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CHAMBRE DES 'ÔËPUTÉSl
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Entrée le: 1
:: - fi FEV. 2006
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Monsieur
Lucien WEILER
Président de la Chambre des Députés
Luxembourg, le 6 février 2006
Monsieur le Président,
Par la présente, je vous prie de bien vouloir transmettre, conformément à l'anlcle 76 de notre Règlement, la
question parlementaire suivante à Monsieur le Ministre des Finances et Monsieur le Ministre de la Justice:
L'article 112 de la Constitution dispose qu' Aucune loi, aucun arrêté ou règlement d'administration générale
ou communale n'est obligatoire qu'après avoir été publié dans la forme déterminée par la loi
Plusieurs arrêts du Conseil d'Etat ont décidé que ra preuve de la régularité formelle d'une loi ou d'un
règlement est fournie par la publication au Mémorial.
Or, certains textes de loi qui sont toujours d'application voire même certaines parties du code civil et du code
pénal ou certains traités ou accords internationaux n'ont jamais été publiés au Mémorial. "se pose dès lors la
question de savoir si, à défaut de publication, ces textes ont une valeur juridique et s'ils ne devraient pas être
publiés.
Ainsi, la fiscalité luxembourgeoise est en partie fondée sur des textes allemands introduits par l'occupant·
pendant la deuxième guerre mondiale. notamment la loi générale des impôts (dite Abgabenordnung) du 22 mai
1931 ou encore la loi sur l'impôt commercial communal du 1er décembre 1936, Ces textes. parmi d'autres..
ont été maintenus temporairement en vigueur à la fin de la guerre par un arrêté grand-ducal du 26 octobre
1944 dit arrêté de validation qui a déclaré à son article 1
er
que u _,. toutes les mesures prises par l'ennemi
avant le 10.septembre 1944 et relatives aux impôts, taxes et cotisations mentionnés à l'article 2 sont tenues
pour valables et continuent à être appliquées à partir du 10 septembre 1944 jusqu'à disposition ultérieure ft.
C'était une fiction dite légale très contestable en droit qui n'a pas été remise en cause par la suite, Or le fait
que notre pays se soit doté d'une Cour Constitutionnelle risque de remettre le problème à l'ordre du jour, ceci
d'autant plus que par exemple dans le recueil des lois fiscales publié par un éditeur privé, certaines erreurs
semblent s'être glissées.
la sécurité juridique nécessaire dans un état de droir quant à la légalité des lois toujours en application dans
notre pays, me sembre devoir inciter le gouvernement à ordonner un inventaire visant à établir quels sont les
textes de loi non pubHés au Mémorial et toujours en vigueurs et à ordonner une publication générale au
Mémorial soit de ces lois soit des codes entiers soit de lois consolidées. Ceci me semble d'autant plus vrai eu
égard à la règle u nemo censetur ignorare legem • (Nul n'est censé ignorer la loi).
Dans ce contexte j'aimerai poser les questions suivantes au Gouvernement:
1) Quelle est la validité juridique des lois non publiés au Mémorial au regard de "article 112 de la
Constitution?
2) Ne conviendrait-il pas de faire l'inventaire des textes non publiés mais toujours en vigueur et de les
publier conformément à la loi constitutionnelle et à la loi d'exécution?
VeuIllez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de ma parfaite considération.
LE GOUVERNEMENT
DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG
Ministère d'État
La Secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement
Luxembourg, le 5 avril 2006
Monsieur le Président
de la Chambre des Députés
Luxembourg
Personne en charge du dossier:
Nicole Sontag-Hirsch
tir 478 - 2952
Réf.: 2005 - 2006 / 905 - 04
CHAMBRE DES DI:PUTËS
Entrée le'
- 7 AiR. 2006
Objet: Réponse commune à la question parlementaire n° 905 du 6 février 2006
de Monsieur le Député Jacques-Yves Henckes.
Monsieur le Président,
J'ai l'honneur de vous transmettre en annexe la réponse commune de Monsieur
le Ministre des Finances, de Monsieur le Ministre de la Justice et de Madame la
Secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement à la question parlementaire sous
objet, concernant la publication des lois et règlements au Mémorial.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de ma haute considération.
La Secrétaire d'Etat aux Relations
a c le Parlement
~ ~ ~   r
Octavie Modert
43, boulevard F.-D. Roosevelt L-2450 Luxembourg Tél.: (+352) 478-29 52 Fax: (+352) 46 74 58
Réponse commune de Monsieur le Ministre des Finances, de Monsieur le Ministre de
la Justice et de Madame la Secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement à la
question parlementaire n° 90S de Monsieur le Député Jacques-Yves Henckes
concernant la publication des lois et règlements au Mémorial.
