CHAPITRE - LA REGULATION PAR LE MARCHE

INTRODUCTION : DEFINITION DU MARCHE
Exercice de compréhension :
1. 2. 3. lisez le doc 1 p 192 et répondez aux questions 1 à 3 lisez le doc 2 p 192 et répondez à la question 1. définissez avec vos propres termes le marché.

SECTION I - UN MODELE DE REFERENCE : LE MARCHE DE CONCURRENCE PURE ET PARFAITE
I - LA CONCEPTION NEO-CLASSIQUE DE LA SOCIETE (3 p 237)
A - UNE ANALYSE INDIVIDUALISTE DE LA SOCIETE
Postulat de base : Selon la théorie économique dominante, appelée théorie néo-classique, la société n’a pas d’existence propre et extérieure aux individus qui la composent (elle rejette donc l’analyse holiste de Durkheim par exemple ). Cette conception correspond à la démarche de l’individualisme méthodologique déjà vue (cf. chap. introductif) Conséquences : La société résulte de l’agrégation des comportements individuels ; dès lors, comme l’indique B.Guerrien dans « L’économie néo-classique » : • « Il semble raisonnable de vouloir expliquer les phénomènes économiques et sociaux à partir des comportements individuels. Le physicien ne cherche-t-il pas lui aussi les réponses aux questions qu’il se pose au niveau des atomes ou des particules élémentaires ». • Dès lors, l’analyse va consister à partir d’individus isolés (supposés représentatifs ) dont on va étudier le comportement individuel avant de s’intéresser à la résultante de leurs actions en étudiant les répercussions de leur regroupement pour former une société ( cette démarche est fréquemment qualifiée d’individualisme méthodologique, cf. chapitre introductif de sociologie).

B - LE POSTULAT DE L’HOMO OECONOMICUS
Selon les théoriciens néo-classiques, tous les hommes sont libres et égaux ; il est donc possible de construire un individu de référence sur lequel sera basée toute l’analyse : c’ est l’ homo oeconomicus qui présente deux caractéristiques essentielles : 1. l’individu est égoïste , c’est-à-dire qu’il recherche sa satisfaction personnelle et donc qu’il est le seul à connaître ce qui est bon pour lui. Attention : il n’y a ici aucune connotation morale, l’individu peut chercher un plaisir personnel qui est contraire aux valeurs et aux normes de la société. 2. il est rationnel, c’est-à-dire qu’il détermine des buts à atteindre et qu’il va mettre en oeuvre des moyens qui sont les plus aptes pour atteindre les objectifs que l’individu s’est fixé. L’individu va donc être capable d’opérer une maximisation sous contraintes, c’est-à-dire qu’il va utiliser au mieux les ressources dont il dispose comte tenu des contraintes qu’il subit, afin d’assurer un bien-être maximum.

C - LA MAIN INVISIBLE ( 11 p 198)
Conséquences apparemment néfastes générées par l’hypothèse de l’Homo Oeconomicus : Néanmoins, cette conception du fonctionnement de la société risque de mettre en péril l’équilibre social. En effet, si les

individus cherchent à satisfaire égoïstement leurs désirs, ils peuvent le faire au détriment d’autres membres de la société, ce qui risque de déboucher sur une guerre de tous contre tous. Solution préconisée par Smith : Heureusement, ce risque est éliminé par le recours à la célèbre théorie d’A.Smith de la main invisible : • Les hommes ne vont pas se combattre, parce qu’ils ont besoin les uns des autres. Comme l’indique A.Smith, la richesse des nations (1776) : l’homme « sera bien plus sûr de réussir s’il s’adresse à leur intérêt personnel et s’il les persuade que leur propre avantage leur commande de faire ce qu’il souhaite d’eux ». • Si on généralise, en agrégeant les comportements individuels, on constate que chaque individu rationnel et égoïste va chercher à maximiser sa satisfaction et va sans s’en rendre compte travailler pour le bien-être de la société. • Smith reprend ici l’analyse de Mandeville qui repose sur la fable des abeilles dans laquelle Mandeville démontre que la ruche dans laquelle toutes les abeilles sont charitables entrent en décadence, alors que celle où les abeilles recherchent la satisfaction de leur bien-être personnel est prospère. Il peut alors conclure : « vices privés, bénéfices publics ».

II - LES 5 CONDITIONS DE LA CONCURRENCE PURE ET PARFAITE ( 21p 203)
La concurrence sera dite pure lorsque 3 conditions sont simultanément réunies : • l’atomicité, c’est à dire qu’aucun agent économique (offreur ou demandeur) ne dispose d’un poids suffisant sur le marché qui lui permette d’influencer son mode de fixation des prix. (17 p 202) • l’homogénéité du produit , c’est à dire que les produits sont substituables, ils ne se concurrencent que par les prix, ils présentent les mêmes caractéristiques, qualités. (18 p 202) • libre-entrée sur le marché, c’est à dire qu’il n’existe pas de barrière à l’entrée qui freine la concurrence et empêche l’arrivée d’un produit sur le marché. La concurrence sera dite parfaite quand deux conditions supplémentaires seront réunies simultanément : • la transparence du marché, c’est à dire que l’information est gratuite et accessible à tous sans limite. (19 p 203) • la mobilité parfaite des facteurs de production, c’est à dire qu’il n’existe pas de réglementations qui entravent la liberté de déplacement du travail et du capital Si les 5 conditions sont réunies simultanément, alors le marché sera dit de concurrence pure et parfaite ( cpp ). Exercice de compréhension : • donnez des exemples précis qui permettent de vérifier chacune des hypothèses du modèle de CPP • Répondez aux questions 2 et 3 du doc. 19 p 203 • Répondez aux questions 2 et 4 du doc. 21 p 203 Conclusion : Les économistes néo-classiques ont construit toute leur analyse à partir du marché de CPP : • Il est certes prouvé que celui-ci n’est certes pas conforme à la réalité : par exemple, les produits ne sont pas homogènes, car il existe des marques qui cherchent à se différencier par leur image afin de ne pas se concurrencer seulement par les prix. • Néanmoins, ceci ne doit pas conduire à rejeter le modèle qui doit servir de norme de référence dont la réalité doit progressivement se rapprocher. (dernière phrase du doc. 17 p 202)

A - ETUDE DES CONDITIONS DE LA DEMANDE : LE COMPORTEMENT DU CONSOMMATEUR (4 et 5 p 194)
L’objectif du consommateur est de tirer la satisfaction maximale de l’ensemble de ses consommations. Pour cela, il va opérer une maximisation sous contraintes, c’est-à-dire qu’il va, en fonction du revenu dont il dispose, sélectionner les biens qui lui assurent un bien-être maximal.

Si l’on se situe dans l’hypothèse de l’homogénéité : il n’y a qu’un seul type de biens sur le marché tous les biens étant substituables puisque homogènes, le consommateur va déterminer le bien consommé uniquement en fonction de son prix. S’il y a plusieurs biens sur le marché, le consommateur va opérer un arbitrage ( son revenu étant limité) entre les différents biens en tenant compte de leur prix et du bien-être généré par la consommation supplémentaire d’un bien. Il mettra alors en oeuvre le raisonnement suivant : je consomme une unité supplémentaire de bien tant que le coût supplémentaire de ce bien, c’est-à-dire son prix, est inférieur ou égal au bien-être supplémentaire généré par ce bien, c’est-à-dire son utilité marginale. Dès lors, la demande du consommateur est une fonction décroissante du prix, puisque les premières unités de bien consommé apportent une satisfaction supérieures aux dernières ( phénomène de saturation ) ; le consommateur n’accroîtra sa demande de bien qu’à condition que son prix diminue.

D EFI NITI ON : LES C OEF FI C IE NTS D ’ EL A STI C ITE : EL A STI CI TE-PR I X ET EL A STI CI TER E V EN U. L’élasticité mesure la sensibilité d’une variable X à une variable Y, mesurée par le rapport de la variation relative de X à celle de Y. C'est-à-dire de combien va augmenter (Ou baisser) X quand Y augmente (ou diminue) Donc une élasticité est un rapport de deux taux de variation (mesurés en %) L’élasticité de la demande par rapport au prix Si X est la demande d’un bien et Y son prix, on parle d’élasticité-prix de la demande ou élasticité de la demande par rapport au prix. Dans l’exemple précédent cela signifie que, lorsque le prix augmente de 1,5 %, la demande baisse de 3 %, c’est à dire deux fois plus vite.

