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Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 1 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
Les modèles (numériques) en hydraulique fluviale
pourquoi modéliser ?
différents types de modèles
le modèle unidimensionnel
les hypothèses de Barré-de-Saint-Venant
les objets de la modélisation
ouvrages
lit majeur
approche par les besoins :
quels modèle pour quel problème ?
méthodologie de modélisation
analyse, construction, réglage et validation, exploitation
données nécessaires
indicateurs de qualité
2
Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 2 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
le modèle unidimensionnel
déterministe mais schématisé
Section d’écoulement
hypothèses BSV
réduction 1-D de la réalité terrain
petites ondes
rugosité et résistance
Tronçon de calcul
écoulement fluvial
singularité
Topologie
limites
confluence et défluence
modèles ramifiés et maillés
Lit majeur
section composée unidimensionnelle
maillage
casiers
modélisation bidimensionnelle
Que cherche-t-on à calculer ?
Quel est le degré de schématisation acceptable ?
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Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 3 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
Section d’écoulement : hypothèses de Barré-de-Saint-Venant
écoulement unidimensionnel
vitesse moyenne, perpendiculaire à la section d’écoulement
pente transversale de la surface libre nulle
courbure faible des lignes de courant
accélérations verticales et transversales négligeables
répartition hydrostatique des pressions sur la verticale
régime « graduellement varié »
effets de frottement et de turbulence équivalents à ceux en
régime uniforme
usage : formules en écoulement normal
pente longitudinale faible
densité de l’eau constante
S'assurer de la validité des hypothèses
Sinon, en connaître les conséquences
Dans le domaine de l’hydraulique fluviale, et pour le modélisation des biefs fluviaux, les systèmes
de modélisation s’appuient généralement sur les hypothèses de Barré-de-Saint-Venant.
Quelles sont ces hypothèses et quelles conséquences ont-elles sur la validité des modélisations?
On essaiera de fixer les limites et de présenter aussi les solutions habituelles pour dépasser ces
limites.
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Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 4 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
Section d’écoulement : réduction 1-D de la réalité terrain
validité relative suivant les types de cours d’eau
canal maître BRL
le Rabodeau (Vosges) : lit unique
seuils et mouilles sur l’Ardèche
écoulement unidimensionnel
vitesse uniforme, perpendiculaire à la section d’écoulement
pente transversale de la surface libre nulle
L’hypothèse d’unidimensionalité est couramment faite dans les modélisations numériques.
On montre ici trois types de cours d’eau pour illustrer la relativité de cette hypothèse et sa plus ou
moins grande justesse selon la géométrie de la section du lit.
L’importance de cette hypothèse, et sa légitimité, sera aussi fonction du type de problème posé
(que cherche-t-on à calculer ?) et de l’échelle considérée: par exemple, on ne prendra fera pas la
même description du lit de la Loire et de ses îles dans une étude concernant la propagation de
l’onde de crue dans la Loire moyenne ou une étude sur la mise en valeur des bras secondaires.
L’hypothèse d’unidimensionnalité implique des propriétés particulières de la surface libre, de la
vitesse et de la direction d’écoulement.
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Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 5 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
Section d’écoulement : réduction 1-D de la réalité terrain
validité relative suivant suivant l’échelle considérée
U modèle « global » s’accomode d’une échelle grossière, et d’une perte de détail. Il s’agit de
reproduire correctement le volule de stockage et la propagation. Si on veut plus de détail, il
faudra raffiner la description des différents « chemins » de l’écoulement. Par exemple, on ne
prendra fera pas la même description du lit de la Loire et de ses îles dans une étude concernant
la propagation de l’onde de crue dans la Loire moyenne ou une étude sur la mise en valeur des
bras secondaires.
attention ! ici un exemple bidon, juste pour faire un dessin : le modèle « détaillé » ne tient pas
compte des chevrettes.
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Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 6 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
Section d’écoulement : réduction 1-D de la réalité terrain
Vitesse uniforme dans la section en travers
végétation
lit mineur et lit majeur
on utilise une vitesse moyenne
convection différentielle
correction des équations (coefficient de Boussinesq)
t
1
t
2
C
x
V(t
2
-t
1
)
A
Q
A
dA v
V
A
x
= =

