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Réflexion sur l’information préventive sur les risques naturels
Apports de l’enquête A.F.P.C.N.
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L’information préventive est un sujet actuel de réflexion. De grands progrès ont été accomplis,
pourtant il existe simultanément des aspects du dispositif qui sont jugés décevants.
Les dossiers réglementaires du domaine sont eux-mêmes à la peine. Il est en outre très difficile de
savoir si le système tient ses promesses en termes d’appropriation par la population (la culture du
risque) et surtout de portée transformative (les comportements évoluent-ils ?).
L’AFPCN a choisi de développer une enquête auprès de ses membres pour connaître leur sentiment
sur la situation actuelle ainsi que les voies d’amélioration qu’ils identifient.
Le présent document assure la restitution de cette enquête, il récapitule les apports de chacun dans
la richesse de leur diversité. Il ne prend pas parti et ne prétend pas à la synthèse. En revanche, sa
rédaction propose des rapprochements pour faciliter la lecture, repérer quelques convergences de
manière à suggérer une mise en perspective.
Tel a été le statut convenu pour ce travail, réalisé avec l’appui des étudiants de l’association Globe All
Risks
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de l’Université Paul Valéry de Montpellier. L’AFPCN tient à remercier les auteurs pour s’être
prêtés à ce format.
A défaut d’une synthèse, il ressort une possible grille de lecture de la situation.
 Il est possible d’identifier de nouvelles pistes de progrès tout en restant dans la logique du
contexte « juridico-organisationnel » qui détermine actuellement ce qu’on entend par
information préventive. Nos membres ont été attentifs à l’importance de « qui porte cette
information ».

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L’ensemble des citations en italique de ce document correspondent à des phrases issues des réponses au questionnaire de
l’A.F.P.C.N.
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Fanny NAVIZET, Nina PANIER, Maximilien PONT, Maud POISSONNIER-LESCURAS, Clotilde SAINT-MARTIN, Samuel SEDANO,
Pierre TILLOY.
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 Certaines observations interrogent sur cette logique. En effet, on peut voir la question non
simplement en termes « d’information avant », mais plutôt en termes de cycles entre
« l’information avant », « l’information pendant » et « l’information après ». En fait, de quelle
information est-il souhaitable de parler ?
 Une autre information apparaît aussi en filigrane. Comment penser l’impact de l’information
sur les comportements face aux « risques naturels dans la société », sans penser en même
temps l’évolution des comportements dans une « société du risque » ?
Cette grille de lecture ouvre un champ de travail pour l’AFPCN, dont elle a déjà commencé à
s’emparer.
 Comment la société se pense-t-elle face aux risques naturels ? L’AFPCN a engagé un
partenariat avec une association de seniors qui elle-même s’interroge sur les comportements
et les représentations d’une frange dynamique de la population, en quête d’utilité sociale.
 L’influence des technologies. Le monde est peut être de plus en plus concerné par les
technologies numériques, car sur le sujet des risques, et sur bien d’autres, le numérique
permet de décloisonner et donc de penser « en cycles », « en boucles », de manière
systémique avec une aptitude à appréhender la multiplicité des échelles territoriales de la
réflexion et de l’action. Elles visent à faire évoluer les comportements parce que ces
technologies sont le fruit de la société actuelle en même temps qu’elles la transforment
puisqu’elles ne se limitent pas à numériser l’existant.
 Les récentes assises nationales des risques naturels ont mis en évidence la place centrale de
l’information. Le sujet est large, il ne se limite pas au citoyen, mais ce dernier est toujours
concerné : des données utiles aux modèles techniques jusqu’à la connaissance indispensable
pour créer un climat de confiance qui facilitera la participation du public à la prise de
décision.
En résumé, l’AFPCN s’interroge de multiples manières : son conseil scientifique sur les fondamentaux,
ses adhérents par leur participation active au programme de travail de l’association et enfin son
réseau d’acteurs pour échanger sur des idées nouvelles et des pratiques ou encore témoigner sur des
réalisations.
L’AFPCN
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1. Les dispositifs législatifs en matière d’information préventive

Les dispositifs législatifs en matière d’information préventive sur les risques naturels sont nombreux :
certains sont destinés au public et d’autres seulement aux services de l’Etat. Un certain nombre de
lois concernant le droit à l’information du public en matière d’environnement, ont été garanties par
les institutions.
Au niveau international, le 25 juin 1998, la convention d’Aarhus, garantit notamment « l’accès à
l’information, la participation du public et l’accès à la justice dans le domaine de l’environnement ».
Elle favorise ainsi l’accès à l’information « publique » comme la participation de chacun à la prise de
décision concernant l’environnement. L’Union européenne a confirmé ce droit à l'information,
prônant la liberté d’expression pour chacun avec la directive européenne 2003/4/CE du 28 janvier
2004, qui assure le droit à l’information en matière d’environnement et donc, de risques naturels.

Les deux principaux dispositifs législatifs qui s’adressent directement aux citoyens sont le D.I.C.R.I.M.
(Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs), l’I.A.L. (Information Acquéreur
Locataire) et les repères de crue.
- A la suite du décret d’application n° 90.918 du 11 octobre 1990, relatif à l’exercice du
droit à l’information sur les risques majeurs, qui fait bénéficier les citoyens français de
toute l’information sur les risques présents dans la zone où ils résident, ainsi que sur les
mesures de sauvegarde existantes, le préfet établit le Dossier Communal Synthétique
(D.C.S.). Le D.C.S. est remplacé par le porté à connaissance (PAC) qui est une déclinaison
plus précise du DDRM à l’échelle de la commune. Cela permet ensuite au maire de
concevoir un D.I.C.R.I.M. Ses fonctions sont multiples : il recense l’ensemble des risques
majeurs représentés sur le territoire communal, indique leur localisation, et donne aux
habitants les informations leur permettant de se protéger lors d’une catastrophe. Il est
librement accessible à tous les citoyens en mairie.
- Conformément à l’article R125-13 du code de l’environnement, les consignes de sécurité
figurant dans le DICRIM et celles éventuellement fixées par les exploitants ou les
propriétaires des locaux mentionnés à l’article R125-14 sont portées à la connaissance du
citoyen par voie d’affiche. Le maire peut imposer cet affichage dans les locaux dont le
nombre d’occupants dépasse 50 personnes (établissements recevant du public (ERP),
immeubles d’activité commerciale, agricole ou de service …) et dans les immeubles
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d’habitation regroupant plus de 15 logements. Il est également obligatoire dans les
terrains aménagés de camping ou de stationnement de caravanes regroupant plus de 50
personnes sous tentes, ou de 15 tentes ou caravanes à la fois.
- Le décret d’application de la loi du 13 août 2004, relative à la modernisation de la sécurité
civile, a rendu obligatoire la mise en place d’un Plan Communal de Sauvegarde (P.C.S.)
dans les communes dotées d’un Plan de Prévention des Risques (P.P.R.). Le P.C.S. est un
plan d’urgence qui prépare préventivement les acteurs de la gestion de crise (sanitaire,
naturelle ou technologique) afin qu’ils sachent comment agir en cas de catastrophe. Le
P.C.S., rendu public, est souvent téléchargeable sur les sites des communes.
- Lors de la transaction d’un bien immobilier, le décret d’application n°2005.134 du 15
février 2005 rend obligatoire l'Information des Acquéreurs et des Locataires sur les
risques naturels présents. Ainsi l'I.A.L. garantit à chacun un minimum de connaissance sur
les risques auxquels le bien, et potentiellement son acquéreur, est soumis.
- Enfin, des repères de crue ont été posés dans de nombreuses villes sinistrées pour faire
perdurer une certaine mémoire du risque, à la suite du décret d’application n°2005.233
du 14 mars 2005.

