Premières lectures du surréalisme au Brésil et en Argentine : entre célébration et rejet

Le discours autour de la présence du surréalisme au Brésil et en Argentine
semble à première vue être le lieu d’un contraste. Le lecteur qui parcourt la mince
ortune critique à ce sujet découvrira diverses airmations sur l’ine!istence ou le rejet
du mouvement au Brésil" et sur sa proli!ité et son abondance en Argentine. #éléc$ir sur
cette question nous conduit à revenir sur la période o% sont nées les premières avant&
gardes artistiques dans ces deu! pa's et à e!aminer les relations que celles&ci ont
établies avec le mouvement surréaliste. (i la tonalité nationaliste dont sont empreints les
projets de l’avant&garde au Brésil semble engendrer un désintérêt pour le surréalisme" le
caractère cosmopolite de Buenos Aires suggère que celui&ci a bénéicié d’une large
acceptation
)
en Argentine. *’est grosso modo le tableau que l’on pourrait aire de la
réception du surréalisme dans les deu! pa's.
+n ce qui concerne le Brésil" se rapproc$er du conte!te spéciique du
modernisme signiie aborder un moment crucial de l’$istoire culturelle du pa's" o% le
milieu intellectuel local opère un c$angement radical dans la manière de comprendre les
éc$anges culturels avec l’+urope et la d'namique unilatérale qui les régissait
jusqu’alors. +n Argentine" la revue littéraire la plus prestigieuse" Martín Fierro, et le
groupe d’intellectuels qui se réunissaient autour d’elle sont également soucieu! de créer
une culture nationale et de ormer un nouveau lectorat. ,ls tenteront ainsi de promouvoir
la diicile union entre la rénovation et le nationalisme culturel" revendiquant à la ois un
-caractère argentin. et un programme d’intervention qui visait à -susciter un milieu et
une vie litéraire. /Martín Fierro" )012" n.)" p.2345
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Parmi les critiques qui airment l’ine!istence du surréalisme ou minimisent son impact au Brésil
igurent des personnalités comme 6osé Paulo Paes" Antonio *andido et 7aroldo de *ampos. +t parmi
ceu! qui déendent la t$èse d’une productivité intense en Argentine: 8raciela de (ola" (a9l :ur;ievic$ et
aujourd’$ui <iguel +spejo.
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(ous la direction de +var <énde=" la revue intègre des écrivains et des artistes plastiques qui
commen>aient à révolutionner le milieu littéraire et culturel de l’époque" parmi eu! ?liverio 8irondo"
6orge Luis Borges" @ul (olar" #icardo 8Airaldes" Bora$ Lange" <acedonio CernDnde=" Leopoldo
<arec$al" Pablo #ojas Pa=" <ario Bravo" 6ules (upervielle" 6acobo Cijman et +nrique 8on=Dle= EuFGn.
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+n projetant un éclairage diérent sur les questions les plus saillantes de cette
période" nous essaierons de donner une interprétation non soumise à l’urgence que les
principau! acteurs de la scène artistique e!périmentaient alors. Au Brésil" si la visibilité
du surréalisme ne repose pas sur des revues" contrairement au cas argentin /la première
revue publiant des te!tes surréalistes brésiliens" Estética, dirigée par (érgio Buarque de
7ollanda et Prudente de <oraes" n’a compté que deu! numéros5" le séjour au Brésil de
Benjamin Péret marque le début d’une présence plus lagrante. +n )01H" ?sIald de
Andrade annonce dans la Revue d’Antropophagie :
Benjamin Péret" le grand nom du surréalisme parisien" est à (Jo Paulo.
B’oublions pas que le surréalisme est l’un des meilleurs e!emples de
mouvements ant$ropop$agiques. Assurément" la libération de
l’$omme" à travers la dictée de l’inconscient et les turbulentes
maniestations individuelles" représente pour n’importe quelle
sensibilité -ant$ropop$age. l’un des événements les plus e!altants qui
ait accompagné ces dernières années le désespoir du civilisé . /...5
Après le surréalisme" il n’' a que l’ant$ropop$agie /Revue
d’Antropophagie" 1ème année" n. K)" mars )0105.
