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LA THÉOSOPHIE DE TÜBINGEN

H. van Kasteel

I. INTRODUCTION

Vers le début du VIe siècle après J.-C., un auteur byzantin
anonyme, peut-être l’évêque Sévère d’Antioche (465-538)1, rédigea en grec une Théosophie dont la plus grande partie est
aujourd’hui perdue. Il en existe cependant un résumé, composé
au VIIIe siècle, également en grec, et dont le seul manuscrit faisait
partie de la bibliothèque personnelle du célèbre cabaliste chrétien
Jean Reuchlin (1455-1522), professeur à l’université de Tübingen. Bien que ce manuscrit, après plusieurs pérégrinations, finît
par se perdre en 1870 dans un incendie à Strasbourg, le philologue Bernhard Haus en avait réalisé dès 1580 une copie très soignée, confiée ensuite à la bibliothèque de l’Université de
Tübingen, où elle fut redécouverte en 1889. C’est la raison pour
laquelle l’ouvrage est surnommé « Théosophie de Tübingen ».
L’année 1906 vit paraître la publication d’une partie du texte
original de la Théosophie, retrouvée à Rome dans un manuscrit
du XVIe siècle, auquel vint s’ajouter plus tard son modèle du Xe ou
e
XI .

1. Selon une récente hypothèse de P. F. Béatrice.

115

directement ou indirectement apparentés2. j’ai médité en mon for intérieur la richesse de la théosophie. 5.. Sagesse XI. L’épitomé ancien se contente de mentionner le sujet des sept premiers. enfin. p. attribués aux dieux et aux sages grecs. et en particulier aux fameuses sibylles3. La traduction que nous proposons des différents extraits a été faite d’après le texte de cette édition. En effet. maîtresse qui aimes la vie. voire égyptiens. censé annoncer l’avènement du Fils de Dieu. sans refuser le salut à aucune des nations. parce que tout est à toi. Hartmut Erbse regroupa dans une seule édition le résumé antique de la Théosophie. Rejeter un sage équivaut donc à rejeter Dieu et son salut. Nous ne nous arrêterons pas à la question de savoir si tel ou tel oracle. 116 . 3. et ton esprit incorruptible est partout »6. Il en déduit que la qeosof…a ou « sagesse de Dieu » était depuis toujours répandue parmi les gentils : Souvent. L’auteur y cite des oracles ou propos théologiques. la partie sauvegardée du texte original. Stuttgart et Leipzig. elle a fait parvenir la connaissance (gnîsin) jusqu’aux Grecs et aux barbares. tel un conduit partant d’une source abondante. cit. dit Platon4. De quoi est-il question dans la Théosophie ? L’ouvrage était divisé en au moins onze livres. 1. Theosophorum Græcorum fragmenta. C’est la partie consacrée aux sibylles qui a été conservée dans sa version originale. Teubner. apparaît surtout dans le passage suivant : Il ne faut pas rejeter les témoignages des sages grecs au sujet de Dieu. il suscite les pensées de ceux qui sont bons pour les proposer comme maîtres à la grande foule. 7. à savoir la « vraie foi ». repousse en même temps celui qui les inspire7. Théétète. Theosophorum Græcorum fragmenta. 4.ORACLES ET PROPHÉTIE En 1995.. perses ou chaldéens. est chro- 2. Cette optique à proprement parler « catholique ». puisqu’il n’est pas possible à Dieu de parler aux hommes en se manifestant à eux. 26 et XII. 4. Ibid. pour ne s’attacher en détail qu’aux quatre suivants. op. Et la Sagesse 5 : « Tu épargnes tout le monde. Quiconque donc repousse ce genre de témoignages. pp. et des fragments d’ouvrages grecs postérieurs. c’est-à-dire universelle. 151d. et j’ai constaté que. 1995. 3 et 4. 6. « Car aucun dieu n’est malveillant à l’égard des hommes ».

.

