'emploi.
Ces trois mesures sont destinées à réduire le rythme de progression des importations. Le
troisième volet des politiques concerne la gestion de la dette.

3. Des politiques de gestion de la dette

Durant la période 1980 à 2000, le Sénégal a bénéficié de quinze mesures de restructuration
(allégement et rééchelonnements) de sa dette extérieure et a accusé des arriérés de paiement
62
pendant 16 années d’affilés de 1981-1997. Du fait que la dette initiale était inférieure à la
somme actualisée espérée des excédents primaires futurs du compte courant, l’économie
finançait le remboursement du principal et des intérêts par de nouveaux emprunts en ayant
recourt à des politiques de déficits extérieurs excessifs et systématiques. Il s'ensuivait des
programmes d’emprunt extérieur qui ne servaient pas à relancer les activités économiques et
ne favorisaient pas l’amélioration du bien être de la population. Si les mêmes politiques sont
conduites, les déficits d’aujourd’hui produiront et amplifieront les déficits de demain. Pour
maîtriser le poids de la dette dans l’économie, dans les années à venir, plusieurs mesures
doivent être prises :
Instaurer un système efficient d’information et de gestion de la dette. Le système
informatique de la dette extérieure est géré par une autre direction (la DTAI : Direction du
Traitement Automatique de l’Information) qui répond aux différentes demandes de la
direction de la dette en éditant des états ad hoc. Cela pose un certain nombre de problèmes
notamment l’impossibilité pour la direction d’exploiter le système à temps réel.
Résoudre le problème d’insuffisance de capital humain qui se pose au sein de la direction;
la direction est faiblement dotée en ressources humaines. Cette division qui a enregistré
plusieurs départs a vu ses effectifs passer à deux agents. Dans un passé récent, elle
comptait plus d’une dizaine d’agents. La direction ne peut mener à bien sa mission que si
elle bénéficie d’une augmentation significative de ses effectifs, d’une stabilité et d’un
renforcement des capacités de ce dernier.
Résoudre le problème de traçabilité des emplois de la dette : la transparence et l’efficacité
du système d’information supposent qu’il fournit des données complètes sur les
affectations de l’encours de la dette publique extérieure. La collecte d’information sur les
emplois de la dette est problématique car les projets financés par la dette ne font pas
toujours l’objet de rapport d’achèvement ou d’évaluation expost. Ce type de rapport est
souvent réalisé à la demande des bailleurs de fonds et même dans le cas où il existe, il ne
fournit pas généralement d’information complètes et suffisamment fines pour analyser
l’impact des projets réalisés.
Résoudre le problème de la documentation sur les questions d'endettement international;
La direction ne dispose pas d’un service de documentation et il n’existe pas de
disponibilité de l’information sur les projets réalisés.
Résoudre le problème de l'insuffisance des évaluations et/ou d’audit externes : les
dysfonctionnements des projets peuvent être mis en évidence et corrigés grâce aux
rapports d’évaluation à mi-parcours et d’audit externe. Dans le cas de certains projets le
63
rapport d’évaluation à mi-parcours s’est révélé déficient et aucune mission d’audit externe
n’a été réalisée durant la période d’exécution. Ces différentes insuffisances diminuent
fortement les chances de succès des projets.
Instaurer un dispositif de suivi-évaluation des projets à travers la confection et l’analyse
d’indicateurs standards capable d’apprécier les performances du projet financé par la dette
externe.
Résoudre les déficiences relatifs au système d’information (insuffisance de la transparence
des procédures, absence de manuel de procédures administratives) et à l’organisation des
projets (insuffisance du professionnalisme des responsables de projet) afin de pouvoir
procéder aux corrections nécessaires en temps opportun ;
Mettre en œuvre une politique de couverture au risque de change; tout endettement en
devises crée un risque de change qui doit être géré convenablement par l’emprunteur pour
éviter un alourdissement du service de la dette imputable aux variations du taux de
changes. Les services du trésor public révèlent qu’ils n’utilisent pas de techniques de
couverture de risque change dans le cas de la gestion de la dette extérieure. Ce qui porte à
croire que la gestion de la dette est sous-optimale.
Faire varier les conditions d’endettement en fonction du type de projet à financer.
Former et sensibiliser les bénéficiaires des projets de développement; La sensibilisation et
le renforcement des capacités des bénéficiaires constituent généralement une condition
nécessaire à la réussite des projets. Cependant dans le cas de certains projets ce volet n’est
pas exécuté de manière efficiente. Cela s'est traduit par les phénomènes suivants :i) une
insuffisance de l’entretien des équipements installés; ii) une insuffisance ou une absence
de provisions pour amortissements permettant de renouveler les équipements, d’assurer
l’indépendance et la pérennité du projet ; et iii) une faible participation des bénéficiaires
au financement de certains équipements ou infrastructures.
Réviser la gestion des projets issus de l'endettement : la réalisation des objectifs des
projets de développement est tributaire de facteurs situés en amont ou aval des projets. En
particulier il s’agit : a) de l’impact d’autre(s) projet(s) réalisé(s) antérieurement ou
concomitamment (exemple : la non prise en compte de la distribution de moulins par un
autre projet implanté dans la zone peut biaiser l’impact prévu du projet) ; b) des difficultés
de commercialisation de produits provenant d’activités génératrices de revenus
(maraîchage, embouche, etc.). Beaucoup de projets se focalisent sur la levée des
contraintes de production et ne prennent pas suffisamment en considération les problèmes
64
de commercialisation. Or l’absence ou l’insuffisance des débouchés remet en cause
l’augmentation des revenus et le recul de la pauvreté.

Les objectifs à venir pour les décideurs du Sénégal devraient tourner autour des axes
suivant :
- Reconstituer le circuit de la dette et mettre en évidence l’affectation de la dette contractée.
- Déterminer l’impact économique et social des projets financés et apprécier la mesure dans
laquelle ils ont répondu aux attentes des pouvoirs publics et des bénéficiaires.
- Etablir des rapports d’achèvement et d’évaluation ex post des projets financés par la dette
extérieure
- Procéder à des analyses d’impact et construire des indicateurs pertinents (taux de
rentabilité économique et sociale, impact sur la production, les revenus, l’emploi, etc.)
pour tous les projets à venir.
- La mise en place d’un service de documentation doté de moyens humains et matériels
(informatique). Ce service aurait la responsabilité de collecter et de gérer toute
information relative au circuit de la dette disponible auprès de la DDI, la DCEF, la
Direction du Trésor, la BCEAO ;
45

- La gestion de la dette ne doit pas être conçue de manière isolée car elle constitue une
partie intégrante de la gestion macroéconomique globale. Le niveau et la variation de la
dette sont étroitement liés au solde des opérations de l’Etat et à la situation de la balance
des paiements. Par conséquent, il est souhaitable de renforcer la coordination entre la
DDI, la DCEF, la DPS, la Direction du Trésor et la BCEAO pour dégager une approche
globale et cohérente de la politique d’endettement extérieur. La coordination entre ces
différentes directions peut être formalisée par la création d’un comité national de suivi de
la politique d’endettement regroupant ces directions.
- Les projets en cours d’exécution doivent faire systématiquement l’objet d’audits interne et
externe selon un calendrier établi dès leur démarrage.
- Des indicateurs de suivi-évaluation doivent être mis en place et une base de données
complètes et détaillées (situation de référence, ventilation des dépenses, etc.) couvrant
toute la durée de vie des projets doit être disponible afin de faciliter toute analyse des
performances des projets. Il est donc indispensable de mettre l’accent sur les politiques de

45
DDI (Direction de la Dette et de l'Investissement), DCEF (Direction de la Comptabilité et des Etudes
Financières ), DPS (Direction de la Prévision et des Statistiques), DDP (Direction de la Dette et de la
Planification)

65
suivi pour essayer de résoudre les problèmes risquant de provoquer de futures crises
d'endettement.
- Le recensement systématique de l’information sur l’historique de la dette (origines,
caractéristiques, destinations) et la conservation de celle-ci par des moyens appropriés
(CD-ROM, microfiches par exemple)
- L’augmentation et la stabilité des effectifs de la DDP


C o n c l u s i o n s


Pour le cas du Sénégal la condition de solvabilité n’est pas respectée sur la période
1960-2003. Les tests de stationnarité sur son compte courant et sa dette actualisée nous ont
permis de voir que les déficits extérieurs étaient excessifs et systématiques amenant
l’économie à financer le remboursement du principal et des intérêts par de nouveaux
emprunts. Le solde dégagé par le compte courant était insuffisant pour assurer le
remboursement du service de la dette. Les résultats les plus optimistes montrent que les séries
de dette actualisée et du compte courant (en ratio) sont stationnaires autour d’une constante
dont la valeur relative est non nulle et négative, ce qui correspond à une absence de
soutenabilité. Les résultats nous ont aussi permis de voir que des efforts ont été réalisés à
partir de 1981, mais ils ont été insuffisants pour rendre la dette extérieure soutenable durant la
période étudiée.