La canonisation ne masque pas la déglutition accomplie au bout du compte : le
surréalisme est un mouvement ant$ropologique avant la lettre. *’est pourquoi nous
-disposions déjà d’une langue surréaliste. /Revue d’Antropophagie" 1ème année" n. K)" mars
)0105 dont l’appré$ension était reconnaissance" vidant de son sens ou minimisant toute
contribution particulière. L’éloge de la découverte de l’inconscient et des -turbulentes
maniestations individuelles." dont on peut supposer qu’elles se réèrent à l’e!périence
de l’écriture du rêve et du jeu" nous situe bien dans une lecture osIaldienne. Le culte de
l’irrationnel L marque d’une civilisation désespérée tirant sur sa in" comme le disait
<Drio de Andrade L a été re>u par une nation qui -parlait déjà la langue du
surréalisme. /Revue d’Antropophagie" 1ème année" n. K)" mars )0105. Les tréonds primitis
de la société brésilienne conéraient une assise et une légitimité au! attaques avant&
gardistes radicales du surréalisme contre les bases de la civilisation occidentale. (i
l’arrivée de Péret est commémorée" elle est assortie d’une critique du surréalisme dès la
première réception organisée en son $onneur. Mans le discours même o% il salue
l’arrivée du poète ran>ais" ?sIald critique vivement le manieste de Breton" en
airmant qu’il -respire parois à travers une atmosp$ère c$rétienne. et que -le l'risme
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de presque tous les surréalistes s’inscrit dans une tradition poétique ran>aise. /Revue
d’Antropophagie" 1ème année" n. K)" mars )0105.
(i le mouvement moderniste brésilien a revendiqué" selon la ormule de <Drio
de Andrade" -un droit permanent à la rec$erc$e est$étique" à la rénovation de
l’intelligence brésilienne et à la production d’une conscience créatrice nationale.
/ABM#AM+" )0N1" p.1OO5" les voies empruntées par les divers intellectuels brésiliens
seront très variées. Pisant à rompre avec la tradition académique et parnassienne et à
s’émanciper de la tradition intellectuelle européenne" la volonté d’e!périmentation
est$étique était bridée par le souci de a>onner une identité nationale. (elon le rapport
qu’ils entretenaient avec cette préoccupation" les artistes se situaient en de$ors de
l’espace du militantisme moderniste ou à l’intérieur de celui&ci. La mémoire oicielle
du mouvement souligne ainsi à la ois la célébration des racines brésiliennes et la soi de
cosmopolitisme" parado!e qui s’est nourri de la notion d’ant$ropop$agie tout en
renor>ant celle&ci.
O
+n Argentine" la création d’une -nouvelle sensibilité et d’une nouvelle vision.
semble davantage limitée : -<artin Cierro s’adresse surtout à un public c$oisi" en termes
de goQts et de ressources matérielles" ainsi qu’au! artistes" scientiiques" érudits et
étudiantsR /Martín Fierro" p.2335. (elon Beatri= (arlo" cette tonalité élitiste conérera au
projet un caractère modéré" le démarquant vis&à&vis de l’avant&garde européenne. La
rénovation proposée par le martinfierrisme, le mouvement le plus notable à l’époque"
sera subordonné au souci de ormer un lectorat de -bon goQt..
*’est dans ce conte!te que paraSt la première revue surréaliste Qué" en )01H"
dont le titre e!prime l’interrogation minimale et première ormulée par le mouvement
littéraire ainsi uniié. La orce de cette interrogation découle d’un ostracisme délibéré"
une plongée introspective et -e!périmentale. dans la langue" qui se justiie ainsi :
3
-L’écriture moderniste se nourrit de ce parado!e. +lle admet l’e!istence d’une tradition occidentale"
mais elle essaie de réinventer la métap$'sique de l’être national comme c$amp restreint" comme part
distincte ou entre&lieu qui conserve la mémoire de la séparation originaire. +lle c$erc$e ainsi à se
réapproprier le meilleur de la culture universelle ain de le retourner contre ce que cette culture
universelle recelle de pire" en prenant le point de vue ambivalent des conins" o% l’?ccident se regarde en
ignorant cette image modiiée de lui&même. L’identité ant$ropologique serait alors la constante
construction d’une diérence" mais également la rec$erc$e en soi&même d’une modalité sud&américaine
de l’être universel.R /ABE+L?" 1KK3" p. )5.
