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Chemins de Traverse #04

De l’autre côté

Bilan 2014

Chemins de traverse est une action engagée par le collectif ABI/ABO, en partenariat avec le Grand
Parc Miribel Jonage et avec le soutien de l’Etat, de la région et de la Ville de Lyon. Elle se déploie sur deux
niveaux :

Des ateliers de création in situ, ateliers dirigés spécifiquement en direction des habitants des quartiers
classés en « politique de la ville », en partenariat avec les ACM de ces quartiers.

Une résidence d’artistes organisée par ABI/ABO, dont l’objectif sera la réalisation d’une œuvre
construite à partir des résultats du travail mené avec le public des ateliers, tant sur leur territoire que sur
celui du Grand Parc. Cette œuvre prendra la forme d’une installation interdisciplinaire in situ, tant plastique et visuelle que sonore, musicale, théâtrale ou poétique, qui mettra en lumière les singularités du
territoire du Grand Parc, dans son rapport à la Ville.
Ces deux dimensions interagissent fortement : les ateliers sont le creuset où se prépare l’œuvre. L’œuvre
est le résultat d’une collaboration entre des cultures, des territoires, des générations, un collectif d’artistes et un public auquel il est proposé de s’impliquer activement dans le processus de création.

«Seule la maladresse est natale.»
La beauté est liée à la maladresse de l’origine.
Pascal Quignard

Traversée : Fabriquer de la famille, mais pas avec un arbre, avec sa racine : en anneau.
Par cousinage. Libre association.
Fabriquer du monstre, avec le désir, une origine à venir de l’image.

Il y a bien sûr la «croisée des chemins», mais ce qui nous intéresse en ce moment, c’est la «traversée». La
traversée ? ce n’est pas encore un chemin, c’est entre des chemins, mais ça devient chemin assez vite,
même si ça a un devenir tangentielle - donc rectiligne. Surtout, il y a une incertitude dans toute traversée
: c’est l’épaisseur, l’opacité du milieu qu’elle expérimente en se donnant comme objet de le traverser «de
part en part» - comme dans «couper à travers champs». J’aime bien l’idée de découper dans du carré c’est découdre le cadre, encore.
La vrai question derrière la traversée, c’est la question du lieu, de l’émergence du lieu : la traversée, c’est
une action qui précède le lieu, mais qui le suppose.
Qui le constitue par l’action même de le rompre - à mi-lieu. La traversée donne le milieu dont elle s’origine.
Donc la traversée est une action génératrice de moitié de lieux, mais le lieu n’est pas pour autant le produit de cette action, qui n’est pas faite pour produire quoique ce soit de précis, d’ailleurs. Il y a des «demislieux» qui résultent de la traversée comme effet, non pas comme fin. De même, il y a des hypothèses de
lieux qui suscitent la traversée, comme désir, non comme raison.
La traversée est une praxis qui configure les situations, pas une poiésis qui produit des choses. La traversée résulte d’un appel et elle est elle-même convocation.
En effet, il faut bien «aller quelque part» pour s’embarquer dans une «traversée» - donc il y a du lieu, avant
la traversée, sous la forme d’une destination, au moins supposée. Mais en même temps le lieu, c’est ici, ce
n’est jamais là-bas. Là-bas, c’est toujours autre chose, c’est quelque part : un non-lieu, une utopie ? Non
pas, plutôt l’heuristique du lieu.
Il y a des demis-lieux comme il y a des demis-objets : un ciel sans nuage, où se dessine un instant un visage
connu.
Le lieu, ce n’est donc pas le quelque part dont la traversée elle-même s’initie. Les utopies sont ainsi,
comme le sont les itinéraires : bonnes à être abandonnées en chemin.
Ce n’est pas non plus le mi-lieu que révèle, en le traversant, la traversée.
Et ce n’est pas non plus son origine, qui est chemin et cheminement, déjà.
Mais la traversée, c’est toujours une tentative du lieu.
La traversée, une épreuve, une preuve.
Le lieu, en même temps, c’est l’échec de la traversée : ce qui se met en travers du chemin.
L’Amérique !
Toute traversée est une boucle, sauf à tomber en chemin - quelque part.
Le lieu, dans «quelque part», est toujours l’autre de la visée. Un singulier très pluriel.

Les ateliers

Chemins de Traverse 2014
Les ateliers
Les propositions d’ateliers sont au nombre de six. Elles sont autant de
manières de cartographier l’espace physique et imaginaire exploré au
cours de ces ateliers en plein air, soit au Grand Parc, soit sur les territoires de référence des participants. Chacune sera l’occasion d’une
approche artistique différente : art plastique, théâtre, musique, écriture...

