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Physique, Chapitre V Terminale S

NOYAUX, MASSE, ÉNERGIE
I - EQUIVALENCE MASSE - ÉNERGIE
1°) Des unités de masse et d’énergie adaptées
a) unité de masse : l’unité de masse atomique
) !nité d’énergie : l’éle"tron#$olt
Le joule est une unité d’énergie inadaptée aux échanges d’énergie à l’échelle microscopique de la
physique nucléaire. Dans ce domaine , on s’intéresse à l’énergie d’une particule et non pas à l’énergie
d’une mole de particules.
L'électronvolt est défini comme l'énergie acquise par un électron accéléré par une tension de ! "
#
c
$ q . % #
c
$ ,&.'
()
. $ ,&.'
()
* e! $ ,&.'
()
*

%°) &qui$alen"e masse#énergie
a) 'elation d’&instein
) (ppli"ation : &nergie asso"iée ) une unité de masse atomique
( +, (
II- DEFAUT DE MASSE ET ENERGIE DE LIAISON
1°) Dé*aut de masse d’un noyau
 #xemple "-as d’un noyau d’hélium .e
/
0
1articule 1roton 2eutron 2oyau d’hélium
3asse 45g6 m
p
$ ,&70&8.'
(07
m
n
$,&7/)&.'
(07
m
noyau
$ &,&//7.'
(07
%°) &nergie de liaison
Lors de la dissociation d’un noyau en nucléons séparés, il y a un gain de
masse et donc, du fait de l’équivalence masse 9 énergie, un gain d’énergie
pour le syst:me " cette énergie a été fournie au noyau pour le dissocier.
 ;emarque " L’énergie de liaison est positive car c’est une énergie
qu’il faut fournir au syst:me
4m<me convention que pour l’énergie de liaison d’une
molécule, cf cours de
e
=6.
 #xemple "#nergie de liaison d’un noyau d’hélium / "
+°) &nergie de liaison par nu"léon
( 0+, (
,°) -a "oure d’(ston
Francis William Aston 4,77()/86 est un physicien anglais, colla>orateur de *.(*. ?homson. @l a recensé
les isotopes sta>les des principaux éléments et o>tenu le prix 2o>el de -himie en )00.
@l s’agit en fait de la représentation de la quantité ( #
l
+ A en fonction de A afin que les noyaux les plus
sta>les 4ceux qui ont la plus grande valeur de #
l
+ A6 apparaissent dans la partie la plus >asse de la cour>e,
comme dans les diagrammes énergétiques.
Courbe d’Aston
 Les noyaux stables sont ceux qui ont une énergie de liaison par nucléon d’environ
, 3e! + nucléon. Leur nom>re de masse A est tel que 8' B A B '. @ls apparaissent autour du
minimum de la cour>e.
 Les noyaux instables peuvent se transformer en d’autres noyaux plus sta>les avec li>ération d’énergie
selon deux processus différents "
( Les noyaux lourds 4A C )86, comme par exemple %
0D8
, peuvent se >riser en deux noyaux
légers appartenant au domaine de sta>ilité. @ls su>issent alors une réaction nucléaire de fission.
( -ertains noyaux légers, comme par exemple .

, .
0

, .
D

, peuvent E fusionner F pour
former un noyau placé plus >as dans le diagramme. -e sont des réactions nucléaires de fusion.
( D+, (
2oyau
x
les plus
sta>les
Gission
Gusion
%
)0
0D8
He
8/
D)
=r
D,
)/
.e
0
/
.
0

.

D
-es deux réactions ne sont pas spontanées mais provoquées.
III- RÉACTION NUCLÉAIRE PROVOQUÉE
La radioactivité est un phénom:ne au cours duquel une réaction nucléaire se produit spontanément. In
peut aussi provoquer des réactions nucléaires en réalisant des chocs entre noyaux.
1) Dé*inition
%) -ois de "onser$ation
 #xemple précédent " conservation des nom>res de masse " / J / $ 7 J
conservation des nom>res de charge " 0 J 7 $ , J
2ous allons donc étudier deux réactions provoquées " la fission et la fusion.
+) -a *ission nu"léaire
a) Dé*inition
Les noyaux lourds 4uranium 0D8, plutonium 0D)6 ayant la propriété de su>ir une
fission sous l’impact d’un neutron lent 4appelé neutron thermique, d’énergie cinétique inférieure à ',
3e!6 sont appelés noyaux E fissiles F.
-e sont @r:ne et Grédéric *oliot -urie qui montr:rent que, sous l’impact d’un neutron, un noyau
d’uranium 0D8 peut se >riser en deux noyaux plus légers. 1lusieurs noyaux différents 4plus de ,'6,
généralement radioactifs, peuvent se former. La réaction produit d’autres neutrons qui pourront donner
d’autres fissions "
#xemples " n 0 He =r % n

