E.

Stéphanou
Les derniers essais d'identification du Pseudo-Denys
l'Aréopagite
In: Échos d'Orient, tome 31, N°168, 1932. pp. 446-469.
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Stéphanou E. Les derniers essais d'identification du Pseudo-Denys l'Aréopagite. In: Échos d'Orient, tome 31, N°168, 1932. pp.
446-469.
doi : 10.3406/rebyz.1932.2732
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rebyz_1146-9447_1932_num_31_168_2732
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Les derniers essais d'identification
du pseudo-Denys l'Aréopagite
Ces dernières années ont fait au pseudo-Denys une situation privilégiée dans les études patristiques. Identifier ce personnage mystérieux est un rêve depuis longtemps poursuivi, et ce rêve, deux récents auteurs, avec une égale conviction, pensent enfin, chacun à sa manière, l'avoir réalisé. Pour le P. Stiglmayr, ce spécialiste renommé des études dionysiennes, l'auteur des fameux écrits est Sévère, le grand patriarche monophysite d'Antioche. Cette thèse n'a point recueilli tous les suffrages, et depuis j quelque temps nous assistons à une joute littéraire pleine d'intérêt que ] nous exposerons plus loin. L'autre érudit est M**1 Athénagoras, l'un des prélats les plus éclairés de l'épiscopat de Grèce. Pour lui, le pseudo-Denys est à identifier avec Denys d'Alexandrie. Son étude, suggestive à pîus f d'un titre, pourra retenir l'attention de ceux même qu'une telle révélation, \ heurtant de front des convictions depuis longtemps acquises, trouvera de f prime abord sceptiques et quelque peu dédaigneux. | Le présent bulletin n'entend point prendre parti dans la controverse, 1 encore moins fournir lui-même une solution positive. Il ne veut qu'exposer j les deux hypothèses en question, en y annexant, pour la première, les ) : critiques dont elle a été l'objet, en y ajoutant, pour la seconde, les obser- ] vations que son examen nous a suggérées. Nous ferons suivre le tout d'un 1
; .tableau bibliographique des études dionysiennes parues depuis la guerre. ;
A. Sévère d'Antioche et Denys l'Aréopagite.
'■" La personne de Denys l'Aréopagite fut depuis toujours une figure
attrayante, et maintes entreprises furent tentées, surtout à la fin du siècle
dernier, pour dissiper l'obscur nuage sous lequel depuis tant de siècles
il s'était bénévolement enseveli. Si l'histoire taisait son nom et rendait
toute enquête impossible, du moins avions-nous le témoignage de ses ι
œuvres. La critique interne du Corpus dionysiacum devait d'abord con- j,
V duire les chercheurs à déterminer l'époque de sa composition. Plusieurs *
\ essais furent tentés, dont celui de Hipler (i), formant courant, entraîna \
l, plusieurs partisans"'convaincus. A les entendre, on devait admettre que ]
l'auteur vivait vers la fin du ive siècle; que sa dénomination d'Aréopagite ;
f était un surnom ajouté à son véritable nom Denys; qu'il s'identifiait pro- '
.y bablement avec Denys de Rhinocolure, en Egypte, ou même avec Denys, i
ί" le grand évêque d'Alexandrie; que les personnages mentionnés dans ses
(i) Hipler, Dionysius der Arcopagita, Ratisbonne, 1861·.
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DERNIERS ESSAIS ^IDENTIFICATION DU PSEUDODENYS 447
œuvres étaient des contemporains, et qu'eafin le Corpus dionysiacum
était tout farci d'interpolations dues à des mains profanes du ve et du
vie siècle. Thèse qui tomba sous les coups de Ftink (i) et surtout des tr
avaux parallèles de Stiglmayr (2) et de Koch (3).
Dans ces travaux, le caractère pseudépigraphique dont on avait tenté de
disculper l'auteur de l'œuvre dionysienne était au contraire fortement mis
en lumière. Denys l'Aréopagite, loin de correspondre; à un personnage
connu ou inconnu mais réel du ive siècle, loin de s'identifier, à plus forte
raison, avec le premier évêque d'Athènes converti de FAréopage» devait
être tenu pour un faussaire de la fin du ve siècle, qui, à l'exemple des
coutumes peu scrupuleuses, à nos yeux, de son époque, avait essayé, pour
donner plein crédit à ses productions, de les abriter sous un nom illustre.
Les preuves alléguées étaient sérieuses et elles entraînèrent jusqu'à
l'assentiment des adversaires.
Et d'abord,, il restait toujours cette fin de non-recevoir, opposée par
Hypatius, le champion des orthodoxes, quand, à la conférence de Const
antinople (532 ou 533), les sévériens produisirent, à la surprise univers
elle, les écrits de l'Aréopagite. « Ces témoignages que vous prétendez
être de Denys FAréopagite, comment pouvez-vous prouver qu'ils sont
authentiques, comme vous le supposez? S'ils étaient de lui, ils n'auraient
pu être ignorés du bienheureux Cyrille d'Alexandrie » et de toute la tra
dition patristique.
De plus, la critique interne minutieusement menée par Stiglmayr et
Koch concluait à une dépendance très étroite des milieux, doctrines,
tournures de pensée du néo-platonisme et spécialement du plus illustre
représentant de l'école expirante d'Athènes, Proclus (412-485), dont les
écrits, non seulement servirent de modèle aux écrits dionysiens, mais
encore leur prêtèrent bien souvent et leur pensée et leur expression.
D'après les parallèles établis par le P. Stiglmayr (4),, Denys aurait connu
et utilisé les ouvrages suivants du philosophe neo-platonicien d'Athènes :
Στοι/είαχτις Οεολογικ·/], E'tç τ&ν Πλάτωνος Τιμάΐον, Παρμενιδην, Άλκιβιάδην, ΕΊς
τψ Πλάτωνος Θεολογίαν, De malorum subsistentia. De decent dubitationibus
circa providentiam. Ajoutons que l'emploi, en doctrine christologique,
des expressions nettement -Chalcédoniennes άσυγχύτως, άτρέπτως, αδιαιρέτως,
άχωρίοττως, trouve place chez Denys, non par hasard comme chez les
Pères plus anciens, mais joint à la tendance prononcée d'éviter tout ce
qui pouvait rappeler le mélange des deux natures dans le Christ. Très
(1) Funk, Lit. Rundschau, i883 col. 7 il..; Theolog. Quartaischriß, 72 (1890) 3io...
73 Î1891) 495.. 76 (1894) 172.. ,~~
(2) J. Stiglmayr, Das Aufkommen der Pseudo-Dionysischen Schriften und ihr
Eindringen in die christliche Literatur. Feldkirch, 1895.
(3) H\ Koch, Der pseudepigraphische Charakter der, dionysischen Schriften. Theol.
Quartßlschrift, 77 (189S) 353-420.
(4) Stiglmayr, op. cit., p. 28-34.
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ÉCHOS D'ORIENT
caractéristique est aussi, dans ce sens, l'emploi de l'expression συνθεσίς,
σύνθετον. Au reste, un examen attentif de l'œuvre dans ses expressions et
dans ses préoccupations peut, selon toute vraisemblance, la placer sous
les influences de l'Hénotique (482) dont on connaît l'histoire. Enfin, dans
son traité de la Hiérarchie ecclésiastique III, 2, Denys connaît la coutume
du Credo chanté pendant la messe, usage introduit par le patriarche
Pierre le Foulon seulement en 476 (1).
Toutes ces conclusions en étaient là depuis le commencement du siècle,
unanimement d'ailleurs agréées par le monde des savants, quand, après
de minutieuses recherches et un travail assidu sur les œuvres de Denys,
le P. Stiglmayr crut enfin avoir identifié ce personnage mystérieux, en le
mettant dans le rayonnement du patriarche monophysite d'Antioche,
Sévère. En deux articles parus dans la revue Scholastik de 1928 (2) étaient
longuement exposées les raisons qui avaient porté le savant chercheur
à se prononcer. Denys n'était autre que le chef du monophysisme tem
péré, Sévère.
* * *
Nous suivrons le P. Stiglmayr dans les grandes lignes de son argument
ation avec des renvois aux pages de son article. C'est évidemment le
processus des comparaisons qui triomphe ici; l'auteur rapproche Denys
et Sévère, qui dans l'hypothèse peuvent correspondre au même person
nage, et essaye de surprendre des similitudes, soit dans leur vie, soit dans
leur doctrine.
1. Après avoir suivi Sévère élève de philosophie et de rhétorique
à Alexandrie, il le voit se tourner soudain vers la vie ascétique et myst
ique, et avec plusieurs amis former, sous la conduite d'Evagre, un
groupe spirituel tout adonné à la lecture et à l'étude de saint Paul (p. 4).
Le premier rapprochement est alors établi sur la base de l'enthousiasme
mystique, du désir ardent de solitude en vue de la pratique de la philo
sophie chrétienne et de la contemplation, qui caractérisent ces deux
hommes (p. 5). Qu'assoiffé de vérité et de réalités spirituelles, Denys se
soit plongé dans la contemplation et que, sous la touche de la grâce, il
ait senti le besoin de communiquer aux autres, dans un ouvrage, le trop
plein de son cœur (d'où le DN) (3), rien d'étonnant, mais que Sévère, au
(1) Nous faisons tout de. suite remarquer, à propos de ce dernier point, que
W Athénagoras, l'auteur de l'ouvrage que ce bulletin se propose de présenter, nul
lement convaincu ou satisfait des raisons alléguées sur l'identification des expressions
σύμβολον της πίστεως, καθολική υμνολογία, θρησκείας σύμβολον, nous promet sur cette
question de nouvelles surprises dans un travail prochain portant titre "Εν λειτουργικών
αίνιγμα έν τη αρχαία εκκλησία.
(2) « Der sog. Di'onysius Àreopagita und Severus von Antiochen », Scholastik 3 (1928)
1-27, 161-189.
