POUR U J ~   THÉORIE

•. ,,. .... 11E.a.ILIEUX POREUX
....... ___ J\fASSON & CIE, !lDITEURS
Tous droits tk traduction, d'adaptation
et de reproduction, par tous procédls,
y compris la photographie et le microfilm
réservés pour tous pays.
<C 1967 Masson et c1e, Paris.
Imprimé en France.
INTRODUCTION
« ... S1111t ergo corpora certa
quae spatium pleno possint disti11 guere inane »
Mis en face de la réalité d'un milieu poreux, l'esprit peut s'cfîrayer
d'abord de la tâche à entreprendre. Ces millions de grains et la variété
inépuisabl!' de leurs formes et de leurs dimensions, le réseau compliqué
de leurs   où mille détours possibles s'offrent au cheminement
d'un fluide, semblent défier les ressources de la description. Mais cette
richesse n'est qu'apparente, cette diYersité superficielle donne bien-
tôt une impression cle monotonie profonde: Ce sont toujours les rnèmes
grains, les mèmes p01·ps, qni se répètent indéflniment, identiques à
eux-mèmes, en dépit de variations insignifiantes. Ayant reconnu
cela, la raison empirique se met au travail. Elle élabore la multiplicité
informe qui lui est donnée, lui impose ses propres cadres, et se cons-
truit ainsi un objet sur lequel elle peut agir et qu'elle peut étudier. Elle
ramène la géométrie complexe des grains à la forme simple de quelques
courbes grannlométriques, et résume les itinéraires capricieux des
filets de courant à l'aide d'une propriété unique, la perméabilité.
Nous nous pI'oposons, dans ce qui suit, de soumettre à l'analyse
théorique les dl'nx notions - granulométries et perméahilité - qui se
soul ainsi progressivement dégagées de l'expérience. Il serait pré-
maLuré de prétendre conslruire dès aujourd'hui une théorie complète
des milieux poreux. On se heurterait à trop de difficultés encore irré-
solues. Pour ne citer qu'un exemple, on ne sait pas encore rattacher
d'nne manière précise la perméabililé d'un milieu poreux aux granulo-
métries qui expriml'nt ses caractères géométriques. Mais on ne doit pas
pour autanl vouer ces études à un empirisme définitif. Sans prétendre
ramener à l'unHé de la forme i·ationnelle la masse des connaissances
fragmentaires acquises empiriquement, on peut essayer cependant
d'y introduire un peu <l'ordre. On ne trouvera donc ci-après m vaste
synthèse, ni résultats vraiment nouveaux. Notre projet, beaucoup plus
modeste, sera seulement de produire au jour et d'analyser ce qui est
déjà contenu implicitement dans ces deux concepts empiriques de
gr1mulométrie et de pel'méabilité. La première partie de ce tranil sera
donc consacrée à la géométrie des milieux poreux, c'est-à-dire aux
6 INTIWDl.JGTION
granulométries, et la deuxième à leurs propriétés hydrodynamiques,
c'est-à-dire aux perméabilités.
Pour qu'il soit possible de définir au sens usuel la granulométrie
d'un matériau naturel ou artificiel, deux conditions sont requises:
a) le matériau doit être constitué de grains indiYidualisablPs sans
ambiguïté;
b) il doit ètr13 possible de elasser les grainl' l'n fonction d'un para-
mètre quantitatif unique.
Dans la pratique industrielle ou t'n laboratoire, ces conditions sont
imposées ipso facto au matériau traité ]Hll' les opérations techniques
auxquelles on le soumet: les grains soul libérés ou indiYiLlualisés
(donc définis en tant que grains) par une suite d'opérations déter-
minées (concassage, broyage) et séparés eu classes par une autre suite
d'opérations également. hii•n définies (par ex<>mple des tamisages).
Le résultat - lu courbe granulométrir1ue - permet de comparer enti'P
eux des matériaux différeuts. pourn1 qu'ils soient traités de manière
strictemcut, identique: tel matériau appa1·altra comme plus grossil'I', 011
plus hétérogène, que tel aul1·e. l\lnis la gramdométriP ohte11ue dépendrn
en général des 1•011ditions opér·utoires choisies, Pt, en dt•hors de cH.s
particuliers très simples, tels qtw celui des grains sphériques, ne pouna
pas se relier de ma11ière éYident.e à dt>s l'Hrac:té1·istiques gé>omùtriquPs
précises tics grains. Le dasscmeut. t'mpi1·ique 111• correspond pas, en
générnl, i1 1111 critère <'OIH·Pptuol clair. gt, e11 l'!Tct,, pour JH!ll que leur
forme soit complexe, les grains ne sont pas soumis à uue rPlation
tl'ordre unique. Selon qm• l'on rnd l'11t·c·eJ1l. sur· li! plus graud <liamètrt!,
lu sel'lÎon moyenne, le YOhtmP, l'k ... on ohtient différents prin<'ipes
dasseme11t. ent.re lesquels ohaq1w clii;positif cxpériniPntal réalise m11!
pondération ,·ariable.
D'aul1'P part. la notion de g1·u11ulmnéfrit• nt• sP limite pmi aux maté-
riaux préparés, mais s'ét.eucl égalenwnt aux matériaux en pla1' P. Le
pétrographo, l'hydrogéologuc, pétmlit>I', s'illli•ressl'nt lt la g1'H11ulo-
métrie minéraux constitutifs d'une rol'he, 011 d'un milieu poreux.
A unP autre él'hell<', le sédime11tolog111! s'intérPsHfl aux dimem;ions de
lentilles gréseuses, aux puissa1wes alfodées a.ux dilfé1•1rnts faciès d'1111e
série lithologique rytl11niqw'. et1• ... Or um· granulométrie in silll exprinrn
bien l'ertaines eitrf11•t éri:;t,i11tws géornétriq ucs dt>s grains indi,·itlueb,
mais ne tient. pas compte dt>s rapports dPH grai11s e11frt' eux et dt> leun1
dispositions mutuelles dans l'espace. Pour employer 1111 la11gag1· pétl'o-
brraphique, elle rcns!!igne s111· la strudm'P des grains, m<1is 11011 sur ln
tl)xturn de la nwhc (l'arrungc111ent des gr·nins). De plus, .la notio11 de
grain iudfruafürnhle peut d<',·e11ir très flouP el d'être utili:rnblr..
Entre deux grains dii;t,iucf,s, et les mêmes grains reliés par un ehapelel
INTRODT..ICTION
7
de granules, puis par un isthme, il y a un passage coHlinu que la
granulométrie ne peut pas exprimer. Dans un milieu poreux, la notion
de grain peut même s'éYanouir tout à fait, et. de toute manière lrs
propriétés hydrodynamiques les plus intéressantes (la perméabilité)
semhlent liées claYantage aux dimensions des porcs qu'à celles des
grains. Il conYient 1lonc <l'introduire une corn·eption plm; large de la
g-ranulomé>trie, <'apahle de déerire la géométrie complexe d'un milieu
à dt'.'nx composantes se référer h des « grai11s >1 iudivicl ualisûs. A la
granulométrie des grains, il convient aussi d'adjoindre celle cl1•s
pores. et <''est préeisément. cette granulométrie des pore:-; qui parnît
suseeptiblP de rendre eompte de l'anangmnent des grains entre eux,
c'est-à-dire, de la texture tic la roche, ai111;i que de lu per1néahililé du
milieu.
Cette eonception élargie de la gra1111Iométrie esL c1:rtaiucm1111t,
possible. De fait, elle exislt:> déjà. LPs matériaux in situ, en efTcl, ne
sont générnlemeul pas ac:cl•ssihles dans leurs trois dime11flions. Ou no
dispose le plus souvent qu•.' <l<' sectio11s (aflleurements. lames minces,
etc.) à de11x dimensions, et k passage de la gra11ulomt>tri11 {1 deux
dimensions. mesurée :;ur une section, à la Haie granulométrie à troii:;
tlimensiom; pose un problème difllcile (que nous aborderons dans 1111
1·as partieulier). Sul' les sections elles-mèmes. il est :-ouvpnt plus
i:ommode de mesurer non pas la tailJe des grai11s, mai:; leurs tra

t'rsécs,
c'est-à-dire les long1wurs des si>gments qu'ils iuterceptent sur une ou
droites pru·allèles à une dirrctio11 donnée. La ::;tutiHlique dn
ces traveriiées conduit à une véritable granulométrie à une
dimPnsio11 : mais celle-ci n'est n ullcmen t liée à lexis te1ll't · cle)> grains
indi

