You are on page 1of 3

F É D É R A T I O N

C G T

D E S

C H E M I N O T S

DÉCLARATION
M o n tr e u i l , l e 1 1 d é c e m b r e 2 0 1 4

TABLE RONDE
« HARMONISATION DES ACCORDS COLLECTIFS »

Monsieur le Directeur,
Quelques mois après le vote de la loi portant réforme du système ferroviaire, réforme
non financée et qui vise à faire rentrer le service public SNCF dans la jungle de la
libéralisation, à abaisser le « coût du travail » et affaiblir les droits des salariés, le
calendrier de mise en œuvre a été fixé. Il s’effectue à 3 niveaux distincts mais néanmoins
complémentaires et interdépendants :


L’Etat pour les mesures réglementaires, parution des décrets et arrêtés ;
La branche ferroviaire à l’occasion de la négociation de la Convention Collective
Nationale (CCN) ;
La SNCF et RFF pour la mise en application.

Cette réforme, que la CGT a combattue, est présentée comme le moyen de régler les
dysfonctionnements et d’améliorer le service public rendu aux usagers.
D’après la Direction, à grand renfort de communication, elle doit tout arranger sans rien
changer, notamment pour les cheminots. C’est là que le bât blesse.
En réalité, établie dans le cadre de l’ouverture à la concurrence et de la productivité du
mode ferroviaire, elle poursuit l’éclatement de la SNCF.
L’évolution du fonctionnement de l’entreprise par le pilotage des activités, par produits,
qui a conduit à un morcellement de la production à l’origine des difficultés actuelles mais
aussi des surcoûts, serait renforcée.
La CGT porte un autre projet. Il prend comme point de départ l’efficacité globale du
système, ce qui nécessite de travailler une organisation en proximité pour garantir un
service public sûr et de qualité au service de l’intérêt général.
Car, comment peut-on imaginer engager une réforme d’un tel niveau sans partir de la
satisfaction des besoins dans les territoires et les bassins de vie, sans répondre aux
questions relatives à la construction d’un train, de sa mise en circulation, de sa sécurité
et de son accessibilité au plus grand nombre ?
C’est pourquoi, la CGT demande l’ouverture de négociations sur la structuration du
Groupe Public Ferroviaire, le contenu des 3 EPIC et l’organisation de la production.
S’agissant de la dette ferroviaire de l’Etat, la CGT a également des propositions pour son
règlement qui permettraient de trouver des sources de financement indispensables à la
modernisation du réseau et au renouvellement du matériel qui doivent demeurer des
biens publics nationaux.
Sur l’aspect social, la réforme ne modifierait pas la situation des cheminots. Pourtant,
force est de constater qu’ils seraient la variable d’ajustement. Les objectifs de
performance, exprimés au travers d’«Excellence 2020» et de « Réseau 2020 » et qui
reposent sur des critères financiers et économiques, dégraderaient encore un peu plus
leurs conditions de vie et de travail.
La Direction a mis en place un agenda social allant du second semestre 2014 jusqu’à fin
2015. Il s’organise autour de 3 types de sujets :


Ceux liés à la politique de l’entreprise ;
Ceux rendus obligatoires par le Code du Travail ;
Ceux découlant de la mise en œuvre de la réforme.

263, Rue de Paris – Case 546 – 93 515 MONTREUIL – Tél : 01.55.82.84.40 – Fax : 01.48.57.95.65 – coord@cheminotcgt.fr – www.cheminotcgt.fr

Sur ce dernier point, vous avez invité les
Fédérations Syndicales représentatives (à la
SNCF et RFF) à une Table Ronde aujourd’hui
sur « l’harmonisation des accords collectifs ».
En préambule, il n’est pas inutile de rappeler
l’article 32 de la loi du 04 août 2014 : « les
accords collectifs sont maintenus pour 18
mois au maximum après la constitution du
GPF ». « A l’issue de cette période, sauf
stipulations contraires d’un accord du GPF et
sans dénonciation, les accords SNCF
perdurent et s’appliquent à tous les salariés
du GPF ».