Ces dispositifs législatifs s’accompagnent également d’autres lois et circulaires s’adressant aux
services de l’Etat, concernant donc indirectement les citoyens.
En effet, le 10 mai 1991, la circulaire n°91.43 souligne l’importance de l’information préventive des
populations par les décideurs, afin que celle-ci « contribue à préparer le citoyen à un comportement
responsable face au risque et à sa possibilité de survenance ». Elle réaffirme également le rôle des
D.C.S. et des D.I.C.RI.M., mais ne les rend obligatoires que dans certaines communes à risques dits
« graves ».

La circulaire du 21 avril 1994 oblige les maires à développer une campagne de communication sur les
risques et les mesures de sauvegarde dans leurs communes.
L’exemple le plus frappant des dispositifs sur les risques, qui n’est que très peu abordable par les
citoyens, est celui du Plan de Prévention des Risques. La loi Barnier du 2 février 1995 l’instaure pour
les communes situées en zone à risque. Selon le site Prim.net, il s’agit d’un Plan qui « réglemente
l'utilisation des sols en fonction des risques naturels auxquels ils sont soumis. Cette réglementation va
de l'interdiction de construire à la possibilité de construire sous certaines conditions ». Il est pris en
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compte dans tous les documents d’urbanisme, mais reste peu accessible au public, pourtant
concerné.
La loi du 30 juillet 2003, préconise un développement optimal de la culture du risque et de
l’information préventive afin de réduire la vulnérabilité des populations. Elle souligne que « prévenir
le risque suppose un travail permanent de formation et d’information ». Elle oblige, entre autres, les
élus à faire des réunions d’information tous les deux ans.
Enfin, le décret n°2006.41 du 11 janvier 2006 s’adresse aux établissements scolaires. Il préconise la
prévention dès le plus jeune âge, les enfants étant souvent les plus réceptifs à ce genre
d’informations.
Pour les établissements scolaires, la mise en œuvre de plans particuliers de mise en sécurité (P.P.M.S.)
a été instaurée par la circulaire ministérielle n°202-119 du 22 mai 2002, visant, dans le cadre d’une
situation de crise liée à la survenue d’un accident majeur, à assurer la sécurité des élèves et du
personnel, en attendant l’arrivée des secours extérieurs et à appliquer les directives des autorités
pendant la crise.

Depuis une trentaine d’années, des directives internationales et européennes se succèdent en
matière de prévention des risques. Cette accumulation peut traduire une faiblesse au niveau législatif
qui perturbe la bonne diffusion de l’information et sa réception par la population.

2. Apprécier le niveau de réceptivité des populations aux différents messages de prévention et aux
outils de l’information préventive

La réceptivité des citoyens face aux différentes formes d’information et de prévention pose la
question de la portée réelle des politiques de prévention mises en place autour des risques naturels.
Après une évaluation générale du niveau de réceptivité des citoyens face aux principaux moyens de
prévention et d’information pris un par un, il sera possible de rendre compte des conclusions et
remarques qui ont pu émaner des enquêtes effectuées par l’A.F.P.C.N.
Le D.D.R.M. (Dossier Départemental sur les Risques Majeurs) n’est pas un document pensé pour
l’information directe du public. Il s’adresse en premier lieu aux élus concernés par les risques majeurs
afin de les inciter à développer l’information préventive auprès de leurs administrés. Bien qu’il soit
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consultable en préfecture, en sous-préfecture et dans les mairies concernées par les risques majeurs,
ce document, très technique, est complètement ignoré des citoyens.
Au contraire, le D.I.C.RI.M. est le document destiné à l’usage du citoyen. Sa conception relève de la
responsabilité du maire, ce qui explique les disparités existantes d’une commune à l’autre concernant
les caractéristiques du document en termes de pédagogie, d’attractivité et de niveau de technicité. La
loi prévoit que le maire informe ses administrés de son existence par voie d’affichage. Il reste
cependant libre d’élargir la communication sur ce document, notamment par voie postale ou sur
internet via le site de la commune ou encore le site dédié « bd-dicrim.fr »
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, qui est peu utilisé. D’une
manière générale, la majorité des administrés ne connaissent pas l’existence du D.I.C.RI.M. de leur
commune et seule une minorité en prend connaissance en mairie. C’est pourtant, d’un point de vue
réglementaire, le document de référence concernant la prévention et l’information sur les risques
majeurs.
Le P.C.S. est un document qui se veut opérationnel. Recensant les risques et les vulnérabilités du
territoire communal, il indique les moyens mis à disposition et les actions à entreprendre en cas de
crise. Il est également accessible en mairie, mais les citoyens, pourtant au premier plan en cas de
survenue d’événements dommageables, n’en ont pas connaissance car ce document s'adresse en
premier lieu aux gestionnaires de la crise, et non pas directement à eux comme le D.I.C.RI.M.
En revanche, les repères de Plus Hautes Eaux Connues (P.H.E.C.), également répertoriés dans le
D.I.C.RI.M., sont considérés comme de bons garants de la mémoire collective, grâce à leur exposition
sur la voie publique et à la simplicité de leur signification. En effet, ils sont un rappel direct aux
populations de leur expérience du risque. De plus, leur caractère pérenne, ne nécessitant ni
entretien, ni implication des gestionnaires du risque sur le long terme, rencontre une bonne
réceptivité du public. S’agissant de l’affichage des consignes dans les établissements recevant du
public et les immeubles d’habitation il est rarement réalisé. Par contre, dans les terrains de camping
ce mode d’information est plus courant.
L’I.A.L. reste, selon l’un des répondants, un document auquel notaires et agences immobilières font
peu référence. D'autant plus que la mauvaise qualité des cartes de zonage qui l'accompagnent, ne
semble pas susciter la lisibilité escomptée. En outre, il s'agit d'un document ne contenant aucune
consigne, ni conseil de sécurité ou de travaux.
La vigilance météorologique de Météo France est suivie et globalement bien comprise par la
population. Ce constat tient à la simplicité de son contenu et au mode de diffusion dont elle bénéficie
(TV, Internet...).