• •

On parle de demande inélastique par rapport au prix lorsque l’élasticité est voisine de zéro. La demande est d’autant plus élastique que son élasticité s’éloigne de zéro. En règle générale, le signe de l’élasticité de la demande par rapport au prix est négatif car la demande est une fonction décroissante du prix, on a donc deux variations en sens contraire, quand le prix augmente la demande diminue et inversement. Exceptionnellement, l’élasticité-prix de la demande va être positive c’est à dire que lorsque le prix va augmenter, la demande va varier dans le même sens. On évoque trois cas dits « anormaux » : phénomène de snobisme attaché à certains biens, de luxe notamment, dans le cas de biens remplacés par des biens plus appréciés vers lesquels se porte la demande (beurre et margarine), lorsqu’un produit fait l’objet d’une spéculation (Bourse, tableaux de maître, biens immobiliers)

Toutes les élasticités La quantité offerte ou demandée dépend du prix du produit comme on vient de le voir mais elle dépend aussi d’autres variables. Par exemple la quantité demandée d’un produit dépend souvent du prix d’un autre produit ou encore elle dépend du revenu du consommateur.-

C o mme n ta i r e s : Ef fe t Veb le n : du nom de l’économiste américain Thorstein Veblen (1857-1929) traduit le fait que les produits de luxe ont une élasticité-prix positive (la consommation augmente lorsque le prix augmente). Il s’agit d’une forme de snobisme, d’un effet de distinction par la recherche de consommations symboliques (ostentatoires). B ie n s su b s ti t ua b le s e t b ie n s co mp lé me n ta i r e s . • Deux biens sont substituables quand ils satisfont le même besoin, on peut donc les remplacer l’un par l’autre. • Deux biens sont complémentaires lorsque la consommation de l’un des biens entraîne celle de l’autre (un magnetoscope et les cassettes video...). • Lorsque le prix d’un produit augmente cela entraîne deux effets pour le consommateur. o Le prix plus élevé de ce produit conduit le consommateur à réduire la consommation de ce produit et à consommer davantage de l’autre produit. C’est un effet de substitution. o La hausse du prix du produit réduit le pouvoir d’achat du revenu du consommateur. Cette réduction du revenu modifie la consommation des deux produits. C’est un effet revenu. o Ces deux effets sont de sens inverse et d’importance variable en fonction des goûts du consommateur c’est-à-dire des élasticités de consommation des produits. B ie n s d e Gif fe n : ces biens sont désignés ainsi par référence à l’économiste qui au XIXème siècle a étudié cette question. Pour un bien ordinaire la demande augmente quand le prix de ce produit baisse. Pour un bien de Giffen, la demande diminue quand le prix diminue. Par exemple si le prix des pommes de terre diminue pour un ménage ayant un revenu modeste et qui consomme principalement du pain et des pommes de terre, il est possible que le revenu économisé parce que le prix des pommes de terre a baissé soit reporté sur le pain. Il est même possible que la quantité consommée de pommes de terre diminue si le ménage veut augmenter sa consommation de pain. Ici l’effet revenu l’emporte sur l’effet substitution. L o is d ’ En g e l : du nom du statisticien qui les a établies au milieu du XIXème siècle. Ces lois indiquent que la structure de consommation (la part des dépenses de consommation consacrée à chaque grande catégorie de consommation - alimentation - habillement - transports....) se déforme quand le revenu augmente. Certaines consommations occupent une place plus faible, d’autres se développent. La part des dépenses consacrées à l’alimentation diminue, la part des dépenses consacrées à hygiène et santé augmentent. Plus généralement les lois d’Engel reposent sur l’élastcité revenu des consommations des produits. Lorsque cette élasticité est négative cela veut dire que le bien est un bien inférieur. Dès que le revenu augmente sa consommation diminue au profit de celle d’autres biens. Les biens inférieurs sont souvent des biens de Giffen.

Exercice de compréhension :
1.

Répondez aux questions 1 à 5 p 194.

prix 7,2 6,6 6 5,4 4,8 4,2 3,6 3 2,4 1,8 1,2 0,6 0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500 550 600 650 quantités demandés

B - ETUDE DES CONDITIONS DE L’OFFRE : LE COMPORTEMENT DU PRODUCTEUR
Si l’on reprend les postulats précédemment posés : • Les producteurs qui offrent des biens sur le marché cherchent à maximiser leur satisfaction personnelle, c’est-à-dire qu’ils veulent obtenir un profit maximum qui est la rémunération de leur activité. (1 p 214 jusqu’à dans la plupart des cas) • Afin de maximiser son profit, l’entreprise va confronter la recette totale qu’elle peut obtenir de la vente de ses biens au coût total résultant de la production du bien. La recette totale est égale au prix multiplié par les quantités c'est-à-dire au chiffre d’affaire. ( doc. 1 p 214 de qu’est ce que jusqu’à de l’entreprise) • L’entreprise ne peut jouer que sur les quantités, puisque le postulat d’atomicité impose que l’entreprise ne dispose pas d’une taille suffisante pour influencer le prix qui est fixé par le marché. Dès lors, l’entreprise va faire varier sa production afin d’obtenir un profit maximum ; elle a intérêt à accroître sa production tant que le supplément de recettes ( c’est-à-dire le prix engendré par la production d’une unité supplémentaire ( appelée unité marginale ) ) est supérieure au coût supplémentaire( appelé coût marginal ) engendré par la production de cette unité supplémentaire. (doc. 1 p 214 : la fin du texte) • L’entreprise va donc fixer sa production au niveau où son profit est maximum, c’est-à-dire quand le prix est égal au coût marginal. Comme le coût marginal est croissant en fonction des quantités produites, on dira que l’offre de producteur est une fonction croissante du prix ( en effet, le coût augmentant avec les quantités produites, l’entrepreneur n’accroîtra sa production que si le prix augmente ). D u co û t t o ta l au p r o f it t o ta l Certaines dépenses indispensables à la production sont indépendantes de la quantité produite, ce

sont les coûts fixes (loyer des bâtiments, assurances, abonnements...). D’autres varient lorsque la quantité produite augmente : ce sont les coûts variables (matières premières, consommations intermédiaires, masse salariale...) Pour une technique de production donnée, le coût total est une fonction croissante de la quantité produite. Le coût total augmente quand on produit davantage. C T = f (q) La recette totale dépend du prix et de la quantité produite (et vendue). Elle augmente quand la quantité vendue augmente pour un même prix ou quand le prix augmente pour une même quantité. Dans les hypothèses de la concurrence retenues jusqu’à présent, le prix du produit est une donnée pour le producteur, il ne peut le modifier. Donc la seule source d’augmentation de la recette c’est l’augmentation de la quantité vendue. RT = p . q Le profit total dépend du prix et de la quantité produite (et vendue). ProT = p . q - f (q) Pour un producteur soumis à la concurrence des autres producteurs, puisque le prix est une donnée imposée par le marché le profit ne dépend que de la quantité produite. Ici entre q1 et q2, le producteur fait un profit (surface séparant la droite RT et la courbe CT. La production obéit souvent à la lo i d e s r e n d e me n ts d é c r o is sa n t s : les coûts variables augmentent d’abord lentement, puis plus rapidement. La production est rentable à partir d’un certain seuil, elle cesse de l’être au delà d’un autre niveau de production. La quantité produite optimale (donnant le profit maximum) est comprise entre ces deux seuils. C o û t e t p r o f it un i ta i r e s Quand le producteur décide d’augmenter ou non sa production il part d’une position déjà réalisée : il raisonne “ à la marge”. Le profit augmente tant que la production d’une unité supplémentaire entraîne une augmentation des recettes (recette marginale c’est à dire prix unitaire) plus élevée que l’augmentation du coût total (coût marginal c’est à dire le coût de la dernière unité produite)... il diminue dès que le coût marginal devient plus élevé que le prix. Le p r of i t e st ma x imu m po u r la qu a n t it é ég a li sa n t le p rix a u co û t ma r g in a l.

Si les rendements deviennent décroissants le coût moyen diminue puis augmente : • Courbe Cmo d’abord décroissante puis croissante. • Tant que le coût moyen diminue, le coût marginal (coût de la dernière unité) est inférieur au coût moyen. C’est cela qui explique la baisse du coût moyen (la dernière unité coûte moins que les précédentes). Cma est décroissant dans un premier temps puis croissant (rendements décroissants = coûts croissants). Mais tant que Cma est inférieur à Cmo, le coût moyen Cmo continue de diminuer. • Si le coût moyen (Cmo) augmente cela signifie que le coût marginal (Cma) est devenu supérieur au coût moyen. Le profit augmente tant que la production d’une unité supplémentaire entraîne une augmentation des recettes (la recette marginale c’est à dire le prix unitaire qui est le même quelque soit la quantité produite) plus élevée que l’augmentation du coût total (le coût marginal) ... il diminue dès que le coût marginal devient plus élevé que le prix. Le p r of i t e st ma x imu m po u r la ég a li sa n t le p rix a u co û t ma r g in a l qu a n t it é

Ef fe t d ’ un e h a u s se du p rix

Dès que le prix unitaire est supérieur au coût moyen minimum, son augmentation élève le profit total. Si la technique de production ne change pas et si le producteur est en mesure d’accroître sa production, une augmentation du prix du produit entraîne une augmentation de la quantité qui donne le profit maximum. La courbe d’offre du producteur est une fonction croissante du prix du produit. Si toutes les courbes d’offre individuelle sont “ normales” la c ou rb e d ’ o f f r e d e ma r ch é e s t u n e fon c t io n c r o is s a n te d u p r ix d u p r o d u it .

D EF I NI TI ON : L’élasticité de l’offre par rapport au prix L’élasticité de l’offre par rapport aux prix mesure la variation relative de l’offre induite par une variation relative donnée du prix. Si ce dernier augmente de 1 %, et que la variation corrélative de l’offre est supérieure à 1 %, on parlera d’une offre (ou d’une production) très élastique. A l’inverse, si l’offre ne réagit quasiment pas à une variation de prix, on sera en face d’une offre peut ou pas élastique.

A la différence de l’élasticité de la demande, qui révèle le comportement du consommateur, l’élasticité de l’offre révèle surtout l’existence (ou l’absence) de capacités de production disponibles. Lorsque ces dernières sont insuffisantes ou inexistantes (cas de ressources agricoles dont l’offre ne peut s’accroître en raison de facteurs limitant la récolte : superficies, techniques, conditions climatiques...), la hausse des prix qui en résulte engendre normalement une progression des importations : les producteurs nationaux sont relayés par des producteurs situés hors des frontières.

