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Vitalien Laurent

La correspondance de Démétrius Cydonès
In: Échos d'Orient, tome 30, N°163, 1931. pp. 339-354.
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Laurent Vitalien. La correspondance de Démétrius Cydonès. In: Échos d'Orient, tome 30, N°163, 1931. pp. 339-354.
doi : 10.3406/rebyz.1931.2687
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rebyz_1146-9447_1931_num_30_163_2687
LA
CORRESPONDANCE DE DÉMÉTRIUS CYDONÈS
On a beaucoup médit de Fépistelographie byzantine parce que, sans l'avoir étudiée de près, on a cru n'y découvrir que l'instrument d'un pedan-
tisme suranné ou d'une vanité sans cesse en action. L'érudit, en quête de
données nettes et précises, ne s'engage jamais sans une répugnance pro
fessionnelle à travers cette littérature où presque rien n'affleure, au-dessus
de la magnificence du style ou de la sublimité des pensées, de ce qui pourr
ait retenir son attention. Et cependant il n'y a pas, en dépit d'intermi
nables enchaînements d'expressions brillantes et vides, de sources plus
précieuses pour le commentaire ou le contrôle de l'histoire officielle relatée
par les Chroniques. Dans chacun des nombreux recueils de lettres qui nous
sont parvenus se reflète, en effet, de mille manières, l'époque à laquelle il
appartient. Une connaissance précise du milieu, de son langage et du jeu
de ses institutions fait découvrir, sous les demi-mots d'un langage con
ventionnel, mille particularités sur l'auteur, ses correspondants et les évé
nements privés ou publics auxquels les uns et les autres furent mêlés.
Mais cette intelligence pénétrante de textes isolés, parfois très courts,
n'est possible que si l'éditeur a au préalable bien rempli toute sa tâche.
Or, celle-ci est des plus redoutables parce qu'elle requiert une somme
énorme de connaissances parallèles chez le même savant qui doit, vu les
conditions déficitaires où travaillent tout byzantiniste, suppléer par d'in
finies recherches au défaut de répertoires les plus indispensables. Comment,
en effet, dater sûrement chaque lettre, identifier de multiples personnages,
préciser les faits énoncés, ou apprécier certains courants d'idées, si on
ne se livre d'abord à une enquête exhaustive à travers les sources d'une
époque déterminée ! 'I
Malgré les difficultés de l'entreprise, le projet d'un Corpus des épisto- .·. -<
lographes byzantins est à l'ordre du jour. Sp. Lamprös, presque à la fin
de sa longue carrière d'éditeur, n'osait croire à la possibilité d'un travail
pourtant bien plus modeste : la confection de tables où seraient rangées
par incipit et desinit les seules lettres imprimées (i). Et voici que l'Aca
démie d'Athènes affirme, par une de ces initiatives hardies dont notre
époque semble devoir laisser plus d'un exemple, sa volonté de mener
à terme la grande œuvre dont un jeune érudit, Sykoutrîs, s'était fait au
cours du dernier Congrès {octobre ig3o) l'enthousiaste avocat.
Dans ces conditions, c'est avec reconnaissance que nous devons saluer
les éditions partielles, du genre" de celle dontjious allons nous occuper.
Établies d'après un plan assurément contestable, elles ont du moins le
mérite, en provoquant la critique, de permettre une première mise au point
(i) Cf. Νέος Έλληνο<«ΐ.ΎήΐΑ»ν, XII, *9i5, 42ο.
rf\ "$&%.·* "'^ίξ, .' f .
34Ο ÉCHOS D'ORIENT
d'autant plus nécessaire' que les multiples problèmes soulevés, ressortis
sant aux spécialités les plus diverses, ne pourraient être adéquatement
résolus par un seul.
Mais rendons d'abord au courage et au savoir de M. Cammelli le sincère
hommage que nous leur devons. Uimprobus labor, auquel l'auteur a dû
consacrer ses rares loisirs de professeur, ncus vaut un livre plein de riche
inédit, et, de plus, prometteur. La présente publication en annonce, en
effet, une autre plus vaste : l'édition des Œuvres complètes de Démétrius
Cydonès sous les auspices de la Bibliothèque vaticane. La Correspondance
y sera l'objet de toutes les attentions désirables. Cette circonstance nous
dispense de déplorer davantage le plan et par endroits l'exécution d'un
travail fait trop exclusivement sur mesure; elle invite, par contre, les cri
tiques, dans l'intérêt même de la science, à soumettre au courageux éditeur
toutes les remarques susceptibles 4e l'aider dans sa tâche.
La personnalité de Démétrius Cydonès n'est pas inconnue de nos lec
teurs (1). Un prochain article retracera dans un cadre convenable la
physionomie et l'action pacificatrice de ce grand ouvrier de l'Union des
Églises. Nous voulons faire aujourd'hui, sur le recueil de ses Lettres,
œuvre purement critique. Nous tenons naturellement compte du remar
quable mémoire que Msr G. Mercati vient de publier à la même occa
sion (2). La seule lecture de ce dernier travail, fait au courant de la plume
par le meilleur connaisseur de la littérature cydonienne, sera pour
Cammelli le plus utile des guides et restera pour tous ceux qui auront
à s'occuper de correspondances byzantines le modèle à suivre.
Il nous est parvenu de Cydonès un nombre de lettres assez élevé; l'ex
amen de tous les manuscrits accessibles a révélé l'existence de 447 d'entre
elles, dont 37 seulement avaient été publiées un peu partout par divers
érudits. L'apport de la présente publication est de 5o inédits; celle-ci
donne, en outre : i° le catalogue complet des manuscrits et leur classifi
cation; 20 le catalogue complet des lettres sous forme de regestes com
prenant le résumé de chaque pièce et l'indication des sources; 3° la liste
alphabétique des correspondants de Cydonès. L'absence de table sérieuse
est à regretter comme aussi le manque presque absolu de commentaire.
Cette dernière lacune est au désavantage non seulement du lecteur, mais
de l'éditeur lui-même dont le système chronologique, dans la répartition
des lettres, est de ce chef presque entièrement à réformer. Car, pour
n'avoir pas cherché à identifier nombre de personnages ou pour avoir
(1) Cf. M. Jugie, « Démétrius Cydonès et la théologie latine à Byzance aux xiv" et xve siècles » dans les Eohos d'Orient, XXVII, 1928, 385-402.
(2) Of. G. Mercati, « Per l'epistolario di Demetrio Cidone » dans les Studi bizanlini
e neoellenici, III, 1930, 2θ3-23ο. Je dois à l'obligeance de M1' le préfet de la Vaticane
d'avoir communication de ce travail avant qu'il n'ait paru en volume.
LA CORRESPONDANèE DE DEMETRIUS CYDONÈS 341
omis d'expliquer les allusions qui abondent dans les moindres billets,
Cammelli a trop fait cas d'apparences trompeuses.