Promenade sonore (écoute, enregistrement) : Gilles Malatray
A l’aide d’outils d’écoute et d’enregistrement sonore, on y apprend à
se déplacer par l’oreille, à s’éveiller à la notion de paysage sonore. Une
cartographie où l’évènement prend le pas sur l’objet.

Promenade musicale (musique, jeux et écriture) : Jules Desgoutte
Quelles relations entre geste, mémoire et écriture musicale ?

Promenade théâtrale (théâtre, oralité) : Carole Hurtado
Réécriture « sur le vif » de scénarios de contes et récits populaires, à
travers la scénographie qu’en propose spontanément le paysage, où
ceux qui s’y promènent, et qui est un prétexte à leurs transformations.

Cheminement du récit (atelier d’écriture) : Pierre Gonzales
Écrire, c’est inventer un cheminement, activer une mémoire, enrichir un
cadre de référence. C›est aussi projeter des paysages, une présence,
une action dans un espace et un temps, à la fois fictifs et exploratoires.
Dans le miroir de l›écriture, s›inspirant de l›expérience sensible qu›offre
le lieu où l›on se tient, on s›interroge et se prépare, presque malgré
soi, à en co-construire le réel. À en transcrire, à en inventer, à en frayer
l›expérience : les scénarios possibles, les nominations, les mises en récits et en perspectives.
Plusieurs registres seront proposés, d›action en action : fiction ; poésie ; vrais ou faux comptes-rendus d›expériences et d›explorations...
Le jeu et l›écriture se répondent. Le jeu, c›est d›y inviter le monde en y
frayant un passage sous la forme d›un récit, de fragments d›un récit,
de leur mise en jeu, comme point de départ, comme passage...

Les chemins du regard (photographie, dessin) : Chloé Bonnard
Chaque regard est comme un raccourci dans l’espace, parfois un courtcircuit.
Capter ces cheminements éclairs, découvrir et relever les brèches qu’il
ouvre, au moyen de la photographie, du croquis, de la carte, comme
autant de manière de se mesurer au paysage.

Habiter l’espace (land art, sculpture) : Jérôme Dupré la Tour
Assez spontanément, par l’usage que nous en faisons, nous transformons les lieux où nous sommes : déjà, nous les habitons. Interroger les
questions d’usage et d’habitat, en en inventant de nouvelles modalités, des classiques cairns et cabanes aux improbables ponts et fenêtres
sans rivière ni dehors, nous construirons nos éphémères occupations
des lieux.

Les Ateliers

Ces ateliers auront chacun leur fin en soi. Mais dans le même temps, les matériaux et les formes qui
y seront découverts et élaborés seront mis en commun et partagés : ils feront ricochet d’un atelier sur
l’autre, créant à l’usage des passerelles, des chemins de traverse entre les participants, les différentes pratiques et les disciplines convoquées. Ils formeront ainsi peu à peu une chose commune à l’ensemble des
participants, où, si chacun se retrouve, nul ne peut plus démêler le mien du tien. Le travail des artistes sera
alors plutôt d’accompagner ce travail de co-élaboration, dans le cadre de leur résidence au Grand Parc, et
en dialogue avec leur public d’atelier, tout au long de l’action, pour lui permettre d’aboutir, au terme du
processus, sous la forme d’une œuvre interdisciplinaire in situ.

NOS PARTENAIRES
Grand par Miribel-Jonage
Centre social Bonnefoi
Bibliothèque du 3ème arrdt
L’Arche de Noé
Centre social Mermoz
Centre social Croix Rousse
MJC Perrache
Centre social l’Olivier
Centre social Peyri

Chemins de Traverse 2014

Les Ateliers
Structure : L’Arche de Noé
(Armée du Salut)
Groupe concerné : public membre de l’armée du Salut
Nombre : 6 hommes et1 femmes
Age : ados/pré-ados
Animateur référent : David Bohn
Artistes intervenants : Gilles Malatray

14 mai
7 enfants (6 garçons et 1 filles)
Ages : 11/16
Confection d’un parcours sensible au grand Parc, repérage points de
vue, points d’ouïe, mise en scène
Durée : 3 heures
28 mai
5 enfants (5 garçons)
Ages : 11/16
Divisés en deux groupes
Confection d’un parcours sensible au grand Parc, repérage points de
vue, points d’ouïe, mise en scène
Durée : 3 heures
4 juin
5 enfants (5 garçons) + groupe de 25 personnes pour la promenade
(public).
Ages : 8/14
Promenade avec public autour de Planète Nature
Durée : 3 heures
Sites photographies

https://www.facebook.com/desarts.sonnants/media_set?set=a.828222957188101.1073741854.100000012136126&type=3
https://www.facebook.com/media/set/?set=a.880501548626908.1073741861.100000012136126&type=1&l=6fd60f00c7