'
/'
8/
)/
D,
0D8
)0

'
+ + → +
n D Ka Lr % n

'
/0
8&
)
D&
0D8
)0

'
+ + → +
) (ppli"ation : la produ"tion de l’éle"tri"ité
• L'uranium naturel contient deux isotopes " l'uranium 0D, 4)),D M6 et l'uranium 0D8 4',7 M6, seul ce
dernier étant fissile. ?ous les neutrons li>érés par la fission des noyaux d'uranium 0D8 ne sont pas
productifs " certains neutrons sont a>sor>és dans l'uranium 0D,, ou s'évadent sans rencontrer de
noyaux. 1our que la réaction en chaNne s'amorce, il faut donc rassem>ler en un m<me volume une
masse suffisante de noyaux fissiles, appelée E masse critique F, afin de compenser les pertes.
( /+, (
• Dans les centrales nucléaires, le com>usti>le généralement utilisé est l'uranium enrichi apr:s
traitement à DM en isotope 0D8 fissile. Les noyaux d'uranium 0D,, fertiles, contri>uent fai>lement à la
réaction " apr:s capture de neutrons, ils se transforment par émission D en neptunium 0D), puis en
plutonium 0D) fissile. Les pastilles d'oxyde d'uranium enrichi sont empilées dans de longs tu>es
d'acier étanches appelés E crayons F, qui >aignent dans la cuve du réacteur.
• Au cours de la réaction, les neutrons sont éjectés par les noyaux à des vitesses élevées 4neutrons
E rapides F6, et sont donc peu efficaces pour provoquer de nouvelles fissions. Afin d'augmenter la
pro>a>ilité de chocs avec des noyaux fissiles, les neutrons sont ralentis 4neutrons E lents F ou
E thermiques F6 " c'est le rOle du modérateur, en général de l'eau ou du graphite.
• La réaction de fission produit plus de neutrons qu'elle n'en consomme. 1our éviter la divergence de la
réaction en chaNne, les neutrons excédentaires sont a>sor>és " c'est le rOle des >arres de contrOle en
>ore ou cadmium, introduites plus ou moins profondément dans le cPur du réacteur.
• La réaction nucléaire est tr:s exothermique. La circulation d'un fluide E caloporteur F dans le cPur
du réacteur permet alors de maintenir la température de celui(ci constante. L'énergie thermique,
transportée par le fluide à travers le circuit primaire, est ensuite convertie en énergie électrique par un
groupe tur>oalternateur.
,) -a *usion nu"léaire
a) Dé*inition
 #xemple " Gusion d’un noyau de deutérium et d’un noyau de tritium " n .e . .

'
/
0
D

0

+ → +
) -a *usion en pratique
• La fusion nucléaire nécessite des conditions expérimentales de température extr<me, de l’ordre de ''
millions de degrés. %ne telle agitation thermique est nécessaire pour vaincre la répulsion électrique de
noyaux pour effectuer leur fusion.
• La fusion est naturellement présente dans les étoiles, oQ s’effectue la synth:se des différents éléments
chimiques de la classification périodique.
Dans le =oleil, la fusion des noyaux d’hydrog:ne, à une température voisine de ,8.'
7
L, donne des
noyaux d’hélium apr:s plusieurs réactions de fusion "
e . . .
'

0

+ → +
.e . .
D
0
0

→ +
. 0 .e .e .e

/
0
D
0
D
0
+ → +
Kilan " e 0 .e . /
'