3 http://www.bd-dicrim.fr
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Le niveau de réceptivité des citoyens aux outils de prévention et d’information sur les risques
naturels, mis en place par les autorités, dépend de leurs niveaux d’intelligibilité, de leurs modes de
diffusion, et surtout de la communication dont ils bénéficient. La communication peut notamment
passer par la numérisation ou Internet, mais l’accent doit surtout être mis sur la régularité de
l’information diffusée par voie postale et sur l’utilisation de nouveaux moyens de communication.
La réceptivité des populations semble être maximale face aux messages les plus simples, pérennes
dans le temps et faciles d’accès, comme les repères de crue ou les bulletins de vigilance de Météo
France.
On peut également regretter que « quand cette information préventive est réalisée, il est très rare que
des études soient diligentées sur l’évaluation du niveau de connaissance des informations dispensées
ou sur l’évolution dans le temps de cette connaissance ». En effet, une évaluation régulière des
différents outils permettrait d’améliorer leur niveau d’efficacité et de tirer des conclusions utiles sur
les dispositifs existants.
De plus, il ressort des enquêtes menées par l’A.F.C.P.N., une critique générale du caractère
« descendant » des mesures de prévention. Introduire une collaboration et une interactivité entre les
pouvoirs publics, les populations, les associations et les entreprises, pour développer la culture du
risque, permettrait une appropriation de ces problématiques par tous les acteurs. L’un des
répondants, parle ainsi d’un fossé entre le travail de « l’Administration » et la réalité de
l’appropriation par les administrés. Un autre évoque une doctrine de la gestion des risques naturels
dans laquelle « L’Etat dit le risque ».

La réceptivité de l’information sur les risques naturels semble ainsi passer avant tout par une
appropriation durable des moyens de prévention, par les populations.
Le caractère « descendant » de la prévention des risques en France et la complexité des acronymes
qui balisent la politique de prévention des risques ne favorise pas la compréhension. Ainsi, si les
petites communes détiennent des D.I.C.RI.M. simples et pratiques, les grandes communes, en
revanche, peuvent en établir de très précis et techniques, tel que le D.I.C.RI.M. de Toulouse qui
compte 232 pages.
Le manque de réceptivité rencontré auprès de la population est la conséquence directe de multiples
dysfonctionnements au sein des différents dispositifs de l’information préventive. Il est donc
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nécessaire d’identifier ces dysfonctionnements pour aboutir, à terme, à une prévention efficace et
durable.

3. Les dysfonctionnements des dispositifs en vigueur dans l’information préventive sur les risques
majeurs
3.1. Les limites dans les dispositifs existants
3.1.1. Le D.I.C.RI.M.
Le D.I.C.RI.M. apparaît comme le principal document dans le dispositif français d'information
préventive sur les risques majeurs. Ce document n’est, globalement, pas suffisamment diffusé auprès
des citoyens et les informations qu’il contient restent généralistes, sans zonage précis des risques
majeurs sur la commune. Il ne s'adresse donc qu’à une minorité de la population, préalablement
informée sur le risque. Ce manque de lisibilité est particulièrement préjudiciable pour les populations
qui souffrent ainsi, d’un manque d’information sur les conduites à adopter en cas de catastrophe ou
sur la localisation de leur lieu de vie dans une zone à risque, ou non.
Si on s’intéresse à l'enquête menée par l’un des répondants, portant sur l’information préventive des
risques majeurs, on constate que seule une minorité de personnes est capable de trouver le
D.I.C.RI.M. à la mairie, sans pour autant connaître les responsables de son élaboration. La plupart des
personnes interrogées sait ce qu’est un risque naturel, mais ne sait pas quoi faire en cas de la
réalisation de ce dernier.
En termes de communication, il est important de réfléchir au choix du sigle « D.I.C.RI.M. », dont la
sonorité seule, « Dix Crimes », n’inciterait pas les citoyens à aller consulter ce document. Mais au-
delà de la forme, il faudrait agir sur le fond pour en « faire encore plus un document d'action
programmée et maîtrisée face aux imprévus, et non de peur du risque ». Les documents actuels
manquent de pédagogie, d’informations rassurantes pour les populations, qui, au lieu de disposer
d‘outils leur indiquant les bonnes attitudes à adopter face au danger, trouvent un document souvent
austère et parfois anxiogène. Enfin, il faut souligner un grave défaut de communication et ce, dû à
une politique encore trop lacunaire, de la gestion des risques et de leur prévention.

3.1.2. L’Information Acquéreur/Locataire
L’I.A.L. est un document très succinct présentant une copie de la carte du P.P.R., le plus souvent en
noir et blanc, dans l’acte de vente ou de location. Notaires, vendeurs et agences immobilières
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n’évoqueraient que rapidement le sujet. Comme l’un des répondants le précise : « L’I.A.L. *…+ est très
restreint : cartes de P.P.R.I. dans l’acte d’achat (mauvaise copie en noir et blanc), le notaire passe très
vite, soulignant que la loi l’oblige à le faire, pas de consigne ni même de conseil attaché à cette
information orale ». Ainsi, l’I.A.L. apparaît comme un instrument insuffisamment réglementé pour
constituer un outil efficace de prévention des risques.

3.1.3. Les outils complémentaires
D’autres outils souffrent également d'un manque de lisibilité et d'une hiérarchisation complexe des
informations. En comparaison avec les outils multimédia actuels, ils n’apportent quasiment aucune
plus-value, et les populations ont beaucoup de mal à se les approprier. On peut notamment citer le
P.C.S. et le D.D.R.M., qui ne semblent pas même connus du grand public.
Ainsi, ce sont les textes qui doivent s'adapter au public et non l'inverse, voilà pourquoi l’un des
répondants explique que « l'affichage réglementaire devrait être effectué dans les langues des
populations concernées. Dans l'habitat social, le multilingue est une nécessité que nous avons
comprise et mise en pratique depuis plus de 10 ans en Guadeloupe et Martinique. »
Différents acteurs déplorent le manque de sévérité de l’Etat dans son rôle de prévention. En effet, si
une collectivité n’a pas réalisé son D.I.C.RI.M. ou son P.C.S. ou n'est pas en conformité avec la
réglementation, le maire n’est pas sanctionné et n’est donc pas incité à appliquer la loi auprès de ses
électeurs.

3.2. Des élus peu formés, des citoyens souvent passifs
A l’échelon local, les élus sont en charge de la diffusion de l’information. Outre les documents
législatifs en vigueur, la culture du risque joue un rôle essentiel dans la prévention des risques.
Actuellement, la responsabilisation du citoyen n’est pas suffisante.
L’efficacité des actions de prévention proposées par les spécialistes est fortement limitée par les
changements fréquents des responsables de l’État, des services déconcentrés, et des collectivités
territoriales. Ces changements affectent la continuité de l’information pédagogique sur les risques
naturels et le développement d’approches cohérentes et durables de travail interdisciplinaire.
Quand elle est réalisée, l’information du public est souvent « standardisée » et peu adaptée au
contexte local, par manque de concertation avec les populations. Par ailleurs, il est très rare que des
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études soient conduites pour évaluer le niveau de connaissance des informations dispensées ou
l’évolution dans le temps de cette connaissance.
Les conséquences de cette « désinformation » sont que le citoyen, n’ayant pas développé une culture
du risque suffisante, ne se mobilisera seulement qu'après une catastrophe en tant que sinistré, à
travers une solidarité spontanée, ou de manière « défensive », pour s’opposer à la dévalorisation des
biens fonciers que « l’affichage réglementaire du risque » peut générer.
Les petites communes possédant des moyens limités font face à des difficultés encore plus grandes,
accentué par un contexte économique de plus en plus défavorable. Or la réglementation confère aux
maires la mission d’information préventive de leurs populations. Pourtant les constats sur le terrain
font apparaître qu’ils n’ont pas, pour la plupart, les moyens d’assurer efficacement cette mission, le
plus souvent par manque de formation.
Dans ce cadre, d’après l’un des répondants, l’exemple de la Guadeloupe et de la Martinique est
éloquent : « l’information préventive sur le risque sismique *n’y+ est *pas seulement+ très mauvaise »,
elle est quasiment ignorée, car les séismes représentent « un tabou [bloquant tous les mécanismes
préventifs, notamment] pour les populations précaires ». On note également un manque de
formation professionnelle chez les artisans du bâtiment et les architectes, en particulier au niveau des
normes parasismiques. Ces problèmes de formation, combinés à un non-respect des normes de
sécurité dans la construction et l'urbanisme, pourraient entraîner la réalisation de scenarii
catastrophe.