A V
dA v
2
A
2
x

= β
( ) 0 S
x
y
gA A V
x t
Q
f 2 =
|
.
|

\
|
+


+ β


+


Stéphane Veyrat-Charvillon, 1998, DEA « Gestion des Espaces Montagnards, UJF
Les grandeurs utilisées pour définir l’écoulement en un point sont en fait des valeurs moyennes
qui schématisent l’écoulement réel dans une section de calcul.
La modélisation unidimensionnelle utilise une vitesse moyenne (le débit divisé par la section
mouillée).
Dans certains cas, l’utilisation de facteurs correctifs permet de réduire l’effet de ces
schématisations.
Par exemple le coefficient de Boussinesq permet de corriger le terme d’énergie cinétique dans
l’équation dynamique.
Un autre type de correction est nécessaire si d’autres phénomènes doivent être considérés : par
exemple pour le calcul du transport d’un traceur par l’écoulement, l’hétérogénéité de la vitesse
dans la section se traduira par un étalement du traceur.
Enfin cette simplification demande d’intégrer dans les frottements réguliers la dissipation
d’énergie due aux échanges entre les différentes zones de l’écoulement.
Pratiquement on retiendra surtout que la vitesse calculée par la modélisation n’est pas forcément
la vitesse de l’écoulement !
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Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 7 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
Section d’écoulement : réduction 1-D de la réalité terrain
Vitesse perpendiculaire à la section d'écoulement
courbes, méandres
Surface libre horizontale
montée et descente de crue
courbes
horizontalité de la ligne d'énergie ?
RG
RD
Bien entendu, cette vision unidimensionnelle ne permet pas de distinguer par le calcul les
éventuelles particularités de la surface libre :
- une surcote à l’extérieur des courbes (pour des formules donnant la valeur de cette surcote, voir
VT.Chow §16.4) ;
- une différence du comportement des sections composées à la montée de crue et à la descente
de crue.
Enfin, l’hypothèse d’uniformité de la surface libre entraîne nécessairement que la charge
hydraulique totale (niveau + énergie cinétique) n’est pas uniforme dans la section en travers.
Cette propriété contredit donc l’hypothèse que nous ferons un peu plus loin pour le calcul des
frottements dans une section composée.
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Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 8 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
Section : accélérations verticales et transversales négligeables
courbure faible des lignes de courant
⇒répartition hydrostatique des pressions sur la verticale
Petites ondes ⇒exclut choc, forte pente, courbure
ondes de disjonction
ondes de rupture
propagation sur fond sec
houle
diffusion numérique
solution fausse mais qui peut être acceptable
utiliser des équations plus complètes
L’écoulement est dit « graduellement varié ».
Cela signifie concrètement que l’on ne cherchera pas à calculer avec ce type de modèle les
écoulements les écoulements « plongeants », au voisinage du régime critique ou du ressaut
hydraulique.
On aura aussi des difficultés pour reproduire correctement les variations trop brutales de la
surface libre (ondes raides, propagation sur un fond initialement sec par exemple).
La page suivante montre un exemple de ce type d’écoulement. Un choix particulier des
paramètres numériques permet cependant le calcul avec une bonne approximation.
Certains de ces cas particuliers (ressaut, ondes de rupture) doivent être calculés avec des
logiciels appropriés qui utilisent des équations plus complètes, et éventuellement un schéma
numérique spécifique.
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Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 9 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
Réflexion sur un mur : Qaval=0
0.00
0.50
1.00
1.50
2.00
2.50
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
distance (km)
niveau (m)
t = 0 s
t = 360 s
t = 720 s
t = 1080 s
t = 1440 s
t = 1800 s
t = 2160 s
t = 2520 s
t = 2880 s
t = 3240 s
t = 3600 s
t = 3960 s
0.00
0.20
0.40
0.60
0.80
1.00
1.20
1.40
1.60
1.80
0 300 600 900 1200 1500 1800
temps (s)
n
iv
e
a
u