Concernant les
3 accords à durée
indéterminée, dont la CGT est aussi
signataire, nous sommes favorables au
maintien de l’accord « Aménagement du
Temps de Travail-Fin de Carrière (ATT-FC), à
la signature d’un nouvel accord « Temps
Partiel », qui reste inchangé, pour en faire
bénéficier tous les salariés du GPF.
De même, la CGT est pour pérenniser
l’accord « Retraite complémentaire des
salariés contractuels » qui n’apparaît plus
dans votre dossier.

Après 2 cycles de bilatérales, nous déplorons
tout d’abord avoir reçu les documents
préparatoires à cette réunion, seulement hier
après-midi ce qui, une nouvelle fois, dénote le
peu de considération de la Direction pour un
véritable dialogue social.

Sur ces 7 accords transverses, émargés par
la Fédération CGT des Cheminots, qui demain
pourraient relever du GPF, la Direction RH a
l’obligation de les faire respecter par les
activités, branches et domaines et demain
dans les 3 futurs EPIC. La CGT sera vigilante
quant à leur application.

Vous avez recensé une dizaine d’accords, soit
à durée indéterminée, soit à échéance 2015,
dont sept ont reçu à la SNCF la signature de
la Fédération CGT des Cheminots.

Parmi les accords non paraphés par notre
organisation syndicale, vous annoncez la
négociation d’un accord GPEC en y examinant
l’accord formation.

L’image que diffuse la Direction (avec
d’autres) de la CGT, une organisation
syndicale archaïque, arc-boutée, jusqu’auboutiste, est par conséquent à mille lieues de
la réalité.

Nous réitérons notre positionnement de
reconduire l’accord formation dans l’existant.

Lorsque les Directions apportent des
réponses aux propositions formulées par la
CGT sur la base des revendications des
cheminots, la CGT prend ses responsabilités
et négocie.
Sur ces accords, 4 arriveront à leur terme en
2015. Pour 3 d’entre eux, compte tenu de
l’agenda tendu, vous proposez de signer à
l’identique les accords SNCF « Salariés en
situation
de
handicap

Egalité
femmes/hommes et Logement » pour une
durée de 3 ans et de les élargir aux
personnels de RFF. Nous n’émettrons pas
d’opposition, à ceci près, s’agissant de
l’accord TH, que les engagements en matière
d’emplois soient tenus sur la période initiale.
Ce sont 500 travailleurs handicapés au Cadre
Permanent
ou en
Contrat
à
Durée
Indéterminée
ou
en
dispositif
piloté
d’alternance, qui sont à recruter au plus tard
le 31 décembre 2015 (article 3.1.1).
Nous demandons également d’afficher dans le
nouvel accord l’ambition de parvenir à un
objectif chiffré pour atteindre rapidement 6%
du taux d’emploi.
Le 4e accord, celui de la « Formation »,
expirant au 31 décembre 2015, pour la CGT,
doit être conservé en y ajoutant les seules
modifications nécessaires dans le cadre de la
loi du 05 mars 2014, suite à l’ANI sur la
formation professionnelle.

Quant à l’éventualité d’un accord GPEC, il ne
devra pas être un outil d’instrumentalisation
des organisations syndicales qui impose
d’accompagner les choix stratégiques du GPF
par l’acceptation des conséquences sociales.
Il ne pourra se conjuguer qu’en corrélation
avec la charge de travail, un développement
du Groupe Public Ferroviaire devant répondre
aux besoins de transports des populations.
Anticiper les effectifs, faire progresser les
compétences des agents ne peuvent se
traduire que par une connaissance fine et
réelle de proximité.
Il devra s’articuler avec l’accord formation, par
la
reconnaissance
des
qualifications
permettant un véritable déroulement de
carrière, par la transversalité des métiers,
par des recrutements externes à statut,
encadrés par des conditions sociales de haut
niveau.
S’agissant de l’accord Compte Epargne Temps
que la Direction souhaite reprendre sur les
termes de l’accord SNCF avec la possibilité de
monétiser le compte-courant, la CGT confirme
ses divergences pour ce type d’accord.
De la même manière, sur les dispositions que
vous voulez adopter sur le télétravail pour les
salariés des 3 EPIC, la CGT refuse de
s’inscrire dans cette démarche. Dans une
période où l’organisation du travail est au
centre des préoccupations des personnels et
portée par la CGT, engager de telles mesures
qui cautionneraient les choix du GPF avec des
contrecoups lourds pour les salariés,
représenterait un marché de dupe.