3.3. Le manque d’adaptation aux nouvelles technologies
On note un manque d’utilisation des Technologies de l’Information et de Communication (T.I.C.), dans
un contexte où les populations, en particulier les plus jeunes, sont de plus en plus sensibles à
Internet, aux smartphones et autres technologies qui ont intégré notre quotidien (Annexes).
A contrario, les médias historiques, tels que la télévision et la radio, semblent à bout de souffle dans
leur rôle de prévention. Leur importance est pourtant encore défendue dans les D.I.C.RI.M. qui, dans
de nombreuses villes, recommandent aux personnes touchées par une catastrophe naturelle de se
tenir informées par ces médias, notamment, les radios régionales. Mais aujourd’hui, de plus en plus
de personnes n’attendent pas les bulletins de Météo-France pour connaître l’évolution des conditions
météorologiques et consultent divers sites Internet pour suivre « en temps réel » les changements et
les alertes. A côté de ces outils performants, la télévision et la radio semblent de plus en plus en
retard, voire inadaptées à l’évolution de l’information préventive sur les risques naturels.
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3.4. L’autorité de l’Etat remise en cause
Il y a quelques années, l'Etat se présentait comme omniprésent dans une démarche pédagogique
« descendante », et au besoin autoritaire, pour gérer les risques naturels. Il était donc convenu par
tous de le voir « assumer l’impopularité du savoir sur les malheurs et de la prévention en échange de
la popularité de l’indemnisation ».
Certes, des changements sont demandés et se préparent, mais les populations ont toujours du mal à
s’investir au sein des débats publics. L’implication de l’Etat semble toujours nécessaire, mais ne peut
plus être seule et unique. En effet, « l’Administration » ne bénéficie pas du regard local qui peut être
apporté par les collectivités, les associations de particuliers, ou encore les personnes impliquées de
manière permanente au sein du territoire concerné. Or ces acteurs ne peuvent être négligés car leur
expérience du terrain est unique et manque bien souvent aux analyses, parfois trop globales, de
l’Etat.
Les dispositifs de prévention en place rencontrent de nombreux dysfonctionnements qui résultent,
avant tout, d’une mauvaise communication en amont de la chaîne de l’information préventive.
Afin d’améliorer leur efficacité, il est donc nécessaire de trouver des solutions aux problèmes
rencontrés par ces dispositifs, mais également de les améliorer en les adaptant notamment aux
besoins de la société moderne.
4. Identifier les pistes à explorer pour améliorer le niveau de responsabilisation individuelle et
collective face aux risques majeurs

Comme vu précédemment, malgré d'importants investissements financiers et politiques, les mesures
prises dans le but d'améliorer la prévention des risques naturels et technologiques présentent de
nombreux dysfonctionnements et un manque de réceptivité.
La prévention des risques majeurs implique avant toute chose une bonne connaissance de ces
risques, et de leurs conséquences, par la société. Voilà pourquoi, il est nécessaire d'améliorer la
communication entre les différents acteurs du risque qui s'étendent de l’État au citoyen.
Paraphrasant un organisme ayant répondu à l’enquête de l’A.F.P.C.N., il semble donc que l'information
du public sur la prévention des risques doive être :
- Clarifiée
- Vulgarisée
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- Adaptée au public
- Localisée

4.1. Documents et textes de lois
Dans ce sens, des documents tels que le D.I.C.RI.M., le P.C.S. ou l'I.A.L. ont été créés. Or ces
documents existants présentent un intérêt limité pour les populations. En effet, très généraux et
chargés de concepts trop complexes, ils sont difficilement abordables par les non-spécialistes.
De plus, souvent cloisonnés dans des bâtiments administratifs, ils requièrent la démarche volontaire
de s'informer de la part du citoyen. Voilà pourquoi il semble nécessaire de modifier ces documents
pour les rendre plus simples, accessibles et attractifs.
Un premier geste simple consisterait à les renommer sous une forme plus rassurante, qui
n'évoquerait pas un formulaire administratif, en vue d'attirer un plus grand nombre de lecteurs. « Il
faut s’imposer une règle absolue, d’interactivité et d’actualisation permanente ». Il apparaît
également nécessaire de généraliser les documents de prévention, comme le P.C.S., à toutes les
communes soumises à un risque. En effet, leur diffusion permettrait une certaine harmonisation du
système d'information préventive.
Actuellement, l'information préventive n'est pas adaptée au public auquel elle s'adresse. Or pour être
efficace, cette information doit s'adapter à la fois aux territoires mais également aux habitants
concernés par le risque.
Ainsi, les repères de crue semblent avoir un impact positif sur les populations car ils sont un rappel de
leur propre expérience du risque au sein de leurs quartiers, voire même sur leurs habitations.
Cependant, la généralisation de photos et récits accompagnant les repères de crue permettrait
d'augmenter au maximum l'impact de ces outils assez onéreux.

4.2. La promotion de l'information préventive par les Technologies de l'Information et de la
Communication
« Innover non pas par principe mais par nécessité »
L'explosion des T.I.C. a permis l'essor de la diffusion des informations en temps réel, encore trop peu
utilisées par les gestionnaires du risque en France. Pourtant, ces systèmes de communication de
masse, fortement développés aux États-Unis, ont fait leurs preuves lors des récentes catastrophes
survenues sur leur sol.
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Aujourd'hui, l'information préventive est perçue comme un devoir accablant et non comme une
nécessité vitale. Voilà pourquoi, la diffusion de la culture du risque doit passer par des intermédiaires
plus attractifs et adaptés à la vie moderne, comme la télévision ou les réseaux sociaux tels que
Facebook ou Twitter. La téléphonie seule n'est pas utilisée au maximum de ses capacités, là où des
messages d'information et d'alerte pourraient être envoyés de manière générale en cas de crise.
Il s'agirait d'inviter les populations à ne plus voir l'information préventive comme un embarras mais
bien comme une opportunité d'obtenir des conseils de sécurité, de travaux, etc.
L’accompagnement des T.I.C. dans la mise en application des documents administratifs les plus
inabordables, tels que le D.I.C.RI.M., a fait ses preuves dans plusieurs communes telles que Saint-
Etienne, où le D.I.C.RI.M. a été associé à une plate-forme Internet interactive. Cependant, l'utilisation
des « technologies du XXI
ème
siècle », souvent présentées comme la réponse aux dysfonctionnements
de l'information préventive, doit être nuancée. Il est donc nécessaire de garder un certain recul sur
les résultats obtenus.
En effet, certaines populations restent en marge de l'utilisation des nouvelles technologies. Les
populations les plus âgées et les plus jeunes par exemple, qui sont également les plus vulnérables en
cas de survenue d'une catastrophe, sont aussi les moins à même d'utiliser ces nouvelles technologies.
Ainsi, quand 95% des 15-19 ans ont déjà surfé sur internet, c'est le cas de seulement 22% des 60-69
ans, 7% des 70-79 ans et enfin 2% des plus de 80 ans. (Source : I.N.S.E.E.)
De même qu'il n'existe pas de risque zéro, il ne peut y avoir de solution infaillible au problème de la
diffusion de l'information préventive. L’absence de sécurisation des modes de transmission des
messages électroniques (en particulier en énergie) impose le recours à des médias dégradés (support
papier) et, surtout, à une formation des habitants vivant en zone à risque, afin d'assurer la diffusion
optimale de l'information préventive.