Theosophorum Græcorum fragmenta. Les oracles. mais de dire le monde à venir ou âge d’or. 11. I. la poésie ou la divination ! Ô stupide aveuglement des intelligents et des savants ! Ô médiocrité satisfaite des croyants9 ! La divination vulgaire n’est plus que l’écorce vide de l’ancienne mantique ou prophétie dont le rôle n’est pas d’annoncer ce qui arrivera demain ou après-demain. 118 . et nous épluchons leurs textes pour y découvrir l’histoire. C’est donc dans une optique plus profonde que celle des historiens que nous tenterons de comprendre plusieurs oracles cités et commentés dans la Théosophie de Tübingen. dans l’annonce ou la description de cet âge d’or. Cattiaux. la morale. 11 et 12. 9. Les Anciens considéraient généralement ces oracles comme authentiques .. dans L. l’auteur de la Théosophie explique qu’en réalité. il « renvoie (¢fie‹sa) et guide vers l’intérieur ceux qui veulent le consulter »12. « Le Message Retrouvé ». d’Hooghvorst. ce qui est très différent. Beya. 2009. E. C’est dans cette dernière perspective seulement qu’il conviendrait d’étudier les livres prophétiques. op. Grez-Doiceau. 8. p. 10. 12. signifie une annonce ou proclamation divine qui manifeste ce qui est (tÕ ×n fa…nousa)11. p. Le Fil de Pénélope. cit. t. 1. Le but de la prophétie n’en est pas moins l’unique mystère de la régénération du monde10. Quand Apollon qualifie le seuil de son sanctuaire de ¢f»twr. Art et hermétisme [Œuvres complètes]. Il se produit généralement. nécessitent une interprétation. Grez-Doiceau. les Modernes les prennent souvent pour des faux. Ibid. « qui laisse partir ». toujours ambigus. que le prophète soit amené tout naturellement à décrire la dissolution de l’âge de fer. Tel semble aussi être le point de vue de l’auteur de la Théosophie : Car le mot Ñmf». Le principal intérêt d’un oracle ou d’une prophétie est ailleurs : Les prophètes nous ont parlé de la substance et de l’essence de Dieu. 2005. « oracle ». Beya. XIX. 12. 244. pp. littéralement « qui congédie ».. c’est-à-dire de ce monde-ci.ORACLES ET PROPHÉTIE nologiquement antérieur ou non à l’éclosion du christianisme8.

serpentant en spirales. dont le nom ne se laisse renfermer par aucune parole. Table d’émeraude. Il y a donc. Ibid. ses messagers. dans : E. II. Paris. Coenders van Helpen. cf.. [Hermès] Trismégiste. Elle est dans les bienheureux. venue d’au-dessus de la voûte céleste et fixée par le sort. « un feu au-dessus de la cavité du ciel. sans mère. ou est-ce un autre ? ». pp. mouvante. 7 à 9. mais l’ont aussi dit être un Feu. les Apôtres. L’éther n’y porte pas les astres éclatants. que l’on 13. sifflant. nous sommes une parcelle de Dieu13. et pour cette raison. « qui tourne en un seul sens ». Car l’éon n’a pas de division. Le terme a„èn. inattaquable. Dieu. à moins que le Père grand ne projette de se laisser voir. ibid. continuellement mouvant »14. « éon ». 119 .. Le Fil de Pénélope. « éternité » ou « vie ». l’oracle lui répondit : Il y a. toi. une flamme infinie. et une infinité d’hommes Sages n’ont pas seulement comparé Dieu à un Feu. 253 à 258. sans maître. Il est apparenté au latin ævum.LA THÉOSOPHIE DE TÜBINGEN II. t. d’Hooghvorst. Moyse le Prophète. inaccessible.. Ce « Dieu le Feu » est maintes fois évoqué par les Écritures ainsi que par les philosophes chrétiens : Le Feu est le plus haut. on n’a pas le cœur divisé. Mais Dieu est un conduit de feu. vu que ce grand Dieu tout-puissant s’est manifesté souvent en forme de Feu [. Si on touche ce feu éthéré. les Prophètes. De nombreux versets bibliques sont cités à l’appui. Né de lui-même. peut se traduire aussi par « temps ». pp. habitant dans le feu : voilà Dieu ! Quant à nous. 9. 15. p. « L’Escalier des sages ou La Philosophie des Anciens ». et la lune resplendissante n’y est point suspendue . 14. ÉTUDE DE QUELQUES EXTRAITS Un certain Théophile ayant demandé au dieu solaire Apollon : « Es-tu. je ne m’y déploie pas.. on n’y rencontre pas de dieu en chemin. immense : L’ ÉON. Ibid.]15. le plus excellent et le plus digne des Quatre Éléments. B. précise l’auteur de la Théosophie. 1998. les Évangélistes. très long. mais avec un soin incessant il est mêlé aux éons par Dieu même. Il correspond à ce qui meut l’universus.. et moi-même qui embrasse tout de mes rayons en tournoyant dans l’éther.

