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organisateurs de tenir les politiciens France et de la Guinée Bissau (voir

à l’écart de leur manifestation. le texte de la déclaration dans Le


Et là où la situation paraît pour Soleil du 9 avril). Reste que la ques-
le moins troublante, c’est la coïnci- tion qui demeure est celle de l’éten-
dence entre cette manifestation et le due réelle de l’autorité de l’abbé
retour quasi miraculeux dès le len- Diamacoune sur ses fidèles, notam-
demain de l’abbé Augustin Diama- ment les plus radicaux parmi eux.
coune Senghor, chef spirituel des De la réponse à cette interrogation
rebelles. Est-ce pure coïncidence ou dépend en grande partie la tenue
simplement une relation de cause à des fùtures négociations pour la
effet ? Toujours est-il que la co’ïn- recherche des solutions pour sortir
cidence est trop juste pour n’être de la crise et de pacifier cette belle
qu’un pur hasard du calendrier et région éprouvée par tant de mal-
le bénéfice en revient naturellement heurs.
au gouvernement, même si l’on Ainsi donc, l’essentiel est ail-
ignore tout pour l’instant des con- leurs : il est dans l’urgence d’une
ditions du retour de l’abbé Diama- paix à laquelle aspire particulière-

coune (plusieurs informations insis- ment la population casamançaise. II


tent sur le rôle capital de la est également dans l’urgence de
Guinée-Bissau et sur l’état de santé remettre sur pied I’économie régio-
précaire de l’abbé Diamacoune). En nale qui pour l’heure est dans une
attendant, on ne peut que saluer situation apocalyptique. Cette tâche
son appel au cessez-le-feu du 8 avril incombe principalement aux gouver-
à travers les ondes radiotélévisées et nants qui doivent prendre leurs res-
sa volonté de signer la (c’paix des ponsabilités d’élus.
braves 1) avec le gouvernement de
Dakar sous le parrainage de la Hassane Drame

La France au Rwanda :
raison du prince, dé-raison d’État ?

L
depuis
’IMPORTANCE de l’engage-
ment de la France au Rwanda
(( l’invasion N . d’octobre
direction des trois pays enclavés de
la Crète Congo-Nil scandée par les
déplacements constants de hauts
1990 (1) est remarquable : vingt-huit fonctionnaires de la Direction
mois de présence militaire continue Afrique-Madagascar, voire les mis-
avec à son m a x i ” au moins sept sions de Marcel Debarge et de Guy
cents soldats de la Force d’action Penne à Kigali, Kampala et Bujum-
rapide, élite de l’armée française, bura. L’intervention de la France
plus d‘obus tirés par les Français ne se limite pas à ces chiffres. E h
dans ce petit pays d’Afrique centre- particulier l’action des militaires est
orientale que durant toute l’opéra- beaucoup plus opérationnelle que
tion Daguet dans le Golfe, une acti- généralement admise. En 1992, u n
vité diplomatique sans précédent en officier français, le lieutenant-colo-

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nel Chollet exerçait le commande- ment la réalité africaine tout en cul-
ment opérationnel de l’armée rwan- tivant la veine du para fonceur
(( ))

daise. Le fait que la gestion de dessert la gestion sereine du pro-


l’affaire échappe complètement au blème. L’utilisation du terrain rwan-
Quai d’Orsay ou à la Coopération dais comme d‘un bac à sable gran-
pour être réservée à 1’Elysée confère deur nature peut également être
encore plus d’importance à cette pré- invoquée pour expliquer l’entête-
sence. Par exemple, il est frappant ment de l’Armée à soutenir l’enga-
que, lors de ses déplacements, Fran- gement, et ce au-delà de l’opposition O
çois Mitterrand se tienne en perma- de Pierre Joxe, alors ministre de la
nence informé de la situation mili- Défense, à l’envoi de troupes.
taire rwandaise. L’image du Rwanda - le pays dë
Or, le Rwanda, pays de la taille mille coopérants, modèle de dévelop-
de deux départements français, pement auto-centré dont la stabilité
enclavé, faiblement urbanisé (10 Yo politique et la façade démocratique
de la population réside en ville) et sont aisément valorisables par rap-
surpeuplé (densité nationale de port à ses voisins burundais, ougan-
240 habitants au h2) ,
dépourvu de dais et zaïrois - n’a certainement
ressources minières attractives pas manqué de peser sur le choix de
n’apparaît pas comme un enjeu stra- François Mitterrand de soutenir le
tégique de première importance pour régime de Kigali. D’autant que le
les puissances occidentales. D’autre FPR Front patriotique rwandais) est
part la chute du communisme à l’Est à la fois et paradoxalement vu
n’offre plus d’alibi à une diplomatie comme un ramassis de guérrilleros
de dominos. Enfin, le prétexte par- revanchards et tribalistes et assimi-
fois invoqué de la nécessité de pro- lés à des khmers noirs ou à des
(( ))