4.3. Formation et éducation
L'éducation au risque dès le plus jeune âge représente un des enjeux majeurs de l'avenir de la
prévention. Pourtant, bien que l'article 5 de la loi de modernisation de la sécurité civile prévoie une
sensibilisation des élèves à ce thème, la densité des programmes conjuguée à la faible formation du
corps enseignant sur la question des risques ne permettent pas la réalisation de cet objectif.
Ainsi, l'éducation des enfants au risque doit être le premier point à améliorer dans l'avenir. Il serait de
même judicieux, de développer des actions ludiques, telle l'initiative de l'UNESCO : Memo'risks,
visant à faire prendre conscience aux enfants des risques qui les menacent au quotidien (Annexes).
14

Il faut garder à l'esprit le rôle fondamental qu'occupent les enfants dans l'éducation des parents.
Celui-ci avait notamment été mis en valeur lors de la campagne nationale de promotion pour le
recyclage en France.
Les changements trop fréquents des responsables et des services en charge de la prévention des
risques sont un frein direct à sa réussite et à sa pérennisation.
La formation des élus dans ce domaine doit donc être généralisée et améliorée. En effet, ils sont les
premiers référents, lors d'une catastrophe, pour les habitants d'un territoire.
Cependant, ces changements fréquents soulignent également, et surtout, la nécessité d'établir une
instance de travail pluridisciplinaire indépendante, politiquement neutre, et chargée de l'information
et de la communication sur la prévention des risques.
En complément, des centres de ressources régionalisés permanents pourraient être installés, en
charge de la promotion d'une culture du risque à l'échelle locale. Ils pourraient servir de relais entre
les populations et les autorités publiques.

En outre, le rôle croissant des médias dans la société actuelle, nous interroge sur la nécessité de
former les journalistes à l'information préventive. Cette initiative permettrait d'une part, de diffuser
des informations plus utiles aux populations et, d'autre part, de rassurer celles-ci quant à l'exactitude
des données fournies.
Ainsi, les citoyens ne doivent pas être des éléments passifs, mais bien les acteurs majoritaires de la
prévention des risques. Il est donc nécessaire d'établir une collaboration durable entre eux, les
entreprises et les administrations. Pour cela, les démarches participatives telles que les réunions
publiques ou d’autres démarches innovantes (Annexes) doivent être encouragées. En outre, la loi
« Risque » du 30 juillet 2003, rend obligatoire la délivrance biennale d'information sur les risques
naturels par les maires de communes dotées d'un P.P.R.

En effet, au-delà du rôle de sinistré après la survenue d'une catastrophe naturelle, celui de
propriétaire foncier lors la dévalorisation de son bien soumis au risque, chacun doit être activement
impliqué dans la prévention. Pour cela, les initiatives, telles que les conférences citoyennes ou les
exercices d'évacuation, doivent être encouragées et multipliées. Il s'agit de responsabiliser le citoyen
face au risque afin, qu'à terme, « les implantations économiques et humaines en zone à risque soient
abandonnées de manière volontaire et spontanée. »

15

4.4. Vers une interrogation du système ?
Des observations ont été émises pour interroger la pertinence du concept actuel d’information
préventive. Ne convient-il pas de parler tout simplement d’information sur les risques pour mieux en
concevoir les voies, les moyens et la pertinence au regard même de sa capacité à modifier les
comportements.






16

Conclusion

Les dispositifs d’information préventive, en vigueur sur le sujet des risques naturels, sont trop
souvent mis à l’écart au profit de mesures de protection collectives visibles et rassurantes. Pourtant,
c’est bien au niveau de l’information des populations que les plus grands progrès peuvent être
réalisés dans ce domaine.
Alors qu’il existe aujourd’hui tout un arsenal législatif et règlementaire en matière d’information
préventive, qui s’adresse aussi bien aux citoyens (D.I.C.Ri.M., I.A.L., repères P.H.E.C.), aux élus
(D.D.R.M.), aux gestionnaires de crise (P.C.S.), celui-ci manque encore de réceptivité auprès des
acteurs concernés. Cette inefficacité s’explique notamment par le manque de lisibilité et
d’accessibilité des dispositifs en vigueur face au public visé ainsi que par leur faiblesse règlementaire.
Face aux dysfonctionnements de l’information préventive, les citoyens ne développent pas une
culture du risque suffisante, ce qui permettrait pourtant de limiter le degré de gravité d’une
catastrophe sur un territoire donné.

Si l’amélioration des documents officiels est nécessaire, elle doit s’accompagner cependant de la
promotion de méthodes et d’outils innovants qui utilisent aussi bien les supports médiatiques,
technologiques que pédagogiques.
D’une part, l’utilisation des technologies de l’information et de la communication telles que la
télévision, les plateformes internet interactives et les réseaux sociaux apparait en effet comme un
outil innovant permettant d’améliorer ou de relayer ceux qui sont aujourd’hui à bout de souffle.
D’autre part, la formation des élus et des journalistes, associée à l’éducation des enfants et des
citoyens par le biais d’une démarche participative, favoriserait l’implication de chaque acteur et la
communication entre eux à tous les échelons de la prévention des risques.







