SOC.

MF

COUR DE CASSATION
______________________
Audience publique du 29 septembre 2014
Rejet
M. LACABARATS, président
Arrêt no 1608 FS-P+B
Pourvoi no V 13-15.802

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
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AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
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LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu
l'arrêt suivant :
Statuant sur le pourvoi formé par la société Productos Flower,
société de droit espagnol, société anonyme, dont le siège est Angel
Guimera 10, 25310 Agramunt (Lleida) (Espagne),
contre l'arrêt rendu le 11 décembre 2012 par la cour d'appel d'Orléans
(chambre sociale), dans le litige l'opposant à M. François Dernoncourt,
domicilié 36-38 rue de la Chanterie, 37540 Saint-Cyr-sur-Loire,
défendeur à la cassation ;
La demanderesse invoque, à l'appui de son pourvoi, le moyen
unique de cassation annexé au présent arrêt ;
Vu la communication faite au procureur général ;
LA COUR, composée conformément à l'article R. 431-5 du
code de l'organisation judiciaire, en l'audience publique du 1er juillet 2014,

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où étaient présents : M. Lacabarats, président, M. Huglo, conseiller
rapporteur, M. Bailly, conseiller doyen, M. Béraud, Mmes Geerssen,
Lambremon, Deurbergue, MM. Chauvet, Maron, conseillers,
Mmes Pécaut-Rivolier, Sommé, M. Contamine, Mmes Sabotier, Corbel,
Salomon, Depelley, Duvallet, conseillers référendaires, Mme Lesueur de
Givry, avocat général, Mme Ferré, greffier de chambre ;
Sur le rapport de M. Huglo, conseiller, les observations de la
SCP Nicolaÿ, de Lanouvelle et Hannotin, avocat de la société Productos
Flower, de la SCP Delaporte, Briard et Trichet, avocat de M. Dernoncourt,
et après en avoir délibéré conformément à la loi ;
Sur le moyen unique :
Attendu, selon l’arrêt attaqué (Orléans, 11 décembre 2012),
que M. Dernoncourt, engagé par la société de droit espagnol Productos
Flowers à compter du 1er février 2005 en qualité de directeur commercial
pour la France, a été licencié le 7 avril 2011 ; qu’après s’être désisté de
l’instance engagée devant le tribunal de Lleida (Espagne), il a saisi le conseil
de prud’hommes de Tours de diverses demandes ; que la société Productos
Flowers a fait valoir l’incompétence de la juridiction française ;
Attendu que la société fait grief à l’arrêt de dire le conseil de
prud’hommes de Tours compétent alors, selon le moyen :
1o / qu’ainsi que l’a jugé la Cour de justice des communautés
européennes dans un arrêt du 26 janvier 2006, les documents établis par
l’institution d’un État membre de la communauté européenne qui attestent de
la situation d’une personne aux fins de l’application de la réglementation
relative à la coordination des systèmes de sécurité sociale s’imposent aux
institutions des autres États membres aussi longtemps qu’ils ne sont pas
retirés ou déclarés invalides par l’État membre où ils ont été établis ; que
pour retenir la compétence du conseil de prud’hommes dont dépend le
domicile du salarié en France, la cour d’appel a écarté la clause du contrat
de travail attribuant compétence à une juridiction espagnole pour cela que le
contrat s’était exécuté habituellement en France, ce qui permettait d’annuler
les effets de la clause attributive de compétence par application combinée
des articles 19 et 21 du règlement communautaire no 44/2000 du
22 décembre 2000 et des articles R 1412-1 et R 1412-2 du code du travail,
peu important les certificats de détachement E-101 délivrés en application de
l’article 11 du règlement communautaire no 574/72 du 21 mars 1972 par la
sécurité sociale espagnole attestant d’une affiliation en Espagne en
considération de la réalité d’une situation de détachement temporaire en
France ; qu’en refusant de prendre en considération le certificat de
détachement bien qu’il soit incompatible avec son appréciation factuelle du

