LANGUES LOGICO-MATHEMATIQUES ET LANGUES NATURELLES

Author(s): Jean-Blaise GRIZE
Source: Revue française de pédagogie, No. 23 (AVRIL-MAI-JUIN 1973), pp. 31-36
Published by: Ecole normale supérieure de lyon
Stable URL: http://www.jstor.org/stable/41161155 .
Accessed: 18/03/2014 11:37
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(2) Opérateur si. 2.Elle liée. L'un. I. 4. alors. .on ne peut avoir quelques chances d'en formaliser certains aspects que si ceux-ci ont été préalablement traités.à la est.d'une question de définition. dans tous les cas. (1) Voir à la fin de l'article les références bibliographiques relatives aux noms propres.construitdes « objets » à l'aide d'unités qui sont les monèmes.. b) Elles sont néanmoins spécifiques les unes par rapport aux autres. celui de premièrearticulation. 18 Mar 2014 11:37:20 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions . Que la logique ne connaisse pas ce phénomènede double articulationest assez évidentpour qu'il soit superflu d'y insister. Quelques questions pédagogiques. on a : : p *э p communique 1) Fonctionde communication une propriétédu signe ~э 2. en effet. .a une conséquence fondamentale. - L'exposé qui suit se propose de soutenir la thèse d'une part et les que les langues logico-mathématiques langues naturelles d'autre part sont des manifestations duales de l'intelligence.Les phénomènes linguistiquesde surface ne sont pas immédiatement formalisables.176. Postulat2. du signe : il suffitd'ouvrirquelques trai2) Arbitraire tés de logique différents pour s'en assurer! 3) Système de signes : dans la mesure où il existe des règles. vent et souffle.Le terme de dualité renvoie. Mouninque.au sens où je l'entends. Ainsi est-il possible de noter avec G. moins. l'autre. Postulat1. La dualité. les unes ne se conçoivent pas sans les autres. celui de seconde articulation. par exemple. comme nous le verrons.dans ces conditionsde parler de la logique et des mathématiquescomme de langues? NéanIl s'agit.206 on Tue. bien entendu. Les langues logico-mathématiques.Si l'on peut dire que la logique est une langue. Les langues naturelles. logique mathématiqueet langue partagentdes aspects communs. ce qui signifie qu'on ne saurait « ramener» la logique à la langue. Postulat 3.Il signifieque toute langue parlée relève d'un double système de règles. Ainsi.En d'autres Logique et langue ont des finalités LES LANGUES LOGICO-MATHEMATIQUES. 3. Partons d'un traitspécifique des langues naturelles. Martinet1et qui est le phénomène de la double articulation. ni la langue à la logique. il faut au moins noterqu'elle n'est pas une langue parlée. dans les langues naturelles. Pour fournirun certainnombred'argumentsen faveur de cette thèse. la phrase le vent souffleest constituéepar trois monèmes: le. je m'appuieraisur quelques postulatsque je vais d'abord formulerschématiquement. 31 This content downloaded from 196. est constitué des deux phonèmes [v] et [a].En revanche sa présence. LANGUES LOGICO-MATHEMATIQUES ET LANGUES NATURELLES L'essentiel de ce qui va suivre consistera en un commentairede ces troispostulats.Le monème [v õ] quant à lui.construitdes « objets » à l'aide d'unités qui sont les phonèmes.à deux types de faits: a) Langues logiques et langues naturellessont indissociablementliées.d'où le plan suivant: 1.intimement distinctionentre structureprofondeet structurede surface.200.termes. distinctes. mis en évidence par A. Est-il même légitime..