(
m
)
propagation d'une onde positive
Canal usinier L=10 km
Pente nulle, frottement nul
Section rectangulaire zf=0, b=20m
CI : y=1.20m, Q=0m3/s
CL amont : niveau=y(t)
CL aval : mur Q(t)=0
Célérité
Ch=4.1m/s, Cb=3.4m/s, Dt0=540s,
trattrapage=3390s
Raidissement
Réflexion
Aspects numériques
oscillations
diffusion
BSV ?
Cet exemple montre une utilisation d’une modélisation type Barré-de-Saint Venant pour l’étude
de la propagation d’une onde de disjonction (raide) dans un canal usinier. Ce cas viole
l’hypothèse « accélérations verticales négligeables ». Cependant un choix judicieux des
paramètres numériques (pas de temps et d’espace, pondérations) permet de calculer assez
exactement l’avancée de l’onde et sa réflexion. On remarquera cependant que le calcul
développe de légères instabilités en pied et en tête d’onde. On notera aussi que le calcul
reproduit le raidissement progressif du front d’onde mais ne reproduit pas le déferlement et la
formation d’un ressaut ondulé que l’on observera dans la réalité.
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Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 10 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
doc. Ph.Bois
Section : accélérations verticales et transversales négligeables
courbure faible des lignes de courant
⇒répartition hydrostatique des pressions sur la verticale
exclut singularités
coudes
décrochement du fond
déversoir
section contractée, pile de pont
dans les simulations
unidimensionnelles, les
singularités sont représentées
par un autre système
d’équations
culées de pont (de dessus)
A B C
On ne cherchera pas à calculer avec les équations de Barré-de-Saint Venant les écoulements au
voisinage d’un ouvrage ou en des points singuliers de la rivière.
En général les logiciels de modélisation permettent en général de représenter ces singularités par
un autre système d’équations.
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Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 11 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
Section d’écoulement : rugosité et résistance
effets de frottement et de turbulence équivalents à ceux
en régime permanent et uniforme
Résistance et dissipation d'énergie
rugosité ⇒contrainte de cisaillement
Chézy
Manning-Strickler
kstr(h), Ch(h) ?
dissipation turbulente / cisaillements internes
convergent/divergent (Borda)
sinuosité
f
3
2
h str
S AR k Q =
f h h
S R A C Q=
dessins « à la main » de JL Thony
2
f KQ x S H = ∆ = ∆
L’hypothèse faite ici est que nous pouvons utiliser les formules du frottement en établies en écoulement
uniforme (*) dans les cas d’écoulements graduellement variés.
La formule empirique de Manning-Strickler lie la perte de charge régulière (la pente de la ligne
d’énergie) au débit Q. Pour une perte de charge donnée, le débit sera plus important si la section
est plus grande, et si le frottement est réduit.
Historiquement ce sont les formules de Collebrook (pour les conduites) et de Chézy qui ont été
décrites. La formule de Chézy est préférée dans les études d’hydraulique côtière.
Dans les applications fluviales courantes, le coefficient de rugosité Strickler ne varie pas avec le
débit (ni la hauteur d’eau).
Dans la pratique, on intègre dans l’idée de frottement et dans son calcul, un ensemble de phénomènes qui
dissipent de l’énergie de façon diffuse et régulière (qui n’est pas localisé). A l’échelle où cette dissipation
d’énergie est appréciée, c’est une perte de charge régulière exprimée par unité de longueur de rivière.
Cette perte de charge se visualise dans les schémas par la pente de la ligne d’énergie.
Les phénomènes intégrés dans ce terme de frottement sont différents suivant les systèmes de modélisation
et les habitudes des modélisateurs :
- le frottement dû à la rugosité de peau : par exemple un fond sableux sera plus lisse qu’un fond recouvert
de galets ;
- les frottements et la dissipation d’énergie engendrés par la constitutions de formes sur le fond : rides,
dunes ;
- la végétation ;
- les structures et les accidents régulièrement disposés dans le cours d’eau mais suffisamment proches
pour que la perte de charge soit régulière à l’échelle longitudinale considérée : joints dans un canal revêtu,
épis rapprochés ;
- la dissipation turbulente qui résulte de l’hétérogénéité des vitesses (différent en particulier pour les
modélisations 2D où la diffusion turbulente est exprimée par ailleurs);
- la sinuosité du chenal.
Pour ces derniers éléments, la perte de charge peut être assimilée à un frottement essentiellement parce
toutes les pertes de charge sont du même type, proportionnelles au carré du débit.
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Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 12 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
Coefficient empirique de Strickler
rugosité de forme
24 à 21 a
6
1
m
str
,
d
a
k = =
dune
3
"
s
h
184 . 0
4 . 2 K |
.
|