19.. 20. 18. se fait accompagner de torsions et de bruit 20. VI. c’est-à-dire qui relève du noàj. comme l’illustre l’uræus ornant le front des anciens pharaons. opposé aux cinq sens de l’homme déchu. est très explicite à ce propos : « [. E. Theosophorum Græcorum fragmenta. « tuyau ». Ce feu parcourt un chemin. 727. op. 9 et 10. que l’oracle décrit ainsi : Dieu est un conduit 19 de feu. d’Hooghvorst commente : C’est l’alchymiste qui « fraie un chemin » à cette étoile filante afin de réaliser son vœu 18. p. Énéide. 17. op.. cit.. On pense également à la crosse des 16. 5. « intellect ». mot qui désigne en fait le sens divin. 120 . « Inconnu est le chemin du feu intelligible ». cit. I. Il est écrit dans les Psaumes : Frayez un chemin à celui qui chevauche dans les hauteurs17. En grec : aÙlèn. L’éon représente la vie éternelle. Psaumes LXVIII. E. La description évoque singulièrement la kundalini des hindous.] Il y en a qui disent que Dieu est corporel et qui le définissent comme un pàr noerÒn. sifflant.. 397.. c’est-à-dire un feu sensible (ignem sensualem) ». très long. 9. Un commentaire de Servius sur Virgile. C’est en faisant descendre une parcelle de cet éon igné que l’homme participe à l’immortalité. Ce feu devient alors un véritable feu de cheminée. cit. « Intelligible » traduit le grec nohtÒj (parfois noerÒj). pp. op. L’auteur de la Théosophie ajoute : Ce feu est terrible pour tous parce que son très long conduit. le serpent qui se déroule le long de la colonne vertébrale pour en atteindre le sommet.ORACLES ET PROPHÉTIE retrouve dans le français « longévité » ou « médiéval ».. d’Hooghvorst. Theosophorum Græcorum fragmenta. t. c’est-àdire son vif élan qui suit une ligne droite.. p. serpentant en spirales. dit encore notre commentateur16.

l’homme étant un petit monde 21. VIII. dieu représentant le verbe et la parole : Mercure (Mercurius) doit son nom. N’est-il pas dit dans Luc IV. « parcourir ». là où ta force inébranlable est fixée 22.LA THÉOSOPHIE DE TÜBINGEN évêques. et dont la stature est celle de l’homme. 45. « courir ». assis au milieu des maîtres » ? 22. Il y a peut-être là une allusion à l’étymologie de qeÒj. au fait qu’il court au milieu (medius currens). 46 : « Ils le trouvèrent dans le Temple. 100. jadis façonnée en forme de serpent dressé. parcourra le milieu du monde ». plusieurs fois répété. 11... L’auteur de la Théosophie conclut : C’est donc ce feu-là qui est véritablement Dieu (qeÒj)23. de l’égyptien maakherou. « bienheureux ». 25. p. Ibid. « juste de voix ». épithète traditionnelle du défunt ou feu pharaon. Remarquons d’ailleurs que le mot a„èn désigne en particulier la moelle de l’épine dorsale. On comprend alors pourquoi l’oracle situe ce Dieu le feu « dans les bienheureux »25. Rappelons l’origine du terme m£kar ou mak£rioj. un autre oracle. Pour cette raison. Les Anciens disaient la même chose à propos de Mercure. 121 . Ibid. et II.. pp. ibid. Citons ici un autre oracle de la Théosophie. nom que les Anciens associaient au verbe qee…n. éternel (a„ènie). 36. Citons aussi le début d’un oracle que Porphyre fut le premier à rapporter : Ô Père secret des immortels. 10. 113.. 18. maître véhiculé sur le dos éthéré des mondes parcourus des deux côtés. 117 et 124. Cf.. sans doute. « comme une flèche porteuse de feu. p. myste. Étymologies. attribué précisément à Hermès (Mercure) : 21. car la parole court au milieu des hommes24. 23. Le vrai Dieu est celui qui parcourt le milieu des hommes. Isidore. annonce que Dieu le Verbe. 30 : « Il passa au milieu d’eux ». 24. dit-on.