Exercice de compréhension :
1. 2. doc. 2 p 215 : répondez aux questions 1à 3 de l’exercice doc. 3 p 216 : répondez aux questions 1 à 7 de l’exercice.

prix 300

250

200

150

100

50

0

1

2

3

4

5

6

7

quantités

3. document 9 p 196 répondez aux questions 1 à 3.

prix 7,2 6,6 6 5,4 4,8 4,2 3,6 3 2,4 1,8 1,2 0,6 0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500 550 600 650 700 quantités

C - L’EQUILIBRE : CONFRONTATION DE L’OFFRE ET DE LA DEMANDE ( 10 p 197)
Le marché représente le lieu où vont se confronter l’offre et la demande afin d’aboutir à des échanges caractérisés par des prix de marché : • A l’origine, le marché est un lieu physique de rencontre entre des vendeurs et des acheteurs qui effectuent des échanges. • Pour la théorie néo-classique, il s’agit d’un lieu théorique où s’affrontent une offre et une demande aboutissant à la formation d’un prix de marché. • Le marché est donc un mécanisme d’harmonisation des projets des agents économiques dans une économie décentralisée, c’est-à-dire où les décisions ne sont pas préalablement coordonnées. • Le marché suit la loi de l’offre et de la demande. - En effet, les consommateurs se présentent sur le marché en ayant déjà établi une fonction de demande individuelle, c’est-à-dire les prix qu’ils sont prêts à payer pour acquérir chaque quantité de bien. On agrège les fonctions de demandes individuelles afin de déterminer la fonction de demande collective. Les producteurs ont eux aussi établi une fonction d’offre individuelle, c’est-à-dire le prix qui leur permet de maximiser leur profit pour chaque quantité de bien offert. On agrège les fonctions d’offres individuelles afin de déterminer la fonction d’offre collective Producteurs et consommateurs vont alors confronter leurs fonctions respectives : = Si par exemple, les quantités offertes sur le marché sont supérieures aux quantités demandées par le marché, les producteurs qui aimeraient bien écouler leur production à un prix élevé vont être obligés de consentir une baisse de leur prix.

= Mais alors, certains producteurs dont la production s’avérait rentable pour le prix précédent n’acceptent plus de produire ou réduisent leur production, parce que, suite à la baisse du prix, la production du bien ne s’avère plus rentable. = On assiste donc, puisque le prix baisse, à une réduction des quantités offertes. Au contraire, à la suite de la baisse du prix, des consommateurs qui ne souhaitaient pas acquérir le bien, parce que son prix leur semblait trop élevé, vont se présenter sur le marché de ce bien pour accroître la consommation de ce bien, suite à la baisse de son prix. = Ainsi, grâce à la baisse du prix, les quantités demandées augmentent ; le prix diminuera tant que les quantités demandées demeureront inférieures aux quantités offertes. = Dès lors que l’on obtiendra un équilibre entre quantité offerte et quantité demandée, le prix se stabilisera et sera un prix d’équilibre.

Exercice de compréhension :
1. 2. Répondez aux questions 1à3 du doc. 10 p 197 Reprenez le graphique réalisé pour les glaces : • Quels sont les prix et quantités d’équilibre • Que se passe t’il si le prix passe de p* à p’= 4.8 déterminez q’o et q’d, cette situation sera-t-elle durable prix 7,2 6,6 6 5,4 4,8 4,2 3,6 3 2,4 1,8 1,2 0,6 0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500 550 600 650 700 quantités

C o n clu s io n : Le prix joue donc sur un marché de cpp un rôle essentiel, puisque c’est lui qui par ses variations (appelées flexibilité) à la hausse ou à la baisse, assure l’équilibre du marché.

III - LE PRIX UN INSTRUMENT ESSENTIEL DANS UN MARCHE DE CPP
A - LE PRIX, UN INSTRUMENT DE COORDINATION DES ACTIONS INDIVIDUELLES ( 22 p 204)
Comme l’indique M.Friedman, dans son livre « Free to choose » : • « les prix qui émergent des transactions volontaires entre acheteurs et vendeurs - en bref, sur le marché libre - sont capables de coordonner l’activité de millions de personnes, dont chacune ne connaît que son propre intérêt, de telle sorte que la situation s’en trouve améliorée ( ... ) . • Le système des prix remplit cette tâche en l’absence de toute direction centrale, et sans qu’il soit nécessaire que les gens se parlent, ni qu’ils s’aiment (... ). • L’ordre économique est une émergence, c’est la conséquence non intentionnelle et non voulue des actions d’un grand nombre de personnes mues par leurs seuls intérêts ( ... ). Le système de prix fonctionne si bien et avec tant d’efficacité que la plupart du temps, nous ne sommes même pas conscients qu’il fonctionne. » Conclusion : Comme l’a très bien montré l’effondrement du système soviétique (basé sur la planification centralisée en volume ), la coordination décentralisée par les prix semble être le système le plus apte à assurer le fonctionnement d’une économie moderne.

B - LE PRIX, UN INSTRUMENT DE TRANSMISSION D’INFORMATIONS (24 p 205)
Le système des prix paraît être le mécanisme de communication de l’information qui est le plus économique : • En effet, dans un monde où sont respectés les 5 postulats du marché de cpp, la seule information qui soit nécessaire pour que les individus puissent prendre les décisions qui s’impose est celle transmise par le prix. • En effet, le prix permet de refléter les raretés, puisque si un bien est rare, son prix augmente : - Dès lors, cet accroissement du prix incitera les consommateurs à se tourner vers d’autres biens présentant des caractéristiques proches ( ex : le beurre et la margarine sont des biens substituables ), donc la demande diminuera. - Au contraire, les producteurs constatant la rareté y verront une opportunité : ils s’implanteront sur le marché de ce bien, la production augmentera, on reviendra ainsi à une situation d’équilibre où l’offre et la demande seront égales.

C - LE MECANISME DE PRIX RATIONNE ET RESPONSABILISE (23 p 204)
• • Il fait comprendre aux agents que tous leurs désirs ne peuvent être satisfaits, faute de ressources. Il oblige donc les agents économiques à opérer des choix, donc à allouer leurs ressources aux utilisations les plus valorisées. Au contraire, dans le cas où les biens seraient gratuits, la contrainte de revenu ne s’exercerait plus et cela déresponsabiliserait les individus et conduirait à un gaspillage de ressources.

D - LE PRIX PERMET D’ASSURER UNE SITUATION OPTIMALE ( 14 et 15 p 200)
Dans une économie respectant les hypothèses de cpp, le mécanisme des prix permet, par la loi de l’offre et de la demande, d’assurer une situation optimale, c’est-à-dire : • d’allouer les ressources disponibles de la façon la plus efficace possible. • de maximiser le profit des producteurs • de maximiser la satisfaction des consommateurs Remarque : Cela : • ne signifie pas que tous les agents économiques disposent des même ressources ou consomment les mêmes biens, • mais cela veut dire qu’en fonction des choix opérés par les agents et des ressources dont ils disposaient à l’origine, chaque agent a pu opérer une maximisation sous contraintes qui rend sa situation optimale. Dès lors, comme l’indique Pareto, un optimum, c’est : • la situation où on ne peut améliorer la situation d’un agent économique sans détériorer celle d’un autre ; • et on ne voit pas ce qui justifierait les prélèvements opérés sur les uns au profit des autres.

IV - LE MARCHE ASSURE EFFICACITE ET JUSTICE SOCIALE ; IL SE PASSE DONC DES INTERVENTIONS DE L’ETAT ( 20 p 203)

Le marché est à la fois efficace et équitable : • efficace : parce comme l’indique Benzoni : « la concurrence, en tant que processus de sélection, est considérée comme le meilleur instrument pour promouvoir l’efficience maximale de l’économie. Le marché représente donc la forme d’organisation économique la plus adéquate pour atteindre l’équilibre parétien qui définit la meilleure allocation possible des ressources disponibles » • équitable : parce qu’il repose sur le principe de l’échange égalitaire et sur une conception méritocratique de la société. Chaque individu pouvant, en fonction des contraintes qui pèsent sur lui, opérer des choix ( travailler ou se reposer ) qui lui permettent de maximiser sa satisfaction. Remarque : comme le dit P.Rosanvallon : « le marché est défini et structuré par la liberté qui est la condition de la convergence entre l’efficacité et la justice. C’est le théorème de base du libéralisme classique ; on ne saurait ainsi, selon lui, toucher à un de ces trois éléments, sans fausser les deux autres ».

Exercice de compréhension : cf. TD : le rationnement p 207.
Conséquences : Ainsi, une action de l’Etat qui viserait à réduire les inégalités observables dans la société, conduirait à • une situation sous-optimale :En effet, les individus étant libres d’opérer des choix, sont alors responsables de leur sort. Par exemple, l’individu qui gaspille ses ressources et se repose plutôt que de les investir et de travailler ne peut tenir la société pour responsable de son appauvrissement. Dès lors, toute action redistributrice aurait pour conséquence d’être à la fois inefficace et inéquitable : - inéquitable : parce que les individus qui ont travaillé ne comprendraient pas que l’on prélève une partie de leurs richesses pour les redistribuer à des individus non méritants. La conception méritocratique de la société permet donc de comprendre que les termes égalité et équité ne sont pas synonymes : une baisse des inégalités pouvant être injuste. - inefficace : car les individus qui, par leurs efforts avaient contribué à l’augmentation de la richesse du pays, se trouvant injustement sanctionnés par les prélèvements opérés, vont réduire leurs efforts et leurs investissements Remarque : Dès lors, l’allocation des ressources ne sera plus aussi efficace que par le passé et la situation sera sous-optimale. Comme l’indique P.Rosanvallon, selon les libéraux : « ce n’est pas d’un excès, mais d’un manque de concurrence que souffrent nos sociétés. ( ... ) La réalisation de la justice suppose la mise en oeuvre d’un marché aussi pur que possible ».