263, Rue de Paris – Case 546 – 93 515 MONTREUIL – Tél : 01.55.82.84.40 – Fax : 01.48.57.95.65 – coord@cheminotcgt.fr – www.cheminotcgt.fr

Pour la CGT, les organisations du travail
doivent
s’appuyer
sur
les
Cadres
d’Organisation définis en établissements et
sur le RH0077, à partir des charges de
travail prévisibles et avec des personnels à
statut bénéficiant tous d’un espace de travail
dans l’entreprise. La revendication CGT
d’établissements multi-activités permettrait de
créer des complémentarités et des synergies
entre les services.

Elle a mis en évidence, plus d’un an après
l’introduction de l’intéressement dans les
entreprises qui possèdent un accord, un effet
de substitution des primes aux salaires.

Enfin,
sur
l’épargne
salariale
qui,
conformément à la loi, requiert l’ouverture de
négociations propres à chaque EPIC, vous
proposez de ne pas renouveler un PERCO
(Plan d’Epargne Retraite Collectif), en
revanche,
de
construire
un
dispositif
conventionnel reposant sur un binôme
intéressement/plan épargne entreprise et de
conclure un plan épargne inter-entreprises
dédié aux 3 EPIC du GPF pour une durée de 5
ans.

De surcroît, indexés sur les résultats de
l’entreprise, du fait du caractère aléatoire et
variable, les accords intéressement ne
donnent pas systématiquement lieu au
versement d’une rétribution. Ces primes ne
sont donc pas considérées comme du salaire.

L’épargne
salariale
n’est
pas
sans
conséquence sur le financement de la
protection
sociale,
étant
donné
les
exonérations de cotisations et d’impôts qu’elle
autorise pour les entreprises et les salariés.

L’intéressement est avec l’individualisation des
revenus l’un des axes de transformation des
politiques
salariales
qui
traduisent
la
recherche, par les employeurs, d’une flexibilité
croissante des rémunérations.

Ce dispositif facultatif et collectif qui conduit à
verser aux salariés une gratification liée à
l’atteinte d’objectifs de résultat et/ou de
performance
(productivité,
baisse
de
l’absentéisme, etc.) ne recevra pas l’aval de la
CGT. Nous restons résolument contre.
Pour terminer, quelques mots sur l’accord
35h à la SNCF, que vous n’avez pas retenu
dans la liste des accords collectifs.

En 2012, les exemptions d’assiette, base de
calcul des cotisations sociales, représentaient
près de 18 milliards d’euros, soit 2,8
milliards
d’exonérations
de
cotisations
sociales. La question de la légitimité de ce
mécanisme du régime fiscal et social de
l’épargne salariale reste ainsi toujours posée.

La lecture partisane de la Direction lui permet
de le remettre en cause sans le dénoncer. Le
RH0077 qui en ressort de ce texte a été
élaboré pour organiser efficacement le
ferroviaire. Si le régime actuel sur la durée du
travail est maintenu avec une date butoir
limitée au 1er juillet 2016, qu’en sera-t-il
après ?

Sur l’intéressement, contrairement à ce
qu’affirme
la
Direction,
une
étude
économétrique des liens de causalité entre
intéressement et salaires entre 1999 et
2007 en France, montre qu’en moyenne les
primes ne contribuent pas à augmenter la
rémunération des salariés.

La Fédération CGT des Cheminots demande la
signature, dès la création du GPF, d’un nouvel
accord 35h qui prolonge dans son intégralité
les dispositions existantes. Cet accord n’est
pas monnayable.

3