17

Glossaire

A.F.P.C.N. : Association Française pour la Prévention des Risques Naturels
C.P.3D. : Cartes Participatives en 3 Dimensions
D.C.S. : Document Communal Synthétique
D.D.R.M. : Dossier Départemental sur les Risques Majeurs
D.I.C.Ri.M. : Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs
I.A.L. : Information Acquéreurs Locataires
I.N.S.E.E. : Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques de collectes
P.A.R.N. : Pôle Alpin Risques Naturels
P.C.S. : Plan Communal de Sauvegarde
P.H.E.C. : Plus Hautes Eaux Connues
P.P.R. : Plan de Prévention des Risques
P.P.R.I. : Plan de Prévention des Risques Inondation
P.P.R.N. : Plan de Prévention des Risques Naturels
S.E.G.P.A. : Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté
S.I.G. : Système d’Information Géographique
T.I.C. : Technologies de l’Information et de la Communication
U.N.E.S.C.O. : Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture
U.N.I.S.D.R : Stratégie Internationale des Nations Unies pour la Prévention des Catastrophes






18

ANNEXES
Exemples d’initiatives d’information sur les risques naturels

La diffusion « en temps réel » des informations sur les risques : l’exemple de Risques Nice
Une nouvelle approche de l’information préventive, largement basée sur les nouvelles technologies,
pourrait être plus efficace que la poursuite de l’amélioration des « vieilles formules ». Il est nécessaire
de sensibiliser les populations grâce à une démarche citoyenne, soutenue par les technologies
numériques.
Les services municipaux de la ville de Nice ont créé l’application « RISQUES NICE », en juillet 2012, à
destination de la population civile, permettant aux habitants de se préparer face aux risques.
Confrontée aux risques d’incendies, de séismes et d’inondations par les crues torrentielles du Var et
du Paillon, ainsi qu’au ruissellement pluvial, la ville de Nice se situe dans une zone géographique
particulièrement exposée aux aléas naturels.
L’inscription aux alertes et l’information préventive, deux fonctions proposées par l’application Risques Nice. Source : Risque
Nice
L’application propose aux habitants de s’inscrire à certaines alertes (vigilance météo, inondations,
feux de forêt, etc.) qui leur seront transmises via des notifications PUSH sur leur écran de
Smartphone. Par cette application, ils peuvent également choisir un certain nombre de documents
d’information préventive sur les risques majeurs de la ville de Nice (D.I.C.R.I.M., P.C.S., etc.) qui leur
19

seront envoyés instantanément par courriel. Première application de ce type en France, elle est
téléchargeable gratuitement depuis App Store
4
, et sur les plateformes de téléchargement Android
5
.
En quelques mois, plus de 4000 personnes ont téléchargé l’application sur leur Smartphone. Depuis
son lancement, d’autres villes, françaises et étrangères, se sont intéressées à celle-ci. Deux sociétés
privées souhaitent également racheter l’application, actuellement propriété intellectuelle de la ville.
Pour ses efforts accomplis, notamment dans le domaine la prévention des risques naturels, la ville de
Nice a été récompensée en tant que « ville modèle » par la Stratégie Internationale des Nations Unies
pour la Prévention des Catastrophes (U.N.I.S.D.R.) lors du Colloque organisé à Venise le 19 et 20 mars
2012.
Cependant, si les technologies numériques permettent aux populations d’avoir une connaissance
immédiate des alertes sur les risques naturels, elles présentent néanmoins un risque de
discrimination pour les personnes qui n’y ont pas ou alors moins accès.

Sensibiliser en priorité les jeunes sur les risques présents dans leur commune grâce à une
démarche participative : l’exemple de Mémo'risks
La prévention des risques passe également et principalement par le volet éducatif car la réceptivité
des citoyens reste encore trop faible. Dans un contexte où l’information sur les risques majeurs est
souvent standardisée et peu adaptée au contexte local, il est plus que nécessaire que la population,
en priorité les jeunes, soit sensibilisée aux risques grâce à une approche participative.
Dans cette optique, l’Association Prévention2000 a mis en place le Mémo’ Risks
6
, une activité qui
s’inscrit dans le contexte de la campagne mondiale des Nations Unies « ma ville se prépare ! ». En se
portant volontaire pour cette action, des élèves de cycle 3 des écoles et les Mairies de France,
soumises à un Plan de Prévention des Risques Naturels (P.P.R.N.), s’engagent alors à retrouver la
mémoire des catastrophes passées dans leur commune et, à évaluer le niveau d’information et de
préparation de la population locale sur les risques majeurs : photos, documents et articles de presse à
l’appui.
L’enquête, médiatisée, constitue une véritable enquête officielle qui doit ensuite être remise au
Maire. Elle permet ainsi d’améliorer la conscience du risque de manière originale auprès de la
population locale (sensibilisation des enquêteurs, enquêtés, parents d’élèves, etc.) tout en valorisant

4
Voir le site : https://itunes.apple.com/au/app/risques-nice/id521711173?mt=8
5 Voir le site :
https://play.google.com/store/apps/details?id=com.libreair.pru3&feature=search_result#?t=W251bGwsMSwyLDEsImNvbS5
saWJyZWFpci5wcnUzIl0.%20
6 Voir le site : http://www.memorisks.org
20

les compétences de la commune en matière de prévention des risques. L’action Mémo’ Risks a
notamment été sélectionnée parmi 25 projets pilotes dans le monde, pour être présentée lors de la
Conférence mondiale de l’U.N.E.S.C.O. sur l’Education au Développement Durable (Bonn, 2009).
Enquête des étudiants de l’école Lucie Aubrac sur le risque inondation (Grenoble). Source : www.memorisks.org

Dans le cadre de cette enquête, l’Association Prévention2000 lance chaque année depuis 2012 le
concours « Mémo’Risks ma ville se prépare ». A l’issue de ce concours, trois lauréats ont été
récompensés l’année dernière : la ville de Grenoble avec les écoles Anthoard et Lucie Aubrac, suivie
des communes et écoles d’Héry-sur-Ugine et Mieussy. Les témoignages de l’ensemble des écoles
participantes ont également été publiés sur le site de l’Institut pour l’Histoire et la Mémoire des
Catastrophes. Une deuxième édition du concours a été lancée le 10 juin 2013. Centrée sur le thème
de l’inondation, elle s’adresse aux élèves de cycle 3 des écoles primaires, aux élèves de S.E.G.P.A.
(Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté) des collèges et aux Mairies situées sur un
territoire soumis au risque inondation.

Une méthode innovante expérimentée dans l’arc Alpin : les Cartes Participatives en 3 Dimensions
Face aux limites des outils de prévention classiques, ne permettant pas toujours de réduire
efficacement les risques de catastrophe sur un territoire, de nouvelles méthodes se sont développées
sur le territoire français. Ainsi, sur la période 2007-2013, l’Etat, l’Union Européenne, la région PACA et
la région Rhône-Alpes s’unissent pour promouvoir une approche intégrée de la gestion des risques
naturels en montagne, à partir de sites pilotes d’échelle pluri-communale. Cette expérimentation
multi-acteurs, en partie orchestrée par le Pôle Alpin Risques Naturels (P.A.R.N.), semblait nécessaire
pour envisager un changement dans la gestion des risques naturels en France
7
.

