l’Ile Verte

Sous la direction de: - Marie-Christine Couic - Jean-Michel Roux - Marcus Zepf Institut d’Urbanisme de Grenoble

INTRODUCTION LA METHODE

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PARTIE 2
ENVISAGER L’ETENDUE DES POSSIBILITES OFFERTES PAR LE QUARTIER
SCENARIOS TENDANCIELS 17
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PARTIE 1
APPREHENDER L’ILE VERTE, VILLAGE OU QUARTIER ?
OBSERVATIONS ET ANALYSES DE TERRAIN
1. PRESENTATION DU TERRAIN D’ETUDE
1.1. Localisation 1.2. Historique, du rejet à la renommée

1. POTENTIEL D’EVOLUTION DES BERGES DE L’ISERE
1.1. Scénario 1 : Primauté à la nature sauvage 1.2. Scenario 2 : Accentuation de la fracture est/ouest 1.3. Scénario 3 : Sur-aménagement, au profit des habitants et au dépend de la nature

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2. LA GENTRIFICATION, QUELLE EVOLUTION ?
2.1. Scénario 1 : La gentrification est portée par les personnes âgées 2.2. Scénario 2: La gentrification est portée par les néo-bourgeois

2.3. Scénario 3 : La gentrification est portée par les « gated-islanders » 23

3. POTENTIEL D’EVOLUTION DU BATI
3.1. Scénario 1 : L’Île verte sur les traces de Manhattan 3.2. Scénario 2 : « Du NIMBY à Neuilly » 3.3. Scénario 3 : L’avenue Maréchal Randon, « une zone tampon entre Neuilly et Manhattan »

2. UNE OBSERVATION AUTOUR DE TROIS GRANDS THEMES URBAINS
2.1. Activités et usages: une mixité fonctionnelle autour de l’habitat et du funéraire 2.2. Flux et infrastructures : un quartier de passage 2.3. Ambiances et bâti : un quartier encore agréable à vivre

4. L’ILE VERTE : UN QUARTIER QUI NE PORTE PLUS SON NOM ?
4.1.Scénario 1 : Une Ile Verte minérale 4.2. Scénario 2 : Une Ile Verte sans voiture 5.1. Scénario 1 : Le maintien de l’esprit village 5.2. Scénario 2 : Un quartier intégré au reste de la ville

3. DES PREMIERS ENJEUX POUR L’ILE VERTE

5. UN VILLAGE DANS LA VILLE, QUE DEVIENT L’IDENTITE DE L’ILE VERTE ? 29

6. L’ILE VERTE UN ENTRE DEUX : VERS L’OUVERTURE OU LA FERMETURE ? 32

PARTIE 4
UN PROJET POUR UN QUARTIER PENSÉ DANS SON ENSEMBLE
1. NOS GRANDES ORIENTATIONS EN MATIERE DE...

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PARTIE 3
UN PREAMBULE AU PROJET :
LA CONNAISSANCE DU PROJET DE TERRITOIRE
1. DU PAYSAGE A L’ESPACE PUBLIC... EN PASSANT PAR LES BERGES
1.1. Les grandes orientations des documents d’urbanisme 1.1.1. Le schéma directeur 1.1.2. Le plan local d’urbanisme 1.2. Nos orientations en matière d’espaces publics et espaces verts 1.3. Compatibilité entre le projet et les grands projets de territoire

1.1.…Voirie, flux, transports 1.2.…Bâti : logements et activités 1.3.…Espaces publics et espaces verts

2. UN PROJET, TROIS ZOOMS ...
2.1. Le cœur du quartier :

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l’Avenue Maréchal Randon et la place du Docteur Girard 2.1.1 . La place Docteur Girard, un cœur de quartier 2.1.2. l’Avenue Maréchal Randon, un axe structurant et structuré 2.2. Les berges de l’Isère: mixité des usages et dynamisme 2.2.1. Parcours pédago-botanique 2.2.2. Un parcours de santé le long de la berge Est 2.2.3. Une galerie d’art en plein air 2.2.4. Une péniche restaurant sur les berges 2.2.5. Des passerelles piétonnes pour traverser l’Isère et ouvrir le quartier 2.3. La zone de servitude au Nord du cimetierre et la partie Sud 2.2.1. La moyenne surface 2.2.2. La maison de l’énergie 2.2.3. Des logements spécifiques : Opération de requalification urbaine respectueuse de l’identité des lieux 2.2.4. La zone au sud du cimetière

2. LE LOGEMENT 3. VOIRIE ET ACCESSIBILITE: LES GRANDS PRINCIPES D’AMENAGEMENT POUR LE QUARTIER

CONCLUSION UN PROJET A PERENNISER

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INTRODUCTION
Grenoble, concernant le quartier de l’Ile Verte. Notre objectif était de mettre en application les connaissances et les compétences acquises au cours de notre formation à l’Institut d’Urbanisme de Grenoble. Cet atelier fut l’occasion pour nous de nous confronter à la réalité de l’urbanisme opérationnel. En effet, pendant un semestre nous nous sommes constitués en véritable bureau d’études afin d’élaborer un projet d’aménagement dans son intégralité (du diagnostic aux propositions d’action). Cette expérience nous a obligé à nous organiser afin d’unir nos efforts et nos compétences pour la conception d’un projet unique. Plusieurs étapes ont jalonné notre travail afin de cerner au mieux nos objectifs. Grace à cette démarche nous avons pu appréhender toutes les étapes constitutives d’une étude urbaine. Notre travail a débuté par une étude urbaine du secteur déterminé. Durant cette phase de réflexion, nous avons pratiqué le terrain afin de récolter des données morphologiques, sociologiques ou encore économiques. Cette première phase nous a permis de dégager les grands enjeux du quartier, enjeux auxquels nous avons répondu au travers de notre projet. Ce rapport s’articule autour de trois grands thèmes structurants : l’étude du bâti et des usages, l’analyse de la voirie, des flux et des transports et une approche qualitative des espaces verts.

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ans le cadre de l’Atelier d’Analyse et de Projet urbain, nous avons répondu à un appel d’offre formulé par la mairie de

PRESENT TION DE LA COMMANDE A

Nous répondons à une commande de la municipalité qui s’articule autour de 4 principaux enjeux : Réaliser un programme de logements pour : Générer de la diversité au niveau de l’habitat Œuvrer pour une répartition homogène du logement social Renforcer l’offre de logement Soutenir et développer la pluralité fonctionnelle (l’artisanat et l’habitat) Respecter les exigences de la haute qualité environnementale et urbaine Mettre en valeur l’architecture existante et l’identité du quartier La mission du titulaire s’organisera comme suit : Phase 1 : Diagnostic, enjeux et grands principes d’aménagement Etablir un diagnostic du site Définir les enjeux d’aménagement Proposer des intentions urbaines Phase 2 : Projet d’aménagement Définir un schéma directeur urbain Spécifier des profils-type des voies et des espaces publics à valoriser et à réaliser Phase 3 : Cahier des charges Rédaction des cahiers de prescriptions pour l’aménageur et les constructeurs en y intégrant notamment les recommandations environnementales et d’accessibilité
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LA METHODE

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PARTIE 1
APPREHENDER L’ILE VERTE, VILLAGE OU QUARTIER ?
OBSERV TIONS ET ANALYSES A DE TERRAIN
bserver et analyser le terrain furent notre premier travail sur le quartier de l’Ile Verte. Par groupe et par thème, nous sommes allés sur le terrain pour s’imprégner de l’ambiance, de sa constitution, son fonctionnement, pour mieux l’appréhender. Que ce soit au travers de déambulations (en voiture, à pied, à vélo), de petites interviews, de photos, d’observations, de comptages, etc., nous avons pu faire ressortir différents points concernant l’activité, les usages, les flux, les infrastructures, la typologie du bâti et les ambiances perçues.

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PARTIE 1

1. PRESENT TION DU A TERRAIN D’ETUDE

1.1. Localisation
Localisation du quartier de l’Ile Verte au sein de l’aire urbaine grenobloise

Notre terrain d’étude, l’Ile Verte situé à l’ouest de la ville de Grenoble, est niché au creux d’un méandre de l’Isère qui en délimite les contours. Le quartier est né au XIXème siècle, par la procédure de lotissement principalement. Celui-ci, situé entre le centre ville, le cimetière et l’Isère, présente un tissu hétérogène de maisons de ville, de maisons bourgeoises et de petits collectifs. Les activités économiques, artisanat ou petits commerces, se mêlent à l’habitat. Les voies, de largeur variable, sont dessinées selon un plan orthogonal. Chaque voie mène à la rivière, ce qui donne l’impression d’un tissu aéré. Enfin, le site possède de nombreux espaces verts remarquables.