\
| λ
=
( ) L , K , K , K , K f K
uosité sin div / conv forme grain S
=
65
'
s
d K =
n
n
1
"
s
n
1
'
s S
K K K
|
|
.
|

\
|
+ =
6
1
S
str
6 . 0
K
g 2 87 . 5
k
|
.
|

\
|
=
f
3
2
h str
S AR k Q =
2 . 0
0
str
S
8
k =
Strickler
composition des pertes de charge
régulières
1ère approximation : sur catalogue, Mégard, expérience
rugosité de grain
composition des rugosités
exemple de « catalogues » :
Open- channel Hydraulics - Ven Te CHOW - Mac Graw Hill Intern. Ed. - 1959
http://wwwrcamnl.wr.usgs.gov/sws/fieldmethods/Indirects/nvalues/
biblio sur les caractéristiques et les conditions de formation des dunes :
Cours « Transport solides », chapitre 5
SHEN H.W., 1962, "Development of bed roughness in alluvial channels", J. of
the Hydraulic Division, ASCE, Vol.88, No.HY 3, pp.45-58
Van RIJN L.C., 1984, "Sediment transport, Part III : Bed forms for alluvial
roughness", J. of hydraulic engineering, ASCE, vol.110, No.12
YALIN M.S., 1977, "Mechanics of Sediment Transport", Pergamon Press
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Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 13 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
Section d’écoulement : rugosité et résistance
végétation
urbain
échelle
les embâcles
f
3
2
h str
S AR k Q =
île de Brignoud, Isère, 22/03/01 la Drôme , doc. Ramivol
Wroclaw, 07/1997, doc. T. & M. Szwed, « powo ’dz ’ »
île de Brignoud, Isère, 20/05/99
Végétation émergente et non-émergente.
Troncs, branches et feuilles.
Flexible et rigide.
Piégeage des flottants.
Que cherche t’on à calculer en site urbain : effet global de la zone urbanisée ou écoulements
dans la zone.
Péri-urbain : murets et clotures.
Urbain : carrefours, l’aléa des embâcles (véhicules, mobilier urbain).
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Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 14 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
Section d’écoulement : rugosité
variabilité dans le temps
dunes et formes du fond dans le lit mineur
avancement de la végétation et des cultures dans le lit majeur
échelle
épis
route
lit majeur
importance du réglage
f
3
2
h str
S AR k Q =
épis de stabilisation du chenal navigable sur le Danube
le Var : lit mineur et lit majeur
Le réglage obtenu ne restera valable que si les conditions de rugosité restent constantes (on peut
observer par exemple des variations saisonnières) et si les conditions d’écoulement restent
similaires (c’est à dire si la schématisation garde le même caractère).
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Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 15 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
Point de vue du modélisateur
reproduire l'écoulement
pente, perte de charge, vitesse de propagation, amplitude de la crue
prendre en compte les hétérogénéités
transversale, représentativité de la X-section
coefficient de perte de charge : paramètre de réglage
dépend dans une certaine mesure du système de modélisation, du modèle
distinguer pdc régulières et pdc singulières
obtenir un modèle valide, utilisable
mettre en cause éventuellement la modélisation : topo, équations
modules de réglage automatique
D 1 D 2
k 3 . 1 k ≈
effets de frottement et de turbulence équivalents à ceux en
régime permanent et uniforme
Section d’écoulement : rugosité et résistance
Le coefficient de rugosité k
str