CONCLUSION :
B Guerrien écrit : « l’énoncé détaillé des hypothèses du modèle de cpp ( ... ) suscite généralement et à juste titre une réaction d’incrédulité, tellement ces hypothèses semblent irréalistes . Bien entendu , tous les économistes , y compris les théoriciens néo-classiques , sont conscients de ce fait » . De ce constat , vont résulter deux prises de position antagonistes : • la position normative : selon laquelle le marché de cpp représente : - une situation de référence , une norme vers laquelle il faut tendre , à défaut de pouvoir l’atteindre . - Dès lors , les théoriciens vont proposer , soit de rapprocher la réalité du modèle en mettent en oeuvre les mesures qui favorisent la concurrence ( ex : législation anti-trusts ) , soit d’aménager progressivement le modèle en abandonnant les hypothèses les plus irréalistes . - Le risque est alors de remettre en cause la logique du modèle , puisque : « toute modification de l’une des principales hypothèses de la cpp a des conséquences importantes , ni l’existence , ni l’optimalité de l’équilibre n’étant plus assuré . • d’autres théoriciens considèrent que l’irréalisme du modèle le rend incapable de décrire la réalité et en fait donc un outil peu utilisable . Il est en particulier surprenant que dans un modèle qui valorise autant la concurrence , l’on ne soit pas capable de faire apparaître de processus concurrentiels : - En effet , dans un état de cpp : « les entreprises doivent , pour survivre , produire obligatoirement le volume de biens impliquant la minimisation de leurs coûts de production et vendre leur production à un prix égalisant le coût marginal . - Les décisions sont donc automatiquement conditionnées par les paramètres technicoéconomiques de production » ( Benzoni ) . Dès lors , dans un marché de cpp , l’entrepreneur est un gestionnaire passif très éloigné de la vision dynamique que l’on en a généralement .

SECTION II - LES LIMITES DE LA REGULATION PAR LE MARCHE

I – LES ORIGINES DU MARCHE : ORDRE NATUREL OU INSTITUTION ?
A – LE MARCHE PRODUIT D’UN ORDRE NATUREL
Depuis A Smith les théoriciens libéraux postulent que le marché découle d’un ordre naturel. P Rosanvallon écrit d’ailleurs : « Selon Adam Smith, le marché n'est pas simplement un lieu particulier d'échanges : c'est la société tout entière qui constitue le marché. Dans la société de marché, c'est le marché (économique) qui est le vrai régulateur de société (et pas seulement de l'économie). Chez Smith, le marché est un concept politique, et sociologique : ce n'est plus la politique, le droit, le conflit, qui doivent gouverner la société, c'est le marché. Aux formes hiérarchiques de l'autorité féodale, le marché oppose un type d'organisation largement dissocié de toutes formes d’autorité : il réalise des ajustements automatiques, procède à des transferts à des redistributions sans que la volonté des individus en général et des chefs de la société en particulier joue aucun rôle ». Dans la logique libérale la destruction de la société traditionnelle en Europe à la fin du 18ème siècle a permis de libérer l’individu des contraintes imposées par un système de valeurs et de normes reposant sur des croyances irrationnelles. Dés lors l’homo oeconomicus qui se trouve en chacun (caractéristique naturelle) a pu s’exprimer et a permis d’assurer un décollage économique (la révolution industrielle) lançant une croissance durable et autoentretenue. A Weinberg constate d’ailleurs : « L'histoire retiendra sans doute de ces dernières années du siècle l'extension de l'économie marchande à presque toute la planète. Tous les pays communistes, de la Chine aux pays de l'Est, basculent du socialisme au capitalisme ; dans le même temps, du Mexique à l'Inde, la conversion des dirigeants du tiers monde au modèle libéral est quasi générale. En Occident, privatisations et déréglementations se poursuivent partout. Si l'on ajoute à cela la marchandisation progressive de la sphère domestique, l'unification des sociétés sous la loi du marché semble bien en voie de réalisation. Quels seront à terme les effets de cet envahissement du marché sur les relations sociales ? Faut-il y voir un risque de destruction des communautés par une société d'individus guidés par leur seul intérêt égoïste et soumis à une concurrence permanente ? Au contraire, comme le pensent les libéraux, le triomphe du capitalisme ne marque-t-il l'avènement de sociétés d'abondance régies par la paix et le libre contrat entre les hommes ? » Cette conception sera mise en avant par des théoriciens comme Rostow ou comme F Fukuyama qui considèrent que l’effondrement du bloc communiste symbolise la fin de l’histoire c'est-à-dire l’avènement d’une société assurant simultanément prospérité et démocratie.

B – LE MARCHE : UNE INSTITUTION (doc.4 à 8 p 238-239)
Mais dés le 19 ème de nombreux auteurs pointaient les dangers d’une analyse naturaliste : En Europe, l'action dévastatrice du capitalisme a débuté en sapant les bases sociales de la féodalité. Dans le style épique du Manifeste, Marx écrit que la bourgeoisie marchande « a détruit tous les liens complexes et variés qui unissaient l'homme féodal à ses supérieurs naturels, elle les a brisés sans pitié pour ne laisser d'autre lien entre l'homme et l'homme que le froid intérêt. [...] Elle a noyé les frissons sacrés de l'extase religieuse, de l'enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité à quatre sous dans les eaux glacées du calcul égoïste. » Comme le constate le document 4 p 238 : « contrairement à une idée couramment admise il ne suffit pas de laisser une totale liberté aux agents économiques pour que le marché s’organise et fonctionne de luimême ». La création des foires et les lois sur les enclosures sont deux exemples parmi tant d’autres qui démontrent que l’Etat a mené une politique active afin de contribuer à la création et de contribuer à l’organisation du marché .

Exercices de compréhension :
1. A partir des documents 5 et 6 montrez que l’Etat a contribué : - à la destruction de la société traditionnelle - à la création du marché 2. Pour quelles raisons l’Etat a-t-il agi ainsi ? 3. A partir du document 7 p 239 répondez aux questions 2 et 3 4. quelle est la rupture qui s’est opérée au 19ème siècle ? 5. A partir de document 8 p 240 répondez à la question 2.

II – LES STRATEGIES D’INNOVATION
A – LA CONCURRENCE PURE ET PARFAITE : VERS LE PROFIT NUL

Exercice de compréhension :
1. 2. A partir du document 4 p 216 expliquez quelles sont les conséquences de la concurrence atomistique Elaborez un schéma de relations logiques permettant d’expliquez le mécanisme.

B – L’INNOVATION ELEMENT DETERMINANT DU DYNAMISME DU MARCHE
• Selon la théorie microéconomique traditionnelle, en raison de la concurrence que se livrent les entreprises, le profit a tendance à diminuer et même à devenir nul. Les biens étant homogènes et les entrepreneurs utilisant tous les mêmes technologies, ils ne peuvent véritablement se concurrencer, ils ne peuvent que s’adapter passivement à des mécanismes qui leur échappent. Dés les années trente J.A. Schumpeter va démontrer que le marché de concurrence pure et parfaite, paradoxalement, ne comporte pas de mécanisme assurant une véritable concurrence, assurant une croissance économique durable car il ne prend pas en compte une dimension essentielle : l’innovation : c’est le progrès technique qui va dynamiser la croissance en révolutionnant de l’intérieur l’économie. Une des façons pour un entrepreneur de réaliser un profit malgré la concurrence est d'innover : Afin d'augmenter son profit, « le rôle de l'entrepreneur consiste à réformer ou à révolutionner la routine de la production ». Le profit récompense l'entrepreneur dynamique et innovant ; c'est grâce à cette motivation que l'entrepreneur est le moteur du progrès technique et est incité à innover. L'innovation dans un nouveau produit le mettra dans une situation de monopole (il sera le seul à fabriquer ce produit durant un moment) et l'innovation de procédé lui permettra d'avoir des coûts inférieurs à ceux du marché. Mais cette rente de monopole ou ce surprofit ne seront que temporaires car d'autres entreprises imiteront rapidement l'entreprise innovatrice. µ Dés lors si l’entrepreneur veut durablement maintenir son avance il doit utiliser les capitaux dont il dispose grâce à son innovation pour introduire de nouveaux produits ou développer de nouveaux procédés de production.

III – LES STRATEGIES DE CONCENTRATION : VERS LA CONCURRENCE IMPARFAITE
A - CONSTAT
Si l’on prend l’industrie en France en 2000 , on constate que : • 40% du marché est détenu par des entreprises disposant de situation de monopole ou de duopole , • 40 % par des entreprises en situation d’oligopole , • les situations de concurrence ne représentant que 20 % du marché .