1.2. Historique, du rejet à la renommée
L’Île-Verte n’a pas toujours été un quartier agréable, accueillant et recherché. Ancienne campagne à l’écart de la ville, quartier mal famé et insalubre, ce secteur niché dans un méandre de l’Isère a subit des mutations qui lui ont permis d’être aujourd’hui l’un des quartiers les plus prestigieux et convoité de Grenoble.
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Photos et gravures de l’Île Verte

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2. UNE OBSERV TION A AUTOUR DE TROIS GRANDS THEMES URBAINS

2.1. Activités et usages: une mixité fonctionnelle autour de l’habitat et du funéraire
L’île verte est un quartier qui concentre de multiples activités, correspondant pour chacune à un usage bien spécifique des habitants, passants et commerçants. Nous avons identifié des activités dominantes : - Résidentielles - Funéraires - Commerces de proximité - Bancaires - Médicales

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Quels usages pour quelle zone du quartier ? Place St Eynard : lieu de passage Arrêt de tramway de l’Ile Verte : lieu multifonctionnel Rues Lachmann et Bizanet : quartiers résidentiels et passants Sud de l’Ile Verte : quartier hétéroclite

 L’Ile verte, une petite ville dans la ville

Les trois principales pôles d’activités de l’Ile Verte

Le quartier n’est pas homogène, on peut noter une différence de part et d’autre de la ligne du tramway : - A l’ouest : activité plutôt médicale - A l’est : activité plutôt funéraire et industrielle

Emplacement des usages présents à l’Ile Verte

APPREHENDER L’ILE VERTE, VILLAGE OU QUARTIER ? OBSERVATIONS ET ANALYSES DE TERRAIN

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PARTIE 1

2.2. Flux et infrastructures : un quartier de passage
La Structure du quartier : - 2 axes principaux structurent le quartier : l’axe Maréchal Randon et la rue Bizanet - 3 ponts qui sont aussi trois entrées de ville connectent le quartier au reste de l’agglomération - Une desserte efficace grâce aux transports en commun - Un stationnement résidentiel et journalier important Les flux dans le quartier : - Flux traversant, de passage - Arrêts temporaires - Forte disparité entre l’avenue Maréchal Randon et les zones résidentielles : flux important sur l’avenue et peu de passage dans le reste du quartier

2.3. Ambiances et bâti : un quartier encore agréable à vivre
Habitat - Habitat hétérogène et de faible hauteur - Faible nombre de logements sociaux Ambiances - Sonores : 2 zones se détachent, calmes (berges et cimetière) et bruyantes (Avenues Maréchal Randon et Maréchal Leclerc) - Visuelles : grandes percées rayonnant autour du rond point, cônes de visions plus ou moins larges dans l’ensemble du quartier ; le quartier est ouvert sur le paysage lointain. Le regard des habitants et des usagers, à propos de : L’habitat : « trop d’immeubles » « trop hauts » « trop cher » L’ambiance : « quartier calme et agréable » « ambiance de village » « endroit de rêve » « quartier très propre »

Les lignes de transports et les pistes cyclables

Flux et axes principaux
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3. DES PREMIERS ENJEUX POUR L’ILE VERTE A partir de nos observations précédentes nous avons dégagé plusieurs constats :
- Axe principal bruyant, congestion du quartier aux heures de pointes (les entrées) - Problème de mise en valeur des berges à l’est, manque de fréquentation des espaces verts - Fracture Nord/sud, manque de mixité. Vers une gentrification ? - Une petite ville dans la ville (forte identité) - Stationnement gratuit (risque d’engorgement et de saturation), sur-utilisation des rues résidentielles de desserte en tant que rues de passage - Manque de dynamisme et centralisation au niveau du rond point

De ces constats nous avons formulé des premières propositions :
- Décongestionner l’avenue Maréchal Randon par une orientation vers des axes secondaires, repenser et réorganiser les déplacements sur le quartier - Harmoniser les berges pour accentuer leur accessibilité et les rendre plus agréables - Créer une mixité fonctionnelle des activités, ouverture grâce à un pont et/ou passerelle, créer des logements sociaux et étudiants - Mettre en valeur l’identité du quartier - Structurer le stationnement dans et autour du quartier - Structurer le rond point central, gérer les transports en commun

Carte de l’Ile Verte avec les différents types d’habitats

APPREHENDER L’ILE VERTE, VILLAGE OU QUARTIER ? OBSERVATIONS ET ANALYSES DE TERRAIN

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PARTIE 1

PARTIE 2
ENVISAGER L’ETENDUE DES POSSIBILITES OFFERTES PAR LE QUARTIER
SCENARIOS TENDANCIELS
ertaines tendances actuelles, présentent sur l’Ile Verte, peuvent être radicalisées. A partir de plusieurs lectures sur nos différents thèmes d’études, nous avons élaboré des scénarii tendanciels, afin d’imaginer ce vers quoi chaque aspect du quartier pourrait tendre si les tendances repérées lors de notre étude se radicalisaient. Cela nous a permis de prendre conscience de l’importance de toutes les caractéristiques du quartier, et de l’équilibre à préserver. Pour chaque thème, chaque lieu ou chaque enjeu, nous avons élaboré à chaque fois deux ou trois scénarii. Nous donnons donc une série de projections pour l’Ile Verte, et pour les 30 prochaines années. Ces images exagérées nous ont guidés par la suite, sur des pistes à privilégier ou au contraire à éviter.

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PARTIE 2

1. POTENTIEL D’EVOLUTION DES BERGES DE L’ISERE

1.1. Scénario 1 :
Constats :

Primauté à la nature sauvage
Prise de conscience écologique, importance de plus en plus grande donnée à la place de la végétation dans la ville La municipalité se préoccupe des berges dans son projet pour le centre ville et le parc Paul Mistral Hypothèses : Prise de pouvoir des environnementalistes à la tête de la municipalité Volonté de créer un véritable système vert dans l’agglomération Les berges de l’Ile Verte, dont on ne s’est pas assez préoccupées jusqu’ici doivent devenir un corridor végétal Un espace environnemental, totalement dédié au retour du végétal à l’état naturel, sauvage Aucune activité humaine prévue, aucun accès facilité (zone naturelle protégée) Image : Totale priorité au végétal sur l’ensemble des berges du quartier Laisser faire la nature, qu’elle puisse s’épanouir et prendre toute sa place
Coupe des berges, futur possible “la nature prend le dessus”

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Accentuation de la fracture est/ouest
Constats : Fracture entre l’ouest (du pont provisoire au pont de l’Ile Verte), et l’est (du pont de l’Ile Verte au pont du Sablon) des berges, tant du point de vue de leur aménagement que de leur fréquentation. Hypothèses : Les berges de l’Ile Verte ne sont pas les vitrines de la ville. Elles ne sont pas considérées comme des lieux valorisants. L’attention et les budgets de la municipalité se portent sur la valorisation du centre-ville, les grands projets immobiliers, le stade… Aucun effort nouveau n’est donc porté sur les berges Si on continue à entretenir au minimum les berges du nord, on ne se préoccupe pas du tout du sud, le paysage et l’accessibilité se dégradent Image : Au nord, la situation ne change pas si ce n’est les plantes qui poussent et le mobilier urbain qui se dégrade avec le temps Au sud le chemin boueux sous la digue n’est plus praticable.
à l’Est, la situation se dégrade à l’Ouest, pas de changements majeurs

ENVISAGER L’ETENDUE DES POSSIBILITES OFFERTES PAR LE QUARTIER. SCENARIOS TENDANCIELS

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PARTIE 2

1.2. Scenario 2 :

1.3. Scénario 3 :

Sur-aménagement, au profit des habitants et au dépend de la nature
Constats : La population appartient en grande partie aux catégories socioprofessionnelles moyennes et supérieures et les prix de l’immobilier sont relativement élevés On peut supposer que le quartier va continuer son processus de « gentrification » Hypothèses : Le quartier s’est embourgeoisé, n’y habitent plus que des catégories sociales élevées Une population très exigeante par rapport à son cadre de vie, à l’image de son quartier Les activités familiales du week-end sont de plus en plus encouragées (« se retrouver », resserrer les liens familiaux) Les habitants veulent pouvoir profiter d’un cadre, d’aménagements adéquats pour satisfaire leurs désirs Image : Les berges deviennent le nouveau lieu attractif des dimanches en famille Très élitiste : à l’américaine (gated communities), pour que les habitants restent entre personnes du même milieu
Sur-aménagement des berges, pour un entre-soi élististe

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2. LA GENTRIFICA TION, QUELLE EVOLUTION ?
PARTIE 2

La gentrification est un phénomène réel encore peu visible sur le quartier de l’Ile Verte. Nous avons imaginé à terme quelles proportions et quels effets cette gentrification aurait.

2.1. Scénario 1 :

La gentrification est portée par les personnes âgées
Elle se situe essentiellement sur l’Avenue Maréchal Randon. Ces personnes ont 70 ans et plus, sont en couple et possèdent des animaux de compagnie. Ils viennent s’installer sur le quartier pour profiter de ses atouts : proximité du centre-ville, des services, des structures de santé et du tram. Ils utilisent les berges comme lieu de promenade et de tranquillité. Conséquence de cette installation, de nouveaux besoins se créent et de nouveaux services apparaissent : services à domicile (courses, ménage, dog-sitting), commerces (bricolage, jardinage), agences de voyages, bibliothèque, librairie ainsi que différents clubs (boules, tricots …) Les personnes âgées s’installent dans les immeubles longeant l’Avenue ; ces immeubles adoptent une organisation « haussmannienne » (commerces au RDC, habitations aux étages et logements étudiants au dernier étage), et font l’objet d’une réhabilitation. Ils sont dotés d’ascenseurs et protégés grâce à des gardiens et des interphones.
Localisation du processus de gentrification à l’Ile Verte ENVISAGER L’ETENDUE DES POSSIBILITES OFFERTES PAR LE QUARTIER. SCENARIOS TENDANCIELS

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2.2. Scénario 2:

La gentrification est portée par les néo-bourgeois
Cette gentrification est épisodique. Les néo-bourgeois ont entre 30 et 40 ans, en couples avec enfants, exerçant les professions de cadres, informaticiens, professeurs. Leur capital culturel est supérieur à leur capital économique, et ils sont préoccupés par l’environnement. Ils s’installent sur cette zone car ils saisissent une opportunité immobilière ; de plus, ils jugent le quartier calme, et sont à la recherche d’authenticité. Ce secteur est proche des activités culturelles et du centre-ville. Leur installation provoque plusieurs changements : l’école publique se dote d’options éducatives culturelles et artistiques ce qui crée une sorte de filtrage. Des crèches et garderies ainsi que des activités extrascolaires (aviron), des activités pour les adultes (yoga, musculation), des cafés philo/psycho s’installent peu à peu dans le quartier. De plus, les berges sont revalorisées dans un souci environnemental. Les néo-bourgeois investissent des vieux garages, entrepôts qu’ils réhabilitent en lofts, ou réhabilitent des vieilles demeures bourgeoises. Ils respectent les normes HQE et utilisent panneaux solaires et matériaux de construction écologique.
Evolution du processus de gentrification IUP 2 - ADT - Urba / atelier projet urbain - l’Île Verte