Le test de cointégration prouve qu'il n’y a pas de relation de long terme stationnaire entre
les ressources et les dépenses courantes. Cela implique que l’économie nationale était en
violation de sa contrainte d’endettement intertemporel. Une autre façon d’interpréter ces
résultats en terme de politiques économiques repose sur le train de vie de l’économie; le pays
vivait au-dessus de ces moyens parce que les dépenses tendaient à croître beaucoup plus vite
que les ressources. Cette dernière ne parvient pas à couvrir plus de 76,6 % des dépenses du
compte courant, ce qui indique un coefficient de couverture faible, une situation
d’endettement sévère, et des probabilités plus élevées de risque de défaut de paiement pour ce
pays. Ces résultats pourraient expliquer le nombre de fois où le Sénégal est passé au Club de
Paris pour restructurer sa dette; entre 1981 et 2000 le Sénégal a bénéficié de 15 renégociations
de sa dette en battant le record dans tous les pays en développement amenant Jeffrey Sachs
(2002) à affirmer une crise d’endettement chronique pour ce pays.
66

Par ailleurs, avec une prise en compte du caractère endogène du compte courant, les
coefficients des effets feed-back de la dette nette au déficit primaire sont positifs; tout le
contraire de ce qu’on attendait pour conclure à la soutenabilité de la dette extérieure selon
l'optique de Uctum et Wickens, 1993). Les emprunts n’ont donc pas servi à relancer les
activités économiques et à l’amélioration du bien être de la population.

La vitesse d’ajustement du compte courant de ce pays vers sa valeur d’équilibre d’état
régulier est faible et indique une flexibilité modérée du compte courant où les chocs sont très
difficilement corrigibles (une faible flexibilité pour lisser les chocs). Nous constatons que les
chocs sont importants et plus particulièrement durant la période 1975-1980 marquée par la
sécheresse. Cela traduit aussi l’absence de flexibilité de l’économie dans ces structures de
production et sa façon de concevoir ses politiques économiques.


En somme, les résultats empiriques prouvent que la dette extérieure courante restante était
supérieure à la valeur espérée des surplus nets commerciaux, faisant apparaître un problème
de surendettement et d’insolvabilité externe. Ces résultats donnent des justifications aux
stratégies de restructurations entamées à partir de 1981 entre le Sénégal et ses créanciers, et
l'annulaton à 100% de la dette de ce pays vis a vis de la Banque Mondiale, du Fond Monétaire
International et de la Banque Africaine de Développement. Cela soutient aussi l’importance
de mettre en œuvre, dans le futur, des politiques de développement cohérents et efficaces pour
des ratios d’endettement viables (politique de croissance économique, politiques
commerciales, politique de gestion de la dette). Pour que la contrainte d'emprunt
intertemporel soit respecter, il faut deux types de mesure: i) réduire la dette et/ou ii)
augmenter les exportations nettes de bien et service, d'où l’importance de mettre en œuvre
dans les pays très endettés comme le Sénégal des politiques de développement orientées sur
l’efficacité des exportations.

L’ouverture aux capitaux par l’endettement est à la fois inévitable et souhaitable. Mais la
dette peut en définitive coûter à la nation plus chère qu’elle ne lui rapporte, elle comporte des
risques qu’une politique d’endettement résolue permettra d’éviter. Créer un climat favorable à
la gestion des futurs programmes d'endettement constituera des atouts de réussites. Telle est la
tâche à la quelle le gouvernement devra s’atteler.
67

B i b l i o g r a p h i e

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70
Annexe 1 : La dynamique de long terme du PNB et de l’absorption

Reprenons l’équation dynamique fondamentale de l’accumulation de la dette extérieure :

D
t
= (1+ r)D
t-1
– Z
t
(1)





L’équation du compte courant peut être réécrite de cette façon :

Z
t
= CA
t
+ rD
t-1
= (Y
t
– A
t
) + rD
t-1
= Y
t


– A
t
(2)


Y
t
’ représente le PNB hors intérêts versés à l’extérieur qui peut s’assimiler au PIB si l’on ne
prend pas en considération les transferts, cependant puisque ce dernier occupe une importance
au Sénégal du fait de son statut de pays en développement son intégration dans l’analyse est
capitale.
D
t
= (1+ r)D
t-1
– (Y
t


– A
t
) (3)

Interprétation de l’équation dynamique fondamentale

Réécrivons l’équation (3) pour ensuite procéder à son interprétation :


) A (Y

1
t
'
t
1
1
r
D D
D D
t t
t t
=

+

− −

(4)

Si le PNB hors intérêts versés à l’extérieur est égal à l’absorption (Y
t


– A
t
= 0) alors le stock
de la dette extérieure croît au taux d’intérêt r :


1
1
r
D
D D
t
t t
=



(4A)

Si le PNB hors intérêts versés à l’extérieur est inférieur à l’absorption (Y
t


– A
t
< 0) alors le
stock de la dette extérieure croît plus vite que le taux d’intérêt :

r
D
D D
1 - t
1 - t

t
>

(4B)


71

Si le PNB hors intérêts versés à l’extérieur est supérieur à l’absorption (Y
t


– A
t
> 0) deux cas
qui dépendent de l’ampleur du surplus sont à distingués :
Cas 1 : Lorsque le différentiel qui est positif couvre moins que les paiements d’intérêts c’est à
dire [(Y
t


– A
t
) < rD
t
], le stock de la dette croît moins vite que le taux d’intérêt :

r 0
1
1
<

<


t
t t
D
D D
(4C)

Cas 2 : Lorsque le différentiel qui est positif couvre plus que les paiements d’intérêts c’est à
dire [(Y
t


– A
t
) > rD
t
], le stock de la dette extérieure se réduit au cours du temps :

0
1
1
<



t
t t
D
D D
(4D)

Nous allons montrer à présent que la dette extérieure est soutenable lorsqu'il existe une
relation de long terme entre le PNB et l'absorption.

Analyse économétrique en terme de cointégration

Reprenons l'équation en valeur actualisée de la contrainte d'endettement intertemporel


r) (1
D
r) (1
Z
D
t
t
t 1 t
t
t
0 Lim
+
+
+
=
∞ →

=

Notons que le solde primaire du compte courant (Z
t
) est égal au PNB hors intérêt (Y
t

) moins
la demande intérieure (A
t
), l’équation ci-dessus devient :


r) (1
D
) A (Y i D
t
t
t
t
1 t
'
t t 0 Lim
+
+ − =
∞ →

=

(5)

72
La question principale est de savoir si la limite de
r) (1
D
t
t
+
est nulle sachant que les
ressources (Y
t

) et la demande intérieure (A
t
) continuent de suivre des processus
stochastiques :


[ lim D
t
/ (1 + r)
t
| Y
t


et A
t
suivent des processus stochastiques ] = 0
t → ∞

Nous avons besoin d’une équation alternative pour en déduire des implications testables.
Supposons que le taux d’intérêt est stationnaire, avec une moyenne inconditionnelle qui est
égale à r. Ajoutons et soustrayons rD
t-1
des deux côtés de l’équation dynamique fondamentale,
nous obtenons :

F
t
+ (1+ r)D
t-1
= Y
t
'
+ D
t
(6)

Où F
t
= A
t
+ (r
t
− r)D
t-1
, l’équation (6) est vérifiée à chaque période. La résolution de cette
équation vers l’avant fournit :

(7) D Lim ) F Y ( D
k t
1
0 k
k t
'
k t
1
1 - t +
+

=
+ +
+
+ − =

k k
λ λ

r 1
1

+
= λ

En prenant en compte le différentiel de l'équation (7), et en le confrontant avec l'équation (6),
l’équation (7) peut être réécrite comme suit :
Après plusieurs manipulations mathématiques, l’équation (7) peut être réécrite comme suit :

∞ →
∆ + ∆ − ∆ + = +
+
+

=
+ +

k
(8) D Lim ) F Y ( Y D r A
k t
1
0 k
k t
'
k t
1 '
t 1 - t t t
k k
λ λ


Soit W
t
le côté gauche de l’équation (8). Supposons que les variables Y
t
'
et F
t
ne soient pas
stationnaires et quelles soient intégrées d’ordre 1, c’est à dire stationnaires en différence
73
première. Supposons aussi que ces deux variables suivent des processus de marche au hasard
avec dérive :

Y
t
'

= Ψ+ Y'
t-1
+ µ
1t
(9)
F
t
= α +F
t-1
+ µ
2t
(10)

Dans ce cas l’équation (8) peut être réécrite comme suit :