(3) Nous adoptons volontiers les sigles du P. Stiglmayr pour le renvoi aux ouvrages
de Denys ou de Sévère : CH = Caelestis Hierarchia; EH = Ecclesiastica Hierarchia;
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DERNIERS ESSAIS D'IDENTIFICATION DU PSEUDODENYS 449
dire de Zacharie son biographe, ait subi la même emprise et que, cat
échumène encore, il se soit adonné avec tant d'ardeur à l'étude et à la
contemplation et qu'il ait essayé une esquisse de la vie des grands
ascètes, le phénomène n'est pas sans intérêt et offre assurément matière
à rapprochement. Du reste, le résultat de ces études est chez les deux
hommes une vaste science juridique, 'philosophique, etc., qui transparaît
dans leurs écrits et dont cherchent à profiter de nombreux correspond
ants, moines, clercs, évêques (p. 6-7). Si Denys se nourrit de la doctrine
des Pères et grands saints, Basile, Grégoire, Athanase, Cyrille et spécia
lement de saint Paul, sans oublier cet Hiérothée dont la mémoire semble
attachée aux plus grandioses des qualificatifs, Sévère n'est pas moins un
homme dé science patristique par excellence; ses sources préférées sont
celles de Denys, et saint Paul le fascine. Faut-il aussi remarquer que la
prédilection de Sévère pour saint Ignace martyr, l'Aréopagite ne manque
pas de la relever dans une citation du DN II 12 (p. 8-9)?
Le P. Stiglmayr essaye ici, en suivant le cours de la vie de Sévère,
d'identifier les personnes qui l'entourent. Son maître, Evagrius, celui
dont la figure ascético-mystique fit sur son âme une impression si pro
fonde, qui suscita en lui le désir de la perfection et qui sur les eaux
baptismales l'assista comme parrain, ne serait autre que celui que l'Aréo
pagite présente sous la figure aimée de Γίεροτελεστής Hiérothée (p. 9). La
page même de Zacharie relatant le baptême de Sévère ne rappelle-t-elle
pas d'une façon frappante celle de Denys dans EH II 2, 1-7 (p. 10)?
Après son baptême, Sévère n'abandonna pas ses études, mais ses rela
tions avec Pierre libérien et son séjour au couvent deMaïouma permirent
à sa ferveur de tenter l'idéal monastique de renoncement et d'union
à Dieu, tel que l'ont rêvé les œuvres de Denys EH VI 3 2 (p. 11). Bien
plus, autour de lui, après la mort de Pierre, des jeunes gens avides de
vie parfaite viennent se réunir, et fraternellement Sévère accepte.de
diriger leurs âmes, devenant, comme Denys, διδάσκαλος τών νεοτελών ψυχών,
DN III 2. Mais un élève émerge du jeune groupe, c'est Pierre de Césarée
reçu par Sévère comme Paul accueillit Timothée, un fervent que la fra
ternité juge digne du sacerdoce presque au même degré que son maître.
En ce Pierre nous devons, avec le P. Stiglmayr, reconnaître le παίδων
ιερών Ιερώτατος de Denys, Timothée, le préféré du groupe des ψυχών νεοτελών
dont l'Aréopagite se disait le διδάσκαλος. La sympathie personnelle, l'e
stime de Sévère pour son élève, ainsi que le désir de lancer un écrit pr
étendument issu des temps apostoliques, sont une explication suffisante
de la substitution du nom (p. i2-i3). Denys prêtre (DN XIII 4, EH I 1)
appelle Timothée son συμπρεσβύτερος ; or, d'après Zacharie, Sévère reçut
DN = De divinis Nominibus; MTh = Mystica Theologia: Ep. = Epistulae; PO = Pa-
trologia Orientalis.
Echos d'Orient. — T. XXXI. i5
45ο
échos d'orient
le sacerdoce avec Pierre son disciple. C'est comme prêtre qu'il dut en
effet composer successivement DN, EH, et CH. Du fond de son monast
ère, il commence à s'intéresser aux luttes dogmatiques, et c'est pour
pencher peu à peu du côté de l'Hénotique (p. i5).
Les querelles dogmatiques qui placèrent les moines de Maïouma et de
Gaza dans le camp antichalcédonien et leur valurent l'exil trouvèrent en
Sévère un chef. A Constantinople, où il plaide la cause de ses moines, il
est gagné à l'idée de l'Hénotique, et son attitude le hisse sur le trône
patriarcal d'Antioche. Comme patriarche, son activité apostolique, inspirée
surtout par son élan ascétique, est grande. Mais l'avènement de Justin lui
est fatal; au concile de Constantinople (536) il est excommunié, et, retiré
en Egypte, il y meurt en 538 (p. 17-18).
Sévère, comme Denys, partisan de la vie monastique, n'hésite pas
cependant à rappeler aux moines leur place qui vient sur l'échelle hiérar
chique après celle du diacre EH VI. Comme Denys encore, il exaltera la
stabilité et la fermeté de la foi vraie DN VII 4, IIÏ 3 dont il se dit le f
défenseur contre les innovations de Chalcédoine PO IV 77 (p. 19). î
A propos de l'Hénotique, le P. Stiglmayr soutient que Sévère, défenseur
de cette pièœ qui impose silence sur les expressions litigieuses {/.ία ψύαις |
— δύο φύσεις, n'est pas moins à rapprocher de Denys dont on connaît, sur |
ce point, l'attitude prudente. Ne faut-il pas aussi rappeler que la pensée }
de l'unité qui anime les pages des Areopagitica (spécialement DN XIII 2) !
est bien dans l'esprit de l'Hénotique dont Sévère embrasse la cause |
(p. 20-21)? ■î
. En finissant cette première partie de son exposé, le P. Stiglmayr essaye j
encore quelques rapprochements sous le titre « Die spaeteren Lebensums- j
taende des Severus ». Ainsi il établit des parallèles nouveaux basés sur \
les tournures de pensée, sur l'habileté, aux affaires qui, de part et d'autre,
semble peu ordinaire, sur le respect pour la hiérarchie, et spécialement
une certaine peur de la dignité de l'évêque, etc.
Mais une nouvelle question se pose. Zacharie, biographe de Sévère, ;
dit de son héros, en exaltant sa vaste érudition, qu'il fréquenta assidûment, ί
avec les écrits de la sagesse antique et de la Sainte Écriture, les œuvres \
des premiers disciples des apôtres Hiérothée, Denys, Tite, Timothée, etc. \
Allusion explicite aux Areopagitica. Mais est-il possible que Zacharie, .]
de bonne foi, pense à la lecture par Sévère de ce recueil, alors que celui- |
ci n'en parle nulle part dans ses œuvres? La solution la plus naturelle, ι
pour le P. Stiglmayr, est la complicité de Zacharie, parfaitement au -
courant des faux tentés par son héros; la preuve en est qu'il oublie les
arguments victorieux émis par Hypatius devant les monophysites, à la
conférence de 533, contre l'authenticité des écrits dionysiens (25-26).
2. Avant de procéder à des parrallélismes sur des points de doctrine, le
P. Stiglmayr liquide la question des origines païennes d*e Denys en cou-
LES DERNIERS ESSAIS D IDENTIFICATION DU PSEUDO-DENYS 45 1
cluant que les allégations de l'Aréopagite sur ce point tiennent de la fable
et que son paganisme correspond simplement à une vie, avant le baptême,
plus païenne que chrétienne, ce qui coïncide parfaitement avec ce que
nous savons de la jeunesse de Sévère (161-162).
Des rapprochements de doctrine christologique, relevons les suivants :
Pour Denys (Ep. IV principalement) il n'y a pas dans le Christ une
humanité individuelle, mais seulement des propriétés et une activité
humaines émanant d'un principe supérieur. Jésus-Christ est homme, agit
en hommes mais d'une façon surhumaine. Sévère a la même conception
de la permanence des propriétés humaines, mais des propriétés seules et
non de la nature humaine individuelle dans le Christ; s'il combat la lettre
de Léon, qu'il qualifie à maintes reprises d'impie, c'est que pour lui,
comme pour Denys, ιιηα operatio doit correspondre à unus operans, ce
que l'unité du Christ exclut absolument. Humanité et divinité sont unies
à ce point dans le Christ que seul un effort de l'intelligence peut en saisir
la distinction (i63-i65).
Chez Sévère, la confusion des notions de nature et d'hypostase est
manifeste ; une nature individuelle dans son être et dans son activité placée
comme auprès d'une nature divine est une hypostase. Des propriétés dis
tinctes et indépendantes revenant, selon le mot de saint Léon, à leur
nature correspondante est chose inouïe (p. 168). Pour Denys comme pour
Sévère, l'humanité tout entière s'est unie à la divinité tout entière, et
s'iljest vrai que les propriétés demeurent, elles ne sont ni séparées ni
indépendantes (p. 169). Cette doctrine, très nette chez Sévère, se présente
chez Denys quelque peu voilée (Ep. IV) sous les expressions θεανδρική
ενεργεία, ανδρική του Ίησου Θεουργία, ' Ιησού Θεοπλαστία, ce qu'explique SOI!
attitude complaisante vis-à-vis de l'Hénotique (p. 167); et cependant, si
l'on examine de plus près la teneur de la réponse à Cajus, la pensée de
l'Aréopagite apparaît sous son vrai jour. Sa déclaration ή^εΐς τον Ίησουν
ούκ άνθρωπικώς άφορίζομεν le place en face de ceux qui prétendent distinguer
réellement en Jésus une humanité individuelle, douée d'opération propre
(p. 172).
Autre pensée, dans le même ordre, commune à Denys et à Sévère : la
nature ne fut pas changée dans le Christ, mais assumée dans la gloire et
l'activité de la nature divine : DN I 4, PO XII 181 (p. 166); assomption
aboutissant à une union comparable à celle du feu et du charbon, car
Sévère emprunte encore cette comparaison à saint Cyrille, PO XII 180
(p. 170). Pour l'expression de cette union, nous trouvons chez Denys le
lerme συνετέθη. Or, tandis que saint Grégoire de Nazianze, eu égard aux
deux natures du Christ, parle de Jésus comme διπλούς, les Antiochiens
recourent à l'expression σύνθεσις, «τύνθενον à laquelle plus volontiers saint
Cyrille d'Alexandrie souscrit. Les écrits dionysiens qui la connaissent
s'en servent, mais dans un sens plus favorable au monophysisme qu'à la
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échos d'orient
doctrine de saint Cyrille sur laquelle, du reste, prétend s'appuyer Sévère
(p. 166-167).
