OMA (Offi f M li A hi ) OMA (Office for Metropolitan Architecture

)
Rem Koolhaas
Rem Koolhaas
New York Délire
1978
Un manifeste rétroactif
"Comment écrire un manifeste d'urbanisme pour la fin du XXe siècle, dans une
époque qui a la nausée des manifestes ? époque qui a la nausée des manifestes ?
Les manifestes pèchent fondamentalement par leur manque de preuves.
Le problème de Manhattan se pose en termes exactement inverses : c'est une
montagne d'évidences sans manifeste.
Face à cette double constatation, le présent ouvrage a été conçu comme le
manifeste rétroactif de Manhattan.
Manhattan est la pierre de Rosette du XXe siècle.
( ) Manhattan (est) le produit d'une théorie informulée le manhattanisme dont le (...) Manhattan (est) le produit d une théorie informulée, le manhattanisme, dont le
programme : exister dans un monde totalement fabriqué par l'homme, c'est-à-dire
vivre à l'intérieur du fantasme, était d'une ambition telle que pour se réaliser il lui
fallait renoncer à toute énonciation explicite."
La trame de 1811 : 12 avenues, 155 rues, 2028 blocs
"(...) il s'agit là de la prédiction la plus courageuse de l'histoire de la civilisation
occidentale : le sol qu'elle divise est inoccupé; la population qu'elle décrit est
hypothétique; les édifices qu'elle localise sont fantomatiques; les activités qu'elle
encadre sont inexistantes " encadre sont inexistantes.
"La discipline bidimensionnelle qu'impose la trame dans le plan horizontal engendre
une anarchie insoupçonnée dans l'espace à trois dimensions. La trame définit entre
l' d l dé d l é ilib i d l l ill ê à l f i l'ordre et le désordre un nouvel équilibre au sein duquel la ville peut être à la fois
rigide et fluide, métropole du chaos figé."
Elisha Otis présente l’ascenseur
F i i t ti l d N Y k 1853 Foire internationale de New York, 1853
Le théorème de 1909
Life Magazine
Octobre 1909
« Extrusion « Extrusion
Avant que le vrai gratte-ciel ne soit "inventé" à
New York, les bâtiments mutants (mutant
buildings) étaient générés, et non pas conçus
(designed), en dupliquant les sites entiers tels
qu'ils étaient trouvés (as found). En 1902, le
site triangulaire du Flatiron Building devenait
brutalement un coin aigu de 23 niveaux; en brutalement un coin aigu de 23 niveaux; en
1915, le rectangle de l'Equitable Building, une
extrusion de 39 niveaux. »
Flatiron Building,
1903
« L’édifice est activé « Lédifice est activé
électriquement en avril 1913, lors
d’une cérémonie au cours de
laquelle le président Wilson en
appuyant sur un minuscule
bouton dans la Maison Blanche fit
jaillir instantanément quatre-vingt
mille lumières éclatantes du haut mille lumières éclatantes du haut
en bas du Woolworth. »
Woolworth Building, 1913
"( ) chacun des buildings de l'espèce mutante s'efforce d'être une "ville dans la (...) chacun des buildings de l espèce mutante s efforce d être une ville dans la
ville". Cette farouche ambition fait de la métropole une collection de cités-Etats
architecturales, toutes potentiellement en guerre les unes contre les autres."
"Le bloc est la conquête maximale à laquelle puisse prétendre un "urbaniste" ou une
"vision" individuels. (...)
Chaque bloc est maintenant seul comme une île, essentiellement livré à lui-même.
Manhattan se transforme en un archipel de blocs " Manhattan se transforme en un archipel de blocs.
Lobotomie architecturale
"Dans l'écart intentionnel entre contenant et contenu les bâtisseurs de New York Dans l écart intentionnel entre contenant et contenu, les bâtisseurs de New York
découvrent une zone de liberté sans précédent. Ils l'exploitent et lui donnent une
dimension formelle au moyen d'une opération qui est l'équivalent architectural d'une
lobotomie (ou suppression, par intervention chirurgicale, des liaisons entre les lobes
ffrontaux et le reste du cerveau pour remédier à certains troubles mentaux en
dissociant les mécanismes de pensée des mécanismes émotifs). L'opération
architecturale équivalente consiste à dissocier architectures intérieure et extérieure.