Nous ne dirons rien ici ni de la tradition manuscrite (1) ni de la qualité
de l'édition (2). Pour ne pas charger inutilement ce simple compte rendu,
(1) L'éditeur consacre quinze pages (xxxiv-xlviii) à la description et à la classification
des 34 manuscrits qui contiennent, dans une portion plus ou moins grande, la Corres
pondance de Cydonès. Tout ce qui concerne la tradition de ces nombreux témoins et
leur dépendance éventuelle est bloqué en deux courtes pages (xlvi-xlviii). C'est mani
festement trop, peu, d'autant que les rares apparats critiques que comporte la publica
tion suggèrent plus d'un doute sur l'absolue correction du graphique de la page xlviii,
v. g. les deux comices h et h1 sont donnés comme issus immédiatement de v. Certes, les
leçons de ces trois témoins concordent à peu près partout de mauière frappante : il
y a cependant dés différences peu explicables dans l'hypothèse d'une dépendance directe;
v. g. p. 65 cette unité critique : 36-37 ταΰτα λέγων παντός ρήτορος δόξαις αν πιθανώτερα
λέγειν AT υ : περί τούτων λέγων κα'. Δημοσθένους πε:θανώτερος δόξείζ BLhh1 m. De même,
p. 06, 1. 61 : τε A Y h h1 : om. BL.' mv. En outre, la note récente (cf. supra, p. 340, n. 2) de
Mer Mercati démontre qu'un examen plus attentif et surtout plus minutieux des deux
recueils· fondamentaux A et Β s'impose à l'éditeur.
(2) II serait téméraire ici, surtout en présence! d'autographes, de chercher chicane à l'édi
teur au nom d'un purisme anachronique. D'ailleurs ses apparats critiques témoignent
d'une attention vigilante, au point que, loin des originaux, nous n'avons pas le droit de
supposer à priori qu'il les a mal interprétés, là même où notre goût classique serait
choqué par certaines licences syntaxiques ou grammaticales. En outre, la traduction est
d'une fidélité et d'une élégance remarquables. Je n'oserai toutefois soutenir que le volume
n'est déparé par aucun contresens; il y en a, quoiquev en nombre restreint. En voici
un double exemple rencontré au seuil môme du livre. L'erreur dans les deux cas n'a
d'autre cause que l'ignorance malheureusement trop grande où se confinent par rapport
aux institutions ecclésiastiques les commentateurs de textes byzantins. '·
Lettre 1, 1. 28. L'apocrisiaire Euthymios est,dans la quasi-nécessité, pour assurer le
succès de son ambassade, de donner au Pape des titres inconciliables avec sa foi ortho
doxe. S'il le fait, c'est Γή τής πίστεως προδοσία και ή τοΰ συμβόλου κατάλυσις χ α Ι αί δύο
άρχαί... c'est-à-dire la trahison envers la foi, la destruction du symbole et (l'accepta
tion) des deux principes. L'éditeur traduit le passage souligné comme suit .* les deux
pouvoirs (-reconnus). Mais de quels pouvoirs les Grecs avaient-ils à redouter la recon
naissance? Rien de semblable n'a jamais, que je sache, fait difficulté entre les deux
Eglises. 'Au contraire, l'allusion au double principe (Père et Fils) dans la production du
Saint-Esprit s'impose d'autant que la phrase de Cydonès résume les trois chefs d'accu
sation alors en cours dans la polémique antilatine. Les Grecs faisaient à leurs adver
saires le triple crime de maintenir dans le symbole une interpolation illicite, Γέκ τοΰ
Υίοϋ (= ή τοϋ συμβόλου κατάλυσις), d'admettre et de propager le contenu doctrinal de
cette formule (ce qui, de leur avis et malgré les dénégations de la partie opposée,
revenait à introduire, dans la procession du Saint-Esprit, deux principes (ai δύο άρχαί)
distincts), enfin de maintenir l'usage réprouvé du pain azyme (τα τών 'Ιουδαίων αζυμα).
La vraie pensée de l'auteur apparaît d'ailleurs 1. 3o sq.
Lettre I, 1. 5i, 52. Cydonès, encore orthodoxe, n'est décidément pas enclin à la galan
terie envers les Latins. Le même Euthyme n'aura pu que se salir au contact de ces bar
bares impies. Aussi, en prévision du retour de celui-ci, l'épistolographe alerte-t-il un ami
commun : ...Σϋ μίν οδν..., ετοίμαζε δ'αΰτώ καΐ τους μέγιστους τών ποταμών, οι μόλις αυτόν
τοΰ παρά τω-ν Λατίνων ρύπου συρρυέντες άποσμήξα: δυνήσονται, έπάδειν δέ αΰτω και ,
τας τών μιαροφαγησάντων εύχάς, καΐ μάλιστ' ει το εΐωθος μετά τών συμπρε'σβεων
επί δεΐπνον κληθείς, τών αυτών γεύσαιτο και ταύτοΰ πίο: κρατήρος. Toi donc... prépare-Jui
les plus grands .fleuves dont les courants, même réunis, pourront difficilement le
nettoyer de la crasse des Latins et apaiser en lui les désirs de ceux qui mangent des
choses impures, surtout si, comme il est naturel, on l'a invité à manger avec les autres
ambassadeurs. Tout ce passage méritait un mot de commentaire auquel les chroniques
de Pachymère et de Grégoras eussent fourni de riches éléments.
Arrêtons-nous ici seulement au sens du membre de phrase souligné. La traduction
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ÉCHOS D'ORIENT
nous examinerons successivement : i° certaines affirmations contestables
émises dans la préface ou dans le corps de l'édition; 20 les notices con
signées à la fin du volume; 3° la chronologie de plusieurs lettres. Nous
espérons qu'en dépit de leur caractère fragmentaire, ces notes rapides,
prises au cours d'une première lecture, seront de quelque utilité lors de
l'édition intégrale de la, Correspondance.
1° Varia.
P. v. L'étyniologie du patronyme Κυδώνης est des plus douteuses.
Moritz (1) le rattachait à la ville homonyme de Crète (:= Κυδωνία); à l'en-
contre, S. Papadimitriou (2) le faisait venir de κυδώνιον — coing. Philolo-
giquement, les origines Cretoises de Démétrius ne sont donc nullement
établies (3). L'hypothèse plaît cependant à Cammelli qui, au prix d'une
inconséquence, invoque le témoignage de Yolterrano. Il écrit, en effet,
p. ν : on verra que, suivant une tradition répandue au moyen âge,
Cydonès même y passa les dernier -es\mnées de sa vie; or, plus loin (p. xxxn),
nous relevons cette déclaration : Aussi nous mentionnons, sans y attacher
trop de foi, la notice que nous lisons dans Volterrano, suivant lequel
Cydonès se serait rendu en Crète... et encore : La notice de Volterrano
nous laisse incrédule. Le prétendu séjour de Démétrius en Crète, auquel
l'auteur ne croit pas, ne prouverait pas nécessairement, même s'il avait été
réel, que,la famille des Κυδώνης en fût originaire. En ce cas, que de pro
vinces, visitées par notre héros, pourraient prétendre à pareil honneur!
En outre, Démétrius et Prochoros ne sont pas les seuls Κυδώνεις dont
les noms nous soient parvenus. Cammelli se donne à lui-même un nouveau
démenti en nous rappelant (p. 209) que le philosophe Georges portait
aussi le nom de Cydonès. Treu, dans son travail sur Théodore Peâiasimos
que l'on a malheureusement ignoré (5), en cite plusieurs autres. A cette
qu'on en a donné n'est guère intelligible. Il fallait : Toi donc, prépare-lui... et apprête-
toi à chointsr sur lui les prières pour ceux qui ont mangé des mets impurs. Et de fait
ouvrez l'Euchologe ou Rituel de l'Eglise grecque, vous y trouverez le texte même de
cette Ευχή έπί των μιαροφαγησά-ντων, que vise la plaisanterie de Cydonès. Cf. J. Goar,
Εύχολόγιον, sive Rituale Graecorum. Paris, 1647, p. 670.
(ï) Cf. H. Moritz, Die Zunamen bei den byzantinischen Historikern und Chronisten.
II. Teil., 1897/8, p. 43.
(2) Cf. Vizani. Vremenn., V, 1898, 718.