Autre parenté au point de vue christologique : contre Julien d'Halicar-
nasse, Sévère soutient, appuyé sur saint Cyrille, que Jésus aurait pu, par
sa puissance, s'épargner toute souffrance corporelle, mais que c'est en
toute liberté qu'il y soumit son corps PO XII 184. Cette même pensée,
nous la rencontrons chez Denys EH III 3 11, DN II 3 (p. 174).
Le P. Stiglmayr finit ce paragraphe des comparaisons de la doctrine
christologique en remarquant que les hésitations et les fluctuations dans
l'expression de sa doctrine valent à Sévère, de la part de ses adversaires,
lés qualificatifs désobligeants de αυριόμορφος, άλώπηξ, δίγλωσσος.
L'auteur aborde ensuite une question déjà frôlée : à savoir l'attitude de
Sévère comme faussaire conscient. Celui-ci non seulement produit un
faux, mais pousse le cynisme jusqu'à invoquer ce faux en faveur de sa
doctrine. Et il est le premier à citer l'Aréopagite comme source ancienne.
Le P. Stiglmayr rapporte trois passages (p. 175-177) : a) Mai, Scrit. vet.
nov. coll. VII, 71, où Sévère cite l'expression aréopagitique καινή ν τίνα
θεανδρικήν ένέογείαν, en l'allongeant de farcissures à tendances nettement
monophysites. Ce que jadis la cause de l'-Hénotique lui avait inspiré de
confus et de vague dans la doctrine, il le corrige à présent, et, exploitant
la formule cyrillienne μία φύσις του θεού Λόγου σεσαρκωμένη, il s'appuie
ouvertement sur l'équivalence φύσις = ύπόστασις. b) Dans son écrit contre
les anathématismes de Julien d'Halicarnasse, Sévère use d'une citation de
Denys et l'allonge pour la tirer dans un sens monophysite ή
καθ' ήμας
Ίησου Θεοπλαστία DN II 9· H revient même sur cette fin DN II 9 dans un
sermon mentionné par Eustathe (P. G. 86, 924), pour appuyer, là encore,
un commentaire monophysite. c) Enfin, dans une lettre à l'abbé Jean, il
donne à l'expression dionysienne un sens monophysite.
Cette conduite de fraude n'étonne pas, remarque le P. Stiglmayr, de la
part d'un homme du caractère de Sévère, et quand on la compare à celle
de Denys affublé des dehors d'un disciple des apôtres, on est tenté de
conclure à l'identité des deux personnages (p. 178). Et en deux traits de
plume, le savant Jésuite esquisse l'histoire des productions dionysio-
sévériennes : Les premiers écrits de Sévère ne trahissent pas de souci
spécial de paix ou de guerre; dès sa conversion, en effet, sous l'enthou
siasme que provoquent en lui de nombreuses concordances constatées
entre christianisme et platonisme, il dut écrire CH et DN, dans le but
'd'instruire et d'édifier ses frères. Plus tard, vint EH. Enfin, MTh et Ep.
La dernière rédaction de cet ensemble est sous l'influence des buts de
FHénotique. Il faut dire d'ailleurs que, naturellement, son milieu le
voulut incliné vers le monophysisme. Ainsi, l'adaptation de son œuvre
aux buts des empereurs dut s'obtenir au prix modique de quelques modif
ications et surtout de quelques « lumières trompeuses » placées aux bons
LES DERNIERS ESSAIS D'IDENTIFICATION DU PSEUDO-DENYS 453
endroits. Ces interpolations qui veulent donner le change et reculer
l'œuvre jusqu'aux temps apostoliques, on les devine aisément. Ce sont : ^
DN III 2, CH IX 3, Ep. VII 2 (p. 178-79). "
Jj
Pour être complets, suivons encore plus avant le P. Stiglmayr dans son travail de comparaison. Dans l'enseignement trinitaire de Denys et de Sévère, .enseignement par ailleurs orthodoxe, le P. Stiglmayr surprend une conception origi
nale commune de la procession du Saint-Esprit, qui ne serait ni du Fils
ni pair le Fils mais parallèle au Fils. Si Sévère, PO XII i5, XIV 10, n'a
pas recours comme Denys, DN II 7, MTh III, à la métaphore de la fleur
ou du rejeton ou de la lumière, il n'exprime pas moins la même idée en
des termes équivalents (180-181). Et faut-il remarquer que Denys et
Sévère s'accordent dans l'idée grandiose qu'ils se font du monde avec sa
triple catégorie d'êtres : les anges, les hommes, les êtres non doués de
raison? DN III 4, V 8, XI 2; PO VIII 37o.
Une ressemblance plus caractéristique est celle qui concerne la com
munication de la grâce par les degrés de l'ordre hiérarchique aussi bien
angélique qu'ecclésiastique. Il est bien connu chez Denys, l'emploi de
l'image pour nous représenter la lumière divine réfléchie d'ordre en
ordre, jCH, EH; l'intensité de la réflexion dépend de la hauteur des
récepteurs qui, à bien d'autres vertus, doivent unir la modestie. Sévère
fait une application opportune de cet enseignement dans sa LXVe homélie,
PO VIII 327, où il est question de saint Grégoire de Nazianze, théolo
gien si sublime et saint si modeste.
Signalons enfin, en terminant, des ressemblances ou accords de pensée
à propos des anges, de la dévotion aux défunts, de la résurrection des
morts, du baptême et du baptisé « combattant spirituel ». Pensées com
munes aussi sur le respect dû à l'Eucharistie et sur l'éclipsé solaire du
premier Vendredi- Saint (p. 184). Avant de conclure, le P. Stiglmayr
s'arrête sur quelques points particuliers qui rapprochent encore Denys
et Sévère, comme leur subtilité et adresse dans l'exégèse, leur accord
sur le sens mystico-exégétique de> τροχός, des coïncidences curieuses de
pensées à propos de Γάναλογική γνώσις, etc., etc. (p. 184-188).
* *
Nous ne nous arrêterons pas à juger ce travail du P. Stiglmayr;
d'autres l'ont fait avec une compétence universellement reconnue, dont
nous allons tout de suite exposer les avis. Nous dirons cependant qu'il
aurait à gagner d'être plus méthodique dans les rapprochements qu'il
opère et plus clair dans l'exposition. A travers ses pages touffues, un fil
d'Ariane n'aurait pas été inutile au lecteur.
La critique. — Des conclusions d'une importance pareille ne pouvaient
pas rester sans écho dans les milieux de science patristique. Et cependant
un silence des plus profonds accueillit cette thèse. Était-ce respect pour
échos d'orient
celui qui, passé maître en sciences dionysiennes, ne pouvait, à priori,,
avoir parlé qu'à bon escient? Était-ce manque de compétence devant un
problème difficile, seul abordable par des spécialistes éprouvés? Tou
jours est-il que le premier à en parler fut le R. P. d'Alès qui, dans la
revue Recherches de science religieuse (déc. 1929), après avoir exposé
sur un ton de sympathie l'opinion du P. Stiglmayr et avoir spécialement
appuyé les raisons de ce dernier sur le prétendu scandale de l'attribution
d'une œuvre de mystique tant appréciée à un hérétique du ve siècle, récusait
toute compétence pour un jugement ferme sur l'ensemble et faisait appel
à « un lecteur mieux instruit ». Cet appel, d'autres encore l'appuyèrent
auprès de M. Lebon, car le « lecteur mieux instruit » ne paraît être que
l'eminent professeur de l'Université de Louvain. En effet, s'il est indé
niable que le P. Stiglmayr est un spécialiste des études dionysiennes.
Sévère n'en est pas moins l'homme de M. Lebon, et il suffit, pour s'en
convaincre, de citer sa brillante étude parue à Louvain en 1909 sur le
monophysisme sévérien. Moralement parlant, l'identité Denys = Sévère
ne pouvait passer pour un fait acquis à la science qu'après l'accord
Stiglmayr-Lebon .
Dans un long article paru dans la Revue d'Histoire ecclésiastique de
Louvain (1), M. Lebon donnait enfin son appréciation. Elle est de tous
points contraire aux conclusions du P. Stiglmayr et nous sommes avertis
que ce fut l'horreur de devoir démolir qui retint si longtemps la plume
du critique.
Les principaux arguments du Jésuite allemand sont passés au crible de
la censure la plus sévère. Faisons-en rapidement la revue.
La réserve assurément la plas importante est celle qui vise la méthode
du P. Stiglmayr et sa documentation. Celle-ci, manifestement défec
tueuse en ce qui concerne Sévère, ne fait appel qu'à des travaux anciens
et périmés négligeant des exposés plus récents et plus critiques, comme i
ceux de'
Junglas, de Lebon, de Draguet (2), qui donnent .une vue plus \
large et plus exacte sur la doctrine et l'activité du patriarche monophy- j
site- La méthode, c'est-à-dire la marche suivie par l'auteur pour établir 1
son opinion, est on ne peut plus contraire aux principes d'une critique f
saine. En effet, l'hypothèse de l'identité Denys = Sévère que devait |
prouver et établir la doctrine de Sévère passe dans l'esprit du P. Stig
lmayr à l'état de fait, antérieurement établi à l'aide de comparaisons de
détails biographiques plus ou moins subjectivement interprétés, et c'est
elle ensuite qui explique des faits qui, par leurs données objectives,,
(1) J. Lebon, « Le pseudo-Denys l'Aréopagite et Sévère d'Antioche ». Revue d'histoire
ecclésiastique, 26 (1930) 880-915.
(2) J- Junglas, Leontius von Byzanz (Paderborn, 1908). — J. Lebon, Le monophysisme
sévérien (Louvain, 1909). — R. Draguet, Julien d'Halicarnasse et sa controverse avec
Sévère d Antioche sur l'incorruptibilité du corps du Christ (Louvain, 1924).