B – DEFINITION
1 – LES DIFFERENTES FORMES DE CONCENTRATION
Deux définitions complémentaires peuvent être proposées : 1. La concentration est une situation dans laquelle un petit nombre d'unités économiques contrôle un domaine d'activité ou une part importante de l'ensemble de l'économie. 2. Le terme concentration est aussi utilisé dans un sens plus dynamique pour désigner le processus par lequel, à un moment donné, la taille de certaines entreprises augmente ainsi que leur place relative dans leur secteur d'activité ou dans l'ensemble de l'économie. Trois formes de concentration peuvent être distinguées : 1. la concentration horizontale, dans laquelle interviennent des entreprises ayant la même activité (par exemple, le regroupement de Renault et Nissan dans l'automobile) ;

2. la concentration verticale, dans laquelle sont réunies des activités complémentaires le long d'une filière d'activité (par exemple, un éditeur qui achète une librairie ou une imprimerie) ; 3. la concentration conglomérale, dans laquelle sont regroupées des activités sans relation forte et directe entre elles (les conglomérats japonais traditionnels qui combinent activité de production diversifiée, banques et maisons de commerce).

C o n c e n t r atio n h o rizo n ta le Des entreprises d’un même secteur : Renault et Nissan, Mercedes Benz et Chrysler

• • • • •

faire des économies d’échelle accroître le pouvoir de marché réduire les coûts en restructurant mettre en commun des compétences (synergie)

C o n c e n t r atio n ve r ti c a le maîtriser les approvisionnements et/ou les Des entreprises intégrées vers l’amont ou l’aval : les débouchés sociétés pétrolières - du puit à la pompe réduire les coûts liés aux intermédiaires C o n c e n t r atio n c on g lo mé r a le contrôler des centre de profit Des entreprises sans liens apparents : General diversifier les risques (ne pas mettre tous electric = centrales électriques et chaine de les œufs dans le même panier) télévision spéculer

Exercice de compréhension :
• Répondez à la question 2 du doc. 15 p 223.

2 – LES MODALITES DE CROISSANCE POUR REALISER UNE CONCENTRATION
Dans tous les cas, les entreprises cherchent la c r o i s sa n c e d e la t a ille de l’ e n t r e p r i se parce qu’elle permet : • d’atteindre la taille critique permettant de demeurer durablement sur un marché : dans les activités très capitalistique, il faut dépasser un certain seuil de production pour être rentable en raison du coût élevé des équipements (l’industrie lourde par exemple obéit à ce principe et est très concentrée). • d’atteindre ou de se rapprocher d’une position de leader • de disposer d’importants moyens financiers (ressources propres et financement de marché) et d’un accès plus facile et moins coûteux au crédit (« on ne prête qu’aux riches ») • de bénéficier des économies d’échelle • d’assumer les coûts de recherche, de publicité, de formation des salariés qui sont des investissements immatériels souvent lourds financièrement • d’acquérir un pouvoir de marché dans les relations avec les clients et les fournisseurs, voire avec les pouvoirs publics locaux ou nationaux (réseau de relations, chantage à l’emploi...). Traditionnellement, on distingue deux modes de croissance de l'entreprise, la croissance interne et la croissance externe. 1. L a c r o i s sa n c e in te r n e de l'entreprise est une modalité de développement qui prend la forme d'une création d'actifs sans intervention d'autres acteurs : l'entreprise finance ellemême sa croissance par l'autofinancement. Ce type de croissance présente certains avantages, notamment pour ce qui est du contrôle des rythmes de développement par les propriétaires, d'adaptation de l'organisation sur des marchés où elle possède encore un potentiel de croissance ; en ce qui concerne les droits de propriété, la croissance interne

assure la permanence du contrôle aux propriétaires. Cette stratégie, toutefois, présente quelques difficultés, notamment en cas de brusque accélération de la concurrence à la suite de l'apparition d'un nouveau procédé de production par exemple, ou bien d'une innovation de produit. Lorsque se produisent des ruptures technologiques, ce type de croissance peut se révéler trop lent pour permettre une adaptation rapide au nouvel environnement concurrentiel. La c r o i s sa n c e in te r n e passe par la FBCF (l’investissement) : l’entreprise grandit parce qu’elle accumule du capital en permanence, en achetant de nouveaux équipements, des nouvelles installations. Cette croissance repose sur l’accumulation de capital technique financée par des ressources propres, autofinancement, ou par un financement externe, crédits bancaires ou émission de titres financiers. En fait la croissance interne passe aussi par des inve s t i s se me n t s immaté r ie l s , en particulier la recherche de produits nouveaux, la politique commerciale (marketing, publicité) à côté et en plus de la FBCF. 2. L a c r o i s sa n c e ex t e r n e , à l'opposé, implique plusieurs entreprises et résulte en un transfert d'actifs existants d'un acteur vers un autre : elle se traduit par une acquisition/cession de droits de propriété. Sur le plan juridique, la croissance externe peut prendre la forme à fusion, d'absorption, de fusion-scission, d'apport partiel d'actifs. La croissance externe présente de nombreux avantages. Elle permet une adaptation rapide aux changements du marché, la réalisation d'économies sur les coûts d'apprentissage, la réduction du coût d’entrée sur un marché. Une politique de croissance externe peut passer par l’acquisition ou la fusion. • L’ a c q u is it io n est une prise de participation qui peut conduire à la disparition complète d’une entreprise "rachetée" par une autre ou simplement à une prise de contrôle plus ou moins déterminante (une entreprise peut prendre une participation dans une autre pour être représentée dans le conseil d’administration et infléchir les décisions). Les modalités diffèrent suivant que l’entreprise cible est ou non cotée en bourse. Dans le cas de sociétés cotées, l’opération peut être de type amical ou inamical. Le rachat de tout ou partie des actions cotées correspond à des procédures réglementées o la cession de blocs de contrôle - ou blocs structurants o le ramassage en bourse o les offres publiques d’achat ou d’échange • L e s fu s io n s. Les fusions peuvent être rencontrées sous différentes formes, la fusion-absorption, l’apport partiel d’actif et enfin l’apport de titres. Le point commun entre ces différentes opérations correspond au transfert irréversible d’actifs qui a lieu entre les partenaires et à la rémunération en titres et non pas en numéraire des actionnaires de la cible ou partenaire. o Lors d’une f u sio n -a b so r p t io n , le rapprochement des sociétés concernées aboutit soit à la création d’une nouvelle société dont les actionnaires sont ceux des deux groupes disparus, soit à la disparition de l’absorbée dont les actionnaires sont rémunérés en titre de l’absorbante. o Pour un apport d’actif, la société cible n’apporte qu’une partie de ses actifs (immeubles, équipements, brevets, marque...) à l’acquéreur contre une rémunération en titres de ce dernier. o Dans le cas de l’apport de titres, les actionnaires de la société cible échangent leurs actions contre des titres de l’acquéreur, les deux sociétés subsistant dans une relation filiale à l’issue de l’opération. Re ma r q u e : En dehors de la croissance interne ou externe l’entreprise peut améliorer sa position dans la concurrence en réalisant des alliances stratégiques (on dit aussi "partenariats stratégiques).

Les alliances stratégiques sont des associations entre plusieurs entreprises indépendantes qui choisissent de mener à bien un projet ou une activité spécifique en coordonnant les compétences, moyens et ressources nécessaires. Contrairement aux fusions et aux acquisitions, la notion d’alliance repose sur le maintien de l’indépendance de chacune des firmes-partenaires, malgré la conclusion d’un accord les liant les unes aux autres. Les entreprises partenaires s’associent pour poursuivre des objectifs communs, mais elles gardent leur autonomie stratégique et les intérêts qui leur sont propres. Dans la pratique, de nombreuses alliances se nouent sur la base d’un contrat ou d’un ensemble de contrats liant entre elles les entreprises partenaires, sans que soit créée d’entité juridique spécifique. Mais l’alliance peut avoir une personnalité morale distincte de celle des entreprises partenaires, lorsque celles-ci créent une filiale commune (joint venture). Souvent, cette entité juridique distincte ne remplit qu’une partie de l’objet de la coopération (par exemple, la commercialisation de produits fabriqués en commun), les autres aspects de la coopération étant réalisés sous forme de contrats entre les entreprises partenaires. Les alliances présentent des avantages évidents par rapport aux fusions et acquisitions puisqu’elles sont réversibles (un contrat peut être dénoncé) et donc beaucoup plus flexibles. Elles constituent souvent une étape (un test) dans un processus de développement ou de désengagement. Elles présentent cependant un inconvénient en raison du caractère potentiellement conflictuel des intérêts et des objectifs dont elles sont le vecteur. En effet, les entreprises partenaires restant indépendantes, elles gardent des intérêts et des objectifs qui leur sont propres.

3 – LES DIFFERENTES FORMES DE CONCURRENCE IMPARFAITE
Qu'est-ce que la concurrence imparfaite ? • Peu de marchés réels respectent les règles de la concurrence parfaite. Toute violation d'une des cinq règles : atomicité, homogénéité des produits, libre entrée, transparence du marché, mobilité des facteurs, implique des degrés d'imperfection. Il y a concurrence imparfaite si une de ces cinq règles n'est pas vérifiée. Les différentes formes de concurrence imparfaite : l’imperfection est principalement liée au nombre d’intervenants limitée sur le marché : • L’oligopole est la structure de marché la plus fréquente : la production est assurée par un petit nombre de firmes qui exercent donc une influence sur le marché soit en s’entendant, soit en jouant sur les prix ou les quantités. Quand le nombre d’entreprises se limite à 2 on parle alors de duopole • Le monopole est le cas ou un seul producteur offre un bien sur le marché. • Dans le cas ou un nombre restreint de demandeurs intervient sur le marché on parle d’oligopsone , quand un seul demandeur intervient on parle de monopsone Remarque : le tableau ci dessous donne les différents types de marché caractéristiques de la concurrence imparfaite.