De cette façon le "monolithe" épargne au monde extérieur les agonies des De cette façon, le monolithe épargne au monde extérieur les agonies des
perpétuels changements qui l'agitent au-dedans.
Il dissimule la vie quotidienne."
Concours pour le Parc de La Villette, Paris
1982-1983
Concours pour la Bibliothèque nationale de France, Paris
1989
Dominique Perrault
James Stirling
"La bibliothèque est interprétée comme un bloc solide d'informations, un
emmagasinage de toutes les formes de mémoire: livres, disques optiques,
microfiches, ordinateurs...
Dans ce bloc, les espaces publics sont définis comme des absences de bâti, vides
creusés dans le massif d'information.
Elles se présentent comme de multiples embryons - flottant dans le magasinage -
chacun doté d'un placenta technologique singulier chacun doté d un placenta technologique singulier...
Puisqu'elles ont été définies comme des creux, la spatialité des bibliothèques
individuelles peut être explorée selon leur logique inhérente, indépendamment l'une
de l'autre, de l'enveloppe externe et des contraintes habituelles de l'architecture,
ê d l i d l i é " même des lois de la gravité."
(dans Patrice Goulet (dir.), OMA-Rem Koolhaas. Six projets, Paris-Rome, Institut
français d'architecture / Éditions Carte Segrete, 1990, p. 295)
Concours pour une médiathèque à Karlsruhe
1989
"Bigness or the Problem of Large »
Domus Milan n°764 octobre 1994 repris in O M A Rem Koolhaas & Bruce Mau Domus, Milan, n 764, octobre 1994, repris in O.M.A. Rem Koolhaas & Bruce Mau,
S,M,L,XL, Rotterdam-New York, 010 Publishers/Monacelli Press, 1995, pp.495-516.
1
G ( G Au-delà d'une certaine masse critique, un bâtiment devient un GRAND Bâtiment (a BIG
Building). Une telle masse ne peut plus être contrôlée par un seul geste architectural, ou
même par aucune combinaison de gestes architecturaux. Cette impossibilité déclenche
l'autonomie de ses parties ce qui est différent d'une fragmentation : les parties restent l autonomie de ses parties, ce qui est différent d une fragmentation : les parties restent
soumises à l'ensemble.
2
L'ascenseur - avec ses capacités d'établir des relations mécaniques plutôt
qu'architecturales - et les inventions qui lui sont liées rendent nul et non avenu le
répertoire classique de l'architecture. Les problèmes de composition, d'échelle, de
proportion, de détail sont maintenant hypothétiques.
L'"art" de l'architecture est inutile dans BIGNESS.
3
Dans BIGNESS la distance entre le coeur (core) et l'enveloppe (envelope) Dans BIGNESS, la distance entre le coeur (core) et l enveloppe (envelope)
augmente au point que la façade ne peut plus rien révéler de ce qui se passe à
l'intérieur. L'attente "humaniste" d'honnêteté est condamnée; l'architecture intérieure
et l'architecture extérieure deviennent des projets indépendants, l'une est liée à
l'instabilité des demandes programmatiques et iconographiques, l'autre - agent de
désinformation - offre à la ville l'apparente stabilité d'un objet. Là où l'architecture
révèle, BIGNESS rend perplexe; d'une addition de certitudes BIGNESS fait de la
ville une accumulation de mystères ville une accumulation de mystères.
Ce que vous voyez n'est plus ce que vous trouvez.
4
A cause uniquement de leur taille, de tels bâtiments se situent dans un domaine
( ) amoral (amoral), au-delà du bien et du mal.
Leur impact est indépendant de leur qualité.
Herzog & de Meuron
Bâtiment de bureaux et logements Bâtiment de bureaux et logements
Soleure
1993-2000
Pharmacie de l’hôpital cantonal Pharmacie de l’hôpital cantonal
Bâle
1995-1998
Bâtiment de marketing Ricola Bâtiment de marketing Ricola
Laufen
1997-1998
Schaulager g
Fondation Emanuel Hoffmann
Bale
1998-2003
Laban Center, Londres