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lieu de travail habituel, et alors qu’il n’avait pas été retiré par l’État de
l’institution émettrice, la cour d’appel a violé les dispositions susvisées ;
2o / que l’opposabilité du certificat de détachement est posée
par l’article 5, 1., du règlement communautaire no 987/2009 du
16 septembre 2009 entré en vigueur le 1er mai 2010, et par conséquent
applicable à l’époque de l’exécution et au jour de la rupture du contrat de
travail, le 7 avril 2011 ; qu’en jugeant que le contrat de travail s’était exécuté
en France, abstraction faite des certificats de détachement E-101 délivrés
par la sécurité sociale espagnole établis en considération d’un contrat de
travail espagnol avec détachement en France et validé par la Sécurité
sociale française, la cour d’appel a violé les dispositions susvisées ;
3o/ que le certificat de détachement et le choix du tribunal
compétent pour connaître du contrat de travail dépendant du même critère du
lieu de travail habituel, retenir un lieu de travail différent de celui ayant conduit
à la délivrance du certificat conduit à une contrariété susceptible de remettre
en cause les cotisations et prestations de sécurité sociale, de sorte que la
cour d’appel, en faisant abstraction des conséquences de sa décision, a violé,
par refus d’application, l’article 5, 1., du règlement communautaire
no 987/2009 du 16 septembre 2009 ;
4o/ qu’en cas de doute sur la validité du certificat de
détachement ou l’exactitude des faits qui ont conduit à son émission,
l’institution de l’État membre à laquelle est opposé ce document doit
demander à l’institution émettrice les éclaircissements nécessaires et, le cas
échéant, le retrait dudit document ; qu’en jugeant que le salarié travaillait
habituellement en France, passant outre le certificat E-101 délivré par la
sécurité sociale espagnole établi en considération d’un contrat de travail
espagnol avec détachement en France et validé par la Sécurité sociale
française, sans interroger l’institution émettrice, la cour d’appel a violé, par
refus d’application, l’article 5, 2., du règlement communautaire no 987/2009
du 16 septembre 2009 ;
5o/ qu’à titre subsidiaire, la société sollicite que la question
suivante soit transmise à la Cour de justice de l’Union européenne : « la
juridiction d’un État membre amenée à déterminer la compétence territoriale
d’une juridiction de droit du travail au regard du critère du lieu de travail
habituel en application des articles 19 et 21 du règlement no 44/2000 du
22 décembre 2000, peut-elle, en dépit de l’article 5, 1., du règlement
no 987/2009 du 16 septembre 2009, juger que ce lieu de travail n’est pas celui
ayant conduit, en application du même critère de réalité, une institution de
sécurité sociale d’un autre État membre à délivrer un certificat de
détachement ou doit-elle, en application de l’article 5, 2., interroger l’institution
qui l’a délivré et se conformer à sa décision de retrait ou de maintien du
certificat ? » ;

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Mais attendu que la cour d’appel a décidé exactement que la
délivrance d’un certificat E 101 par l’organisme de sécurité sociale espagnole
n’avait d’effet qu’à l’égard des régimes de sécurité sociale, en application de
l’article 1er du règlement CE no 1408/1971 du 14 juin 1971 relatif à
l'application des régimes de sécurité sociale aux travailleurs salariés, aux
travailleurs non salariés et aux membres de leur famille qui se déplacent à
l'intérieur de la Communauté, applicable en la cause, et que la détermination
de la juridiction compétente devait être faite en application des dispositions
de l’article 19 du Règlement (CE) no 44/2001 du 22 décembre 2000
concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l'exécution des
décisions en matière civile et commerciale ; que le moyen n’est fondé en
aucune de ses branches ;
PAR CES MOTIFS :
REJETTE le pourvoi ;
Condamne la société Productos Flower aux dépens ;
Vu l’article 700 du code de procédure civile, condamne la
société Productos Flower à payer à M. Dernoncourt la somme de
3 000 euros ;
Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre sociale, et
prononcé et signé par M. Lacabarats, conseiller le plus ancien en ayant
délibéré, conformément à l’article 456 du code de procédure civile, en
l’audience publique du vingt-neuf septembre deux mille quatorze.

