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Les Lignes de transport HT

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INTRODUCTION
Le réseau de Transport et de répartition français est
constitué de lignes 400 et 225 kV (Transport) 150, 90 et 63
kV (Répartition inter régionale).
Les modes d'intervention (maintenance, entretien,
construction) sur les lignes se font soit hors tension (dans
le cadre de la consignation de l'ouvrage) soit sous tension.
Bien que ces réseaux soient de structure maillés, la mise
hors tension d'une ligne signifie souvent une perturbation
de la desserte électrique.
Ceci explique que la méthode des Travaux Sous Tension,
chaque fois qu'elle est utilisable, soit préférée dans la
mesure où elle libère l'électricien des contraintes
temporelles (elles-mêmes source de risque) tout en
assurant une continuité de la desserte électrique.
Evidemment la problématique liée à une avarie de réseau
est différente et conduira, la plupart de temps, à mettre le
réseau hors tension. Naturellement, c'est également le cas
de la construction des réseaux neufs, des extensions de
réseaux existants pour lesquels les dispositions de sécurité
sont à considérer sérieusement compte tenu de leur
proximité avec le réseau existant (contact accidentel avec
des ouvrages voisins sous tension, induction, essais...).
INTERVENTION DANS LE CADRE
DE LA CONSIGNATION ELECTRIQUE
DE LA LIGNE
La sécurité d'un chantier, relativement aux risques
électriques, nécessite, en accord avec la réglementation
(norme EN 50110), la prise en compte de différentes
opérations séquentielles (séparation, condamnation,
vérification d'absence de tension, mise à la terre et en court-
circuit).
Nous insisterons sur deux phases essentielles de la
consignation :
G La Vérification d'Absence de Tension (VAT)
G La Mise A La Terre de l'ouvrage (MALT)
Ces opérations dans le domaine des lignes électriques HT
mettent en œuvre des équipements spécialisés.
Par ailleurs, la prise en compte de phénomènes propres à
la configuration des lignes HT (lignes multiternes,
couplage de lignes parallèles disposées en couloir...)
obligent à considérer les phénomènes d'induction tant
électrique qu'électromagnétique et à prévenir leurs effets
du point de vue des risques électriques.
Là encore, des dispositions de sécurité complémentaires
sont à considérer.
SECURITE / MAINTENANCE
DES RESEAUX DE TRANSPORT
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VÉRIFICATION D’ABSENCE DE TENSION
La Vérification d'Absence de Tension doit s'effectuer à
l'emplacement prévu pour la pose des dispositifs de MALT.
Les détecteurs utilisés sont des dispositifs portatifs du type
unipolaire fonctionnant "au contact". Il s'agit d'appareils
électroniques sonores et lumineux dotés d'embouts
normalisés permettant leur maniement à distance par
l'intermédiaire d'une perche isolante.
Le fonctionnement
des détecteurs de
tension est basé sur
le principe de la
détection d'un courant
capacitif via l'impédance
complexe que représente le
couplage à la terre créé par
l'environnement (essentiellement
la perche isolante, le monteur dans la
structure).
Ces détecteurs de tension répondent à des normes CEI
(CEI 61243-1); les perches associées dont la longueur
est adaptée au niveau de tension sont constituées de
tubes également normalisés (CEI 60855, CEI 61235).
Les seuils sont réglés en usine en fonction des tensions
nominales (ou plage de tension nominale) de façon à
détecter les tensions réelles tout en négligeant les
tensions induites (inductives ou capacitives) qui, dans
certaines configurations, peuvent atteindre 15% des
valeurs nominales du réseau.
Les appareils modernes comportent des dispositifs de
contrôle intégrés qui permettent de simuler le bon
fonctionnement des détecteurs avant et après usage.
La CEI 1243-1 propose différentes catégories
climatiques (plage de température et humidité associée)
pour le fonctionnement des détecteurs. Les
caractéristiques mécaniques (vibrations, chutes, chocs)
suivent la CEI 68-2.
MISE A LA TERRE ET EN COURT-
CIRCUIT DES LIGNES HT
Les dispositifs de mise à la terre et en court-circuit sont
destinés à protéger le personnel des risques électriques
d'électrisation par contact direct. La pose de MALT doit
être pratiquée immédiatement après la VAT. Elle intéresse
tous les conducteurs y compris les câbles de garde.
Ces dispositifs sont destinés à prévenir les risques liés à :
G La réalimentation intempestive de l'ouvrage
G La présence de phénomènes d'induction (électrique,
électromagnétique)
G Des surtensions d'origine atmosphérique (liées à
l'étendue du réseau)
G Au contact accidentel de pièces sous tension
avoisinantes. A ces risques s'ajoutent les éventuelles
erreurs d'identification des ouvrages.
En accord avec la CEI 479-1, les remontées de potentiel
doivent, dans tous les cas, demeurées limitées avec des
valeurs physiologiquement acceptables (en référence à
la figure 5 zone 2 de ce document)
Par ailleurs, l'équipotentialité de toutes les phases de
travail doit être assurée. Cette disposition revêt une
importance particulière dans le cas des lignes aériennes
du domaine du Transport.