téger la communauté française au communistes par la hiérarchie


(( ))

Rwanda semble difficilement receva- militaire française sur le terrain


ble quand on sait que seulement rwandais.
400 coopérants résident au Rwanda. La tentation du lévirat colonial
Alors pourquoi la France au où l’on retrouve l’obsession de faire
Rwanda ? mieux que les anciens maîtres belges
dont on sait que les parachutistes se
Des Detites causalités... sont retirés dès novembre 1990 ainsi
que la mise en perspective continen-
tale erronée du conflit rwandais
I1 semble malheureusement qu’il interprété comme la lutte entre un
faille abandonner l’idée d‘une quel- parti francophile et un parti anglo-
conque rationnalité diplomatique et phile, parce que maturé en Ouganda,
plutôt chercher un ensemble de peti- ont finalement provoqué l’oubli des
tes causalités mesquines et conver-
gentes au premier rang desquelles
figure l’association de méconnaissan- (1) En octobre 1990,un contingent d’une
ces des réalités fondamentales loca- centaine de combattants portant uniforme de
NRA (National Resistance Army de
les et des représentations justifcatri- la
l’Ouganda) attaquent un poste frontière rwan-
ces erronées. dais et retrouvent dans sa marche vers Kigali
Le dossier ne paraît pas suffisam- une cinquième colonne de rebelles infiitrés les
ment et correctement instruit. En jours précédents à partir de l’Ouganda. La
particulier, la personnalité du chef majorité des rebelles appartiennent au groupe
d’exilés tutsis installés depuis une vingtaine
d’état-major du président de la Répu- d’années en Ouganda. L‘attaque est revendi-
blique méconnaissant vraisemblable- quée par le Front patriotique rwandais.

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contingences locales et l’élaboration à ses débuts. Celle-ci dément la ((

d’une représentation géopolitique du thèse des réfùgiés indépendants ))

conflit assez b e u s e D. L’invasion


(( soutenue par le gouvernement
d’octobre 1990 serait destinée à pren- ougandais. Le problème de la réduc-
dre en tenaille le Rwanda entre le tion des effectifs de la NRA - sans
Burundi et l’Ouganda afin de créer doute plus de 100 O00 hommes à son
un vaste ensemble tutsi. Au Rwanda, maximum - dont le pouvoir savait
la France ferait la guerre à qu’il n’allait pas tarder à être posé
l’Ouganda. Les bonnes relations par les donateurs dans un contexte
actuelles entre Londres et Kampala de réduction de la fonction publique
ont d‘autre part permis à Paris de et des déficits budgétaires - la
soutenir que le FPR n’est que l’agent Défense représentait environ un tiers
d’un expansionnisme anglophone du budget national en 1990 - ren-
désireux de saper une Communauté dait séduisante l’idée de l’invasion
économique des pays des grands lacs qui permettait de se débarrasser
trop francophone. Cette reprise d’un d’une partie du trop plein.
paradigme de la géopolitique colo- De plus, ces soldats U rwandais ))

niale se retrouve en Ouganda même de la NRA, s’ils avaient été démobi-


où la diplomatie française recherche lisés, n’auraient pas manqué de poser
ses appuis locaux de préférence chez des problèmes similaires à ceux que
les catholiques supposés plus récep- connaissent déjà les régions de l’Est-
tifs parce que les premiers pères Ankole et du sud-ouest du Buganda
blancs étaient des Français ! Or le entre pasteurs itinérants et exploi-
Rwanda ,n’est pas le Sénégal ou la tants des grands ranches. Socio-
Côte-d’Ivoire. L’existence d’une lan- politiquement, l’idée de se débarras-
gue nationale, le kinyarwanda, ne le ser des Tutsis était d‘autant plus
(( ))