∞ →
+ ∆ + + =
+
+
k
(11) µ D Limì Y 0 W
t k t
1 k '
t t



− = − ≡
− −
) µ (µ ì µ et u) (¡ ì 0 où
2t 1t
1 k
t
1 k

L’équation (11) forme l’hypothèse de base qui est testée. Si la condition de soutenabilité est
satisfaite le troisième terme du second membre de l’équation (11) est nul et nous pouvons
réécrire l’équation (11) comme une équation de régression :

Y
t

= m
1
+ m
2
W
t
+ µ
t

Y
t

= m
1
+ m
2
(A
t
+ rD
t-1
)

+ µ
t


Cela revient à tester l’équation suivante
Y
t
= m
1
+ m
2
A
t
+ µ
t
(12)












74
Annexe 2 : La dynamique de long terme de l’investissement et de l’épargne

Reprenons l’équation dynamique fondamentale de l’accumulation de la dette extérieure :

D
t
= (1+ r)D
t-1
– Z
t
(1)



L’équation du compte courant peut être réécrite de cette façon :

Z
t
– rD
t
= CA
t
= Y
t
– A
t
Z
t
= Y
t
– (C
t
+ I
t
+ G
t
) + rD
t
= S
t
– I
t
+ rD
t
= S
t
’ – I
t
(2)


Posons S
t
’= S
t
+ rD
t
, la nouvelle équation s’établit ainsi :

D
t
= (1+ r)D
t-1
– (S
t
’– I
t
) (3)

Interprétation de l’équation dynamique fondamentale :

Réécrivons l’équation (3) pour ensuite procéder à son interprétation :


) I S (

1
t
'
t
1
1
r
D D
D D
t t
t t
=

+

− −

(4)

Si S
t

– I
t
= 0 alors le stock de la dette extérieure croît au taux d’intérêt r :


1
1
r
D
D D
t
t t
=



(4A)

Si S
t

– I
t
< 0 alors le stock de la dette extérieure croîtra plus vite que le taux d’intérêt :

r
D
D D
1 - t
1 - t

t
>

(4B)

Si S
t

– I
t
> 0 deux cas qui dépendent de l’ampleur du surplus sont à distingués :

75
Cas 1 : Lorsque le différentiel qui est positif couvre moins que les paiements d’intérêts c’est à
dire [(S
t

– I
t
) < rD
t
], le stock de la dette croît moins vite que le taux d’intérêt :

r 0
1
1
<

<


t
t t
D
D D
(4C)

Cas 2 : Lorsque le différentiel qui est positif couvre plus que les paiements d’intérêts c’est à
dire [(S
t

– I
t
)

> rD
t
], le stock de la dette extérieure se réduit au cours du temps :

0
1
1
<



t
t t
D
D D
(4D)

Nous allons montrer que la dette extérieure est soutenable lorsqu'il existe une relation de
long terme entre l'investissement et l'épargne.

Analyse économétrique en terme de cointégration

Reprenons l'équation en valeur actualisée de la contrainte d'endettement intertemporel :


r) (1
D
r) (1
Z
D
t
t
t 1 t
t
t
0 Lim
+
+
+
=
∞ →

=

Notons que le solde primaire du compte courant (Z
t
) est égal l'épargne domestique (S
t

) moins
l'investissement domestique (I
t
), l’équation ci-dessus devient :


r) (1
D

r) (1
) I (S
D
t
t
t 1 t
t
t
'
t
0 Lim
+
+
+

=
∞ →

=

(5)

La question principale est de savoir si la limite de
r) (1
D
t
t
+
est nulle sachant que S
t

et
I
t
continuent de suivre des processus stochastiques :


[ lim D
t
/ (1 + r)
t
| S
t


et I
t
suivent des processus stochastiques ] = 0
t → ∞
76
Nous avons besoin d’une équation alternative pour en déduire des implications testables.
Supposons que le taux d’intérêt est stationnaire, avec une moyenne inconditionnelle qui est
égale à r. Ajoutons et soustrayons rD
t-1
des deux côtés de l’équation dynamique fondamentale,
nous obtenons :

F
t
+ (1+ r)D
t-1
= S
t

+ D
t
(6)

Où F
t
= I
t
+ (r
t
− r)D
t-1
, l’équation (6) est vérifiée à chaque période. La résolution de cette
équation vers l’avant fournit :

(7) D Lim ) F S ( D
k t
1
0 k
k t
'
k t
1
1 - t +
+

=
+ +
+
+ − =

k k
λ λ

r 1
1

+
= λ

En prenant en compte le différentiel de l'équation (7), et en le confrontant avec l'équation (6),
l’équation (7) peut être réécrite comme suit :

∞ →
∆ + ∆ − ∆ + = +
+
+

=
+ +

k
(8) D Lim ) F S ( S D r I
k t
1
0 k
k t
'
k t
1 '
t 1 - t t t
k k
λ λ


Supposons que les variables S
t

et F
t
ne soient pas stationnaires et quelles soient intégrées
d’ordre 1, c’est à dire stationnaires en différence première. Supposons aussi que ces deux
variables suivent des processus de marche au hasard avec dérive :

S
t


= Ψ+ S

t-1
+ µ
1t
(9)
F
t
= α +F
t-1
+ µ
2t
(10)

Dans ce cas l’équation (8) peut être réécrite comme suit :


∞ →
+ ∆ + + =
+
+
k
(11) µ D Limì S 0 I
t k t
1 k
t t



− = − ≡
− −
) µ (µ ì µ et u) (¡ ì 0 où
2t 1t
1 k
t
1 k

L’équation (11) forme l’hypothèse de base qui est testée. Si la condition de soutenabilité est
satisfaite le troisième terme du second membre de l’équation (11) est nul et nous pouvons
réécrire l’équation (11) comme une équation de régression :

S
t
= m
1
+ m
2
I
t
+ u
t
(12)


77
Annexe 3 : Prise en compte des responsabilités du secteur public et privé

Reprenons l’équation de l'identité comptable en macroéconomie ouverte :

Y + M = C + I + G + X (1)

Nous pouvons aussi décrire la répartition du revenu du ménage qui se fait entre la
consommation, l’épargne et l’impôt, ce qui nous donne en notant T l’impôt, S l’épargne :

Y = C + S + T (2)

La confrontation de (1) et (2) nous donne :

X – M = S – I + G - T (3)

X - M représente le solde du compte courant de la balance des paiements, S - I correspond à la
situation financière des ménages par rapport à l’investissement domestique, T - G représente
le budget de l’Etat. Etudions les cas susceptibles de se présenter pour une nation :

(1) Il y a déficit budgétaire et surcroît de l’épargne sur l’investissement :
• si le premier effet est plus important que le second il n’y a pas de déficit de la balance des
des paiements courants.
• au cas contraire, à savoir le premier effet est moins important que le second, il y aura un
déficit de la balance des paiements courants (BPC).

(2) Il y a insuffisance de l'épargne et excèdent budgétaire.
• si le premier effet est plus important il y aura un déficit de la BPC.
• si c'est le second effet qui est plus important il n'y aura pas de déficit.

(3) Il y a insuffisance de l'épargne et déficit budgétaire.
• il devient claire dans ce cas que le pays accuse un déficit de sa BPC.

(4) Il y a excèdent budgétaire et surcroît de l'épargne sur l'investissement :
• le solde de la balance des paiements courants est excédentaire.


78
Globalement l'analyse des ces quatre cas nous montre que si les ressources intérieures
composées de l'épargne et des recettes fiscales (les impôts) sont insuffisantes pour faire face à
l'investissement et aux dépenses publiques, il y aura des mouvements de capitaux du reste du
monde vers le pays éprouvant un déficit de sa BPC. Cette équation permet aussi de déterminer
le(s) secteur(s) à l’origine des emprunts excessifs.

