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Accueil d’un sujet victime de violences sexuelles
Item I-1-183
Medecine légale
Définition : toute activité sexuelle à laquelle est contrainte de participer une personne, qu’il y ait ou non manipulation affective ou physique évidente, que
l’abuseur soit connu ou non
Conduite à tenir
 Si l’acte date de moins de trois jours, c’est une véritable urgence médicale et légale
 Après les faits en cas de violence physique : ne pas se laver et conserver les vêtements en l’état, appeler ou faire appeler les forces de l’ordre
 Reconstituer l’histoire de l’agression : date, lieu, lien avec l’agresseur, toilette ou change depuis le sévice, signalement à la police
 Examen somatique, dans la mesure du possible sur réquisition: conditions rassurantes et non traumatisantes, examen détailles ; apprécier le risque de
grossesse : préservatif, date des dernières règles, contraception
 Examens paracliniques
o Prélèvements à visée judiciaire pour identification génétique de l’agresseur: vaginaux, anaux, buccaux, au niveau d’éventuelles lésions cutanées, sous
les ongles : recherche de sperme, de poils
o Prélèvements à visée médicale pour rechercher de complications : Bilan IST (sérologie VIH, VHB, VHC, syphilis, chlamydiae, gonocoque), Bêta-
HCG, alcoolémie et recherche de toxiques
 Evaluer le pronostic : éléments de gravité : inceste, caractère répété, violences associées, lésions chirurgicales, grossesse, IST, terrain psychiatrique
 Certificat médical initial descriptif avec durée de l’ITT, remis à la victime ou aux autorités requérantes si réquisition
 Débuter un traitement si nécessaire
o Si risque de grossesse : contraception du lendemain : Norlevo
o Prévention IST bactériennes par azithromycine/ Traitement antirétroviral et vaccination hépatite B à discuter
 Prise en charge psychiatrique, orientation de la victime vers des associations
 Démarches légales : il faut encourager la victime à déposer plainte ; l’officier de police judiciaire enregistre la plainte et rédige le procès-verbal et la
réquisition ; en cas de violences sexuelles à majeur : signalement judiciaire seulement si la victime ne veut pas porter plainte elle-même et a donné son
accord
 Consultation et sérologies de contrôle à distance
Particularités chez l’enfant
 Violences intrafamiliales++
 Diagnostic parfois plus difficile (motif de consultation autre
o Lésions patentes : lésions traumatiques génitales ou anales, vulvo-vaginite, grossesse en cours ou IVG
o Faisceau d’arguments : troubles psychosomatiques (douleur abdominale ou pelvienne, encoprésie ou énurésie secondaire, trouble des conduites
alimentaires), troubles de comportement (sexuel, fugues, tentatives de suicide, isolement, insomnie), problèmes scolaires
 Indications++ d’hospitalisation
 Signalement administratif et judiciaire obligatoire si mineur de moins de 15 ans


Réquisition
 la réquisition n’est pas une violation du secret médical
 le médecin requis ne fera que répondre strictement aux questions posées telles que formulées dans l’intitulé de la réquisition ; il est tenu d’effectuer les examens demandés si ceux-
ci entrent dans son cadre de compétence
 il s’efforcera, dans l’intérêt de la victime, d’être le plus descriptif possible dans les limites de l’intitulé
 cette réponse sera rédigée sous forme d’un compte rendu remis au requérant et à lui seul