qui intègre alors l’ensemble des pertes de charges linéaires (ou régulières) est
un paramètre dont la détermination fait une large part à l’expérience du modélisateur.
Cette expérience sera affinée et validée par une démarche de réglage de la modélisation et on ajustera
l’ensemble des coefficients de rugosité pour reproduire par le calcul un ensemble d’événements (lignes
d’eau et hydrogrammes) mesurés dans la rivière.
Le réglage permet d’assurer que le modèle reproduit correctement les écoulements en nature.
On reviendra plus loin sur les méthodologies de validation. Celui-ci s’effectue généralement pour des débits
croissants, de l’aval vers l’amont.
Signalons que la disponibilité dans certains logiciels d’un module de calage automatique n’exclut pas le
terrain et l’expertise. Elle est cependant rarement justifiée, et surtout elle ne doit pas constituer un argument
de vente.
Influence sur le niveau, la pente, la propagation, le débit de la crue (mettre au point quelques exemples). (à
détailler sur des exemples)
Le réglage est spécifique pour une application donnée Par exemple pour une modélisation des
écoulements qui servira de base à un calcul de qualité d’eau on validera particulièrement les vitesses
calculées par le modèle.
Selon le type de modèle, le logiciel, les options prises par le modélisateur, on obtiendra effectivement des
valeurs de coefficients de rugosité qui peuvent être différentes.
Il arrive enfin parfois que le réglage soit impossible: il faut alors remettre en cause les choix de
modélisation:
- analyse du problème et des phénomènes qui conditionnent les écoulements;
- adaptation du logiciel;
- représentativité de la géométrie décrite dans le modèle; sections en travers en particulier si l’on n’arrive
pas à retrouver une ligne d’eau d’étiage;
- distinction entre pertes de charges régulières et pertes de charge singulières;
- validité des éléments utilisés pour le réglage.
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Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 16 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
calcul par le rayon hydraulique
Conduite circulaire
0.0
0.2
0.4
0.6
0.8
1.0
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
h/D
0.0
0.2
0.4
0.6
0.8
1.0
A/Amax
B/Bmax
Rh/Rhmax
K/Kmax
| |
1 3
3
2
h str
T L AR k K

=
Section d’écoulement : débitance
f S K Q=
adapté aux conduite, aux canaux
le frottement sur les parois ne peut pas être négligé
effet de voûte
Dans la formule de Manning-Strickler, le terme qui caractérise, pour une hauteur d’eau donnée, la
capacité d’écoulement dans la section s’appelle la débitance.
Le frottement est une fonction de la surface de contact eau-paroi, exprimée dans la formule par le
périmètre mouillé. Le rayon hydraulique est le rapport entre la section de l’écoulement et le
périmètre mouillé.
La formulation reste valable en particulier quand l’effet de frottement sur les parois est important.
Elle reproduit par exemple la diminution de la capacité de l’écoulement par effet de voûte dans
certains sections fermées (c’est néanmoins un cas rare en hydraulique fluviale).
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Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 17 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
calcul par le rayon hydraulique
section hétérogène ?
section composée ?
| |
1 3
3
2
h str
T L AR k K