Les langues en question. une fois construites.L'espritse donne la volontéd'une déductionaussi rigoureuseque possible et celle d'une complète exploitation de ses pré-supposés..peuvent s'étudier dans les trois dimensionsque distingue C. Ceci explique qu'il soit devenu classique de traiterla logique comme si elle était une langue et de construireaussi bien sa véritablement syntaxeque sa sémantique.206 on Tue.200.doiventêtre prises pour éviterque des contradictionspuissent apparaître. des règles de formation(règles Fi qui engendrentla classes des mots ou termes. si les règles de transformation jamais obligatoiresdans leur usage. dans p "D q. relativement des langues naturelles.c'est de cette façon que l'on étudie la logique et que de nombreuxlinguistes étudient les langues. alors 3 X 4 = 12 » doit à l'usage être tenue pour vraie.4) Linéarité. .mais. Une seconde accusation est celle d'absurdité. alors que le français dit « Par deux points distinctspasse une seule droite » la logique des prédicats appliquée à la géométrie écrirait quelque chose comme: ^ £=i)(3> (3i)( 9I/4. 18 Mar 2014 11:37:20 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions . si x est un point et y et x est différentde y.on peut constaterque.alors) est construitde telle sorte que si.Cela signifie en T ne sont particulierque.sinon toujours effective.certes non puisqu'il ne s'agit pas de langues parlées. Mais ici encore. La syntaxe d'un système formellogique est essentiellementconstituéepar la donnée d'un alphabetA (suite finie de signes). il est un point (3) Pour tout x et tout y. 32 This content downloaded from 196..d'une sémantique tique introduite. Morris : syntaxique(étude des relationsentre signes). minimalequi ne retientdes propositionsque leur aspect de véritéou de fausseté.règles F2 qui engendrentla classe des phrases ou expressions bien T qui engenformées)et des règles de transformation drent la classe des théorèmes(fig. et s'il existe tel que t est une droite et x est incident à t et y est incident à t. Ainsi.Cela suffità en marquerla spécificité: un système formelest une machine. les expressions bien formées représententdes énoncés de propriétéset de relations entreces objets et les théorèmes.176.sans sujet humain. 1 Alphabet ^'^2 Fy/ Termes (mots) F2 ► Expressions bien formées (phrases) T Théorèmes Un système formeltoutefoisne prend sa véritable Alors les portée que si on lui donne une interprétation. qui constituentl'un des thèmes fondamentauxde l'étude des systèmesformels. En conséquence. C'est l'annonce d'une première différenceessentielle avec les langues naturelles. des précautions très spéciales. par exemple. 5) Caractère discret des signes. Je ne pense pas qu'il s'agisse là de la meilleure façon d'aborder les phénomèneslangagiers. alors z est identique à t. ce qui veut dire sans aucun sujet. p est fausse.les propriétéset relations vraies. Ajoutons encore que la logique et les mathématiques. l'opérateurde conditionnelle~э (si . même si la pragmatiqueest quasi inexistante. comme les langues naturelles.du moins toujours possible. 1).W. elle exprimedavantage la marqued'une finalitéque celle dun défaut. Sujet énonciateur. Ainsi peut-onécrire.nombres ou tout ce que l'on veut. Mais même sans sujet asserteur. pédante. On sait que. termes représententdes objets : points. si je puis dire. Bien sûr que. Tout ceci ne va pas sans certaines difficultésqui sont dénoncées communémentpar deux sortes de critiques et dont la premièreest une accusation de pédan- terie.Une fois qu'elle existe. par exemple. L'ensemble des dispositions auxquelles le logicien se soumet en construisantles langues logico-mathématiques tend à autoriser l'automatisation. en revanche elles doivent pouvoir être appliquées mécaniquementet de toutes les façons possibles. s'il s'agit bien là d'une écriture lourde et. en l'occurrencede la naturede la sémanIl s'agit.j'ai assez marqué qu'une langue logico-mathématique devait être construite. Fig.*Ü/4z!i) A la réflexion.doivent pouvoir fonctionnerseules. il s'ensuit que la proposition « si les éléphants sont roses. a(1) x2 au lieu de ajc2. alors il existe z tel que z est une droite et t x est incident à z et y est incident à z. Il convientencore de faire deux remarques: 1). sémantique (étude des relationsentre les signes et leurs significations) et pragmatique(étude des relationsentreles signes et leurs usagers). la propositioncomplexe « si p alors q >» est nécessairementvraie.droites. si l'on veut.ceci est absurde. il convientde noter qu'on est en présence du signe de quelque chose.