/
0

+ →
• Dans les bombes thermonucléaires, appelées >om>es ., la fusion nucléaire est incontrOlée et
explosive. La tr:s haute température est o>tenue grRce à une >om>e A, la réaction de fission sert à
amorcer la fusion.
( 8+, (
7,83e!
,,83e!
IV- BILAN ÉNERGÉTIQUE D’UNE RÉACTION NUCLÉAIRE
1) .ilan énergétique d’une réa"tion nu"léaire spontanée
;aisonnons avec la désiné!"#i$n α d% "#di%&
00&
;a "
00&
,,
;a 
/
0
.e J
000
,&
;n J γ
Données " m4
00&
;a6 $ 008,)77' u
m4
000
;n6 $ 00,)7'D u
m4α6 $ /,''8 u
u $ ,&&'8/.'
(07
5g
c $ D,''.'
,
m.s
(
%) .ilan énergétique d’une réa"tion nu"léaire pro$oquée :
la réa"tion de *ission
a) !tilisation de la "oure d’(ston /"*0page +12)
• La cour>e d’Aston nous indique que la dissociation du
noyau d’uranium 0D8 en nucléons isolés et au repos
nécessite l’apport de 7,8 3e! par nucléon.
• =i ce noyau p:re se désint:gre en noyaux fils se situant au
minimum de la cour>e d’Aston, une énergie d’environ
,,8 3e! par nucléon serait li>érée.
• La différence entre l’énergie à apporter et celle li>érée
serait de 3e! par nucléon, soit environ 0'' 3e! par
noyau d’uranium ayant su>i la fission.
• A titre de comparaison, la fission d’ g d’uranium 0D8
li>:re autant d’énergie que ,, t de pétrole.
( &+, (
) !tilisation de la relation d’&instein
• -onsidérons la réaction "

'
n J
0D8
)0
% 
)/
D,
=r J
/'
8/
He J 0

'
n
D$nné's (
#tant de quelques électronvolts, les énergies cinétiques des particules initiales seront négligées.
u 89194 , 138 ) Xe ( m
u 89446 , 93 ) Sr ( m
u 99332 , 234 ) U ( m
u 00866 , 1 ) n ( m
140
54
94
38
235
92
1
0
=
=
=
=
u $ ,&&'8/.'
(07
5g $7&,&03e!
c $ D,''.', m.s
(
+) .ilan énergétique d’une réa"tion nu"léaire pro$oquée : la
réa"tion de *usion
a)!tilisation de la "oure d’(ston /"*0page +12)
• La cour>e d’Aston nous indique que la dissociation de noyaux légers
comme le deutérium 4
0

.6 ou le tritium 4
D

.6 en nucléons isolés et au
repos nécessite l’apport de à D 3e! par nucléon.
• =i ces nucléons isolés se réunissaient pour former un noyau plus lourd
comme l’hélium 4
/
0
.e6, une énergie d’environ 7 3e! par nucléon serait
li>érée.
• La différence entre l’énergie à apporter et celle li>érée serait de / à &
3e! par nucléon.
• A titre de comparaison, la fusion d’ g de tritium li>:re autant d’énergie
que D,8 t de pétrole.
) !tilisation de la relation d’&instein
• -onsidérons la réaction principale ayant lieu dans le =oleil " /

. 
/
0
.e J 0
'

e
#tant de quelques électronvolts, les énergies cinétiques des particules initiales seront négligées.
Données :
u ''7D , 6 . 4 m
u ''8 , / 6 .e 4 m
u '''8 , ' 6 e 4 m

/
0
'

=
=
=
u $ ,&&'8/.'
(07
5g
c $ D,''.', m.s
(
( 7+, (
,) 3énéralité : .ilan énergétique d’une réa"tion nu"léaire qu’elle
soit spontanée ou pro$oquée
 ;emarque " -onformément au principe de conservation de l’énergie, l’énergie li>érée se trouve, dans
un premier temps, répartie essentiellement sous forme cinétique entre les produits de la
réaction S elle est ensuite transférée au milieu extérieur lorsque ceux(ci reviennent au
repos.
D’apr:s la relation d’équivalence masse 9 énergie, une réaction nucléaire s’accompagne toujours d’une
diminution de la masse du syst:me "
∆m $ m
finale
( m
initiale
∆m B '
( ,+, (
#
intermédiaire
∆# B '


final
#
l

initial
#
l
2ucléons séparés
=yst:me initial
=yst:me final
énergie
#
initiale
#
finale