=
Section d’écoulement : débitance
lit composé, pente 0.001
0
0.5
1
1.5
2
2.5
3
0 100 200 300 400
débit normal (m3/s)
hauteur
d'eau (m)
Q réel
Q calculé
Relation hauteur débit d’un lit composé
largeur du lit mineur = 50m
largeur du lit majeur = 1000m
profondeur lit mineur 2m
k
strickler
25 (moyen !)
pente 0.001
f S K Q=
route taillis grève forêt galets grève prairie
L’utilisation du rayon hydraulique et le calcul direct d’une débitance est cependant difficilement
applicable dans les cours d’eau où les sections sont souvent hétérogènes et présentent des
surfaces (et des rugosités) diverses.
Elle donne des résultats aberrants si, comme sur l’exemple, on l’applique pour le calcul de la
débitance d’un lit composé.
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Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 18 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
rivière naturelle
calcul d’une rugosité équivalente
Einstein
applications limitées
décomposition en sous-sections
hypothèse de pente uniforme
indépendance des sous sections ?
calcul "débord"
route taillis grève forêt galets grève prairie
Section d’écoulement : débitance
hypothèse d’unidimensionnalité ?
f S K Q=
∑ ∑ ∑
=
(
¸
(

¸

=
(
¸
(

¸

= =
SS
SS
SS
f SS f
SS
SS f
Q S K S K S K Q
2
f
K
Q Q
S =

=
SS
b
3
5
str SS
db h k K
la Loire à Orléans doc. J-L Peiry
Plusieurs méthodes ont été élaborées par les ingénieurs pour évaluer la débitance d’un lit
composé. Ces méthodes sont la conséquence directe de l’hypothèse d’unidimensionalité qui
considère que le niveau de la surface libre est uniforme dans la section en travers.
Einstein a proposé un calcul d’un coefficient de rugosité équivalent, mais les conditions
d’applications sont très restreintes.
Les autres méthodes ajoutent les débitances respectives calculées au dessus de chacune des
sous-sections du lit. On considère alors en général que ces différentes sous-sections sont
indépendantes. La décomposition d’évaluer la capacité d’écoulement d’une section formée de
plusieurs sous-sections de nature et de rugosité différentes.
Cette méthode, associée à l’expérience du modélisateur, donne des résultats satisfaisants dans
le cas où l’on recherche une vision « unidimensionnelle » de l’écoulement. Par contre, on devra
être très prudent dans l’interprétation des résultats détaillés, par exemple dans le cas où l’on
cherche à déterminer les conditions précises d’écoulement dans chacune des sous-sections.
Un raffinement supplémentaire est proposée par le calcul « débord ». mis au point à partir
d’essais de laboratoire. Cette méthode considère que la débitance .... Le calcul « débord »
demande cependant de l’utilisateur une expertise certaine.
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Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 19 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
= portion de rivière entre deux sections en travers
! représentativité des sections en travers
équations de Barré-de-Saint-Venant
Tronçon de calcul 1/3 tronçon d'écoulement fluvial
( ) 0 S
x
y
gA A V
x t
Q
f
2
= |
.
|