Les dispositifs de MALT/CC doivent répondre à la norme
CEI 61230 qui spécifie des systèmes (ensemble
cohérent de pinces, conducteurs, étaux) et fixe les
performances minimales caractérisées par des essais de
type. Particulièrement marqués dans le cas des lignes du
Transport HT, les phénomènes d'induction font naître des
différences de potentiel importantes entre conducteurs et
masses (inductions électriques) et des courants de
circulation intense (plusieurs milliers d'ampères) par
induction électromagnétique liée à la constitution de
boucles auxquelles les mises à la terre participent.
Au Transport HT, on distingue 3 types de MALT :
G Les MALT d'exploitation
G Les MALT de travaux
G Les MALT complémentaires de travaux
✔ MALT d'exploitation
Il s'agit de mises à la terre triphasées destinées à :
G Améliorer le fonctionnement des protections lors d'un
retour intempestif de tension
G Dériver l'écoulement des courants de défaut au niveau
de la terre des postes et limiter les remontées de
potentiel au niveau de la zone de travail
La pose de ces mises à la terre d'exploitation complète
en pratique les opérations de séparation et de
condamnation.
✔ MALT de travaux
Elles correspondent typiquement à l'application de la
4ème règle de la consignation au sens de l'EN 50110 et
UTE C 18-510.
G Elles sont destinées à écouler les éventuels courants
de court-circuit pendant la durée d'élimination du
défaut. Les valeurs typiques considérées sont 30
kA/1s, 40 kA/1s, 63 kaA/0,5s (réseau de Transport
français).
G Elles participent à l'équipotentialité de la zone de
travail.
✔ Mise à la terre complémentaire de travaux
Ces mises à la terre sont destinées à parfaire les mises
à la terre de travaux qui, en fonction des configurations,
nécessitent des dispositions complémentaires.
Elles ont pour but d'assurer l'équipotentialité de la zone
de travail. Il s'agit :
G De shunt, liaison équipotentielle
G De diffuseurs de terre
Les shunts et liaisons équipotentielles sont destinés à assurer
la continuité électrique des circuits (y compris les câbles de
garde) lorsque les travaux amènent leur interruption (ex :
confection d'un manchon, dépose d'une bretelle...).
La section des shunts doit être telle qu'elle permette la
circulation des courants de boucle liés à l'induction
électromagnétique.
Les liaisons équipotentielles ont des sections réduites, elles
ne sont pas destinées à écouler les courants de court-circuit.
Les diffuseurs de terre sont constitués de plusieurs
piquets de terre réunis électriquement entre eux. Leur rôle
est d'améliorer l'équipotentialité du chantier (tension de
pas). Leur efficacité est dépendante de la résistivité du sol.
Ces diffuseurs peuvent être avantageusement
électriquement raccordés au réseau de terre des supports.
✔ Mise en œuvre des mises à la terre
Qu'il s'agisse de mises à la terre d'exploitation, de
travaux ou de mises à la terre complémentaires, les
dispositifs doivent être numérotés et munis de fanions.
La pose de MALT suit un ordre défini:
G Fixation des étaux de terre, préférentiellement sur des
sabots à ailettes, à défaut sur les cornières de support
avec des étaux spécialisés,
G Fixation des pinces sur les conducteurs. La première mise
à la terre de chacun des conducteurs doit se faire avec
une perche isolante adaptée à la tension de la ligne. Les
mises à la terre suivantes se font avec des perches plus
courtes (1m), tenant compte des seules tensions induites.
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✔ Délimitation de la zone de travail
La zone de travail nécessite pour les travaux HT,
compte tenu de la dimension des ouvrages, des
dispositions particulières pour sa matérialisation.
La délimitation de la zone de travail est constituée par
des mises à la terre de travaux équipées de fanions et
par des dispositifs d'interdiction de passage sur les
pylônes (banderoles).
Au sol, lorsque des prises de terre sont employées,
l'utilisation de filets, grillages et barrières isolantes
complétera les interdictions de passage (cadre, fanion...).
Par ailleurs, tout engin, échafaudage et d'une façon
générale tout conducteur pénétrant la zone de travail doit
être mis à la terre.
CONSTRUCTION DE LIGNE ET
MAINTENANCE
Dispositions particulières liées à l'installation des
conducteurs (et câble de garde) sur les lignes de Transport.
L'installation de conducteurs (et câble de garde) à proximité
de lignes existantes sous tension nécessite des dispositions
particulières relatives à leur mise à la terre temporaire.
Des terres roulantes doivent être installées sur les
conducteurs. Les conducteurs intéressés incluent les câbles
de garde, les câbles de traction et les câbles pilote.
Les sites de travail font l'objet d'un maillage des terres et les
poulies de déroulage sont mises à la terre. Le calibrage de
ces terres et mailles sera dépendant des courants liés au
courant de défaut pouvant naître du contact direct avec une
ligne sous tension avoisinante.