LES DERNIERS ESSAIS D'IDENTIFICATION DU PSEUDODENYS 455
heurtent de front toute identification. En un mot,
d' après M. Lebon, on
a l'impression en lisant ce travail « que ce qui guide l'auteur ce n'est pas
le souci de contrôler par le^ faits Le bien tonde de son hypothèse ou de
sa conviction initiale, mais le désir et la volonté de trouver dans les faits
la confirmation de sa manière de voir » (p. 887). Ainsi, la page de la pre
mière rédaction des écrits dioïiysiens, suivie d'une seconde rédaction cor
rigée en vue de l'Hénotique et interpolée de « lumières trompeuses », est
de la haute fantaisie (p. 888); roman aussi que l'enthousiasme néoplato
nicien de S>éyère puisque dans ses œuvres certainement authentiques on
ne relève aucune trace de néoplatonisme (p. 889). Comment d'ailleurs
supposer Sévère adaptant sa première rédaction des Aréopagitica aux
besoins de l'Hénotique paru en 482, s'il est vrai, comme le veut l'histoire,
que Sévère ai^reçu le baptême seulement .en 488. Mais, abstraction faite*
•de cette erreur chronologique, comment imaginer Sévère employé au
triomphe de l'Hénotique, lui que l'histoire rencontre partout et toujours
■comme adversaire acharné des deux natures, et de Léon et de Chalcé-
doine, lui qui ne parle de l'Hénotique que pour s'en moquer quand ce
n'est pas pour l'expliquer dans un sens nettement mqaophysite (890-891)?

L'examen du détail dévoile à la critique plusieurs erreurs colossales.
A propos des trois citations de Denys faites, on sait comment, par Sévère,
M. Lebon remarque que d'abord elles se réduisent à deux, la première et
la troisième étant identiques, et que la consultation de la première, non
dans l'édition de Mai, mais dans celle plus critique de Diekamp '{Doctrina
Patrum, Munster 1907), aurait fourni un texte exactement délimité, et
aurait épargné à Sévère le reproche de l'avoir intentionnellement amplif
iée. Dû reste, c'est .seulement sur l'invitation de Jean higoumène lui
opposant probablement l'expression θεανδρχκή 4νίργ§ι« que Sévère en vient
à expliquer cette activité théandrique comme une activité composée et
unique, c'est-à-dire d'après sa doctrine christologique , mais jamais
Sévère n'a employé de son propre mouvement, dans ses écrits, cette
expression dionysienne. Quant à la deuxième citation, elle aurait gagné
à être prise dans le manuscrit du British Museum addit 12 i58, qui res
treint la citation dionysienne à &es limites exactes; d'ailleurs, même ici,
Sévère n'a pas l'intention d'attirer à son propre sens un texte christolo
gique dionysien, mais simplement de détendre « la réalité de la concep
tion virginale du Christ dans le sein et du sang même de Marie » (892-898).
Si l'on en vient aux rapprochements basés sur les détails biogra
phiques, l'édifice du P. Stiglmayr ne paraît pas moins branlant. Sur quel
indice, par exemple, et pourquoi rejeter comme fausse l'origine païenne
de Denys pour l'assimiler simplement à une vie « plus païen-ne que chré
tienne » (p. 900)? La description des cérémonies baptismales, chez
Denys EH II 1-7, est parfaitement étrangère à celle faîte par Zacharie du
baptême de Sévère (p. 901). Du prétendu mysticisme de Sévère, dont le
ν;Λ·'^ί-
456 échos d'orient
P. Stiglmayr fait si grand cas tout le long de son article, on ne trouve
nulle trace dans sa vie réelle (p. 900). Quant à l'essai d'identifier l'entou
rage de Denys à celui de Sévère, M. Lelfon le trouve complètement
dépourvu de base objective; car ce brave Pierre de Césarée, que l'on
veut identifier à Timothée, loin d'avoir réjoui le cœur de Sévère, d'après
les sources, n'est reçu, après avoir été d'abord repoussé, que sur l'avis
des frères; d'affection particulière et de direction spéciale, Zacharie ne
souffle mot.
Que Denys et Sévère fassent parade de connaissances scientifiques par
ticulières, qu'y a-t-il là qui puisse baser une preuve d'identité? Cependant,
ces similitudes mêmes, de l'avis de la critique, ne sont pas toujours jus
tifiées, et, par exemple, leur culture patristique « crée entre ces deux
hommes plus de différence que de ressemblance ». Que dire à ce propos
de la complicité de Zacharie dans la fameuse « pia fraus », quand, en
exaltant la science de son héros, il le montre penché sur les livres de
Denys, de Timothée, etc.? Mais le livre VII de la compilation historique
où le P. Stiglmayr puise sa citation n'est pas de Zacharie, mais s'inspire
certainement d'autres sources (p. 906).
*
* #
La critique n'est pas moins sévère devant le parallélisme des doctrines
christologiques. En ce qui concerne la doctrine sévérienne, dit M. Lebon,
« le P. Stiglmayr semble tout ignorer et avoir besoin de tout apprendre »
(p. 907). En effet, contrairement aux allégations du savant Jésuite, loin de
nier dans le Christ l'être et l'activité d'une humanité concrète et indivi
duelle, Sévère enseigne « que le Christ est έκ δύο φύσεων et ces natures sont
tout ce qu'il y de plus concret » (p. 908). Pour se rendre compte de la
position du monophysisme, il est nécessaire de pénétrer les concepts
monophysites de ίδιον et ίδιότης. Or, le P. Stiglmayr, au dire de M. Lebon,
n'en soupçonne même pas la valeur réelle (p. 910).
Faut-il enfin rappeler la conception originale sur la procession paral
lèle du Fils et du Saint-Esprit? mais elle ne se trouve même pas dans
Denys DN II 7; quant à Sévère, il veut prouver seulement,, par ses expres
sions, que le Saint-Esprit est consubstantiel et éternel comme le Fils.
Nous n'insisterons pas plus longuement sur cette large critique du pro
fesseur de l'Université de Louvain; nous reviendrons seulement sur
l'observation qu'il place à la tête de son article et à laquelle il semble
beaucoup tenir. Sévère est accusé, tout le long du travail du P. Stiglmayr,
comme un faussaire, et un faussaire conscient. Or, le témoignage de l'his
toire est tout autre sur l'honnêteté de cet homme. « Quelles que soient
les accusations portées contre Sévère au sujet de la manière dont il aurait
traité les textes des Pères, je dois à la vérité de déclarer que l'étude
attentive des écrits du patriarche monophysite m'a souvent montré que
ces griefs étaient gratuits...; jamais je ne l'ai surpris à inventer ou à altérer
LES
DERNIERS ESSAIS D'IDENTIFICATION DU PSEUDODENYS
en sa faveur un témoignage patristique. Au contraire, son haut souci
d'exactitude et ses patientes recherches ont déjà aidé à démasquer plus
d'un faussaire, plus d'un corrupteur, à tel point que ses écrits sont de
nature à rendre de grands services à l'histoire littéraire et à la critique
textuelle des œuvres des Pères. » (P. 882, 883.)
Ce témoignage donné si crânement par un homme passé maître en
sciences sévériennes est assurément d'un grands poids et il est à retenir.
*
* * .
Naturellement, le débat sur une question si importante ne pouvait en
rester là, et les deux antagonistes se rencontrèrent encore dans deux
articles, réponse et contre-réponse, publiés dans Scholastik- et la Revue
d'histoire ecclésiastique (1). Malgré des considérations quelque peu nou
velles versées dans le débat, les positions restent les mêmes et nous ne
nous étendrons pas. Qu'il y ait méthodes et procédés de travail différents,
cela saute aux yeux, mais il reste aussi que la tâche de l'identification de
Sévère et de Denys est trop considérable pour qu'elle ne nécessite pas
un examen approfondi de toutes les données de l'histoire et un retour
répété aux sources souvent consultées.
Le P. Stiglmayr a-t-il atteint son but? M. Lebonet Μ*Γ Bardenhewer (2)
ne le pensent pas. Le 18 mars 1928, feu Harnack consulté répondait au
P. Stiglmayr, après avoir pris connaissance de sa thèse, qu'il reconnaiss
ait la possibilité de l'identification de Denys avec Sévère, mais qu'il ne
résistait pourtant pas à l'impression qui lui faisait tenir Denys pour légè
rement antérieur à Sévère (3). Du reste, M. Lebonne nie pas — dans son
premier article du moins, car dans le second il serait plutôt pour la négat
ive — la possibilité de cette identification, par le fait qu'il rejette les
principaux arguments sur lesquels s'appuie la thèse du P. Stiglmayr.
*
* *
Cette attitwde plutôt réservée du professeur de Louvain ne semble pas
partagée par M. R. Devreesse dans un article publié, sur le même sujet,
dans les Archives d'histoire dodrinale et littéraire du M.- A. (4).
Ici, la critique reproche au P. Stiglmayr d'avoir « blanchi son saint »,
c'est-à-dire Sévère, sans avoir pris en considération le témoignage défa
vorable de ses ennemis qui, si exagéré fût-il, n'est pas cependant enti
èrement faux. M. Devreesse trouve aussi que présenter Sévère lançant ses
(1) J. Stiglmayr, «Um eine Ehrenrettung des Severus von Antiochien », Scholastik,
7 (1932) 52-67. — J. Lebon, « Encore le pseudo-Denys l'Aréopagite et Sévère d'Antioche »,
Revue d'histoire ecclésiastique, 28 (1932) 296-313.
(2) O. Bardenhewer, Geschichte der altkirchlichen Literatur, t. V, p. 5 (Fribourg e. Br. 1932).
(3) Scholastik, 7 (1932) p. 66.
(4) R. Devreesse, Denys l'Aréopagite et Sévère d'Antioche. Archives d'histoire doctri
nale et littéraire du moyen âge, 4 (1930) 159-167.
458 ÉCHOS D'ORIENT
propres écrits sous le nom de l'Aréopagite, sans qu'aucun de ses contem
porains n'en ait dénoncé la supercherie, est chose invraisemblable. Insuf
fisante aussi la solution donnée au fait de Zacharie le Rhéteur présentant
Sévère comme lecteur assidu de Hiérothée, de Denys, etc.