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2.3. Scénario 3 :

La gentrification est portée par les « gated-islanders »
Le quartier est investit par les « gated-islanders » : ce sont des personnes ayant entre 30 et 50 ans, en couple avec enfants. Ils exercent les professions d’avocats, de médecins, ingénieurs, cadres, dans les affaires et le commerce. Ils fuient les quartiers réputés pour leur insécurité et ont un désir « d’entre soi ». Ils viennent s’installer à l’Ile Verte car c’est un quartier valorisé par les néo-bourgeois, et parce qu’ils désirent les avantages de la périphérie en ville (maison individuelle …). Les Gated Islanders s’installeront dans des Gated Islands : elles s’implanteront sur d’anciennes friches ou sur des terrains supportant du bâti dégradé. Elles sont composées de maisons individuelles, avec une logique parcellaire, et son protégées par des barrières, des gardiens, des caméras, portails et des pass’ réglementant l’accès. Elles peuvent être comparées à des Gated Communities, la différence étant qu’elles s’implantent en pleine ville et offrent les avantages propres à la périphérie, en ville. Chaque Gated Island a une forme urbaine spécifique et accueille une catégorie professionnelle particulière. Ils ont un pouvoir de pression et amènent les aménagements suivants : déviation du tramway (il entraîne trop de brassage de population), création d’une promenade verte piétonne le long de l’Avenue Maréchal Randon, qui entraînera une seule voie de circulation. Des magasins de luxe seront implantés suite à l’arrivée des Gated Islanders. De plus, avec la déviation du tramway, les services de taxis se développeront. Conséquences globales liées au processus : Des conflits pourront apparaître entre les nouveaux arrivants et les « autochtones » ; dès lors, certaines populations quitteront peu à peu le quartier. Il y aura une disparition totale des logements sociaux et le quartier serait enclavé sur lui-même. Il aura pris de la valeur et sera alors véritablement un quartier bourgeois de Grenoble.
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PARTIE 2

Cette gentrification est un phénomène de masse.

3. POTENTIEL D’EVOLUTION DU BA TI

3.1. Scénario 1 :

L’Île verte sur les traces de Manhattan
A partir des constats montrant que chaque maison est remplacée par un immeuble, un premier scénario peut être élaboré. Si nous grossissons le trait, l’Île verte ne sera constituée que d’immeubles. Un processus de verticalisation et de densification entraîne plusieurs conséquences : - Augmentation de la population de l’Île verte (surtout des personnes âgées qui veulent se rapprocher des commodités de la ville, des jeunes cadres supérieurs avec un ou deux enfants, des étudiants…) - De nouveaux besoins en équipements et en services (crèche, maison de retraite, équipements sportifs, de loisirs…) - Changement du cadre de vie (augmentation du volume des flux pour la même trame viaire, accroissement des problèmes de stationnement, nuisances sonores, délitement de l’identité du quartier, diminution de la densité végétale, perte des vues, dégradation des relations de voisinage (problèmes de vis à vis…) - Perte des points de vue - Diminution de la densité végétale - Promiscuité synonyme de convivialité ou de mésentente - Concentration et densification des activités - Densification aux coups par coup (pas d’opération d’ensemble, pas de schéma de cohérence, pas de remaniement du parcellaire et de la voirie)
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Le processus de densification est inscrit dans un cercle vertueux/vicieux.

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3.2. Scénario 2 :

« Du NIMBY à Neuilly »
crainte de la densification est manifeste. Un second scénario autour de la mobilisation des habitants peut donc être élaboré. A chaque permis de construire déposé, les habitants n’hésitent pas à le contester (divers recours…). En effet, ceux-ci redoutent : - une perte de la qualité de vie, de la tranquillité et d’une dégradation du cadre de vie (perte des vues) - une modification sociologique, de perdre l’entre-soi - des nuisances sonores - une saturation routière Le syndrome NIMBY est donc très développé. Pour faire entendre leur voix, les habitants mettent en place de nombreuses actions afin de mettre des « bâtons dans les roues » des professionnels de l’immobilier et de la municipalité. Cela se manifeste par la vente de maisons uniquement à des particuliers, la volonté de retarder les procédures et le recours à des tiers (pression électorale, lobbying, pétition, manifestation…). Les habitants deviennent donc totalement maîtres de leur quartier. La pression exercée par les habitants bloquera la situation sur l’île Verte. Les promoteurs se désintéressent du quartier. Immobilisé, celui-ci sera constitué en grande partie, de maisons bourgeoises à proximité du centre ville, desservi par le tramway, dans un cadre calme… L’embourgeoisement sera donc irrémédiable. Le quartier pourrait rester totalement figé, en conservant son esprit village.
Schématisation du syndrome NIMBY

Un bâti conservé, une spécialisation des commerces, une conservation de la densité végétale

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PARTIE 2

A partir de témoignages d’habitants, d’agences immobilières, une

Quelles seront les conséquences de cet esprit village accentué ?

L’avenue Maréchal Randon, « une zone tampon entre Neuilly et Manhattan »
Nous constatons une disparité forte de part et d’autre de l’avenue Maréchal Randon : au nord, un tissu résidentiel composé de pavillons de banlieues, de villas (petites parcelles) et au sud, de nombreuses opportunités foncières liés à la présence d’entrepôts (grandes parcelles). Le processus de densification sera différent de part et d’autre de l’avenue, créant une réelle fracture socio-spatiale. Au nord, le tissu existant sera préservé, l’entre-soi sera préservé par les prix de l’immobilier. Au sud, la densification sera accrue à partir des activités consommatrices d’espaces en déclin et d’opportunités foncières. Le sud se tourne vers le reste de la ville, tandis que le nord se referme sur lui-même. L’Île Verte, par son ambiance, ses caractéristiques actuelles, serait restreinte au nord.

3.3. Scénario 3 :

Carte de répartition des différents types d’habitats sur l’Ile Verte

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4. L’ILE VERTE : UN QUARTIER QUI NE PORTE PLUS SON NOM ?

Une Ile Verte minérale
L’île verte dispose d’un fort potentiel d’espaces publics qui sont malheureusement peu valorisés : forte présence du béton au profit des espaces verts. Aujourd’hui, le quartier comprend peu d’espaces verts : la plupart sont en périphérie ou sont privés. Les espaces existants ne sont pas ou peu entretenus, peu fonctionnels et donc peu utilisés. Si l’on ne change rien, on pourrait arriver à : - la disparition des jardins privés au profit d’immeubles ; - une coupure des vues par la hauteur des bâtiments ; - des places de stationnement sur le peu d’espaces verts libres ; - l’agrandissement du cimetière, de moins en moins entretenu, sur le parc des 3 tours ; - des berges bétonnées par le prolongement des voies sur berges du centre-ville et de la piste cyclable de Saint Martin d’Hères ;
Schéma représentant le développement des axes routiers

En conclusion l’Ile Verte pourrait ressembler à cette représentation de la ville béton…
ENVISAGER L’ETENDUE DES POSSIBILITES OFFERTES PAR LE QUARTIER. SCENARIOS TENDANCIELS
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PARTIE 2

4.1.Scénario 1 :

4.2. Scénario 2 :

Une Ile Verte sans voiture
Au contraire, si on tend à une valorisation des espaces verts, on peut imaginer que la rue deviendrait un espace vert piétonnier. Le quartier serait structuré par une trame verte (voir carte), avec la réalisation de parkways et d’un corridor écologique : connexion entre le parc de la Chartreuse, l’Île Verte, le parc Mistral et le parc de l’Île d’Amour. Cette trame permettrait la fin de la coupure nord/sud. De plus, les voitures seraient regroupées dans des silos en périphérie du quartier. La disparition totale des voitures et des stationnements permettrait de mettre en place un environnement plus sain et agréable à vivre. Seuls les transports en commun circuleraient et le réseau de tram bénéficierait d’un nouveau revêtement végétal au sol. Les espaces verts seraient aménagés afin que l’on passe du tout minéral au tout végétal. Les berges bénéficieraient d’une restructuration végétale afin d’établir une continuité avec la trame verte du quartier.
Liaisons vertes avec les espaces verts de l’agglomération

En conclusion, l’Ile Verte pourrait ressembler à cette représentation de la ville verte...
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Trame verte à l’intérieur du quartier

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Une meilleure connexion favorisera une intégration du quartier à la ville : Vers la fin du particularisme de l’Ile Verte ? Ou vers la naissance d’une nouvelle identité ? OU Un phénomène de « conurbation intra urbaine » fondra le quartier dans la ville. Cela signifie que le quartier de l’Ile Verte et le reste de la ville auront des liens tellement forts qu’ils seront morphologiquement indissociables. La circulation sera facilitée, dans le prolongement du centre ville et le bâti sera implanté de manière continue.