3
6ustiication de nous&mêmes: en tant qu’êtres attirés à l’intérieur
d’eu!&mêmes par une orce e!traordinaire et centripète.
/...5
6ustiication de notre e!pression: Eout mot se trouve dans le coeur
même des problèmes de l’être. *’est dire" que pour un $omme
déterminé" son m'stère prend la orme de ses mots /dans un sens plus
ample : il prend la orme de ses signes5.
/Qué" p.)5
Les premières lectures du surréalisme maniestent une préoccupation envers le
mot et son lien indissoluble avec le sujet. +lles c$erc$ent un mo'en de connaStre la
-structure occulte. de l’être dont le centre est le sujet activement introspecti. *ette
e!périence sciemment -impraticable.: R+lle plaide aussi en aveur de l’e!propriation"
mais avant tout" du sens commun" de la routine et de la mesquinerie dans la pensée et la
rêverie.. /idem" p.35 +tant donnée l’aspiration à créer une culture nationale et un
nouveau lectorat" qui caractérise Martín Fierro" il nous est permis de supposer que la
revue Qué était en porte&à&au! avec son époque. *elle&ci tentera la diicile alliance de
la rénovation et du nationalisme culturel /qui repose sur une tradition culturelle
prée!istente5" de la rec$erc$e du -caractère argentin. et d’un projet visant à -susciter un
milieu et une vie littéraire./Martín Fierro" )012" n.)" p.2345.
Mans le conte!te brésilien" la première publication présentant des te!tes à
caractère surréaliste est la revue Estética" dirigée par Prudente de <oraes Beto et (érgio
Buarque de 7olanda. (elon #obert Ponge" après avoir lu la Nouvelle Revue Française et
la revue ommerce" qui avait publié un essai de Louis Aragon" les éditeurs de Estética
ont commencé en )014 à Récrire des lettres surréalistes" à la manière de Breton.
/BTA#UT+ apud P?B8+" )000" p.445. Le critique souligne également les scrupules
qui interdisent à Buarque de 7olanda d’emplo'er les termes de -surréaliste. ou -supra&
réaliste." utilisés à l’époque. ,l leur préérait l’e!pression emplo'ée dans la -déclaration
des droits au rêve. /Estética, 5" réalisant ainsi un collage de la préace et de la devise de
!a Révolution "urréaliste# Bien qu’on ne puisse pas dire que la revue était destinéé à
promouvoir le surréalisme" on constate qu’à la diérence de la Revista de Antropofagia"
elle a permis de diuser les idées surréalistes à travers un regard critique. +n plus de
déendre le primat du rêve et de l’imagination sur la rationalité logique" Prudente de
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<oraes et Buarque de 7ollanda suscitent le débat autour de certaines idées modernistes"
tel que la redécouverte du -parler brésilien. ou le rVle de l’intelligence dans le processus
créati
2
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<ais c’est dans le te!te intitulé RPerspectivesR que (érgio Buarque de 7ollanda
pense le mot dans son aspect intelligible et conceptuel" dénon>ant la -vertu illusoire de
la langue des cimetières. /idem5. Peu commenté par la critique du modernisme" ce te!te
condamne la pai! actice du langage comme outil de communication ormant un
ensemble de mots au sens convenu et cristallisé par la société W en eet" vé$iculant des
concepts" les mots sous&tendent un mode de pensée vicié" qui menace de mort la
d'namique propre à la pensée poétique. +n d’autres termes" (érgio Buarque de
7ollanda participe activement au! réle!ions surréalistes sur divers t$èmes : la relation
des diérentes ormes de langage avec la connaissance logique" la question de
l’établissement d’un sens i!e comme base de la communication et la normalisation du
concept : Rl’atmosp$ère irrespirable o% nous plongent les ormes intelligibles" nous
incite à envo'er au diable tout ce qui peut remplir une onction" tout ce qui rentre entre
quatre murs d’une pensée communicable ou e!primable R /idem5.