Related Interests

itlualisés. et, peut ètre eonstruitl' aussi bien à pnrtir des traversées
des pores ou du <'ime11t. Par ailfours, l1•s diugrarnmes dl' Pu1·eell , 11tifü1és
tians 1' ind ustri<! pét roliè1·e, rc prése11t en l J'em·ahissemeu t progressif
des pore!:> par Jp meJ'<;m·e sous des pressions 1·1·oiss<111 t Pl'\ (des 1·avo11s
1lécroissa11l:-; pour la coul'l>me des ménisq11Ps) et   par
que11l, la signifü:atiou <l'u11e ,·é1·itahll' granulomét.riP di•s porPs, à trois
dimensions rel le fois.
Le premier diapitre <le cette étude sera done à déli11i1·
une géométrique de la granulométrie Ïll situ.
Celle-ci dena être i11<lépe11dante de l'existence de grni11s individuels,
s'appli<jtte1· aux pores anssi hien qu'aux grains: Pt. généralisc1·, par
consé<j11e11t. la notion de grunulornétric des unidimen-
Hionuelles ou cl'llc du 1liagrammc de Purcell, mais contenir également.
conunc cas particulier la 11otio11 usu,.Jlc dt> granulométrie, chaque foi s
que celle-ci est définie sani; ambiguïté (pur exemple, dans Je cas de
grains sphériques). D'autre part, l'extrême ('omplexit6 de:; milieux
8
INTRODUCTION
naturels que l'on cherche à décrire (constituants d'une roche, milieu
poreux, succession de faciès lithologiques ... ) rend à peu près inévitable
le recours à un langage probabiliste. Les courbes granulométriques
cumnl6es - bien qu'elles ne possèdent pas par elles-mêmes de contenu
probabiliste - appellent, elles aussi, ce langage, dans la mesure où elles
se pr6sen Lent sous un aspect formellement identique aux fonctions de
réparLiLion du calcul des probabilités. Dans un deuxième chapitre,
par conséquent, nous chercherons à décrire un tel mi lieu romme un
ensemble aléatoire et à le caractériser par sa loi spatiale P(x
1
, Xn)
donnant la probabilité pour que 11 points déterminés de l'espace x
1
, ••• ,xn
apparliennenl. par exemple, aux grains. Plus généralemcnL, nous
devrons introduire les moments fonctionneh P(B, B') donnant la
probabili Lé pour que deux ensembles donnés D et B soient contenus,
le premier dans les grains, le second dans les porcs, et reconstruire,
à partir des P(B, B') les notions granulométriques du premier chapitre,
qui receYrotlt ainsi l'interprétation probabiliste qu'elles appellent.
Cc progrnmme ne pourra, malheureusemenL, ètre complètement réalisé
riue dans le cas particulier de la granulométrie des lra,•ersécs.
Dans un troisième chapüre, nous présenterons, à titre d'illusLra-
tion, quel<J:ues schémas susc<'pLibles d'ètre utilisés dans les applica-
tions (schéma booléen, schéma semi-markoYieu), et nous aborderons,
dans lè chapitre 4 le problème diffil'ile qui consiste à reconstituer une
granulométrie originelle à trois dimensions à partir des granulométries
induiLcs à deux dimensions (sections planes) ou a une scull' dimension
(travc1°Rél'S). 011 Youdra bien, peut-èlre, accord<>r quelqu<' al.t<'ntion au
rôle important f{Ue semhlenL jon<'J' les grandeurs spécifiques: nombre,
longueur et surfaces spéeifiqurR, dans l'espace à Lrois dimensions,
nomh1·0 et périmètre spécifiques dans l'espace à denx dimensions.
Enfin, dans une annexe purement. maLhémat que, nous apporterons
quelques justifications axiomatiques sommaires à la théorie des
milieux: poreux aléatoires exposée dans le deuxième et le troisième
chapitres.
L'apparition de ce langage probabiliste ne doit prèter à aucune
équivoque. Elle ne signifie en ancunc façon que l'on fas:;e appel à je
ne sais quel hasard conçu comme un accroc hypothétique au déter-
minisme (
1
). Ce langage joue ici lr mème rôle que dans la mécanique
statisLiqne classique: celle-ci, on Je sait, renonçanL à rxpliciter le
fourmillement des particules élémentaires et l'enLrrcroisement sans
(1) Le concept de hasard, c'esl·i\·dire, proprL"ment. <le ce q ui 11·.,,1 ni n•ulu ni prévu par
l'ho111me, n'a rit:n de scientifique>. On n'rn Cail r><1s usage dans la formulation axiomatique de
la théorie de.' probabilités. Le mol Jui-nulme n'tsl plus guère utilisû <(Ile par une <le
conccs.,inn à une habitude ancil'nne, on pour rendre plus intuitif> k'S exemples traités.
INTRODUCTION 9
fin de leurs interactions, ne retient fermement que ce seul point : à
saYoir que mouvements, si complexes soient-ils, obéissent slricLe-
ment aux lois de la mécanique, et ce point lui suffit pour retrouver les
concepts el lrs lois de la thermodynamique.
Qu'il s'agii:;se <lonc d'étudier la géométrie d'un milieu poreux ou,
comme dans la deuxième partie, ses propriétés hydrodynamiques,
le calcul des probabilités n'intervienL pns à tiLre de science des lois du
hasard. Il apparait plutôt comme un ouW conceptuel permeLLant dn
penser un <'hangcmrnt d'échelle. Il fouclionne comme un grand simpli-
ficateur. De tonte la richesse rles phénomc\nes qui se manifestent à
l'échelle inférieurn. et de la complexité im•xlricable des strudures qu'ils
y dessinent, il ne retient rien ou presque (seulement r universel,
  la loi i:;patiale). ce presque rien se réYèle essent.irl, et
lui suffit pom re1•011stiluer ou retrouver• les concepts et les lois qui
donnent la r·lé tlt> t"t' qui se joue à l'é!'ht'lle supérieure. Et, à leur tour,
ces nouYr<1ux ohjPls apparus à rette nou,·p)lp Yout nnLrer dans
de nouvelles svn Lhèses, nouer de noll\ elles Rtt'ul"Lures, dont la complexité
croissante 1·P1;dru bientôt nécessairr u1w nuuYelle simplification, PL Ir
passage à 111u• éC'hclle en('ore plus élc,·ée.
Dans la d1•11xiè·me partie de cr lra' ail, consacrée à l'éLnclP clcs
écoulements de filtration dans un milieu poreux, nous drn'ons distin-
guer dilTérentR nin•aux d'observation, dont. 1•han111 sera caractérisé
par des nhjl'ls, des Rtructures et des lois qui n'apparaissent qu'à son
éehelle. OntrP un Hiveau microseopiqtll', qui esL celui dei:; partirnlrs
élémentaireR, nous drvrons considérrr 1111 nin•crn granulométrique, où
règne l'équalio11 dr Navit>r, puis un p1·pmirr ni,•ean mact'oscopicpt<', oil
se manifPsL1
1
ln loi dr Darcy. Les perrnénhilil és, appa1'ues à re premier
niYeau prennent une signifi cation purement loralc,
lorsque r on êJp,·r t>neorP. fo point de nie, <!L montrent comme rP.gio-
naJi<;ées (vatfahlcs tians l'espacr). d'où passage à un deuxième nivP.au
macroscopiqut'. plus élevé qut> le JH'emiPr. l'l d ·une nouYelle
perméabilité mat"roscopique constante. Dans une formation géolo-
gique un peu 1·omplexe, caractérisée corn me ln Ruprrposition de struc-
tures embollé!'s les unes clans l<'s autrrs a échPHcs di lîérentes,
ce proc·Pssus Ke l'épèle, et l'on rloit clé>flni1· autant, de perméahilités
distin<'Les qu'il y u cl'échelles de stru!'l1u·ps.
Le t•hHpitrf' !) R<'ra consacré au premi<'t' dl' <'<'fl 1·lrnngements d'échelle,
c'est-à-rlirr au passage du niYeau an premier niveau
macrosropiq111>. li apparaitra que la loi dt> Durcy n'est pas une consé-
quence de l'équation de NaYier, mais seulement de la linéarité de
celle-ci et d'unt! eondilion générale selon laquelle seuls sont obi:;er-
vahles au niYPllll macroscopique IPs éroulenwnts uniformes ou quasi
10 INTRODUCTION
uniformes à ce HÏ