Espace en relégation : un espace dont la configuration et les usages sont amenés à changer car ils ne répondent plus aux enjeux présents sur le quartier
Vue satellite de l’Île Verte ENVISAGER L’ETENDUE DES POSSIBILITES OFFERTES PAR LE QUARTIER. SCENARIOS TENDANCIELS

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PARTIE 2

5. UN VILLAGE DANS LA VILLE, QUE DEVIENT L’IDENTITE DE L’ILE VERTE ?

5.1. Scénario 1 :

Le maintien de l’esprit village
Sur ce scénario, le quartier peut s’orienter vers une fracture encore plus marquée entre le nord et le sud par l’avenue Randon. Au sud : La particularité de ce secteur s’organise se autour d’une mixité des usages : un habitat collectif d’ordre social et une forte présence d’activités funéraires. - Création de plusieurs infrastructures sociales (immeubles, associations, collectifs…) - Création d’un lien entre les différents espaces verts - Maintien de l’activité funéraire - Présence d’activités économiques ainsi que des commerces de proximité - Usages spécifiques (habitat, cimetière…)

Au nord : Ce secteur peut s’apparenter à une vaste zone où sont concentrés une multitude d’usage : un habitat individuel dominant, des infrastructures culturelles, ainsi que de nombreux commerces de proximité. On pourra trouver : - Des micro-centralités grâce au développement de commerces dispersés. Le commerce n’est plus limité par l’axe Randon mais s’articule sur l’ensemble du quartier nord à travers des « petite places » - Le développement d’un tissu associatif et culturel : Création d’une salle polyvalente, d’un pôle culturel avec petite salle de spectacle, galerie de peinture, locaux pour les associations…et mise en place de services à la personne. - Le village se tourne vers la petite Tronche grâce à une passerelle localisée à l’extrémité de la rue Lachman. - Création d’un nouvel axe dynamique entre le rond point et la passerelle

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5.2. Scénario 2 :

Un quartier intégré au reste de la ville
l’île verte sera un quartier intégré à la ville de Grenoble. Dans ce cas, le quartier pourrait perdre son particularisme. Nous avons identifié deux sous scénarii possibles. - Un phénomène de « conurbation intra urbaine » fondra le quartier dans la ville. Dans ce scénario, la rupture due à l’avenue Maréchal Leclerc disparaîtra. Le quartier le l’île verte sera totalement intégré à la ville. Dans cette typologie, on imagine un processus - Le premier parle d’intégration dans le sens où une meilleure connexion entre le centre ville et le quartier pourrait s’opérer. Connexion du réseau viaire (plus de place au vélo et piétons sans exclure l’automobile…) grâce, notamment, à un réseau de « tram verte », une connexion au réseau viaire extérieure, une connexion au bâti…) de développement des activités et usages le long de l’avenue du Maréchal Leclerc ce qui entraînera l’englobement du quartier à la ville. Ce dernier ne deviendra pas une cité dortoir mais on imagine une spécificité dans le prolongement du quartier Notre Dame en termes de commerces et d’animation (bars, restaurants…).
PARTIE 2
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Notre second scénario consiste à nous demander si à long terme,

ENVISAGER L’ETENDUE DES POSSIBILITES OFFERTES PAR LE QUARTIER. SCENARIOS TENDANCIELS

6. L’ILE VERTE UN ENTRE DEUX : Nous avons formulé deux hypothèses à partir des concepts d’ouverture et de fermeture du quartier : VERS L’OUVERTURE - Un territoire manquant de repères (orientation, visuel, typologie OU LA FERMETURE ? de l’espace urbain, « social »…)
- Un quartier multimodal et multifonctionnel

Scénario 2: l’Île Verte, vers l’insertion et l’ouverture

Scénario 1: l’Île Verte vers l’étanchéité et la fermeture
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ENVISAGER L’ETENDUE DES POSSIBILITES OFFERTES PAR LE QUARTIER. SCENARIOS TENDANCIELS

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PARTIE 2

PARTIE 3
LA CONNAISSANCE DU PROJET DE TERRITOIRE
otre projet pour l’Ile Verte ne peut faire abstraction des projets de territoire existants, c’est pourquoi nous avons exploré différents documents d’urbanisme (SDAU, PLU, PDU) sur trois thèmes majeurs pour le quartier : le paysage, le logement et la voirie-accessibilité. Ces trois thèmes répondent aux enjeux généraux du projet pour l’Ile Verte: o Développer la mixité des usages et des fonctions. o Préserver la qualité de vie des habitants et des usagers, notamment grâce à un travail sur les espaces verts et les espaces publics. o Préserver l’identité du quartier : réintégration de l’eau et de la verdure. o Concilier nature et activités humaines. o Porter attention à la dissymétrie du quartier, ne pas tendre vers la fracture. o Prendre en compte les risques naturels (inondations) o Tout cela sans jamais perdre de vue que notre projet doit s’inscrire à l’échelle plus large de la ville et même de l’agglomération.
PARTIE 3

UN PREAMBULE AU PROJET :

N

1. DU PA YSAGE A L’ESPACE PUBLIC... EN PASSANT PAR LES BERGES

1.1. Les grandes orientations des documents d’urbanisme
1.1.1. Le schéma directeur
- Valorisation de l’identité paysagère - Maîtrise du développement urbain et de la qualité des paysages offerts (portes d’agglomération). - Requalification des berges en favorisant le lien berges/ville. - Recomposition des liens : entre les montagnes et la ville, entre le Drac et l’Isère, par la mise en place de corridors urbains biologiques - Création et développement de « parkways » reliant les franges vertes aux pieds des montagnes.

Shéma directeur de Grenoble

1.1.2. Le plan local d’urbanisme
Paysage, végétation et environnement : - Relation paysagère ville-montagne - Recomposition des relations entre la rivière et la ville, entre la montagne et la rivière les quartiers - Patrimoine paysager : les 3 tours et leur parc sont labélisés par la DRAC + arbres remarquables - Extension et continuité verte - Reconquête et liaisons entre les espaces verts - Espaces publics : confort estival, végétalisation, récupération des eaux - Rôle écologique de la végétation et des eaux - Eau comme ressource et acteur de mise en scène
Plan Local d’Urbanisme
1

Grand axe routier végétalisé pour établir une liaison entre les espaces verts.

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1.2. Nos orientations en matière d’espaces publics et espaces verts
o Relier les berges de l’Ile Verte avec le parc Michalon et le parc Mistral et s’inscrire dans les orientations d’aménagement de la municipalité pour les berges du centre ville. - Création d’un parcours de santé, reliant berges et parcs, - Création d’un parcours pédagogique et botanique, - Harmoniser la rive opposée, - Dynamisme économico-culturel (péniche restaurant, galerie d’art plein air), - Dédier la zone inférieure du pont de l’Ile Verte à l’expression urbaine. o Recréer une trame végétale à travers les grands axes du quartier - Avenue du Maréchal Randon : végétaliser les abords du tramway de l’Université à la Place Notre dame. Harmoniser les usages de la place Dr Girard et l’avenue Maréchal Randon. - Boulevard Lachmann : Relier le parc des 3 tours aux berges nord. - Boulevard Maréchal Leclerc : faire en sorte que cette ceinture verte constitue une liaison et non une barrière. - Rue Bizanet : Relier les berges d’Est en Ouest, traversée verte. o Créer deux passerelles piétonnes et végétales dans le prolongement des axes (créer un espace public au pied de la passerelle nord). o Intégrer le cimetière au quartier, en ouvrant deux axes et en les végétalisant.

Grandes orientations des espaces verts

1.3. Compatibilité entre le projet et les grands projets de territoire
De par la végétélisation des voies et la reconquête des berges reliant les parcs Michalon, des trois tours et Mistral à la trame verte de l’agglomération, notre projet s’inscrit dans la continuité des grands documents de planification de l’agglomération grenobloise. Visuellement, notamment grâce à la végétalisation des berges et des axes principaux, le quartier s’ouvre sur les grands paysages alentours.

Grands axes du projet et des projets de territoire
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UN PREAMBULE AU PROJET : LA CONNAISSANCE DU PROJET DE TERRITOIRE

PARTIE 3

2. LE LOGEMENT

Dans le Schéma Directeur de l’Aire Urbaine de Grenoble, le quartier de l’Île Verte est classé comme espace prioritaire du confortement urbain. Situé en périphérie immédiate des espaces urbains centraux, il est considéré comme un espace privilégié de requalification urbaine et comme un potentiel d’offre de logements. Dans le Plan Local d’Urbanisme, le quartier est classé en zone U-Mc. Zone d’expansion à la fin du 19ème siècle et du 20ème siècle, elle est caractérisée par un tissu hétérogène, offrant donc des potentialités de renouvellement urbain. Dix parcelles sont concernées par la servitude SLD. Cette servitude recommande « la création ou la modification de voies et ouvrages publics, ainsi que les installations d’intérêt général et les espaces verts »

3. VOIRIE ET ACCESSIBILITE: LES GRANDS PRINCIPES D’AMENAGEMENT POUR LE QUARTIER
Rocade Nord

Dans le SDAU, la proposition est faite de compléter le réseau autoroutier de la région grenobloise par une rocade nord qui passera dans un tunnel sous la Bastille. L’objectif principal est de délester l’agglomération de son trafic pour préserver la qualité de vie urbaine dans les zones agglomérées. Cette rocade sera enterrée au niveau nord du cimetière du côté de La Tronche (juste en face de l’Ile Verte côté ouest) pour ressortir à Saint-Martin-Le- Vinoux. Le flux journalier de voitures empruntant les différents axes (dont Maréchal Randon) de l’agglomération pour la traverser sera pour une grande part reporté sur la Rocade, désengorgeant ainsi les grands axes saturés à l’heure actuelle.
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-

Zone 30

Dans le PDU, le passage du quartier en zone 30 a été approuvé sur une partie du quartier en attendant d’être étendu à l’ensemble de l’Ile Verte. Les objectifs sont la sécurité, la réduction des nuisances sonores, la réduction du trafic et par conséquent de la pollution. Axes piétons-cycles

- Un nouveau pôle de centralité Dans le but d’harmoniser les activités sur le quartier, l’aménagement d’un nouvel espace public au nord du quartier serait envisageable. - Un espace à requalifier Agir sur l’avenue du Maréchal Randon, axe majeur, pour améliorer la qualité de vie du quartier.
PARTIE 3
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Le SDAU évoque un renforcement des liaisons piétons et cycles notamment en vue de favoriser le lien entre la rive droite et la rive gauche de l’Isère. Il est entre autre proposé de réaliser un franchissement de l’Isère à hauteur des Sablons. Ces enjeux sont repris par le PLU de la ville de Grenoble Pôles d’accessibilité

- Rompre l’effet de barrière Il est préconisé de jouer sur les marges de l’Ile Verte pour assurer une meilleure connexion avec le reste de Grenoble et de l’agglomération.

