Correction de la question de synthèse n°3 I.

En théorie
Selon les néo-classiques , le marché de cpp est naturel : il existe dans toutes les sociétés et toutes les époques , ce qui est optimal puisqu’il est la meilleure forme d’organisation économique et sociale possible . L’absence de marché (exemple : URSS) s’explique par une intervention extérieure qui le laisse à l’état latent . A. Le marché relève d’un ordre naturel Toutes les sociétés , si elles en ont la liberté , développent un marché car celui-ci permet de combler deux caractéristiques naturelles de l’espèce humaine d’après A.Smith ( doc 1 ) 1) « Un penchant naturel à échanger » Selon A.Smith , l’origine du marché n’est pas à trouver dans « l’effet d’une sagesse humaine » . Il n’ y a pas eu de volonté délibéré de créer le marché . Celui-ci est apparu spontanément du fait de la propension innée à échanger des êtres humains . Or , pour échanger , il faut que les deux individus aient produit des biens différents . Cela génère alors une division du travail : chaque personne est spécialisée dans une tâche et vend sa production pour obtenir les biens qui lui font défaut . 1) Les individus sont des homo oeconomicus La deuxième caractéristique humaine d’après A.Smith est le comportement de l’homo oeconomicus . Les êtres humains sont hédonistes , matérialistes et rationnels . Ils recherchent le bien-être individuel le plus grand possible ; et celui-ci dépend de la possession de biens matériels . Pour l’atteindre , ils vont effectuer un calcul coût bénéfice : ils fixent l’objectif , évaluent le bien-être procuré par sa réalisation , mesurent les ressources dont ils disposent et cherchent à atteindre l’objectif le plus élevé pour des ressources données ( doc 1) Cet égoïsme naturel des individus n’est pas un défaut pour A.Smtih , puisqu’il va permettre d’assurer le bienêtre pour tous . B. C’est la meilleure forme d’organisation économique et sociale En effet d’après les néo-classiques , le marché de concurrence pure et parfaite permet d’éviter les crises et d’assurer la croissance économique la plus forte , comme on peut le voir avec l’exemple réel d’ebay « qui est le premier site de commerce électronique mondial » ( doc 2) 1) Les caractéristiques du marché de cpp Ebay n’est pas totalement un marché en cpp , mais il s’en rapproche car 4 hypothèses de la cpp sont vérifiées . La première est l’atomicité, c’est à dire qu’aucun agent économique (offreur ou demandeur) ne dispose d’un poids suffisant sur le marché qui lui permette d’influencer le mode de fixation des prix. : « Ebay permet à un nombre potentiellement illimité d’acheteurs et de vendeurs de se confronter autour d’un choix quasi-infini de marchandises » car le site est visité par 3.5 millions d’internautes par jour . Tout le monde peut donc surfer sur ebay , il y a libre-entrée sur le marché, c’est à dire qu’il n’existe pas de barrière à l’entrée qui freine la concurrence et empêche l’arrivée d’un produit sur le marché .Cette caractéristique est incontestable puisque l’accès a eBay ne réclame qu’une inscription et que tout est fait pour que le marché suscite la confiance (paiement sécurisé, colis pré-timbrés…) . Cela résulte aussi du fait qu’ « ebay est un facilitateur d’entreprises » puisque l’entreprise n’a pas besoin de magasins ou de capitaux importants . Il y a aussi transparence du marché, c’est à dire que l’information est gratuite et accessible à tous sans limite : information parfaite sur les caractéristiques du produit (description, photo…),sur le prix de départ et sur le sérieux du vendeur (cotation assurée par les acheteurs) ,car le système d’ebay repose sur la confiance : « ce sont les ebayistes qui s’arrangent entre eux , sans se connaître , l’un pour emballer et envoyer le produit, l’autre pour le payer » L’homogénéité du produit est assurée par le fait que les enchères portent sur un produit parfaitement identifié . La seule hypothèse qui n’est pas réellement vérifiée est celle de mobilité des facteurs de production car ebay est un organe de distribution et non de production .