Un seul vendeur monopole bilatéral Un seul acheteur Quelques acheteurs monopole contrarié

Quelques vendeurs monopsone contrarié

Un grand nombre de vendeurs Monopsone

oligopole bilatéral

Oligopsone

Un grand nombre d’acheteurs

Monopole

Oligopole

Concurrence pure et parfaite

Exercice de compréhension :
1. donnez un exemple pour chaque cas du tableau ci dessus Remarque : En dehors de l’innovation, et de la concentration une entreprise dispose de nombreuses méthodes pour protéger sa part de marché. Les plus utilisées sont, les barrières stratégiques, la différenciation des produits et l’entente commerciale. • Les ba r r iè r e s s t r até g iq u e s sont généralement des barrières interdisant (décourageant) l’entrée d’u nouveau concurrent. Ces barrières sont des coûts fixes très élevés, par exemple des dépenses de publicité, qui ne peuvent être supportés que si la production est elle même importante (le coût fixe moyen devient moins grand quand la quantité produite augmente). [1] • La d if fé r e n c iat io n d e s p r o d u i t s est une stratégie visant à créer une variété de produits à partir d’un même produit en ciblant des clientèle spécifiques. La différence peut être dans la présentation (couleur, emballage, marque, quantité de produit), la localisation (lieu de vente, type de magasin), la cible (clientèle de luxe ou populaire), le service (après-vente, délais). Dans tous les cas cela revient à segmenter le marché en autant de marchés qu’il y a de produits différenciés. • Les en te n t e s c o mme r c ia le s sont illégales et instables, mais paradoxalement elles elles existent toujours. Une entente commerciale c’est un accord passé entre deux ou plusieurs firmes pour se partager un marché ou établir en commun une politique de prix. Une entente commerciale c’est une c o llu s io n d’intérêts souvent désignée par l’expression c a r te l qui est en réalité un cas particulier, celui d’un accord officiel et explicite (cas de l’OPEP). Pour qu’il existe une entente commerciale, il faut un marché oligopolistique (un petit nombre de vendeurs). Si ces derniers ne collaborent pas, s’ils ne constituent pas une entente, ils vont réduire leurs profits respectifs parce qu’ils se font concurrence. Un cadre oligopolistique facilite cette collusion car il y a un petit nombre d’acteurs qui connaissent parfaitement leur interdépendance. Les membres de l’oligopole sont incités à éviter une concurrence intense, et se concerter pour fixer les prix et se partager le marché. Les gains attendus de la collusion sont des profits accrus, et la réduction de l’incertitude mais aussi une meilleure dissuasion de l’entrée de concurrents. Les ententes commerciales ne sont pourtant pas si faciles à mettre en œuvre pour plusieurs raisons : o En premier lieu, les cartels sont interdits par le droit de la concurrence en Europe et aux Etats-Unis o Le cartel est aussi difficile à maintenir dans le temps car chaque firme est tentée de tricher et profiter des prix artificiellement élevés pour proposer un prix un peu plus faible et rafler tout le marché (conflit entre intérêt collectif et gain individuel : voir l’application du dilemme du prisonnier au cartel pétrolier dans l’article consacré au marché du pétrole). o De plus, les changements continus dans la demande et les coûts exigent une renégociation (difficile) des accords tacites. o Enfin, les profits élevés du cartel vont attirer de nouvelles entrées de concurrents sur le marché. La collusion peut profiter à toutes les entreprises du marché mais à court terme chacune a intérêt à tricher et ne pas respecter les accords de prix ou de production. Mais lorsqu’il y a une grande répétition des échanges, que les entreprises sont soucieuses de leur réputation et qu’elles savent que des mesures de rétorsion peuvent être prises par les autres membres de l’entente, le respect des accords est mieux assuré et la stabilité est plus grande.

C - LES EXPLICATIONS (14 p233)
Comme l’indique J.Bouvier : « ce qu’il est important de noter , c’est que : • le mouvement de concentration n’est pas le produit d’une déviation , d’une erreur du capitalisme ( comme le pensent les théoriciens libéraux qui font du modèle de cpp un maître étalon ) , • mais celui d’un processus naturel inévitable , donc nécessaire . Il existe , en effet , en permanence des facteurs de la concentration qui tiennent aux conditions mêmes du développement des forces productives et de la libre entreprise » . Nous allons donc recenser successivement les différents déterminants qui permettent d’expliquer pourquoi l’on observe structurellement un mouvement de concentration .

1 - LA LIBRE CONCURRENCE
• • • Comme l’indique J.Bouvier : « la libre concurrence , la libre entreprise , elle-même , aboutissent normalement , dans leur développement , à leur contraire qui est le monopole ou l’oligopole . La libre concurrence , en effet , entraîne la lutte des prix entre firmes pour un maintien sur un marché , donc l’avilissement des prix , donc la baisse du profit . A un certain degré , la baisse du profit ne peut plus être supportée par les entreprises en lutte concurrentielle . » Dès lors , les entreprises vont s’entendre pour faire cesser la guerre des prix , ce qui va générer la création de cartels et un mouvement de concentration .

2 - LE PROGRES TECHNIQUE
• • • • A l’époque d’A.Smith, il pouvait être concevable qu ‘un individu se lance sur le marché avec des moyens très réduits car l’outillage était alors peu développé . Mais , tout au long du XIX° siècle , on a assisté à une croissance accélérée des industries capitalistiques nécessitant un outillage de plus en plus complexe et de plus en plus cher . Dans le même temps , les frais de recherche et de développement qui permettent aux entreprises innovantes d’occuper une position dominante sur le marché n’ont pas cessé d’augmenter . Dès lors , pour arriver à financer l’augmentation des coûts , les entreprises se sont concentrées et ont cherché à bénéficier d’économies d’échelle , c’est-à-dire à diminuer leur coût unitaire de production par la fabrication de produits en grande série .

3 - LES CRISES ECONOMIQUES
Depuis l’origine , le capitalisme connaît , de manière récurrente , des crises cycliques .Celles-ci vont briser les entreprises les plus fragiles , généralement les plus petites , qui disposent de moins de ressources pour passer un cap difficile . On assiste donc à chaque crise économique à un mouvement de concentration sur le marché .

4 - L’OUVERTURE DOUANIERE ET LA MONDIALISATION DE L’ECONOMIE
Dès les années 1860-1880 , quand fut opérée la première vague de libre-échange , on observa un mouvement de concentration . Aujourd’hui , avec l’ouverture accélérée des économies , il ne se passe pas une semaine sans que la presse économique annonce de nouveaux mouvements de concentration . En effet , pour rester compétitif sur le marché mondial , une entreprise doit atteindre la taille critique , c’est-àdire la taille minimale requise sur le marché pour survivre .

5 – LES RENDEMENTS CROISSANTS (20 p225 et cf. TD) CONCLUSION :
• • Selon les théoriciens du marché de cpp , toute remise en cause de la concurrence débouche sur une situation qui est sous-optimale . Il est donc alors nécessaire d’adopter des mesures assurant un retour au modèle de référence seul capable d’assurer une situation optimale . Mais cette vision est fortement critiquable , selon J.Schumpeter, qui écrit dès les années 40 : « Nous sommes obligés de reconnaître que l’entreprise géante est finalement devenue le moteur le plus puissant de progrès économique et , en particulier , de l’expansion à long terme de la production ( ... ) . A cet égard , la concurrence parfaite est non seulement irréalisable , mais encore inférieure et elle n’a aucun titre à être présentée comme un modèle idéal d’efficience . On commet donc une erreur quand on fonde la théorie de la réglementation des industries par l’Etat sur le principe d’après lequel on devrait forcer les grandes entreprises à fonctionner comme fonctionnerait la branche correspondante sous le régime de la cpp . »

IV - LES IMPERFECTIONS DE LA REGULATION PAR LE MARCHE
Nous allons étudier successivement deux grands types de limites qui permettent de relativiser le rôle du marché : • la première concerne les défaillances du marché qui ont été mises en évidence par les théoriciens néo-classiques eux-mêmes et qui vont permettre de justifier une intervention limitée mais réelle de l’Etat .

la seconde concerne une remise en cause plus fondamentale du rôle du marché , puisque , selon certains théoriciens , la régulation par les prix n’est pas toujours optimale et donc cela permet de justifier un recours accru à l’Etat qui devrait donc pallier les incapacités du marché .

A - LES LACUNES DE LA REGULATION PAR LE MARCHE : THE MARKET FAILURES
Selon les théoriciens libéraux , l’intervention de l’Etat ne peut être justifiée que dans deux cas bien précis pour lesquels la régulation par le marché s’avère défaillante .