Annexe 4 : Dynamique de l’investissement et de l’épargne du secteur privé

La relation de cointégration à tester, pour le secteur privé, est la suivante :
SP
t
= m
1
+ m
2
IP
t
+ u
t

Avec SP l’épargne nationale privée et IP l’investissement privé

Annexe 5 : Dynamique des recettes et dépenses publiques

La relation de cointégration à tester, pour le secteur public, est la suivante :
T
t
= m
1
+ m
2
G
t
+ u
t

Avec T les recettes budgétaires et G les dépenses publiques



























79


Annexe 6 : Démonstrations de l'expression F
t
+ (1+ r)D
t-1
=

D
t
+

R
t

D
t
= (1+ r
t
)D
t-1
– Z
t

D
t
+ rD
t-1
= (1+ r
t
)D
t-1
– Z
t
+

rD
t-1

D
t
+ rD
t-1
= (1+ r
t
)D
t-1
– (R
t
− H
t
)

+

rD
t-1

D
t
+ rD
t-1
= D
t-1
+ r
t
D
t-1
– R
t
+ H
t
+

rD
t-1

D
t
+ rD
t-1
= (1+ r)D
t-1
– R
t
+ H
t


+

r
t
D
t-1

D
t
+ rD
t-1
= (1+ r)D
t-1
– R
t
+ H
t


+

r
t
D
t-1
– rD
t-1

D
t
= (1+ r)D
t-1
– R
t
+ H
t


+

(r
t
– r)D
t-1

D
t
+

R
t
= (1+ r)D
t-1
+ H
t


+

(r
t
– r)D
t-1

H
t


+

(r
t
– r)D
t-1
+ (1+ r)D
t-1
=

D
t
+

R
t

Posons F
t
= H
t


+

(r
t
– r)D
t-1
alors

F
t
+ (1+ r)D
t-1
=

D
t
+

R
t
















80
Annexe 7 : La balance des paiements

La balance des paiements est un document statistique qui retrace l'ensemble des flux entre les
résidents d'une économie et ceux des autres économies qui constituent le reste du monde. Un
résidents est : a) une personne physique qui a un activité dans une économie depuis plus d'un
an; ou b) une personne morale quelque sot sa nationalité dont les établissements sont situés
dans l'économie étudiée (filiale, succursale, agence, bureau, etc.). Ces flux supposent en
général une conversion de la monnaie nationale en devises, ou l'inverse. La balance des
paiements peut donc être perçue comme un document qui retrace ex post les diverses
transactions qui ont eu lieu sur le marché des changes. Toute opération qui se traduit par une
entrée en devises est enregistrée en crédit. Toute opération qui se traduit par une sortie de
devises est enregistrée en débit. La BP retrace, pour une période donnée, l'origine (les
ressources) et l'utilisation (les emplois) des devises; suivant les règles de la comptabilité en
partie double qui rassemble et ordonne, dans un cadre défini, l'ensemble des opérations
économiques et financières donnant lieu à un transfert de propriété entre les résidents d'un
pays et les non-résidents. Ainsi la BP est un document comptable équilibré. Dans une balance
des paiements les transactions sont donc enregistrées lorsqu'elles se traduisent par un
changement de propriété. En conséquence, la balance des paiements traduit des flux financiers
en termes de trésorerie. La présentation standard est celle du FMI, qui a publié un nouveau
manuel en 1995. Le tableau suivant présente les principaux postes de la balance des paiements
tels qu'ils apparaissent dans cette présentation.

Présentation standard de la balance des paiements (FMI 1995)

Ressources (crédit) Emplois (débit)
A. COMPTE DES TRANSACTIONS COURANTES
Exportations de biens (a) Importations de biens (a)'
Services (b) Services (b)'
Revenus (c) Revenus (c)'
Transferts courants (d) Transferts courants (d)'
Ressources courantes = (a) + (b) + (c) + (d) Dépenses courantes = (a)' + (b)' + (c)' + (d)'
B. COMPTE DE CAPITAL
Capital Capital
C. COMPTE DES OPERATIONS FINANCIERES
Investissements directs à l'étranger Investissements directs dans l'économie
Investissements de portefeuille Investissement de portefeuille
Autres investissements (notamment les prêts bancaires) Autres investissements (notamment les prêts bancaires)
D. ERREURS ET OMISSIONS NETTES
E. RESERVES ET POSTES APPARENTES
Avoir de réserve Avoir de réserve
Utilisation de crédits et de prêts du FMI Utilisation de crédits et de prêts du FMI
Engagements constituant des réserves pour les autorités
étrangères
Engagements constituant des réserves pour les autorités
étrangères
Financements exceptionnels Financements exceptionnels
81
Les comptes
La balance des paiements se compose de trois comptes principaux :
Le compte des transactions courantes
Le compte de capital
Le compte financier
Le poste des erreurs et omissions nettes sert à équilibrer la BP

Le compte des transactions courantes

Les transactions courantes comprennent :

• Les biens (marchandises). Les exportations et importations ne concernent que les biens;
• Les services (transports, voyages, assurances, frêt, dépenses des touristes). Les services
sont retracés à part;
• Les revenus (du travail et du capital
46
). Les revenus issus des facteurs de production
(intérêts des prêts, dividendes des investissements directs etc.) sont retracés avec les
revenus du travail (des non résidents). Les intérêts payés par les pays endettés sont inclus
dans les revenus des investissements (postes intérêts);
• Les transferts courants (les biens et services fournis ou reçus sans contrepartie
identifiable). On retrouve notamment dans la rubrique autres transferts les envois de fond
des travailleurs émigrés devenus résidents d'autre économie ainsi que les subventions
accordées par des Etats étrangers tels que les dons au titre de l'aide au développement.

Le compte de capital

Ce compte regroupe :
• Les transferts en capital (remises de dette, aide à l'investissement);
• Acquisition d'actifs non financiers (vente de brevets, droit d'auteurs, transferts en bien
d'équipement, etc.)
La balance du capital ne comprend à présent que des opérations limitées.


Le compte financier

Cette partie de la balance comprend deux sous-ensembles:
• Les flux financiers (hors avoir de réserve et postes apparentés) qui regroupent :


46
Les revenus du capital sont aussi appelé revenus des investissements
82
Investissements directs (détention de plus de 10 % du capital de l'entreprise investie);
Investissements de portefeuille. titre de participation ( détention de moins de 10 % du
capital de l'entreprise investie) et titres de créances ( obligations et autres titres
d'endettement)
Les autres investissements (les prêts bancaires internationaux, les crédits commerciaux,
les prêts et placements).
Produits financiers dérivés destinés à la couverture des risques (intérêts sur swaps
primes option appels de marge et dépôts de garantie)

• Les avoirs de réserve et postes apparentés qui regroupent les rubriques suivantes:
Les avoirs de réserve (or, avoirs en droit de tirage spéciaux, position nette de réserve
au FMI, avoirs en devises)
Financement exceptionnel. Ce poste, que l'on retrouve souvent dans les BP des pays
en développement, regroupent des opérations qui ne constituent pas un mode de
financement régulier (rééchelonnements du service de la dette, conversion de dette,
arriérés de paiement, etc.)
Contrairement à ce qui était fait antérieurement, il est maintenant prescrit d'exclure le poste
des réévaluations des avoirs de réserve, ainsi que leurs contreparties. Les erreurs et omissions
nettes enregistrent la différence entre ressources et emplois (erreurs statistiques, etc.).

Les soldes

Le solde des transactions courantes

solde des transactions courantes =
solde des biens + solde des service + solde des revenus + solde des transferts courant.

Le solde des capitaux et des opérations non financières

solde des capitaux et des opérations non financières =
solde du compte capital + solde du compte des opérations financières

Le solde de la balance globale

solde de la balance globale =
solde des transactions courantes + solde des capitaux et des opérations non financières

83
Le solde de la balance globale récapitule l'ensemble des transactions effectuées par les agents
privés entre l'économie et le reste du monde. Il indique donc la variation de la quantité de
monnaie dans le pays due aux relations extérieures de ce pays avec le reste du monde.

L'équilibre de la balance des paiements

L'équilibre comptable de la BP est donnée par la relation suivante :
BTC + BCA =AR
Avec
BTC : Balance des transactions courantes
BCA : Balance des capitaux
AR : Variation des réserves en devises
Le solde de la balance globale (BG) est tel que BG = BTC + BCA
AR apparaît comme la variation de la quantité de monnaies dans le pays due aux relations
extérieures de ce pays avec le reste du monde. La manière dont s'équilibre la balance des
paiements est en grande partie déterminée par le régime de change. En régime de change fixe,
c'est la variation des réserves qui permet l'ajustement des ressources et des emplois (de l'offre
et de la demande de devises). EN régime de flexible (quand le taux de change est librement
déterminé sur le marché), c'est la variation du taux de change qui permet cet ajustement. Dans
ce dernier cas, un pays importateur de capitaux verra son taux de change s'apprécier, ce qui
devrait conduire à une perte de compétitivité :
En taux de change fixe AR = 0
En taux de change flexible AR = 0











84
BALANCE DES PAIEMENTS : PRESENTATION STANDARD.
DESCRIPTION DU CONTENU DES RUBRIQUES ET DES MODES DE COMPTABILISATION

Rubrique Description Comptabilisation
Balance commerciale Mouvements de marchandises qui
font d'un transfert de propriété
Différence entre les exportations et
les importations
Exportations de biens
Importations de biens
Balance des services (nets)
Transports Opérations sur le frêt
Voyages Dépenses liées au tourisme
Services des administrations
publiques

Autres services
Balance des revenus nets Mouvements liés à la rémunération
de facteurs de production (travail,
capital, terre, etc.)

Revenus du travail Rémunération de travailleurs non-
résidents

Revenus des investissements nets Ensemble des revenus du capital
versés par des résidents à des non
résidents, ou l'inverse.