dispose pas à être un des grands attractive qu’après la victoire de jan-


champs d’action de la francophonie vier 1986, un certain ressentiment
combative. Il est vrai que la thèse bagandais à l’égard des Banyrwanda
ougandaise de l’autonomie intégrale se faisait jour.
de la rébellion FPR par rapport à Enfin, il est probable que les par-
Kampala et en particulier par rap- tisans de l’invasion ont exercé un
port à la NRA (National Resistance chantage à la déstabilisation du Sud-
Army) paraît difficilement recevable. Ouest ougandais sur le président
Depuis octobre 1982, l’importance Museveni afin d’obtenir sa neutralité
des exilés rwandais dans l’encadre- bienveillante. En effet, les Banyar-
ment et des services de renseigne- Wanda sont très présents dans cette
ments de la NRA n’est plus à prou- région où ils ont séjourné depuis
ver. 1959 et sont très liés ethniquement
On sait d’autre part que la majo- aux Banyankole qui la peuplent.
rité des combattants du FPR sont Museveni ne pouvait se permettre
d‘anciens soldats de la NRA. Or il un tel risque alors même que les opé-
semble inconcevable que la concen- rations de pacification se poursui-
tration de ces combattants dans le vaient dans le nord de l’Ouganda en
sud-ouest de l’Ouganda à la veille de pays acholi et teso. Si cette sale
l’invasion de 1990 soit passée com- guerre du Nord peut à la rigueur être
plètement inaperçue des services pré- interprétée comme le dernier avatar
sidentiels. I1 faut donc tabler sur une de la guerre de libération contre les
complicité passive de Kampala à sanglants régimes nordistes d‘Obote
l’égard de la rébellion tout au moins et Okello, l’apparition d‘une agita-

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tion armée dans la région d’origine français n’ont pas permis l’éclosion
du président aurait eu le plus mau- du débat démocratique dont la fonc-
vais effet sur les donateurs occiden- tion première est de peser sur les
taux. I1 est donc vraisemblable que processus de prise de décision dans
Kampala a laissé faire le FPR. I1 est le sens de la rationalisation. La
par contre tout à fait erroné de lui presse n’a pas non plus joué son rôle.
prêter la paternité du projet, l’ambi- Seuls deux quotidiens - Libération
tion de créer un vaste Tutsiland
(( )) et L’Humanité - ont couvert
et d’assumer qu’il puisse soutenir l’affaire avec soin. Les divers chaî-
l’invasion par stricte anglophilie. nes de télévision ne se sont pas
Sans doute faut-il reconnaître que déplacées pour un conflit où pour-
certains éléments de la NRA conti- tant les images sensationnelles à com-
nuent d’apporter un soutien logisti- mencer par celle d’une capitale enva-
que et en particulier en munitions au hie par plus de 800 O00 réhgiés, ne
FPR. Mais malgré la proximité des manquent pas. Ozì sont passés les
((

souvenirs communs et le chantage à appels collectifs, les pétitions, les comi-


la déstabilisation que le FPR dispo- tés, les meetings, les marches mobilisa-
sant de relais locaux puissants dans trices ? s’interrogeait Christian de
)>