Le fait qu’ebay soit en cpp lui a permet d’assurer l’égalité entre offre et demande car toutes deux dépendent uniquement du prix 1) Permettent d’éviter les crises a) L’offre de biens Le vendeur , avant de produire , compare ce que lui rapporte sa production et ce que lui coûte celle-ci . Il adopte un comportement à la marge : il regarde ce que lui coûte une unité supplémentaire de production ( le coût marginal) avec ce qu’elle gagne ( la productivité marginale qui est , en cpp , le prix) . Tant que le prix est supérieur au coût marginal , l’entreprise a intérêt à produire car son profit augmente . Or, la loi des rendements décroissants postule que, plus la production augmente , plus la productivité est faible . Car les entreprises choisissent , au départ les facteurs de production les plus efficaces . La productivité marginale diminue donc , c’est-à-dire que la production augmente moins vite que les facteurs de production ; le coût de production augmente dont plus vite que la production : le coût marginal augmente . Dans ces conditions , pour continuer à produire , le prix doit augmenter : l’offre est une fonction croissante du prix C’est ce qui se passe sur ebay : les vendeurs espèrent trouver le maximum de client à moindre coût car ils n’ont pas besoin de magasins (maximisation du profit). a) La demande de biens De même les consommateurs espèrent trouver un produit de qualité au moindre prix (maximisation de leur satisfaction) .Avant d’acheter une unité de bien , ils comparent ce que leur coûte cette unité ( le prix) avec ce qu’ils en retirent ( l’utilité marginale) . Or celle-ci diminue avec l’augmentation de la quantité de biens achetés car un effet de saturation apparaît . Pour continuer à acquérir ce bien , le prix doit diminuer : la demande est une fonction décroissante du prix . a) La confrontation de l’offre et de la demande Offre et demande se rencontrent alors sur un marché qui peut ne pas avoir d’existence réelle comme ebay qui « est devenu une place de marché virtuelle planétaire » (doc2) . Un équilibre durable est alors assuré . Certes , un déséquilibre temporaire peut survenir . Pour des raisons exogènes , l’offre d’un produit peut devenir supérieure à la demande . Comme il y a flexibilité des prix , celui-ci diminue ce qui transforme les comportements des consommateurs et des ménages . Du fait de la baisse des prix , des producteurs ne sont plus rentables et quittent le marché (d’après les hypothèses de libre-entrée et de mobilité des facteurs de production) . En revanche , la demande augmente car la satisfaction obtenue par la consommation du bien devient supérieure au prix . Comme l’offre diminue et la demande augmente , par tâtonnements un nouvel équilibre sera atteint avec un prix plus faible et des quantités échangées plus fortes . Grâce au marché de cpp , il n’ a donc jamais de surproduction ou de pénurie durable . Il permet aussi d’assurer la satisfaction maximale des vendeurs et des acheteurs , conformément à la main invisible d’A .Smith . 1) Une satisfaction maximale pour les acheteurs et les vendeurs a) Une croissance économique forte Comme l’objectif de tout individu est de faire le maximum de profit , chacun utilise ses facteurs de production ( travail et capital ) de la manière la plus efficace possible . Comme leur revenu dépend de leurs efforts , ils sont incités à placer leur épargne dans les activités les plus rentables et à travailler beaucoup . Les profits des entreprises augmentent : ebay voit ainsi son chiffre d’affaires augmenter en moyenne de 150% par an et sa marge d’exploitation est de 35 % ( doc 2 ).Les entreprises sont alors incitées à produire davantage ce qui assure un bien-être pour tous . a) Qui profite à tous Ainsi , Smith écrit : « tout en ne cherchant que son intérêt personnel , il travaille souvent d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société , que s’il avait réellement pour but d’y travailler » ( doc 1) . Cette augmentation de la production génère des emplois , entraîne une hausse des revenus qui permet aux ménages d’accroître leur consommation . Celle-ci correspond aux besoins de la population grâce à la flexibilité des prix qui est un indicateur de rareté des produits : si les ménages plébiscitent un produit , la demande s’accroît ce qui entraîne une augmentation du prix qui incite les entreprises à produire ce bien . Le marché de cpp permet donc

de répondre à tous les désirs de la population : ainsi , sur ebay , plus de 750 millions de produits ont été proposés à la vente et on peut y acheter toutes sortes d’objets ( doc 1 ) Pour les néo-classiques , le marché de concurrence pure et parfaite est donc la meilleure forme d’organisation économique possible puisqu’il permet d’éviter les crises qu’elles soient de pénurie ou de surproduction , d’assurer la croissance économique la plus forte et générer un bien-être pour tous . Leur conclusion est alors qu’il faut généraliser le marché à tous les aspects de la vie économique et sociale . Leur démonstration théorique apparaît ainsi sans failles .