La Tag propose un schéma d’accessibilité des transports dans le but de créer une « chaîne de déplacements ». Il s’agit de pouvoir quitter un arrêt de bus ou de tram en suivant un cheminement piéton accessible et sécurisé (donc aménagé) pour rejoindre un autre arrêt, un équipement ou son logement. A partir de l’étude des documents d’urbanisme et des constats que nous avons pu faire sur le quartier, il nous a semblé important de dégager des enjeux majeurs sur l’espace. Quatre thèmes nous ont paru particulièrement pertinents : - Les vues à privilégier Le PLU donne des orientations en vue de la préservation et de l’amélioration de la qualité de vie urbaine. L’accent est donc mis sur l’écologie et la place des espaces verts. Du fait de la position géographique de l’Ile Verte, il semble donc important de privilégier l’ouverture visuelle sur le massif de la Chartreuse tout proche.

UN PREAMBULE AU PROJET : LA CONNAISSANCE DU PROJET DE TERRITOIRE

PARTIE 4
UN PROJET POUR UN QUARTIER PENSE DANS SON ENSEMBLE
PARTIE 4

s’inspirant des enjeux de l’Ile Verte que nous avions dégagé et des documents d’urbanisme, de grandes orientations d’aménagement ont été définies. Celles-ci ont permis peu à peu de dessiner un projet d’aménagement pour ce quartier. Le projet a été pensé à l’échelle de l’Ile Verte, toutefois trois zones principales d’aménagement seront exposées, à savoir l’Avenue Maréchal Randon, les berges, et la zone de servitude (située au nord du cimetière).

En

1. NOS GRANDES ORIENT TIONS EN MA A TIERE DE...

1.1. …Voirie, flux, transports
Sur le quartier le stationnement apparaît comme anarchique : les voitures sont omniprésentes, créant un véritable sentiment de stress et d’oppression. Il s’agit donc de désengorger le quartier en terme de stationnement. Dans la quasi-totalité des rues, le stationnement se réalise « de fait ». A l’exception des rues principales, aucun marquage au sol n’est matérialisé et les conducteurs stationnent leur véhicule de façon désordonnée : sur la rue (en rendant souvent impossible les circulations à double sens), sur les trottoirs (en bloquant le passage des piétons)…. La nécessité de matérialiser clairement des places au sol semble incontournable. Cette mesure simple, d’organisation, permettra une réduction de la pollution visuelle. De plus, l’Ile Verte est aujourd’hui devenue un véritable parking relais. En effet, de par la proximité directe du centre-ville grenoblois, la présence de transports en commun performants (tram) et de la gratuité du stationnement, de nombreuses personnes extérieures déposent leur voiture dans le quartier pour la journée. Il s’agit donc de supprimer ce phénomène afin de libérer une capacité de stationnement pour les résidents, le tout sans avoir à créer de nouvelles places de stationnement. Une rationalisation du stationnement est également nécessaire à la dynamique économique du quartier (présence de commerces…).

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Accessibilité Grenoble, notamment par l’intermédiaire de ses transports urbains, est depuis très longtemps engagée sur la thématique de l’accessibilité. Aujourd’hui l’ensemble du réseau (bus, tramway, quai, arrêt) est accessible aux personnes à mobilité réduite (PMR). L’enjeu pour le quartier sera d’étendre l’accessibilité de ses équipements publics, de ses commerces (notamment le long de l’axe Maréchal Randon où l’accès aux PMR est impossible), d’installer des places de stationnement PMR sur les axes secondaires du quartier, d’abaisser la bordure des trottoirs et d’installer des plaques podotactiles au niveau des passages piétons. Transports doux Le quartier est desservi par des transports en commun performants (tramway, lignes de bus haute fréquence). Il s’agit donc de renforcer toujours plus l’utilisation de ces moyens de transports. De plus, les circulations non motorisées (piétons, vélos, rollers, trottinettes…) sont également à prendre en compte afin de leur offrir une place prépondérante et de favoriser les déplacements à la fois rapides et non polluants. Les cycles occupent une place importante dans les déplacements des grenoblois. Il parait ainsi nécessaire de mener une véritable réflexion sur la place des cycles dans le quartier. Remarque : Il n’est pas question, ici, de supprimer les circulations automobiles, mais de les apaiser en sécurisant les axes, en réduisant les vitesses…
Voies piétons et vélos
UN PROJET POUR UN QUARTIER PENSÉ DANS SON ENSEMBLE
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PARTIE 4

1.2. …Bâti : logements et activités
Une meilleure desserte, une meilleure accessibilité et de nouveaux services renforcent l’attractivité du quartier. Grâce aux opportunités foncières, des habitations devront être implantées sur le quartier pour satisfaire cette demande liée aux commodités nouvelles. Les futures constructions devront respecter les consignes suivantes : Hauteurs La hauteur des nouvelles constructions concernant les habitations ne devront excéder R+3. La possibilité de créer un étage de plus est envisageable si le rez-de-chaussée est réservé aux activités. Les activités liées au médical et paramédical seront prioritaires sur toutes les nouvelles constructions. Cette mesure permettrait de mieux relier l’Île Verte au reste de l’agglomération, notamment en offrant une activité rayonnante vers le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de La Tronche et vers le centre ville. Cette spécialisation du quartier assurerait ainsi une relative ouverture. Les usagers du CHU pourront se rendre à l’Île Verte pour effectuer les démarches hospitalières, et la population du reste de la ville aura tendance à s’y rendre pour profiter du caractère complet des services qui y seront présents. Cette nouvelle circulation entre les deux communes renforcera donc les liaisons et l’attractivité de l’Île Verte, par la mise en place d’un pôle de spécialisation. Types de logements Pour assurer une réelle mixité sociale, il serait souhaitable de varier la typologie et le statut des logements.

Typologie du bâti Les typologies devront être variées et respecter l’harmonie architecturale des bâtiments adjacents. Une surface d’espace vert devra être prévue pour les futurs habitants (respectant la servitude dans certains cas). Les bâtiments devront être de haute qualité environnementale.

Exemples de futurs constructions
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1.3. …Espaces publics et espaces verts
Dans le quartier de l’Ile Verte, espaces verts et espaces publics sont confondus. En effet les parcs et les berges sont des espaces publics, qui ont une fonction sociale, esthétique mais aussi environnementale. Les rues seront, quant à elles, traitées aussi comme des espaces verts, avec un travail sur la plantation et l’ouverture physique et visuelle du quartier. Le quartier présente aujourd’hui une végétation existante intéressante qui possède de forts potentiels d’aménagement. Les espaces concernés sont situés tout au long du quartier. Ils bordent les rues, les places et sont présents sur les berges. La place du docteur Girard sera aménagée afin de créer un espace central à partir duquel rayonneront les avenues du quartier. Pour cela, une trame verte et un maillage vert à travers le quartier, et notamment sur les berges est à composer. Berges Concernant les berges, il s’agirait de développer l’activité économique grâce à une péniche-restaurant implantée au nord ouest au niveau de la rue Lachmann. Ainsi à proximité, un espace public de détente va se créer. A partir de la liaison du Parc Paul Mistral avec les berges, un parcours de santé sera implanté jusqu’au pont de l’Ile Verte, pour permettre aux sportifs de se dépenser au bord de l’Isère. L’implantation d’une galerie d’art en plein air, côté ouest du quartier, est préconisée. Celle-ci présenterait des sculptures réalisées par des artistes grenoblois, sur le thème de l’eau ; sur le même espace, un parcours pédago-botanique pourra être créé, contenant différents arbres et arbustes avec une plaquette explicative, pour sensibiliser les promeneurs à l’environnement. Ces deux aménagements impulseront l’attractivité culturelle et ludique du quartier et des berges. Deux passerelles piétonnes et cyclables seront construites : une au nord, près de la péniche-restaurant, faisant la liaison avec la petite Tronche, et une à l’est, créant entre les deux cimetières et l’Hôpital. Cette dernière sera implantée au niveau de la zone de servitude. Quelles conséquences vont avoir ces aménagements sur le quartier ? L’objectif est de dynamiser les berges, puisqu’aujourd’hui elles sont peu mises en valeur et sous-exploitées. Les aménagements prévus sur

celles-ci renforceront leur attractivité, en diversifiant les sources. La végétalisation des berges va permettre de créer une véritable liaison verte : en effet, elle assurera une continuité avec les parcs Michalon et Paul Mistral. Notre volonté est d’ouvrir le quartier sur le reste de la ville et de faciliter les déplacements piétons vers l’extérieur. Grâce au parcours pédago-botanique et à la mise en valeur des berges, un travail de sensibilisation de la population pourra être mené. Espaces Verts et Espaces Publics Au niveau de la Place du Docteur Girard, les places de stationnement seront supprimées des deux côtés de la ligne du Tramway afin de créer deux hémicycles d’espaces verts : du côté sud, l’eau sera réintroduite grâce à un jeu d’eau ; du côté nord, un « arbre repère » serait planté. Dans le prolongement de la rue Lachmann, une nouvelle place sera aménagée, appuyant le désir d’un espace public en liaison avec la petite Tronche, et créant une centralité économique et ludique grâce à des commerces, cafés et des jeux pour enfants. A l’intersection entre les berges et le parc Michalon, une place transitoire devra être créée. La zone de servitude subira une gestion différenciée et raisonnée, l’espace piétonnier sera privilégié. Il y aura un lien avec les berges, et le cimetière (ouverture de celui-ci sur la zone). Des parcelles pédagogiques seront créées, constituant ainsi des ateliers botaniques destinés aux enfants de l’école. Quels changements entraîneront ces aménagements ? La place du Docteur Girard créera une véritable centralité au quartier : elle sera un lieu d’arrêt, de détente, de vie piéton, et non plus un lieu de passage, et destiné aux véhicules. L’implantation de l’arbre repère donnera une réelle identité au quartier. Les aménagements des espaces publics mettront en valeur la place de l’eau et du vert au cœur du quartier, et cela au delà des berges. Ils auront pour but de renforcer la création de liens sociaux, grâce à des espaces de rencontre et de repos.
UN PROJET POUR UN QUARTIER PENSÉ DANS SON ENSEMBLE
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PARTIE 4

Les voies et axes Les rues passantes principales seront végétalisées : boulevard Maréchal Randon, Rue Lachmann, et Rue Bizanet côté ouest. La voie du Tramway sera végétalisée, pour créer une véritable trame verte au sein du quartier. La végétalisation passera soit par une plantation d’arbres à l’alignement, soit par des arbres en plantation groupée, soit par une plantation ponctuelle. Quels effets de cette végétalisation sur le quartier ? Elle créera une continuité verte dans le quartier et améliorera le cadre de vie de ses habitants. L’implantation d’arbres sur l’alignement des axes ouvrira la perspective sur les paysages lointains et sur les montagnes (Chartreuse, Belledonne).