Dont intérêt/dette Intérêts versés sur la dette
extérieure, publique (emprunts de
l'Etat ou avalisés) et privée
(entreprises, ménages)

Dont dividendes Revenus versés aux actionnaires des
entreprises d'investissements direct
y compris les revenus des
investissements directs non
transférés à l'extérieur

Balance des transferts courants Transferts sas contrepartie publics
et privés, en espèces et en nature, à
l'exclusion des transferts en capital

Transferts publics courants
Subventions publiques à des non-
résidents ou vice-versa
Dons au titre de l'aide au
développement, subventions de
l'Union européenne, etc. qui visent à
assurer l'équilibre du
fonctionnement, de la
consommation, etc.
Transferts privés courants Subventions privées à des non-
résidents ou vice-versa
Notamment les transferts des
travailleurs immigrés depuis plus
d'un an (qui sont des résidents) à des
non-résidents.

Solde courant
Balance des capitaux et des
opérations financières

Compte de capital Opérations portant sur du capital, au
sens de la formation Brute de
capital des comptes nationaux
Comprend les transferts en capital
(subventions pour investissement,
tel que la construction de route, etc.,
les remises de dette, les acquisitions
et cessions d'actifs non financiers
non produits

Compte des opérations financières Opérations qui accroissent les
créances ou les engagements des
résidents

Investissements directs
De l'Economie à l'Etranger Flux financiers effectués par des Comprend non seulement la
85
résidents en vue d'acquérir un
intérêt durable dans une entreprise
non-résidente
En pratique, l'investisseur direct doit
détenir au moins 10 % des actions
ou des droits de vote de l'entreprise
dans laquelle il investi
transaction initiale, mais aussi les
transactions ultérieures entre maison
-mère et filiale (emprunts, prêts,
bénéfices réinvestis). Les
désinvestissements sont
comptabilisés comme des
investissements directs négatifs
De l'Etranger à l'Economie Flux financiers effectués par des
non-résidents en vue d'acquérir un
intérêt durable dans une entreprise
résidente
idem
Investissements de portefeuille Transactions sur des titres de
participation (actions), de créances
(obligations et autres titres
d'endettement, instruments du
marché monétaire, produits
financiers dérivés)

Autres Investissements Crédits commerciaux, prêts à court
et long termes, y compris les crédits
et prêts du FMI

Erreurs et Omissions Ce poste enregistre la différence
entre le total des ressources et le
total des emplois recensés par
ailleurs.

Balance globale Somme de tout ce qui précède, en
crédit (+) et en débit (-)

Financement
Avoirs de réserve Transactions portant sur les avoirs
dont les autorités monétaires
considèrent qu'elles disposent pour
répondre essentiellement aux
besoins de financement de la
balance des paiements
Comprend notamment les avoirs en
devises (monnaie fiduciaire, dépôts
et titres), l'or "monétaire" détenu par
la banque centrale ( l'or commercial
est traité comme une marchandise
quelconque), les DTS, la position de
réserve au FMI
Financement exceptionnel Réduction de dette,
rééchelonnements

Source : Raffinot (2004)










86
Annexe 8 : Critères d’information et sélection du modèle optimal


(a) : Le modèle de dette actualisée

• Le modèle de dette actualisée en niveau (DA)
RETARDS
CRITERES
1 2 3
AIC
39.84890 39.89592 39.95200
SC
39.94051 40.03470 40.13883

• Le modèle de dette actualisée en ratio exprimé en pourcentage du PIB (DAPIB)
RETARDS
CRITERES
1 2 3
AIC -3.735473 -3.705346 -3.656802
SC -3.643864 -3.566573 -3.469976


(b) : Le modèle compte courant
• Le modèle compte courant en niveau (CA)
RETARDS
CRITERES
1 2 3 4 5 6
AIC
9.759232 9.839895 9.912823 9.941138 9.962697 10.07225
SC
9.848109 9.974574 10.09422 10.17016 10.24024 10.39920

• Le modèle du compte courant en ratio exprimé en pourcentage du PIB (CAPIB)
RETARDS
CRITERES
1 2 3 4 5 6
AIC -4.227329 -4.196932 -4.163462 -4.137818 -4.060837 -4.162663
SC -4.138452 -4.062253 -3.982068 -3.908797 -3.783291 -3.835717

(c): Les modèles des ressources courantes et des dépenses courantes

• Le modèle des ressources courantes
RETARDS
CRITERES CR
1 2 3 4 5 6
AIC 12.10001 12.18433 12.10649 12.18565 12.22685 12.31814
SC 12.18888 12.31901 12.28788 12.41467 12.50439 12.64509

• Le modèle des dépenses courantes
RETARDS
CRITERES DE
1 2 3 4 5 6
AIC 11.79071 11.88122 11.89021 11.98124 12.08174 12.19154
SC 11.87958 12.01590 12.07161 12.21026 12.35929 12.51848

87
Annexe 9 : Présentation détaillée des résultats économétriques

Augmented Dickey-Fuller Unit Root Test on CR

ADF Test Statistic 0.743222 1% Critical Value* -3.6289
5% Critical Value -2.9472
10% Critical Value -2.6118
*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.


Augmented Dickey-Fuller Test Equation
Dependent Variable : D(CR)
Method: Least Squares
Date: 05/05/05 Time : 13:05
Sample (adjusted) : 1969 2003
Included observations: 35 after adjusting endpoints
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
CR(-1) 0.032958 0.044345 0.743222 0.4626
C 23.40695 28.35864 0.825390 0.4151
R-squared 0.016463 Mean dependent var 40.34754
Adjusted R-squared -0.013341 S.D. dependent var 99.15807
S.E. of regression 99.81731 Akaike info criterion 12.10001
Sum squared resid 328795.4 Schwarz criterion 12.18888
Log likelihood -209.7501 F-statistic 0.552378
Durbin-Watson stat 2.145839 Prob(F-statistic) 0.462606



Augmented Dickey-Fuller Unit Root Test on DE

ADF Test Statistic 1.601599 1% Critical Value* -3.6289
5% Critical Value -2.9472
10% Critical Value -2.6118
*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.


Augmented Dickey-Fuller Test Equation
Dependent Variable : D(DE)
Method: Least Squares
Date: 05/05/05 Time : 13:14
Sample (adjusted) : 1969 2003
Included observations : 35 after adjusting endpoints
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
DE(-1) 0.053950 0.033685 1.601599 0.1188
C 15.45454 24.58882 0.628519 0.5340
R-squared 0.072125 Mean dependent var 47.31277
Adjusted R-squared 0.044007 S.D. dependent var 87.46119
S.E. of regression 85.51508 Akaike info criterion 11.79071
Sum squared resid 241323.4 Schwarz criterion 11.87958
Log likelihood -204.3374 F-statistic 2.565120
Durbin-Watson stat 2.018915 Prob(F-statistic) 0.118775



88



Augmented Dickey-Fuller Unit Root Test on D(CR)


ADF Test Statistic -5.799483 1% Critical Value* -3.6353
5% Critical Value -2.9499
10% Critical Value -2.6133
*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.


Augmented Dickey-Fuller Test Equation
Dependent Variable : D(CR,2)
Method: Least Squares
Date: 05/05/05 Time : 19:16
Sample(adjusted) : 1970 2003
Included observations : 34 after adjusting endpoints
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
D(CR(-1)) -1.025419 0.176812 -5.799483 0.0000
C 42.36816 18.81294 2.252075 0.0313
R-squared 0.512448 Mean dependent var 2.183038
Adjusted R-squared 0.497212 S.D. dependent var 143.8292
S.E. of regression 101.9858 Akaike info criterion 12.14457
Sum squared resid 332835.0 Schwarz criterion 12.23435
Log likelihood -204.4576 F-statistic 33.63400
Durbin-Watson stat 2.014843 Prob(F-statistic) 0.000002


Augmented Dickey-Fuller Unit Root Test on D(DE)



ADF Test Statistic -5.075092 1% Critical Value* -3.6353
5% Critical Value -2.9499
10% Critical Value -2.6133
*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.


Augmented Dickey-Fuller Test Equation
Dependent Variable : D(DE,2)
Method: Least Squares
Date: 05/05/05 Time : 19:22
Sample(adjusted) : 1970 2003
Included observations : 34 after adjusting endpoints
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
D(DE(-1)) -0.897350 0.176814 -5.075092 0.0000
C 43.80717 17.30694 2.531191 0.0165
R-squared 0.445950 Mean dependent var 3.074256
Adjusted R-squared 0.428636 S.D. dependent var 118.2827
S.E. of regression 89.40826 Akaike info criterion 11.88133
Sum squared resid 255802.8 Schwarz criterion 11.97111
Log likelihood -199.9825 F-statistic 25.75656
Durbin-Watson stat 1.960280 Prob(F-statistic) 0.000016


89
Augmented Dickey-Fuller Unit Root Test on CA

ADF Test Statistic -0.278963 1% Critical Value* -3.6289
5% Critical Value -2.9472
10% Critical Value -2.6118
*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.