26. en âme légère. c’est-à-dire celle qui lui est propre. I. par celui que les bienheureux ne doivent pas proférer parmi les mortels. Le voilà dès lors entraîné par les courants en ce mercure vulgaire ou Esprit Universel. E. 27.. l’or est sans visage. 28.ORACLES ET PROPHÉTIE J’en jure par le Dieu qui règne. idée de l’or en son vaisseau. associe cette nature divine à l’or : Car à toi appartient. cit.. p. un hôte qui désire vivement se coaguler 28. op. L’oracle rapporté par Porphyre. d’Hooghvorst. 22. sa terre ancestrale. cit.. à nous qui passons pour des bienheureux. c’est-à-dire corporifié : À peu de choses près. 129. de proclamer le vrai Dieu parmi les hommes. On remarquera que le mot « vide » est une anagramme de « Dieu ».. Un oracle attribué à un certain Joseph le Juif va dans le même sens : Celui qui fit les pôles obliques est un être dépourvu de matière. pp. Il ne peut donc accomplir son désir : se corporifier dans la pureté de la nature. Ibid. et comme vide30. déjà cité un peu plus haut. loin de son accomplissement. située au-dessus du monde et du ciel étoilé. Les alchymistes tiennent le même langage : Notre or volatil voyageant dans son vaisseau mercuriel sur la mer du monde.. a donc perdu son Ithaque. 29. 35 et 36. ou aux démons. Ibid. t. Ibid. à moins qu’il n’y ait une contrainte et que Dieu ne prenne un corps26 ! Le commentaire souligne clairement que le seul et vrai Dieu des chrétiens est le Dieu incarné. op. 30.. 18. 122 . p. p. à moins qu’après avoir lui-même pris un corps. la multiple force en or (crusÁ) de l’éon29. Là. Theosophorum Græcorum fragmenta. il ne nous contraigne à confesser qu’il est Dieu27. il veut dire qu’il ne nous appartient pas.

Saisis mon sens ! [. p. 33. [.] Mais cette poésie annonce un art plus noble encore. autant tu aspires à l’accomplissement final (tšloj) de la mantique. d’Hooghvorst. E. 53 .. 8. chef du chœur des Muses et source de toute prophétie ou mantique. c’est le Grand Art auquel aspirent. infiniment. Tellement elle s’étend.. 31. tu ne seras plus un non-initié dans ma sagesse 35. 17.] Si tu connais qui je suis.. cit.] Quel or lointain de patiente étude 33 ! Les termes cadencés du dire poétique étaient ceux d’un dieu incarné. Il ne nous paraît pas hors de propos de citer ici quelques vers d’un oracle sibyllin. 35. 68 et 69. il faut contempler la fin (tšloj) ».LA THÉOSOPHIE DE TÜBINGEN Il est question de cet accomplissement dans un oracle attribué au dieu égyptien Sérapis : Autant les hommes désirent l’or très précieux. Mais sache ceci : les mortels parviendront plus vite à être rassasiés d’or que toi. par les opérations du Grand Œuvre... 32. I.. cit. 34. qui recherches longtemps l’accomplissement final (tšloj) de la sagesse. les sages chymistes34. p. On rapprochera cet oracle de deux commentaires d’Emmanuel d’Hooghvorst : Le chemin qui mène au but s’étire toujours plus. Theosophorum Græcorum fragmenta. ne trouvant sa justification qu’en lui-même dans la gratuité d’un éternel repos : c’est la fête où le roi pubère s’amuse et rit en son Olympe. Toi. t. p. je suis composé de quatre syllabes. pp. jusqu’au seuil du Roi immortel ! C’est lui qui donne le don comme compagnon de route 32. et 'Emmanou»l. Ibid. moi. où Dieu se définit lui-même : Je suis. op. p. L’auteur de la Théosophie propose deux solutions théologiques à cette énigme : monogen»j.. cf. « Fils unique ». Le sage Solon enseignait : « En tout. cit. à le contempler 31. op. Theosophorum Græcorum fragmenta. 102. Le dieu de la poésie était Apollon lui-même. [. saisis-en le sens dans ton cœur ! [. celui qui est (™èn)... 123 .. op.] J’ai neuf lettres...