L'honorable Député s'interroge sur la validité juridique des textes non publiés in extenso au
journal officiel. Il cite les exemples de la loi générale des impôts (dite « Abgabenordnung »)
du 22 mai 1931 et de la loi sur l'impôt commercial communal du 1
er
décembre 1936. Ces
textes ont été maintenus en vigueur par l'arrêté grand-ducal du 26 octobre 1944 concernant
les impôts, taxes, cotisations et droits, publié au Mémorial de 1944 à la page 80.
D'une manière générale, la publication des lois, arrêtés ou règlements d'administration
générale ou communale doit se faire conformément à l'article 112 de la Constitution. Cet
article 112 figure dans notre Loi fondamentale dès sa mise en vigueur, le 17 octobre 1868.
Le texte constitutionnel de 1848 préfigurant notre Constitution actuelle de 1868 contenait
d'ailleurs déjà un article 116 ayant le même libellé que l'actuel article 112, de même que la
Constitution de 1856.
Entre 1822 et 1848, la loi du 2 août 1822 relativement à la promulgation des lois ainsi qu'à
l'époque où elles commencent à être obligatoires (publiée au Journal Officiel des Pays-Bas,
dix-septième tome, numéro 33) et l'arrêté royal du 9 mars 1832 créant le Mémorial législatif
et administratif et concernant la publication des lois et arrêtés du souverain dans le Grand-
Duché de Luxembourg (publié au Mémorial Administratif et Législatif, numéro 1 du 3 avril
1832, p. 1) réglaient la publication des textes législatifs et leur entrée en vigueur.
Avant 1822, la publication, les effets et l'application des lois étaient définis exclusivement par
le Code Civil qui dispose dans son article 1er: « Les lois sont exécutoires dans tout le
territoire luxembourgeois, en vertu de la promulgation qui en est faite par le Grand-Duc.
Elles seront exécutées dans chaque partie du Grand-Duché, du moment où la promulgation
en pourra être connue. »
Aussi les lois entrées en vigueur avant 1822 n'exigaient-elles pas d'être publiées dans le
journal officiel de l'époque, leur promulgation suffisant à les rendre exécutoires.
Pour ce qui est plus particulièrement des deux lois fiscales citées à titre d'exemple par
Monsieur le Député, il existe une jurisprudence constante selon laquelle ni la Constitution, ni
la loi ordinaire n'imposent l'obligation de reproduire formellement dans le texte de loi les
termes d'une « loi étrangère ou autres dispositions ou mesures, déclarées obligatoires par
voie de référence» (arrêt du Conseil d'Etat du 8 décembre 1948).
Dans son jugement du 17 novembre 1997, le Tribunal Administratif a confirmé que
l'applicabilité de principe de ces textes allemands résulte de l'arrêté du 26 octobre 1944
précité, qui a maintenu provisoirement en vigueur ces textes d'origine allemande et qui les
« purge des vices éventuels liés au défaut de publication effective au Luxembourg. L'arrêté
grand-ducal du 26 octobre 1944 a été maintenu en vigueur par la loi du 27 février 1946
concernant l'abrogation des lois de compétence de 1938 et 1939 et l'octroi de nouveaux
pouvoirs spéciaux au Gouvernement» dont «l'article 3 est à considérer comme une
ratification législative implicite dudit arrêté grand-ducal du 26 octobre 1944 lui conférant la
nature d'une véritable loi ». « Faute de disposition expresse en sens contraire, le maintien
ainsi opéré vaut à la fois pour la période antérieure à l'arrêté grand-ducal du 26 octobre
1944, voire à la loi du 27 février 1946 précités et pour l'avenir, en attendant le remplacement
des textes allemands ainsi visés par des dispositions nouvelles ».
L'honorable Député se demande également s'il ne convient pas de faire l'inventaire des
textes non publiés mais toujours en vigueur et de les publier conformément à la loi
constitutionnelle et à la loi d'exécution.
Dans le cadre des travaux de mise à jour et d'extension du portail juridique (www.legilux.lu)
mis en place par le Gouvernement et offert gratuitement aux usagers, il est prévu de revoir
entièrement le «Relevé Général de la Législation» présentant de la manière la plus
exhaustive possible tous les textes en vigueur au Grand-Duché et de le compléter par les
textes qui y font éventuellement défaut. Dans une première phase, qui a débuté le 1er janvier
2005 et qui prendra fin le 31 décembre 2008, sera couverte la période de 1839 à nos jours.
Lors d'une deuxième phase (de 2009 à 2012), le Relevé Général de la Législation sera
complété par la période d'avant 1839.