Augmented Dickey-Fuller Test Equation
Dependent Variable : D(CA)
Method: Least Squares
Date: 05/07/05 Time : 10:51
Sample(adjusted) : 1969 2003
Included observations : 35 after adjusting endpoints
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
CA(-1) -0.023234 0.083286 -0.278963 0.7820
C -8.742972 8.246905 -1.060152 0.2968
R-squared 0.002353 Mean dependent var -6.965231
Adjusted R-squared -0.027879 S.D. dependent var 30.54515
S.E. of regression 30.96801 Akaike info criterion 9.759232

Phillips-Perron Unit Root Test on CA

PP Test Statistic -0.134082 1% Critical Value* -3.6289
5% Critical Value -2.9472
10% Critical Value -2.6118
*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.

Lag truncation for Bartlett kernel :
3
( Newey-West suggests : 3 )
Residual variance with no correction 904.2168
Residual variance with correction 806.9095


Phillips-Perron Test Equation
Dependent Variable : D(CA)
Method: Least Squares
Date: 05/14/05 Time : 12:55
Sample(adjusted) : 1969 2003
Included observations : 35 after adjusting endpoints
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
CA(-1) -0.023234 0.083286 -0.278963 0.7820
C -8.742972 8.246905 -1.060152 0.2968
R-squared 0.002353 Mean dependent var -6.965231
Adjusted R-squared -0.027879 S.D. dependent var 30.54515
S.E. of regression 30.96801 Akaike info criterion 9.759232
Sum squared resid 31647.59 Schwarz criterion 9.848109
Log likelihood -168.7866 F-statistic 0.077820
Durbin-Watson stat 2.150093 Prob(F-statistic) 0.782014







90
Augmented Dickey-Fuller Unit Root Test on CAPIB

ADF Test Statistic -2.478497 1% Critical Value* -3.6289
5% Critical Value -2.9472
10% Critical Value -2.6118
*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.


Augmented Dickey-Fuller Test Equation
Dependent Variable : D(CAPIB)
Method: Least Squares
Date: 05/07/05 Time : 10:59
Sample(adjusted): 1969 2003
Included observations : 35 after adjusting endpoints
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
CAPIB(-1) -0.311359 0.125624 -2.478497 0.0185
C -0.020111 0.009204 -2.185079 0.0361
R-squared 0.156936 Mean dependent var -0.000656
Adjusted R-squared 0.131389 S.D. dependent var 0.030504
S.E. of regression 0.028430 Akaike info criterion -4.227329
Sum squared resid 0.026672 Schwarz criterion -4.138452
Log likelihood 75.97827 F-statistic 6.142945
Durbin-Watson stat 2.325421 Prob(F-statistic) 0.018480

Phillips-Perron Unit Root Test on CAPIB

PP Test Statistic -2.477619 1% Critical Value* -3.6289
5% Critical Value -2.9472
10% Critical Value -2.6118
*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.

Lag truncation for Bartlett kernel :
3
( Newey-West suggests : 3 )
Residual variance with no correction 0.000762
Residual variance with correction 0.000761


Phillips-Perron Test Equation
Dependent Variable : D(CAPIB)
Method: Least Squares
Date: 05/14/05 Time : 13:08
Sample(adjusted) : 1969 2003
Included observations : 35 after adjusting endpoints
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
CAPIB(-1) -0.311359 0.125624 -2.478497 0.0185
C -0.020111 0.009204 -2.185079 0.0361
R-squared 0.156936 Mean dependent var -0.000656
Adjusted R-squared 0.131389 S.D. dependent var 0.030504
S.E. of regression 0.028430 Akaike info criterion -4.227329
Sum squared resid 0.026672 Schwarz criterion -4.138452
Log likelihood 75.97827 F-statistic 6.142945
Durbin-Watson stat 2.325421 Prob(F-statistic) 0.018480




91
KPSS Unit Root Test on CA

Null Hypothesis: CA is stationary
Exogenous: Constant
Bandwidth: 4 (Newey-West using Bartlett kernel)
LM-Stat.
Kwiatkowski-Phillips-Schmidt-Shin test statistic 0.538141
Asymptotic critical values*: 1% level 0.739000
5% level 0.463000
10% level 0.347000
*Kwiatkowski-Phillips-Schmidt-Shin (1992, Table 1)

Residual variance (no correction) 4689.042
HAC corrected variance (Bartlett kernel) 16899.90


KPSS Test Equation
Dependent Variable: CA
Method: Least Squares
Date: 05/14/05 Time: 17:23
Sample: 1968 2003
Included observations: 36
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
C -81.43985 11.57465 -7.036051 0.0000
R-squared 0.000000 Mean dependent var -81.43985
Adjusted R-squared 0.000000 S.D. dependent var 69.44792
S.E. of regression 69.44792 Akaike info criterion 11.34642
Sum squared resid 168805.5 Schwarz criterion 11.39040
Log likelihood -203.2355 Durbin-Watson stat 0.197981

KPSS Unit Root Test on CAPIB
Null Hypothesis: CAPIB is stationary
Exogenous: Constant
Bandwidth: 4 (Newey-West using Bartlett kernel)
LM-Stat.
Kwiatkowski-Phillips-Schmidt-Shin test statistic 0.127521
Asymptotic critical values*: 1% level 0.739000
5% level 0.463000
10% level 0.347000
*Kwiatkowski-Phillips-Schmidt-Shin (1992, Table 1)

Residual variance (no correction) 0.001424
HAC corrected variance (Bartlett kernel) 0.004678


KPSS Test Equation
Dependent Variable: CAPIB
Method: Least Squares
Date: 05/14/05 Time: 21:02
Sample: 1968 2003
Included observations: 36
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
C -0.062659 0.006378 -9.824481 0.0000
R-squared 0.000000 Mean dependent var -0.062659
Adjusted R-squared 0.000000 S.D. dependent var 0.038267
S.E. of regression 0.038267 Akaike info criterion -3.661081
Sum squared resid 0.051252 Schwarz criterion -3.617094
Log likelihood 66.89946 Durbin-Watson stat 0.617571
92
Augmented Dickey-Fuller Unit Root Test on DA

Null Hypothesis: DA has a unit root
Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Fixed)
t-Statistic Prob.*
Augmented Dickey-Fuller test statistic -1.648771 0.4468
Test critical values: 1% level -3.653730
5% level -2.957110
10% level -2.617434
*MacKinnon (1996) one-sided p-values.


Augmented Dickey-Fuller Test Equation
Dependent Variable: D(DA)
Method: Least Squares
Date: 05/15/05 Time: 09:19
Sample(adjusted): 1971 2002
Included observations: 32 after adjusting endpoints
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
DA(-1) -0.064911 0.039369 -1.648771 0.1096
C 95621489 41292995 2.315683 0.0276
R-squared 0.083086 Mean dependent var 34894903
Adjusted R-squared 0.052522 S.D. dependent var 1.08E+08
S.E. of regression 1.06E+08 Akaike info criterion 39.84890
Sum squared resid 3.35E+17 Schwarz criterion 39.94051
Log likelihood -635.5824 F-statistic 2.718445
Durbin-Watson stat 1.657797 Prob(F-statistic) 0.109629

Phillips-Perron Unit Root Test on DADOL

PP Test Statistic -1.629911 1% Critical Value* -3.6496
5% Critical Value -2.9558
10% Critical Value -2.6164
*MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.

Lag truncation for Bartlett kernel:
3
( Newey-West suggests: 3 )
Residual variance with no correction 1.05E+16
Residual variance with correction 1.15E+16


Phillips-Perron Test Equation
Dependent Variable: D(DADOL)
Method: Least Squares
Date: 05/28/05 Time: 18:52
Sample(adjusted): 1971 2002
Included observations: 32 after adjusting endpoints
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
DADOL(-1) -0.064911 0.039369 -1.648771 0.1096
C 95621489 41292995 2.315683 0.0276
R-squared 0.083086 Mean dependent var 34894903
Adjusted R-squared 0.052522 S.D. dependent var 1.08E+08
S.E. of regression 1.06E+08 Akaike info criterion 39.84890
Sum squared resid 3.35E+17 Schwarz criterion 39.94051
Log likelihood -635.5824 F-statistic 2.718445
Durbin-Watson stat 1.657797 Prob(F-statistic) 0.109629
93
Augmented Dickey-Fuller Unit Root Test on DPIBADOL

Null Hypothesis: DPIBADOL has a unit root
Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Fixed)
t-Statistic Prob.*
Augmented Dickey-Fuller test statistic -1.556081 0.4929
Test critical values: 1% level -3.653730
5% level -2.957110
10% level -2.617434
*MacKinnon (1996) one-sided p-values.