Related Interests

Cau. CetLe conclusion restera un peu formell(', ear
il ne nous sera pas possible d'expliciter la perméabililé en fonction de
la géométrie du milieu po1·eux. Nous montrerons seulement que la
symétrie et rai·nrti\re défini-positif du tenseur kiJ peuvent !'IP déduire
de l'équation d1· '\aYier.
Les deux d1·rniers chapitres, enfin. étudieront la composition cles
perméabilité::;. C'esL peut-être ki que l'on trounra quelques résultat:;
nouveaux dnns un on nage qui n'est pas destiné à en présenter. l ' 11
milieu à pc1·méahilités ponctuelles régionalisées (Yariables), possédant
cependant une cNtaine se comporte, vis-
à-Yis d'éeoulernc•nls uniformes ou quasi uniformes. comme s'il était
doué d'une   macroscopique 1•onstante ohligatoirt>mt.>11t
comp1·ise t:>ntn• la 1noyen110 har111onique et la moyenne arithmétiquP
des perméahilit{•s po11t·l 11Pl1Ps. Gràl'e i1 une méthode tl'approximatio1t
tlue à Sehwydlf'l'. 011 p1n1t que eette perméabilité co1t.slaulr. se
il mi-olwmi11 011 aux dl't1x-tÎ1'rs dn dwmin séparant t•cs dp11x
limites, sPlo11 <f1H' est à dt•ux ou trois dimensions. \irmi la
règle de la   géo1111'.•tl'iq11e nr peut pas s'appliquer aux écoule
ments tri-1li1111•11sin1rn"ls. 'fous 111011lrons par contre qu'elle s'applique
en toute rigueur aux èco11lPrnN1ts plans, au moins dao!'\ le eus JHHli-
culicr où les p1?1'11téahililé.s onl u11n loi spatiale lognorrnaJe et i11Yar·ia11tP
par rotation.
LP.s nco11le11H•JllS 11011 u11ifo1·rnPs, cl en partirnli!!I' les ér·onfomcnls
radiaux, a pparall.ron l sous uu aspe1·L beauf'oup plus eom plex•-» Il
n'existe pas pour PUX de 111'rmt'•ahilité macroscopique cou.slantP. La
pennéabilité appnr·enle cz11'011 peul Jeul' al lribuer est. aléat.oirf', Pt sa
valeur p1·ohnble peut, selon lt>s co111litio11s aux limites, prendre
la.quelle cl es

Related Interests

Ult>111·s 1•ornprises entre les moyennes harmoniqut> et.
arithmétique. Il S<'mhh• que l'on ici les limilPs cle <:<' cp1e l'a11n-
Jyse théoriqul' peul appCll'lt!f' ,.11 l'P.lal aduel de 1·onnai1'sant·Ps.

J>RE.lllÈRE f>AHTI E
GÉO-\IÊTHIE DES l\lILIEUX POREUX
CHAPITRE PREMIER
GRANULOMÉTRIES EN PLACE
SOMMAIRE
Paragraphe 1. - Dilatation et érosion des grains selon un ensemble B: un point z appar·
tient au dilaté des grains si le translaté de B implanté e1i z rencontre les grains, à l'érodé
des grain .. si ce translaté est contenu </(lllS les grains. Dilater les grains équi11aut à éroder les
pores el réciproqueme11r.
Paragraphe 2. - L'oiwerture de A s'obtient en érodant A pui:s en dilatant l'ensemble
ai Mi érodé. La fermeture résulte d'une clilatntio11 sui<'ie d'une érosion. 01wrir les pores éq11i1Jaut
à fermer les grains. La fermeture est une opération croissante, isotone et idempotente. Un point ;:;
appartienr à l'oiwertltre Aw de A selon B s'il e.dste un translaté de B contenant z er
contenu dans .-\.
Paragraphe 3. - .-l l'ai:de des homothétiques ),B d'un ensemble co1wexe B (par exemple
une sphère, un cercle ou un segment lie droite) et de l'o1werture A ...;, et de la fermeture A
1
i.
associées, on défmit la granulométrie par
P(- ).) = \!es(A..,i.)
Pour À > 0 r(À) représente la granulomélrie des pores, et eclle des grains pour À < O.
1. - Érosion et dilatation.
Dans l'espace euclidien à n dimensions Rn (en praLique, n sera égal
à 1, 2, ou 3, mais il est commode de ne pas spécifier à l'avance le nombre
des dimensious), tul mllieu à deux composantes, rernpJissanL l'espace
entier, est défini par la donnée d'un ensemble A et de son complémen-
taire Ac. Dans la suite, nous désignerons A par l'expression «les grains>>
et son complémenLaire Ac par l'expression «les pores>>, sans que cela
implique d'hypothèse parLiculière sur la forme géométrique de A ou
l'existence de «grains 1> individualisables. Il arrivera que A soit supposé
borné, mais alors Ac (les pores) s'étendra jusqu'à l'infini, de manière que
t.ouL poinL de l'espace appartienne soit aux grains, soit aux pores.
D'un poinL de nie plus analytique, on peut également définir ce milieu
par la donnée d'une roncLion kA(.r), dite fonction caractéristique de A,
égale à 1 dans les grains et à 0 dans les pores :
(1.1)
1 si xeA
k_. (x) = ·(
0
.
' 81 X If; A
Pour décrire la géométrie complexe dessinée sur une lame mince (deux
dimensions) par des grains A opaques Pl leur complémenlaire A< suppo::ié
lransparent, J. Serra (
1
) propose le dispositif expérimental snivant: un spot
lumineux circulaire ùe rayon donné ). balaye la plaque. Lorsque le spot
est. centré en un point .r, deux circonstances seulement sont, possibles:
ou bien la lumière pasi;e (si le spol n·nconlre les pores) ou hien elle ne passe
pas (si le spot est contenu lout entier dans les grains). Posons:
\ /,·; (.r) = 0
i !.:)(.r) = 1
si la lumière passe
i;i elle nr. pai-se pas.
La fonction k).(.r) ainsi définie est la fonction caraclrristique d'un
A). qui se déduit, de ,\ par Ufll' sorte d'érosion, puisque seuls
appartiennent il A). )Ps points de A :;il uf.s à une dislawe supérieure à À
de la frontière deH grai ns. Cette érosion des grains peut aussi, inve1•seinent,
s'iulerpréler comrnr. 1111e dilatation des pores.
De même. les groins étant eettP fois supposés trausparc>nls et }el'; porel'
opaques, posons:
\ k)(.r) = 0
Ï k)(.r) = 1
si la lumii•rc m• passe pas
si elle pussi>.
k).{:r) est la fonrlion earaclériAticpw d'un nouvel cns<1mhle ..\)'. qui se
d1'•duil de A par dilala tion, puisquP sl'11ls n'appartirnnl'lll pas à A)' lt>s
points des porcs sil111"s it une dislnnc·e supéi·ieure à ). de la frontière dPs
porcs. L'opération eflertuée est une dil11tatio11 des !(rllins, on une érosion
-
Pour pl u:; de co111moditr. co11v1m1111s de réserver lc!-1 Yaleurs positives
du pnrami'tre ). <'l la dilat ation, Pl Y11le11rs né!{alivcs à l'érosion drs
grairn; par le spol de rayon À. A11trP1111n1l dit, f>crivnni;:
k_;_ .. t
k;. el
au lieu de
au lieu clc
k!
A
k!

et
et
p, > 0)
Soit. Sp.) /'11irc ocmpée. sur la lame mince par les clilatés :.-;elon
1o spot de rayon ). (aire: d(' A;) PL ),) l'aire necupée par les grains
érodés selm1 le Hpot, (aire de A-·;)· S().) est une fond ion non décroi:,;-
aunlo dP À. Ponr À < (.L, un n manif Psi ernnnt. les incl11!-li1111s
(
1
) J. :;1:RRA • rcn11u·<111('S sur une lamo 111111co Ill' minerai Lorrnin •, llulldi11 du B/lG.ll
(sous presse).
·I
lr.i
et par suite lm•
S(- µ.) S(- i.) ';(O) S(i.) S(:.L)
CPl tl' propr•it>li'• éwiqne 111te e1111rlw granulomél 1•i1rnc .. • :::i(i.)
n'a pas Pi1r·11r11 1·1•ellcrnent. la siii11illraliun d'u_n? lt< cai;,
P.n cllel. où A est <·u111pos1: dt1 l'err.les   (grams cmllllnm•s) _la
Yal'iatiou S(i.-+- S(i.) no rPfièlc pas <lirert1•ment le nornhre des grM115
cle ravu11 ··ompri" enlre ). et, ). + !1) •.
T;ml ,.fuis, la lransformat ion de Serra (fai:;aul pns:<el' de. A à Ai. ou
,\_;) nt ('onst il ul'r une étape i11dispcnsable ln c?nsl du concept
géomét riipH• de g-rirnnlomPt riP. A van l de pom·s111vr1', il convient de .prési:n t c•r
i·<'l1i• 1 rnni>formnl ion s1111l'! tlllf' f11r111r plu:> génrrnlt· PL plus 111111-.