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MOYEN ANNEXE au présent arrêt
Moyen produit par la SCP Nicolaÿ, de Lanouvelle et Hannotin, avocat aux
Conseils, pour la société Productos Flower.
Le moyen fait grief à l’arrêt attaqué d’avoir dit que le conseil de prud’hommes
de Tours est compétent pour connaître du litige opposant Monsieur François
Dernoncourt, salarié, à la société espagnole Productos Flower, employeur ;
AUX MOTIFS QUE la SA PRODUCTOS FLOWER est une société espagnole
qui a pour activité la production et la vente d’engrais agricoles ; qu’elle a son
siège à AGRAMUNT (ESPAGNE) ; que le 17 décembre 2004, elle adresse
à Monsieur DERNONCOURT un courrier aux termes duquel elle l’engage, le
1er janvier 2005, comme directeur commercial pour la FRANCE, pays dans
lequel elle souhaite implanter son activité ; qu’il est prévu une rémunération
et qu’un contrat « en bonne et due forme » sera finalisé en janvier 2005 ; que
de fait, un tel contrat est conclu le 14 janvier 2005, qui confirme son
embauche comme directeur commercial ; il s’agit d’un contrat à durée
indéterminée qui débute toutefois le premier février 2005 ; que Monsieur
DERNONCOURT est licencié le 7 avril 2011 ; que dans un premier temps, il
saisit le tribunal du travail de LLEIDA (ESPAGNE), mais abandonne cette
procédure pour se tourner vers le conseil de prud’hommes de TOURS ; que
la société soulève l’incompétence au profit du tribunal de LLEIDA ; qu’elle se
fonde sur l’article 15 du contrat qui lui attribue compétence exclusive ; or
qu’une clause attributive de compétence incluse dans un contrat international
ne peut faire échec aux dispositions impératives de l’article R 1412-1 du code
du travail, applicable dans l’ordre international, dont l’alinéa 2 dispose que le
conseil de prud’hommes territorialement compétent est, lorsque le travail est
accompli à domicile ou en dehors de tout entreprise ou établissement, celui
dans le ressort duquel se situe le domicile du salarié ; qu’il résulte des
documents produits par les 2 parties que Monsieur DERNONCOURT a,
depuis le début, travaillé à la fois à son domicile sis à
SAINT-CYR-SUR-LOIRE (37) et en dehors de tout établissement ; qu’il
produit en effet : - la justification de ce qu’au cours de l’année universitaire
2004-2005, il a suivi un enseignement à LYON, incompatible avec un travail
et une résidence en Espagne, - une attestation du maire de
SAINT-CYR-SUR-LOIRE selon laquelle il habite cette commune en
permanence depuis 1993, - 2 attestations d’amis selon lesquelles il a toujours
été joignable à son domicile, - l’ensemble de ses factures téléphoniques, - ses
notes de frais qui, dans leur immense majorité, mentionnent des
déplacements en France, - ses relevés bancaires de carte faisant aussi état
dans leur très grande majorité d’opérations en France, - ses comptes rendus
de visites et ses mails qui établissent la même chose, - une attestation de
Monsieur ARINO SOPENA, responsable du département technique agricole
et réglementation de la société de 2002 à 2010, qui dit que, dès son entrée
le premier février 2005, Monsieur DERNONCOURT a immédiatement travaillé