7. Plus d’informations sur le site du PARN : www.risknat.org/
21

Parmi les méthodes de travail utilisées, deux Cartes Participatives en 3 Dimensions (C.P.3D.) ont été
réalisées, l’une à Bourg-Saint-Maurice, les Arcs (Savoie) en 2010, l’autre dans la vallée de Névache
(Hautes-Alpes) en 2011. Cet outil, d’abord mis en place dans un contexte « Sud » (Philippine,
Indonésie) est une maquette en relief d’une zone d’étude exposée à des aléas naturels. Elle met en
avant différents niveaux d’information, et notamment, l’utilisation du sol, les zones d’impact des
précédentes catastrophes, les enjeux à protéger, les ressources existantes ou encore les individus plus
vulnérables.
Par le biais de matériaux faciles d’utilisation (peinture, bouts de laine et de ficelle, punaises de
différentes formes et couleurs), la carte peut être réalisée complètement, ou en partie, par les
citoyens concernés. En effet, cet outil se veut avant tout multi-acteurs et participatif. Il a donc pour
objectif de rassembler autour d’une même problématique des élus locaux, des représentants de
l’Etat, des citoyens, des scientifiques etc., pour échanger et débattre de ce qu’ils connaissent en
matière de risques naturels, sur un territoire. Ainsi, les informations sont représentées sur la C.P.3D.,
afin de les matérialiser et donc, de les rendre tangibles. Par exemple, une couleur de punaise
particulière peut permettre de localiser des individus à évacuer en priorité
8
.
Alors que la tendance actuelle en matière de prévention se tourne davantage vers les nouvelles
technologies de l’information et de la communication, avec des outils très sophistiqués (comme les
logiciels S.I.G.), les C.P.3D. apportent, quant à elles, une facilité d’interprétation et de compréhension
des outils cartographiques, en les rendant accessibles à tous. A l’instar des pays en développement,
cet outil a surtout vocation à accompagner un territoire déjà sensibilisé au sujet, porteur d’initiatives
pour la réduction des risques et dont tous les acteurs sont prêts à jouer le jeu de la participation. Pour
cela, une densité de bâti très limitée et une échelle d’intervention peu étendue sont préférables.
Afin de donner un réel poids à une Carte Participative en 3 Dimensions, il est intéressant de
transformer et capitaliser les résultats de ce travail, en amont de la conception de P.P.R., P.C.S.,
D.I.C.Ri.M. ou tout autre outil de communication sur le risque. Les bureaux d’études peuvent alors
disposer de résultats plus riches et adaptés au contexte local. Ainsi, les outils réglementaires souvent
méconnus, peuvent être mieux acceptés par les populations et moins contestés. Cela a notamment
été le cas dans la commune de Névache, puisque, dans la veine de cette réalisation, la commune a
adopté un P.C.S., aujourd’hui bien accepté.
Malgré leur manque d’adaptation aux S.I.G., et l’aspect quelque peu contre culturel de la participation
en France, les Cartes Participatives en 3 Dimensions permettraient une intégration pérenne de la

8 Pour obtenir plus de détails sur la réalisation d’un tel outil, consulter le manuel en ligne : Gaillard JC. and Cadag J.R.
(2013), Participatory 3-Dimensional mapping for disaster risk reduction : A field manual for practitioners, CAFOD, Londres
22

problématique des risques naturels très en amont des différents projets territoriaux qui peuvent être
soutenus par des communes. A terme, les C.P.3D. peuvent permettre d’aborder la prévention des
risques naturels par un autre biais que la simple contrainte réglementaire extérieure (P.P.R.,
D.I.C.R.I.M., P.C.S. et ses contraintes d’urbanisme) sans pour autant s’en détacher complètement. Elles
représenteraient donc un outil innovant en termes de prévention et de réduction des risques de
catastrophes, qui pourrait davantage se développer en France.
Réalisation d’une Carte Participative en 3D dans la vallée de la Clarée à Névache (05), dont l’accès avait été bloqué par des
avalanches, Mai 2011.

Source : Fanny Navizet

Le DICRIM de la ville de Metz
9

Le Document d'Information Communal sur les Risques Majeurs
(DICRIM) destiné à la population fait partie des outils utiles à
l'entretien de cette mémoire. Il recense les principaux risques
majeurs auxquels nous pouvons être confrontés : risques naturels
(inondations, glissements de terrain, tempête) ainsi que les risques
technologiques (risques industriels, risque nucléaire, transport de
matières dangereuses). Le DICRIM localise les zones
potentiellement à risque et décrit les mesures de prévention prises
par la Ville de Metz. Pour chacun de ces risques, ce document
énonce très simplement la conduite à tenir en cas de danger
avéré. Il a été réalisé de manière innovante en lien avec une agence de conseil en communication et

9
http://metz.fr/pages/prevention_des_risques/document_information_communale_risques_majeurs.php
23

un illustrateur pour définir les couleurs, icones, accroches et illustrations notamment pour les bons
réflexes avec une touche humoristique.



Le DICRIM de la ville de Saint Etienne
10
.
La Ville de Saint-Étienne dispose depuis 2007 d'un Plan Communal de
Sauvegarde. Il est complété par un dispositif d'information préventive de la
population. L'objectif de ce DICRIM interactif est de donner les moyens à
chaque citoyen de développer une « culture et une mémoire du risque » par
l'intermédiaire de contenus les plus attrayants et ludiques possibles,
cartographie des évènements historiques.
Ce DICRIM interactif est le fruit d'un travail en collaboration avec l'Institut des
Risques Majeurs de Grenoble (IRMa) et le laboratoire ISTHME de l'Université Jean Monnet de Saint-
Étienne.

Les Gafforisk de l’IFFO-RME
11

Sous forme de plaquettes cartonnées glacées regroupées en éventail, ils
proposent de découvrir les risques majeurs de façon ludique à travers des
questions-réponses. Le premier traite des risques majeurs en général, les
suivants approfondissent un risque précis. Le premier gafforisk précise à travers
des dessins, des photographies et un jeu de questions-réponses, la définition du
risque majeur, les différentes étapes de la prévention à la gestion de crise ainsi
que les comportements à adopter.



10
http://www.saint-etienne.fr/cadre-vie/information-risques-majeurs-bis/risques-majeurs-a-saint-etienne
11
http://iffo-rme.fr/content/gafforisk
24

Les topoguides du CME-CPIE Vaucluse
12

Le Centre Méditerranéen de l’Environnement a créé des topoguides, livrets d’accompagnement de
parcours pédestres et cyclistes sur les risques naturels sur une commune ou un territoire plus large,
dans la région PACA. L'objectif de ces parcours est de sensibiliser le grand public en l’amenant à
découvrir et à comprendre le patrimoine local lié aux risques naturels. En 30 à 40 pages, le topoguide
apporte les explications à chacune des étapes et complète par des anecdotes, des images du passés,
des éclairages historiques et des éléments techniques. Le développement de cet outil original de
sensibilisation, particulièrement bien accueilli par la population et les partenaires, a incité le
CME/CPIE 84 à créer une collection : les topoguides « la mémoire de risques ». Outre la mise à
disposition par le partenaire local (en mairie, dans les offices du tourisme, sur leurs sites internet,
etc), les topoguides sont diffusés par le CME/CPIE 84 et sont téléchargeables au format .pdf sur le site
internet du CME/CPIE 84 (www.cme-cpie84.org) et dans le catalogue du portail ministériel de la
prévention des risques (www.catalogue.prim.net). Certains de ces parcours sont notamment valorisés
lors de sorties grand public encadrées par un animateur du CME/CPIE 84 et donnant lieu à la remise
du topoguide aux participants.