Related Interests

nns pour 1•pJa. 1•111pr1111l f'r quelcp1r.i> notions. élém.e11t:1ircs ln
1
Jiéorie iles i.•nsrrnhlt>s, el 11tilis1:r eerlaimi sy111holns a11Jûurd·h111 fn1111h
1
•r1;
à 1
011
,., r·
1
rnmw l'union u, l'inlerseclion n 011 l'apparlenan;'e e. LPs
upf.raliou;: f'nsr·
111
blisle>< dnnl nous ciounerons 1'1'•crit lit•' :>ymhohque n11r
11
11l
touj
1111
r;;, malgn'• leur forr1111 11l111lrail1>, 1111t> ion très • el
lrèsiutuili###BOT_TEXT### 1', Il 111.• s'agit cruillr•11rs pu:< dt' spl'.•c11lali1111s jllll'l'!Jll'lll théoriques.
Ce:s opl•i·atinns 1'•11·1· 1·t'·uliH1'>t>:; eO'f'clÏ\·1•1Jlt>lll,. el eond11irn ù d_,-.s
ré:rn llalf:
11111111
"1'irrues. à J'aiclt> dt> 1·alc•11Jalri1·,-.s ,·.1.. 1·ln111H[lll"" 011
plus i-.irnp)Ps tl11 IYJ"' di· l'unaly:;1•11r tlP du .1 .
<"P ilernirr appareil. pr1wP.dnnl par visée phnl11111élr11p1e chrerle sur. lame
111
im·e t•l cnmplHgl' t'•ledru11iq11c>, 1wr11H'I. cl'l'lll" t'll. qurlc(lies 111111111<':<
c!Ps 11pi•1·11li1111s (111i p1111rrai1•11t paraitre assl'Z
Opération A œ B. - S1111'1ll ,\ Pl B tll'llX l'llSl'lllhlP.,; f(lll'i<'ttlll{l.ll
dr· l'l's)lnl'c' i•udirlirn H". \ 1\l'l'H, par t''111)1 11', • des
'(Ill' Il YH j11i1Pr [I' r<il1• du spot l11mint>t1X l'll

Related Interests

IS1t!.ft' • fn1L,
"elle iuli•q
11
·,·· lnlinn pas ol1lignluÎn'. Pl, clans les défiml10ns
A el B iuli:n·i,..
11
m·nl • • .• \ 111111 pt•Ïnl .r dH A el lt
p
11
iu l !! dt> B,
11011
,., pou \ '1111,: lai n' 1·orn"'l'011cl re ht ,,0_111111<' géomél
.1· + 1/. • .r 1•( !/ d•"•'f"Î\ï'lll A 1•1 n. 11• poml X !I dPl'rll
1111 11
·
11
sl'!llhli• qui·

rtull'J"ttlttl AffiB. En 1111tal i1111 1•11sf'111ltlisli'. on a
dn11c· :

u (.1· +- ]1)
E\
El
· r t · t • el commututi1•e.
Lpt'·ralh1
11
ainsi défir1it> 1•st 111i1111 ,.,..,,.men 11sso1·w _11·e. . •
Lorsi[ll" C .. un •'ll:<l'llllilc• <[llt'lc1111q11•' 1•l ;:; uu l"1111t , d l'Sl
· (' • • • clt'·duisa11l de C dons lit l m11slul 1011 z:
clt";;Lglll'l' pa1· •• ·'
<:: LJ (.r :;)
:rec:
(l'
._>) Jll'lll r-1)C)l"' s'érrir·p ;;IJIJS IPS clt>llX rorllll'S suin111lt:>S:
l.'é'[t1nl ion " p
16
r.ÉO.llÉTRIE DES JI l/,JfffX POREl'X
. .\.œB est la ré1111io11, lorsque .i: décrit .\.. ries ensembles Br déduits
de B dans la translation x. C'est aussi la réunion, lorsque !/ rlécrit B.
des ensembles A, déduits de A dans la trnnslation y.
L'op6ration AœB est élroilemenl apparen éc à une dilalnlion de .\
selon l'ensemble B. Plus prllcis(•rnent. pour qu'un point .:: appartienne
à AœB, il faut, eL il suffit, qu'il ::<oit dt> la forrne a+ b avrc ueA el
be B. Autrement. dit. il faut et. il sufl1l qnf" l'on p11issr tronver 1111 point b
dans D lt>I '!Ill' : - b apparlirnne à A. Désignons par B )f" l ranspost\
dP. B   symét riqnr par rapport à l'1Jrigi11P).
i3 = u (- h)
bEll
Dirf" <[UC l'on 1wut tr011\·1•r be B tri <[Ill' .:: - h e . .\ 1;rcuiv1u1I à di1·•·
<[ne (B), (Ir 1 rani:tlnl r' par :: rln l'ensrmhlL• R) r1•11t•m1Lrr ;\ :
(1,4)
(on rappt'llr '[UP ,,, syinholr <. > ""' 1·el11i dl' rt;Cf llÎ###BOT_TEXT###quot;11l1•rlt'•' 111!,!'Îlf'lt'. ,., 'fil!' l1
rPprPsPJll <' l'cnsrmhlr vidr). '
ç\Înl:li .:: apparliPndra à AEf\B si, Pl seulewP11I si. l't"drn1rlillnn ég
11
J
h B l'l irnplantè au point :; a unP inlPrsrdinn non ùdr H\·1•1· .-\. Ou
Yoit '!"" AœB rrpr1;sente la dilatation dt· .\ p<11· Ir é dt' B
(et. non pnr B Jui-1111)mr). Si l'on

Related Interests

!'lll dilate r· . \ par B 11ti-111rnw, "'•'Hl.
donc 1'op1;ral ion Aœ B qu'il convient. d',./fortw•r·. lit°•'lr1mons i>t'" rés11llat:<
par 1111!' 1U·finil ion Pl unP. proposition.
Dé.fi11itio11. - On appelle transformé tir• Serra (par dilatation) r/'1111
ensemble
1
\ par 1111 f'11semble R. 011. briiwement .. Jilat1; de . \ par 13 l'en-
semhle <::
C = {:::B. n ,\ r- 9}
<les points .:: tels <//11' l'ensemblt' B. rlhf11it de B rl1111s la tm11sfatio
11
z
rencontrP l 'ensemblr· :\.
Propositio11 1. - L'e11sembl1• C ainsi dP./ini est ,;,!!<1/ r1· \,_,,," ()
.. • '17 D. _ Il a :
C = .\tblj =- LJ (B) = LJ :L,
.rE \ X .r Elt
L'opératio11 Ae B. - La pst•111.lo-additio11 <l'e11sP111!JIL•s . \ œ 13
11
'aduwl
pas d'opi\ral ion Ü1vc•1·st>. Nor1H déi1nirom; n11e pso mlo-su11s lradi11n Ae B
par la formule:
(1,5)
A• B = (NSB)•
Ainsi, AeB lt• t·omplémrnlaire de la pse11tln-s11111rnr .vœ lJ de 13
et <lu complémcnlairl' rie A.
l
1
GR.·lNULOlllÉTRIES EN PLAGE 17
De la relation (1,3) on déduit, immédiatement par passage au complé-
mentaire:
(1,6) AeB= n A,
)'Eli
AeB est l'intersection, lorsque y décrit B, des ensembles A
1
déduits
de A dans la translation y.
De même, on déduit de (1,4):
(1,7) .:: e AeB (B): c A
Ae B esL l'ensemble des points z tels que l'échantillon égal au transposé
de B et implanté en z soit tout entier contenu dans A.
D'où la définition et la proposition suivantes:
Défi11itio11. - On appelle transformé de Serra (par érosion) d'un ensemble A
par un ensemble B l'ensemble :
C={z:B_,.cA}
des points z tels que l'ensemble B= déduit de B dans la translation z
soit conte1w dans A.
Proposition 2. - L'ensemble C ainsz'. défini est égal à AeB. On a:
c -= A e B = n A_,
yEU
Cas particulier. - 1. - Prenons pour B l'ensemble B
1
= {o, b}
constiLué de deux points seulement: l 'origine 0 eL un point b. AœB
1
est la réunion Au Ab de A cL de son translaté par b, Ae B
1
est l'inter-
section An Ab de ces mêmes ensembles.
De même si B est constitué de p points {o, b
1
, .. ., bp-i} AœB est
l'union do A et de ses translaLés Ab, ... AbP-•' Ae B est l'inLersection
de A et de ses translatés.
2. - Prenons pour B l'ensemble B
2
= [o, h] constitué de tous les
points d'un segment, de droite ayant son origine en 0 et son extrémité
en un point h. AœB
2
est l'ensemble balayé par A lorsqu'on lui imprime
la transloJion h. AeB
2
est l'ensemble des points qui npparLiPnnrnt à tous
les ensembles correspondant aux positions intermédiaires occupées par A
dans ceLto translation.
3. - Si l'on prend pour B la boule DÀ = {z: JzJ À} do rayon À,
on retrouve la transformation par dilataLion ou érosion selon un spot
lumineux circulaire dans le cas où l'espace est à deux dimensions.
Mes11res. - Si A et B sont, mesurables et bornés, il est possible do
définir les mesures (volumes ou surfaces, selon l e nombre de dimensions
de l'espace) des transformés AœB et AeB. Désignons par H(B) et
\IATHFR0:-1 2
18
GÉOMÉTRJH DB.S JllUEUX POREUX
K(B) ces mesures:
IJ(B) Mri; (AœB)
I K{B) , )fos (A e B)
Ces fonctions d'ensemble K(B) et H(B) pnmettent de définir des
fonctions non déc1·oissantes analogues à la fonction S().) introduite dans
le cas du spot. lumineux circulair<>. Si B). désigne une famille d'ensembles
tels que B; c B!L pour À < µ (par exern11Je B;. pourra être la boule
de rayon ).), la fonction définie par:
\ S(),) '--· H(B;J
S(- :>-) = K(B
1
J
est bien non-décroiRsanlt•. elle ne posshle Jlas encore une vérif able
signification granulomélrir1ue.
Règles d 'inclusion. - !'\ouR donnons en Annexe 1 une étude plul' détaillée
d_e la transformation de Serra. '.###BOT_TEXT###111; rncntionnerong simpleml'nt ici J'inclu-
s1on:
(AeC)œB c (AœB)eC
Cette inclusion, i;lf'Îctr., a un seus intuitif évident : l'éro-
si_on A par, C re portions dt• A, isolée:; et de petites
dimens10ns, qn une d1lataho11 ulténeure par B ne peuL pas restituer.
Ces mênrnR portions, au contraire, peuvent subi;ister si la dilatation
par B est efTcctuéo avant l'érosion par C.
D'autre part, les suivantes sont évid1mtes cl se démontrent
immédiatement. : Si B est contenu dans B' on a:
(1,8)
(AœHcAeB'
 