le sud-ouest ne manque pas de faire Brie (2) à propos du silence des intel-
peser sur Museveni, il est peu pro- lectuels français pendant la guerre du
bable qu’il ait pris le risque d’aider Golfe. La question pourrait être
massivement ses anciens camarades. reprise pour le Rwanda. Au niveau
Sympathies et laisser-faire plus international, la position française
qu’appui réel sont les attitudes de n’a été contrecarrée par aucune des
Kampala vis-à-vis du FPR. Elles ne autres puissances occidentales. Au
justifient pas les représentations géo- contraire même, l’Allemagne a aligné
politiques que le gouvernement fran- sa position sur celle de la France,
çais a adoptées sur la question et qui trop ‘contentesans doute de céder sur
lui servent de justificatif. une question jugée peu importante,
alors même que la politique alle-
Les carences d’une politique mande par rapport à la Yougoslavie
animait la diplomatie européenne. A
tous les niveaux le désintérêt ou le
L’attitude de l’opinion française consensus mou ont de fait joué en
vis-à-vis de l’Afrique en général et du faveur de l’engagement.
Rwanda en particulier, n’a pas per- De plus pour comprendre l’inter-
mis l’émergence d’un véritable débat vention et l’enlisement de la France
autour de l’engagement de la France au Rwanda, il faut également pren-
sur les Virunga. Si le pouvoir socia- dre en compte la personnalité des
liste n’attend plus rien de l’Afrique, acteurs et en particulier des chefs
l’opposition de droite, soit par désin- $Etat français et rwandais. François
térêt soit par convergence de, vue Mitterrand cultive les amitiés fidèles.
avec la politique menée, n’a pas fait Or ses relations privilégiées avec le
de ce dossier un thème de duel. -président Habyarimana sont con-
L’affaire rwandaise n’a pas suscité de nues. Le qualificatif de très bon
((

prise de position telle que celle de élève de la Baule 1) revient souvent


Ph. Bohn (PR) sur l’Angola. dans la bouche des Français à pro-
L’absence affligeante de la moindre
question parlementaire sur ce thème (2) Christian de Brie, Faibles lueurs dans
<(

a renforcé l’emprise de l’exécutif. le cotonneux brouillard du consensus D, Le


Les carences des contre-pouvoirs Monde diplomatique, juin 1991.

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pos du Rwanda. L‘entêtement fran- prouver l’utilisation de l’affaire rwan-
çais à soutenir le régime de Kigali daise comme couverture et espace de
trouve ici ses racines 15s plus pro- redistribution dans un trafic d’armes
fondes. Le chef de 1’Etat n’a pas par des personnes bien placées ainsi
manqué non plus d’être sensible à que les fumeurs ont un moment
l’argument pseudo-humanitaire selon couru.
lequel l’intervention de ses soldats Toujours est-il que la présence
éviterait une répression sanglante au française au Rwanda apparaît pour
cas où le FPR parviendrait à ses le moins curieuse et qu’elle contri-
fms. La logique française au Rwanda bue de fait à maintenir en place un
apparaît ainsi sur ce point particu- pouvoir autoritaire. Malgré l’appa-
lier en accord avec celle qui gou- rente libéralisation politique du
veme l’ensemble de la politique afri- régime incarnée par le multipar-
caine de la France vis-à-vis de tous tisme, il est prouvé que les milices
les mouvements contestataires du présidentielles - le fameux Réseau
((

continent qu’elle refuse obstinément zéro - terrorisent les opposants et


))

d‘aider, même où ils sont réprimés sont responsables de plusieurs dispa-


violemment comme au Togo. ritions. Une commission d‘enquête
D’autre part, le FPR n’est suscepti- internationale souligne même que
ble de prendre le pouvoir que par U des actes de génocide de grande
la force. En effet, son marquage ampleur, commis pendant une longue
tutsi lui interdit de prétendre réus- période au vu et au s u des autoritis
sir par la voie légaliste électorale, sont demeurés impunis ci ce jour D. Là
puisque les Tutsi sont très large- comme ailleurs en Afrique, le mul-
ment minoritaires au Rwanda et que tipartisme n’implique pas nécessaire-
la peur et le ressentiment hutu à ment la démocratie ;il semble bien
leur égard restent très vifs. Interve- plutôt constituer un masque aisé-
nir, c’était aussi défendre la légiti- ment manipulable destiné à servir de
mité du pouvoir en place, donc caution extérieure. Les excès que
constituer le bras armé du droit. De commettent en sous-main les pou-
plus, le leader rwandais est un très voirs vis-à-vis de ces masques souli-
habile rétheur. De l’avis de tous gnent néanmoins que les oppositions
ceux qui l‘on approché, son habileté bien que récupérées au niveau inter-
à manier l’art du discours en fait national par les pouvoirs en place
une personnalité à part parmi les constituent au niveau national une
chefs d’Etat africains. Conjugqée à menace pour ces mêmes pouvoirs et
la méconnaissance française, elle ne ne sont pas de simples marionnettes.
pouvait que l’aider à plaider sa cause Au-delà de son aspect autoritaire, le
auprès du gouvernement français. régime manipule le tribalisme en se
D’aucuns ont également invoqué présentant comme hum pour mas-
l’amitié du fils du président français quer la domination d’une famille sur
pour celui du président rwandais la majorité. Les arguments démocra-
pour contribuer à expliquer l’inter- tiques et humanitaires fourbis par la
vention française. De même que diplomatie française apparaissent
l’existence supposée d’intérêts écono- comme vraiment peu fondés au
miques de J.C. Mitterrand au regard de la réalité.
Rwanda, ces deux arguments ne sont La politique française au Rwanda
fondés sur la moindre preuve et ne est donc un échec complet parce que
peuvent pas être retenus. De même, son engagement aboutit en dernière
à l’heure actuelle, rien ne permet de analyse au soutien d’un régime dis-