2. UN PROJET, TROIS ZOOMS ...

2.1. Le cœur du quartier : l’Avenue Maréchal Randon et la place du Docteur Girard
2.1.1 . La place Docteur Girard, un cœur de quartier
La place Docteur Girard comprend environ 30 places de parking. L’hypothèse de départ : la suppression de ces places de parking n’influencera pas véritablement l’offre de stationnement du quartier. Il semble pertinent de réfléchir à une nouvelle dynamique pour cette place. Actuellement, les personnes qui la fréquentent l’utilisent plus comme un lieu de passage, de stationnement, que comme un espace public qui serait un lieu agréable, de repos, de rencontre. L’aménagement envisagé nécessite d’enlever les places de stationnements existants de chaque côté de l’arrêt de tramway et de bénéficier d’un espace suffisant pour créer un lieu de vie. La place étant toujours coupée par le tramway.

Les espaces verts et publics
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La nouvelle place sera divisée en deux hémicycles reconvertis en espaces verts et présenteront chacun les aménagements suivants : Les ouvertures permettant d’accéder à cet espace seront situées dans le prolongement des passages piétonniers existants, et d’une largeur suffisante pour permettre l’entrée des personnes à mobilité réduite. Une rangée de haie sera plantée sur tout le pourtour de l’hémicycle pour créer une intimité au lieu. Des bancs, positionnés dans l’espace seront dos à la rue. Depuis chaque entrée dans l’hémicycle, un cheminement permettra d’accéder jusqu’aux bancs. En dehors du cheminement, de la pelouse sera plantée. Aménagement de l’hémicycle ouest : Au centre de l’hémicycle, un arbre dit « repère » permettra de donner une identité au quartier et d’être vu de loin.
Aménagement de l’hémicycle ouest

Aménagement de l’hémicycle est : Des saules seront plantés à côtés de chaque banc pour donner un ombrage doux. Un jeu d’eau sera placé à l’autre extrémité de l’hémicycle et permettra d’introduire la notion d’eau dans le quartier, ainsi que de baisser la température de l’air pendant les chaleurs estivales. Elle devra mettre en valeur la vue sur la Chartreuse et sur Belledonne. Un module de jeux pour enfants pourra être implanté dans cet hémicycle. Cet aménagement aura pour but de créer un réel espace de vie avec l’introduction d’espaces verts, d’une fontaine et d’un équipement pour enfants. Cet espace accessible à tous, donnera une identité propre au quartier grâce à la plantation de l’arbre repère. Il permettra de produire une centralité au quartier tout en créant une continuité avec l’Avenue Maréchal Randon et les autres voies divergentes de la place. Cet aménagement n’accentuera pas la dissymétrie nord-sud.

Aménagement de l’hémicycle est

UN PROJET POUR UN QUARTIER PENSÉ DANS SON ENSEMBLE

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PARTIE 4

2.1.2. l’Avenue Maréchal Randon, un axe structurant et structuré
Zones 30 Asphyxie de l‘axe principal en heures de pointe, vitesse élevée… Tels sont les constats dégagés à partir l’étude de fréquentation du quartier en terme de flux routiers. Il s’agirait de limiter la vitesse autorisée au sein du quartier par la mise en place d’une zone 30. Cette zone s’étendrait sur l’ensemble des voies de circulation, qu’elles soient primaires ou secondaires. La circulation cycliste se ferait alors sur la même chaussée que la voiture, sur l’avenue Maréchal Randon. Les effets attendus de cette mesure seraient : - La fluidification du trafic routier sur l’ensemble du quartier (en particulier sur l’avenue Maréchal Randon) - La sécurisation de l’axe - La baisse des émissions de gaz carbonique - La diminution des nuisances sonores Stationnement L’Île Verte est un site où la question du stationnement se pose immédiatement. En effet, celui-ci a un impact visuel fort. Une certaine anarchie règne et la présence de la voiture est ressentie de façon trop importante. La fonction résidentielle du quartier nécessite la prise en considération du besoin en stationnement des résidents. A l’heure actuelle, le stationnement est gratuit sur tout le quartier, sauf sur les axes majeurs (Mal Randon, Lachmann et Bizanet). Du fait de la proximité du centre-ville (10 min à pied, présence du tram) ainsi qu’à la position d’entrée de ville du quartier, un phénomène de « parking relais » en direction du centre ville émerge. Un schéma de stationnement pertinent aurait donc les objectifs suivants : Travailler sur un marquage clair au sol des emplacements de
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stationnement autorisés afin de créer un certain ordre et de diminuer la sensation d’omniprésence des voitures. Ensuite, le stationnement ne serait gratuit que pour les résidents (qui bénéficieraient d’une « carte résident »), et serait interdit et/ou payant pour les non-résidents. Le boulevard Maréchal Randon aurait un statut propre : si le stationnement de tout le quartier devient payant pour tous les nonrésidents, des effets négatifs sur les commerces (principalement concentrés sur ce site) pourraient se développer. Ceux-ci n’ont pas le rôle polarisateur des commerces de centre ville, et si l’arrêt devient payant, une perte de clientèle pourrait se faire sentir. La mise en place, sur cette avenue, d’un système de « carte de fidélité » est envisageable. Elle serait disponible dans les commerces du quartier et permettrait de bénéficier d’un quart d’heure de stationnement gratuit. Les horodateurs lui seraient adaptés.

“Zone 30”

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Végétalisation du tramway Avant

Système de sationnement payant

Après
UN PROJET POUR UN QUARTIER PENSÉ DANS SON ENSEMBLE
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PARTIE 4

Le stationnement de cette ville est majoritairement payant à l’exception de la grande place du champ de mars. Celui-ci est matérialisé et chaque place de stationnement est dotée d’un numéro inscrit au sol. Les horodateurs ne fonctionnent pas avec un système de ticket à replacer dans le véhicule, il suffit de taper le numéro de sa place et de créditer l’appareil en monnaie pour payer son stationnement, il n’y a donc pas de retour à sa voiture. La durée est limitée à deux heures et le tarif est d’un euro/heure. A tout moment, une personne peut consulter le temps qui lui reste par une simple pression sur le numéro de sa place. Cf photos de l’horodateur et du parking Ce système de stationnement payant est couplé d’un système de fidélisation aux commerçants de la Tour du Pin. En effet, l’Union des Commerçants des Vallons de la Tour a mis en place une « carte festival » que toute personne peut obtenir par un simple achat dans tout commerce de la ville. Cette carte à puce donne droit, par son insertion dans les horodateurs de la ville, à une demi-heure de stationnement gratuit par jour. De plus, elle peut être passée en caisse des commerces au moment du règlement pour bénéficier d’un pourcentage de réduction au bout d’un certain montant d’achat. Ce système est efficace puisqu’il fait ses preuves depuis cinq ans.

Le projet, en plus d’une réorganisation de sa circulation et d’une esthétisation du bâti, prévoit une optimisation de sa végétalisation. Certains commerces de l’avenue Maréchal Randon souffrent d’une dégradation et d’un vieillissement du bâti. Il est donc nécessaire d’entreprendre le ravalement de certaines façades, afin de renforcer l’attractivité de l’avenue. Huit immeubles sont donc concernés, ce qui représente une surface de 4000 m². La végétalisation des rails de tram entre le pont de l’Ile Verte et le parc Michalon (sauf lorsque la voie doit rester franchissable par les voitures) apparaît nécessaire pour marquer le travail effectué sur l’amélioration du cadre de vie. Ce tapis vert allié à du mobilier urbain et des plantations d’alignement le long de la voie participeraient à soutenir l’aspect paysager de l’avenue. La végétalisation du tramway allant jusqu’au parc Michalon permettrait d’accentuer la liaison verte entre celui-ci et le parc des 3 tours, puisque tout autre aménagement allant dans ce sens est impossible, du fait de la grande circulation que l’on retrouve à cet endroit (mis à part quelques massifs floraux). Cette végétalisation nécessite la mise en place de quilles afin de protéger le gazon. En effet ces petits poteaux définissent clairement la limite d’usages entre les voitures et le tramway. Ce travail, associé au programme de ravalement de façades participera à la revalorisation de l’avenue Maréchal Randon.

2.2. Les berges de l’Isère: mixité des usages et dynamisme
Les berges feront l’objet de plusieurs aménagements : un parcours pédago-botanique, un parcours de santé, une galerie d’art en plein air, une péniche-restaurant et deux passerelles piétonnes.