\
|
+


+ β


+


0
x
Q
t
A
=


+


Le cours d’eau est donc décrit par les sections en travers successives. Ces sections en travers vont être utilisées pour
décrire les nœuds d’un maillage de calcul (Nous approfondirons plus loin cette notion de maillage).
Il importe avant tout que ces sections soient représentatives des conditions d’écoulement réelles. Un reconnaissance de
terrain permettra de préciser le choix de ces sections représentatives et éventuellement de spécifier les travaux
topographiques qui devront être réalisés an préalable à la modélisation.
L’erreur la plus courante dans le choix des sections en travers consiste à ne pas détecter un section singulière (ou une
singularité) qui modifie. On recommande en particulier de s’aider d’une ligne d’eau d’étiage pour la sélection de ces
profils représentatifs.
La présence d’un haut fond, ou une forte variabilité du lit entre deux sections peut conduire le modélisateur vers des
valeurs inhabituelles du coefficient de rugosité pour faire coïncider lignes d’eau mesurée et calculée; et à l’impossibilité
de régler correctement le modèle pour une grande gamme de débit.
La modélisation d’un cours d’eau sinueux (comme sur le schéma) constitue une autre difficulté. Bien entendu, il est
délicat de chercher à représenter dans une modélisation unidimensionnelle unique les différentes situations que l’on
pourra rencontrer:
• écoulement non débordant dans le lit mineur sinueux,
• écoulement faiblement débordant;
• écoulement généralisé dans le lit majeur au cours des crues importantes.
Pour permettre une représentation correcte des deux situations extrêmes (le cas intermédiaire est celui qui sera le plus
difficile à représenter correctement), les modélisateurs ont parfois recours à certaines astuces:
• c’est l’amortissement, et donc la conservation du volume, qu’il faut représenter correctement en crue; la distance à
prendre en compte entre deux sections est donc la distance qui les sépare dans le lit majeur;
• la longueur développée des méandres est plus importante que la distance entre profils, mais c’est essentiellement le
niveau (et donc la perte de charge) qui sont importants en basses eaux; on compensera une distance de frottement
moindre par une correction (une augmentation) de la rugosité du lit mineur.
Cet exemple illustre les possibilités de compromis que permet une utilisation par un modélisateur averti de pièces de
« meccano » que constitue un système de modélisation.
Dans un tronçon d’écoulement fluvial, les hypothèse de Barré de Saint-Venant permettent d’exprimer des formulations
des écoulements unidimensionnels en rivière.
Les équations de Barré-de-Saint Venant sont un système de deux équations expriment des relations de conservation
dans un tronçon fluvial entre deux nœuds du maillage:
- la variation du volume d’eau dans le tronçon est égale au bilan des volumes entrant et sortants pendant un intervalle
de temps donné.
- une équation dynamique qui exprime le gradient d’énergie totale (cinétique et potentielle) en fonction du bilan des
forces qui s’exercent sur le fluide (poids, frottement, pression, inertie).
20
Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 20 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
100
2100 2150 2200 2250 2300 2350 2400 2450 2500
fond
régime normal
régime critique
dx=100m - centré
dx=100m - pondération aval
dx=100m - pondération amont
pas de hauteur constants
= élément du maillage unidimensionnel
homogénéité des conditions d’écoulement
choix de ∆x
pondération
interpolation
résolution des équations différentielles
pas de contrainte sur le sens de calcul
représentativité des résultats : pas de détail entre j et j+1
exemple : BE, calcul de la hauteur des
digues
débit de projet Q=800m3/s
section rectangulaire B=50m
S0=0.002
( )
( )
1 j
2
j
2
f
1 j f j f f
K
Q Q
1
K
Q Q
S
S 1 S S
+
+
(
¸
(

¸

Ψ − +
(
¸
(

¸

Ψ =
Ψ − + Ψ =
Tronçon de calcul 1/3 tronçon d'écoulement fluvial
21
Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 21 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
seuil
Il existe des zones où les hypothèses BSV ne s’appliquent pas
violation locale des hypothèses
ex: ressaut, ouvrages, zones d’écoulement 2-D, confluence
▼ couplage au système : le calcul séparé n’est pas possible
➔ méthode :
analyse du fonctionnement, formulation, algorithme de résolution
Tronçon de calcul 2/3 Singularités
culées de pont (de dessus)
A B C
Dans certains cas où les hypothèses de Barré-de-Saint-Venant ne s’appliquent pas, on exprime
les mêmes propriétés de conservation par deux relations appropriées entre deux points de calcul
successifs.
Dans les transparents suivants, nous étudions successivement les points suivants :
• singularités et ouvrages,
• topologie,
• limites
• lit majeur,
22
Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 22 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
y
amont y
aval
noyé
y
aval
dénoyé
y
seuil
Singularité exemple : déversoir
perte de charge Borda en régime
noyé
( )
( )
( )
2
2
seuil amont
noyé
aval amont
aval amont noyé
y y B
Q
g 2
1
K y y
g 2
V
K y y H
|
|
.
|