Mais non content d'opposer aux à peu près du P. Stiglmayr une autre
série à peu près, M. Devreesse, que sa charge de Scriptor à la bibliothèque
vaticane met sur le chemin de bien des découvertesr produit un document
qu'il croit d'authenticité incontestable et aux termes duquel l'identification
de Denys avec Sévère est historiquement impossible. Ce document est un
passage du chapitre X du Breviarimn causae nestorianorum et eutychia-
norum, cité d'après les codices Paris. B. N. 12098 (ixe s.) et 2 244 (xne s.>
et Vatic, lat. 1840 (xive s.). Le diacre Libérât, dans son Breviarium écrit
entre 56o et 566, portait saint Cyrille comme ayant déjà lu et utilisé le
témoignage du pseudo-Denys, vers 440.
Devant ce témoignage — s'il était vrai — croulaient toutes les thèses
du P. Stiglmayr; non seulement celle de 1928 mais encore celle, plus
solide aux yeux de la critique, de 1896. Cependant, la thèse de M. De-
vreesse perdit de son importance après l'intervention de H. C; Puech et
G. Bardy (1) dont les travaux sont indépendants l'un de Fautre.
Et d'abord la découverte n'en est pas une, car Tillemont la connaissait
déjà (mais ne s'y fiait pas) et le P. Garnier, éditeur de Libérât, alla même,.
si grande fut sa défiance, jusqu'à corriger les manuscrits. Ces œuvres de
saint Cyrille contre Diodore et Théodore rapportées par Libérât, ne nous
sont pas parvenues, mais il serait étonnant que le Saint n'eût mentionné
l'Aréopagite que dans ces écrits alors que son .dossier patristique, si
riche en textes, lui était d'un usage assidu. Il est de plus à remarquer
que le doute porté sur ces citations ne date pas d'hier, puisque déjà à la
conférence de Constantinople (533-34) elles étaient récusées par les catho
liques comme interpolées. D'ailleurs, la façon même dont Libérât rap
porte le nom de Denys l'Aréopagite comme évêque de Corinthe est un
indice qu'il n'était pas lui-même bien renseigné sur l'identité de ce per
sonnage, ν
Ainsi donc le témoignage rapporté par M. Devreesse n'atteint pas, comme
on pouvait s'y attendre, la thèse du P. Stiglmayr.
B. Denys t'Aréopagîte et Denys d'Alexandrie.
Nous ne savons si le P. Stiglmayr, prenant en considération les oppos
itions sérieuses élevées contre sa thèse, voudra se retirer un instant de la
lutte pour reviser les pièces de son argumentation; n'aurait-il pas tou-
- (1) Iï.-C. Puech,« Liberatus de Carthage et la date de l'apparition des écrits diony-
siens », Annuaire i()3o-3i de l'école pratique des Hautes Etudes, Section des sciences
religieuses, p. 3-3ç>. — G. Bardy, «. Autour de Denys t'Aréopagite », Rechercltes de
Science .religieuse, 21 ( 1 9,1 1 ) 201-204.
LES DERNIERS ESSAIS D'IDENTIFICATION DU PSEUDODENYS
jours, pour se retrancher, ses anciennes positions dont plus de quarante
ans d'existence ont éprouvé la solidité ? En effet, si les raisons qui veulent
identifier Denys à Sévère s'avèrent branlantes, celles qui l'ont enfermé
■dans une période bien déterminée, la^ fin du ve siècle, malgré la tentative
de M. Devreesse, tiennent encore.
Msr Athénagoras, ex-métropolite de Paramythia, en Épire, vient, en
une plaquette de 98 pages (1), de déplacer complètement le problème,
■et sans tenir compte des conclusions universellement admises, il nous
présente un Denys l'Aréopagite qu'il faudraif identifier au grand
évêque de la fin du 111e siècle, DenVs d'Alexandrie. Qu'on nous permette
•de présenter cette thèse aux spécialistes et... aux autres, et, pour la
présenter sous son jour le plus objectif, de suivre l'auteur chapitre
par chapitre (il y en a onze) sans trop nous arrêter cependant à ces
hors-d'œuvre trop fréquents d'une éloquence enthousiasmée qui brode sa
joie autour d'une découverte sensationnelle. Sur ces broderies et sur la
méthode de présentation de la thèse, nous nous réservons de revenir tout
à l'heure.
Après avoir posé le problème de f 'identification de Denys l'Aréopagite
et des efforts déployés durant les siècles pour en donner la solution
(eh. 1) l'auteur nous tait pénétrer dans « l'obscurité divine », δ θείος γνόζ,ος,
et, à travers les ombres du mystère, il nous fait remarquer cette multitude
de mots nouveaux et d'expressions nouvelles τελετή, τελείωσις, τελετάρχης,
μυστήριον συνάξεως, μεμ,υημένσς, 'Ιεράρχης, κάθαρσις, etc., etc., rencontrés dans
le chapitre ni f 2 de HC (Μυστήριον συνάξεως εΐ'τουν κοινιονίας), inconnus de
l'Écriture et même de saint Justin dans le chapitre de son Apologie relatif
à la synaxe. Toutes ces nouveautés ne trahissent-elles pas un chrétien phi
losophe initié aux mystères de la théosophie grecque (ch. 11)? D'ailleurs,
à bien voir, tout darrs l'œuvre de Denys suppose Γ effort déjà déployé pour
réconcilier la Philosophie grecque et le Christianisme, et nous savons que
cette tâche entreprise par les apologètes chrétiens du 11e siècle, aboutit
à des résultats satisfaisants, grâce à l'École d'Alexandrie et à son repré
sentant le plus qualifié, Clément (ch. m).
Mais abordons les œuvres de Denys l'Aréopagite : le chapitre m de MTh
nous en .donne la liste; ce sont, en dehors de celles que le temps nous
a conservées et que les différentes éditions ont répandues par le monde,
. les θεολογικά! ύποτυ-πώσεις, Περί συμβολικής θεολογίας, Περί του θείου γνόφου (2),
Περί νοητών και αισθητών ,Περι ψυχής, Περί θείων ΰμνων, Περί δικαίου και θείου
(ι) Μητροπολίτου, ϊίαραμυθι'ας Άθηναγόρα. Ό γνήσιος συγγραφεύς των ε?ς Διονύσιόν
•ταν Άρεοπαγί'την αποδιδόμενων <τυγγρ«μμάτων. Athènes, IÇ32, in-8° 107 pages. Prix :
•60 drachmes ; pour l'étranger 40 francs ou 2 dollars.
{2) L'auteur pense que le titre Περί μυστικής θεολογίας est général et concerne l'e
nsemble des œuvres de Denys. Le traité de la théologie mystique porterait le titre Περί
τοΰ θείου γνόφου.
Ι ΐί:
400 ÉCHOS D'ORIENT
Δικαιωτηρίου et toute une série d'ouvrages perdus. Parmi les nombreuses
lettres, remarquons celle adressée à Polycarpe, pour relever l'interpola
tion manifeste relative au fait de l'éclipsé solaire : Είπε δε αύτω τί λέγεις —
θείων άμοιβαί πραγμάτων (ι). Remarquons aussi celle adressée à Jean le
théologien, qui n'est pas Jean l'évangéliste, et relevons le passage de la
fin sûrement interpolé 'Αξιόπιστος δε πάντως — μετά δε παραδώσεις (2) ainsi que
l'adresse elle-même, certainement œuvre de faussaire. L'imposante série
de ces œuvres, l'esprit qui les vivifie et qui les anime, tout témoigne d'une
grande intelligence philosophique et théologique, qui ne peut appartenir,
nous dit Msr Athénagoras, qu'à une époque d'apogée intellectuel. Pour
essayer un rapprochement, disons qu'au lecteur attentif n'échappe pas la
parenté qui, comme d'elle-même, s'établit sur bien des points de l'ense
ignement ecclésiastique, entre ces œuvres et celles attribuées à Clément
d'Alexandrie. Contentons-nous de quelques points, par exemple HE I 1 et
Stromates 1. I, ch. 11 (3) DN III 1 et Strom. 1. IV ch. xxni (4) et signa
lons en particulier l'insistance commune de Denys et de Clément sur le
silence et le mystère dont il faut entourer les vérités mystiques (5) (ch. iv).
Le but qui dirigea la plume de Denys est clair. Dans le DN III 2 qui
forme comme une page d'apologie, Denys nous le décrit sans ambages.
Son disciple Timothée lui ayant présenté le livre Θεολογικά! στοιχειώσεις
de son propre maître (καθηγεμών) qui contient en condensé la doctrine de
la vie spirituelle et mystique, Denys s'essaye à un enseignement plus ana
lytique de ce mystère. Sans prétention, il indiquera simplement les
moyens d'atteindre à cette vie sublime dont son maître, grand esprit com
parable au soleil, grand philosophe, connaisseur parfait des voies mysté
rieuses de Dieu, décrit les beautés dans son ouvrage. Il ne dira d'ailleurs
que ce qui lui fut communiqué dans le milieu qui fut le sien, désireux de
rendre service à un plus grand nombre. Denys se trouve donc, conclut
M«r Athénagoras, dans un milieu philosophique et spirituel de haute inten
sité que ne peuvent nous fournir ni le premier, ni non plus le ve ou
vie siècle. Pourquoi hésiter? Ce milieu ne peut être qu'Alexandrie dans
son apogée, Alexandrie le berceau du mysticisme philosophique de Philon,
du néoplatonisme d'Ammonius Saccas et de Plotin, berceau et centre du
Didascalée et de l'École catéchétique qu'illustrèrent toute une pléiade de
savants et de saints, Pantène, Athénagore, Origène, Clément, Denys. Il
n'est d'ailleurs, pour nous dégager de certains préjugés qui ont tenu nos
(1) P. G., III, 1081 A-C.
(2) Ibid., 1120 A.
(3) Ibid., 372 A et VIII, 709 C.
(4) Ibid., Ill, 680 C et VIII, i36i. Ces rapprochements ont déjà été faits par Halloix
(P. G., IV, 887 C. D. et 915 C. D.) et l'auteur s'en inspire.