2.2.2. Un parcours de santé le long de la berge Est
Le parcours de santé est avant tout destiné aux sportifs et joggers qui sont relativement nombreux sur cet espace, c’est-à-dire sur la partie est des berges, du pont de l’Ile Verte jusqu’au cimetière. Le parcours se trouvera sur cette partie des berges car l’espace est assez restreint en largeur et les possibilités d’aménagement sont donc réduites. De plus cet espace constitue une potentielle ouverture des berges à la fois au quartier, à la ville voire à l’agglomération, tout en créant une attractivité sportive pour le quartier. Il y aura, à moyen ou long terme, une possibilité d’extension du parcours jusqu’au parc Paul Mistral voire jusqu’au campus pour étendre l’offre d’activités sportives de plein air. Avant d’implanter les modules, il est important de consolider, élargir, aplanir les berges et les protéger de l’érosion. L’élargissement, entraînant une montée du niveau de l’eau (du fait du rétrécissement du lit) une surélévation des berges sera utile. Pour cela, ainsi que pour les consolider, un empierrement de la berge est prévu sur la longueur du parcours de santé. Cela permettra également de les protéger contre l’érosion tout comme l’implantation de certains arbres (à longues racines, par exemple). Deux accès pour personne à mobilité réduite seront créés pour pouvoir à la fois monter sur la digue qui sera réservée aux piétons et aux cyclistes et descendre sur le parcours. Pour réintégrer au mieux la digue dans cet environnement, et faire du parcours un endroit plus agréable, ce versant de la digue sera végétalisé.
Parcours santé

2.2.1. Parcours pédago-botanique
On retrouvera tout le long des berges différentes espèces de plantes et d’arbres qui mettront en valeur les particularités écologiques et régionales. Ce parcours botanique et pédagogique doit répondre à plusieurs objectifs : - Sensibiliser au respect de la nature - Permettre le divertissement familial - Pouvoir se promener et profiter de la diversité végétale en toutes saisons - Eveiller tous les sens - Constituer un outil pédagogique, pour les familles comme pour les écoles - Etre accessible à tous

Parcours botanique
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2.2.3. Une galerie d’art en plein air
Celle-ci sera située le long des berges de l’Isère. Elle débutera au bout du boulevard Maréchal Leclerc et se terminera au niveau du pont de l’Ile Verte. La galerie d’art sera intégrée au parcours botanique. Les œuvres de la galerie seront faites sur le thème de l’eau. Différents types d’arts seront exposés pour créer une mixité et proposer plusieurs visions sur le thème de l’eau. La galerie sera composée de plusieurs parties délimitées par des panneaux : - Du boulevard du Maréchal Leclerc jusqu’à la nouvelle place située au débouché de la rue Lachmann, seront présentées les œuvres d’art contemporain. - De cette place jusqu’au pont de l’île verte, les berges seront destinées à l’art moderne. De cette manière, cela créera une continuité artistique avec les fresques qui seront dessinées sous le pont.

2.2.5. Des passerelles piétonnes pour traverser l’Isère et ouvrir le quartier
La berge gauche pourra être entièrement revégétalisée. Même si les grands arbres et les plantes épanouies vont être conservées, de nombreuses autres espèces vont être implantées afin d’agrémenter le parcours botanique. Une fois le projet de la rocade achevé, la rive droite sera donc également végétalisée, avec des espèces permettant de rappeler les vues sur la montagne lorsque l’emprunt et possible. Les deux passerelles seront piétonnes et cyclables. Une première passerelle s’implantera dans la continuité de la rue Lachmann et de sa nouvelle place, et permettra une liaison avec la petite Tronche. La deuxième passerelle sera au niveau de la zone de servitude, et assurera ainsi un lien entre les deux cimetières, et l’Hôpital. L’Isère sera alors franchissable, et le quartier ouvert. L’objectif poursuivi est de créer une nouvelle piste cyclable joignant celle de la rue de Chisse à celle des berges, en passant au nord du cimetière. Cette piste permettrait de détourner une partie de la circulation cycliste sur les berges plutôt que sur l’axe Maréchal Randon, qui, malgré l’instauration d’une zone 30, reste sensible pour les cyclistes. De plus, des extensions de la piste cyclable située sur les berges sont prévues sur les ces deux passerelles.

2.2.4. Une péniche restaurant sur les berges
Un lien sera créé entre la nouvelle place au débouché de la rue Lachmann et la péniche restaurant. Celle-ci permettra de développer l’activité du quartier et d’attirer des habitants de toute l’agglomération. Cette péniche constituera réellement un nouvel atout pour renforcer la dynamique économique.
Péniche restaurant

Exemple de passerelle en bois
UN PROJET POUR UN QUARTIER PENSÉ DANS SON ENSEMBLE
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PARTIE 4

2.3. La zone de servitude au Nord du cimetierre et la partie Sud
Cette zone située au nord du cimetière présente des intérêts d’aménagements du point de vue du réseau viaire, du bâti ainsi que des espaces verts. Elle comprend également une zone de servitude liaison douce (SLD). Dans cette zone sont recommandés la création ou la modification de voies et ouvrages publics, ainsi que les installations d’intérêt général et les espaces verts.

2.2.1.La moyenne surface
Conformément aux orientations du PLU n’autorisant que l’implantation de commerces dont la superficie est inférieure à 1500 m², une moyenne surface pourra s’implanter dans un hangar réhabilité situé à l’intersection des rues Ernest Calvat et Blanche Monier. Avant tout conçue pour répondre aux besoins des habitants de l’Ile Verte, son aire de chalandise pourra rayonner jusqu’au quartier Notre Dame et de La Tronche. L’effet attendu est la réduction de l’utilisation de la voiture des résidents pour leurs achats en périphérie (Meylan et Saint Martin d’Hères notamment). Une moyenne surface permettra de répondre, sur place, à leurs besoins de consommation quotidiens (d’avantage que ne peut le faire une supérette). La qualité de vie des résidents sera préservée d’invasion intempestive de nouvelles voitures drainées par cette moyenne surface car aucun parking supplémentaire ne sera prévu. L’article 11 du PLU stipule l’obligation de réaliser des places de stationnement lors de la construction d’un commerce dont la surface de vente est supérieure à 300m². Or, la supérette ne dépassera pas cette surface, ce qui nous exonère de la construction d’un parking. L’objectif étant d’encourager l’utilisation de modes de transports doux (vélo, tram, marche à pied). Afin de rester en cohérence avec le reste des aménagements prévus sur cette zone SLD, l’architecture de ce nouveau bâtiment répondra au même cahier des charges que celui prescrit pour l’implantation de logements (exigences HQE notamment). Ceci afin d’assurer une certaine homogénéité du bâti et de renforcer les qualités « environnementales » du programme d’aménagement.

Projet de la zone de servitude

Avant
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Moyenne surface rue Blanche Monier

Après

2.2.2.La maison de l’énergie
Sur la zone au dessus du cimetière, une servitude SLD oblige l’implantation d’activité servant l’intérêt général et préservant les espaces verts. Afin de répondre à ses prescriptions, l’implantation d’une maison de l’énergie au sein d’un parc, bénéficiera à la fois aux habitants de l’Île Verte et de l’agglomération. Elle constituera un véritable pôle d’attraction. La maison de l’énergie répond aux orientations du Schéma Directeur de l’Aire Urbaine qui incite à l’intégration de la recherche, les sciences dans la vie urbaine et de ne pas les concentrer sur la zone du campus. Elle permettra un rayonnement du quartier et renforcera la mixité fonctionnelle. Cette volonté de réduire « l’autarcie » du quartier est essentielle, car elle permettra à l’Île Verte de s’intégrer à l’agglomération, tout en conservant son identité (santé, environnement, développement durable). Par sa proximité aux berges, la maison de l’énergie valorisera le rapport à la rivière. Elle se situera au centre du parc et sera accessible par la piste cyclable, la voie piétonne et par le chemin de halage le long des berges. A vocation ludique et éducative, elle accueillera élèves et étudiants de toute l’agglomération pour une sensibilisation aux énergies renouvelables, aux matériaux écologiques… Un parking, exclusivement réservé aux bus et cars, sera construit à proximité du bâtiment. La déchetterie sera conservée afin de promouvoir le recyclage des déchets. Cette maison de l’énergie répondra aux normes de haute qualité environnementale. Sa toiture végétalisée permettra de retenir les eaux pluviales et de maitriser les températures intérieures grâce à son inertie et à l’évaporation. L’ossature du bâtiment en bois, une énergie propre et locale, offrira une structure légère et évitera des fondations coûteuses. Le chauffage aux granulés de bois, qu’utilisera la maison de l’énergie, possède un rendement de combustion identique à celui d’une chaudière fioul (très faible taux d’humidité du combustible) et produit une quantité infime de cendre.