on ne peut pas toujoursdécider si une phrase appartientou non à la langue. les logiques modales usuelles sont plus fortesqu'elle. entre autres.je n'ai cessé de parler des langues logico-mathématiques. de Tarski (1935.ce qui ne ferait que déplacer la question. une fois qu'elle sera construite. Deux aspects paraissent ici éminemmentcontestables. multiples comme le sont les langues naturelles. Rohrerqui l'a adaptée de N. Il est vrai que ce dernierpoint est commandé par le modèle logique sous-jacent. - LES LANGUES NATURELLES. Ladrière).Enfin. Le problèmeest alors le suivant: peut-onsonger à cette métalangueen un système formel?Le transformer tenter immédiatement exigerait de recourirà une nouvelle métalangue. Fig.l'allemand. Lexique Composant sémantique structure profonde Règles de transformation Règles de projection - *i Sens г | rzzzzzzmzzizzzz. Chomsky.L'interprétation mentunivoque. il n'en va pas de même des logiques.le fruitd'un parti-prisen ce double sens que. L'un consiste à ne distinguerdans la langue que deux niveaux: le niveau profondet celui de surface.il fautêtre à même de porterdes jugementssur elle. Il est de s'interrogersur son adéquation et. Mais le véritable problème n'est pas d'obéir aux consignes de la logique.l'employerpour exprimerses propres propriétés. Règles de formation (Engendrent des arbres) 2. en effet. Il est. Sans recouriraux exemples spécialement des phrases aussi banales que construitspour le montrer. On en conclut à la nécessité de faire appel. . à une langue naturelle.qui ont prouvéqu'il n'y avait aucune solutionà espérer (J. etc. 1). n'explicitentjamais tout. i zzzzzuzzzzzzzz Partie transformatlonnelle ► Structure de surface Composant phonologique Règles phonologiques i 4 Suite de signes que. certainssystèmes ne sont ni inclus en elle ni incluants.. Ainsi bien des gens. il est aisé de se rendre pas comme la logicompte que celles-ci ne fonctionnent que. Si. II.il est fondamentalde fairesavoir que A = A. Voici. Il n'y a pas de langue naturellesans un sujet énonciateur et c'est lui qui. Celui-ci conçoit schématiquement vue structuraliste les choses. Le postulat2 demande un certain nombred'explications. Cela revientà les juger en fonctionde ce qu'elles ne sont pas et de ce qu'elles n'ont pas à être.qui est d'être parlées. quant à moi. On peut évidemmenten conclure . avant d'avoir choisi une et une seule grammairecomplète.à utiliserla langue elle-même comme métalangue. Elle contiendra. ici des langues naturelles. décide si telle formeest acceptable.Elles sont. 1948) et d'autres.206 on Tue. vos beaux yeux. explicite ce qui doit être explicité. il est de pensée et de nécessaire de disposer d'un instrument communication(avec les autres et avec soi-même). l'autre est de séparer par méthode syntaxe et sémanti(4) Certains théorèmes en sont absents. Des systèmes comme la logique ou la logique minimalesont plus faibles que intuitionniste la logique classique4.. c'est-à-dires'ils permettentd'exprimerles « mêmes choses.200.que l'on cherche à rendre compte de si. avant Molière. 18 Mar 2014 11:37:20 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions . comme le montre la figure 2.fautencore pouvoiren étudierles diverses propriétés. Culioli et qu'il s'oppose partiellementau point de usuel. en principe.il faut disposer d'une langue préalable à celle que l'on veut construire. en mathématique. qu'il s'agit là d'un non-sens.auraientsans doute considérécomme mal forméescertainesdes variationsde « Belle marquise..176. n'étantpas linguiste.que les langues naturellessont défectueuses. On peut donc s'essayer.Or. 2 Base syntagmatique 1.outre une part plus ou moins importante de pensée).Nommons-laméta-langue. sont de « même force ».. Cela signifieque. alors par des 33 3 This content downloaded from 196. Supposons.Je pense. prenanten charge les énoncés. En d'autres termes. le chinois.et cela s'est fait . Toutefoisici prennentplace les fameux théorèmes de Godei (1931).choisit le sens qui convient.La classe des expressions bien forméesd'une langue comme le français n'est pas a prioridécidable.Les langues naturelles. . De là découle l'impossibilitéde formaliserdirectement les structuresde surface. en conséquence de dégager certains traits de l'objet à étudier. . dire « les femmessont les femmes» est toujours reçu comme autre chose que F = F. 2). en effet. d'une phrase isolée est rare3). .dans leur usage. « la porte se ferme» ou « Pierrepeut venir» le fontvoir suffisamment.quoiqu'en un sens différent.une métamétalangue. ». Si.La chose n'est pas plus inconcevableen principe que de se servirdu français pour écrire une grammaire française. en effet.je l'ai pris (emprunté!)à A. à un momentou à un autre.le français. tirée de C. trois aspects qui peuventservir à le marquer. C'est leur reprocher l'essentiel même de leur nature. 2). de larges fragde mathématiques(instrument de communimentsd'une langue véhiculaire(instrument cation).