(3) Si l'ethnique Κυδώνης évoque incontestablement à la première réflexion l'île de
Crète, rien d'impossible qu'en fait il ne se rattache à un autre lieu d'origine. L'anti
quité connut, en effet, une bourgade de l'Attique du nom de Κυδώνκ>ν et l'on sait que
le terme Κυδωνίς désignait parallèlement une ville de Sicile, un village de Libye et
une île voisine de Lesbos. Cf. Pape-Benseler, Wörterbuch der griechischen Eigen
namen3. Braunschweig, 1863-1870, p. 782 s. v.
(4) C'est beaucoup dire puisque le seul témoin produit de cette tradition répandue
est Volterrano.
(5) Cf. M. Treu, Theodori Pediasimi e jusque amicorum quae exstant. Postdam, 1899
(= Programm des Victoria-Gymnasiums zu Postdam. Ostern 1899}, p. 57, 58. Il y
a dans ce recueil une lettre (la 3e) adressée à Démétrius Cydonès et il semble bien
LA CORRESPONDANCE DE DÉMÉTRIUS CYDONÈS 343
liste il faut ajouter Manuel, cité en i357 (i), et un anonyme, si ce n'est
Démétrius lui-même (2). De Κυδωνής dérive sans doute Κυδωνάτης (3), nom
d'un courrier chargé par Eulogie Choumnos Paléologine de porter ses
lettres à Théolepte de Philadelphie. Deux autres formes φ noms : Κυδω-
νεύς (4) et Κυδωνιάτης (5) ont une autre origine.
P. vi, on fait de Nicéphore Choumnos un correspondant de Démétrius
Cydonès. A la fin du volume (p. 211;, la chose paraît impossible et l'est,
en effet, puisque Cydonès, né vers t32o, eût pu difficilement tenir
à Choumnos (■£ 18 janvier 1327) le langage que suppose le résumé de la
lettre 299. Pour une raison de chronologie plus décisive encore, Théodore
Mouzalon, grand logothète et polémiste (6), ne put, quoi qu'on en dise
(p. 219), jamais écrire à Cydonès, puisqu'il mourut e*n 1295 (7), un quart
de siècle environ avant que celui-ci ne fût de ce monde. Sur l'identité de
/ ce Mouzalon, contemporain de Cydonès, voir ce que nous disons plus bas.
P. vu et 82 Cammelli pose, à propos d'un groupe de lettres fort import
ant (lettres 30-40), la question de savoir à quelle date Thessalonique vint,
une fois de plus, aux mains des Turcs. L'éditeur signale le désaccord,
bien connu des historiens, mais ne tente, entre eux, absolument aucun
arrangement. D'ailleurs, le peu qu'il en écrit retarde singulièrement sur ce
qui a été dit récemment sur le sujet. (Cf. Fr. Taeschner und P. Wittek,
« Die Vezirfamilie der Gandarlyzade » dans Der hlam, XVIII, 1929,
71-75.) La bibliographie de cet important problème, que nous nous pro
posons de traiter ailleurs, est rassemblée par N. A. Bées, dans ses
Byzantinisch-neug.riechische Jahrbücher, VII, 1930, 145, n. 4 (prise de
Serrés) et n. 5 (prise de Thessalonique).
P. vu. La question de savoir si Démétrius naquit â Constantinople ou
à Thessalonique ne me semble ni bien posée ni surtout bien résolue. Les
témoignages en faveur de l'une et l'autre thèse sont nombreux et contra
dictoires. Ceux que l'on donne comme plus probants né paraissent pas
tels. En effet, le fameux texte : φιλώ γαρ ταύτην και ώς πόλεων χαλλίστην και
ως πατρίδα (p. 5y, 1. 7°> 77) s'applique à Constantinople où l'empereur
veut le retenir, non à Thessalonique dont la lettre ne souffle mot. Pour
être question de lui dans une autre (Cf. Ibid., p. 34, 5q). De toute manière, l'étude
attentive de cette publication n'eût pas dû être omifae.
(1) Cf. Miklosich et Müller, Acta et diplomata graeca Medii Aevi, I, 371. La graphie
Κυδονός aurait besoin d'être vérifiée, mais peut s'expliquer dans une copie où abondent
les accidents orthographiques.
(2) Ibid., II, 204 et 416, 417.
(3) Vatic, gr. 405, f. 219·. La graphie est certaine et ne doit pas être confondue avec
cette autre : Κυδωνιάτης.
(4)-Cf. Ό έν Κωνσταντινουχόλει έλληνιχος φιλολογικός σύλλογος, XXV, 1893-1894, 164.
(5) Cf. Anna Comnena, Alexius, éd. Reifferscheid, I, φ.
(6) Sur le personnage et son activité littéraire, voir notre article du Dictionnaire de
Théologie catholique, X 2, 2581-2584. .
(7) Sur cette date, voir les Echos d'Orient, XXV, 1.920, 3i8, 319.
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échos d'orient
mieux obtenir un congé momentané qui lui permettra de faire le voyage
d'Italie, Démétrius proteste de son attachement à la Ville et promet, son
projet réalisé, de revenir s'y remettre au service de l'empereur (= τότε κα\
σοι καΐ τη πόλει δια βίου παραμένω). L'épithète : ό Θεσσαλονικεύς =: de Thes-
salonica que Démétrius se donne à lui-même est l'attestation la plus nette
qu'il était originaire de la métropole macédonienne, qu'il y grandit et y fut
élevé. Mais — ceci n'est qu'une simple suggestion — ne put-il pas naître
à Byzance lors d'un de ces courts séjours que son père, chargé plus tard
d'importantes missions à l'étranger, dut y faire? Cette hypothèse permett
rait, si elle était plus fondée (i), de concilier tous les textes. En tout cas,
une discussion rigoureuse, où seront produits et pesés tousles témoignages
de quelque poids, s'impose dans la prochaine édition.
P. x. C'est en i332 (le i3 février), non en i328, que mourut Andronic II :
(Cf. Νέος Έλληνομνήμων, VII, ιο,ιο, 140, n. 52, etMüRALT, Chronographie
byzantine, II,. 555, n. q.
P. xiv. Ce que Cammelli nous dit de la qualité et de la charge du
μεσάζων, malgré les citations faites, ne laisse pas d'être décevant. Il eût
cependant pu s'inspirer soit de Du Cange [Glossarium σ. ν. μεσάζοντες),
soit surtout de la note documentée de E. Stein, « Spätbyzantinische Ver-
fassungs-und Wirtschaftsgeschichte» dans les Mitteilungen zur osma-
.nischen Geschichte, II, 1923/5, 39, 40.
P. xix. Nous retrouvons ici une erreur que Treu {op. cit., p. 57) avait
déjà dénoncée. Ni Cydonès ni Cabasilas n'accompagnèrent en fait Can-
tacuzène dans sa retraite des Manganes (Cf., P. G., t. CLIV, 3 16 Β C);
la phrase citée, d'ailleurs mal traduite, fait allusion à un projet plus ancien
que les événements déjouèrent.
P. i3, 1. 16. Il est ici question d'un courrier que Cydonès désigne par
ces mots : ό χρηστός Δρομοκράτης. Le terme souligné ne se rencontre nulle
part sous cette forme précise. Μ*Γ G. Mercati (loc. cit., p. 212, n. 5) se
demande en conséquence si c'est bien là un nom propre et non un syno
nyme d'ailleurs inconnu lui aussi de δρομοκήρυξ ou δρομόναρχος. Personnel
lement, je tiendrais pour le nom propre, quitte à supposer une faute de
graphie imputable soit à l'éditeur, soit au copiste de Β (2); Δρομοκράτης
me semble être là, en effet, pour Δρομοκάτης, patronyme dont l'existence
est attestée au moins à partir du xve siècle (3), mais qui, par sa forme ori-
(1) II serait, en effet, étonnant que Démétrius ne se soit pas une seule fois glorifié de
ses origines proprement byzantines, à moins qu'on ne prenne à la lettre le texte restitué
par nous à Constantinople. Mais le sens peut être plus général.