\
|
− α
= −
= − ≅ ∆
( )( )
{
( )
2
3
385 . 0
2
1
seuil amont dénoyé
aval amont seuil amont noyé
y y
3
1
3
2
g 2 B Q
y y y y g 2 B Q
− µ =
− − µ =
( ) seuil amont y y
3
2
h
gh
Bh
Q
c
c
c
− =
=
α
expression de la hauteur critique en
régime dénoyé
relations de débit sur un déversoir
Par exemple pour la description de l’écoulement dans un ouvrage, l’équation de conservation de
l’énergie est remplacée par une expression de la perte de charge dans l’ouvrage. Cette
expression est généralement issue de bases physiques mais elle utilise toujours des coefficients
établis par l’expérience.
On rappelle bien entendu que cette expression traite globalement le comportement de la
singularité ou de l’ouvrage mais ne saurait décrire l’écoulement en détail à l’intérieur et au
voisinage de la structure.
23
Ecoulements non-permanents à surface libre / ENSHMG / 23 les modèles en hydraulique fluviale – 2 : le modèle unidimensionnel / Philippe Belleudy – novembre 2002
mise en œuvre sur un ouvrage réel
cote de débordement
coefficient de débit
seuil latéral
énergie cinétique
singularité entre j et j+1, on remplace les équations BSV par
une équation de continuité
la relation f(yj, yj+1, Qj, Qj+1)=0 appropriée
▼ réglage !
déconnexions topologique dans certains cas
→discontinuité de l'algorithme
pas de contrainte sur le sens de calcul
vision unidimensionnelle
pas de détail entre j et j+1
singularités décrites et singularités fonctionnelles
Singularité exemple : déversoir
{
( )
2
3
385 . 0
seuil amont dénoyé y y
3
1
3
2
g 2 B Q − µ =
Un ouvrage réel est parfois plus complexe que la représentation schématique sous-entendue dans ces
formules. La confrontation de ces expressions idéales avec la réalité du terrain doit parfois être évaluée
avec discernement.
Pour un déversoir par exemple, on s’attachera surtout à déterminer la cote de déversement avec précision
avant de chercher à raffiner la valeur du coefficient de perte de charge : dans une modélisation globale de
la rivière, c’est le fait que le déversoir fonctionne ou non qui est plus important que la valeur exacte et locale
du niveau à l’amont de ce déversoir.
La disposition de l’ouvrage selon l’axe de l’écoulement est aussi susceptible de modifier cette expression du
débit. Pour un seuil frontal, il sera nécessaire de considérer dans certains cas l’énergie cinétique à l’amont
du seuil.
On cherchera donc naturellement à ajuster et à valider les formulations et les coefficients choisis par la
modélisation par une confrontation avec des mesures de terrain.
On rencontre aussi dans les logiciels de simulation des singularités « fonctionnelles ». L’ouvrage n’y est pas
décrit par ses caractéristiques ni par une expression d’origine physique, mais on décrit plutôt un
comportement et une fonction sans chercher à déterminer comment ce comportement sera réalisé dans le
‘ »vrai » cours d’eau (ni même parfois si ce comportement est cohérent): par exemple un ouvrage qui
réalise un niveau amont constant donné par l’utilisateur.
Les logiciels disponibles dans les bureaux d’étude comportent une boîte à outil plus ou moins riche:
déversoirs avec et sans inertie, clapets, passages en charge, vannes automatiques, consignes, etc. Il est
conseillé au maître d’ouvrage de vérifier que l’ensemble logiciel+modélisateur est capable de modéliser les
ouvrages et les fonctionnements du système considéré.