(BeAcD'eA
2. - Ouverture et fermeture.
Pour définir la granulométrie d'un 1msemhle A, nous serons conduits
à effectuer sur A detLX t ransformalions successives: d'abord une érosion
puis (sur 1 'msemble ainsi frodé) une di ln t atinn, et. nou!l dirons qu'il s'ngit
d'une on

Related Interests

crt.ure de A; ou l1ien, au contraire, d'abord nne dilatation,
et une érosion, et nouR dirons <ru'il 11'ngiL d'une fermeture de A.
La définition précise est la suivante:
Définition. - Étant donné deu:c ensembles A et B, un appelle ouverture
de A selon B, et on note A,., l'ensemble
A,,,= (Ae B)EflB
'
GRA.VULO.llÉTRTES EN PLACE
On appelle fermeture de A selon B et 012 note A.
1
l'ensemble
A1 = (AœB)eB
19
Avant d'examiner la signi fi cal ion 1l'ès intuitive de cette définition,
il convient de justifier la terminologie employée. En algèbre, on appelle
ferme! ure une opération crois!lante, isotone et, idempotente. Par dualité,
on associe à tonte fermeture une opération décroissante, isotone et idempo-
tente, appelée ouverture, définie de telle manière qu'il est équivalent d'ou-
vrir un ensemble ou de fermer son complémentaire. que les opé-
rations A,., et

vérifient bien ces condition!l.
Tout d'abord, ces deux opérations sont duales l'une de l'autre

Related Interests

i:<-à-,·is
de la complémentation. Autrement dit, l'ouverture du complémcnta.il'e
d'un ensemble A coïncide avec le complémentaire <le la fermeture de J\ ,
et. réciproquement. Ou encore: om•rir les pores équfraut à fermer les grains,
et réciproquement . Celte propriété se traduit par les égalité:;:
(2, 1)
  = (A
1
)•
i (N)1 = (A,..)<
On le voit facilement à parlir de (1,5) et de lu définition donnée ci-
<lessm1. Explicitons, par exemple, (A
1
)•. Il vient:
(A1)' = [(AœB)eBY
= (AEf)B)•œB.;....: (NeB)œB = (N),,,
La première relation traduit la définition de A
1
. Les deux s11ivanto.:;
résultent de (1,5), c'est-à-dire de la définition de l'opération Ae ll. La
dernière, enfin, provient de la définition mème do A,.,.
Puisque ces deux opérations sont en dualilé, il suflil de montrer que
l'application A -A
1
est une fermeture (une opération croissante, isotone
rt idempotente). En passant aux complrmentaire!I, il en ré;;ultera que
l'application A - A,., est décroissante, isotone et, idempotrmte (c>st uno
ouverture).
C'est une opération croissante. Les grains sont conlenus dans leur
fermeture, et on a
(2,2)
Pour le voir, explicitons la définition de A
1
à partir do (1,3) et de (1,6),
ce qui donne
(2,3)
Soit .:: un point quelconque cle A. Pour tout. point y de B, on peut.
trouver un point x de B, à savoir le point x y, tel que :: appartienne
à A
1
-z = =A. Donc z appartient à A
1
, d'après (2,3), et Jllll' suite
(2,2) est dérnontl'é.
20 GÉOMisTRIE DES MILIEUX POREUX
En passant aux complémentaires, on voit que l'opération A,,, est dé-
croissante :
(2,4)
En deuxième lieu, il s'agit d'opérations isotones. Autrement dit, si A
est contenu dans A', Ar est. contenu dans A{ et A,,, dans A:.,:
(2,5) Ac A' >- A
1
cA/
A,,,cA:.,
Cela résulte aussi de (2,3), car, pour tout x et tout y, A,-x est contenu
dans A'cr-x·
Enfui, il s'agit d'opérations idempotentes, autrement dit, on a:
(2,6)
(Ar>r _ Ar
? (Aw)w - Aw
En eileL, explicitons la fermeture itérée :
(Ar>r = ([(A$B)eBJ$B)eB = (A6'B)w,eB
L'indice w' désigne ici l'ouverture selon l'ensemble B transposé de B
(ouverLure transposée). Toute ouverture étant décroissante, d'après (2,4),
on a
(A6'B),.,,cAeB
La troisième règle d'inclusion (1,8) donne alors
(Ar)r = (A$B)w1eB c (A$B eB = A
1
Comme on a aussi l'inclusion inverse, puisque la fermeture e:it une
opération croissante, la premièro égalité (2,6) en résulte, et la deuxième
s'en déduit aussitôt par dualit,é.
Signification géométrique de l 'ouverture et tk la fermeture. - Ces opé-
rations, et les propriétés que nous venons d'établir, possèdent une signifi-
cation géométrique très intuitive, qui nous servira à construire le concept
de granulométrie. Pour dégager cette signification, remarquons qu'un
point z appartient à l'ouverture A.., si. et seulement si (B): rencontre
AeB (d'après (1,4) et la définition de A,.,), donc, également, si, et seule-
ment si, on peut trouver un point be B tel que z - b appartienne à
AeB. Mais pour que Io point y= z - b appartienne à AeB, il faut
et il suffit que B,. soit contenu dans A. De même b appartient à B si,
et seulement si, z - y + b appartient à Br Nous pouvons donc énoncer
la pl'oposition suivante :
p,.oposition 3. - Pour q1i'un point z appartienne d l'ozi"erture A,.,
de A selon B, il faut et il suffit qii'il existe un translaté B
1
de B conte-
nant z et entièrement contenu dans A : z e B
1
c A.
GRANULOMÉTRI ES EN PLAGE
21
Par dualité, on obtient une autre proposition: pour qu'un point z
appartienne à la fermeture Ar de A selon B, il faut et il suffit que tous
les translatés B
1
de B contenant z rencontrent A.
En termes plus concreLs, on "oit que l'o1wert11re (Ac)w des pores A•
est le domaine balayé par les translatls de B auxquels on fait parcollrir
toutes les positions géométriquement possibles pour lesquelles ils restent en-
tièrement contenus dans les pores. Les zones exclues de cette ouverture
sont celles que de tels translatés ne peuvent atteindre. Elles correspondent
à des inclusions, des chenaux étroits ou des anfractuosités de dimensions
inférieures à celles de B. On voit que l'ouverture des pores donne une
certaine image de la granulométrie des pores. De la même manière, l'ouver-
ture des grains est le domaine balayé par les translatés de B qu'il est
géométriquement possible d'implanter à l'intérieur de A. Elle élimine
petits grains isolés, promontoires aigus, isthmes étroits, etc ... et reflète
ainsi la granulométrie des grains.
3. - Définition des granulométries.
. En ouvcrLure et. fermeture A"'
1
et A
11
selon un ensemble B).
dependant d un paramètre unique À (par exemple BÀ sera la boule de
rayon À}, il va donc être possible do définir une granulométrie, sous réserve
que, À croissant, les ouvert ures A,,,. aillent en décroissant et les fermetures
A1;. en croissant. Celte propriété de - évidente géoméLriquement
dans le cas des houles - n'est cependant pas vérifiée pour des B
1
• quelcon-
ques. Les deux propositions suivantes suffisent., cependant, à définir des
classes très larges d'ensembles pour lesquels elle sera vérifiée.
Proposition 4. - La famille des ouc•erts selon B coincûl.e a"ec la famille
des ensembles de la forme C $ B (C ensemble quelconque) et la famille  
fermés selon B coïncide aC'ec la famille des ensembles d.e la forme Ce B.
Raisonnons, par exemple, dans le cas des ouverts selon B. Si A = A
est ouvert selon B. on a, par définition, A= C$B avec C = Aeif
Réciproquement. C$B est ou\ert scion B. En effet, on a d'une part:
(C$B),., = [(C$D)eB]$B = Cf'$B:JCE9B
!' désignant la fermel11re t.ranspostl!' (selon B) qui est croissnnlc. D'auLro
part:
(C$B),.,cC$B
puisque l'otnrerture est décroissante. On en déduit l'égalité
(C6'B),., = CeB
En parLiculier B lui-mt>rne est toujours ouvert selon B,
B = {O} $ B, t>t on a :
(BeB)$B = B
puisque
22 GÊOMitTRIE DES MILI EUX POREUX
Proposition 5. - Si C est om•ert selon B, les onCJertures A,,,n, A"'c
et les fermetures A
111
et Ale de tout ensemble A selon B et C "ériffont
les inclusions:
. (3,1)
En e!Iet, d'après la pro1>0sition précédente, C, étant ouvert scion B,
est de la forme B' œ B, et. son transposé C, égal à B' œ B, est ouvert
selon B. Soit alors ;; un point. de A
18
. Par définition, on a:
B
1
cAœB
On en déduit, d'après les règles d'inclusion (1,8):
B,e(CeB) cAœBœ(CeB)
Bœ(CeD) = (CeB)œB (d'après la commutativité de l'opé-
ration œ ), est l'ouverture de C selon B, c'est-à-dire C lni-mème
puisque C est. 01t

