LES VERTS GIRONDE

Pour une politique ambitieuse d'économies d'eau sur le département
Du fait de la surexploitation pendant les 30 dernières années des nappes profondes et notamment l'éocène, qui alimentent majoritairement le département en eau potable, une baisse du niveau piézométrique continue de ces nappes a provoqué un début de salinisation par les eaux de l'estuaire. L'urgence de la situation réclamait la constitution d'une instance prévue par loi sur l'eau, la Commission Locale de l'Eau (CLE) afin d'élaborer et d'assurer le suivi d'un Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux Souterraines de la Gironde (SAGE). Le projet de SAGE a été élaboré par la CLE d'avril 1999 à juillet 2002. Le SAGE est un outil de réglementation et de programmation visant à restaurer la ressource en eau des nappes profondes pour maintenir la possibilité de l'exploiter durablement. A terme, le SAGE doit parvenir à un retour à des équilibres durables entre les usages de l'eau et la disponibilité de la ressource. La mise en consultation du SAGE dans les collectivités de Gironde est l’occasion de faire le point sur ce dossier et de sensibiliser les élus aux problèmes de l’utilisation de l’eau. Aujourd'hui, environ 150 millions de m3 issus des nappes profondes sont prélevés annuellement (74 % eau potable domestique, 17 % industrie et collectivité, 9 % agriculture). En 2010, les besoins estimés se monteront à 158 millions de m3. Le niveau de prélèvement actuel étant déjà non soutenable pour la pérennité de la ressource en eau et à fortiori celui envisagé pour 2010, le SAGE fixe à 30 millions de m3 le niveau des volumes d'eau à ne plus prélever dans les nappes profondes : - 15 millions de m3 devront être économisés soit 10 % des prélèvements actuels - 15 millions de m3 devront être fournis par des ressources alternatives dites de substitution (autres nappes et eaux superficielles). Ainsi, entre autres, il est prévu de mobiliser l'eau prélevée dans l'Isle par la station de pompage de Galgon, l'eau de la rivière Ciron, l'eau des alluvions de la Garonne, l'eau du canal latéral de la Garonne, etc. Pour le moment, en ce qui concerne les ressources de substitution, seule l'alimentation en eau industrielle de la presqu'île d'Ambès à partir de stockage dans les gravières d'Ambarès a été réalisée et se trouve opérationnelle. Toutes les autres solutions de substitution envisagées sont encore incertaines et non validées techniquement et économiquement. Devant les incertitudes concernant ces ressources de substitution, il existe pourtant une ressource, qui, elle, est disponible partout et mobilisable immédiatement : il s'agit des économies d'eau et de la maîtrise des consommations. Dans le projet de SAGE, le niveau des économies d'eau a été fixé à un seuil minimaliste de 10 %. Nous pensons que cet objectif doit être plus ambitieux.

Des expériences prouvent que sur 150 l d’eau consommer en moyenne chaque jour par personne, 20 à 30 % peuvent être économisés avec un retour sur investissement en l’espace de 6 mois ! Avec 500 F on peu équiper un logement et économiser 15 à 20 m3 minimum par an. Ceci multiplié dans plusieurs milliers de foyer donne une idée du gisement potentiel d’économies, mais bien sûr autant de pertes pour les vendeurs d’eau. Des investissements à grande échelle dans les logements collectifs, dans les collectivités et chez les particuliers peuvent donner des résultats très intéressants. Ainsi les programmes d'économies d'eau mis en oeuvre dans des villes de Bretagne (Quimper, Lorient, etc.) où des niveaux de 20 % à 30 % d’économies ont été atteints sans difficultés majeures tout comme les expériences pilotes effectuées sur le campus universitaire de Talence. Les Verts ont décidé de soutenir le projet proposé par la CLE et appel un avis favorable. Cependant si ce projet va dans le bon sens, nous souhaitons qu’il soit plus ambitieux dans le domaine de la maîtrise de la consommation d’eau. Pour cela nous demandons une politique très énergique et volontariste dans le domaine avec une implication de tous les acteurs, qu’ils soient institutionnels, économiques ou politiques mais également citoyens, La Gironde doit se doter d’une politique pour mettre en œuvre ces actions suivantes : une forte sensibilisation citoyenne à l’utilisation économe de l’eau, des investissements dans des procédés d’économies, La restriction de certains usages de l’eau potable non essentiels comme le lavage de voiture ou certains arrosages superflus, l’incitation au recyclage et à la récupération de l’eau de pluie, des mesures réglementaires dans les plan locaux d’urbanisme et une gestion économe de l’eau par les délégataires qu’ils soient privés ou publics.

Lorsque le SAGE sera définitivement adopté nous souhaitons que le Préfet convoque une table ronde de tous les acteurs afin de mettre en œuvre le SAGE et de définir les moyens de sa réalisation. Nous demandons à ce qu’une grande campagne permanente de communication et d’information soit faite. Nous demandons également que des mesures simples soient prises comme la promotion de l’installation des appareillages économiseurs d’eau, tel les aérateurs, les chasses d’eau économes, les douchettes économes. La mise en œuvre d’une telle politique implique des décisions politiques très volontariste, des pays européen comme l’Allemagne ou la Belgique ont intégré ces démarches qui sont devenues la norme. Localement, la CUB, très frileuse et le Conseil Général, ont les moyens ne serait-ce que par les offices d’HLM qu’ils contrôlent de jouer un rôle moteur. Le SAGE oblige a une réflexion et a une remise en cause de la gestion actuelle du réseau dont l’économie est basée sur l’augmentation et l’incitation par les délégataires comme la Lyonnaise à la consommation de l’eau, ressource naturelle en danger en Gironde. Les sociétés vendeuses d’eau doivent absolument prendre en compte le problème de la gestion quantitative de la ressource ; .Si la loi ne permet pas actuellement une gestion par le service public de cette ressource ce que nous déplorons, nous pensons que la contradiction qui consiste à faire du bisness sans se préoccuper de l’état de la ressource est une aberration qu’il faut stopper rapidement et définitivement.