#écusant le postulat selon lequel la -parole du peuple." bien que manipulée"
serait apte à e!primer la culture nationale et donc à être le support d’une production
artistique nationale" Buarque de 7ollanda invoque le domaine de l’obscur" ait appel au
nocturne et" allant plus loin" critique le principe même de la rationalité logique. +n
réponse au! réactions que provoquent les te!tes de Estética" <Drio de Andrade blXme
dans le surréalisme sa -pureté artistique. /ABM#AM+" )0H4" p. 25 et ses acilités : -+n
vérité" je m’en méie un peu. 6e m’en méie peut&être parce que j’ai peur de moi&même"
je ne sais pas. (i je m’' abandonnais" je soup>onne que ce ne serait que par simple
volupté et pour mettre en pratique une recette acile. /ABM#AM+" )004" p.145. L’aveu
de <Drio souligne la menace sous&jacente à -l’aventure. surréaliste" qu’il critique dans
sa correspondance avec Bandeira en raison de son caractère gratuit et épicurien. *omme
(érgio Buarque de 7ollanda" mais dans une direction contraire" <Drio s’attac$e à la
question de l’intelligibilité :
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Mans sa critique de A escrava $ue n%o é &saura, de <Drio de Andrade" Prudente de <oraes aborde cette
question: R<Drio de Andrade termine son livre en airmant que Ydans le discours actuel" c’est à nouveau
l’intelligence qui a le dernier mot’. 6e n’' vois pas d’inconvénient dès lors qu’elle n’a pas le premier mot
et qu’elle respecte les droits du subconscient. +!clue pendant un temps" l’intelligence retrouve la place
qui est la sienne" un peu plus modeste.R /<?#A+(" p.O)N5.
5
6e crois que les arts de la parole sont les moins aptes à se rapproc$er
de l’Art Pur" car ils mettent en jeu des sons directement et uniquement
compré$ensibles par l’intelligence. (i nous assemblons des sons purs"
par e!emple" -Erajol Zlimani tri trem tri jol." nous erons de l’art pur"
car ils ne renerment aucune idée" ni jugement. *’est pourquoi je
pense que les mots doivent être impurs" autrement dit ils doivent
représenter des c$oses intelligibles. Eoute rec$erc$e littéraire qui
oblitère la clarté de l’e!pression littéraire ait ausse route. M’o% le peu
d’intérêt que je porte à <allarmé" 8Gngora" #everd' et consorts. Me
nombreuses pages de #imbaud lui&même me déplaisent désormais
/ABM#AM+" )0H4" p.25.
+ntre les aspects conceptuel et matériel du mot" mis en évidence par le
surréalisme et étudié par (érgio Buarque dans RPerspectivasR" <Drio de Andrade opte
radicalement pour l’aspect conceptuel. La onction communicative de la littérature se
superpose à l’e!périmentation est$étique" e!empte de tout apport surréaliste" puisque
depuis #imbaud la subversion de l’intelligible et la dissolution du sens sont
consubstantielles à la littérature. Le c$oi! de l’intelligibilité ait par <Drio de Andrade"
concorde avec le projet pédagogique de constitution d’une culture nationale" cependant
ce c$oi! n’est pas compatible avec les e!périmentations pratiquées par les modernistes.
Le trio de poètes cité par Andrade désigne respectivement la poésie $ermétique"
-l’obscurantisme. sur lequel le poète s’attardera et surtout le surréalisme.
+n Argentine" les premières publications surréalistes ne sont pas assorties de
critiques directes. +n réalité" elles sont accueillies par un silence assourdissant" qui
donne lieu à de longs commentaires dans le deu!ième numéro de Qué. Mans un article
étrange et érudit intitulé R#espuestasR" une seule accusation" indirecte et anon'me" est
dirigée contre la revue" qui verserait dans la -parap$rase vide." ce dont celle&ci se
déend en alléguant une absence totale de prétention t$éorique et est$étique. Ainsi"
l’airmation de la supériorité de la vie sur l’art se traduit par une production poétique
singulière qui e!prime le dérisoire et -préère les signes de l’oubli. /Qué" )01H" n.)"
p.)15 situés en marge des grands événements et du c$amp spéciique de l’art : "El
silencio de los ómnibus y de los tranvías [que pierden su humor / nos obliga a
pensar en los hechos delicados / más allá de la vida cotidiana" -Le silence des bus et
des tramIa's [qui perdent leur $umour \ nous oblige à penser au! c$oses délicates \
bien au&delà de la vie quotidienne. /i'idem" p.)O5.