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crédité par ses pratiques et ayant l’envoi de troupes et s’expose en défi-
perdu toute légitimité politique et nitive à être récupérée et son action
pratiquement toute force militaire. detournée à leurs profits par les gou-
Comme dans d‘autres pays africains, vernements locaux.
la France reste le dernier rempart des
maîtres des lieux. Elle compense
l’absence de stratégie politique par Jean-Christophe Ferney

Lesotho : retour ir la démocratie

D EPUIS 1970, le Lesotho


attendait des élections libres
et démocratiques. C’est chose faite
nation sotho, sur le territoire de
l’actuel Lesotho. Les années 1830
sont aussi l’époque du Grand Trek
depuis le 2 7 m a r s 1993 où lors duquel des colons d’origine euro-
735 O00 Basotho (sur une population péenne, mécontents de la mainmise
de 1 700 O00 habitants) avaient à britannique sur la colonie du Cap,
élire 65 députés parmi plusieurs cen- migrent vers le nord-ouest. Ils s’ins-
taines de candidats représentant une tallent peJit à petit sur le territoire
dizaine de partis (scrutin majoritaire du htur Etat libre de l’Orange, alors
à un tour, les petits partis ne présen- en partie occupé par les Basotho de
tant que quelques candidats). Moshoeshoe, rescapés des guerres
Longtemps promises, longtemps conduites par Chaka, l’empereur zou-
repoussées, les élections se sont lou, dans les années 1820.
tenues, selon les nombreux observa- Les contacts entre Basotho et
teurs internationaux, de façon tout à nouveaux arrivants blancs ne sont
fait régulière pour donner une vic- pas toujours pacifiques et il faudra
toire historique au Basutoland Con- toute l’habileté de Moshoeshoe et...
gress Party puisque celui-ci plusieurs guerres pour maintenii
l’emporte dans les 65 circonscrip- l’indépendance du petit royaume.
tions du pays. L’adversaire de tou- Face à la pression montante des
jours, le BNP (Basutoland National Boers et suite à d’importantes per-
Party) qui ht au pouvoir de l’indé- tes de territoires, le Père de la
((

pendance en 1966 jusqu’en 1986, nation finira en 1868 par deman-


)),

paye cher ses errements passés et ne der le protectorat britannique.. Le


disposera pas même d‘une minorité Lesotho, qui s’appellera Basutoland,
dans la nouvelle Assemblée. connaîtra jusqu’en 1966 l’administra-
Ces élections marquent un tour- tion anglaise. Le système tradition-
nant de l’histoire du royaume dans
(( nel des chefs dont les plus impor-
le ciel D. Politiquement et géographi- tants sont issus de la lignée de Mos-
quement enclavé dans la République hoeshoe (mort en 1870 après un
sud-africaine, le Lesotho possède une règne d’une longueur et d’une
histoire déjà longue et tourmentée. importance exceptionnelles) reste en
En juin 1833, des missionnaires pro- place mais ne possède au mieux
testants fiançais arrivent, à l’appel du qu’un avis consultatif vis-à-vis de
roi Moshoeshoe ler,fédérateur de la l’administration coloniale.

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