J. on n’a pas le cœur brûlé. p. II. Énéide.. pp. cf. aboutit à du sable.. et on peut y trouver le nom de quatre syllabes et de neuf lettres 39. 16. des Comtes. J. VI. Manget. II. 1702. ainsi que les pierres.ORACLES ET PROPHÉTIE « Emmanuel »36. 69 et 70. Les deux mots cités entre parenthèses ayant un double sens. Manget. Adam s’était assis. Signalons qu’en néerlandais. p. 210 . Le r apparaissant deux fois. Il y a peut-être un rapprochement à faire avec le texte rabbinique que voici : Pendant le crépuscule du sabbat. poiht»j37 qui vivait vers 500 ap. I.. t. littéralement « coagulateur ». J. 39.-J. op. ibid. p. Élucidation des métaux. Manget. elle est citée aussi par G. 2. renvoie à une interprétation proprement alchymique : Il faut laver et laver jusqu’à ce que ce qui est boueux sorte. méditant dans son cœur. on n’a pas le cœur divisé (da…seie).-J. à savoir le sable même qui d’en haut donne la substance. Virgile. détaille une autre solution alchimique : ¢rsenikÒn. si elle est lavée. signifiant « poète ». 40. le nom est bien composé de neuf lettres différentes.-C. Dorn. 442. 36. cf. et par L. 2. Genève. 37. 832. Mais Olympiodore. Ce terme. 38. Malheur à moi ! disait-il : Peut-être le serpent viendra-t-il m’induire en erreur le soir du sabbat et me blesser au talon40. Le talon représenterait le sacrum. Cf. 124 . Jean Chrysippe Fanien. 136 et ss. cit. cit. cf. le même vers peut se traduire autrement : Si on s’allume à ce feu éthéré. « créateur ».. Sur l’Art sacré. désignait aussi l’alchymiste. « poète » se dit « dichter ». op. Chouet etc.. Olympiodore. « arsenic ». t. Congeries Paracelsicæ chemiæ.. J. Les Anciens ont donné à ce sable le nom propre de « pierre d’argent » (liq£rguroj). argentées ou plombées. c’est-à-dire les feuilles de l’or 38. Bibliotheca chemica curiosa. C’est donc après un lavage ferme et pur que tu trouveras les corps dans le sable. Car toute terre qui est telle et qui comporte un corps. t. IV. selon la divine Marie. Cf.-J.. Revenons à l’oracle qui a servi comme point de départ à notre étude : Si on touche (¡y£menoj) ce feu éthéré. c’est-à-dire ayant une couleur d’argent ou de plomb. au début de son ouvrage Sur le Droit de l’art d’alchimie.

. La Théosophie le définit ailleurs comme « l’homme céleste enflammé »45. 45. 44. Adam regarda cette colonne de feu et son cœur se réjouit. I. n. 125 . p. « celui qui est descendu du ciel et devenu homme. Adam se dit : À présent. ce feu-là n’a pas de fractionnement. 41. je sais que le jour saint a été séparé du jour profane. Il vient de la racine verbale qoum. En guise de conclusion. « se dresser ». Le fondement du monde. p. Et l’oracle de conclure : Quant à nous. op. op.LA THÉOSOPHIE DE TÜBINGEN Alors une colonne de feu lui fut envoyée pour l’éclairer et le garder de tout mal. tous ensemble dressés en masse compacte autour du Très-Grand et Premier. 42. 47. Et il dit : Béni soit celui qui a séparé le saint du profane42. 46. Voici toutefois comment la Théosophie interprète le vers cité : Celui qui touche ce feu n’aura plus l’esprit fractionné parmi les choses sensibles (a„sqht£)43. d’Hooghvorst. l’ensemble des bienheureux. Nous comprenons que celui qui hérite d’une parcelle de l’éon devient un homme angélique. t.. citons au sujet de ce genre d’hommes un dernier oracle : Nous. c’est-à-dire un prophète ou messager envoyé à ses frères humains. et qui est un feu intelligible »46. Ibid.. pp. 20. 12. 43. Cf. Pirqé de Rabbi Éliézer. supra. armée immense. « Lieu ». Il se dit : Maintenant je sais que le Maqom est avec moi41. En effet. l’unique sens primordial. est un des noms du Seigneur. 330 et 331. car le feu du sabbat est un feu qui ne brûle pas. Les innombrables choses perçues par les sens déchus sont traditionnellement opposées à celles que perçoit le noàj. nous sommes une parcelle de Dieu.. ses messagers (¥ggeloi). Theosophorum Græcorum fragmenta. 16. nous cherchons à augmenter le fondement du monde 47. Après avoir retiré la main du feu. ou de l’homme... désignerait une fois encore le sacrum. 10. Ibid. p. Ibid. 11. cit. dans : E. p. « se lever ». Maqom. mais il est toujours et éternellement mélangé aux choses éternelles44. 24. cit..