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com 8 SEMAI NE DU 20 AU 26 AVRI L 2012 - N°538
ges sociales et fiscales y afférentes, ainsi
que du coût des avantages en nature et des
dividendes perçus.
- Le revenu immédiat : il correspond au
pouvoir d’achat du bénéficiaire, c’est-à-dire
à la rémunération nette perçue, majorée des
dividendes, disponible après paiement des
charges sociales et des impôts.
- Le revenu global : c’est l’addition du
revenu immédiat et des cotisations obliga-
toires et facultatives de retraite, chômage,
prévoyance et frais de santé, ainsi que des
avantages en nature (véhicule de fonction,
tickets restaurants…).
Devoir de conseil, une notion qui
évolue. L’expert-comptable est tenu par
un devoir de conseil. Il s’agit là d’une obli-
gation issue de la jurisprudence.
Le Code de déontologie des experts-
comptables reprend cette obligation dans
son article 15 : « Dans la mise en œuvre de
chacune de leurs missions, les experts-comptables sont tenus
vis-à-vis de leur client à un devoir d’information et de conseil,
qu’ils remplissent dans le respect des textes en vigueur. »
Cet article étant pour le moins laconique, la jurispru-
dence vient préciser cette notion,
avec une appréciation au cas par
cas. Le devoir de conseil de l’ex-
pert-comptable peut se résumer
comme étant le devoir d’informer,
d’alerter, d’exiger et de refuser. Le
manquement à l’un de ces devoirs
caractérise le défaut de conseil. De
plus, un simple énoncé d’informa-
tions à l’état brut ne répond pas
à l’obligation, le conseil doit per-
mettre d’orienter ou de finaliser
une décision.
L’expert-comptable a un devoir
de conseil uniquement dans les
domaines qui relèvent de sa com-
pétence. Mais la jurisprudence
met à sa charge un devoir général
de conseil qui n’est pas limité au
cadre contractuel fixé dans la lettre
de mission. Il dépasse le domaine
purement comptable pour s’éten-
dre à d’autres disciplines, comme
la fiscalité, le droit… (2).
Dans quelle mesure le conseil
en rémunération peut-il être consi-
déré comme intégré à son obliga-
tion de conseil ?
Quelques exemples.
- Un créateur d’entreprise s’inter-
roge sur la forme juridique à rete-
nir, et de ce fait, sur son futur statut : quasi-salarié (SA,
SAS), gérant minoritaire ou majoritaire (SARL à l’IS), ou
entrepreneur individuel ?
L’expert-comptable est l’interlocuteur principal du chef
d’entreprise et est, par là même, naturellement informé de
tous les éléments concernant sa rémunération.
Au-delà de sa mission de conseil incontournable
- comme la réalisation d’un prévisionnel -, il convient
qu’il s’interroge sur les conséquences du choix effectué
en matière de rémunération du dirigeant, et notamment
de sa protection sociale. Quelles seront, par exemple,
les conséquences sur le
montant de sa retraite lé-
gale, ou sur les indemnités
journalières perçues en cas
d’arrêt de travail ?
- En fin d’exercice fiscal se
pose la question de savoir
s’il est plus intéressant de
verser un complément de
rémunération ou d’opérer
une distribution de divi-
dendes ? Si l es dividen-
des peuvent paraître plus
intéressants au regard de
l’économie de charges so-
ciales qu’ ils offrent - ce
qui est davantage une idée
reçue qu’une réalité ma-
thématique -, quelles sont
les conséquences d’un tel
choix sur la protection so-
ciale du dirigeant ?
- Enfin, peut se poser la
questi on de l a rémuné-
ration excessive du diri-
geant d’entreprise. Cette
question prend toute son
importance au regard des
conséquences financières
que cela peut engendrer. Les rémunérations ne sont ad-
mises en déduction du résultat que dans la mesure où
elles correspondent à un travail effectif et qu’elles ne
sont pas exagérées. En effet, les rémunérations excessives
- comprenant les rémunérations directes et indirectes -
sont considérées comme étant des revenus distribués.
Elles sont alors rapportées au bénéfice imposable de
l’entreprise et sont taxées entre les mains du dirigeant
comme des revenus mobiliers avec perte de la réfaction
de 40 % de l’abattement fixe lié à l’imposition des reve-
nus de capitaux mobiliers.
Les conséquences sont d’autant plus importantes si le
client exerce en Selarl et voit ses dividendes assujettis aux
charges sociales en application de l’article 22 de la loi de
Financement de la Sécurité sociale pour 2009…
Toutes ces conséquences sont au cœur même de l’ac-
tivité de conseil en rémunération et sont des questions
qu’on ne peut éluder car essentielles dans l’appréhension
globale de la situation du chef d’entreprise avant de lui
faire prendre une décision.
MÉTIER
Conseil en rémunération : contrainte
ou opportunité pour l’expert-comptable ?
v Les chefs d’entreprise sont de plus en plus
demandeurs de conseils sur l’optimisation
de leur rémunération et leur protection sociale
v Aujourd’hui, ces éléments deviennent le tremplin
d’une stratégie nouvelle pour leurs interlocuteurs
privilégiés, les experts-comptables
L
es experts-comptables sont régu-
lièrement amenés à apporter un
conseil plus ou moins éloigné de
leurs missions traditionnelles, et
notamment sur des problématiques d’opti-
misation sociale et fiscale de la rémunéra-
tion du dirigeant d’entreprise.