. La logique sert avant tout à assurer la déduction.. la référence à la pensée a disparu.pour déduire. 1. les linguistesont cherché à « logifier» leur science. 2. . . a) La dualité extension/compréhension... langues naturellesà la logique présuppose en effetune identitéde natureque démententles faits.. 2 et 3 s'opposent à 4.. »...200. la pensée n'utilisepas la logique pour les mêmes raisons que la langue. : promettre.. et c'est l'essentiel.Un telle procédureest logiquementintéressante. Considérons les quelques exemples suivantsque donne F. Dupont tenta l'expérience en 1783. Et ainsi de suite. si donc il détientla compréhensiondu concept. Ducrot...il y a de la bière à la cave » d'avoirsoif pour qu'il y ait la machineconcluraqu'il suffit de la bière à la cave. On constate alors toute une série d'oppositions: que 1.mais ne dit riensur le fonctionnementde la langue. .plus exactement En particulier.. Il en est résultéou que les travauxen logique se sont déroulés sans rapportavec ou que les recherchesen linguistiqueet réciproquement..ne pourradécider si tel animalest un cheval ou non que s'il est en possession de l'ensemble des caractères de cette « plus noble conquête de l'homme. chacun de large de l'argumentation.moyens logiques. Mais à l'inverse.ordonner.dans la mesure où le postulat 3 est satisfait. 5. 18 Mar 2014 11:37:20 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions . 2. 5 et 6 en ce que les trois premièresexpressionsn'associent pas le lecteur. Dupont.qu'il est nécessaire de se souvenir de pensée. brièvement (5) p g I | vraie vraie fausse fausse vraie fausse vraie fausse p "э q | vraie fausse vraie vraie Dans un passé encore proche. il paraîtimpossible.. Ayantainsi esquissé le fait qu'aucun des deux types de langue ne faitdouble emploi avec l'autre. Et il y a à cela au moinstroisraisons: 1. ses énoncés. III. 3. ne se pose absolumentpas dans les langues naturelles.. On comprenddès lors que le interroger.206 on Tue.la situationétaitclaire.et sans tomberdans le travers du psychologisme.. celui de la non-contradiction. tenterl'expérience. que logique et langue restentdes instruments Elles le sont en deux sens : d'une part. pour déterminerles traitscaractéristiquesdu che- 34 This content downloaded from 196.pour en faire des marques profondes.. .et pourquoipas une contradiction?La chose est souventutile et elle est sans danger puisque le sujet reste présentpour y faireface. en s'inspirantpeut-êtredes systèmesformels.». traiter de séparémentcomme en logique synillégitime taxe et sémantique: à chaque aspect de celle-là correspondentdes variationsde celle-ci. en présence de la proposition: « Si vous avez soif..chacune des finalitésrenvoie à l'autre. aucunementune absence de lien. 4. si nous tentonsl'expérience. permettre problèmecentralde la logique. On ne peut donc se contenterde repérerdes marques de surface et de les enfouir. Il me paraît cependant . Toutefois. Les différencesentre langues logico-mathématiques et langues naturelles sur lesquelles je viens d'insister commandentsans doute des modes d'approches distincts... 3.. Bugniet. . La langue était tenue pour l'expression verbale de la pensée et la logique était censée en exprimerles lois valides. l'expériencefuttentée en 1783 par M.Mais... .176.tandisque 2 et 3 adoptentun pointde vue historique et nommentl'agent. Enfinles systèmes combinatoiresqui servent de modèles formelsaux grammairesgenerativesne possècomme des dent aucun signe que l'on puisse interpréter négationsinternes. On fourniraà la machine la table de l'opérateur~э 5 et l'on voit que. comme le dit O. peu à voir avec l'argumentation etc.au contraire des troissuivantes: que 1 s'oppose à 2 et 3 en ce que 1 présente le résultatcomme actuel avec un agent indéterminé. on ne parle pas toujours.. « est destiné à accomplir diverses activitésqui ont intrinsèquement. tente l'expérience. Ce qu'il faut alors c'est inventer des notionsnouvelles adéquates à la langue. mais elles ne signifient Tout au contraire. Celui qui voudraitdéterminerl'extensiondu concept « cheval ».. M.au momentoù linguistiqueet logique se sont constituées en disciplines autonomes.mais en évitanttoute Toute volonté de réduire les forme de réductionnisme. Comme nous venons de le voir.c'est la pensée qui les constitueen sciences. d'autre part elle ne cesse de s'en servirdans son activité.. La multiplicité des aspects de surface constitueautant de distinctions sémantiquespour lesquelles il reste à construiredes concepts plus ou moins « profonds» et qui seront susceptibles d'en rendrecompte. l'expériencea été tentée. Je procéderaide deux façons : en m'appuyantsur la duaet en m'appuyantsur la lité extension/compréhension dualité langue/métalangue.et même peut-êtrepas souvent. 6. c'est-à-direconstruirela classe de tous les chevaux. - LA DUALITE. Quant à la langue. soit au sens plus soit au sens strictdes mathématiques. Voyons la chose.je voudrais faire voir que chacun renvoie nécessairementà l'autre. D'abord le sujet énonciateurest libre d'exprimer ce qu'il veut.