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La revue met principalement en lumière la nécessité de rompre avec les sc$émas
comportementau! en vigueur" ce qui se traduit par le renoncement au plaisir au proit
d’une quête de la connaissance de soi : Rprendre des risques avec toutes notre
satisaction" notre bon$eur et notre complicité dans une pai! intérieure. /ibidem" p. 45.
Tne telle entreprise n’est possible que par l’étude de la parole considérée comme Rle
c]ur même des problèmes de l’être. /ibidem" p.)5: -*$erc$er dans l’e!périence
evidente de notre propre structure cac$ée /mot" miroir de l’$omme5 et peut&être aussi
quelque c$ose comme une necessite irrésistible de penser à voi! $aute.. /i'idem" p.1H5.
Pellegrini délimite ainsi un c$amp d’action possible" établissant une dic$otomie
entre la parole qui révèle son visage /-e!périence évidente.5 et celle qui le dissimule. (i
l’utilisation du terme -miroir. semble aller dans le sens d’une atténuation de cette
ambivalence" nous constatons que cette relation ne se donne pas dans la transparence"
mais dans l’opacité" que nous sommes invités à aronter. L’invitation à -penser à $aute
voi!." qui renvoie à l’écriture automatique de Breton" -une pensée parlée. selon celui&
ci" constitue l’un des rares moments o% un modèle de création est e!pressément
proposé.
(i la revue se donne pour impérati de R*ontenir" e!pliquer" et si possible
résoudre" un état d’esprit e!ceptionnellement abondant à cette époque. /p.)45" le groupe
produit une poésie créative qui ne se réclame pas des grands noms de l’avant&garde" ni
des écrivains connus de la scène littéraire de l’époque. *et isolement est assumé"
comme le montre la ormule qui ouvre le deu!ième numéro de la revue : RPar cette
porte" vous pouve= entrer dans le périmètre des antasmes. /Qué" )0OK" n.1" p.O5. Le
long délai de publication entre les deu! numéros et les tentatives pour justiier le silence
qui a accueilli la revue nous donnent une idée de la aiblesse de sa diusion et de son
impact. L’isolement semblait prévu par le groupe" qui airme presque ièrement :
"Nous attendons le silence, car qui répondrait nous!m"me# " /p.125. *ette
solitude antasmatique semble être conortée par l’e!igence surréaliste -d’éclipse
proonde et réelle. /B#+E?B" 1KK1" p. 435 présent dans le -(econd manieste
surréaliste.. Publié un an après" en décembre )010" Qué tente d’inverser
l’incompré$ension de son entourage en signe positi" ain de consacrer sa propre
singularité.
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(i le cosmopolitisme présumé de Buenos Aires
4
semble constituer une grille
d’anal'se à laquelle la critique recourt constamment pour étudier le panorama argentin
de ces années&là" l’anal'se des premières lectures du surréalisme révèle les limites d’une
telle interprétation. +lle montre en eet que sous l’apparence d’un prétendu
universalisme" le cosmopolitisme onctionne comme une stratégie de lecture et de
réception qui opère sélectivement" en triant les auteurs étrangers qui seront lus ou non
avec proit. Uuant au Brésil" le projet est$étique soucieu! du caractère national semble
avoir initialement porté préjudice à la réception du surréalisme" il ne pouvait pas pour
autant ignorer ce dernier et encore moins l’occulter. Bous vo'ons ainsi que dans les
deu! cas" les catégories du national et du cosmopolite nuisent davantage à la diusion
de la critique des idées surréalistes qu’elles ne onctionnent comme des outils productis
de lecture.
?scillant entre tapage et silence" la réception du surréalisme au Brésil et en
Argentine a donné lieu à une réle!ion t$éorique sur le statut de la parole et sur le rVle
de l’art dans la vie quotidienne" minimisant l’urgence du projet est$étique alors en
vogue. *ette oscillation était et est toujours éclipsée par la critique" qui associe ce projet
est$étique à une culture étrangère" occultant ainsi la lecture spéciique du surréalisme
que le Brésil et l’Argentine a stimulé et continue de stimuler.
5
,ci" c’est le caractère de Rville du métissageR qui caractérise Buenos Aires" sa constitution migratoire
variée lui a'ant donné selon (arlo sa nature ortement cosmopolite et intégratrice.
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