La confection de manchon de jonction, soit sur le site de
traction ou de freinage, soit en pleine portée (conducteur
ramené au sol) nécessite la pose de MALT de chaque côté
du site de travail avant manchonnage.
Lors du réglage des conducteurs, le tracteur de réglage doit
également être mis à la terre.
Lors de la mise sur pinces après réglage, tous les
conducteurs de phase doivent être mis à la terre par
l'intermédiaire des cornières du pylône.
Cette même précaution est répétée lors de la pose des
ponts, des entretoises, des balises aériennes...
Pour tous ces dispositifs de mise à la terre, le
dimensionnement des câbles, pinces et étaux devra être
adapté aux courants induits et aux courants de défaut
auxquels ils seront vraisemblablement exposés.
On admet que la valeur de 20 kA/0,4s concernant l'induction
couvre les contraintes pratiquement rencontrées.
Les dispositifs de mise à la terre (pinces, terres roulantes,
câbles, étaux) impliqués dans ces dispositifs spécialisés
doivent satisfaire la CEI 1230.
L'hélicoptère est mis à contribution pour le déroulage et le
déroulage sous tension mécanique des lignes de transport.
L'usage de l'hélicoptère est également considéré pour la
pose de manchons de réparation, l'installation ou la
désinstallation de dispositifs avertisseurs pour les avions...
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L'hélicoptère se justifie
dans le cadre de ces
opérations lorsque les
circonstances sont
difficiles (contrainte de
relief en particulier). Les
travaux sont réalisés à
partir d'une nacelle ou
d'une plate forme
suspendue à l'hélicoptère.
INTERVENTION DANS LE CADRE
DES TRAVAUX SOUS TENSION
La maintenance des réseaux de Transport et répartition
fait dorénavant largement appel aux techniques de
Travaux Sous Tension.
Rappelons que les Travaux Sous Tension apportent des
avantages déterminants en assurant :
G La continuité de la desserte électrique ; il s'agit d'une
préoccupation essentielle et permanente des
électriciens de réseau
G La maîtrise de la planification des interventions sur les
réseaux
G La sécurité des opérateurs (formation outillage,
méthode)
Par ailleurs, les incidences, tant sociales
qu'économiques, plaident pour l'adoption des Travaux
Sous Tension pour la maintenance des réseaux à Très
Haute Tension.
Les opérations les plus courantes sur les réseaux de
Transport concernent le remplacement des chaînes
d'isolateurs ou leur réparation sur site. Ces interventions,
aujourd'hui classiques, se font selon la technique des
travaux à distance et au potentiel ou par combinaison de
ces deux méthodes.
D'autres opérations demeurent accessibles. Citons la
réparation des conducteurs (manchonnage, pose de
manchon à hélice), l'intervention sur les entretoises
amortisseurs (pose, réparation) des lignes à faisceau
multiple, l'intervention sur les contrepoids antigiratoires
(pose, modification) ou de balises. Ces dernières
s'effectuent "au potentiel" et font appel à des méthodes
plus ou moins sophistiquées (échafaudages isolants,
échelles à palan, travaux héliportés, voire automates de
pose dans le cas des sphères de balisage).
Les opérations les plus courantes concernent le
remplacement ou la réparation de chaînes d'isolateurs
avariés. Bien qu'elles s'apparentent dans leur principe, il
convient de distinguer les opérations sur chaînes
d'alignement et sur chaînes d'ancrage car elles mettent
en œuvre des outillages spécifiques.
Les opérations sur chaînes de suspension s'effectuent
essentiellement à distance. La ligne est mécaniquement
reprise au droit de la chaîne d'isolateur par moufflage et
perche à étaux. Les perches à conducteurs, associées pour
leur guidage à des selles pour pylône et des manchons,
permettent le déplacement du conducteur. L'immobilisation
de la chaîne de suspension est réalisée au moyen de perche
universelle équipée d'une pince d'isolateur pendant le
désaccouplement des assemblages à rotule ou des pinces
d'alignement.
La chaîne de suspension pourra ainsi être déposée pour
réfection ou échange. Le remontage s'effectuera suivant le
processus inverse.
Au-delà de 150 kV, la procédure met généralement en
œuvre des tirants isolants associés à des vérins (à vis ou
hydrauliques). Le déplacement des chaînes de suspension
est assuré par un dispositif de manutention de chaîne de
suspension comportant une perche à plateau.
Concernant les chaînes d'ancrage, la reprise de la
tension mécanique du ou des conducteurs est
généralement confiée à des outillages spécialisés
utilisant des tirants d'isolants et permettant la réfection
ou l'échange d'un manchon ou d'une pince d'ancrage ;
un monteur étant porté au potentiel par l'intermédiaire
d'une poutre ou d'une échelle à crochet.
La reprise de tension d'une file d'isolateurs met
généralement en œuvre des dispositifs à palonnier, des
tirants et des vérins. Les chaînes d'ancrage désolidarisées
à leurs extrémités sont alors manipulées au moyen de
berceau associé à des cordes de manœuvre et des
potences de manutention.