au moins partiellement. logique et linguistique sont des disciplines duales. Néanmoins l'expression « enseignement du français » me paraît fort ambiguë. Dès lors. peut-être non : il faut en débattre sur pièces. b. reprenant chacune des trois parties de cet exposé. la distance est bien grande entre les théories logique et linguistique et les pratiques enseignantes. Les avis sont diamétralement opposés. aux compétences mathématiques et/ou pédagogiques incontestables prennent des positions très fermes. j'ai conscience d'avoir reçu des leçons de langue allemande. Nous avons déjà vu qu'on ne pouvait. enseigner la mathématique dite moderne.et si oui lequel. à enseigner les mathématiques comme un langage. C'est pourquoi. categorie Signifie (S¡nn) Nom une chose Prédicat une propriété une proposition Enoncé Désigne (Bedeutung) un objet une classe le vrai. 35 This content downloaded from 196. La question fondamentale me semble être la suivante : y a-t-il un intérêt. il lui faut commencer par réunir les chevaux pour en dégager les aspects communs. les brèves remarques que j'ai faites sur l'impossibilité de traiter directement des phénomènes de surface renvoient à la construction de concepts abstraits qui ne peuvent être proprement réglés qu'au sein d'une langue de nature logique. de langue latine. 3. 4 Langues logiques Langues naturelles De ce point de vue encore. mais en ai-je reçu de langue française ? On m'a certes appris la règle d'accord du participe passé et quelques autres. j'ai tenté de formuler quelques questions. si l'on considère les catégories linguistiques générales de nom. on peut dresser le tableau de la figure 3 : Fig. on m'a fait lire de bons auteurs (pourquoi pas aussi quelques « mauvais » ?). Des gens. solution qui relève de la compétence des enseignants. On est ainsi de nouveau placé en présence d'une dualité qu'illustre la figure 4 : Fig. qui est résolument « contre » et G. Une réflexion théorique6 est indispensable à toute action mais et même si dans l'état actuel des choses. Thom. (6) Cet exposé devrait servir de base à une discussion. - QUELQUES QUESTIONS PEDAGOGIQUES. d'une langue naturelle. plus exactement.200. mais bien d'une relation de dualité : extension renvoie à compréhension et inversement.176. Je m'en tiendrai à la langue maternelle et ma question sera de savoir s'il convient de l'enseigner. logique et langue s'appellent l'une l'autre ou. non plus seulement sur ses goûts personnels. le faux Compréhension Extension Langues naturelles logico-math. Ainsi par exemple R. mais j'ai surtout disserté. construire une langue logico-mathématique sans se servir. Langues Il s'ensuit que la logique assume l'aspect extensionnel de la pensée et que la langue en exprime la compréhension : chacune est inséparable de l'autre. il soulève des problèmes mais ne cherche pas à leur donner une solution. 1). de prédicat et d'énoncé. Walusinski qui est franchement « pour ». Je les ai choisies assez générales pour qu'elles concernent tous les degrés de l'école. Cependant. Je sais que l'introspection est une méthode de valeur scientifique douteuse.val. non sur la base de l'autorité de quelques savants. peut-on y trouver des arguments en faveur ou en défaveur de leur enseignement sous cette forme? 2). IV. Mais inversement. en dernière analyse. - Les langues naturelles. et pourquoi. Il ne s'agit pas là d'un cercle vicieux. plutôt que comme un ensemble de pratiques de calculs? Cela revient à peu près à demander s'il faut. 18 Mar 2014 11:37:20 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions . Ceci peut avoir l'air d'une boutade. en tant que tel. Il est du devoir de chaque enseignant de se faire une opinion. Peutêtre cela est-il juste. - Les langues loglco-mathématiques. mais sur des raisons. Il s'ensuit que. assez précises pour que l'on puisse raisonnablement espérer leur donner une ébauche de réponse. La dualité langue/métalangue. Si l'on admet que les langues logico-mathématiques sont à peu près ce qui vient d'être vu. il serait faux de ne pas chercher à la franchir.206 on Tue.