(5) Stromates, 1. I. ch. xi, xn; P. G,, VIII, 752 C. et 753 A; DN I 8, P. G., III, 597 C;
HC II 5; P. G., III, 145 C. L'auteur donne encore d'autres textes dont nous n'avons.
pas pu vérifier les références. j
LES
DERNIERS ESSAIS D'IDENTIFICATION DU PSEUDODENYS 461
regards trop longtemps attirés par d'autres horizons, que de considérer
de plus près le texte dionysien et -de reconnaître la main profane qui
y mêla l'interpolation. Nul n'est besoin d'une sagacité exceptionnelle,
car le texte lui-même proteste contre ces violences et l'on peut signaler
ici : DN ΙΙΓ2, le mot Ιεροθέου ainsi que le passage ήνίκα ήμεΐς — της
θεαρ^ικής ασθενείας (ΐ) (eh. ν). ·
L'auteur, après avoir mentionné le Didascalée et l'École catéchétique,
les distingue soigneusement l'un de l'autre et s'engage à ce propos dans
des considérations assez longues. De tout temps, dans l'Église, l'évêque
fut considéré comme le point central d'une organisation ecclésiastique
locale, en même temps que le lien vivant unissant ciel et terre. Il est la
vie parce qu'il est le détenteur du véritable enseignement et comme le
canal par le moyen duquel la grâce descend sur les fidèles. Il est le maître,
aidé d'ailleurs dans ses fonctions par ses collaborateurs les prêtres, et son
église est l'école où les âmes viennent s'initier à la vie et aux mystères
du christianisme et parcourir, sous sa conduite, les étapes ascendantes de
la vie mystique. C'est l'enseignement proprement catéchétique, œuvre
encore une fois, exclusive de l'évêque aidé de ses prêtres, et dès le com
mencement réservé aux seuls initiés. Un trait qui met en relief le soin
jaloux avec lequel on considérait cet enseignement comme œuvre de
la hiérarchie ecclésiastique sont les protestations élevées contre Origène
se mêlant de prédication avant d'avoir reçu l'onction sacerdotale. Mais
près de cet enseignement de la théologie, en quelque sorte ésotérique, il
en existe un autre qui respire au grand air et qui appuie ses arguments,
non plus sur la foi pure, mais sur la philosophie (2). Cet enseignement
est donné dans le Didascalée (ch. vi).
Autour du Didascalée, de sa fondation et de la succession de ses maîtres,
les renseignements que nous avons sont ou peu clairs ou parfois contra
dictoires, au dire de Mgr Athénagoras. Pour ce qui concerne la succession
des maîtres nous avons une double source à renseignements contradict
oires, celle d'Eusèbe suivi par bien d'autres et celle de Philippe Sidétès,
écho de Rhodon qui fut maître au Didascalée. Pour ne nous arrêter qu'à
Denys, Eusèbe le dit élève d'Origène, ce qui ne peut se soutenir, car nous
savons qu'Origène est mort en 25i ou 254, âgé de 69 ans, et Denys en 264,
à peine dix ans plus tard, mais déjà vieux (3). D'autre part, Clément
étant mort en 2i5 ou 220, il est plus probable qu'il fut le maître de Denys
alors âgé de 25 ou 3o ans (ch. vu).
(1) Ce dernier passage déclaré interpolé se trouve entre parenthèses dans P. G., III,
681 CD.
(2) Ep. IX Tito episcopo, § 1; P. G., III, no5 D.
(3) Eusèbe, Hist. Eccles.,VU, 27, 28. Pv, G. XX, 705, 707. Mlr Athénagoras parle de
l'expression βαθύ γήρας attribuée à Eusèbe. Les références ci-dessus relevées chez
l'auteur ne parlent que de γήρας P. G. 705 B. à moins qu'on n'ait en vue d'autres
passages.
462 ÉCHOS D'ORIENT
Denys l'Aréopagite fait constamment mention dans ses écrits de celui
qui fut son maître dans l'enseignement de la mystique. Quel est cet
illustre Κ«θηγε[/.ών?11 faut exclure le prétendu premier évêque d'Athènes
Hiérothée, nom inconnu de la vraie série des évêques de cette ville et
personnage inexistant. De l'avis de Mgr Athénagoras, ce maître n'est autre
que Clément d'Alexandrie. On connaît la fécondité littéraire de cet auteur
dont tant d'œuvres sont perdues ou ne se présentent plus sous son nom.
Signalons-en quelques-unes plus en rapport avec les textes dionysiens.
D'abord, nous dit MgT Athénagoras, six chapitres tous relatés par l'Aréo
pagite. Ce sont : i) Μυστήριον φωτίσματος, α) μυστήριον συνάςεως εΐτουν
κοινωνίας, 3) μυστήριον τελετής Μύρου, 4) ρ-αστήριον ιερατικής τελεκύσεως,
5) μυστήριον μονα/ικής τελειώσειυς, 6) μυστήριον επί των ίερώς κεκοιμημένων.
Mentionnons encore ses Θεολογικά! στοι/εκ,υσεις et Περί του θείου έρωτος (ι),
enfin ses Συνοπτικοί οροί (2) signalés par Anastase le Sinaïte et Jean
Beccos (3) et relatés par le cod. 1932 de la grande Laure au mont Athos
(ch. vm).
Et voici maintenant l'auteur du Corpus dionysien. C'est celui que saint
Jean Chrysostome connaissait déjà et appelait το πετεινον τού ουρανού (4).
et qui illustra le siège d'Alexandrie à la iin du 111e siècle, Denys le grand.
Ce Saint alliait à une grande science et à un grand zèle pour tout ce qui
concernait l'Église la fleur de la perfection chrétienne, la modestie et
l'humilité, comme en témoignent ses lettres soit à Basilide soit à Xyste
ou à Denys de Rome; et cette modestie, nous dit Msr Athénagoras, est
à rapprocher de celle, très réelle, dont font preuve les écrits dionysiens.
Originaire d'une famille aisée d'Alexandrie et converti du paganisme,
Denys fut ordonné prêtre et mis à la tête de l'Ecole catéchétique, puis
succéda à Héraclas sur le trône de saint Marc. Et son milieu et sa place,
tout est en faveur de l'attribution à sa plume de nos textes dionysiens.
Que le faux nom accolé à ces œuvres ne nous arrête pas. Leur caractère
même les voulait entourées de silence et de mystère, et si elles furent
anonymes ou même inexistantes pour le grand public, le cercle de leurs
destinataires savaient certainement à quoi s'en tenir. Que par suite des
persécutions et des troubles survenus à l'Église, nos textes, passant de
main en main, aient fini par tomber sous la paternité de l'Aréopagite que
les noms de Timothée, Tite, Cajus, Polycarpe, Sosipater, Jean, appel
aient naturellement, il n'y a rien d'étonnant (ch. ix).
(1) EH II, P. G., III, 392... DN II fi 9 lu et IV i5 (P. G., Ibid. (>_|5 et :i3). L'auteur
signale encore l'hymne attribuée à Clément d'Alex, et publiée par Otto Staehlin, Clemens
Alexandrinus I p. 291. Il la rapproche du qualificatif donné par Denys au Καθηγεμών,
Οεΐος υμνολόγος, dont on omet de donner la référence.
(2) UN III 2 P. G., III, 681 B.
(3) P. G., LXXXIX 49 et CXLI, 177.
(4) P. G., LIX. 56o. lloy Διονύσιος το πετεινον του ουρανού'. Mais M(r Athénagora«
n'ignore pas, espérons-le, que cette homélie contre les faux prophètes est rangée, avec
raison d'ailleurs, parmi les spuria de saint J. Chrysostome.
LES
DERNIERS ESSAIS D'iDENTIFÏCATION DU PSEUDODENYS 403
Enfin, venons-en à l'argument fondamental qui résout le grand pro
blème. Les œuvres de Denys sont dédiées ou adressées à Timothée,
Cajus, Sosipater, Jean, Dorothée, Polycarpe, etc., autant de noms d'asso
nance « apostolique » qui ne nous placent pas en plein premier siècle,
mais nous rappellent seulement la coutume, déjà ancienne, de donner aux
nouveaux baptisés des noms déjà sanctifiés par les générations passées.
Cette coutume mentionnée par Denys (i) dut assurément être pratiquée
par lui-même, quand il conférait le baptême à ses enfants spirituels.
Son œuvre Περί φύ·<κως, Denys d'Alexandrie la dédie à son enfant Timot
hée (2). Mais qu'on ne s'y méprenne pas, le Saint appelle ses « enfants »
έγώ τε κ«1 βί παΐΒες ses disciples et compagnons de persécution (3), et ce
Timothée n'est autre que le destinataire des œuvres CH, EH* DN, qual
ifié lui aussi de παις, καλδς παις, παίδων ιερών tep<ot«to$. Il n'est que de par
courir la lettre de Denys d'Alexandrie à Germain (4) pour se convaincre
des rapprochements qui s'imposent entre le compagnon de persécution,
le destinataire du IIspl φύσεως et celui des traités dionysiens. Dans son
apologie à Germain, Denys d'Alexandrie mentionne encore plusieurs
autres de ses disciples, Cajus, Faustus, Pierre, Paul, qu'il faut rappro
cher des destinataires des lettres de l'Aréopagite (5) (ch. x),
Telle est, dans ses lignes essentielles, la thèse de M*T, le métropolite
de Paramythia. S'il nous était permis de risquer un jugement, nous
dirions que le travail, de M%r Athénagoras rappelle la pâte de ferment
enfermée dans trois mesures de farine, et qu'en somme, sans préjudice
d'ailleurs des points plus lumineux de sa thèse, le chapitre le plus vrai
de son ouvrage est le xie que nous n'avons pas mentionné et où l'auteur
espère, sinon avoir fait la lumière autour de l'impénétrable θείος γνόφος, du
moins avoir placé l'œuvre de Denys dans une perspective convenable.
Nous dirons, amis de Platon mais plus encore de la vérité, que la
méthode d'exposition de l'auteur tourne complètement au désavantage de
sa thèse. Le chapitre qui en étaye la construction est le xe que le lecteur
appelle à travers toutes les pages qui précèdent; mais si, pour celui qui
en connaît déjà la teneur, les suppositions ou explications des cha
pitres ii-ix peuvent paraître vraisemblables parce que mises dans le rayon
nement d'un foyer lumineux présupposé, pour le lecteur non averti la lec
ture des 70 pages qui précèdent la solution sont un sujet d'étonnement
continuel. La thèse aurait tout à gagnef, pensons-nous, à présenter tout
(1) P. G., X, 1245 C.