Related Interests

e1·L f!C'lnn B. L'inclusion ci-dessus se réduit clone à:
C,cAœC
ce qui i;ignifin .::eA
1
,
1
• Par 1:mite, A
10
cA/c' L'inclusion relati

Related Interests

L' aux
ouverts s',•n dôd11il Clll JHIHKunt. nn.x compl émentaires.
Gran11lométrie selon une famille B). - Soit Bi. une famille d'emernblei;
dépendant d'un pnrumMro (positif) À, et vérifiant la propriété:
(3,2) B; ED 13
11
= B;+µ
La 1n·ovosilio11 suivante montre qu'il est facile de former une famille fl.1
Yérifia11t (3,2).
Proposition 6. - /,n homothétiques /J3(). 0) <1'1111 ensemble co111•e.re
quelconque. B 1•érifient fa relation (3.2).
En effet, soient !. et. p. deux nombres positifs. Si un point .:: appartient
à la somn1e i.l3eµl3, il est do la forme l.b -t µb, b et b' apparl1ma11l
· B C 11 ).b + ub' t. t . ' B L
a . ornurn , est co11Yoxe, ). + µ appar ien .. aussi a e , z
appart.ienL à (J. + p.)ll. On a donc
J.BeµB c (!. + µ)B
Lïucl11i<io11 in,·m·sH si' tlè111011tre immédiatement: on a dom:
c'est-n-t!ir<' (3.'l) .
Ainsi, dans l'cl'IJln«·e i1 /1 dimensions. on pourra prendre po11r B; la
famille drs houles de 1·11y011 À, 011 <.'Plie des cercles de raycm À l'il 111'•s
dans un plan p11ssnnL pur l'origirrn, 011 cnc·ore des segments de droite 1lr
longueur 21. parnll MPs 11111 rr. L'llX. f>p 11111.1<!, encore, les hmnothi'•l ic111eH
d'un cnbC>. ou d'un card• !!le· ...
Si (3,'.!) l'Rl vi'•rifi!•P, il rt;i'1ILP de la propriétu li que Bi+!.1. e:;t 011vcrt
selon Bi. Hl pat· suilo d'upl'ès lu proposition 5 ou a les
A.., •• " c A,,.
1
c A,., c A1;. c Ah.• ..
GRANULOMÉTRIES EN PLACE 23
Si A est borné, et si les ensembles Ah sont mesurables et bornés
(il en est toujours ainsi si B;. est, topologiquement ouvert, et borné), la
fonction F(J.) définie par :
(3,3)
est non décroissante. d'aprè>s les inclusion!! On a donc :
F(- J. - µ) F(- ).) F(O) F(J.) F(J. + µ)
Lorsque >. tend vers l'infini, l'une au moins dei; dimensions de B>-
augmente indéfiniment, d'après ln relation (3,2). Comme A est homé,
aucun point de A ne peut appartenir à toutes les ouvertures A..,. , de
sorte que A,..
1
tend wrs l'PnRcmhlt> vide p, et F(- J.) tend ,·ers O.
Par contre, on peul montrer que Ali esL toujours contenu dans l'enveloppe
convexe de A, qui est, bornée comme A (voir Annexe J ). Lor:.-que !.
tend vers l'infini, Ah tend par consrqnenl vers un ensemble borné, qui
sera souvent l'enveloppe convexe de A, el par suite F(J.) admet. une limite
finie F( + co) .
Cette courbe F(J.) re'préscnlc en môme temps la g:ranulométrie des
pores et celle deR grains. La partin droite (J. > 0) concerne les pores,
la partie gauche les grains.
Il est d'ail!Purs far.ile <le i;éparer ces deux compo:;antes. La granulo-
métrie des grains sPlon il; est. reprrsentée par la fonction non décroissa11l r.
G (J.) = B9J-F(-J.)
1
F(O)
qui varie de 0 à 1, el telle des pores par la fonction nt.>n décroi-;sante
_ F(J.)- F(O)
- F( CY.>) - F(O)
qui varie également de U n 1. Crs fonclion!'l se présentent donc comme des
courbes granulométri'{ne:; r11rn11lf>1:s. Elles en ont également la signification.
Pour le vuir, examinons Ir.,;   tH18 particuliers où la notion usuelle de
granulométrie sP <lél1niL snni. a111hil{11ïlé.
Prenons d'abord pour Ui. lu ramille ùc!I houlP.s de rayon ),. F(- 1.)
représente le vol11llle balayé par lt•s • rayon À qu'il est g6urn?-
triquemenl possible d'irnplanll'r danH A. A est ronstitué d'une sphèl'fl
unique de rayon H, F( J.) ei;t. nulle pour À > R et 1\gale au voluine
de A pour J. < Il. De nH'rnc Gl(J.) est. nulle ou égale à 1 selon <1ue À
est inférieur ou supérieur à H : Gl(J.) est donc bien la courbe granulomû-
trique associée à re grain 1111i11m• 1lP rayon H. Si maintenant on a plusicurli
grains sphériques disjoint!!, dn rnyons dilîérenls, F(- J.) repni senle le
volume total occupé par IPs :-iphiwes de rayons supérieurs à ),. G
1
(J.) reprA-
sente en pourcl'ntage du