(2) Ceci n'a rien d'impossible puisque nous surprenons ailleurs Cydonès (= A),
victime du rhotacisme écrivant μερμερίσοα-. pour μεμερίσθαι. (Cf. p. 72, 1. 104.) ·
(3) L'histoire de cette famille réfugiée à Chio a été écrite par Aimilia Zolotas, Ε·ς
βυζαντιακος δακτύλιος έν Χίω dans 'Αθηνά, XXII, IÇIO, I47-186. Voir aussi G. I. ZOLOTAS, 'Ιστορία της Χίου. Athènes, 1923. I, 320, 321 ; Νέος Έλλημνομνήμων, Χ, Ι9ΐ3, Ιΐ6, ΙΙ7·
S
LA CORRESPONDANCE DE DËMÈTRIUS CYDONÈS 345
ginale (Δερμοκαίτης), appartient à la plus ancienne tradition byzantine (i).
Quant à l'identité du personnage ici en cause, elle ne saurait être fixée
avec une suffisante exactitude. Une supposition téméraire cependant. Ne
serait-ce pas ce Paleologue que Cydonès s'excuse de ne pouvoir recom
mander à l'empereur (Cf. p. i65, 1. i83) et qui cependant apparaît bientôt
(p. 175, 1. 25o)
comme'
leur
agent de liaison? Hypothèse hardie, nous en
convenons, mais basée en quelque manière sur le fait de l'existence
au xve siècle au moins d'un Δρομοκάτης ό Παλαιολόγος (2), d'autant que
l'alliance des deux familles semble avoir été contractée à une époque
plus ancienne (3).
P. 145. Nombre de lettres portent ppur toute épigramme A Manuel ou
Au despote Manuel. Comme, cette époque compte deux personnages de ce
nom (Manuel Cantacuzène et Manuel Paleologue) en relations également
fréquentes avec Cydonès, il est difficile de désigner le vrai destinataire de
chaque pièce. Cammelli a tenté une répartition dont le bien fondé n'apparaît
pas toujours. Ainsi la lettre 64 est dite adressée à Manuel Cantacuzène; or,
il y a là une erreur que le début de la lettre permet de corriger sûrement. On
y lit, en effet : Ό Άσάντ,ς — où γαρ αν προ των διαλλαγών σον θείον τούτον
τολμήσαιμι πρόσειπειν... Il est difficile de ne pas reconnaître dans cet énoncé
Constantin (et non point Jean) Asanès, oncle de Manuel Paleologue, à qui,
de ce fait, la lettre dut être adressée. La mention du frère de ce dernier,
Andronic, dont il y est également question, confirme pleinement ce que
nous avançons; d'autre part, Constantin Asanès est bien de l'entourage de
Manuel Paleologue puisqu'il l'accompagne dans ses voyages. (Cf. Bessa-
rione, XXIV, 1920, 88.)
P. 147. La lettre 74 et la lettre 18 n'aüräient-elles rien de commun? La
première (anépigraphe) semble bien adressée à Georges Astras pour le
prier d'intervenir à TAthos en faveur de son frère Prochoros; la seconde
porte à l'obligeant fonetioraaire'les remerciements de Démétrius pour les
services rendus à la suite de cette première démarche. Si notre hypothèse
était vérifiée, la lettre 74 serait antérieure à i364-i365.
P. 200. La lettre 436 fut adressée bien plus vraisemblablement non
à Isidore Glabas, mais à un Lascaris. (Cf. M?e G. Mercati. Simone Atu-
mano arcivescovo di Tebe (Studi e Testi 3o), Roma, 1916, p. 58.
(1) Sur les Δερμοκαΐτης au xiv" siècle voir principalement J.-B. Papadqpoumjs, Γρη-
γορίου Χιονιάδου τοΰ 'Αστρονόμου έπιστολαί. Salonique,
"
1929,
ρ· ΐ83, 184.
(2) Georges gouverneur de Lemnos. Cf. Άοηνα, loc. cit., 179; Νέος Έλληνομ., loc. cit.
(3) Un acte patriarcal de 1400 nomme, en effet, Theodora Παλαιολογϊνα ή. Δδρμοκαί-
τισσα. On comprendrait mieux ainsi que le Paleologue, mandataire de Cydottès, eût
besoin d'être présenté à la cour, les liens de parenté unissant cet homonyme, de pro
vince à la famille régnante ayant dû s'affaiblir avec le temps sous l'influence d'alliances
secondaires.
846
ÉCHOS D'ORIENT
P. 201. Il est question dans la lettre 446 d'une recommandation pour
des moines de l'Ordre de Saint-Thomas. On veut naturellement parler de
Dominicains.
2° Les Notices.
L'éditeur n'a consacré, on ne sait pourquoi, que quelques lignes aux
nombreux personnages rencontrés dans cette correspondance. Cette par
cimonie étonne d'autant plus que, Cammelli en ayant traité ailleurs ex
professo (1), la matière lui était plus familière. Les notes qui suivent ne
prétendent nullement combler des lacunes trop nombreuses, mais un
iquement redresser certaines erreurs de conséquence ou bien faire le point
là où la carence ou la négligence du rédacteur a introduit la confusion.
Nous extirperons d'abord, pour commencer, du dossier prosopogra-
phique de cette Correspondance (p. 3i), l'étonnant Pasagios, personnage
mythique né d'une belle distraction du traducteur. Les Turcs, habitués
à entendre parler d'une expédition latine toujours annoncée, jamais réalisée,
demandent aux Grecs en plaisantant ε? τί'ς τι λέγειν εχοι περί Ιϊα«<ζγίου m si
l'on peut donner des nouvelles de Pasagios! Mais le latin passagium (2),
le français passage, le vénitien passagio et le grec πασάγιον désignent non
un homme, mais une chose : la Croisade.
P. 2θ3. Simple question. Les manuscrits ont-ils Άλουγίανός ou Άλου-
σίανός? La première forme est inconnue; la seconde se retrouve à toutes
les époques de l'histoire byzantine (3). Une note eût dû fixer le doute du
lecteur.
Sur quelle source est'basée l'affirmation que Constantin Asanès « est le
troisième fils d'Andronic »? Est-ce sur la donnée certaine qu'il apparaît
en i383 (4) comme l'oncle de Manuel II Paléologue? Mais, en ce cas, ce
correspondant de Cydonès aurait bien pu être tout aussi bien le fils de
l'un des frères d'Andronic. En outre, si la lettre 36 date bien de 1047,
quelle raison décisive empêche de croire qu'elle ait été adressée de pré
férence à Constantin Asanès Paléologue, neveu d'Andronic II (5)?
Quant à André Asanès, un acte du 25 mai 1405 nous permet d'ajouter
deux renseignements essentiels : il était cousin de Manuel H et investi d'une
(1) Cf. G. Cammelli, « Personnaggi bizantini dei secoli xiv-xv attraverso le epistole
di Demetrio Cidonio » dans Bessarione, XXIV, 1920, 77-108.
(2) Cf. Du Cange, Glossarium ad scriptores mediae et infimae latinatis. Paris, 1734,
t. V, col. 23i.