Chemins de Traverse 2014

La résidence

La résidence
TEXTES :

OEUVRES IN SITU :

Monstres enfantins – ateliers d’écriture menés par Pierre Gonzales à la
MJC Perrache

Le chemin du conte

+ d’amour – de travail papier – poème de Pierre Gonzales iz neR

Création partagée de Carole Hurtado avec la collaboration des habitants
conteurs du centre social Bonnefoy,

Biopolitiques – Jules Desgoutte

Conte mis en promenade sur le jardin des biotopes par Jérôme Dupré la Tour

Râ – Assemblage plastique des touches d’un piano par Jérôme Dupré la Tour

MUSIQUE :

Monstres enfantins & Stéthoscopie paysagère

Nocturnes – Frédéric Chopin, interprétation & paraphrase de Jules
Desgoutte, piano
Tangos – Yira, duo post-tango chant/piano

Installation sonore pour voix d’enfants, longues-ouïes et cheminement
dans le paysage par Gilles Malatray aka Desartsonnants, d’après des
enregistrements du cycle d’ateliers Chemins de Traverse#04.

Chants andalous et flamenco – Carole Hurtado, chant
Musique improvisée – Antoine Mermet, saxophone, Jules Desgoutte,
piano

SOUTIEN LOGISTIQUE :
Valérie Brignier, chargée de diffusion

www.a
b

Camille Préfole, service civique
o.org
iab

ABI ABO Collectif d’artistes interdisciplinaire
28, rue Lamartine
69003 Lyon
abi.abo@free.fr
+33 (0)9 51 02 84 48

Le collectif ABI/ABO mène des actions artistiques dans une perspective
interdisciplinaire, collaborative et située, à travers des processus de
création qui incluent les lieux où l’action prend place et impliquent le
public auquel elle s’adresse.
Musique, écriture, arts plastiques, théâtre et arts numériques constituent
les composantes combinées de son travail.

PARTENAIRES
Grand Parc de Miribel Jonage, Ville de Lyon, Ministère de la Culture, région
Rhônes-Alpes

Chemins de Traverse 2014

De l’autre côté
- Une performance entre musique, poésie, arts visuel et sonore, par le collectif ABI/
ABO. Une invitation à la promenade, sur le thème de la traversée des frontières.

- Un conte écri par les habitants-conteurs du Centre Social Bonnefoy, et créé avec leur
participation par Carole Hurtado, « Thibald, Le Jeune Bâtelier ».
Le conte a été installé en promenade dans le jardin d’ailleurs

La résidence

Chemins de Traverse 2014

La résidence

- Un piano installé pour une lecture poétique en musique sur des nocturnes de Chopin
Piano : Jules Desgoutte - Lecture et chant : Carole Hurtado et Pierre Gonzales

- Dans le jardin d’ailleurs, installation d’un fantôme pêcheur : Une grande feuille blanche au bout de sa ligne invite au regard, à ouvrir
les yeux sur ce qui entoure le visiteur dans ce jardin merveilleux. Installation de Jérôme Dupré la Tour
- Sur la plateforme, en résonance avec la performance au piano, Jérôme Dupré la Tour installe un étrange piano solaire : Râ.

Chemins de Traverse 2014

- Atelier d’écoute avec Gilles Malatray sur le stand et en déambulation
Diffusion sonore dans tout le jardin d’ailleurs des sons créés en atelier

La résidence

Chemins de Traverse 2014

Chemins de Traverse #04

De l’autre
côté

La résidence

Chemins de Traverse 2014

La résidence

Chemins de Traverse 2014

La résidence

- Extrait du conte.

Conte du Drac ou La silure, démon des eaux.

I
La légende et le naufrage

On m’a raconté qu’il y a deux cents ans à peine, non loin du lieu où nous
nous trouvons vous et moi en cet instant, un jeune batelier nommé Thibald
parcourait les eaux du Rhône dans l’intention d’atteindre le port d’Arles,
lorsqu’il fit naufrage. Le jeune homme fut entrainé par les eaux du Rhône.
Alors qu’il s’enfonçait dans le plus profond et obscur silence des eaux, il
se dit en lui-même que toute condition était enviable, comparée à celle qui
le touchait aujourd’hui et qui allait en finir avec sa vie. Il aurait donné son
âme au diable, pourvu qu’il pût voir une dernière fois le ciel de Lyon et
qu’il fît encore partie de ce monde qui l’avait vu naître.