Related Interests

ol1111w lolal F(O) dus grains, le ,-olume occupé
G.f:.'OMH'I'Rl.J:: JJES .MI L I EUX POREUX
par les grains de rayons inférieurs à t.., et coïncide avec la courbe granulo-
métrique cumulée habituelle.
La fonction 1 - G
2
(t..) exprime, do son côLé, en pourcenLage du volume
total des pores, le volume balayé par les sphères de rayon À contenues
dans les pores. Elle possède une signification très voisine de celle du dia-
gramme de Purcell, utilisé dans l'industrie péLrolière, et représentant
l'envahissement des pores par le mercure pour des pressions croissantes,
ou des rayons de courbure décroissants. Elle exprime la répartition des
intervalles d'espace séparant les différents grains, c'est-à-dire la manière
dont ces grains se disposent vis-à-vis les uns des autres, ou, comme
disent ]es pétrographes, la texture du milieu.
Prenons maintenant pour BA. un segment de droite de longueur À
et de direction cx donnée. Alors G
1
et G
2
représentent les granulométries
des traversées des grains et des pores mesurées dans cette direction ex.
En efîet, pom qu'un point z appartienne à par exemple, il faut et
il suffit qu'il appartienne à un segment de longueur À, parallèle à la direc-
tion °' et entièrement contenu dans A. Ainsi F(- À) est la mesure du
volume engendré par les traversées des grains de longueur supérieure ou
égale à À, et G
1
(À) représente, en pourcentage du volume total, le volume
occupé par les traversées de longueurs < À. C'est donc la granulométrie
des traversées des grains, au sens usuel, exprimée en longueur et non en
nombres (chaque traversée observée de longue 1r l est comptée non pas
pour 1, mais pour un poids proportionnol à l). Il est d'ailleurs facile de
passer d'une granulométrie en longueur à la granuloméLrio en nombre qui
lui correspond, et inversement.
Ainsi se trouve achevée la construction di. concept de granulométrie
géométrique. La définition que nous avons doi.née n'est pas liée à l'exis-
tence de grains individualisables, et coïncide avec la définition usuelle
dans tous les cas où celle-ci est déterminée sans ambiguïté. On notera bien
qu'à des familles BA. difi'érentes, correspondent des granulométries di1:1-
tinctes. On utilisera surtout les granulométries !'elon les sphères (à 3 dimen-
sions), selon des cercles (à 2 dimensions) et colles des traversées (à une
dimension). Au lieu de sphères et de cercles, on pourra aussi prendre des
cubes et des carrés pour lesquels la programn ation des calcnls est plus
facile.
CHAPITRE Il
MILIEUX P OREUX ALÉATOIRES
SOMMAIRE
Pnl'flgraphe '•·-Définition d'1111 ensemble alétHaire à partir <le sa loi spatiale et des moments
{011«tio1111els. P(B, J3'J P ( B c ,\, D' n A - U) est la probabilité pour que l'ensemble B
soit co111e1111 dans A d J3'   de A. É111de du cas stationnaire.
Paragraphe 5. - I.a s11rface splrifiq11e a d'1111 milieu poreu.r stationnaire {it 3 dim.ensio11t1)
ne clépe11tl que des c•a/eurs rn h = 0 des déri1•ées de la covar11111re C(h) - formule (5, tif.
Même ré9tiltat pour le périmèlre $péci(iq11e 2). d'un milieu à :l dimemiio11$. Relation entra
a et 2) .. Notions de 11ombre et de lo11i:11e11r spéci/iq11es d'un 111ilir11 â 3 dimemions.
Par3graphe 6. - Définition de granulométrie.• ulon une famille B,. La granulométrie dea
grain• n,p.) est la probabilité co111litionnelle pour q11e x ne soit pas dans A l. forsqu'on sait
que xe .\. Applica1io11 aux gran11lomhries des crat'l!rsées. Cra1111lomé1rie en nombre el moment
fo11ctio1111cl P(/) se déduisent l ' un de l'autre .,e1<111 les relatio11., (6, !I) et (6, l 0).
Pnrngraphe 7. Crain con<·e.ce isolé. La ftmrtin11 g(hl. mesure de l'i11lersectio11 du grain A
et de .wm trnnsla1é par h, s11flit à déterminer la f(rn1111lométrie des lrac•ersées, et ses dérides en
h = 0 donnent la mesure tlu contour apparent. Direrus 11otio11., à raractère fiéo111t'triq11e. Lorsque
A est a/,latoire, l'espir1111ce K(li) J•:[K(hl) est /'i11tél(rale d11 moment d'ordre :!, P(.r, x + Il).
Les cferi.·les de K(h) en li = 0 do1111r11t l'cspéra11rr de la mesure r/11 contour apparent. Résul·
tais géomhriques pour le dilaté tle \ par un enum/Jle ro111•c.l:C A quelro11q11r.
4. - Loi spatiale et moments fonctionnels.
A partir de mainLenant. nous allons ronsidrlrer un milif'11 poreux,
défini par la donnée de l'ensemble A des grains ou de l'ensemble complé-
mentaire i\! des pores, comme aléatoire : plus précisément l'ensemble A
des grnins sera inl.erprété comme une réalisation d'un ensemble aléatoire,
ou, cc qui revient au mème, sa fonction caractéristique /(.r), égale à 1
pour .r e A et à 0 pour .t' e A•, sera considérée comme une réalisation
d'une fonction aléaloire en Lout ou rien (c'est-à-dire susceptible de prendre
seulement les valeurs 0 ou 1). Rejetant dans l'Annexe Il l'examen des
fondements axiomatiques de la théorie des ensi'rnbles alrntoires, nous
obsen"l'rons ici une démarche plus intnilive.
26   DES MILIEUX POREUX
Soient x
11
:r
2
••• xk cL Yv y
2
... Yk• deux groupes de k et k' points
quelconques de l'espace nn. Nous désignerons par:
P(x1, X2 ... xk; Y1· Y2 ... Yk•) = P(.r1, ... :rkeA, Yi···· Yk• t!ôA)
la prohabililé pour que les k points x
1
.•• • 1·k apparliennent à A et que
les k' points y
1
... Yk• n'appartiennent. pas à A. Cette probabilité est,
naturellement. une fonction de ces k + k' points (donc une fonction de
n(k + k') Yariables). L'ensemble de toutes ces fonctions, pour toutes les
valeurs des entiers k et k' el tous les systèmes de points .r
1
.. . J'k et
y
1
... yk, conslitne la loi spatiale de l'ensemble aléatoire A. :\ous admet-
trons (voir Annexe 2) que l'ensemble aléatoire A peul être considéré
commn défini par la donnée de sa loi spnlialr.
Pour k' = O. la fonction
représentant .la probabilité pour que k points donni\s appartiennent à, • .\
sera appelée moment fonctionnel d'ordre k de l'ensemble uléatoire A.
L'origine de celte terrninologie et1t la suivante: si l'on désignr par j(.r)
la fonction caraclérist i<[IW de ,\:
\ 1 Sl
j(J.:) = l 0 si
qui est une fonction aléatoire en tout ou rien, la probabilité pour que les k
.r
1
... ;i·k appartiennent à ,\ est égale à mathémati<[lie
du produit /(J\) ... /(J.·,J:
P(.r1 ... xk) = E[/(.r1) j(J'2) ··· f(.rk) J
Les momrnlH fonctionnels <ln tompléme11taire de A (les po!'es) seront
par la let l re Q :
Les f(l11cli<111s P(.ru ... :r"; y
1
••• Y1<•) nt! peuvent pas èlre 11hsoh1111t'nl
quelro11rp1es. Elles sont u11x trois suivant t!s :
a) on a ni'.•rel'lsairenwnl 0 ::;; I' ::;; 1, •LllP.ls que soient les points .r
1
•••
et Y1···
b) IJor:::rrue :r
1
•.. xk e A eL y
1
••• !h• tout point snppll\mentair1• z
appartient. soit à ..:\, :;nit à i;on l'omplénwntaire. [)'oit la co11ditio11 de
cohérl'11ce.
(
1
't, l) P(x
1
• •• xk; !h ... y,.) = P(.i\, . .. x", .::; ?h · · • Yk1 )
+ P(.c, . . . . rk; !li · · · Yk'• .::)
c) f<:nfin P ei;l i11Yaria11le p•llll' loutc p1•r111utalio11 d•'S point;; ;i·
1
••• • rk
ou Y1 • • · Yk
1

r
1
.llILIEUX POREUX ALE.lTOIRES 27
La condition de cohérence (4,1) laisse prévoir que la loi spatiale est
entièrement déterminée par les moments fonctionnels. Effectivement, la
fonction P(x
1
•.. :rk; y
1
... Yk•) peul s'exprimer à l'aide des seuls moments
d'ordre k, k + 1, ... k + k'. On Io voit facilement grâce aux espérances
mathématiques. De :
P(x1 · · · .rk; Y1 · · · Yk1) = E(/(x1) /(.r2) ... /(.rk)[1- /(y
1
)] .•. [1-J(y,.,)J)
on déduit, en effet le développement :
(4,2)
k'
P(.r
1
••. xk; .r
11
••. Yk•) = P{x
1
, ••• xk) - s P(x
1
• • • x.
1
., y
1
,)
,, 1
+ 2i P(;i·1, X2, •.• :rk• Y;,. !!;,) - •..