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comme directeur commercial sur le seul territoire français, et n’a jamais
travaillé en ESPAGNE, à l’exception de quelques jours de réunion à l’usine,
lors desquels il séjournait à l’hôtel, ajoutant qu’il n’a jamais habité à
AGRAMUNT et qu’il ne comprend ni le castillan ni le catalan, tous les
échanges se faisant en français ou en anglais ; que la société fournit un bail
signé par Monsieur DERNONCOURT pour un logement en ESPAGNE et
divers documents administratifs afin de prouver qu’il était considéré par les
autorités espagnoles comme résidant et travaillant dans ce pays ; or que,
comme le dit le témoin précité, il ne comprend nullement l’espagnol ; qu’il a
donc signé la location sans comprendre qu’il s’agissait d’un bail ; que le
caractère fictif de celui-ci est démontré par l’attestation de Monsieur ARINO
SOPENA, et par le fait que la société est incapable de prouver que le loyer
de 330 euros par mois a bien été payé ; quant aux documents officiels, ils ont
été établis sur les seules déclarations de la société, sans que Monsieur
DERNONCOURT soit au courant ou comprenne la portée de ce qu’il a pu
signer puisqu’il ne parle pas un mot d’espagnol ; que les éléments produits
par le salarié sont ainsi beaucoup plus convaincants que ceux de la société,
et il est donc prouvé que, dès le début, le salarié a travaillé pour l’essentiel en
FRANCE, ne se rendant que quelques jours par an en Espagne ; qu’ainsi,
travaillant tant à partir de son domicile dans lequel il avait installé son bureau
qu’en FRANCE pour rencontrer les clients et prospects, l’article R 1412-1 lui
permettait, nonobstant la clause, de saisir le conseil de prud’hommes de
TOURS ; qu’il importe peu que des certificats E-101 aient été délivrés pour
son emploi ; ils ne concernent que l’application des règles de la sécurité
sociale, et non celles du droit du travail ; qu’à supposer que l’on applique
l’article 19 du règlement (CEE) numéro 44-2000 du conseil du 22 décembre
2000, la solution serait la même ; qu’il prévoit en effet qu’un employeur ayant
son domicile sur le territoire d’un État membre peut être attrait, dans un autre
État membre, devant le tribunal du lieu où le travailleur accomplit
habituellement son travail ou celui du dernier lieu où il a accompli
habituellement son travail ; que l’article 21 ne permet pas de déroger à cette
règle par des clauses attributives de compétence mentionnées au contrat de
travail ; or qu’il a été vu au paragraphe précédent que le lieu où le salarié
accomplit habituellement son travail était la FRANCE ; la solution serait
d’ailleurs identique même si l’on admettait, ce qui n’est pas le cas, qu’au
début il aurait commencé par travailler quelques semaines en ESPAGNE
avant d’être détaché en FRANCE (le tribunal « du dernier lieu » où il a
accompli habituellement son travail) ; que la société soutient qu’elle a
commencé par l’employer en ESPAGNE avant de le détacher en France ; que
tout d’abord, le texte invoqué (l’article 6 de la convention de ROME du 19 juin
1980) ne concerne que la loi applicable, et non la détermination du tribunal
compétent ; qu’en outre, si ce texte traite du détachement, il précise qu’il est
par nature « à titre temporaire » ; qu’un détachement dans un autre pays
suppose par ailleurs que le contrat a commencé à s’exécuter dans le premier
pays ; qu’il a été vu que ce n’est pas le cas de Monsieur DERNONCOURT,
qui n’a pas commencé à travailler en Espagne ; qu’en outre, il n’était