En parallèle, la jurisprudence élargit peu
à peu le devoir de conseil en donnant, au cas
par cas, gain de cause aux clients attaquant
les professionnels sur ce terrain (1).
Dans quelle mesure développer les com-
pétences et les conseils dans le domaine de
la rémunération peut constituer une oppor-
tunité au regard de l’activité quotidienne
des experts-comptables ?
Qu’est-ce que le conseil en rému-
nération ? Le conseil en rémunération
consiste à définir le dispositif de rémunéra-
tion et de protection sociale le plus efficace.
Toute optimisation implique un audit préa-
lable du système de rémunération actuel
avec la mise en évidence des trois « chiffres
clés » :
- Le coût entreprise : il s’agit de la rémunération
perçue par un salarié ou un dirigeant augmenté des char-
FRÉDÉRIC LOYER,
directeur de la société
Expert & Finance Entreprise (3),
expert conseil sur la rémunération
et ses périphériques, enseignant
au mastère spécialisé « Ingénierie
patrimoniale du dirigeant » à Euromed
Management (Marseille)
L’objectif n’est pas
que l’expert-comptable
devienne un professionnel
de la rémunération
mais qu’il en perçoive
les tenants
et les aboutissants
pour pouvoir
alerter les clients
sur les conséquences
juridiques et fiscales
d’une opération
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Ti rer profi t des obl i gati ons
l égal es… La f or mal i s at i on de
l’intervention de l’expert-comptable
s’effectue dans une lettre de mission
qui vient fixer l’engagement de chaque
partie, définir les obligations réciproques
ainsi que les honoraires correspondants.
Les conseils complémentaires sont en
général donnés au cours de discussions
informelles.
La formalisation de ce type d’inter-
vention constitue une preuve. En effet,
en cas de mise en cause, le profession-
nel se doit de prouver par un écrit qu’il
a bien apporté les conseils demandés
par le client.
Au-delà de l’aspect probatoire, la for-
malisation par le biais d’une lettre de
mission complémentaire permet de me-
ner à une facturation supplémentaire.
… et se former tout au long de sa vie profes-
sionnelle. L’objectif n’est pas que l’expert-comptable
devienne un professionnel de la rémunération mais qu’il
en perçoive les tenants et les aboutissants pour pouvoir
alerter les clients sur les conséquences juridiques et fis-
cales d’une opération.
C’est donc l’occasion de se former et de développer
ses compétences. La formation des experts-comptables et
de leurs collaborateurs est un enjeu important qui permet
de se prémunir contre le défaut de conseil. En effet, évi-
ter d’être inquiété sur le fondement du devoir de conseil
suppose d’être soi-même correctement renseigné.
Conclusion. Le conseil en
rémunération est véritable-
ment compl émentaire de
l’activité de l’expert-compta-
ble, qui est de surcroît l’in-
terlocuteur naturel et privilé-
gié du dirigeant d’entreprise
dans ce domaine. S’interro-
ger sur ce thème et formali-
ser le conseil permet à la fois
de se protéger contre une
mise en cause, et également
de facturer un complément
d’honoraires, ce qui est in-
téressant dans un contexte
où les honoraires de base
tels que la simple tenue de
compte sont régulièrement
attaqués.
(1) Exemples de jurisprudence :
- Un arrêt retient la responsabilité de l’expert-comptable mandaté
par son client pour une mission sociale comprenant l’établissement
des bulletins de paie et les déclarations aux organismes sociaux.
Le contrat de travail à durée déterminée d’un des salariés a été
requalifié en contrat à durée indéterminée. La Cour de cassation
retient que l’expert-comptable ne pouvait ignorer l’obligation pour
son client d’avoir conclu avec ses salariés des contrats de travail
conformes à la législation sociale. En n’attirant pas l’attention
de son client sur la nécessité d’appliquer le Code du travail,
il a manqué à son obligation de conseil (Cass. soc., 17 mars 2009).
- « Ne saurait être mis à la charge d’un expert-comptable le paiement
d’un impôt auquel son client était légalement tenu, à moins que
celui-ci ne démontre que, mieux informé, il aurait pu bénéficier
d’un régime fiscal plus avantageux » (Cass. com., 9 mars 2010).
(2) Un arrêt retient la responsabilité in solidum de l’expert-comptable
et de la compagnie d’assurances pour défaut de « mise en garde
de l’employeur sur les conséquences du défaut d’affiliation
obligatoire d’un cadre à un organisme de prévoyance ».
L’expert-comptable était tenu de « vérifier le caractère effectif
de l’affiliation et le paiement des cotisations et d’attirer l’attention
de son client sur les risques encourus ». La Cour de cassation
ajoute que cela constitue un manquement à l’obligation générale
de conseil à laquelle les experts-comptables sont soumis à l’égard
de leurs clients. (Cass. civ., 12 mai 2010).
(3) Anciennement Arche Expertise.
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Formal i sme des di sposi ti fs de performance col l ecti ve : l i vret d’ épargne sal ari al e
points clés
Le conseil en rémunération consiste
à définir le dispositif de rémunération
et de protection sociale le plus
efficace.
Il incombe à l’expert-comptable
d’en tenir compte, sauf à risquer
de se faire attaquer sur le terrain
du manquement à l’obligation
générale de conseil vis-à-vis
de ses clients.
En se formant sur ce terrain,
il évitera d’être inquiété et pourra
de surcroît facturer un complément
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