T (- l)"'P(;i·l· X2, ..• x,., Y1 .. • Yk•)
En particulier, les moments fonctionnels Q de!i pores s'oxprimenL
à raide des moments fonctionnels p des grains (et. 1·1>ciproquerncnt):
k
(4,3) Q(.i·
1
, •.. :rk) = 1 - 2i P(.r;,)
i1==1
Ainsi, les mmnents /011ctio11nels d'ordre 1 : P(.r) - probabilité 11our qmi
.re A- et Q(.r) - probahilité pour 11ue .1•• A- sont li és par:
Q(x) = 1 - P(.r)
et les moments fo11ctwn11el.s d'ordre :l: P(..i·
1
, .1·
2
) - prohnbilité pour que .r.
1
el .i·
2
soient dans A- eL Q(.1·
1
, ;r
2
) - prohahilitri pour q110 x
1
et .. r.
2
Roient danR les porrs - sont liés par:
(4,4)
Q(.1\, .i·
2
) -= 1 - P(.i·i) - P(x
2
) + P(.r
1
, .r
2
)
( P(J'1• .r2) = l - Q(;t1) - Q(..t'2) + Q(.r1, J·2)
Par un léger abus de langage. le moment d'ordre 2 :
sera désigné dans la suite eomme la roc1aria11ce <le l'enst•mhle a léatoire A
(à stri1:lernent parler, la cornrianrn serait P(i·
1
• - P{.r
1
) P(.r
2
)).
Cas stationnaire. - Ou <lira 1p1e l'ensemble 11l1'•11loirc A po:ssl•do
le cararfrre stat/01111aire lorsque sa loi i:patialll est. inYarinnte par translation,
c'est-à-dire lors<pw, pour t1111L vecteur h et tout. groupe de points .r.
1
, ••• x,..
on a:
28 GÉOMJ1TRIE DES MILIEUX POREUX
D'après la relation (4,2), il suffit d'ailleurs de vérifier que les moments
fonctionnels sont invariants par translation.
Ce caractère stationnaire de A signifie que les propriétés de A sont
les mômes dans tout l'espace. Il y a homogénéité spatiale. L'ensemble A
se reproduit, staListiquemont, dans tout l'espace, idenliquemenL à lui-même.
C'est, en principe, seulement dans le cas stationnaire que l'inférence sta-
tistique est possible (en pratique, il suffit que A puisse ètre considéré
commo localement stationnaire, c'est-à-dire que ses caractéristiques ne
varient que lentement dans l'espace). Pour procéder à l'estimation des
moments fonctionnels, à partir des données expérimentales disponibles,
on profitera du fait qu'il y a égalité entre les probabilités et les intégrales
d'espace correspondantes, prises en espérance mathématique (voir An-
nexe 2).
Par exemple, le moment d'ordre 1, P(x), est une constante p dans Je
cas stationnaire (puisque P(x + h) = P(x) pour tout vecteur h). Pour
estimer cette probabiliLé p constante, lorsque A esL connu expérimenta-
lement dans un domaine D, on utilise la relation:
7
= _ 1 _ E [ ( /(x) dx] = An DJ
1
Mes D J n \fos D
La probabilité q = 1 - p, constante également, pour qu'un point x
soit dans les porcs n'esL pas auLro chose que la porosité du milieu poreux
aléatoire stationnaire (dans le cas non slalionnaire lu porosité Q(x) varie
dans l'espace).
De même, dans le cas stationnaire, la covariance ··
ne dépend que de la difTérence x
2
- :r
1
• Nous poRerons souvent:
C(h) = P(x, x + h)
C(h) est la covariance des points x et x + h, distants (vectoriellement)
de h: elle no dépend que du vecLeur h eL non du point d'appui x. On a
l
C(h) = C(- li)
C(O) = p
0 C(h) p
Pour estimC'r C(h) à partir des observations fa les dans un domaine D,
on doit faire la st.atisLique du nombre de couples dP points ::r, x + h appar-
tenanL tous deux à A.
D'un point de vue plus géométrique, on peu remarquer que .r ...i li
appartient à A si, et seulement si, x appartient au lranslalé A_h de A
par le vecteur - h. Ainsi, la COCl(triance P(x, x + h) est aussi la probabilité
pour que le point x appartienne à l'intersection An A _h de A et de son
translaté par - h. Dans le cas stationnaire, la rOYariance C(h) pourra
1

\ 1
MILIEUX POREUX AJ,eATOIRES
29
être esLimée à partir de la relation :
(4 5) C(h) = -
1
- E An A._h n D] = ...,.
1
DE [Mes (An Ah n D)]
' MesD mes
Moments fonctionnels généralisés. - Il est, en général possible (voir
Annexe 2) de définir la probabilité:
P(B, B') = P(B cA, B' n A= p)
pour que deux ensembles donnés B et B' soient le.
dans les grains, le deuxième dans les pores. P(B, B') génerahse la
P(x
11
... xk; Yv . .. Yk•): celle-ci correspond, en effeL, au cas parL1cuheroù
B = {x
11
••• xk} et B' = {Y11 · · · Ykr}
sont des ensembles de points en nombre fini . En particulier, le moment
fonctionnel généralisé de l'ensemble aléatoire A:
P(B) - P(B c A)
donnant, la probabilité pour que l'ensemble B soit contenu dans les grains,
et celui de l'ensemble complémenLaire A•
Q(B) = P(B c A•) = P{A n B = p)
donnant la probabilité pour que B soit contenu dans les pores (ou, ce qui
revienl au môme, disjoint de A) vont jouer un rôlo primordial dans la
conslruclion de la notion probabiliste de la granulométrie.
JI faut noter que, lorsque B et B' ne sont pas finis, il n'existe plus
de relation analogue à (4,3) qui permette do passer de P(B) à Q(B') ou
réciproquemenL. .
Pour donner un contenu plus géométrique à ces moments fonct10nnels,
prenons pour B un ensemble contenant l'origine 0, et inLerprétons-le
comme un échnnLillon implanté en O. L'échantillon égal à B implanté
au point x, c'est-à-dire le translaté Bx, conduit à définir les probabilités
P(B,.) et Q(B.r) pour que Bx soit, contenu dans les grains (dans les pores).
L'ensemble B éLant choisi, ce sont des foncLions du point d'implantation x.
Dans le cas slationnaii·c, cc sont des constantes. On a :
  = P(B.rcA) = P(xeAeB)
(
4
,
5
) l Q(Bx) = P(Bx n A = = P(x * Ae B)
Les relations (4,6) montrent comment ces moments fonctionnels géné-
ralisés se relient à la loi spatiale des transformés de Serra AeB et AeB.
Dans le cas stationnaire, P(B.r) et Q(B,,) ne dépendent pas de x et on
peuL les désigner simplement par P(B) et Q(B) . Leur estimation pourra
se faire à partir <les relations :
P(B) DE [Mes (AeB) n D]
( 1-Q(B) = DE [Mes (AeB) n D]
30 JJES ,l!JLIEUX POREUX
5. - Les grandeurs spécifiques.
Dans un milieu poro11x à trois dimensions, on appelle surface spécifique
le rapport • où S est la mesure de la surface de séparation des grains
et des pores contenus dans un Yolume donné V. Cette notion prend une
grande importance dans to11s les problèmes physiques où des échanges de
chaleur ou d'énergie se produisent à la surface de séparation. On a même
essayé d'exprimer la perméabilité d'un milieu poreux à l'aide des deux seuls
paramètres de porosité et de surface spécifique. Cette tentatiYe s'est soldée
par échec, d'ailleurs préYisihle a priori: d'une part, en effet, il n'est pas
possible de représenter une grandeur tensorielle comme la perméabilité
à l'aide de deux paramètres scalaires seulement, de l'autre la perméabilité
dépend s11rto11t des relations de connexité entre pores, et celles-ci ne sont
représentées que très i11direr.tenienl par des paramètres à signification
ponctuelle h1 porosité el la su:fare spécifique. Quoi qu'il en soit,
nous voir que celte sur/are spéc1fique se relie de manière simple ù la
CoCJarwnce C(h) d11 miliPu poreux (supposé stationnaire), et, plus préci-
sément, aux dériv6es de C(h) prises Pn h = O. A ce titre, elle est accessible
directement, et. en vraie valeur, à partir de mesures effectuées sur
mince.
En effet., ÙHns le "<Jl111111• V, désignoIJs par dS {w) l'aire occupée par
les portions de la 1mrfure de sé1iaration dont les normales (orientées par
exemple des grains W!rs les pores) ont, des vecteurs unitaires contenus
dans lt} petit angle solide dw de direction moyenne w. Pour alléger les
notations nous supposerons (mHis cet te hypothèse n'est nullement indis-
pensable) que la ml'sure dé-finie par dS (w) sur la sphère de rayon unité
une densité a(w) telle que
t/S (w) = a(w) dw
La surface spécifique (mei'lurée pour le volume

Related Interests