(3) On le relève au xivc siècle dans la Chronique même de Cantacuzène [P. G.,
t. CLIII, 1065-1067). Ce personnage, comblé de biens par Cantacuzène, pourrait être
le correspondant de Cydonès. En ΐ35? apparaît Michel Alousianos dans une liste de
notables mais sans attributions ni titres déterminés.
(4) Cf. Miklosich et Müller, op. cit., II, 56, 57.
(5) Cf. Miklosich et Müller, op. cit., III, 104, 107, où on le trouve signalé en 1324
et i332.

. LA CORRESPONDANCE DE DËMÉTRIUS CYDONÈS
347
fonction importante (gouverneur semble-t-il) dans l'île de Lemnos (i).
P. 204. Le grand stratopédarque Astras avait pour prénom Georges et
mourut de la peste non en 1347, mais en i304-i365. Nous le trouvons* en
effet, vivant en i302, date à laquelle il cède un πυργός sis à Lemnos au
monastère de Batopédi (2) et mort en i366, suivant une déclaration de son
propre fils Michel (3). Il semble avoir épousé, une Συναδηνή (4). Sur la chro
nologie des lettre's à lui adressées, voir plus bas.
P. 2o5. Je suis à même de donner quelques détails précis sur le cursus
honorum de Démétrius Cabasilas (5). En 1041, il compte, avec son père,
Georges, au nombre des οικείοι de l'empereur (6). Rien d'étonnant qu'il
pût dès lors aisément approcher le basilëus, d'autant qu'il s'allia lui-même
à la famille princière des Doucas. Le document, daté de i368, qui nous
l'apprend nous révèle en même temps sa qualité de piyfec παπίας (7).
La lettre 286 fut sûrement adressée à ce personnage. Par contre, celle de
Nicépbore Choumnos (f janvier 1327) dut avoir un autre destinataire :
Δημήτριος Κανίσκης Ό ααά Καβάσαας, diacre, dikaeophylax et grand sacellaire
de Thessalonique. Choumnos fait, en effet, l'éloge de la calligraphie de
son correspondant. Rien d'éronnant, dès lors, que ce clerc ait exploité son
talent et se soit fait copiste. Deux manuscrits de sa main nous sont par
venus, le Vatic, gr. 5ογ et le Laurent. Conv. soppr. 8 (8).
P. 2o5. Est-il bien sûr que Nicolas Cabasilas succéda à son oncle Nil
sur le siège de Thessalonique? M>r Petit, après l'avoir admise [Échos
d'Orient, t. Y, p. 94), a finalement rejeté cette éventualité (Ibid, xvm,
1916-1919, 249).
(1) Cf. Al. LavriotÈS, Έπι»ηι*.α βυζαντινά γράμματα dans Ό έν Κων
ελληνικός φιλολογικός σύλλογος, XXV, 1893-18945 IÖ2, 163 : ...ό πίριπόθητος εξάδελφος τής
βασιλεία; μου χΰρις 'Ανδρέας ό Άσάνης.
(2) Voir le texte de l'acte de cession dans Γρηγόριος ό Παλαμάς, Ι, 191 7, 769, 770 et
ΈπετηρΙς εταιρείας βυζαντινών σπουδών, IV, I927j 242. Cf. aussi Γρηγόριος ό Παλαμάς, III
1919.) 432; Ελληνικά, III, ΐ93ο, 67, n. i2. Le personnage apparaît également dans un acte
de 1357. Cf. Miklosich et Müller, op. cit., III, 126.
(3) Cf. Γρηγόριος ό Παλαμάς, loc. cit., p. 771; Έπετηρίς εταιρείας βυζ. σπουδών, loc.
cit., 246 : ό μαχαριτης μίγας στρατοπεδάρχης ό Άστρδς εκείνος.
(4) Π signe, en effet:. Γεώργιος Συναδηνός ό Άστρα ς. Cf. Ελληνικά, Π, 35ϊ. Tout
efois, ceci pourrait n'être à la rigaeur que l'indice d'une parenté plus lointaine avec
les Σνναΐηνοί, d'autant que les deux familles apparaissent déjà alliées au xi6 siècle.
Cf. P. G., t. CXXII, 457 A. .
(5) R. Guilland lui avait ^éjà consacré une notice substantielle dont la présente n'offre
guère qu'un démarquage. Cf. R. Guilland, Mcéphore Grégoras, Correspondance, Paris
1927, 3i6, 317.
(6) Cf. Vizant. Vremenn., IX, 1902,133.
(7) Un acte privé de Maria Lascarina, de mars i368, fut en effet, rédigé : ενώπιον τοΰ
οικείου τω κραταιω yuxl άγίω ημών αύθέντιρ καΐ βασιλεϊ μεγάλου παππίον (sic) κυρ Δημήτριο«
Δούχα τοϋ Καβδάσιλα. Le document, encore inédit, paraîtra bientôt dans la collection
des Monuments de l'Athos édités sous la direction de M. G. Millet.
(8) M. Vogel und V. Gardthausen, Dei griechischen Schreiber des Mittelalters und
der Renaissance, p. 102 s. ν. Δημήτριος. Voir aussi la note consacrée à ce personnage
dans les Echos d'Orient, XXVI, 1927, 357-
348
ÉCHOS D'ORIENT
II y a lieu de déplorer, une fois de plus, que la pénétrante étude con
sacrée par le regretté prélat au Synodikon de Thessalonique reste encore
ignorée des meilleurs écrivains. O. Tafrali, (Thessalonique, des origines au
xive siècle. Paris, 1919, p. 3od, Soi) lui-même s'en tient, à la lettre, aux
conclusions émises ici même en 1902.
P. 2o5 et 206. Nous n'avons pas à insister sur Calophéros. Quoi qu'on
écrive, le personnage est des plus connus parmi les correspondants de
Cydonès. Il avait nom Jean Lascaris Calophéros et joua dans les relations
de l'Orient avec l'Occident un rôle très actif, sinon toujours bien défini.
Mgr G. Mercati (1), qui l'a identifié, dit à son propos, dans ses relations avec
Cydonès, tout le nécessaire. Sur l'activité diplomatique de Calophéros,
on consultera surtout Halecki (2), R. Cessi'(3) et N. Jorga (4).
P. 207, le vrai nom du destinataire de la lettre 32 1 doit être Χλωρός,
porté au xive siècle au moins par deux personnages distincts, Georges,
cité en i357, sans qualité précise (5), et surtout Démétrius, parvenu peu
avant 137 1 au poste de protonotaire de la Grande Église (6).
P. 209. Les lettres adressées au métropolite de Thessalonique, Isidore
Glabas, ont dû l'être entre le 25 mai i38o et le 11 janvier 1396 (7).
P. 210. Manikaïtès doit sans doute ne faire qu'un avec le correspondant
de Nicolas Cabasilas, Doukopoulos Manikaïtès (8). Or, précisément nous
rencontrons dans un acte inédit, daté de i368, mention : του Βούλου τοΰ κρα-
ταιοΰ και άγιου ημών αΰθέντου και βασιλέως Δημητρίου Δουκοπούλου τοΰ Μανι-
καΐ-ου (9). Peut-être cependant s'agit-il de Georges Manikaïtès, apocrisiaire
impérial chargé de missions à la cour d'Avignon (10).