12
http://www.cme-cpie84.org/FR/art.php?ID_ROOT=3&ID=133&lib=Presentation_des_Topoguides
25

Itinéraire HistoriSque du Syndicat Arlysère
13

Les itinéraires historiSque permettent de découvrir un village de montagne qui, au fil des siècles, a
appris à vivre avec les risques majeurs qui le menacent. Tout au long du parcours des panneaux
thématiques accompagnent les promeneurs des différents risques, les mesures de protection, des
mesures de sauvegarde …


Livret Paroles d’inondations du CPIE des pays de l’Aisne
14

Le CPIE des pays de l’Aisne en collaboration avec les CPIE de
l'Oise et de la Somme, a travaillé durant deux années pour
collecter des témoignages sur les inondations survenues dans
région Picardie ces dernières années. Élus, riverains,
entrepreneurs, agents de collectivités et des services de l'État,
secouristes et associatifs, ont livré leurs souvenirs afin de
construire une culture commune du risque inondation, relatée dans le livret "Paroles d'inondations".
Partant du principe que la mémoire et la connaissance des processus d'inondation participent
largement à diminuer la vulnérabilité des territoires exposés à ce risque, ce livret contribuera à
développer une culture du risque inondation en Picardie. Ce livret n'est que le résumé de plus de 500
pages de témoignages.
Pour poursuivre ses efforts de sensibilisation, le CPIE valorise le livret à travers des pièces de théâtre
participatif. L'expression théâtrale rend cette thématique (parfois austère) plus attractive et améliore
la qualité de l'information délivrée.



13
http://www.arlysere.fr/modules/tinycontent/content/MAJ/rubrique_projets/risques/Depliant_historisque_V4_HD.pdf
14
http://www.cpie-aisne.com/index.php/accompagnement-des-territoires/les-risques-majeurs
26

Quand la Terre gronde de la Fondation la Main à la Pâte
15

La Fondation La Main à la Pâte a été créée en 1996 à l’initiative de Georges Charpak, prix Nobel de
physique en 1992, dans le but de rénover l’enseignement des sciences et de la technologie à l’école
primaire en favorisant un enseignement fondé sur une démarche d’investigation scientifique. La
démarche pédagogique préconisée privilégie la construction des connaissances par l’exploration,
l’expérimentation et la discussion. C’est une pratique de la science en tant qu’action, interrogation,
investigation, expérimentation, construction collective qui est visée et non pas l’apprentissage
d’énoncés figés à mémoriser. Les élèves réalisent eux-mêmes des expériences, pensées par eux, et
discutent pour en comprendre l’apport.
Le livret pédagogique « Quand la Terre gronde ». Ce guide
pédagogique se propose d’initier les élèves de cycle 3 (CE2 - CM1 -
CM2) des écoles primaires aux risques naturels et à leur prévention
au travers d’une démarche pluridisciplinaire qui comporte une large
part de sciences : risques liés aux volcans, aux séismes ou aux
tsunamis, des phénomènes souvent très médiatisés mais peu étudiés
à l’école. Une dernière séquence est consacrée aux risques plus
ancrés localement (inondation, tempête, feu de forêt …) et donc a
fortiori plus ancrés dans le quotidien des élèves. Les deux approches
sont complémentaires. Olivier Schick, au titre de Prévention 2000 a
été associé à la rédaction de cette 4
ème
séquence « Ma commune face aux risques », qui s’appuie sur
la méthodologie « Mémorisks ».
Le projet « Quand la Terre gronde », est un projet « clé en main » pour le maître, paru en avril 2012, il
comporte :
o Un module d’activités de classe (4 séquences indépendantes et des fiches documentaires à
explorer en classe).
o Des éclairages pédagogiques et scientifiques pour le maître.
o Des situations d’évaluation par des compétences pour chacune des séquences proposées.
o Un site internet dédié (www.quand-la-terre-gronde.fr) propose de nombreuses ressources
documentaires complémentaires.

15
http://www.fondation-lamap.org/page/155/d%C3%A9couvrir-le-projet-quand-la-terre-gronde
27

La Fondation La Main à la Pâte met à disposition gracieusement aux enseignants, qui en font la
demande, le livret pédagogique (coût pour la Fondation 10 euros par ouvrage) et des sessions de
formation à la demande des rectorats.

Exemples de bonnes pratiques sur le territoire des Pyrénées de BIE64 / C-PRIM
16

Action 1 : Totems et repères de crues sur la commune d’Ascain (64), 3700
habitants, exposée aux risques d’inondations de la Nivelle. Suite aux
inondations catastrophiques de mai 2007 et à la récurrence des débordements
de la Nivelle et des coûts des dommages importants, ma commune a décidé de
mettre en place de repères de crues sur les ERP accompagnés de totems
d’information préventive avec pour objectifs de sensibiliser la population locale,
les scolaires, les touristes, de pérenniser la mémoire des évènements et de rappeler les consignes de
sécurité.
Action 2 : Spectacle de marionnettes dans les Hautes Pyrénées de
scénettes courtes mettant en scène le personnage Juliette, une tortue
qui part en classe chaque matin et qui suit les conseils de l’instituteur
maître Lutin. La marionnette permet d’informer et de dédramatiser les
risques majeurs en apprenant aux enfants : à les reconnaître, à écouter les consignes
et à acquérir des comportements cohérents.
Action 3 : En Juin 1875, une lave torrentielle fit 70 victimes à Verdun (Ariège). Afin d’y
remédier, le RTM réalisa des travaux remarquables (boisements, barrages, seuils,
ouvrages divers). Un sentier permet de (re)découvrir cette réalisation. Un topo-guide
est à disposition du public en mairie. Les objectifs de ce sentier et topoguide est de
sensibiliser et informer le public sur les risques naturels, diffuser la connaissance et la mémoire des
événements et de valoriser le patrimoine local.

Films thématiques
17

Films sur la thématique de la transmission des savoirs, expériences, témoignages, mémoire des
évènements : Rhône 2003, Rhône 1990, Aménagement et inondation dans la vallée du Coulon-
Calavon, Gestion intégrée des risques naturels dans les Alpes, L'avalanche de 2008 à Névache,

16
http://www.c-prim.org/
17
http://www.cimalpes.fr/Films-de-montagne-752-1260-0-0.html
http://www.cimalpes.fr/Films-de-montagne-752-1259-0-0.html
28

Communiquer et informer sur les risques naturels. Les deux premiers sont disponibles à la DREAL de
bassin Rhône-Méditerranée, le troisième auprès de la DDT84, les trois derniers vont être disponibles
d'ici quelques semaines auprès de la DATAR.

Apprendre à vivre avec les crues de l’EPTB Epidor
18

Pour accompagner son action de prévention et communiquer au grand
public, l'EPTB a choisi de s'appuyer sur l'image du dragon, symbole
local de ces eaux tumultueuses du bassin de la Dordogne qui a tout
moment peuvent se réveiller et entrer en furie. Pour sensibiliser les
populations aux risques d'inondations, EPIDOR a également réalisé une
bande dessinée géante présentant les principales thématiques relatives
aux inondations. Elle circule ainsi dans les communes inondables du
bassin versant de la Dordogne, dans les mairies et les écoles,
sensibilisant de de manière didactique, ludique et encyclopédique les
populations susceptibles d'être un jour confrontées à la fureur du
dragon.





18
http://webissimo.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Bande_dessinee_EPIDOR_2008_-
_Apprendre_a_vivre_avec_les_crues_-_cle0e2cfd.pdf