. 18 Mar 2014 11:37:20 AM All use subject to JSTOR Terms and Conditions . . . Université de Neuchâtel. Paris. On ne coordonne rien du tout en remplaçantl'intersectionde deux ensembles de nombrespar celle de deux ensembles d'adjectifs..Encyclopédie de la Pléiade.. A.In : Cahiers pour l'analyse.W. 67-76. 1955. 9. Colin. O. N. 1970. Martinet. 5). R. 1971. . 1971. A.il faut la chercher. Celui-ci les construitbien plus qu'il ne les apprend.Les mathématiques « modernes » : une erreur pédagogique et philosophique ? . 106-117.Paris. C. . Il s'agit certes d'une caricature. . 12.Le problème semble facile: je crains qu'il ne le soit pas. F.Paris. p.In : L'Age de la Science.alors qu'il existe des gens qui parlentchinois. Mounin. Fink. I. Introductionà la sémiologie.The Univ. . mars 1971. . (La citation est p.Il n'est pas certain non plus que l'on coordonne quoi que ce soit en déclarantqu'une phrase est un arbre.Foundations of the theoryof signs.206 on Tue.In : Langue française. . N. il pose la question de la coordinationdes enseignementsdu français et des mathématiques. 1971). n° 7.Pourquoi une mathématique moderne? .selon moi. Ducrot. du Seuil. Chomsky. deux questions se posent: 1.Aspects of the theory of syntax. Ces faits. Quant à l'aspect de dépendance.Funktlonnelle Sprachwissenschaft und transformationeile Grammatik. 1967.176. S'il doit y avoir coordination. 1970. 1968. Paris. This content downloaded from 196. Ed. Ed. Walusinski. . . A. 4« éd. Ladrière.même s'il faut taire ce jargon en enseignant. de Minuit. Culioli. professeur ordinaire à la Faculté des lettres de Neuchâtel. . 1965 itrad. Jean-BiaiseGRIZE. С Rohrer. qui deviendrait un mathématicienmuet. A en croire les travauxde l'Ecole de Genève. .. vol. p. . G. Colin. . G.placé dans un milieuaphone. . Centre de Recherches sémiologiques. La langue maternelleen revanche s'apprend dans le milieu social où elle est parlée. J. A.relationfaite de différences et de mutuelle dépendance. of Chicago Press. Néanmoins2 et 2 font4 en deçà et au-delà de toutes Pyrénées. .F. Thom. Logique et connaissance scientifique.commandent-ils gogies de nature distincte? 2.In : Cahiers « Science et Pédagogie ». p. 312-333. Bugniet. des pédaqui ont été rappelées plus haut.Munich.R. Morris. 3-12.200.. Si l'on accepte ce type de relation entre langues logiques et langues naturelles.on pourraitimaginer un enfant.Paris.Linguistique et sémiologie. . 1967. les concepts fondamentauxde la logique et des mathématiques résultentspontanémentdes activités de l'enfant.Langue et pensée formelle. 3.La formalisation en linguistique. . I. A la limite. 1970.Cambridge (Mass. . 225-242.In : International Encyclopedia of UnifiedScience.).auxquels il faut joindre les différencesfondamentales entre langues logiques et langues naturelles. dans les rapportsentre langue et métalangue. 77-137. III. .Les limites de la formalisation.Eléments de linguistique générale.Vers une analyse linguistique du discours.Bibliographie des noms cités 3) La dualito.