P. 211. La notice consacrée à Mouzalon est à refaire. Quoi qu'en ait pu
direBoissonade, c'est bien au protovestiaire TJiéodore Mouzalon qu'écrivit
Nicéphore Choumnos (+ 1327) et non à Georges (f 1257). D'autre part,
ce Théodore, ministre influent et polémiste antilatin, étant mort en 1295
(voir plus haut, p. 343, n. 7), n'a pu connaître Cydonès. Son correspondant
(1) G. Mercati, loc. cit., 2i5-225.
(2) O. Halecki, Un empereur de Byzance à Rome (= Travaux historiques de la Société
des Sciences et des Lettres de Varsovie, I, vol. VIII). Varsovie, 1930. Voir, à la table,
p. 412, 413 s. v. Lascaris Calop/iéros Jean toute référence utile.
. (3) R. Cessi, « Amedio \di Acaia e la rivendicazione dei domini Sabaudi in Oriente *,
dans le Nuovo Archivio veneto, XXXVII, 1919, 64 pages.
(4) N. Jorga. Philippe de Mézières (1327-1405) et la Croisade au xiv' siècle. Paris, 1896,
p. 285, 354, 357.
(5) Cf. Miklosich et Müller, op. cit., I, 371.
(6) Ibid., I, 479, 5o5, 543.
(7) Telles sont les dates extrêmes de son pontificat. Cf. Byzantinisch-neugriechischen
Jahrbücher., VII, 1930, 142-155.
(8) Cf. R. Guilland, « La correspondance inédite de Nicolas Cabasilas » dans la
Byzant. Zeitschr., XXX, 1929-1930, 101.
(9) C'est la même pièce, rédigée à Thessalonique, qui nous a déjà fourni le nom comp
let d'un autre correspondant de Cydonès. Voir supra, p. 347.
(10) Voir O. Halecki, Un empereur de Byzance à Rome, p. 413 s. v. Manicaïtès.
LA CORRESPONDANCE DE DËMÉTRIUS CYDONÉS 349
est donc un troisième personnage de ce nom. S'il était avéré qu'il s'appelait
lui aussi Théodore (1), il faudrait momentanément renoncer à l'identifier,
car l'existence d'un fonctionnaire homonyme au xive siècle n'est garantie
par aucune source (2). La seule hypothèse plausible est que le personnage
s'identifie avec l'homme de confiance (= ό Μο«ζάλων sans plus) que Can-
tacuzène cite dans son
Histoire'
(3).
J
P. 212. ΟΙναιώτης s'appelait-il vraiment Georges et doit-il en conséquence
être identifié avec le collaborateur de Galésiotès? Ceci ne nous paraît pas
suffisamment établi, car, dans le cercle de lettrés où fréquentait Cydonès,
apparaissent deux autres Οίναιοίτης, Michel et Macaire (4) ; un troisième,
contemporain des précédents, Andronic, se fit offrir un traité d'astronomie
par le moine Isaac Argyros (5). Le doute subsiste donc sur la vraie ident
ité du correspondant de Démétrius.
P. 214. Cammelli envisage la possibilité de ne voir qu'un même person
nage dans le λογοθέτης τών άγέλων (6) Phacrasès et le grand primicier homo
nyme de la présente correspondance. L'hypothèse est trop invraisemblable
pour mériter d'être énoncée. En effet, le premier figure déjà au, nombre
des correspondants de Georges de Chypre encore simple particulier, donc
avant 1283 (7); d'autre part, l'une des trois lettres adressées au second Pha
crasès par Cydonès aurait été écrite entre i383 et 1387. Un siècle séparant
l'activité de nos deux fonctionnaires, on ne peut donc songer à les iden-
(1) La suscription est muette à cet égard, mais le résumé de Bessarione (XXIV,
1920, 96) laisse clairetrient entendre que l'indication est dans le texte.
(2) M. Gédéon cite bien (Εκκλησιαστική 'Αλήθεια, III, i882-i883, 653) un Théodore
Mouzalon, grand drongaire, dans l'entourage de M. Philès. Il doit y avoir là une con
fusion, car l'œuvre du poète byzantin, aujourd'hui entièrement connue, grâce aux travaux
de Martini, ne nous a livré aucun fontionnaire ayant possédé au xiv° siècle ces noms
et qualité.
(3) J. Cantacuzeni, Historiarum, 1. III, 65; P. G., CLIII, 1089 A. Le xiv" siècle vit
plusieurs Mouzalons prendre part à la vie publique, v. g. les grands drongaires Etienne
(G,. Pachymerae, De Andronico Palaeologo,'V, 14; P. G., CXLIV, 437 A) et Jean
Doucas (IE. Martini, Manuelis Philae carmina inedita. Neapoli, 1900, p. 41), le sébaste
Constantin cité en 1324 comme originaire de Thessalonique (Miklosich et Müller,.
op. cit., I, 100, etc.). .
(4) Ces deux personnages sont en relations épistolaires avec Michel Gabras.
(Cf. A. M. Zanetti, Graeca D. Marci -bibliotheca, 1740, p. 233, n. 49, et p. 238, n. 25g.) Ils
pourraient sembler de ce fait trop anciens; toutefois, leur curriculum vitae nous étant
inconnu, ils ont fort bien pu naître au début et mourir dans la seconde partie du
xiv* siècle, et se trouver dès lors successivement en relations avec Philès (t -c. i33o)
et Cydonès.
(5) Cf. A. M. Zanetti, op. cit., p. i5l : Τω Οίναιώτη κυρίω Άνδρονίκω μεθόδους αίτή-
σαντι λογικάς... Cf. cod. CCCXXVIIL·
(6) Le personnage avait pour prénom Jean, mais ne fut jamais grand logothète, comme
on l'affirme à tort. .
(7) Voir le texte de la lettre adressée τω Φακρασή 'Ιωάννη dans 'Εκκλησιαστικός
Φάρος, III, 1909, 34· La meilleure notice qui ait été consacrée' au personnage et à sa
famille est de Sp. Lambros, "Εκφρασις περί των βασιλικών όφφικίων ύπο 'Ιωάννου Φακ
ρασή dans le Νέος Έλληνομνήμων, XIII, 1916, 23-32 β. Cf. aussi ΙΕ. MARTINI, op. cit.r
p. 57, 58.
35o échos d'orient
tifier. Quant au gouverneur de Silyvrie, Didymoteichos et autres lieux, il
avait nom Georges et rang de stratège. Fut-il jamais grand primicier? Ce
serait à prouver, d'autant qu'à la même époque certains de ses parents,
Démétrius Paléologue Phacrasès tout particulièrement, semblaient
désignés plus directement à cette haute fonction et par leurs relations de
famille et par l'avancement normal de leur carrière.
P. 214. Notice de Jean Pothos. Ici encore, comme plus haut à propos
du Pseudo-Pasagios, l'éditeur a pris le Pirée pour un homme; en effet,
égaré par la suscription du Marcian. gr. 5i4, f. 194 : του Βουλγαρίας χαατο-
ψύΐαχος Πόοου, il acru découvrir dansée qui n'est que le titre d'un opuscule :
Πόθος (ι), un second patronyme de l'auteur, Jean Pédiasimos, diacre et
chartophylax d'Achrida. De là l'erreur qui lui a fait confondre avec ce per
sonnage le correspondant de Cydonès, Jean Pothos. Que ce soit là deux
entités bien distinctes, rien de plus certain. En effet : i° En aucune source
Jean b ΙΙεαιάαψος n'est dit s'appeler aussi Πόθος; 2° Le chartophylax de
Bulgarie était déjà, dès avant 1280 (2), un personnage considérable qui, de
ce fait, devait avoir atteint un certain âge, au moins la trentaine. Comment
dès lors admettre qu'il aitpu, vers i35o, centenaire ou peut s'en faut, entre
prendre de longs voyages et courir les dangers auxquels Cydonès fait
allusion? 3° Enfin, ainsi que l'avait déjà remarqué M. Treu (3), quelle que
soit l'affirmation de Krumbacher (GBL2, 556), il n'apparaît nulle part que
Jean Pédiasimos ait vécu au xive siècle.