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nullement prévu qu’il doive travailler en FRANCE à titre temporaire ; que le
contrat ne prévoit rien de tel et Monsieur DERNONCOURT a été engagé pour
concrétiser l’implantation de la société en FRANCE, puis pour la développer ;
ce travail en FRANCE était donc définitif et nullement temporaire ;
1o ) ALORS QU’ainsi que l’a jugé la Cour de justice des communautés
européennes dans un arrêt du 26 janvier 2006, les documents établis par
l’institution d’un État membre de la communauté européenne qui attestent de
la situation d’une personne aux fins de l’application de la réglementation
relative à la coordination des systèmes de sécurité sociale s’imposent aux
institutions des autres États membres aussi longtemps qu’ils ne sont pas
retirés ou déclarés invalides par l’État membre où ils ont été établis ; que pour
retenir la compétence du conseil de prud’hommes dont dépend le domicile du
salarié en France, la cour d’appel a écarté la clause du contrat de travail
attribuant compétence à une juridiction espagnole pour cela que le contrat
s’était exécuté habituellement en France, ce qui permettait d’annuler les effets
de la clause attributive de compétence par application combinée des articles
19 et 21 du règlement communautaire no 44/2000 du 22 décembre 2000 et
des articles R 1412-1 et R 1412-2 du code du travail, peu important les
certificats de détachement E-101 délivrés en application de l’article 11 du
règlement communautaire no 574/72 du 21 mars 1972 par la sécurité sociale
espagnole attestant d’une affiliation en Espagne en considération de la réalité
d’une situation de détachement temporaire en France ; qu’en refusant de
prendre en considération le certificat de détachement bien qu’il soit
incompatible avec son appréciation factuelle du lieu de travail habituel, et
alors qu’il n’avait pas été retiré par l’État de l’institution émettrice, la cour
d’appel a violé les dispositions susvisées ;
2o ) ALORS DU RESTE QUE l’opposabilité du certificat de détachement est
posée par l’article 5, 1., du règlement communautaire no 987/2009 du 16
septembre 2009 entré en vigueur le 1er mai 2010, et par conséquent
applicable à l’époque de l’exécution et au jour de la rupture du contrat de
travail, le 7 avril 2011 ; qu’en jugeant que le contrat de travail s’était exécuté
en France, abstraction faite des certificats de détachement E-101 délivrés par
la sécurité sociale espagnole établis en considération d’un contrat de travail
espagnol avec détachement en France et validé par la Sécurité sociale
française, la cour d’appel a violé les dispositions susvisées ;
3o ) ALORS EN OUTRE QUE le certificat de détachement et le choix du
tribunal compétent pour connaître du contrat de travail dépendant du même
critère du lieu de travail habituel, retenir un lieu de travail différent de celui
ayant conduit à la délivrance du certificat conduit à une contrariété
susceptible de remettre en cause les cotisations et prestations de sécurité
sociale, de sorte que la cour d’appel, en faisant abstraction des
conséquences de sa décision, a violé, par refus d’application, l’article 5, 1.,
du règlement communautaire no 987/2009 du 16 septembre 2009 ;

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4o ) ET ALORS QU’en cas de doute sur la validité du certificat de
détachement ou l’exactitude des faits qui ont conduit à son émission,
l’institution de l’État membre à laquelle est opposé ce document doit
demander à l’institution émettrice les éclaircissements nécessaires et, le cas
échéant, le retrait dudit document ; qu’en jugeant que le salarié travaillait
habituellement en France, passant outre le certificat E-101 délivré par la
sécurité sociale espagnole établi en considération d’un contrat de travail
espagnol avec détachement en France et validé par la Sécurité sociale
française, sans interroger l’institution émettrice, la cour d’appel a violé, par
refus d’application, l’article 5, 2., du règlement communautaire no 987/2009
du 16 septembre 2009 ;
5o ) ALORS ENFIN QU’à titre subsidiaire, l’exposante sollicite que la question
suivante soit transmise à la Cour de justice de l’Union européenne : « la
juridiction d’un État membre amenée à déterminer la compétence territoriale
d’une juridiction de droit du travail au regard du critère du lieu de travail
habituel en application des articles 19 et 21 du règlement no 44/2000 du
22 décembre 2000, peut-elle, en dépit de l’article 5, 1., du règlement
no 987/2009 du 16 septembre 2009, juger que ce lieu de travail n’est pas celui
ayant conduit, en application du même critère de réalité, une institution de
sécurité sociale d’un autre État membre à délivrer un certificat de
détachement ou doit-elle, en application de l’article 5, 2., interroger l’institution
qui l’a délivré et se conformer à sa décision de retrait ou de maintien du
certificat ? »