(2) Ibid.y XX, 705 A.
(3) Λ/<*.,·6θφΑ.
■ (4) Ibid.r 601-604.
(5) L'äüfceudF discute le long de trois pages l'identité ete Cajus qu'il finit par placer
aux côtés de Denys l'Aréopagite.
464
ÉCHOS D'ORIENT
de suite le jeu des parallélismes, très frappants en effet, établis entre
l'entourage des deux Denys, car cette découverte, dont le mérite revient
justement à l'auteur (1), étaye, sans contredit, tout l'édifice de la thèse et
en forme le centre. Le parocessus de l'affirmation apparemment gratuite
le long de nombreuses pages est des plus néfastes.
Cependant, il reste à Mer Athénagoras tout le mérite de sa découverte;
mais pourquoi faut-il que, cédant à l'empressement et à l'enthousiasme
d'une conviction impatiente, il n'en ait pas profité pleinement pour donner
à sa thèse des appuis historiques plus solides et des preuves plus con
vaincantes? On a beau dire, en effet, après lecture attentive et tant soit
peu exigeante de Mgr Athénagoras, les attaches de l'Aréopagite au cadre
du 111e siècle, malgré des amorces sérieuses, restent quelque peu flottantes.
Mais le reproche le plus grave que l'on puisse faire à cette thèse est
qu'elle s'attache' plutôt au côté extérieur de la question sans se soucier
de la doctrine des Areopagitica, dans sa parenté réelle à la tradition
alexandrine et dans ses difficultés dogmatiques incontestables. M^r Athé
nagoras, fasciné par certaines lumières, a dédaigné de prêter attention
aux résultats très sérieux acquis par les travaux déjà anciens de Koch,
Stiglmayr, Bardenhewer qui ont examiné de près les Areopagitica pour
exclure certaines solutions proposées et en déterminer et l'époque
approximative et les affinités littéraires ou doctrinales. Un examen
approfondi s'imposait, or de ce côté tout le travail est à faire et cette
lacune diminue d'autant le sérieux de la thèse.
Pour le détail, passant sous silence les trop nombreuses fautes- ou
omissions dans les références, nous ne nous' arrêterons qu'à deux
remarques. L'auteur s'appesantit sur la distinction entre Didascalée et
École catéchétique, et s'attache à nous prouver .que l'enseignement d'ini
tiation proprement mystique revenait exclusivement à l'évêque aidé de
ses prêtres. Les chapitres vi et vu préparent, c'est visible, le cadre qui
recevra Denys l'évêque, maître de mystique. Mais que devient Clément
d'Alexandrie dans ces cadres un peu larges? Nous ne pouvons pas le
placer au Didascalée initiant Denys aux mystères du θεϊοςγνόφος puisqu'on
veut établie la distinction des deux enseignements; d'autre part, n'est-ce
pas lui laisser une place trop large auprès de l'évêque, à lui, simple prêtre
dans l'École catéchétique? D'ailleurs, les qualificatifs dont l'Aréopagite
accable son Καθηγεμών, ό θείος ίεροτελεστής, ό 'Ιεράρχης, 6 μετά θεον μέγας, etc.»?
peuvent-ils convenir à un autre qu'à l'évêque? Mais, comme M87" Athéna
goras le fait lui-même remarquer (note 14 de la page 55), les docu-
(1) Godet dans le Diet, de Tliéol. Calh. IV, 481, nous renseigne que déjà en 1875
Skworzow (Patrolog. Untersuch, p. (>".) identifiait Denys l'Aréopagite avec Denys
d'Alexandrie. N'ayant pas cet auteur sous la main nous ne pouvons risquer aucune
comparaison. Mcr Athénagoras nous dit par ailleurs, p. 9, n. 1, en être complètement
indépendant.
LES DERNIERS ESSAIS D'IDENTIFICATION DU PSEUDODENYS 405
ments historiques en notre possession ne parlent que de Clément
prêtre.
L'auteur, emporté, semble-t-il, par le pofds de sa conviction, présup
pose parfois l'identification qu'il veut prouver comme pour donner plus
de relief à ses comparaisons. Ainsi, p. 56, 57, 58, il inscrit au compte de
Clément d'Alexandrie six chapitres qui rappellent des titres similaires
chez Denys ainsi que les θεολογικαΐ στοιχειώσεις et le Περί του θείου έρωτος
qui sont attribués au Καθηγεμοίν. Il nous dit bien que sur les œuvres de
Clément il prépare un travail spécial, mais faut-il qu'en attendant nous
soyons acculés à un acte de foi?
Pour finir, nous dirons que la thèse de Mgr Athénagoras ne manque pas
d'originalité, et que le noyau de preuve qu'elle nous livre mérite d'être
pris en considération et développé en largeur et surtout en profondeur.
Il y aurait là une nouvelle direction,»et si la Syrie et le ve-vie siècle devaient
décidément être abandonnés, c'est bien sans doute vers Alexandrie et le
111e siècle que l'attention devra se porter. L'ouvrage de M?r Athénagoras
aura alors à son honneur d'avoir donné le signal d'un nouvel élan et tracé
peut-être les premiers linéaments d'une réponse décisive à l'épineux
problème. ' · ■ ■
*
* *
Nous disions au cours de ce bulletin que, quelle que soit l'issue de la
polémique autour de Denys, le P. Stiglmayr aura toujours, pour se
retrancher, ses anciennes positions que la critique de M. Lebon n'a pas
visées et dont Μ*Γ Athénagoras n'a même pas cherché à le déloger. Ces
positions qui lui restent toujours, constituèrent jadis la base des minu
tieuses recherches qui le conduisirent aux solutions de 1928. En effet, il
tint d'abord au fait acquis de la délimitation de l'époque et du milieu des
Areopagitica à la fin du ve siècle et dans l'église d'Antioche en Syrie; puis,
procédant par élimination, dans le but dé trouver, dans cette époque et
dans ce milieu, un homme capable de correspondre à l'Aréopagite dans
sa science scripturaire, patristique, liturgique et philosophique, ainsi que
dans son élan mystique, il ne trouva que Sévère d'Antioche. Sans juger
cette méthode dans ses modalités, nous nous sommes contentés d'en
exposer les résultats aussi objectivement qu'il nous a été possible. La
critique n'a pas, en fait, péremptoirement jugé la conclusion du P. Stigl7
mayr dans son impossibilité, et si elle se refuse, après avoir démoli,
à construire, c'est parce qu'elle estime n'avoir pas en mains des données
suffisantes pour un travail de cette envergure qui suppose une connais
sance parfaite des personnages à identifier. De nouvelles recherches en
vue d'un réajustement plus objectif incombent donc au P. Stiglmayr, et
tanUque Μ%τ Athénagoras se refusera à pénétrer dans le centre du pro
blème pour en considérer les multiples aspects, le docte Jésuite tiendra
encore en mains toutes les chances d'une solution définitive.
466
ÉCHOS D'ORIENT
C Tableau bibliographique des études dionysiennes
parues depuis la guerre (1918-1932)
1. H. F. Müller. Dionysios, Proclos, Plotinos. Ein historischer Beitrag zur
neuplatonischen Philosophie. (Beiträge zur Geschichte der Philosophie des
Mittelalters xx, 3-4) Münster i. W. Aschendorff, 1918, in-8°, iv-i 1 1 p. Cf. comptes
rendus de W. Nestle dans Philologische Wochenschrift 41 (1921) 27; de
H. Windisch dans Theol. Literatur Zeit. 1920, 177... et de J. Stiglmayr dans
Theologische Revue 18 (1919) 304... Nouvelle édition sans aucun changement en
1926.
2. F. Morel. Essai sur l'introversion mystique. Étude psychologique de
Pseudo-Denys l'Aréopagite et de quelques autres cas de mysticisme. Thèse.
Genève 1918, 338 p. Cf. compte rendu de E. Lombard dans Revue de théo
logie et de philosophie N. S. 8 (1920) 279-307.
3. R. Seeberg. Grundriss der Dogmejigeschichte, Leipzig, 1919, p. 60-62.
4. Lassen. Ps.-Dionysius de Areopagiet, Baiaard, 1919, 221-243.
5. P. Pourrat. La spiritualité chrétienne, Paris, 1919, 1, 344-353.
6. N. Akinian. Matériaux pour Fétude du martyrologe arménien (en arménien)
Vienne 1914 et 1920, 37 et 58 p. Texte relatif à l'autobiographie de Denys.
7. E. C. Rolt. Dionysius the Areopagite on the divine names and the myst
ical théologie, London, S. P. C. K., 1920, in-8°, 223 p. (traduction anglaise).
8. J. Durantel. Saint Thomas et le pseudo-Denys, Paris, Alcan, 1920, in-8°,
iv-274 p. Cf. compte rendu de F. Cavallera dans Revue d'ascétique et de mystique 1
(1920) 288-291, et de V. Grumel, dans Échos d'Orient, 23 (1924) 5o6-5o8.
9. H. Peeters. La version ibéro-arménienne de l'autobiographie de Denys
l'Aréopagite. Analecta Bollandiana, 09 (1921) 277-313. I
10. |D. GiULioTTi. S. Dipnigi l'Areopagita, da gerarchia celeste (Fiori di 1
lett. asc, e mist. I) Florence 1921, 116 p. g
11. J. Thibaut. Le pseudo-Denys et la « prière catholique > dans l'Église j
primitive. Échos d'Orient, 20 (1921) 283-294. j
12. M. Grabmann. Pseudo-Dionysius Areopagita in lateinischen Ueber- \
setzuqgen des Mittelalters (Beiträge zur Geschichte des christlichen Altertums... *
Festgabe für A. Ehrhard) Bonn, 1922, 180-199. Cf. compte rendu de G. Théry j
dans Revue des sciences philosophiques et théologiques, n (1922) 673-74. /,
13. G. Théry. Existé-t-il un commentaire de J. Sarrazin sur la Hiérarchie !
céleste du pseudo-Denys > Revue des sciences philosophiques et théologiques 1 1 f
(1922) 72-81. |
14. C. Clemen. Die Mystik nach Wesen, Entwicklung und Bedeutung, Bonn ]
1923, 40 p. Cf. compte rendu de H. Leisegang dans Philosophische Wochens- |
chrift 44 (1924) 137-144.