Il y a, par contre, quelque raison de croire que le Jean Pothos de cette
correspondance n'est autre que ce familier du pincerne Ange, envoyé en
1341/2 par Cantacuzène vers la régente Anne de Savoie pour lui proposer
la paix (4). Deux autres mentions d'homonymes se rencontrent dans les
sources; celles de Jean Pothos, grand sacellaire de la métropole de Thes-
salonique vers la fin du xme siècle (5) et de Jean Pothos, fonctionnaire
d'Andronic II et élevé, semble-t-il, dans l'entourage impérial (6). Il est
(1) Le titre complet est libellé comme suit : Ιωάννου τοϋ Πεο^ασίμου τοΰ Βουλγαρίας
Χαρτοφύλακος Πόθος. Cf. Ε. Miller, Catalogue des manuscrits grecs de la Bibliothèque
de l'Escurial. Paris, 1848, p. 75 sq.
(2) Georges de Chypre (= patriarche Grégoire II de 1283 à 1289) lui adresse une lettre,
alors qu'il n'était encore que simple particulier. Cf. 'Εκκλησιαστικός Φάρος, 1, 1908, 431.
(3) M. Treu, Theodori Pediasimi eiusjtte amicorum qttae exstant. Potisdamiae, 1899,
p. 61. ■
(4) Cf. J. Cantacuzeni, Historiarum, 1. III, c. XXIX; P. G., t. CLIII, col. 876 A;
i>e Muralt, Essai de chronologie byzantine, 1057-1453, p. 58i, n. r8.
(5) Cf. Γρηγόριος ό Παλαμάς, II, 1918, 253. L'acte au bas duquel se lit son nom n'est
malheureusement pas daté, mais, en le comparant avec le suivant (janvier 129.5), on se
rend facilement compte qu'il lui est quelque peu antérieur. Un même officier, Pierre
ό Τζίσκος, signe, en effet, d'une part en qualité de ίερομνήμων, d'autre part, comme
πρωτεκδίκος de Thessalonique. Cette dernière charge incluant un avancement, le document
qui la mentionne est nécessairement postérieur.
(6) L. Petit et B. Korablev, Actes de t'Athos, V; Actes de Chilandar, n. π 5, en sup
plément aux Vizant. Vremenn; XVII, 1910, 238.
LA
CORRESPONDANCE DE DÉMÉTRIUS CYDONÈS 35 1
possible, mais non certain, que ce dernier et le partisan de Cantacuzène
ne fassent qu'un.
P. 2i5. La'graphie Σγυρ'&τουλος (Cf. p. 97, 1. 34) est-elle bien authen
tique? Partout ailleurs nous relevons la forme Σγουρόπουλος. Les membres
de cette famille durent être nombreux au xive siècle, car nos recherches
en matière de prosopographie byzantine, loin encore d'être complètes, nous
ont t'ait connaître dix-neuf d'entre eux. Grâce à une indication de
M. Halecki et à un renseignement fourni par la lettre 349, nous pouvons
risquer presque à coup sûr une identification. Cydonès félicite, en effet,
son correspondant d'apprendre le latin en compagnie de l'empereur. Ce
studieux ami n'est-il pas dès lors Manuel Sgouropolos, qui traduisit, en
latin précisément, la lettre autographe que Jean V adressa au Pape vers
la fin de 1374 (τ)? C'était là un catholique influent dans les milieux de
Constantinople, qui fut honoré de lettres pontificales et rendit de pré
cieux services aux missionnaires Dominicains.
Ces relevés rapides n'ont pas épuisé la série des remarques à faire
à propos de notices généralement rédigées trop à la hâte avec des maté
riaux de rencontre. Nombre de personnages donnés pour incertains ou
inconnus semblent devoir être identifiés assez facilement le jour où le
texte intégral de la Correspondance nous aura été livré. Il est à souhaiter
que l'éditeur fasse lui-même ce travail et reprenne dans sa future édition
toutes les notices, inégales et squelettiques, de ce volume. Au cas cont
raire, il se réserverait à lui-même et au lecteur de cruelles surprises
l'interprétation des événements rapportés ou insinués ne pouvant être
sûrement fondée que sur la connaissance exacte du milieu historique où le
récit s'en est d'abord formé. Nous allons le constater pour la chronologie.
3. Chronologie. J
Les Byzantins n'eurent pas comme nous la préoccupation de dater leurs
lettres. Aussi, quand, sur le tard, l'idée leur venait de recueillir leur cor
respondance, se trouvaient-ils assez embarrassés pour établir entre des
pièces rassemblées de partout l'ordre chronologique d'émission. Pour
prévenir cet inconvénient comme aussi pour sauver de la dispersion et de
l'oubli l'intégralité de leur dossier épistolaire, les plus prévoyants eurent
soin de consigner dans un registre à part la minute des lettres au fur et
à mesure où celles-ci étaient expédiées. Au moment de les éditer, l'auteur
pouvait à son aise corriger ou élaguer, ajuster au goût du public certaines
expressions trop familières ou biffer des développements moins heureux ;
dans tous les cas, ils s'épargnaient l'odieux, que d'autres (v. Grégoire de
(1) O. Halecki, op. cit., p. 307; Manuel Sgouropoulos, auquel Michel Gabrae envoie
la 32* lettre de son recueil (Cf. A. M. Zanetti, op. cit., p. 2-33), ne doit foire qu'un,
semble-t-il, avec le nôtre.
) ·< ν*" ~* > '" r^" r <?ι «■·*?»** *^?i/· ·"
352 échos d'orient
Chypre) durent s'imposer, de quêter partout leur propre prose. Démétrius
Cydonès prit cette utile initiative, à cette différence cependant qu'au lieu
de transcrire ses textes dans un seul volume, il se servit d'un nombre
assez élevé de cahiers détachés qui, mis par lui-même bout à bout, au
hasard, ont constitué l'actuel Vaticanus ιοί (A). Ce manuscrit, avec ses
innombrables ratures et surcharges autographes, présente l'aspect d'un
vrai brouillon dont YUrbin. gr. i33 (F) est la copie nette et définitive.
Cette observation, faite sur place par M&r G. Mercati, est d'une souveraine
importance, car elle autorise une conclusion d'une portée décisive en ce
qui concerne la datation des lettres, à savoir : les lettres d'un même cahier
doivent, en . règle générale, se trouver dans l'ordre chronologique. Or,
•comme chaque groupe compte des pièces dont l'époque d'émission peut être
exactement déterminée, il devient relativement aisé de dater par approxi
mation (i) celles qui ne portent en elles-mêmes aucun critère appréciable.
Rien d'impossible que la prise en considération de ce fait rigoureusement
contrôlé jointe à l'examen minutieux des nombreuses circonstances de lieux
ou de personnes évoquées par cette correspondance n'amène le futur
éditeur à des conclusions nouvelles, en partie contraires à celles qu'il
aura émises dans le présent volume. v
Le mémoire déjà cité de M?T Mercati prouve à l'évidence que ce n'est
pas là exprimer un espoir téméraire. L'éminent préfet de la Vaticane a pu,
en effet, grâce à une longue familiarité avec les œuvres et l'entourage
de Cydonès (2), apporter un nombre considérable de rectifications ou de
précisions à la chronologie adoptée. Nous ne pouvons, quant à nous,
procéder au même travail d'épuration et de réajustement que dans des pro
portions bien plus modestes (3). Cependant, le peu que nous sommes
à même d'ajouter à ce qui a été dit aura peut-être son utilité.