II. En réalité
Le problème est que la réalité se révèle très différente de la théorie car les auteurs libéraux émettent des hypothèses beaucoup trop restrictives . Le marché de cpp a donc des limites : la régulation par le marché n’est pas optimale et celleci ne peut être généralisée à toutes les activités .

A. La régulation par le marché n’est pas optimale La loi de l’offre et de la demande n’assure pas toujours la solution optimale pour tous . L’intérêt individuel ne
sert donc pas toujours l’intérêt collectif , ce qui remet en cause la main invisible d’A .Smith .

1. Les limites de la régulation par les prix C’est le cas pour les biens qui sont soumis à la « tragédie du bien public » comme le thon rouge ( doc 3 C ) . En effet , les zones de pêche sont un bien public , ouvert à tous et qui ne relèvent pas d’une appropriation individuelle : un grand nombre de pêcheurs peut en même temps utiliser cette zone de pêche . L’intérêt collectif de tous les pêcheurs est de ne pas surexploiter la zone et de laisser les poissons se reproduire pour pouvoir disposer de réserves de pêches sur le long terme . Chaque pêcheur devrait donc limiter sa pêche . Or , individuellement les marins ne vont pas raisonner de la même manière , puisqu’ils vont essayer de jouer le rôle du passager clandestin . Chaque individu opère le calcul suivant : si je réduis mes quantités pêchées et que les autres ne le font pas , mes profits d’aujourd’hui seront faibles et dans le futur , il n’ y aura plus de poissons ; en revanche , si je pêche beaucoup et que les autres se restreignent , mon profit actuel augmente et dans le futur , il y aura encore des réserves . Chaque pêcheur décide alors de pêcher le maximum ; comme tous raisonnent de la même manière , il y a une surexploitation et le risque de disparition des espèces . Ainsi , pour le thon rouge , « les scientifiques les plus optimistes affirment que les réserves ne dépassent pas une dizaine d’années » ( doc 3C) . La solution serait lors une intervention extérieure : soit de l’Etat par le biais de quotas , « même s’ils sont systématiquement dépassés par les pêcheurs » ( doc 3C ) , soit « par une prise de conscience des distributeurs et des consommateurs des pays concernés » 2. Le marché ne peut régler tous les problèmes Autre limite du marché de cpp : la pollution . En effet « l’émission de certains gaz liés à l’activité humaine , notamment industrielle , provoque des bouleversements climatiques » ( doc 3 A ) . Ce sont des effets externes , c’est-à-dire des conséquences involontaires des actions rationnelles des individus . L’entreprise , pour avoir du profit , produit , et ce faisant pollue , mais ce n’était pas intégré dans son calcul rationnel . a) Les solutions proposées par les libéraux Pour réduire la pollution , les libéraux proposent de créer des marchés de la pollution ( doc 3 A ) . Dans un premier temps , l’Etat octroie aux entreprises des « droits à polluer » , c’est-à-dire « le droit d’émettre une certaine quantité de gaz » . Ce droit permet d’internaliser les effets externes , c’est-à-dire que l’entreprise intègre dans son calcul rationnel le coût de la pollution , puisqu’elle a maintenant 2 solutions : soit elle continue à polluer en utilisant ses droits , soit elle réduit sa pollution et vend ainsi ses droits à d’autres entreprises . L’entreprise a donc intérêt à réduire la pollution , puisque cela lui assurer un profit plus grand . b) Ne sont pas efficaces « Naturellement , ce beau raisonnement suppose que le marché fonctionne correctement » ( doc 3 A ) . L’analyse libérale se heurte toujours à la confrontation avec la réalité .