1 - LA THEORIE DES BIENS COLLECTIFS
Hypothèse de base : Comme l’indique B.Guerrien : « une des hypothèses implicites du modèle de cpp est que toute quantité de bien ne peut être utilisée ou consommée à la fois par deux individus ( on dit qu’elle est strictement privative ) . Conséquences : Une telle hypothèse exclut un certain nombre de biens ( en règle générale des services ) considérés comme importants qui peuvent être utilisés simultanément par plusieurs individus sans qu’il y ait appropriation individuelle . Ces biens sont donc en quelque sorte indivisibles ; on parle à leur propos de biens collectifs » . On peut faire entrer dans cette catégorie , par exemple , la dépense publique , la justice , l’infrastructure routière , l’éclairage public , ... Les biens et services ordinaires sont caractérisés par deux propriétés simple : • On ne peut y accéder qu’en payant le prix, ils sont soumis à l’exclusion par le marché. • On ne peut consommer un bien ou un service lorsqu’il est consommé par un autre individu, il y a un phénomène de rivalité entre les consommateurs. Un bien collectif possède les deux propriétés inverses : la non-exclusion et la non-rivalité. • La non-exclusion signifie que personne ne peut être écarté par un mécanisme marchand (un prix) de l’utilisation d’un bien collectif. • La non-rivalité signifie que l’usage d’un bien collectif par un agent économique ne nuit en rien à son utilisation par les autres membres de la collectivité. Il y a rivalité quand la consommation d’une unité du bien par un individu empêche la consommation simultanée de la même unité par un autre consommateur Il y a non rivalité quand plusieurs individus peuvent consommer en même temps la même unité (exemple : éclairage public, cinéma pour ceux qui peuvent voir l’écran...) La possibilité d’exclusion concerne le consommateur qui refuse de payer le prix fixé par le producteur pour consommer le bien qu’il produit (exemple : cinéma....) L’exclusion est impossible techniquement ou économiquement quand on ne peut empécher les consommateurs qui refusent de payer le prix d’utiliser le bien ou le service en question (exemple : éclairage public...) Rivalité Exclusion Non exclusion Biens services purs et privés Non rivalité Les "biens collectifs purs" sont des biens et services caractérisés par une non rivalité dans la consommation Biens et services et une impossibilité pour les producteurs d’exclure les mixtes personnes qui refusent de payer le prix pour acquérir le bien Biens et services Les biens privés purs sont caractérisés par la rivalité et la possibilité d’exclusion. collectifs purs

Biens et services mixtes

Les relations marchandes ne peuvent pas s’appliquer à toutes les relations économiques : dans le cas des biens collectifs purs (parcs publics, défense nationale, diplomatie...) ou pour les biens et services collectifs mixtes caractérisés par la rivalité et l’impossibilité d’exclusion (parce qu’ils sont indivisibles), il n’y a pas de marché possible. Cependant, l’intérêt général nécessite l’existence de ces biens collectifs que le marché ne peut pas prendre en charge. Difficultés : Tout le problème est alors de savoir qui va offrir ces services qui sont nécessaires au bien-être de la population : • Le marché semble incapable de prendre en charge leur réalisation . En effet , si l’on part de l’idée que tous les individus sont rationnels et égoïstes , ils ont tout intérêt à adopter l’attitude du passager clandestin ( free rider ) . Chacun va justifier son refus de contribution au financement du bien collectif par son manque d’intérêt pour son usage ; • mais , une fois que le bien aura été financé et produit , il l’utilisera puisque rien ne peut lui interdire son usage ( bien indivisible ) . • Comme tous les individus sont égoïstes et rationnels , ils vont reproduire le même comportement ce qui , si on agrège les actions individuelles , va générer un effet pervers : aucune entreprise

n’acceptera de produire le bien collectif , bien qu’il soit utile à la collectivité , car aucun agent économique n’a accepté de participer à son financement . Solution préconisée : L’Etat est alors obligé de se substituer au marché , de prendre en charge la production du bien et d’assurer son financement par les prélèvements obligatoires opérés sur l’ensemble des ménages .

Exercice de compréhension :
• A partir du doc. 7 b p 262 répondez aux questions 5 et 6

2 - LES EFFETS EXTERNES
Définition : Comme l’indique B.Guerrien , on dira qu’il y a effets externes : « lorsque l’activité d’un agent a des répercussions sur l’utilité ou le profit d’autres agents sans qu’il y ait transaction sur un marché » . L exemple le plus connu est celui de la pollution : En effet , les entreprises qui ont pour but de ’ réaliser une production de bien génère des contreparties négatives sur l’environnement . Mais l’air pollué n’appartient à personne et il est très difficile de déterminer qui est à l’origine de la pollution et dans quelle mesure il a contribué à cette pollution . Solution : Dès lors , le marché s’avère incapable de résoudre la question des effets externes : une intervention de l’Etat est nécessaire ; elle peut prendre deux formes • les théoriciens libéraux souhaitent que l’Etat limite la pollution en mettant en vente des droits à polluer dont le total représente le plafond toléré de pollution . Selon les quantités de droits émises par l’Etat , le prix des droits variera : plus la pollution tolérée sera faible , moins la quantité de droits émises sera importante , plus le prix des droits sera élevé , ce qui incitera les entreprises à réduire leurs émissions nocives en installant des systèmes antipollution .Il y a donc ici un mécanisme incitatif qui suit la logique de la loi de l’offre et de la demande . Mais cette démarche paraît inadaptée pour 3 raisons : - les atteintes générés par la pollution sur l’environnement sont irrémédiablement irréversibles ; l’indemnisation que représente les droits à polluer ne permet donc pas de compenser les effets néfastes de la pollution sur la qualité de la vie . - les effets de la pollution s’accumulant frapperont surtout les générations futures .Or , les décisions politiques sont généralement prises sous la pression des générations présentes . Il est donc probable que les pollueurs fassent pression sur les autorités pour accroître la quantité de droits à polluer . - Aux Etats-Unis s’est mise en place une bourse des droits à polluer où les entreprises qui se sont révélées moins polluantes qu’elles ne l’avaient prévu proposent aux entreprises les plus polluantes d’acquérir leurs droits à pollution non utilisés .

Remarque : Ce premier type de mesure ne semble donc pas être à la hauteur des enjeux . Il faut donc prendre des mesures plus drastiques : • une politique de réglementation de la pollution qui détermine le niveau tolérable de pollution et sanctionne très sévèrement les entreprises qui ont dépassé le seuil légal , paraît plus efficace .Mais dans un contexte de crise économique et de fort taux de chômage , dans une économie en voie de mondialisation , on peut s’interroger sur la capacité des Etats à mettre en oeuvre cette politique . En effet , les entreprises les plus polluantes risquent de menacer les Etats de fermer leurs usines et de délocaliser leur production vers des pays ayant des normes de pollution plus tolérantes . Or , la pollution ne connaît pas de frontières ( cf le trou dans la couche d’ozone ) ; nous avons ici un exemple où l’intérêt personnel de certains s’opère au détriment de l’ensemble de la collectivité .

B - LA REGULATION PAR LES PRIX ET PAR LE MARCHE N’EST PAS TOUJOURS OPTIMALE
Constat : Contrairement aux affirmations d’A.Smith et plus généralement des libéraux qui considèrent que la régulation par le marché s’avère capable d’assurer une situation optimale , on peut observer une pluralité de situations dans lesquelles la régulation par le marché s’avère sous-optimale . 1 - LE MARCHE EST MYOPE Explications :

• • • •

Comme l’indique P.Masse , dans un environnement de court terme où les prévisions se font avec un degré d’incertitude très réduit , la régulation par le marché s’avère optimale tant que l’on reste dans les hypothèses du modèle de cpp . Mais : « lorsqu’il s’agit d’investissements à longue portée ( ... ) , aucun signal automatique ne vient guider la décision du maître d’œuvre ». La régulation par les prix s’avérant incapable de discerner les prix futurs , le marché est myope , ce qui risque d’engendrer des effets très négatifs . Ainsi , dans une phase de boom économique , l’offre est supérieure à la demande , les prix augmentent , les entrepreneurs peuvent décider à partir des signaux émis par le marché d’accroître leur activité et d’investir ; mais ils risquent alors de contribuer à terme à une surproduction de bien , à un effondrement des prix , les investissements n’étant pas réversibles . Inversement , dans les périodes de crise , les perspectives sont pessimistes , ce qui risque de dissuader les entrepreneurs d’investir et donc de perpétuer la crise . La régulation par le marché a donc un caractère procyclique ;

Solutions : L’Etat doit alors intervenir afin de compenser les effets néfastes générés par le marché : • il doit par le biais d’un plan indicatif proposer des prévisions de moyens au long terme réduisant l’incertitude des agents , • il doit adopter une politique contracyclique en investissant dans les périodes de dépression afin de relancer la machine et inversement .

2 - LE DILEMME DU PRISONNIER ET LES EFFETS PERVERS DE LA RATIONALITE INDIVIDUELLE
Définition : Comme l’écrit F.Vergara : « le dilemme du prisonnier ( .. ) montre , à travers un exemple , comment les choix rationnels d’un point de vue individuel peuvent conduire à des situations ( ... ) non rationnelles « collectivement » pour l’ensemble des individus qui ont fait ces choix . » Si les deux entreprises (deux États) produisent beaucoup le prix sera bas et le profit sera faible (on supposera qu’il vaut 1). Si les deux entreprises (États) produisent peu le prix sera élevé le profit s’élève (il passe à 2) en même temps que le prix même si la quantité vendue est plus réduite. Si l’un des deux seulement produit peu celui qui produit beaucoup profite du prix plus élevé pour obtenir un profit plus élevé (3) alors que l’autre supportant la réduction de la production fait un profit nul (0). Production de la firme B Élevée Production de la firme A • Élevée Faible 1 0 1 3 Faible 3 2 0 2

Quelque soit la stratégie de la firme A (État), la firme (État) B obtient un profit plus élevé en produisant beaucoup. • Quelque soit la stratégie de la firme (État) B, la firme (État) A obtient un profit plus élevé en produisant beaucoup. • Si les deux entreprises (États) appliquent la “meilleure” stratégie elles produisent toutes les deux beaucoup et obtiennent un profit valant 1 pour chacune d’entre elles. C’est la plus mauvaise des solutions “collectivement” pour les deux firmes (États) puisque dans les trois autres configurations elles réalisent ensemble un profit total valant 3 ou 4. Elles ont donc intérêt à se rencontrer et à discuter d’une solution d’entente rompant l’hypothèse du marché comme outil de coordination efficace. Même si l’une des deux est dominante l’autre peut obtenir un gain en acceptant un dédommagement pour une production a priori non rentable. La firme (État) A par exemple peut accepter de produire peu ce qui permet à la firme (État) B de gagner 3 et de restituer 1 à la firme (État) A. Les profits sont alors de 1 pour la firme (État) A et de 2 pour la firme (État) B. Encore faut-il que s’établissent des relations de confiance entre les firmes. Conclusion : Même dans le cas où les individus sont rationnels , il n’est en rien garanti que l’agrégation des comportements individuels permette de faire apparaître une situation assurant le bien-être de la collectivité : A.Smith a fait preuve de beaucoup trop d’optimisme dans son analyse de la main invisible .