15. R. Seeberg. Lehbruch der Dogmengeschichte, Erlangen-Leipzig, 1923,
3 1 5-321.
16. P. Lehmann. Zur Kenntniss der Schriften des Dionysius Areopagita in
Mittelalter. Revue bénédictine 35 (1923) 81-97.
17. W. Lampen. Pseudo-Dionysius Areopagite, de Vader der christelijke
Mystiek. De Katholiek, 164 (1923) 32-54.
18. A. Wilmart. Un commentateur oublié de Denys l'Aréopagite. Revue d'as-
céquite et de mystique, 4 (1923) 271-274.
LES DERNIERS ESSAIS D'IDENTIFICATION DU PSEUDO-DENYS
19. G. Théry. Contribution à l'histoire de l'aréopagitisme au ixe siècle. Moyen
âge, Paris, 1928, in-i53.
20. G. Théry. Hilduin et la première traduction des écrits du pseudo-Denys,
Revue d'histoire de l'Église de France, 1923, 23-40.
21. H. Ball. Byzantinisches Christentum : Drei Heiligenleben. Munich-
Leipzig, Duncker et Humblot, 1928, in-8°, 291 p. Cf. compte rendu de F. Daunoy
dans Échos d'Orient 24 (1925) 117.
22. L. Faulhabetr. Die « 3 Wege » der Gotteserkenntnis und der wissen
schaftliche Gottesbegriff. Ein Beitrag zur Kritik der wissenschaftlichen Gotte
serkenntnis. Wurzbürg 1924 iv-83 p.
23. O. Bardenhewer. Geschichte der altchristlichen Literatur, Freiburg 1. B.
1924 IV, 282-300.
24. G. Théry. Le texte intégral de la traduction du pseudo-Denys par Hil
duin, Revue d'histoire ecclésiastique 21 (1925) 33-5o, 197-214.
25. G. Horn. Amour et extase d'après Denys FAréopagite, Revue d'ascétique
et de mystique 6 (192.S) 278-289.
. 26. A. Gardeil. Les mouvements directs, en spirale, circulaires de l'âme et
les oraisons mystiques, Revue thomiste 3o (1925) 321-840.
27. M. Grabmann. Mittelalterliches Geitesleben. Abhandlungen zur Ges
chichte der Scholastik und Mystik, München, Hüber, 1926, p. 449-468.
28. A. Feder. Das aquinaten Kommentar zu pseudo-Dionysius De divinis
nominibus, Scholastik, 1 (1926) 321-35 1.
29. G. Théry. Les origines de l'Église de Paris et la tradition dionysienne
Revue des Jeunes, 4e trimestre 1926, 456-467, 563-571.
30. J. Stiglmayr. Aszeseund Mystik des sog. Dionysius Areopagita, Schol
astik 2 (1927) 161-207.
31. J. Maric. Secunda quaestio praevia ad novani apologiam Papae Honorii I,
Bogoslovska Smotra i5 (1927) 44-52, 1 65- 170.
32. K. Richstätter. Der Vater der christlichen Mystik und sein verhängnis
svoller Einfkiss, Stimmen der Zeit 114 (1928) 243-259.
33. Joseph a Spiritu Saucto. Enucleatio mystkae theofogiae Dionysii Areo-
pagitae per questiones et resolutioiies scholasticomysticas. Editio a P. Anastasio
a S- Paulo exarata, Carmeiitana 1, 1928, Rome, in-80 xxix-325 p.
34. J. Stiglmayr. Der sog. Dionysius Areopagita und Severus von Antiochien,
Scholastik 3 (1928) 1-27, 161-189.
35. B. Geyer. Die patriotische und scholastische Philosophie (F. Ueberweg,
Grundriss der Geschichte der Philosophie II Teil) Berlin, Mittler, 1928, p. 126-
128, et 667-668.
36. V. Lossky. La théologie apophatique dans la doctrine de Denys l'Aréo-
pagite'(en russe), Seminarium Koodakovianum (Prague) 3 (1929) 133-144.
37. A. d'Alès. Bulletra de Théologie historique, Recherches de Science rel
igieuse, 19 (1929) 537-539.
38. Κ. Ι- Δυοβουνιώτης. Article dans Μεγάλη Ελληνική 'Εγκυκλοπαίδεια. Athènes, 9
'(1929) 402-403.
39. G. Horn. Comment Denys le pseudô-Aréopagité interprète l'Ecriture,
d'après la Hiérarchie céleste, chap, n (P. G. 3, i36 C-144 D); Recherches de
-Science religieuse 20 (1980) 45-48.
40(8 échos d'orient
40. G. Théry. L'entrée du pseudo-Denys en Occident. Mélanges Mandonnet,
Paris J..Vrin 2 (1930) 23-3o.
41. W. Jäger. Der neuendeckte Kommentar zum Johannes Evangelium
und Dipnysius Areopagites, Berlin, W. de Gruyter, iq3o, 28 p.
42. K. Hausmann. Ein neuendeckter Kommentar zum Johannes-evangelium.
Forschungen z. chritl. Lit.u. Dogmengesch. xv, 4-5 Paderborn, Shöningh, 1930.
4-3. F. Cayré. Précis de Patrologie. Tournai Desclée, 2 (içSo) 85-99.
44. Kirsch. Kirchengeschichte. Freiburg i. Β., ι (1930) 574.
40. R. Devreesse. Denys l'Aréopagite et Sévère d'Antioche, Archives d'histoire
doctrinale et littéraire du moyen âge 4 (1930) 159-167.
46. H. C. Puech. Liberatus de Carthage et la date de l'apparition des écrits
dionysiens, Annuaire i93o-3i de l'Ecole pratique des Hautes Etudes, Section des
sciences religieuses, p. 3-39.
47. J. Lebon. Le pseudo-Denys l'Aréopagite et Sévère d'Antioche, Revue
d'histoire ecclésiastique 26 (1930) 880-915.
48. Κ. Λογοθέτης, Ή φιλοσοφία των πατέρων κα: του μέσου αιώνος. Athènes, Ι93θ,
ρ. 364-374-
49· Δ. Μπαλανος, Πατρολογία. Athènes, Ι93θ, ρ. 5 1 2-5 1 7·
5ο. Fr. Drexl. Zehn Jahre griechische Patristik 1916-1925. (Jahresbericht
über die Fortschritte der klassischen Altertumskunde, Leipzig, 1981, 266-270.)
Dans cet ouvrage très précieux de bibliographie patristique, on trouve une ana
lyse sommaire et plusieurs comptes rendus des travaux mentionnés.
51. Rauschen-Altane. Patrologie, Freiburg i. B., iç3i, 402-407.
52. V. Lossky. La notion des analogies chez Danys l'Aréopagite, Archives
d'histoire doctrinale et littéraire du moyen âge, 5 (iç3i) 279-309.
53. G. Bardy. Autour de Denys l'Aréopagite, Recherches de science rel
igieuse 3i ( 1 9.3 1 ) 201-204.
04. G. Bardy. Sévère et le pseudo-Denys, La Vie spirituelle, 27 ( 1 93 1 )
[43]-[48].
55. Ami du Clergé. 49 (1932) 198-202, 691-696. (Différentes réponses à des
questions concernant Denys l'Aréopagite et les controverses actuelles.)
56. G. Théry. Etudes dionysiennes. 1. Hilduin traducteur de Denys. Paris,
Vrin 1932, gr. in-8°, iv-i83 p. (Etudes de philosophie médiévale, 16.)
57. J. Maric, Pseudo-dionysii Areopagitae formula christologica celeberrima
de Christi activitate theandrica, Bogoslovska Smotra, 20 (1932) io5-i73.
58. G. Théry. Les œuvres dionysiennes de Thomas Gallus, La vie spiri
tuelle 3i (1932) 147-167, 32 (1932·) 22-43, 33 (1932) [i29]-[i54].
09. J. Stiglmayr. Um eine Ehrenrettung des Severus von Antiochien, Schol
astik 7 (1932) 56-67.
60. J. Lebon. Encore le pseudo-Denys l'Aréopagile et Sévère d'Antioche,
Revue d'histoire ecclésiastique 28 (1932) 296-313.
61. Mgr AtIIÉNAGORAS métropolite de Paramythia. Ό γνήσιος συγγραφεύς των
εις Αίονύσιον τον Άρεοπαγίτην αποδιδόμενων συγγραμμάτων. Athènes, 1932, in-8°,
κ>7 pages.
LES DERNIERS ESSAIS D'IDENTIFICATION DU PSEUDODENYS 469
LISTE DES AUTEURS CITÉS
Le chiffre renvoie aux numéros de la bibliographie.
Akinian, Ν 6
Aies, A. d' 37
Ami du clergé 55
Athénagoras, M%r 61
Bail, H 21
Bardenhewer, 0. 23
Bardy, G , ...53, 54
Cayré, F 43
Clemen, C 14
Devreesse, R 45
Drexl, Fr 5o.
Durantel, J 8
Dyovouniotis, Κ 38
Faulhaber, L 22
Feder, A 28
Gardeil, A 26
Geyer, Β 35
Grabmann, M 12, 27
Giuliotti, D. iö
Hausmann, Κ 42
Horn, .G 25, 39
Jäger, W 41
Joseph a St0 Spiritu 33
Kadiköy, novembre 1932.
Kirsch 44
Lampen, W 17
Lassen 4
Lebon, J 47, 60
Lehmann, Ρ ιό
Logothetis, Κ 48
Lossky, V 36, 52
Marie, J 3i, 57
Morel, F 2
Mpalanos, D 49
Müller, H... 1
Peeters, Η 9
Pourrai, Ρ 5
Puech, Η φ
Rauschen-Altane 5ΐ
Richstätter, Κ 32
Rolt, Ε 7
Seeberg, R 3, [5
Stiglmayr, J.. 3o, 34, 59
Théry, G. i3, 19, 20, 24, 29, 40, 56, 58
Thibaut, J 11
Wilmart, A 18
E. Stéphanou.