En effet , rien ne dit que les entreprises réduiront leur pollution , comme le montre le dessin d’Hervet ( doc 3 B ) : « nous polluons , nous dépolluons , le beurre et l’argent du beurre » . L’entreprise qui pollue et qui assainit est la même : dans ces conditions , elle a intérêt à continuer à polluer . Comme elle ne dépense pas pour limiter sa pollution , ses profits augmentent , et elle connaîtra une nouvelle hausse des profits , quand elle sera chargée d’assainir la nappe phréatique . La seconde difficulté en ce qui concerne les droits de propriété selon P.Y.Geoffard est de déterminer « quelle quantité totale de gaz doit être autorisée » . Le problème est que les entreprises et les ménages raisonnent à court terme et seront réticents à accepter des droits d’émission faibles car , cela entraînerait une baisse des profits pour les entreprises et une augmentation des prix pour les consommateurs . Or , le problème est que les effets de la pollution sont cumulatifs et à long terme ; la régulation par le marché ne serait pas efficace car elle ne permettrait pas de la réduire suffisamment . La seule solution efficace paraît alors être une intervention de l’Etat visant à réglementer les activités polluantes .

B. Et ne peut être généralisée à toutes les activités humaines
La régulation par le marché n’est donc pas efficace pour limiter les effets externes négatifs , ni pour générer des effets externes positifs . 1. Les biens sous tutelle C’est le cas de services comme la santé ou l’éducation qui pourraient très bien être financés de manière privée , puisqu’il y a appropriation individuelle : le bénéficiaire du soin ou de l’éducation est clairement identifié et pourrait donc payer ce service . Or un individu qui se forme ou se soigne le fait d’abord dans son propre intérêt , mais cela assure aussi un profit pour la collectivité toute entière : un individu mieux formé et en meilleure santé est plus efficace et productif ce qui est positif pour l’économie toute entière . Dans ces conditions , il est nécessaire que la santé ou l’éducation ne soient pas des biens privés , car seuls les plus riches pourraient obtenir ces services , ce qui accroîtrait les inégalités et serait préjudiciable à l’ensemble des économies . L’Etat doit donc intervenir pour financer ses services . 2. Le risque d’une marchandisation croissante de la société ( doc 4 ) D’autres activités ne peuvent non plus faire l’objet d’un rapport marchand . En l’absence d’élaboration de nouvelles règles, le libre jeu du marché peut présenter des solutions moralement inacceptables, comme c’est déjà le cas en ce qui concerne le trafic d’organes. Dernièrement , un trafic d’organes a été mis à jour en Inde . Ce type de trafic est naît en Inde du fait des fortes inégalités existantes : d’un côté « des riches clients , dont nombre d’étrangers venus spécialement en Inde pour y recevoir un rein tout neuf » , de l’autre « des milliers de volontaires prêts à vendre l’un de leurs reins , tout simplement pour ne pas crever de faim » . Comme intermédiaire , le Dr Kumar avec un seul objectif : le profit , car il « achetait le rein 50 000 roupies , ce qui pour un pauvre en Inde est une fortune et était payé 2 millions de roupies , ce qui n’est presque rien pour un riche . Le trafic a été mis à jour car le Dr Kumar voulait toujours plus de profit : comme il n’ y avait pas assez de volontaires , « le chirurgien retirait de temps à autre un rein à quelque pauvre type raccolé par ses hommes de main » et qui n’était pas au courant de l’opération . La logique du profit dans de tels domaines est donc inquiétante : seuls certains pourraient être soignés ( les plus riches) , les plus pauvres servant de pièces détachées pour la santé d’une minorité de privilégiés . Certaines dérives dans le sport peuvent aussi apparaître : dopage, rentabilisation du spectacle sportif au mépris de l’esprit du jeu, corruption d’arbitres ou d’organisateurs . La solution est donc une gestion collective par l’Etat ou des organisation des organes qui , en France , reste encore un don qui se révèle fondamentalement différent de l’échange marchand . La principale caractéristique de l’échange marchand c’est son caractère objectif. Il n’y a pas de place pour le sujet : une fois la prestation effectuée, les partenaires se libèrent de toute obligation. Le salarié repart le soir, il a fait son travail. Cela s’arrête là, il s’est libéré de l’obligation envers son employeur. En retour il a reçu un salaire. Le vendeur assure ses prestations dans le cadre du contrat. Un point c’est tout. Ce qui se passe après, cela ne le regarde pas. Une fois que l’objet est payé, le client et le vendeur sont quittes A l’inverse, dans le don, non seulement la relation est plus subjective, mais le don crée une obligation mutuelle qui maintient durablement la relation. Dans le don, l’intention subsiste comme un lien invisible qui attache les deux personnes entre elles. Or c’est la définition même de la société et du lien social , ce qui montre que toutes les activités humaines ne peuvent être régulées par le marché de cpp .

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