3 – LES LIMITES DE LA RATIONALITE INDIVIDUELLE
Keynes a démontré que : • l’univers marchand est la proie de l’incertitude et que la rationalité des individus est très limitée, la majorité d’entre eux adopte un comportement moutonnier qui consiste à imiter la démarche suivie par la majorité ou à suivre les préceptes d’un gourou. • Ce type de comportement donne naissance à des anticipations autoréalisatrices ( encore dénommées prophétie créatrice ) :

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il suffit que les opérateurs du marché pensent que le cours des actions va monter pour qu’ils en achètent, ce qui déterminent une hausse du cours. Mais ceci génère alors des bulles spéculatives où la hausse entraîne la hausse de façon cumulative sans que les données fondamentales de l’économie le justifient, jusqu’au jour où l’irréalisme de la tendance s’avère flagrant et où les cours s’effondrent ; la bulle se dégonfle alors..

Exemple de compréhension : C’est la métaphore dite du "concours de beauté" exposée lors de la discussion des déterminants de la prévision à long terme dans la Théorie générale de l’emploi de l’intérêt et de la monnaie (1936) par JM Keynes : : « La technique du placement (boursier) peutêtre comparée à ces concours organisés par les journaux où les participants ont à choisir les six plus jolis visages parmi une centaine de photographies, le prix étant attribué à celui dont les préférences s’approchent le plus de la sélection moyenne opérée par l’ensemble des concurrents. Chaque concurrent doit donc choisir non les visages qu’il juge lui-même les plus jolis, mais ceux qu’il estime les plus propres à obtenir le suffrage des autres concurrents, lesquels examinent tous le problème sous le même angle. Il ne s’agit pas pour chacun de choisir les visages, qui autant qu’il puisse en juger sont réellement les plus jolis ni même ceux que l’opinion moyenne considérera réellement comme tels. Au troisième degré où nous sommes déjà rendus, on emploie ses facultés à découvrir l’idée que l’opinion moyenne se fera à l’avance de son propre jugement... » Conclusion : L’hypothèse de l’homo oeconomicus apparaît donc beaucoup trop optimiste.

V – LE MARCHE A DONC BESOIN D’ETRE CONTROLE
A – LE MARCHE A BESOIN DE REGLES POUR FONCTIONNER
1 – Les Etats-Unis un modèle de libre entreprise ? Exercice de compréhension : doc 15 p 244 :
1. Comment est présenté aujourd’hui le modèle américain, quels avantages procure t’il ? 2. Quelle est la réalité, justifiez votre réponse ?

2 – L’Etat et le respect de la concurrence Exercice de compréhension :
1. A partir du doc 11 p 242 expliquez pourquoi selon D Clerc : « si la concurrence … en domination du plus fort ? 2. Comment a réagi l’Etat US ? 3. Quels sont les moyens dont dispose l’Etat français pour perpétuer la concurrence ? (doc 10 p 242)

B – LA SOCIETE DOIT CONTENIR L’EXTENSION DU MARCHE
Exercice de compréhension :
• • Répondez aux 3 questions posées. (activités p 249 n°2) Répondez aux 2 questions du doc. 20 p 248.

Rebonds
Economiques

Les nouvelles cibles fumeuses du paternalisme
Par Pierre-Yves GEOFFARD QUOTIDIEN : Lundi 9 octobre 2006 - 06:00 Pierre-Yves Geoffard est chercheur au CNRS. Il fut un temps, pas si ancien, où les économistes s'accommodaient, bon an mal an, d'un modèle particulièrement simple de l'individu. Selon cette vision, la société est une collection d'individus rationnels ; le choix de chacun (en termes de consommation, d'épargne, d'éducation ou autres...) révèle ce qu'il estime le plus à même de le satisfaire, compte tenu de ses capacités financières et de ses goûts. Pour l'essentiel, ces goûts sont reconnus comme légitimes et le bien-être collectif n'est alors rien d'autre que l'agrégation des satisfactions individuelles. Dans un tel monde, une situation donnée est inacceptable seulement lorsqu'il serait possible d'améliorer la condition de certains sans pénaliser personne d'autre. Outre les considérations d'équité, le domaine d'intervention de l'Etat est alors relativement délimité, puisqu'il s'agit de corriger les seules situations où la coordination des activités individuelles n'est pas satisfaisante ; mais le critère reste la satisfaction des individus souverains.

Tous admettaient le caractère très réducteur de l'hypothèse de rationalité individuelle. Mais beaucoup revendiquaient cette extrême rigidité méthodologique, tant elle contraignait à faire preuve d'imagination pour expliquer, dans un tel corset, des phénomènes apparemment peu rationnels. Surtout, la cohérence de son cadre conceptuel articulait de manière limpide un modèle descriptif des comportements individuels et une théorie normative de l'action publique. Las ! ce bel échafaudage intellectuel est en train de s'effondrer sans que l'on puisse encore voir ce qui le remplacera. Le développement rapide des recherches à l'interface de la psychologie et de l'économie a mis en évidence de multiples violations de ce modèle du choix rationnel. Dans de nombreuses situations, des choix individuels ne sont «clairement» pas dans le meilleur intérêt de celui qui effectue ces choix. Par exemple, de nombreux fumeurs s'expriment en faveur d'une hausse des taxes sur le tabac, manifestant ainsi un désir de se «lier les mains» pour moins fumer, à la manière d'Ulysse exigeant de ses marins qu'ils l'attachent au mât du bateau, afin de pouvoir entendre le chant des sirènes sans céder à leurs irrésistibles appels. Dans cet exemple, l'individu en appelle à la société (le fisc ou les marins) pour pallier la défaillance future de sa volonté, dont il anticipe à la perfection les funestes conséquences. Rendre compte de ce type de comportement, mais aussi de nombreuses autres formes d'incohérence temporelle, nécessite de s'écarter du modèle de l'individu souverain, maître de ses choix. Longtemps cantonnée aux marges de l'analyse économique, l'étude de ces situations occupe peu à peu un rôle de plus en plus central, reconnu par l'attribution du Nobel d'économie 2002 à Daniel Kahneman et à Vernon Smith. Même s'il est encore trop tôt pour parler de nouveau paradigme, la boîte de Pandore des irrationalités est bel et bien ouverte, ce qui ne va pas sans poser d'innombrables questions. En particulier, peut-on encore parler de satisfaction individuelle ? Qui est le plus légitime : Ulysse froidement calculateur, celui qui hurle à ses marins de le détacher, ou encore celui qui les remercie, après coup, de ne pas l'avoir fait ? Et que faire de ceux, moins sophistiqués, qui n'anticiperaient pas leurs défaillances et se laisseraient ballotter au gré de leurs goûts instables ? Que l'on ne s'y trompe pas : bien loin de se réduire à un débat de théoriciens, ces réflexions sont au coeur de nombreux débats sur la légitimité de certaines politiques publiques. En effet, à l'aune de quels critères évaluer le succès de telle ou telle mesure censée améliorer le bien-être des membres de la société si ceux-ci changent de goûts ? Il devient alors impossible de ne pas être paternaliste, car il faut bien choisir de privilégier l'un des Ulysse et décider en son nom de ce que doivent faire les autres. C'est d'ailleurs le fondement du «paternalisme libéral» défendu par certains : si les choix individuels sont imparfaitement rationnels, il convient de jouer de ces irrationalités pour orienter les comportements dans «le bon» sens. En contribuant à la fondation, même bancale, des politiques publiques paternalistes, les économistes s'inscrivent ainsi résolument dans l'air de leur temps : qu'il s'agisse des campagnes contre l'obésité, l'alcool, le tabac ou les autres drogues ou en faveur de loisirs culturels plus exigeants que la télévision, la lutte contre les comportements jugés «néfastes» semble de plus en plus acceptée par l'opinion publique. Il en est ainsi de l'interdiction de fumer dans les espaces publics, qui sera imposée par décret, interdiction dont les rares opposants sont vus comme particulièrement ringards (les débitants de tabac). On sent bien que cette victoire de l'hygiénisme n'est qu'une première bataille gagnée et que la guerre continuera tant que certains individus persisteront à fumer dans le secret de leur intimité. Au fait, vous avez remarqué ? Tous ces mauvais comportements qui sont la cible du nouveau paternalisme et dont il convient de guérir ceux qui en sont, bien malgré eux, les auteurs sont souvent le fait des plus démunis. Drôle de manière d'aider les «pauvres gens»...

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