Augmented Dickey-Fuller Test Equation
Dependent Variable: D(DPIBADOL)
Method: Least Squares
Date: 05/15/05 Time: 09:57
Sample(adjusted): 1971 2002
Included observations: 32 after adjusting endpoints
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
DPIBADOL(-1) -0.119018 0.076485 -1.556081 0.1302
C 0.034307 0.021255 1.614085 0.1170
R-squared 0.074685 Mean dependent var 0.002773
Adjusted R-squared 0.043841 S.D. dependent var 0.037087
S.E. of regression 0.036265 Akaike info criterion -3.735473
Sum squared resid 0.039454 Schwarz criterion -3.643864
Log likelihood 61.76756 F-statistic 2.421387
Durbin-Watson stat 1.580510 Prob(F-statistic) 0.130177

Phillips-Perron Unit Root Test on DPIBADOL

Null Hypothesis: DPIBADOL has a unit root
Exogenous: Constant
Bandwidth: 3 (Newey-West using Bartlett kernel)
Adj. t-Stat Prob.*
Phillips-Perron test statistic -1.708579 0.4175
Test critical values: 1% level -3.653730
5% level -2.957110
10% level -2.617434
*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Residual variance (no correction) 0.001233
HAC corrected variance (Bartlett kernel) 0.001704

Phillips-Perron Test Equation
Dependent Variable: D(DPIBADOL)
Method: Least Squares
Date: 05/15/05 Time: 10:08
Sample(adjusted): 1971 2002
Included observations: 32 after adjusting endpoints
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
DPIBADOL(-1) -0.119018 0.076485 -1.556081 0.1302
C 0.034307 0.021255 1.614085 0.1170
R-squared 0.074685 Mean dependent var 0.002773
Adjusted R-squared 0.043841 S.D. dependent var 0.037087
S.E. of regression 0.036265 Akaike info criterion -3.735473
Sum squared resid 0.039454 Schwarz criterion -3.643864
Log likelihood 61.76756 F-statistic 2.421387
Durbin-Watson stat 1.580510 Prob(F-statistic) 0.130177
94
KPSS Unit Root Test on DADOL


Null Hypothesis: DADOL is stationary
Exogenous: Constant
Bandwidth: 5 (Newey-West using Bartlett kernel)
LM-Stat.
Kwiatkowski-Phillips-Schmidt-Shin test statistic 0.526321
Asymptotic critical values*: 1% level 0.739000
5% level 0.463000
10% level 0.347000
*Kwiatkowski-Phillips-Schmidt-Shin (1992, Table 1)

Residual variance (no correction)
2.21E+17
HAC corrected variance (Bartlett kernel)
1.11E+18


KPSS Test Equation
Dependent Variable: DADOL
Method: Least Squares
Date: 05/15/05 Time: 14:48
Sample: 1970 2002
Included observations: 33
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
C 9.45E+08 83121794 11.37201 0.0000
R-squared 0.000000 Mean dependent var 9.45E+08
Adjusted R-squared 0.000000 S.D. dependent var 4.77E+08
S.E. of regression 4.77E+08 Akaike info criterion 42.83585
Sum squared resid 7.30E+18 Schwarz criterion 42.88120
Log likelihood -705.7916 Durbin-Watson stat 0.055358

















95
KPSS Unit Root Test on DPIBADOL


Null Hypothesis: DPIBADOL is stationary
Exogenous: Constant
Bandwidth: 4 (Newey-West using Bartlett kernel)
LM-Stat.
Kwiatkowski-Phillips-Schmidt-Shin test statistic 0.257422
Asymptotic critical values*: 1% level 0.739000
5% level 0.463000
10% level 0.347000
*Kwiatkowski-Phillips-Schmidt-Shin (1992, Table 1)

Residual variance (no correction) 0.006819
HAC corrected variance (Bartlett kernel) 0.026401


KPSS Test Equation
Dependent Variable: DPIBADOL
Method: Least Squares
Date: 05/15/05 Time: 14:59
Sample: 1970 2002
Included observations: 33
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
C 0.264485 0.014598 18.11757 0.0000
R-squared 0.000000 Mean dependent var 0.264485
Adjusted R-squared 0.000000 S.D. dependent var 0.083860
S.E. of regression 0.083860 Akaike info criterion -2.089490
Sum squared resid 0.225043 Schwarz criterion -2.044142
Log likelihood 35.47659 Durbin-Watson stat 0.190563




























96
KPSS Unit Root Test on CR et DE

Null Hypothesis: CR is stationary
Exogenous: Constant
Bandwidth: 5 (Newey-West using Bartlett kernel)
LM-Stat.
Kwiatkowski-Phillips-Schmidt-Shin test statistic 0.679663
Asymptotic critical values*: 1% level 0.739000
5% level 0.463000
10% level 0.347000
*Kwiatkowski-Phillips-Schmidt-Shin (1992, Table 1)

Residual variance (no correction) 165776.3
HAC corrected variance (Bartlett kernel) 772818.8


KPSS Test Equation
Dependent Variable: CR
Method: Least Squares
Date: 01/10/06 Time: 12:26
Sample: 1968 2003
Included observations: 36
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
C 540.7448 68.82199 7.857152 0.0000
R-squared 0.000000 Mean dependent var 540.7448
Adjusted R-squared 0.000000 S.D. dependent var 412.9319
S.E. of regression 412.9319 Akaike info criterion 14.91183
Sum squared resid 5967947. Schwarz criterion 14.95581
Log likelihood -267.4129 Durbin-Watson stat 0.065563

Null Hypothesis: DE is stationary
Exogenous: Constant
Bandwidth: 5 (Newey-West using Bartlett kernel)
LM-Stat.
Kwiatkowski-Phillips-Schmidt-Shin test statistic 0.671411
Asymptotic critical values*: 1% level 0.739000
5% level 0.463000
10% level 0.347000
*Kwiatkowski-Phillips-Schmidt-Shin (1992, Table 1)

Residual variance (no correction) 214127.9
HAC corrected variance (Bartlett kernel) 997259.8


KPSS Test Equation
Dependent Variable: DE
Method: Least Squares
Date: 01/10/06 Time: 12:28
Sample: 1968 2003
Included observations: 36
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
C 622.1846 78.21727 7.954569 0.0000
R-squared 0.000000 Mean dependent var 622.1846
Adjusted R-squared 0.000000 S.D. dependent var 469.3036
S.E. of regression 469.3036 Akaike info criterion 15.16776
Sum squared resid 7708606. Schwarz criterion 15.21175
Log likelihood -272.0197 Durbin-Watson stat 0.043903
97


Johansen Cointegration Test

Date: 05/04/05 Time: 19:28
Sample(adjusted): 1970 2003
Included observations: 34 after adjusting endpoints
Trend assumption: No deterministic trend (restricted constant)
Series: CR DE
Lags interval (in first differences): 1 to 1

Unrestricted Cointegration Rank Test
Hypothesized Trace 5 Percent 1 Percent
No. of CE(s) Eigenvalue Statistic Critical Value Critical Value
None 0.289670 17.10095 19.96 24.60
At most 1 0.148660 5.472088 9.24 12.97
*(**) denotes rejection of the hypothesis at the 5%(1%) level
Trace test indicates no cointegration at both 5% and 1% levels

Hypothesized Max-Eigen 5 Percent 1 Percent
No. of CE(s) Eigenvalue Statistic Critical Value Critical Value
None 0.289670 11.62887 15.67 20.20
At most 1 0.148660 5.472088 9.24 12.97
*(**) denotes rejection of the hypothesis at the 5%(1%) level
Max-eigenvalue test indicates no cointegration at both 5% and 1% levels

Unrestricted Cointegrating Coefficients (normalized by b'*S11*b=I):
CR DE C
-0.014235 0.010907 -0.109310
0.024852 -0.022066 -0.366928

Unrestricted Adjustment Coefficients (alpha):
D(CR) -11.58236 -38.14485
D(DE) -23.96362 -30.62456

1 Cointegrating Equation(s): Log likelihood -359.2526
Normalized cointegrating coefficients (std.err. in parentheses)
CR DE C
1.000000 -0.766211 7.679116
(0.05365) (34.3990)

Adjustment coefficients (std.err. in parentheses)
D(CR) 0.164872
(0.25715)
D(DE) 0.341116
(0.22459)


Normalized cointegrating coefficients (std.err.
in parentheses)
DE CR C
1.000000 -1.305123 -10.02219
(0.07922) (44.3664)