Traitons d'abord d'un groupe de lettres qu'il est possible de dater avec
une grande exactitude : celles qui sont adressées au grand hétériarque
Astras, ou qui foot mention de ce personnage.
Nous avons déjà signalé que le fonctionnaire avait nom Georges Astras
Synadénos. Cette identification nous permet de tirer de la lettre 3i un
précieux point de départ. Il y est, en effet, dit qu'Astras mourut de la peste
a Lemnos. Or, les documents contemporains nous ont fait connaître qu'il
(1) De ce point de vue, afin de faciliter le contrôle au lecteur, Cammelli devra com
pléter la description paléographique de A en relevant soigneusement l'ordre et toutes
les particularités des divers quaternions qui le composent.
(2) Nous aurons bientôt la joie et l'honneur de présenter à nos lecteurs l'ouvrage
impatiemment attendu du savant prélat sur les deux frères Cydonès, Prochore et Démét
rius.
(3) L'étude pertinente de chaque lettre n'est possible qu'à la condition d'en détenir
le texte. Or, dans l'éloignement de tout où l'on est en Turquie, je ne puis guère lire
in extenso que les 5o lettres de ce volume, les autres éditions de quelque ampleur,
principalement celle de Boissonade (37 lettres), n'étant pas à ma portée.
LA CORRESPONDANCE DE DÉMÉTRIUS CYDONËS 353
•vivait encore en i302, mais qu'il était mort en i366 (i). Il s'ensuit que
l'épidémie qui fut fatale au correspondant de Cydonès dut sévir entre ces
deux dates. Cette constatation renforce l'autorité de la notice relevée
dans le codex Barocc. 6g d'après laquelle le fâcheux événement aurait eu
ùeu en i3o4-i365. D'autre part, s'il fallait croire au synchronisme rigoureux
des deux événements relatés par le scoliaste (θανατικόν-μ.ου,ρτον), nous
devrions retenir de préférence la première de ces années, le soulèvement (2)
des colons. grecs de Crète contre leurs maîtres vénitiens ayant eu lieu
alors de mars à juin
■ C'est donc très vraisemblablement en 1364 ou 1 365 que fut rédigée la
lettre '3 1.' A la même occasion, quoique un peu plus tard, semble-t-il, fut
écrite la lettre 24 où Cydonès « apparaît tout triste de la mort de son ami ».
La lettre 18, par contre,^est à peine antérieure, car elle fait mention de la
peste et des dangers qu'elle fait courir à Astras. ;
L Restent à dater les lettres 9, 14, 21 et 22, toutes adressées à Astras.
" Pour les trois premières, on ne saurait préciser; la seule conclusion
à tirer est qu'elles sont antérieures à i304-i365 et non à 1347. La lettre 22
contient, elle, un élément de calcul appréciable, vu qu'elle nous montre
îe destinataire déjà en charge à Lemnos. Nous ne savons pas, il est vrai,
quand exactement Astras y fut nommé au poste de gouverneur; le plus
ancien document, qui nous ait gardé le souvenir du mandat rempli par
lui «dans l'île, date de juin i36i (3). Mais si, pour le moment, rien ne
peitaèt de remonter plus haut, nous savons du moins qu'en août 1346 la
charge était encore aux mains d'un autre, le grand hétériarque Georges
Doucas Philanthropènos (4). On peut, d'autre part, se demander si la
prise de possession d'Astras n'est pas postérieure à i356, date à laquelle
un troisième fonctionnaire, Manuel Lascaris, signe : εξισωτής και άπογραφευς
καΐ πρώτος διοίκητής τ% νήσου (5). La lettre en question fut donc écrite
sûrement entre 1346 et i304-i365, et, en toute vraisemblance, après i356.
Il y a lieu d'observer à ce propos que la lettre 290 est antérieure à 1364-
ï-365. Cydonès vient, en effet, de se créer une nouvelle relation et s'en
réjouit avec l'intéressé, un certain Acace. Or, ceci dut se passer du vivant
même d'Astras, puisque nous' voyons ailleurs (1. 14) l'auteur engager ce
fonctionnaire à recourir aux conseils et à l'influence de ce même ami alors
éprouvé.
Simple suggestion! La lettre 27 ne serait-elle pas adressée à Michel,
(1) Voir ci-dessus, p. 347.
. (2) Tel est bien, aemble-t-il, le sens du terme μοΰρτον défiguré par le rhotacisme. La
forme courante est, en effet, μοϋλτον, du latin tumultus. Cf. E. A. Sophocles, Greek
.lexicon of the romaris and byzantine periods. Boston, 1870, 770 s. v.
(3) Cf. Ελληνικά, II, içaç, 35ç et 382 (ce dernier acte n'est malheureusement pas daté)
(4) Ibid., p. 36φ
iS) Ibid.
Echos d'Orient. — T. XXX. 12
354
échos d'orient
le fils de Georges Astras dont nous venons de parler? Elle serait alors-
de i365.
Quant aux sept lettres adressées à Georges le philosophe, il est bien
difficile de croke qu'elles soient toutes antérieures à 1347. Toutes laissent
voir que Cydonès était influent et bien en plaee, à même de donrner des
conseils à des hommes d'un rang et d'un prestige considérables, surtout
assez bien en cour pour réconcilier avec l'empereur certains disgraciés de
ses amis comme Georges. Peut-on croire, dès lors, qu'en 1347, Cydonès,
encore jeune, eût pu jouer un tel rôle et exercer un tel empire ? Cela
paraît à première vue invraisemblable, tandis qu'à la veille comme au le
ndemain de la grande peste de 1 364-1 365, Demetrius jouissait de la plus
grande faveur auprès de Jean V Paléologue qu'il devait bientôt accom
pagner en Italie.
Enfin, les lettres 2 et i83 sont adressées à Rhaoul Métochitès ; l'une et
l'autre sont livrées par un groupe demanuscrits différents. Est-il possible
de maintenir avec l'éditeur la première en 1341-1347 et la seconde en i383-
i3o,i? Cet écart de près d'un demi-siècle est pour le moins insolite. Il est
d'autre part à noter que la première date a été retenue parce que la lettre 1
fait mention de la mort du philosophe Georges, arrêtée d'ailleurs en 1347.
Signe encore que ce dernier événement dut être postérieur.
Voilà certes une liste assez longue de compléments ou de menues:
erreurs dans lesquelles est tombé l'éditeur de cette Correspondance. Il
n'y a pas lieu toutefois de lui en tenir une rigueur excessive, car, dans un
domaine aussi riche mais aussi peu exploré que le xive siècle byzantin, ce
serait merveille si le chercheur, ayant fourni une longue route, ne s'était
plus d'une fois égaré. Il est juste que nous renouvelions au hardi pionnier
notre sincère gratitude pour l'oeuvre réalisée. Les nombreux détails, moins
heureusement traités, gue nous avons relevés ne peuvent en rien nous
faire oublier les grandes difficultés , d'ordre surtout philologique, dont
l'éditeur a brillarajment triomphé. La réussite eût été cependant plus comp
lète si l'on avait appliqué dans l'élaboration de ce volume la salutaire for
mule qui fécondera, espérons-le, le grand projet du Corpus des Histo
riens byzantins récemment émis : Point de texte sans traduction ; point de
traduction sans commentaire.
V. Laurent.

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