Grace à une microcentrale hydraulique, la maison de l’énergie pourra produire son électricité à partir de l’eau. Les berges fourniront le potentiel hydraulique nécessaire à son fonctionnement. En complément de cette source d’énergie, une centrale solaire, constituée de panneaux photovoltaïque, produira de l’électricité en fonction de l’ensoleillement. Or, au vue du peu d’appareils électriques, le bâtiment produira plus d’électricité qu’il n’en consommera, la production sera donc renvoyée sur le réseau électrique de Grenoble. Le toit végétalisé extensif est la méthode la plus économique et représente le meilleur choix pour les grandes surfaces. Une piste cyclable traversera la zone de servitude et passera près de la maison de l’énergie.
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Exemple de maison de l’énergie

UN PROJET POUR UN QUARTIER PENSÉ DANS SON ENSEMBLE

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2.2.3.Des logements spécifiques : Opération de requalification urbaine respectueuse de l’identité des lieux
Afin de renforcer l’offre, un programme de logements sera réalisé le long de la rue Blanche Monier, dans la zone au nord du cimetière. Huit bâtiments, de type R+2, constitué de deux grosses maisons mitoyennes de 6 logements chacune, seront créés. Une ouverture centrale permettra l’accession à chaque étage. Cette structure « pavillonnaire » permettra de garder la cohérence du tissu urbain de l’Île Verte, en refusant de mettre en place du « gros collectif », peu en adéquation avec les densités assez éparses de l’Île Verte. Cela rejoint le concept de maintien identitaire du quartier. De plus, la typologie des logements variera, afin d’offrir des logements de surfaces diverses allant de 20m² à 80m² : deux logements au rez-de-chaussée, quatre au premier étage et six au deuxième étage. Chaque opération comptera 25% de logements sociaux, 25% d’accession à la propriété, 50% de location (dont la moitié réservée en priorité aux personnels du centre hospitalier). Cette structure permettra ainsi d’accentuer la mixité sociale, en mélangeant familles et étudiants, propriétaires et locataires. Le processus de gentrification, visible à l’Île Verte, sera par conséquent freiné par l’arrivée d’un nouveau type de population. L’objectif étant aussi d’attirer les familles exilées dans le périurbain, et de leur offrir un logement en adéquation avec leurs envies et désirs (logements assez grands, espaces verts, commerces de proximité). De plus, il est nécessaire de mettre en place un certain quota de logements sociaux, en accord avec la politique du logement de l’agglomération. De plus, afin de répondre aux attentes du Plan Local d’Urbanisme qui souhaite impulser une nouvelle façon de produire des espaces végétalisés, les bâtiments seront parfaitement intégrés au paysage et à l’environnement. La mise en place de toits végétalisés, de balcons fleuris, de murs couverts de lierres pourrait, par exemple,
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offrir une perception plus positive de la ville aux habitants. Par ailleurs, le bâtiment et le parc formeraient une unité paysagère, dégageant également des perspectives sur les montagnes… Chaque bâtiment sera en quinconce par rapport à la rue afin d’éviter un front bâti le long de la rue Blanche Monier. Pour les bâtiments les plus éloignés de la voirie, des espaces transitoires (pelouse...) et des places de parking privées seront implantés côté rue. Pour les autres, seules des places de parkings privées seront mises en place. Entre les bâtiments et le parc, l’implantation d’un petit jardin privatif jouera le rôle d’espace tampon. Le décalage entre les bâtiments, matérialisés par des passages végétalisés, offrira des perspectives sur le parc. La mitoyenneté des maisons renforcera le caractère individuel de celles-ci. Deux entrées vers le parc seront aménagées. La principale, au croisement de la rue Delacroix et de la rue Blanche Monier, réservée aux piétons et cyclistes, desservira à la fois la moyenne surface, le parc et la Maison de l’énergie. La seconde, située au croisement de la rue Blanche Monier et de la rue Emile Ducros, respectera les exigences de la servitude liaisons douces. Elle desservira le parc et la maison de l’énergie, rejoignant la piste cyclable et la voie piétonne.

Opération de logements

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Actuellement, sur la rue Blanche Monier, trois associations sont présentes et deux seront délogées par ce projet. Il sera donc nécessaire de consacrer une des neuf maisons à celles-ci. Par ailleurs, les locaux de Grenoble Solidarité seront maintenus sur place puisque son fonctionnement n’est pas à remettre en cause. Cette zone nous semble propice à la mise en place d’une plate forme écologique. En effet cette parcelle qui comportera la maison de l’énergie pourra par certain aménagement devenir une zone de présentation et d’exemple de gestion différenciée. Cette plateforme expérimentale sur le développement durable et la gestion différenciée se composera : - d’un sentier découverte dans la continuité du sentier des berges. Cet axe pourra être traversant mais aussi une boucle de balade. Le projet, dans ses stratégies d’aménagement, propose la réalisation d’un parcours (ou sentier) pédagogique et botanique sur les berges et sur la zone de servitude. Ce sentier sera destiné au public, habitants de l’Ile Verte et touristes. En plus de ses objectifs d’animation, le parcours aura pour but de sensibiliser le public à l’environnement.

Le jardin est ici utilisé comme un outil riche possédant d’innombrables potentialités éducatives, un outil parfait pour inciter à la découverte et à l’expérimentation. Ce type de jardin qui vise tous les enfants, petits et grands, permet de travailler en relation avec les groupes scolaires. Le bon fonctionnement de ces jardins repose sur le fait que les enfants se sentent porteurs du jardin. La première étape, la plus importante et que le plan d’aménagement du jardin soit imaginé par les enfants, afin qu’ils créent leur propre espace.

Exemple de maisons jumelée en R+2
UN PROJET POUR UN QUARTIER PENSÉ DANS SON ENSEMBLE

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Ce sentier va devenir un élément important pour le quartier mais aussi pour l’ensemble de la commune voire de l’agglomération. Un tel équipement peut générer une attraction touristique pour la commune. Une sensibilisation sur l’environnement et sur le développement durable. - Des parcelles de plantations avec gestion différenciée, prairies fleuries et prairies de fauche. Il serait aussi intéressant de mettre en place des parcelles pédagogiques. En effet , ce genre d’équipement constitue un espace éducatif, favorable à la découverte de la nature et à l’expérimentation du jardinage pour les enfants. Le jardin possède un important potentiel éducatif et se propose aujourd’hui comme un outil aux usages multiples : • Développement de la sensibilité, du civisme, de la responsabilité et du respect d’autrui. • Eveil des sens (interaction avec la nature). • Education, avec le développement de connaissance liées à la nature (cycle de l’eau, croissance des plantes, chaîne alimentaire…)

2.2.4. La zone au sud du cimetière
n’ont plus besoin d’utiliser leur voiture pour se rendre dans les grandes enseignes spécialistes en jardinerie. La diversité fonctionnelle serait respectée sur la zone (logement et activité) et la variété commerciale sur l’ensemble du quartier. La création d’une zone franche permettra de mener cette opération de mise en valeur des activités existantes : marbrerie, horticulture… Pendant 3 ans, chaque artisan souhaitant développer son activité bénéficiera d’exonération de la taxe professionnelle. Ceci afin d’inciter au développement et à l’implantation de nouveaux artisans. L’implantation de logements « type », sur le reste de cette zone, est tout à fait envisageable et s’accorderait avec le bâti existant étant donné que ce secteur compte une grande majorité de logements en R+4 ou 6 et les Trois Tours.

Projet de la zone sud

Sur place nous pouvons remarquer l’existence d’une activité horticole plus ou moins disséminée. Cette activité, liée à la présence du cimetière, a une fonction essentiellement funéraire. Il serait intéressant d’envisager d’organiser celle-ci et de la développer à l’échelle de la ville. Sur quatre parcelles au sud du cimetière, les activités à caractère horticole seront à privilégier. Elles conforteront ainsi l’implantation et le fonctionnement d’activités existantes. L’activité artisanale sera donc pérennisée. De plus, la création d’un réel pôle horticole unique dans la ville constituera un facteur supplémentaire d’attractivité et ouvrira le quartier sur Grenoble. Une telle activité offrirait la possibilité pour les grenoblois de fleurir balcons et jardins en se fournissant chez des horticulteurs artisanaux. Cette activité permettrait de développer une nouvelle façon de consommer : les habitants réalisent leur achat à proximité de leur domicile et
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Exemple de pôle horticole

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UN PROJET POUR UN QUARTIER PENSÉ DANS SON ENSEMBLE

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CONCLUSION
UN PROJET A PERENNISER
Elaborer un projet à un instant donné pour un territoire, ici un quartier pris dans sa globalité, ne suffit pas. Pour que les orientations d’aménagement prennent tout leur sens, il faut qu’elles s’installent dans la durée. C’est pour cette raison qu’en guise de bilan de notre travail, nous donnons les moyens de pérenniser notre projet, à travers trois grandes lignes fédératrices de nos propositions. Nous avons tiré de notre projet trois axes structurants, qui fédèrent l’ensemble de nos orientations et de nos propositions d’actions : - Ouvrir le quartier au reste de la ville - Développer la mixité des usages et des fonctions - Préserver la qualité de vie et renforcer l’identité du quartier. Un projet n’étant qu’une étape dans le développement et l’aménagement d’un territoire, sa gestion à long terme est particulièrement importante. Ouvrir le quartier au reste de la ville : - Trouver des partenariats pour que les activités rayonnantes (maison de l’énergie, services de santé…) soient pérennes, dynamiques. - Promouvoir l’utilisation des nouveaux passages (passerelle pour le contournement de la barrière « Isère ») et des modes de transports (pistes cyclables) pour assurer la liaison du réseau viaire de l’Île Verte au reste de la ville. - Instaurer la gestion raisonnée de tous les espaces verts constituant la trame verte existante.

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Développer la mixité des usages et des fonctions : - Inciter les commerçants à s’investir dans la vie du quartier afin de dynamiser les activités existantes. - Sensibiliser les usagers au partage de la voirie pour que les modes alternatifs trouvent pleinement leur place sur la voirie. - Exiger le respect systématique des grandes orientations (logements sociaux…) par les promoteurs afin d’adapter l’offre de logements aux besoins. - Favoriser des animations culturelles « toutes saisons » afin de multiplier l’attractivité des berges en variant leurs usages.

Préserver la qualité de vie et renforcer l’identité du quartier : - Sensibiliser les usagers aux nuisances du « tout-voiture » pour créer un quartier agréable à vivre (zone 30, réduction du stationnement). - Encourager les usagers à l’entretien et au respect des espaces de verdure tout en réaffirmant l’identité verte du quartier (végétalisation des axes, du bâti). - Exiger des promoteurs d’adapter les nouvelles constructions au tissu urbain existant.

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TRA AIL REALISE V PAR LA PROMOTION 2007 DE L’ IUP2 ADT, option urbanisme

IUP 2 ADT - URBA / Grenoble mai 2007