98
Annexe 10 : Graphes "compte courant"









-.20
-.16
-.12
-.08
-.04
.00
.04
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000
CAPIB HPCAPIB
Evolution du compte courant en pourcentage
sur la période 1968-2003
-.7
-.6
-.5
-.4
-.3
-.2
-.1
.0
.1
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000
CAX HPCAX
Evolution du compte courant en pourcentage
des exportations, sur la période 1968-2003
99
Annexe 11 : Graphes "ressources courantes" et "dépenses courantes"


Graphes "ressources courantes" et "dépenses courantes"
(en pourcentage du PIB)




Graphes "ressources courantes" et "dépenses courantes"
(en pourcentage des exportations)










.2
.3
.4
.5
.6
.7
.8
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000
CRPIB DEPIB
Eolution des ressources et dépenses
en pourcentage du pib sur la période 1968-2003
.32
.36
.40
.44
.48
.52
.56
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000
HPCRPIB HPDEPIB
Evolution des ressources et depenses
en pourcentage du pib apès lissage par le filtre
de Hodrick-Prescott sur la période 1968-2003
1.0
1.2
1.4
1.6
1.8
2.0
2.2
2.4
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000
CRX DEX
Evolution des ressources et dépenses
en pourcentage des exportations
sur la période 1968-2003
1.2
1.3
1.4
1.5
1.6
1.7
1.8
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000
HPCRX HPDEX
Evolution des ressources et dépenses
en pourcentage des exportations après lissage par
le filtre de Hodrick-Prescott sur la période 1968-2003
100




Annexe 12 : test de cointégration avec rupture de tendance

La notion de rupture de tendance
Lorsqu'une variable macroéconomique est affectée d'une rupture de tendance, suite à des
événements divers ou à des changements de politique économique, alors les coefficients issus
de sa régression ne sont plus stables. La stabilité des paramètres joue un rôle important
lorsqu'on exécute des tests de stationnarité ou de cointégration. Dans le cas d'une rupture de
tendance, les tests classiques sont biaisés en faveur de l'hypothèse nulle d'une racine unitaire
et concluent de manière erronée à la non stationnarité de la variable macroéconomique étudiée
[Zivot et Andrews (1992), Perron (1989)]. L'instabilité des paramètres peut refléter des
phénomènes structurels ou ponctuels dans le temps (choc pétrolier, mesures de politiques
économiques, nouvelles réglementations,…..). Pour détecter la présence d'une rupture de
tendance nous aurons recours aux tests Cusum et Cusum Carré de Brown, Durbin et Evans
(1975).

Les tests Cusum et Cusum Carré

Brown, Durbin et Evans (1975) ont proposé des tests de stabilité des coefficients basés sur le
calcul des résidus récursifs. Ces tests sont des tests graphiques permettant d'accepter ou non
l'hypothèse de stabilité. L'intérêt de ces tests réside dans le fait qu'il permet d'étudier la
stabilité d'une régression sans définir a priori la date de rupture sur les coefficients. Quand on
travaille sur des séries temporelles, la date à laquelle des changements interviennent dans les
coefficients n'est pas toujours facilement repérable. Les tests CUSUM permettent d'examiner
la stabilité d'une régression sans connaître la date de rupture. La représentation graphique des
résidus récursifs cumulés permet de tester la stabilité temporelle de la régression et de
visualiser les dates d'éventuelles ruptures de comportements.
La règle de décision graphique est la suivante :

H0 : Le modèle est stable le graphique ne sort pas du corridor (cf Graphique 1),
on accepte l'hypothèse de stabilité des coefficients de la régression.
H1 : Le modèle n'est pas stable le graphique sort du corridor (cf Graphique 2),
on accepte l'hypothèse d'instbilité des coefficients de la régression.
101



Graphique 1 Graphique 2




Pour détecter si la rupture de tendance est structurelle on utilise le test graphique de
Cusum, tandis que celui de Cusum of Squares est utilisé pour détecter les ruptures de
tendance ne provenant pas forcément d'une modification structurelle, en d'autres termes
provenant d'une rupture de tendance ponctuelle.

Après avoir visualiser graphiquement la zone d'instabilité (au cas où il en existe), il est
nécessaire de choisir la date de rupture de la série étudiée, pour cela on peut utiliser le test de
Chow.

t t
102


Le choix de la date de rupture

Il suffit d'exécuter le test de Chow pour toutes les valeurs d'instabilité (et les valeurs
alentours) détectées par les tests Cusum. La date de rupture correspond à la valeur de
F-statistique la plus élevée (ou du maximum de vraisemblance la plus élevée). Le choix de
cette date de rupture permet de récrire les équations de stationnarité et de cointégration à
retester.

Le test de cointégration avec une rupture de tendance

Lorsque les séries étudiées sont affectées d'une rupture de tendance, alors l'équation de
régression de cointégration se présente ainsi :

R
t
= α + σD + βW
t
+ e
t
(10)

Avec D qui correspond à la variable muette. Avec D qui est égale à 1 durant la période de
rupture. R
t
et W
t
représentent respectivement les ressources et dépenses courantes.


0
400
800
1200
1600
2000
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000
RESSOURCES DEPENSES
Evolution des ressources et dépenses courantes
sur la période 1968-2OO3
103


Il y a une rupture de tendance ponctuelle.



Cependant il n'y a pas de rupture de tendance structurelle




-0.4
0.0
0.4
0.8
1.2
1.6
70 75 80 85 90 95 00
CUSUM of Squares 5% Significance
-20
-10
0
10
20
70 75 80 85 90 95 00
CUSUM 5% Significance
104


Le F-Statistique suggère l'année 1994 comme date de rupture

F-statistic Log likelihood ratio
1979 0.452827 1.004713
1980 0.333805 0.743336
1981 0.328405 0.731432
1982 1.454370 3.132050
1983 1.624895 3.482054
1984 2.447948 5.125122
1985 3.450170 7.029617
1986 4.983922 9.762044
1987 5.558073 10.73382
1988 6.838955 12.81164
1989 7.357889 13.62046
1990 6.365246 12.05710
1991 4.912797 9.639814
1992 4.415776 8.773893
1993 4.555627 9.019658
1994 10.48721 18.14664
1995 3.024428 6.232867
1996 3.754185 7.587962
1997 3.733819 7.550828
1998 4.068193 8.155708





Graphique : Choix de la date de rupture
0
2
4
6
8
10
12
14
16
18
20
1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998
F-statistic
Log likelihood ratio
105


Les résultats de l’équation de régression se présente ainsi :

R
t
= 19.825 + 96.328*D + 0.794*W
t

(11.14) (25.46) (0.02)

( ) représente les écart type estimés des coefficients

Avec D qui est égale à 1 entre 1994-2003.

Graphique : Evolution de la série des résidus, avec rupture de tendance,
sur la période 1968-2003
47







Tableau : Test de stationnarité des résidus
Variables ADF(1) ADF(2) ADF(3) PP(3)
µ
t

-2.9472 -2.9499 -2.9527 -2.9472
Les valeurs critiques tabulées qui sont utilisées pour le test de Engle et Granger sont celles de Davidson et
MacKinon (1993), 1 %, 5 %, et 10 %, elle est égale à –3,90/–3,34/–3,04.






47
Les résidus sont en milliards de FCFA
-80
-40
0
40
80
120
70 75 80 85 90 95 00
RESIDU
106
Tableau : Test de racine unitaire sur les résidus avec rupture de tendance :
Modèle avec constante et sans trend
ADF/PP t* (1%) t* (5%) t* (10%)
ADF (1) -3.6289 -2.9472 -2.6118
ADF (2) -3.6353 -2.9499 -2.6133
ADF (3) -3.6422 -2.9527 -2.6148
PP(3) -3.6289 -2.9472 -2.6118
VCDM –3,90 –3,34 –3,04.
Les valeurs critiques tabulées qui sont utilisées pour le test de Engle et Granger sont celles de
Davidson et MacKinon (1993), elles correspondent à la ligne VCDM.



Dependent Variable: CR
Method: Least Squares
Date: 01/09/06 Time: 11:03
Sample: 1968 2003
Included observations: 36
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
C 19.82538 11.14801 1.778379 0.0846
DE 0.794236 0.024644 32.22793 0.0000
DU 96.32872 25.46066 3.783434 0.0006
R-squared 0.994091 Mean dependent var 540.7448
Adjusted R-squared 0.993733 S.D. dependent var 412.9319
S.E. of regression 32.68917 Akaike info criterion 9.891620
Sum squared resid 35263.20 Schwarz criterion 10.02358
Log likelihood -175.0492 F-statistic 2775.961
Durbin-Watson stat 0.810505 Prob(F-statistic) 0.000000


Le test de Engle et Granger conclue à une relation de cointégration en présence d'une rupture
de tendance. Cependant, la prise en compte de la rupture de tendance réduit l'inférence
statistique, ce qui ne permet pas d'appliquer le test de cointégration au modèle de Johansen.