"Planète Métisse" au musée du quai Branly (PRESENTATION) FF 461 mots 19 mars 2008 09:33 Agence France Presse Français Copyright

Agence France-Presse, 2008 All reproduction and presentation rights reserved. PARIS, 19 mars 2008 (AFP) Peu après la Conquête, les Indiens du Mexique dessinent des cartes en imitant Le Titien, tandis que plus tard, en Afrique, la reine Victoria devient souveraine yoruba de bois sculpté. Ces "objets métis", leur fabrication et leur histoire sont exposés au musée du quai Branly. "Planète Métisse. To mix ou not to mix ?" (18 mars - 19 juillet) est une exposition d'anthropologie qui présente quelque 300 objets pour "intriguer" le visiteur tout en lui exposant le phénomène historique et culturel du métissage, par delà son aspect biologique, indique son commissaire Serge Gruzinski. M. Gruzinski, historien spécialiste du Nouveau Monde, insiste particulièrement sur les XVe et XVIe siècles, "le moment où s'ébauche la mondialisation, avec la découverte de l'Amérique, la déportation des Africains, les premiers contacts entre l'Amérique et l'Asie, etc", explique-t-il à l'AFP. L'exposition, aussi bien thématique que chronologique et géographique, se découpe en quatre sections, accompagnées de nombreux programmes multimédias. La première veut "intriguer" le visiteur et lui demander ce que représentent pour lui, par le biais d'objets typés - statue gréco-romaine, robe haute-couture, statue Batak d'Indonésie - les notions de folklorique, ethnique ou classique. Le visiteur découvre ensuite ce choc des rencontres, notamment après la découverte de l'Amérique. Un "objet métis a plusieurs mémoires, appartient à plusieurs continents", indique M. Gruzinski. Pour exemple, l'Assemblée nationale a prêté une pièce exceptionnelle, le "Codex Borbonicus" mexicain du XVIe siècle. Ce calendrier divinatoire des anciens mexicains, dessiné sur une écorce de ficus battue, "appartient aux deux mondes", dit le commissaire. De tradition indienne, il découpe pourtant l'espace en sorte de vignettes, à la manière des almanachs européens. L'exposition fait un "tour du monde", dit-il. Au Japon, ce sont les Portugais qui sont portraiturés sur des paravents alors que les artistes africains cisèlent des objets d'ivoire à la mode européenne et qu'en Asie portugaise se modèlent des Christ aux allures de Bouddha. Quelques objets sont mis en valeur pour expliquer le processus de leur fabrication. Un tableau représentant la "messe de saint-Grégoire" est fait de plumes, technique traditionnelle indienne, imitant une gravure européenne. Une carte géographique du XVIe, pour la première fois prêtée par la Bibliothèque nationale de France, est dessinée à l'indienne mais avec des paysages imités du Titien. L'exposition se termine sur les "horizons métis", et aujourd'hui l'Asie et l'Occident, avec des extraits de films où chacun s'imite. (Le mardi, mercredi, dimanche de 11H00 à 19H00, jeudi, vendredi, samedi de 11H00 à 21H00. 8,50 EUR, TR 6 EUR. Catalogue : Planète Métisse, 224 pages. Coédition MQB-Actes Sud. 45 euros). ff/da/phi Document AFPFR00020080319e43j00192

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